Exercices corrigés : les systèmes semi-linéaires et les régions du plan (math TS, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire sur les systèmes semi-linéaires et la représentation des inéquations dans le plan cartésien, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. C'est le chapitre qui relie l'algèbre à la géométrie analytique, et il prépare directement les lieux géométriques et l'optimisation.
Le fil de la série est le suivant : dès qu'une des deux équations est du second degré, la substitution ramène tout à UNE équation à UNE inconnue, et c'est son discriminant qui dit combien de points communs existent, deux, un seul en cas de tangence, ou aucun.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•UN SYSTÈME SEMI-LINÉAIRE SE RÉSOUT PAR SUBSTITUTION, jamais par réduction : additionner les deux équations ne fait disparaître aucune inconnue quand l'une d'elles est du second degré.
•LE DISCRIMINANT COMPTE LES POINTS COMMUNS. Positif, deux points ; nul, un seul et la droite est TANGENTE ; négatif, aucun. C'est ce qui permet de répondre sans tracer.
•UNE SOLUTION EST UN COUPLE : après avoir trouvé x, on calcule toujours y, et on vérifie dans l'équation qui n'a PAS servi au report.
•SOMME ET PRODUIT : si x+y=S et xy=P, alors x et y sont les racines de t2−St+P=0. Avec une somme de carrés, on passe par (x+y)2=x2+2xy+y2 pour retrouver le produit.
•UNE DROITE COUPE UNE CONIQUE EN DEUX POINTS AU PLUS, parce que la substitution donne toujours une équation du second degré.
•FRONTIÈRE D'UN DEMI-PLAN : trait plein pour ≤ et ≥, pointillé pour < et >. Le trait joue le rôle du crochet d'un intervalle.
•LE POINT TEST SE CHOISIT HORS DE LA FRONTIÈRE. (0;0) est le plus commode, mais il ne sert à rien quand la droite passe par l'origine.
•DIVISER UNE INÉQUATION PAR UN NOMBRE NÉGATIF RENVERSE LE SENS, y compris quand on isole y pour savoir de quel côté hachurer.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Droite et parabole : la substitution
Un système est SEMI-LINÉAIRE quand une équation est du premier degré et l'autre du second. La réduction et la comparaison de deux droites ne s'y appliquent plus : on isole une variable dans l'équation du premier degré et on la remplace dans l'autre.
Il reste alors une équation du second degré à une inconnue. Donnez chaque solution sous la forme d'un couple (x;y), et n'oubliez jamais de calculer la seconde coordonnée.
a) y=x2−4x+5 et y=x+1
b) y=x2+2x+3 et y=2x+2
c) y=x2−2x+4 et y=2x
d) x=y2−3 et x=2y
Voir la correction
Réponses
a)(1;2) et (4;5)
b)Aucun point commun
c)(2;4), un seul point : la droite est tangente
d)(6;3) et (−2;−1)
a)
Les deux y sont isolés, on les égale : x2−4x+5=x+1, donc x2−5x+4=0. Produit 4, somme 5 : (x−1)(x−4)=0, d'où x=1 ou x=4. On reporte dans la droite, la plus simple des deux équations : y=1+1=2 et y=4+1=5. Les points communs sont (1;2) et (4;5). Vérification dans la PARABOLE, celle qu'on n'a pas utilisée pour le report : 1−4+5=2 et 16−16+5=5.
b)
On égale : x2+2x+3=2x+2, donc x2=−1. Aucun réel n'a un carré négatif : le système n'a pas de solution, la droite passe entièrement au-dessous de la parabole. Ce n'est pas une erreur de calcul, c'est le résultat, et il se rédige ainsi.
c)
On égale : x2−2x+4=2x, donc x2−4x+4=0, soit (x−2)2=0. Il y a un zéro DOUBLE, x=2, donc un seul point commun : y=2×2=4, le point (2;4). Un zéro double signifie que la droite TOUCHE la parabole sans la traverser : elle lui est tangente en ce point.
d)
Ici c'est x qui est isolé dans les deux équations : on les égale de la même façon, y2−3=2y, donc y2−2y−3=0, soit (y−3)(y+1)=0 et y=3 ou y=−1. On reporte dans x=2y : x=6 et x=−2. Les points sont (6;3) et (−2;−1). La parabole est ici couchée, ouverte vers la droite, et la méthode ne change pas d'un iota : on substitue la variable qui est isolée, quelle qu'elle soit.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Le discriminant compte les points d'intersection
Après substitution, il reste une équation du second degré. Son discriminant ne sert plus seulement à résoudre : il COMPTE les points communs. Positif, deux points ; nul, un seul, la tangence ; négatif, aucun.
