Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Métropole jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Métropole, jour 1

Épreuve du mardi 17 juin 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Métropole, jour 1 : l'épreuve du mardi 17 juin 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points sur un emballage intelligent au rayon poissonnerie, 6 points sur la datation d'une roche et 5 points sur un viscosimètre à chute de bille. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 suit le bleu de bromophénol de sa synthèse à la pastille : étapes d'un protocole, chromatographie sur couche mince et spectres d'absorption, constante d'acidité KAK_{A} et relation pH=pKA+log⁡([BH−][BH2])\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\left(\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]}\right), titrage pH-métrique avec la méthode de la dérivée et la demi-équivalence, couleur par le cercle chromatique, dilution d'une solution commerciale à partir du titre massique et de la densité, nomenclature des amines, espèce amphotère et temps de demi-réaction d'une cinétique d'ordre 1. L'exercice 2 est une datation au rubidium 87 : désintégration β−\beta^{-} et lois de Soddy, temps de demi-vie, loi de décroissance radioactive N(t)=N0 e−λtN(t)=N_{0}\,e^{-\lambda t} et droite isochrone. L'exercice 3 étudie un viscosimètre à chute de bille : poussée d'Archimède, frottement fluide, vitesse limite, deuxième loi de Newton, équation différentielle du premier ordre et temps caractéristique τ\tau, avec un test d'accord par le quotient ∣x−xreˊf∣/u(x)|x-x_{\text{réf}}|/u(x).

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : le chromatogramme qui prouve la transformation par une tache nouvelle mais l'impureté par une seconde tache (exercice 1, Q2) ; la dilution impossible, qui demande de passer du titre massique et de la densité à une concentration de 12 mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}} avant de comparer le volume à prélever à la plus petite pipette (exercice 1, Q13) ; le coefficient directeur de la droite isochrone, qui vaut eλt−1e^{\lambda t}-1 et non λ\lambda (exercice 2, Q12). Il signale aussi que la bille dite « en acier » de l'exercice 3 a une masse volumique de 1,06×103 kg⋅m−31{,}06\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, bien en dessous de celle d'un acier.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Un emballage intelligent au rayon poissonnerie

9 points Acide-base, pKa et titragesCinétique chimiqueChimie organique et synthèseCouleurs, filtres et ondes électromagnétiques

Un emballage « intelligent » est un emballage alimentaire capable d'afficher, à destination du client, des informations qui s'actualisent automatiquement au cours du temps. On trouve par exemple, sur certains emballages de produits frais au rayon poissonnerie, une pastille qui informe de la fraicheur du filet de poisson qu'ils contiennent. Ces pastilles sont imbibées d'un indicateur coloré.

Dans cet exercice, on souhaite vérifier si le bleu de bromophénol, un indicateur coloré acide-base noté BBP dans la suite de l'exercice, peut convenir pour la réalisation de ce type de pastille.

1. Synthèse du bleu de bromophénol

Pour synthétiser et caractériser le BBP (C19H10Br4O5S\mathrm{C_{19}H_{10}Br_{4}O_{5}S}), on réalise le protocole suivant :
- étape n°1 : dissoudre dans un erlenmeyer une masse m=201m=201 mg de rouge de phénol (C19H14O5S\mathrm{C_{19}H_{14}O_{5}S}) dans 10 mL d'éthanol. Agiter, puis ajouter goutte à goutte une solution contenant du perbromure de pyridinium, qui permet de libérer du dibrome Br2\mathrm{Br_{2}} dans le milieu ;
- étape n°2 : éliminer le solvant jusqu'à obtenir des cristaux au fond du ballon. Filtrer puis sécher les cristaux à l'étuve. Le produit solide obtenu est appelé par la suite le produit synthétisé brut ;
- étape n°3 : réaliser une chromatographie sur couche mince des réactifs et du produit synthétisé brut ;
- étape n°4 : enregistrer les spectres d'absorption du BBP de référence et du produit synthétisé brut.

Données :
• équation de la réaction modélisant la synthèse du BBP :
C19H14O5S(solv)+4 Br2(solv)⟶C19H10Br4O5S(solv)+4 HBr(solv)\mathrm{C_{19}H_{14}O_{5}S(solv)+4\,Br_{2}(solv)\longrightarrow C_{19}H_{10}Br_{4}O_{5}S(solv)+4\,HBr(solv)}
où (solv) signifie dissous dans le solvant, ici l'éthanol ;
• concentration standard : c∘=1 mol⋅L−1c^{\circ}=1\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} ;
• température de fusion du BBP : θfusion=273\theta_{\text{fusion}}=273 °C ;
• pour discuter de l'accord du résultat d'une mesure avec une valeur de référence, on peut utiliser le quotient ∣x−xreˊf∣u(x)\dfrac{|x-x_{\text{réf}}|}{u(x)} avec xx la valeur mesurée, xreˊfx_{\text{réf}} la valeur de référence et u(x)u(x) l'incertitude-type associée à la valeur mesurée xx ;
• chromatogramme obtenu du produit synthétisé brut (les espèces étant dissoutes dans un solvant adapté) :

