Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Polynésie jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Polynésie, jour 1

Épreuve du mardi 17 juin 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Polynésie, jour 1 : l'épreuve du mardi 17 juin 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points autour de la glace, 6 points sur le jeu de Mölkky et 5 points sur les bolomètres du satellite Planck, avec deux questions de résolution de problème. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 date une carotte de glace de l'archipel de Svalbard par la désintégration radioactive du plomb-210 : diagramme (Z,N), lois de conservation de Soddy, activité A(t)=−dNdtA(t)=-\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}, loi de décroissance radioactive et temps de demi-vie t1/2=ln⁡2λt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{\lambda}. Sa seconde partie dose les ions argent par spectrophotométrie : formule topologique et familles fonctionnelles, constante d'équilibre et transformation quasi-totale, couleur complémentaire sur le cercle chromatique, réactif en excès et loi de Beer-Lambert. L'exercice 2 suit le centre de masse d'un bâton de Mölkky : deuxième loi de Newton dans le champ de pesanteur uniforme, équations horaires, équation de la trajectoire et point d'impact, puis énergies cinétique, potentielle et mécanique tracées par un programme Python. L'exercice 3 étudie le bolomètre du satellite Planck qui mesure le fond diffus cosmologique : domaine des micro-ondes, loi de Stefan-Boltzmann, résistance thermique, premier principe de la thermodynamique, équation différentielle du premier ordre et temps caractéristique τ=R C\tau=R\,C.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible. Trois pièges y sont traités en détail : l'âge de la glace compté depuis la mesure de 1993 et non depuis aujourd'hui (exercice 1, Q8) ; le large excès de ligand, signe que la formation du complexe n'est pas totale en proportions stœchiométriques (exercice 1, Q16) ; l'énergie cinétique qui ne s'annule pas au sommet de la trajectoire, la vitesse horizontale restant constante, ce qui permet d'attribuer les courbes (exercice 2, Q8).

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Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Autour de la glace

9 points La décroissance radioactive : demi-vie, activité et datationDéterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validitéÉquilibre et quotient de réactionChimie organique et synthèse

L'objectif de cet exercice est de dater des couches de glace en Arctique par la méthode au plomb-210 puis de quantifier les ions argent présents dans les précipitations provoquées par ensemencement à l'iodure d'argent dans d'autres régions du monde.

1. Datation au plomb-210 d'une carotte de glace en Arctique.

La fonte progressive des glaciers met en péril l'approvisionnement en eau de nombreuses régions du globe et met à nu des couches de glace de plus en plus anciennes. Leur ancienneté peut être déterminée par radiodatation au plomb-210. C'est une méthode utilisée pour des échantillons dont l'âge estimé est inférieur à 150 ans. Dans l'atmosphère, le plomb-210 est issu de la désintégration du radon-222. Certaines méthodes de datation dites au plomb-210 utilisent le rayonnement α\alpha issu du polonium-210, dernier noyau radioactif de la chaîne de désintégrations.

Données :
• la désintégration β−\beta^{-} s'accompagne de l'émission d'un électron −1   0e{}^{\;\,0}_{-1}\mathrm{e} ;
• la désintégration α\alpha s'accompagne de l'émission d'un noyau d'hélium 24He{}^{4}_{2}\mathrm{He}.

