Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Centres étrangers jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Centres étrangers, jour 2

Épreuve du vendredi 13 juin 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Centres étrangers, jour 2 : l'épreuve du vendredi 13 juin 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points : 9 points sur la fabrication et l'aromatisation d'un yaourt maison, 5 points sur le trombone de Koenig et 6 points sur la viscosité du glycérol. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 enchaîne la cinétique chimique (température comme facteur cinétique, vitesse volumique d'apparition lue sur une courbe), un titrage conductimétrique exploité par la méthode des deux droites pour classer le yaourt en degrés Dornic, puis la synthèse du butanoate d'éthyle : formule topologique et groupe ester, spectroscopie infrarouge, catalyseur et chauffage à reflux, extraction liquide-liquide à l'ampoule à décanter, réactif limitant, rendement, intermédiaire réactionnel et flèche courbe d'un mécanisme. L'exercice 2 porte sur les interférences d'ondes sonores : ondes cohérentes, interférences constructives et destructives, différence de marche δ=2D\delta=2D, relation δ=kλ\delta=k\lambda et célérité du son, avec une boucle Python. L'exercice 3 applique la deuxième loi de Newton à une bille qui chute dans un fluide (poussée d'Archimède, frottement F=kvF=kv, vitesse limite), l'analyse dimensionnelle, la loi de Stokes k=6πηRk=6\pi\eta R, puis la moyenne, l'écart-type, l'incertitude-type u=σn−1/Nu=\sigma_{n-1}/\sqrt{N} et le quotient de compatibilité.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et trace ce que la copie doit construire. Trois pièges y sont traités en détail : l'équivalence placée à l'intersection des deux droites, à 8,68{,}6 mL, et non au premier changement de pente, qui ferait sortir le yaourt des deux catégories (exercice 1, Q.5) ; la différence de marche 2D2D et non DD, l'onde parcourant deux fois le décalage du tube mobile (exercice 2, Q.3) ; le volume de fluide déplacé, celui de la bille et non celui de l'éprouvette (exercice 3, Q.8).

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Fabrication et aromatisation d'un yaourt maison

9 points Cinétique chimiqueAcide-base, pKa et titragesStratégies de synthèse et polymèresSynthèse organique et mécanismes

Le lait est un aliment d'un grand intérêt nutritionnel dont la difficulté de conservation a été contournée depuis longtemps grâce à la fermentation lactique. Celle-ci fait intervenir des ferments et conduit à la transformation chimique du glucose en acide lactique. L'acide lactique, naturellement présent dans le lait voit son taux augmenter. Cette augmentation est responsable de la prise en masse du lait pour former un yaourt.

La yaourtière permet un chauffage doux et progressif du lait additionné des ferments afin de stimuler le processus de fermentation lactique ; ainsi, il suffira de huit heures environ pour fabriquer des yaourts.

Lors de la fermentation lactique, la multiplication des bactéries permettant la formation d'acide lactique est efficace entre 37,537{,}5 °C et 45,045{,}0 °C. En cas de température trop basse, en huit heures, le yaourt ne prendra pas. À l'inverse, une température trop élevée le rendra trop acide.

On propose dans cet exercice de vérifier les conditions de fabrication d'un yaourt « fait maison » à la yaourtière et de l'aromatiser avec un arôme d'ananas synthétisé au laboratoire.

  • Partie A : Fabrication d'un yaourt
  • Données :
    • Informations à propos de l'acide lactique :
    Masse molaire : M=90,1 g⋅mol−1M=90{,}1\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}
    Formule semi-développée :
  • Formule semi-développée de l'acide lactique : CH3, relié à un carbone CH qui porte un groupe OH, relié à un carbone C qui porte une double liaison avec O et un groupe OH (groupe carboxyle).
  • Document 1. Exemple de recette maison à la yaourtière
    • Dans un récipient équipé d'un bec verseur, je verse 1 L de lait entier UHT* à température ambiante. Puis j'ajoute le contenu d'un sachet de ferments et je mélange très soigneusement.
    • Je verse le mélange dans les pots, puis je les place ouverts dans ma yaourtière.
    • Je ferme la yaourtière, puis je la mets en route suivant son mode d'emploi.
    • À la fin du cycle, je mets les pots au réfrigérateur environ 2 heures avant de les déguster.
    * Lait UHT : « upérisation à haute température », c'est un procédé qui consiste à tuer tous les micro-organismes et à neutraliser les enzymes éventuellement présentes naturellement dans le lait en le chauffant à une température très élevée.
  • 1. Étude de la cinétique de la fermentation lactique
  • La transformation chimique du glucose en acide lactique correspondant à la fermentation lactique est modélisée par une réaction d'équation : C6H12O6(aq)→2 C3H6O3(aq)\mathrm{C_{6}H_{12}O_{6}(aq)}\rightarrow 2\ \mathrm{C_{3}H_{6}O_{3}(aq)}
  • Pendant les quatre premières heures de fabrication, on contrôle la concentration CAC_{A} en quantité de matière d'acide lactique formé dans le yaourt, on obtient la courbe ci-dessous. Les ferments sont introduits à t=0t=0 s.
  • Points de mesure de la concentration CA en acide lactique (en mol par litre, de 0 à 0,10) en fonction du temps (en minutes, de 0 à 250), un point toutes les 20 minutes. De 0 à 100 min, CA reste voisine de 0,022 mol/L ; à partir de 120 min elle croît régulièrement : environ 0,033 à 120 min, 0,056 à 160 min, 0,079 à 200 min et 0,098 mol/L à 240 min.
    Document 2. Évolution de la concentration en acide lactique dans le yaourt en fonction du temps
  • Q.1. Justifier, à l'aide du texte en introduction de l'exercice, que l'utilisation de la yaourtière favorise la fermentation lactique en indiquant le facteur cinétique mis en jeu.
  • Q.2. Identifier le temps marquant le début de la fermentation.
  • Q.3. Proposer une explication à la présence d'acide lactique à l'instant t=0t=0.
  • Q.4. Calculer la valeur de vappv_{app}, la vitesse volumique d'apparition de l'acide lactique lorsque la fermentation a commencé, en expliquant la démarche suivie.
  • 2. Caractérisation du yaourt maison
  • Le degré Dornic permet de quantifier la concentration en masse d'acide lactique présente dans les produits laitiers.
  • Un degré Dornic (noté °D) correspond à 0,10{,}1 g d'acide lactique par litre de yaourt.
  • Un yaourt ferme est caractérisé par un degré Dornic compris entre 80 et 100 °D et un yaourt brassé par un degré Dornic compris entre 100 et 120 °D.
  • Pour déterminer la fermeté d'un yaourt, on procède au titrage conductimétrique de l'acide lactique, noté HA(aq)\mathrm{HA(aq)}, contenu dans un volume VA=10,0V_{A}=10{,}0 mL de yaourt par une solution d'hydroxyde de sodium de concentration en quantité de matière CB=0,150 mol⋅L−1C_{B}=0{,}150\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Les résultats expérimentaux du titrage permettent d'obtenir la courbe du document 3.
  • La réaction support du titrage est : HA(aq)+HO−(aq)→A−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{HA(aq)+HO^{-}(aq)\rightarrow A^{-}(aq)+H_{2}O(\ell)}.
  • Points de mesure de la conductivité (en microsiemens par centimètre, de 750 à 2 500) en fonction du volume versé de solution d'hydroxyde de sodium (en mL, de 0 à 20), un point par millilitre jusqu'à 16 mL puis à 18 mL. De 0 à 8 mL, la conductivité monte lentement de 760 à 960 environ ; à partir de 9 ou 10 mL elle monte beaucoup plus vite, environ 1 170 à 10 mL, 1 700 à 14 mL et 2 260 à 18 mL. Les deux portions sont presque rectilignes.
    Document 3. Évolution de la conductivité du yaourt en fonction du volume versé de solution d'hydroxyde de sodium
  • Q.5. Déterminer si le yaourt testé est ferme ou brassé.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie même si elle n'a pas abouti. La démarche suivie est évaluée et nécessite donc d'être correctement présentée.
  • Partie B : Aromatiser le yaourt avec un arôme d'ananas
  • L'arôme d'ananas que l'on utilise pour aromatiser le yaourt est constitué principalement de butanoate d'éthyle synthétisé à partir d'acide butanoïque :
  • À gauche, l'acide butanoïque : CH3, CH2, CH2, puis un carbone portant une double liaison avec O et un groupe OH. À droite, le butanoate d'éthyle : CH3, CH2, CH2, puis un carbone portant une double liaison avec O et une liaison simple avec un O lui-même lié à CH2 puis CH3.
    Document 4. Formules semi-développées de molécules
  • LiaisonNombre d'onde (cm−1\mathrm{cm^{-1}})Intensité
    O-H alcool3200 - 3700forte, large
    O-H acide carboxylique2500 - 3200forte à moyenne, large
    C=C1620 - 1690fine, moyenne
    C=O ester1700 - 1740forte
    C=O aldéhyde et cétone1650 - 1730forte
    C=O acide1680 - 1710forte
    C-H aldéhyde2700 - 3100moyenne
    Document 5. Table de données des spectres infrarouge (IR)
  • 1. Étude des espèces chimiques de la synthèse
  • Q.6. Représenter la formule topologique du butanoate d'éthyle.
  • Q.7. Sur la formule topologique, entourer le groupe caractéristique de cette molécule et nommer la famille fonctionnelle correspondante.
  • Q.8. Déterminer la molécule qui, parmi celles présentées dans le document 4, correspond au spectre infrarouge ci-dessous. Justifier.
  • Spectre infrarouge : transmittance (en %) en fonction du nombre d'onde, de 4 000 à 500 cm-1. Une bande très large et profonde s'étend d'environ 3 400 à 2 500 cm-1, avec des pointes vers 3 000 cm-1 ; une bande fine et très intense descend presque à 0 % vers 1 710 cm-1 ; plusieurs bandes moyennes entre 1 450 et 900 cm-1.
    Document 6. Spectre infrarouge (Source : d'après mediachimie.org)
  • 2. Synthèse de l'arôme d'ananas
  • La synthèse de l'arôme d'ananas correspond à la transformation modélisée par la réaction dont l'équation est :
    C4H8O2(ℓ)acide butanoı¨que+C2H6O(ℓ)eˊthanol⇄C6H12O2(ℓ)butanoate d’eˊthyle+H2O(ℓ)\underset{\text{acide butanoïque}}{\mathrm{C_{4}H_{8}O_{2}(\ell)}}+\underset{\text{éthanol}}{\mathrm{C_{2}H_{6}O(\ell)}}\rightleftarrows\underset{\text{butanoate d'éthyle}}{\mathrm{C_{6}H_{12}O_{2}(\ell)}}+\mathrm{H_{2}O(\ell)}
  • Son protocole est le suivant :
    Étape 1 : Introduire dans un ballon 40,040{,}0 mL d'éthanol (réactif en excès), 40,040{,}0 mL d'acide butanoïque et 1,01{,}0 mL d'acide sulfurique concentré.
    Étape 2 : Chauffer à reflux pendant 30 min.
    Étape 3 : Refroidir jusqu'à température ambiante puis verser le contenu dans une ampoule à décanter.
    Étape 4 : Ajouter 100 mL d'eau salée puis 30 mL de cyclohexane.
    Étape 5 : Isoler la phase organique.
    Étape 6 : Éliminer le solvant par distillation. On obtient ainsi 33,733{,}7 g d'ester.
  • SolvantEauEau saléeÉthanolCyclohexane
    Solubilité du butanoate d'éthyleFaibleTrès faibleBonneMoyenne
    Masse volumique (g⋅mL−1\mathrm{g\cdot mL^{-1}})1,00>1,00>1{,}000,790,78
    Miscibilité avec l'eauMiscibleMiscibleNon miscible
    Document 7. Propriétés physico-chimiques de quelques solvants extracteurs
  • Espèces chimiquesEauÉthanolButanoate d'éthyle
    Masse molaire (g⋅mol−1\mathrm{g\cdot mol^{-1}})18,046,0116,0
    Document 8. Masse molaire de quelques molécules
  • Q.9. Identifier dans le protocole les opérations permettant d'optimiser la vitesse de formation de l'arôme d'ananas.
  • Q.10. Justifier l'utilisation du cyclohexane dans l'étape 4 pour isoler le butanoate d'éthyle.
  • Q.11. Schématiser l'ampoule à décanter, la légender avec les termes : phase aqueuse et phase organique. Justifier la position de la phase contenant le butanoate d'éthyle.
  • Q.12. Montrer que l'éthanol est bien le réactif en excès, sachant que la quantité de matière initiale de l'acide butanoïque est nacide=4,4×10−1n_{acide}=4{,}4\times 10^{-1} mol.
  • Q.13. Calculer alors la valeur du rendement de la réaction. Commenter.
  • On s'intéresse à une partie du mécanisme réactionnel de la réaction dont les 2 premières étapes sont données ci-dessous :
  • Étape (1) : l'acide butanoïque, dont l'atome d'oxygène doublement lié porte deux doublets non liants, réagit avec l'ion H+ ; il se forme l'espèce où cet oxygène porte un H et une charge +, le carbone gardant son groupe O-H. Étape (2) : cette espèce chargée réagit avec l'éthanol CH3-CH2-O-H ; il se forme une espèce où le carbone central porte un groupe O-H, un autre groupe O-H et un oxygène chargé + lié à H et au groupe éthyle CH2-CH3. Les deux étapes sont des équilibres (doubles flèches).
  • Q.14. Identifier un intermédiaire réactionnel dans les étapes du mécanisme réactionnel ci-dessus, en justifiant.
  • Q.15. Recopier l'étape (1) et représenter par une flèche courbe le déplacement d'électrons. Justifier son sens.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