Plaque de chromatographie avec trois dépôts sur la ligne de base : a, rouge de phénol ; b, perbromure de pyridinium ; c, produit synthétisé brut à l'état final. Le dépôt a donne une tache jaune à environ un quart de la hauteur de migration. Le dépôt b donne une tache restée au niveau de la ligne de dépôt. Le dépôt c donne deux taches : une tache bleu-violet très haut sur la plaque, absente des colonnes a et b, et une tache jaune au niveau de la ligne de dépôt, à la même hauteur que celle de b. Aucune tache de c n'est à la hauteur de celle de a.
Chromatogramme obtenu du produit synthétisé brut
  • • spectres d'absorption du BBP de référence et du produit synthétisé brut :
  • Absorbance en fonction de la longueur d'onde, de 400 à 800 nm. Le BBP de référence (trait plein) a un seul pic, de maximum 0,12 vers 588 nm, et une absorbance d'environ 0,01 ailleurs. Le produit synthétisé brut (pointillés) a un pic à la même longueur d'onde, de maximum 0,16, et absorbe en plus entre 400 et 500 nm (0,05 à 400 nm, 0,03 vers 480 nm).
    Spectres d'absorption du BBP de référence et du produit synthétisé brut
  • Q1. Donner un titre aux étapes du protocole, en choisissant parmi les propositions suivantes : analyse du produit brut ; transformation des réactifs ; séparation.
  • Q2. En vous appuyant sur le chromatogramme obtenu, montrer qu'une transformation chimique a eu lieu et préciser si le produit synthétisé brut est pur.
  • Q3. À l'aide des spectres d'absorption proposés, justifier que le produit brut contient du BBP.
  • Q4. Citer une autre méthode permettant d'identifier le produit brut.
  • 2. Identification du produit synthétisé par une mesure de pKAK_{A}
  • Le produit brut obtenu est purifié. On se propose d'en déterminer la constante d'acidité associée pour confirmer qu'il s'agit de BBP, en étudiant la courbe de titrage d'une solution contenant cette espèce par une solution aqueuse d'hydroxyde de sodium.
  • Q5. Le BBP est un indicateur coloré acide-base dont le couple acide-base est noté BH2(aq)/BH−(aq)\mathrm{BH_{2}(aq)/BH^{-}(aq)}. Donner l'expression de la constante d'acidité KAK_{A} de ce couple en fonction de [BH2][\mathrm{BH_{2}}], [BH−][\mathrm{BH^{-}}], [H3O+][\mathrm{H_{3}O^{+}}], concentrations des espèces à l'équilibre chimique, ainsi que de la concentration standard c∘c^{\circ}.
  • Q6. À partir de l'expression précédente, établir la relation suivante : pH=pKA+log⁡([BH−][BH2])\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\left(\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]}\right)
  • On prépare une solution Sa\mathrm{S_{a}} du produit de synthèse purifié. On réalise un titrage de la solution Sa\mathrm{S_{a}} à l'aide d'une solution Sb\mathrm{S_{b}} d'hydroxyde de sodium, suivi par pH-métrie.
  • L'équation de la réaction support du titrage est : BH2(aq)+OH−(aq)⟶BH−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{BH_{2}(aq)+OH^{-}(aq)\longrightarrow BH^{-}(aq)+H_{2}O(\ell)}
  • La courbe de titrage est donnée sur la figure 1 ci-dessous.
  • pH (croix) et dérivée dpH/dV (trait plein) en fonction du volume V de solution Sb versé, de 0 à 25 mL. Le pH part de 3,2, vaut environ 3,9 vers 7,4 mL, 4,9 à 12 mL, puis saute de 6,8 à 8,9 entre 14,4 et 15,0 mL et tend vers 10,8 à 25 mL. La dérivée est presque nulle sauf un pic étroit, de hauteur 4,2, centré sur 14,8 mL.
    Figure 1. Courbes de suivi pH-métrique et dérivée dpH/dV du titrage de la solution Sa\mathrm{S_{a}}
  • Q7. Définir l'équivalence d'un titrage.
  • Q8. En explicitant la méthode, déterminer le volume VEV_{E} de solution Sb\mathrm{S_{b}} versé à l'équivalence.
  • Pour déterminer expérimentalement le pKAK_{A} du couple BH2(aq)/BH−(aq)\mathrm{BH_{2}(aq)/BH^{-}(aq)}, on s'intéresse à un point particulier de la courbe, la demi-équivalence, atteint pour un volume versé égal à VE2\dfrac{V_{E}}{2}.
  • Q9. Montrer que [BH−]=[BH2][\mathrm{BH^{-}}]=[\mathrm{BH_{2}}] à la demi-équivalence.
  • Q10. En déduire, en explicitant la démarche utilisée, la valeur expérimentale du pKAK_{A} du couple BH2(aq)/BH−(aq)\mathrm{BH_{2}(aq)/BH^{-}(aq)}.
  • Q11. Sachant que la valeur tabulée du pKAK_{A} à 25 °C de ce couple est égale à 4,1, indiquer si la valeur obtenue à la question Q10 est compatible avec la présence de BBP dans le produit de synthèse purifié. L'incertitude-type sur la mesure du pKAK_{A} est évaluée à u(pKA)=0,3u(\mathrm{p}K_{A})=0{,}3.
  • 3. Étude de la couleur de la pastille dans l'emballage intelligent
  • Une pastille est imprégnée par une solution de BBP. Cet indicateur coloré a des formes acide et basique de couleurs différentes en solution. On donne ci-dessous le spectre d'absorption d'une solution aqueuse contenant majoritairement la forme acide :
  • Absorbance en fonction de la longueur d'onde, de 400 à 800 nm : 0,53 à 400 nm, maximum d'environ 0,70 entre 420 et 440 nm, puis décroissance jusqu'à 0,1 vers 510 nm ; absorbance presque nulle au-delà de 530 nm.
    Figure 2. Spectre d'absorption d'une solution aqueuse de BBP de pH = 2,0, contenant majoritairement la forme acide
  • Cercle chromatique en six secteurs avec les longueurs d'onde aux frontières : violet de 400 à 450 nm, bleu de 450 à 500 nm, vert de 500 à 570 nm, jaune de 570 à 590 nm, orange de 590 à 630 nm, rouge de 630 à 700 nm. Couleurs diamétralement opposées : violet et jaune, bleu et orange, vert et rouge.
    Figure 3. Cercle chromatique
  • Données :
    • une solution contenant majoritairement la forme basique du BBP est de couleur bleue ;
    • masse volumique de l'eau à 20 °C : ρeau=1,0 kg⋅L−1\rho_{\text{eau}}=1{,}0\ \mathrm{kg\cdot L^{-1}} ;
    • masse molaire du chlorure d'hydrogène : M=36,5 g⋅mol−1M=36{,}5\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • règles de nomenclature :
    ◦ pour les squelettes carbonés :
  • Pour les hydrocarbures ramifiés, la position de la ramification sur la chaine principale est indiquée par un chiffre et le groupe est indiqué par le préfixe. Si plusieurs groupes sont identiques, on précède le préfixe par di, tri ou tétra, respectivement pour 2, 3 ou 4 groupes identiques.
  • MéthylÉthylPropyl
    CH3−\mathrm{CH_{3}{-}}CH3−CH2−\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}}CH3−CH2−CH2−\mathrm{CH_{3}{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}}
    Règles de nomenclature : groupes alkyles
  • ◦ pour les dérivés de l'ammoniac :
    Si l'atome d'azote du groupe fonctionnel possède plus qu'un groupe substituant, le groupe substituant est nommé suivant la règle pour les squelettes carbonés et précédé de la lettre « N » :
  • Quatre cas de nomenclature des amines, chaîne principale encadrée et groupe amine entouré. Cas 1, aucun substituant sur le groupe azoté : CH3-CH2-CH2-NH2, propanamine. Cas 2, un substituant sur le groupe azoté : CH3-CH2-CH2-NH-CH3, N-méthylpropanamine. Cas 3, deux substituants différents sur le groupe azoté : l'azote porte la chaîne propyle, un éthyle et un méthyle, N-éthyl-N-méthylpropanamine. Cas 4, deux substituants identiques sur le groupe azoté : l'azote porte la chaîne propyle et deux éthyles, N,N-diéthylpropanamine.
    Règles de nomenclature des dérivés de l'ammoniac
  • Q12. Montrer que la solution contenant la forme acide du BBP est de couleur jaune.
  • Pour obtenir le spectre de la figure 2, il est nécessaire de préparer une solution d'acide chlorhydrique de pH = 2,0. La solution commerciale utilisée au laboratoire est de titre massique tm=37t_{m}=37 % et de densité d=1,18d=1{,}18. On dispose de pipettes jaugées de volumes usuels entre 1,0 mL et 50,0 mL et d'une fiole jaugée de volume V=200,0V=200{,}0 mL.
  • Q13. Montrer qu'il est impossible de préparer cette solution en ne réalisant qu'une seule dilution avec le matériel proposé.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • Au cours du temps, les bactéries contenues dans le poisson produisent naturellement des molécules de N,N-diméthylméthanamine qui entrent en contact avec la pastille imbibée de BBP.
  • Q14. Choisir, parmi les trois formules semi-développées suivantes, celle qui correspond à la molécule de N,N-diméthylméthanamine.
  • Trois formules semi-développées. Molécule A : un azote lié à un groupe CH3 et à deux groupes NH2. Molécule B : un azote lié à trois groupes CH3. Molécule C : H2N-CH2-CH2-CH3, l'azote lié à une chaîne de trois carbones.
  • Au cours de la dégradation du poisson, qui se réalise sur plusieurs jours, la N,N-diméthylméthanamine, composé volatil, est produite. La pastille de BBP initialement jaune se colore alors en bleu.
  • Q15. Écrire l'équation de la réaction modélisant la transformation chimique responsable de ce changement de couleur. On note BH2(aq)/BH−(aq)\mathrm{BH_{2}(aq)/BH^{-}(aq)} le couple acide-base correspondant au BBP, et R3NH+(aq)/R3N(aq)\mathrm{R_{3}NH^{+}(aq)/R_{3}N(aq)} celui associé à la N,N-diméthylméthanamine.
  • 4. Cinétique d'ordre 1 de la décoloration du BBP en présence d'ion hydroxyde
  • L'ion BH−\mathrm{BH^{-}} est une espèce amphotère. Les molécules de N,N-diméthylméthanamine produites lors de la dégradation du poisson rendent le milieu basique. En milieu très basique, le BBP se décolore selon une transformation chimique lente, considérée totale et modélisée par la réaction d'équation suivante :
    BH−(aq)+OH−(aq)⟶B2−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{BH^{-}(aq)+OH^{-}(aq)\longrightarrow B^{2-}(aq)+H_{2}O(\ell)}
  • Q16. Justifier le caractère amphotère de l'ion BH−\mathrm{BH^{-}}.
  • On souhaite savoir si cette transformation peut nuire à l'efficacité d'un emballage intelligent.
  • Pour cela, on suit l'évolution de la concentration en ions BH−\mathrm{BH^{-}}, en fonction du temps, dans une solution très basique. Le protocole mis en place est le suivant :
    - placer un volume d'une solution contenant des ions BH−\mathrm{BH^{-}} dans une fiole jaugée de 50,0 mL ;
    - compléter jusqu'au trait de jauge avec une solution aqueuse d'hydroxyde de sodium introduite en excès ;
    - suivre l'évolution de l'absorbance par spectrophotométrie pendant une trentaine de minutes et tracer l'évolution temporelle de la concentration en ions BH−\mathrm{BH^{-}}, notée [BH−][\mathrm{BH^{-}}] (voir figure 4).
  • Concentration en ions BH- (de 0 à 6,0 micromoles par litre) en fonction du temps (de 0 à 2000 s), un point toutes les 60 s jusqu'à 1800 s : 5,6 à t = 0, 4,3 à 300 s, 3,3 à 600 s, 2,8 vers 780 s, 2,5 à 900 s, 1,9 à 1200 s, 1,5 à 1500 s, 1,2 à 1800 s ; décroissance de plus en plus lente.
    Figure 4. Évolution temporelle de la concentration en ions BH−\mathrm{BH^{-}}
  • Q17. Après avoir déterminé le temps de demi-réaction, indiquer si ce temps caractéristique et la réaction associée sont adaptés à une utilisation dans la pastille d'un emballage intelligent. Détailler votre raisonnement en explicitant les évolutions de la couleur de la pastille de l'emballage au cours du temps.

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Q1
Q2
Q8
Q10
Q11
Q12
Q13
Q14
Q17
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Réponses

  • Q1 Étape 1 : transformation des réactifs ; étape 2 : séparation ; étapes 3 et 4 : analyse du produit brut
  • Q2 Tache nouvelle (BBP) en c : transformation ; deux taches en c, dont une comme b : produit brut impur
  • Q3 Même λmax⁡≈590\lambda_{\max}\approx 590 nm pour le produit brut et le BBP de référence
  • Q4 Mesure de la température de fusion au banc Kofler, à comparer à 273 °C
  • Q5 KA=[BH−]⋅[H3O+][BH2]⋅c∘K_{A}=\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]\cdot[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]\cdot c^{\circ}}
  • Q6 pH=pKA+log⁡([BH−][BH2])\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\left(\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]}\right) par passage au logarithme
  • Q7 Réactifs introduits dans les proportions stœchiométriques ; changement de réactif limitant
  • Q8 Maximum de dpH/dV\mathrm{dpH}/\mathrm{d}V : VE=14,8V_{E}=14{,}8 mL
  • Q9 n(BH2)=n(BH−)=n0/2n(\mathrm{BH_{2}})=n(\mathrm{BH^{-}})=n_{0}/2 dans le même volume
  • Q10 pH(VE/2=7,4 mL)=pKA≈3,9\mathrm{pH}(V_{E}/2=7{,}4\text{ mL})=\mathrm{p}K_{A}\approx 3{,}9
  • Q11 ∣3,9−4,1∣/0,3=0,67<2|3{,}9-4{,}1|/0{,}3=0{,}67<2 : compatible avec le BBP
  • Q12 Absorbe surtout le violet (maximum vers 430 nm) : couleur complémentaire jaune
  • Q13 c0=12 mol⋅L−1c_{0}=12\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, F=1,2×103F=1{,}2\times 10^{3} : il faudrait prélever 0,170{,}17 mL <1,0<1{,}0 mL
  • Q14 Molécule B, (CH3)3N\mathrm{(CH_{3})_{3}N}
  • Q15 BH2(aq)+R3N(aq)⟶BH−(aq)+R3NH+(aq)\mathrm{BH_{2}(aq)+R_{3}N(aq)\longrightarrow BH^{-}(aq)+R_{3}NH^{+}(aq)}
  • Q16 Base du couple BH2/BH−\mathrm{BH_{2}/BH^{-}} et acide du couple BH−/B2−\mathrm{BH^{-}/B^{2-}}
  • Q17 t1/2≈7,8×102t_{1/2}\approx 7{,}8\times 10^{2} s, environ 13 min, très court devant plusieurs jours : jaune, puis bleu, puis incolore ; non adapté

Q1. Une synthèse se décompose toujours en trois temps : on transforme les réactifs, on sépare le produit du milieu réactionnel, puis on l'analyse.

Étape n°1 : transformation des réactifs. Le rouge de phénol, dissous dans l'éthanol, est mis en présence du dibrome libéré par le perbromure de pyridinium : c'est l'étape où la réaction de synthèse a lieu.

Étape n°2 : séparation. On élimine le solvant, puis on filtre et on sèche les cristaux : le produit solide est isolé du milieu réactionnel. On obtient le produit BRUT, qui n'a pas été purifié.

Étapes n°3 et n°4 : analyse du produit brut. La chromatographie sur couche mince et les spectres d'absorption ne transforment rien et ne séparent rien à l'échelle de la synthèse : ils servent à identifier le produit et à juger de sa pureté. Quatre étapes pour trois titres : le titre « analyse du produit brut » couvre les deux dernières.

Q2. Sur une chromatographie sur couche mince, deux taches situées à la même hauteur (même rapport frontal, même éluant, même plaque) correspondent à la même espèce chimique, et un dépôt qui donne plusieurs taches contient plusieurs espèces.

Transformation chimique : le dépôt c, produit brut, donne une tache bleu-violet très haut sur la plaque, à une hauteur où ni le dépôt a (rouge de phénol) ni le dépôt b (perbromure de pyridinium) ne donnent de tache. Une espèce chimique absente des réactifs a donc été formée : une transformation chimique a eu lieu. Cette espèce nouvelle est le produit attendu, le BBP, dont la couleur bleue est cohérente avec celle d'un « bleu » de bromophénol.

Pureté : le dépôt c donne DEUX taches. La seconde, restée au niveau de la ligne de dépôt, est à la même hauteur que la tache du dépôt b : le produit brut contient encore du perbromure de pyridinium, ou l'espèce qui en dérive, ajouté goutte à goutte et resté en excès. Le produit synthétisé brut n'est donc pas pur. On remarque aussi qu'aucune tache de c n'est à la hauteur de la tache jaune de a : le rouge de phénol a été entièrement consommé, il était le réactif limitant.