Diagramme (Z,N) des noyaux de Z = 75 à 85 et de N = 124 à 133, avec une légende : noir pour un noyau stable, gris très clair pour la désintégration bêta plus, gris clair pour la désintégration bêta moins, gris foncé pour la désintégration alpha, case blanche encadrée pour la capture d'électron. Le plomb-210 (Z = 82, N = 128) est dans une case gris clair, comme le bismuth-210 (Z = 83, N = 127). Le polonium-210 (Z = 84, N = 126) est en gris foncé. Le plomb-206 (Z = 82, N = 124), le plomb-207 et le plomb-208 sont en noir, stables.
Figure 1. Diagramme (Z,N), adapté du site ostralo.net.
  • Q1. À l'aide du diagramme (Z,N) de la figure 1, déterminer le type de désintégration que subit le plomb-210.
  • Q2. À l'aide de la figure 1 et des lois de conservation, établir l'équation modélisant la désintégration radioactive du plomb-210 amenant à la formation du bismuth-210.
  • Le bismuth-210 subit ensuite une désintégration β−\beta^{-} pour former le polonium-210. Ce dernier, également instable, se désintègre à son tour.
  • Q3. À l'aide du diagramme (Z,N) de la figure 1, indiquer le noyau formé à l'issue de la désintégration du polonium-210. Justifier que le polonium-210 est le « dernier noyau radioactif » de la chaîne de désintégration du plomb-210.
  • L'activité d'un échantillon de noyaux radioactifs est le nombre de désintégrations radioactives par unité de temps dans cet échantillon.
  • Q4. Donner la relation entre l'activité A(t)A(t) d'un échantillon et la dérivée temporelle du nombre de noyaux radioactifs N(t)N(t) dans l'échantillon.
  • L'activité A(t)A(t) d'un échantillon radioactif est proportionnelle au nombre de noyaux radioactifs présents N(t)N(t). On écrit A(t)=λ×N(t)A(t)=\lambda\times N(t) où la constante de proportionnalité λ\lambda est nommée constante radioactive et ne dépend que du type de noyaux radioactifs de l'échantillon.
  • Q5. Établir l'équation différentielle régissant la population de noyaux radioactifs N(t)N(t) sous la forme dN(t)dt+λ⋅N(t)=0\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}+\lambda\cdot N(t)=0.
  • Q6. Vérifier que N(t)=N0⋅e−λ⋅tN(t)=N_{0}\cdot e^{-\lambda\cdot t} est solution de l'équation différentielle précédente, avec N0N_{0} le nombre de noyaux radioactifs initialement présents dans l'échantillon.
  • Données :
    • demi-vies t1/2t_{1/2} de différents noyaux radioactifs :
  • Noyau radioactifPlomb-210 210Pb{}^{210}\mathrm{Pb}Bismuth-210 210Bi{}^{210}\mathrm{Bi}Polonium-210 210Po{}^{210}\mathrm{Po}
    Demi-vie t1/2t_{1/2}22,2 ans5,0 jours138 jours
  • Q7. Démontrer que le temps de demi-vie t1/2t_{1/2} est relié à la constante radioactive λ\lambda par t1/2=ln⁡(2)λt_{1/2}=\dfrac{\ln(2)}{\lambda}. Calculer la constante radioactive λPb\lambda_{Pb} du plomb-210.
  • Dans la question suivante, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • En 1993, des chercheurs de l'université de Yamagata au Japon ont daté les différentes couches d'une carotte de glace dans l'archipel norvégien de Svalbard à l'aide de cette méthode. À une profondeur de 30 m, une masse de 1 kg de glace avait une activité A30=4,72A_{30}=4{,}72 mBq liée au plomb 210. On supposera que l'activité d'un kilogramme de glace liée au plomb-210 valait A0=110A_{0}=110 mBq à sa formation.
  • Q8. Déterminer l'année à laquelle la glace présente à 30 m de profondeur s'est formée. En déduire l'épaisseur moyenne de glace accumulée chaque année sur l'archipel durant cette période.
  • 2. Contrôle de la grêle par ensemencement à l'iodure d'argent.
  • Les tempêtes de grêle peuvent causer des dommages d'autant plus importants que les grêlons sont gros. En pulvérisant de l'iodure d'argent dans les nuages, on cherche à favoriser la formation d'un nombre plus important de grêlons mais de taille moindre.
  • L'ensemencement des nuages est une méthode de contrôle météorologique appliquée pour la première fois en 1946. Elle est utilisée partout dans le monde, avec comme objectif la dispersion du brouillard ou encore la lutte contre la désertification.
  • Cette technologie apporte des ions argent Ag+\mathrm{Ag^{+}} dans l'environnement, qu'il importe de quantifier. Le département de chimie de l'université de Al-Qadisiyah en Irak a développé une méthode spectrophotométrique permettant de déterminer la quantité d'ions argent présents dans un échantillon. Elle repose sur la réaction des ions Ag+(aq)\mathrm{Ag^{+}(aq)} avec la molécule 6-(4BrPAA) appelée « ligand », selon la réaction chimique modélisée par l'équation suivante :
    Ag+(aq)+ligand (aq)⇄Ag(ligand)+(aq)(1)\mathrm{Ag^{+}(aq)}+\text{ligand}\,\mathrm{(aq)}\rightleftarrows\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)}\quad(1)
  • La structure de la molécule constituant le ligand est représentée figure 2 :
