Math TS, secondaire 5 à Montréal • Algèbre linéaire
Exercices corrigés : les matrices et les matrices de transformation (math TS, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire sur les matrices, calibrés sur le niveau réel des évaluations. Le chapitre est propre à la séquence TS : ni la séquence Sciences naturelles ni la séquence Culture, société et technique n'écrivent une seule matrice, et c'est l'un des rares chapitres du secondaire québécois pour lesquels il n'existe presque aucun corrigé gratuit en français.
Le fil de la série tient en une phrase : une matrice est un tableau, mais un tableau qui ne se multiplie que d'une seule façon, la LIGNE de gauche contre la COLONNE de droite. La dimension décide de ce qui est possible avant tout calcul, et l'ordre des facteurs décide du résultat.
Deux pièges reviennent d'un exercice à l'autre : additionner deux matrices de dimensions différentes sous prétexte qu'elles ont autant d'éléments, et confondre la matrice de la réflexion d'axe y=x avec celle de la rotation de 90∘, qui n'en diffère que par un signe.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•DIMENSION m×n : m lignes puis n colonnes, toujours dans cet ordre. L'élément aij est à la ligne i et à la colonne j.
•ADDITION et SOUSTRACTION : seulement entre matrices de MÊME dimension, terme à terme. Multiplication par un SCALAIRE : chaque élément est multiplié.
•PRODUIT AB : il existe si et seulement si le nombre de COLONNES de A égale le nombre de LIGNES de B. Sa dimension est alors le nombre de lignes de A par le nombre de colonnes de B : (m×n)(n×p) donne m×p.
•Chaque case du produit est une SOMME DE PRODUITS : la ligne i de A parcourue en même temps que la colonne j de B.
•Le produit n'est PAS commutatif : AB=BA en général, et souvent BA n'existe même pas. L'addition, elle, est commutative, et le produit reste distributif sur l'addition.
•IDENTITÉ I : des 1 sur la diagonale, des 0 ailleurs. AI=IA=A.
•Un POINT s'écrit en colonne (xy), une FIGURE en une matrice 2×n, une colonne par sommet.
•MATRICES DE TRANSFORMATION : réflexion d'axe des abscisses (100−1), d'axe des ordonnées (−1001), d'axe y=x(0110) ; rotation de 90∘(01−10), de 180∘(−100−1) ; homothétie de rapport k(k00k).
•COMPOSER, c'est MULTIPLIER : la matrice de la transformation appliquée en PREMIER se place à DROITE.
•Une TRANSLATION n'est pas une matrice 2×2, parce qu'une telle matrice laisse toujours l'origine fixe. Elle s'écrit comme une ADDITION de matrices colonnes, ou comme un produit 3×3 en coordonnées homogènes.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Lire une matrice : dimension, éléments, types
On donne A=(30−154−2), B=2−36710 et C=(1001).
Une matrice est un tableau de nombres. Tout ce qui suit dans le chapitre dépend d'une seule information : sa DIMENSION, c'est-à-dire son nombre de lignes puis son nombre de colonnes, dans cet ordre.
a) Donnez la dimension de chacune des trois matrices.
b) Donnez les éléments a12, a23 et b31.
c) Nommez la matrice C et dites ce qu'elle fait dans un produit.
d) Écrivez la transposée de A et donnez sa dimension.
e) Parmi A+B, A+A, A×B et B×A, dites lesquelles sont possibles, et donnez la dimension du résultat quand elle l'est.
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Réponses
a)A est 2×3, B est 3×2, C est 2×2, carrée d'ordre 2
b)a12=−1, a23=−2, b31=6
c)C est la matrice identité I2 : elle ne change rien dans un produit
d)At est 3×2, de lignes (3;0), (−1;5) et (4;−2)
e)A+B impossible ; A+A en 2×3 ; AB en 2×2 ; BA en 3×3
a)
On lit toujours LIGNES puis COLONNES. La matrice A a 2 lignes et 3 colonnes, elle est donc de dimension 2×3. La matrice B a 3 lignes et 2 colonnes, elle est 3×2. La matrice C a 2 lignes et 2 colonnes, elle est 2×2, on dit qu'elle est CARRÉE d'ordre 2. L'ordre lignes puis colonnes n'est pas une convention arbitraire à retenir bêtement : c'est lui qui rendra lisible la condition du produit, à la question e).