Erreur fréquente : conclure à la pureté parce que « la tache du produit est bien là ». Il faut une SEULE tache pour qu'un produit soit pur ; une tache nouvelle prouve seulement la transformation.

Q3. Une espèce colorée se reconnaît à la forme de son spectre d'absorption et en particulier à la longueur d'onde de son maximum d'absorption, λmax⁡\lambda_{\max}, qui ne dépend pas de la concentration.

Lecture des deux spectres : le BBP de référence (trait plein) présente un pic d'absorption de maximum 0,120{,}12 à λmax⁡≈590\lambda_{\max}\approx 590 nm ; le produit brut (pointillés) présente un pic de même forme, de maximum 0,160{,}16, à la même longueur d'onde, λmax⁡≈590\lambda_{\max}\approx 590 nm. La coïncidence des maximums d'absorption montre que le produit brut contient du BBP.

La différence de hauteur des pics (0,160{,}16 contre 0,120{,}12) ne compte pas : l'absorbance est proportionnelle à la concentration (loi de Beer-Lambert), et les deux solutions n'ont aucune raison d'avoir la même concentration. En revanche, le produit brut absorbe aussi entre 400 et 500 nm (A≈0,05A\approx 0{,}05 à 400 nm contre 0,010{,}01 pour la référence) : une autre espèce absorbe dans le violet et le bleu, ce qui confirme l'impureté vue sur le chromatogramme à la question Q2.

Q4. Les données fournissent la température de fusion du BBP, θfusion=273\theta_{\text{fusion}}=273 °C : on peut mesurer la température de fusion du produit au banc Kofler et la comparer à cette valeur. Une température de fusion égale à 273 °C (à l'incertitude près) identifie le BBP ; une valeur plus basse ou une fusion qui s'étale traduit la présence d'impuretés.

Autres méthodes acceptées : une chromatographie avec un dépôt de BBP de référence à côté du produit (même hauteur de tache), ou la comparaison du spectre infrarouge du produit avec celui du BBP de référence.

Q5. L'acide BH2\mathrm{BH_{2}} réagit avec l'eau selon BH2(aq)+H2O(ℓ)⇌BH−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{BH_{2}(aq)+H_{2}O(\ell)\rightleftharpoons BH^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}. La constante d'acidité est la constante d'équilibre de cette réaction ; l'eau, solvant, n'y figure pas :

KA=[BH−]c∘⋅[H3O+]c∘[BH2]c∘=[BH−]⋅[H3O+][BH2]⋅c∘K_{A}=\dfrac{\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]}{c^{\circ}}\cdot\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{c^{\circ}}}{\dfrac{[\mathrm{BH_{2}}]}{c^{\circ}}}=\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]\cdot[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]\cdot c^{\circ}}

KAK_{A} est sans unité : la concentration standard c∘=1 mol⋅L−1c^{\circ}=1\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} est là pour cela. Erreur fréquente : écrire le rapport à l'envers, avec l'acide au numérateur.

Q6. On prend le logarithme décimal de l'expression de la question Q5, puis on utilise log⁡(a×b)=log⁡a+log⁡b\log(a\times b)=\log a+\log b :

log⁡KA=log⁡([H3O+]c∘)+log⁡([BH−][BH2])\log K_{A}=\log\left(\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{c^{\circ}}\right)+\log\left(\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]}\right)

Par définition, pKA=−log⁡KA\mathrm{p}K_{A}=-\log K_{A} et pH=−log⁡([H3O+]c∘)\mathrm{pH}=-\log\left(\dfrac{[\mathrm{H_{3}O^{+}}]}{c^{\circ}}\right). L'égalité devient −pKA=−pH+log⁡([BH−][BH2])-\mathrm{p}K_{A}=-\mathrm{pH}+\log\left(\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]}\right), soit pH=pKA+log⁡([BH−][BH2])\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\left(\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]}\right), la relation demandée.

Q7. L'équivalence d'un titrage est l'état du système pour lequel les réactifs titré et titrant ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de la réaction support du titrage. Avant l'équivalence, le réactif titrant (OH−\mathrm{OH^{-}}) est limitant ; après, c'est le réactif titré (BH2\mathrm{BH_{2}}) : l'équivalence correspond au changement de réactif limitant. Ici, les nombres stœchiométriques valant 1, n(BH2)initial=n(OH−)verseˊ aˋ l’eˊquivalencen(\mathrm{BH_{2}})_{\text{initial}}=n(\mathrm{OH^{-}})_{\text{versé à l'équivalence}}.

Q8. Méthode de la dérivée : à l'équivalence, le pH varie le plus rapidement (point d'inflexion du saut de pH), donc la dérivée dpHdV\dfrac{\mathrm{dpH}}{\mathrm{d}V} est maximale. Le volume à l'équivalence est l'abscisse du sommet du pic de la dérivée.

Sur la figure 1, le pic de dpHdV\dfrac{\mathrm{dpH}}{\mathrm{d}V} culmine à V≈14,8V\approx 14{,}8 mL, d'où VE=14,8V_{E}=14{,}8 mL. Vérification sur la courbe de pH : le saut de pH, de 6,86{,}8 à 8,98{,}9, se produit entre 14,414{,}4 mL et 15,015{,}0 mL, et son milieu est bien vers 14,714{,}7 à 14,814{,}8 mL ; la méthode des tangentes parallèles donnerait la même valeur à la précision de lecture près (±0,2\pm 0{,}2 mL).

Erreur fréquente : prendre pour équivalence le petit pic secondaire de la dérivée vers 13,213{,}2 mL, qui n'est qu'une fluctuation des mesures ; c'est le maximum principal, haut de 4,2, qui compte.

Q9. On fait un bilan de matière avec la réaction support, totale. Notons n0=n(BH2)initialn_{0}=n(\mathrm{BH_{2}})_{\text{initial}}. D'après la question Q7, n0=cb⋅VEn_{0}=c_{b}\cdot V_{E}, avec cbc_{b} la concentration de la solution Sb\mathrm{S_{b}}.

À la demi-équivalence, on a versé n(OH−)=cb⋅VE2=n02n(\mathrm{OH^{-}})=c_{b}\cdot\dfrac{V_{E}}{2}=\dfrac{n_{0}}{2}. Les ions hydroxyde sont le réactif limitant (avant l'équivalence) et sont entièrement consommés : l'avancement vaut x=n02x=\dfrac{n_{0}}{2}. Il reste n(BH2)=n0−x=n02n(\mathrm{BH_{2}})=n_{0}-x=\dfrac{n_{0}}{2} et il s'est formé n(BH−)=x=n02n(\mathrm{BH^{-}})=x=\dfrac{n_{0}}{2}.

Les deux espèces sont dans le même volume de solution : [BH−]=[BH2][\mathrm{BH^{-}}]=[\mathrm{BH_{2}}] à la demi-équivalence. (On néglige ici la petite quantité de BH−\mathrm{BH^{-}} présente avant tout ajout, l'acide réagissant un peu avec l'eau.)

Q10. À la demi-équivalence, [BH−][BH2]=1\dfrac{[\mathrm{BH^{-}}]}{[\mathrm{BH_{2}}]}=1 et log⁡1=0\log 1=0 : la relation de la question Q6 donne pH=pKA\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}. Il suffit donc de lire le pH pour un volume versé V=VE2=14,82=7,4V=\dfrac{V_{E}}{2}=\dfrac{14{,}8}{2}=7{,}4 mL.

Sur la figure 1, la courbe passe par pH≈3,8\mathrm{pH}\approx 3{,}8 à 7,0 mL et pH≈3,9\mathrm{pH}\approx 3{,}9 à 7,5 mL : à 7,4 mL, on lit pH≈3,9\mathrm{pH}\approx 3{,}9. D'où pKA≈3,9\mathrm{p}K_{A}\approx 3{,}9. La démarche à écrire sur la copie : calcul de VE/2V_{E}/2, report de ce volume sur l'axe des abscisses, lecture du pH correspondant sur la courbe, puis égalité pH=pKA\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A} justifiée par la question Q9.

Q11. On calcule le quotient proposé dans les données avec x=3,9x=3{,}9, xreˊf=4,1x_{\text{réf}}=4{,}1 et u(x)=0,3u(x)=0{,}3 : ∣3,9−4,1∣0,3=0,67\dfrac{|3{,}9-4{,}1|}{0{,}3}=0{,}67.

Ce quotient est inférieur à 2 : la valeur mesurée est compatible avec la valeur tabulée, à moins de deux incertitudes-types. Le résultat est donc compatible avec la présence de BBP dans le produit purifié. Avec une lecture de 3,83{,}8, le quotient vaut 1,01{,}0 et la conclusion ne change pas. Erreur fréquente : conclure au désaccord parce que 3,9≠4,13{,}9\neq 4{,}1 ; une mesure ne s'apprécie qu'avec son incertitude.

Q12. Une solution colorée prend la couleur complémentaire de celle qu'elle absorbe, c'est-à-dire la couleur diamétralement opposée sur le cercle chromatique.

D'après la figure 2, la forme acide absorbe fortement entre 400 et 500 nm, avec un maximum d'absorbance d'environ 0,700{,}70 entre 420 et 440 nm, dans le secteur violet (400 à 450 nm) ; elle n'absorbe presque plus au-delà de 530 nm. La couleur principalement absorbée est le violet, dont la complémentaire, en face sur le cercle chromatique de la figure 3, est le jaune. La faible absorption dans le bleu (450 à 500 nm) tire au plus la teinte vers l'orange, voisin du jaune. La solution de la forme acide du BBP est donc jaune, ce que confirme l'énoncé plus loin (« la pastille de BBP initialement jaune »).

Piège : répondre « violet », la couleur absorbée, au lieu de sa complémentaire.

Q13. Démarche : calculer la concentration de la solution commerciale, puis le facteur de dilution nécessaire, et le comparer à ceux que le matériel permet.

Solution à préparer : l'acide chlorhydrique est un acide fort, totalement dissocié dans l'eau, donc c=[H3O+]=c∘⋅10−pH=10−2,0=1,0×10−2 mol⋅L−1c=[\mathrm{H_{3}O^{+}}]=c^{\circ}\cdot 10^{-\mathrm{pH}}=10^{-2{,}0}=1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

Solution commerciale : prenons V1=1,0V_{1}=1{,}0 L. Sa masse vaut msol=d⋅ρeau⋅V1=1,18×1,0×1,0=1,18m_{\text{sol}}=d\cdot\rho_{\text{eau}}\cdot V_{1}=1{,}18\times 1{,}0\times 1{,}0=1{,}18 kg, soit 1 180 g. Le titre massique donne la masse de chlorure d'hydrogène qu'elle contient : mHCl=tm⋅msol=0,37×1 180=4,4×102m_{\mathrm{HCl}}=t_{m}\cdot m_{\text{sol}}=0{,}37\times 1\,180=4{,}4\times 10^{2} g, soit n=mHClM=436,636,5=11,96n=\dfrac{m_{\mathrm{HCl}}}{M}=\dfrac{436{,}6}{36{,}5}=11{,}96 mol. La concentration de la solution commerciale vaut donc c0=12,0 mol⋅L−1c_{0}=12{,}0\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, ou 12 mol⋅L−112\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} avec les deux chiffres significatifs du titre massique.