  • Formule topologique du ligand : deux cycles benzéniques reliés par un pont N=N. Le premier cycle porte un atome de brome Br, entouré et repéré A. Le second cycle porte, à côté du pont N=N, un groupe NH2 entouré et repéré B, et à l'opposé un groupe O-CH3 dessiné en trait.
    Figure 2. Structure du ligand.
  • Q9. Nommer le type de représentation utilisé pour la molécule de ligand représentée sur la figure 2.
  • Q10. Nommer les deux familles fonctionnelles correspondant aux groupes caractéristiques A et B entourés sur la figure 2.
  • Donnée :
    • on définit la concentration standard c∘=1 mol⋅L−1c^{\circ}=1\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q11. Écrire la constante d'équilibre de la réaction de formation de Ag(ligand)+(aq)\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)} en fonction des concentrations à l'équilibre des différentes espèces et de la concentration standard c∘c^{\circ}.
  • Q12. Justifier que la réaction de formation de Ag(ligand)+(aq)\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)} est quasi-totale si le ligand est en très fort excès.
  • Les solutions aqueuses contenant l'espèce chimique Ag(ligand)+(aq)\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)} sont colorées, ce qui permet d'utiliser une méthode de dosage spectrophotométrique en étudiant l'absorbance de la solution. L'espèce chimique Ag(ligand)+(aq)\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)} possède un pic d'absorbance pour une longueur d'onde λmax=516\lambda_{max}=516 nm. On donne le cercle chromatique sur la figure 3.
  • Cercle chromatique à six couleurs, chacune diamétralement opposée à sa complémentaire : vert 530 nm en haut, face au magenta 400 nm en bas ; jaune 570 nm face au bleu 450 nm ; rouge 700 nm face au cyan 500 nm.
    Figure 3. Cercle chromatique.
  • Q13. En vous aidant de la figure 3, déterminer la couleur des solutions aqueuses contenant l'espèce chimique Ag(ligand)+(aq)\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)}.
  • On mélange un volume VAg+=1,0V_{Ag^{+}}=1{,}0 mL d'une solution de concentration d'ion argent [Ag+]=7,4×10−6 mol⋅L−1[\mathrm{Ag^{+}}]=7{,}4\times 10^{-6}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} avec un volume VLV_{L} de solution de ligand à la concentration cL=1,0×10−3 mol⋅L−1c_{L}=1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q14. Calculer la quantité de matière en ions argent nAg,in_{Ag,i} initialement introduite dans la solution.
  • On mesure l'absorbance des différentes solutions obtenues, à la longueur d'onde λmax=516\lambda_{max}=516 nm. Les résultats obtenus sont reportés dans la figure 4.
  • Absorbance en fonction du volume VL de solution de ligand, de 0 à 0,9 mL : les points montent de 0,10 à 0,1 mL, 0,16 à 0,2 mL, 0,26 à 0,3 mL et 0,36 à 0,4 mL, puis se stabilisent sur un palier vers 0,49 de 0,5 mL à 0,9 mL.
    Figure 4. Évolution de l'absorbance de la solution en fonction du volume de solution de ligand introduit.
  • On constate qu'à partir d'un certain volume introduit, la quantité de Ag(ligand)+(aq)\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)} n'évolue plus, ce qui signifie que pratiquement tous les ions argent Ag+(aq)\mathrm{Ag^{+}(aq)} ont réagi avec le ligand.
  • Q15. À l'aide de la figure 4, déterminer le volume Vtot,LV_{tot,L} de solution de ligand versé pour que l'ensemble des ions argent Ag+(aq)\mathrm{Ag^{+}(aq)} présents aient réagi en quasi-totalité. Calculer la quantité de matière de ligand nLn_{L} à introduire.
  • Q16. Vérifier que le ligand est bien en large excès par rapport aux ions Ag+(aq)\mathrm{Ag^{+}(aq)} initialement introduits. Commenter ce résultat.
  • Q17. En supposant la réaction totale et en utilisant la loi de Beer-Lambert, montrer que l'absorbance de la solution de l'espèce chimique Ag(ligand)+(aq)\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)} est proportionnelle à la concentration en quantité de matière en ions argent initialement en solution cAg,ic_{Ag,i}. On pourra éventuellement s'aider d'un tableau d'avancement.
  • Les chercheurs de l'université de Al-Qadisiyah ont indiqué que pour des concentrations en masse d'ions argent comprises entre cm,min=9×10−3 μg⋅mL−1c_{m,min}=9\times 10^{-3}\ \mathrm{\mu g\cdot mL^{-1}} et cm,max=1,5 μg⋅mL−1c_{m,max}=1{,}5\ \mathrm{\mu g\cdot mL^{-1}}, l'absorbance AA de la solution de l'espèce chimique Ag(ligand)+(aq)\mathrm{Ag(ligand)^{+}(aq)} est reliée à la concentration en quantité de matière cc (en mol⋅L−1\mathrm{mol\cdot L^{-1}}) en ions argent par : A=6,5×104×cA=6{,}5\times 10^{4}\times c.
  • Données :
    • masse molaire atomique de l'argent : M(Ag)=108 g⋅mol−1M(\mathrm{Ag})=108\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • valeur limite de mesure du spectrophotomètre à λ=516\lambda=516 nm : Amax=0,9A_{max}=0{,}9.
  • Q18. Vérifier que la valeur maximale de la concentration en masse en ions argent, cm,maxc_{m,max}, indiquée par les chercheurs est cohérente avec une limite expérimentale de la loi de Beer-Lambert.

