Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Métropole jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Métropole, jour 2

Épreuve du mercredi 18 juin 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Métropole, jour 2 : l'épreuve du mercredi 18 juin 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 11 points sur la mesure de l'épaisseur d'un film alimentaire, 4 points sur l'eau de Quinton et 5 points sur un parfum de rose, avec une annexe à rendre avec la copie. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 mesure l'épaisseur d'un film par trois méthodes : la capacité d'un condensateur plan C=ε0εrS/eC=\varepsilon_{0}\varepsilon_{r}S/e, obtenue par la charge d'un circuit RC (équation différentielle, constante de temps τ=RC\tau=RC lue à 63 % de EE), avec une incertitude-type et le quotient ∣x−xref∣/u(x)|x-x_{\text{ref}}|/u(x) ; la pesée du rouleau et la masse volumique ; puis les interférences lumineuses en lumière blanche, spectre cannelé et ordre d'interférence p=δ/λp=\delta/\lambda modélisé en fonction de 1/λ1/\lambda. L'exercice 2 est un titrage conductimétrique des ions chlorure par les ions argent, réaction de précipitation, avec une dilution, la loi de Kohlrausch, une simulation en Python et une incertitude composée. L'exercice 3 porte sur l'estérification du géraniol : groupes caractéristiques, spectroscopie infrarouge, catalyseur et flèches courbes d'un mécanisme réactionnel, ampoule à décanter, titrage pH-métrique, rendement, puis une question ouverte de résolution de problème sur la dose de géraniol d'un parfum.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : la constante de temps, lue à 63 % de la tension finale et non à la moitié (exercice 1, Q4) ; le terme 12\dfrac{1}{2} de la relation 1, qui fait d'un rapport βefilm/λ\beta e_{\text{film}}/\lambda entier un minimum d'intensité et non un maximum (exercice 1, Q12) ; le volume de la prise d'essai, V1=10,0V_{1}=10{,}0 mL, et non les 210 mL du bécher (exercice 2, Q7). Il explique aussi pourquoi le rendement de l'estérification plafonne à 34 % (exercice 3, Q10).

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Mesure de l'épaisseur d'un film alimentaire

11 points Le dipôle RC : charge, décharge et constante de tempsOndes, Doppler et interférencesMesure, incertitudes et chiffres significatifs

Les films alimentaires étirables sont des films plastiques souples et transparents utilisés principalement pour conserver les aliments. Ils sont fabriqués en polymères tels que le polyéthylène basse densité (PEBD) et parfois le polychlorure de vinyle (PVC). Ces films offrent une barrière contre l'air, l'humidité et les contaminants, aidant ainsi à prolonger la fraîcheur des aliments et à réduire les déchets alimentaires. L'épaisseur du film est un paramètre essentiel des propriétés mécaniques (élasticité, résistance à la traction) des films étirables, ainsi que de leur impact écologique.

L'objectif de cet exercice est d'étudier différentes méthodes de détermination de l'épaisseur d'un film alimentaire.

1. Mesure de l'épaisseur d'un film alimentaire par capacimétrie

Données :
• un condensateur plan est constitué de deux armatures métalliques, parallèles entre elles, chacune de surface SS, séparées par un matériau isolant (papier, plastique) d'épaisseur ee ;
• expression littérale de la capacité CC d'un tel condensateur : C=ε0⋅εr⋅SeC=\dfrac{\varepsilon_{0}\cdot\varepsilon_{r}\cdot S}{e}
avec : ◦ ε0=8,85×10−12 F⋅m−1\varepsilon_{0}=8{,}85\times 10^{-12}\ \mathrm{F\cdot m^{-1}} : permittivité du vide ;
◦ εr\varepsilon_{r} : permittivité relative du matériau isolant ;
• permittivité relative du film alimentaire étudié : εr, film=2,3\varepsilon_{r,\,\text{film}}=2{,}3 ;
• permittivité relative de l'air : εr, air=1,0\varepsilon_{r,\,\text{air}}=1{,}0 ;
• épaisseur de référence du film alimentaire : efilm, ref=7,6 μme_{\text{film, ref}}=7{,}6\ \mu\mathrm{m} ;
• pour discuter de l'accord du résultat d'une mesure avec une valeur de référence, on peut utiliser le quotient ∣x−xref∣u(x)\dfrac{|x-x_{\text{ref}}|}{u(x)} avec xx la valeur mesurée, xrefx_{\text{ref}} la valeur de référence et u(x)u(x) l'incertitude-type associée à la valeur mesurée xx.

On réalise un condensateur plan en intercalant entre deux feuilles de papier aluminium rectangulaires, de dimensions 21 cm × 28 cm, une seule couche du film transparent d'épaisseur ee. On note CC sa capacité. La figure 1 ci-dessous présente un schéma de ce dispositif.

Vue en coupe : deux feuilles d'aluminium, traits noirs horizontaux, encadrent une couche grise de film alimentaire ; une double flèche verticale indique l'épaisseur e du film entre les deux armatures.
Figure 1. Vue en coupe du condensateur plan
  • On réalise ensuite le montage, schématisé en figure 2, constitué du condensateur réalisé, d'un conducteur ohmique de résistance R=1,00 kΩR=1{,}00\ \mathrm{k\Omega}, d'un interrupteur et d'un générateur idéal délivrant une tension continue E=4,9E=4{,}9 V.
  • Circuit série en une seule maille : générateur de tension E (flèche vers le haut), interrupteur ouvert, conducteur ohmique R, puis condensateur C ; la tension uC aux bornes du condensateur est fléchée vers le haut, dans le même sens que E.
    Figure 2. Schéma du montage électrique
  • On étudie la charge du condensateur à partir de la date t=0t=0, date à laquelle l'interrupteur est fermé. L'évolution temporelle de la tension uCu_{C} aux bornes du condensateur est présentée en figure 3.
  • Tension uC (de 0 à 5,5 V, graduée tous les 0,1 V) en fonction de t (de 0 à 400 µs, graduée tous les 10 µs) : la courbe part de 0, monte vite puis de moins en moins vite ; environ 2,6 V à 50 µs, 3,1 V vers 68 µs, 3,8 V à 100 µs, 4,6 V à 200 µs, puis se stabilise vers 4,9 V.
    Figure 3. Évolution de la tension aux bornes du condensateur en fonction du temps
  • Q1. Établir l'équation différentielle ci-dessous vérifiée par la tension uCu_{C} aux bornes du condensateur, où τ\tau est le temps caractéristique dont on donnera l'expression : ducdt+1τuc=Eτ\dfrac{\mathrm{d}u_{c}}{\mathrm{d}t}+\dfrac{1}{\tau}u_{c}=\dfrac{E}{\tau}
  • La solution de cette équation différentielle est : uc(t)=A⋅(1−e−tτ)u_{c}(t)=A\cdot\left(1-e^{-\frac{t}{\tau}}\right) où AA est une constante.
  • Q2. Déterminer l'expression de la constante AA.
  • Q3. Exprimer, en fonction de EE, la tension uc(τ)u_{c}(\tau) aux bornes du condensateur à la date t=τt=\tau.
  • Q4. Exploiter la courbe de la figure 3 et le résultat obtenu à la question Q3 pour déterminer la valeur de la constante de temps τ\tau du circuit. Expliciter la démarche utilisée.
  • Q5. En déduire une valeur expérimentale de la capacité CC du condensateur.
  • Des mesures complémentaires répétées ont permis de déterminer une valeur moyenne de la capacité du condensateur : C=69,8C=69{,}8 nF.
  • Q6. Déterminer la valeur de l'épaisseur efilme_{\text{film}} du film alimentaire déduite de cette valeur moyenne.
  • Avec cette méthode, l'incertitude-type sur l'épaisseur du film a pour valeur : u(efilm)=1,0 μmu(e_{\text{film}})=1{,}0\ \mu\mathrm{m}.
  • Q7. Discuter de l'accord du résultat obtenu à la question Q6 avec la valeur de l'épaisseur de référence du film indiquée dans les données.
  • Pour expliquer l'écart observé, on peut faire l'hypothèse qu'il existe entre les feuilles d'aluminium, en plus de l'épaisseur du film alimentaire, une fine couche d'air d'épaisseur eaire_{\text{air}} constante. La situation est alors schématisée sur la figure 4 ci-dessous.
  • Vue en coupe entre les deux feuilles d'aluminium : une couche de film alimentaire d'épaisseur e_film, au-dessus d'une fine couche d'air d'épaisseur e_air, les deux empilées entre les armatures.
    Figure 4. Couche d'air piégée dans le condensateur
  • On montre que la capacité C′C' d'un condensateur, dans le cas où le condensateur comprend une épaisseur d'air eaire_{\text{air}} et une épaisseur de film efilme_{\text{film}}, est donnée par la relation : C′=ε0⋅Seairεr, air+efilmεr, filmC'=\dfrac{\varepsilon_{0}\cdot S}{\dfrac{e_{\text{air}}}{\varepsilon_{r,\,\text{air}}}+\dfrac{e_{\text{film}}}{\varepsilon_{r,\,\text{film}}}}
  • Q8. En envisageant deux cas limites au schéma présenté en figure 4, vérifier que l'expression donnée ci-dessus est compatible avec l'expression littérale de la capacité d'un condensateur précisée dans les données.
  • Q9. Dans ce modèle, déterminer la valeur d'épaisseur d'air eaire_{\text{air}} en considérant que l'épaisseur du film alimentaire est celle de référence : efilm,ref=7,6 μme_{\text{film,ref}}=7{,}6\ \mu\mathrm{m}. Commenter.
  • 2. Mesure de l'épaisseur du film alimentaire par pesée
  • Données :
    • dimensions du film alimentaire indiquées sur l'emballage : largeur ℓ=29\ell=29 cm et longueur L=30L=30 m ;
    • masse volumique du polymère constituant le film alimentaire : ρfilm=1,25×103 kg⋅m−3\rho_{\text{film}}=1{,}25\times 10^{3}\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}.
  • Afin d'estimer un ordre de grandeur de l'épaisseur du film alimentaire, on mesure la masse de film d'un rouleau neuf : mfilm=70,56m_{\text{film}}=70{,}56 g.
  • Q10. Calculer l'épaisseur efilme_{\text{film}} du film alimentaire dans le rouleau.
  • 3. Mesure de l'épaisseur du film alimentaire par interférométrie
  • Dans le but d'obtenir une mesure plus exacte de l'épaisseur du film alimentaire, on utilise une méthode interférométrique dans laquelle on éclaire le film avec une source lumineuse comme indiqué sur la figure 5 ci-dessous.
  • On ne s'intéresse dans cette étude qu'à deux rayons lumineux ① et ② issus d'un même rayon incident, comme représenté sur la figure 5 :
    • rayon ① : rayon issu du rayon incident qui est réfléchi sur la surface supérieure du film alimentaire ;
    • rayon ② : rayon issu du rayon incident qui est transmis dans le film puis réfléchi par la surface inférieure du film et qui ressort par la surface supérieure du film.
  • Les rayons ① et ② sont parallèles entre eux. Grâce à une lentille, ils se superposent à l'entrée d'une fibre optique, elle-même reliée à un spectromètre.
  • Une source lumineuse envoie un rayon incident sur le film d'épaisseur e_film. Le rayon 1 est réfléchi sur la face supérieure ; le rayon 2 entre dans le film, se réfléchit sur la face inférieure et ressort par la face supérieure, parallèle au rayon 1. Une lentille convergente fait converger les deux rayons à l'entrée d'une fibre optique reliée à un spectromètre.
    Figure 5. Dispositif expérimental
  • Pour une source monochromatique de longueur d'onde λ\lambda, la superposition des deux ondes associées aux rayons ① et ② donne lieu à des interférences. On note δ\delta la différence de chemin optique entre les deux ondes.
  • Q11. Préciser la relation entre δ\delta et λ\lambda permettant d'obtenir des interférences constructives.
  • L'ordre d'interférence pp est, dans le cas général, défini comme le rapport p=δλp=\dfrac{\delta}{\lambda}. On admet que, dans les conditions de l'expérience, l'ordre d'interférence pp est donné par la relation suivante : p=β×efilmλ+12p=\dfrac{\beta\times e_{\text{film}}}{\lambda}+\dfrac{1}{2} (relation 1)
  • où β\beta est un paramètre sans dimension dépendant de l'indice de réfraction du film et de l'angle d'incidence de la lumière sur le film.
  • Q12. Préciser, en justifiant sans calcul, le phénomène observé lorsque le rapport β×efilmλ\dfrac{\beta\times e_{\text{film}}}{\lambda} est un nombre entier.
  • Dans l'expérience étudiée, le film est éclairé en lumière blanche et on analyse le spectre de la lumière transportée par la fibre. On donne ci-dessous sur la figure 6a le spectre de la lumière incidente et sur la figure 6b celui de la lumière captée par la fibre optique.
  • Spectre de la lumière incidente : intensité (unité arbitraire) en fonction de la longueur d'onde, de 400 à 900 nm ; courbe en cloche lisse, maximum vers 680 nm, petit épaulement vers 560 nm et un creux étroit vers 705 nm.
    Figure 6a. Spectre de la lumière incidente
  • Spectre de la lumière captée par la fibre : même enveloppe en cloche, mais hérissée d'une série de pics étroits et réguliers entre 580 et 730 nm ; trois maxima sont entourés en pointillés, vers 625, 660 et 700 nm.
    Figure 6b. Spectre de la lumière captée par la fibre optique
  • Q13. Le spectre de la figure 6b présente des maxima d'intensité dont certains sont entourés en pointillés. Expliquer leur origine.
  • L'analyse de la figure 6b permet de représenter l'évolution de l'ordre d'interférence en fonction de l'inverse de la longueur d'onde. Les résultats obtenus et leur modélisation sont représentés sur la figure 7.
  • Ordre d'interférence p (de 31 à 38) en fonction de 1/λ (de 0,00135 à 0,00165 nm⁻¹) : six points alignés, p = 32 pour 1/λ ≈ 0,00140 et p = 37 pour 1/λ ≈ 0,00163, sur la droite modélisée p = 22443 × 1/λ + 0,51 (λ en nm).
    Figure 7. Représentation graphique de l'ordre d'interférence pp en fonction de 1λ\dfrac{1}{\lambda}
  • Q14. Indiquer, en justifiant, si les résultats expérimentaux sont cohérents avec la relation 1.
  • Q15. Déduire de ces mesures la valeur de l'épaisseur efilme_{\text{film}} du film alimentaire, sachant que, dans les conditions de l'expérience, β=3,02\beta=3{,}02. Commenter.

