Chimie des solutions 202-SN2-RE (ancien 202-NYB) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Fiche de révision : les acides et les bases (202-SN2-RE, ancien 202-NYB)
Tout ce chapitre découle de deux constantes, Kw et Ka, et d'une seule question posée avant chaque calcul : qu'y a-t-il en solution à cet instant précis ? Un acide seul, un mélange d'un acide et de sa base conjuguée, une base conjuguée seule, ou une base forte en excès : quatre situations, quatre méthodes distinctes.
Cette fiche donne les quatre méthodes dans l'ordre où elles apparaissent le long d'un titrage, la relation entre un couple conjugué et le caractère acide ou basique d'un sel, et la liste des erreurs qui reviennent d'un examen à l'autre sur les tampons.
Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander la méthode ou l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Le fil du chapitre
Avant tout calcul, il faut décider dans quelle RÉGION on se trouve : acide seul, mélange tampon, équivalence, excès de base. Chaque région a sa méthode, et appliquer celle d'une région dans une autre est l'erreur qui coûte le plus cher du chapitre.
•Couple conjugué : Ka×Kb=Kw, donc pKa+pKb=14. Plus un acide est fort, plus sa base conjuguée est faible.
•Une réaction acide-base est favorisée dans le sens qui va de l'acide le PLUS FORT vers l'acide le plus faible.
Les trois échelles se lisent ensemble : une unité de pH vaut un facteur 10 sur [H3O+], et le pOH se lit à l'envers, puisque pH+pOH=14.
L'échelle est logarithmique : une unité de pH représente un facteur 10 sur la concentration. Un pH donné à la deuxième décimale correspond donc à deux chiffres significatifs sur la concentration, pas davantage.
Les quatre régions d'un titrage
•AVANT tout ajout : acide faible seul, tableau ICE avec Ka.
•ENTRE le début et l'équivalence : mélange d'acide et de base conjuguée, donc TAMPON. pH=pKa+log[acide][base].
•À la DEMI-ÉQUIVALENCE : les deux formes sont en quantités égales, donc pH=pKa exactement. C'est le point le plus facile du graphique.
•À l'ÉQUIVALENCE : il ne reste que la base conjuguée, donc le pH est BASIQUE, jamais 7. On applique Kb=KaKw à la concentration diluée.
•APRÈS l'équivalence : base forte en excès, on ignore tout le reste et on calcule [OH−] par la quantité en excès sur le volume total.
Le saut ne passe PAS par 7 : l'équivalence se situe à 8,7, parce qu'il ne reste alors que la base conjuguée. La demi-équivalence, elle, donne directement le pKa par simple lecture.
Le pH d'équivalence vaut exactement 7 dans le seul cas d'un titrage acide fort contre base forte. Avec un acide faible il dépasse 7, avec une base faible il est inférieur à 7.
Tampons et sels
•Un tampon est un mélange d'un acide faible ET de sa base conjuguée, en quantités comparables. Il encaisse les petits ajouts d'acide ou de base.
•pH=pKa+log[acide][base] : la BASE est au numérateur. Le rapport peut s'écrire en moles, le volume se simplifiant.
•Un tampon est le plus efficace quand pH=pKa, c'est-à-dire quand les deux formes sont en quantités égales. On choisit donc l'acide dont le pKa est le plus proche du pH visé.
•Diluer un tampon ne change presque PAS son pH : le rapport des deux formes est conservé.
•Hydrolyse des sels : cation d'une base forte et anion d'un acide fort donnent un sel NEUTRE; l'anion d'un acide faible rend BASIQUE; le cation d'une base faible rend ACIDE.
Seul l'ion venu d'une espèce FAIBLE réagit avec l'eau : NH4+ rend la solution acide, l'acétate la rend basique, et NaCl, fait de deux ions spectateurs, reste à 7.
La capacité tampon est finie : dès que l'ajout dépasse la quantité de l'une des deux formes, le tampon est rompu et le pH décroche brutalement. C'est exactement ce que montre le saut d'un titrage.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Traiter un acide faible comme un acide fort
toute la question, 6 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La solution d'acide acétique est à 0,100 mol/L, donc [H3O+]=0,100 et pH=1,00. »
Ce qu'il faut écrire
« L'acide acétique est FAIBLE : 0,100−xx2=1,8×10−5 donne x=1,33×10−3 et pH=2,87. »
Le même acide acétique : le croire fort donne 1,00, le traiter avec Ka donne 2,87. Près de deux unités d'écart, soit un facteur 75 sur [H3O+].
