Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité physique-chimie, Centres étrangers jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2026 : Centres étrangers, jour 2

Épreuve du jeudi 11 juin 2026 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2026, Centres étrangers, jour 2 : l'épreuve du jeudi 11 juin 2026, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points : 11 points sur le cyclotron Arronax, 5 points sur l'acide azélaïque d'un sérum cosmétique et 4 points sur une estérification, sans annexe à rendre. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 part du mouvement d'une particule chargée dans un champ électrique uniforme : deuxième loi de Newton, équations horaires, vitesse de sortie et théorème de l'énergie cinétique, puis le nombre de tours d'un cyclotron en question ouverte. Il passe ensuite à la physique nucléaire de la scintigraphie : équation d'une réaction nucléaire, radioactivité β+\beta^{+} et positon, énergie d'un photon E=hc/λE=hc/\lambda et domaine des rayons gamma, loi de décroissance radioactive N(t)=N0 e−λtN(t)=N_{0}\,e^{-\lambda t}, temps de demi-vie et constante radioactive. L'exercice 2 étudie l'acide azélaïque : formule topologique, groupe carboxyle et nomenclature officielle, diagramme de prédominance d'un diacide, montage et exploitation d'un titrage pH-métrique, pourcentage massique et compatibilité avec une valeur de référence par l'incertitude-type. L'exercice 3 porte sur l'estérification : montage de chauffage à reflux, rôle du catalyseur, tableau d'avancement, taux d'avancement final τ\tau, constante d'équilibre K=τ2/(1−τ)2K=\tau^{2}/(1-\tau)^{2} et optimisation du rendement.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : les deux traversées de la zone accélératrice à chaque tour, qui divisent par deux le nombre de passages (exercice 1, Q.7) ; le facteur un demi de l'équation de titrage et le retour du prélèvement de 10,0 mL au flacon entier (exercice 2, Q.7) ; le taux d'avancement supérieur à 1 qu'il faut rejeter (exercice 3, Q.5). Il signale aussi la coquille de signe de la forme développée (K−1)τ2+2Kτ+K=0(K-1)\tau^{2}+2K\tau+K=0, qu'il faut lire avec −2Kτ-2K\tau (exercice 3).

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Le cyclotron Arronax

11 points Mouvement dans un champ uniformeLa décroissance radioactive : demi-vie, activité et datationL'effet photoélectrique : photon, seuil et cellule photovoltaïqueRésolution de problème et exploitation de documents

Mis en service en 2008 à Nantes, l'accélérateur de particules Arronax est un cyclotron.

Il permet de produire des radioisotopes utilisés dans les traitements médicaux et pour la recherche en médecine nucléaire.

D'après chu-nantes.fr/le-cyclotron-arronax

L'objectif de cet exercice est d'étudier le fonctionnement général d'un cyclotron pour permettre la production de radioisotopes puis d'étudier leur utilisation lors d'une scintigraphie.

1. Le fonctionnement d'un cyclotron

Un cyclotron est un accélérateur de particules, inventé par M. Lawrence en 1931.

Il est composé de deux cavités métalliques en forme de demi-cylindres éloignées d'une distance notée dd. Un canon permet de produire les particules chargées introduites dans le dispositif.

Entre les deux cavités, une tension alternative UU est appliquée. Elle crée un champ électrique E⃗\vec{E}. Les particules utilisées sont des ions H−\mathrm{H^{-}} obtenus à partir d'atomes d'hydrogène. Ils sont donc soumis, entre les deux cavités à une force électrique Fe⃗\vec{F_{e}} qui les accélère.

À l'intérieur des deux cavités, un champ magnétique impose un mouvement circulaire uniforme aux particules présentes.

Au bout d'un certain nombre de tours, les ions H−\mathrm{H^{-}} passent au travers d'un extracteur qui leur enlève leurs deux électrons. À la sortie, les protons H+\mathrm{H^{+}} formés sont dirigés vers une cible, pour produire les radioisotopes.