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Q3
Q4
Q5
Q6
Q7
Q9
Q10
Q11
Q12
Q15
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Réponses

  • Q1 Mailles et i=C duCdti=C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t} : duCdt+uCRC=ERC\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}+\dfrac{u_{C}}{RC}=\dfrac{E}{RC}, donc τ=RC\tau=RC
  • Q2 A=EA=E
  • Q3 uc(τ)=E (1−e−1)≈0,63 Eu_{c}(\tau)=E\,(1-e^{-1})\approx 0{,}63\,E
  • Q4 uC=0,63×4,9=3,1u_{C}=0{,}63\times 4{,}9=3{,}1 V atteint à τ≈68 μs\tau\approx 68\ \mu\mathrm{s}
  • Q5 C=τ/R≈68C=\tau/R\approx 68 nF
  • Q6 efilm=ε0εrSC≈17 μme_{\text{film}}=\dfrac{\varepsilon_{0}\varepsilon_{r}S}{C}\approx 17\ \mu\mathrm{m}
  • Q7 Quotient ≈9,5>2\approx 9{,}5>2 : pas en accord
  • Q8 eair=0e_{\text{air}}=0 ou efilm=0e_{\text{film}}=0 redonne C=ε0εrS/eC=\varepsilon_{0}\varepsilon_{r}S/e : compatible
  • Q9 eair≈4,2 μme_{\text{air}}\approx 4{,}2\ \mu\mathrm{m}, plausible et suffisant pour expliquer l'écart
  • Q10 efilm=mρ L ℓ≈6,5 μme_{\text{film}}=\dfrac{m}{\rho\,L\,\ell}\approx 6{,}5\ \mu\mathrm{m}
  • Q11 δ=k λ\delta=k\,\lambda, kk entier
  • Q12 p=k+12p=k+\dfrac{1}{2} : interférences destructives, intensité minimale
  • Q13 Interférences constructives (δ=kλ\delta=k\lambda) pour certaines longueurs d'onde
  • Q14 Droite affine en 1/λ1/\lambda, ordonnée à l'origine 0,51≈0,50{,}51\approx 0{,}5 : cohérent
  • Q15 efilm=22443/3,02≈7,43 μme_{\text{film}}=22443/3{,}02\approx 7{,}43\ \mu\mathrm{m}, à 2 % de la référence

Q1. Interrupteur fermé, le circuit ne forme qu'une seule maille. Loi des mailles avec les orientations de la figure 2 : E=uR+uCE=u_{R}+u_{C}. Loi d'Ohm en convention récepteur : uR=R iu_{R}=R\,i. Relation du condensateur : sa charge vaut q=C uCq=C\,u_{C} et l'intensité est la dérivée de la charge, i=dqdt=C duCdti=\dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t}=C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}, le courant étant orienté vers l'armature qui porte qq.

En remplaçant : R C duCdt+uC=ER\,C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}+u_{C}=E. On divise par RCRC pour retrouver la forme demandée : duCdt+1RC uC=ERC\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}+\dfrac{1}{RC}\,u_{C}=\dfrac{E}{RC}, donc τ=R C\tau=R\,C. Vérification d'homogénéité : R C=UI×I TUR\,C=\dfrac{U}{I}\times\dfrac{I\,T}{U} est bien un temps (une charge vaut une intensité multipliée par une durée).

Q2. Deux méthodes, au choix. Par l'équation : avec uc=A−A e−t/τu_{c}=A-A\,e^{-t/\tau}, on a ducdt=Aτe−t/τ\dfrac{\mathrm{d}u_{c}}{\mathrm{d}t}=\dfrac{A}{\tau}e^{-t/\tau}, et l'équation devient Aτe−t/τ+Aτ−Aτe−t/τ=Eτ\dfrac{A}{\tau}e^{-t/\tau}+\dfrac{A}{\tau}-\dfrac{A}{\tau}e^{-t/\tau}=\dfrac{E}{\tau}, soit A=EA=E. Par le régime permanent : quand t→+∞t\to+\infty, ucu_{c} ne varie plus, la dérivée s'annule et l'équation donne uc→Eu_{c}\to E ; or l'expression proposée tend vers AA. Dans les deux cas, A=EA=E et uc(t)=E(1−e−t/τ)u_{c}(t)=E\left(1-e^{-t/\tau}\right).

Piège : la condition initiale uc(0)=0u_{c}(0)=0 (condensateur déchargé) ne fixe pas AA, puisque A (1−e0)=0A\,(1-e^{0})=0 pour toute valeur de AA. Elle est déjà contenue dans la forme proposée ; c'est l'équation, ou la valeur finale, qui détermine la constante. La figure 3 confirme : la tension se stabilise vers 4,94{,}9 V, la valeur de EE.