Q.2
Q.4
Q.5
Q.8
Q.12
Q.13
Q.14
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Réponses

  • Q.1 La température : la yaourtière porte le lait entre 37,537{,}5 et 45,045{,}0 °C, où la fermentation est rapide
  • Q.2 La fermentation commence vers t≈100t\approx 100 min
  • Q.3 L'acide lactique est naturellement présent dans le lait : CA(0)≈0,022 mol⋅L−1C_{A}(0)\approx 0{,}022\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}
  • Q.4 vapp=dCAdt≈5,4×10−4 mol⋅L−1⋅min−1≈9×10−6 mol⋅L−1⋅s−1v_{app}=\dfrac{\mathrm{d}C_{A}}{\mathrm{d}t}\approx 5{,}4\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot min^{-1}}\approx 9\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}
  • Q.5 VE≈8,6V_{E}\approx 8{,}6 mL, CA=0,129 mol⋅L−1C_{A}=0{,}129\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, Cm=11,6 g⋅L−1C_{m}=11{,}6\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, soit 116116 °D : yaourt brassé
  • Q.6 Ligne brisée de quatre carbones, C=O\mathrm{C{=}O} sur le quatrième, puis O\mathrm{O} et deux carbones
  • Q.7 Groupe −C(=O)−O−\mathrm{-C({=}O){-}O-} entouré : famille des esters
  • Q.8 L'acide butanoïque : bande large O−H\mathrm{O{-}H} acide de 2 500 à 3 300 cm−1\mathrm{cm^{-1}} et C=O\mathrm{C{=}O} vers 1 710 cm−1\mathrm{cm^{-1}}
  • Q.9 L'acide sulfurique (catalyseur) et le chauffage à reflux (température)
  • Q.10 Cyclohexane non miscible avec l'eau, où l'ester est plus soluble que dans l'eau salée
  • Q.11 Phase organique (cyclohexane, 0,78 g⋅mL−10{,}78\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}, avec l'ester) au-dessus de la phase aqueuse (eau salée, >1,00>1{,}00)
  • Q.12 neˊthanol=ρVM=0,69n_{\text{éthanol}}=\dfrac{\rho V}{M}=0{,}69 mol >0,44>0{,}44 mol, coefficients 11 et 11 : éthanol en excès
  • Q.13 η=33,7/116,00,44=0,66\eta=\dfrac{33{,}7/116{,}0}{0{,}44}=0{,}66, soit 6666 % : équilibre non total et pertes
  • Q.14 L'acide protoné formé à l'étape (1) et consommé à l'étape (2)
  • Q.15 Flèche du doublet non liant de l'oxygène du C=O\mathrm{C{=}O} (site donneur) vers H+\mathrm{H^{+}} (site accepteur)

Q.1. Le facteur cinétique mis en jeu est la température. Le texte d'introduction précise que la multiplication des bactéries qui forment l'acide lactique n'est efficace qu'entre 37,537{,}5 °C et 45,045{,}0 °C, et qu'à température trop basse le yaourt « ne prendra pas » en huit heures : la transformation serait alors trop lente. Or le lait est versé à température ambiante (document 1), soit une vingtaine de degrés. La yaourtière assure un chauffage doux et progressif qui porte le mélange dans cet intervalle et l'y maintient : la température est plus élevée qu'à l'ambiante, donc la fermentation est plus rapide.

Le chauffage doit rester « doux » : au-dessus de 4545 °C le yaourt devient trop acide, et à très haute température les micro-organismes sont tués (c'est le principe même du lait UHT décrit au document 1). On peut ajouter que les ferments jouent le rôle de catalyseurs biologiques, mais la question porte sur ce qu'apporte la yaourtière : la température.