Vue de dessus du cyclotron : deux demi-disques séparés par une bande étroite de largeur d entre deux plaques verticales, traversée par l'axe x. Le canon, au centre contre la plaque de gauche, émet les ions H moins ; leur trajectoire en pointillés est une spirale faite de demi-cercles de plus en plus grands dans chaque cavité, reliés par des traversées de la zone entre les plaques, deux traversées par tour. En bas à droite, l'extracteur transforme les ions H moins en protons H plus, dirigés vers la cible.
Figure 1. Schéma simplifié d'un cyclotron
  • Deux plaques verticales parallèles séparées de la distance d. L'axe x, horizontal, part du point O sur la plaque de gauche ; l'ion H moins est sur l'axe, juste à droite de O. Une flèche au-dessus indique le sens du mouvement, de la plaque de gauche vers la plaque de droite.
    Figure 2. Agrandissement de la zone accélératrice lors de la sortie de H−\mathrm{H^{-}} du canon
  • Le mouvement de l'ion H−\mathrm{H^{-}} entre les plaques est étudié dans un référentiel supposé galiléen, associé à l'axe (Ox). L'ion H−\mathrm{H^{-}} est émis au point O sans vitesse initiale.
  • Données :
    • Masse de l'ion H−\mathrm{H^{-}} : m=1,67×10−27m=1{,}67\times 10^{-27} kg ;
    • Charge de l'ion H−\mathrm{H^{-}} : q=−e=−1,6×10−19q=-e=-1{,}6\times 10^{-19} C ;
    • Distance entre les plaques : d=5,0d=5{,}0 mm ;
    • Tension appliquée entre les plaques : U=65U=65 kV ;
    • Valeur du champ électrique : E=UdE=\dfrac{U}{d} ;
    • 1 eV=1,60×10−191\ \mathrm{eV}=1{,}60\times 10^{-19} J ;
    • Intensité du champ de pesanteur g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}.
  • Q.1. Montrer que la valeur de la norme du poids de l'ion H−\mathrm{H^{-}} est négligeable devant la valeur de la norme de la force électrique Fe⃗\vec{F_{e}} qui s'applique sur l'ion.
  • Q.2. Reproduire, sur la copie, la figure 2. Compléter ce schéma en faisant apparaitre, sans soucis d'échelle, la force électrique Fe⃗\vec{F_{e}} qui s'applique sur l'ion H−\mathrm{H^{-}} et le champ électrique E⃗\vec{E} présent dans tout l'espace entre les plaques.
  • Q.3. Exprimer l'accélération axa_{x} de l'ion H−\mathrm{H^{-}} dans la zone accélératrice en fonction de ee, UU, dd et mm, en utilisant la deuxième loi de Newton.
  • Q.4. Montrer alors que la vitesse et la position de l'ion H−\mathrm{H^{-}} lors du passage dans la zone accélératrice, sur l'axe xx, peuvent s'écrire :
    vx(t)=e.Um.d×tv_{x}(t)=\dfrac{e.U}{m.d}\times t
    x(t)=12×e.Um.d×t2x(t)=\dfrac{1}{2}\times\dfrac{e.U}{m.d}\times t^{2}
  • Q.5. Calculer la valeur de la vitesse vsortiev_{\text{sortie}} de l'ion H−\mathrm{H^{-}} après le premier passage dans la zone accélératrice lorsque x(t)=dx(t)=d.
  • Q.6. Vérifier que l'énergie cinétique de l'ion H−\mathrm{H^{-}} à la sortie de la zone accélératrice vaut EC=1,0×10−14E_{C}=1{,}0\times 10^{-14} J.
  • À chaque passage entre les plaques, les particules gagnent une énergie cinétique égale à 1,0×10−141{,}0\times 10^{-14} J. Par contre, les particules n'acquièrent pas d'énergie cinétique dans les cavités.
  • En sortie du cyclotron, les particules possèdent une énergie cinétique de 70 MeV.
  • Q.7. Calculer le nombre de tours complets que les particules ont effectués avant la sortie du cyclotron.
  • Pour cette question, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et doit être correctement présentée.
  • 2. La production de radioisotope et la scintigraphie
  • Données :
    • Informations sur quelques éléments chimiques :
  • Nom de l'élémentOxygèneFluor
    SymboleOF
    Numéro atomique89
    Informations sur quelques éléments chimiques
  • • L'énergie d'un photon est liée à la longueur d'onde du rayonnement émis par la relation : E=h×cλE=\dfrac{h\times c}{\lambda}
    avec : hh, la constante de Planck : h=6,63×10−34 J⋅sh=6{,}63\times 10^{-34}\ \mathrm{J\cdot s} ;
    λ\lambda, la longueur d'onde du rayonnement ;
    cc, la célérité des ondes électromagnétiques dans l'air et dans le vide, supposée connue.
    • 1 eV=1,60×10−191\ \mathrm{eV}=1{,}60\times 10^{-19} J ;
    • Domaines des ondes électromagnétiques :
  • Échelle logarithmique des longueurs d'onde, repères 1 pm, 1 nm, 1 µm, 1 mm, 1 m et 1 km. Rayons gamma pour les longueurs d'onde inférieures à environ 10 pm, puis rayons X jusqu'à environ 10 nm, ultraviolet, visible vers 0,4 à 0,8 µm, infrarouge jusqu'à 1 mm, micro-ondes jusqu'à 1 m, puis ondes radio.
    Domaines des ondes électromagnétiques (d'après Wikiversity)
  • Les protons accélérés par le cyclotron permettent la production de radioisotopes comme le fluor 18. Le fluor 18 radioactif entre dans la composition du fluorodésoxyglucose (FDG), un traceur radioactif qui s'accumule dans les zones cancéreuses. La désintégration de ce traceur émet des photons. Ceux-ci sont captés et analysés grâce à une gamma-caméra, placée autour de la zone à étudier.
  • La scintigraphie est réalisée dans un service hospitalier de médecine nucléaire, lors d'un examen en plusieurs étapes :
    • injection dans une veine d'une petite quantité du traceur radioactif ;
    • attente d'environ 1 h pour la diffusion et la fixation du traceur dans l'organisme ;
    • enregistrement et production de clichés de l'organe à étudier puis analyse de ces clichés. Cette étape dure environ 30 minutes ;
    • sortie du patient de l'hôpital 2 h après le début de l'examen.
  • Pour former le fluor 18, les protons H+\mathrm{H^{+}} (dont la représentation symbolique est 11H{}^{1}_{1}\mathrm{H}) accélérés par le cyclotron bombardent une cible riche en oxygène 18. Lors de cette réaction, un neutron (noté 01n{}^{1}_{0}n) est également produit.
  • Q.8. Écrire l'équation de la réaction nucléaire conduisant à la formation du fluor 18.
  • Le fluor 18 contenu dans le traceur radioactif se désintègre par radioactivité β+\beta^{+}.
  • Q.9. Donner le nom et le symbole de la particule émise lors d'une désintégration radioactive β+\beta^{+}. Écrire l'équation de la transformation nucléaire qui correspond à cette désintégration.
  • Cette désintégration est accompagnée de l'émission de photons dont l'énergie moyenne est de 511 keV.
  • Q.10. Calculer la longueur d'onde correspondant à l'énergie moyenne transportée par le photon. Justifier alors l'utilisation d'une gamma-caméra pour analyser ce rayonnement.
  • Pour la suite, on note N0N_{0} le nombre de noyaux de fluor 18 contenu dans le traceur à l'instant t=0t=0 s, correspondant au moment de l'injection et on note N(t)N(t), le nombre de noyaux de fluor 18 présent dans le corps du patient à la date tt.
  • L'équation différentielle donnant le nombre de noyaux N(t)N(t) en fonction du temps est de la forme : dN(t)dt=−λ×N(t)\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}=-\lambda\times N(t) avec λ\lambda constante de radioactivité.
  • Q.11. Montrer que l'expression N(t)=N0×e−λ×tN(t)=N_{0}\times e^{-\lambda\times t} est bien solution de l'équation différentielle précédente.
  • La représentation graphique ci-dessous est la modélisation du pourcentage de noyaux restants (N(t)/N0N(t)/N_{0}) au cours du temps :
  • Courbe du pourcentage de noyaux de fluor 18 restants en fonction du temps, de 0 à 33 000 s : elle part de 100 % et décroît en exponentielle ; environ 60 % à 5 000 s, 50 % vers 6 600 s, 35 % à 10 000 s, 25 % vers 13 000 s, 20 % à 15 000 s et 3 % à 32 700 s. Grandes graduations tous les 5 000 s et tous les 20 %, petites graduations tous les 1 000 s et tous les 4 %.
  • La relation entre la constante radioactive λ\lambda et le temps de demi-vie t1/2t_{1/2} est : t1/2=ln⁡(2)λt_{1/2}=\dfrac{\ln(2)}{\lambda}.
  • Q.12. Définir puis déterminer graphiquement la valeur du temps de demi-vie t1/2t_{1/2} du fluor 18.
  • Q.13. Calculer la valeur de la constante radioactive λ\lambda correspondant au fluor 18.
  • Q.14. Déterminer le pourcentage de traceur radioactif restant dans le corps du patient après l'analyse des clichés.
  • Q.15. Calculer la valeur de la durée nécessaire pour qu'il reste moins de 1 % de traceur radioactif dans le corps du patient. Commenter cette valeur.

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Q.1
Q.5
Q.7
Q.9
Q.10
Q.12
Q.13
Q.14
Q.15
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Réponses

  • Q.1 P=1,64×10−26P=1{,}64\times 10^{-26} N, Fe=eU/d=2,1×10−12F_{e}=eU/d=2{,}1\times 10^{-12} N : Fe/P=1,3×1014F_{e}/P=1{,}3\times 10^{14}
  • Q.2 Fe⃗\vec{F_{e}} sur l'ion, vers la plaque de droite ; E⃗\vec{E} uniforme, de sens opposé (q<0q<0)
  • Q.3 ax=e Um da_{x}=\dfrac{e\,U}{m\,d}
  • Q.4 Primitives successives avec vx(0)=0v_{x}(0)=0 et x(0)=0x(0)=0
  • Q.5 vsortie=2eU/m=3,5×106 m⋅s−1v_{\text{sortie}}=\sqrt{2eU/m}=3{,}5\times 10^{6}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}
  • Q.6 EC=12mv2=eU=1,04×10−14E_{C}=\dfrac{1}{2}mv^{2}=eU=1{,}04\times 10^{-14} J ≈1,0×10−14\approx 1{,}0\times 10^{-14} J
  • Q.7 1,12×10−11/1,0×10−14=1 1201{,}12\times 10^{-11}/1{,}0\times 10^{-14}=1\,120 passages, deux par tour : 560 tours
  • Q.8 11H+818O⟶918F+01n{}^{1}_{1}\mathrm{H}+{}^{18}_{8}\mathrm{O}\longrightarrow{}^{18}_{9}\mathrm{F}+{}^{1}_{0}n
  • Q.9 Positon 10e{}^{0}_{1}\mathrm{e} ; 918F⟶818O+10e{}^{18}_{9}\mathrm{F}\longrightarrow{}^{18}_{8}\mathrm{O}+{}^{0}_{1}\mathrm{e}
  • Q.10 λ=hc/E=2,43×10−12\lambda=hc/E=2{,}43\times 10^{-12} m, domaine des rayons gamma
  • Q.11 dNdt=−λN0e−λt=−λN(t)\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=-\lambda N_{0}e^{-\lambda t}=-\lambda N(t)
  • Q.12 Durée pour que la moitié des noyaux se désintègrent ; t1/2≈6,6×103t_{1/2}\approx 6{,}6\times 10^{3} s
  • Q.13 λ=ln⁡2/t1/2=1,05×10−4 s−1\lambda=\ln 2/t_{1/2}=1{,}05\times 10^{-4}\ \mathrm{s^{-1}}
  • Q.14 À t=5 400t=5\,400 s : e−λt≈57e^{-\lambda t}\approx 57 %
  • Q.15 t>ln⁡(100)/λ=4,4×104t>\ln(100)/\lambda=4{,}4\times 10^{4} s, environ 12 h ; le patient sort à 2 h encore radioactif

Q.1. Poids de l'ion : P=m g=1,67×10−27×9,81=1,64×10−26P=m\,g=1{,}67\times 10^{-27}\times 9{,}81=1{,}64\times 10^{-26} N.