Pourquoi : Seuls les six acides forts usuels se dissocient complètement. Un acide faible à 0,100 mol/L n'est ionisé qu'à 1,3%, ce qui change le pH de presque deux unités.
2.Fixer à sept le pH d'équivalence d'un titrage d'acide faible
toute la question, 5 points, et le choix de l'indicateur manqué
Ce qu'il ne faut pas écrire
« À l'équivalence, tout l'acide est neutralisé, donc pH=7,00. »
Ce qu'il faut écrire
« Il ne reste que l'ION ACÉTATE, base conjuguée faible : son hydrolyse donne pH=8,72. Le pH n'est égal à 7 qu'entre un acide fort et une base forte. »
Le pH d'équivalence est celui du PRODUIT formé : 7 entre deux espèces fortes seulement, au-dessus avec un acide faible, en dessous avec une base faible.
Pourquoi : Neutraliser ne veut pas dire rendre neutre : cela veut dire consommer l'acide. Ce qu'il reste alors est une base, et son hydrolyse impose un pH supérieur à 7.
3.Inverser le rapport dans l'équation de Henderson-Hasselbalch
3 points, et un pH symétrique du bon par rapport au pKa
Ce qu'il ne faut pas écrire
« pH=pKa+log[base][acide]. »
Ce qu'il faut écrire
« La BASE est au numérateur : pH=pKa+log[acide][base]. Plus il y a de base, plus le pH est élevé, ce qui est la seule lecture cohérente. »
Ajouter de la base doit faire MONTER le pH : seule la courbe verte le fait. Le rapport inversé donne un pH symétrique du bon par rapport au pKa.
Pourquoi : L'erreur est invisible quand les deux formes sont en quantités égales, puisque le logarithme est alors nul. Elle éclate dès que le rapport s'écarte de 1, et le contrôle est immédiat : ajouter de la base doit faire monter le pH.
4.Employer la formule du tampon hors de la zone tampon
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Après l'équivalence, j'ai encore de l'acétate et un peu d'acide, donc j'applique Henderson-Hasselbalch. »
Ce qu'il faut écrire
« Après l'équivalence il ne reste plus d'acide faible du tout : il y a de la base FORTE en excès, et [OH−] se calcule par la quantité en excès divisée par le volume TOTAL. »
Dans la bande verte, Henderson-Hasselbalch suit la vraie courbe ; près de l'équivalence il s'envole vers l'infini, et après elle il n'a plus de sens : la base forte décide seule.
Pourquoi : Henderson-Hasselbalch suppose que les deux formes du couple coexistent en quantités comparables. Une seule goutte de base forte en excès impose son propre pH et rend la formule inapplicable.
5.Additionner les deux ionisations d'un polyacide
3 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'acide phosphorique a trois ionisations, donc [H3O+] vaut trois fois ce que donne la première. »
Ce qu'il faut écrire
« Seule la PREMIÈRE compte : Ka1=7,1×10−3 contre Ka2=6,3×10−8, soit cent mille fois moins. La deuxième est négligeable devant la première. »
Les trois constantes de l'acide phosphorique sont séparées d'environ cinq unités de pKa, donc d'un facteur cent mille. Devant la première, les deux autres ne pèsent rien.
Pourquoi : Arracher un second proton à une espèce déjà chargée négativement coûte beaucoup plus cher : les constantes successives chutent d'environ cinq ordres de grandeur à chaque étape.
6.Croire que tous les sels donnent des solutions neutres
4 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'acétate de sodium vient de la neutralisation d'un acide par une base, donc sa solution est neutre. »
Ce qu'il faut écrire
« L'ion acétate est la base conjuguée d'un acide FAIBLE : il s'hydrolyse et rend la solution BASIQUE. Seuls les sels d'acide fort et de base forte sont neutres. »
Pourquoi : La base conjuguée d'un acide fort, comme l'ion chlorure, est si faible qu'elle ne réagit pas. Celle d'un acide faible, en revanche, est une base mesurable, et son Kb vaut KaKw.