Facteur de dilution nécessaire : F=c0c=12,01,0×10−2=1,2×103F=\dfrac{c_{0}}{c}=\dfrac{12{,}0}{1{,}0\times 10^{-2}}=1{,}2\times 10^{3}. En une seule dilution dans la fiole jaugée de 200,0 mL, il faudrait prélever V0=VF=200,01,2×103=0,17V_{0}=\dfrac{V}{F}=\dfrac{200{,}0}{1{,}2\times 10^{3}}=0{,}17 mL de solution commerciale. Or la plus petite pipette jaugée disponible mesure 1,0 mL : ce volume ne peut pas être prélevé avec précision.

Autre façon de conclure : avec le plus petit prélèvement (1,0 mL) et la plus grande fiole (200,0 mL), le plus grand facteur de dilution possible en une étape vaut 200,01,0=200\dfrac{200{,}0}{1{,}0}=200, très inférieur à 1,2×1031{,}2\times 10^{3}. Il est donc impossible de préparer la solution de pH 2,0 en une seule dilution : il faut deux dilutions successives, dont le produit des facteurs vaut environ 1,2×1031{,}2\times 10^{3}, et l'on contrôle le pH final au pH-mètre.

Erreurs fréquentes : prendre le titre massique de 37 % pour une concentration, oublier la densité (une solution commerciale d'acide n'a pas la masse volumique de l'eau), ou écrire c=10−pHc=10^{-\mathrm{pH}} sans dire que l'acide est fort.

Q14. On décompose le nom à l'aide des règles de nomenclature fournies. « méthanamine » : la chaîne principale portant le groupe amine compte un seul carbone, c'est un groupe CH3\mathrm{CH_{3}} lié à l'azote. « N,N-diméthyl » : l'atome d'azote porte en plus deux substituants identiques, deux groupes méthyle (cas 4 des règles, deux substituants identiques sur le groupe azoté). L'azote est donc lié à trois groupes CH3\mathrm{CH_{3}} : (CH3)3N\mathrm{(CH_{3})_{3}N}, c'est la molécule B.

La molécule A porte deux groupes NH2\mathrm{NH_{2}} sur l'azote, soit trois atomes d'azote : ce n'est pas une amine de ce type. La molécule C, H2N−CH2−CH2−CH3\mathrm{H_{2}N{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}CH_{3}}, n'a aucun substituant sur l'azote et une chaîne de trois carbones : c'est la propanamine du cas 1, qui a d'ailleurs la même formule brute C3H9N\mathrm{C_{3}H_{9}N} que la molécule B, dont elle est un isomère.

Q15. La N,N-diméthylméthanamine est la base R3N\mathrm{R_{3}N} du couple R3NH+/R3N\mathrm{R_{3}NH^{+}/R_{3}N}. Au contact de la pastille, elle capte un ion hydrogène H+\mathrm{H^{+}} cédé par la forme acide du BBP, BH2\mathrm{BH_{2}}, jaune, qui devient sa forme basique BH−\mathrm{BH^{-}}, bleue (donnée de la partie 3). L'équation s'obtient en combinant les deux demi-équations BH2=BH−+H+\mathrm{BH_{2}=BH^{-}+H^{+}} et R3N+H+=R3NH+\mathrm{R_{3}N+H^{+}=R_{3}NH^{+}} :

BH2(aq)+R3N(aq)⟶BH−(aq)+R3NH+(aq)\mathrm{BH_{2}(aq)+R_{3}N(aq)\longrightarrow BH^{-}(aq)+R_{3}NH^{+}(aq)}

Vérification : les éléments et les charges sont conservés (charge totale nulle à gauche, −1+1=0-1+1=0 à droite). Erreur fréquente : faire réagir l'amine avec BH−\mathrm{BH^{-}}, alors que c'est la disparition de la forme acide jaune au profit de la forme basique bleue qui fait virer la pastille.

Q16. Une espèce amphotère (ou ampholyte) est à la fois l'acide d'un couple et la base d'un autre couple. L'ion BH−\mathrm{BH^{-}} est la base du couple BH2/BH−\mathrm{BH_{2}/BH^{-}} : il peut capter un ion H+\mathrm{H^{+}} pour redonner BH2\mathrm{BH_{2}}. Il est aussi l'acide du couple BH−/B2−\mathrm{BH^{-}/B^{2-}} : il peut céder un ion H+\mathrm{H^{+}}, ce qu'il fait dans la réaction de décoloration, où il réagit avec la base OH−\mathrm{OH^{-}} pour donner B2−\mathrm{B^{2-}} et de l'eau. Il est donc amphotère.

Q17. Temps de demi-réaction : la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale. La transformation est totale et les ions hydroxyde sont en excès, donc BH−\mathrm{BH^{-}} est entièrement consommé à l'état final : t1/2t_{1/2} est la date à laquelle [BH−][\mathrm{BH^{-}}] vaut la moitié de sa valeur initiale.

Sur la figure 4, [BH−]0≈5,6 μmol⋅L−1[\mathrm{BH^{-}}]_{0}\approx 5{,}6\ \mathrm{\mu mol\cdot L^{-1}}, donc on cherche la date où [BH−]=2,8 μmol⋅L−1[\mathrm{BH^{-}}]=2{,}8\ \mathrm{\mu mol\cdot L^{-1}} : on lit t1/2≈7,8×102t_{1/2}\approx 7{,}8\times 10^{2} s, soit environ 13 minutes. Vérification de l'ordre 1 : la concentration passe de 2,82{,}8 à 1,4 μmol⋅L−11{,}4\ \mathrm{\mu mol\cdot L^{-1}} en encore environ 800 s (on lit 1,41{,}4 vers 1 560 s) ; le temps de demi-réaction ne dépend pas de la concentration de départ, signature d'une cinétique d'ordre 1. La réaction est pratiquement achevée après quelques t1/2t_{1/2}, de l'ordre d'une heure.

Évolution de la couleur de la pastille. Poisson frais : le milieu n'est pas basique, le BBP est sous sa forme acide BH2\mathrm{BH_{2}}, la pastille est jaune. Au fil des jours, le poisson se dégrade, la N,N-diméthylméthanamine produite rend le milieu basique, BH2\mathrm{BH_{2}} est transformé en BH−\mathrm{BH^{-}} (question Q15) : la pastille vire au bleu et signale au client que le poisson n'est plus frais. Si le milieu devient très basique, BH−\mathrm{BH^{-}} est à son tour transformé en B2−\mathrm{B^{2-}}, incolore, avec un temps de demi-réaction d'environ 13 minutes : en une heure environ, la pastille bleue se décolore.

Conclusion : ce temps caractéristique, de l'ordre de la dizaine de minutes, est très court devant la durée de dégradation du poisson, plusieurs jours. Le bleu qui doit prévenir le client ne dure donc pas : une pastille décolorée ne donne plus aucune information, et un client pourrait même ne pas voir que le poisson est altéré. Cette réaction de décoloration nuit à l'efficacité de l'emballage ; le BBP n'est adapté que si le milieu de la pastille ne devient jamais très basique.

25050075010001250150017502000123456moitié : 2,8 µmol/Lt½ ≈ 780 st (s)[BH⁻] (µmol/L)

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Exercice 2 : Datation d'une roche

6 points La décroissance radioactive : demi-vie, activité et datation

Les phénomènes de radioactivité permettent, en géologie, la datation des roches. Il est par exemple possible d'utiliser le strontium 87 (87Sr^{87}\mathrm{Sr}), qui est notamment issu de la désintégration du rubidium 87 (87Rb^{87}\mathrm{Rb}), lui-même également présent dans une roche.

Les objectifs de cet exercice sont d'étudier le principe de la datation au strontium 87, puis d'utiliser des résultats d'analyse pour déterminer l'âge d'une roche du site de Meymac situé dans le département de la Corrèze, site âgé de plusieurs centaines de millions d'années.

Données :
• temps de demi-vie du noyau de rubidium 87 exprimé en années (a) : t1/2=49,2×109t_{1/2}=49{,}2\times 10^{9} a ;
• constante radioactive du noyau de rubidium 87 : λ=1,41×10−11 a−1\lambda=1{,}41\times 10^{-11}\ \mathrm{a^{-1}} ;
• on suppose qu'une datation d'un échantillon de 1 g de roche par le rubidium 87 radioactif est possible tant qu'il reste au moins Nmin⁡=2,0×109N_{\min}=2{,}0\times 10^{9} noyaux de rubidium 87 dans l'échantillon ;
• extrait du diagramme (N,Z) : les cases grises indiquent les éléments stables.