C'est ce qui permet de répondre à une question de position relative sans tracer quoi que ce soit.
a) Selon la valeur de b, combien de points communs ont la parabole y=x2 et la droite y=2x+b ?
b) Pour quelle valeur de k la droite horizontale y=k est-elle tangente à y=x2−6x+11 ?
c) Pour quelles valeurs de m la droite y=mx−4 est-elle tangente à la parabole y=x2 ?
d) Expliquez pourquoi un discriminant nul correspond exactement à une tangence.
Voir la correction
Réponses
a)Deux points si b>−1, un seul si b=−1, aucun si b<−1
b)k=2
c)m=4 ou m=−4
d)Un zéro double, c'est un point de contact compté deux fois : la droite touche sans traverser.
a)
On égale : x2=2x+b, donc x2−2x−b=0. Discriminant : Δ=4+4b=4(1+b). Il est positif quand b>−1, nul quand b=−1, négatif quand b<−1. Donc deux points si b>−1, un seul si b=−1, aucun si b<−1. Contrôle graphique : plus b augmente, plus la droite monte, et la valeur b=−1 est celle où elle effleure la parabole, au point (1;1).
b)
La forme canonique de la parabole : x2−6x+11=(x−3)2+2, donc son sommet est (3;2). Une horizontale ne touche la parabole en un seul point que si elle passe par le sommet : k=2. Par le discriminant : x2−6x+11=k donne x2−6x+11−k=0 et Δ=36−4(11−k)=4k−8, nul pour k=2. Les deux chemins se rejoignent, et le second sert quand la droite n'est pas horizontale.
c)
On égale : x2=mx−4, donc x2−mx+4=0. Discriminant : Δ=m2−16, nul pour m2=16, donc m=4 ou m=−4. Il y a DEUX droites tangentes, symétriques l'une de l'autre par rapport à l'axe des y, et oublier la solution négative coûte la moitié de la question. Vérification pour m=4 : x2−4x+4=(x−2)2=0, contact en x=2, au point (2;4).
d)
Résoudre le système revient à chercher les x où les deux courbes ont la même ordonnée. Un discriminant nul donne un zéro DOUBLE : la différence des deux expressions est un carré parfait, a(x−x0)2, qui garde donc un signe CONSTANT de part et d'autre de x0. Autrement dit, la droite reste du même côté de la parabole partout, sauf en un point où elle la touche : c'est la définition de la tangence. Quand le discriminant est positif, la différence change de signe deux fois, et la droite traverse.
Exercice 3 : Une droite et une conique
La méthode ne change pas quand la seconde courbe est un cercle ou une hyperbole : on isole une variable dans la droite et on substitue. L'équation obtenue reste du second degré, donc les verdicts restent les mêmes, deux points, un seul ou aucun.
Rappel : x2+y2=r2 est le cercle de centre l'origine et de rayon r, et xy=k est une hyperbole.
a) x2+y2=25 et y=x+1
b) x2+y2=8 et y=−x+4
c) xy=6 et y=x+1
d) Combien de points communs une droite peut-elle avoir avec un cercle, au maximum ? Justifiez par le degré de l'équation obtenue après substitution.
