Exercice 1 : Sécurité incendie
11 points Ondes, Doppler et interférencesTransferts thermiquesModéliser l'écoulement d'un fluide : Archimède et BernoulliMouvement dans un champ uniforme
Dans les établissements recevant du public, comme les supermarchés, les entrepôts ou encore les parkings souterrains, la sécurité incendie est une priorité. Il est donc essentiel de mettre en place des dispositifs de prévention et de protection des occupants et des biens.
Le but de cet exercice est d'étudier :
• une sirène d'alarme incendie, qui assure une alerte rapide des occupants ;
• un sprinkler, qui est un dispositif d'extinction automatique d'un incendie ;
• une lance à incendie, qui permet de maîtriser totalement le sinistre.
1. La sirène d'alarme incendie
L'installation de sirènes d'alarme incendie est obligatoire dans les établissements recevant du public.
En accord avec la norme NFS32-001, le signal sonore émis par une sirène est constitué :
• d'un son n° 1 de fréquence , pendant ;
• d'un son n° 2 de fréquence , pendant .
L'analyse du son n° 2 permet d'obtenir une représentation de l'évolution de son amplitude en fonction du temps, donnée sur la figure 1. On considère que ce signal est périodique.
- Q1. Déterminer la fréquence du son n° 2 et préciser si cette fréquence est associée à un son plus grave ou plus aigu que le son n° 1.
- La figure 2 montre une partie du bâtiment étudié. Une sirène est fixée sur un mur et on mesure le niveau d'intensité sonore en deux points M et N, situés à une même distance de la sirène, de part et d'autre d'une cloison non isolée.
Figure 2. Schéma de la partie du bâtiment étudié - Les niveaux d'intensité sonore mesurés aux points M et N ont pour valeurs respectives et .
- Q2. Déterminer la valeur de l'atténuation par absorption du niveau d'intensité sonore entre les points M et N, notée , en décibels.
- Cette partie du bâtiment va bénéficier de travaux d'isolation phonique, comme indiqué sur la figure 3. Le son de la sirène se trouvera donc davantage atténué dans certaines salles. Il sera alors nécessaire de remplacer la sirène par une autre plus puissante afin que la valeur du niveau d'intensité sonore au point N, notée , soit la même qu'avant les travaux : . Le son émis par la nouvelle sirène devra alors avoir un niveau d'intensité sonore au point M.
Figure 3. Schéma de la partie du bâtiment étudié avec l'isolation phonique et la nouvelle sirène - D'après la norme NFS32-001, les sirènes sont réparties par classe, selon leur niveau d'intensité sonore mesuré à mètres, comme indiqué sur le tableau de la figure 4.
Classe de la sirène A B C D Niveau d'intensité sonore mesuré à m dB de dB à dB de dB à dB dB Figure 4. Niveau d'intensité sonore du son émis par une sirène selon sa classe - Donnée :
Niveaux d'intensité sonore : .
• : niveau d'intensité sonore, en dB, à la distance , en m, de la source ;
• : niveau d'intensité sonore, en dB, à la distance , en m, de la source. - Q3. Calculer la valeur du niveau d'intensité sonore, noté , mesuré à , du son émis par la sirène à installer, puis déterminer sa classe.
- 2. Le sprinkler, un dispositif d'extinction automatique
- Un sprinkler est un système fixe d'extinction automatique à eau. Il est constitué d'une ampoule qui obstrue la sortie d'eau d'une canalisation, comme l'indique la photographie de la figure 5.
Figure 5. Photographie d'un sprinkler - Lors d'un incendie, l'augmentation de la température provoque la dilatation de l'ampoule puis sa rupture, déclenchant ainsi la projection de l'eau sur la zone à protéger.
- Le but de cette partie est de déterminer la durée nécessaire pour qu'un sprinkler se déclenche après que l'incendie s'est déclaré. Cette durée est liée aux conditions ambiantes présentes lors de l'incendie et aux caractéristiques propres du sprinkler. Parmi ces dernières, deux sont essentielles :
• la température de rupture de l'ampoule ;
• l'indice de temps de réponse, noté (Response Time Index) : plus il est faible, plus l'ampoule du sprinkler se rompt rapidement lors d'un départ de feu. - Afin de déterminer l'indice de temps de réponse du sprinkler étudié, on réalise au laboratoire l'expérience suivante :
• on mesure la valeur de la température initiale du sprinkler, à l'aide d'un thermomètre infrarouge : °C ;
• on place le sprinkler dans un courant d'air chaud de température °C et de vitesse et on déclenche simultanément un chronomètre ;
• on relève la température de l'ampoule du sprinkler toutes les secondes, à l'aide d'un thermomètre infrarouge pour tracer la courbe de la figure 6.
