Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Amérique du Nord jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Amérique du Nord, jour 2

Épreuve du jeudi 22 mai 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Amérique du Nord, jour 2 : l'épreuve du jeudi 22 mai 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points sur la quinine du Schweppes, 5 points sur le combustible MOX et 6 points sur la Mostiglass, un vitrage moustiquaire. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 est une chimie des solutions complète : groupe caractéristique et nomenclature, spectre d'émission de fluorescence, diagramme de prédominance d'une dibase (pKA\mathrm{p}K_{A} 4,44{,}4 et 9,09{,}0), dilution et dosage par étalonnage avec la loi If=K×I0×CI_{f}=K\times I_{0}\times C, puis titrage pH-métrique d'un triacide par la méthode de la dérivée et choix d'un indicateur de fin de titrage. L'exercice 2 porte sur la radioactivité : composition d'un noyau, isotopes, lois de conservation de Soddy, désintégrations α\alpha et β−\beta^{-} lues sur un diagramme N/Z, réaction en chaîne, loi de décroissance radioactive, constante radioactive λ=ln⁡2/t1/2\lambda=\ln 2/t_{1/2} et activité massique du plutonium 239. L'exercice 3 mesure la largeur d'une fente par diffraction (θ=λ/ℓ\theta=\lambda/\ell) avec son incertitude-type et le quotient ∣x−xref∣/u(x)|x-x_{\text{ref}}|/u(x), puis explique le rafraîchissement de l'air par l'effet Venturi : conservation du débit volumique, relation de Bernoulli et baisse de température associée.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : le facteur 33 du triacide dans la relation à l'équivalence (exercice 1, Q.12), qui triple le résultat quand on l'oublie ; les deux changements de fluorescence de la quinine, dont seul le second, à pH 9,09{,}0, tombe dans le saut de pH (exercice 1, Q.14) ; la température absolue dans ΔT/T=ΔP/P\Delta T/T=\Delta P/P, sans laquelle la baisse prévue serait presque dix fois trop faible (exercice 3, Q.9). Les deux questions ouvertes, l'usage antipaludique du Schweppes et l'intérêt du MOX, sont résolues pas à pas, démarche comprise.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Le Schweppes : un bon antipaludique sans risque pour la santé ?

9 points Avancement et dosagesAcide-base, pKa et titragesChimie organique et synthèseRésolution de problème et exploitation de documents

La quinine a été extraite pour la première fois des écorces du quinquina jaune le 26 juin 1820 par Pelletier et Caventou.

Elle reste un médicament majeur pour le traitement du paludisme qui touche 249 millions de personnes dans le monde en 2022.
Source : d'après Médiachimie et who.int

Sur le site du Collège National de Pharmacologie Médicale, on peut lire :
« La quinine s'utilise par voie orale pour le traitement du paludisme à raison de 3 prises de 8 mg/kg de masse corporelle, espacées de 8 heures, pendant 7 jours ».
Source : pharmacomedicale.org

Sur l'étiquette d'une canette de Schweppes, on peut lire que cette boisson contient de la quinine :
Composition du Schweppes®
Ingrédients : eau gazéifiée avec du dioxyde de carbone, sucre, acidifiants (E330, E331), arôme, quinine, conservateur (E211).

Dans la première partie de cet exercice, pour savoir si cette boisson peut être utilisée comme antipaludique, on dose par étalonnage la quantité de quinine contenue dans le Schweppes® par fluorescence.

Dans la seconde partie, on titre l'acide citrique contenu dans le Schweppes®.

  • Données :
    - La quinine est une molécule organique dont le nom officiel est :
    6-méthoxyquinolin-4-yl(5-vinylquinuclidin-2-yl)-méthanol
  • Formule topologique de la quinine : un cycle quinoléine portant un groupe méthoxy O-CH3 et, en position 4, un carbone tétraédrique qui porte un groupe hydroxyle OH ; ce carbone est lié à un système bicyclique azoté (quinuclidine) qui porte un groupe vinyle CH=CH2.
    Représentation de la molécule de quinine
  • - Sa masse molaire est : M(quinine)=324 g⋅mol−1M(\text{quinine})=324\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}.
    - Cette molécule est une dibase notée Q dont les pKA\mathrm{p}K_{A} valent 4,4 et 9,0 à 25 °C. Les formes acides de la quinine peuvent être symbolisées par QH22+\mathrm{QH_{2}^{2+}} et QH+\mathrm{QH^{+}}.
    - La fluorescence est l'émission lumineuse provoquée par l'excitation des électrons d'une molécule (ou d'un atome), généralement par absorption d'un photon, immédiatement suivie d'une émission spontanée de lumière.
    Source : d'après Wikipédia
    - Spectre d'émission de fluorescence d'une solution acidifiée de quinine :
  • Spectre d'émission de fluorescence : intensité de fluorescence (de 0 à 500 u.a.) en fonction de la longueur d'onde (de 400 à 600 nm). Une seule bande, de 390 à 580 nm environ, avec un maximum d'environ 380 u.a. vers 450 nm, puis une décroissance lente jusqu'à 550 nm.
    Spectre d'émission de fluorescence d'une solution acidifiée de quinine
  • Source : d'après BUP n°944
    - Sous irradiation UV, les formes QH22+\mathrm{QH_{2}^{2+}} et QH+\mathrm{QH^{+}} émettent respectivement une fluorescence bleue et violette alors que la forme Q n'est pas fluorescente.
  • Partie A : Étude de la molécule de quinine et dosage de la quinine contenue dans le Schweppes®
  • 1. Étude de la molécule de quinine
  • Q.1. Justifier le suffixe « -ol » dans le nom officiel de la quinine.
  • Q.2. Justifier, à l'aide de son spectre d'émission, la couleur de la lumière émise par fluorescence par une solution acidifiée de quinine.
  • Q.3. Représenter le diagramme de prédominance des différentes formes acido-basiques de la quinine. En déduire les couleurs de fluorescence attendues dans les différents domaines de pH.
  • 2. Dosage par étalonnage de la quinine contenue dans le Schweppes®
  • Pour déterminer la teneur en quinine du Schweppes®, il est possible de réaliser un dosage par spectrophotométrie de fluorescence.
  • Le dosage par fluorescence exploite le fait que l'intensité lumineuse provoquée par fluorescence IfI_{f} est proportionnelle à la concentration de l'espèce chimique fluorescente selon l'expression simplifiée suivante : If=K×I0×CI_{f}=K\times I_{0}\times C, avec IfI_{f} l'intensité de fluorescence (en unité arbitraire notée u.a), KK une constante (en L⋅mol−1\mathrm{L\cdot mol^{-1}}), I0I_{0} l'intensité de la source lumineuse incidente (en u.a), et CC la concentration en quantité de matière de l'espèce chimique fluorescente (en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}}).
  • Protocole expérimental :
  • Étape 1 : À partir d'une solution mère acidifiée de quinine S0\mathrm{S_{0}} de concentration C0=1,30×10−5 mol⋅L−1C_{0}=1{,}30\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, on prépare un volume Vf=10,0V_{f}=10{,}0 mL de solutions étalons de différentes concentrations CfC_{f} :
  • S1S2S3S4S5
    CfC_{f} (en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}})5,20×10−65{,}20\times 10^{-6}3,25×10−63{,}25\times 10^{-6}1,68×10−61{,}68\times 10^{-6}1,30×10−61{,}30\times 10^{-6}0,65×10−60{,}65\times 10^{-6}
    IfI_{f} (unité arbitraire, u.a)728480253219116
  • Étape 2 : On mesure l'intensité de fluorescence à 450 nm de chaque solution étalon et on trace la courbe donnant l'intensité de fluorescence en fonction de la concentration. La courbe obtenue est la suivante :
  • Courbe d'étalonnage : intensité de fluorescence If (de 0 à 800 u.a.) en fonction de la concentration Cf (de 0 à 6 × 10⁻⁶ mol/L). Les cinq points du tableau sont alignés autour d'une droite tracée qui passe par l'origine et par environ 720 u.a. à 5 × 10⁻⁶ mol/L, soit environ 144 u.a. par 10⁻⁶ mol/L.
  • Étape 3 : L'intensité de fluorescence mesurée pour une solution de Schweppes® diluée 100 fois est égale à 319 u.a.
  • Q.4. Calculer la valeur du volume de solution mère S0\mathrm{S_{0}} à prélever pour préparer la solution S4\mathrm{S_{4}}.
  • Q.5. Indiquer le protocole à suivre pour préparer cette solution, en précisant la verrerie utilisée.
  • Q.6. Justifier l'allure de la courbe obtenue lorsque l'on trace If=f(Cf)I_{f}=f(C_{f}).
  • Q.7. Déterminer la valeur de la concentration en quantité de matière en quinine dans le Schweppes®.
  • Les boissons « tonic » peuvent contenir jusqu'à 100 mg⋅L−1100\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}} de quinine sans inconvénient pour la santé.
  • Q.8. Indiquer si le Schweppes® respecte ce critère.
  • Q.9. Expliquer si une personne de 50 kg peut utiliser le Schweppes® pour le traitement du paludisme.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter sa démarche. Toute démarche pertinente, même non aboutie, sera valorisée.
  • Partie B : Dosage par titrage de l'acide citrique contenu dans le Schweppes®
  • Déjà critiquées pour leur teneur en sucres, en caféine et autres substances pas toujours identifiées, les sodas et les jus de fruits sont des boissons particulièrement acides. Consommées régulièrement dans la journée, elles attaquent les dents qui perdent de l'émail et deviennent plus sensibles.
    Source : d'après Doctissimo
  • La teneur en acide citrique du Schweppes®, peut être mesurée par titrage pH-métrique.
  • Protocole expérimental :
  • 20,0 mL de Schweppes® sont placés sous agitation pendant quelques heures dans un bécher pour dégazer la boisson. La boisson est alors titrée par une solution d'hydroxyde de sodium (Na+(aq), HO−(aq))(\mathrm{Na^{+}(aq)},\ \mathrm{HO^{-}(aq)}) de concentration CB=0,100 mol⋅L−1C_{B}=0{,}100\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • L'acide citrique est un triacide qui réagit avec l'hydroxyde de sodium selon la réaction support du titrage dont l'équation est :
  • AH3(aq)+3 HO−(aq)→A3−(aq)+3 H2O(ℓ)\mathrm{AH_{3}(aq)+3\,HO^{-}(aq)\rightarrow A^{3-}(aq)+3\,H_{2}O(\ell)}
  • La courbe du titrage est donnée ci-dessous :
  • Courbe de titrage pH-métrique du Schweppes dégazé : pH (axe de gauche, de 0 à 11) et dérivée dpH/dV (axe de droite, en bleu) en fonction du volume V de soude versé, de 0 à 25 mL. Le pH part de 2,3, croît lentement (4,4 vers 6 mL, 6 vers 11,5 mL), saute brutalement entre 12,5 et 14 mL puis plafonne vers 11. La dérivée présente un pic unique vers 13,2 mL. Deux droites horizontales à pH 4,4 et pH 9,0 délimitent trois zones : zone 1 pH inférieur à 4,4, zone 2 entre 4,4 et 9,0, zone 3 pH supérieur à 9,0.
  • Données :
    - les couples acide/base des espèces carbonatées sont :
    • CO2,H2O(aq)/HCO3−(aq)\mathrm{CO_{2},H_{2}O(aq)/HCO_{3}^{-}(aq)} ;
    • HCO3−(aq)/CO32−(aq)\mathrm{HCO_{3}^{-}(aq)/CO_{3}^{2-}(aq)}.
  • Q.10. Sélectionner parmi les termes suivants, la ou les qualité(s) que doit posséder la réaction support du titrage : lente, rapide, unique, multiple, totale, non-totale.
  • Q.11. Justifier la nécessité de dégazer par agitation la boisson avant de réaliser le titrage de l'acide citrique.
  • Q.12. Déterminer, en détaillant la démarche suivie, la valeur de la concentration CAC_{A} en acide citrique dans la boisson.
  • Q.13. Comparer cette valeur à la concentration maximale admissible en acide citrique qui est fixée à 7,8×10−2 mol⋅L−17{,}8\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q.14. Indiquer, en justifiant la réponse, si on peut utiliser la quinine contenue dans le Schweppes® comme indicateur coloré dans le cas du dosage colorimétrique sous UV de l'acide citrique.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/15