Q3. On remplace tt par τ\tau : uc(τ)=E(1−e−1)u_{c}(\tau)=E\left(1-e^{-1}\right). Comme e−1≈0,37e^{-1}\approx 0{,}37, uc(τ)≈0,63 Eu_{c}(\tau)\approx 0{,}63\,E : à la date t=τt=\tau, le condensateur est chargé à 63 % de sa tension finale.

Q4. Démarche : d'après Q3, τ\tau est la date à laquelle uCu_{C} atteint 63 % de EE. On calcule cette tension, 0,63×4,9=3,10{,}63\times 4{,}9=3{,}1 V. On trace sur la figure 3 l'horizontale uC=3,1u_{C}=3{,}1 V jusqu'à la courbe, puis on descend verticalement jusqu'à l'axe des temps : on lit τ≈68 μs\tau\approx 68\ \mu\mathrm{s} (une lecture entre 65 et 70 µs est acceptée, l'axe étant gradué tous les 10 µs). La construction est reproduite sous le corrigé.

Vérification par un second point : à t=2τ≈136 μst=2\tau\approx 136\ \mu\mathrm{s}, la tension doit valoir E (1−e−2)=0,86 E=4,2E\,(1-e^{-2})=0{,}86\,E=4{,}2 V, et la courbe passe bien vers 4,24{,}2 V à cette date. Autre méthode acceptée : la tangente à l'origine coupe l'asymptote uC=Eu_{C}=E à la date t=τt=\tau, mais elle est moins précise à tracer à la main. Erreur fréquente : lire τ\tau à la moitié de EE (2,452{,}45 V), ce qui donne τln⁡2≈47 μs\tau\ln 2\approx 47\ \mu\mathrm{s}, le temps de demi-charge et non la constante de temps.

Q5. D'après Q1, τ=R C\tau=R\,C, donc C=τR=68×10−61,00×103=6,8×10−8 FC=\dfrac{\tau}{R}=\dfrac{68\times 10^{-6}}{1{,}00\times 10^{3}}=6{,}8\times 10^{-8}\ \mathrm{F}, soit C≈68C\approx 68 nF, avec deux chiffres significatifs comme la lecture de τ\tau. C'est une capacité très faible, ce qui est normal : avec une surface de l'ordre de 600 cm2600\ \mathrm{cm^{2}}, il faut une épaisseur d'isolant de quelques micromètres pour atteindre quelques dizaines de nanofarads. La valeur moyenne annoncée ensuite, 69,869{,}8 nF, en est à moins de 3 %.

Q6. On isole l'épaisseur dans l'expression des données : C=ε0 εr SeC=\dfrac{\varepsilon_{0}\,\varepsilon_{r}\,S}{e} donne efilm=ε0 εr, film SCe_{\text{film}}=\dfrac{\varepsilon_{0}\,\varepsilon_{r,\,\text{film}}\,S}{C}. La surface des armatures est celle des feuilles : S=0,21×0,28=5,88×10−2 m2S=0{,}21\times 0{,}28=5{,}88\times 10^{-2}\ \mathrm{m^{2}}, en mètres carrés.

Application numérique : efilm=8,85×10−12×2,3×5,88×10−269,8×10−9=1,7×10−5 me_{\text{film}}=\dfrac{8{,}85\times 10^{-12}\times 2{,}3\times 5{,}88\times 10^{-2}}{69{,}8\times 10^{-9}}=1{,}7\times 10^{-5}\ \mathrm{m}, soit efilm≈17 μme_{\text{film}}\approx 17\ \mu\mathrm{m} (17,1 µm avant arrondi). Erreur fréquente : laisser la surface en cm2\mathrm{cm^{2}} (588 cm2588\ \mathrm{cm^{2}}), ce qui multiplie le résultat par 10410^{4}, ou oublier de convertir les nanofarads (1 nF=10−91\ \mathrm{nF}=10^{-9} F).

Q7. On calcule le quotient proposé par les données, avec la valeur non arrondie : ∣efilm−efilm, ref∣u(efilm)=∣17,1−7,6∣1,0≈9,5\dfrac{|e_{\text{film}}-e_{\text{film, ref}}|}{u(e_{\text{film}})}=\dfrac{|17{,}1-7{,}6|}{1{,}0}\approx 9{,}5.

Ce quotient est très supérieur à 2 : la mesure par capacimétrie n'est pas en accord avec la valeur de référence. L'écart vaut plus de neuf incertitudes-types, ce que les fluctuations aléatoires de la mesure ne peuvent pas expliquer ; il y a donc une erreur systématique, que la suite de l'exercice va identifier. Le résultat est d'ailleurs plus de deux fois trop grand, ce qui signale un défaut du modèle plutôt qu'une maladresse de mesure.

Q8. Premier cas limite, sans couche d'air : eair=0e_{\text{air}}=0. La relation devient C′=ε0 Sefilm/εr, film=ε0 εr, film SefilmC'=\dfrac{\varepsilon_{0}\,S}{e_{\text{film}}/\varepsilon_{r,\,\text{film}}}=\dfrac{\varepsilon_{0}\,\varepsilon_{r,\,\text{film}}\,S}{e_{\text{film}}} : c'est l'expression des données pour un condensateur dont l'isolant est le film seul, d'épaisseur efilme_{\text{film}}.

Second cas limite, sans film : efilm=0e_{\text{film}}=0. On obtient C′=ε0 εr, air SeairC'=\dfrac{\varepsilon_{0}\,\varepsilon_{r,\,\text{air}}\,S}{e_{\text{air}}} : c'est l'expression des données pour un condensateur dont l'isolant est une lame d'air d'épaisseur eaire_{\text{air}}. Dans les deux cas limites, la relation retrouve l'expression connue : elle est compatible avec les données.

Q9. On isole eaire_{\text{air}} dans la relation : eairεr, air+efilmεr, film=ε0 SC′\dfrac{e_{\text{air}}}{\varepsilon_{r,\,\text{air}}}+\dfrac{e_{\text{film}}}{\varepsilon_{r,\,\text{film}}}=\dfrac{\varepsilon_{0}\,S}{C'}, donc eair=εr, air(ε0 SC′−efilm,refεr, film)e_{\text{air}}=\varepsilon_{r,\,\text{air}}\left(\dfrac{\varepsilon_{0}\,S}{C'}-\dfrac{e_{\text{film,ref}}}{\varepsilon_{r,\,\text{film}}}\right). La capacité mesurée, C′=69,8C'=69{,}8 nF, est celle du condensateur réel, avec sa couche d'air.

Calculs intermédiaires : ε0 SC′=8,85×10−12×5,88×10−269,8×10−9=7,46×10−6\dfrac{\varepsilon_{0}\,S}{C'}=\dfrac{8{,}85\times 10^{-12}\times 5{,}88\times 10^{-2}}{69{,}8\times 10^{-9}}=7{,}46\times 10^{-6} m et efilm,refεr, film=7,6×10−62,3=3,30×10−6\dfrac{e_{\text{film,ref}}}{\varepsilon_{r,\,\text{film}}}=\dfrac{7{,}6\times 10^{-6}}{2{,}3}=3{,}30\times 10^{-6} m. D'où eair=1,0×(7,46−3,30)×10−6=4,2×10−6e_{\text{air}}=1{,}0\times(7{,}46-3{,}30)\times 10^{-6}=4{,}2\times 10^{-6} m, soit eair≈4,2 μme_{\text{air}}\approx 4{,}2\ \mu\mathrm{m}.

Commentaire : une couche d'air de 4 µm, un peu plus de la moitié de l'épaisseur du film, suffit à expliquer l'écart de Q7. Elle est plausible, car ni le papier aluminium ni le film ne sont parfaitement plans : plis et rugosité laissent des poches d'air de l'ordre du micromètre. Son effet est amplifié par sa faible permittivité : divisée par εr, air=1,0\varepsilon_{r,\,\text{air}}=1{,}0 au lieu de 2,32{,}3, une épaisseur d'air pèse plus de deux fois plus qu'une épaisseur égale de film. La capacimétrie est donc très sensible au contact entre les armatures et le film, ce qui la rend peu fiable pour un film aussi mince.

Q10. Le film déroulé est un pavé de longueur LL, de largeur ℓ\ell et d'épaisseur efilme_{\text{film}} : son volume vaut V=L×ℓ×efilmV=L\times\ell\times e_{\text{film}} et sa masse mfilm=ρfilm×L×ℓ×efilmm_{\text{film}}=\rho_{\text{film}}\times L\times\ell\times e_{\text{film}}. D'où efilm=mfilmρfilm×L×ℓe_{\text{film}}=\dfrac{m_{\text{film}}}{\rho_{\text{film}}\times L\times\ell}.

Tout en unités SI : mfilm=70,56×10−3m_{\text{film}}=70{,}56\times 10^{-3} kg, ℓ=0,29\ell=0{,}29 m, L=30L=30 m. efilm=70,56×10−31,25×103×30×0,29=6,5×10−6 me_{\text{film}}=\dfrac{70{,}56\times 10^{-3}}{1{,}25\times 10^{3}\times 30\times 0{,}29}=6{,}5\times 10^{-6}\ \mathrm{m}, soit efilm≈6,5 μme_{\text{film}}\approx 6{,}5\ \mu\mathrm{m}.

Cette valeur est du même ordre de grandeur que la référence, 7,67{,}6 µm, ce qui est tout ce que la méthode promet : les dimensions de l'emballage sont nominales et la masse volumique est celle d'un polymère type. Erreur fréquente : garder la masse en grammes avec une masse volumique en kg⋅m−3\mathrm{kg\cdot m^{-3}}, ce qui donne une épaisseur mille fois trop grande.

Q11. Les interférences sont constructives quand les deux ondes arrivent en phase, c'est-à-dire quand leur différence de chemin optique est un multiple entier de la longueur d'onde : δ=k λ\delta=k\,\lambda, avec kk entier relatif.

