Exercices corrigés : les systèmes d'équations (math TS, secondaire 4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de quatrième secondaire sur les systèmes d'équations, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. C'est l'outil que l'on retrouve ensuite dans chaque problème à deux inconnues, en mathématique comme en sciences.
Le fil de la série est le suivant : les trois méthodes donnent la même réponse, donc on ne les choisit pas au hasard, on les choisit sur la FORME du système. Une variable déjà isolée appelle la substitution, deux la comparaison, aucune la réduction.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•COMPARAISON : la même variable est isolée dans les deux équations, on égale les deux expressions. C'est la traduction directe de « le point commun a le même x et le même y ».
•SUBSTITUTION : une variable est isolée, on remplace son expression dans l'AUTRE équation. Remplacer dans celle d'où elle vient donne 0=0 et n'apprend rien.
•RÉDUCTION : on rend les coefficients d'une variable OPPOSÉS, puis on additionne. On multiplie l'équation ENTIÈRE, second membre compris.
•ON ISOLE LA VARIABLE DONT LE COEFFICIENT VAUT 1 OU −1 : c'est ce qui évite les fractions.
•CHASSER LES FRACTIONS ET LES DÉCIMALES EN PREMIER : on multiplie chaque équation par le dénominateur commun de ses coefficients, ou par une puissance de dix.
•MULTIPLIER UNE ÉQUATION PAR UN NOMBRE NON NUL ne change pas l'ensemble-solution, parce que la transformation se défait en divisant. Par zéro, elle ne se défait pas.
•TROIS CAS, ET TROIS SEULEMENT : une solution si les droites sont sécantes, aucune si elles sont parallèles distinctes, une infinité si elles sont confondues.
•0=0 SIGNALE UNE INFINITÉ de solutions ; 0=k avec k non nul signale qu'il n'y en a AUCUNE. Les deux se ressemblent et disent le contraire : on relit le nombre qui reste.
•MÊME PENTE NE SUFFIT PAS pour conclure à l'absence de solution : il faut comparer aussi les ordonnées à l'origine.
•POSER UN PROBLÈME : nommer les deux inconnues AVEC leur unité, puis écrire une équation par condition. Deux équations qui portent sur la même grandeur ne sont qu'une seule information.
•VÉRIFIER DANS L'ÉQUATION QU'ON N'A PAS UTILISÉE pour trouver la seconde inconnue : vérifier dans celle qui a servi ne prouve rien.
•UNE SOLUTION MATHÉMATIQUE PEUT ÊTRE REJETÉE PAR LE CONTEXTE : un temps négatif, un nombre de pièces décimal, une longueur négative. Le rejet se rédige, il ne se sous-entend pas.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : La méthode de comparaison
Quand la MÊME variable est isolée dans les deux équations, on égale les deux expressions : c'est la méthode de comparaison. Elle traduit une évidence géométrique, illustrée ci-dessous : au point commun, les deux droites ont le même x ET le même y.
Donnez chaque solution sous la forme d'un couple (x;y).
a) y=3x−4 et y=−2x+11
b) y=2x+5 et y=43x−1
c) 5x−y=3 et 2x+y=11
d) y=4x+1 et y=4x−3
Voir la correction
Réponses
a)(3;5)
b)(11;8)
c)(2;7)
d)Aucune solution : droites parallèles distinctes
a)
Les deux y sont isolés, donc on les égale : 3x−4=−2x+11. On regroupe : 5x=15, donc x=3. On remplace dans l'une des deux équations, la plus simple : y=3×3−4=5. La solution est (3;5). Vérification dans l'AUTRE équation, celle qu'on n'a pas utilisée : −2×3+11=5, ce qui confirme. Vérifier dans l'équation déjà employée ne prouve rien.
b)
Les deux y sont isolés, mais sous forme de fractions. On égale, puis on multiplie en croix : 4(x+5)=2(3x−1), soit 4x+20=6x−2, donc 2x=22 et x=11. On reporte : y=211+5=8. La solution est (11;8). Vérification : 433−1=432=8. Le produit en croix est ici le plus rapide, mais multiplier les deux membres par 4 donnerait exactement la même équation.
c)
Aucun y n'est isolé, mais les deux le sont FACILEMENT : y=5x−3 et y=11−2x. On compare : 5x−3=11−2x, donc 7x=14 et x=2, puis y=5×2−3=7. La solution est (2;7). Vérification : 2×2+7=11. Isoler d'abord est ici plus court que la réduction, parce que les coefficients de y valent déjà −1 et +1.
