Calcul différentiel 201-103 • Sciences humaines au cégep à Montréal
Exercices corrigés : les fonctions trigonométriques et leurs dérivées (201-103)
Ces dix exercices corrigés couvrent les fonctions trigonométriques du calcul différentiel des sciences humaines : le cercle et les identités en rappel, la limite fondamentale, les dérivées du sinus, du cosinus et de la tangente, la règle de chaîne sur un modèle périodique et l'étude d'une fonction sur une période.
L'exercice 0.1 ouvre la série par dix dérivées de sinus, de cosinus et de tangente à calculer directement avec les formules, comme dans les listes des manuels : compositions comme cos(2t+3π), tan(4t) et sin(t), produits comme t2sint et sin(2t)cos(3t), le quotient 1+costsint, la puissance cos3t et une dérivée seconde, chacune avec une valeur à trouver au point indiqué et vérifiée en direct.
Le fil de la série tient en une phrase : ici le sinus n'est pas un outil de triangle, c'est le MODÈLE de tout ce qui revient, et sa dérivée répond à la question qu'un économiste ou un démographe se pose vraiment, à quel moment de l'année la croissance est-elle la plus rapide.
Trois pièges sont désignés nommément : dériver en degrés, ce qui ajoute un facteur pi sur 180 à chaque formule ; oublier le facteur laissé par la couche intérieure d'un modèle périodique ; et confondre l'amplitude avec la valeur maximale.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Addition : sin(a+b)=sinacosb+cosasinb. Duplication : sin2x=2sinxcosx et cos2x=cos2x−sin2x.
•Limite fondamentale : x→0limxsinx=1 et x→0limx1−cosx=0. Les deux sont des formes 00.
•x→0limbxsinax=ba : c'est le RAPPORT des coefficients, jamais 1.
•Table : (sinx)′=cosx, (cosx)′=−sinx, (tanx)′=cos2x1=1+tan2x≥1, donc la tangente n'a aucune tangente horizontale.
•Modèle périodique : f(t)=Asin(ωt+φ)+k. Amplitude A=2max−min, axe k=2max+min, période T=ω2π.
•Le maximum vaut k+A, PAS A : l'amplitude se mesure depuis l'axe d'oscillation, pas depuis zéro.
•Dérivée d'un modèle périodique : f′(t)=Aωcos(ωt+φ). Le facteur ω vient de la couche intérieure et c'est l'oubli numéro un du chapitre.
•UNITÉS : ω est en radians par unité de temps, donc Aω est en unité de f par unité de temps. C'est le contrôle le plus rapide.
•f′′(t)=−ω2(f(t)−k) : l'accélération est proportionnelle à l'écart à la moyenne et de signe contraire. C'est la définition analytique d'un cycle.
•La croissance est MAXIMALE un quart de période avant le pic, là où la courbe croise sa moyenne et où f′′ s'annule. Le pic, lui, est le moment où f′=0.
•Deux cycles de même période s'additionnent en UN seul : asinu+bcosu=Rsin(u+φ) avec R=a2+b2 et tanφ=ab.
Calculs : les dérivées trigonométriques à calculer
Pour chaque fonction, calculez la dérivée demandée à l'aide des formules, puis évaluez-la au point indiqué. Les angles sont en radians.
Une seule méthode pour les dix lignes : nommer la DERNIÈRE opération (somme, produit, quotient, puissance ou fonction composée), appliquer sa règle, puis multiplier par la dérivée de l'intérieur à chaque étage : (sinu)′=u′cosu, (cosu)′=−u′sinu, (tanu)′=cos2uu′. Les valeurs se lisent sur le cercle trigonométrique ; la calculatrice, en mode radian, ne sert qu'à vérifier.
a) f(t)=6sin(3t), puis f′(3π).
b) g(t)=cos(2t+3π), puis g′(12π).
c) h(t)=tan(4t), puis h′(16π).
d) f(t)=2sint−3cost, puis f′(6π).
e) g(t)=t2sint, puis g′(2π).
f) h(t)=1+costsint, puis h′(3π).
g) f(t)=cos3t, puis f′(4π).
h) g(t)=sin(t), puis g′(9π2).
i) h(t)=sin(2t)cos(3t), puis h′(6π).
j) f(t)=5sin(2t) : calculez la dérivée SECONDE, puis f′′(12π).
Le geste qui décide de tout se fait AVANT de dériver : nommer la dernière opération. cos3t est une puissance, sin(t) une fonction composée, t2sint un produit, 1+costsint un quotient. Ensuite, chaque étage laisse sa dérivée intérieure en facteur, et c'est ce facteur qu'on oublie.
a)
f′(t)=6cos(3t)⋅3=18cos(3t). En t=3π, 3t=π et cosπ=−1 : f′(3π)=−18. Piège : oublier le 3 de l'intérieur et répondre −6.
b)
g′(t)=−sin(2t+3π)⋅2=−2sin(2t+3π). En t=12π, l'angle vaut 6π+3π=2π et sin2π=1 : g′(12π)=−2. Le déphasage 3π est une constante : il ne laisse aucun facteur.
c)
h′(t)=cos2(4t)4. En t=16π, 4t=4π et cos24π=21 : h′(16π)=214=8. Contrôle par l'autre forme : 4(1+tan24π)=4×2=8.
d)
f′(t)=2cost−3⋅(−sint)=2cost+3sint. En t=6π : f′(6π)=2⋅23+3⋅21=3+1,5≈3,232. Piège : le signe, −3cost se dérive en +3sint.
e)
Produit : g′(t)=2tsint+t2cost. En t=2π, sin=1 et cos=0 : g′(2π)=2⋅2π=π≈3,142. Piège : écrire (t2sint)′=2tcost, en multipliant entre elles les dérivées des deux facteurs.
f)
Quotient : h′(t)=(1+cost)2cost(1+cost)−sint⋅(−sint)=(1+cost)2cost+cos2t+sin2t=(1+cost)21+cost=1+cost1, grâce à sin2t+cos2t=1. En t=3π : h′(3π)=1,51=32≈0,667.
g)
Puissance d'abord, f(t)=(cost)3 : f′(t)=3cos2t⋅(−sint)=−3cos2tsint. En t=4π : f′(4π)=−3⋅21⋅22=−432≈−1,061. Piège : confondre cos3t et cos(t3).
h)
g′(t)=cos(t)⋅2t1. En t=9π2, t=3π et cos3π=21 : g′(9π2)=21⋅32π1=4π3≈0,239.
i)
Produit de deux compositions : h′(t)=2cos(2t)cos(3t)+sin(2t)⋅(−3sin(3t))=2cos(2t)cos(3t)−3sin(2t)sin(3t). En t=6π, 2t=3π et 3t=2π : le premier terme s'annule avec cos2π=0, et h′(6π)=−3⋅23⋅1=−233≈−2,598.
j)
f′(t)=10cos(2t), puis f′′(t)=−20sin(2t)=−4f(t) : la dérivée seconde d'un sinus de pulsation 2 est −22 fois la fonction. En t=12π, sin6π=21 : f′′(12π)=−10. Piège : un seul facteur 2 au lieu de deux, ce qui donne −5.
