Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Asie jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Asie, jour 1

Épreuve du mercredi 11 juin 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Asie, jour 1 : l'épreuve du mercredi 11 juin 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 11 points sur une installation sanitaire, 5 points sur la pollution ammoniacale d'une rivière et 4 points sur l'arôme de poire. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 traverse deux chapitres de Terminale. D'abord les transferts thermiques : modes de transfert (rayonnement, conduction, convection), résistance thermique Rth=eλSR_{\text{th}}=\dfrac{e}{\lambda S} et flux thermique d'un isolant, premier principe de la thermodynamique ΔU=Q\Delta U=Q et rendement d'un chauffe-eau solaire, avec une question de résolution de problème sur la durée de chauffe du cumulus. Puis l'écoulement d'un fluide : conservation du débit volumique et relation de Bernoulli pour décider s'il faut un surpresseur. L'exercice 2 porte sur l'ion ammonium : acide de Brønsted, schéma de Lewis de l'ammoniac, diagramme de prédominance, dilution, titrage conductimétrique exploité par la loi de Kohlrausch et volume équivalent, puis concentration en masse comparée à la norme. L'exercice 3 étudie l'éthanoate de pentyle : isomères de constitution, nomenclature des esters, spectroscopie infrarouge, chauffage à reflux, quotient de réaction et critère d'évolution spontanée, avancement maximal, rendement et optimisation d'une estérification.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : la masse volumique de l'eau à reprendre en kg⋅m−3\mathrm{kg\cdot m^{-3}} dans la relation de Bernoulli (exercice 1, Q12) ; le rendement lu sur le plateau de la courbe, vers 45 min, et non à la fin des 30 min de chauffage du protocole, recoupé par K=4K=4 (exercice 3, Q8) ; la température et le catalyseur, qui accélèrent l'estérification sans en améliorer le rendement (exercice 3, Q9). Il montre aussi que la conclusion sur la pollution ne dépend ni de la lecture du volume équivalent ni de la convention, ion ammonium ou azote (exercice 2, Q8).

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Installation sanitaire

11 points Transferts thermiquesModéliser l'écoulement d'un fluide : Archimède et BernoulliRésolution de problème et exploitation de documents

Pour réduire sa consommation en énergies fossiles et voir sa facture allégée, un couple, nouvellement propriétaire, souhaite investir dans une installation utilisant l'énergie solaire pour chauffer l'eau de son logement. Pour cela, une restructuration de l'ensemble de l'installation sanitaire de la maison est nécessaire.

Dans la première partie de cet exercice, on s'intéresse aux transferts thermiques permettant le chauffage de l'eau à partir de panneaux solaires thermiques. Puis on étudie l'éventualité de l'installation d'un surpresseur pour une bonne distribution de l'eau chaude.

  • Partie 1 : Chauffage de l'eau
  • Pour limiter la consommation d'énergie électrique, les nouveaux propriétaires ont installé un panneau solaire thermique relié à un cumulus. La figure 1 ci-dessous représente un schéma du dispositif complet.
  • Schéma d'une maison : le Soleil éclaire un panneau solaire posé sur le toit. Le fluide caloporteur chaud descend du panneau jusqu'à un serpentin placé dans le bas du cumulus d'eau chaude, puis remonte froid vers le panneau. L'eau froide entre par le bas du cumulus et l'eau chaude sort par le haut.
    Figure 1 : Schéma du dispositif. D'après https://www.otovo.fr/blog/le-solaire-et-vous/chauffe-eau-solaire
  • Q1- Identifier le mode de transfert thermique qui intervient :
  • Q1.a. au niveau du panneau solaire thermique.
  • Q1.b. entre le fluide caloporteur chaud et l'eau sanitaire du cumulus.
  • Q1.c. dans le cumulus entre l'eau chaude en bas et l'eau froide en haut.
  • Afin de limiter les pertes thermiques, le panneau solaire contient un isolant intercalé entre le fluide caloporteur, chauffé par le Soleil, et la structure basse du panneau (figure 2). Cette couche isolante est composée soit d'une résine de mélamine, soit d'une mousse de polyuréthane rigide.
  • Coupe du panneau solaire en trois couches superposées : en haut le fluide caloporteur, au milieu la couche d'isolant, en bas la structure basse du panneau solaire.
    Figure 2 : Schéma de la structure du panneau solaire
  • Données :
    • conductivités thermiques λ\lambda de matériaux, en W⋅m−1⋅K−1\mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}} :
  • Résine de mélamineMousse de polyuréthane rigide
    0,0330,025
    Conductivités thermiques λ\lambda de matériaux, en W⋅m−1⋅K−1\mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}
  • • la résistance thermique de l'isolant a pour expression Rth=eλ×SR_{\text{th}}=\dfrac{e}{\lambda\times S} où ee est l'épaisseur de l'isolant en m, SS est sa surface en m2\mathrm{m^{2}} et λ\lambda est sa conductivité thermique en W⋅m−1⋅K−1\mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}} ;
    • le flux thermique à travers l'isolant a pour expression Φ=ΔθRth\Phi=\dfrac{\Delta\theta}{R_{th}} où Δθ\Delta\theta est la différence de température entre les parties supérieure et inférieure de l'isolant (figure 2).
  • Q2. Calculer la valeur de la résistance thermique RthR_{\text{th}} d'un isolant en résine de mélamine d'épaisseur e=5,0e=5{,}0 cm pour un panneau solaire de surface S=5,0 m2S=5{,}0\ \mathrm{m^{2}}.
  • Q3. Sachant que la structure basse du panneau a une température θp=20\theta_{p}=20 °C et que le fluide caloporteur a une température θc=45\theta_{c}=45 °C, déterminer la valeur du flux thermique Φ\Phi traversant l'isolant en résine de mélamine.
  • Q4. Indiquer, en justifiant, le sens du transfert thermique entre la structure basse du panneau et le fluide caloporteur.
  • Q5. Comparer, en justifiant sans calcul, la valeur du flux thermique calculée précédemment et celle du flux thermique qui traverserait le même dispositif pour un isolant en mousse de polyuréthane rigide. Commenter le choix de l'isolant.
  • Le cumulus de volume V=150V=150 L est le siège d'un transfert thermique QQ qui permet de chauffer l'eau stockée. L'eau contenue dans le cumulus est considérée comme un système immobile, incompressible et parfaitement isolé thermiquement.
  • Données :
    • capacité thermique massique de l'eau : ceau=4 180 J⋅kg−1⋅∘C−1c_{\text{eau}}=4\,180\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot {}^{\circ}C^{-1}} ;
    • masse volumique de l'eau : ρeau=1,00 kg⋅L−1\rho_{\text{eau}}=1{,}00\ \mathrm{kg\cdot L^{-1}} ;
    • relation entre puissance thermique PthP_{\text{th}} (en W), transfert thermique QQ (en J) et durée du transfert thermique Δt\Delta t (en s) : Q=Pth×ΔtQ=P_{\text{th}}\times\Delta t ;
    • expression du rendement rr d'un convertisseur : r=PutilePrec¸uer=\dfrac{P_{\text{utile}}}{P_{\text{reçue}}}.
  • Q6. Donner l'expression de la variation d'énergie interne ΔU\Delta U de l'eau contenue dans le cumulus en fonction de la capacité thermique massique ceauc_{\text{eau}}, du volume VV, de la masse volumique ρeau\rho_{\text{eau}}, des températures initiale θi\theta_{i} et finale θf\theta_{f} de l'eau.
  • Q7. En déduire l'expression du transfert thermique QQ en appliquant le premier principe de la thermodynamique.
  • Le panneau solaire thermique de surface S=5,0 m2S=5{,}0\ \mathrm{m^{2}} reçoit une puissance radiative surfacique pR=600 W⋅m−2p_{R}=600\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}. Le rendement du chauffe-eau solaire installé est de 77 %.
  • Q8. Calculer la valeur de la puissance thermique PthP_{\text{th}} fournie par le chauffe-eau solaire.
  • Q9. Déterminer la valeur de la durée Δt\Delta t, en heures, nécessaire pour que l'eau du cumulus passe d'une température initiale θi=10\theta_{i}=10 °C à une température finale θf=50\theta_{f}=50 °C. Commenter.
  • Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • Partie 2 : Surpresseur
  • Pour obtenir une pression de l'eau confortable aux robinets situés à l'étage, il est parfois conseillé d'utiliser un surpresseur. Ce dispositif est monté à l'entrée de l'installation si la pression de l'eau distribuée est inférieure à 2,0 bar.
  • Données :
    • intensité de la pesanteur : g=9,81 m⋅s−2g=9{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}} ;
    • masse volumique de l'eau : ρeau=1,00×103 kg⋅m−3\rho_{\text{eau}}=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} ;
    • conversion : 1,0 bar =1,0×105=1{,}0\times 10^{5} Pa ;
    • expression du débit volumique : D=v×SD=v\times S où vv est la vitesse d'écoulement de l'eau (en m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}}) et SS est la section du tube d'écoulement (en m2\mathrm{m^{2}}) ;
    • on considère que la relation de Bernoulli peut s'appliquer le long d'une ligne de courant d'un fluide incompressible en écoulement permanent indépendant du temps. Elle s'écrit : 12⋅ρeau⋅v2+ρeau⋅g⋅z+P=constante\dfrac{1}{2}\cdot\rho_{\text{eau}}\cdot v^{2}+\rho_{\text{eau}}\cdot g\cdot z+P=\text{constante}.
  • Le tableau suivant définit zz et PP et donne les caractéristiques du logement.
  • Caractéristiques de l'installation sanitaire du logementEntrée du cumulusRobinet à l'étage
    Altitude zz (en m)0,05,0
    Section SS (en m2\mathrm{m^{2}})2,0×10−42{,}0\times 10^{-4}1,1×10−41{,}1\times 10^{-4}
    Pression PP (en Pa)3,0×1053{,}0\times 10^{5}P2P_{2}
    Vitesse d'écoulement vv (en m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}})1,0v2v_{2}
  • L'eau est considérée comme un fluide incompressible en écoulement permanent indépendant du temps.
  • Q10. Indiquer, en justifiant, la relation entre les débits volumiques D1D_{1} à l'entrée du cumulus et D2D_{2} au robinet à l'étage.
  • Q11. En déduire que la vitesse de l'eau au robinet à l'étage a pour valeur v2=1,8 m⋅s−1v_{2}=1{,}8\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.
  • Q12. Déterminer la valeur de la pression de l'eau P2P_{2} à la sortie du robinet à l'étage en appliquant la relation de Bernoulli.
  • Q13. Indiquer si un surpresseur est nécessaire à l'entrée de l'installation sanitaire du logement nouvellement acheté par le couple.

