Exercice 1 : Installation sanitaire
11 points Transferts thermiquesModéliser l'écoulement d'un fluide : Archimède et BernoulliRésolution de problème et exploitation de documents
Pour réduire sa consommation en énergies fossiles et voir sa facture allégée, un couple, nouvellement propriétaire, souhaite investir dans une installation utilisant l'énergie solaire pour chauffer l'eau de son logement. Pour cela, une restructuration de l'ensemble de l'installation sanitaire de la maison est nécessaire.
Dans la première partie de cet exercice, on s'intéresse aux transferts thermiques permettant le chauffage de l'eau à partir de panneaux solaires thermiques. Puis on étudie l'éventualité de l'installation d'un surpresseur pour une bonne distribution de l'eau chaude.
- Partie 1 : Chauffage de l'eau
- Pour limiter la consommation d'énergie électrique, les nouveaux propriétaires ont installé un panneau solaire thermique relié à un cumulus. La figure 1 ci-dessous représente un schéma du dispositif complet.
Figure 1 : Schéma du dispositif. D'après https://www.otovo.fr/blog/le-solaire-et-vous/chauffe-eau-solaire - Q1- Identifier le mode de transfert thermique qui intervient :
- Q1.a. au niveau du panneau solaire thermique.
- Q1.b. entre le fluide caloporteur chaud et l'eau sanitaire du cumulus.
- Q1.c. dans le cumulus entre l'eau chaude en bas et l'eau froide en haut.
- Afin de limiter les pertes thermiques, le panneau solaire contient un isolant intercalé entre le fluide caloporteur, chauffé par le Soleil, et la structure basse du panneau (figure 2). Cette couche isolante est composée soit d'une résine de mélamine, soit d'une mousse de polyuréthane rigide.
Figure 2 : Schéma de la structure du panneau solaire - Données :
• conductivités thermiques de matériaux, en : Résine de mélamine Mousse de polyuréthane rigide 0,033 0,025 Conductivités thermiques de matériaux, en - • la résistance thermique de l'isolant a pour expression où est l'épaisseur de l'isolant en m, est sa surface en et est sa conductivité thermique en ;
• le flux thermique à travers l'isolant a pour expression où est la différence de température entre les parties supérieure et inférieure de l'isolant (figure 2). - Q2. Calculer la valeur de la résistance thermique d'un isolant en résine de mélamine d'épaisseur cm pour un panneau solaire de surface .
- Q3. Sachant que la structure basse du panneau a une température °C et que le fluide caloporteur a une température °C, déterminer la valeur du flux thermique traversant l'isolant en résine de mélamine.
- Q4. Indiquer, en justifiant, le sens du transfert thermique entre la structure basse du panneau et le fluide caloporteur.
- Q5. Comparer, en justifiant sans calcul, la valeur du flux thermique calculée précédemment et celle du flux thermique qui traverserait le même dispositif pour un isolant en mousse de polyuréthane rigide. Commenter le choix de l'isolant.
- Le cumulus de volume L est le siège d'un transfert thermique qui permet de chauffer l'eau stockée. L'eau contenue dans le cumulus est considérée comme un système immobile, incompressible et parfaitement isolé thermiquement.
- Données :
• capacité thermique massique de l'eau : ;
• masse volumique de l'eau : ;
• relation entre puissance thermique (en W), transfert thermique (en J) et durée du transfert thermique (en s) : ;
• expression du rendement d'un convertisseur : . - Q6. Donner l'expression de la variation d'énergie interne de l'eau contenue dans le cumulus en fonction de la capacité thermique massique , du volume , de la masse volumique , des températures initiale et finale de l'eau.
- Q7. En déduire l'expression du transfert thermique en appliquant le premier principe de la thermodynamique.
- Le panneau solaire thermique de surface reçoit une puissance radiative surfacique . Le rendement du chauffe-eau solaire installé est de 77 %.
- Q8. Calculer la valeur de la puissance thermique fournie par le chauffe-eau solaire.
- Q9. Déterminer la valeur de la durée , en heures, nécessaire pour que l'eau du cumulus passe d'une température initiale °C à une température finale °C. Commenter.
- Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
- Partie 2 : Surpresseur
- Pour obtenir une pression de l'eau confortable aux robinets situés à l'étage, il est parfois conseillé d'utiliser un surpresseur. Ce dispositif est monté à l'entrée de l'installation si la pression de l'eau distribuée est inférieure à 2,0 bar.
