Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Centres étrangers jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Centres étrangers, jour 1

Épreuve du jeudi 12 juin 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Centres étrangers, jour 1 : l'épreuve du jeudi 12 juin 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points sur l'acide pélargonique du géranium rosat, 6 points sur un radar pédagogique équipé d'un panneau solaire et 5 points sur la face cachée de la Lune. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 est un exercice de chimie organique et de dosage : formule semi-développée et groupe carboxyle, identification par spectroscopie infrarouge, dilution, titrage pH-métrique suivi par la méthode de la dérivée, équivalence, incertitude-type composée et quotient ∣x−xref∣/u(x)|x-x_{\text{ref}}|/u(x) pour juger la compatibilité avec l'étiquette, puis mécanisme réactionnel de l'estérification, flèche courbe, intermédiaire réactionnel et rôle du catalyseur. L'exercice 2 mesure le rendement d'un panneau photovoltaïque sur ses caractéristiques I(U)I(U) et P(U)P(U), puis la vitesse d'un chariot de trois façons : par pointage d'un enregistrement, sur les courbes x(t)x(t) et vx(t)v_{x}(t), et par effet Doppler avec des ultrasons. L'exercice 3 applique la deuxième loi de Newton dans le repère de Frenet au mouvement circulaire de la Lune, jusqu'à la période de révolution et à la rotation synchrone, calcule des longueurs d'onde et une durée de transmission par satellite relais, puis traite la radioactivité alpha du radium, la demi-vie et la décroissance radioactive du radon 222.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : le facteur de dilution oublié, qui rend l'étiquette faussement non conforme, et un quotient de compatibilité très sensible à la lecture du volume équivalent (exercice 1, Q.8) ; la vitesse par pointage, qui se calcule sur deux intervalles 2τ2\tau et non sur la durée de l'enregistrement (exercice 2, Q.4) ; le trajet du signal vers la face cachée, qui passe par le relais et non en ligne droite (exercice 3, Q.6).

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Autour du géranium rosat

9 points Déterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validitéAvancement et dosagesSynthèse organique et mécanismesMesure, incertitudes et chiffres significatifs

L'acide pélargonique, espèce chimique extraite des feuilles du géranium rosat, entre dans la composition des produits phytosanitaires de désherbage en agriculture biologique. En nomenclature officielle, l'acide pélargonique se nomme acide nonanoïque.

Cet exercice s'intéresse successivement à l'identification et au dosage de l'acide pélargonique contenu dans un désherbant, puis à la synthèse d'un des composants d'un produit cosmétique à partir de l'acide nonanoïque.

Données :
• Table des bandes d'absorption IR :

Liaisonσ\sigma (cm−1\mathrm{cm^{-1}})Intensité
O − H alcool3200 – 3400Forte et large
O − H acide carboxylique2500 – 3200Forte à moyenne, large
C = O ester1700 – 1740Forte et fine
C = O aldéhyde1720 – 1740Forte et fine
C = O cétone1705 – 1725Forte et fine
C = O acide carboxylique1680 – 1710Forte et fine
  • 1. Identification de la substance active du désherbant
  • La formule topologique de la molécule d'acide pélargonique (ou acide nonanoïque) est donnée ci-après :
  • Formule topologique de l'acide nonanoïque : une chaîne en zigzag de huit atomes de carbone terminée par un carbone qui porte un atome d'oxygène doublement lié (O) et un groupe OH.
  • Q.1. Écrire la formule semi-développée de l'acide nonanoïque. Entourer le groupe caractéristique de la molécule puis nommer la famille fonctionnelle associée.
  • Pour vérifier la nature de l'espèce chimique contenue dans le flacon de désherbant, différents contrôles sont effectués parmi lesquels une analyse par spectroscopie infrarouge (IR).
  • Le spectre d'absorption IR de l'échantillon obtenu est représenté ci-après :
  • Spectre IR de l'échantillon, transmittance relative de 0 à 100 en fonction du nombre d'ondes de 4000 à 400 cm-1 : une bande très large et intense de 3300 à 2500 cm-1 environ, avec deux pointes fines vers 2950 et 2850 cm-1 ; une bande fine et très intense vers 1700 cm-1 (transmittance proche de 5) ; plusieurs bandes moyennes entre 1450 et 1200 cm-1 et une bande large vers 940 cm-1.
    Source : d'après Unisciel, uel.unisciel.fr
  • Q.2. Justifier que le spectre de l'échantillon peut correspondre à celui de l'acide nonanoïque.
  • 2. Dosage de l'espèce chimique active du désherbant
  • Sur l'étiquette du flacon de désherbant, on peut lire les informations suivantes :
  • « Le désherbant concentré est une solution polyvalente idéale pour éliminer facilement les mauvaises herbes du jardin. Sa formulation à partir d'acide pélargonique à 250 g⋅L−1250\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, une substance active d'origine végétale, est sans danger pour vos animaux domestiques qui peuvent revenir sur les surfaces traitées dès que le produit est sec ».
  • Pour vérifier la concentration en masse en acide pélargonique (ou acide nonanoïque) du désherbant, on réalise un dosage par titrage à l'aide d'un suivi pH-métrique. La solution commerciale est diluée 10 fois. On obtient une solution notée S dont on prélève VA=10,0V_{A}=10{,}0 mL que l'on titre par une solution aqueuse d'hydroxyde de sodium (Na+(aq), HO−(aq))(\mathrm{Na^{+}(aq)},\ \mathrm{HO^{-}(aq)}) de concentration en quantité de matière CB=0,100 mol⋅L−1C_{B}=0{,}100\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} avec une incertitude-type u(CB)=0,002 mol⋅L−1u(C_{B})=0{,}002\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • On dispose de fioles jaugées (50,0 mL ; 100,0 mL ; 200,0 mL), et de pipettes jaugées (2,0 mL ; 10,0 mL ; 25,0 mL).
  • Données :
    • Masse molaire de l'acide nonanoïque : M(acide nonanoı¨que)=158,24 g⋅mol−1M(\text{acide nonanoïque})=158{,}24\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • Incertitudes-types notées sur la verrerie :
  • VV (pipette jaugée de)2,0 mL10,0 mL25,0 mL
    u(V)u(V)0,01 mL0,02 mL0,03 mL
    Incertitudes-types notées sur la verrerie
  • • Incertitude-type sur la lecture graphique du volume équivalent : u(VE)=0,5u(V_{E})=0{,}5 mL ;
    • Incertitude-type u(A)u(A) d'une grandeur AA : si A=X×YZA=\dfrac{X\times Y}{Z} alors u(A)=A×(u(X)X)2+(u(Y)Y)2+(u(Z)Z)2u(A)=A\times\sqrt{\left(\dfrac{u(X)}{X}\right)^{2}+\left(\dfrac{u(Y)}{Y}\right)^{2}+\left(\dfrac{u(Z)}{Z}\right)^{2}} ;
    • Pour discuter de la compatibilité du résultat d'une mesure AmesA_{\text{mes}} avec une valeur de référence ArefA_{\text{ref}}, on peut utiliser le quotient ∣Ames−Aref∣u(A)\dfrac{|A_{\text{mes}}-A_{\text{ref}}|}{u(A)} avec AmesA_{\text{mes}} la valeur mesurée, ArefA_{\text{ref}} la valeur de référence et u(A)u(A) l'incertitude-type de la valeur mesurée AmesA_{\text{mes}}.
    • Courbe de suivi pH-métrique du titrage de la solution S :
  • Courbe pH-métrique (trait noir) et sa dérivée dpH/dV (tirets gris, axe de droite) en fonction du volume de soude versé, de 0 à 25 mL. Le pH part de 4,6, monte à 6 vers 1 mL puis lentement jusqu'à 8 vers 16 mL, fait un saut entre 16 et 18 mL et se stabilise vers 12. La dérivée présente un pic unique, de hauteur 1,9 environ, pour un volume voisin de 16,9 mL, juste avant la graduation secondaire de 17 mL.
    Courbe de suivi pH-métrique du titrage de la solution S
  • Q.3. Sélectionner, parmi la verrerie disponible, celle qui est à utiliser pour effectuer la dilution de la solution commerciale nonanoïque. Justifier la réponse.
  • Q.4. Réaliser un schéma du dispositif permettant d'effectuer ce titrage pH-métrique et nommer la verrerie et les solutions.
  • Q.5. Écrire l'équation de la réaction support du titrage entre l'ion hydroxyde et l'acide nonanoïque. On utilisera la notation R−COOH\mathrm{R-COOH} pour désigner l'acide nonanoïque.
  • Q.6. Sélectionner parmi les termes suivants, la ou les qualité(s) que doit posséder la réaction support du titrage : lente, rapide, unique, multiple, totale, non-totale.
  • Q.7. Définir l'équivalence d'un titrage.
  • Q.8. Vérifier que la concentration en masse d'acide nonanoïque indiquée sur le flacon est compatible avec le résultat du dosage pH-métrique.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • 3. Synthèse du nonanoate de méthyle
  • Le nonanoate de méthyle est une espèce chimique que l'on retrouve notamment dans les cosmétiques. La synthèse du nonanoate de méthyle peut être réalisée au laboratoire à partir de méthanol et d'acide nonanoïque, en présence d'acide sulfurique (2 H+(aq)+SO42−(aq))(2\,\mathrm{H^{+}(aq)}+\mathrm{SO_{4}^{2-}(aq)}), selon la réaction d'équation :
  • Équation de synthèse en formules topologiques : acide nonanoïque plus méthanol (HO lié à un CH3) donnent, de façon réversible (double flèche), le nonanoate de méthyle (la chaîne de l'acide dont le groupe OH est remplacé par O lié à un CH3) plus une espèce X.
  • Q.9. Indiquer la famille chimique à laquelle appartient le nonanoate de méthyle.
  • La réaction de synthèse peut être décomposée en plusieurs étapes élémentaires selon le mécanisme réactionnel suivant :
  • Mécanisme en cinq étapes, chaque étape avec une double flèche. Étape 1 : R-C(=O)-OH plus H+ donne R-C(=O+H)-OH, l'oxygène doublement lié portant désormais H et une charge +. Étape 2 : cet ion plus CH3-OH donne un carbone tétraédrique lié à R, à HO, à OH et à un oxygène chargé + qui porte CH3 et H. Étape 3 : ce H passe sur un des groupes OH : le carbone porte R, HO, O-CH3 et un groupe O+H2. Étape 4 : cet ion donne R-C+(OH)-O-CH3, carbone chargé +, plus X. Étape 5 : l'ion R-C(=O+H)-O-CH3 donne l'ester R-C(=O)-O-CH3 plus H+. Les doublets non liants sont dessinés sur les atomes d'oxygène.
  • Q.10. Recopier l'étape 1 sur la copie. Représenter la flèche courbe dans cette étape. Justifier son sens.
  • Q.11. Écrire la formule de la molécule X produite à l'étape 4 du mécanisme. Justifier.
  • Q.12. Recopier la formule d'un intermédiaire réactionnel au sein du mécanisme réactionnel de formation du nonanoate de méthyle et justifier le choix effectué.
  • Q.13. Indiquer le rôle de l'acide sulfurique introduit dans le mélange initial. Justifier.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