Extrait du diagramme (N,Z) en trois colonnes, Z = 36 (krypton), 37 (rubidium) et 38 (strontium), et trois lignes. Chaque case donne le nombre de masse, le symbole et Z. Ligne du haut : 87Kr, 88Rb, 89Sr, toutes blanches. Ligne du milieu : 86Kr grise, 87Rb blanche, 88Sr grise. Ligne du bas : 85Kr blanche, 86Rb blanche, 87Sr grise. Une flèche part de la case du rubidium 87 et descend en diagonale vers la case du strontium 87 : une colonne vers la droite, une ligne vers le bas.
Extrait du diagramme (N,Z)
  • 1. Le rubidium 87, un isotope radioactif adapté pour dater une roche
  • Q1. Rappeler la définition de noyaux isotopes.
  • Q2. Écrire l'équation de la désintégration du rubidium 87 indiquée par la flèche sur l'extrait du diagramme (N,Z).
  • Q3. Préciser à quel type de désintégration correspond cette transformation nucléaire.
  • On estime qu'un échantillon de 1 g de roche du site de Meymac contenait à sa formation NRb(0)=5,8×1020N_{\text{Rb}}(0)=5{,}8\times 10^{20} noyaux de rubidium 87. On souhaite déterminer l'âge maximal d'une roche qu'il serait possible de déterminer par une datation au rubidium 87 d'un échantillon de 1 g.
  • Q4. Rappeler la définition du temps de demi-vie t1/2t_{1/2}.
  • Q5. Déterminer, en justifiant le résultat, le nombre maximal de demi-vies après lequel il reste suffisamment de rubidium 87 dans l'échantillon pour qu'on puisse le détecter.
    On remarquera que le rapport 5,8×10202,0×109\dfrac{5{,}8\times 10^{20}}{2{,}0\times 10^{9}} est compris entre 2382^{38} et 2392^{39}.
  • Q6. Justifier que le rubidium 87 est adapté pour dater un échantillon de 1 g de roche du site de Meymac.
  • 2. Décroissance radioactive du rubidium 87 dans une roche
  • La désintégration spontanée des noyaux de rubidium 87 présents dans un échantillon de 1 g de roche suit la loi de décroissance radioactive. Le nombre NRb(t)N_{\text{Rb}}(t) de noyaux de rubidium 87 présents dans un échantillon de roche à la date tt est solution de l'équation différentielle suivante :
    dNRb(t)dt=−λ⋅NRb(t)\dfrac{\mathrm{d}N_{\text{Rb}}(t)}{\mathrm{d}t}=-\lambda\cdot N_{\text{Rb}}(t)
  • Q7. Vérifier que NRb(t)=NRb(0)⋅e−λ⋅tN_{\text{Rb}}(t)=N_{\text{Rb}}(0)\cdot e^{-\lambda\cdot t} est solution de l'équation différentielle ci-dessus.
  • On appelle tft_{f} la date à laquelle il reste Nmin⁡=2,0×109N_{\min}=2{,}0\times 10^{9} noyaux de rubidium 87 dans l'échantillon.
  • Q8. Déterminer l'expression de tft_{f} en fonction de Nmin⁡N_{\min}, NRb(0)N_{\text{Rb}}(0) et λ\lambda.
  • Q9. Calculer la valeur de tft_{f} puis la comparer à la réponse donnée dans la question Q6. Commenter.
  • 3. Datation d'une roche du site de Meymac au strontium 87
  • On considère que la quantité de strontium 87 formé au cours du temps dans la roche est uniquement issue de la désintégration du rubidium 87. La quantité de strontium 87 présent dans la roche à une date tt s'écrit :
    NSr(t)=NSr(0)+NSr formeˊ(t)N_{\text{Sr}}(t)=N_{\text{Sr}}(0)+N_{\text{Sr formé}}(t) (Équation 1)
    avec :
    - NSr(t)N_{\text{Sr}}(t) : nombre de noyaux de strontium 87 présents à la date tt ;
    - NSr(0)N_{\text{Sr}}(0) : nombre de noyaux de strontium 87 présents à la date t=0t=0 ;
    - NSr formeˊ(t)N_{\text{Sr formé}}(t) : nombre de noyaux de strontium 87 formés par la désintégration du rubidium 87 à la date tt.
  • Q10. Donner la relation entre NSr formeˊ(t)N_{\text{Sr formé}}(t), NRb(0)N_{\text{Rb}}(0) et NRb(t)N_{\text{Rb}}(t), sachant que pour un noyau de rubidium 87 qui se désintègre, un noyau de strontium 87 se forme.
  • Q11. En déduire l'égalité :
    NSr formeˊ(t)=NRb(t)⋅(eλ⋅t−1)N_{\text{Sr formé}}(t)=N_{\text{Rb}}(t)\cdot\left(e^{\lambda\cdot t}-1\right) (Équation 2)
  • Les équations 1 et 2 permettent enfin d'obtenir l'équation 3 :
    NSr(t)Nreˊf=NSr(0)Nreˊf+(eλ⋅t−1)⋅NRb(t)Nreˊf\dfrac{N_{\text{Sr}}(t)}{N_{\text{réf}}}=\dfrac{N_{\text{Sr}}(0)}{N_{\text{réf}}}+\left(e^{\lambda\cdot t}-1\right)\cdot\dfrac{N_{\text{Rb}}(t)}{N_{\text{réf}}} (Équation 3)
    où NreˊfN_{\text{réf}} représente le nombre de noyaux stables de strontium 86, supposé constant au cours du temps.
  • On écrit l'équation 3 sous la forme y=b+(eλ⋅t−1)⋅xy=b+\left(e^{\lambda\cdot t}-1\right)\cdot x avec y=NSr(t)Nreˊfy=\dfrac{N_{\text{Sr}}(t)}{N_{\text{réf}}}, b=NSr(0)Nreˊfb=\dfrac{N_{\text{Sr}}(0)}{N_{\text{réf}}} et x=NRb(t)Nreˊfx=\dfrac{N_{\text{Rb}}(t)}{N_{\text{réf}}}, dans laquelle :
    - yy et xx sont des grandeurs mesurables par les géologues pour un ensemble d'échantillons prélevés dans une roche donnée ;
    - bb est une grandeur indépendante de l'échantillon.
  • Plusieurs échantillons de roche du site de Meymac sont prélevés à la date trochet_{\text{roche}} correspondant à l'âge de la roche. Pour chaque échantillon, on mesure les grandeurs xx et yy. Les résultats obtenus sont présentés sur la figure 1 ci-après :
  • Graphique de y (de 0,705 à 0,735) en fonction de x (de 0 à 5,5) : huit points de mesure alignés pour x entre 2,6 et 5,0, de y = 0,721 à y = 0,7313, et la droite de modélisation y = 0,7105 + 0,0042·x, qui coupe l'axe des ordonnées à 0,7105.
    Figure 1. Mesures pour différents échantillons de roche du site de Meymac
  • Q12. Déterminer l'âge trochet_{\text{roche}} de la roche du site de Meymac.

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Q2
Q3
Q5
Q9
Q10
Q12
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Réponses

  • Q1 Même nombre de protons ZZ, nombres de neutrons NN différents
  • Q2 3787Rb⟶ 3887Sr+ −10e^{87}_{37}\mathrm{Rb}\longrightarrow\ ^{87}_{38}\mathrm{Sr}+\ ^{0}_{-1}\mathrm{e}
  • Q3 Désintégration β−\beta^{-}
  • Q4 Durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initiaux se sont désintégrés
  • Q5 238<2,9×1011<2392^{38}<2{,}9\times 10^{11}<2^{39} : 38 demi-vies au plus
  • Q6 38 t1/2=1,87×101238\,t_{1/2}=1{,}87\times 10^{12} a, très supérieur à quelques 10810^{8} a : adapté
  • Q7 dNRbdt=−λNRb(0)e−λt=−λNRb(t)\dfrac{\mathrm{d}N_{\text{Rb}}}{\mathrm{d}t}=-\lambda N_{\text{Rb}}(0)e^{-\lambda t}=-\lambda N_{\text{Rb}}(t)
  • Q8 tf=1λln⁡(NRb(0)Nmin⁡)t_{f}=\dfrac{1}{\lambda}\ln\left(\dfrac{N_{\text{Rb}}(0)}{N_{\min}}\right)
  • Q9 tf=1,87×1012t_{f}=1{,}87\times 10^{12} a, entre 38 et 39 demi-vies : cohérent avec Q6
  • Q10 NSr formeˊ(t)=NRb(0)−NRb(t)N_{\text{Sr formé}}(t)=N_{\text{Rb}}(0)-N_{\text{Rb}}(t)
  • Q11 NRb(0)=NRb(t)eλtN_{\text{Rb}}(0)=N_{\text{Rb}}(t)e^{\lambda t}, donc NSr formeˊ=NRb(t)(eλt−1)N_{\text{Sr formé}}=N_{\text{Rb}}(t)(e^{\lambda t}-1)
  • Q12 eλt−1=0,0042e^{\lambda t}-1=0{,}0042 : troche=ln⁡(1,0042)/λ=3,0×108t_{\text{roche}}=\ln(1{,}0042)/\lambda=3{,}0\times 10^{8} a

Q1. Des noyaux isotopes sont des noyaux qui possèdent le même nombre de protons ZZ (ils appartiennent donc au même élément chimique) mais des nombres de neutrons NN différents, donc des nombres de masse A=Z+NA=Z+N différents. Exemple sur l'extrait du diagramme : 86Rb^{86}\mathrm{Rb}, 87Rb^{87}\mathrm{Rb} et 88Rb^{88}\mathrm{Rb} ont tous le numéro atomique Z=37Z=37 et des nombres de masse différents : ce sont des isotopes du rubidium, rangés dans la même colonne du diagramme.

Q2. Sur l'extrait du diagramme (N,Z), la flèche part de la case du rubidium 87 (Z=37Z=37, A=87A=87, donc N=50N=50) et arrive dans la case du strontium 87 (Z=38Z=38, A=87A=87, donc N=49N=49) : une colonne vers la droite (ZZ augmente de 1), une ligne vers le bas (NN diminue de 1). Le nombre de masse ne change pas.

On écrit l'équation en appliquant les lois de conservation de Soddy, conservation du nombre de masse et du nombre de charge. La particule émise a pour nombre de masse 87−87=087-87=0 et pour nombre de charge 37−38=−137-38=-1 : c'est un électron. 3787Rb⟶ 3887Sr+ −10e^{87}_{37}\mathrm{Rb}\longrightarrow\ ^{87}_{38}\mathrm{Sr}+\ ^{0}_{-1}\mathrm{e} (un antineutrino, de charge et de masse nulles, est aussi émis ; il n'est pas exigé).

Vérification : AA : 87=87+087=87+0 ; ZZ : 37=38+(−1)37=38+(-1). Le noyau fils, 87Sr^{87}\mathrm{Sr}, est dans une case grise : il est stable, la désintégration s'arrête là, ce qui en fait un bon « compteur » de rubidium désintégré.

Q3. La désintégration émet un électron −10e^{0}_{-1}\mathrm{e} : c'est une désintégration β−\beta^{-}. Dans le noyau, un neutron s'est transformé en proton, ce qui explique que NN diminue de 1 et que ZZ augmente de 1 à AA constant. Piège : confondre avec β+\beta^{+}, qui ferait au contraire diminuer ZZ et donnerait du krypton.

Q4. Le temps de demi-vie t1/2t_{1/2} d'un noyau radioactif est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux radioactifs initialement présents dans un échantillon se sont désintégrés. C'est une grandeur statistique, qui ne dépend que du noyau considéré : quel que soit le nombre de noyaux de départ, il en reste la moitié après t1/2t_{1/2}, le quart après 2 t1/22\,t_{1/2}, et ainsi de suite.

Q5. Après nn demi-vies, le nombre de noyaux restants a été divisé nn fois par 2 : NRb=NRb(0)2nN_{\text{Rb}}=\dfrac{N_{\text{Rb}}(0)}{2^{n}}. On peut encore dater l'échantillon tant que NRb⩾Nmin⁡N_{\text{Rb}}\geqslant N_{\min}, c'est-à-dire tant que NRb(0)2n⩾Nmin⁡\dfrac{N_{\text{Rb}}(0)}{2^{n}}\geqslant N_{\min}, soit 2n⩽NRb(0)Nmin⁡2^{n}\leqslant\dfrac{N_{\text{Rb}}(0)}{N_{\min}}.

Or NRb(0)Nmin⁡=5,8×10202,0×109=2,9×1011\dfrac{N_{\text{Rb}}(0)}{N_{\min}}=\dfrac{5{,}8\times 10^{20}}{2{,}0\times 10^{9}}=2{,}9\times 10^{11}, compris entre 238≈2,7×10112^{38}\approx 2{,}7\times 10^{11} et 239≈5,5×10112^{39}\approx 5{,}5\times 10^{11}. L'inégalité 2n⩽2,9×10112^{n}\leqslant 2{,}9\times 10^{11} est vraie pour n=38n=38 et fausse pour n=39n=39 : le nombre maximal de demi-vies est n=38n=38.