Contrôle global : pour chaque ligne, le taux 0,002f(a+0,001)−f(a−0,001) calculé à la machine, en mode RADIAN, tombe à moins d'un millième de la valeur trouvée. En mode degré, tout est faux d'un facteur sans rapport : c'est le premier réglage à vérifier.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Le cercle, le radian et les identités, en rappel
Ce premier exercice ne rouvre pas le cours du secondaire. Il rassemble en dix minutes les quatre seules choses dont le calcul différentiel a besoin : le cercle trigonométrique, les valeurs remarquables, l'identité de Pythagore et les angles associés.
Une idée est nouvelle, et elle décide de tout le reste du chapitre : ici un angle se mesure en RADIANS. Un radian est un rapport de deux longueurs, donc un nombre sans unité, et c'est ce qui autorise à écrire sint où t est un nombre de mois.
a) Convertissez 150∘ en radians, puis 67π en degrés.
b) Donnez les valeurs exactes de cos32π, de sin45π et de tan3π.
c) Un indice de satisfaction vérifie sinθ=53, avec θ dans le deuxième quadrant. Donnez cosθ et tanθ.
d) Simplifiez sin(π−x), cos(π+x) et sin(−x).
e) Un logiciel de statistique renvoie sin(30)=−0,988. Expliquez ce résultat, puis dites ce qu'il faut taper pour obtenir sin(30∘).
c)cosθ=−54=−0,8 et tanθ=−43=−0,75 ; la racine positive est rejetée.
d)sin(π−x)=sinx, cos(π+x)=−cosx, sin(−x)=−sinx.
e)Le logiciel a calculé le sinus de 30 RADIANS. Il faut taper sin(30×180π)=0,5.
a)
Le pont entre les deux unités est 180∘=π rad. Donc 150∘=150×180π=65π≈2,618 rad. Dans l'autre sens, 67π=67×180∘=210∘. Vérification de bon sens : 150∘ dépasse l'angle droit sans atteindre l'angle plat, donc sa mesure en radians doit tomber entre 2π≈1,571 et π≈3,142, ce que 2,618 respecte. Le piège classique est de multiplier par π180 quand il faut diviser : on s'en sort toujours en vérifiant que le résultat reste dans le bon intervalle. Une conversion ratée ne coûte pas un point, elle fausse tout le modèle qui suit.
b)
32π=120∘ est dans le deuxième quadrant, où le cosinus est NÉGATIF ; son angle de référence vaut 3π, donc cos32π=−21=−0,5. 45π=225∘ est dans le troisième quadrant, où le sinus est négatif, avec 4π pour référence : sin45π=−22≈−0,7071. Enfin tan3π=cos(π/3)sin(π/3)=1/23/2=3≈1,7321. La méthode tient en deux gestes, et un seul des deux est un calcul : on trouve l'angle de référence, puis on pose le signe du quadrant.
c)
L'identité de Pythagore sin2θ+cos2θ=1 donne cos2θ=1−259=2516, donc cosθ=±54. C'est le quadrant qui tranche : dans le deuxième, le cosinus est négatif, donc cosθ=−54=−0,8. Puis tanθ=cosθsinθ=−4/53/5=−43=−0,75. Le piège coûte cher : oublier le signe revient à placer le point image dans le premier quadrant, donc à répondre 0,8 et 0,75, deux valeurs justes en apparence et fausses toutes les deux. L'identité donne le CARRÉ, jamais le signe.
d)
Ces trois identités se lisent sur la figure sans rien calculer. π−x est le symétrique de x par rapport à l'axe vertical : l'ordonnée ne bouge pas, l'abscisse change de signe, donc sin(π−x)=sinx. π+x est le symétrique par rapport au centre : les deux coordonnées changent de signe, donc cos(π+x)=−cosx. Enfin −x est le symétrique par rapport à l'axe horizontal, donc sin(−x)=−sinx : le sinus est impair, le cosinus est pair. Ces trois égalités reviendront à l'exercice 5, où elles servent à démontrer une dérivée.
e)
Le logiciel a lu 30 RADIANS, pas 30 degrés. On le vérifie : 30−4×2π≈30−25,133=4,867 rad, un angle du quatrième quadrant, où le sinus est négatif ; et effectivement sin(4,867)≈−0,988. Pour obtenir sin(30∘), il faut taper sin(30×180π)=sin6π=0,5. Retenez la règle d'alerte : tout logiciel de calcul, tout tableur et tout langage de programmation travaillent en radians par défaut. Un rapport qui annonce un indice en baisse là où le phénomène monte vient presque toujours de cette confusion d'unité.
Exercice 2 : La limite fondamentale : sinus sur x
En x=0, le quotient xsinx donne 00 : une forme indéterminée, exactement comme celles du chapitre des limites. Sa valeur ne vaut ni 0, ni l'infini, et elle ne se devine pas.
Elle vaut 1, et c'est de là que sort TOUTE la dérivation trigonométrique du cours. La figure montre pourquoi : près de zéro, la courbe du sinus et la droite d'équation y=x deviennent indiscernables.
a) Calculez 0,2sin(0,2) puis 0,05sin(0,05), à quatre décimales.
b) Donnez x→0limxsinx et dites ce que la figure montre de cette limite.
c) Montrez que x→0limx1−cosx=0 en multipliant par le conjugué, puis vérifiez en x=0,01.
d) Calculez x→0lim3xsin5x puis x→0limsin3xsin5x.
e) Reprenez a) avec une calculatrice réglée en DEGRÉS : que vaut 0,1sin(0,1∘), vers quelle limite tend le quotient, et pourquoi cela interdit de dériver en degrés ?