Figure 6. Évolution de la température θ de l'ampoule du sprinkler au cours du temps (mesures réalisées au laboratoire) - Q4. Indiquer dans quel sens s'effectue le transfert thermique entre l'ampoule du sprinkler et l'air extérieur dans l'expérience réalisée au laboratoire. Justifier.
- L'ampoule du sprinkler à la température (en °C) échange de l'énergie par transfert thermique avec l'air extérieur à la température (en °C). Ce transfert thermique est modélisé par la loi phénoménologique de Newton :
• est le flux thermique entre l'air extérieur et l'ampoule en watt (W) ;
• est une constante en ;
• est la vitesse de l'air en mètre par seconde () ;
• la surface extérieure de l'ampoule en mètre carré ().- La variation d'énergie interne (en J) de l'ampoule de capacité thermique (en ) qui subit une variation de température (en °C) est donnée par la relation : .
- On négligera les autres transferts d'énergie entre l'ampoule et l'extérieur.
- Q5. En appliquant le premier principe de la thermodynamique à l'ampoule pendant une durée , montrer que :
- La relation précédente conduit à l'équation différentielle suivante : , avec .
- Q6. Résoudre l'équation différentielle pour établir que l'expression de la température de l'ampoule en fonction du temps est :
- On suppose que la température initiale de l'ampoule est °C et qu'elle est placée dans un courant d'air chaud de température °C.
- Q7. À la date , calculer la valeur de la température de l'ampoule.
- Q8. En déduire, à partir d'une lecture graphique sur la courbe de la figure 6, la valeur du temps caractéristique .
- Le temps caractéristique (en s) est propre à l'expérience réalisée au laboratoire. Il permet de déterminer l'indice de temps de réponse du sprinkler, noté (en ). Ces deux grandeurs sont liées entre elles par la relation :
- où est la vitesse du courant d'air chaud, exprimée en . Dans l'expérience réalisée au laboratoire, on rappelle que .
- Q9. Calculer la valeur de l'indice de temps de réponse du sprinkler étudié.
- Le sprinkler étudié est installé dans un entrepôt à la température de °C. Ses caractéristiques sont les suivantes :
• température de rupture : °C ;
• indice de temps de réponse : . - Quelques dizaines de secondes après le début d'un violent incendie, des fumées à la température de °C s'écoulent autour du sprinkler à la vitesse .
- Q10. En utilisant la solution de l'équation différentielle, déterminer l'expression de la durée nécessaire, notée , pour que le sprinkler se déclenche à partir du moment où les fumées arrivent à son contact. On exprimera en fonction de , , et . Calculer la valeur de .
- Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter correctement sa démarche, même non aboutie, car elle sera évaluée.
- 3. La lance à incendie
- Le but de cette partie est d'étudier la portée d'une lance à incendie dont les caractéristiques principales sont données dans la documentation présentée figure 7.
Débit volumique maximal (réglable par bague tournante) Portée maximale m pour une pression d'entrée de bar Masse kg Matériaux aluminium anodisé, nylon, caoutchouc Figure 7. Caractéristiques de la lance à mains EFE-EUROJET-500 (d'après https://www.motopompe-incendie.com)
Figure 8. Schéma de la lance à incendie montée à l'extrémité du tuyau - Données :
• le débit volumique d'écoulement d'un fluide dans un tube, noté , exprimé en , est lié à la vitesse du fluide, notée , exprimée en , et à la section, notée , exprimée en , du tube d'écoulement par la relation ;
• ;
• la lance à incendie est fixée à l'extrémité d'un tuyau cylindrique de de diamètre et dont la section au point A (figure 8) vaut : ;
• lors de l'écoulement permanent et incompressible d'un fluide, la relation de Bernoulli sur une ligne de courant entre deux points A et B s'écrit :
.
◦ et sont les altitudes (en m) respectivement aux points A et B,
◦ et sont les vitesses (en ) respectivement aux points A et B,
◦ et sont les pressions (en Pa) respectivement aux points A et B,
◦ est la masse volumique du fluide en ,
◦ est l'intensité de la pesanteur terrestre : ;
• masse volumique de l'eau : . - Q11. En utilisant l'expression du débit volumique, montrer que la valeur de la vitesse de l'eau dans le tuyau au point A est , lorsque le débit volumique de la lance est maximal.
- Q12. En utilisant la relation de Bernoulli et les valeurs des pressions données figure 8, montrer que la valeur de la vitesse de l'eau à la sortie de la lance au point B est .