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Q1
Q3
Q7
Q8
Q9
Q13
Q14
Q15
Q16
Q18
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Réponses

  • Q1 Case (Z=82 ; N=128)(Z=82\,;\,N=128) gris clair : désintégration β−\beta^{-}
  • Q2   82210Pb→  83210Bi+−1   0e{}^{210}_{\;82}\mathrm{Pb}\rightarrow{}^{210}_{\;83}\mathrm{Bi}+{}^{\;\,0}_{-1}\mathrm{e}
  • Q3   84210Po→  82206Pb+24He{}^{210}_{\;84}\mathrm{Po}\rightarrow{}^{206}_{\;82}\mathrm{Pb}+{}^{4}_{2}\mathrm{He} ; le plomb-206 est stable, la chaîne s'arrête
  • Q4 A(t)=−dN(t)dtA(t)=-\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}
  • Q5 −dNdt=λN-\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=\lambda N, donc dNdt+λN=0\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}+\lambda N=0
  • Q6 dNdt=−λN0e−λt=−λN\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=-\lambda N_{0}e^{-\lambda t}=-\lambda N, et N(0)=N0N(0)=N_{0}
  • Q7 e−λt1/2=12e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{1}{2} ; λPb=3,12×10−2 an−1=9,89×10−10 s−1\lambda_{Pb}=3{,}12\times 10^{-2}\ \mathrm{an^{-1}}=9{,}89\times 10^{-10}\ \mathrm{s^{-1}}
  • Q8 t=1λln⁡A0A30=101t=\dfrac{1}{\lambda}\ln\dfrac{A_{0}}{A_{30}}=101 ans : glace formée vers 18921892 ; environ 0,300{,}30 m par an
  • Q9 Formule topologique
  • Q10 A : composé halogéné (halogénoalcane) ; B : amine
  • Q11 K=[Ag(ligand)+]eˊq c∘[Ag+]eˊq [ligand]eˊqK=\dfrac{[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]_{\text{éq}}\,c^{\circ}}{[\mathrm{Ag^{+}}]_{\text{éq}}\,[\text{ligand}]_{\text{éq}}}
  • Q12 [Ag(ligand)+][Ag+]=K[ligand]c∘\dfrac{[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]}{[\mathrm{Ag^{+}}]}=K\dfrac{[\text{ligand}]}{c^{\circ}} très grand si le ligand est en fort excès : τ≈1\tau\approx 1
  • Q13 Absorbe dans le vert (516 nm) : solution magenta
  • Q14 nAg,i=7,4×10−9n_{Ag,i}=7{,}4\times 10^{-9} mol
  • Q15 Vtot,L≈0,5V_{tot,L}\approx 0{,}5 mL ; nL=5×10−7n_{L}=5\times 10^{-7} mol
  • Q16 nL/nAg,i≈68n_{L}/n_{Ag,i}\approx 68 : large excès, nécessaire car la réaction n'est pas totale en proportions stœchiométriques
  • Q17 xmax=nAg,ix_{max}=n_{Ag,i}, donc [Ag(ligand)+]f=cAg,i[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]_{f}=c_{Ag,i} et A=εℓ cAg,iA=\varepsilon\ell\,c_{Ag,i}
  • Q18 cmax=1,4×10−5 mol⋅L−1c_{max}=1{,}4\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, A=0,90=AmaxA=0{,}90=A_{max} : cohérent

Q1. On repère le plomb-210 sur le diagramme : le plomb a pour numéro atomique Z=82Z=82, et un nombre de masse A=210A=210 donne N=A−Z=210−82=128N=A-Z=210-82=128 neutrons. La case (Z=82 ; N=128)(Z=82\,;\,N=128) est en gris clair, la teinte que la légende attribue à la désintégration β−\beta^{-}. Le plomb-210 est donc émetteur β−\beta^{-}.

C'est cohérent avec sa position : il a quatre neutrons de plus que le plomb-206 et deux de plus que le plomb-208, isotopes stables (cases noires) ; un noyau trop riche en neutrons se stabilise en transformant un neutron en proton, ce qui est exactement la désintégration β−\beta^{-}. Erreur fréquente : confondre les deux gris de la légende. Le gris très clair (β+\beta^{+}) n'apparaît qu'en bas à droite du diagramme, sous la ligne des noyaux stables, là où les noyaux manquent de neutrons.