d)
On égale : 4x+1=4x−3. Les 4x s'éliminent et il reste 1=−3, ce qui est FAUX. Le système n'a donc aucune solution. Ce n'est pas une erreur de calcul : c'est le résultat, et il se rédige ainsi. Géométriquement, les deux droites ont la même pente 4 et des ordonnées à l'origine différentes : elles sont parallèles et distinctes, donc elles ne se rencontrent jamais.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : La méthode de substitution
Quand UNE variable est isolée quelque part, on remplace son expression dans l'AUTRE équation. Le mot « autre » est la totalité de la méthode : remplacer dans l'équation d'où l'expression vient donne une identité vraie mais inutile.
Donnez chaque solution sous la forme d'un couple (x;y).
a) x=3y+2 et 2x−5y=9
b) y=2x−7 et 4x−3y=1
c) 3x+y=8 et 5x−2y=17
d) 2x+4y=10 et x−y=8
Voir la correction
Réponses
a)(17;5)
b)(10;13)
c)(3;−1)
d)(7;−1)
a)
La variable x est isolée dans la première : on la remplace dans la SECONDE. 2(3y+2)−5y=9, donc 6y+4−5y=9, soit y=5. On revient à l'expression isolée : x=3×5+2=17. La solution est (17;5). Vérification dans la seconde équation : 2×17−5×5=34−25=9, juste. La parenthèse autour de 3y+2 est obligatoire : sans elle, le 2 ne multiplierait que le 3y.
b)
On remplace y dans la seconde : 4x−3(2x−7)=1, donc 4x−6x+21=1, soit −2x=−20 et x=10. Puis y=2×10−7=13. La solution est (10;13). Vérification : 4×10−3×13=40−39=1. Le signe moins devant la parenthèse est le piège : −3×(−7) donne +21, et l'écrire −21 fait perdre toute la question.
c)
Aucune variable n'est isolée, mais y l'est en une ligne : y=8−3x. On remplace dans la seconde : 5x−2(8−3x)=17, donc 5x−16+6x=17, soit 11x=33 et x=3. Puis y=8−9=−1. La solution est (3;−1). Vérification : 5×3−2×(−1)=15+2=17. On isole toujours la variable dont le coefficient vaut 1 ou −1 : c'est ce qui évite les fractions.
d)
Ici x s'isole dans la seconde : x=y+8. On remplace dans la PREMIÈRE : 2(y+8)+4y=10, donc 2y+16+4y=10, soit 6y=−6 et y=−1. Puis x=−1+8=7. La solution est (7;−1). Vérification dans les deux : 2×7+4×(−1)=10 et 7−(−1)=8. Deux vérifications valent mieux qu'une quand le système a servi deux fois.
Exercice 3 : La méthode de réduction
Quand aucune variable n'est isolée, on rend OPPOSÉS les coefficients d'une même variable, puis on additionne les deux équations membre à membre : la variable disparaît.
Pour rendre les coefficients opposés, on multiplie une équation, ou les deux, par un nombre non nul.
a) 4x+3y=18 et 2x−3y=0
b) 3x+5y=−9 et 4x−2y=14
c) 5x+2y=3 et 3x−4y=−19
d) 6x−4y=10 et −3x+2y=−5
Voir la correction
Réponses
a)(3;2)
b)(2;−3)
c)(−1;4)
d)Une infinité : les deux équations décrivent la droite 3x−2y=5
a)
Les coefficients de y sont déjà opposés, +3 et −3 : on additionne directement. (4x+2x)+(3y−3y)=18+0, donc 6x=18 et x=3. On reporte dans la seconde : 2×3−3y=0, donc y=2. La solution est (3;2). Vérification dans la première : 12+6=18. C'est le cas le plus simple, et il faut le REPÉRER avant de multiplier quoi que ce soit.
b)
On vise y. Les coefficients sont 5 et −2 : on multiplie la première par 2 et la seconde par 5, ce qui donne +10y et −10y. Premier système transformé : 6x+10y=−18 et 20x−10y=70. On additionne : 26x=52, donc x=2, puis 3×2+5y=−9 donne 5y=−15 et y=−3. La solution est (2;−3). Vérification dans la seconde : 4×2−2×(−3)=8+6=14. Il faut multiplier l'équation ENTIÈRE, second membre compris : oublier de multiplier le −9 est l'erreur du chapitre.