Q.2
Q.3
Q.4
Q.7
Q.8
Q.9
Q.10
Q.12
Q.13
Q.14
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Réponses

  • Q.1 Groupe hydroxyle −OH-\mathrm{OH} porté par un carbone tétraédrique : fonction alcool (secondaire)
  • Q.2 Maximum d'émission vers 450450 nm : lumière bleue
  • Q.3 QH22+\mathrm{QH_{2}^{2+}} (bleue) pour pH<4,4\mathrm{pH}<4{,}4 ; QH+\mathrm{QH^{+}} (violette) entre 4,44{,}4 et 9,09{,}0 ; Q\mathrm{Q} (aucune) au-delà de 9,09{,}0
  • Q.4 V0=CfVfC0=1,00V_{0}=\dfrac{C_{f}V_{f}}{C_{0}}=1{,}00 mL
  • Q.5 Pipette jaugée de 1,001{,}00 mL, fiole jaugée de 10,010{,}0 mL, compléter au trait de jauge, homogénéiser
  • Q.6 Droite passant par l'origine : If=(KI0)×CI_{f}=(K I_{0})\times C, proportionnalité
  • Q.7 Cdil≈2,2×10−6 mol⋅L−1C_{\text{dil}}\approx 2{,}2\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, donc C=2,2×10−4 mol⋅L−1C=2{,}2\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}
  • Q.8 Cm≈72 mg⋅L−1<100 mg⋅L−1C_{m}\approx 72\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}<100\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}} : critère respecté
  • Q.9 400400 mg par prise, soit 5,65{,}6 L de Schweppes par prise et 1717 L par jour : impossible
  • Q.10 Rapide, unique, totale
  • Q.11 Le CO2\mathrm{CO_{2}} dissous est un acide titré par HO−\mathrm{HO^{-}} : VEV_{E} et CAC_{A} seraient surestimés
  • Q.12 VE≈13,2V_{E}\approx 13{,}2 mL, CA=CBVE3VA=2,2×10−2 mol⋅L−1C_{A}=\dfrac{C_{B}V_{E}}{3V_{A}}=2{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}
  • Q.13 2,2×10−2<7,8×10−2 mol⋅L−12{,}2\times 10^{-2}<7{,}8\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} : conforme, environ 3,53{,}5 fois en dessous
  • Q.14 Oui : l'extinction de la fluorescence violette à pH=9,0\mathrm{pH}=9{,}0 a lieu dans le saut, vers 13,413{,}4 mL

Q.1. En nomenclature, le suffixe « -ol » signale la fonction ALCOOL : un groupe hydroxyle −OH-\mathrm{OH} porté par un atome de carbone tétraédrique, c'est-à-dire lié par quatre liaisons simples. Sur la représentation de la quinine, le groupe HO\mathrm{HO} est lié à un carbone qui porte aussi un atome d'hydrogène, le cycle quinoléine et le bicycle azoté : ce carbone est bien tétraédrique, et il n'appartient à aucun cycle aromatique (un −OH-\mathrm{OH} sur un cycle aromatique serait un phénol). Le nom « ...-méthanol » le dit : la chaîne principale est le méthanol, dont le carbone porte les deux substituants nommés devant, « 6-méthoxyquinolin-4-yl » et « 5-vinylquinuclidin-2-yl ».

Ce carbone étant lié à deux autres atomes de carbone, l'alcool est secondaire. Erreur fréquente : confondre le groupe hydroxyle avec le groupe méthoxy −O−CH3-\mathrm{O-CH_{3}}, qui est un éther (préfixe « méthoxy- ») et n'a rien à voir avec le suffixe « -ol ».

Q.2. La couleur perçue d'une lumière émise est celle des radiations qu'elle contient en majorité. Le spectre d'émission de fluorescence s'étend d'environ 390390 nm à 580580 nm, avec un maximum d'intensité vers 450450 nm, et il est faible au-delà de 520520 nm. Or le domaine ≈430\approx 430 à 490490 nm est celui du bleu. La lumière émise par une solution acidifiée de quinine est donc BLEUE.

Vérification avec les données : en milieu acide, la forme qui prédomine est QH22+\mathrm{QH_{2}^{2+}} (question suivante), dont l'énoncé dit justement qu'elle émet une fluorescence bleue. Il faut bien parler ici de couleur ÉMISE, lue directement sur le maximum du spectre : la règle de la couleur complémentaire ne s'applique qu'à une espèce qui ABSORBE la lumière blanche.

Q.3. La quinine est une dibase : ses deux couples sont QH22+/QH+\mathrm{QH_{2}^{2+}/QH^{+}}, de pKA1=4,4\mathrm{p}K_{A1}=4{,}4, et QH+/Q\mathrm{QH^{+}/Q}, de pKA2=9,0\mathrm{p}K_{A2}=9{,}0. Pour chaque couple, la relation pH=pKA+log⁡[base][acide]\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\dfrac{[\text{base}]}{[\text{acide}]} montre que l'acide prédomine pour pH<pKA\mathrm{pH}<\mathrm{p}K_{A} et la base pour pH>pKA\mathrm{pH}>\mathrm{p}K_{A}. L'espèce QH+\mathrm{QH^{+}}, base du premier couple et acide du second, prédomine donc entre les deux pKA\mathrm{p}K_{A}. Le diagramme de prédominance, sur un axe de pH orienté vers la droite :

QH22+\mathrm{QH_{2}^{2+}} prédomine pour pH<4,4\mathrm{pH}<4{,}4 ; QH+\mathrm{QH^{+}} prédomine pour 4,4<pH<9,04{,}4<\mathrm{pH}<9{,}0 ; Q\mathrm{Q} prédomine pour pH>9,0\mathrm{pH}>9{,}0, les frontières étant placées en 4,44{,}4 et 9,09{,}0.