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Réponses
a)0,9933 puis 0,9996.
b)x→0limxsinx=1 : près de zéro sinx≈x, et les deux courbes de la figure se confondent.
c)La limite vaut 0 ; en x=0,01 le quotient vaut 0,0050.
d)Les deux limites valent 35≈1,6667.
e)0,01745, et la limite vaut 180π : en degrés (sinx)′=180πcosx, donc on ne dérive jamais en degrés.
a)
sin(0,2)=0,198669, donc 0,2sin(0,2)=0,993347≈0,9933. Puis sin(0,05)=0,0499792, donc 0,05sin(0,05)=0,999583≈0,9996. La tendance est nette : en divisant l'entrée par 4, on a divisé l'ÉCART À 1 par environ 16. C'est la signature d'une convergence en x2, et l'approximation sinx≈x−6x3 le confirme, puisqu'elle donne xsinx≈1−6x2. Attention : la calculatrice doit être en radians, sinon ces deux nombres valent environ 0,0175 et rien ne converge vers 1.
b)
x→0limxsinx=1. Sur la figure, la droite y=x et la courbe y=sinx se séparent visiblement dès x=1, mais restent collées entre −0,3 et 0,3 : dire que le quotient tend vers 1, c'est dire que le sinus et son argument deviennent proportionnels avec un rapport de 1, autrement dit que sinx≈x près de zéro. Géométriquement, c'est l'arc qui se confond avec sa corde quand l'angle devient petit, et ce n'est vrai QUE si l'angle est mesuré en radians, c'est-à-dire par une longueur d'arc.
c)
On multiplie en haut et en bas par le conjugué 1+cosx : x1−cosx=x(1+cosx)(1−cosx)(1+cosx)=x(1+cosx)1−cos2x=x(1+cosx)sin2x=xsinx×1+cosxsinx. Le premier facteur tend vers 1, le second vers 20=0, donc le produit tend vers 0. Vérification en x=0,01 : 1−cos(0,01)=0,0000499996, divisé par 0,01 cela donne 0,0050. La méthode du conjugué est celle du chapitre des limites algébriques ; seule l'identité de Pythagore change.
d)
Pour la première, on force le même argument en haut et en bas : 3xsin5x=35×5xsin5x, et comme 5x→0, le second facteur tend vers 1 : la limite vaut 35≈1,6667. Pour la seconde, on fabrique deux quotients de référence : sin3xsin5x=5xsin5x×sin3x3x×35, ce qui donne 1×1×35≈1,6667. Retenez la règle : quand les deux sinus portent des coefficients différents, la limite est le RAPPORT de ces coefficients, jamais 1. Répondre 1 par réflexe est l'erreur la plus fréquente de cette page.
e)
0,1∘=0,1×180π=0,0017453 rad, dont le sinus vaut 0,0017453. Le quotient vaut donc 0,10,0017453=0,017453, et la limite est 180π≈0,01745, pas 1. Conséquence directe : en degrés, la dérivée du sinus n'est plus le cosinus mais 180πcosx, et ce facteur parasite contaminerait chaque formule du chapitre, chaque règle de chaîne et chaque problème d'optimisation. Le radian n'est pas une convention de professeur : c'est la seule unité qui rende la table des dérivées propre.
Exercice 3 : Sinus, cosinus et tangente comme fonctions du temps
En sciences humaines, le sinus n'est pas un outil de triangle : c'est LE modèle de tout ce qui revient. Les ventes au détail, l'affluence d'une urgence, les migrations saisonnières, le rythme circadien, tous se décrivent par f(t)=Asin(ωt+φ)+k.
Quatre lettres, quatre questions de gestion. A est l'amplitude, la moitié de l'écart entre le meilleur et le pire moment. ω fixe la période, T=ω2π. φ décale le cycle dans le calendrier. k est le niveau moyen autour duquel tout oscille.
a) Pour f(t)=8sin(6πt)+30, donnez l'amplitude, la période, l'axe d'oscillation, le maximum et le minimum.
b) Pour g(t)=12sin(6πt+3π)+40, réécrivez sous la forme Asin(ω(t−t0))+k, donnez t0, puis le premier t≥0 où g atteint son maximum.
c) Donnez la période de la tangente et dites pourquoi elle ne peut modéliser aucun phénomène saisonnier borné.
d) Les trois autres fonctions du cercle sont la sécante, la cosécante et la cotangente : dites de laquelle des trois fonctions de base chacune est l'inverse.
e) Comparez l'amplitude RELATIVE kA de f et de g, en pourcentage, et dites laquelle des deux séries est la plus saisonnière.
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Réponses
a)A=8, T=12, axe y=30, maximum 38, minimum 22.
b)g(t)=12sin(6π(t+2))+40, donc t0=−2 ; premier maximum en t=1, où g=52.
c)Période π. La tangente n'est pas bornée et possède des asymptotes verticales, donc elle ne modélise aucun cycle borné.
e)26,7 pour cent contre 30 pour cent : g est la plus saisonnière.
a)
On lit directement : A=8, donc l'amplitude vaut 8 unités. ω=6π, donc la période vaut T=π/62π=12 unités de temps, ce qui en fait le modèle annuel standard quand t compte les mois. L'axe d'oscillation est la droite y=k=30. Le maximum vaut k+A=38, le minimum k−A=22. Vérification : la moyenne des deux vaut bien 238+22=30, et leur demi-écart vaut 238−22=8. Ces deux formules, k=2max+min et A=2max−min, serviront en sens inverse à l'exercice 4, où ce sont les données qui donnent le maximum et le minimum.
b)
On met ω en facteur dans l'argument : 6πt+3π=6π(t+2), donc g(t)=12sin(6π(t+2))+40 et t0=−2. Le décalage est NÉGATIF, ce qui veut dire que le cycle est en avance de deux mois sur le modèle sans déphasage. Le maximum est atteint quand l'argument vaut 2π : 6π(t+2)=2π donne t+2=3, donc t=1, et g(1)=52. Le piège est de lire t0=+2 parce que l'énoncé montre un plus : la forme canonique s'écrit t−t0, donc un plus dans l'argument est un t0 négatif, exactement comme pour la parabole.
c)
La tangente a pour période π, et non 2π : elle reprend les mêmes valeurs deux fois plus vite que le sinus, parce que le changement de signe simultané du sinus et du cosinus laisse leur quotient inchangé. Surtout, elle n'a pas d'amplitude : elle part de −∞ et monte jusqu'à +∞ sur chaque intervalle, avec une asymptote verticale en 2π+kπ. Un phénomène saisonnier réel est borné, des ventes ne deviennent pas infinies en décembre, donc la tangente ne sert jamais de modèle cyclique. Elle apparaît dans ce cours pour une autre raison, comme résultat de la dérivation et dans les équations du type tanu=c de l'exercice 10.