c)
On vise y, dont les coefficients sont 2 et −4 : il suffit de multiplier la PREMIÈRE par 2. Cela donne 10x+4y=6, et en ajoutant la seconde, 13x=−13, donc x=−1. On reporte : 5×(−1)+2y=3, donc 2y=8 et y=4. La solution est (−1;4). Vérification : 3×(−1)−4×4=−3−16=−19. Chercher le plus petit multiple commun des deux coefficients évite de multiplier les deux équations pour rien.
d)
On multiplie la seconde par 2 : −6x+4y=−10. En l'ajoutant à la première, on obtient 0=0. Ce n'est pas une absence de solution : c'est une identité VRAIE, qui signale que les deux équations décrivent la même droite. Le système a donc une INFINITÉ de solutions, tous les couples vérifiant 3x−2y=5. On le rédige ainsi, en donnant l'équation de la droite commune, et non par un simple « infinité ».
Exercice 4 : Choisir la méthode sur la forme du système
Les trois méthodes donnent la même réponse, donc on ne les choisit pas au hasard : on les choisit sur la FORME. Deux variables isolées appellent la comparaison, une seule la substitution, aucune la réduction.
Pour chacun des six systèmes, nommez la méthode la plus économique et dites pourquoi. Ne résolvez que les systèmes (iii) et (vi).
a) Nommez la méthode pour (i) y=5x−2 et y=−x+10, puis pour (ii) x=4−2y et 3x+y=7.
b) Même question pour (iii) 5x+3y=14 et 5x−2y=−1, puis pour (iv) 7x−2y=11 et 3x+4y=5.
c) Même question pour (v) y=32x+1 et 2x−3y=5, puis pour (vi) 4x+9y=1 et 4x+9y=7. Combien de solutions ont ces deux derniers ?
d) Résolvez (iii), puis (vi).
Voir la correction
Réponses
a)(i) comparaison, deux y isolés ; (ii) substitution, x isolé
b)(iii) réduction, coefficients de x identiques ; (iv) réduction après multiplication
(i) et (ii) : dans (i), les DEUX y sont isolés, donc comparaison, en une ligne. Dans (ii), une seule variable est isolée, x, donc substitution dans l'autre équation. Aucun des deux ne demande de multiplication préalable, et c'est cela qui les rend économiques.
(iii) et (iv) : dans (iii), aucune variable n'est isolée, mais les coefficients de x sont IDENTIQUES, 5 et 5 : la réduction par SOUSTRACTION élimine x sans aucune multiplication. Dans (iv), aucune variable n'est isolée et aucun coefficient ne se correspond : réduction aussi, mais après multiplication, par exemple par 2 la première pour obtenir −4y et +4y.
(v) et (vi) : dans (v), y est isolé, donc substitution. On trouve d'ailleurs 2x−3×32x+1=5, soit 2x−2x−1=5, donc −1=5 : aucune solution. Dans (vi), les deux membres de gauche sont IDENTIQUES et les deux membres de droite diffèrent : aucune solution, et cela se voit sans écrire une seule ligne de calcul. Repérer ce cas avant de se lancer fait gagner deux minutes en examen.
Résolution de (iii). Les coefficients de x sont égaux, donc on SOUSTRACT la seconde équation de la première : (5x−5x)+(3y+2y)=14−(−1), soit 5y=15 et y=3. On reporte dans la première : 5x+9=14, donc x=1. La solution est (1;3). Vérification dans la seconde : 5−6=−1, juste. Attention au second membre lors d'une soustraction : 14−(−1)=15, et non 13.
Résolution de (vi). En soustrayant, on obtient 0=−6, ce qui est faux : le système n'a AUCUNE solution. Géométriquement, 4x+9y=1 et 4x+9y=7 sont deux droites de même pente, −94, mais d'ordonnées à l'origine différentes : elles sont parallèles et distinctes. On peut donc répondre en une phrase, sans calcul, dès la lecture de l'énoncé.
Exercice 5 : Coefficients fractionnaires et décimaux
Avant toute méthode, on CHASSE les fractions et les décimales : on multiplie chaque équation par le dénominateur commun de ses coefficients, ou par une puissance de dix.