D'après les données sur la fluorescence sous UV : pour pH<4,4\mathrm{pH}<4{,}4, fluorescence BLEUE (forme QH22+\mathrm{QH_{2}^{2+}}) ; pour 4,4<pH<9,04{,}4<\mathrm{pH}<9{,}0, fluorescence VIOLETTE (forme QH+\mathrm{QH^{+}}) ; pour pH>9,0\mathrm{pH}>9{,}0, AUCUNE fluorescence (forme Q\mathrm{Q}). Ce sont exactement les trois zones tracées sur la courbe de titrage de la partie B. Erreur fréquente : ranger les espèces dans le mauvais ordre ; la forme la plus chargée positivement, celle qui a capté le plus de protons, est toujours du côté des pH les plus faibles.

Q.4. Lors d'une dilution, la quantité de matière de soluté prélevée dans la solution mère se retrouve entière dans la solution fille : C0×V0=Cf×VfC_{0}\times V_{0}=C_{f}\times V_{f}. Pour la solution S4\mathrm{S_{4}}, Cf=1,30×10−6 mol⋅L−1C_{f}=1{,}30\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, donc V0=Cf×VfC0=1,30×10−6×10,01,30×10−5=1,00V_{0}=\dfrac{C_{f}\times V_{f}}{C_{0}}=\dfrac{1{,}30\times 10^{-6}\times 10{,}0}{1{,}30\times 10^{-5}}=1{,}00 mL.

Vérification : le facteur de dilution vaut F=C0Cf=10,0F=\dfrac{C_{0}}{C_{f}}=10{,}0, et VfF=10,010,0=1,00\dfrac{V_{f}}{F}=\dfrac{10{,}0}{10{,}0}=1{,}00 mL. Le volume peut rester en millilitres de bout en bout, puisque les deux concentrations sont dans la même unité.

Q.5. Protocole de dilution : verser un peu de solution mère S0\mathrm{S_{0}} dans un bécher propre (on ne pipette jamais dans le flacon) ; prélever V0=1,00V_{0}=1{,}00 mL de cette solution avec une pipette jaugée de 1,001{,}00 mL munie d'une propipette ; l'introduire dans une fiole jaugée de 10,010{,}0 mL ; ajouter le solvant (eau distillée acidifiée, pour garder la quinine sous sa forme acide fluorescente comme dans les autres étalons) jusqu'aux deux tiers, boucher et agiter ; compléter jusqu'au trait de jauge, le bas du ménisque sur le trait ; boucher et retourner plusieurs fois pour homogénéiser.

Erreur fréquente : prélever avec une éprouvette graduée ou une pipette graduée et diluer dans un bécher. La verrerie jaugée est celle qui garantit les trois chiffres significatifs des concentrations du tableau.

Q.6. La courbe If=f(Cf)I_{f}=f(C_{f}) est une droite qui passe par l'origine : les points expérimentaux sont alignés, aux erreurs de mesure près, sur une droite tracée depuis (0 ;0)(0\,;0). C'est ce que prévoit la loi donnée : If=K×I0×CI_{f}=K\times I_{0}\times C, avec KK constante et I0I_{0} fixée par la source du spectrofluorimètre, identique pour toutes les mesures. Le produit K×I0K\times I_{0} est donc une constante et IfI_{f} est PROPORTIONNELLE à la concentration CfC_{f} de l'espèce fluorescente.

Ordre de grandeur du coefficient directeur, lu sur la droite : elle passe par environ 720720 u.a. pour Cf=5,0×10−6 mol⋅L−1C_{f}=5{,}0\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, soit k=K I0≈1,44×108 u.a.⋅L⋅mol−1k=K\,I_{0}\approx 1{,}44\times 10^{8}\ \mathrm{u.a.\cdot L\cdot mol^{-1}}, 144144 u.a. par 10−6 mol⋅L−110^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. La proportionnalité n'est valable qu'aux faibles concentrations, d'où les étalons de l'ordre de 10−6 mol⋅L−110^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} et la dilution du Schweppes à l'étape 3.

Q.7. On exploite la droite d'étalonnage pour la solution diluée : If=319I_{f}=319 u.a. Par lecture graphique, l'abscisse du point de la droite d'ordonnée 319319 u.a. est Cdil≈2,2×10−6 mol⋅L−1C_{\text{dil}}\approx 2{,}2\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Par le calcul, avec le coefficient directeur de la droite : Cdil=Ifk=3191,44×108=2,2×10−6 mol⋅L−1C_{\text{dil}}=\dfrac{I_{f}}{k}=\dfrac{319}{1{,}44\times 10^{8}}=2{,}2\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

Le Schweppes a été dilué 100100 fois : sa concentration est 100100 fois plus grande que celle de la solution mesurée. Cquinine=100×Cdil=100×2,2×10−6=2,2×10−4 mol⋅L−1C_{\text{quinine}}=100\times C_{\text{dil}}=100\times 2{,}2\times 10^{-6}=2{,}2\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Vérification : 319319 u.a. est compris entre les intensités de S3\mathrm{S_{3}} (253253 u.a.) et S2\mathrm{S_{2}} (480480 u.a.), et 2,2×10−62{,}2\times 10^{-6} est bien compris entre leurs concentrations, 1,68×10−61{,}68\times 10^{-6} et 3,25×10−6 mol⋅L−13{,}25\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} : la mesure est dans la gamme d'étalonnage, ce qui la rend fiable. Erreur fréquente : oublier le facteur 100100 de la dilution et répondre 2,2×10−6 mol⋅L−12{,}2\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, la concentration de la solution diluée et non celle de la boisson.

Q.8. Le critère est une concentration MASSIQUE : il faut convertir. Cm=C×M=2,2×10−4×324=7,2×10−2 g⋅L−1C_{m}=C\times M=2{,}2\times 10^{-4}\times 324=7{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, soit environ 72 mg⋅L−172\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}} (calcul mené avec la valeur non arrondie 2,21×10−4 mol⋅L−12{,}21\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}).

Comme 72 mg⋅L−1<100 mg⋅L−172\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}<100\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}, le Schweppes respecte le critère des boissons « tonic » : sa teneur en quinine est sans inconvénient pour la santé. Erreur fréquente : comparer directement 2,2×10−42{,}2\times 10^{-4} à 100100, deux grandeurs qui n'ont pas la même unité.

Q.9. Démarche : calculer la masse de quinine qu'exige une prise pour une personne de 5050 kg, puis le volume de Schweppes qui l'apporte, et juger si ce volume est buvable.

Masse de quinine par prise : mprise=8 mg⋅kg−1×50 kg=400m_{\text{prise}}=8\ \mathrm{mg\cdot kg^{-1}}\times 50\ \mathrm{kg}=400 mg. Avec trois prises par jour, mjour=3×400=1 200m_{\text{jour}}=3\times 400=1\,200 mg, soit 1,21{,}2 g de quinine par jour.

Volume de Schweppes qui contient une prise : Vprise=mpriseCm=400 mg72 mg⋅L−1≈5,6V_{\text{prise}}=\dfrac{m_{\text{prise}}}{C_{m}}=\dfrac{400\ \mathrm{mg}}{72\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}}\approx 5{,}6 L. Par jour, 3×5,6≈173\times 5{,}6\approx 17 L, et sur les sept jours du traitement environ 1,2×1021{,}2\times 10^{2} L de boisson.

Conclusion : boire plus de cinq litres et demi de soda trois fois par jour est impossible, sans même compter le sucre, l'acidité qui attaque l'émail des dents (partie B) et le dioxyde de carbone que ces volumes apporteraient. Une personne de 5050 kg ne peut donc pas utiliser le Schweppes pour soigner le paludisme. C'est d'ailleurs la raison d'être du plafond de 100 mg⋅L−1100\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}} : à cette teneur, une canette apporte une quantité de quinine très inférieure à une dose thérapeutique. Erreur fréquente : oublier la masse corporelle et comparer 88 mg à la teneur par litre, ce qui fait croire qu'un verre suffit.

Q.10. Une réaction support de titrage doit être RAPIDE (l'équilibre est atteint dès chaque ajout, sinon la mesure du pH ne correspond pas à l'état du système), UNIQUE (le réactif titrant ne doit réagir qu'avec l'espèce titrée, sinon le volume versé ne mesure plus la seule quantité d'acide citrique) et TOTALE (le réactif limitant disparaît entièrement, ce qui fonde la relation à l'équivalence). Les termes à retenir sont donc : rapide, unique, totale.