- Données :
• intensité de la pesanteur : ;
• masse volumique de l'eau : ;
• conversion : 1,0 bar Pa ;
• expression du débit volumique : où est la vitesse d'écoulement de l'eau (en ) et est la section du tube d'écoulement (en ) ;
• on considère que la relation de Bernoulli peut s'appliquer le long d'une ligne de courant d'un fluide incompressible en écoulement permanent indépendant du temps. Elle s'écrit : . - Le tableau suivant définit et et donne les caractéristiques du logement.
Caractéristiques de l'installation sanitaire du logement Entrée du cumulus Robinet à l'étage Altitude (en m) 0,0 5,0 Section (en ) Pression (en Pa) Vitesse d'écoulement (en ) 1,0 - L'eau est considérée comme un fluide incompressible en écoulement permanent indépendant du temps.
- Q10. Indiquer, en justifiant, la relation entre les débits volumiques à l'entrée du cumulus et au robinet à l'étage.
- Q11. En déduire que la vitesse de l'eau au robinet à l'étage a pour valeur .
- Q12. Déterminer la valeur de la pression de l'eau à la sortie du robinet à l'étage en appliquant la relation de Bernoulli.
- Q13. Indiquer si un surpresseur est nécessaire à l'entrée de l'installation sanitaire du logement nouvellement acheté par le couple.
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Réponses
- Q1.a Rayonnement
- Q1.b Conduction (à travers la paroi du serpentin)
- Q1.c Convection
- Q2
- Q3 W
- Q4 Du fluide caloporteur (45 °C) vers la structure basse (20 °C)
- Q5 plus faible, plus grande : flux plus faible, la mousse de polyuréthane isole mieux
- Q6
- Q7 donc
- Q8 W
- Q9 J, s h, durée réelle plus longue (ensoleillement variable, pertes)
- Q10 (conservation du débit volumique)
- Q11
- Q12 Pa (2,5 bar)
- Q13 Non : 3,0 bar à l'entrée et 2,5 bar à l'étage, plus de 2,0 bar
Q1.a. Le panneau reçoit l'énergie du Soleil par rayonnement : un transfert porté par des ondes électromagnétiques, qui n'a besoin d'aucun support matériel et qui est donc le seul possible à travers le vide qui sépare le Soleil de la Terre. Le panneau absorbe ce rayonnement et sa température monte, ce qui chauffe le fluide caloporteur.
Q1.b. Le fluide caloporteur chaud circule dans un serpentin plongé dans le bas du cumulus (figure 1) : il ne se mélange jamais à l'eau sanitaire. L'énergie traverse la paroi métallique du serpentin de proche en proche, sans déplacement de matière : c'est un transfert par conduction. Le serpentin joue le rôle d'échangeur thermique ; c'est précisément pour que la conduction soit efficace qu'il est long, enroulé et métallique.
Q1.c. Dans le cumulus, l'eau chauffée en bas par le serpentin devient moins dense et monte, tandis que l'eau froide du haut, plus dense, descend : des courants se forment et transportent l'énergie avec la matière. C'est un transfert par convection, mode propre aux fluides. C'est aussi pourquoi l'eau chaude est puisée en haut du cumulus et l'eau froide arrive en bas.
Erreur fréquente : confondre conduction et convection. La question à se poser est « la matière se déplace-t-elle ? » : non à travers la paroi du serpentin (conduction), oui dans l'eau du cumulus (convection).
Q2. On applique l'expression donnée, l'épaisseur étant convertie en mètres : m.
(valeur non arrondie ). Unité : . Deux chiffres significatifs, comme et .
Erreur fréquente : laisser en centimètres, ce qui donne , cent fois trop.
Q3. L'écart de température entre les deux faces de l'isolant vaut °C, soit aussi K : une DIFFÉRENCE de températures a la même valeur en degrés Celsius et en kelvins, il n'y a rien à convertir.
W (82,5 W avant arrondi). Vérification par l'expression développée : W, la même valeur. Ce flux est perdu par le fluide : c'est une fuite d'énergie que l'isolant limite sans la supprimer.
Q4. Un transfert thermique s'effectue spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid. Le fluide caloporteur, à °C, est plus chaud que la structure basse, à °C : le transfert thermique va du fluide caloporteur vers la structure basse du panneau, à travers l'isolant. C'est bien une perte pour le fluide, ce qui justifie la présence de l'isolant.