Cette étape ne change pas l'ensemble des solutions, et elle divise par trois le nombre d'erreurs de calcul.
a) 3x+4y=5 et 2x−6y=1
b) 0,2x+0,5y=3,1 et 0,4x−0,3y=−0,3
c) 52x−y=1 et 5x+2y=2
d) Pourquoi multiplier une équation entière par un nombre non nul ne change-t-il pas l'ensemble-solution du système ?
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Réponses
a)(6;12)
b)(3;5)
c)(4;3)
d)A=B donne kA=kB, et la réciproque tient dès que k=0
a)
Pour la première, le dénominateur commun de 3 et 4 est 12 : on multiplie tout par 12, y compris le 5, ce qui donne 4x+3y=60. Pour la seconde, le dénominateur commun de 2 et 6 est 6, ce qui donne 3x−y=6. On isole y=3x−6 et l'on substitue : 4x+3(3x−6)=60, donc 13x=78 et x=6, puis y=12. La solution est (6;12). Vérification dans le système DE DÉPART : 36+412=2+3=5, et 26−612=3−2=1.
b)
On multiplie chaque équation par 10 : 2x+5y=31 et 4x−3y=−3. On réduit sur x en multipliant la première par 2 : 4x+10y=62. En soustrayant la seconde, 13y=65, donc y=5, puis 2x+25=31 donne x=3. La solution est (3;5). Vérification dans le système de départ : 0,2×3+0,5×5=0,6+2,5=3,1, et 0,4×3−0,3×5=1,2−1,5=−0,3.
c)
Chaque équation est une fraction unique : on multiplie par 5, ce qui donne 2x−y=5 et x+2y=10. On isole y=2x−5 dans la première, puis on substitue : x+2(2x−5)=10, donc 5x=20 et x=4, puis y=3. La solution est (4;3). Vérification : 58−3=1 et 54+6=2. La barre de fraction joue ici le rôle d'une parenthèse : il faut multiplier tout le numérateur, pas seulement son premier terme.
d)
Parce que l'égalité est conservée dans les deux sens. Si A=B, alors kA=kB pour tout k ; et réciproquement, si kA=kB avec k NON NUL, on peut diviser par k et retrouver A=B. Les deux équations ont donc exactement les mêmes couples solutions, et le système transformé a le même ensemble-solution. La condition k=0 est essentielle : multiplier par zéro donnerait 0=0, qui est vrai pour tout couple et a donc perdu toute l'information.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Les trois cas de figure, et comment les reconnaître
Un système de deux équations du premier degré à deux inconnues a exactement trois possibilités : une solution unique, aucune, ou une infinité. La figure les montre côte à côte.
Algébriquement, la reconnaissance est immédiate : si les variables disparaissent toutes, il reste soit une égalité FAUSSE, et il n'y a aucune solution, soit une égalité VRAIE, et il y en a une infinité.
a) 2x−6y=8 et x−3y=4
b) 3x+y=5 et 6x+2y=7
c) x+y=6 et 2x−y=3
d) Pour quelle valeur de m le système mx−4y=8 et 3x−2y=5 n'a-t-il AUCUNE solution ?
e) Pour quelle valeur de k le système 2x+3y=7 et 6x+9y=k a-t-il une INFINITÉ de solutions ?
Voir la correction
Réponses
a)Une infinité : la première est le double de la seconde
b)Aucune : les gauches sont proportionnelles, les droites non
c)(3;3), solution unique
d)m=6
e)k=21
a)
La première équation est exactement le DOUBLE de la seconde : en divisant par 2, on retrouve x−3y=4. Les deux équations décrivent donc la même droite, et le système a une infinité de solutions, tous les couples vérifiant x−3y=4. Par la réduction : on multiplie la seconde par −2 et l'on additionne, ce qui donne 0=0, égalité vraie.
b)
Le membre de gauche de la seconde est le double de celui de la première, mais le second membre ne l'est pas : 2×5=10=7. Les deux droites ont la même pente et des ordonnées à l'origine différentes, donc elles sont parallèles distinctes : aucune solution. Par la réduction, on obtient 0=−3, égalité fausse. C'est la différence à retenir entre a) et b), et elle tient à un seul nombre.
c)
On additionne les deux équations : 3x=9, donc x=3, puis y=3. La solution est (3;3), unique. Vérification : 3+3=6 et 6−3=3. Ici les coefficients ne sont proportionnels ni à gauche ni à droite, donc les droites sont sécantes : c'est le cas général.