Q12. Si β×efilmλ=k\dfrac{\beta\times e_{\text{film}}}{\lambda}=k est un entier, la relation 1 donne p=k+12p=k+\dfrac{1}{2}, donc δ=p λ=(k+12)λ\delta=p\,\lambda=\left(k+\dfrac{1}{2}\right)\lambda. Les deux ondes sont alors en opposition de phase : les interférences sont destructives, et l'intensité lumineuse reçue par la fibre est minimale (quasi nulle si les deux ondes ont des amplitudes voisines) pour cette longueur d'onde.

Piège : le 12\dfrac{1}{2} de la relation 1 inverse la conclusion. Un rapport entier ne donne pas un ordre entier mais demi-entier ; c'est quand pp est entier que les interférences sont constructives.

Q13. En lumière blanche, chaque longueur d'onde interfère pour son propre compte. La différence de chemin optique δ\delta est fixée par le film, donc l'ordre p=δλp=\dfrac{\delta}{\lambda} varie avec λ\lambda : pour certaines longueurs d'onde, pp est entier et les interférences sont constructives, l'intensité est renforcée ; pour les longueurs d'onde intermédiaires, pp est demi-entier et les interférences sont destructives, l'intensité est affaiblie.

Les maxima entourés sur la figure 6b sont donc des interférences constructives pour les longueurs d'onde qui vérifient δ=k λ\delta=k\,\lambda. La comparaison avec la figure 6a le confirme : le spectre incident est lisse entre 600 et 700 nm, sans ces oscillations ; c'est le film qui les crée. Le spectre capté est la courbe de la source modulée par une alternance de maxima et de minima, qu'on appelle un spectre cannelé.

Q14. La relation 1 s'écrit p=β efilm×1λ+12p=\beta\,e_{\text{film}}\times\dfrac{1}{\lambda}+\dfrac{1}{2} : elle prévoit que pp est une fonction affine de 1λ\dfrac{1}{\lambda}, de coefficient directeur β efilm\beta\,e_{\text{film}} et d'ordonnée à l'origine 12\dfrac{1}{2}.

Sur la figure 7, les six points expérimentaux sont alignés sur une droite qui ne passe pas par l'origine, modélisée par p=22443×1λ+0,51p=22443\times\dfrac{1}{\lambda}+0{,}51. L'ordonnée à l'origine mesurée, 0,510{,}51, est très proche de la valeur 0,50{,}5 prévue. Les résultats expérimentaux sont donc cohérents avec la relation 1.

Q15. Par identification avec la relation 1, le coefficient directeur de la droite vaut β×efilm=22443\beta\times e_{\text{film}}=22443 nm, puisque λ\lambda est en nanomètres et pp sans dimension. D'où efilm=224433,02=7,43×103 nm=7,43 μme_{\text{film}}=\dfrac{22443}{3{,}02}=7{,}43\times 10^{3}\ \mathrm{nm}=7{,}43\ \mu\mathrm{m}.

Commentaire : l'écart à la référence 7,67{,}6 µm n'est que de 2 %, bien meilleur que les deux autres méthodes, 1717 µm par capacimétrie (faussée par la couche d'air) et 6,56{,}5 µm par pesée (simple ordre de grandeur). L'interférométrie tient ses promesses : elle compare l'épaisseur à la longueur d'onde de la lumière, une règle graduée au dixième de micromètre, et elle ne demande aucun contact avec le film. Erreur fréquente : oublier que λ\lambda est en nanomètres dans la modélisation, et annoncer 7,437{,}43 m ou 7,437{,}43 mm.

501001502002503003504000,511,522,533,544,555,5τ ≈ 68 µs0,63 × 4,9 = 3,1 Vt (µs)uC (V)

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Exercice 2 : Eau de Quinton

4 points Déterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validitéMesure, incertitudes et chiffres significatifsAvancement et dosages

René Quinton, biologiste français, a découvert et mis au point le sérum qui porte son nom : l'eau de Quinton. Issue d'un prélèvement d'eau de mer, celle-ci est ensuite filtrée pour en éliminer les impuretés. Elle est actuellement commercialisée, notamment sous forme d'ampoules pour, par exemple, nettoyer le nez ou les yeux.

L'objectif de cet exercice est de déterminer la teneur en ions chlorure d'une eau de Quinton commerciale provenant d'une mer bretonne, à l'aide d'un titrage suivi par conductimétrie.

  • Données :
    • conductivités molaires ioniques à 25 °C :
  • ionCℓ−\mathrm{C\ell^{-}}Ag+\mathrm{Ag^{+}}NO3−\mathrm{NO_{3}^{-}}Na+\mathrm{Na^{+}}
    λ\lambda (S⋅m2⋅mol−1\mathrm{S\cdot m^{2}\cdot mol^{-1}})7,63×10−37{,}63\times 10^{-3}6,19×10−36{,}19\times 10^{-3}7,14×10−37{,}14\times 10^{-3}5,01×10−35{,}01\times 10^{-3}
    Conductivités molaires ioniques à 25 °C
  • • masse molaire atomique de l'élément chlore : M(Cℓ)=35,5 g⋅mol−1M(\mathrm{C\ell})=35{,}5\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • concentration moyenne en masse en ions chlorure d'une eau de mer bretonne : 19,4 g⋅L−119{,}4\ \mathrm{g\cdot L^{-1}} ;
    • la concentration en ions chlorure dans le sang est comprise entre 100 et 110 mmol⋅L−1\mathrm{mmol\cdot L^{-1}} ;
    • pour discuter de l'accord du résultat d'une mesure avec une valeur de référence, on peut utiliser le quotient ∣x−xref∣u(x)\dfrac{|x-x_{\text{ref}}|}{u(x)} avec xx la valeur mesurée, xrefx_{\text{ref}} la valeur de référence et u(x)u(x) l'incertitude-type associée à la valeur mesurée xx.
  • Dans le contexte de cet exercice, on peut qualifier une eau de Quinton d'isotonique si sa concentration en ions chlorure est dans l'intervalle des valeurs de celles du sang, d'hypertonique si elle est supérieure à 110 mmol⋅L−1\mathrm{mmol\cdot L^{-1}} et d'hypotonique si elle est inférieure à 100 mmol⋅L−1\mathrm{mmol\cdot L^{-1}}.
  • 1. Préparation de l'eau de Quinton isotonique
  • Une eau de Quinton isotonique est préparée en diluant 5 fois l'eau de Quinton commerciale hypertonique étudiée.
  • Q1. Proposer un protocole permettant de préparer 100,0 mL d'eau de Quinton isotonique à partir d'eau de Quinton commerciale. Nommer, en précisant les volumes, la verrerie utilisée.
  • Q2. Vérifier le caractère isotonique de la solution ainsi préparée.
  • 2. Analyse d'une eau de Quinton hypertonique
  • On assimile l'eau de Quinton hypertonique étudiée à une solution aqueuse de chlorure de sodium (Na+(aq)\mathrm{Na^{+}(aq)} ; Cℓ−(aq)\mathrm{C\ell^{-}(aq)}). Afin d'en déterminer la concentration en ions chlorure, on réalise un titrage suivi par conductimétrie.
  • À l'aide d'une pipette jaugée, on prélève un volume V1=10,0V_{1}=10{,}0 mL d'eau de Quinton hypertonique que l'on introduit dans un bécher, dans lequel on ajoute 200 mL d'eau distillée.
  • On dose la solution obtenue par une solution titrante de nitrate d'argent (Ag+(aq)\mathrm{Ag^{+}(aq)} ; NO3−(aq)\mathrm{NO_{3}^{-}(aq)}) de concentration C2=3,00×10−1 mol⋅L−1C_{2}=3{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Les ions argent forment avec les ions chlorure un précipité de chlorure d'argent AgCℓ(s)\mathrm{AgC\ell(s)}. Cette réaction de précipitation peut être considérée comme totale.
  • Q3. Écrire l'équation de la réaction modélisant la transformation mise en jeu au cours du titrage.
  • On utilise le langage de programmation Python pour simuler et représenter l'évolution des concentrations des espèces qui participent à la conductivité de la solution titrée en fonction du volume de solution titrante versé. On néglige la dilution liée à l'ajout de la solution titrante.
  • Dans ce programme, on utilise les notations suivantes :
    • C_1 : concentration de la solution titrée exprimée en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}} ;
    • V_1 : volume de solution titrée exprimé en L ;
    • C_2 : concentration de la solution titrante exprimée en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}} ;
    • V_2 : volume de solution titrante versé exprimé en L.
  • Lignes 8 à 15 du programme Python : ligne 8, commentaire « Déclaration des variables » ; lignes 10 à 13, c_A = [], c_B = [], c_C = [] et c_D = [], listes des concentrations des espèces A, B, C et D ; ligne 15, « V_E = » laissé vide, avec le commentaire « Expression du volume équivalent exprimé en L ».
    Figure 1. Extrait du programme
  • On fournit sur la figure 1 un extrait du programme et sur la figure 2 le résultat de la simulation obtenu.
  • Concentrations simulées (de 0 à 0,035 mol/L) en fonction du volume versé de solution titrante (de 0 à 0,025 L). Espèce A (étoiles) : part de 0,025 mol/L et décroît linéairement jusqu'à 0 vers 0,018 L, puis reste nulle. Espèce B (ronds noirs) : nulle jusqu'à 0,018 L, puis croît jusqu'à 0,009 mol/L à 0,025 L. Espèce C (carrés gris) : part de 0 et croît linéairement jusqu'à 0,034 mol/L à 0,025 L. Espèce D (croix) : constante à 0,025 mol/L.
    Figure 2. Évolution des concentrations en fonction du volume de solution titrante versé
  • Q4. Identifier, en justifiant, les espèces A, B, C et D parmi Na+\mathrm{Na^{+}}, Cℓ−\mathrm{C\ell^{-}}, NO3−\mathrm{NO_{3}^{-}} et Ag+\mathrm{Ag^{+}}.
  • Q5. Donner l'expression de la ligne 15 du programme Python permettant de calculer la valeur du volume à l'équivalence, noté V_E, en fonction de C_1, C_2 et V_1.
  • On a reporté sur la figure A1 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE l'évolution de la conductivité σ\sigma en fonction du volume V2V_{2} de solution de nitrate d'argent versé.
  • Annexe A1 : conductivité σ (de 0,40 à 0,65 mS/cm) en fonction du volume V2 de nitrate d'argent versé (de 0 à 25 mL, un point par millilitre). De 0 à 19 mL, les points décroissent lentement de 0,573 à 0,484 mS/cm ; de 20 à 25 mL, ils croissent nettement plus vite, de 0,520 à 0,617 mS/cm. La rupture de pente se situe vers 18 mL.
    Figure A1 de l'annexe à rendre avec la copie. Évolution de la conductivité σ au cours du dosage en fonction du volume de solution de nitrate d'argent versé
  • Q6. En utilisant les résultats de la simulation de la figure 2, expliquer l'évolution de la conductivité mesurée au cours du dosage.
  • Q7. Exploiter les résultats expérimentaux pour déterminer la concentration en masse CQuintonC_{\text{Quinton}} des ions chlorure dans l'eau de Quinton.
  • L'incertitude-type u(CQuinton)u(C_{\text{Quinton}}) associée à la valeur de la concentration en masse trouvée précédemment est, dans cette situation : u(CQuinton)=CQuinton×(u(V1)V1)2+(u(VE)VE)2+(u(C2)C2)2u(C_{\text{Quinton}})=C_{\text{Quinton}}\times\sqrt{\left(\dfrac{u(V_{1})}{V_{1}}\right)^{2}+\left(\dfrac{u(V_{E})}{V_{E}}\right)^{2}+\left(\dfrac{u(C_{2})}{C_{2}}\right)^{2}}
  • avec u(VE)=0,5u(V_{E})=0{,}5 mL, u(V1)=0,02u(V_{1})=0{,}02 mL et u(C2)=2×10−3 mol⋅L−1u(C_{2})=2\times 10^{-3}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q8. Vérifier si la concentration trouvée est en accord avec la concentration en ions chlorure de l'eau de mer bretonne.