Q2. Une désintégration β−\beta^{-} émet un électron −1   0e{}^{\;\,0}_{-1}\mathrm{e}. Lois de conservation (lois de Soddy) : conservation du nombre de nucléons AA et conservation du nombre de charge ZZ. Le noyau fils a donc A=210−0=210A=210-0=210 et Z=82−(−1)=83Z=82-(-1)=83 : c'est le bismuth, et la case (Z=83 ; N=127)(Z=83\,;\,N=127) de la figure 1 porte bien 210Bi{}^{210}\mathrm{Bi}. L'équation s'écrit :

  82210Pb⟶  83210Bi+−1   0e{}^{210}_{\;82}\mathrm{Pb}\longrightarrow{}^{210}_{\;83}\mathrm{Bi}+{}^{\;\,0}_{-1}\mathrm{e}

Vérification : 210=210+0210=210+0 pour les nucléons, 82=83+(−1)82=83+(-1) pour les charges. Sur le diagramme, une désintégration β−\beta^{-} fait un pas en diagonale, une case vers la droite (Z+1Z+1) et une vers le bas (N−1N-1) : de (82 ; 128)(82\,;\,128) à (83 ; 127)(83\,;\,127). Le programme ne demande pas l'antineutrino qui accompagne l'électron ; l'écrire n'est pas une faute.

Q3. Le polonium-210, Z=84Z=84 et N=210−84=126N=210-84=126, occupe une case gris foncé : il est émetteur α\alpha. Il perd un noyau d'hélium 24He{}^{4}_{2}\mathrm{He}, donc deux protons et deux neutrons : le noyau fils a Z=84−2=82Z=84-2=82 et A=210−4=206A=210-4=206, c'est le plomb-206, case (82 ; 124)(82\,;\,124).

  84210Po⟶  82206Pb+24He{}^{210}_{\;84}\mathrm{Po}\longrightarrow{}^{206}_{\;82}\mathrm{Pb}+{}^{4}_{2}\mathrm{He}

La case du plomb-206 est noire : c'est un noyau stable, qui ne se désintègre plus. La chaîne s'arrête donc là : plomb-210, bismuth-210, polonium-210, puis plomb-206 stable. Le polonium-210 est bien le dernier noyau radioactif de la chaîne, et c'est son rayonnement α\alpha que mesurent les méthodes de datation citées dans l'introduction.

Q4. Pendant une durée dt\mathrm{d}t, le nombre de noyaux radioactifs diminue de −dN-\mathrm{d}N (quantité positive, puisque dN<0\mathrm{d}N<0) : ce sont les noyaux qui se sont désintégrés. L'activité, nombre de désintégrations par unité de temps, vaut donc A(t)=−dN(t)dtA(t)=-\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}, en becquerels (Bq), un becquerel valant une désintégration par seconde. Erreur fréquente : oublier le signe moins, ce qui donnerait une activité négative.

Q5. On égale les deux expressions de l'activité : −dN(t)dt=λ⋅N(t)-\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}=\lambda\cdot N(t), soit dN(t)dt+λ⋅N(t)=0\dfrac{\mathrm{d}N(t)}{\mathrm{d}t}+\lambda\cdot N(t)=0. C'est une équation différentielle linéaire du premier ordre, homogène, à coefficient constant.

Q6. On dérive la fonction proposée : dNdt=N0⋅(−λ)⋅e−λt=−λ⋅N(t)\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}=N_{0}\cdot(-\lambda)\cdot e^{-\lambda t}=-\lambda\cdot N(t). Alors dNdt+λN(t)=−λN(t)+λN(t)=0\dfrac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}+\lambda N(t)=-\lambda N(t)+\lambda N(t)=0 : l'équation est vérifiée à tout instant. La condition initiale l'est aussi : N(0)=N0⋅e0=N0N(0)=N_{0}\cdot e^{0}=N_{0}, le nombre de noyaux présents au départ. La réponse attendue tient en ces deux lignes, la dérivée de e−λte^{-\lambda t} étant −λe−λt-\lambda e^{-\lambda t} (dérivée de eue^{u}, avec u=−λtu=-\lambda t).