b)
La notation aij désigne l'élément de la ligne i et de la colonne j, dans cet ordre. Donc a12 est à la première ligne, deuxième colonne : a12=−1. Ensuite a23 est à la deuxième ligne, troisième colonne : a23=−2. Enfin b31 est à la troisième ligne, première colonne de B : b31=6. L'erreur qui coûte le plus est d'inverser les deux indices ; on retient que le premier indice compte les lignes, comme le premier nombre d'une dimension.
c)
C est la matrice IDENTITÉ d'ordre 2, notée I ou I2 : elle a des 1 sur la diagonale principale et des 0 partout ailleurs. Dans un produit, elle ne change rien : A×I=A et I×A=A dès que les dimensions le permettent. C'est l'analogue matriciel du nombre 1 pour la multiplication ordinaire.
d)
La TRANSPOSÉE échange les lignes et les colonnes : la première ligne de A devient la première colonne, et ainsi de suite. On obtient At=3−1405−2, de dimension 3×2. La transposition retourne toujours la dimension : une matrice 2×3 donne une matrice 3×2.
e)
A+B est IMPOSSIBLE : l'addition exige la même dimension, or A est 2×3 et B est 3×2. Le fait qu'elles aient toutes deux six éléments ne change rien, ce n'est pas le nombre d'éléments qui compte mais leur disposition. A+A est possible et donne une matrice 2×3. A×B est possible : A est 2×3, B est 3×2, et le nombre de COLONNES de la première, 3, égale le nombre de LIGNES de la seconde, 3 ; le résultat est 2×2. B×A est possible aussi : 3×2 par 2×3, les deux nombres du milieu valent 2, et le résultat est 3×3. On écrit la règle sous forme visuelle : (2×3)(3×2) donne 2×2, les deux nombres du milieu doivent coïncider et disparaissent, les deux extrêmes donnent la dimension du produit.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Additionner, soustraire, multiplier par un nombre
On pose M=(24−13) et N=(5−201).
Ces trois opérations se font TERME À TERME, et c'est la seule famille d'opérations matricielles où la règle est celle qu'on attend.
a) Calculez M+N.
b) Calculez M−N.
c) Calculez 3M.
d) Calculez 3M−2N.
e) Résolvez l'équation matricielle M+X=N.
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Réponses
a)M+N=(72−14)
b)M−N=(−36−12)
c)3M=(612−39)
d)3M−2N=(−416−37)
e)X=N−M=(3−61−2)
a)
On additionne les éléments qui occupent la même place : M+N=(2+54+(−2)−1+03+1)=(72−14). L'addition n'est définie que parce que les deux matrices sont toutes deux 2×2 ; le résultat garde cette dimension.
b)
On soustrait de même : M−N=(2−54−(−2)−1−03−1)=(−36−12). Le seul piège est le double signe en position (2;1) : 4−(−2)=6, et non 2.
c)
Multiplier par un nombre, ce qu'on appelle multiplier par un SCALAIRE, revient à multiplier CHAQUE élément : 3M=(612−39). Attention à ne pas confondre avec le déterminant ou avec un produit de matrices : ici le facteur 3 touche les quatre cases, pas une ligne ni une colonne.
d)
On combine : 3M=(612−39) et 2N=(10−402), donc 3M−2N=(6−1012−(−4)−3−09−2)=(−416−37). On calcule chaque produit AVANT de soustraire, exactement comme avec des nombres.
e)
On isole X comme dans une équation ordinaire, parce que l'addition matricielle se comporte comme l'addition des nombres : X=N−M=(5−2−2−40−(−1)1−3)=(3−61−2). Vérification indispensable : M+X=(2+34−6−1+13−2)=(5−201)=N. Cette liberté de manipulation ne vaudra PLUS pour les produits, qui ne sont pas commutatifs : on ne pourra pas y diviser des deux côtés sans précaution.
Exercice 3 : Le produit matriciel : ligne contre colonne
On pose A=(20−1431) et B=1−3520−1, ainsi que M=(24−13) et N=(5−201).