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Q1
Q2
Q4
Q7
Q8
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Réponses

  • Q1 Pipette jaugée de 20,020{,}0 mL, fiole jaugée de 100,0100{,}0 mL, eau distillée jusqu'au trait, homogénéiser
  • Q2 c′=19,435,5×5=109 mmol⋅L−1c'=\dfrac{19{,}4}{35{,}5\times 5}=109\ \mathrm{mmol\cdot L^{-1}} : isotonique
  • Q3 Ag+(aq)+Cℓ−(aq)⟶AgCℓ(s)\mathrm{Ag^{+}(aq)+C\ell^{-}(aq)\longrightarrow AgC\ell(s)}
  • Q4 A : Cℓ−\mathrm{C\ell^{-}} ; B : Ag+\mathrm{Ag^{+}} ; C : NO3−\mathrm{NO_{3}^{-}} ; D : Na+\mathrm{Na^{+}}
  • Q5 V_E = C_1*V_1/C_2
  • Q6 Avant : Cℓ−\mathrm{C\ell^{-}} remplacé par NO3−\mathrm{NO_{3}^{-}}, moins conducteur, σ\sigma baisse un peu ; après : Ag+\mathrm{Ag^{+}} et NO3−\mathrm{NO_{3}^{-}} s'accumulent, σ\sigma monte vite
  • Q7 VE≈18,2V_{E}\approx 18{,}2 mL, C1=0,546 mol⋅L−1C_{1}=0{,}546\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, CQuinton≈19,4 g⋅L−1C_{\text{Quinton}}\approx 19{,}4\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}
  • Q8 u≈0,55 g⋅L−1u\approx 0{,}55\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}, quotient ≈0,04<2\approx 0{,}04<2 : en accord

Q1. Diluer 5 fois, c'est appliquer un facteur de dilution F=VfilleVmeˋre=5F=\dfrac{V_{\text{fille}}}{V_{\text{mère}}}=5. Pour Vfille=100,0V_{\text{fille}}=100{,}0 mL, il faut prélever Vmeˋre=100,05=20,0V_{\text{mère}}=\dfrac{100{,}0}{5}=20{,}0 mL d'eau de Quinton commerciale.

Protocole : verser un peu d'eau de Quinton commerciale dans un bécher ; en prélever 20,020{,}0 mL avec une pipette jaugée de 20,020{,}0 mL munie d'une propipette ; les introduire dans une fiole jaugée de 100,0100{,}0 mL ; ajouter de l'eau distillée jusqu'aux deux tiers environ et agiter ; compléter avec de l'eau distillée jusqu'au trait de jauge, le bas du ménisque sur le trait ; boucher et retourner plusieurs fois pour homogénéiser. Erreur fréquente : prélever avec une éprouvette graduée, ou annoncer « fiole de 100 mL » sans dire qu'elle est jaugée : le volume final doit être connu à 0,10{,}1 mL près.

Q2. L'eau de Quinton commerciale est de l'eau de mer bretonne filtrée : sa concentration en masse en ions chlorure est 19,4 g⋅L−119{,}4\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}. Sa concentration en quantité de matière vaut c=CmM(Cℓ)=19,435,5=0,546 mol⋅L−1c=\dfrac{C_{m}}{M(\mathrm{C\ell})}=\dfrac{19{,}4}{35{,}5}=0{,}546\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

Après dilution par 5 : c′=0,5465=0,109 mol⋅L−1=109 mmol⋅L−1c'=\dfrac{0{,}546}{5}=0{,}109\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}=109\ \mathrm{mmol\cdot L^{-1}}. Cette valeur est comprise entre 100 et 110 mmol⋅L−1\mathrm{mmol\cdot L^{-1}}, l'intervalle du sang : la solution préparée est bien isotonique. Avant dilution, 546 mmol⋅L−1546\ \mathrm{mmol\cdot L^{-1}} dépasse largement 110 : l'eau commerciale est hypertonique, comme l'annonce l'énoncé. Piège : comparer des g⋅L−1\mathrm{g\cdot L^{-1}} à des mmol⋅L−1\mathrm{mmol\cdot L^{-1}} ; la masse molaire du chlore est donnée pour passer de l'une à l'autre.

Q3. Les ions argent et les ions chlorure forment un précipité de chlorure d'argent, réaction totale : Ag+(aq)+Cℓ−(aq)⟶AgCℓ(s)\mathrm{Ag^{+}(aq)+C\ell^{-}(aq)\longrightarrow AgC\ell(s)}. Les ions sodium et nitrate sont spectateurs et n'apparaissent pas dans l'équation.

Q4. On raisonne sur ce que chaque ion devient au cours du titrage, avant puis après l'équivalence, repérée vers 0,0180{,}018 L sur la figure 2.

L'espèce D garde une concentration constante : c'est un ion spectateur déjà présent au départ et qui n'est pas apporté par la burette, l'ion sodium Na+\mathrm{Na^{+}} (la dilution est négligée). L'espèce C part de zéro et augmente régulièrement pendant tout le titrage : c'est un ion spectateur apporté par la solution titrante, l'ion nitrate NO3−\mathrm{NO_{3}^{-}}. L'espèce A est présente au départ, décroît jusqu'à s'annuler à l'équivalence puis reste nulle : c'est le réactif titré, consommé par la réaction, l'ion chlorure Cℓ−\mathrm{C\ell^{-}}. L'espèce B est nulle avant l'équivalence, car chaque ion argent versé est aussitôt précipité, puis augmente quand il n'y a plus d'ions chlorure pour le consommer : c'est le réactif titrant, l'ion argent Ag+\mathrm{Ag^{+}}.

Vérification : au départ, [Na+]=[Cℓ−][\mathrm{Na^{+}}]=[\mathrm{C\ell^{-}}], ce qu'impose l'électroneutralité d'une solution de chlorure de sodium, et la simulation donne bien 0,025 mol⋅L−10{,}025\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} pour A et D.

Q5. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques de l'équation, coefficients 1 et 1 : n(Cℓ−)initial=n(Ag+)verseˊn(\mathrm{C\ell^{-}})_{\text{initial}}=n(\mathrm{Ag^{+}})_{\text{versé}}, soit C1×V1=C2×VEC_{1}\times V_{1}=C_{2}\times V_{E}. La ligne 15 s'écrit donc : V_E = C_1*V_1/C_2. Erreur fréquente : écrire C_2*V_1/C_1, qui ne se vérifie pas dimensionnellement contre l'équation de conservation.

Q6. D'après la loi de Kohlrausch, la conductivité est la somme des contributions des ions : σ=∑λi[Xi]\sigma=\sum\lambda_{i}[X_{i}]. On suit les quatre ions de la simulation.

Avant l'équivalence : [Na+][\mathrm{Na^{+}}] reste constante, [Ag+][\mathrm{Ag^{+}}] reste nulle, et chaque ion chlorure précipité est remplacé dans la solution par un ion nitrate apporté par la burette (A diminue pendant que C augmente). Comme λ(NO3−)=7,14×10−3\lambda(\mathrm{NO_{3}^{-}})=7{,}14\times 10^{-3} est un peu plus petite que λ(Cℓ−)=7,63×10−3 S⋅m2⋅mol−1\lambda(\mathrm{C\ell^{-}})=7{,}63\times 10^{-3}\ \mathrm{S\cdot m^{2}\cdot mol^{-1}}, la conductivité diminue légèrement : c'est la faible pente descendante de la figure A1.