d)
Pour qu'il n'y ait aucune solution, il faut que les membres de gauche soient proportionnels mais pas les seconds membres. Les coefficients de y sont −4 et −2, donc le rapport vaut 2 : il faut que m=2×3=6. Vérification : le système devient 6x−4y=8 et 3x−2y=5, dont la seconde doublée donne 6x−4y=10, à comparer à 8. Les deux sont incompatibles, donc aucune solution. La valeur m=6 est la seule.
e)
Le membre de gauche de la seconde, 6x+9y, est exactement le TRIPLE de 2x+3y. Pour que les deux équations soient équivalentes, il faut que le second membre soit lui aussi triplé : k=3×7=21. Pour toute autre valeur de k, le système n'aurait aucune solution. Remarquez la symétrie avec d) : le même rapport entre les gauches donne « aucune » ou « infinité » selon que le rapport des droites est le même ou non.
Exercice 7 : Poser le système : traduire avant de résoudre
La moitié des points d'un problème se joue avant le premier calcul : il faut NOMMER les deux inconnues avec leur unité, puis écrire deux équations, une par condition de l'énoncé.
Posez le système pour chacune des quatre situations, puis résolvez-les.
a) La somme de deux nombres vaut 47 et leur différence vaut 13.
b) Un atelier expédie 40 supports, les uns en acier de 2 kg, les autres en aluminium de 1,2 kg. La masse totale est de 68 kg.
c) Le rectangle de la figure a un périmètre de 62 cm, et sa longueur dépasse sa largeur de 9 cm.
d) L'usinage d'une pièce demande du tournage à 1,20 dollar la minute et du fraisage à 2,00 dollars la minute, pour 40 minutes de machine en tout et 60 dollars de coût.
Voir la correction
Réponses
a)x=30 et y=17
b)25 supports d'acier et 15 d'aluminium
c)Longueur 20 cm, largeur 11 cm
d)25 minutes de tournage et 15 de fraisage
a)
Soit x et y les deux nombres, avec x≥y. Le système est x+y=47 et x−y=13. Par réduction, on additionne : 2x=60, donc x=30, puis y=17. Vérification : 30+17=47 et 30−17=13. Quand les coefficients sont déjà opposés, l'addition est immédiate, et c'est pour cela que les problèmes de somme et de différence se traitent toujours par réduction.
b)
Soit a le nombre de supports d'acier et b celui d'aluminium. Système : a+b=40 pour le compte, et 2a+1,2b=68 pour la masse. Par substitution, b=40−a donne 2a+1,2(40−a)=68, soit 2a+48−1,2a=68, donc 0,8a=20 et a=25. Alors b=15. Vérification : 2×25+1,2×15=50+18=68 kg. Les deux équations ne portent pas sur la même grandeur, l'une compte des PIÈCES et l'autre des KILOGRAMMES : c'est le point que les copies confondent.
c)
Soit L la longueur et l la largeur, en centimètres. Le périmètre donne 2(L+l)=62, soit L+l=31, et l'énoncé donne L−l=9. Par addition : 2L=40, donc L=20 et l=11. Vérification : le périmètre vaut 2(20+11)=62 cm et l'écart vaut 9 cm. Diviser le périmètre par 2 dès la première ligne simplifie tout le reste, et c'est un demi-point gagné.
d)
Soit t le temps de tournage et f celui de fraisage, en minutes. Système : t+f=40 pour le temps, et 1,2t+2f=60 pour le coût. Substitution : 1,2t+2(40−t)=60, donc 1,2t+80−2t=60, soit −0,8t=−20 et t=25, puis f=15. Vérification : 1,2×25+2×15=30+30=60 dollars. Remarquez que 60 dollars pour 40 minutes fait 1,50 dollar la minute en moyenne, une valeur bien comprise entre 1,20 et 2,00 : ce contrôle de vraisemblance vaut la peine avant même de résoudre.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation.