Q7. Le temps de demi-vie est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents se sont désintégrés : N(t1/2)=N02N(t_{1/2})=\dfrac{N_{0}}{2}. Avec la loi de décroissance : N0e−λt1/2=N02N_{0}e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{N_{0}}{2}, donc e−λt1/2=12e^{-\lambda t_{1/2}}=\dfrac{1}{2}. En prenant le logarithme népérien : −λt1/2=ln⁡12=−ln⁡2-\lambda t_{1/2}=\ln\dfrac{1}{2}=-\ln 2, d'où t1/2=ln⁡(2)λt_{1/2}=\dfrac{\ln(2)}{\lambda}.

Pour le plomb-210, t1/2=22,2t_{1/2}=22{,}2 ans : λPb=ln⁡222,2=3,12×10−2 an−1\lambda_{Pb}=\dfrac{\ln 2}{22{,}2}=3{,}12\times 10^{-2}\ \mathrm{an^{-1}}, trois chiffres significatifs comme la demi-vie. En unité SI, avec 11 an =365,25×24×3 600 s=3,156×107=365{,}25\times 24\times 3\,600\ \mathrm{s}=3{,}156\times 10^{7} s : λPb=9,89×10−10 s−1\lambda_{Pb}=9{,}89\times 10^{-10}\ \mathrm{s^{-1}}. L'unité de λ\lambda est l'inverse de celle de t1/2t_{1/2} : pour la question suivante, raisonner en années évite toute conversion.

Q8. Démarche. L'activité est proportionnelle au nombre de noyaux, donc elle suit la même loi : A(t)=λN(t)=λN0e−λt=A0e−λtA(t)=\lambda N(t)=\lambda N_{0}e^{-\lambda t}=A_{0}e^{-\lambda t}. On cherche la durée tt écoulée entre la formation de la glace (activité A0=110A_{0}=110 mBq par kilogramme) et la mesure de 1993 (activité A30=4,72A_{30}=4{,}72 mBq par kilogramme).

De A30=A0e−λPbtA_{30}=A_{0}e^{-\lambda_{Pb}t} on tire eλPbt=A0A30e^{\lambda_{Pb}t}=\dfrac{A_{0}}{A_{30}}, donc t=1λPbln⁡A0A30=t1/2ln⁡2ln⁡A0A30t=\dfrac{1}{\lambda_{Pb}}\ln\dfrac{A_{0}}{A_{30}}=\dfrac{t_{1/2}}{\ln 2}\ln\dfrac{A_{0}}{A_{30}}. Numériquement : A0A30=1104,72=23,3\dfrac{A_{0}}{A_{30}}=\dfrac{110}{4{,}72}=23{,}3, ln⁡(23,3)=3,15\ln(23{,}3)=3{,}15, et t=22,20,693×3,15=101t=\dfrac{22{,}2}{0{,}693}\times 3{,}15=101 ans. Le rapport des activités n'a pas d'unité : pas besoin de convertir les millibecquerels.

La mesure datant de 1993, la glace située à 30 m de profondeur s'est formée vers 1993−101=18921993-101=1892, c'est-à-dire à la fin du XIXe siècle. Vérification par les demi-vies : l'activité a été divisée par 2323, et 24=16<23<32=252^{4}=16<23<32=2^{5} ; il s'est donc écoulé entre quatre et cinq demi-vies, entre 8989 et 111111 ans. L'âge trouvé reste aussi sous la limite de 150 ans annoncée pour la méthode.

Épaisseur moyenne accumulée : 3030 m de glace en 101101 ans, soit e=30101=0,30 m⋅an−1e=\dfrac{30}{101}=0{,}30\ \mathrm{m\cdot an^{-1}}, environ 3030 cm de glace par an. Erreur fréquente : prendre l'âge par rapport à aujourd'hui alors que l'activité a été mesurée en 1993, ou utiliser le logarithme décimal au lieu du logarithme népérien, qui donne un âge faux d'un facteur 2,32{,}3.

Q9. La figure 2 est une formule topologique : les atomes de carbone ne sont pas écrits, ils sont aux sommets et aux extrémités des segments ; les atomes d'hydrogène portés par les carbones ne sont pas représentés ; seuls les hétéroatomes (N, O, Br) et les hydrogènes qu'ils portent (NH2\mathrm{NH_{2}}) sont écrits. Le trait qui part de l'oxygène représente un groupe méthyle CH3\mathrm{CH_{3}}.

Q10. Le groupe A est un atome de brome lié à un atome de carbone : c'est la famille des composés halogénés, les halogénoalcanes du programme. Ici l'atome de brome est porté par un carbone d'un cycle aromatique, on parle plus précisément de dérivé halogéné aromatique. Le groupe B, −NH2-\mathrm{NH_{2}}, est le groupe amino : c'est la famille des amines (une amine primaire, l'azote n'étant lié qu'à un seul atome de carbone). Erreur fréquente : répondre « amide » pour B ; un amide exige un groupe carbonyle C=O\mathrm{C=O} lié à l'azote, absent ici.