Après l'équivalence : il n'y a plus d'ions chlorure, et chaque ajout apporte à la fois des ions argent et des ions nitrate, qui s'accumulent (B et C augmentent ensemble), sans rien retirer. La conductivité augmente nettement, avec une pente bien plus forte car λ(Ag+)+λ(NO3−)=13,33×10−3 S⋅m2⋅mol−1\lambda(\mathrm{Ag^{+}})+\lambda(\mathrm{NO_{3}^{-}})=13{,}33\times 10^{-3}\ \mathrm{S\cdot m^{2}\cdot mol^{-1}} s'ajoute au lieu d'une différence de 0,49×10−30{,}49\times 10^{-3}. La rupture de pente marque l'équivalence.

Q7. L'équivalence correspond au point d'intersection des deux portions de droite. On trace sur l'annexe une droite moyenne par les points de 0 à 19 mL et une seconde par les points de 20 à 25 mL ; elles se coupent à VE≈18,2V_{E}\approx 18{,}2 mL (la construction est reproduite sous le corrigé ; une lecture entre 18 et 18,5 mL est acceptée).

Relation à l'équivalence (Q5) : C1=C2 VEV1=3,00×10−1×18,210,0=0,546 mol⋅L−1C_{1}=\dfrac{C_{2}\,V_{E}}{V_{1}}=\dfrac{3{,}00\times 10^{-1}\times 18{,}2}{10{,}0}=0{,}546\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Les 200 mL d'eau distillée ajoutés dans le bécher ne changent pas la quantité d'ions chlorure titrée : c'est bien V1=10,0V_{1}=10{,}0 mL qui figure dans la relation. Concentration en masse : CQuinton=C1×M(Cℓ)=0,546×35,5=19,4 g⋅L−1C_{\text{Quinton}}=C_{1}\times M(\mathrm{C\ell})=0{,}546\times 35{,}5=19{,}4\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}.

Erreur fréquente : diviser par 210210 mL au lieu de 10,010{,}0 mL, ce qui donne la concentration de la solution diluée dans le bécher (0,026 mol⋅L−10{,}026\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, la valeur de départ de la simulation) et non celle de l'eau de Quinton.

Q8. Calcul de l'incertitude-type avec la formule donnée, chaque terme relatif d'abord : u(V1)V1=0,0210,0=2×10−3\dfrac{u(V_{1})}{V_{1}}=\dfrac{0{,}02}{10{,}0}=2\times 10^{-3} ; u(VE)VE=0,518,2=2,7×10−2\dfrac{u(V_{E})}{V_{E}}=\dfrac{0{,}5}{18{,}2}=2{,}7\times 10^{-2} ; u(C2)C2=2×10−33,00×10−1=6,7×10−3\dfrac{u(C_{2})}{C_{2}}=\dfrac{2\times 10^{-3}}{3{,}00\times 10^{-1}}=6{,}7\times 10^{-3}. D'où u(CQuinton)=19,4×(2×10−3)2+(2,7×10−2)2+(6,7×10−3)2=0,55 g⋅L−1u(C_{\text{Quinton}})=19{,}4\times\sqrt{(2\times 10^{-3})^{2}+(2{,}7\times 10^{-2})^{2}+(6{,}7\times 10^{-3})^{2}}=0{,}55\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}.

Le terme du volume équivalent domine largement : c'est la lecture de l'intersection des droites qui limite la précision. On écrit CQuinton=19,4 g⋅L−1C_{\text{Quinton}}=19{,}4\ \mathrm{g\cdot L^{-1}} avec u(CQuinton)=0,6 g⋅L−1u(C_{\text{Quinton}})=0{,}6\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}.

Quotient d'accord avec la valeur de l'eau de mer bretonne : ∣19,38−19,4∣0,55≈0,04\dfrac{|19{,}38-19{,}4|}{0{,}55}\approx 0{,}04, très inférieur à 2. La concentration trouvée est en accord avec celle de l'eau de mer bretonne, ce qui est cohérent avec l'origine de l'eau de Quinton. Même avec une lecture VE=18,0V_{E}=18{,}0 mL, on trouverait 19,2 g⋅L−119{,}2\ \mathrm{g\cdot L^{-1}} et un quotient voisin de 0,40{,}4 : la conclusion ne dépend pas de la précision de la lecture.

24681012141618202224260,450,50,550,60,65VE ≈ 18,2 mLV2 (mL)σ (mS/cm)

Exercice 3 : Un parfum de rose

5 points Synthèse organique et mécanismesStratégies de synthèse et polymèresAcide-base, pKa et titragesRésolution de problème et exploitation de documents

Utilisés en parfumerie, le géraniol et l'éthanoate de géranyle sont deux espèces chimiques à l'odeur florale et fruitée naturellement présentes dans les huiles essentielles de rose, de palmarosa ou encore de citronnelle.

Si le géraniol peut être extrait en grande quantité dans la nature, cela n'est pas le cas de l'éthanoate de géranyle qui doit être synthétisé en laboratoire.

L'objectif de cet exercice est d'étudier quelques propriétés du géraniol et son utilisation dans la synthèse de l'éthanoate de géranyle.

  • Données :
    • représentation topologique du géraniol, noté G :
  • Formule topologique du géraniol : chaîne de dix carbones portant deux doubles liaisons C=C et deux ramifications méthyle, terminée à droite par un groupe OH lié à un carbone CH2 ; le groupe OH est entouré d'un cercle.
    Représentation topologique du géraniol, noté G
  • • représentation topologique de l'éthanoate de géranyle, noté EG :
  • Formule topologique de l'éthanoate de géranyle : la même chaîne à deux doubles liaisons C=C et deux méthyles, mais le carbone terminal est lié à un oxygène, lui-même lié à un carbone qui porte un oxygène doublement lié et un groupe méthyle : un groupe ester.
    Représentation topologique de l'éthanoate de géranyle, noté EG
  • • table de données de spectroscopie infrarouge :
  • LiaisonsNombre d'onde (cm−1\mathrm{cm^{-1}})Intensité
    O – H alcool3 200 – 3 700Forte
    O – H acide carboxylique2 500 – 3 200Forte et très large
    C – H2 800 – 3 300Moyenne et fine
    C = O1 700 – 1 800Forte et fine
    Table de données de spectroscopie infrarouge
  • • masse molaire du géraniol : MG=154,25 g⋅mol−1M_{G}=154{,}25\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • masse molaire de l'éthanoate de géranyle : MEG=196,29 g⋅mol−1M_{EG}=196{,}29\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • ordre de grandeur de la densité d'une solution aqueuse d'acide éthanoïque : dA=1,0d_{A}=1{,}0 ;
    • densité du géraniol : dG=0,89d_{G}=0{,}89 ;
    • densité de l'éthanoate de géranyle : dEG=0,92d_{EG}=0{,}92.
  • 1. Étude préliminaire
  • Q1. Nommer le groupe caractéristique entouré sur la représentation topologique du géraniol. Identifier les familles chimiques auxquelles appartiennent le géraniol et l'éthanoate de géranyle.
  • Q2. Attribuer, en justifiant, le spectre infrarouge représenté sur la figure 1 ci-après à la bonne espèce chimique parmi le géraniol et l'éthanoate de géranyle.
  • Spectre infrarouge, transmittance en pourcentage en fonction du nombre d'onde de 4000 à 400 cm⁻¹. Aucune bande large entre 3200 et 3700 cm⁻¹, seulement un très petit creux étroit vers 3450 cm⁻¹ ; bande forte et fine vers 2900-3000 cm⁻¹ (transmittance minimale vers 20 %) ; bande très forte et fine vers 1740 cm⁻¹ (transmittance vers 5 %) ; nombreuses bandes en dessous de 1500 cm⁻¹, dont une très forte vers 1230 cm⁻¹.
    Figure 1. Spectre infrarouge
  • 2. Transformation du géraniol en éthanoate de géranyle
  • L'éthanoate de géranyle peut être synthétisé en faisant réagir du géraniol avec de l'acide éthanoïque CH3CO2H\mathrm{CH_{3}CO_{2}H}. Cette transformation chimique, appelée estérification, est lente et non totale. Les étapes du mécanisme réactionnel de cette estérification sont données ci-dessous. Afin de simplifier les écritures, le géraniol est dorénavant noté R–OH et l'éthanoate de géranyle est dorénavant noté CH3COO\mathrm{CH_{3}COO}–R dans toute la suite de l'exercice.
  • Étapes 1 à 3 du mécanisme, schémas de Lewis. Étape 1 : l'acide éthanoïque, dont l'oxygène doublement lié porte deux doublets non liants, réagit avec H+ et donne l'acide protoné H3C-C(OH)=O+-H. Étape 2 : cet ion réagit avec R-OH, dont l'oxygène porte deux doublets non liants, et donne H3C-C(OH)2-O+(H)-R, le carbone central lié à deux OH et à l'oxygène de l'alcool chargé plus. Étape 3 : cet ion devient H3C-C(OH)(O-R)-O+H2, le proton étant passé de l'oxygène de l'alcool à un groupe OH.
    Étapes 1 à 3 du mécanisme réactionnel
  • Étapes 4 et 5 du mécanisme. Étape 4 : H3C-C(OH)(O-R)-O+H2 donne l'ion H3C-C(=O+-H)-O-R plus une espèce notée A. Étape 5 : H3C-C(=O+-H)-O-R donne l'ester H3C-C(=O)-O-R plus H+.
    Étapes 4 et 5 du mécanisme réactionnel
  • Q3. Rappeler la définition d'un catalyseur puis identifier, en justifiant, l'espèce chimique qui catalyse la réaction d'estérification.
  • Annexe A2 : les étapes 1, 2 et 5 du mécanisme reproduites sans flèches courbes, avec tous les doublets non liants et les charges, pour y dessiner les flèches.
    Figure A2 de l'annexe à rendre avec la copie. Extraits du mécanisme réactionnel de la synthèse de l'éthanoate de géranyle
  • Q4. Représenter sur la figure A2 de l'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE, les flèches courbes expliquant la formation et/ou la rupture des liaisons mises en jeu lors des étapes 1, 2 et 5.
  • Q5. Donner la formule brute de l'espèce chimique notée A dans l'étape 4 puis écrire l'équation de la réaction d'estérification entre le géraniol et l'acide éthanoïque.
  • La synthèse de l'éthanoate de géranyle est réalisée en laboratoire avec le protocole expérimental suivant :
    - dans un erlenmeyer, surmonté d'un réfrigérant à air, introduire un volume VA=50V_{A}=50 mL d'une solution aqueuse d'acide éthanoïque à la concentration CA=1,0 mol⋅L−1C_{A}=1{,}0\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} ainsi qu'une masse mG=7,7m_{G}=7{,}7 g de géraniol pur ;
    - ajouter deux gouttes d'acide sulfurique concentré (quantité négligeable devant la quantité d'acide éthanoïque introduit dans l'étape précédente) ;
    - chauffer à 55 °C au bain-marie pendant deux heures ;
    - verser le mélange refroidi dans une ampoule à décanter et séparer la phase aqueuse, qui contient l'acide éthanoïque restant, de la phase organique, qui contient l'éthanoate de géranyle synthétisé et le géraniol restant.
  • Q6. Indiquer l'intérêt de chauffer le mélange.
  • Q7. Indiquer, en justifiant, la position relative et le contenu des phases dans l'ampoule à décanter.
  • Q8. Vérifier par le calcul que l'acide éthanoïque et le géraniol sont introduits dans les proportions stœchiométriques.
  • Pour déterminer la quantité d'éthanoate de géranyle formée, on dose l'acide éthanoïque restant dans la phase aqueuse à l'aide d'une solution aqueuse d'hydroxyde de sodium à la concentration CB=1,0 mol⋅L−1C_{B}=1{,}0\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Le titrage est suivi par pH-métrie et la courbe obtenue est représentée sur la figure 2.
  • Courbe de titrage, pH (de 0 à 14) en fonction du volume VB de solution d'hydroxyde de sodium versé (de 0 à 50 mL, un point par millilitre) : le pH part de 2,7 à 1 mL, monte lentement jusqu'à 5,5 vers 30 mL, puis 6,2 à 32 mL et 6,8 à 32,5 mL ; il saute à 11,4 à 33 mL, puis 12 à 34 mL et plafonne vers 12,8 à 45 mL.
    Figure 2. Courbe de titrage de l'acide éthanoïque restant par une solution d'hydroxyde de sodium
  • Q9. Écrire l'équation de la réaction support du titrage puis, à l'aide de la courbe de titrage, déterminer, en explicitant la démarche, la quantité de matière d'acide éthanoïque restant dans le milieu réactionnel après deux heures de chauffage.
  • Q10. Déterminer le rendement η\eta de la réaction d'estérification.
  • 3. Utilisation du géraniol en parfumerie
  • Le géraniol fait partie des substances allergènes que l'on retrouve dans les parfums. Une personne peut être exposée sans risque à une dose de géraniol inférieure à 17,75 mg par kg de masse corporelle.
  • Les informations suivantes sont recueillies sur l'étiquette d'un parfum vendu dans le commerce :
    - le parfum contient 0,001 % en masse de géraniol ;
    - une pulvérisation contient 0,15 mL de parfum ;
    - la densité du parfum est d=0,84d=0{,}84.
  • Q11. Déterminer le nombre maximal de pulvérisations d'un parfum qu'une personne, de masse 65 kg, peut effectuer sans se mettre en danger. Commenter.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.