Q.11. Le Schweppes est une eau gazéifiée : il contient du dioxyde de carbone dissous, CO2,H2O(aq)\mathrm{CO_{2},H_{2}O(aq)}, qui est l'acide du couple CO2,H2O(aq)/HCO3−(aq)\mathrm{CO_{2},H_{2}O(aq)/HCO_{3}^{-}(aq)} (et l'ion HCO3−\mathrm{HCO_{3}^{-}} formé est lui-même l'acide du couple suivant). Si on ne le retire pas, il réagit lui aussi avec les ions hydroxyde versés, par exemple CO2,H2O(aq)+HO−(aq)→HCO3−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{CO_{2},H_{2}O(aq)+HO^{-}(aq)\rightarrow HCO_{3}^{-}(aq)+H_{2}O(\ell)}.

La réaction de titrage ne serait alors plus unique : une partie de la soude servirait à neutraliser le dioxyde de carbone, le volume équivalent serait trop grand et la concentration en acide citrique SURESTIMÉE. L'agitation prolongée chasse le gaz dissous hors de la solution, ce qui ne laisse à titrer que l'acide citrique, l'acidifiant principal de la boisson (E330).

Q.12. Repérage de l'équivalence par la méthode de la dérivée : le volume équivalent est l'abscisse du maximum de dpHdV\dfrac{\mathrm{dpH}}{\mathrm{d}V}, qui correspond au point d'inflexion du saut de pH. Le pic de la courbe dérivée est unique et se lit à VE≈13,2V_{E}\approx 13{,}2 mL ; le pH vaut alors environ 88. (La méthode des tangentes parallèles donne la même valeur.)

Relation à l'équivalence : les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation AH3+3 HO−→A3−+3 H2O\mathrm{AH_{3}+3\,HO^{-}\rightarrow A^{3-}+3\,H_{2}O}, soit n(AH3)initial=n(HO−)verseˊ3n(\mathrm{AH_{3}})_{\text{initial}}=\dfrac{n(\mathrm{HO^{-}})_{\text{versé}}}{3}, donc CA×VA=CB×VE3C_{A}\times V_{A}=\dfrac{C_{B}\times V_{E}}{3}.

CA=CB×VE3 VA=0,100×13,23×20,0=2,20×10−2 mol⋅L−1C_{A}=\dfrac{C_{B}\times V_{E}}{3\,V_{A}}=\dfrac{0{,}100\times 13{,}2}{3\times 20{,}0}=2{,}20\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, que la précision de lecture du volume équivalent (à 0,20{,}2 mL près environ) invite à écrire CA≈2,2×10−2 mol⋅L−1C_{A}\approx 2{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

Le piège de la question est le facteur 33 : l'acide citrique est un TRIACIDE, une mole d'acide consomme trois moles d'ions hydroxyde. Écrire CAVA=CBVEC_{A}V_{A}=C_{B}V_{E} donnerait 6,6×10−2 mol⋅L−16{,}6\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, trois fois trop. Les trois acidités sont titrées ensemble : la courbe ne présente qu'un seul saut, parce que les trois pKA\mathrm{p}K_{A} de l'acide citrique sont trop proches pour donner trois sauts séparés.

Q.13. CA=2,2×10−2 mol⋅L−1C_{A}=2{,}2\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} est inférieure à la concentration maximale admissible 7,8×10−2 mol⋅L−17{,}8\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, environ 3,53{,}5 fois plus petite (7,8×10−22,2×10−2≈3,5\dfrac{7{,}8\times 10^{-2}}{2{,}2\times 10^{-2}}\approx 3{,}5). La teneur en acide citrique du Schweppes est conforme à la réglementation, même si la boisson reste acide (pH initial voisin de 2,32{,}3 sur la courbe).

Q.14. Un indicateur coloré convient si son changement de couleur se produit dans le saut de pH, au voisinage de l'équivalence. Sous UV, la quinine change de « couleur » deux fois : du bleu au violet à pH=pKA1=4,4\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A1}=4{,}4, et du violet à l'extinction de la fluorescence à pH=pKA2=9,0\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A2}=9{,}0.

Sur la courbe de titrage, le pH franchit 4,44{,}4 vers V≈6V\approx 6 mL, loin avant l'équivalence : ce premier changement ne signale rien d'utile, et un opérateur qui s'arrêterait là trouverait un volume deux fois trop petit. En revanche, le saut de pH s'étend d'environ 12,512{,}5 mL à 1414 mL, du pH 6,56{,}5 environ au pH 9,59{,}5, et le pH 9,09{,}0 y est atteint vers 13,413{,}4 mL, à 0,20{,}2 mL de VE=13,2V_{E}=13{,}2 mL : la disparition de la fluorescence violette repère l'équivalence avec un écart relatif de l'ordre de 22 %, comparable à la précision de la lecture.

Conclusion : oui, la quinine déjà présente dans le Schweppes peut servir d'indicateur de fin de titrage sous UV, à condition de guetter la DISPARITION de la fluorescence violette (passage dans la zone 3) et non le passage du bleu au violet. Vérification de la condition d'un indicateur, être en quantité négligeable : la quinine titrée consomme au plus 2×2,2×10−4×20,0×10−3=8,8×10−62\times 2{,}2\times 10^{-4}\times 20{,}0\times 10^{-3}=8{,}8\times 10^{-6} mol d'ions hydroxyde, contre 1,32×10−31{,}32\times 10^{-3} mol pour l'acide citrique, moins de 11 %.

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Exercice 2 : Combustible MOX pour limiter les déchets nucléaires

5 points La décroissance radioactive : demi-vie, activité et datationRésolution de problème et exploitation de documents

Le combustible utilisé dans les réacteurs nucléaires est de l'uranium enrichi. Après trois ou quatre ans d'utilisation en moyenne, ce combustible est retiré du réacteur. 95% de ce combustible usé est de l'uranium qui peut faire l'objet d'un nouvel enrichissement en vue de la fabrication d'un nouveau combustible. Une autre partie (1%) est du plutonium qui peut être utilisé dans la fabrication d'un autre combustible appelé MOX. Les 4% restant sont les produits de fissions et les actinides mineurs et constituent des déchets ultimes.
Source : d'après l'ANDRA « 6 questions pour mieux comprendre la gestion des déchets radioactifs à haute activité »

Le combustible MOX est un combustible nucléaire constitué de plutonium 239 et d'uranium appauvri retirés des réacteurs nucléaires après une première utilisation. Cela participe au recyclage des déchets nucléaires. La moitié des réacteurs nucléaires français utilise en partie du combustible MOX. Les futurs réacteurs pourront utiliser 100 % de MOX.
Source : d'après Wikipédia

L'objectif de cet exercice est d'étudier l'intérêt du combustible MOX.

Données :
- L'âge de la Terre est estimé à 4,5 milliards d'années ;
- Masse molaire du plutonium 239 : 239 g⋅mol−1239\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
- Nombre d'Avogadro : NA=6,02×1023 mol−1N_{A}=6{,}02\times 10^{23}\ \mathrm{mol^{-1}} ;
- Temps de demi-vie t1/2t_{1/2} de différents noyaux radioactifs (Tableau 1) :