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Réponses
a)(3;4) et (−4;−3)
b)(2;2), un seul point : la droite est tangente au cercle
c)(2;3) et (−3;−2)
d)Deux au maximum, parce que l'équation obtenue est du second degré
a)
On remplace y par x+1 dans le cercle : x2+(x+1)2=25, donc 2x2+2x+1=25, soit 2x2+2x−24=0, et en divisant par 2, x2+x−12=0. Produit −12, somme −1 : (x−3)(x+4)=0, d'où x=3 ou x=−4. Les ordonnées suivent : y=4 et y=−3. Points (3;4) et (−4;−3). Vérification dans le cercle : 9+16=25 et 16+9=25, les deux points sont bien à distance 5 de l'origine.
b)
On substitue : x2+(4−x)2=8, donc 2x2−8x+16=8, soit 2x2−8x+8=0 et x2−4x+4=0, c'est-à-dire (x−2)2=0. Zéro double, x=2, donc y=−2+4=2 : un seul point de contact, (2;2). La droite est TANGENTE au cercle. Contrôle géométrique : la distance du centre (0;0) à la droite x+y=4 vaut 24=22, qui est exactement le rayon 8=22. Les deux arguments disent la même chose.
c)
On substitue y=x+1 dans xy=6 : x(x+1)=6, donc x2+x−6=0, soit (x−2)(x+3)=0 et x=2 ou x=−3. Les ordonnées : y=3 et y=−2. Points (2;3) et (−3;−2). Vérification : 2×3=6 et (−3)×(−2)=6, les deux points sont bien sur l'hyperbole, un sur chacune de ses deux branches.
d)
Deux au maximum. La droite donne y en fonction de x sous la forme y=mx+p ; en la substituant dans x2+y2=r2, on obtient x2+(mx+p)2=r2, où le terme de plus haut degré est (1+m2)x2, avec 1+m2 toujours strictement positif. L'équation est donc du SECOND degré, et une équation du second degré a au plus deux racines réelles. L'argument ne dépend pas du cercle : il vaut pour toute conique, ce qui explique qu'une droite coupe une parabole, une ellipse ou une hyperbole en deux points au plus.
Exercice 4 : Somme et produit : le système qui cache un second degré
Quand un système donne la SOMME et le PRODUIT de deux nombres, il n'y a rien à substituer : les deux nombres cherchés sont les racines de t2−St+P=0, où S est la somme et P le produit. C'est la lecture inverse de la factorisation t2−St+P=(t−t1)(t−t2).
Quand le système donne la somme et la somme des CARRÉS, on se ramène au cas précédent avec l'identité (x+y)2=x2+2xy+y2.
a) x+y=7 et xy=12
b) x−y=1 et x2+y2=25
c) 2x+y=5 et y=x2−2x+1
d) Dans a), pourquoi obtient-on deux couples solutions alors qu'il n'y a qu'une paire de nombres ?
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Réponses
a)(3;4) et (4;3)
b)(4;3) et (−3;−4)
c)(2;1) et (−2;9)
d)Parce que le couple est ordonné : les mêmes deux nombres donnent deux couples, échangés.
a)
Somme 7, produit 12 : les deux nombres sont les racines de t2−7t+12=0, soit (t−3)(t−4)=0, donc 3 et 4. Les couples solutions sont (3;4) et (4;3). Vérification : 3+4=7 et 3×4=12. La méthode par substitution donnerait la même chose, x(7−x)=12, mais plus lentement.
b)
On isole : x=y+1, puis on substitue dans le cercle : (y+1)2+y2=25, donc 2y2+2y+1=25, soit 2y2+2y−24=0 et y2+y−12=0. Donc (y−3)(y+4)=0 et y=3 ou y=−4. Les x suivent : x=4 et x=−3. Couples (4;3) et (−3;−4). Vérification : 16+9=25 et 9+16=25, et la différence vaut bien 1 dans les deux cas.
c)
La première équation donne y=5−2x. On substitue : 5−2x=x2−2x+1, donc x2=4 et x=±2. Attention, les −2x se simplifient des deux côtés, ce qui rend l'équation très simple : il ne faut pas les « oublier » d'un seul côté. Les ordonnées : y=5−4=1 et y=5+4=9. Couples (2;1) et (−2;9). Vérification dans la parabole : 4−4+1=1 et 4+4+1=9.
d)
Parce qu'un COUPLE est ordonné : (3;4) et (4;3) sont deux points distincts du plan, même s'ils correspondent à la même paire de nombres. Le système est symétrique en x et y, donc toute solution échangée est encore solution. Si l'énoncé ajoutait une condition d'ordre, par exemple x<y, il ne resterait qu'un seul couple. Répondre « 3 et 4 » à une question qui demande de RÉSOUDRE le système est incomplet : on demande des couples.