d)
La sécante est l'inverse du cosinus, secx=cosx1 ; la cosécante est l'inverse du sinus, cscx=sinx1 ; la cotangente est l'inverse de la tangente, cotx=sinxcosx. Attention au vocabulaire : le préfixe co ne se suit pas, la CO-sécante répond au SINUS. Ces trois fonctions n'apparaissent que dans certains plans de cours et ne serviront pas plus loin ici, où tout s'écrit avec les trois fonctions de base.
e)
kA mesure le poids de la saison par rapport au niveau habituel, et c'est cette proportion, pas l'amplitude brute, qu'un gestionnaire compare d'une série à l'autre. Pour f : 308=0,2667, soit 26,7 pour cent. Pour g : 4012=0,30, soit 30 pour cent. La série g est donc la plus saisonnière, bien que les deux aient la même période. Comparer les amplitudes seules, 8 contre 12, donnerait la même conclusion ici par hasard ; elle s'inverserait dès que les niveaux moyens s'écartent, par exemple entre une amplitude de 12 sur un niveau de 200 et une amplitude de 8 sur un niveau de 30.
Exercice 4 : Lire les quatre paramètres sur douze mois de données
Une chaîne de magasins relève ses ventes mensuelles, en milliers de dollars, sur une année complète. Le service des statistiques a ajusté une sinusoïde f(t)=Asin(ωt+φ)+k sur le nuage, où t est le numéro du mois, de 1 pour janvier à 12 pour décembre.
Le maximum ajusté vaut 140 en décembre et le minimum 80 en juin. Tout l'exercice consiste à remonter des données aux quatre paramètres, puis à les traduire en phrases de rapport.
a) Déduisez A et k du maximum et du minimum.
b) Donnez la période du modèle en mois, puis ω en radians par mois, au dix-millième.
c) Déterminez φ sachant que le maximum est atteint en t=12, puis écrivez f(t).
d) Prédisez les ventes de septembre, t=9, puis comparez à la valeur observée de 112.
e) Traduisez k, A et 2A en une phrase de rapport chacun.
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Réponses
a)A=30 et k=110 milliers de dollars.
b)T=12 mois et ω=6π≈0,5236 rad/mois.
c)φ=2π≈1,5708, donc f(t)=30sin(6πt+2π)+110.
d)f(9)=110 milliers de dollars, contre 112 observés : un écart de 2 milliers, soit 1,8 pour cent.
e)k : 110 milliers par mois en moyenne. A : 30 milliers d'écart saisonnier à la moyenne. 2A : 60 milliers entre décembre et juin.
a)
Les deux formules du chapitre s'utilisent ici en sens inverse de l'exercice 3 : A=2max−min=2140−80=30 et k=2max+min=2140+80=110, tous deux en milliers de dollars. Le piège est de prendre A=140, c'est-à-dire de confondre l'amplitude avec la valeur maximale : l'amplitude se mesure à partir de l'AXE, pas à partir de zéro. Cette confusion revient à l'exercice 8, affirmation d), et elle fausse ensuite la dérivée d'un facteur 4 sur cet exemple.
b)
Le phénomène est annuel et les données sont mensuelles, donc la période vaut T=12 mois. On en tire ω=T2π=122π=6π≈0,5236 radian par mois. Les unités méritent une seconde : ω n'est pas un nombre pur, c'est un nombre de radians PAR MOIS, et c'est ce qui fera de Aω un nombre de milliers de dollars par mois à l'exercice 6. Un élève qui écrit ω=12 a interverti la période et la pulsation ; sa courbe oscillerait alors environ deux fois par mois.
c)
Le maximum d'un sinus est atteint quand son argument vaut 2π modulo 2π. En t=12 : 6π×12+φ=2π+φ, qu'on veut égal à 2π+2π, donc φ=2π≈1,5708. Le modèle s'écrit f(t)=30sin(6πt+2π)+110, ce qui vaut aussi f(t)=110+30cos(6πt), puisqu'un sinus déphasé d'un quart de tour EST un cosinus. Les deux écritures sont correctes ; garder la première évite de changer de fonction en cours de chapitre.
d)
f(9)=30sin(23π+2π)+110=30sin(2π)+110=110 milliers de dollars. La donnée observée vaut 112, soit un écart de 2 milliers, environ 1,8 pour cent de la valeur observée. C'est le bon ordre de grandeur pour un ajustement saisonnier : le modèle est un LISSAGE, pas une prophétie, et un écart de quelques pour cent sur un mois donné n'invalide rien. Ce qu'il faut vérifier, c'est que les écarts changent de signe d'un mois à l'autre au lieu de s'accumuler du même côté, signe d'une tendance de fond que la sinusoïde seule ne capte pas.
e)
k=110 : en moyenne sur l'année, la chaîne vend 110 milliers de dollars par mois. A=30 : le meilleur mois dépasse cette moyenne de 30 milliers, et le pire lui est inférieur d'autant. 2A=60 : entre décembre et juin, l'écart de chiffre d'affaires atteint 60 milliers de dollars par mois, soit plus de la moitié du niveau moyen. C'est ce troisième nombre qui commande le plan de trésorerie et l'embauche saisonnière, et c'est lui qu'on oublie de calculer quand on s'arrête à l'amplitude.
Exercice 5 : Les dérivées du sinus, du cosinus et de la tangente
On n'apprend pas trois dérivées par cœur : on en établit UNE, celle du sinus, et les deux autres en découlent en quelques lignes. La démonstration ne demande que deux choses déjà acquises, l'identité d'addition de l'exercice 1 et la limite fondamentale de l'exercice 2.
Les règles de dérivation, elles, sont celles du chapitre précédent et ne changent pas : produit, quotient, chaîne. Seule la table des fonctions de base s'allonge de trois lignes.
a) En partant de sin(x+h)=sinxcosh+cosxsinh, montrez que hsin(x+h)−sinx=cosx⋅hsinh−sinx⋅h1−cosh, puis concluez sur (sinx)′.
b) Déduisez (cosx)′ en écrivant cosx=sin(2π−x).
c) Établissez (tanx)′=cos2x1=1+tan2x par la règle du quotient, puis dites pourquoi la tangente n'a jamais de tangente horizontale.
d) Calculez f′(3π) pour f=sin, g′(6π) pour g=cos et h′(4π) pour h=tan.
e) Soit p(x)=sinxcosx. Dérivez par la règle du produit, puis en remarquant que p(x)=21sin2x. Que confirme la comparaison des deux réponses ?