ÉlémentsNoyaux radioactifsDemi-vie (t1/2t_{1/2})
Uranium 92238U\mathrm{^{238}_{\ 92}U}4,5×1094{,}5\times 10^{9} ans
Uranium 92235U\mathrm{^{235}_{\ 92}U}7,04×1087{,}04\times 10^{8} ans
Plutonium 94239Pu\mathrm{^{239}_{\ 94}Pu}24 110 ans
Neptunium 93235Np\mathrm{^{235}_{\ 93}Np}396 jours
Baryum 56140Ba\mathrm{^{140}_{\ 56}Ba}12,8 jours
Plutonium 94235Pu\mathrm{^{235}_{\ 94}Pu}25 min
Krypton3693Kr\mathrm{^{93}_{36}Kr}1,3 s
Tableau 1. Temps de demi-vie de différents noyaux radioactifs (tableau transposé)
  • Q.1. Donner la composition du noyau d'uranium 235.
  • Q.2. Indiquer, en justifiant la réponse, le ou les noyau(x) radioactif(s) isotope(s) de l'uranium 235 parmi ceux présentés dans le tableau 1.
  • Q.3. Expliquer pourquoi l'uranium 238 est toujours présent à l'état naturel depuis l'origine de la Terre, contrairement au plutonium 239.
  • L'équation de la réaction de la fission du noyau d'uranium 235, percuté par un neutron, en krypton 93, en baryum 140 et en neutrons, noté 01n\mathrm{^{1}_{0}n}, s'écrit :
  •  92235U+01n→3693Kr+ 56140Ba+3 01n\mathrm{^{235}_{\ 92}U+{}^{1}_{0}n\rightarrow {}^{93}_{36}Kr+{}^{140}_{\ 56}Ba+3\,{}^{1}_{0}n}
  • Q.4. Expliquer en quoi ce type de réaction nucléaire peut être qualifié de réaction en chaîne.
  • Quant à lui, le plutonium 239 contenu dans le combustible usé est issu des noyaux d'uranium 238 qui, par capture d'un neutron, peuvent se transformer en uranium 239. L'uranium 239 peut ensuite subir deux désintégrations β−\beta^{-} successives conduisant au plutonium 239.
  • Extrait du diagramme N/Z en neuf cases, nombre de masse en haut, numéro atomique en bas et type de radioactivité en bas à droite. Ligne du haut : uranium 239 (Z = 92) bêta moins, neptunium 240 (Z = 93) bêta moins, plutonium 241 (Z = 94) bêta moins. Ligne du milieu : uranium 238 alpha, neptunium 239 bêta moins, plutonium 240 alpha. Ligne du bas : uranium 237 bêta moins, neptunium 238 bêta moins, plutonium 239 alpha.
    Document 1. Extrait du diagramme N/Z indiquant le type de radioactivité des radionucléides
  • Q.5. Écrire, à l'aide du diagramme N/Z du document 1, les trois équations des réactions successives permettant de passer de l'uranium 238 au plutonium 239 puis donner le nom de la particule émise lors d'une désintégration β−\beta^{-}.
  • Le plutonium 239 se désintègre suivant l'équation :
  •  94239Pu→ 92235U+24He\mathrm{^{239}_{\ 94}Pu\rightarrow {}^{235}_{\ 92}U+{}^{4}_{2}He}
  • Q.6. Indiquer à quel type de radioactivité correspond cette désintégration.
  • On donne la loi de décroissance radioactive : N(t)=N0⋅e−λtN(t)=N_{0}\cdot e^{-\lambda t} où N0N_{0} est le nombre de noyaux à l'instant t=0t=0 s et λ\lambda est la constante radioactive du noyau radioactif considéré.
  • Q.7. Établir l'expression de la constante radioactive λ\lambda en fonction du temps de demi-vie t1/2t_{1/2}. En déduire que la valeur de la constante radioactive du plutonium 239 est 9,1×10−13 s−19{,}1\times 10^{-13}\ \mathrm{s^{-1}}.
  • Données :
    - L'activité AA d'un échantillon radioactif est le nombre de désintégrations par seconde (en becquerel (Bq), avec 1 Bq=1 s−11\ \mathrm{Bq}=1\ \mathrm{s^{-1}}) et elle est liée au nombre NN de noyaux radioactifs présents dans l'échantillon par la relation : A(t)=λ⋅N(t)A(t)=\lambda\cdot N(t).
    - Classification des déchets radioactifs (Tableau 2) :
  • Tableau de classification des déchets radioactifs. En colonnes, le temps de demi-vie : vie très courte (moins de 100 jours), vie courte (31 ans au plus), vie longue (plus de 31 ans). En lignes, l'activité massique : très faible activité TFA (moins de 100 Bq par gramme), faible activité FA (moins de 10⁵ Bq/g), moyenne activité MA (moins de 10⁶ Bq/g), haute activité HA (plus de 10⁶ Bq/g). Vie très courte, toutes activités : gestion par décroissance radioactive sur le site de production puis évacuation dans les filières conventionnelles. TFA à vie courte ou longue : stockage de surface au CIRES. FA et MA à vie courte : stockage de surface au centre de stockage de l'Aube. FA à vie longue : stockage de faible profondeur, à l'étude. HA à vie courte ou longue : pas encore de filière opérationnelle, stockage réversible profond à l'étude.
    Tableau 2. Classification des déchets radioactifs, d'après andra.fr. * L'activité massique est l'activité rapporté à 1 g d'échantillon
  • Q.8. Montrer, à l'aide du tableau 2, l'intérêt du MOX, en analysant comment sont gérés à l'heure actuelle les déchets de la catégorie à laquelle appartient le plutonium 239.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter sa démarche. Toute démarche pertinente, même non aboutie, sera valorisée.

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Q.1
Q.2
Q.3
Q.5
Q.6
Q.8
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Réponses

  • Q.1 9292 protons et 235−92=143235-92=143 neutrons
  • Q.2 L'uranium 238 seul (même Z=92Z=92) ; neptunium 235 et plutonium 235 n'ont que le même AA
  • Q.3 Une seule demi-vie pour 238U\mathrm{^{238}U} (la moitié reste) ; 1,9×1051{,}9\times 10^{5} demi-vies pour 239Pu\mathrm{^{239}Pu} (il ne reste rien)
  • Q.4 Un neutron absorbé, trois libérés : chacun peut provoquer une nouvelle fission
  • Q.5  92238U+01n→ 92239U\mathrm{^{238}_{\ 92}U+{}^{1}_{0}n\rightarrow{}^{239}_{\ 92}U},  92239U→ 93239Np+−1 0e\mathrm{^{239}_{\ 92}U\rightarrow{}^{239}_{\ 93}Np+{}^{\ 0}_{-1}e},  93239Np→ 94239Pu+−1 0e\mathrm{^{239}_{\ 93}Np\rightarrow{}^{239}_{\ 94}Pu+{}^{\ 0}_{-1}e} ; particule : un électron
  • Q.6 Radioactivité α\alpha
  • Q.7 λ=ln⁡2t1/2=ln⁡27,61×1011 s=9,1×10−13 s−1\lambda=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=\dfrac{\ln 2}{7{,}61\times 10^{11}\ \mathrm{s}}=9{,}1\times 10^{-13}\ \mathrm{s^{-1}}
  • Q.8 2,3×109 Bq⋅g−12{,}3\times 10^{9}\ \mathrm{Bq\cdot g^{-1}} et t1/2>31t_{1/2}>31 ans : HA à vie longue, sans filière ; le MOX consomme ce plutonium par fission

Q.1. Le noyau d'uranium 235 se note  92235U\mathrm{^{235}_{\ 92}U} : son numéro atomique Z=92Z=92 est le nombre de protons et son nombre de masse A=235A=235 le nombre de nucléons. Il contient donc 9292 protons et N=A−Z=235−92=143N=A-Z=235-92=143 neutrons.

Q.2. Deux noyaux sont isotopes s'ils ont le même nombre de protons ZZ mais des nombres de neutrons, donc de nucléons, différents. Dans le tableau 1, le seul noyau autre que l'uranium 235 qui a Z=92Z=92 est l'uranium 238,  92238U\mathrm{^{238}_{\ 92}U}, avec 238−92=146238-92=146 neutrons : c'est le seul isotope de l'uranium 235 du tableau.

Le piège est dans les deux noyaux de nombre de masse 235235 : le neptunium 235 (Z=93Z=93) et le plutonium 235 (Z=94Z=94) ont le même nombre de NUCLÉONS que l'uranium 235, mais pas le même nombre de protons. Ce ne sont pas des isotopes de l'uranium, ce sont d'autres éléments chimiques.

Q.3. On compare l'âge de la Terre, 4,5×1094{,}5\times 10^{9} ans, au temps de demi-vie de chaque noyau : au bout de chaque durée t1/2t_{1/2}, le nombre de noyaux radioactifs d'un échantillon est divisé par deux.

Pour l'uranium 238, t1/2=4,5×109t_{1/2}=4{,}5\times 10^{9} ans est égal à l'âge de la Terre : une seule demi-vie s'est écoulée depuis sa formation, et la moitié des noyaux d'uranium 238 initialement présents existe encore. Pour le plutonium 239, t1/2=24 110t_{1/2}=24\,110 ans : depuis la formation de la Terre, il s'est écoulé 4,5×10924 110≈1,9×105\dfrac{4{,}5\times 10^{9}}{24\,110}\approx 1{,}9\times 10^{5} demi-vies. Le nombre de noyaux a été divisé par 2187 0002^{187\,000} environ, un nombre astronomique : il ne reste plus un seul noyau de plutonium 239 originel. Le plutonium 239 présent aujourd'hui est fabriqué dans les réacteurs, comme le montre la suite de l'exercice.

Q.4. La fission d'un noyau d'uranium 235 est provoquée par UN neutron et en libère TROIS. Chacun de ces neutrons peut à son tour percuter un autre noyau d'uranium 235 et provoquer sa fission, qui libère de nouveau des neutrons, et ainsi de suite : une fission en déclenche plusieurs autres, le nombre de fissions peut croître de génération en génération. C'est ce qui définit une réaction en chaîne. Dans un réacteur, on la contrôle en absorbant les neutrons en excès (barres de contrôle) pour qu'en moyenne un seul neutron par fission provoque une nouvelle fission.

Q.5. Chaque équation respecte les lois de conservation de Soddy : conservation du nombre de masse AA et conservation du nombre de charge ZZ.

Capture d'un neutron :  92238U+01n→ 92239U\mathrm{^{238}_{\ 92}U+{}^{1}_{0}n\rightarrow {}^{239}_{\ 92}U} (masse 238+1=239238+1=239, charge 92+0=9292+0=92).

Première désintégration β−\beta^{-}, indiquée dans la case de l'uranium 239 du document 1 :  92239U→ 93239Np+−1 0e\mathrm{^{239}_{\ 92}U\rightarrow {}^{239}_{\ 93}Np+{}^{\ 0}_{-1}e} (masse 239=239+0239=239+0, charge 92=93−192=93-1).