Vérification : après 38 demi-vies, il reste 5,8×1020238=2,1×109\dfrac{5{,}8\times 10^{20}}{2^{38}}=2{,}1\times 10^{9} noyaux, un peu plus que Nmin⁡N_{\min} ; après 39, il n'en reste que 1,1×1091{,}1\times 10^{9}, moins que Nmin⁡N_{\min}.

Q6. D'après la question Q5, la datation reste possible pendant 38 demi-vies, soit jusqu'à un âge de 38×t1/2=38×49,2×109=1,87×101238\times t_{1/2}=38\times 49{,}2\times 10^{9}=1{,}87\times 10^{12} ans. La roche du site de Meymac a « plusieurs centaines de millions d'années », de l'ordre de 10810^{8} à 10910^{9} ans : c'est des milliers de fois moins que l'âge maximal datable. Il reste donc largement assez de rubidium 87 dans un échantillon de 1 g pour le détecter : le rubidium 87 est adapté.

Il l'est aussi par son temps de demi-vie très long, comparable aux durées géologiques : un noyau à demi-vie courte aurait entièrement disparu d'une roche aussi ancienne. Ordre de grandeur : 1,87×10121{,}87\times 10^{12} ans dépasse même l'âge de l'Univers, environ 1,4×10101{,}4\times 10^{10} ans ; la limite de détection n'est jamais atteinte pour une roche terrestre.

Q7. On dérive NRb(t)=NRb(0)⋅e−λtN_{\text{Rb}}(t)=N_{\text{Rb}}(0)\cdot e^{-\lambda t} par rapport au temps, NRb(0)N_{\text{Rb}}(0) et λ\lambda étant des constantes : dNRbdt=NRb(0)⋅(−λ)⋅e−λt=−λ⋅(NRb(0)⋅e−λt)=−λ⋅NRb(t)\dfrac{\mathrm{d}N_{\text{Rb}}}{\mathrm{d}t}=N_{\text{Rb}}(0)\cdot(-\lambda)\cdot e^{-\lambda t}=-\lambda\cdot\left(N_{\text{Rb}}(0)\cdot e^{-\lambda t}\right)=-\lambda\cdot N_{\text{Rb}}(t).

L'équation différentielle est vérifiée pour tout tt. De plus, à t=0t=0, NRb(0)⋅e0=NRb(0)N_{\text{Rb}}(0)\cdot e^{0}=N_{\text{Rb}}(0) : la fonction respecte aussi la condition initiale. Erreur fréquente : oublier le facteur −λ-\lambda issu de la dérivée de e−λte^{-\lambda t}.

Q8. À la date tft_{f}, NRb(tf)=Nmin⁡N_{\text{Rb}}(t_{f})=N_{\min}, donc NRb(0)⋅e−λtf=Nmin⁡N_{\text{Rb}}(0)\cdot e^{-\lambda t_{f}}=N_{\min}, soit e−λtf=Nmin⁡NRb(0)e^{-\lambda t_{f}}=\dfrac{N_{\min}}{N_{\text{Rb}}(0)}. On prend le logarithme népérien : −λtf=ln⁡(Nmin⁡NRb(0))-\lambda t_{f}=\ln\left(\dfrac{N_{\min}}{N_{\text{Rb}}(0)}\right), d'où tf=1λln⁡(NRb(0)Nmin⁡)t_{f}=\dfrac{1}{\lambda}\ln\left(\dfrac{N_{\text{Rb}}(0)}{N_{\min}}\right).

Vérification : NRb(0)>Nmin⁡N_{\text{Rb}}(0)>N_{\min}, le logarithme est positif et tf>0t_{f}>0, comme il se doit.

Q9. tf=11,41×10−11×ln⁡(5,8×10202,0×109)=ln⁡(2,9×1011)1,41×10−11=26,391,41×10−11=1,87×1012t_{f}=\dfrac{1}{1{,}41\times 10^{-11}}\times\ln\left(\dfrac{5{,}8\times 10^{20}}{2{,}0\times 10^{9}}\right)=\dfrac{\ln(2{,}9\times 10^{11})}{1{,}41\times 10^{-11}}=\dfrac{26{,}39}{1{,}41\times 10^{-11}}=1{,}87\times 10^{12} a, en années puisque λ\lambda est en a−1\mathrm{a^{-1}}.

Comparaison : la question Q6 donnait 38 t1/2=1,87×101238\,t_{1/2}=1{,}87\times 10^{12} a, la même valeur à trois chiffres significatifs. Plus précisément, tft_{f} est compris entre 38 t1/2=1,870×101238\,t_{1/2}=1{,}870\times 10^{12} a et 39 t1/2=1,919×101239\,t_{1/2}=1{,}919\times 10^{12} a, ce qui est cohérent avec l'encadrement 238<2,9×1011<2392^{38}<2{,}9\times 10^{11}<2^{39} : tft1/2≈38,05\dfrac{t_{f}}{t_{1/2}}\approx 38{,}05. Le raisonnement par demi-vies entières donne une valeur par défaut, le calcul exponentiel donne la durée exacte ; les deux méthodes concordent, ce qui confirme aussi que λ=ln⁡2t1/2\lambda=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}} (0,69349,2×109=1,41×10−11 a−1\dfrac{0{,}693}{49{,}2\times 10^{9}}=1{,}41\times 10^{-11}\ \mathrm{a^{-1}}).

Q10. Chaque noyau de rubidium 87 qui se désintègre donne un noyau de strontium 87. Le nombre de noyaux de strontium formés à la date tt est donc égal au nombre de noyaux de rubidium désintégrés depuis t=0t=0 : NSr formeˊ(t)=NRb(0)−NRb(t)N_{\text{Sr formé}}(t)=N_{\text{Rb}}(0)-N_{\text{Rb}}(t).

Q11. D'après la loi de décroissance de la question Q7, NRb(t)=NRb(0)⋅e−λtN_{\text{Rb}}(t)=N_{\text{Rb}}(0)\cdot e^{-\lambda t}, donc NRb(0)=NRb(t)⋅eλtN_{\text{Rb}}(0)=N_{\text{Rb}}(t)\cdot e^{\lambda t}. On remplace dans la relation de la question Q10 : NSr formeˊ(t)=NRb(t)⋅eλt−NRb(t)=NRb(t)⋅(eλt−1)N_{\text{Sr formé}}(t)=N_{\text{Rb}}(t)\cdot e^{\lambda t}-N_{\text{Rb}}(t)=N_{\text{Rb}}(t)\cdot\left(e^{\lambda t}-1\right), l'équation 2.

L'intérêt de cette écriture : elle n'utilise que NRb(t)N_{\text{Rb}}(t), le rubidium présent AUJOURD'HUI dans la roche, que le géologue sait mesurer, et non NRb(0)N_{\text{Rb}}(0), inconnu.

Q12. L'équation 3 s'écrit y=b+(eλtroche−1)⋅xy=b+\left(e^{\lambda t_{\text{roche}}}-1\right)\cdot x : pour des échantillons de la même roche, de même âge trochet_{\text{roche}} et de même bb, les points (x ;y)(x\,;y) sont alignés sur une droite d'ordonnée à l'origine bb et de coefficient directeur eλtroche−1e^{\lambda t_{\text{roche}}}-1. C'est ce que montre la figure 1 (méthode de l'isochrone).

Par identification avec la modélisation y=0,7105+0,0042⋅xy=0{,}7105+0{,}0042\cdot x : eλtroche−1=0,0042e^{\lambda t_{\text{roche}}}-1=0{,}0042, donc eλtroche=1,0042e^{\lambda t_{\text{roche}}}=1{,}0042 et troche=ln⁡(1,0042)λ=4,19×10−31,41×10−11=2,97×108t_{\text{roche}}=\dfrac{\ln(1{,}0042)}{\lambda}=\dfrac{4{,}19\times 10^{-3}}{1{,}41\times 10^{-11}}=2{,}97\times 10^{8} a.

La roche du site de Meymac est âgée d'environ 3,0×1083{,}0\times 10^{8} ans, soit 300 millions d'années, avec les deux chiffres significatifs du coefficient directeur. C'est cohérent avec l'énoncé (« plusieurs centaines de millions d'années ») et avec la question Q6 : en 300 millions d'années, seuls 0,40{,}4 % des noyaux de rubidium 87 se sont désintégrés.

Erreurs fréquentes : identifier le coefficient directeur à λt\lambda t ou à eλte^{\lambda t} au lieu de eλt−1e^{\lambda t}-1, ou utiliser l'ordonnée à l'origine 0,71050{,}7105, qui donne seulement le rapport initial b=NSr(0)Nreˊfb=\dfrac{N_{\text{Sr}}(0)}{N_{\text{réf}}}. Ici eλt−1≈λte^{\lambda t}-1\approx\lambda t car λt\lambda t est petit, et l'approximation donnerait presque la même valeur, 2,98×1082{,}98\times 10^{8} a, mais elle doit alors être justifiée.

Exercice 3 : Viscosimètre à chute de bille

5 points Modéliser l'écoulement d'un fluide : Archimède et BernoulliMouvement dans un champ uniformeMesure, incertitudes et chiffres significatifs

Certains équipements mécaniques, comme les moteurs, nécessitent l'utilisation d'huiles de valeur de viscosité contrôlée pour pouvoir fonctionner correctement.

Le but de cet exercice est d'étudier le principe de fonctionnement d'un viscosimètre à chute de bille permettant de mesurer, à température ambiante, la viscosité d'une huile appelée « huile C ».

La mesure de la viscosité de l'huile C repose sur l'exploitation de la chute verticale d'une bille en acier dans un récipient cylindrique, rempli de cette huile, représenté sur la figure 1. Le mouvement du centre de masse de la bille est étudié dans le référentiel terrestre supposé galiléen, muni d'un repère d'origine O, d'axe vertical (Ozz) orienté vers le bas et de vecteur unitaire k⃗\vec{k}. La situation est schématisée sur la figure 1.