Q.1
Q.3
Q.6
Q.8
Q.9
Q.11
Q.13
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Réponses

  • Q.1 CH3−(CH2)7−COOH\mathrm{CH_{3}-(CH_{2})_{7}-COOH} ; groupe carboxyle ; acides carboxyliques
  • Q.2 Bande O−H\mathrm{O-H} acide très large (3 3003\,300 à 2 500 cm−12\,500\ \mathrm{cm^{-1}}) et bande C=O\mathrm{C=O} fine vers 1 700 cm−11\,700\ \mathrm{cm^{-1}} : acide carboxylique
  • Q.3 Pipette jaugée de 10,010{,}0 mL et fiole jaugée de 100,0100{,}0 mL (F=10F=10)
  • Q.4 Burette (soude CBC_{B}), bécher (VA=10,0V_{A}=10{,}0 mL de S), sonde et pH-mètre, agitateur magnétique
  • Q.5 R−COOH(aq)+HO−(aq)→R−COO−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{R-COOH(aq)+HO^{-}(aq)\rightarrow R-COO^{-}(aq)+H_{2}O(\ell)}
  • Q.6 Rapide, unique et totale
  • Q.7 Réactifs titré et titrant introduits dans les proportions stœchiométriques
  • Q.8 VE≈16,9V_{E}\approx 16{,}9 mL, Cm=267 g⋅L−1C_{m}=267\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, u=9,6 g⋅L−1u=9{,}6\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, quotient 1,8<21{,}8<2 : compatible
  • Q.9 Ester
  • Q.10 Flèche d'un doublet non liant de l'oxygène de C=O\mathrm{C=O} (donneur) vers H+\mathrm{H^{+}} (accepteur)
  • Q.11 X=H2O\mathrm{X=H_{2}O}
  • Q.12 Par exemple R−C(=O+H)−OH\mathrm{R-C(=O^{+}H)-OH}, formé à l'étape 1 et consommé à l'étape 2
  • Q.13 Catalyseur : H+\mathrm{H^{+}} consommé à l'étape 1, régénéré à l'étape 5

Q.1. Dans une formule topologique, chaque sommet et chaque extrémité de la ligne brisée porte un atome de carbone, complété par autant d'atomes d'hydrogène qu'il faut pour qu'il forme quatre liaisons. On compte huit carbones dans le zigzag, plus le carbone qui porte O\mathrm{O} et OH\mathrm{OH} : neuf atomes de carbone, comme l'annonce le préfixe « non- » de nonanoïque. La formule semi-développée montre toutes les liaisons sauf celles avec l'hydrogène :

CH3−CH2−CH2−CH2−CH2−CH2−CH2−CH2−C(=O)−OH\mathrm{CH_{3}-CH_{2}-CH_{2}-CH_{2}-CH_{2}-CH_{2}-CH_{2}-CH_{2}-C(=O)-OH}

Sur la copie, la double liaison C=O\mathrm{C=O} se dessine verticalement au-dessus du dernier carbone, et l'on entoure ensemble l'atome de carbone, l'oxygène doublement lié et le groupe OH\mathrm{OH} : c'est le groupe carboxyle −COOH-\mathrm{COOH}. Famille fonctionnelle : les acides carboxyliques, ce que confirme le nom « acide ...oïque ». Erreur fréquente : entourer seulement C=O\mathrm{C=O} (groupe carbonyle, celui des aldéhydes et des cétones) ou seulement OH\mathrm{OH} (celui des alcools) ; le groupe carboxyle est l'ensemble des deux, portés par le même carbone.

Q.2. On confronte les bandes du spectre à la table de données, liaison par liaison. Deux bandes signent un acide carboxylique.

• Une bande forte et très large qui s'étend d'environ 3 3003\,300 à 2 500 cm−12\,500\ \mathrm{cm^{-1}} : c'est la bande O−H\mathrm{O-H} d'un acide carboxylique (2 5002\,500 à 3 200 cm−13\,200\ \mathrm{cm^{-1}}, forte à moyenne, large). Les deux pointes fines qui la surmontent vers 2 900 cm−12\,900\ \mathrm{cm^{-1}} sont les liaisons C−H\mathrm{C-H} de la longue chaîne carbonée.
• Une bande forte et fine vers 1 700 cm−11\,700\ \mathrm{cm^{-1}}, la plus intense du spectre : c'est la liaison C=O\mathrm{C=O} d'un acide carboxylique (1 6801\,680 à 1 710 cm−11\,710\ \mathrm{cm^{-1}}).

La bande C=O\mathrm{C=O} seule ne suffirait pas : un ester (1 7001\,700 à 1 7401\,740), un aldéhyde ou une cétone absorbent dans la même zone. C'est sa présence AVEC la bande O−H\mathrm{O-H} très élargie, qui descend jusque vers 2 500 cm−12\,500\ \mathrm{cm^{-1}} (une bande O−H\mathrm{O-H} d'alcool resterait entre 3 2003\,200 et 3 4003\,400), qui désigne le groupe carboxyle. Le spectre est donc celui d'un acide carboxylique, ce qui est compatible avec l'acide nonanoïque. D'où la prudence de l'énoncé, « peut correspondre » : la spectroscopie IR identifie des liaisons, pas une molécule précise, et tous les acides à longue chaîne ont un spectre très voisin.

Q.3. Diluer 10 fois, c'est préparer une solution fille dont la concentration est dix fois plus petite : le facteur de dilution vaut F=CmeˋreCfille=VfioleVpipette=10F=\dfrac{C_{\text{mère}}}{C_{\text{fille}}}=\dfrac{V_{\text{fiole}}}{V_{\text{pipette}}}=10, puisque la quantité de matière prélevée à la pipette se retrouve entière dans la fiole. On cherche donc une fiole jaugée dont le volume vaut dix fois celui d'une pipette jaugée disponible.

Les associations possibles donnent 50,02,0=25\dfrac{50{,}0}{2{,}0}=25, 100,02,0=50\dfrac{100{,}0}{2{,}0}=50, 200,02,0=100\dfrac{200{,}0}{2{,}0}=100, 50,010,0=5\dfrac{50{,}0}{10{,}0}=5, 100,010,0=10\dfrac{100{,}0}{10{,}0}=10, 200,010,0=20\dfrac{200{,}0}{10{,}0}=20, 50,025,0=2\dfrac{50{,}0}{25{,}0}=2, 100,025,0=4\dfrac{100{,}0}{25{,}0}=4 et 200,025,0=8\dfrac{200{,}0}{25{,}0}=8. Une seule convient : la pipette jaugée de 10,010{,}0 mL et la fiole jaugée de 100,0100{,}0 mL. Protocole : prélever 10,010{,}0 mL de solution commerciale à la pipette jaugée, les verser dans la fiole de 100,0100{,}0 mL, compléter à l'eau distillée aux trois quarts, agiter, compléter jusqu'au trait de jauge, puis homogénéiser. On utilise de la verrerie jaugée, et non une éprouvette ou un bécher, parce que la précision de la dilution se reporte directement sur la concentration mesurée.