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Q1.a
Q1.b
Q1.c
Q2
Q3
Q4
Q5
Q8
Q9
Q10
Q12
Q13
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Réponses

  • Q1.a Rayonnement
  • Q1.b Conduction (à travers la paroi du serpentin)
  • Q1.c Convection
  • Q2 Rth=5,0×10−20,033×5,0=0,30 K⋅W−1R_{\text{th}}=\dfrac{5{,}0\times 10^{-2}}{0{,}033\times 5{,}0}=0{,}30\ \mathrm{K\cdot W^{-1}}
  • Q3 Φ=250,303=83\Phi=\dfrac{25}{0{,}303}=83 W
  • Q4 Du fluide caloporteur (45 °C) vers la structure basse (20 °C)
  • Q5 λ\lambda plus faible, RthR_{\text{th}} plus grande : flux plus faible, la mousse de polyuréthane isole mieux
  • Q6 ΔU=ρeau V ceau (θf−θi)\Delta U=\rho_{\text{eau}}\,V\,c_{\text{eau}}\,(\theta_{f}-\theta_{i})
  • Q7 W=0W=0 donc Q=ΔU=ρeau V ceau (θf−θi)Q=\Delta U=\rho_{\text{eau}}\,V\,c_{\text{eau}}\,(\theta_{f}-\theta_{i})
  • Q8 Pth=0,77×600×5,0=2,3×103P_{\text{th}}=0{,}77\times 600\times 5{,}0=2{,}3\times 10^{3} W
  • Q9 Q=2,5×107Q=2{,}5\times 10^{7} J, Δt=1,09×104\Delta t=1{,}09\times 10^{4} s =3,0=3{,}0 h, durée réelle plus longue (ensoleillement variable, pertes)
  • Q10 D1=D2D_{1}=D_{2} (conservation du débit volumique)
  • Q11 v2=1,0×2,0×10−41,1×10−4=1,8 m⋅s−1v_{2}=1{,}0\times\dfrac{2{,}0\times 10^{-4}}{1{,}1\times 10^{-4}}=1{,}8\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q12 P2=2,5×105P_{2}=2{,}5\times 10^{5} Pa (2,5 bar)
  • Q13 Non : 3,0 bar à l'entrée et 2,5 bar à l'étage, plus de 2,0 bar

Q1.a. Le panneau reçoit l'énergie du Soleil par rayonnement : un transfert porté par des ondes électromagnétiques, qui n'a besoin d'aucun support matériel et qui est donc le seul possible à travers le vide qui sépare le Soleil de la Terre. Le panneau absorbe ce rayonnement et sa température monte, ce qui chauffe le fluide caloporteur.

Q1.b. Le fluide caloporteur chaud circule dans un serpentin plongé dans le bas du cumulus (figure 1) : il ne se mélange jamais à l'eau sanitaire. L'énergie traverse la paroi métallique du serpentin de proche en proche, sans déplacement de matière : c'est un transfert par conduction. Le serpentin joue le rôle d'échangeur thermique ; c'est précisément pour que la conduction soit efficace qu'il est long, enroulé et métallique.

Q1.c. Dans le cumulus, l'eau chauffée en bas par le serpentin devient moins dense et monte, tandis que l'eau froide du haut, plus dense, descend : des courants se forment et transportent l'énergie avec la matière. C'est un transfert par convection, mode propre aux fluides. C'est aussi pourquoi l'eau chaude est puisée en haut du cumulus et l'eau froide arrive en bas.

Erreur fréquente : confondre conduction et convection. La question à se poser est « la matière se déplace-t-elle ? » : non à travers la paroi du serpentin (conduction), oui dans l'eau du cumulus (convection).