7.Croire que diluer un tampon change son pH
3 points sur la question de raisonnement
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je dilue le tampon dix fois, donc son pH augmente d'une unité. »
Ce qu'il faut écrire
« Le rapport [acide][base] est INCHANGÉ par la dilution, donc le pH reste pratiquement le même. C'est sa CAPACITÉ qui diminue, pas son pH. »
Les deux tampons partent du MÊME pH, 4,74 : la dilution n'a rien changé. Mais 100 mL du tampon dilué cèdent dès 1 mmol d'acide, dix fois plus tôt que l'original.
Pourquoi : Les deux concentrations sont divisées par le même facteur, et seul leur rapport entre dans la formule. En revanche, un tampon dilué est rompu par un ajout dix fois plus petit.
8.Additionner les Ka et Kb au lieu de les multiplier
3 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Ka+Kb=Kw, donc Kb=1,0×10−14−1,8×10−5, ce qui est négatif. »
Ce qu'il faut écrire
« Ka×Kb=Kw, donc Kb=1,8×10−51,0×10−14=5,6×10−10. Ce sont les pK qui s'ADDITIONNENT : pKa+pKb=14. »
Pourquoi : La relation vient de la somme des deux équilibres, et additionner des équations MULTIPLIE leurs constantes. Le résultat négatif obtenu par l'addition est d'ailleurs impossible pour une constante.
9.Oublier la dilution due au volume ajouté lors d'un titrage
2 points, et un pH d'équivalence décalé
Ce qu'il ne faut pas écrire
« À l'équivalence, la concentration en acétate vaut 0,100 mol/L, comme l'acide de départ. »
Ce qu'il faut écrire
« Le volume a DOUBLÉ, puisqu'on a ajouté 25,0 mL à 25,0 mL : la concentration en acétate vaut 0,0500 mol/L. »
Les 2,50 mmol d'acétate se trouvent dans 50,0 mL à l'équivalence, pas dans 25,0 : la concentration est divisée par deux.
Pourquoi : Toutes les concentrations d'un titrage se calculent sur le volume TOTAL, celui de la burette compris. C'est une des rares grandeurs que le tampon fait oublier, puisque le volume s'y simplifie.
10.Calculer un pH sans vérifier qu'il est du bon côté de sept
3 points, mais l'erreur est repérable en une seconde
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La solution d'ammoniac a un pH de 2,9. »
Ce qu'il faut écrire
« L'ammoniac est une BASE : son pH doit dépasser 7. On calcule [OH−], puis pOH, puis pH=14−pOH=11,1. »
Une base donne un pH au-dessus de 7 : 2,9 est le pOH de l'ammoniac, et c'est 14−2,9=11,1 qu'il faut écrire.
Pourquoi : Une base faible se traite avec Kb et donne d'abord un pOH. Oublier la dernière soustraction donne un pH acide pour une base, ce que le simple bon sens rejette.
Quelle méthode choisir
Dans quelle région du titrage se trouve-t-on
Comparer la quantité de base ajoutée à la quantité d'acide de départ
Le décompte en MOLES désigne la région : acide seul, acide et base conjuguée ensemble, base conjuguée seule, puis base forte en excès. Chaque colonne a sa formule.
Si aucune base ajoutée → acide faible seul : tableau ICE avec Ka
Exemple : 0,100 mol/L d'acide acétique donne pH=2,87
Si base ajoutée en quantité INFÉRIEURE à l'acide → tampon : pH=pKa+lognacidenbase, en moles, le volume se simplifiant
Exemple : à la demi-équivalence, pH=pKa exactement
Si base ajoutée EXACTEMENT égale à l'acide → équivalence : il ne reste que la base conjuguée, on applique Kb=KaKw au volume TOTAL
Exemple : pH=8,72 pour l'acétate à 0,0500 mol/L
Si base ajoutée en EXCÈS → base forte seule : [OH−]=Vtotalnexceˋs, tout le reste est négligeable
Exemple : 1,0 mL d'excès donne déjà pH≈11,3 (base à 0,100 mol/L, prise d'essai de 25,0 mL)
Si on part d'un SEL et non d'un acide → identifier lequel des deux ions s'hydrolyse, puis appliquer Ka ou Kb à cet ion
l'ion venant de l'espèce FORTE est spectateur et n'intervient jamais
La première ligne de la copie doit toujours être un décompte en MOLES, pas en concentrations : c'est lui qui décide de la région, et il reste valable quel que soit le volume ajouté.