Force électrique : Fe=∣q∣ E=e UdF_{e}=|q|\,E=e\,\dfrac{U}{d}, toutes les grandeurs en unités SI d'abord : U=65 kV=6,5×104U=65\ \mathrm{kV}=6{,}5\times 10^{4} V et d=5,0 mm=5,0×10−3d=5{,}0\ \mathrm{mm}=5{,}0\times 10^{-3} m, donc E=6,5×1045,0×10−3=1,3×107 V⋅m−1E=\dfrac{6{,}5\times 10^{4}}{5{,}0\times 10^{-3}}=1{,}3\times 10^{7}\ \mathrm{V\cdot m^{-1}} et Fe=1,6×10−19×1,3×107=2,1×10−12F_{e}=1{,}6\times 10^{-19}\times 1{,}3\times 10^{7}=2{,}1\times 10^{-12} N.

Comparaison par le quotient : FeP=2,08×10−121,64×10−26=1,3×1014\dfrac{F_{e}}{P}=\dfrac{2{,}08\times 10^{-12}}{1{,}64\times 10^{-26}}=1{,}3\times 10^{14}. La force électrique est plus de cent mille milliards de fois plus intense que le poids : le poids est négligeable devant FeF_{e} (on considère en pratique qu'un rapport supérieur à cent suffit). Erreur fréquente : garder UU en kilovolts ou dd en millimètres, ce qui fausse EE d'un facteur mille ou un million.

Q.2. La force électrique s'écrit Fe⃗=q E⃗\vec{F_{e}}=q\,\vec{E} avec q=−e<0q=-e<0 : Fe⃗\vec{F_{e}} et E⃗\vec{E} ont la même direction, perpendiculaire aux plaques, mais des sens OPPOSÉS.

La force accélère l'ion dans le sens du mouvement : Fe⃗\vec{F_{e}} est dirigée selon l'axe (Ox), vers la plaque de droite, et on la dessine avec son origine sur l'ion. Le champ est donc dirigé dans le sens contraire, de la plaque de droite vers la plaque de gauche. Il est uniforme : on le représente par plusieurs flèches identiques, parallèles à l'axe, réparties dans tout l'espace entre les plaques, comme sur la figure du corrigé. Interprétation : le champ va de la plaque positive vers la plaque négative, donc la plaque de droite est chargée positivement et attire l'ion négatif. Erreur fréquente : dessiner E⃗\vec{E} dans le sens du mouvement, réflexe acquis avec une particule positive.

Q.3. Système : l'ion H−\mathrm{H^{-}} ; référentiel supposé galiléen lié à l'axe (Ox). Bilan des forces : la force électrique seule, le poids étant négligé d'après la question Q.1. Deuxième loi de Newton : m a⃗=Fe⃗=q E⃗m\,\vec{a}=\vec{F_{e}}=q\,\vec{E}.

Projection sur (Ox) : d'après Q.2, E⃗=−E u⃗x\vec{E}=-E\,\vec{u}_{x}, donc m ax=(−e)×(−E)=e Em\,a_{x}=(-e)\times(-E)=e\,E et, avec E=UdE=\dfrac{U}{d} : ax=e Um da_{x}=\dfrac{e\,U}{m\,d}. Le signe est positif : l'ion accélère dans le sens de l'axe, comme prévu. Ordre de grandeur : ax=1,6×10−19×6,5×1041,67×10−27×5,0×10−3=1,2×1015 m⋅s−2a_{x}=\dfrac{1{,}6\times 10^{-19}\times 6{,}5\times 10^{4}}{1{,}67\times 10^{-27}\times 5{,}0\times 10^{-3}}=1{,}2\times 10^{15}\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}, cent mille milliards de fois gg, ce qui redit le résultat de Q.1.

Q.4. L'accélération axa_{x} est constante : le mouvement est rectiligne uniformément accéléré. La vitesse est une primitive de l'accélération : vx(t)=ax t+vx(0)v_{x}(t)=a_{x}\,t+v_{x}(0), et vx(0)=0v_{x}(0)=0 puisque l'ion est émis sans vitesse initiale, donc vx(t)=e.Um.d×tv_{x}(t)=\dfrac{e.U}{m.d}\times t.

La position est une primitive de la vitesse : x(t)=12 ax t2+x(0)x(t)=\dfrac{1}{2}\,a_{x}\,t^{2}+x(0), et x(0)=0x(0)=0 puisque l'ion part du point O, origine de l'axe. Donc x(t)=12×e.Um.d×t2x(t)=\dfrac{1}{2}\times\dfrac{e.U}{m.d}\times t^{2}. Les deux constantes d'intégration viennent des conditions initiales : c'est ce que le correcteur veut voir écrit.

Q.5. On cherche d'abord la date tst_{s} de sortie : x(ts)=dx(t_{s})=d donne 12 ax ts2=d\dfrac{1}{2}\,a_{x}\,t_{s}^{2}=d, soit ts=2dax=2 m d2e Ut_{s}=\sqrt{\dfrac{2d}{a_{x}}}=\sqrt{\dfrac{2\,m\,d^{2}}{e\,U}}. Puis vsortie=ax ts=2 e Umv_{\text{sortie}}=a_{x}\,t_{s}=\sqrt{\dfrac{2\,e\,U}{m}}, expression où dd a disparu.

Application numérique : vsortie=2×1,6×10−19×6,5×1041,67×10−27=3,5×106 m⋅s−1v_{\text{sortie}}=\sqrt{\dfrac{2\times 1{,}6\times 10^{-19}\times 6{,}5\times 10^{4}}{1{,}67\times 10^{-27}}}=3{,}5\times 10^{6}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}, deux chiffres significatifs comme ee et UU. La traversée dure ts=2dvsortie=2,8×10−9t_{s}=\dfrac{2d}{v_{\text{sortie}}}=2{,}8\times 10^{-9} s. Vérification : la vitesse vaut environ 1 % de celle de la lumière, donc la mécanique classique de Newton s'applique sans correction. Erreur fréquente : diviser par dd en millimètres dans axa_{x} puis oublier de le reconvertir.

Q.6. Énergie cinétique : EC=12 m vsortie2=12×1,67×10−27×(3,53×106)2=1,04×10−14E_{C}=\dfrac{1}{2}\,m\,v_{\text{sortie}}^{2}=\dfrac{1}{2}\times 1{,}67\times 10^{-27}\times(3{,}53\times 10^{6})^{2}=1{,}04\times 10^{-14} J, soit EC=1,0×10−14E_{C}=1{,}0\times 10^{-14} J avec deux chiffres significatifs, la valeur annoncée.

Vérification plus rapide par le théorème de l'énergie cinétique : la variation d'énergie cinétique entre O et la plaque de droite est égale au travail de la force électrique, EC−0=W(Fe⃗)=Fe×d=e E d=e U=1,6×10−19×6,5×104=1,04×10−14E_{C}-0=W(\vec{F_{e}})=F_{e}\times d=e\,E\,d=e\,U=1{,}6\times 10^{-19}\times 6{,}5\times 10^{4}=1{,}04\times 10^{-14} J. Autrement dit, l'ion gagne 6565 keV à chaque traversée. On calcule ECE_{C} avec la vitesse non arrondie, sinon l'arrondi de Q.5 se propage.

Q.7. Démarche. L'énergie de sortie, en joules : EC,f=70 MeV=70×106×1,60×10−19=1,12×10−11E_{C,f}=70\ \mathrm{MeV}=70\times 10^{6}\times 1{,}60\times 10^{-19}=1{,}12\times 10^{-11} J.