Q2. On applique l'expression donnée, l'épaisseur étant convertie en mètres : e=5,0 cm=5,0×10−2e=5{,}0\ \text{cm}=5{,}0\times 10^{-2} m.

Rth=eλ×S=5,0×10−20,033×5,0=0,30 K⋅W−1R_{\text{th}}=\dfrac{e}{\lambda\times S}=\dfrac{5{,}0\times 10^{-2}}{0{,}033\times 5{,}0}=0{,}30\ \mathrm{K\cdot W^{-1}} (valeur non arrondie 0,3030{,}303). Unité : mW⋅m−1⋅K−1×m2=K⋅W−1\dfrac{\text{m}}{\mathrm{W\cdot m^{-1}\cdot K^{-1}}\times\mathrm{m^{2}}}=\mathrm{K\cdot W^{-1}}. Deux chiffres significatifs, comme ee et SS.

Erreur fréquente : laisser ee en centimètres, ce qui donne 30 K⋅W−130\ \mathrm{K\cdot W^{-1}}, cent fois trop.

Q3. L'écart de température entre les deux faces de l'isolant vaut Δθ=θc−θp=45−20=25\Delta\theta=\theta_{c}-\theta_{p}=45-20=25 °C, soit aussi 2525 K : une DIFFÉRENCE de températures a la même valeur en degrés Celsius et en kelvins, il n'y a rien à convertir.

Φ=ΔθRth=250,303=83\Phi=\dfrac{\Delta\theta}{R_{\text{th}}}=\dfrac{25}{0{,}303}=83 W (82,5 W avant arrondi). Vérification par l'expression développée : Φ=λS Δθe=0,033×5,0×255,0×10−2=82,5\Phi=\dfrac{\lambda S\,\Delta\theta}{e}=\dfrac{0{,}033\times 5{,}0\times 25}{5{,}0\times 10^{-2}}=82{,}5 W, la même valeur. Ce flux est perdu par le fluide : c'est une fuite d'énergie que l'isolant limite sans la supprimer.

Q4. Un transfert thermique s'effectue spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid. Le fluide caloporteur, à 4545 °C, est plus chaud que la structure basse, à 2020 °C : le transfert thermique va du fluide caloporteur vers la structure basse du panneau, à travers l'isolant. C'est bien une perte pour le fluide, ce qui justifie la présence de l'isolant.

Q5. La résistance thermique Rth=eλSR_{\text{th}}=\dfrac{e}{\lambda S} est inversement proportionnelle à la conductivité λ\lambda. Avec la même épaisseur, la même surface et le même écart de température, la mousse de polyuréthane, de conductivité plus faible (0,025<0,0330{,}025<0{,}033), a une résistance thermique plus grande, donc laisse passer un flux Φ=ΔθRth\Phi=\dfrac{\Delta\theta}{R_{\text{th}}} plus faible.

Commentaire : la mousse de polyuréthane rigide isole mieux, les pertes du fluide caloporteur sont réduites ; c'est le choix à privilégier, toutes choses égales par ailleurs. Pour fixer les idées (la question ne le demande pas), le flux deviendrait 82,5×0,0250,033=62,582{,}5\times\dfrac{0{,}025}{0{,}033}=62{,}5 W, environ un quart de moins.

Q6. Pour un système incompressible, la variation d'énergie interne s'écrit ΔU=m ceau (θf−θi)\Delta U=m\,c_{\text{eau}}\,(\theta_{f}-\theta_{i}). La masse d'eau vaut m=ρeau×Vm=\rho_{\text{eau}}\times V, d'où ΔU=ρeau×V×ceau×(θf−θi)\Delta U=\rho_{\text{eau}}\times V\times c_{\text{eau}}\times(\theta_{f}-\theta_{i}). Avec ρeau\rho_{\text{eau}} en kg⋅L−1\mathrm{kg\cdot L^{-1}} et VV en litres, le produit ρeauV\rho_{\text{eau}}V est bien en kilogrammes.

Q7. Premier principe de la thermodynamique pour un système immobile (énergie mécanique constante) : ΔU=W+Q\Delta U=W+Q. L'eau est incompressible et ne reçoit aucun travail (W=0W=0) ; elle est isolée thermiquement de l'extérieur, et le seul transfert qu'elle reçoit est le transfert thermique QQ venu du serpentin. Donc Q=ΔU=ρeau×V×ceau×(θf−θi)Q=\Delta U=\rho_{\text{eau}}\times V\times c_{\text{eau}}\times(\theta_{f}-\theta_{i}). Si θf>θi\theta_{f}>\theta_{i}, Q>0Q>0 : l'eau reçoit bien de l'énergie.

Q8. Le panneau reçoit la puissance radiative Prec¸ue=pR×S=600×5,0=3,0×103P_{\text{reçue}}=p_{R}\times S=600\times 5{,}0=3{,}0\times 10^{3} W. Le rendement donne la part de cette puissance que le chauffe-eau rend utile, sous forme thermique : Pth=r×Prec¸ue=0,77×3,0×103=2,3×103P_{\text{th}}=r\times P_{\text{reçue}}=0{,}77\times 3{,}0\times 10^{3}=2{,}3\times 10^{3} W (2 3102\,310 W avant arrondi), soit 2,32{,}3 kW.

Erreur fréquente : écrire r=77r=77 dans le calcul. Un rendement s'utilise sous forme décimale, 0,770{,}77, et il est forcément inférieur à 1 : la puissance utile est inférieure à la puissance reçue.

Q9. Démarche : l'énergie à fournir à l'eau est le transfert thermique QQ de la Q7, et le chauffe-eau la fournit à la puissance PthP_{\text{th}} de la Q8 ; la relation Q=Pth×ΔtQ=P_{\text{th}}\times\Delta t donne la durée.

Énergie nécessaire : Q=ρeau V ceau (θf−θi)=1,00×150×4 180×(50−10)=2,5×107Q=\rho_{\text{eau}}\,V\,c_{\text{eau}}\,(\theta_{f}-\theta_{i})=1{,}00\times 150\times 4\,180\times(50-10)=2{,}5\times 10^{7} J (2,508×1072{,}508\times 10^{7} J, soit environ 7,07{,}0 kWh).

Durée : Δt=QPth=2,508×1072 310=1,09×104\Delta t=\dfrac{Q}{P_{\text{th}}}=\dfrac{2{,}508\times 10^{7}}{2\,310}=1{,}09\times 10^{4} s, et en heures Δt=1,086×1043 600=3,0\Delta t=\dfrac{1{,}086\times 10^{4}}{3\,600}=3{,}0 h.

Commentaire : trois heures de plein soleil suffisent à porter les 150 L du cumulus de 10 °C à 50 °C, ce qui est compatible avec une journée ensoleillée : l'installation peut couvrir les besoins quotidiens en eau chaude du couple. Le résultat repose cependant sur des hypothèses optimistes. La puissance surfacique de 600 W⋅m−2\mathrm{W\cdot m^{-2}} n'est pas constante : elle est plus faible le matin, le soir, en hiver et par temps couvert, et nulle la nuit. Le cumulus n'est pas parfaitement isolé et les canalisations perdent aussi de l'énergie. La durée réelle sera donc plus longue, et un appoint (résistance électrique) reste nécessaire certains jours.