Q11. La constante d'équilibre est la valeur du quotient de réaction à l'équilibre, chaque concentration étant divisée par c∘c^{\circ} et élevée à la puissance de son nombre stœchiométrique (ici 11), les produits au numérateur :

K=[Ag(ligand)+]eˊqc∘[Ag+]eˊqc∘×[ligand]eˊqc∘=[Ag(ligand)+]eˊq×c∘[Ag+]eˊq×[ligand]eˊqK=\dfrac{\dfrac{[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]_{\text{éq}}}{c^{\circ}}}{\dfrac{[\mathrm{Ag^{+}}]_{\text{éq}}}{c^{\circ}}\times\dfrac{[\text{ligand}]_{\text{éq}}}{c^{\circ}}}=\dfrac{[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]_{\text{éq}}\times c^{\circ}}{[\mathrm{Ag^{+}}]_{\text{éq}}\times[\text{ligand}]_{\text{éq}}}

KK est sans dimension, et c'est le rôle de c∘c^{\circ} : l'oublier donne une constante qui aurait l'unité L⋅mol−1\mathrm{L\cdot mol^{-1}}.

Q12. On réarrange l'expression de KK : à l'équilibre, [Ag(ligand)+]eˊq[Ag+]eˊq=K×[ligand]eˊqc∘\dfrac{[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]_{\text{éq}}}{[\mathrm{Ag^{+}}]_{\text{éq}}}=K\times\dfrac{[\text{ligand}]_{\text{éq}}}{c^{\circ}}. La constante KK est fixée à une température donnée. Si le ligand est introduit en très fort excès, il n'est presque pas consommé et sa concentration à l'équilibre reste grande ; le rapport [Ag(ligand)+][Ag+]\dfrac{[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]}{[\mathrm{Ag^{+}}]} devient alors très grand : il ne reste pratiquement plus d'ions Ag+\mathrm{Ag^{+}} libres, presque tous sont engagés dans le complexe.

Autrement dit, le taux d'avancement final τ=xfxmax\tau=\dfrac{x_{f}}{x_{max}}, calculé par rapport aux ions argent, réactif limitant, est très proche de 11 : la transformation est quasi-totale, même si KK n'est pas très grand. Lecture équivalente avec le quotient de réaction : à l'état initial, sans complexe, Qr,i=0<KQ_{r,i}=0<K, le système évolue dans le sens direct ; un excès de ligand maintient le dénominateur de QrQ_{r} grand, et il faut que presque tous les ions Ag+\mathrm{Ag^{+}} disparaissent pour que QrQ_{r} rejoigne KK.

Q13. Une solution colorée absorbe surtout autour de λmax\lambda_{max} et laisse passer le reste ; sa couleur perçue est la couleur complémentaire de la couleur absorbée, diamétralement opposée sur le cercle chromatique. Ici λmax=516\lambda_{max}=516 nm, entre le cyan (500500 nm) et le vert (530530 nm), plus près du vert : la solution absorbe dans le vert. La couleur opposée au vert est le magenta : les solutions contenant Ag(ligand)+\mathrm{Ag(ligand)^{+}} sont magenta (rouge-pourpre, la complémentaire du cyan étant le rouge). Erreur fréquente : répondre « vert », la couleur absorbée, alors que c'est la couleur qui n'arrive PAS à l'œil.

Q14. Définition de la concentration en quantité de matière : nAg,i=[Ag+]×VAg+n_{Ag,i}=[\mathrm{Ag^{+}}]\times V_{Ag^{+}}, le volume en litres : nAg,i=7,4×10−6×1,0×10−3=7,4×10−9n_{Ag,i}=7{,}4\times 10^{-6}\times 1{,}0\times 10^{-3}=7{,}4\times 10^{-9} mol, avec deux chiffres significatifs comme les données. C'est une quantité très faible, de l'ordre du microgramme d'argent (7,4×10−9×108=8×10−77{,}4\times 10^{-9}\times 108=8\times 10^{-7} g), ce qui justifie une méthode de dosage sensible. Erreur fréquente : multiplier par 1,01{,}0 mL sans conversion, ce qui donne une réponse mille fois trop grande.