Q.4. Le schéma attendu, légendé : une burette graduée fixée sur un support, remplie de la solution titrante d'hydroxyde de sodium (Na+(aq), HO−(aq))(\mathrm{Na^{+}(aq)},\ \mathrm{HO^{-}(aq)}) de concentration CB=0,100 mol⋅L−1C_{B}=0{,}100\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} ; sous elle, un bécher contenant la prise d'essai VA=10,0V_{A}=10{,}0 mL de solution S, prélevée à la pipette jaugée de 10,010{,}0 mL (solution titrée) ; dans le bécher, la sonde pH-métrique (électrode combinée) reliée au pH-mètre ; un barreau aimanté posé au fond du bécher, entraîné par un agitateur magnétique.

On peut ajouter de l'eau distillée dans le bécher pour que la sonde soit bien immergée : la quantité d'acide à titrer ne change pas, donc le volume équivalent non plus. Le pH-mètre doit avoir été étalonné avec des solutions tampons avant le titrage. Erreur fréquente : oublier l'agitation, sans laquelle le pH lu au voisinage de la sonde ne représente pas la solution, ou inverser les solutions (le réactif titrant, de concentration connue, est toujours dans la burette).

Q.5. La réaction support est une réaction acide-base entre l'acide nonanoïque, acide du couple R−COOH/R−COO−\mathrm{R-COOH/R-COO^{-}}, et l'ion hydroxyde, base du couple H2O/HO−\mathrm{H_{2}O/HO^{-}} :

R−COOH(aq)+HO−(aq)⟶R−COO−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{R-COOH(aq)+HO^{-}(aq)\longrightarrow R-COO^{-}(aq)+H_{2}O(\ell)}

L'acide cède un proton H+\mathrm{H^{+}} à l'ion hydroxyde. La flèche simple dit que la réaction est considérée comme totale, condition d'un titrage (question suivante). On vérifie la conservation des éléments et des charges : une charge négative de chaque côté. Les ions sodium sont spectateurs et n'apparaissent pas.

Q.6. La réaction support d'un titrage doit être rapide, unique et totale. Rapide, pour que chaque ajout de soude réagisse aussitôt et que le pH lu corresponde à l'état final après chaque ajout ; unique, pour que les ions hydroxyde versés ne réagissent qu'avec l'acide à titrer, sans quoi la relation à l'équivalence serait fausse ; totale, pour que tout l'acide ait réagi à l'équivalence et que le volume équivalent mesure exactement sa quantité de matière.

Q.7. L'équivalence d'un titrage est l'état du système pour lequel les réactifs titré et titrant ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de la réaction support : ils sont alors entièrement consommés tous les deux. C'est aussi l'instant où le réactif limitant change : avant l'équivalence, l'ion hydroxyde versé est limitant ; après, c'est l'acide, qui a disparu. Ici, les nombres stœchiométriques valant 1, l'équivalence se traduit par nacide, initial=nHO−,verseˊn_{\text{acide, initial}}=n_{\mathrm{HO^{-}},\text{versé}}, soit CS VA=CB VEC_{S}\,V_{A}=C_{B}\,V_{E}.

Q.8. Démarche : lire le volume équivalent, en déduire la concentration de S, puis celle du désherbant et sa concentration en masse, évaluer l'incertitude-type et comparer à la valeur de l'étiquette par le quotient proposé.

Volume équivalent. Par la méthode de la dérivée, l'équivalence correspond à l'extremum de dpHdV\dfrac{\mathrm{dpH}}{\mathrm{d}V}, c'est-à-dire au point d'inflexion du saut de pH. Le pic de la dérivée se lit juste avant la graduation secondaire de 1717 mL : VE≈16,9V_{E}\approx 16{,}9 mL. La méthode des tangentes parallèles donne la même valeur au dixième près.

Concentration de S. À l'équivalence, CS VA=CB VEC_{S}\,V_{A}=C_{B}\,V_{E} (Q.7), donc CS=CB VEVA=0,100×16,910,0=0,169 mol⋅L−1C_{S}=\dfrac{C_{B}\,V_{E}}{V_{A}}=\dfrac{0{,}100\times 16{,}9}{10{,}0}=0{,}169\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Les volumes sont dans la même unité, inutile de les convertir.

Désherbant. La solution commerciale est dix fois plus concentrée que S : C=10 CS=1,69 mol⋅L−1C=10\,C_{S}=1{,}69\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, et sa concentration en masse vaut Cm=C×M=1,69×158,24=267 g⋅L−1C_{m}=C\times M=1{,}69\times 158{,}24=267\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}. En une seule expression : Cm=10 M CB VEVAC_{m}=\dfrac{10\,M\,C_{B}\,V_{E}}{V_{A}}.

Incertitude-type. L'expression est de la forme X×YZ\dfrac{X\times Y}{Z} avec X=CBX=C_{B}, Y=VEY=V_{E} et Z=VAZ=V_{A}, le facteur 1010 et la masse molaire étant considérés comme exacts. La prise d'essai est faite à la pipette jaugée de 10,010{,}0 mL, d'où u(VA)=0,02u(V_{A})=0{,}02 mL. Alors u(Cm)Cm=(0,0020,100)2+(0,516,9)2+(0,0210,0)2=4,0×10−4+8,8×10−4+4×10−6=0,036\dfrac{u(C_{m})}{C_{m}}=\sqrt{\left(\dfrac{0{,}002}{0{,}100}\right)^{2}+\left(\dfrac{0{,}5}{16{,}9}\right)^{2}+\left(\dfrac{0{,}02}{10{,}0}\right)^{2}}=\sqrt{4{,}0\times 10^{-4}+8{,}8\times 10^{-4}+4\times 10^{-6}}=0{,}036, soit u(Cm)=267×0,036=9,6 g⋅L−1u(C_{m})=267\times 0{,}036=9{,}6\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}. Le terme dominant est la lecture graphique du volume équivalent ; celui de la pipette est négligeable.

Compatibilité. ∣Cm,mes−Cm,ref∣u(Cm)=∣267−250∣9,6=1,8\dfrac{|C_{m,\text{mes}}-C_{m,\text{ref}}|}{u(C_{m})}=\dfrac{|267-250|}{9{,}6}=1{,}8. Le quotient est inférieur à 22 : la valeur de l'étiquette, 250 g⋅L−1250\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, est compatible avec le résultat du dosage. Le quotient est cependant proche de la limite : avec une lecture VE=17,0V_{E}=17{,}0 mL, on trouverait Cm=269 g⋅L−1C_{m}=269\ \mathrm{g\cdot L^{-1}} et un quotient de 2,02{,}0. La conclusion dépend donc de la précision de la lecture, et une copie qui lit 1717 mL et conclut « à la limite de la compatibilité » est cohérente. Vérification par l'autre sens : l'étiquette prévoit C=250158,24=1,58 mol⋅L−1C=\dfrac{250}{158{,}24}=1{,}58\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, donc un volume équivalent de 15,815{,}8 mL, à un peu plus de deux u(VE)u(V_{E}) de la lecture.

Erreur fréquente : oublier le facteur de dilution. On trouverait alors 26,7 g⋅L−126{,}7\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, dix fois trop peu, et l'on conclurait à tort que le produit est non conforme.

Q.9. Le nonanoate de méthyle porte le groupe −C(=O)−O−-\mathrm{C(=O)-O-} : un carbone doublement lié à un oxygène et simplement lié à un second oxygène, lui-même lié à un carbone (ici celui du groupe méthyle). C'est un ester, et son nom est celui d'un ester : « ...oate de ...yle », formé à partir de l'acide nonanoïque et du méthanol. La réaction de la partie 3 est une estérification.

Q.10. On recopie l'étape 1 telle qu'elle est donnée : l'acide R−C(=O)−OH\mathrm{R-C(=O)-OH}, avec les doublets non liants des oxygènes, plus l'ion H+\mathrm{H^{+}}, donnent l'ion R−C(=O+−H)−OH\mathrm{R-C(=O^{+}-H)-OH}. La flèche courbe part d'un doublet non liant de l'atome d'oxygène doublement lié au carbone et pointe vers l'ion H+\mathrm{H^{+}}.

Justification du sens : une flèche courbe représente le déplacement d'un doublet d'électrons, et elle va toujours d'un site donneur vers un site accepteur de doublet. L'atome d'oxygène, porteur de doublets non liants et plus électronégatif que le carbone, est un site donneur (riche en électrons) ; l'ion H+\mathrm{H^{+}}, qui n'a aucun électron et porte une charge positive, est un site accepteur. Le doublet devient la nouvelle liaison O−H\mathrm{O-H}, ce qui explique que l'oxygène porte une charge ++ dans le produit : il a mis en commun un doublet qui lui appartenait en propre. Erreur fréquente : faire partir la flèche de H+\mathrm{H^{+}} vers l'oxygène ; une flèche part toujours des électrons, et H+\mathrm{H^{+}} n'en a pas.

Q.11. X est la molécule d'eau, H2O\mathrm{H_{2}O}. Justification par la conservation : à gauche de l'étape 4, le carbone central porte R\mathrm{R}, un groupe OH\mathrm{OH}, un groupe O−CH3\mathrm{O-CH_{3}} et un groupe −O+H2\mathrm{-O^{+}H_{2}} (oxygène lié à deux hydrogènes et chargé ++) ; à droite, l'ion R−C+(OH)−O−CH3\mathrm{R-C^{+}(OH)-O-CH_{3}} a perdu ce dernier groupe. La différence est un atome d'oxygène et deux atomes d'hydrogène, et la charge vaut +1+1 des deux côtés, donc X est neutre : H2O\mathrm{H_{2}O}.