Erreur fréquente : utiliser la puissance reçue, 3,0 kW, au lieu de la puissance thermique utile, ce qui sous-estime la durée de près d'un quart ; ou oublier la conversion des secondes en heures demandée par l'énoncé.

Q10. L'eau est un fluide incompressible en écoulement permanent : il n'y a ni accumulation ni création d'eau entre l'entrée du cumulus et le robinet, la conduite n'ayant pas d'autre sortie. Le volume d'eau qui entre par seconde est donc égal au volume qui sort par seconde : il y a conservation du débit volumique, D1=D2D_{1}=D_{2}.

Q11. Avec D=v×SD=v\times S, la conservation du débit s'écrit v1 S1=v2 S2v_{1}\,S_{1}=v_{2}\,S_{2}, d'où v2=v1×S1S2=1,0×2,0×10−41,1×10−4=1,8 m⋅s−1v_{2}=v_{1}\times\dfrac{S_{1}}{S_{2}}=1{,}0\times\dfrac{2{,}0\times 10^{-4}}{1{,}1\times 10^{-4}}=1{,}8\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} (1,82 avant arrondi). Cohérence : la section du robinet est plus petite, l'eau y va plus vite.

Q12. On applique la relation de Bernoulli le long d'une ligne de courant, entre le point 1 (entrée du cumulus, z1=0,0z_{1}=0{,}0 m) et le point 2 (robinet à l'étage, z2=5,0z_{2}=5{,}0 m) : 12ρeauv12+ρeau g z1+P1=12ρeauv22+ρeau g z2+P2\dfrac{1}{2}\rho_{\text{eau}}v_{1}^{2}+\rho_{\text{eau}}\,g\,z_{1}+P_{1}=\dfrac{1}{2}\rho_{\text{eau}}v_{2}^{2}+\rho_{\text{eau}}\,g\,z_{2}+P_{2}.

D'où P2=P1+12ρeau(v12−v22)−ρeau g (z2−z1)P_{2}=P_{1}+\dfrac{1}{2}\rho_{\text{eau}}\left(v_{1}^{2}-v_{2}^{2}\right)-\rho_{\text{eau}}\,g\,(z_{2}-z_{1}).

Application numérique, avec ρeau=1,00×103 kg⋅m−3\rho_{\text{eau}}=1{,}00\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} : P2=3,0×105+12×1,00×103×(1,02−1,82)−1,00×103×9,81×5,0P_{2}=3{,}0\times 10^{5}+\dfrac{1}{2}\times 1{,}00\times 10^{3}\times(1{,}0^{2}-1{,}8^{2})-1{,}00\times 10^{3}\times 9{,}81\times 5{,}0, soit P2=3,0×105−1,12×103−4,91×104=2,5×105P_{2}=3{,}0\times 10^{5}-1{,}12\times 10^{3}-4{,}91\times 10^{4}=2{,}5\times 10^{5} Pa, c'est-à-dire 2,52{,}5 bar.

Lecture du calcul : la montée de 5,0 m coûte presque 0,5 bar, alors que l'accélération de l'eau ne coûte que 0,01 bar ; c'est l'altitude qui fait baisser la pression à l'étage. Avec la valeur non arrondie v2=1,82 m⋅s−1v_{2}=1{,}82\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, on trouve encore 2,5×1052{,}5\times 10^{5} Pa.

Erreur fréquente : reprendre ρeau=1,00 kg⋅L−1\rho_{\text{eau}}=1{,}00\ \mathrm{kg\cdot L^{-1}} de la partie 1. Dans la relation de Bernoulli, toutes les grandeurs sont en unités SI, donc la masse volumique en kg⋅m−3\mathrm{kg\cdot m^{-3}}.

Q13. Un surpresseur n'est utile que si la pression de l'eau distribuée est inférieure à 2,0 bar. À l'entrée de l'installation, elle vaut 3,0×1053{,}0\times 10^{5} Pa, soit 3,0 bar, et même au robinet de l'étage, point le plus défavorable, elle vaut encore 2,5 bar : les deux valeurs dépassent 2,0 bar. Un surpresseur n'est pas nécessaire dans ce logement. Le modèle néglige les frottements dans les canalisations (pertes de charge), qui abaissent un peu la pression réelle, mais la marge de 0,5 bar au robinet le plus haut laisse de la place.

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Exercice 2 : Pollution ammoniacale

5 points Acide-base, pKa et titragesAvancement et dosagesRésolution de problème et exploitation de documents

L'azote ammoniacal est souvent le principal indicateur chimique de pollution directe d'une eau de rivière à la suite d'un rejet polluant. C'est en détectant la présence d'azote ammoniacal que l'on peut situer le long d'un cours d'eau les rejets d'eaux usées dus, entre autres, aux déjections humaines. Dans les eaux, la présence d'azote ammoniacal ne doit pas dépasser 0,10 mg⋅L−10{,}10\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}.

L'objectif de cet exercice est de déterminer si un échantillon d'eau de rivière est pollué par l'azote ammoniacal.

Données :
• numéros atomiques : Z(N)=7Z(\mathrm{N})=7 et Z(H)=1Z(\mathrm{H})=1 ;
• masses molaires atomiques : M(N)=14,0 g⋅mol−1M(\mathrm{N})=14{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ; M(H)=1,0 g⋅mol−1M(\mathrm{H})=1{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
• couples acido-basiques :
◦ ammonium / ammoniaque : NH4+(aq)/NH3(aq)\mathrm{NH_{4}^{+}(aq)/NH_{3}(aq)}, pKA1=9,22\mathrm{p}K_{A1}=9{,}22 ;
◦ eau / ion hydroxyde : H2O(ℓ)/HO−(aq)\mathrm{H_{2}O(\ell)/HO^{-}(aq)}, pKA2=14,0\mathrm{p}K_{A2}=14{,}0 ;
• conductivités molaires ioniques λ0\lambda^{0} (en mS⋅m2⋅mol−1\mathrm{mS\cdot m^{2}\cdot mol^{-1}}) :