Exercice 5 : Le demi-plan : frontière, sens et test du point
Une inéquation à deux variables a pour ensemble-solution un DEMI-PLAN. La frontière est la droite d'équation correspondante : trait plein si l'inégalité est large, pointillé si elle est stricte, et un point test dit de quel côté hachurer.
La figure montre la droite 3x−2y=6 et deux points à tester.
a) Les points (0;0) et (4;0) appartiennent-ils à l'ensemble-solution de 3x−2y≤6 ? Vérifiez par le calcul.
b) Pour l'inéquation y>2x−3, la frontière se trace-t-elle en trait plein ou en pointillé, et de quel côté hachure-t-on ?
c) Isolez y dans −4x+2y≥8, puis dans 4x−2y≥8. Dans lequel des deux le sens de l'inégalité bascule-t-il, et pourquoi ?
d) Écrivez l'inéquation dont l'ensemble-solution est le demi-plan FERMÉ situé au-dessus de la droite passant par (0;1) et (4;3).
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Réponses
a)(0;0) oui, (4;0) non
b)Pointillé, et l'on hachure au-dessus de la droite
c)y≥2x+4 et y≤2x−4 : le sens bascule dans le second
d)y≥0,5x+1
a)
On remplace les coordonnées dans le membre de gauche. Pour (0;0) : 3×0−2×0=0, et 0≤6 est VRAI, donc le point appartient à l'ensemble-solution. Pour (4;0) : 3×4−0=12, et 12≤6 est FAUX, donc il n'y appartient pas. Les deux points sont de part et d'autre de la frontière, ce que la figure montre aussi : c'est bien un demi-plan, pas une bande.
b)
L'inégalité est STRICTE, donc la frontière y=2x−3 se trace en POINTILLÉ : ses points ne font pas partie de la solution. L'inéquation est déjà résolue en y et dit « y plus grand que », donc on hachure AU-DESSUS de la droite. Contrôle par un point : (0;0) donne 0>−3, vrai, et l'origine est bien au-dessus de cette droite.
c)
Premier : −4x+2y≥8 donne 2y≥4x+8, puis, en divisant par 2 qui est POSITIF, y≥2x+4 : le sens ne change pas. Second : 4x−2y≥8 donne −2y≥−4x+8, puis, en divisant par −2 qui est NÉGATIF, y≤2x−4 : le sens BASCULE. C'est dans le second, et la raison est le signe du nombre par lequel on divise, jamais la place du terme. Les deux droites sont parallèles, de pente 2, mais les demi-plans sont de part et d'autre.
d)
La pente vaut 4−03−1=21, et l'ordonnée à l'origine est 1 puisque le premier point est sur l'axe des y. La droite est y=0,5x+1. « Au-dessus » et « fermé » donnent y≥0,5x+1. Vérification avec un point clairement au-dessus, (0;5) : 5≥1, vrai. Et avec un point de la frontière, (4;3) : 3≥3, vrai, ce qui confirme que le demi-plan est bien fermé.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Lire une région bornée par une droite et une parabole
Une région du plan peut être bornée par une courbe aussi bien que par des droites. La méthode ne change pas : on écrit l'équation de chaque frontière, on décide du sens de chaque inégalité par un point test, et on réunit les conditions dans un système.
La région grisée de la figure est limitée par la parabole y=x2−4 et par la droite y=x+2.
a) Déterminez les coordonnées des deux points d'intersection marqués sur la figure.
b) Écrivez le système d'inéquations dont la région grisée est l'ensemble-solution.
c) Le point (0;0) appartient-il à la région ? Vérifiez les deux inéquations.
d) Même question pour le point (3;1).