Le doublet de la liaison C−O\mathrm{C-O} part avec l'oxygène chargé, qui redevient neutre : l'eau est un excellent groupe partant, et c'est tout l'intérêt de l'étape 3, qui protone le groupe OH\mathrm{OH} pour le transformer en −OH2+\mathrm{-OH_{2}^{+}}. Recoupement : dans l'équation de synthèse, l'acide et le méthanol donnent l'ester et X, et le bilan des atomes (C9H18O2+CH4O→C10H20O2+X\mathrm{C_{9}H_{18}O_{2}+CH_{4}O\rightarrow C_{10}H_{20}O_{2}+X}) laisse bien H2O\mathrm{H_{2}O}.

Q.12. Un intermédiaire réactionnel est une espèce formée au cours d'une étape puis consommée dans une étape suivante : il n'apparaît ni parmi les réactifs ni parmi les produits de l'équation de la réaction. Exemple : l'ion R−C(=O+−H)−OH\mathrm{R-C(=O^{+}-H)-OH}, l'acide protoné. Il est produit à l'étape 1 et consommé à l'étape 2, et ne figure pas dans l'équation de synthèse. Les espèces formées aux étapes 2, 3 et 4 conviennent aussi, pour la même raison.

Piège : H+\mathrm{H^{+}} n'est pas un intermédiaire réactionnel. Il est consommé avant d'être formé (étape 1, puis étape 5) et il est présent dès l'état initial : c'est la définition d'un catalyseur, objet de la question suivante.

Q.13. L'acide sulfurique, entièrement dissocié en 2 H+(aq)+SO42−(aq)2\,\mathrm{H^{+}(aq)}+\mathrm{SO_{4}^{2-}(aq)}, apporte les ions H+\mathrm{H^{+}}, qui jouent le rôle de catalyseur. Justification par le mécanisme : H+\mathrm{H^{+}} est consommé à l'étape 1 et régénéré à l'étape 5, en même quantité ; il n'apparaît donc pas dans l'équation de la réaction. Il accélère la transformation en ouvrant ce chemin réactionnel : en se fixant sur l'oxygène du groupe carbonyle, il rend l'atome de carbone plus déficitaire en électrons, donc plus facilement attaqué par l'oxygène du méthanol à l'étape 2. Un catalyseur modifie la vitesse de la transformation mais pas son état final : le rendement de cette estérification, limité par l'équilibre (double flèche), n'est pas changé par l'acide sulfurique.

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Exercice 2 : Radar pédagogique équipé d'un panneau solaire

6 points Ondes, Doppler et interférencesL'effet photoélectrique : photon, seuil et cellule photovoltaïqueMouvement, Newton et champs

Le radar pédagogique est un équipement implanté en bordure de chaussée pour indiquer à l'usager :
- la vitesse à laquelle il circule,
- un message d'alerte si sa vitesse est supérieure à celle qui est autorisée.

Un radar pédagogique (figure 1) est composé de plusieurs éléments :
- un support de fixation rigide ;
- un caisson comportant un écran pour l'affichage ;
- un capteur permettant de détecter les véhicules en circulation ;
- un panneau solaire photovoltaïque.

Données :
• Panneau solaire photovoltaïque :
◦ dimensions : 850 mm x 950 mm ;
◦ puissance lumineuse reçue : Plum=E×SP_{\text{lum}}=E\times S avec EE l'éclairement en W⋅m−2\mathrm{W\cdot m^{-2}} et SS la surface du panneau en m2\mathrm{m^{2}} ;
◦ rendement annoncé : 20 % ;
• Éclairement moyen dans la commune où est placé le radar : E=600 W⋅m−2E=600\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}.

Dans un premier temps, cet exercice s'intéresse au panneau solaire photovoltaïque qui assure l'alimentation électrique du radar pédagogique puis, dans un second temps, au fonctionnement du radar pour mesurer la vitesse d'un véhicule.

  • Photographie d'un radar pédagogique sur son mât : en haut le panneau solaire incliné, au milieu le caisson pour affichage avec capteur intégré qui affiche « VOUS ROULEZ À 56 » et « DANGER », en bas le support de fixation.
    Figure 1. Ensemble des éléments qui constituent un radar pédagogique
  • 1. Alimentation électrique du radar : le panneau solaire photovoltaïque
  • Associé à une batterie, le radar est alimenté électriquement grâce à un panneau solaire photovoltaïque.
  • Afin de vérifier le rendement du panneau, on réalise le montage électrique suivant :
  • Schéma électrique : le panneau solaire photovoltaïque, éclairé par le flux lumineux incident, alimente en série un ampèremètre A et un conducteur ohmique de résistance R variable ; un voltmètre V est branché en dérivation aux bornes du panneau. Le courant I et la tension U aux bornes du panneau sont fléchés.
    Figure 2. Schéma électrique
  • L'intensité II du courant électrique ainsi que la tension électrique UU aux bornes du panneau sont mesurées. Les graphiques de la figure 3 représentent, pour différents éclairements, l'évolution de l'intensité II et de la puissance électrique PP fournis par le panneau en fonction de la tension UU aux bornes du panneau :
  • Caractéristiques du panneau pour cinq éclairements, de 200 à 1000 W·m-2, en fonction de la tension U de 0 à 35 V. En tirets bleus, l'intensité I (axe de gauche, 0 à 10 A) : presque constante puis chute vers 28 à 30 V ; pour 600 W·m-2, environ 5,1 A à faible tension. En traits rouges, la puissance P (axe de droite, 0 à 200 W) : chaque courbe croît, passe par un maximum puis s'annule vers 28 à 30 V ; maxima d'environ 30 W (200 W·m-2), 65 W (400), 100 W (600) vers 22 V, 140 W (800) et 198 W (1000).
    Figure 3. Caractéristiques du panneau photovoltaïque
  • Q.1. Justifier, en utilisant la figure 3, le fait que dans les conditions d'éclairement du radar, la puissance électrique maximale fournie est Pm=100P_{m}=100 W.
  • Q.2. Calculer la valeur du rendement η\eta du panneau photovoltaïque. Conclure.
  • 2. Fonctionnement du radar
  • Un capteur radar est constitué d'un émetteur et d'une antenne réceptrice.
  • L'émetteur lance de très brefs signaux électromagnétiques dans le domaine des micro-ondes à la fréquence fEf_{E}.
  • Schéma : à gauche le radar émet une onde incidente vers une voiture située à droite, qui renvoie une onde réfléchie vers le radar ; le vecteur vitesse de la voiture est dirigé vers la droite.
    Figure 4. Schéma de principe de fonctionnement d'un radar
  • Les véhicules situés dans le champ de l'émetteur réfléchissent les signaux reçus, qui sont ensuite captés par l'antenne. Celle-ci détermine la fréquence fRf_{R} du signal reçu.
  • Q.3. Décrire qualitativement l'effet Doppler.
  • Dans le cadre d'une étude expérimentale réalisable en classe, le capteur radar est modélisé par un émetteur E et un récepteur R d'ondes ultrasonores, fixes et placés l'un à côté de l'autre sur un banc. Une plaque modélisant le véhicule en déplacement est fixée sur un chariot mobile.
  • En haut, photographie du banc Doppler : à gauche le chariot mobile et sa plaque, à droite l'émetteur E et le récepteur R d'ondes ultrasonores côte à côte. En bas, schéma : repère d'origine O à gauche, axe x horizontal dirigé vers la droite le long du banc ; la plaque fixée sur le chariot mobile est près de l'origine, l'émetteur et le récepteur sont à l'autre extrémité, à droite.
    Figure 5. Dispositif expérimental
  • Le chariot mobile se déplace horizontalement le long du banc, dans le référentiel terrestre supposé galiléen.
  • Données :
    • Température de l'air à l'intérieur de la pièce : θ=21,0\theta=21{,}0 °C
    • Dans tout l'exercice :
    ◦ les forces de frottements exercées par l'air et le banc sur le chariot sont négligées ;
    ◦ la vitesse de déplacement du chariot vchariotv_{\text{chariot}} est supposée constante.
    • Vitesse de propagation vv des ondes sonores dans l'air en fonction de la température :
  • θ\theta (°C)vv (m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}})
    15,0340,61
    16,0341,21
    17,0341,82
    18,0342,43
    19,0343,03
    20,0343,64
    21,0344,25
    22,0344,85
    Vitesse de propagation des ondes sonores dans l'air en fonction de la température (tableau transposé)
  • • Expression du décalage Doppler pour le capteur radar : Δf=2×fE×vchariotv\Delta f=2\times f_{E}\times\dfrac{v_{\text{chariot}}}{v}
    avec fEf_{E} et Δf\Delta f en Hz, vchariotv_{\text{chariot}} et vv en m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}}.
  • Mesure de la vitesse du chariot grâce à un pointage
  • Le pointage à intervalles de temps réguliers d'un point du chariot, matérialisé par le « + » (figure 6), est réalisé afin d'obtenir la trajectoire du chariot (figure 7).
  • Photographie du chariot sur le banc gradué : une étiquette blanche portant une croix « + » est collée sur le chariot ; c'est ce point qui est pointé.
    Figure 6. Chariot
  • Positions successives M0 à M13 du point pointé, marquées par des croix sur un axe x gradué en millimètres de 0 à 40 : M0 à 0 ; M1 vers 3,5 ; M2 vers 7,0 ; M3 vers 10,0 ; M4 vers 13,1 ; M5 vers 16,6 ; M6 vers 19,6 ; M7 vers 22,7 ; M8 vers 26,2 ; M9 vers 29,3 ; M10 vers 32,8 ; M11 vers 36,3 ; M12 vers 39,3 ; M13 vers 42,4 mm. Les croix sont alignées sur l'axe, trois d'entre elles à un demi-millimètre en dessous.
    Figure 7. Extrait de l'enregistrement obtenu entre les dates t0=0t_{0}=0 s et t13=0,429t_{13}=0{,}429 s
  • Q.4. Calculer les valeurs des vitesses v7v_{7} et v11v_{11} du chariot respectivement aux dates t7t_{7} et t11t_{11}.
  • Le traitement des données acquises permet de tracer l'évolution temporelle de deux grandeurs ; la position xx (en m) et la vitesse horizontale vxv_{x} (en m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}}) du chariot : x=f(t)x=f(t) et vx=g(t)v_{x}=g(t) (figures 8a et 8b).
  • Courbe A : quatorze points de t = 0 à t = 0,43 s ; leurs ordonnées restent entre 0,09 et 0,105, axe gradué de 0 à 0,1 : six points à 0,093 environ, sept à 0,099, un à 0,104.
    Figure 8a. Courbe A
  • Courbe B : quatorze points de t = 0 à t = 0,43 s, alignés sur une droite qui passe par l'origine ; l'ordonnée croît de 0 à 0,042 environ, axe gradué de 0 à 0,04.
    Figure 8b. Courbe B
  • Q.5. Associer, en justifiant, chaque courbe A et B des figures 8a et 8b à la grandeur correspondante.
  • Q.6. Estimer, à partir d'une des figures 8a ou 8b, la valeur de la vitesse moyenne du chariot.
  • Mesure de la vitesse du chariot grâce à l'effet Doppler
  • Le signal reçu par le récepteur d'ondes ultrasonores lorsque le chariot reste immobile est enregistré. La courbe obtenue de la tension aux bornes du récepteur en fonction du temps est représentée ci-dessous (figure 9).
  • Tension aux bornes du récepteur, de -0,22 à 0,22 V, en fonction du temps de 0 à 150 microsecondes : une sinusoïde dont les maxima se trouvent vers 13, 37, 61, 85, 109 et 133 microsecondes, soit six maxima en 120 microsecondes.
    Figure 9. Enregistrement du signal reçu (le chariot étant immobile)
  • Q.7. Déterminer la valeur de la période TRT_{R} du signal obtenu. En déduire que la valeur de la fréquence fEf_{E} du signal émis par l'émetteur vaut 42 kHz.
  • Une nouvelle acquisition du signal émis et du signal reçu est réalisée lorsque le chariot se déplace, en se rapprochant de l'émetteur et du récepteur. Le décalage Doppler mesuré est Δf=22,7\Delta f=22{,}7 Hz.
  • Q.8. Calculer la valeur de vchariotv_{\text{chariot}}, la vitesse du chariot obtenue par effet Doppler. Comparer le résultat obtenu à ceux des questions Q.4 et Q.6.