NH4+(aq)\mathrm{NH_{4}^{+}(aq)}Na+(aq)\mathrm{Na^{+}(aq)}HO−(aq)\mathrm{HO^{-}(aq)}
7,355,0119,8
Conductivités molaires ioniques λ0\lambda^{0} (en mS⋅m2⋅mol−1\mathrm{mS\cdot m^{2}\cdot mol^{-1}})
  • Dans l'eau, en fonction du pH et de la température, l'azote ammoniacal se rencontre sous deux formes : l'ion ammonium NH4+(aq)\mathrm{NH_{4}^{+}(aq)} et l'ammoniac aqueux NH3(aq)\mathrm{NH_{3}(aq)}.
  • On étudie un échantillon d'eau prélevé à 20 °C dans une rivière. Son pH est égal à 7,2.
  • Q1. Définir un acide selon Brønsted.
  • Q2. Établir le schéma de Lewis de l'ammoniac.
  • Q3. Représenter le diagramme de prédominance du couple ion ammonium / ammoniaque.
  • Q4. Identifier, en justifiant, l'espèce ammoniacale prédominante dans l'échantillon prélevé.
  • Dans la suite de l'exercice, seul l'ion ammonium sera pris en compte dans l'analyse de l'échantillon prélevé.
  • On réalise un titrage par suivi conductimétrique d'un volume V=200,0V=200{,}0 mL de l'échantillon prélevé.
  • Pour le titrage, on prépare 50,0 mL d'une solution titrante S de concentration en quantité de matière c1=3,50×10−4 mol⋅L−1c_{1}=3{,}50\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} en hydroxyde de sodium (Na+(aq), HO−(aq))(\mathrm{Na^{+}(aq)},\ \mathrm{HO^{-}(aq)}) en diluant dix fois une solution mère S0S_{0} disponible au laboratoire.
  • Q5. Choisir, en justifiant, la verrerie utilisée pour mettre en œuvre la dilution de la solution S0S_{0} parmi la liste de matériel à disposition :
    - un bécher
    - un erlenmeyer de 50 mL
    - une fiole jaugée de 50,0 mL
    - des pipettes jaugées : 5,0 mL ; 10,0 mL ; 50,0 mL
    - des éprouvettes graduées de 5 mL et 10 mL
  • Après chaque ajout de solution titrante S, on mesure la conductivité σ\sigma de la solution. La figure 1 ci-après donne l'évolution de la conductivité σ\sigma en fonction du volume V1V_{1} de solution titrante S.
  • Conductivité sigma, en mS par cm, en fonction du volume V1 de solution titrante versé, de 0 à 25 mL, une croix par millilitre. De 0 à 10 mL, les points descendent très lentement d'environ 0,19 à 0,18 mS par cm. À partir de 11 mL, ils remontent, puis s'alignent sur une droite de forte pente jusqu'à environ 0,37 mS par cm à 25 mL. Les deux portions rectilignes se coupent vers 11 mL.
    Figure 1 : Courbe expérimentale du titrage conductimétrique de l'échantillon d'eau
  • L'équation de la réaction support du titrage est la suivante : NH4+(aq)+HO−(aq)⟶NH3(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{NH_{4}^{+}(aq)+HO^{-}(aq)\longrightarrow NH_{3}(aq)+H_{2}O(\ell)}
  • Q6. Justifier sans calcul l'évolution de la courbe de la figure 1 avant et après l'équivalence.
  • Q7. Déterminer la valeur du volume V1EV_{1E} d'hydroxyde de sodium versé à l'équivalence en explicitant la méthode utilisée.
  • Q8. Indiquer si l'échantillon d'eau de rivière est pollué par l'azote ammoniacal.
  • Pour répondre à cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

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Q4
Q5
Q7
Q8
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Réponses

  • Q1 Espèce capable de céder un ion H+\mathrm{H^{+}}
  • Q2 N central, trois liaisons N-H et un doublet non liant sur N (octet), duet pour chaque H
  • Q3 NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} prédomine pour pH<9,22\mathrm{pH}<9{,}22, NH3\mathrm{NH_{3}} pour pH>9,22\mathrm{pH}>9{,}22
  • Q4 7,2<9,227{,}2<9{,}22 : l'ion ammonium NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} (moins de 1 % de NH3\mathrm{NH_{3}})
  • Q5 Bécher, pipette jaugée de 5,0 mL et fiole jaugée de 50,0 mL
  • Q6 Avant : NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} remplacé par Na+\mathrm{Na^{+}}, moins conducteur, σ\sigma baisse un peu ; après : Na+\mathrm{Na^{+}} et HO−\mathrm{HO^{-}} s'accumulent, σ\sigma monte nettement
  • Q7 Intersection des deux droites : V1E≈11V_{1E}\approx 11 mL
  • Q8 c=1,9×10−5 mol⋅L−1c=1{,}9\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, cm=0,35 mg⋅L−1>0,10c_{m}=0{,}35\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}>0{,}10 : échantillon pollué

Q1. Selon Brønsted, un acide est une espèce chimique capable de céder un ion hydrogène H+\mathrm{H^{+}} (un proton). Exemple : NH4+⟶NH3+H+\mathrm{NH_{4}^{+}\longrightarrow NH_{3}+H^{+}}, l'ion ammonium est l'acide du couple NH4+/NH3\mathrm{NH_{4}^{+}/NH_{3}}.

Q2. Configurations électroniques : N\mathrm{N} (Z=7Z=7) : 1s2 2s2 2p31s^{2}\,2s^{2}\,2p^{3}, soit 5 électrons de valence ; H\mathrm{H} (Z=1Z=1) : 1s11s^{1}, 1 électron de valence. La molécule NH3\mathrm{NH_{3}} compte 5+3×1=85+3\times 1=8 électrons de valence, soit 4 doublets.

Schéma de Lewis : l'atome d'azote, central, est lié à chacun des trois atomes d'hydrogène par un doublet liant (N−H\mathrm{N{-}H}), et porte un doublet non liant (un trait au-dessus de N). Vérification : l'azote est entouré de 3×2+2=83\times 2+2=8 électrons, il respecte la règle de l'octet ; chaque hydrogène est entouré de 2 électrons, il respecte la règle du duet. Erreur fréquente : oublier le doublet non liant de l'azote, qui est justement ce qui fait de NH3\mathrm{NH_{3}} une base (il capte H+\mathrm{H^{+}} grâce à lui).

Q3. La relation pH=pKA1+log⁡[NH3][NH4+]\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A1}+\log\dfrac{[\mathrm{NH_{3}}]}{[\mathrm{NH_{4}^{+}}]} montre que les deux formes ont la même concentration quand pH=pKA1=9,22\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A1}=9{,}22. On trace un axe gradué en pH avec la frontière à 9,22 : à gauche (pH<9,22\mathrm{pH}<9{,}22), domaine de prédominance de l'acide NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} ; à droite (pH>9,22\mathrm{pH}>9{,}22), domaine de prédominance de la base NH3\mathrm{NH_{3}}.

Q4. Le pH de l'échantillon, 7,2, est inférieur à pKA1=9,22\mathrm{p}K_{A1}=9{,}22 : l'espèce prédominante est l'ion ammonium NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}}. Plus précisément, [NH3][NH4+]=10pH−pKA1=107,2−9,22=9,5×10−3\dfrac{[\mathrm{NH_{3}}]}{[\mathrm{NH_{4}^{+}}]}=10^{\mathrm{pH}-\mathrm{p}K_{A1}}=10^{7{,}2-9{,}22}=9{,}5\times 10^{-3} : l'ammoniac représente moins de 1 % de l'azote ammoniacal. C'est ce qui justifie la consigne de ne prendre en compte que l'ion ammonium dans la suite.

Q5. Diluer dix fois, c'est diviser la concentration par le facteur de dilution F=10F=10 : le volume de solution mère à prélever vaut V0=VSF=50,010=5,0V_{0}=\dfrac{V_{S}}{F}=\dfrac{50{,}0}{10}=5{,}0 mL (la solution mère a pour concentration c0=10 c1=3,50×10−3 mol⋅L−1c_{0}=10\,c_{1}=3{,}50\times 10^{-3}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}).

Verrerie : un bécher, dans lequel on verse un peu de solution mère (on ne pipette jamais directement dans le flacon), une pipette jaugée de 5,0 mL pour prélever précisément V0V_{0}, et une fiole jaugée de 50,0 mL, dans laquelle on verse le prélèvement, que l'on complète avec de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge, puis que l'on bouche et agite pour homogénéiser.