Q.2. Sur le document 2, la concentration CAC_{A} reste constante, voisine de 0,022 mol⋅L−10{,}022\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, de t=0t=0 à t=100t=100 min : aucun acide lactique ne se forme. À partir de 120120 min, CAC_{A} augmente nettement et régulièrement. La fermentation commence donc vers t≈100t\approx 100 min (entre 100 et 120 min) : en prolongeant la droite qui passe au mieux par les points de 120 à 240 min jusqu'au palier, on retombe sur 100100 min, soit 1 h 40 environ.

Cette durée de latence correspond au temps nécessaire pour que le lait, parti de la température ambiante, atteigne la plage d'efficacité des bactéries et que celles-ci se multiplient suffisamment.

Q.3. Le texte d'introduction le dit : l'acide lactique est « naturellement présent dans le lait ». Les ferments n'ont pas encore agi à t=0t=0, mais le lait contient déjà de l'acide lactique, à la concentration CA(0)≈0,022 mol⋅L−1C_{A}(0)\approx 0{,}022\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, soit en masse 0,022×90,1≈2,0 g⋅L−10{,}022\times 90{,}1\approx 2{,}0\ \mathrm{g\cdot L^{-1}} (une vingtaine de degrés Dornic). La fermentation ne fait qu'augmenter ce taux.

Q.4. La vitesse volumique d'apparition de l'acide lactique est la dérivée de sa concentration par rapport au temps : vapp=dCAdtv_{app}=\dfrac{\mathrm{d}C_{A}}{\mathrm{d}t}. Graphiquement, c'est le coefficient directeur de la tangente à la courbe CA(t)C_{A}(t) à la date considérée.

Démarche : une fois la fermentation commencée, de 120120 à 240240 min, les points du document 2 sont pratiquement alignés. La tangente se confond donc avec la droite qui passe au mieux par ces points, et la vitesse est à peu près constante. On calcule son coefficient directeur avec deux points éloignés de cette droite, par exemple (120 min ; 0,033 mol⋅L−1)(120\ \mathrm{min}\ ;\ 0{,}033\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}) et (240 min ; 0,098 mol⋅L−1)(240\ \mathrm{min}\ ;\ 0{,}098\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}) :

vapp=0,098−0,033240−120=0,065120=5,4×10−4 mol⋅L−1⋅min−1v_{app}=\dfrac{0{,}098-0{,}033}{240-120}=\dfrac{0{,}065}{120}=5{,}4\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot min^{-1}}, soit, en divisant par 6060, vapp≈9,0×10−6 mol⋅L−1⋅s−1v_{app}\approx 9{,}0\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}. Une régression linéaire sur les sept points donne 5,5×10−4 mol⋅L−1⋅min−15{,}5\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot min^{-1}} : toute valeur comprise entre 55 et 6×10−4 mol⋅L−1⋅min−16\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot min^{-1}} traduit une lecture correcte.

Erreur fréquente : calculer la pente entre t=0t=0 et t=240t=240 min, 0,098−0,022240=3,2×10−4 mol⋅L−1⋅min−1\dfrac{0{,}098-0{,}022}{240}=3{,}2\times 10^{-4}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot min^{-1}}. Ce calcul mélange la phase de latence et la fermentation, et sous-estime la vitesse demandée « lorsque la fermentation a commencé ». L'unité doit aussi figurer : le temps du graphe est en minutes, alors que l'énoncé parle de t=0t=0 s.

Q.5. Démarche en quatre temps : repérer l'équivalence du titrage, en déduire la concentration en quantité de matière d'acide lactique, la convertir en concentration en masse, puis en degrés Dornic.

Équivalence. Avant l'équivalence, l'acide lactique, acide faible peu dissocié, est remplacé par des ions lactate A−\mathrm{A^{-}} et des ions sodium Na+\mathrm{Na^{+}} apportés par la soude : la conductivité croît lentement. Après l'équivalence, les ions hydroxyde HO−\mathrm{HO^{-}}, de conductivité ionique molaire très élevée, et les ions Na+\mathrm{Na^{+}} s'accumulent sans réagir : la conductivité croît beaucoup plus vite. On trace la droite qui passe au mieux par les points de 00 à 88 mL et celle qui passe par les points de 1010 à 1818 mL ; elles se coupent à l'abscisse VE≈8,6V_{E}\approx 8{,}6 mL (le point à 99 mL, dans la zone arrondie du changement de pente, ne sert à tracer aucune des deux droites).

Concentration. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation support, coefficients 11 et 11 : nHA=nHO−n_{\mathrm{HA}}=n_{\mathrm{HO^{-}}}, soit CA×VA=CB×VEC_{A}\times V_{A}=C_{B}\times V_{E}. D'où CA=CB×VEVA=0,150×8,610,0=0,129 mol⋅L−1C_{A}=\dfrac{C_{B}\times V_{E}}{V_{A}}=\dfrac{0{,}150\times 8{,}6}{10{,}0}=0{,}129\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} (les deux volumes en millilitres, leur rapport est sans unité).

Concentration en masse et degré Dornic. Cm=CA×M=0,129×90,1=11,6 g⋅L−1C_{m}=C_{A}\times M=0{,}129\times 90{,}1=11{,}6\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}. Un degré Dornic valant 0,10{,}1 g d'acide lactique par litre, le yaourt titre 11,60,1≈116\dfrac{11{,}6}{0{,}1}\approx 116 °D.

Conclusion. 116116 °D est compris entre 100100 et 120120 °D : le yaourt testé est un yaourt brassé. La conclusion résiste à la précision de la lecture : on trouve un yaourt brassé pour tout volume équivalent compris entre 7,407{,}40 mL (100100 °D) et 8,888{,}88 mL (120120 °D), et une lecture raisonnable donne entre 8,48{,}4 et 8,88{,}8 mL, soit 114114 à 119119 °D. On suppose, comme l'énoncé, que l'acide lactique est le seul acide titré.

Erreur fréquente : placer l'équivalence au premier point où la pente change à l'œil, vers 99 ou 1010 mL, sans tracer les deux droites. Avec VE=10V_{E}=10 mL on trouverait 135135 °D, hors des deux catégories : le tracé des droites n'est pas une formalité.

Q.6. Dans une formule topologique, la chaîne carbonée est une ligne brisée : chaque extrémité et chaque sommet porte un atome de carbone, les atomes d'hydrogène liés aux carbones ne sont pas écrits, les autres atomes (ici les deux atomes d'oxygène) sont écrits. Le butanoate d'éthyle CH3−CH2−CH2−C(=O)−O−CH2−CH3\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}C({=}O){-}O{-}CH_{2}{-}CH_{3}} donne une ligne brisée de quatre carbones, le quatrième portant un O\mathrm{O} par une double liaison, puis un O\mathrm{O} dans la chaîne, puis deux carbones (voir la formule tracée sous le corrigé). On vérifie la formule brute C6H12O2\mathrm{C_{6}H_{12}O_{2}} : six sommets ou extrémités carbonés, deux oxygènes.

Q.7. Le groupe caractéristique est le groupe ester, −C(=O)−O−\mathrm{-C({=}O){-}O-} : l'atome de carbone doublement lié à un oxygène et simplement lié à un second oxygène, lui-même lié à un carbone. On l'entoure sur la formule topologique (en entourant le carbone du groupe, ses deux oxygènes et les liaisons qui les unissent). La famille fonctionnelle est celle des esters, ce que confirme le nom en « -oate de ... yle ». Erreur fréquente : n'entourer que le C=O\mathrm{C{=}O}, qui est commun aux acides, aux aldéhydes, aux cétones et aux esters.

Q.8. On compare les liaisons qui distinguent les deux molécules du document 4 : l'acide butanoïque possède une liaison O−H\mathrm{O{-}H} d'acide carboxylique et une liaison C=O\mathrm{C{=}O} d'acide ; le butanoate d'éthyle n'a aucune liaison O−H\mathrm{O{-}H}, et sa liaison C=O\mathrm{C{=}O} est celle d'un ester.

Le spectre du document 6 présente une bande très large et intense qui s'étend d'environ 3 3003\,300 à 2 500 cm−12\,500\ \mathrm{cm^{-1}} : c'est la signature de la liaison O−H\mathrm{O{-}H} d'un acide carboxylique (document 5 : 2 5002\,500 à 3 200 cm−13\,200\ \mathrm{cm^{-1}}, forte à moyenne, large). Il présente aussi une bande fine et très intense vers 1 710 cm−11\,710\ \mathrm{cm^{-1}}, compatible avec la liaison C=O\mathrm{C{=}O} d'un acide (1 6801\,680 à 1 710 cm−11\,710\ \mathrm{cm^{-1}}). Le spectre est donc celui de l'acide butanoïque.