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Réponses
a)(sinx)′=cosx : le premier quotient tend vers 1, le second vers 0.
b)(cosx)′=−sinx, le signe venant de la dérivée de 2π−x.
c)(tanx)′=cos2x1=1+tan2x≥1, donc jamais nulle : aucune tangente horizontale.
d)0,5, puis −0,5, puis 2.
e)cos2x−sin2x d'un côté, cos2x de l'autre : la comparaison redonne l'identité de duplication.
a)
On remplace sin(x+h) par l'identité d'addition : hsinxcosh+cosxsinh−sinx=hcosxsinh−hsinx(1−cosh)=cosx⋅hsinh−sinx⋅h1−cosh. Quand h→0, le premier quotient tend vers 1 et le second vers 0, par les deux limites de l'exercice 2. Il reste cosx×1−sinx×0=cosx, donc (sinx)′=cosx. Noter que x est resté SPECTATEUR pendant tout le passage à la limite : c'est h qui tend vers zéro, et c'est pour cela que cosx et sinx sortent des quotients comme des constantes.
b)
cosx=sin(2π−x) est l'identité des angles complémentaires. La règle de chaîne donne (cosx)′=cos(2π−x)×(−1)=−sinx, puisque cos(2π−x)=sinx. Le signe moins vient de la dérivée de la couche intérieure, 2π−x, et non d'une convention à mémoriser. Voilà l'énoncé exact de la table : la dérivée du SINUS est le cosinus, sans signe ; la dérivée du COSINUS est moins le sinus. Inverser les deux est l'affirmation a) de l'exercice 8.
c)
tanx=cosxsinx, donc la règle du quotient donne (tanx)′=cos2xcosxcosx−sinx(−sinx)=cos2xcos2x+sin2x=cos2x1 par l'identité de Pythagore. En divisant plutôt terme à terme, on obtient la seconde forme, 1+tan2x. Les deux sont utiles : la première pour évaluer, la seconde pour résoudre. Conséquence immédiate : cos2x1≥1 toujours, donc la dérivée de la tangente ne s'annule JAMAIS et la courbe n'a aucune tangente horizontale. C'est la traduction analytique du fait que la tangente est strictement croissante sur chacun de ses intervalles.
d)
f′(x)=cosx, donc f′(3π)=cos3π=21=0,5. g′(x)=−sinx, donc g′(6π)=−sin6π=−21=−0,5. h′(x)=cos2x1, donc h′(4π)=(2/2)21=1/21=2. Lecture graphique : en 3π la courbe du sinus monte encore, mais moitié moins vite qu'à l'origine ; en 6π le cosinus descend déjà. Le signe se vérifie à l'œil sur n'importe quel tracé, et c'est le contrôle le plus rapide.
e)
Par la règle du produit : p′(x)=cosxcosx+sinx(−sinx)=cos2x−sin2x. Par la seconde écriture : p(x)=21sin2x, et la règle de chaîne donne p′(x)=21×2cos2x=cos2x. Les deux réponses sont nécessairement égales, donc cos2x=cos2x−sin2x : la dérivation vient de RETROUVER l'identité de duplication. Vérification en x=6π : cos3π=0,5 d'un côté, 43−41=0,5 de l'autre. Retenez le geste : quand deux chemins mènent à la même dérivée, leur égalité est une identité gratuite, et c'est souvent la plus simple des démonstrations.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : La règle de chaîne sur un modèle périodique
On reprend le modèle des ventes ajusté à l'exercice 4 : f(t)=30sin(6πt+2π)+110, en milliers de dollars, t en mois.
Dériver un tel modèle, c'est appliquer la règle de chaîne à une couche intérieure affine, et l'erreur numéro un du chapitre tient en un mot : on oublie le facteur ω laissé par cette couche.
a) Donnez f′(t) pour le modèle général f(t)=Asin(ωt+φ)+k, et dites ce que devient chacune des quatre lettres.
b) Appliquez au modèle des ventes : donnez f′(t) puis l'amplitude de f′, au centième.
c) Calculez f′(3) et f′(9), au centième, et interprétez chacun en une phrase de rapport.
d) Donnez les unités de f′, puis chiffrez en pourcentage l'erreur d'un élève qui oublie le facteur ω.
e) Montrez que f′′(t)=−ω2(f(t)−k) et dites ce que cette égalité raconte d'un phénomène cyclique.
Voir la correction
Réponses
a)f′(t)=Aωcos(ωt+φ) : A reste, ω s'ajoute en facteur, φ ne bouge pas, k disparaît.
b)f′(t)=5πcos(6πt+2π), d'amplitude 5π≈15,71 milliers par mois.
c)f′(3)≈−15,71 : en mars les ventes baissent de 15,71 milliers par mois. f′(9)≈+15,71 : en septembre elles montent d'autant.
d)Milliers de dollars par mois ; oublier ω surestime le rythme de 91 pour cent, facteur π6.
e)f′′(t)=−ω2(f(t)−k)≈−0,2742(f(t)−110) : l'accélération rappelle la série vers sa moyenne.
a)
La couche extérieure est le sinus, la couche intérieure est u(t)=ωt+φ, dont la dérivée vaut ω. La règle de chaîne donne donc f′(t)=Aωcos(ωt+φ). Chaque lettre a son sort : A reste en facteur, ω apparaît EN PLUS comme facteur, φ reste à sa place dans l'argument, et k disparaît, puisque la dérivée d'une constante est nulle. Ce dernier point mérite d'être dit à voix haute : le niveau moyen n'a aucun effet sur le rythme, et deux séries de niveaux très différents peuvent avoir exactement la même dérivée.
b)
Ici A=30, ω=6π et φ=2π, donc f′(t)=30×6πcos(6πt+2π)=5πcos(6πt+2π). L'amplitude de f′ vaut Aω=5π≈15,71. Autrement dit, le rythme des ventes oscille entre −15,71 et +15,71 milliers de dollars par mois, jamais au-delà. Ce nombre est le plus utile de tout le modèle pour un gestionnaire : c'est la variation mensuelle maximale à laquelle il doit se préparer, dans un sens comme dans l'autre.