Les éprouvettes graduées et l'erlenmeyer sont écartés : ce sont des récipients trop imprécis pour une solution titrante, dont la concentration doit être connue avec trois chiffres significatifs. Erreur fréquente : prendre la pipette de 50,0 mL, qui correspond au volume de la solution FILLE et non au prélèvement de solution mère.

Q6. La conductivité d'une solution suit la loi de Kohlrausch, σ=∑iλi[Xi]\sigma=\sum_{i}\lambda_{i}[X_{i}] : seuls les ions y contribuent, chacun selon sa conductivité molaire ionique. NH3\mathrm{NH_{3}} et H2O\mathrm{H_{2}O} ne conduisent pas, et les ions déjà présents dans l'eau de rivière, spectateurs, ne changent pas en quantité.

Avant l'équivalence, l'ion hydroxyde versé est le réactif limitant et il est entièrement consommé : chaque ion HO−\mathrm{HO^{-}} ajouté fait disparaître un ion NH4+\mathrm{NH_{4}^{+}} (λ0=7,35\lambda^{0}=7{,}35) et apporte un ion spectateur Na+\mathrm{Na^{+}} (λ0=5,01\lambda^{0}=5{,}01). Un ion est remplacé par un ion moins conducteur : la conductivité diminue légèrement, ce que montre la figure 1 de 0 à 10 mL.

Après l'équivalence, il n'y a plus d'ions ammonium : les ions Na+\mathrm{Na^{+}} et HO−\mathrm{HO^{-}} versés s'accumulent dans le bécher, et λ0(HO−)=19,8\lambda^{0}(\mathrm{HO^{-}})=19{,}8 est grande. La conductivité augmente nettement, d'où la pente forte au-delà de l'équivalence.

Remarque : un ordre de grandeur par la loi de Kohlrausch avec c1=3,50×10−4 mol⋅L−1c_{1}=3{,}50\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} donne des variations bien plus faibles que celles de la figure 1 (environ 4×10−4 mS⋅cm−14\times 10^{-4}\ \mathrm{mS\cdot cm^{-1}} par millilitre après l'équivalence, contre environ 0,0130{,}013 sur la courbe). La légère baisse avant l'équivalence vient surtout de la dilution des ions de la rivière par la solution versée. La courbe est donc à exploiter pour son allure et pour son point anguleux, ce que demande l'énoncé, pas pour ses valeurs de conductivité.

Q7. Méthode : on modélise par une droite chacune des deux portions rectilignes de la courbe, celle d'avant l'équivalence (points de 0 à 10 mL) et celle d'après (points de 16 à 25 mL), en écartant la zone arrondie de 11 à 14 mL, où la réaction n'est plus quasi totale ; le volume équivalent est l'abscisse du point d'intersection des deux droites. Lecture : V1E≈11V_{1E}\approx 11 mL (entre 10,5 et 11,5 mL selon le tracé).

Erreur fréquente : prendre le point le plus bas de la courbe (10 mL) ou le début de la remontée, au lieu de l'intersection des droites.

Q8. Démarche : à l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation de titrage (coefficients 1 et 1) : n(NH4+)initiale=n(HO−)verseˊe=c1×V1En(\mathrm{NH_{4}^{+}})_{\text{initiale}}=n(\mathrm{HO^{-}})_{\text{versée}}=c_{1}\times V_{1E}.

n(NH4+)=3,50×10−4×11×10−3=3,9×10−6n(\mathrm{NH_{4}^{+}})=3{,}50\times 10^{-4}\times 11\times 10^{-3}=3{,}9\times 10^{-6} mol dans V=200,0V=200{,}0 mL d'échantillon. Concentration en quantité de matière : c=nV=3,85×10−60,2000=1,9×10−5 mol⋅L−1c=\dfrac{n}{V}=\dfrac{3{,}85\times 10^{-6}}{0{,}2000}=1{,}9\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

La norme est une concentration en masse : M(NH4+)=14,0+4×1,0=18,0 g⋅mol−1M(\mathrm{NH_{4}^{+}})=14{,}0+4\times 1{,}0=18{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}, d'où cm=c×M=1,925×10−5×18,0=3,5×10−4 g⋅L−1c_{m}=c\times M=1{,}925\times 10^{-5}\times 18{,}0=3{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, soit 0,35 mg⋅L−10{,}35\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}.

Conclusion : 0,35 mg⋅L−1>0,10 mg⋅L−10{,}35\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}>0{,}10\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}, la teneur dépasse la limite d'un facteur 3,5 environ : l'échantillon est pollué par l'azote ammoniacal.

Robustesse : l'azote ammoniacal s'exprime parfois en masse d'AZOTE, avec M(N)=14,0 g⋅mol−1M(\mathrm{N})=14{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} : on trouve alors 1,925×10−5×14,0=2,7×10−4 g⋅L−11{,}925\times 10^{-5}\times 14{,}0=2{,}7\times 10^{-4}\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, soit 0,27 mg⋅L−10{,}27\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}, toujours supérieur à la limite. De même, un volume équivalent lu entre 10,5 et 11,5 mL donne entre 0,33 et 0,36 mg⋅L−1\mathrm{mg\cdot L^{-1}} d'ion ammonium. La conclusion ne dépend ni de la convention ni de la précision de la lecture.

Erreurs fréquentes : laisser VV en millilitres (concentration mille fois trop grande) ; comparer une concentration en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}} à une norme en mg⋅L−1\mathrm{mg\cdot L^{-1}} ; oublier de convertir les grammes en milligrammes.

Exercice 3 : Arôme de poire

4 points Équilibre et quotient de réactionStratégies de synthèse et polymèresChimie organique et synthèse

Les esters sont des composés organiques à l'origine de l'arôme des fruits et de l'odeur de certains parfums. Ils sont facilement synthétisés au laboratoire.

L'objectif de cet exercice est d'étudier la synthèse de l'éthanoate de pentyle, molécule responsable de l'arôme de poire.

Données :