Piège : la bande C=O\mathrm{C{=}O} seule ne permet pas de conclure, car 1 710 cm−11\,710\ \mathrm{cm^{-1}} est à la limite des intervalles de l'acide et de l'ester (1 7001\,700 à 1 740 cm−11\,740\ \mathrm{cm^{-1}}). C'est la bande large de l'O−H\mathrm{O{-}H} acide, impossible pour un ester, qui tranche. Les pointes fines vers 3 000 cm−13\,000\ \mathrm{cm^{-1}}, posées sur cette bande large, sont celles des liaisons C−H\mathrm{C{-}H} de la chaîne carbonée.

Q.9. Deux opérations du protocole agissent sur la vitesse de formation de l'ester. À l'étape 1, l'ajout d'acide sulfurique concentré : il apporte les ions H+\mathrm{H^{+}} qui catalysent l'estérification (on les voit intervenir à l'étape (1) du mécanisme), et un catalyseur accélère la transformation sans modifier son état final. À l'étape 2, le chauffage à reflux : la température est un facteur cinétique, et le réfrigérant à reflux condense les vapeurs et les renvoie dans le ballon, ce qui permet de chauffer longtemps sans perdre ni réactifs ni produits.

L'excès d'éthanol (étape 1) augmente la concentration d'un réactif, ce qui accélère aussi la transformation au départ, mais son rôle principal est ailleurs : il déplace l'équilibre et améliore le rendement, qui n'est pas une vitesse.

Q.10. Pour extraire une espèce d'une phase aqueuse, le solvant extracteur doit remplir deux conditions : être non miscible avec l'eau, pour former deux phases que l'ampoule à décanter sépare, et dissoudre l'espèce mieux que la phase aqueuse. Le cyclohexane remplit les deux d'après le document 7 : il est non miscible avec l'eau, et le butanoate d'éthyle y a une solubilité moyenne, bien meilleure que sa solubilité très faible dans l'eau salée. L'ester passe donc dans le cyclohexane.

L'éthanol, où l'ester est pourtant très soluble, ne conviendrait pas : il est miscible avec l'eau et ne formerait pas deux phases. L'eau salée ajoutée avant le cyclohexane renforce le partage, puisque l'ester y est encore moins soluble que dans l'eau pure (relargage). Enfin, le cyclohexane est ensuite éliminé par distillation à l'étape 6 pour récupérer l'ester.

Q.11. Schéma attendu (tracé sous le corrigé) : une ampoule à décanter avec son bouchon en haut et son robinet en bas, contenant deux phases séparées par une interface horizontale, la phase organique au-dessus et la phase aqueuse au-dessous.

Justification : la phase organique est constituée essentiellement de cyclohexane, de masse volumique 0,78 g⋅mL−10{,}78\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}, dans lequel est dissous l'ester ; la phase aqueuse est de l'eau salée, de masse volumique supérieure à 1,00 g⋅mL−11{,}00\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}, qui contient aussi l'éthanol en excès (miscible avec l'eau), l'acide sulfurique et l'eau formée. La phase la moins dense surnage : la phase organique, qui contient le butanoate d'éthyle, est la phase supérieure. Erreur fréquente : raisonner sur la masse volumique de l'ester seul, qui n'est pas la phase, ou placer en haut la phase « où il y a le plus de liquide ».

Q.12. Quantité de matière d'éthanol introduite : neˊthanol=mM=ρ×VM=0,79×40,046,0=6,9×10−1n_{\text{éthanol}}=\dfrac{m}{M}=\dfrac{\rho\times V}{M}=\dfrac{0{,}79\times 40{,}0}{46{,}0}=6{,}9\times 10^{-1} mol (masse ρV=31,6\rho V=31{,}6 g, masse volumique de l'éthanol lue au document 7).

L'équation de la réaction met l'acide et l'éthanol en jeu avec les coefficients 11 et 11 : on compare directement les quantités de matière. neˊthanol=0,69n_{\text{éthanol}}=0{,}69 mol >nacide=0,44>n_{acide}=0{,}44 mol, donc l'acide butanoïque est le réactif limitant et l'éthanol est bien en excès (d'environ 0,250{,}25 mol). L'avancement maximal vaut xmax=nacide=4,4×10−1x_{max}=n_{acide}=4{,}4\times 10^{-1} mol. Erreur fréquente : comparer les volumes, égaux ici (40,040{,}0 mL de chaque), ce qui ne dit rien des quantités de matière.

Q.13. Le rendement est le quotient de la quantité de produit obtenue par la quantité maximale attendue si la transformation était totale : η=nesternmax\eta=\dfrac{n_{\text{ester}}}{n_{max}} avec nmax=xmax=4,4×10−1n_{max}=x_{max}=4{,}4\times 10^{-1} mol. Quantité d'ester obtenue : nester=33,7116,0=0,291n_{\text{ester}}=\dfrac{33{,}7}{116{,}0}=0{,}291 mol. D'où η=0,2910,44=0,66\eta=\dfrac{0{,}291}{0{,}44}=0{,}66, soit 6666 %. Même résultat par les masses : mmax=0,44×116,0=51m_{max}=0{,}44\times 116{,}0=51 g et 33,751,0=0,66\dfrac{33{,}7}{51{,}0}=0{,}66. Deux chiffres significatifs, comme naciden_{acide}.

Commentaire : le rendement est inférieur à 100100 % pour deux raisons. D'abord, l'estérification est une transformation non totale qui conduit à un équilibre (double flèche de l'équation) : l'acide n'est jamais entièrement consommé, même avec un excès d'éthanol, qui ne fait que déplacer l'équilibre vers l'ester. Ensuite, des pertes ont lieu pendant les transvasements, l'extraction (un peu d'ester reste dans la phase aqueuse) et la distillation. Pour l'améliorer, on pourrait augmenter encore l'excès d'éthanol ou éliminer l'eau au fur et à mesure qu'elle se forme. Erreur fréquente : prendre la quantité d'éthanol comme quantité maximale, ce qui donnerait 4242 % : le maximum est fixé par le réactif limitant.

Q.14. Un intermédiaire réactionnel est une espèce formée au cours d'une étape du mécanisme et consommée dans une étape suivante : elle n'apparaît pas dans l'équation de la réaction. C'est le cas du cation produit à l'étape (1), CH3−CH2−CH2−C(=O+−H)−OH\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}C({=}O^{+}{-}H){-}OH} (l'acide butanoïque protoné sur l'oxygène doublement lié) : il est formé à l'étape (1), puis consommé comme réactif à l'étape (2), et il est absent de l'équation de synthèse.

Le produit de l'étape (2), qui porte un oxygène chargé ++ lié au groupe éthyle, est lui aussi un intermédiaire réactionnel : il n'apparaît pas dans l'équation et sera consommé dans les étapes suivantes, non représentées. Piège : l'ion H+\mathrm{H^{+}} n'est pas un intermédiaire. Il est consommé à l'étape (1) et régénéré à la fin du mécanisme, sans figurer dans l'équation : c'est le catalyseur (apporté par l'acide sulfurique, question Q.9).

Q.15. La flèche courbe part d'un doublet non liant de l'atome d'oxygène doublement lié et pointe vers l'ion H+\mathrm{H^{+}} (voir l'étape (1) recopiée sous le corrigé). Elle représente la formation de la nouvelle liaison O−H\mathrm{O{-}H}.

Justification du sens : une flèche courbe va toujours d'un site donneur de doublet d'électrons vers un site accepteur. L'atome d'oxygène est un site donneur : il porte deux doublets non liants et, plus électronégatif que le carbone, une charge partielle négative δ−\delta^{-}. L'ion H+\mathrm{H^{+}} est un site accepteur : il n'a plus aucun électron et présente une lacune électronique. Vérification sur les charges : en mettant en commun l'un de ses doublets, l'oxygène porte désormais la charge ++, ce qui est bien la charge du produit de l'étape (1) ; la charge totale +1+1 se conserve. Erreur fréquente : faire partir la flèche de H+\mathrm{H^{+}}, qui n'a aucun électron à céder.

501001502002500,020,040,060,080,10,12pente ≈ 5,4 × 10⁻⁴ mol/(L·min)début vers 100 mint (min)CA (mol/L)
Q.4 : palier jusqu'à 100 min, puis droite de pente 5,4 × 10⁻⁴ mol·L⁻¹·min⁻¹ (points du document 2)
24681012141618205001000150020002500VE ≈ 8,6 mLV (mL)σ (µS/cm)
Q.5 : les deux droites du titrage conductimétrique se coupent à VE ≈ 8,6 mL (points du document 3)
OOgroupe ester
Q.6 et Q.7 : formule topologique du butanoate d'éthyle, groupe ester entouré
phase organique : cyclohexaneet butanoate d'éthyle (0,78 g/mL)phase aqueuse : eau salée, éthanol(plus de 1,00 g/mL)
Q.11 : ampoule à décanter, la phase organique moins dense au-dessus
CH₃CH₂CH₂COOH+H⁺
Q.15 : étape (1), flèche courbe du doublet non liant de l'oxygène vers l'ion H⁺ (le produit est celui de l'énoncé)

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Exercice 2 : Le trombone de Koenig

5 points Ondes, Doppler et interférences

Le trombone de Koenig est un dispositif permettant de déterminer la célérité des ondes acoustiques. Il est composé de deux tubes en U emboîtés l'un dans l'autre. Le premier est fixe, le second est mobile. Un haut-parleur, alimenté par un générateur de basse fréquence, émet un son de fréquence fixe. Un microphone branché sur un oscilloscope mesure le signal à la sortie du dispositif. On suppose que les ondes ont la même amplitude dans les deux tubes et que leur propagation a lieu sans amortissement.