Les particules partent du canon pratiquement au repos, ne gagnent d'énergie qu'entre les plaques, et chaque passage leur apporte ΔEC=1,0×10−14\Delta E_{C}=1{,}0\times 10^{-14} J. Nombre de passages dans la zone accélératrice : Np=EC,fΔEC=1,12×10−111,0×10−14=1 120N_{p}=\dfrac{E_{C,f}}{\Delta E_{C}}=\dfrac{1{,}12\times 10^{-11}}{1{,}0\times 10^{-14}}=1\,120.

Lecture de la figure 1 : à chaque tour complet, la trajectoire traverse DEUX fois la zone entre les plaques, une fois en passant de la cavité de gauche à celle de droite, une fois au retour. C'est pour cela que la tension est alternative : elle change de signe à chaque demi-tour, et la particule est accélérée à chaque traversée au lieu d'être freinée une fois sur deux. Un tour apporte donc 2 ΔEC2\,\Delta E_{C}, et le nombre de tours complets vaut 1 1202=560\dfrac{1\,120}{2}=560 tours.

Vérification en électronvolts : un tour apporte 2×65=1302\times 65=130 keV, et 70 MeV0,130 MeV=538\dfrac{70\ \mathrm{MeV}}{0{,}130\ \mathrm{MeV}}=538 tours avec la valeur non arrondie de e Ue\,U ; l'énoncé impose 1,0×10−141{,}0\times 10^{-14} J par passage, d'où 560 tours, le même ordre de grandeur, environ cinq cents tours. Erreur fréquente : répondre 1 120 tours en oubliant les deux traversées par tour.

Q.8. Lois de conservation (lois de Soddy) : le nombre de masse AA et le nombre de charge ZZ se conservent. Le proton s'écrit 11H{}^{1}_{1}\mathrm{H}, l'oxygène 18 818O{}^{18}_{8}\mathrm{O} (Z=8Z=8 d'après le tableau), le neutron 01n{}^{1}_{0}n et le fluor 9AF{}^{A}_{9}\mathrm{F} (Z=9Z=9).

Équation : 11H+818O⟶918F+01n{}^{1}_{1}\mathrm{H}+{}^{18}_{8}\mathrm{O}\longrightarrow{}^{18}_{9}\mathrm{F}+{}^{1}_{0}n. Vérification : nombres de masse 1+18=19=18+11+18=19=18+1 ; nombres de charge 1+8=9=9+01+8=9=9+0. Le neutron emporte une unité de masse : c'est pour cela qu'un proton sur l'oxygène 18 donne du fluor 18 et non du fluor 19.

Q.9. La particule émise lors d'une désintégration β+\beta^{+} est le positon (ou positron), antiparticule de l'électron, de symbole 10e{}^{0}_{1}\mathrm{e} (noté aussi e+\mathrm{e^{+}}).

Équation, avec les mêmes lois de conservation : 918F⟶818O+10e{}^{18}_{9}\mathrm{F}\longrightarrow{}^{18}_{8}\mathrm{O}+{}^{0}_{1}\mathrm{e}. Nombres de masse : 18=18+018=18+0 ; nombres de charge : 9=8+19=8+1. Le noyau fils a Z=8Z=8 : c'est de l'oxygène 18, d'après le tableau des données. Dans le noyau, un proton s'est transformé en neutron. Erreur fréquente : écrire −10e{}^{0}_{-1}\mathrm{e}, qui est l'électron de la radioactivité β−\beta^{-}.

Q.10. Énergie du photon en joules : E=511 keV=511×103×1,60×10−19=8,18×10−14E=511\ \mathrm{keV}=511\times 10^{3}\times 1{,}60\times 10^{-19}=8{,}18\times 10^{-14} J. De E=h cλE=\dfrac{h\,c}{\lambda} on tire λ=h cE=6,63×10−34×3,00×1088,18×10−14=2,43×10−12\lambda=\dfrac{h\,c}{E}=\dfrac{6{,}63\times 10^{-34}\times 3{,}00\times 10^{8}}{8{,}18\times 10^{-14}}=2{,}43\times 10^{-12} m, soit λ=2,43\lambda=2{,}43 pm.

Sur l'échelle des domaines, la frontière entre rayons X et rayons gamma se trouve une décade à droite du repère 1 pm, vers 10 pm : une longueur d'onde de 2,4 pm, comprise entre 1 pm et 10 pm, appartient au domaine des rayons gamma. Il faut donc un détecteur sensible aux photons gamma, d'où la gamma-caméra. Erreur fréquente : oublier le « kilo » de keV, ce qui donne une longueur d'onde mille fois trop grande, dans les rayons X.

Pour aller plus loin : ces photons de 511 keV ne viennent pas directement du noyau. Le positon émis s'annihile avec un électron du milieu, et leur énergie de masse donne deux photons. On le vérifie : me c2=9,11×10−31×(3,00×108)2=8,20×10−14m_{e}\,c^{2}=9{,}11\times 10^{-31}\times(3{,}00\times 10^{8})^{2}=8{,}20\times 10^{-14} J, soit 512 keV, la valeur de l'énoncé à l'arrondi près. Ces deux photons partent en sens opposés : c'est le principe de la tomographie par émission de positons.

Q.11. On dérive l'expression proposée : dNdt=N0×(−λ)×e−λt=−λ×(N0 e−λt)=−λ×N(t)\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=N_{0}\times(-\lambda)\times e^{-\lambda t}=-\lambda\times\left(N_{0}\,e^{-\lambda t}\right)=-\lambda\times N(t). L'équation différentielle est vérifiée à toute date tt, donc N(t)=N0 e−λtN(t)=N_{0}\,e^{-\lambda t} en est solution. Elle respecte aussi la condition initiale : N(0)=N0 e0=N0N(0)=N_{0}\,e^{0}=N_{0}.

Q.12. Définition : le temps de demi-vie t1/2t_{1/2} d'un noyau radioactif est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents se sont désintégrés : N(t1/2)=N02N(t_{1/2})=\dfrac{N_{0}}{2}.

Méthode : sur la courbe, on repère l'ordonnée 50 %, on trace l'horizontale jusqu'à la courbe puis la verticale jusqu'à l'axe des temps. On lit t1/2≈6,6×103t_{1/2}\approx 6{,}6\times 10^{3} s, entre les graduations 6 000 s et 7 000 s, soit environ 110 minutes. Vérification sur la même courbe : à 2 t1/2≈13 2002\,t_{1/2}\approx 13\,200 s, il reste bien 25 % des noyaux.

Q.13. De la relation donnée : λ=ln⁡2t1/2=0,6936,6×103=1,05×10−4 s−1\lambda=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=\dfrac{0{,}693}{6{,}6\times 10^{3}}=1{,}05\times 10^{-4}\ \mathrm{s^{-1}}, soit 1,1×10−4 s−11{,}1\times 10^{-4}\ \mathrm{s^{-1}} avec deux chiffres significatifs. L'unité est l'inverse d'un temps, puisque λ t\lambda\,t est sans dimension dans l'exponentielle.

Q.14. Date de la fin de l'analyse : l'injection a lieu à t=0t=0, suivie d'une attente d'environ 1 h puis de 30 min de clichés et d'analyse, donc t=1,5 h=5 400t=1{,}5\ \mathrm{h}=5\,400 s. Pourcentage restant : N(t)N0=e−λt=e−1,05×10−4×5 400=0,567\dfrac{N(t)}{N_{0}}=e^{-\lambda t}=e^{-1{,}05\times 10^{-4}\times 5\,400}=0{,}567, soit environ 57 % du traceur.

Vérification graphique : à 5 400 s, la courbe passe vers 57 %. Erreur fréquente : prendre la date de sortie du patient, 2 h, qui donnerait 47 %, ou laisser tt en heures avec λ\lambda en s−1\mathrm{s^{-1}}.