Schéma : un cylindre vertical rempli d'huile ; la bille est au point O, en haut, dans l'huile ; le vecteur unitaire k part de O vers le bas, le long de l'axe Oz orienté vers le bas.
Figure 1. Schéma du dispositif expérimental de mesure
  • Données :
    Les données numériques de cet exercice proviennent de travaux réalisés à l'université de Grenoble.
    • masse volumique de l'huile C : ρh=8,31×102 kg⋅m−3\rho_{h}=8{,}31\times 10^{2}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} ;
    • masse volumique de la bille : ρb=1,06×103 kg⋅m−3\rho_{b}=1{,}06\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} ;
    • rayon de la bille : r=0,993r=0{,}993 mm ;
    • intensité de la pesanteur terrestre : g=9,81 m⋅s−2g=9{,}81\ \mathrm{m\cdot s^{-2}} ;
    • volume d'une bille de rayon rr : Vb=43⋅π⋅r3V_{b}=\dfrac{4}{3}\cdot\pi\cdot r^{3} ;
    • pour discuter de l'accord du résultat d'une mesure avec une valeur de référence, on peut utiliser le quotient ∣x−xreˊf∣u(x)\dfrac{|x-x_{\text{réf}}|}{u(x)} avec xx la valeur mesurée, xreˊfx_{\text{réf}} la valeur de référence et u(x)u(x) l'incertitude-type associée à la valeur mesurée xx.
  • Lors de sa chute verticale dans l'huile C, la bille de masse mm est soumise à trois forces :
    - son poids noté P⃗\vec{P} ;
    - la poussée d'Archimède, exercée par l'huile, d'expression vectorielle PA⃗=−ρh⋅Vb⋅g⋅k⃗\vec{P_{A}}=-\rho_{h}\cdot V_{b}\cdot g\cdot\vec{k} ;
    - la force de frottement exercée par l'huile sur la bille, d'expression vectorielle dans les conditions de l'expérience : f⃗=−α⋅ηC⋅v⋅k⃗\vec{f}=-\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v\cdot\vec{k} avec α\alpha une constante homogène à une distance, dépendant des paramètres géométriques du système, ηC\eta_{C} la viscosité de l'huile C et vv la valeur de la vitesse du centre de masse de la bille. On donne α=1,92×10−2\alpha=1{,}92\times 10^{-2} m.
  • Q1. Montrer, à l'aide d'un raisonnement sur les unités, que la viscosité ηC\eta_{C} s'exprime en N⋅m−2⋅s\mathrm{N\cdot m^{-2}\cdot s}.
  • À la date t=0t=0, la bille est lâchée avec une vitesse initiale nulle depuis le point O, situé dans l'huile, en haut du récipient cylindrique. Au bout de quelques instants, le mouvement de la bille devient rectiligne uniforme, la bille atteint alors une vitesse limite notée vlimv_{\text{lim}}.
  • Q2. Préciser, en justifiant, si la valeur de la force de frottement f⃗\vec{f} augmente ou diminue quand la valeur de la vitesse de la bille augmente.
  • Q3. Représenter sur un schéma, sans calcul et en justifiant, l'ensemble des forces appliquées au système {bille}, lorsque la vitesse limite est atteinte.
  • Q4. Montrer que la vitesse limite vérifie l'équation :
    α⋅ηC⋅vlim=4⋅π⋅r3⋅g⋅(ρb−ρh)3\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v_{\text{lim}}=\dfrac{4\cdot\pi\cdot r^{3}\cdot g\cdot(\rho_{b}-\rho_{h})}{3}
  • Q5. La valeur limite de la vitesse de la bille vaut vlim=5,37 mm⋅s−1v_{\text{lim}}=5{,}37\ \mathrm{mm\cdot s^{-1}}. Calculer la valeur de la viscosité ηC\eta_{C} de l'huile C.
  • L'huile C a une viscosité de référence qui vaut ηreˊf=0,093 N⋅m−2⋅s\eta_{\text{réf}}=0{,}093\ \mathrm{N\cdot m^{-2}\cdot s} et l'incertitude-type sur la valeur de la viscosité ηC\eta_{C} obtenue vaut u(ηC)=0,003 N⋅m−2⋅su(\eta_{C})=0{,}003\ \mathrm{N\cdot m^{-2}\cdot s}.
  • Q6. Déterminer si la valeur de la viscosité ηC\eta_{C} obtenue expérimentalement est en accord avec la valeur de référence.
  • On souhaite déterminer la durée nécessaire pour que la bille, lâchée avec une vitesse initiale nulle, atteigne sa vitesse limite.
  • Q7. Le vecteur accélération a⃗\vec{a} du centre de masse de la bille s'écrit : a⃗=a⋅k⃗\vec{a}=a\cdot\vec{k}. À l'aide de la deuxième loi de Newton, montrer que l'accélération aa peut s'écrire :
    a=g⋅(1−ρh⋅Vbm)−α⋅ηCm⋅va=g\cdot\left(1-\dfrac{\rho_{h}\cdot V_{b}}{m}\right)-\dfrac{\alpha\cdot\eta_{C}}{m}\cdot v où mm est la masse de la bille
  • Q8. En déduire que l'évolution de la coordonnée vv du vecteur vitesse v⃗\vec{v} de chute de la bille au cours du temps obéit à l'équation différentielle suivante :
    dvdt+3⋅α⋅ηC4⋅ρb⋅π⋅r3⋅v=g⋅(1−ρhρb)\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}+\dfrac{3\cdot\alpha\cdot\eta_{C}}{4\cdot\rho_{b}\cdot\pi\cdot r^{3}}\cdot v=g\cdot\left(1-\dfrac{\rho_{h}}{\rho_{b}}\right)
  • Si la bille est abandonnée avec une vitesse initiale nulle, la résolution de l'équation différentielle précédente permet d'obtenir l'expression de sa vitesse v(t)v(t) :
    v(t)=vlim⋅(1−e−tτ)v(t)=v_{\text{lim}}\cdot\left(1-e^{-\frac{t}{\tau}}\right) avec τ=4⋅ρb⋅π⋅r33⋅α⋅ηC\tau=\dfrac{4\cdot\rho_{b}\cdot\pi\cdot r^{3}}{3\cdot\alpha\cdot\eta_{C}}
  • Q9. Calculer la valeur de τ\tau en utilisant la valeur de la viscosité de référence de l'huile étudiée. Justifier que l'on peut considérer que la vitesse de la bille est pratiquement égale à sa valeur limite durant tout le mouvement sachant que le tube du viscosimètre a une hauteur d'environ 15 cm.

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Q2
Q5
Q6
Q9
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Réponses

  • Q1 ηC=fαv\eta_{C}=\dfrac{f}{\alpha v} : Nm⋅m⋅s−1=N⋅m−2⋅s\dfrac{\mathrm{N}}{\mathrm{m\cdot m\cdot s^{-1}}}=\mathrm{N\cdot m^{-2}\cdot s}
  • Q2 f=αηCvf=\alpha\eta_{C}v proportionnelle à vv : elle augmente
  • Q3 Mouvement rectiligne uniforme : P⃗+PA⃗+f⃗=0⃗\vec{P}+\vec{P_{A}}+\vec{f}=\vec{0}, P⃗\vec{P} vers le bas, PA⃗\vec{P_{A}} et f⃗\vec{f} vers le haut, P=PA+fP=P_{A}+f
  • Q4 Projection sur (Ozz) : ρbVbg−ρhVbg−αηCvlim=0\rho_{b}V_{b}g-\rho_{h}V_{b}g-\alpha\eta_{C}v_{\text{lim}}=0
  • Q5 ηC=8,94×10−2 N⋅m−2⋅s\eta_{C}=8{,}94\times 10^{-2}\ \mathrm{N\cdot m^{-2}\cdot s}
  • Q6 ∣0,0894−0,093∣/0,003=1,2<2|0{,}0894-0{,}093|/0{,}003=1{,}2<2 : en accord
  • Q7 Deuxième loi de Newton projetée sur (Ozz) puis divisée par mm
  • Q8 a=dvdta=\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}, m=ρb⋅43πr3m=\rho_{b}\cdot\frac{4}{3}\pi r^{3}, ρhVbm=ρhρb\dfrac{\rho_{h}V_{b}}{m}=\dfrac{\rho_{h}}{\rho_{b}}
  • Q9 τ=2,4\tau=2{,}4 ms ; 5τ≈125\tau\approx 12 ms et moins de 0,1 mm parcouru, contre 28 s sur 15 cm

Q1. On isole la viscosité dans l'expression de la norme de la force de frottement, f=α⋅ηC⋅vf=\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v : ηC=fα⋅v\eta_{C}=\dfrac{f}{\alpha\cdot v}. Une force s'exprime en newtons (N), α\alpha est homogène à une distance (m) et vv est une vitesse (m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}}). L'unité de ηC\eta_{C} est donc Nm⋅m⋅s−1=Nm2⋅s−1=N⋅m−2⋅s\dfrac{\mathrm{N}}{\mathrm{m}\cdot\mathrm{m\cdot s^{-1}}}=\dfrac{\mathrm{N}}{\mathrm{m^{2}\cdot s^{-1}}}=\mathrm{N\cdot m^{-2}\cdot s}.

Comme 1 N⋅m−2=11\ \mathrm{N\cdot m^{-2}}=1 Pa, la viscosité s'exprime aussi en pascal-seconde (Pa⋅s\mathrm{Pa\cdot s}), l'unité usuelle des tables. Erreur fréquente : diviser par vv en oubliant que l'unité d'une vitesse contient déjà un mètre.

Q2. La norme de la force de frottement vaut f=α⋅ηC⋅vf=\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v, où α\alpha et ηC\eta_{C} sont des constantes positives (la géométrie du système et l'huile ne changent pas pendant la chute). La force est donc proportionnelle à la vitesse : sa valeur augmente quand la valeur de la vitesse de la bille augmente. C'est ce qui permet à la bille d'atteindre une vitesse limite : le frottement grandit jusqu'à compenser, avec la poussée d'Archimède, le poids.

Q3. Lorsque la vitesse limite est atteinte, le mouvement du centre de masse est rectiligne uniforme dans le référentiel terrestre supposé galiléen. D'après le principe d'inertie (première loi de Newton), la somme des forces appliquées au système {bille} est nulle : P⃗+PA⃗+f⃗=0⃗\vec{P}+\vec{P_{A}}+\vec{f}=\vec{0}.

Sur le schéma, on représente les trois forces à partir du centre de la bille : le poids P⃗\vec{P}, vertical vers le bas ; la poussée d'Archimède PA⃗\vec{P_{A}}, verticale vers le haut (signe −- devant k⃗\vec{k}, orienté vers le bas) ; la force de frottement f⃗\vec{f}, verticale vers le haut, opposée au mouvement de chute. Les longueurs respectent P=PA+fP=P_{A}+f : la flèche du poids est égale à la somme des deux flèches dirigées vers le haut. La poussée d'Archimède est plus courte que le poids puisque l'huile est moins dense que la bille (ρh<ρb\rho_{h}<\rho_{b}).

Le schéma ci-dessous est tracé à l'échelle (les deux forces verticales vers le haut sont décalées pour rester lisibles). Erreur fréquente : dessiner le frottement vers le bas, dans le sens du mouvement, ou dessiner trois forces de même longueur sans respecter P=PA+fP=P_{A}+f.

Q4. On projette la relation P⃗+PA⃗+f⃗=0⃗\vec{P}+\vec{P_{A}}+\vec{f}=\vec{0} de la question Q3 sur l'axe (Ozz) orienté vers le bas. Le poids a pour coordonnée +m⋅g+m\cdot g, avec m=ρb⋅Vbm=\rho_{b}\cdot V_{b} ; la poussée d'Archimède a pour coordonnée −ρh⋅Vb⋅g-\rho_{h}\cdot V_{b}\cdot g ; la force de frottement a pour coordonnée −α⋅ηC⋅vlim-\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v_{\text{lim}}.