a) « Un système de deux équations à deux inconnues a toujours une solution. »
b) « Si les deux droites ont la même pente, le système n'a pas de solution. »
c) « Multiplier une seule des deux équations par 3 change la solution du système. »
d) « Dans la méthode de substitution, on peut remplacer y dans l'équation d'où son expression vient. »
e) « Si l'on aboutit à 0=0, le système n'a pas de solution. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : une, aucune, ou une infinité
b)Faux : même pente et même ordonnée à l'origine donnent une infinité
c)Faux : multiplier par un nombre non nul ne change rien
d)Faux : on obtient 0=0, qui n'apprend rien sur x
e)Faux : 0=0 signale une infinité ; c'est 0=k non nul qui signale l'absence
a)
Contre-exemple : y=4x+1 et y=4x−3, vu à l'exercice 1, n'a aucune solution. L'énoncé correct : un tel système a UNE solution, AUCUNE, ou une INFINITÉ, selon la position relative des deux droites. Les trois cas existent et se reconnaissent tous les trois, comme à l'exercice 6.
b)
Contre-exemple : 2x−6y=8 et x−3y=4 ont la même pente et une infinité de solutions, puisque ce sont deux écritures de la même droite. L'énoncé correct : même pente et ordonnées à l'origine DIFFÉRENTES donnent des parallèles distinctes, donc aucune solution ; même pente et même ordonnée à l'origine donnent des droites confondues, donc une infinité.
c)
Faux, et c'est la moitié de la méthode de réduction qui en dépend. Si A=B, alors 3A=3B, et réciproquement on peut diviser par 3 : les deux équations ont exactement les mêmes couples solutions. Contre-exemple concret : x+y=6 et 3x+3y=18 sont la même équation, et le couple (3;3) vérifie les deux. L'énoncé correct : multiplier une équation par un nombre NON NUL ne change pas l'ensemble-solution.
d)
Faux, et le résultat le montre. Prenons y=2x−7 : en remplaçant y dans cette même équation, on obtient 2x−7=2x−7, c'est-à-dire 0=0, une identité vraie qui n'apprend rien sur x. L'énoncé correct : on remplace TOUJOURS dans l'autre équation, celle qui apporte une information nouvelle. Cette erreur donne l'impression d'une infinité de solutions alors que le système en a une seule.
e)
Faux : 0=0 est une identité VRAIE, qui signale une INFINITÉ de solutions, comme à la question d) de l'exercice 3. C'est 0=k avec k non nul, une égalité fausse, qui signale l'absence de solution. Les deux se ressemblent à l'oeil et disent le contraire l'une de l'autre : on relit donc toujours le nombre qui reste.
Exercice 9 : Problème : la tarification d'un atelier d'usinage
Un atelier facture un montant FIXE d'ouverture de dossier, puis un tarif horaire. Deux factures sont connues : 3 heures de travail ont coûté 245 dollars, et 7 heures ont coûté 505 dollars.
On cherche le montant fixe et le tarif horaire.
a) Nommez les deux inconnues avec leur unité, puis posez le système.
b) Résolvez-le.
c) À combien d'heures correspond une facture de 375 dollars ?
d) Un concurrent ne facture aucun frais fixe mais 78 dollars l'heure. À partir de combien d'heures ENTIÈRES l'atelier devient-il moins cher ?
e) Un client annonce une facture de 300 dollars pour 4 heures. Montrez que c'est impossible.
Voir la correction
Réponses
a)f+3t=245 et f+7t=505
b)65 dollars l'heure et 50 dollars de frais fixes
c)5 heures
d)À partir de 4 heures, le seuil exact étant environ 3,85 heure
e)Le modèle donne 310 dollars pour 4 heures, et non 300
a)
Soit f le montant fixe en dollars et t le tarif horaire en dollars par heure. Une facture de h heures coûte f+ht. Les deux factures connues donnent f+3t=245 et f+7t=505. Nommer les unités n'est pas de la décoration : c'est ce qui empêche d'additionner un montant et un tarif, l'erreur la plus coûteuse de ce type de problème.
b)
Les coefficients de f sont identiques, donc on SOUSTRACT la première de la seconde : 4t=260, donc t=65 dollars l'heure. On reporte : f+3×65=245, donc f=245−195=50 dollars. Vérification dans l'équation non utilisée : 50+7×65=50+455=505, juste. Le tarif horaire est donc de 65 dollars et le fixe de 50 dollars.
c)
On résout 50+65h=375, donc 65h=325 et h=5 heures. Contrôle de vraisemblance : 375 est entre 245 et 505, donc h doit être entre 3 et 7, ce qui est le cas. Ce contrôle prend trois secondes et attrape toute erreur de division.