Seconde désintégration β−\beta^{-}, indiquée dans la case du neptunium 239 :  93239Np→ 94239Pu+−1 0e\mathrm{^{239}_{\ 93}Np\rightarrow {}^{239}_{\ 94}Pu+{}^{\ 0}_{-1}e} (masse conservée, charge 93=94−193=94-1).

La particule émise lors d'une désintégration β−\beta^{-} est un ÉLECTRON, −1 0e\mathrm{^{\ 0}_{-1}e} (accompagné d'un antineutrino, que le programme n'exige pas d'écrire). Sur le diagramme N/Z, une désintégration β−\beta^{-} fait passer à la case voisine de droite sur la même ligne de AA : un neutron du noyau s'est transformé en proton, ZZ augmente de 11 et AA ne change pas. Erreur fréquente : écrire un positon 10e\mathrm{^{0}_{1}e}, qui est la particule de la radioactivité β+\beta^{+}.

Q.6. La particule émise est un noyau d'hélium 4, 24He\mathrm{^{4}_{2}He} : c'est une désintégration de type α\alpha, ce que confirme la case du plutonium 239 du document 1. Vérification par les lois de Soddy : 239=235+4239=235+4 et 94=92+294=92+2.

Q.7. Par définition, le temps de demi-vie est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents s'est désintégrée : N(t1/2)=N02N(t_{1/2})=\dfrac{N_{0}}{2}. Avec la loi de décroissance, N0 e−λt1/2=N02N_{0}\,e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{N_{0}}{2}, donc e−λt1/2=12e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{1}{2}. En prenant le logarithme népérien, −λ t1/2=ln⁡12=−ln⁡2-\lambda\,t_{1/2}=\ln\dfrac{1}{2}=-\ln 2, d'où λ=ln⁡2t1/2\lambda=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}.

La constante radioactive s'exprime en s−1\mathrm{s^{-1}} : il faut convertir la demi-vie en secondes. t1/2=24 110t_{1/2}=24\,110 ans =24 110×365,25×24×3 600 s=7,61×1011=24\,110\times 365{,}25\times 24\times 3\,600\ \mathrm{s}=7{,}61\times 10^{11} s. Donc λ=ln⁡27,61×1011=9,1×10−13 s−1\lambda=\dfrac{\ln 2}{7{,}61\times 10^{11}}=9{,}1\times 10^{-13}\ \mathrm{s^{-1}}, la valeur annoncée. (Avec des années de 365365 jours, t1/2=7,60×1011t_{1/2}=7{,}60\times 10^{11} s et λ=9,1×10−13 s−1\lambda=9{,}1\times 10^{-13}\ \mathrm{s^{-1}} aussi.) Erreur fréquente : calculer ln⁡224 110=2,9×10−5\dfrac{\ln 2}{24\,110}=2{,}9\times 10^{-5}, valeur juste mais en an−1\mathrm{an^{-1}}, qui ne permet pas de retrouver le résultat demandé.

Q.8. Démarche : placer le plutonium 239 dans le tableau 2, ce qui demande sa demi-vie, déjà connue, et son ACTIVITÉ MASSIQUE, à calculer pour un gramme de plutonium 239 ; puis lire comment sont gérés les déchets de cette catégorie.

Nombre de noyaux dans m=1m=1 g : N=mM×NA=1239×6,02×1023=2,52×1021N=\dfrac{m}{M}\times N_{A}=\dfrac{1}{239}\times 6{,}02\times 10^{23}=2{,}52\times 10^{21} noyaux. Activité de ce gramme : A=λ⋅N=9,1×10−13×2,52×1021=2,3×109A=\lambda\cdot N=9{,}1\times 10^{-13}\times 2{,}52\times 10^{21}=2{,}3\times 10^{9} Bq. L'activité massique du plutonium 239 vaut donc 2,3×109 Bq⋅g−12{,}3\times 10^{9}\ \mathrm{Bq\cdot g^{-1}}.

Classement : 2,3×109 Bq⋅g−1>106 Bq⋅g−12{,}3\times 10^{9}\ \mathrm{Bq\cdot g^{-1}}>10^{6}\ \mathrm{Bq\cdot g^{-1}}, c'est un déchet de HAUTE ACTIVITÉ (HA), plus de mille fois au-dessus du seuil ; et t1/2=24 110t_{1/2}=24\,110 ans >31>31 ans, c'est un déchet à VIE LONGUE. Le plutonium 239 appartient donc à la catégorie haute activité à vie longue, pour laquelle le tableau 2 indique : « Pas encore de filière opérationnelle (stockage réversible profond à l'étude) ». Autrement dit, on ne sait pas aujourd'hui où mettre définitivement ces déchets, qui resteront radioactifs pendant des centaines de milliers d'années (dix demi-vies représentent 241 100241\,100 ans, pour une activité divisée par environ mille seulement).

Intérêt du MOX : le plutonium 239 est fissile. En le mélangeant à de l'uranium appauvri pour fabriquer un nouveau combustible, on transforme un déchet de la pire catégorie, sans solution de stockage, en source d'énergie : une partie de ce plutonium est consommée par fission dans le réacteur au lieu d'attendre des centaines de milliers d'années dans un entreposage. On réduit ainsi le volume de déchets HA à vie longue à gérer, tout en économisant de l'uranium naturel. Les produits de fission cités dans l'énoncé, le baryum 140 (12,812{,}8 jours) et le krypton 93 (1,31{,}3 s), sont eux à vie très courte, gérés par simple décroissance sur site. Limite à garder en tête : le combustible MOX usé contient encore du plutonium et des actinides mineurs, le recyclage limite les déchets ultimes sans les supprimer.

Exercice 3 : Mostiglass, le vitrage moustiquaire rafraîchissant

6 points Modéliser l'écoulement d'un fluide : Archimède et BernoulliOndes, Doppler et interférencesMesure, incertitudes et chiffres significatifs

La Mostiglass® est un vitrage en polycarbonate qui s'installe facilement devant les ouvertures et permet de réguler la température de l'air entrant, tout en protégeant des nuisibles à la façon d'une moustiquaire.
Source : d'après mostiglass.fr

L'objectif de cet exercice est d'expliquer la baisse de la température de l'intérieur d'une habitation par effet Venturi.