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Réponses
a)(−2;0) et (3;5)
b)y≥x2−4 et y≤x+2
c)Oui : 0≥−4 et 0≤2
d)Non : 1≥5 est faux, le point est sous la parabole
a)
On égale les deux règles : x2−4=x+2, donc x2−x−6=0, soit (x−3)(x+2)=0 et x=3 ou x=−2. Les ordonnées, calculées avec la droite : y=5 et y=0. Les points sont (3;5) et (−2;0). Vérification dans la parabole : 9−4=5 et 4−4=0.
b)
La région est AU-DESSUS de la parabole et AU-DESSOUS de la droite, donc y≥x2−4 et y≤x+2. Les deux frontières sont tracées en trait plein sur la figure, donc les inégalités sont larges. Le système s'écrit avec les deux conditions ensemble : un point de la région doit vérifier les DEUX, et un point qui n'en vérifie qu'une est en dehors.
c)
Pour (0;0) : première inéquation, 0≥02−4=−4, VRAI ; seconde, 0≤0+2=2, VRAI. Les deux étant vérifiées, le point appartient à la région. Il faut écrire les deux vérifications : une seule ne prouve rien.
d)
Pour (3;1) : première inéquation, 1≥32−4=5, FAUX. Inutile d'aller plus loin, le point n'appartient pas à la région : il est sous la parabole, à droite du point d'intersection (3;5). La seconde inéquation, 1≤5, est pourtant vraie, et c'est exactement le piège : un point peut satisfaire une contrainte et violer l'autre. Un système se vérifie en entier.
Exercice 7 : Poser le système : somme, produit et théorème de Pythagore
Trois situations géométriques, trois systèmes semi-linéaires. Dans chacune, une donnée est une somme et l'autre un produit ou une somme de carrés : c'est la signature du second degré caché.
Posez le système AVANT de calculer, en nommant clairement les inconnues. La figure ci-dessous, qui n'est pas à l'échelle, représente les situations a) et c).
a) Un rectangle a un périmètre de 34 cm et une aire de 60 cm². Trouvez ses dimensions.
b) La somme de deux nombres vaut −1 et la somme de leurs carrés vaut 85. Trouvez-les.
c) Un triangle rectangle a une hypoténuse de 25 cm et un périmètre de 60 cm. Trouvez les deux cathètes.
d) Pourquoi ces trois situations conduisent-elles toujours à une équation du second degré ?
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Réponses
a)12 cm sur 5 cm
b)6 et −7
c)15 cm et 20 cm
d)Parce qu'une aire, un carré ou un produit est de degré deux : substituée dans une somme de degré un, elle donne une équation du second degré.
a)
Soit L et l les deux dimensions. Le périmètre donne 2(L+l)=34, donc L+l=17, et l'aire donne Ll=60. Somme 17, produit 60 : L et l sont les racines de t2−17t+60=0. Discriminant : 289−240=49, donc t=217±7, soit 12 et 5. Le rectangle mesure 12 cm sur 5 cm. Vérification : 2(12+5)=34 et 12×5=60.
b)
Soit x et y les deux nombres : x+y=−1 et x2+y2=85. On élève la première au carré : (x+y)2=1, or (x+y)2=x2+2xy+y2=85+2xy, donc 85+2xy=1 et xy=−42. Somme −1, produit −42 : les racines de t2+t−42=0, dont le discriminant vaut 1+168=169, donc t=2−1±13, soit 6 et −7. Vérification : 6+(−7)=−1 et 36+49=85.
c)
Soit a et b les cathètes. Le périmètre donne a+b+25=60, donc a+b=35, et Pythagore donne a2+b2=625. On élève la somme au carré : 1225=625+2ab, donc ab=300. Les cathètes sont les racines de t2−35t+300=0 : discriminant 1225−1200=25, donc t=235±5, soit 20 et 15. Vérification : 15+20+25=60 et 225+400=625. C'est le triangle 15-20-25, c'est-à-dire le triangle 3-4-5 multiplié par cinq.