d)
L'atelier est moins cher quand 50+65h<78h, soit 50<13h, donc h>1350≈3,85 heure. Comme la facturation se fait à l'heure entière, l'atelier devient moins cher à partir de 4 heures. Vérification aux deux bornes : à 3 heures, 245 contre 234, le concurrent gagne ; à 4 heures, 310 contre 312, l'atelier gagne. Le basculement est serré, deux dollars, et c'est précisément pourquoi il fallait calculer au lieu d'estimer.
e)
Le modèle donne 50+65×4=50+260=310 dollars pour quatre heures, et non 300. L'écart est de 10 dollars, donc la facture annoncée ne peut pas provenir de cette grille. Autre façon de le dire : 300 dollars correspondraient à h=65250≈3,85 heure, ce qui n'est pas 4. On conclut par une phrase, pas seulement par un calcul.
Exercice 10 : Problème : deux chariots sur un banc d'essai
Sur un banc d'essai rectiligne, deux chariots partent en même temps. Le chariot A part de la position 0 et avance à 1,5 mètre par seconde. Le chariot B part de la position 12 mètres et vient à sa rencontre à 2,5 mètres par seconde.
Les positions se comptent en mètres à partir de l'origine du banc, et le temps en secondes.
a) Écrivez la position de chaque chariot en fonction du temps t.
b) À quel instant et à quelle position se rencontrent-ils ?
c) On refait l'essai en faisant partir B avec 2 secondes de retard. Que devient l'instant de la rencontre ?
d) Dans l'essai initial, à quel instant les deux chariots sont-ils séparés de 3 mètres ?
e) On lance maintenant B dans le MÊME sens que A, toujours depuis la position 12 mètres et à 2,5 mètres par seconde. Que dit le système ?
Voir la correction
Réponses
a)xA=1,5t et xB=12−2,5t
b)À t=3 s, à la position 4,5 m
c)À t=4,25 s, à la position 6,375 m
d)À t=2,25 s (et de nouveau à t=3,75 s, après la rencontre)
e)t=−12 s : la solution est rejetée par le contexte, A ne rattrape jamais B
a)
Le chariot A part de 0 et avance vers les positions croissantes : xA=1,5t. Le chariot B part de 12 et vient à sa rencontre, donc il va vers les positions DÉCROISSANTES et sa vitesse compte en négatif : xB=12−2,5t. Le signe de la vitesse est toute la difficulté de la mise en équation, et il se décide en regardant dans quel sens la position évolue.
b)
Les chariots se rencontrent quand leurs positions sont égales : 1,5t=12−2,5t, donc 4t=12 et t=3 secondes. La position vaut alors x=1,5×3=4,5 mètres. Vérification avec l'autre expression : 12−2,5×3=12−7,5=4,5 mètres. On retrouve la méthode de comparaison de l'exercice 1, et la somme des vitesses, 4 mètres par seconde, est la vitesse de RAPPROCHEMENT : les 12 mètres se referment en 3 secondes.
c)
Avec deux secondes de retard, B n'a parcouru que t−2 secondes à l'instant t : xB=12−2,5(t−2)=17−2,5t. La rencontre a lieu quand 1,5t=17−2,5t, donc 4t=17 et t=4,25 secondes, à la position x=1,5×4,25=6,375 mètres. Le retard de deux secondes repousse la rencontre de 1,25 seconde seulement, et non de deux : pendant l'attente, A continue d'avancer.
d)
L'écart entre les deux chariots vaut xB−xA=12−2,5t−1,5t=12−4t, tant que B est devant A. On résout 12−4t=3, donc 4t=9 et t=2,25 secondes. Vérification : xA=3,375 et xB=6,375, dont la différence vaut bien 3 mètres. Après la rencontre, l'écart redevient de 3 mètres à un autre instant, t=3,75 secondes, et une réponse complète peut le signaler.
e)
Dans le même sens, xB=12+2,5t. L'équation de rencontre devient 1,5t=12+2,5t, donc −t=12 et t=−12 secondes. Une solution NÉGATIVE n'a pas de sens physique ici : elle signifie que la rencontre aurait eu lieu douze secondes avant le départ. Autrement dit, A est plus lent que B et part derrière lui, donc il ne le rattrapera jamais. Le système a bien une solution mathématique, et c'est le CONTEXTE qui la rejette : c'est exactement le même geste que le rejet d'une racine étrangère.
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