c)
f′(3)=5πcos(2π+2π)=5πcosπ=−5π≈−15,71. Phrase de rapport : en mars, les ventes baissent au rythme de 15,71 milliers de dollars par mois. f′(9)=5πcos(23π+2π)=5πcos2π=5π≈+15,71 : en septembre, elles montent au rythme de 15,71 milliers de dollars par mois. Ces deux mois sont exactement ceux où le modèle traverse sa moyenne, f(3)=f(9)=110 : le niveau y est ordinaire, le rythme y est extrême. C'est le fil de toute la série, et l'exercice 7 en fait sa question centrale.
d)
f se mesure en milliers de dollars et t en mois, donc f′ se mesure en MILLIERS DE DOLLARS PAR MOIS, l'unité de la sortie divisée par celle de l'entrée. Un élève qui oublie ω écrit 30cos(⋯) et annonce une amplitude de 30 au lieu de 5π≈15,708 : il surestime le rythme d'un facteur 5π30=π6≈1,91, soit une erreur de 91 pour cent. Sur un plan de trésorerie, cela revient à provisionner près du double du besoin réel. L'unité ne sauve pas ici, car les deux réponses sont homogènes : seule la règle de chaîne protège.
e)
On dérive une seconde fois : f′′(t)=−Aω2sin(ωt+φ). Or f(t)−k=Asin(ωt+φ), donc f′′(t)=−ω2(f(t)−k). Sur le modèle des ventes, ω2=36π2≈0,2742, d'où f′′(t)≈−0,2742(f(t)−110). L'égalité raconte exactement ce que veut dire cyclique : l'accélération est proportionnelle à l'ÉCART À LA MOYENNE, et de signe contraire. Plus la série s'éloigne de son niveau habituel, plus fort est le rappel qui la ramène ; et quand elle traverse sa moyenne, l'accélération est nulle, donc le rythme y est à son maximum. C'est la même équation qui régit tout retour à l'équilibre.
Exercice 7 : Le pic n'est pas le mois où les ventes montent le plus vite
Voici la question qu'un gestionnaire pose vraiment, et à laquelle seule la dérivée répond : à quel moment de l'année les ventes augmentent-elles le plus vite ? Ce n'est pas au pic, où elles ont fini de monter.
On travaille toujours sur f(t)=30sin(6πt+2π)+110, sur l'intervalle [0;12].
a) Résolvez f′(t)=0 sur [0;12] et dites la nature de chaque solution.
b) Calculez f′′(t), puis résolvez f′′(t)=0 sur [0;12] et donnez la valeur de f en ces points.
c) Donnez f′(3) et f′(9) et dites lequel des deux mois est celui où les ventes montent le plus vite.
d) Énoncez la règle générale : à quelle distance du pic se situe le moment de croissance maximale ?
e) Dressez le tableau de variation de f sur [0;12] et écrivez la phrase de gestion qui en découle.
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Réponses
a)t=0, t=6 et t=12 ; t=6 est un minimum, f(6)=80, et les deux bornes sont des maximums, f=140.
b)f′′(t)=−65π2cos(6πt), nulle en t=3 et t=9, où f=110.
c)f′(3)≈−15,71 et f′(9)≈+15,71 : c'est en septembre que les ventes montent le plus vite.
d)Un quart de période avant le pic, soit 3 mois ici.
e)f décroît sur [0;6] de 140 à 80, puis croît jusqu'à 140 ; le stock se commande sur décembre, l'embauche sur septembre.
a)
f′(t)=5πcos(6πt+2π), qui vaut aussi −5πsin(6πt). Elle s'annule quand sin(6πt)=0, donc quand 6πt=nπ, c'est-à-dire t=6n : sur [0;12], les solutions sont t=0, t=6 et t=12. Le signe de f′ tranche leur nature : f′ est négative sur ]0;6[ et positive sur ]6;12[, donc t=6 est un MINIMUM, avec f(6)=80, tandis que t=0 et t=12 sont des maximums, avec f=140. Ce sont juin et décembre, ce que l'exercice 4 annonçait déjà.
b)
f′′(t)=−30(6π)2sin(6πt+2π)=−65π2cos(6πt)≈−8,225cos(6πt). Elle s'annule quand cos(6πt)=0, donc quand 6πt=2π+nπ, c'est-à-dire t=3+6n : sur [0;12], t=3 et t=9. La dérivée seconde change de signe en chacun, donc ce sont deux points d'inflexion, et f(3)=f(9)=110 : ils tombent exactement sur l'axe d'oscillation. Retenir ce fait évite un calcul à chaque fois : une sinusoïde s'infléchit toujours quand elle croise sa moyenne.
c)
De l'exercice 6, f′(3)=−5π≈−15,71 et f′(9)=+5π≈+15,71. Le mois où les ventes montent le plus vite est donc SEPTEMBRE, t=9, et le mois où elles chutent le plus vite est mars. En septembre, la valeur des ventes est pourtant parfaitement ordinaire, 110 milliers de dollars, soit exactement la moyenne annuelle : un tableau de bord qui ne regarde que le niveau ne voit rien passer ce mois-là. C'est précisément ce que la dérivée apporte, et ce qu'aucune lecture de la colonne des ventes ne donne.
d)
Le maximum de f′ est atteint un QUART DE PÉRIODE avant le pic de f. Ici la période vaut 12 mois, donc le quart vaut 3 mois, et le pic est en décembre : la croissance maximale tombe en septembre, 12−3=9. La règle vient de la structure même du modèle : f′=Aωcos(ωt+φ) est la même sinusoïde avancée d'un quart de tour, puisque cosu=sin(u+2π). Elle vaut pour n'importe quel phénomène cyclique, quelle que soit la période, et c'est elle qu'on retrouvera sur sept jours à l'exercice 9 puis sur un modèle à deux cycles à l'exercice 10.
e)
Tableau de variation sur [0;12] : tf′f00140−↘6080+↗120140 avec deux points d'inflexion, en t=3 et t=9, où f vaut 110. La phrase de gestion : le stock et l'effectif de plancher se commandent sur le NIVEAU, donc sur décembre ; l'embauche saisonnière et la montée en cadence de l'entrepôt se déclenchent sur le RYTHME, donc dès septembre. Confondre les deux, c'est recruter au moment où la croissance est déjà finie.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi, puis donnez l'énoncé correct.