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Q1
Q2
Q3
Q5
Q7
Q8
Q9
Q10
Q11
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Réponses

  • Q1 Groupe hydroxyle ; géraniol : alcool ; éthanoate de géranyle : ester
  • Q2 Pas de bande O–H large, bande C=O forte vers 1 740 cm−1\mathrm{cm^{-1}} : éthanoate de géranyle
  • Q3 Catalyseur : accélère sans être consommé ; H+\mathrm{H^{+}}, consommé étape 1 et régénéré étape 5
  • Q4 Étape 1 : doublet de O vers H+\mathrm{H^{+}} ; étape 2 : doublet de O de R–OH vers C, et liaison C=O vers O+\mathrm{O^{+}} ; étape 5 : liaison O–H vers O+\mathrm{O^{+}}
  • Q5 A : H2O\mathrm{H_{2}O} ; CH3CO2H+R−OH⇌CH3COO−R+H2O\mathrm{CH_{3}CO_{2}H+R{-}OH\rightleftharpoons CH_{3}COO{-}R+H_{2}O}
  • Q6 Température, facteur cinétique : l'équilibre est atteint plus vite
  • Q7 Phase organique (ester et géraniol, d<1d<1) au-dessus ; phase aqueuse (eau, acide restant) en dessous
  • Q8 nA=5,0×10−2n_{A}=5{,}0\times 10^{-2} mol et nG=4,99×10−2n_{G}=4{,}99\times 10^{-2} mol : proportions stœchiométriques
  • Q9 CH3CO2H+HO−⟶CH3CO2−+H2O\mathrm{CH_{3}CO_{2}H+HO^{-}\longrightarrow CH_{3}CO_{2}^{-}+H_{2}O} ; VBE≈32,8V_{BE}\approx 32{,}8 mL, n=3,3×10−2n=3{,}3\times 10^{-2} mol
  • Q10 η=1,7×10−25,0×10−2≈34\eta=\dfrac{1{,}7\times 10^{-2}}{5{,}0\times 10^{-2}}\approx 34 %
  • Q11 Nmax⁡≈9,2×105N_{\max}\approx 9{,}2\times 10^{5} pulvérisations : dose toxique hors d'atteinte, le risque est allergique

Q1. Le groupe entouré, –OH, est le groupe hydroxyle. Le géraniol appartient donc à la famille des alcools (un alcool primaire : le carbone qui porte –OH n'est lié qu'à un seul autre carbone). L'éthanoate de géranyle porte le groupe –COO– : un carbone doublement lié à un oxygène et simplement lié à un second oxygène, lui-même lié à une chaîne carbonée. C'est le groupe ester, et l'éthanoate de géranyle appartient à la famille des esters, comme son nom en « -oate de -yle » l'annonce.

Erreur fréquente : nommer le groupe « alcool ». L'alcool est la famille ; le groupe caractéristique s'appelle hydroxyle.

Q2. On compare les liaisons des deux molécules : le géraniol possède une liaison O–H d'alcool et pas de C=O ; l'éthanoate de géranyle possède une liaison C=O et pas de O–H. Les liaisons C–H sont présentes dans les deux et ne permettent pas de trancher.

Sur la figure 1 : il n'y a aucune bande forte et large entre 3 200 et 3 700 cm−1\mathrm{cm^{-1}}, donc pas de liaison O–H d'alcool ; il y a une bande forte et fine vers 1 740 cm−1\mathrm{cm^{-1}}, dans l'intervalle 1 700 à 1 800 cm−1\mathrm{cm^{-1}} de la liaison C=O. Les bandes vers 2 900 à 3 000 cm−1\mathrm{cm^{-1}} sont celles des liaisons C–H. Le spectre est donc celui de l'éthanoate de géranyle.

Piège : le tout petit creux étroit vers 3 450 cm−1\mathrm{cm^{-1}} n'est pas une bande O–H, qui serait forte et très large ; c'est une bande faible, due à la liaison C=O elle-même (une harmonique), qu'on observe sur la plupart des spectres d'esters.

Q3. Un catalyseur est une espèce chimique qui augmente la vitesse d'une réaction sans être consommée par celle-ci : il intervient dans une étape du mécanisme et il est régénéré dans une autre, si bien qu'il n'apparaît pas dans l'équation de la réaction et ne modifie pas l'état final.

Dans le mécanisme, l'ion H+\mathrm{H^{+}} est consommé à l'étape 1, où il se fixe sur l'acide éthanoïque, et il est régénéré à l'étape 5, où il est libéré par l'ester protoné. Il n'apparaît donc pas dans le bilan : c'est l'ion H+\mathrm{H^{+}} qui catalyse l'estérification. Il est apporté par les deux gouttes d'acide sulfurique concentré du protocole. Erreur fréquente : citer l'acide sulfurique sans justifier par le mécanisme, ou l'eau, qui est un produit (étape 4) et non un catalyseur.

Q4. Une flèche courbe part toujours d'un site donneur de doublet d'électrons (doublet non liant ou doublet d'une liaison) et pointe vers un site accepteur (atome déficitaire en électrons, lacune, charge positive), ou vers l'atome qui récupère le doublet d'une liaison rompue.

Étape 1 : une flèche part d'un doublet non liant de l'atome d'oxygène doublement lié de l'acide éthanoïque et pointe vers l'ion H+\mathrm{H^{+}} : elle représente la formation de la liaison O–H. Cet oxygène a cédé un doublet en partage : il passe de deux doublets non liants à un seul et porte la charge positive, comme le montre le produit.