Quelle formule pour quel type de solution
La nature exacte de l'espèce dissoute
Si acide fort → [H3O+]=C0 et pH=−logC0, sans tableau
Exemple : 0,0200 mol/L d'acide chlorhydrique donne pH=1,70
Si base forte → [OH−]=C0, puis pH=14−pOH
Exemple : 0,0100 mol/L de soude donne pH=12,00
Si acide faible → Ka, tableau ICE, approximation testée à 5%
Exemple : x=KaC0 si le test passe
Si base faible, y compris la base conjuguée d'un acide faible → Kb=KaKw, tableau ICE, puis pOH puis pH
Exemple : acétate, ammoniac, ion carbonate
Si mélange d'un acide faible ET de sa base conjuguée → Henderson-Hasselbalch, avec la BASE au numérateur
le rapport peut s'écrire en moles, ce qui évite de calculer le volume total
Un ion comme le chlorure ou le sodium ne fait jamais rien : il vient d'une espèce forte, donc son conjugué est trop faible pour réagir. Le repérer d'emblée simplifie souvent la question de moitié.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Préparer un tampon et calculer son pH après ajout
Quand l'utiliser : L'énoncé demande de composer un tampon à un pH donné, ou de calculer l'effet d'un ajout d'acide ou de base sur un tampon existant.
1Calculer pKa=−logKa et le comparer au pH visé : leur écart donne directement le logarithme du rapport.
2En déduire nacidenbase=10pH−pKa, puis les deux quantités à partir de la quantité totale imposée.
3Lors d'un ajout d'acide fort, faire un décompte en MOLES : l'acide ajouté convertit de la base en acide, mole pour mole. Une base ajoutée fait l'inverse.
4Recalculer le pH avec les nouvelles quantités, toujours par Henderson-Hasselbalch.
5Comparer la variation de pH obtenue à celle qu'aurait subie de l'eau pure, et conclure sur l'efficacité du tampon.
Phrase de conclusion
« L'ajout de 0,0100 mol d'acide chlorhydrique convertit autant d'acétate en acide acétique : les quantités passent à 0,0543 et 0,0457 mol, d'où pH=4,74+log0,04570,0543=4,82, soit une chute de 0,18 unité seulement. »
Le piège : Raisonner en concentrations plutôt qu'en moles lors de l'ajout. Si le volume change, le rapport reste correct en moles mais les concentrations doivent toutes être recalculées : autant s'en dispenser.
Barème : Typiquement 1 point pour le pKa, 2 pour le rapport et les quantités, 2 pour le décompte après ajout, 2 pour le nouveau pH, 1 pour la comparaison avec l'eau pure.
Calculer le pH à l'équivalence d'un titrage d'acide faible
Quand l'utiliser : L'énoncé demande le pH au point d'équivalence, ou le choix d'un indicateur coloré.
1Calculer la quantité de base conjuguée formée : elle égale la quantité d'acide de départ.
2Calculer le VOLUME TOTAL, celui de la prise d'essai plus celui versé, et en déduire la concentration de la base conjuguée.
3Calculer Kb=KaKw et écrire le tableau ICE de l'hydrolyse.
4Obtenir [OH−], puis pOH, puis pH=14−pOH, et vérifier que le résultat dépasse 7.
5Choisir un indicateur dont la zone de virage encadre ce pH, et non celui d'un titrage fort-fort.
Phrase de conclusion
« À l'équivalence, 0,00250 mol d'acétate se trouvent dans 50,0 mL, soit 0,0500 mol/L; avec Kb=5,6×10−10, on obtient [OH−]=5,3×10−6 mol/L, donc pOH=5,28 et pH=8,72. »
Le piège : Utiliser la concentration initiale de l'acide au lieu de la concentration diluée. Le volume a doublé si les deux solutions ont la même concentration, ce qui décale le pH d'équivalence de plus d'un dixième d'unité.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Le pH du bon côté de sept
Un acide doit donner un pH inférieur à 7, une base un pH supérieur. C'est le contrôle le plus rapide et il attrape l'oubli de la soustraction 14−pOH.
Un pH de 2,9 annoncé pour de l'ammoniac : c'est le pOH qui a été donné.
Le pH d'un tampon voisin de son pKa
Un tampon utilisable a un pH à moins d'une unité de son pKa. Un écart de trois unités signale une erreur de rapport ou un couple mal choisi.
Un tampon acétique annoncé à pH=8,5 alors que son pKa vaut 4,74 : ce n'est plus un tampon.