D'où ρb⋅Vb⋅g−ρh⋅Vb⋅g−α⋅ηC⋅vlim=0\rho_{b}\cdot V_{b}\cdot g-\rho_{h}\cdot V_{b}\cdot g-\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v_{\text{lim}}=0, soit α⋅ηC⋅vlim=Vb⋅g⋅(ρb−ρh)\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v_{\text{lim}}=V_{b}\cdot g\cdot(\rho_{b}-\rho_{h}). Avec Vb=43⋅π⋅r3V_{b}=\dfrac{4}{3}\cdot\pi\cdot r^{3} : α⋅ηC⋅vlim=4⋅π⋅r3⋅g⋅(ρb−ρh)3\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v_{\text{lim}}=\dfrac{4\cdot\pi\cdot r^{3}\cdot g\cdot(\rho_{b}-\rho_{h})}{3}, l'équation demandée.

Q5. On isole la viscosité : ηC=4⋅π⋅r3⋅g⋅(ρb−ρh)3⋅α⋅vlim\eta_{C}=\dfrac{4\cdot\pi\cdot r^{3}\cdot g\cdot(\rho_{b}-\rho_{h})}{3\cdot\alpha\cdot v_{\text{lim}}}, avec les grandeurs en unités du Système international : r=0,993×10−3r=0{,}993\times 10^{-3} m et vlim=5,37×10−3 m⋅s−1v_{\text{lim}}=5{,}37\times 10^{-3}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Numérateur : 4π×(0,993×10−3)3×9,81×(1,06×103−8,31×102)3=4π×9,79×10−10×9,81×2293=9,21×10−6\dfrac{4\pi\times(0{,}993\times 10^{-3})^{3}\times 9{,}81\times(1{,}06\times 10^{3}-8{,}31\times 10^{2})}{3}=\dfrac{4\pi\times 9{,}79\times 10^{-10}\times 9{,}81\times 229}{3}=9{,}21\times 10^{-6} N. Dénominateur : α⋅vlim=1,92×10−2×5,37×10−3=1,03×10−4 m2⋅s−1\alpha\cdot v_{\text{lim}}=1{,}92\times 10^{-2}\times 5{,}37\times 10^{-3}=1{,}03\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{2}\cdot s^{-1}}.

ηC=9,21×10−61,031×10−4=8,94×10−2 N⋅m−2⋅s\eta_{C}=\dfrac{9{,}21\times 10^{-6}}{1{,}031\times 10^{-4}}=8{,}94\times 10^{-2}\ \mathrm{N\cdot m^{-2}\cdot s}, avec trois chiffres significatifs comme les données. Vérification : l'ordre de grandeur, 0,09 Pa⋅s0{,}09\ \mathrm{Pa\cdot s}, est celui d'une huile moteur à température ambiante, et il est proche de la valeur de référence 0,0930{,}093.

Erreurs fréquentes : laisser le rayon en millimètres, ce qui fausse le résultat d'un facteur 10910^{9} puisque rr est au cube, ou la vitesse en mm⋅s−1\mathrm{mm\cdot s^{-1}}. Remarque : la masse volumique donnée pour la bille, 1,06×103 kg⋅m−31{,}06\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}, est très inférieure à celle d'un acier (de l'ordre de 7,8×103 kg⋅m−37{,}8\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}) ; on utilise la donnée de l'énoncé, qui est cohérente avec la viscosité de référence de l'huile.

Q6. On calcule le quotient des données avec x=ηC=8,94×10−2x=\eta_{C}=8{,}94\times 10^{-2}, xreˊf=ηreˊf=0,093x_{\text{réf}}=\eta_{\text{réf}}=0{,}093 et u(ηC)=0,003u(\eta_{C})=0{,}003, toutes en N⋅m−2⋅s\mathrm{N\cdot m^{-2}\cdot s} : ∣0,0894−0,093∣0,003=1,2\dfrac{|0{,}0894-0{,}093|}{0{,}003}=1{,}2.

Ce quotient est inférieur à 2 : l'écart entre la mesure et la référence est inférieur à deux incertitudes-types. La valeur de la viscosité obtenue expérimentalement est en accord avec la valeur de référence.

Q7. Système : la bille ; référentiel terrestre supposé galiléen. La deuxième loi de Newton s'écrit m⋅a⃗=P⃗+PA⃗+f⃗=m⋅g⋅k⃗−ρh⋅Vb⋅g⋅k⃗−α⋅ηC⋅v⋅k⃗m\cdot\vec{a}=\vec{P}+\vec{P_{A}}+\vec{f}=m\cdot g\cdot\vec{k}-\rho_{h}\cdot V_{b}\cdot g\cdot\vec{k}-\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v\cdot\vec{k}.

Avec a⃗=a⋅k⃗\vec{a}=a\cdot\vec{k}, la projection sur (Ozz) donne m⋅a=m⋅g−ρh⋅Vb⋅g−α⋅ηC⋅vm\cdot a=m\cdot g-\rho_{h}\cdot V_{b}\cdot g-\alpha\cdot\eta_{C}\cdot v. On divise par mm : a=g−ρh⋅Vb⋅gm−α⋅ηCm⋅va=g-\dfrac{\rho_{h}\cdot V_{b}\cdot g}{m}-\dfrac{\alpha\cdot\eta_{C}}{m}\cdot v, puis on factorise gg dans les deux premiers termes : a=g⋅(1−ρh⋅Vbm)−α⋅ηCm⋅va=g\cdot\left(1-\dfrac{\rho_{h}\cdot V_{b}}{m}\right)-\dfrac{\alpha\cdot\eta_{C}}{m}\cdot v.

Vérification : à la vitesse limite, a=0a=0, et l'on retrouve la relation de la question Q4.

Q8. L'accélération est la dérivée de la vitesse : a=dvdta=\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}. La masse de la bille vaut m=ρb⋅Vb=ρb⋅43⋅π⋅r3m=\rho_{b}\cdot V_{b}=\rho_{b}\cdot\dfrac{4}{3}\cdot\pi\cdot r^{3}. On remplace dans les deux coefficients :

ρh⋅Vbm=ρh⋅Vbρb⋅Vb=ρhρb\dfrac{\rho_{h}\cdot V_{b}}{m}=\dfrac{\rho_{h}\cdot V_{b}}{\rho_{b}\cdot V_{b}}=\dfrac{\rho_{h}}{\rho_{b}} et α⋅ηCm=α⋅ηCρb⋅43⋅π⋅r3=3⋅α⋅ηC4⋅ρb⋅π⋅r3\dfrac{\alpha\cdot\eta_{C}}{m}=\dfrac{\alpha\cdot\eta_{C}}{\rho_{b}\cdot\frac{4}{3}\cdot\pi\cdot r^{3}}=\dfrac{3\cdot\alpha\cdot\eta_{C}}{4\cdot\rho_{b}\cdot\pi\cdot r^{3}}.

La relation de la question Q7 devient dvdt=g⋅(1−ρhρb)−3⋅α⋅ηC4⋅ρb⋅π⋅r3⋅v\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=g\cdot\left(1-\dfrac{\rho_{h}}{\rho_{b}}\right)-\dfrac{3\cdot\alpha\cdot\eta_{C}}{4\cdot\rho_{b}\cdot\pi\cdot r^{3}}\cdot v, soit, en passant le terme en vv à gauche : dvdt+3⋅α⋅ηC4⋅ρb⋅π⋅r3⋅v=g⋅(1−ρhρb)\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}+\dfrac{3\cdot\alpha\cdot\eta_{C}}{4\cdot\rho_{b}\cdot\pi\cdot r^{3}}\cdot v=g\cdot\left(1-\dfrac{\rho_{h}}{\rho_{b}}\right).

Vérification : en régime permanent, dvdt=0\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t}=0 donne v=4⋅ρb⋅π⋅r33⋅α⋅ηC⋅g⋅ρb−ρhρb=4⋅π⋅r3⋅g⋅(ρb−ρh)3⋅α⋅ηCv=\dfrac{4\cdot\rho_{b}\cdot\pi\cdot r^{3}}{3\cdot\alpha\cdot\eta_{C}}\cdot g\cdot\dfrac{\rho_{b}-\rho_{h}}{\rho_{b}}=\dfrac{4\cdot\pi\cdot r^{3}\cdot g\cdot(\rho_{b}-\rho_{h})}{3\cdot\alpha\cdot\eta_{C}}, la vitesse limite de la question Q4.

Q9. Avec la viscosité de référence : τ=4⋅ρb⋅π⋅r33⋅α⋅ηreˊf=4×1,06×103×π×(0,993×10−3)33×1,92×10−2×0,093=1,30×10−55,36×10−3=2,43×10−3\tau=\dfrac{4\cdot\rho_{b}\cdot\pi\cdot r^{3}}{3\cdot\alpha\cdot\eta_{\text{réf}}}=\dfrac{4\times 1{,}06\times 10^{3}\times\pi\times(0{,}993\times 10^{-3})^{3}}{3\times 1{,}92\times 10^{-2}\times 0{,}093}=\dfrac{1{,}30\times 10^{-5}}{5{,}36\times 10^{-3}}=2{,}43\times 10^{-3} s, soit environ 2,42{,}4 ms. Unité : kg⋅m−3⋅m3m⋅N⋅m−2⋅s=kgN⋅m−1⋅s=kgkg⋅s−1=s\dfrac{\mathrm{kg\cdot m^{-3}\cdot m^{3}}}{\mathrm{m\cdot N\cdot m^{-2}\cdot s}}=\dfrac{\mathrm{kg}}{\mathrm{N\cdot m^{-1}\cdot s}}=\dfrac{\mathrm{kg}}{\mathrm{kg\cdot s^{-1}}}=\mathrm{s}, c'est bien une durée.

À la date t=5τ≈12t=5\tau\approx 12 ms, v=vlim⋅(1−e−5)=0,993 vlimv=v_{\text{lim}}\cdot(1-e^{-5})=0{,}993\,v_{\text{lim}} : la vitesse limite est atteinte à moins de 1 % près en une douzaine de millisecondes. Pendant ce régime transitoire, la bille parcourt moins de vlim×5τ=5,37×10−3×1,2×10−2=6,5×10−5v_{\text{lim}}\times 5\tau=5{,}37\times 10^{-3}\times 1{,}2\times 10^{-2}=6{,}5\times 10^{-5} m, soit moins d'un dixième de millimètre.

Comparaison avec le tube : la hauteur de chute, environ 15 cm, est plus de deux mille fois plus grande que cette distance, et la bille met environ 0,155,37×10−3=28\dfrac{0{,}15}{5{,}37\times 10^{-3}}=28 s à la parcourir, contre 12 ms de régime transitoire. On peut donc considérer que la vitesse de la bille est pratiquement égale à sa vitesse limite durant tout le mouvement, ce qui justifie de mesurer vlimv_{\text{lim}} en chronométrant la chute sur le tube.

Erreur fréquente : comparer τ\tau seul à la durée de chute sans dire qu'il faut environ 5τ5\tau pour atteindre la vitesse limite ; la conclusion ne change pas ici, l'écart étant énorme.

P (poids)PA (poussée)f (frottement)z
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