Les cinq sont tirées de copies réelles, et chacune coûte la totalité de la question où elle apparaît, parce qu'elle fausse tout ce qui suit.
a) « La dérivée du sinus est moins cosinus. »
b) « La période de sin(3t) vaut 6π. »
c) « Comme la calculatrice affiche des degrés, on dérive en degrés. »
d) « L'amplitude d'un modèle Asin(ωt+φ)+k est sa valeur maximale. »
e) « xsinx tend vers 1 quand x tend vers l'infini. »
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Réponses
a)Faux : (sinx)′=cosx ; le signe moins appartient à (cosx)′=−sinx.
b)Faux : la période vaut 32π≈2,094 ; 6π serait celle de sin(3t).
c)Faux : on dérive en radians ; en degrés (sinx)′=180πcosx.
d)Faux : l'amplitude vaut A et le maximum k+A, soit 140 pour A=30 et k=110.
e)Faux : la limite vaut 1 en 0 et 0 en +∞, par encadrement.
a)
Faux : (sinx)′=cosx, sans aucun signe. Le signe moins appartient à l'autre ligne de la table, (cosx)′=−sinx. La confusion se détecte à l'œil sur un tracé : en x=0 la courbe du sinus MONTE, donc sa dérivée y est positive, et cos0=1 convient alors que −cos0=−1 est absurde. Énoncé correct : la dérivée du sinus est le cosinus, la dérivée du cosinus est moins le sinus. Ce qui coûte cher n'est pas l'erreur de mémoire mais son effet en chaîne : sur un modèle saisonnier, elle inverse le mois de croissance maximale et le mois de chute maximale, donc elle inverse la décision.
b)
Faux : la période de sin(ωt) vaut ω2π, donc celle de sin(3t) vaut 32π≈2,094. Le coefficient DIVISE la période, il ne la multiplie pas : multiplier l'argument par 3 fait tourner le phénomène trois fois plus vite. La valeur 6π serait celle de sin(3t). Vérification directe : sin(3(t+32π))=sin(3t+2π)=sin(3t), l'égalité attendue. Énoncé correct : la période de sin(3t) vaut 32π.
c)
Faux, et c'est l'affirmation la plus coûteuse des cinq. Toute la table des dérivées repose sur x→0limxsinx=1, limite qui n'est vraie qu'en radians ; en degrés elle vaut 180π≈0,01745, comme l'exercice 2 l'a mesuré. En degrés, la table deviendrait (sinx)′=180πcosx, et ce facteur parasite se propagerait dans chaque règle de chaîne et chaque optimisation. Énoncé correct : en calcul différentiel, on travaille en radians, et l'affichage de la calculatrice se règle en conséquence avant le premier calcul.
d)
Faux : l'amplitude est A, la DEMI-différence entre le maximum et le minimum, et elle se mesure à partir de l'axe d'oscillation y=k, pas à partir de zéro. La valeur maximale vaut k+A et la valeur minimale k−A. Sur le modèle des ventes, A=30 et k=110 donnent un maximum de 140, pas de 30. Énoncé correct : A=2max−min et max=k+A. L'erreur est doublement chère, car elle fausse aussi la dérivée : l'amplitude du rythme est Aω, donc prendre 140 pour A multiplierait le rythme annoncé par plus de quatre.
e)
Faux : la limite 1 est celle en ZÉRO, pas à l'infini, et les deux n'ont aucun rapport. À l'infini, le numérateur reste borné entre −1 et 1 pendant que le dénominateur grandit sans limite, donc xsinx≤x1→0 : par encadrement, x→+∞limxsinx=0. Vérification : en x=100, le quotient vaut environ −0,0051. Énoncé correct : la limite vaut 1 en 0 et 0 en +∞. Retenez la lecture qui va avec : une oscillation divisée par un temps croissant s'amortit, ce qui est exactement le modèle d'un cycle dont l'effet relatif s'efface.
Exercice 9 : Problème : l'affluence d'une urgence sur sept jours
Le service des archives d'un hôpital modélise le nombre de visites enregistrées à l'urgence par N(t)=175+45cos(72πt), où t est le nombre de jours écoulés depuis le lundi zéro heure.
Le cycle est ici hebdomadaire et non annuel, mais les questions du gestionnaire ne changent pas : quel est le jour le plus chargé, et quel est le moment où la charge grimpe le plus vite ?
a) Donnez l'amplitude, la période, la moyenne, le maximum et le minimum de N.
b) Donnez N′(t), calculez N′(2) au dixième et interprétez en une phrase de rapport.
c) Résolvez N′(t)=0 sur [0;7] et nommez les jours correspondants.
d) Résolvez N′′(t)=0 sur [0;7], puis donnez la valeur de N′ en chacune de ces dates, au centième.
e) Dressez le tableau de variation sur [0;7] et dites sur quel indicateur, le niveau ou le rythme, se fonde chacune des deux décisions du service.
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Réponses
a)A=45, T=7 jours, moyenne 175, maximum 220 le lundi, minimum 130 le jeudi midi.
b)N′(t)=−790πsin(72πt) et N′(2)≈−39,4 : le mercredi matin, l'affluence recule de 39 visites par jour.
c)t=0, t=3,5 et t=7 : lundi pour les maximums, jeudi midi pour le minimum.
d)t=1,75 et t=5,25, où N′ vaut −40,39 puis +40,39 visites par jour.
e)N décroît de 220 à 130 puis remonte à 220. L'horaire se fonde sur le niveau, donc le lundi ; le rappel d'équipe sur le rythme, donc le samedi matin.
a)
La lecture est directe : A=45 visites, k=175 visites, et ω=72π donne une période T=2π/72π=7 jours, ce qui confirme que le cycle est hebdomadaire. Le maximum vaut k+A=220 visites et le minimum k−A=130 visites. Le maximum est atteint quand cos(72πt)=1, donc en t=0 et t=7, c'est-à-dire le lundi ; le minimum quand le cosinus vaut −1, donc en t=3,5, soit le jeudi à midi. L'écart entre le pire et le meilleur jour atteint 2A=90 visites, presque la moitié de la moyenne : ce n'est pas un détail d'horaire, c'est une question de sécurité.
b)
La règle de chaîne donne N′(t)=−45×72πsin(72πt)=−790πsin(72πt)≈−40,39sin(72πt). En t=2, mercredi zéro heure : 74π≈1,7952 rad, dont le sinus vaut 0,9749, donc N′(2)≈−40,39×0,9749≈−39,4. Phrase de rapport : le mercredi matin, l'affluence quotidienne recule au rythme d'environ 39 visites par jour. Le signe négatif est bien celui attendu, puisque la courbe descend du pic du lundi vers le creux du jeudi.