Lorsque le tube mobile est enfoncé au maximum (décalage nul), le dispositif est symétrique et les deux chemins suivis par les ondes ont la même longueur.

Lorsque le tube mobile est tiré, les deux chemins suivis sont différents : les ondes interfèrent.

D'après la Mission de Sauvegarde du Patrimoine Scientifique Technique Contemporain (patstec.fr)

  • Photographie du trombone de Koenig sur son socle en bois : deux tubes métalliques en U emboîtés formant une boucle allongée, avec une règle graduée au centre. Le cornet d'entrée du signal sonore est en haut, le cornet de sortie en bas ; à gauche le tube en U fixe, à droite le tube en U mobile.
    Figure 1. Trombone de Koenig
  • L'objectif de cet exercice est de déterminer la célérité des ondes acoustiques dans l'air à 20 °C.
  • Schéma du trombone : le GBF alimente un haut-parleur placé en haut ; l'onde part vers la gauche dans le tube fixe et vers la droite dans le tube mobile, décalé vers la droite d'une petite distance d. Les deux ondes se rejoignent en bas devant le micro. Dans l'agrandissement, l'onde venant de gauche arrive à un minimum quand celle venant de droite repart d'un maximum : elles sont décalées d'une demi-période.
    Figure 2. Le tube mobile est décalé vers la droite d'une distance d (le sens de propagation des signaux est représenté par une flèche) : Expérience 1
  • Même schéma avec un décalage D plus grand du tube mobile. Dans l'agrandissement au niveau du micro, les deux ondes qui arrivent sont en phase : les maximums de l'une coïncident avec ceux de l'autre.
    Figure 3. Le tube mobile est décalé vers la droite d'une distance D (le sens de propagation des signaux est représenté par une flèche) : Expérience 2
  • Q.1. Justifier en quoi le trombone de Koenig est un dispositif qui vérifie les conditions nécessaires à l'observation d'interférences au niveau du microphone.
  • Sur l'écran de l'oscilloscope, on observe la figure suivante :
    • la voie CH1 est reliée au GBF ;
    • la voie CH2 est reliée au microphone.
  • Écran d'oscilloscope, 2,0 V par division sur les deux voies. Voie CH1 (GBF) : une sinusoïde de grande amplitude, environ trois divisions crête à crête et demie. Voie CH2 (microphone) : une sinusoïde de même période mais d'amplitude presque nulle, quasiment plate.
    Figure 4. Écran d'oscilloscope
  • Q.2. Préciser le type d'interférences observé sur la figure 4 et justifier si celle-ci est associée à l'expérience 1 ou à l'expérience 2.
  • Pour l'expérience 2, on définit δ\delta, la différence de marche à l'instant tt entre l'onde circulant dans le tube en U fixe et l'onde circulant dans le tube en U mobile.
  • Q.3. Exprimer δ\delta en fonction de DD.
  • Q.4. Rappeler la relation entre δ\delta et λ\lambda, la longueur d'onde du signal sonore, dans le cas d'interférences constructives. On introduira dans cette relation un nombre entier positif kk.
  • Q.5. Montrer, à l'aide des questions 3 et 4, que pour tout kk entier positif, la distance de décalage correspondante DkD_{k}, conduisant à des interférences constructives, peut se mettre sous la forme : Dk=k2×vfD_{k}=\dfrac{k}{2}\times\dfrac{v}{f}
    avec vv : célérité de l'onde sonore dans le trombone en m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}} ;
    ff : fréquence de l'onde sonore dans le trombone en Hz.
  • La plus petite distance de décalage D1D_{1} permettant d'observer à l'écran des interférences constructives est D1=4,35D_{1}=4{,}35 cm pour une fréquence de l'onde sonore f=4 032f=4\,032 Hz.
  • Q.6. En déduire la valeur de la célérité de l'onde sonore se propageant dans le trombone de Koenig.
  • On souhaite automatiser la détermination de la célérité vv des ondes acoustiques, en exploitant toutes les valeurs DkD_{k} mesurées, à l'aide du programme écrit en langage python ci-dessous.
  • Programme Python de 17 lignes. Ligne 1 : from statistics import mean. Ligne 3 : D=[4.32e-2,8.7e-2,13.1e-2,17.4e-2,21.6e-2], décalage en mètre de la partie mobile du trombone. Ligne 4 : k=[1,2,3,4,5], nombre de décalage permettant l'obtention d'interférences constructives. Ligne 5 : f=4032. Ligne 6 : v=[]. Ligne 8 : for i in range(len(D)):, i prend les valeurs successives 0,1,2,3,4. Ligne 9 : vi=2*f*D[i]/k[i]. Ligne 10 : v.append(vi). Ligne 12 : vson=round(mean(v)), qui calcule la moyenne vson des grandeurs contenues dans la liste v. Ligne 14 : print('La vitesse moyenne du son dans le trombone est', vson, 'm/s'). Ligne 16 : Lambda=... Ligne 17 : print('La longueur d'onde de l'onde acoustique dans le trombone est', Lambda, 'm').
    Figure 5. Programme permettant de déterminer la célérité et la longueur d'onde des ondes acoustiques
  • Q.7. Expliquer l'intérêt des lignes 8, 9 dans le programme.
  • Q.8. Proposer à la ligne 16, à l'aide des grandeurs définies dans le programme, une formule permettant de calculer la longueur d'onde λ\lambda (Lambda) des ondes acoustiques.

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Q.2
Q.6
Q.8
Voir la correction

Réponses

  • Q.1 Une seule source pour les deux ondes : même fréquence et déphasage constant, ondes cohérentes
  • Q.2 Interférences destructives (CH2 quasi nul) : expérience 1, ondes en opposition de phase
  • Q.3 δ=2D\delta=2D
  • Q.4 δ=kλ\delta=k\lambda, kk entier positif
  • Q.5 2Dk=kλ2D_{k}=k\lambda et λ=vf\lambda=\dfrac{v}{f}, donc Dk=k2×vfD_{k}=\dfrac{k}{2}\times\dfrac{v}{f}
  • Q.6 v=2fD1=351 m⋅s−1v=2fD_{1}=351\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q.7 Boucle sur les cinq mesures : une célérité vi=2fDkkv_{i}=\dfrac{2fD_{k}}{k} par décalage, puis la moyenne
  • Q.8 Lambda = vson / f, soit λ≈8,7×10−2\lambda\approx 8{,}7\times 10^{-2} m

Q.1. Deux ondes interfèrent de façon observable (figure d'interférences stable) si elles sont cohérentes : même fréquence et déphasage constant au cours du temps. Dans le trombone, un seul haut-parleur alimenté par un seul GBF émet l'onde ; elle se partage à l'entrée entre le tube fixe et le tube mobile, et les deux ondes se recombinent au niveau du microphone. Issues de la même source, elles ont la même fréquence et un déphasage qui ne dépend que de la différence des longueurs des deux chemins, fixée par le décalage du tube mobile : il est constant dans le temps. Les conditions sont réunies, et l'énoncé ajoute que les deux ondes ont la même amplitude, ce qui rendra l'extinction totale en cas d'interférences destructives.

Erreur fréquente : répondre « deux sources qui ont la même fréquence ». Deux haut-parleurs alimentés par deux GBF réglés sur la même fréquence ne donnent pas un déphasage constant ; l'astuce du dispositif est justement de ne partir que d'une seule source.

Q.2. Sur la figure 4, la voie CH1 (GBF) montre une sinusoïde de grande amplitude, alors que la voie CH2 (microphone), réglée sur la même sensibilité de 2,0 V/div2{,}0\ \mathrm{V/div}, montre un signal presque plat : l'onde résultante au niveau du micro a une amplitude quasi nulle. Les deux ondes s'annulent : ce sont des interférences destructives.

Il faut donc que les deux ondes arrivent au micro en opposition de phase. C'est le cas de l'expérience 1 : dans l'agrandissement de la figure 2, l'onde venant du tube fixe arrive sur un minimum quand celle venant du tube mobile arrive sur un maximum, elles sont décalées d'une demi-période. Dans l'agrandissement de la figure 3 (expérience 2), au contraire, les deux ondes arrivent en phase, ce qui donne des interférences constructives et un signal de grande amplitude au micro.