Q.15. On cherche tt tel que N(t)N0<0,01\dfrac{N(t)}{N_{0}}<0{,}01, soit e−λt<0,01e^{-\lambda t}<0{,}01. La fonction logarithme népérien est croissante : −λt<ln⁡(0,01)-\lambda t<\ln(0{,}01), puis, en divisant par −λ<0-\lambda<0, ce qui change le sens de l'inégalité, t>ln⁡100λ=4,611,05×10−4=4,4×104t>\dfrac{\ln 100}{\lambda}=\dfrac{4{,}61}{1{,}05\times 10^{-4}}=4{,}4\times 10^{4} s. Il faut un peu plus de 12 heures (12,2 h). Contrôle : c'est ln⁡100ln⁡2=6,6\dfrac{\ln 100}{\ln 2}=6{,}6 demi-vies, et la règle « sept demi-vies » donne 2−7=0,82^{-7}=0{,}8 %, du même ordre.

Commentaire : le patient quitte l'hôpital 2 h après l'injection, quand il lui reste encore environ 47 % du traceur ; il demeure faiblement radioactif pendant la journée, d'où les recommandations habituelles (éviter les contacts prolongés avec les femmes enceintes et les jeunes enfants pendant quelques heures, boire pour éliminer). Le lendemain matin, il reste moins de 1 % : la courte demi-vie du fluor 18 protège le patient. Le modèle surestime d'ailleurs cette durée, car l'organisme élimine aussi le traceur par les urines. Contrepartie de cette demi-vie courte : le fluor 18 doit être produit près des services qui l'utilisent, d'où l'intérêt d'un cyclotron médical régional.

OxH⁻FeEE+−
Figure 2 complétée : la force électrique sur l'ion, vers la plaque de droite, et le champ électrique uniforme, de sens opposé
5000100001500020000250003000020406080100t1/2 ≈ 6 600 s57 % à 5 400 s (Q.14)t (s)N/N0 (%)
Lecture du temps de demi-vie à 50 % et du pourcentage restant à la fin de l'analyse des clichés

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Exercice 2 : L'acide azélaïque dans les cosmétiques

5 points Acide-base, pKa et titragesDéterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validitéChimie organique et synthèseMesure, incertitudes et chiffres significatifs

L'acide azélaïque est un diacide carboxylique naturellement présent dans des céréales (blé, orge, seigle) et largement utilisé en dermatologie pour ses propriétés antibactérienne et anti-inflammatoire, notamment dans le traitement de l'acné.

L'objectif de cet exercice est, après une étude de la molécule d'acide azélaïque, de vérifier le pourcentage massique d'un sérum commercial à base de cette molécule.

Données : Règles de nomenclature officielle :

NomNombre d'atomes de carbone
Méthane1
Éthane2
Propane3
Butane4
Pentane5
Hexane6
Heptane7
Octane8
Nonane9
Décane10
Règles de nomenclature officielle
Famille chimiqueSuffixe
Acide carboxyliqueacide ...oïque
Ester...oate de ...yle
Aldéhyde-al
Alcool-ol
  • Si plusieurs groupes caractéristiques de la molécule sont identiques, on précède le suffixe lié à la famille chimique par di, tri ou tétra respectivement pour 2,3 ou 4 groupes identiques.
  • 1. Propriétés de l'acide azélaïque
  • La formule de l'acide azélaïque est : HOOC−(CH2)7−COOH\mathrm{HOOC-(CH_{2})_{7}-COOH}.
  • Q.1. Écrire la formule topologique de cette molécule.
  • Q.2. Entourer le(s) groupe(s) caractéristique(s) et nommer les fonctions chimiques associées.
  • Q.3. Exploiter les règles de nomenclature fournies pour nommer la molécule d'acide azélaïque en nomenclature officielle.
  • L'acide azélaïque est un diacide faible noté AH2\mathrm{AH_{2}}. Ses deux acidités, marquées par la perte d'un premier proton H+\mathrm{H^{+}} puis d'un second, peuvent être caractérisées par deux valeurs de pKaK_{a} : pKa1=4,55K_{a1}=4{,}55 et pKa2=5,50K_{a2}=5{,}50.
  • Q.4. Établir le diagramme de prédominance de l'acide azélaïque.
  • Q.5. Déterminer la forme prédominante de l'acide azélaïque dans un milieu dont le pH vaut 4,7 (pH moyen de la peau du visage).
  • 2. Dosage de l'acide azélaïque dans une solution commerciale
  • Sur le site qui vend ce sérum, on peut lire la description suivante :
  • « Anti-imperfections global, ce sérum concentré à 10 % en masse d'acide azélaïque apporte une réponse aux peaux mixtes, grasses, à imperfections et à tendance acnéique qui souhaitent retrouver un teint net et clarifié. 100 % d'origine naturelle, l'acide azélaïque, [...], agit simultanément sur plusieurs facteurs responsables de l'acné. »
    Source : aroma-zone.com
  • Dans un premier temps, une solution diluée de sérum est préparée selon le protocole ci-dessous :
    • Verser la totalité du flacon, c'est-à-dire un volume Vseˊrum=30,0V_{\text{sérum}}=30{,}0 mL, dans une fiole jaugée de 100,0 mL ;
    • Ajouter de l'eau, ajuster jusqu'au trait de jauge. Agiter pour homogénéiser.
  • Pour vérifier le pourcentage massique indiqué par le site commercial, un titrage par suivi pH-métrique est effectué. Un volume Va=10,0V_{a}=10{,}0 mL de la solution diluée de sérum est titré par une solution d'hydroxyde de sodium de concentration en quantité de matière Cb=0,200 mol⋅L−1C_{b}=0{,}200\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Données :
    • Densité du sérum commercial : dseˊrum=1,03d_{\text{sérum}}=1{,}03 ;
    • Masse volumique de l'eau : ρeau=1,00 g⋅mL−1\rho_{\text{eau}}=1{,}00\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}} ;
    • Masse molaire de l'acide azélaïque : M=188,2 g⋅mol−1M=188{,}2\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • Courbe de suivi pH-métrique réalisé :
  • Titrage pH-métrique de 10,0 mL de sérum dilué par la soude : pH en noir (axe de gauche, de 0 à 12) et dérivée dpH/dV en gris (axe de droite, de 0 à 3,5) en fonction du volume versé V de 0 à 25 mL. Le pH part de 4,1, monte lentement jusqu'à 5,8 vers 15 mL, puis fait un seul saut entre 16,5 et 18,5 mL jusqu'à 11,5, et finit vers 12,3. La dérivée présente un seul pic, de hauteur environ 3,6, centré vers 17,4 mL.
    Figure 1. Courbe de titrage pH-métrique
  • • Pour discuter de la compatibilité du résultat d'une mesure AmesA_{mes} avec une valeur de référence ArefA_{ref} on peut utiliser le quotient : ∣Ames−Aref∣u(Ames)\dfrac{|A_{mes}-A_{ref}|}{u(A_{mes})}
    avec AmesA_{mes} la valeur mesurée ;
    ArefA_{ref} la valeur de référence ;
    u(Ames)u(A_{mes}) l'incertitude-type de la valeur mesurée AmesA_{mes}.
    • L'incertitude-type sur la mesure du pourcentage massique ww dans les conditions de l'expérience est u(w)=0,4u(w)=0{,}4 %.
  • Q.6. Schématiser et légender le montage permettant de réaliser ce titrage, en indiquant le nom et la position des espèces chimiques titrante et titrée.
  • L'équation de la réaction support du titrage est : AH2(aq)+2 HO−(aq)⟶A2−(aq)+2 H2O(ℓ)\mathrm{AH_{2}(aq)+2\,HO^{-}(aq)\longrightarrow A^{2-}(aq)+2\,H_{2}O(\ell)} ;
  • Q.7. Montrer, en exploitant les résultats du titrage, que la masse d'acide azélaïque dans un flacon de sérum vaut 3,3 g.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • Q.8. En déduire si le pourcentage massique déterminé expérimentalement est cohérent avec l'indication donnée par le site de vente.