Le test des cinq pour cent sur l'ionisation
Après l'approximation, vérifier que le pourcentage d'ionisation reste sous 5%. Sinon, reprendre par la quadratique complète.
Un acide faible dilué à 10−4 mol/L s'ionise à plus de 30% : l'approximation est invalide.
Le volume total dans toute concentration de titrage
Repasser sur chaque concentration calculée et vérifier qu'elle est bien divisée par le volume TOTAL, celui de la burette compris.
Une concentration à l'équivalence égale à celle de départ : le volume ajouté a été oublié.
La cohérence du sens de variation après un ajout
Ajouter un acide doit toujours FAIRE BAISSER le pH, ajouter une base doit le faire monter, même dans un tampon.
Un pH qui monte après ajout d'acide chlorhydrique : le rapport de Henderson a été inversé.
L'exercice type décortiqué
Préparer un tampon acétique, puis le pousser jusqu'à sa rupture
On veut préparer 500 mL d'une solution tampon de pH 5,00 à partir d'acide acétique et d'acétate de sodium, la concentration totale des deux formes valant 0,200 mol/L. On donne Ka=1,8×10−5.
Déterminer les quantités de chaque forme, puis le pH après ajout de 0,0100 mol d'acide chlorhydrique. Comparer avec le même ajout dans 500 mL d'eau pure. Enfin, déterminer la quantité d'acide chlorhydrique qui romprait complètement le tampon.
Le même ajout de 0,0100 mol d'acide chlorhydrique, dans le tampon et dans l'eau pure : c'est la comparaison que l'exemple chiffre.
Étape 1
pKa=−log(1,8×10−5)=4,74. Le pH visé étant 5,00, on a lognacidenbase=5,00−4,74=0,26, donc nacidenbase=100,26=1,80.
Pourquoi
L'écart entre le pH visé et le pKa donne directement le logarithme du rapport : c'est toute l'utilité de la forme logarithmique de Henderson-Hasselbalch.
Étape 2
Quantité totale : 0,200×0,500=0,100 mol. Avec le rapport 1,80 : nbase=0,100×2,801,80=0,0643 mol et nacide=0,0357 mol.
Pourquoi
On répartit la quantité totale selon le rapport, ce qui évite de résoudre un système. La somme des deux doit redonner 0,100 mol, contrôle immédiat.
Étape 3
Vérification : pH=4,74+log0,03570,0643=4,74+0,26=5,00, conforme à la consigne.
Pourquoi
Recalculer le pH à partir des quantités trouvées valide le rapport et la répartition d'un coup, avant de passer à la partie qui compte vraiment.
Étape 4
Ajout de 0,0100 mol d'acide chlorhydrique : il convertit autant d'acétate en acide acétique. nbase=0,0643−0,0100=0,0543 mol et nacide=0,0357+0,0100=0,0457 mol.
Pourquoi
Le décompte se fait en MOLES, et l'acide fort réagit totalement : il n'y a pas d'équilibre à résoudre à cette étape, seulement une comptabilité.
Étape 5
Nouveau pH : 4,74+log0,04570,0543=4,74+0,075=4,82. La chute n'est que de 0,18 unité.
Pourquoi
Le volume ne figure nulle part, puisqu'il se simplifie dans le rapport : c'est ce qui rend le calcul du tampon si rapide, et c'est aussi pourquoi la dilution ne change pas son pH.
Étape 6
Dans 500 mL d'eau pure : [H3O+]=0,5000,0100=0,0200 mol/L, donc pH=1,70. La chute est de 5,3 unités depuis 7.
Pourquoi
La comparaison chiffre l'effet du tampon : trente fois moins de variation, soit un facteur de plus de cent mille sur la concentration en ions hydronium.
Étape 7
Rupture : le tampon tient tant qu'il reste de l'acétate, c'est-à-dire jusqu'à 0,0643 mol d'acide chlorhydrique. Avec 0,0700 mol, l'excès vaut 0,0057 mol, donc [H3O+]=0,0114 mol/L et pH=1,94.
Pourquoi
La capacité tampon est finie et se calcule : c'est la plus petite des deux quantités du couple. Une fois dépassée, on repasse au calcul d'un acide fort en excès.
Étape 8
Vérification de plausibilité : le pH de rupture, 1,94, est bien voisin de celui de l'eau pure acidifiée, 1,70, ce qui confirme que le tampon ne joue plus aucun rôle.