L'élément situé à la ligne i et à la colonne j du produit s'obtient en parcourant la LIGNE i de la matrice de gauche et la COLONNE j de celle de droite, en multipliant les termes deux à deux et en additionnant.
a) Donnez la dimension de AB, puis calculez AB.
b) Donnez la dimension de BA, puis calculez BA.
c) Que concluez-vous de la comparaison entre AB et BA ?
d) Calculez MN et NM.
e) Calculez MI et IM, où I est l'identité d'ordre 2.
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Réponses
a)AB est 2×2 et vaut (20−71−1)
b)BA est 3×3, de lignes (2;7;5), (−6;3;−9) et (10;−9;14)
c)Dimensions différentes : le produit matriciel n'est pas commutatif
d)MN=(1214−13), NM=(100−55)
e)MI=IM=M
a)
A est 2×3 et B est 3×2 : les deux nombres du milieu valent 3, le produit existe et il est 2×2. On calcule case par case. Ligne 1 de A contre colonne 1 de B : 2×1+(−1)×(−3)+3×5=2+3+15=20. Ligne 1 contre colonne 2 : 2×2+(−1)×0+3×(−1)=4+0−3=1. Ligne 2 contre colonne 1 : 0×1+4×(−3)+1×5=0−12+5=−7. Ligne 2 contre colonne 2 : 0×2+4×0+1×(−1)=−1. Donc AB=(20−71−1).
b)
B est 3×2 et A est 2×3 : les nombres du milieu valent 2, le produit existe et il est 3×3. En appliquant la même règle neuf fois, on obtient BA=2−61073−95−914. Par exemple, la case (3;2) vient de la ligne 3 de B, qui est (5;−1), contre la colonne 2 de A, qui est (−1;4) : 5×(−1)+(−1)×4=−9.
c)
AB est 2×2 et BA est 3×3 : les deux produits n'ont même pas la même dimension, donc ils ne peuvent en aucun cas être égaux. Le produit matriciel n'est PAS commutatif, et ici l'échec est visible avant tout calcul. C'est la première grande différence avec la multiplication des nombres, et l'ordre des facteurs devra être respecté dans tout le chapitre.
d)
Ici les deux matrices sont carrées d'ordre 2, donc les deux produits existent et ont la même dimension. MN=(2×5+(−1)×(−2)4×5+3×(−2)2×0+(−1)×14×0+3×1)=(1214−13). Et NM=(5×2+0×4−2×2+1×45×(−1)+0×3−2×(−1)+1×3)=(100−55). Les deux résultats diffèrent alors que les dimensions coïncident : la non-commutativité est donc réelle, et pas seulement un accident de dimensions.
e)
MI=(2×1+(−1)×04×1+3×02×0+(−1)×14×0+3×1)=(24−13)=M, et le calcul de IM donne également M. L'identité est donc l'un des rares cas où l'ordre ne change rien. Elle jouera le rôle de la transformation qui ne fait rien, l'application identique, dès l'exercice 4.
Exercice 4 : Les matrices de transformation
Un point P(3;2) s'écrit en colonne : (32). Une transformation géométrique s'applique alors en MULTIPLIANT cette colonne à gauche par une matrice 2×2.
Le triangle de la figure a pour sommets A(1;2), B(5;2) et C(5;5). On l'écrit en une seule matrice 2×3, une colonne par sommet.
a) Appliquez (100−1) à P et nommez la transformation.
b) Appliquez (01−10) à P et nommez la transformation.
c) Appliquez (0110) à P et nommez la transformation.
d) Appliquez (2,5002,5) à P et nommez la transformation.
e) Écrivez le triangle ABC en matrice 2×3 et appliquez-lui la matrice de la question b).
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Réponses
a)(3;−2) : réflexion d'axe des abscisses
b)(−2;3) : rotation de 90∘ de centre O, sens antihoraire
c)(2;3) : réflexion d'axe y=x
d)(7,5;5) : homothétie de centre O et de rapport 2,5
e)A′(−2;1), B′(−2;5), C′(−5;5)
a)
(100−1)(32)=(1×3+0×20×3+(−1)×2)=(3−2). L'abscisse est inchangée et l'ordonnée a changé de signe : c'est la RÉFLEXION d'axe des abscisses. On lit la matrice comme un tableau de règles : sa première ligne fabrique la nouvelle abscisse, sa seconde ligne la nouvelle ordonnée.