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Q.2
Q.3
Q.5
Q.7
Q.8
Voir la correction

Réponses

  • Q.1 Zigzag de 9 carbones, chaque extrémité portant =O=\mathrm{O} et −OH\mathrm{-OH}
  • Q.2 Deux groupes carboxyle −COOH\mathrm{-COOH} : fonction acide carboxylique
  • Q.3 Acide nonanedioïque
  • Q.4 AH2\mathrm{AH_{2}} si pH <4,55<4{,}55 ; AH−\mathrm{AH^{-}} entre 4,554{,}55 et 5,505{,}50 ; A2−\mathrm{A^{2-}} si pH >5,50>5{,}50
  • Q.5 AH−\mathrm{AH^{-}}
  • Q.6 Burette de soude à 0,200 mol⋅L−10{,}200\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} au-dessus du bécher de 10,010{,}0 mL de sérum dilué, agitateur, sonde pH
  • Q.7 VE=17,4V_{E}=17{,}4 mL ; n=CbVE/2=1,74×10−3n=C_{b}V_{E}/2=1{,}74\times 10^{-3} mol ; ×10\times 10 ; m=3,27m=3{,}27 g ≈3,3\approx 3{,}3 g
  • Q.8 w=3,27/30,9=10,6w=3{,}27/30{,}9=10{,}6 % ; quotient 1,5<21{,}5<2 : compatible avec 10 %

Q.1. Dans une formule topologique, la chaîne carbonée est une ligne brisée en zigzag : chaque sommet et chaque extrémité porte un atome de carbone, les atomes d'hydrogène liés aux carbones ne sont pas écrits, les autres atomes (ici O) et les hydrogènes qu'ils portent le sont. La chaîne compte 2+7=92+7=9 atomes de carbone : les deux carbones des groupes −COOH\mathrm{-COOH} et les sept du groupe (CH2)7\mathrm{(CH_{2})_{7}}. Chaque extrémité porte une double liaison vers un O et une simple liaison vers un groupe OH (figure du corrigé).

Erreur fréquente : dessiner sept sommets seulement, en oubliant que les carbones des groupes carboxyle appartiennent à la chaîne.

Q.2. La molécule possède deux groupes caractéristiques identiques, deux groupes carboxyle −COOH\mathrm{-COOH}, entourés en pointillés sur la figure : chacun réunit le carbone, l'oxygène doublement lié et le groupe OH. Fonction chimique associée : acide carboxylique, deux fois, d'où le nom de diacide carboxylique donné par l'énoncé. Piège : découper le groupe carboxyle en un groupe carbonyle C=O\mathrm{C=O} et un groupe hydroxyle OH d'alcool ; c'est un seul groupe, avec ses propriétés acides propres.

Q.3. La chaîne principale contient les deux carbones fonctionnels : 9 atomes de carbone, d'après le tableau « nonane ». La famille est celle des acides carboxyliques, suffixe « acide ...oïque », et les deux groupes identiques imposent le préfixe multiplicatif « di » devant le suffixe : acide nonanedioïque. Aucun indice de position n'est nécessaire, les deux groupes carboxyle étant forcément aux extrémités (carbones 1 et 9). Le « e » de nonane se garde devant une consonne : nonanedioïque, comme l'acide hexanedioïque du nylon. Erreur fréquente : « acide heptanedioïque », en ne comptant que les sept CH2\mathrm{CH_{2}}.

Q.4. Les deux couples sont AH2/AH−\mathrm{AH_{2}/AH^{-}} (pKa1=4,55K_{a1}=4{,}55) et AH−/A2−\mathrm{AH^{-}/A^{2-}} (pKa2=5,50K_{a2}=5{,}50). Pour chaque couple, pH=pKa+log⁡[base][acide]\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{a}+\log\dfrac{[\text{base}]}{[\text{acide}]} : l'acide prédomine quand pH<pKa\mathrm{pH}<\mathrm{p}K_{a}, la base quand pH>pKa\mathrm{pH}>\mathrm{p}K_{a}.

D'où le diagramme sur un axe gradué en pH : AH2\mathrm{AH_{2}} prédomine pour pH<4,55\mathrm{pH}<4{,}55 ; AH−\mathrm{AH^{-}} pour 4,55<pH<5,504{,}55<\mathrm{pH}<5{,}50 ; A2−\mathrm{A^{2-}} pour pH>5,50\mathrm{pH}>5{,}50 (figure du corrigé). L'ion AH−\mathrm{AH^{-}} est la base du premier couple et l'acide du second : c'est une espèce amphotère, d'où sa place au milieu.

Q.5. 4,55<4,7<5,504{,}55<4{,}7<5{,}50 : à pH 4,7, la forme prédominante est l'ion AH−\mathrm{AH^{-}} (ion hydrogénoazélate).

Nuance utile : le pH est proche de pKa1K_{a1}, donc [AH−][AH2]=104,7−4,55=1,4\dfrac{[\mathrm{AH^{-}}]}{[\mathrm{AH_{2}}]}=10^{4{,}7-4{,}55}=1{,}4 et [A2−][AH−]=104,7−5,50=0,16\dfrac{[\mathrm{A^{2-}}]}{[\mathrm{AH^{-}}]}=10^{4{,}7-5{,}50}=0{,}16 : AH−\mathrm{AH^{-}} prédomine, mais AH2\mathrm{AH_{2}} reste présent en quantité comparable. « Prédominer » veut dire être majoritaire, pas être seul.

Q.6. Montage de titrage pH-métrique, à schématiser avec ces légendes :

En haut, une burette graduée (25 mL), fixée à un support, remplie de la solution TITRANTE d'hydroxyde de sodium (Na+(aq)+HO−(aq))\mathrm{(Na^{+}(aq)+HO^{-}(aq))} de concentration Cb=0,200 mol⋅L−1C_{b}=0{,}200\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, zéro ajusté. En dessous, un bécher contenant la solution TITRÉE : le volume Va=10,0V_{a}=10{,}0 mL de solution diluée de sérum (acide azélaïque AH2\mathrm{AH_{2}}), prélevé à la pipette jaugée, éventuellement complété d'eau distillée pour immerger la sonde. Dans le bécher, un barreau aimanté, et le bécher posé sur un agitateur magnétique. Enfin, la sonde de pH (électrode combinée) plongée dans la solution titrée et reliée au pH-mètre, étalonné au préalable.

Erreur fréquente : inverser les positions, la solution titrante étant toujours dans la burette, la solution dont on cherche la quantité dans le bécher.

Q.7. Démarche en quatre étapes.

1) Volume équivalent. Il correspond au maximum de la dérivée dpHdV\dfrac{\mathrm{d}pH}{\mathrm{d}V}, ou au point d'inflexion du saut de pH par la méthode des tangentes parallèles : on lit VE≈17,4V_{E}\approx 17{,}4 mL. La courbe ne présente qu'un seul saut : les deux pKaK_{a}, distants de moins d'une unité, ne permettent pas de séparer les deux acidités, qui sont titrées ensemble, ce que traduit l'équation consommant deux ions HO−\mathrm{HO^{-}} par AH2\mathrm{AH_{2}}.

2) Relation à l'équivalence. Les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation : n(AH2)Va=n(HO−)verseˊ2=Cb VE2=0,200×17,4×10−32=1,74×10−3n(\mathrm{AH_{2}})_{V_{a}}=\dfrac{n(\mathrm{HO^{-}})_{\text{versé}}}{2}=\dfrac{C_{b}\,V_{E}}{2}=\dfrac{0{,}200\times 17{,}4\times 10^{-3}}{2}=1{,}74\times 10^{-3} mol.