  • 1. À la découverte de la Mostiglass®
  • La Mostiglass® est un vitrage transparent, perforé d'une multitude de fentes, comme l'indique la figure 1.
  • À droite, photo d'une porte-fenêtre équipée de la Mostiglass : un vitrage transparent percé de petites fentes horizontales alignées en rangées. À gauche, agrandissement d'une zone : des fentes oblongues disposées en rangées régulières ; pour l'une d'elles, L désigne sa longueur (horizontale) et ℓ sa largeur (verticale, la plus petite dimension).
    Figure 1
  • Pour mesurer précisément les dimensions des fentes de la Mostiglass®, on utilise la diffraction de la lumière.
  • Q.1. Donner une condition nécessaire à l'observation du phénomène de diffraction d'une onde lumineuse.
  • On réalise le montage suivant pour mesurer la largeur d'une fente de la Mostiglass® : un faisceau de lumière issu d'un laser de longueur d'onde λ\lambda, traverse une perforation de la Mostiglass® assimilée à une fente de largeur ℓ\ell.
  • Schéma vu du dessus : un laser de longueur d'onde 650 nm éclaire une fente de largeur ℓ ; à la distance D de la fente, un écran reçoit la figure de diffraction, une tache centrale de largeur d encadrée de petites taches latérales. L'angle θ est l'angle entre l'axe du faisceau et la direction qui joint la fente au bord de la tache centrale.
    Figure 2. Schéma du montage expérimental vu du dessus
  • Données :
    - Distance entre la fente et l'écran : D=3,00D=3{,}00 m avec u(D)=0,01u(D)=0{,}01 m ;
    - Longueur d'onde du laser utilisé : λ=650\lambda=650 nm ;
    - La mesure de la largeur de la tache centrale sur la figure de diffraction obtenue en éclairant une perforation est d=6,0d=6{,}0 mm avec u(d)=0,5u(d)=0{,}5 mm.
  • Q.2. Donner la relation entre l'angle de diffraction θ\theta, la longueur d'onde λ\lambda, et la largeur de la fente ℓ\ell.
  • Q.3. Établir, en utilisant l'approximation des petits angles tan⁡θ≈θ\tan\theta\approx\theta, la relation entre θ\theta, la distance DD entre la fente et l'écran, et dd, la largeur de la tache centrale de diffraction. En déduire la relation suivante : λℓ=d2D\dfrac{\lambda}{\ell}=\dfrac{d}{2D}
  • Q.4. En déduire la valeur de ℓ\ell, la largeur de la fente.
  • Données :
    - Pour décider si le résultat d'une mesure est en accord avec une valeur de référence, on utilise le quotient ∣x−xref∣u(x)\dfrac{|x-x_{\text{ref}}|}{u(x)} avec xx, la valeur mesurée ; xrefx_{\text{ref}} la valeur de référence et u(x)u(x), l'incertitude-type associée à la valeur mesurée xx ;
    - L'incertitude-type sur la largeur ℓ\ell peut être obtenue grâce à la relation : u(ℓ)=ℓ×(u(d)d)2+(u(D)D)2u(\ell)=\ell\times\sqrt{\left(\dfrac{u(d)}{d}\right)^{2}+\left(\dfrac{u(D)}{D}\right)^{2}}
  • Q.5. Calculer l'incertitude-type u(ℓ)u(\ell). Vérifier que le résultat de la mesure est compatible avec la valeur de référence ℓ=0,55\ell=0{,}55 mm.
  • 2. Étude de l'effet Venturi appliqué à la Mostiglass®
  • Les fentes présentes sur la Mostiglass® sont rétrécies : la surface d'entrée en contact avec l'air extérieur est supérieure à la surface de sortie en contact avec l'air intérieur. Ce rétrécissement est à l'origine de l'effet Venturi.
  • On réalise un montage (figure 3) dans lequel on injecte, à l'aide d'un sèche-cheveux, de l'air chaud dans un tunnel au centre duquel on place la Mostiglass®. Ce montage est schématisé figure 4.
  • On suit l'évolution de la température en fonction du temps dans le tunnel avant et après la Mostiglass® à l'aide de deux thermomètres reliés à une interface d'acquisition.
  • Schéma du tunnel : de l'air chaud entre par la gauche. Avant la plaque, l'air est caractérisé par T1, S0, v1, p0 ; après la plaque, par T2, S0, v2, p0. La plaque, au centre du tunnel (écrite « Mostigalss » sur le schéma), a une surface d'entrée A (SA, vA, pA) côté air chaud et une surface de sortie B (SB, vB, pB) côté intérieur.
    Figure 4. Schéma du montage
  • L'expérience est réalisée sans la Mostiglass®. Les courbes obtenues sont représentées en figure 5a. T1T_{1} est la température d'entrée dans le tunnel, T2T_{2} est la température en sortie du tunnel. Puis la Mostiglass® est insérée au centre du tunnel, les courbes obtenues sont représentées en figure 5b.
  • Sans la Mostiglass : températures T1 (carrés) et T2 (croix) en fonction du temps, de 0 à 500 s. Les deux partent de 23,2 °C, montent à partir de 35 s et se stabilisent ensemble : au-delà de 300 s, T1 vaut environ 31,2 °C et T2 environ 31,0 °C, les deux courbes presque confondues.
    Figure 5a
  • Avec la Mostiglass : T1 (carrés) monte de 23,2 °C à environ 32,0 °C, atteint vers 300 s ; T2 (croix) monte beaucoup plus lentement et se stabilise vers 26,9 °C au-delà de 350 s. L'écart entre les deux paliers est d'environ 5 °C.
    Figure 5b
  • Q.6. Évaluer la valeur de la différence de température en régime permanent dans les deux études et confirmer l'intérêt de la Mostiglass®.
  • Données :
    - La vitesse de l'air chaud à l'entrée du tunnel avant la Mostiglass®, a pour valeur v1=2,0 m⋅s−1v_{1}=2{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.
    - La masse volumique de l'air vaut 1,2 kg⋅m−31{,}2\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} ;
    - Le tunnel utilisé a une section carrée de surface S0=4,0×10−2 m2S_{0}=4{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{m^{2}} ;
    - Les fentes de la plaque de Mostiglass® utilisée n'ont pas la même dimension en entrée et en sortie, donc :
    • en entrée, en A : la surface ouverte est SA=1,8×10−3 m2S_{A}=1{,}8\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{2}} ;
    • en sortie, en B : la surface ouverte est SB=0,95×10−3 m2S_{B}=0{,}95\times 10^{-3}\ \mathrm{m^{2}} (Il y a un rétrécissement).
    - Expression du débit volumique DvD_{v} : Dv=v×SD_{v}=v\times S avec vv la vitesse d'écoulement du fluide et SS la section traversée par le fluide ;
    - Relation de Bernoulli pour l'écoulement d'un fluide parfait et incompressible en régime permanent entre deux points A et B situés sur une ligne d'écoulement horizontale :
    12×ρ×vA2+pA=12×ρ×vB2+pB\dfrac{1}{2}\times\rho\times v_{A}^{2}+p_{A}=\dfrac{1}{2}\times\rho\times v_{B}^{2}+p_{B}
    avec ρ\rho la masse volumique du fluide, vAv_{A} et vBv_{B} les vitesses d'écoulement en A et B et pAp_{A} et pBp_{B} les pressions en A et B ;
    - T(kelvin)=273+T(∘C)T(\text{kelvin})=273+T(^{\circ}\mathrm{C}).
    - La relation entre la variation de pression (en Pa) et la variation de température (en K) est donnée par l'expression suivante :
    ΔTT=ΔPP\dfrac{\Delta T}{T}=\dfrac{\Delta P}{P}
    - On prend comme référence la température à l'entrée de la Mostiglass® exprimée en kelvin et la pression pAp_{A} égale à 1,01×1051{,}01\times 10^{5} Pa.
  • On considère l'air comme un fluide parfait et incompressible en écoulement permanent.
  • Q.7. Justifier, à l'aide de la conservation du débit volumique, que v1v_{1}, la vitesse de l'air à l'entrée du tunnel, a la même valeur que v2v_{2}, celle à la sortie du tunnel.
  • Q.8. Calculer, à l'aide de la conservation du débit volumique, les valeurs des vitesses vAv_{A} et vBv_{B}, de l'air à l'entrée A et à la sortie B de la Mostiglass®.
  • L'effet Venturi se produit lors du passage d'un fluide dans une conduite dont la section diminue. Il provoque une chute de pression.
  • Q.9. Montrer, en utilisant la relation de Bernoulli, que la Mostiglass® provoque bien un effet Venturi et évaluer l'ordre de grandeur de la baisse de température pour la comparer à celle de l'expérience. Commenter.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter sa démarche. Toute démarche pertinente, même non aboutie, sera valorisée.

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Q.4
Q.5
Q.6
Q.8
Q.9
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Réponses

  • Q.1 Ouverture de dimension du même ordre de grandeur que λ\lambda, ou plus petite
  • Q.2 θ=λℓ\theta=\dfrac{\lambda}{\ell}, θ\theta en radians
  • Q.3 tan⁡θ=d/2D≈θ\tan\theta=\dfrac{d/2}{D}\approx\theta, donc λℓ=d2D\dfrac{\lambda}{\ell}=\dfrac{d}{2D}
  • Q.4 ℓ=2λDd=6,5×10−4\ell=\dfrac{2\lambda D}{d}=6{,}5\times 10^{-4} m =0,65=0{,}65 mm
  • Q.5 u(ℓ)=0,054u(\ell)=0{,}054 mm, arrondie à 0,060{,}06 mm ; quotient 1,8<21{,}8<2 : compatible
  • Q.6 Sans plaque ΔT≈0,2\Delta T\approx 0{,}2 °C ; avec plaque ΔT≈5\Delta T\approx 5 °C : la Mostiglass rafraîchit l'air
  • Q.7 Dv=v1S0=v2S0D_{v}=v_{1}S_{0}=v_{2}S_{0}, même section, donc v2=v1=2,0 m⋅s−1v_{2}=v_{1}=2{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q.8 Dv=8,0×10−2 m3⋅s−1D_{v}=8{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{m^{3}\cdot s^{-1}} ; vA=44 m⋅s−1v_{A}=44\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, vB=84 m⋅s−1v_{B}=84\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q.9 pB−pA=−3,1×103p_{B}-p_{A}=-3{,}1\times 10^{3} Pa : effet Venturi ; ΔT≈−9\Delta T\approx -9 K prévu contre −5-5 K mesuré, même ordre de grandeur

Q.1. Le phénomène de diffraction est d'autant plus marqué que la dimension de l'ouverture (ou de l'obstacle) est petite. Une condition nécessaire pour l'observer nettement : la largeur de l'ouverture doit être du même ordre de grandeur que la longueur d'onde, ou inférieure. En pratique, avec la lumière visible (λ\lambda de quelques centaines de nanomètres), on l'observe avec des ouvertures de quelques micromètres à quelques dixièmes de millimètre, ce qui est le cas des perforations de la Mostiglass, et la lumière doit être monochromatique et directive, d'où le laser, pour obtenir une figure exploitable.

Q.2. Pour une fente de largeur ℓ\ell éclairée par une onde de longueur d'onde λ\lambda, le demi-angle de diffraction, angle entre le centre de la tache centrale et sa première extinction, vaut θ=λℓ\theta=\dfrac{\lambda}{\ell}, avec θ\theta en radians, λ\lambda et ℓ\ell dans la même unité.

Q.3. Sur la figure 2, la fente, le centre de la tache et le bord de la tache forment un triangle rectangle : le côté adjacent à l'angle θ\theta est la distance DD fente-écran, le côté opposé est la DEMI-largeur de la tache centrale, d2\dfrac{d}{2}. Donc tan⁡θ=d/2D=d2D\tan\theta=\dfrac{d/2}{D}=\dfrac{d}{2D}.