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Q.2
Q.4
Q.5
Q.6
Q.7
Q.8
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Réponses

  • Q.1 Sommet de la courbe P(U)P(U) à 600 W⋅m−2600\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} : Pm=100P_{m}=100 W vers U≈22U\approx 22 V
  • Q.2 Plum=4,85×102P_{\text{lum}}=4{,}85\times 10^{2} W, η≈21\eta\approx 21 % : conforme aux 20 % annoncés
  • Q.3 Fréquence reçue différente de la fréquence émise si source et récepteur bougent l'un par rapport à l'autre : plus grande s'ils se rapprochent
  • Q.4 v7=0,10 m⋅s−1v_{7}=0{,}10\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} et v11=0,098≈0,10 m⋅s−1v_{11}=0{,}098\approx 0{,}10\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q.5 Courbe A : vx=g(t)v_{x}=g(t) (constante) ; courbe B : x=f(t)x=f(t) (droite par l'origine)
  • Q.6 vmoy≈0,042/0,429=0,098 m⋅s−1v_{\text{moy}}\approx 0{,}042/0{,}429=0{,}098\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q.7 TR=24 μsT_{R}=24\ \mu\mathrm{s}, fE=1/TR=42f_{E}=1/T_{R}=42 kHz
  • Q.8 vchariot=9,3×10−2 m⋅s−1v_{\text{chariot}}=9{,}3\times 10^{-2}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, à 5 à 7 % des valeurs de Q.4 et Q.6 : cohérent

Q.1. Dans la commune du radar, l'éclairement vaut E=600 W⋅m−2E=600\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} : on lit donc la courbe de puissance (trait plein rouge, axe de droite) marquée « 600 W⋅m−2600\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} ». Elle croît depuis l'origine, passe par un maximum vers U≈22U\approx 22 V, puis chute à zéro vers 2929 V. Son sommet est sur la graduation 100100 W de l'axe des puissances : la puissance électrique maximale fournie est Pm=100P_{m}=100 W.

Vérification par l'autre courbe : à U=22U=22 V, la caractéristique d'intensité à 600 W⋅m−2600\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} (tirets bleus, axe de gauche) donne I≈4,6I\approx 4{,}6 A, et P=U×I=22×4,6=101P=U\times I=22\times 4{,}6=101 W, en accord. Erreur fréquente : lire la puissance sur l'axe de gauche, gradué en ampères, ou prendre la courbe de 1 000 W⋅m−21\,000\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}, la plus visible. Le rhéostat RR de la figure 2 sert justement à parcourir toute la caractéristique : chaque valeur de RR donne un point de fonctionnement (U,I)(U,I).

Q.2. Le rendement est le rapport de la puissance utile, électrique, à la puissance reçue, lumineuse : η=PmPlum\eta=\dfrac{P_{m}}{P_{\text{lum}}} avec Plum=E×SP_{\text{lum}}=E\times S.

Surface du panneau, en mètres : S=0,850×0,950=0,808 m2S=0{,}850\times 0{,}950=0{,}808\ \mathrm{m^{2}}. Puissance lumineuse reçue : Plum=600×0,8075=4,85×102P_{\text{lum}}=600\times 0{,}8075=4{,}85\times 10^{2} W. Rendement : η=100484,5=0,206\eta=\dfrac{100}{484{,}5}=0{,}206, soit η≈21\eta\approx 21 %.

Conclusion : la valeur mesurée est très proche du rendement annoncé de 2020 % (écart relatif de 33 %, de l'ordre de la précision de la lecture de PmP_{m} sur la figure 3). Le rendement annoncé est vérifié. Environ 8080 % de la puissance lumineuse reçue n'est pas convertie en énergie électrique et se retrouve surtout en échauffement du panneau. Erreur fréquente : multiplier 850850 par 950950 sans convertir, ce qui donne une surface en mm2\mathrm{mm^{2}} (807 500 mm2807\,500\ \mathrm{mm^{2}}) et un rendement absurde.

Q.3. L'effet Doppler est le décalage de fréquence entre l'onde émise par une source et l'onde perçue par un récepteur lorsque la source et le récepteur sont en mouvement l'un par rapport à l'autre. Quand ils se rapprochent, la fréquence reçue est plus grande que la fréquence émise ; quand ils s'éloignent, elle est plus petite. Le décalage Δf=∣fR−fE∣\Delta f=|f_{R}-f_{E}| est d'autant plus grand que la vitesse relative est grande, et il est nul si la distance entre source et récepteur ne varie pas.

Explication : quand la source se rapproche, elle émet chaque crête depuis une position plus proche du récepteur que la précédente ; les crêtes arrivent donc plus serrées, la période perçue diminue et la fréquence perçue augmente. Exemple familier : la sirène d'une ambulance paraît plus aiguë quand elle s'approche, plus grave quand elle s'éloigne. C'est cet effet que le radar exploite : la fréquence de l'onde réfléchie par le véhicule renseigne sur sa vitesse.

Q.4. On assimile la vitesse à une date tit_{i} à la vitesse moyenne entre les positions qui encadrent MiM_{i} : vi=Mi−1Mi+1ti+1−ti−1=Mi−1Mi+12τv_{i}=\dfrac{M_{i-1}M_{i+1}}{t_{i+1}-t_{i-1}}=\dfrac{M_{i-1}M_{i+1}}{2\tau}, où τ\tau est la durée entre deux pointages. Treize intervalles séparent t0=0t_{0}=0 de t13=0,429t_{13}=0{,}429 s : τ=0,42913=0,033\tau=\dfrac{0{,}429}{13}=0{,}033 s, donc 2τ=0,0662\tau=0{,}066 s.