b)
(01−10)(32)=(0×3+(−1)×21×3+0×2)=(−23). La règle obtenue est (x;y)↦(−y;x) : c'est la ROTATION de centre O et d'angle 90∘ dans le sens antihoraire.
c)
(0110)(32)=(23), c'est-à-dire (x;y)↦(y;x) : la RÉFLEXION d'axe y=x. Les matrices des questions b) et c) ne diffèrent que par un signe moins, exactement comme les deux règles qu'elles codent, et c'est la confusion la plus fréquente du chapitre. Le test qui tranche : la réflexion laisse fixe tout point de son axe, donc (1;1) doit rester en (1;1), alors que la rotation l'envoie en (−1;1).
d)
(2,5002,5)(32)=(7,55) : c'est l'HOMOTHÉTIE de centre O et de rapport 2,5. Une matrice diagonale dont les deux termes sont ÉGAUX code toujours une homothétie ; si les deux termes différaient, on obtiendrait un étirement inégal, qui n'est pas une similitude et qui déformerait les angles.
e)
Le triangle s'écrit (125255), une colonne par sommet. Le produit vaut (01−10)(125255)=(−21−25−55), donc A′(−2;1), B′(−2;5) et C′(−5;5). C'est l'intérêt principal des matrices en géométrie : une seule multiplication transforme la figure ENTIÈRE, au lieu d'appliquer la règle sommet par sommet. Un logiciel de dessin ne procède pas autrement, avec des milliers de colonnes au lieu de trois.
Exercice 5 : Composer, c'est multiplier, et l'ordre compte
On note R=(01−10) la rotation de 90∘ de centre O, et S=(100−1) la réflexion d'axe des abscisses.
Appliquer une transformation puis une autre revient à MULTIPLIER leurs matrices. La matrice de celle qu'on applique en PREMIER se place à DROITE, comme le point qu'elle touche en premier.
a) Calculez SR et identifiez la transformation obtenue.
b) Calculez RS et identifiez la transformation obtenue.
c) Appliquez SR puis RS au point P(3;2) et comparez.
d) Calculez R2, puis dites ce que vaut R4.
e) Calculez S2 et interprétez le résultat.
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Réponses
a)SR=(0−1−10) : réflexion d'axe y=−x
b)RS=(0110) : réflexion d'axe y=x
c)(−2;−3) contre (2;3), deux points symétriques distants de 213≈7,2
d)R2 est la rotation de 180∘ ; R4=I
e)S2=I : une réflexion est sa propre réciproque
a)
SR=(100−1)(01−10)=(0−1−10). La règle correspondante est (x;y)↦(−y;−x) : c'est la RÉFLEXION d'axe y=−x. On applique donc d'abord la rotation, puis la réflexion, et le résultat global est une simple réflexion.
b)
RS=(01−10)(100−1)=(0110), dont la règle est (x;y)↦(y;x) : c'est la RÉFLEXION d'axe y=x. Les deux composées sont deux réflexions, mais d'axes PERPENDICULAIRES l'un à l'autre : intervertir l'ordre ne fait pas une petite différence, il fait basculer l'axe d'un quart de tour.
c)
Avec SR : (0−1−10)(32)=(−2−3). Avec RS : (0110)(32)=(23). Les deux images, (−2;−3) et (2;3), sont symétriques par rapport à l'origine et distantes de 213≈7,2. La non-commutativité du produit matriciel n'est donc pas une curiosité d'algèbre : elle traduit un fait géométrique visible.
d)
R2=RR=(01−10)(01−10)=(−100−1), dont la règle est (x;y)↦(−x;−y) : c'est la rotation de 180∘, ce qui est cohérent puisque deux quarts de tour font un demi-tour. Alors R4=(R2)2=(−100−1)2=(1001)=I : quatre quarts de tour font un tour complet, donc l'identité.
e)
S2=(100−1)(100−1)=(1001)=I. Appliquer deux fois la même réflexion ramène tout point à sa place : une réflexion est sa propre RÉCIPROQUE. On en déduit une méthode générale pour inverser une composée : puisque S2=I et R4=I, la réciproque de SR est R−1S−1=R3S, et l'on vérifie sur (−2;−3) que l'on retombe bien sur P(3;2).