Étape 2 : deux flèches. La première part d'un doublet non liant de l'atome d'oxygène de R–OH et pointe vers l'atome de carbone central de l'acide protoné, site accepteur car lié à un oxygène chargé positivement : formation de la liaison C–O entre l'alcool et l'acide. La seconde part de la liaison double C=O, plus précisément du doublet de la seconde liaison, et pointe vers l'atome d'oxygène chargé positivement : ce doublet devient non liant, l'oxygène perd sa charge et devient un groupe –OH. Le carbone garde ainsi quatre liaisons, et la charge positive passe sur l'oxygène de l'alcool.

Étape 5 : une flèche part du doublet de la liaison O–H de l'ester protoné et pointe vers l'atome d'oxygène chargé positivement : rupture de la liaison O–H, l'oxygène récupère le doublet (il retrouve deux doublets non liants et perd sa charge) et l'hydrogène part sous forme d'ion H+\mathrm{H^{+}}. Erreur fréquente : faire partir une flèche de l'ion H+\mathrm{H^{+}}, qui n'a aucun électron à donner ; la flèche va du doublet vers H+\mathrm{H^{+}}, jamais l'inverse.

Q5. On fait le bilan de l'étape 4 : à gauche, l'ion porte un groupe –OH et un groupe −OH2+\mathrm{-OH_{2}^{+}} ; à droite, l'ion ne porte plus que le groupe =O+\mathrm{O^{+}}–H. Par conservation des éléments et de la charge, l'espèce A contient deux atomes d'hydrogène, un atome d'oxygène et aucune charge : c'est l'eau, de formule brute H2O\mathrm{H_{2}O}. Le groupe −OH2+\mathrm{-OH_{2}^{+}} est un excellent groupe partant parce qu'il part sous forme d'eau, une molécule neutre et stable.

Équation de l'estérification, l'ion H+\mathrm{H^{+}} ne figurant pas puisqu'il est catalyseur : CH3CO2H+R−OH⇌CH3COO−R+H2O\mathrm{CH_{3}CO_{2}H+R{-}OH\rightleftharpoons CH_{3}COO{-}R+H_{2}O}. En formules brutes, avec le géraniol C10H18O\mathrm{C_{10}H_{18}O} : C2H4O2+C10H18O⇌C12H20O2+H2O\mathrm{C_{2}H_{4}O_{2}+C_{10}H_{18}O\rightleftharpoons C_{12}H_{20}O_{2}+H_{2}O}. Vérification par les masses molaires données : C10H18O\mathrm{C_{10}H_{18}O} pèse 154,25 g⋅mol−1154{,}25\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} et C12H20O2\mathrm{C_{12}H_{20}O_{2}} pèse 196,29 g⋅mol−1196{,}29\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}. La double flèche traduit une transformation non totale, comme l'annonce l'énoncé.

Q6. La température est un facteur cinétique : plus elle est élevée, plus les chocs entre entités réactives sont fréquents et efficaces, et plus la réaction est rapide. L'estérification étant lente, le chauffage à 55 °C permet d'atteindre plus vite l'état final (l'équilibre) en deux heures. Il ne permet pas d'en améliorer le rendement, que la température ne déplace presque pas. Le réfrigérant à air, lui, condense les vapeurs et évite de perdre des réactifs ou des produits volatils pendant le chauffage.

Q7. La phase organique contient l'éthanoate de géranyle formé et le géraniol restant, deux espèces peu solubles dans l'eau ; la phase aqueuse contient l'eau, l'acide éthanoïque restant et l'acide sulfurique (ions H+\mathrm{H^{+}} et sulfate). Les deux phases ne sont pas miscibles et se séparent.

La phase la moins dense est au-dessus. Les densités données, 0,890{,}89 pour le géraniol et 0,920{,}92 pour l'ester, sont inférieures à 1,01{,}0, celle de la solution aqueuse d'acide éthanoïque : la phase organique est au-dessus, la phase aqueuse en dessous. Erreur fréquente : justifier par la solubilité seule. La solubilité dit qu'il y a deux phases ; c'est la densité qui dit laquelle est en haut.

Q8. Quantité d'acide éthanoïque : nA=CA×VA=1,0×50×10−3=5,0×10−2n_{A}=C_{A}\times V_{A}=1{,}0\times 50\times 10^{-3}=5{,}0\times 10^{-2} mol. Quantité de géraniol : nG=mGMG=7,7154,25=4,99×10−2n_{G}=\dfrac{m_{G}}{M_{G}}=\dfrac{7{,}7}{154{,}25}=4{,}99\times 10^{-2} mol, soit 5,0×10−25{,}0\times 10^{-2} mol avec deux chiffres significatifs.

L'équation de Q5 consomme une mole d'acide pour une mole d'alcool. Les quantités introduites sont égales, aux chiffres significatifs près : nA1=nG1\dfrac{n_{A}}{1}=\dfrac{n_{G}}{1}, les réactifs sont introduits dans les proportions stœchiométriques. L'avancement maximal vaut donc xmax⁡=5,0×10−2x_{\max}=5{,}0\times 10^{-2} mol.

Q9. Réaction support du titrage, acide-base et totale, entre l'acide éthanoïque et l'ion hydroxyde : CH3CO2H(aq)+HO−(aq)⟶CH3CO2−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{CH_{3}CO_{2}H(aq)+HO^{-}(aq)\longrightarrow CH_{3}CO_{2}^{-}(aq)+H_{2}O(\ell)}.

Démarche : le volume à l'équivalence se lit au saut de pH. Par la méthode des tangentes parallèles, on trace deux tangentes parallèles à la courbe de part et d'autre du saut, puis la parallèle équidistante ; elle coupe la courbe au point d'équivalence, d'abscisse VBE≈32,8V_{BE}\approx 32{,}8 mL. Le saut se situe entre 32,532{,}5 mL (pH 6,86{,}8) et 3333 mL (pH 11,411{,}4) : une lecture de 3333 mL est acceptée.

À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques, coefficients 1 et 1 : n(CH3CO2H)restant=CB×VBE=1,0×32,8×10−3=3,3×10−2n(\mathrm{CH_{3}CO_{2}H})_{\text{restant}}=C_{B}\times V_{BE}=1{,}0\times 32{,}8\times 10^{-3}=3{,}3\times 10^{-2} mol. Toute la phase aqueuse est titrée : c'est bien la quantité d'acide restant dans le milieu réactionnel, l'acide sulfurique étant en quantité négligeable.

Q10. Quantité d'ester formée, égale à la quantité d'acide consommée : nEG=nA−nrestant=5,0×10−2−3,28×10−2=1,7×10−2n_{EG}=n_{A}-n_{\text{restant}}=5{,}0\times 10^{-2}-3{,}28\times 10^{-2}=1{,}7\times 10^{-2} mol. Le rendement est le rapport de la quantité de produit obtenue à la quantité maximale qu'on pourrait obtenir si la réaction était totale : η=nEGxmax⁡=1,72×10−25,0×10−2=0,34\eta=\dfrac{n_{EG}}{x_{\max}}=\dfrac{1{,}72\times 10^{-2}}{5{,}0\times 10^{-2}}=0{,}34, soit η≈34\eta\approx 34 %.

Commentaire : c'est nettement moins que les 67 % environ d'une estérification d'un alcool primaire en proportions stœchiométriques sans solvant. La raison est dans le protocole : l'acide est introduit en solution aqueuse, soit environ 47 g d'eau, 2,62{,}6 mol, cinquante fois plus que l'acide. L'eau étant un produit de l'estérification, ce large excès déplace l'équilibre dans le sens de l'hydrolyse de l'ester. Piège : calculer η=nrestantnA=66\eta=\dfrac{n_{\text{restant}}}{n_{A}}=66 %, qui est la fraction d'acide NON transformée.

Q11. Démarche : comparer la masse de géraniol apportée par une pulvérisation à la dose maximale sans risque pour une personne de 65 kg.

Dose maximale : mmax⁡=17,75 mg⋅kg−1×65 kg=1,15×103m_{\max}=17{,}75\ \mathrm{mg\cdot kg^{-1}}\times 65\ \mathrm{kg}=1{,}15\times 10^{3} mg, soit 1,151{,}15 g de géraniol.

Masse de parfum par pulvérisation : la densité d=0,84d=0{,}84 donne une masse volumique ρ=d×ρeau=0,84 g⋅mL−1\rho=d\times\rho_{\text{eau}}=0{,}84\ \mathrm{g\cdot mL^{-1}}, d'où mparfum=ρ×V=0,84×0,15=0,126m_{\text{parfum}}=\rho\times V=0{,}84\times 0{,}15=0{,}126 g. Masse de géraniol par pulvérisation : 0,001 % en masse, c'est une fraction 0,001100=1×10−5\dfrac{0{,}001}{100}=1\times 10^{-5}, donc mG=1×10−5×0,126=1,26×10−6m_{G}=1\times 10^{-5}\times 0{,}126=1{,}26\times 10^{-6} g =1,26×10−3=1{,}26\times 10^{-3} mg.

Nombre maximal de pulvérisations : Nmax⁡=1,15×1031,26×10−3≈9,2×105N_{\max}=\dfrac{1{,}15\times 10^{3}}{1{,}26\times 10^{-3}}\approx 9{,}2\times 10^{5} pulvérisations.

Commentaire : près d'un million de pulvérisations, soit environ 140 L de parfum, l'équivalent de plus de mille flacons de 100 mL : la dose toxique de géraniol est hors d'atteinte en usage normal. Le risque réel est ailleurs : le géraniol est un allergène, et une personne sensibilisée peut réagir à des quantités bien plus faibles que cette dose. Le seuil de 0,001 % est d'ailleurs celui à partir duquel la réglementation européenne des cosmétiques impose de mentionner cet allergène sur l'étiquette d'un produit qui ne se rince pas. Erreur fréquente : lire 0,001 % comme 10−310^{-3}, ce qui divise le résultat par cent.

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