Les points sont pratiquement alignés sur l'axe xx (les écarts de l'ordre du demi-millimètre selon yy sont des erreurs de pointage) : les distances se lisent sur l'axe. Sur la figure 7, x6≈19,6x_{6}\approx 19{,}6 mm et x8≈26,2x_{8}\approx 26{,}2 mm, donc M6M8=6,6M_{6}M_{8}=6{,}6 mm =6,6×10−3=6{,}6\times 10^{-3} m et v7=6,6×10−30,066=0,10 m⋅s−1v_{7}=\dfrac{6{,}6\times 10^{-3}}{0{,}066}=0{,}10\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

De même, x10≈32,8x_{10}\approx 32{,}8 mm et x12≈39,3x_{12}\approx 39{,}3 mm : M10M12=6,5M_{10}M_{12}=6{,}5 mm et v11=6,5×10−30,066=0,098 m⋅s−1v_{11}=\dfrac{6{,}5\times 10^{-3}}{0{,}066}=0{,}098\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, soit 0,10 m⋅s−10{,}10\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} à deux chiffres significatifs. Les deux vitesses sont égales aux erreurs de lecture près, ce qui confirme l'hypothèse d'une vitesse constante. Erreurs fréquentes : diviser par τ\tau au lieu de 2τ2\tau (on trouverait le double), oublier de convertir les millimètres en mètres, ou prendre τ=0,429\tau=0{,}429 s, qui est la durée de tout l'enregistrement.

Q.5. Le mouvement est rectiligne et uniforme : la vitesse est constante et le chariot avance dans le sens de l'axe xx, depuis l'origine.

• La courbe A est formée de points d'ordonnée presque constante, entre 0,090{,}09 et 0,100{,}10 : c'est la vitesse, vx=g(t)v_{x}=g(t). Ses valeurs sont du même ordre que v7v_{7} et v11v_{11} calculées en Q.4.
• La courbe B est une suite de points alignés sur une droite qui passe par l'origine et monte jusqu'à 0,0420{,}042 à t=0,43t=0{,}43 s : c'est la position, x=f(t)x=f(t). Une position qui croît proportionnellement au temps est celle d'un mobile à vitesse constante parti de x=0x=0, et la valeur finale, 0,0420{,}042 m, est bien la position x13≈42x_{13}\approx 42 mm de la figure 7.

La dispersion des points de la courbe A, de 0,0930{,}093 à 0,104 m⋅s−10{,}104\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, ne traduit pas de vraies variations de vitesse : un écart d'un pixel sur une position pointée change la vitesse calculée de quelques pour cent.

Q.6. Avec la figure 8b : la vitesse moyenne est la distance parcourue divisée par la durée, et c'est aussi le coefficient directeur de la droite x=f(t)x=f(t). Le dernier point donne x≈0,042x\approx 0{,}042 m à t=0,429t=0{,}429 s, donc vmoy=0,0420,429=0,098 m⋅s−1v_{\text{moy}}=\dfrac{0{,}042}{0{,}429}=0{,}098\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, soit environ 0,10 m⋅s−10{,}10\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Avec la figure 8a, on fait la moyenne des quatorze vitesses : six points à 0,0930{,}093, sept à 0,0990{,}099 et un à 0,104 m⋅s−10{,}104\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} donnent 6×0,093+7×0,099+0,10414=0,097 m⋅s−1\dfrac{6\times 0{,}093+7\times 0{,}099+0{,}104}{14}=0{,}097\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. Les deux méthodes s'accordent : vmoy≈0,10 m⋅s−1v_{\text{moy}}\approx 0{,}10\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, soit une dizaine de centimètres par seconde.

Q.7. Pour réduire l'erreur relative, on mesure plusieurs périodes. Les maxima de la tension se lisent vers t=13 μst=13\ \mu\mathrm{s} et t=133 μst=133\ \mu\mathrm{s}, séparés de cinq périodes : 5 TR=133−13=120 μs5\,T_{R}=133-13=120\ \mu\mathrm{s}, donc TR=24 μs=2,4×10−5T_{R}=24\ \mu\mathrm{s}=2{,}4\times 10^{-5} s.

La fréquence du signal reçu est fR=1TR=12,4×10−5=4,2×104f_{R}=\dfrac{1}{T_{R}}=\dfrac{1}{2{,}4\times 10^{-5}}=4{,}2\times 10^{4} Hz =42=42 kHz. Le chariot est immobile : il n'y a pas d'effet Doppler, l'onde réfléchie a la fréquence de l'onde émise, donc fE=fR=42f_{E}=f_{R}=42 kHz. C'est bien un ultrason, au-delà de 2020 kHz. Erreur fréquente : oublier le préfixe micro (10−610^{-6}), ce qui donne 4242 mHz au lieu de 4242 kHz, ou mesurer la durée entre un maximum et le minimum suivant, qui n'est qu'une demi-période.

Q.8. On isole la vitesse dans l'expression du décalage Doppler : vchariot=Δf×v2 fEv_{\text{chariot}}=\dfrac{\Delta f\times v}{2\,f_{E}}. La vitesse du son se lit dans le tableau à la température de la pièce, θ=21,0\theta=21{,}0 °C : v=344,25 m⋅s−1v=344{,}25\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. Alors vchariot=22,7×344,252×42×103=9,3×10−2 m⋅s−1v_{\text{chariot}}=\dfrac{22{,}7\times 344{,}25}{2\times 42\times 10^{3}}=9{,}3\times 10^{-2}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Le facteur 22 vient de la réflexion : la plaque en mouvement reçoit une onde décalée (elle se comporte en récepteur mobile), puis la renvoie avec un second décalage (elle devient source mobile). Le décalage est positif, fR>fEf_{R}>f_{E}, puisque le chariot se rapproche, et minuscule : 22,722{,}7 Hz sur 42 00042\,000 Hz, cinq dix-millièmes.

Comparaison : 0,093 m⋅s−10{,}093\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} par effet Doppler, 0,10 m⋅s−10{,}10\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} par pointage (Q.4) et 0,098 m⋅s−10{,}098\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} en moyenne (Q.6). Les trois méthodes donnent le même ordre de grandeur, avec un écart relatif de 55 à 77 % : elles sont cohérentes. L'écart s'explique par la précision des mesures : fEf_{E} n'est connue qu'à deux chiffres significatifs (avec fE=1/TR=41,7f_{E}=1/T_{R}=41{,}7 kHz on trouverait 0,094 m⋅s−10{,}094\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}), le décalage de quelques hertz est délicat à mesurer, et le pointage image par image est imprécis au demi-millimètre près.

Exercice 3 : La face cachée de la Lune

5 points Satellites et lois de KeplerLa décroissance radioactive : demi-vie, activité et datationOndes, lentilles et lumière

La Lune est le satellite naturel de la Terre qui a été étudié, voire exploré, sous différents angles et qui continue de fasciner.

Données :
• Constante de gravitation universelle : G=6,67×10−11 m3⋅kg−1⋅s−2G=6{,}67\times 10^{-11}\ \mathrm{m^{3}\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}} ;
• Masse de la Lune : ML=7,34×1022M_{L}=7{,}34\times 10^{22} kg ;
• Masse de la Terre : MT=5,97×1024M_{T}=5{,}97\times 10^{24} kg ;
• Rayon de la Lune : RL=1,74×106R_{L}=1{,}74\times 10^{6} m ;
• Distance moyenne du centre de la Terre à la Lune : dT−L=384 400d_{T-L}=384\,400 km ;
• Distance moyenne du centre de la Terre au satellite relais Queqiao 2 : dT−Q=449 600d_{T-Q}=449\,600 km ;
• Distance moyenne satellite relais Queqiao 2 - Chang'e 6 : dQ−C=65 000d_{Q-C}=65\,000 km ;
• La célérité de la lumière dans le vide est supposée connue.