3) Retour au flacon. Tout le flacon a été versé dans la fiole de 100,0 mL, et le prélèvement Va=10,0V_{a}=10{,}0 mL en est le dixième : nflacon=n(AH2)Va×100,010,0=1,74×10−2n_{\text{flacon}}=n(\mathrm{AH_{2}})_{V_{a}}\times\dfrac{100{,}0}{10{,}0}=1{,}74\times 10^{-2} mol. Le volume de 30,0 mL du flacon n'intervient pas ici : toute la matière du flacon est dans la fiole.

4) Masse : m=nflacon×M=1,74×10−2×188,2=3,27m=n_{\text{flacon}}\times M=1{,}74\times 10^{-2}\times 188{,}2=3{,}27 g, soit 3,33{,}3 g avec deux chiffres significatifs, la valeur annoncée. La lecture de VEV_{E} entre 17,317{,}3 et 17,517{,}5 mL donne le même résultat arrondi. Erreurs fréquentes : oublier le facteur 12\dfrac{1}{2} de l'équation, ce qui double la masse (6,56{,}5 g) ; ou multiplier par 100,030,0\dfrac{100{,}0}{30{,}0}, le facteur de dilution, au lieu de 100,010,0\dfrac{100{,}0}{10{,}0}, la fraction prélevée.

Q.8. Masse du sérum contenu dans le flacon : la densité est le rapport de la masse volumique du sérum à celle de l'eau, donc ρseˊrum=dseˊrum×ρeau=1,03 g⋅mL−1\rho_{\text{sérum}}=d_{\text{sérum}}\times\rho_{\text{eau}}=1{,}03\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}} et mseˊrum=1,03×30,0=30,9m_{\text{sérum}}=1{,}03\times 30{,}0=30{,}9 g.

Pourcentage massique : w=mmseˊrum=3,2730,9=0,106w=\dfrac{m}{m_{\text{sérum}}}=\dfrac{3{,}27}{30{,}9}=0{,}106, soit w=10,6w=10{,}6 % (avec la valeur arrondie 3,33{,}3 g, 10,710{,}7 %).

Compatibilité avec la valeur annoncée wref=10w_{ref}=10 % : ∣w−wref∣u(w)=∣10,6−10∣0,4=1,5\dfrac{|w-w_{ref}|}{u(w)}=\dfrac{|10{,}6-10|}{0{,}4}=1{,}5 (1,7 avec 3,3 g). Le quotient est inférieur à 2 : la mesure est compatible avec l'indication du site de vente. Erreur fréquente : diviser par 30,0 g, la masse qu'aurait le même volume d'eau, ou oublier que la densité n'a pas d'unité.

OHOOOH9 atomes de carbone
Formule topologique de l'acide azélaïque, les deux groupes carboxyle entourés (Q.1 et Q.2)
AH₂AH⁻A²⁻4,555,50pH
Diagramme de prédominance de l'acide azélaïque (Q.4)

Exercice 3 : Une synthèse non totale, l'estérification

4 points Stratégies de synthèse et polymèresÉquilibre et quotient de réactionSynthèse organique et mécanismes

Les esters sont des molécules résultant le plus généralement de la réaction entre un acide carboxylique et un alcool. Ils sont très utilisés dans l'industrie agroalimentaire et dans la parfumerie, notamment pour apporter des arômes fruités. Cependant, les synthèses de ces esters ont des rendements variables selon les conditions expérimentales.

Le but de cet exercice est d'étudier une réaction de synthèse d'un ester, appelée estérification, ainsi que les conditions expérimentales pour optimiser le rendement de cette synthèse.

1. Mode opératoire de l'estérification

La synthèse de l'ester étudié est réalisée avec le protocole expérimental suivant :
• introduire 0,150 mol d'acide éthanoïque pur et 0,150 mol d'éthanol pur dans un ballon ;
• ajouter un volume de 0,5 mL d'acide sulfurique concentré et quelques grains de pierre ponce ;
• adapter un réfrigérant à eau ;
• chauffer l'ensemble à reflux pendant 1 h. Laisser refroidir le mélange réactionnel.

Trois montages sont proposés pour réaliser cette synthèse :

Trois montages côte à côte. Montage 1 : ballon dans un chauffe-ballon (élément 1), surmonté d'une colonne avec thermomètre, puis d'un réfrigérant droit incliné (élément 2) qui descend vers un erlenmeyer de recueil : une distillation. Montage 2 : ballon contenant le mélange et des grains de pierre ponce, posé sur un agitateur magnétique chauffant (élément 1), surmonté d'un réfrigérant à boules vertical parcouru par l'eau (élément 2) : un chauffage à reflux. Montage 3 : ballon dans un chauffe-ballon (élément 1), relié par un tube coudé à un tube décanteur gradué à robinet surmonté d'un réfrigérant à boules vertical (élément 2) : un appareil de Dean-Stark.
  • Données :
    Masses molaires atomiques :
    • M(H)=1,0 g⋅mol−1M(\mathrm{H})=1{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • M(C)=12,0 g⋅mol−1M(\mathrm{C})=12{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • M(O)=16,0 g⋅mol−1M(\mathrm{O})=16{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}.
  • Q.1. Choisir parmi les montages ci-dessus un montage adapté à la synthèse de l'ester. Indiquer l'intérêt de l'élément 1 et celui de l'élément 2 sur le montage choisi.
  • L'équation de la réaction modélisant l'estérification étudiée est la suivante :
  • CH3COOH(ℓ)+C2H5OH(ℓ)⇄CH3COOC2H5(ℓ)+H2O(ℓ)\mathrm{CH_{3}COOH(\ell)+C_{2}H_{5}OH(\ell)\rightleftarrows CH_{3}COOC_{2}H_{5}(\ell)+H_{2}O(\ell)}
    (Acide) (Alcool) (Ester) (Eau)
  • Q.2. Indiquer le rôle de l'acide sulfurique H2SO4(aq)\mathrm{H_{2}SO_{4}(aq)} et l'intérêt de son ajout.
  • Q.3. Calculer la valeur de la masse d'ester si la réaction était totale.
  • Le candidat peut éventuellement s'aider d'un tableau d'avancement.
  • 2. L'estérification : une réaction non totale
  • Pour cette réaction, le quotient de réaction QrQ_{r} peut s'écrire : Qr=nester×neaunacide×nalcoolQ_{r}=\dfrac{n_{\text{ester}}\times n_{\text{eau}}}{n_{\text{acide}}\times n_{\text{alcool}}}
  • Q.4. Rappeler la définition du taux d'avancement τ\tau. Montrer ensuite que la constante d'équilibre KK de l'estérification étudiée peut s'écrire : K=τ2(1−τ)2K=\dfrac{\tau^{2}}{(1-\tau)^{2}}
  • La relation précédente peut s'écrire sous la forme : (K−1).τ2+2K.τ+K=0(K-1).\tau^{2}+2K.\tau+K=0
  • Pour l'estérification étudiée, à la température du milieu réactionnel, la constante d'équilibre KK est égale à 4,0. Le traitement mathématique du polynôme précédent donne deux solutions :
    τ1=0,67\tau_{1}=0{,}67 et τ2=2,0\tau_{2}=2{,}0
  • Q.5. Choisir, en justifiant, parmi les deux solutions τ1\tau_{1} et τ2\tau_{2}, le taux d'avancement final réel de cette réaction.
  • Q.6. Déterminer la valeur de la masse d'ester produit lors de cette synthèse.
  • Un chimiste souhaite optimiser le rendement ρ\rho de cette estérification en changeant des paramètres expérimentaux.
  • Q.7. Proposer deux modifications permettant d'atteindre cet objectif.