Q5. La résistance thermique est inversement proportionnelle à la conductivité . Avec la même épaisseur, la même surface et le même écart de température, la mousse de polyuréthane, de conductivité plus faible (), a une résistance thermique plus grande, donc laisse passer un flux plus faible.
Commentaire : la mousse de polyuréthane rigide isole mieux, les pertes du fluide caloporteur sont réduites ; c'est le choix à privilégier, toutes choses égales par ailleurs. Pour fixer les idées (la question ne le demande pas), le flux deviendrait W, environ un quart de moins.
Q6. Pour un système incompressible, la variation d'énergie interne s'écrit . La masse d'eau vaut , d'où . Avec en et en litres, le produit est bien en kilogrammes.
Q7. Premier principe de la thermodynamique pour un système immobile (énergie mécanique constante) : . L'eau est incompressible et ne reçoit aucun travail () ; elle est isolée thermiquement de l'extérieur, et le seul transfert qu'elle reçoit est le transfert thermique venu du serpentin. Donc . Si , : l'eau reçoit bien de l'énergie.
Q8. Le panneau reçoit la puissance radiative W. Le rendement donne la part de cette puissance que le chauffe-eau rend utile, sous forme thermique : W ( W avant arrondi), soit kW.
Erreur fréquente : écrire dans le calcul. Un rendement s'utilise sous forme décimale, , et il est forcément inférieur à 1 : la puissance utile est inférieure à la puissance reçue.
Q9. Démarche : l'énergie à fournir à l'eau est le transfert thermique de la Q7, et le chauffe-eau la fournit à la puissance de la Q8 ; la relation donne la durée.
Énergie nécessaire : J ( J, soit environ kWh).
Durée : s, et en heures h.
Commentaire : trois heures de plein soleil suffisent à porter les 150 L du cumulus de 10 °C à 50 °C, ce qui est compatible avec une journée ensoleillée : l'installation peut couvrir les besoins quotidiens en eau chaude du couple. Le résultat repose cependant sur des hypothèses optimistes. La puissance surfacique de 600 n'est pas constante : elle est plus faible le matin, le soir, en hiver et par temps couvert, et nulle la nuit. Le cumulus n'est pas parfaitement isolé et les canalisations perdent aussi de l'énergie. La durée réelle sera donc plus longue, et un appoint (résistance électrique) reste nécessaire certains jours.
Erreur fréquente : utiliser la puissance reçue, 3,0 kW, au lieu de la puissance thermique utile, ce qui sous-estime la durée de près d'un quart ; ou oublier la conversion des secondes en heures demandée par l'énoncé.
Q10. L'eau est un fluide incompressible en écoulement permanent : il n'y a ni accumulation ni création d'eau entre l'entrée du cumulus et le robinet, la conduite n'ayant pas d'autre sortie. Le volume d'eau qui entre par seconde est donc égal au volume qui sort par seconde : il y a conservation du débit volumique, .
Q11. Avec , la conservation du débit s'écrit , d'où (1,82 avant arrondi). Cohérence : la section du robinet est plus petite, l'eau y va plus vite.
Q12. On applique la relation de Bernoulli le long d'une ligne de courant, entre le point 1 (entrée du cumulus, m) et le point 2 (robinet à l'étage, m) : .
D'où .
Application numérique, avec : , soit Pa, c'est-à-dire bar.
Lecture du calcul : la montée de 5,0 m coûte presque 0,5 bar, alors que l'accélération de l'eau ne coûte que 0,01 bar ; c'est l'altitude qui fait baisser la pression à l'étage. Avec la valeur non arrondie , on trouve encore Pa.
Erreur fréquente : reprendre de la partie 1. Dans la relation de Bernoulli, toutes les grandeurs sont en unités SI, donc la masse volumique en .
Q13. Un surpresseur n'est utile que si la pression de l'eau distribuée est inférieure à 2,0 bar. À l'entrée de l'installation, elle vaut Pa, soit 3,0 bar, et même au robinet de l'étage, point le plus défavorable, elle vaut encore 2,5 bar : les deux valeurs dépassent 2,0 bar. Un surpresseur n'est pas nécessaire dans ce logement. Le modèle néglige les frottements dans les canalisations (pertes de charge), qui abaissent un peu la pression réelle, mais la marge de 0,5 bar au robinet le plus haut laisse de la place.
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