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Pourquoi une translation n'est pas une matrice 2 sur 2
Toutes les transformations de l'exercice 4 s'écrivaient comme un produit par une matrice 2×2. La translation, elle, résiste, et la figure dit pourquoi : une matrice 2×2 laisse l'origine sur place, alors qu'une translation la déplace.
Ce n'est pas un détail de vocabulaire : c'est la raison pour laquelle tout logiciel de dessin travaille en dimension 3 pour un plan.
a) Montrez qu'aucune matrice 2×2 ne peut réaliser la translation de vecteur (3;−1).
b) Écrivez cette translation sous forme matricielle correcte.
c) Un bras robotisé fait subir à un point une rotation de 90∘ de centre O, PUIS une translation de vecteur (0;−4). Écrivez l'opération et appliquez-la à (6;0).
d) Écrivez l'opération dans l'ordre inverse et appliquez-la au même point.
e) On écrit maintenant un point du plan avec une troisième coordonnée toujours égale à 1, sous la forme xy1. Vérifiez que la matrice 1000103−11 réalise alors la translation de la question a).
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Réponses
a)Toute matrice 2×2 envoie l'origine sur l'origine ; la translation l'envoie sur (3;−1)
b)(xy)↦(xy)+(3−1)
c)R(xy)+(0−4), et (6;0) arrive en (0;2)
d)R((xy)+(0−4)), et (6;0) arrive en (4;6)
e)Le produit donne (x+3;y−1;1) : c'est bien la translation, en coordonnées homogènes
a)
Soit une matrice quelconque (acbd). Appliquée à l'origine, elle donne (a×0+b×0c×0+d×0)=(00), quels que soient a, b, c et d. Une matrice 2×2 laisse donc TOUJOURS l'origine fixe. Or la translation de vecteur (3;−1) envoie l'origine sur (3;−1), qui n'est pas l'origine. Aucune matrice 2×2 ne peut donc la réaliser. Une seule ligne de calcul suffit à trancher, et c'est le genre de démonstration qu'un examen valorise.
b)
La translation s'écrit comme une ADDITION de matrices colonnes : (xy)↦(xy)+(3−1). Les transformations du chapitre se répartissent donc en deux familles : celles qui s'obtiennent par un PRODUIT, qui fixent l'origine, et la translation, qui s'obtient par une SOMME.
c)
Avec R=(01−10), l'opération s'écrit (xy)↦R(xy)+(0−4). Appliquée à (6;0) : le produit donne (0×6+(−1)×01×6+0×0)=(06), puis l'addition donne (02). Le point de dépose est (0;2).
d)
Dans l'ordre inverse, l'addition passe à l'intérieur : (xy)↦R((xy)+(0−4)). Sur (6;0) : l'addition donne (6;−4), puis le produit donne (0×6+(−1)×(−4)1×6+0×(−4))=(46). Le point d'arrivée est (4;6), très loin de (0;2). La position des parenthèses est ici l'équivalent exact de l'ordre des instructions d'un programme.
e)
On calcule 1000103−11xy1=1×x+0×y+3×10×x+1×y+(−1)×10×x+0×y+1×1=x+3y−11. On retrouve exactement la translation de vecteur (3;−1), et la troisième coordonnée reste égale à 1, ce qui permet d'enchaîner. Le prix payé est une dimension de plus ; le gain est que TOUTES les transformations, translations comprises, redeviennent des produits, donc se composent par une simple multiplication. C'est ainsi que fonctionnent les cartes graphiques.
Exercice 7 : Les coûts de production de deux usines
Une entreprise fabrique trois modèles dans deux usines. Le tableau donne les quantités produites en une semaine, les coûts unitaires de fabrication et les prix de vente, tous en dollars.
Un produit matriciel n'est rien d'autre qu'une somme de produits, et c'est exactement ce que calcule un service de comptabilité.
Modèle 1
Modèle 2
Modèle 3
Usine A, quantités
120
80
50
Usine B, quantités
90
140
60
Coût unitaire
12
18
25
Prix de vente
20
30
40
a) Écrivez la matrice Q des quantités et la matrice colonne C des coûts, puis calculez QC et interprétez.
b) Calculez de même le chiffre d'affaires de chaque usine.
c) Calculez le profit de chaque usine de deux façons, puis concluez sur une propriété du produit matriciel.
d) Le produit CQ est-il possible ? Justifiez.
e) Les coûts unitaires augmentent de 5 pour cent. Donnez le nouveau coût total et le nouveau profit de l'usine A.