- On étudie le mouvement du centre de masse M d'une goutte d'eau de masse dans le référentiel terrestre supposé galiléen, muni d'un repère où est un vecteur unitaire horizontal orienté vers la droite et un vecteur unitaire vertical orienté vers le haut, comme l'indique le schéma de la figure 9. On suppose que la trajectoire de cette goutte est la même que celle du jet d'eau.
- Le vecteur vitesse initiale de la goutte d'eau forme un angle avec l'horizontale.
- Lorsque la lance est inclinée, les points A et B ne sont plus à la même altitude : on ne tient pas compte de cet effet et on considère que la vitesse de l'eau au point B vaut quelle que soit l'inclinaison de la lance.
L'extrémité B de la lance est maintenue à une hauteur au-dessus du sol.
Figure 9. Schéma de la situation - Données :
• à la date s, le centre de masse M de la goutte d'eau est situé au point B ;
• on néglige les frottements de l'air sur la goutte d'eau. - Q13. En appliquant la deuxième loi de Newton, déterminer les coordonnées et du vecteur accélération du point M.
- Q14. Montrer que les équations horaires et du centre de masse M au cours de son mouvement sont :
- On en déduit l'équation de la trajectoire du point M :
- La portée correspond à la distance OP sur le schéma de la figure 9. Elle dépend de la valeur de l'angle . On admettra que, dans la situation étudiée, la portée est maximale pour un angle .
- L'équation de la trajectoire s'écrit alors .
- Q15. Déterminer la valeur de la portée maximale, notée . Interpréter l'écart observé avec la valeur fournie dans la documentation donnée dans la figure 7.
Voir la correction
Réponses
- Q1 ms, Hz : son plus grave
- Q2 dB
- Q3 dB : classe C
- Q4 De l'air ( °C) vers l'ampoule ( °C), du chaud vers le froid
- Q5 , d'où
- Q6 et :
- Q7 °C
- Q8 s
- Q9
- Q10 avec s : s
- Q11
- Q12
- Q13 ;
- Q14 Deux primitives successives, avec et M en B à
- Q15 m, soit fois les m réels : frottements de l'air négligés à tort
Q1. Le signal est périodique : on mesure sa période sur plusieurs motifs pour gagner en précision, puis . Sur la figure 1, les fronts descendants (passages par zéro vers le bas) se lisent vers s puis s, trois périodes plus tard : s, soit ms. Donc Hz, de l'ordre de Hz.
La hauteur d'un son est fixée par sa fréquence : plus elle est basse, plus le son est grave. Comme , le son n° 2 est plus grave que le son n° 1. Erreur fréquente : prendre la date d'un front, s, pour une durée ; seules les DIFFÉRENCES de dates comptent, et une grande graduation vaut une milliseconde. Mesurer une seule période ( ms) donne le même ordre de grandeur, mais avec une erreur relative trois fois plus grande.
Q2. Les points M et N sont à la même distance m de la sirène : l'atténuation géométrique, due à la dilution de l'énergie sur une sphère de plus en plus grande, est la même pour les deux. La différence des niveaux est donc entièrement due à l'absorption par la cloison : dB.
Ordre de grandeur : dB d'atténuation correspond à une intensité sonore divisée par en traversant la cloison.
Q3. On applique la relation donnée avec m, où l'on connaît dB (le point M n'est séparé de la sirène par aucune cloison, la décroissance n'y est que géométrique), et m : dB.
Vérification du sens : on se rapproche de la source, le niveau doit augmenter ; c'est bien le cas puisque . D'après le tableau de la figure 4, : la sirène à installer est de classe C. Erreur fréquente : inverser et , ce qui donne dB et la classe B ; ou partir de dB, alors que N est derrière la cloison et que la relation ne décrit que la décroissance avec la distance dans un même milieu.
Q4. Un transfert thermique s'effectue spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid. Au début de l'expérience, l'air est à °C et l'ampoule à °C : le transfert thermique s'effectue de l'air extérieur vers l'ampoule. La figure 6 le confirme : la température de l'ampoule augmente au cours du temps. Il garde ce sens pendant toute l'expérience, puisque l'ampoule reste plus froide que l'air ( °C au plus).
Q5. Système : l'ampoule, solide, dont le volume ne varie pratiquement pas, donc elle ne reçoit pas de travail. Premier principe de la thermodynamique entre et : . Le transfert thermique reçu pendant est le flux thermique multiplié par la durée : , en supposant assez court pour que , donc , varie peu. Avec :
, soit , la relation annoncée. Le signe est cohérent avec Q4 : tant que , le flux est positif (reçu par l'ampoule) et la température augmente.
Q6. L'équation s'écrit , de la forme avec et . Ses solutions sont , avec une constante : la solution constante (régime permanent, où l'ampoule a la température de l'air) plus les solutions de l'équation homogène .