Pentan-1-olAcide éthanoïqueÉthanoate de pentyle
Masse molaire (g⋅mol−1\mathrm{g\cdot mol^{-1}})88,060,0130,0
Densité (-)0,8141,050,880
Solubilité dans l'eauFaibleTotaleNulle
  • Bandes d'absorption infrarouge (IR) de quelques types de liaisons chimiques :
  • LiaisonNombre d'onde (cm−1\mathrm{cm^{-1}})Intensité
    O-H3 100 - 3 500Forte et large
    O-H des acides carboxyliques2 500 - 3 200Forte à moyenne, large
    C-H2 900 - 3 100Moyenne à forte
    C=O des acides carboxyliques1 740 - 1 800Forte
    C=O des esters1 730 - 1 750Forte
    Bandes d'absorption infrarouge (IR) de quelques types de liaisons chimiques
  • Partie 1 : L'éthanoate de pentyle
  • L'éthanoate de pentyle, de formule brute C7H14O2\mathrm{C_{7}H_{14}O_{2}}, est un ester qui possède plusieurs isomères de constitution.
  • Q1. Définir un isomère de constitution.
  • Parmi les deux isomères A et B ci-dessous se trouve la molécule d'éthanoate de pentyle.
  • Deux formules topologiques. A : une chaîne de quatre atomes de carbone reliée au carbone d'un groupe C=O, lui-même lié à un atome d'oxygène qui porte un groupe de deux carbones. B : un groupe CH3 lié au carbone d'un groupe C=O, lui-même lié à un atome d'oxygène qui porte une chaîne linéaire de cinq carbones.
  • Q2. Identifier, en justifiant, l'isomère dont la formule correspond à celle de l'éthanoate de pentyle.
  • Q3. Justifier que le spectre infrarouge présenté sur la figure 1 ci-après peut correspondre aux deux isomères A et B.
  • Spectre infrarouge, transmittance en pourcentage en fonction du nombre d'onde de 4000 à 500 cm moins 1. Aucune bande large entre 2500 et 3500 cm moins 1, seulement une petite bande fine et faible vers 3450. Bande forte vers 2950 cm moins 1. Bande forte et fine vers 1745 cm moins 1, descendant à moins de 10 pour cent de transmittance. Autres bandes fortes vers 1240 et 1040 cm moins 1.
    Figure 1 : Spectre infrarouge de l'un des deux isomères
  • Partie 2 : Synthèse organique
  • Document : Protocole expérimental
    - Chauffer à reflux pendant 30 min un mélange contenant un volume V1=54,0V_{1}=54{,}0 mL de pentan-1-ol, une quantité de matière n2=0,50n_{2}=0{,}50 mol d'acide éthanoïque, quelques gouttes d'acide sulfurique concentré, catalyseur de la réaction, et quelques grains de pierre ponce.
    - Prélever à intervalles réguliers un volume VV du mélange réactionnel. Le verser dans un bécher placé dans un bain d'eau glacée.
    - Doser le volume VV par une solution d'hydroxyde de sodium (Na+(aq), HO−(aq))(\mathrm{Na^{+}(aq)},\ \mathrm{HO^{-}(aq)}) en présence d'un indicateur coloré.
    - Déterminer la quantité de matière d'acide éthanoïque naciden_{\text{acide}} n'ayant pas réagi. En déduire la quantité de matière nestern_{\text{ester}} produite.
    - Tracer l'évolution de la quantité de matière nestern_{\text{ester}} produite en fonction du temps. Le graphique obtenu est présent sur la figure 2 ci-après.
  • Q4. Citer deux avantages que présente un montage de chauffage à reflux.
  • Quantité d'ester formé, en mol, en fonction du temps, de 0 à 65 minutes, un point toutes les 5 minutes : 0,14 mol à 5 min, 0,21 à 10 min, 0,25 à 15 min, 0,275 à 20 min, 0,295 à 25 min, 0,31 à 30 min, puis un plateau à 0,33 mol à partir de 45 min.
    Figure 2 : Évolution de la quantité de matière d'ester formé au cours du temps
  • L'équation de la réaction modélisant la transformation chimique ayant lieu s'écrit : C5H12O(ℓ)+C2H4O2(ℓ)⇄C7H14O2(ℓ)+H2O(ℓ)\mathrm{C_{5}H_{12}O(\ell)+C_{2}H_{4}O_{2}(\ell)\rightleftarrows C_{7}H_{14}O_{2}(\ell)+H_{2}O(\ell)}
  • La constante KK de cet équilibre, qui dépend peu de la température, a pour valeur K=4K=4.
  • Q5. Exprimer puis calculer le quotient réactionnel initial Qr,0Q_{r,0}.
  • Q6. En déduire le sens d'évolution spontanée de la transformation.
  • Q7. Déterminer la valeur de l'avancement maximal xmaxx_{max} de la réaction.
  • Q8. Calculer la valeur du rendement rr de la réaction en utilisant le graphique de la figure 2.
  • Q9. Choisir, en justifiant, une (des) proposition(s) pour améliorer le rendement de la réaction parmi les propositions suivantes :
    a) Augmenter la température du mélange réactionnel.
    b) Éliminer l'eau au fur et à mesure de sa formation.
    c) Augmenter la quantité de matière d'acide éthanoïque.
    d) Augmenter la quantité d'acide sulfurique.

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Réponses

  • Q1 Même formule brute, formules développées différentes
  • Q2 B : groupe acétyle (2 C) lié à O, lui-même lié à une chaîne de 5 C ; A est le pentanoate d'éthyle
  • Q3 Bandes C-H (2 950) et C=O d'ester (1 745), pas de O-H : A et B, deux esters, ont les mêmes liaisons
  • Q4 Chauffer (facteur cinétique) sans perte de matière ni de vapeurs
  • Q5 Qr,0=nester nH2Onalcool nacide=0Q_{r,0}=\dfrac{n_{\text{ester}}\,n_{\mathrm{H_{2}O}}}{n_{\text{alcool}}\,n_{\text{acide}}}=0
  • Q6 Qr,0<KQ_{r,0}<K : sens direct
  • Q7 n1=0,500n_{1}=0{,}500 mol =n2=n_{2} : xmax=0,50x_{max}=0{,}50 mol
  • Q8 r=0,33/0,50=66r=0{,}33/0{,}50=66 %
  • Q9 b) et c) ; a) et d) ne changent pas l'état final

Q1. Des isomères de constitution sont des espèces chimiques qui ont la même formule brute mais des formules développées différentes : leurs atomes ne sont pas enchaînés de la même façon (chaîne carbonée, position ou nature du groupe caractéristique). Ce sont des espèces différentes, aux propriétés différentes.

Q2. Le nom d'un ester se lit en deux morceaux. « Éthanoate » désigne la partie issue de l'acide éthanoïque : deux atomes de carbone, dont celui du groupe C=O\mathrm{C{=}O}, soit CH3−C(=O)−O−\mathrm{CH_{3}{-}C(}{=}\mathrm{O){-}O{-}}. « Pentyle » désigne le groupe à cinq atomes de carbone lié à l'oxygène simple de l'ester, celui qui vient du pentan-1-ol.

Dans B, le carbone du groupe C=O\mathrm{C{=}O} ne porte qu'un groupe méthyle (partie à deux carbones) et l'oxygène est lié à une chaîne linéaire de cinq carbones : B est l'éthanoate de pentyle. Dans A, c'est l'inverse : la partie acide compte cinq carbones (quatre plus celui du C=O\mathrm{C{=}O}) et l'oxygène porte un groupe éthyle : A est le pentanoate d'éthyle. Les deux ont bien sept carbones, 5+2=2+55+2=2+5, et la même formule brute C7H14O2\mathrm{C_{7}H_{14}O_{2}}. Vérification cohérente avec la partie 2 : B se forme à partir du pentan-1-ol et de l'acide éthanoïque.

Erreur fréquente : lire la formule de gauche à droite et attribuer « pentyle » à la première chaîne venue. Le repère est l'atome d'oxygène simple : ce qui est lié à lui est le groupe alkyle, qui donne la fin du nom.