Q.3. Quand on tire le tube en U mobile d'une distance DD, ses deux branches horizontales s'allongent chacune de DD : le trajet de l'onde dans le tube mobile augmente de DD à l'aller (vers la droite) et de DD au retour (vers le micro), alors que celui du tube fixe ne change pas. Comme les deux chemins avaient la même longueur au décalage nul, la différence de marche vaut δ=2D\delta=2D. Erreur fréquente : écrire δ=D\delta=D, en oubliant que l'onde parcourt le décalage deux fois.

Q.4. Les interférences sont constructives quand les deux ondes arrivent en phase, c'est-à-dire quand la différence de marche est un multiple entier de la longueur d'onde : δ=kλ\delta=k\lambda, avec kk entier positif. (Elles sont destructives pour δ=(k+12)λ\delta=\left(k+\dfrac{1}{2}\right)\lambda, cas de l'expérience 1.)

Q.5. On combine Q.3 et Q.4 : pour un décalage DkD_{k} conduisant à des interférences constructives, 2Dk=kλ2D_{k}=k\lambda. La longueur d'onde est la distance parcourue par l'onde pendant une période : λ=v×T=vf\lambda=v\times T=\dfrac{v}{f}. D'où 2Dk=kvf2D_{k}=k\dfrac{v}{f}, soit Dk=k2×vfD_{k}=\dfrac{k}{2}\times\dfrac{v}{f}, l'expression annoncée. Les décalages constructifs successifs sont donc espacés de λ2\dfrac{\lambda}{2}.

Q.6. La plus petite distance correspond à k=1k=1 : D1=12×vfD_{1}=\dfrac{1}{2}\times\dfrac{v}{f}, donc v=2 f D1v=2\,f\,D_{1}. Avec D1=4,35 cm=4,35×10−2D_{1}=4{,}35\ \mathrm{cm}=4{,}35\times 10^{-2} m : v=2×4 032×4,35×10−2=351 m⋅s−1v=2\times 4\,032\times 4{,}35\times 10^{-2}=351\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} (trois chiffres significatifs, comme D1D_{1}). La longueur d'onde vaut λ=2D1=8,70\lambda=2D_{1}=8{,}70 cm.

Vérification : la célérité du son dans l'air à 2020 °C est de l'ordre de 343 m⋅s−1343\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} ; la valeur trouvée en est proche (écart relatif d'environ 22 %), ce qui est cohérent pour une mesure à la règle d'une distance de quelques centimètres. Erreur fréquente : oublier de convertir D1D_{1} en mètres, ce qui donne 35 07835\,078, un résultat absurde qui doit alerter.

Q.7. La ligne 8 ouvre une boucle bornée : l'indice ii prend successivement les valeurs 0,1,2,3,40, 1, 2, 3, 4, une par décalage mesuré (la liste DD en contient cinq). La ligne 9 applique à chaque mesure la relation de Q.5 retournée, v=2 f Dkkv=\dfrac{2\,f\,D_{k}}{k}, avec le décalage D[i]D[i] et l'entier k[i]k[i] qui lui correspond. L'intérêt : on calcule automatiquement une valeur de la célérité pour CHAQUE décalage mesuré, au lieu de se contenter de D1D_{1} ; la ligne 10 range ces valeurs dans la liste vv et la ligne 12 en fait la moyenne. Moyenner cinq mesures indépendantes réduit l'influence des erreurs aléatoires de lecture.

Avec les valeurs du programme, les cinq célérités valent environ 348348, 351351, 352352, 351351 et 348 m⋅s−1348\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, de moyenne 350 m⋅s−1350\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, affichée 350350 après l'arrondi de la ligne 12. On remarque que la liste du programme commence par 4,32×10−24{,}32\times 10^{-2} m, alors que le texte annonce D1=4,35D_{1}=4{,}35 cm : les deux valeurs diffèrent de moins de 1 %, sans conséquence sur la conclusion.

Q.8. D'après Q.5, λ=vf\lambda=\dfrac{v}{f}. Avec les grandeurs définies dans le programme, la ligne 16 s'écrit : Lambda = vson / f (la célérité moyenne calculée à la ligne 12 divisée par la fréquence définie à la ligne 5). Le programme affichera alors 3504 032≈0,0868\dfrac{350}{4\,032}\approx 0{,}0868 m, soit λ≈8,7\lambda\approx 8{,}7 cm, en accord avec 2D12D_{1} de Q.6. Erreur fréquente : écrire Lambda = vson * f, qui n'a pas la dimension d'une longueur (m⋅s−2\mathrm{m\cdot s^{-2}}).

python
Lambda = vson / f

Exercice 3 : La viscosité du glycérol

6 points Modéliser l'écoulement d'un fluide : Archimède et BernoulliMouvement dans un champ uniformeMesure, incertitudes et chiffres significatifs

La viscosité est une grandeur physico-chimique caractéristique d'un fluide qui traduit la résistance de ce fluide au mouvement. Plus la viscosité du fluide est élevée, plus le fluide s'écoule difficilement. La valeur de la viscosité dépend de la température du fluide et elle s'exprime en kg⋅m−1⋅s−1\mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}.

La viscosité peut être mesurée expérimentalement à l'aide d'un viscosimètre à chute de bille de laboratoire (voir photo).

Au lycée, on peut concevoir un viscosimètre analogue à celui de la photo à l'aide d'une éprouvette graduée remplie du fluide étudié au sein de laquelle on étudie la chute d'une bille métallique sphérique. L'objectif de cet exercice est d'étudier la fiabilité des mesures obtenues à l'aide d'un tel viscosimètre.