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Réponses
a)QC=(41305100) : les coûts hebdomadaires de fabrication
b)6800 dollars pour A, 8400 dollars pour B
c)2670 et 3300 dollars par les deux méthodes : le produit est distributif sur l'addition
d)Impossible : C est 3×1 et Q est 2×3, or 1=2
e)Coût 4336,50 dollars, profit 2463,50 dollars, soit 206,50 dollars de moins
a)
Q=(12090801405060), de dimension 2×3, et C=121825, de dimension 3×1. Le produit est possible et donne une matrice 2×1. Ligne 1 : 120×12+80×18+50×25=1440+1440+1250=4130. Ligne 2 : 90×12+140×18+60×25=1080+2520+1500=5100. Donc QC=(41305100) : ce sont les coûts hebdomadaires de fabrication, 4130 dollars pour l'usine A et 5100 dollars pour l'usine B.
b)
Avec V=203040, le produit QV donne pour l'usine A 120×20+80×30+50×40=2400+2400+2000=6800 dollars, et pour l'usine B 90×20+140×30+60×40=1800+4200+2400=8400 dollars.
c)
Première façon, on soustrait les résultats : 6800−4130=2670 dollars pour A et 8400−5100=3300 dollars pour B. Seconde façon, on soustrait d'abord les matrices de prix : V−C=81215, puis Q(V−C) donne 120×8+80×12+50×15=960+960+750=2670 et 90×8+140×12+60×15=720+1680+900=3300. Les deux méthodes concordent : le produit matriciel est DISTRIBUTIF sur l'addition, QV−QC=Q(V−C). C'est l'une des rares propriétés des nombres qui survit intacte aux matrices, contrairement à la commutativité.
d)
C est 3×1 et Q est 2×3. Pour que CQ existe, il faudrait que le nombre de colonnes de C, soit 1, égale le nombre de lignes de Q, soit 2. Comme 1=2, le produit CQ est IMPOSSIBLE. C'est le cas de figure le plus courant en pratique : l'un des deux ordres a un sens comptable, l'autre n'en a aucun, et la dimension le signale avant tout calcul.
e)
Le nouveau coût unitaire est 1,05C, donc le nouveau coût total de l'usine A vaut 1,05×4130=4336,50 dollars. Multiplier la matrice des coûts par un scalaire revient bien à multiplier le total par ce même scalaire, ce qui évite de refaire les trois produits. Le chiffre d'affaires ne change pas, donc le nouveau profit vaut 6800−4336,50=2463,50 dollars, soit 206,50 dollars de moins qu'avant. On note que 5 pour cent d'augmentation sur les coûts fait perdre près de 8 pour cent du profit : c'est l'effet de levier, et il se lit directement sur les deux matrices.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct. Un contre-exemple chiffré vaut une démonstration.
1) « Deux matrices peuvent être additionnées dès qu'elles ont le même nombre d'éléments. »
2) « Le produit de deux matrices carrées de même ordre est commutatif. »
3) « Si le produit AB existe, alors le produit BA existe aussi. »
4) « La matrice (0110) est celle de la rotation de 90∘ de centre O. »
5) « La translation de vecteur (a;b) se réalise par la matrice (a00b). »
Voir la correction
Réponses
1)FAUX : il faut la même DIMENSION ; A et B ont six éléments et ne s'additionnent pas
2)FAUX : MN=(1214−13)=NM=(100−55)
3)FAUX : si A est 2×3 et B est 3×4, AB existe en 2×4 mais BA non
4)FAUX : c'est la réflexion d'axe y=x ; (1;1) y reste fixe, une rotation l'enverrait en (−1;1)
5)FAUX : cette matrice étire, elle ne déplace pas ; (2;5) irait en (6;−5) et non en (5;4)
1)
FAUX. L'addition exige la même DIMENSION, pas le même nombre d'éléments. Contre-exemple : la matrice A de l'exercice 1 est 2×3 et la matrice B est 3×2 ; elles ont six éléments chacune et pourtant leur somme n'existe pas, faute de savoir quel élément ajouter à quel autre. L'énoncé correct : deux matrices s'additionnent si et seulement si elles ont le même nombre de lignes ET le même nombre de colonnes.