  • 1. La Lune sous tous les angles
  • Dans cette partie, la Lune est modélisée par un point matériel L, de masse MLM_{L}, en orbite supposée circulaire à la distance dT−Ld_{T-L} du centre de la Terre T, de masse MTM_{T}. Le mouvement de la Lune est étudié dans le référentiel géocentrique supposé galiléen. La seule interaction gravitationnelle prise en compte est celle entre la Terre et la Lune.
  • Q.1. Schématiser, sans souci d'échelle, la Terre et la Lune. Placer le repère de Frenet centré sur la Lune (u⃗N,u⃗T)(\vec{u}_{N},\vec{u}_{T}) et représenter la force à laquelle est soumise la Lune.
  • Q.2. Donner dans le repère de Frenet, l'expression vectorielle de la force à laquelle est soumise la Lune.
  • Q.3. Déduire de la seconde loi de Newton appliquée à la Lune, l'expression de la période de révolution de la Lune autour de la Terre : T=2πdT−L 3G×MTT=2\pi\sqrt{\dfrac{d_{T-L}^{\,3}}{G\times M_{T}}}
  • Q.4. Calculer la valeur de la période de révolution TT de la Lune autour de la Terre. Sachant que la Lune tourne sur elle-même en environ 28 jours, expliquer pourquoi on ne voit qu'une seule face de la Lune.
  • 2. Comment bien communiquer ?
  • Après plusieurs explorations sur la face visible de la Lune, la Chine a mis en place une mission pour explorer la face cachée de la Lune. La mission utilise une sonde appelée Chang'e 6, du nom de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise.
  • Les services de communication ont besoin d'un satellite relais pour pouvoir interagir avec la sonde Chang'e 6 qui, du fait de sa position sur la face cachée ne peut pas interagir directement avec les instruments de communication sur Terre. Le 20 mars 2024, la Chine a donc envoyé en orbite lunaire le satellite relais Queqiao 2. Celui-ci a été placé sur une orbite optimisée (figure 2) pour assurer le relais depuis la face cachée.
  • Schéma de principe : la station terrienne sur Terre communique avec le satellite relais Queqiao, placé sur une orbite allongée au-delà de la Lune, du côté de sa face cachée ; le satellite relais communique à son tour avec Chang'e 6, posée sur la face cachée, formée d'un atterrisseur et d'un astromobile. Mention : communications avec la face cachée de la Lune en bande S, X et UHF.
    Figure 2. Schéma de principe de la mission Chang'e 6 (Source : trustmyscience.com)
  • Spectre des ondes électromagnétiques selon la longueur d'onde, de 1 pm à 1 km et au-delà : rayons gamma jusque vers 10 pm, rayons X jusque vers 10 nm, UV jusqu'à 400 nm, le visible, infrarouge de 800 nm à 1 mm, micro-ondes de 1 mm à 1 m, puis ondes radio au-delà de 1 m.
    Figure 3. Spectre des ondes électromagnétiques (Source : CEA)
  • La bande UHF est une bande de communication par signaux électromagnétiques de fréquences comprises entre 300 MHz et 3000 MHz.
  • Q.5. Déterminer les longueurs d'onde associées à ces signaux électromagnétiques. En déduire le domaine spectral auxquelles ils appartiennent.
  • Q.6. Estimer la durée nécessaire pour que l'information émise depuis la station terrienne parvienne à Chang'e 6. Commenter.
  • 3. L'exploration lunaire
  • Chang'e 6 contient des appareillages permettant l'étude de différents paramètres de la face cachée de la Lune dont un instrument français nommé DORN développé à Toulouse.
  • DORN (Detection of Outgassing Radon) est un spectromètre alpha (ou à noyau d'hélium) constitué de détecteurs qui mesurent l'activité du radon en comptant les noyaux d'hélium créés lors de la désintégration du radon.
  • Les mesures effectuées lors de la mission Chang'e 6 montrent une activité du radon constante.
  • Le radon 86222Rn{}^{222}_{86}\mathrm{Rn} est un gaz rare inerte issu de la désintégration radioactive de l'uranium 92238U{}^{238}_{92}\mathrm{U} via le radium 88226Ra{}^{226}_{88}\mathrm{Ra} dans le sous-sol lunaire.
  • Données :
    • Demi-vies :
    ◦ 4,5 milliards d'années pour 238U{}^{238}\mathrm{U} ;
    ◦ 1 600 ans pour 226Ra{}^{226}\mathrm{Ra} ;
    ◦ 4 jours pour 222Rn{}^{222}\mathrm{Rn}.
  • Q.7. Écrire l'équation de désintégration nucléaire pour passer du radium 226 au radon 222. En déduire le type de radioactivité.
  • Le radon 222 est le traceur idéal du dégazage lunaire car il est libéré du sous-sol lunaire et diffusé jusqu'à sa surface où il se désintègre.
  • Q.8. Définir la demi-vie d'un noyau radioactif.
  • Q.9. Tracer l'allure de la courbe d'évolution de décroissance radioactive du radon 222, N=f(t)N=f(t), d'un échantillon ayant une population initiale N0N_{0} de noyaux radioactifs. Représenter la demi-vie du radon 222 sur cette courbe.
  • Q.10. Justifier à l'aide des données fournies pour les différents noyaux radioactifs pourquoi le radon 222 est un traceur adapté à l'étude du dégazage lunaire sur une durée d'une semaine.

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Q.4
Q.5
Q.6
Q.7
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Réponses

  • Q.1 Lune L sur son orbite autour de T ; u⃗N\vec{u}_{N} vers T, u⃗T\vec{u}_{T} dans le sens du mouvement ; F⃗T/L\vec{F}_{T/L} selon u⃗N\vec{u}_{N}
  • Q.2 F⃗T/L=G MT MLdT−L 2 u⃗N\vec{F}_{T/L}=\dfrac{G\,M_{T}\,M_{L}}{d_{T-L}^{\,2}}\,\vec{u}_{N}
  • Q.3 dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0, v=GMTdT−Lv=\sqrt{\dfrac{GM_{T}}{d_{T-L}}}, T=2πdT−Lv=2πdT−L 3GMTT=\dfrac{2\pi d_{T-L}}{v}=2\pi\sqrt{\dfrac{d_{T-L}^{\,3}}{GM_{T}}}
  • Q.4 T=2,37×106T=2{,}37\times 10^{6} s =27,5=27{,}5 jours ; rotation synchrone de la révolution : toujours la même face
  • Q.5 λ\lambda de 0,1000{,}100 m à 1,001{,}00 m : micro-ondes
  • Q.6 Δt=dT−Q+dQ−Cc=1,7\Delta t=\dfrac{d_{T-Q}+d_{Q-C}}{c}=1{,}7 s, soit environ 3,43{,}4 s pour un aller-retour
  • Q.7 88226Ra→86222Rn+24He{}^{226}_{88}\mathrm{Ra}\rightarrow{}^{222}_{86}\mathrm{Rn}+{}^{4}_{2}\mathrm{He} : radioactivité α\alpha
  • Q.8 Durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents se sont désintégrés
  • Q.9 Exponentielle décroissante depuis N0N_{0} ; N=N0/2N=N_{0}/2 à t1/2=4t_{1/2}=4 jours
  • Q.10 Source (U, Ra) constante sur une semaine ; radon de demi-vie courte mais pas trop (30 % restent après 7 jours), gaz inerte

Q.1. Le schéma attendu figure en fin de corrigé. La Terre est représentée au centre, la Lune L sur un cercle de rayon dT−Ld_{T-L} centré sur T. Le repère de Frenet a pour origine la Lune : u⃗N\vec{u}_{N}, vecteur unitaire normal, est dirigé de L vers le centre T de la trajectoire ; u⃗T\vec{u}_{T}, vecteur unitaire tangent, est perpendiculaire à u⃗N\vec{u}_{N} et orienté dans le sens du mouvement. La seule force est la force d'attraction gravitationnelle exercée par la Terre, F⃗T/L\vec{F}_{T/L} : appliquée en L, dirigée de L vers T, donc portée par u⃗N\vec{u}_{N} et de même sens. Erreur fréquente : orienter u⃗N\vec{u}_{N} vers l'extérieur de la trajectoire, ou ajouter une force « centrifuge », qui n'existe pas dans un référentiel galiléen.

Q.2. Loi de la gravitation universelle : la force est attractive, de valeur G MT MLdT−L 2\dfrac{G\,M_{T}\,M_{L}}{d_{T-L}^{\,2}}, dirigée de la Lune vers la Terre, c'est-à-dire selon +u⃗N+\vec{u}_{N} :

F⃗T/L=G MT MLdT−L 2 u⃗N\vec{F}_{T/L}=\dfrac{G\,M_{T}\,M_{L}}{d_{T-L}^{\,2}}\,\vec{u}_{N}

Sa composante sur u⃗T\vec{u}_{T} est nulle. Ordre de grandeur : F=6,67×10−11×5,97×1024×7,34×1022(3,844×108)2=1,98×1020F=\dfrac{6{,}67\times 10^{-11}\times 5{,}97\times 10^{24}\times 7{,}34\times 10^{22}}{(3{,}844\times 10^{8})^{2}}=1{,}98\times 10^{20} N. Piège de signe : avec u⃗N\vec{u}_{N} orienté vers la Terre, il n'y a pas de signe moins, contrairement à l'écriture −GMmr2u⃗-\dfrac{GMm}{r^{2}}\vec{u} qu'on rencontre avec un vecteur unitaire dirigé de la Terre vers la Lune.

Q.3. Deuxième loi de Newton appliquée à la Lune, système de masse constante, dans le référentiel géocentrique supposé galiléen : ML a⃗=F⃗T/LM_{L}\,\vec{a}=\vec{F}_{T/L}, donc a⃗=G MTdT−L 2 u⃗N\vec{a}=\dfrac{G\,M_{T}}{d_{T-L}^{\,2}}\,\vec{u}_{N}. La masse de la Lune se simplifie : l'accélération ne dépend pas de la masse du satellite.

Dans la base de Frenet, pour un mouvement circulaire de rayon dT−Ld_{T-L}, l'accélération s'écrit a⃗=dvdt u⃗T+v2dT−L u⃗N\vec{a}=\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}\,\vec{u}_{T}+\dfrac{v^{2}}{d_{T-L}}\,\vec{u}_{N}. On identifie les composantes. Selon u⃗T\vec{u}_{T} : dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0, la valeur de la vitesse est constante, le mouvement est circulaire et uniforme. Selon u⃗N\vec{u}_{N} : v2dT−L=G MTdT−L 2\dfrac{v^{2}}{d_{T-L}}=\dfrac{G\,M_{T}}{d_{T-L}^{\,2}}, d'où v=G MTdT−Lv=\sqrt{\dfrac{G\,M_{T}}{d_{T-L}}}.