Pourquoi
Le résultat doit rejoindre le comportement de l'eau pure quand la capacité est épuisée. S'il en restait très éloigné, c'est que la quantité de rupture aurait été mal calculée.
Conclusion rédigée
« Le tampon se prépare avec 0,0643 mol d'acétate et 0,0357 mol d'acide acétique. L'ajout de 0,0100 mol d'acide chlorhydrique ne fait chuter son pH que de 5,00 à 4,82, contre une chute de 7 à 1,70 dans l'eau pure; il faudrait 0,0643 mol pour l'épuiser complètement. »
L'erreur classique sur cet exercice : Inverser le rapport et écrire lognbasenacide. On obtient 4,49 au lieu de 5,00, une valeur symétrique du bon résultat par rapport au pKa : c'est cette symétrie qui rend l'erreur invisible sans le contrôle du sens.
À savoir par cœur
•pH+pOH=14 à 25 °C, et Ka×Kb=Kw, donc pKa+pKb=14.
•Acide FORT : [H3O+]=C0. Acide FAIBLE : tableau ICE avec Ka, test des 5%.
•pH=pKa+log[acide][base] : la BASE est au numérateur.
•Demi-équivalence : pH=pKa exactement. Équivalence d'un acide faible : pH>7.
•Après l'équivalence, on ignore le couple : c'est la base forte en excès qui impose le pH.
•Diluer un tampon ne change pas son pH, seulement sa CAPACITÉ.
•Polyacide : seule la PREMIÈRE ionisation compte, les suivantes sont cent mille fois plus faibles.
•Sel neutre seulement si les deux ions viennent d'espèces FORTES; sinon il s'hydrolyse.
Questions fréquentes
Pourquoi le pH à l'équivalence d'un acide faible n'est-il pas de sept ?
Parce qu'à l'équivalence tout l'acide a été transformé en sa base conjuguée, qui est une base faible. Cette base s'hydrolyse et libère des ions hydroxyde, ce qui rend la solution basique. Le pH d'équivalence vaut sept uniquement lorsqu'on titre un acide fort par une base forte, car les ions restants sont alors inertes.
Comment choisir le bon couple pour préparer un tampon ?
On choisit l'acide faible dont le pKa est le plus proche du pH souhaité, idéalement à moins d'une unité. Le tampon est maximal quand le pH égale le pKa, car les deux formes sont alors présentes en quantités égales et il peut encaisser autant d'acide que de base. Au-delà d'une unité d'écart, la capacité s'effondre d'un côté.
Le pH d'un tampon change-t-il quand on le dilue ?
Pratiquement pas. La formule de Henderson ne fait intervenir que le rapport des deux formes, et la dilution divise les deux par le même facteur. Ce qui diminue, c'est la capacité : un tampon dilué dix fois est rompu par un ajout dix fois plus petit, même si son pH de départ est identique.
Pourquoi ne compte-t-on que la première ionisation d'un polyacide ?
Parce que les constantes successives chutent d'environ cinq ordres de grandeur à chaque étape. Arracher un second proton à une espèce déjà chargée négativement est bien plus difficile. La contribution de la deuxième ionisation aux ions hydronium est donc négligeable devant celle de la première, sauf question explicite sur les espèces minoritaires.
Une solution de sel est-elle toujours neutre ?
Non. Elle n'est neutre que si ses deux ions proviennent d'espèces fortes, comme le chlorure de sodium. Si l'anion est la base conjuguée d'un acide faible, il s'hydrolyse et la solution devient basique. Si le cation est l'acide conjugué d'une base faible, elle devient acide. Le chlorure d'ammonium, par exemple, donne une solution acide.
Comment savoir quelle méthode utiliser pendant un titrage ?
On compare en moles la base ajoutée à l'acide de départ. Avant tout ajout, c'est un acide faible seul. Entre le début et l'équivalence, c'est un tampon. À l'équivalence exacte, c'est la base conjuguée seule. Après, c'est la base forte en excès qui impose tout. Quatre régions, quatre méthodes, et le décompte en moles les départage.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Les acides et les bases
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
Il manque quelque chose dans cette fiche ?Une méthode, un piège, un exercice pour l'appliquer, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Vous cherchez un tuteur en chimie 202-SN2-RE à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. Sur les acides et les bases, on travaille d'abord l'identification de la région : le calcul n'est jamais le problème, le choix de la méthode l'est toujours.