  • 1. Étude théorique de la chute d'une bille sphérique métallique dans un fluide
  • On étudie le mouvement d'une bille métallique sphérique de masse mm, de rayon RR lâchée sans vitesse initiale dans une éprouvette graduée remplie d'un fluide.
  • Le mouvement de chute de la bille étant rectiligne, on choisit un repère OzOz pour étudier ce mouvement. L'origine O du repère coïncide avec la position initiale du centre de masse G de la bille et l'axe est vertical et orienté vers le bas (voir le document 1).
  • Schéma d'une éprouvette verticale remplie de fluide. À gauche, un axe vertical z orienté vers le bas, d'origine O au niveau de la position initiale de la bille métallique (cercle gris) ; plus bas, la bille métallique (disque noir) en cours de chute dans le fluide.
    Document 1. Schéma du dispositif expérimental pour l'étude de la chute d'une bille dans un fluide
  • Au cours de sa chute, la bille est soumise à :
    • son poids P⃗\vec{P} ;
    • la poussée d'Archimède, notée π⃗A\vec{\pi}_{A}, exercée par le fluide sur la bille, verticale, vers le haut, de norme πA=ρF×VF×g\pi_{A}=\rho_{F}\times V_{F}\times g.
    avec : ρF\rho_{F} est la masse volumique du fluide dans lequel la bille chute en kg⋅m−3\mathrm{kg\cdot m^{-3}} ;
    VFV_{F} est le volume de fluide déplacé en m3\mathrm{m^{3}} ;
    gg est l'intensité du champ de pesanteur.
    • la force de frottement exercée par le fluide sur la bille, notée F⃗\vec{F}, verticale, vers le haut, de norme F=k×vF=k\times v.
    avec : kk est une constante qui dépend de la viscosité du fluide ;
    vv est la vitesse de la bille à l'instant tt.
  • La bille est assimilée à son centre de masse G. On étudie son mouvement dans le référentiel terrestre supposé galiléen.
  • Q.1. Appliquer la seconde loi de Newton au centre de masse G de la bille et établir la relation entre le vecteur accélération a⃗\vec{a}, les forces P⃗\vec{P}, π⃗A\vec{\pi}_{A}, F⃗\vec{F} et la masse mm de la bille.
  • Q.2. Montrer alors que la valeur vv de la vitesse de la bille vérifie l'équation différentielle suivante : m dvdt=− kv+mg−ρF VF gm\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=-\,kv+mg-\rho_{F}\,V_{F}\,g équation (1)
  • On admet que la solution de l'équation différentielle précédente est de la forme : v=vlim×(1−e−tτ)v=v_{lim}\times\left(1-e^{-\frac{t}{\tau}}\right) où vlimv_{lim} est la vitesse limite atteinte par la bille et τ\tau est un temps caractéristique qui vaut : τ=mk\tau=\dfrac{m}{k} expression (2)
  • Une résolution numérique de l'équation différentielle permet d'obtenir le graphe présenté sur le document 2 et montre l'existence d'une valeur limite de la vitesse vlimv_{lim}.
  • Le temps nécessaire pour que la bille atteigne la vitesse limite est proportionnelle au temps caractéristique τ\tau.
  • Vitesse de chute (axe vertical, sans graduation chiffrée) en fonction du temps t : la courbe part de zéro, croît rapidement puis s'infléchit et tend vers un palier horizontal, la vitesse limite vlim marquée par une droite en pointillés.
    Document 2. Évolution temporelle de la vitesse vv de chute de la bille dans le fluide
  • Q.3. Indiquer la nature du mouvement de la bille lorsque v=vlimv=v_{lim} et préciser alors la valeur de l'accélération de la bille.
  • Q.4. À l'aide de l'équation (1), exprimer la constante kk quand la vitesse atteint la valeur constante vlimv_{lim}.
  • Q.5. Déterminer l'unité de la constante kk à l'aide d'une analyse dimensionnelle ou d'une analyse utilisant les unités.
  • La constante kk peut aussi s'exprimer : k=6π×η×Rk=6\pi\times\eta\times R avec RR le rayon de la bille et η\eta la viscosité du fluide.
  • Q.6. Montrer que la viscosité du fluide s'exprime alors : η=g (m−ρF VF)6π R vlim\eta=\dfrac{g\,(m-\rho_{F}\,V_{F})}{6\pi\,R\,v_{lim}}.
  • Selon cette relation, on verra par la suite qu'il est possible d'évaluer η\eta par mesure de vlimv_{lim}, les autres paramètres étant connus.
  • 2. Fiabilité du viscosimètre du lycée : mesure de la viscosité du glycérol
  • Une éprouvette de volume 1 L est remplie de glycérol maintenu à la température de 20 °C.
  • À l'aide d'un chronomètre, on mesure la durée Δt\Delta t nécessaire à une bille en acier pour parcourir la distance entre deux graduations sur l'éprouvette. La première graduation doit être suffisamment éloignée de l'interface glycérol/air pour s'assurer que le régime permanent est atteint. La seconde graduation est choisie suffisamment éloignée de la première pour améliorer la précision de la mesure.
  • Données :
    • Masse de la bille : m=3,30×10−5m=3{,}30\times 10^{-5} kg ;
    • Volume de la bille : Vbille=4,19×10−9 m3V_{bille}=4{,}19\times 10^{-9}\ \mathrm{m^{3}} ;
    • Rayon de la bille : R=1,00×10−3R=1{,}00\times 10^{-3} m ;
    • Masse volumique du glycérol : ρ=1260 kg⋅m−3\rho=1260\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} ;
    • Intensité du champ de pesanteur : g=9,81 m⋅s−2g=9{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}} ;
    • Distance entre les deux graduations choisies sur l'éprouvette : L=5,0×10−1L=5{,}0\times 10^{-1} m.
  • Au cours d'une expérience n°1, on a mesuré une durée Δt=50,9\Delta t=50{,}9 s pour que la bille parcourt la distance LL séparant les deux graduations sur l'éprouvette.
  • Q.7. Montrer que la valeur de la vitesse vlimv_{lim} est égale à 9,82×10−3 m⋅s−19{,}82\times 10^{-3}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} au cours de l'expérience n°1.
  • Q.8. Calculer la viscosité du glycérol grâce aux données de l'expérience n°1.
  • Dans les mêmes conditions que l'expérience n°1, on a mesuré à nouveau 5 fois (expériences n°2 à 6) la viscosité du glycérol. Les résultats sont rassemblés dans le tableau du document 3.
  • Expériences123456
    η\eta à 20 °C (en kg⋅m−1⋅s−1\mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}})1,471,501,481,451,521,46
    Document 3. Valeurs de la viscosité du glycérol mesurées à 20 °C
  • Rappels :
    • pour une mesure XX réalisée NN fois, on attribue comme valeur à XX, la moyenne (arithmétique) X‾\overline{X} des valeurs de ces NN mesures. L'incertitude-type associée à cette valeur vaut u(X‾)=σn−1Nu(\overline{X})=\dfrac{\sigma_{n-1}}{\sqrt{N}} où σn−1\sigma_{n-1} est l'écart-type expérimental.
    • pour évaluer la compatibilité d'une valeur mesurée XX avec une valeur de référence XrefX_{ref}, on peut calculer le quotient : ∣X−Xref∣u(X)\dfrac{|X-X_{ref}|}{u(X)}.
  • Q.9. Calculer la valeur moyenne de la viscosité η‾\overline{\eta} et l'incertitude associée u(η‾)u(\overline{\eta}).
  • La valeur de référence de la viscosité du glycérol pur à 20 °C est ηref=1,49 kg⋅m−1⋅s−1\eta_{ref}=1{,}49\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}. L'écart-type expérimental de la série de mesures de la viscosité donnée au document 3 vaut : σn−1=2,6×10−2 kg⋅m−1⋅s−1\sigma_{n-1}=2{,}6\times 10^{-2}\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}.
  • Q.10. Conclure sur la fiabilité des mesures obtenues à l'aide du viscosimètre du lycée.

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Q.3
Q.5
Q.8
Q.9
Q.10
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Réponses

  • Q.1 P⃗+π⃗A+F⃗=m a⃗\vec{P}+\vec{\pi}_{A}+\vec{F}=m\,\vec{a}
  • Q.2 Projection sur OzOz vers le bas : mdvdt=mg−ρFVFg−kvm\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=mg-\rho_{F}V_{F}g-kv
  • Q.3 Mouvement rectiligne uniforme, a=0 m⋅s−2a=0\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}
  • Q.4 k=g (m−ρFVF)vlimk=\dfrac{g\,(m-\rho_{F}V_{F})}{v_{lim}}
  • Q.5 kk en kg⋅s−1\mathrm{kg\cdot s^{-1}} (dimension M⋅T−1M\cdot T^{-1})
  • Q.6 6πηR=g(m−ρFVF)vlim6\pi\eta R=\dfrac{g(m-\rho_{F}V_{F})}{v_{lim}}, donc η=g (m−ρFVF)6πR vlim\eta=\dfrac{g\,(m-\rho_{F}V_{F})}{6\pi R\,v_{lim}}
  • Q.7 vlim=LΔt=0,5050,9=9,82×10−3 m⋅s−1v_{lim}=\dfrac{L}{\Delta t}=\dfrac{0{,}50}{50{,}9}=9{,}82\times 10^{-3}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q.8 η=1,47 kg⋅m−1⋅s−1\eta=1{,}47\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}
  • Q.9 η‾=1,48 kg⋅m−1⋅s−1\overline{\eta}=1{,}48\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}, u(η‾)=σn−16=1,1×10−2 kg⋅m−1⋅s−1u(\overline{\eta})=\dfrac{\sigma_{n-1}}{\sqrt{6}}=1{,}1\times 10^{-2}\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}
  • Q.10 Quotient 0,94<20{,}94<2 : mesure compatible avec ηref\eta_{ref}, viscosimètre fiable

Q.1. Système : la bille, assimilée à son centre de masse G, de masse mm constante. Référentiel : terrestre, supposé galiléen. Forces : le poids P⃗\vec{P}, la poussée d'Archimède π⃗A\vec{\pi}_{A} et la force de frottement F⃗\vec{F}. La deuxième loi de Newton s'écrit ∑F⃗ext=m a⃗\sum\vec{F}_{ext}=m\,\vec{a}, soit ici P⃗+π⃗A+F⃗=m a⃗\vec{P}+\vec{\pi}_{A}+\vec{F}=m\,\vec{a}.

Q.2. On projette la relation vectorielle de Q.1 sur l'axe OzOz, vertical et orienté vers le bas. Le mouvement est rectiligne selon OzOz, vers le bas, donc la coordonnée de la vitesse est vz=v>0v_{z}=v>0 et celle de l'accélération az=dvdta_{z}=\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}.

Coordonnées des forces : le poids est vertical vers le bas, dans le sens de l'axe, Pz=+mgP_{z}=+mg ; la poussée d'Archimède est verticale vers le haut, πA,z=−ρFVF g\pi_{A,z}=-\rho_{F}V_{F}\,g ; le frottement est vertical vers le haut, Fz=−kvF_{z}=-kv. D'où m dvdt=mg−ρFVF g−kvm\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=mg-\rho_{F}V_{F}\,g-kv, c'est-à-dire m dvdt=−kv+mg−ρFVF gm\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=-kv+mg-\rho_{F}V_{F}\,g, l'équation (1). Erreur fréquente : oublier que l'axe est orienté vers le BAS, et affecter le signe −- au poids.