L'angle est petit (d=6,0d=6{,}0 mm devant D=3,00D=3{,}00 m), donc tan⁡θ≈θ\tan\theta\approx\theta et θ=d2D\theta=\dfrac{d}{2D}. En égalant avec la relation de Q.2, θ=λℓ\theta=\dfrac{\lambda}{\ell}, on obtient λℓ=d2D\dfrac{\lambda}{\ell}=\dfrac{d}{2D}. Erreur fréquente : prendre dd au lieu de d/2d/2 pour le côté opposé ; dd est la largeur TOTALE de la tache, de part et d'autre de l'axe.

Q.4. De la relation précédente, ℓ=2 λ Dd\ell=\dfrac{2\,\lambda\, D}{d}. En unités SI : ℓ=2×650×10−9×3,006,0×10−3=6,5×10−4\ell=\dfrac{2\times 650\times 10^{-9}\times 3{,}00}{6{,}0\times 10^{-3}}=6{,}5\times 10^{-4} m, soit ℓ=0,65\ell=0{,}65 mm. On garde deux chiffres significatifs, comme dd, la donnée la moins précise.

Vérification de l'approximation : θ=d2D=6,0×10−36,00=1,0×10−3\theta=\dfrac{d}{2D}=\dfrac{6{,}0\times 10^{-3}}{6{,}00}=1{,}0\times 10^{-3} rad, bien petit devant 11. Erreur fréquente : laisser λ\lambda en nanomètres et dd en millimètres dans le même calcul.

Q.5. Les incertitudes relatives : u(d)d=0,56,0=8,3×10−2\dfrac{u(d)}{d}=\dfrac{0{,}5}{6{,}0}=8{,}3\times 10^{-2} et u(D)D=0,013,00=3,3×10−3\dfrac{u(D)}{D}=\dfrac{0{,}01}{3{,}00}=3{,}3\times 10^{-3}. Donc u(ℓ)=0,65×(8,3×10−2)2+(3,3×10−3)2=0,65×8,34×10−2=0,054u(\ell)=0{,}65\times\sqrt{(8{,}3\times 10^{-2})^{2}+(3{,}3\times 10^{-3})^{2}}=0{,}65\times 8{,}34\times 10^{-2}=0{,}054 mm, que l'on arrondit par excès à un chiffre significatif : u(ℓ)=0,06u(\ell)=0{,}06 mm. Le résultat s'écrit ℓ=(0,65±0,06)\ell=(0{,}65\pm 0{,}06) mm. Le terme dû à DD est négligeable : toute l'incertitude vient de la mesure de la tache.

Compatibilité avec la valeur de référence : ∣ℓ−ℓref∣u(ℓ)=∣0,65−0,55∣0,054=1,8\dfrac{|\ell-\ell_{\text{ref}}|}{u(\ell)}=\dfrac{|0{,}65-0{,}55|}{0{,}054}=1{,}8 (ou 1,71{,}7 avec u(ℓ)u(\ell) arrondi à 0,060{,}06 mm). Ce quotient est inférieur à 22 : le résultat de la mesure est compatible avec la valeur de référence 0,550{,}55 mm. L'écart de 0,100{,}10 mm s'explique surtout par la difficulté à repérer les bords d'une tache de 66 mm, dont la position est incertaine à 0,50{,}5 mm près.

Q.6. Le régime permanent est atteint quand les températures ne varient plus, au-delà de 300300 s environ sur les deux figures. Sans la Mostiglass (figure 5a), T1≈31,2T_{1}\approx 31{,}2 °C et T2≈31,0T_{2}\approx 31{,}0 °C : ΔT=T1−T2≈0,2\Delta T=T_{1}-T_{2}\approx 0{,}2 °C, un écart nul aux fluctuations de mesure près. L'air ne se refroidit pas en traversant le tunnel vide.

Avec la Mostiglass (figure 5b), T1≈32,0T_{1}\approx 32{,}0 °C et T2≈26,9T_{2}\approx 26{,}9 °C : ΔT=T1−T2≈5\Delta T=T_{1}-T_{2}\approx 5 °C. La plaque fait baisser la température de l'air qui la traverse d'environ 55 °C (soit 55 K), alors que le tunnel seul ne la modifie pas : c'est bien la Mostiglass qui rafraîchit l'air, ce qui confirme son intérêt. Erreur fréquente : lire les températures pendant la montée, avant 200200 s, où l'écart n'est pas encore stabilisé.

Q.7. L'air est un fluide incompressible en écoulement permanent : le débit volumique se conserve tout le long du tunnel, Dv=v1×S0=v2×S0D_{v}=v_{1}\times S_{0}=v_{2}\times S_{0}. Les sections d'entrée et de sortie du tunnel étant les mêmes, S0S_{0}, on en déduit v2=v1=2,0 m⋅s−1v_{2}=v_{1}=2{,}0\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Q.8. Débit volumique dans le tunnel : Dv=v1×S0=2,0×4,0×10−2=8,0×10−2 m3⋅s−1D_{v}=v_{1}\times S_{0}=2{,}0\times 4{,}0\times 10^{-2}=8{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{m^{3}\cdot s^{-1}}. Tout ce débit passe par les ouvertures de la plaque : Dv=vA×SA=vB×SBD_{v}=v_{A}\times S_{A}=v_{B}\times S_{B}.

vA=DvSA=8,0×10−21,8×10−3=44 m⋅s−1v_{A}=\dfrac{D_{v}}{S_{A}}=\dfrac{8{,}0\times 10^{-2}}{1{,}8\times 10^{-3}}=44\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} et vB=DvSB=8,0×10−20,95×10−3=84 m⋅s−1v_{B}=\dfrac{D_{v}}{S_{B}}=\dfrac{8{,}0\times 10^{-2}}{0{,}95\times 10^{-3}}=84\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. Vérification : vB>vAv_{B}>v_{A}, car SB<SAS_{B}<S_{A} ; la vitesse augmente là où la section diminue, dans le rapport SASB≈1,9\dfrac{S_{A}}{S_{B}}\approx 1{,}9. Le piège est de diviser par S0S_{0} ou d'oublier que l'air ne traverse la plaque que par ses ouvertures, de surface totale bien plus petite que celle du tunnel.

Q.9. Relation de Bernoulli entre A et B, sur une ligne de courant horizontale : pB−pA=12 ρ (vA2−vB2)p_{B}-p_{A}=\dfrac{1}{2}\,\rho\,(v_{A}^{2}-v_{B}^{2}). Comme vB>vAv_{B}>v_{A}, cette différence est NÉGATIVE : la pression diminue entre l'entrée et la sortie de la plaque. Le passage dans une section qui se rétrécit accélère l'air et fait chuter sa pression : c'est l'effet Venturi.

Valeur : ΔP=pB−pA=12×1,2×(44,42−84,22)=0,60×(1 975−7 091)=−3,1×103\Delta P=p_{B}-p_{A}=\dfrac{1}{2}\times 1{,}2\times(44{,}4^{2}-84{,}2^{2})=0{,}60\times(1\,975-7\,091)=-3{,}1\times 10^{3} Pa, calcul mené avec les vitesses non arrondies. La pression en sortie vaut donc pB≈1,01×105−3,1×103=9,8×104p_{B}\approx 1{,}01\times 10^{5}-3{,}1\times 10^{3}=9{,}8\times 10^{4} Pa, une chute d'environ 33 %.

Baisse de température : la référence est la température à l'entrée de la plaque, T1≈32T_{1}\approx 32 °C au régime permanent, soit T=273+32=305T=273+32=305 K, et P=pA=1,01×105P=p_{A}=1{,}01\times 10^{5} Pa. Alors ΔT=T×ΔPP=305×−3,07×1031,01×105=−9,3\Delta T=T\times\dfrac{\Delta P}{P}=305\times\dfrac{-3{,}07\times 10^{3}}{1{,}01\times 10^{5}}=-9{,}3 K. Le modèle prévoit une baisse de température de l'ordre de 1010 K ; l'expérience donne environ 55 K.

Commentaire : les deux valeurs sont du même ordre de grandeur, quelques kelvins, et vont dans le même sens, donc l'effet Venturi explique bien le rafraîchissement observé. Le modèle surestime la baisse d'un facteur 22 environ, ce qu'on attend de ses hypothèses : l'air réel n'est pas un fluide parfait (frottements et turbulences dans les fentes dissipent de l'énergie, et la chute de pression réelle est plus faible), la relation ΔTT=ΔPP\dfrac{\Delta T}{T}=\dfrac{\Delta P}{P} est une modélisation simplifiée, l'air reçoit de l'énergie thermique des parois du tunnel et de la plaque, et le thermomètre de sortie mesure T2T_{2} dans le tunnel, loin du point B où la chute de pression est maximale. Erreur fréquente : utiliser la température en degrés Celsius dans ΔTT\dfrac{\Delta T}{T}, ce qui donnerait 11 K au lieu de 99 K ; la relation exige la température absolue.

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