2)
FAUX. Contre-exemple pris à l'exercice 3, avec M=(24−13) et N=(5−201) : MN=(1214−13) alors que NM=(100−55). Les deux matrices sont carrées du même ordre, les deux produits existent et ont la même dimension, et pourtant ils diffèrent. Il existe des exceptions, comme le produit par l'identité, mais elles ne font pas une règle.
3)
FAUX. Contre-exemple : si A est 2×3 et B est 3×4, alors AB existe et vaut 2×4 ; mais pour BA il faudrait que le nombre de colonnes de B, soit 4, égale le nombre de lignes de A, soit 2, ce qui est faux. L'énoncé correct : BA existe aussi lorsque la dimension de B est n×m si celle de A est m×n, autrement dit quand les deux dimensions sont l'inverse l'une de l'autre.
4)
FAUX. La matrice (0110) code la règle (x;y)↦(y;x), c'est-à-dire la RÉFLEXION d'axe y=x. La rotation de 90∘ est (01−10). Contre-exemple : le point (1;1) est sur l'axe y=x, la matrice de l'énoncé le laisse en (1;1), alors qu'une rotation de 90∘ doit l'envoyer en (−1;1). Un seul signe sépare les deux matrices, et il change la nature de la transformation.
5)
FAUX. Cette matrice réalise la règle (x;y)↦(ax;by), qui est un étirement, et non un déplacement. Contre-exemple avec (a;b)=(3;−1) : le point (2;5) devrait aller en (5;4) par la translation, alors que la matrice l'envoie en (6;−5). Plus simplement encore, la matrice laisse l'origine fixe alors que la translation ne le fait pas. L'énoncé correct : la translation s'écrit comme l'ADDITION de la matrice colonne (ab), ou comme un produit par une matrice 3×3 en coordonnées homogènes.
Exercice 9 : Le logo, la matrice et l'aire
Un logo a la forme du rectangle KLMN de sommets K(0;0), L(4;0), M(4;2) et N(0;2). On lui applique d'abord T=(01−10), puis H=(1,5001,5).
Une seule matrice remplace les deux, et elle porte à la fois la rotation et le changement de taille.
a) Calculez la matrice HT qui remplace la suite des deux transformations.
b) Écrivez le logo en matrice 2×4 et donnez les images des quatre sommets.
c) Calculez l'aire du logo et celle de son image, puis vérifiez le rapport.
d) Calculez TH et expliquez pourquoi le résultat ne surprend pas ici, alors que l'ordre compte en général.
e) Donnez la matrice qui ramène l'image à sa position de départ, et vérifiez-la sur un sommet.
Voir la correction
Réponses
a)HT=(01,5−1,50)
b)K′(0;0), L′(0;6), M′(−3;6), N′(−3;0)
c)Aires 8 et 18, de rapport 2,25=1,52
d)TH=HT : H est une matrice scalaire, donc elle commute avec tout
e)32(0−110), qui renvoie L′(0;6) sur L(4;0)
a)
HT=(1,5001,5)(01−10)=(1,5×0+0×10×0+1,5×11,5×(−1)+0×00×(−1)+1,5×0)=(01,5−1,50). On applique T en premier, donc sa matrice est à droite dans le produit.
b)
Le logo s'écrit (00404202), une colonne par sommet. Le produit HT par cette matrice donne (0006−36−30), soit K′(0;0), L′(0;6), M′(−3;6) et N′(−3;0). Le sommet K, qui était à l'origine, n'a pas bougé : c'est normal, un produit par une matrice 2×2 fixe toujours l'origine.
c)
Le logo mesure 4 sur 2, donc son aire vaut 8. L'image mesure 3 sur 6, donc son aire vaut 18. Le rapport vaut 818=2,25, ce qui est bien 1,52. La rotation ne change pas l'aire, l'homothétie de rapport 1,5 la multiplie par le CARRÉ de son rapport. Les longueurs, elles, ont seulement été multipliées par 1,5 : le côté de 4 est devenu 6, celui de 2 est devenu 3.