Q.3. Lorsque v=vlimv=v_{lim}, la valeur de la vitesse est constante et la trajectoire est une droite : le mouvement est rectiligne uniforme. Le vecteur vitesse étant constant, l'accélération est nulle : a=dvdt=0 m⋅s−2a=\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}. C'est cohérent avec le principe d'inertie : les trois forces se compensent alors, P⃗+π⃗A+F⃗=0⃗\vec{P}+\vec{\pi}_{A}+\vec{F}=\vec{0}. Sur le document 2, c'est le palier horizontal de la courbe, de pente nulle.

Q.4. Quand la vitesse atteint la valeur constante vlimv_{lim}, dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0 et l'équation (1) devient 0=−k vlim+mg−ρFVF g0=-k\,v_{lim}+mg-\rho_{F}V_{F}\,g. D'où k=mg−ρFVF gvlim=g (m−ρFVF)vlimk=\dfrac{mg-\rho_{F}V_{F}\,g}{v_{lim}}=\dfrac{g\,(m-\rho_{F}V_{F})}{v_{lim}}. On retrouve aussi ce résultat avec la forme admise : quand t→+∞t\to+\infty, e−t/τ→0e^{-t/\tau}\to 0 et v→vlimv\to v_{lim}.

Q.5. La force de frottement a pour norme F=k×vF=k\times v, donc k=Fvk=\dfrac{F}{v}. Une force s'exprime en newtons, et d'après la deuxième loi de Newton 1 N=1 kg⋅m⋅s−21\ \mathrm{N}=1\ \mathrm{kg\cdot m\cdot s^{-2}}. Donc kk s'exprime en kg⋅m⋅s−2m⋅s−1=kg⋅s−1\dfrac{\mathrm{kg\cdot m\cdot s^{-2}}}{\mathrm{m\cdot s^{-1}}}=\mathrm{kg\cdot s^{-1}}. En dimensions : [k]=M⋅L⋅T−2L⋅T−1=M⋅T−1[k]=\dfrac{M\cdot L\cdot T^{-2}}{L\cdot T^{-1}}=M\cdot T^{-1}.

Vérification avec l'expression (2) : τ=mk\tau=\dfrac{m}{k} s'exprime en kgkg⋅s−1=s\dfrac{\mathrm{kg}}{\mathrm{kg\cdot s^{-1}}}=\mathrm{s}, c'est bien un temps. Autre vérification, avec Q.4 : m⋅s−2×kgm⋅s−1=kg⋅s−1\dfrac{\mathrm{m\cdot s^{-2}}\times\mathrm{kg}}{\mathrm{m\cdot s^{-1}}}=\mathrm{kg\cdot s^{-1}}.

Q.6. On égale les deux expressions de kk, celle de Q.4 et k=6πηRk=6\pi\eta R : 6π η R=g (m−ρFVF)vlim6\pi\,\eta\,R=\dfrac{g\,(m-\rho_{F}V_{F})}{v_{lim}}, d'où η=g (m−ρF VF)6π R vlim\eta=\dfrac{g\,(m-\rho_{F}\,V_{F})}{6\pi\,R\,v_{lim}}. L'unité se vérifie : kg⋅s−1m=kg⋅m−1⋅s−1\dfrac{\mathrm{kg\cdot s^{-1}}}{\mathrm{m}}=\mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}, l'unité de viscosité annoncée en introduction.

Q.7. Entre les deux graduations, le régime permanent est atteint (la première graduation a été choisie loin de la surface pour cela) : la bille se déplace à vitesse constante vlimv_{lim}, et la distance parcourue est proportionnelle à la durée. Donc vlim=LΔt=5,0×10−150,9=9,82×10−3 m⋅s−1v_{lim}=\dfrac{L}{\Delta t}=\dfrac{5{,}0\times 10^{-1}}{50{,}9}=9{,}82\times 10^{-3}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, la valeur annoncée. Erreur fréquente : diviser par Δt\Delta t une distance mesurée depuis la surface, alors que la vitesse n'y est pas encore constante.

Q.8. La bille est entièrement immergée : le volume de fluide déplacé est celui de la bille, VF=Vbille=4,19×10−9 m3V_{F}=V_{bille}=4{,}19\times 10^{-9}\ \mathrm{m^{3}}, et ρF=ρ=1260 kg⋅m−3\rho_{F}=\rho=1260\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. Masse de glycérol déplacé : ρFVF=1260×4,19×10−9=5,28×10−6\rho_{F}V_{F}=1260\times 4{,}19\times 10^{-9}=5{,}28\times 10^{-6} kg, d'où m−ρFVF=3,30×10−5−5,28×10−6=2,77×10−5m-\rho_{F}V_{F}=3{,}30\times 10^{-5}-5{,}28\times 10^{-6}=2{,}77\times 10^{-5} kg.

Alors η=9,81×2,77×10−56π×1,00×10−3×9,82×10−3=2,72×10−41,85×10−4=1,47 kg⋅m−1⋅s−1\eta=\dfrac{9{,}81\times 2{,}77\times 10^{-5}}{6\pi\times 1{,}00\times 10^{-3}\times 9{,}82\times 10^{-3}}=\dfrac{2{,}72\times 10^{-4}}{1{,}85\times 10^{-4}}=1{,}47\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}, la valeur de l'expérience 1 du document 3. Trois chiffres significatifs, comme mm et vlimv_{lim}.

Erreur fréquente : prendre pour VFV_{F} le volume de l'éprouvette, 11 L : la poussée d'Archimède ne dépend que du volume immergé de la bille. Vérification a posteriori de l'hypothèse de Q.7 : k=6πηR=6π×1,47×1,00×10−3=2,77×10−2 kg⋅s−1k=6\pi\eta R=6\pi\times 1{,}47\times 1{,}00\times 10^{-3}=2{,}77\times 10^{-2}\ \mathrm{kg\cdot s^{-1}}, donc τ=mk=1,2×10−3\tau=\dfrac{m}{k}=1{,}2\times 10^{-3} s. La vitesse limite est atteinte en quelques millisecondes, donc bien avant la première graduation.

Q.9. Valeur moyenne des six mesures : η‾=1,47+1,50+1,48+1,45+1,52+1,466=8,886=1,48 kg⋅m−1⋅s−1\overline{\eta}=\dfrac{1{,}47+1{,}50+1{,}48+1{,}45+1{,}52+1{,}46}{6}=\dfrac{8{,}88}{6}=1{,}48\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}.

Écart-type expérimental (mode statistique de la calculatrice, ou formule σn−1=∑(ηi−η‾)2N−1\sigma_{n-1}=\sqrt{\dfrac{\sum(\eta_{i}-\overline{\eta})^{2}}{N-1}}) : les écarts à la moyenne valent −0,01-0{,}01 ; 0,020{,}02 ; 00 ; −0,03-0{,}03 ; 0,040{,}04 ; −0,02-0{,}02, la somme de leurs carrés 3,4×10−33{,}4\times 10^{-3}, d'où σn−1=3,4×10−35=2,6×10−2 kg⋅m−1⋅s−1\sigma_{n-1}=\sqrt{\dfrac{3{,}4\times 10^{-3}}{5}}=2{,}6\times 10^{-2}\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}, la valeur que l'énoncé donne ensuite.

Incertitude-type sur la moyenne : u(η‾)=σn−1N=2,6×10−26=1,1×10−2 kg⋅m−1⋅s−1u(\overline{\eta})=\dfrac{\sigma_{n-1}}{\sqrt{N}}=\dfrac{2{,}6\times 10^{-2}}{\sqrt{6}}=1{,}1\times 10^{-2}\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}. On écrit le résultat η‾=1,480\overline{\eta}=1{,}480 avec u(η‾)=0,011 kg⋅m−1⋅s−1u(\overline{\eta})=0{,}011\ \mathrm{kg\cdot m^{-1}\cdot s^{-1}}, la moyenne arrondie au même rang que l'incertitude. Erreur fréquente : diviser par N−1N-1 ou par NN au lieu de N\sqrt{N}.

Q.10. On calcule le quotient de compatibilité avec la valeur de référence : ∣η‾−ηref∣u(η‾)=∣1,48−1,49∣1,06×10−2=0,94\dfrac{|\overline{\eta}-\eta_{ref}|}{u(\overline{\eta})}=\dfrac{|1{,}48-1{,}49|}{1{,}06\times 10^{-2}}=0{,}94. Ce quotient est inférieur à 22 (critère usuel) : la valeur mesurée est compatible avec la valeur de référence. Avec uu arrondie à 0,0110{,}011, on trouve 0,910{,}91, même conclusion.

Le viscosimètre du lycée donne donc des mesures fiables : justes, puisque compatibles avec la référence, et précises, puisque l'incertitude-type relative ne vaut que 0,0111,48≈0,7\dfrac{0{,}011}{1{,}48}\approx 0{,}7 %. La précision tient au choix des graduations (régime permanent atteint et longue distance LL). Il faut néanmoins un glycérol pur et une température bien maintenue à 2020 °C, puisque la viscosité dépend de la température.

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