c)
N′(t)=0 quand sin(72πt)=0, donc quand 72πt=nπ, c'est-à-dire t=27n. Sur [0;7] : t=0, t=3,5 et t=7. Les deux bornes correspondent au lundi et donnent le maximum, 220 visites ; t=3,5 est le jeudi midi et donne le minimum, 130 visites. On ne conclut pas sur la seule annulation de la dérivée : c'est le changement de SIGNE de N′, négative avant 3,5 et positive après, qui fait du jeudi midi un minimum et non un simple point critique.
d)
N′′(t)=−790π×72πcos(72πt)=−49180π2cos(72πt)≈−36,26cos(72πt). Elle s'annule quand 72πt=2π+nπ, donc t=1,75 et t=5,25 sur l'intervalle. En t=1,75, mardi en fin de journée, N′=−790π≈−40,39 : c'est la chute la plus rapide de la semaine. En t=5,25, samedi en début de matinée, N′=+790π≈+40,39 : c'est la remontée la plus rapide. Comme prévu par la règle du quart de période, 5,25 précède le pic du lundi, t=7, de 1,75 jour, soit exactement 47.
e)
Tableau de variation : tN′N00220−↘3,50130+↗70220 avec deux inflexions, en t=1,75 et t=5,25, où N=175. Les deux décisions ne lisent pas la même ligne. L'HORAIRE de base, combien de médecins inscrire au tableau, se fonde sur le NIVEAU : il faut du renfort le lundi, où l'on attend 220 visites. Le PROTOCOLE de rappel d'équipe, lui, se fonde sur le RYTHME : il doit se déclencher le samedi matin, quand la charge remonte de 40 visites par jour, alors que le niveau y est encore parfaitement moyen, 175 visites. Attendre que le niveau monte, c'est arriver un jour et demi trop tard.
Exercice 10 : Problème : deux cycles superposés et le mois du pic
Un détaillant décompose l'écart de ses ventes à leur moyenne annuelle en deux effets saisonniers de même période : le calendrier scolaire et la météo. Le service des études obtient E(t)=5sin(6πt)+12cos(6πt), en milliers de dollars, t étant le nombre de mois écoulés depuis le 1er janvier.
Deux cycles de même période s'additionnent toujours en UN SEUL cycle de cette période, décalé : c'est l'identité d'addition lue à l'envers, et c'est ce qui rend le problème résoluble à la main.
a) Écrivez E(t)=Rsin(6πt+φ) : donnez R exactement et φ au millième.
b) Donnez l'amplitude et la période de E, puis l'écart entre le meilleur et le pire mois.
c) Dérivez E et résolvez E′(t)=0 sur [0;12[ : donnez les deux dates au centième.
d) Dites laquelle est un maximum et laquelle un minimum, avec la valeur de E en chacune.
e) Trouvez le moment de l'année où l'écart CROÎT le plus vite, donnez ce rythme au centième, et vérifiez la règle du quart de période.
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Réponses
a)R=13 et φ=arctan512≈1,176 rad.
b)Amplitude 13 milliers de dollars, période 12 mois, écart 2R=26 milliers.
c)E′(t)=6π(5cosu−12sinu), nulle en t≈0,75 et t≈6,75 mois.
d)t≈0,75 est un maximum, E=13 ; t≈6,75 est un minimum, E=−13.
e)Croissance maximale en t≈9,75 mois, au rythme de 613π≈6,81 milliers par mois, soit 3 mois avant le pic de t≈12,75.
a)
On développe la forme cible : Rsin(u+φ)=Rcosφsinu+Rsinφcosu, avec u=6πt. L'identification donne Rcosφ=5 et Rsinφ=12. En élevant au carré et en additionnant, l'identité de Pythagore fait disparaître φ : R2=25+144=169, donc R=13 exactement. Puis tanφ=512 avec un cosinus et un sinus tous deux positifs, donc φ est dans le premier quadrant : φ=arctan512≈1,176 rad. Le triangle 5, 12, 13 n'est pas un hasard d'énoncé, c'est ce qui rend R entier. Vérification en t=0 : E(0)=12 d'un côté, 13sin(1,176)=12 de l'autre.
b)
L'amplitude vaut R=13 milliers de dollars, et la période reste π/62π=12 mois : additionner deux cycles de même période n'en change jamais la période, seulement l'amplitude et le décalage. L'écart entre le meilleur et le pire mois vaut 2R=26 milliers de dollars. Remarquez que 13 est inférieur à 5+12=17 : les deux effets ne se renforcent pas totalement, parce qu'ils sont déphasés d'un quart de tour. Ajouter les amplitudes est l'erreur classique ici, et elle surestime la saisonnalité de 31 pour cent.
c)
Avec la forme développée, E′(t)=5×6πcos(6πt)−12×6πsin(6πt)=6π(5cosu−12sinu). Elle s'annule quand 5cosu=12sinu, donc quand tanu=125, ce qui donne u=arctan125≈0,3948 puis u≈0,3948+π≈3,5364. Comme t=π6u, on obtient t≈0,75 et t≈6,75 mois, soit vers le 23 janvier et vers le 23 juillet. Le facteur 6π ne joue aucun rôle dans la résolution, mais il jouera dans la valeur du rythme en e) : on ne le jette pas, on le met de côté.
d)
Avec la forme compacte, E(t)=13sin(u+φ). En t≈0,75 : u+φ≈0,3948+1,176=1,5708=2π, donc E=13, un MAXIMUM. En t≈6,75 : u+φ≈3,5364+1,176=4,7124=23π, donc E=−13, un MINIMUM. La forme compacte a fait tout le travail : chercher le signe de E′′ aurait donné la même réponse en deux fois plus de lignes. Traduction : les ventes dépassent leur moyenne annuelle de 13 milliers de dollars vers le 23 janvier, et lui sont inférieures d'autant vers le 23 juillet.
e)
E′(t)=6π(5cosu−12sinu) s'écrit aussi E′(t)=613πcos(u+φ), par la même identification. Ce rythme est maximal quand cos(u+φ)=1, donc quand u+φ=2π, soit u≈6,2832−1,176=5,1072 et t=π6u≈9,75 mois, vers le 23 octobre. Le rythme y vaut 613π≈6,81 milliers de dollars par mois. Vérification de la règle du quart de période : le pic suivant est en t≈0,75+12=12,75, et 12,75−9,75=3, exactement un quart des 12 mois. La règle tient donc aussi sur un modèle composé, ce qui était attendu, puisque la somme de deux cycles de même période EST une sinusoïde.
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