Le mouvement étant uniforme, la Lune parcourt la circonférence 2π dT−L2\pi\,d_{T-L} en une période : T=2π dT−Lv=2π dT−LdT−LG MT=2πdT−L 3G×MTT=\dfrac{2\pi\,d_{T-L}}{v}=2\pi\,d_{T-L}\sqrt{\dfrac{d_{T-L}}{G\,M_{T}}}=2\pi\sqrt{\dfrac{d_{T-L}^{\,3}}{G\times M_{T}}}, l'expression annoncée. Erreur fréquente : partir de TT sans démontrer l'uniformité ; c'est la composante tangentielle nulle qui l'établit et le correcteur la cherche.

Q.4. Toutes les grandeurs en unités SI, la distance en mètres : dT−L=384 400 km=3,844×108d_{T-L}=384\,400\ \mathrm{km}=3{,}844\times 10^{8} m. Alors T=2π(3,844×108)36,67×10−11×5,97×1024=2,37×106T=2\pi\sqrt{\dfrac{(3{,}844\times 10^{8})^{3}}{6{,}67\times 10^{-11}\times 5{,}97\times 10^{24}}}=2{,}37\times 10^{6} s, soit 2,37×10686 400=27,5\dfrac{2{,}37\times 10^{6}}{86\,400}=27{,}5 jours.

La Lune fait donc un tour sur elle-même (environ 28 jours) dans le même temps qu'un tour autour de la Terre (environ 27,5 jours) : sa rotation propre est synchrone de sa révolution. Pendant qu'elle avance d'un angle donné sur son orbite, elle tourne du même angle sur elle-même, si bien que c'est toujours le même hémisphère qui fait face à la Terre. C'est pourquoi on n'en voit qu'une face, et pourquoi l'autre, la face cachée, ne peut pas communiquer directement avec la Terre. Vérification : la période mesurée de la révolution de la Lune, dite sidérale, vaut 27,327{,}3 jours ; le modèle à deux corps et à orbite circulaire en rend bien compte. Erreur fréquente : garder les kilomètres, ce qui donne une période 104,510^{4{,}5} fois trop petite.

Q.5. Une onde électromagnétique se propage dans le vide à la célérité c=3,00×108 m⋅s−1c=3{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} et sa longueur d'onde vaut λ=cf\lambda=\dfrac{c}{f}. Pour f=300 MHz=3,00×108f=300\ \mathrm{MHz}=3{,}00\times 10^{8} Hz : λ=3,00×1083,00×108=1,00\lambda=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{3{,}00\times 10^{8}}=1{,}00 m. Pour f=3 000 MHz=3,00×109f=3\,000\ \mathrm{MHz}=3{,}00\times 10^{9} Hz : λ=0,100\lambda=0{,}100 m =10=10 cm. La plus grande fréquence donne la plus petite longueur d'onde.

Les signaux UHF ont donc des longueurs d'onde comprises entre 1010 cm et 11 m. Sur la figure 3, le domaine des micro-ondes s'étend de 11 mm à 11 m : les signaux UHF appartiennent au domaine des micro-ondes, à sa limite supérieure, au contact des ondes radio. Erreur fréquente : oublier la conversion des mégahertz (1 MHz=1061\ \mathrm{MHz}=10^{6} Hz).

Q.6. Le signal ne peut pas aller en ligne droite de la Terre à la face cachée : il passe par le satellite relais. Il parcourt la distance de la station terrienne à Queqiao 2, puis de Queqiao 2 à Chang'e 6 : D=dT−Q+dQ−C=449 600+65 000=514 600 km=5,146×108D=d_{T-Q}+d_{Q-C}=449\,600+65\,000=514\,600\ \mathrm{km}=5{,}146\times 10^{8} m. Il se propage à la célérité de la lumière, d'où Δt=Dc=5,146×1083,00×108=1,7\Delta t=\dfrac{D}{c}=\dfrac{5{,}146\times 10^{8}}{3{,}00\times 10^{8}}=1{,}7 s.

Hypothèses de l'estimation : la station est assimilée au centre de la Terre (son rayon, environ 6 4006\,400 km, ne change la distance que de 11 %), la propagation est rectiligne à la célérité cc, et le temps de traitement du signal dans le relais est négligé.

Commentaire : la durée est courte mais pas négligeable. Une commande et sa réponse demandent un aller-retour d'environ 3,43{,}4 s : on ne peut pas piloter l'astromobile en réagissant instantanément à ce qu'il voit, ce qui impose une part d'autonomie à la sonde et une anticipation des commandes. Le relais allonge le trajet : un signal direct vers la Lune mettrait 3,844×1083,00×108=1,3\dfrac{3{,}844\times 10^{8}}{3{,}00\times 10^{8}}=1{,}3 s, mais ce trajet direct est impossible vers la face cachée.

Q.7. On écrit l'équation en appliquant les lois de conservation de Soddy, du nombre de nucléons AA et du nombre de charge ZZ : 88226Ra⟶86222Rn+ZAX{}^{226}_{88}\mathrm{Ra}\longrightarrow{}^{222}_{86}\mathrm{Rn}+{}^{A}_{Z}\mathrm{X}, avec 226=222+A226=222+A, donc A=4A=4, et 88=86+Z88=86+Z, donc Z=2Z=2. La particule émise est un noyau d'hélium :

88226Ra⟶86222Rn+24He{}^{226}_{88}\mathrm{Ra}\longrightarrow{}^{222}_{86}\mathrm{Rn}+{}^{4}_{2}\mathrm{He}

L'émission d'un noyau d'hélium 24He{}^{4}_{2}\mathrm{He} caractérise la radioactivité α\alpha. C'est aussi par une désintégration α\alpha que le radon se désintègre à son tour, ce qui explique que DORN soit un spectromètre alpha, qui compte des noyaux d'hélium. Erreur fréquente : ne conserver que les nombres de masse, ou écrire un électron, ce qui serait une radioactivité β−\beta^{-}, incompatible avec un ZZ qui diminue de 22.

Q.8. La demi-vie t1/2t_{1/2} d'un noyau radioactif est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents dans un échantillon se sont désintégrés : N(t1/2)=N02N(t_{1/2})=\dfrac{N_{0}}{2}. Elle est caractéristique du noyau considéré et ne dépend ni du nombre initial de noyaux ni de l'instant choisi comme origine. C'est une grandeur statistique, valable pour un grand nombre de noyaux : on ne peut pas prédire l'instant où un noyau donné se désintégrera.

Q.9. Le nombre de noyaux suit la loi de décroissance radioactive N(t)=N0 e−λtN(t)=N_{0}\,e^{-\lambda t}, avec λ=ln⁡2t1/2\lambda=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}} : la courbe est une exponentielle décroissante, qui part de N0N_{0} à t=0t=0 et tend vers 00 sans jamais l'atteindre (figure en fin de corrigé). Pour représenter la demi-vie, on trace l'horizontale N=N02N=\dfrac{N_{0}}{2} jusqu'à la courbe, puis on descend sur l'axe des temps : on lit t1/2=4t_{1/2}=4 jours. Repères pour tracer l'allure sans calculatrice : N02\dfrac{N_{0}}{2} à 44 jours, N04\dfrac{N_{0}}{4} à 88 jours, N08\dfrac{N_{0}}{8} à 1212 jours ; la tangente à l'origine coupe l'axe des temps à τ=t1/2ln⁡2=5,8\tau=\dfrac{t_{1/2}}{\ln 2}=5{,}8 jours. Erreur fréquente : une décroissance tracée en ligne droite, qui atteindrait zéro à 88 jours.

Q.10. Deux arguments, tirés des demi-vies. D'abord, la source est constante à l'échelle d'une semaine : l'uranium 238 (4,54{,}5 milliards d'années) et le radium 226 (1 6001\,600 ans) ont des demi-vies immenses devant sept jours ; leur nombre de noyaux, donc leur activité, ne varie pas pendant la mesure, et le radon est produit dans le sous-sol à un rythme constant. C'est cohérent avec l'activité constante mesurée par DORN : les variations du radon détecté ne peuvent venir que du dégazage lui-même, pas de la source.

Ensuite, la demi-vie du radon est de l'ordre de la durée d'étude. Assez courte : le radon ne s'accumule pas, celui qu'on détecte a été libéré récemment, et son activité, A=λNA=\lambda N, est élevée parce que λ\lambda est grand (pour un même nombre de noyaux, 1 600×365,25/4≈1,5×1051\,600\times 365{,}25/4\approx 1{,}5\times 10^{5} fois celle du radium) ; il est donc facile à compter et il renseigne sur le dégazage en cours. Assez longue : en une semaine, soit 74=1,75\dfrac{7}{4}=1{,}75 demi-vie, il reste encore 2−1,75=302^{-1{,}75}=30 % d'un lot de radon libéré au début, ce qui laisse le temps au gaz de diffuser du sous-sol jusqu'à la surface et d'y être mesuré. Enfin, c'est un gaz rare, inerte chimiquement : il migre sans réagir avec les roches, ce qui en fait un bon traceur des gaz qui s'échappent de la Lune.

L (Lune)uTuNF(T/L)T (Terre)orbite circulaire, rayon dT-L
Q.1 : la Lune sur son orbite, la base de Frenet et la force exercée par la Terre
24681012141618200,250,50,751N0/2 à t1/2 = 4 joursN0/4 à 2 t1/2 = 8 jourst (jours)N / N0
Q.9 : décroissance du radon 222, demi-vie de 4 jours
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