Q3. Lecture du spectre de la figure 1 à l'aide de la table :

• une bande forte vers 2 950 cm−12\,950\ \mathrm{cm^{-1}}, dans la plage 2 9002\,900 à 3 100 cm−13\,100\ \mathrm{cm^{-1}} : liaisons C−H\mathrm{C{-}H} ;

• une bande forte et fine vers 1 745 cm−11\,745\ \mathrm{cm^{-1}}, dans la plage 1 7301\,730 à 1 750 cm−11\,750\ \mathrm{cm^{-1}} : liaison C=O\mathrm{C{=}O} d'un ester ;

• aucune bande forte et large entre 3 1003\,100 et 3 500 cm−13\,500\ \mathrm{cm^{-1}} ni entre 2 5002\,500 et 3 200 cm−13\,200\ \mathrm{cm^{-1}} : pas de liaison O−H\mathrm{O{-}H}, ni d'alcool, ni d'acide carboxylique.

La bande à 1 745 cm−11\,745\ \mathrm{cm^{-1}} appartient aussi à la plage des C=O\mathrm{C{=}O} d'acide, mais l'absence de la bande large O−H\mathrm{O{-}H} d'acide exclut un acide carboxylique : la molécule est un ester. Or A et B sont deux esters qui possèdent exactement les mêmes types de liaisons (C−H\mathrm{C{-}H}, C=O\mathrm{C{=}O} d'ester, C−O\mathrm{C{-}O}, C−C\mathrm{C{-}C}) : la spectroscopie IR identifie les liaisons et les groupes caractéristiques, pas l'ordre dans lequel les chaînes sont accrochées. Le spectre peut donc correspondre à A comme à B.

Piège : la petite bande fine vers 3 450 cm−13\,450\ \mathrm{cm^{-1}} n'est pas une liaison O−H\mathrm{O{-}H}, dont la bande est forte et large. Elle est faible et étroite : c'est une harmonique de la bande C=O\mathrm{C{=}O}, présente sur la plupart des spectres d'esters.

Q4. Le chauffage à reflux présente deux avantages :

• il permet de chauffer, et la température est un facteur cinétique : la transformation, lente à température ambiante, est accélérée ;

• le réfrigérant à eau condense les vapeurs, qui retombent dans le ballon : on chauffe sans perte de réactifs ni de produits, et sans libérer de vapeurs inflammables ou irritantes dans la salle.

Q5. Toutes les espèces sont dans la même phase liquide et l'eau n'est pas ici le solvant, mais un produit : elle figure dans le quotient de réaction. Qr=[ester]×[H2O][alcool]×[acide]Q_{r}=\dfrac{[\text{ester}]\times[\mathrm{H_{2}O}]}{[\text{alcool}]\times[\text{acide}]}, et comme toutes les concentrations partagent le même volume, Qr=nester×nH2Onalcool×nacideQ_{r}=\dfrac{n_{\text{ester}}\times n_{\mathrm{H_{2}O}}}{n_{\text{alcool}}\times n_{\text{acide}}}.

À l'état initial, le mélange ne contient ni ester ni eau : Qr,0=0×0n1×n2=0Q_{r,0}=\dfrac{0\times 0}{n_{1}\times n_{2}}=0.

Q6. Critère d'évolution spontanée : le système évolue de sorte que QrQ_{r} tende vers KK. Ici Qr,0=0<K=4Q_{r,0}=0<K=4 : QrQ_{r} doit augmenter, ce qui demande de former les produits. La transformation évolue dans le sens direct, celui de la formation de l'ester.

Q7. Quantité initiale d'alcool : la densité donne la masse volumique, ρ1=d×ρeau=0,814×1,00 g⋅mL−1=0,814 g⋅mL−1\rho_{1}=d\times\rho_{\text{eau}}=0{,}814\times 1{,}00\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}=0{,}814\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}. D'où m1=ρ1×V1=0,814×54,0=44,0m_{1}=\rho_{1}\times V_{1}=0{,}814\times 54{,}0=44{,}0 g et n1=m1M1=43,9688,0=0,500n_{1}=\dfrac{m_{1}}{M_{1}}=\dfrac{43{,}96}{88{,}0}=0{,}500 mol.

L'acide est introduit à n2=0,50n_{2}=0{,}50 mol. Les nombres stœchiométriques valant tous 1, le mélange est stœchiométrique : si la transformation était totale, les deux réactifs seraient épuisés ensemble pour xmax=0,50x_{max}=0{,}50 mol.

Erreur fréquente : multiplier la densité par le volume en oubliant qu'une densité est sans unité ; il faut passer par ρeau=1,00 g⋅mL−1\rho_{\text{eau}}=1{,}00\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}} pour obtenir une masse en grammes.

Q8. Le rendement est le rapport de la quantité de produit obtenue à la quantité maximale attendue : r=nester,finalxmaxr=\dfrac{n_{\text{ester,final}}}{x_{max}}. Sur la figure 2, la quantité d'ester n'évolue plus à partir de 45 min environ : le plateau vaut nester,final=0,33n_{\text{ester,final}}=0{,}33 mol. D'où r=0,330,50=0,66r=\dfrac{0{,}33}{0{,}50}=0{,}66, soit 6666 %.

Vérification par la constante d'équilibre : à l'équilibre, avec un mélange initial équimolaire, K=xf2(0,50−xf)2=4K=\dfrac{x_{f}^{2}}{(0{,}50-x_{f})^{2}}=4, donc xf0,50−xf=2\dfrac{x_{f}}{0{,}50-x_{f}}=2 et xf=13≈0,333x_{f}=\dfrac{1}{3}\approx 0{,}333 mol, soit un rendement de 6767 %, en accord avec la lecture. C'est le rendement classique des deux tiers d'une estérification par un alcool primaire à partir d'un mélange équimolaire.

Erreur fréquente : lire la quantité à 30 min, durée du chauffage indiquée par le protocole (0,310{,}31 mol), alors que l'équilibre n'est atteint que vers 45 min.

Q9. On cherche ce qui déplace l'état final, pas ce qui accélère la transformation.

• b) Retenue. Éliminer l'eau, produit de la réaction, maintient Qr<KQ_{r}<K : le système continue d'évoluer dans le sens direct et forme plus d'ester (montage de Dean-Stark).

• c) Retenue. Mettre l'acide en excès consomme davantage d'alcool, réactif limitant : le rendement par rapport à l'alcool augmente. Par exemple, avec 1,0 mol d'acide pour 0,50 mol d'alcool, xf2(0,50−xf)(1,0−xf)=4\dfrac{x_{f}^{2}}{(0{,}50-x_{f})(1{,}0-x_{f})}=4 conduit à 3xf2−6xf+2=03x_{f}^{2}-6x_{f}+2=0, soit xf=0,42x_{f}=0{,}42 mol (l'autre racine, supérieure à 0,50 mol, est rejetée) et un rendement de 8585 % au lieu de 6767 %.

• a) Écartée : KK dépend peu de la température, donc l'état final ne change pas ; chauffer plus ne fait qu'atteindre l'équilibre plus vite.

• d) Écartée : l'acide sulfurique est un catalyseur ; il accélère la transformation sans modifier l'état d'équilibre.

Erreur fréquente : confondre vitesse et rendement. La température et le catalyseur sont des facteurs cinétiques, ils réduisent la durée pour atteindre l'équilibre mais pas la quantité d'ester obtenue.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/bac-2025-pc-asie-j1. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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