Condition initiale : , donc et . Vérification par substitution : et : les deux membres sont égaux. Erreur fréquente : écrire , en oubliant que la solution particulière vaut déjà à .
Q7. À , : °C. Autrement dit, à l'ampoule a parcouru % de l'écart initial : °C. On garde le dixième de degré pour la lecture graphique qui suit.
Q8. Méthode des 63 % : est la date à laquelle la température atteint °C. Sur la figure 6, la croix de s est à °C et celle de s à °C : °C est atteint vers s. Donc s, à quelques secondes près selon la lecture (la figure du corrigé montre la construction).
Remarque honnête sur les mesures : le palier mesuré est vers °C et non °C, et la température initiale lue est °C ; le modèle décrit bien la courbe, mais pas au degré près. On applique la méthode avec les valeurs de l'énoncé, comme demandé. La méthode de la tangente à l'origine est ici peu fiable : les premières croix montent très vite (de à °C en s), plus vite que le modèle, et la tangente donnerait un trop court.
Q9. De on tire , avec deux chiffres significatifs comme et . L'unité se vérifie : . Cette valeur est proche des annoncés juste après pour le sprinkler étudié (écart d'environ %, à la hauteur de la précision de la lecture de ). Erreur fréquente : diviser par au lieu de multiplier.
Q10. Le sprinkler est d'abord à la température de l'entrepôt, °C, et les fumées imposent °C. Il se déclenche quand : , soit . En prenant le logarithme népérien : .
Le point décisif : n'est PAS celui du laboratoire. Il dépend de la vitesse du gaz, , et ici et : s.
Application numérique : , et s ( s sans arrondi intermédiaire). Vérification : la durée est positive (le rapport est supérieur à ) et inférieure à , ce qui est cohérent puisque l'ampoule n'a qu'à parcourir % de l'écart, moins que les % atteints en .
Erreurs fréquentes : reprendre s du laboratoire (on trouverait s, mais pour un courant d'air plus rapide et un autre sprinkler) ; garder °C, qui était la température du laboratoire ; inverser le rapport et obtenir une durée négative, signal immédiat d'une erreur.
Q11. Le débit maximal se convertit en unités SI : . De : , la valeur annoncée. Vérification de la section : un diamètre de mm donne . Erreur fréquente : oublier la conversion des litres () ou celle des minutes.
Q12. Relation de Bernoulli entre A et B, sur la ligne de courant de l'axe de la lance, horizontale sur la figure 8 : et les termes de pesanteur se simplifient. Il reste , d'où .
Application numérique, pressions en pascals : bar Pa. . La surpression du tuyau est convertie en énergie cinétique : c'est elle qui fait l'essentiel de la vitesse, le terme ne pèse que %. Vérification par la conservation du débit : la section de sortie vaut , un orifice d'environ cm de diamètre, plausible pour une lance. Erreur fréquente : laisser les pressions en bar, ce qui donne , comme si la lance n'accélérait pas l'eau : un résultat qui doit alerter.
Q13. Système : la goutte d'eau, de masse , étudiée dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Bilan des forces : son poids seulement, les frottements de l'air étant négligés (et la poussée d'Archimède dans l'air, mille fois plus faible que le poids d'une goutte d'eau, aussi). Deuxième loi de Newton : , donc . Le champ de pesanteur étant vertical vers le bas, : et . L'accélération ne dépend pas de la masse de la goutte.
Q14. Le vecteur vitesse est une primitive du vecteur accélération : et . À , , de coordonnées et : et .
Le vecteur position est une primitive du vecteur vitesse : et . À , M est en B, sur l'axe vertical (O, ) : et , donc et . On obtient et . Le mouvement est uniforme horizontalement et uniformément varié verticalement.
Q15. La goutte retombe au sol en P, où : on résout . Discriminant : , . Les racines sont : m, à rejeter (point situé derrière le pompier, avant le départ), et m, soit environ m.
Vérification des coefficients de l'énoncé : et . L'ordre de grandeur se retrouve avec la formule de la portée depuis le sol, m.
Interprétation : le modèle prévoit une portée environ fois plus grande que les m de la documentation. L'écart vient de l'hypothèse de la question Q13 : les frottements de l'air ne sont pas négligeables. À , la force de frottement, qui croît avec le carré de la vitesse, est considérable, d'autant que le jet se fragmente en gouttelettes qui offrent une grande surface à l'air et sont freinées très vite. Le modèle de la chute libre surestime donc largement la portée ; la valeur du constructeur est mesurée dans les conditions réelles. Erreur fréquente : prendre m ou s'arrêter au sommet de la trajectoire.
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