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Q.2
Q.3
Q.5
Q.6
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Réponses

  • Q.1 Montage 2 (reflux) : 1, agitateur chauffant, accélère et homogénéise ; 2, réfrigérant à boules, condense les vapeurs sans perte
  • Q.2 Catalyseur : accélère la réaction sans changer l'état final
  • Q.3 xmax=0,150x_{max}=0{,}150 mol, M=88,0 g⋅mol−1M=88{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} : mmax=13,2m_{max}=13{,}2 g
  • Q.4 τ=xf/xmax\tau=x_{f}/x_{max} ; K=Qr,eˊq=τ2(1−τ)2K=Q_{r,\text{éq}}=\dfrac{\tau^{2}}{(1-\tau)^{2}} (forme développée : −2Kτ-2K\tau, coquille du sujet)
  • Q.5 τ=0,67\tau=0{,}67 ; τ2=2,0>1\tau_{2}=2{,}0>1 rejeté
  • Q.6 m=0,67×13,2=8,8m=0{,}67\times 13{,}2=8{,}8 g
  • Q.7 Réactif en excès (éthanol) ; éliminer l'eau formée (Dean-Stark)

Q.1. Le protocole demande de chauffer à reflux avec un réfrigérant à eau : c'est le montage 2, un montage de chauffage à reflux.

Élément 1, l'agitateur magnétique chauffant : il chauffe le mélange, et la température est un facteur cinétique, ce qui accélère une estérification naturellement lente ; il agite aussi le mélange pour l'homogénéiser. Élément 2, le réfrigérant à boules vertical, parcouru par l'eau froide qui entre par le bas : les vapeurs qui montent s'y condensent et retombent dans le ballon. On chauffe donc longtemps à ébullition sans perdre ni réactifs ni produits, tous volatils ici. La pierre ponce régularise l'ébullition.

Les deux autres montages : le montage 1 est une distillation fractionnée (colonne, thermomètre, réfrigérant droit, erlenmeyer de recueil) ; il sert à séparer et à retirer du ballon l'espèce la plus volatile, pas à faire réagir pendant une heure. Le montage 3 est un appareil de Dean-Stark : il chauffe aussi à reflux et retire l'eau au fur et à mesure dans le tube décanteur, mais il demande un solvant non miscible à l'eau que le protocole n'utilise pas ; c'est le montage de l'optimisation, utile à la question Q.7.

Q.2. L'acide sulfurique est un catalyseur : il accélère la réaction sans être consommé (il n'apparaît pas dans l'équation) et sans modifier l'état final. Intérêt : l'estérification est lente ; avec le catalyseur et le chauffage, l'état d'équilibre est atteint en une heure au lieu de plusieurs jours. Piège : le catalyseur ne change ni le taux d'avancement final ni le rendement ; il permet seulement de les atteindre plus vite.

Q.3. Masse molaire de l'ester CH3COOC2H5\mathrm{CH_{3}COOC_{2}H_{5}}, de formule brute C4H8O2\mathrm{C_{4}H_{8}O_{2}} : M=4×12,0+8×1,0+2×16,0=88,0 g⋅mol−1M=4\times 12{,}0+8\times 1{,}0+2\times 16{,}0=88{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}.

Tableau d'avancement, tous les nombres stœchiométriques valant 1 : acide 0,150−x0{,}150-x, alcool 0,150−x0{,}150-x, ester xx, eau xx (l'eau introduite avec le catalyseur est négligée). Le mélange est stœchiométrique : si la réaction était totale, les deux réactifs disparaîtraient ensemble, pour xmax=0,150x_{max}=0{,}150 mol. Masse d'ester : mmax=xmax×M=0,150×88,0=13,2m_{max}=x_{max}\times M=0{,}150\times 88{,}0=13{,}2 g. Erreur fréquente : compter les atomes de la formule semi-développée de travers ; on écrit d'abord la formule brute C4H8O2\mathrm{C_{4}H_{8}O_{2}}.

Q.4. Définition : le taux d'avancement final est le quotient de l'avancement final par l'avancement maximal, τ=xfxmax\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{max}} ; il est compris entre 0 et 1, et vaut 1 pour une transformation totale.

À l'équilibre, le quotient de réaction est égal à la constante d'équilibre : Qr,eˊq=KQ_{r,\text{éq}}=K. Avec le tableau d'avancement à l'état final : nester=neau=xfn_{\text{ester}}=n_{\text{eau}}=x_{f} et nacide=nalcool=0,150−xfn_{\text{acide}}=n_{\text{alcool}}=0{,}150-x_{f}. Or xf=τ xmaxx_{f}=\tau\,x_{max} et xmax=0,150x_{max}=0{,}150 mol, donc 0,150−xf=xmax(1−τ)0{,}150-x_{f}=x_{max}(1-\tau). D'où K=(τ xmax)2(xmax(1−τ))2=τ2(1−τ)2K=\dfrac{(\tau\,x_{max})^{2}}{(x_{max}(1-\tau))^{2}}=\dfrac{\tau^{2}}{(1-\tau)^{2}}. Le quotient s'écrit avec des quantités de matière parce que les volumes se simplifient : deux espèces au numérateur, deux au dénominateur.

Sur la forme développée : K (1−τ)2=τ2K\,(1-\tau)^{2}=\tau^{2} donne K−2Kτ+Kτ2−τ2=0K-2K\tau+K\tau^{2}-\tau^{2}=0, soit (K−1) τ2−2K τ+K=0(K-1)\,\tau^{2}-2K\,\tau+K=0. Le sujet imprime « +2K.τ+2K.\tau » : c'est une coquille de signe, sans conséquence pour la suite, car avec un signe plus les deux solutions seraient négatives. Les solutions annoncées sont bien celles de l'équation correcte : pour K=4,0K=4{,}0, 3τ2−8τ+4=03\tau^{2}-8\tau+4=0, discriminant Δ=64−48=16\Delta=64-48=16, τ=8±46\tau=\dfrac{8\pm 4}{6}, soit 23≈0,67\dfrac{2}{3}\approx 0{,}67 et 2,02{,}0.

Q.5. L'avancement final ne peut pas dépasser l'avancement maximal : 0≤τ≤10\le\tau\le 1. La solution τ2=2,0\tau_{2}=2{,}0 est rejetée : elle supposerait xf=0,300x_{f}=0{,}300 mol, donc des quantités de réactifs négatives. Le taux d'avancement final est τ=τ1=0,67\tau=\tau_{1}=0{,}67. Vérification : 0,6720,332≈4\dfrac{0{,}67^{2}}{0{,}33^{2}}\approx 4, la constante d'équilibre. C'est la valeur classique d'une estérification avec un mélange équimolaire d'acide et d'alcool primaire : deux tiers.

Q.6. mester=τ×mmax=0,67×13,2=8,8m_{\text{ester}}=\tau\times m_{max}=0{,}67\times 13{,}2=8{,}8 g ; autrement dit xf=τ xmax=0,10x_{f}=\tau\,x_{max}=0{,}10 mol d'ester, de masse 0,10×88,0=8,80{,}10\times 88{,}0=8{,}8 g. Erreur fréquente : prendre τ2\tau_{2}, ce qui donne une masse supérieure à la masse maximale, signal d'alarme immédiat.

Q.7. Le rendement ρ=xfxmax\rho=\dfrac{x_{f}}{x_{max}} est limité par l'équilibre. Pour l'augmenter, il faut que le système évolue davantage dans le sens direct, donc rendre QrQ_{r} inférieur à KK. Deux modifications :

1) Introduire un réactif en excès, le moins coûteux, par exemple l'éthanol. Avec trois fois plus d'éthanol (0,450 mol), l'équation x2(0,150−x)(0,450−x)=4,0\dfrac{x^{2}}{(0{,}150-x)(0{,}450-x)}=4{,}0 donne xf=0,135x_{f}=0{,}135 mol, soit un rendement de 90 % au lieu de 67 %.

2) Éliminer un produit au fur et à mesure de sa formation, par exemple l'eau avec un appareil de Dean-Stark (le montage 3) : le numérateur de QrQ_{r} reste petit, et l'équilibre n'est jamais atteint tant qu'il reste des réactifs.

Piège : augmenter la température ou la quantité de catalyseur accélère la réaction mais ne change pas l'état final ; la constante d'une estérification dépend d'ailleurs très peu de la température. Ces deux propositions ne sont pas des réponses à la question.

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