d)
Parce que la seconde donnée est toujours de DEGRÉ DEUX : une aire est un produit de deux longueurs, une somme de carrés et le théorème de Pythagore aussi. En isolant une inconnue dans la relation de degré un, la somme, et en la reportant dans la relation de degré deux, on obtient une équation du second degré à une inconnue. C'est la structure commune, et elle explique aussi pourquoi il y a en général DEUX solutions, qui correspondent ici à échanger la longueur et la largeur, ou les deux cathètes.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation.
a) « Une droite et une parabole se coupent toujours en deux points. »
b) « Si la substitution aboutit à x2=−1, c'est qu'on a fait une erreur de calcul. »
c) « Pour représenter y>2x−3, on trace la frontière en trait plein. »
d) « Un système semi-linéaire se résout par la méthode de réduction, comme un système de deux droites. »
e) « Le point (0;0) sert toujours de point test pour savoir quel demi-plan hachurer. »
Voir la correction
a)
Contre-exemple : y=x2+2x+3 et y=2x+2 n'ont aucun point commun, et y=x2−2x+4 et y=2x n'en ont qu'un, vus à l'exercice 1. L'énoncé correct : une droite et une parabole ont DEUX points communs, UN SEUL en cas de tangence, ou AUCUN, et c'est le signe du discriminant qui tranche.
b)
Faux : x2=−1 est un résultat parfaitement valable, qui signifie que le système n'a pas de solution réelle. C'est le cas de l'exercice 1 b). L'énoncé correct : une équation sans solution réelle traduit des courbes qui ne se rencontrent pas, et la bonne rédaction est de le conclure, pas de recommencer le calcul.
c)
Faux : l'inégalité est STRICTE, donc les points de la droite ne sont pas solutions et la frontière se trace en POINTILLÉ. L'énoncé correct : trait plein pour ≤ et ≥, pointillé pour < et >. Le trait dit si la frontière est comprise, exactement comme le crochet d'un intervalle.
d)
Faux. La réduction consiste à additionner les deux équations après les avoir multipliées, ce qui suppose que les deux sont du premier degré : additionner y=x2−4 et y=x+2 ne fait disparaître aucune inconnue. L'énoncé correct : un système semi-linéaire se résout par SUBSTITUTION ou par comparaison, jamais par réduction.
e)
Faux quand la frontière PASSE par l'origine. Contre-exemple : pour y>2x, tester (0;0) donne 0>0, qui est faux, mais cela ne dit pas de quel côté hachurer, puisque le point est SUR la droite. L'énoncé correct : le point test doit être choisi HORS de la frontière ; (0;0) est le plus commode, mais il faut en prendre un autre, comme (0;1), dès que la droite passe par l'origine.
Exercice 9 : Problème : le drone et la fusée à eau
Lors d'une démonstration, un drone monte à vitesse constante : son altitude, en mètres, vaut h1(t)=4t+16, où t est le temps écoulé en secondes depuis le départ du chronomètre. Au même instant, on lance du sol une fusée à eau dont l'altitude vaut h2(t)=24t−4t2.
Les deux altitudes coïncident à certains instants : c'est un système semi-linéaire, et le chronomètre en donne la lecture.
a) Écrivez le système et déterminez les instants où les deux engins sont à la même altitude.
b) Donnez les altitudes correspondantes.
c) À quel instant la fusée atteint-elle son point le plus haut, et à quelle altitude ?
d) Pendant quel intervalle de temps la fusée est-elle plus haute que le drone ?
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Réponses
a)t=1 s et t=4 s
b)20 m et 32 m
c)À t=3 s, à 36 m
d)Entre 1 s et 4 s
a)
Le système est h=4t+16 et h=24t−4t2. On égale : 4t+16=24t−4t2, donc 4t2−20t+16=0, et en divisant par 4, t2−5t+4=0, soit (t−1)(t−4)=0. Les deux instants sont t=1 s et t=4 s. Les deux sont acceptables : ils sont positifs, et la fusée est en vol jusqu'à t=6 s, puisque 24t−4t2=4t(6−t) s'annule en 6.
b)
À t=1 : h1=4+16=20 mètres, et h2=24−4=20 mètres, les deux concordent. À t=4 : h1=16+16=32 mètres, et h2=96−64=32 mètres. Les deux rencontres ont donc lieu à 20 m et à 32 m. Calculer l'altitude avec les DEUX règles est la vérification naturelle de ce problème.