d)
TH=(01−10)(1,5001,5)=(01,5−1,50), soit exactement HT. Ces deux-là commutent, mais pour une raison précise : H est une matrice SCALAIRE, c'est-à-dire l'identité multipliée par 1,5, et multiplier par un nombre commute avec tout. Agrandir puis tourner, ou tourner puis agrandir, donne bien la même figure. Cela ne contredit pas la règle générale : c'est une exception qui s'explique, et il ne faut surtout pas la généraliser à une rotation et une réflexion, qui elles ne commutent pas.
e)
Il faut défaire dans l'ordre inverse : annuler l'homothétie de rapport 1,5 par une homothétie de rapport 1,51=32, et annuler la rotation de 90∘ par celle de −90∘, de matrice (0−110). La matrice cherchée est donc 32(0−110)=0−32320. Vérification sur L′(0;6) : 0×0+32×6−32×0+0×6=(40), c'est bien L. Cette matrice est l'INVERSE de HT, et on constate au passage que le produit des deux rapports vaut 1,5×32=1.
Exercice 10 : L'inventaire des deux succursales
Une chaîne possède deux succursales qui vendent trois articles. Le tableau donne les ventes de janvier et de février, article par article.
Toutes les opérations du chapitre se retrouvent ici en une seule question : addition, multiplication par un scalaire, produit, et même un produit d'une matrice ligne par une matrice colonne.
Article 1
Article 2
Article 3
Magasin 1, janvier
40
25
60
Magasin 2, janvier
30
55
20
Magasin 1, février
35
40
45
Magasin 2, février
50
30
25
a) Écrivez les matrices J et F et calculez J+F.
b) Les ventes de mars valent 20 pour cent de plus que celles de février. Écrivez la matrice M de mars.
c) Donnez la matrice des ventes du trimestre.
d) Les prix unitaires sont de 15, 22 et 9 dollars. Calculez le chiffre d'affaires trimestriel de chaque magasin.
e) Le gérant du magasin 1 touche 4 pour cent de son chiffre d'affaires et celui du magasin 2 en touche 5 pour cent. Écrivez ce calcul comme un produit de matrices et donnez le total des commissions.
Voir la correction
Réponses
a)J+F=(7580658510545)
b)M=1,2F=(426048365430)
c)(11714011312115975)
d)5672 dollars pour le magasin 1, 5437 dollars pour le magasin 2
e)(0,040,05)(56725437)=498,73 dollars
a)
J=(403025556020) et F=(355040304525), toutes deux 2×3. On additionne terme à terme : J+F=(7580658510545). Chaque case garde son sens : la case (1;3), qui vaut 105, est le nombre d'articles 3 vendus par le magasin 1 sur les deux mois.
b)
Augmenter de 20 pour cent revient à multiplier par 1,2, donc M=1,2F=(426048365430). Une multiplication par un scalaire touche toutes les cases, ce qui traduit exactement l'hypothèse : la hausse est la même pour tous les articles et pour les deux magasins.
c)
J+F+M=(75+4280+6065+4885+36105+5445+30)=(11714011312115975). Les trois matrices ayant la même dimension, l'addition se fait d'un coup, et l'ordre des termes est indifférent : l'addition matricielle, elle, est commutative.
d)
Avec P=15229, le produit de la matrice trimestrielle 2×3 par P donne une matrice 2×1. Magasin 1 : 117×15+113×22+159×9=1755+2486+1431=5672 dollars. Magasin 2 : 140×15+121×22+75×9=2100+2662+675=5437 dollars. La disposition en colonne des prix n'est pas décorative : c'est elle qui rend le produit possible, puisque le 3 des colonnes rencontre le 3 des lignes.
e)
On écrit les taux en matrice LIGNE, (0,040,05), de dimension 1×2, et on la multiplie par la colonne des chiffres d'affaires, (56725437), de dimension 2×1. Le produit est 1×1, c'est-à-dire un seul nombre : 0,04×5672+0,05×5437=226,88+271,85=498,73 dollars. C'est le total des commissions. On remarque que l'ordre inverse, colonne fois ligne, donnerait une matrice 2×2 dont aucune case n'aurait de sens comptable : la dimension du résultat est déjà une vérification de ce qu'on a calculé.
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