c)
La fusée suit une parabole ouverte vers le bas. Sa forme canonique : h2(t)=−4(t2−6t)=−4[(t−3)2−9]=−4(t−3)2+36. Le sommet est (3;36) : le point le plus haut est atteint à t=3 secondes, à 36 mètres. On pouvait aussi le voir par symétrie, le milieu des deux zéros 0 et 6 étant 3.
d)
La fusée est plus haute quand 24t−4t2>4t+16, c'est-à-dire −4t2+20t−16>0, soit, en divisant par −4 ce qui RENVERSE le sens, t2−5t+4<0, donc (t−1)(t−4)<0. Une parabole ouverte vers le haut est négative ENTRE ses zéros : la solution est 1<t<4. La fusée dépasse donc le drone pendant 3 secondes, entre la première et la quatrième seconde. Lecture graphique cohérente : sur la figure, la courbe de la fusée est au-dessus de la droite exactement entre les deux points d'intersection.
Exercice 10 : Problème : le hublot et ses traverses
Un hublot circulaire de 50 cm de rayon doit être renforcé par une traverse rectiligne soudée d'un bord à l'autre. En plaçant l'origine au centre du hublot, le contour a pour équation x2+y2=2500, les longueurs étant en centimètres.
Chaque traverse est une droite : ses deux points d'appui sont les points d'intersection avec le cercle, et sa longueur est la distance entre eux.
a) La première traverse suit la droite y=30. Donnez ses deux points d'appui et sa longueur.
b) La seconde suit la droite y=x+10. Donnez ses deux points d'appui, puis sa longueur en valeur exacte et au dixième de centimètre.
c) Existe-t-il une traverse de la forme y=x+c qui ne touche le hublot qu'en un seul point ? Donnez les valeurs de c.
d) Quelle est la plus longue traverse possible, et par où passe-t-elle ?
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Réponses
a)(−40;30) et (40;30), longueur 80 cm
b)(30;40) et (−40;−30), longueur 702≈99,0 cm
c)Oui : c=502 ou c=−502, soit environ ±70,7
d)Le diamètre, 100 cm, quand la droite passe par le centre
a)
On substitue y=30 dans le cercle : x2+900=2500, donc x2=1600 et x=±40. Les points d'appui sont (−40;30) et (40;30). La traverse étant horizontale, sa longueur est la différence des abscisses : 40−(−40)=80 centimètres. Vérification : 1600+900=2500.
b)
On substitue y=x+10 : x2+(x+10)2=2500, donc 2x2+20x+100=2500, soit 2x2+20x−2400=0 et, en divisant par 2, x2+10x−1200=0. Discriminant : 100+4800=4900, dont la racine vaut 70. Donc x=2−10±70, soit x=30 ou x=−40, et les ordonnées y=40 et y=−30. Les points d'appui sont (30;40) et (−40;−30). La longueur est (30+40)2+(40+30)2=4900+4900=702, soit environ 99,0 centimètres. Les deux points sont bien sur le cercle : 900+1600=2500 et 1600+900=2500.
c)
On substitue y=x+c : x2+(x+c)2=2500, donc 2x2+2cx+c2−2500=0. Un seul point de contact signifie un discriminant nul : Δ=4c2−8(c2−2500)=−4c2+20000=0, donc c2=5000 et c=±502≈±70,7. Ce sont les deux tangentes de pente 1, une de chaque côté du hublot. Une telle droite ne serait évidemment pas une traverse utilisable : elle effleure le contour sans le traverser.
d)
La plus longue corde d'un cercle est son DIAMÈTRE, soit 2×50=100 centimètres, et elle passe par le centre. On le voit aussi sur la formule : une corde située à la distance d du centre mesure 2r2−d2, expression maximale quand d=0. Contrôle sur les deux traverses calculées : la première est à 30 cm du centre, 22500−900=2×40=80 cm, et la seconde à 210=52≈7,07 cm, 22500−50=22450=702 cm. Les deux résultats concordent avec les questions a) et b).
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