Q15. Sur la figure 4, l'absorbance croît avec le volume de ligand jusqu'à 0,40{,}4 mL, puis reste sur un palier vers A=0,49A=0{,}49 à partir de 0,50{,}5 mL. Le palier traduit qu'on ne forme plus de complexe : les ions argent ont réagi en quasi-totalité. Le premier point du palier donne Vtot,L≈0,5V_{tot,L}\approx 0{,}5 mL ; le pas de 0,10{,}1 mL entre deux mesures ne permet pas d'être plus précis que « entre 0,40{,}4 et 0,50{,}5 mL, retenu 0,50{,}5 mL ».

Quantité de ligand correspondante : nL=cL×Vtot,L=1,0×10−3×0,5×10−3=5×10−7n_{L}=c_{L}\times V_{tot,L}=1{,}0\times 10^{-3}\times 0{,}5\times 10^{-3}=5\times 10^{-7} mol. Remarque : on raisonne ici sur les quantités de matière ; pour que le palier ait un sens en absorbance, chaque mélange doit être mesuré dans des conditions comparables (même volume final, ou dilution négligeable), ce que l'énoncé admet en lisant directement la figure.

Q16. L'équation (1) consomme une mole de ligand par mole d'ions argent ; il suffirait donc de 7,4×10−97{,}4\times 10^{-9} mol de ligand pour réagir avec tous les ions Ag+\mathrm{Ag^{+}}. On compare : nLnAg,i=5×10−77,4×10−9≈68\dfrac{n_{L}}{n_{Ag,i}}=\dfrac{5\times 10^{-7}}{7{,}4\times 10^{-9}}\approx 68. Le ligand est introduit en quantité près de 7070 fois supérieure à la quantité stœchiométrique : il est bien en large excès.

Commentaire : si la réaction était totale, une quantité stœchiométrique de ligand suffirait, et le palier commencerait dès VL=7,4×10−91,0×10−3=7,4×10−6V_{L}=\dfrac{7{,}4\times 10^{-9}}{1{,}0\times 10^{-3}}=7{,}4\times 10^{-6} L, soit 0,00740{,}0074 mL. Or l'absorbance augmente encore jusqu'à 0,50{,}5 mL : la réaction (1) n'est pas totale en proportions stœchiométriques, sa constante d'équilibre est modérée. C'est exactement la situation de la question Q12 : il faut un très fort excès de ligand pour déplacer l'équilibre et rendre la formation du complexe quasi-totale. Le protocole de dosage devra donc toujours utiliser le ligand en large excès.

Q17. Tableau d'avancement de la réaction (1), supposée totale, dans le volume VV de la solution analysée : à l'état initial, nAg,in_{Ag,i} d'ions argent, nLn_{L} de ligand et pas de complexe ; à l'état intermédiaire, nAg,i−xn_{Ag,i}-x, nL−xn_{L}-x et xx ; à l'état final, le ligand étant en excès, le réactif limitant est l'ion argent : xmax=nAg,ix_{max}=n_{Ag,i}, il reste 00 ion argent, nL−nAg,in_{L}-n_{Ag,i} de ligand, et il s'est formé nAg,in_{Ag,i} de complexe.

La concentration finale du complexe vaut donc [Ag(ligand)+]f=xmaxV=nAg,iV=cAg,i[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]_{f}=\dfrac{x_{max}}{V}=\dfrac{n_{Ag,i}}{V}=c_{Ag,i}, la concentration en ions argent apportée dans la solution. Loi de Beer-Lambert à 516516 nm, le complexe étant l'espèce qui absorbe à cette longueur d'onde (le ligand seul est supposé ne pas absorber) : A=ε⋅ℓ⋅[Ag(ligand)+]fA=\varepsilon\cdot\ell\cdot[\mathrm{Ag(ligand)^{+}}]_{f}, avec ε\varepsilon le coefficient d'absorption molaire et ℓ\ell la longueur de solution traversée. D'où A=ε⋅ℓ⋅cAg,i=k⋅cAg,iA=\varepsilon\cdot\ell\cdot c_{Ag,i}=k\cdot c_{Ag,i}, avec k=εℓk=\varepsilon\ell constant : l'absorbance est proportionnelle à cAg,ic_{Ag,i}.

Q18. On convertit la concentration en masse maximale en concentration en quantité de matière : cm,max=1,5 μg⋅mL−1=1,5 mg⋅L−1=1,5×10−3 g⋅L−1c_{m,max}=1{,}5\ \mathrm{\mu g\cdot mL^{-1}}=1{,}5\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}}=1{,}5\times 10^{-3}\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}. Puis cmax=cm,maxM(Ag)=1,5×10−3108=1,4×10−5 mol⋅L−1c_{max}=\dfrac{c_{m,max}}{M(\mathrm{Ag})}=\dfrac{1{,}5\times 10^{-3}}{108}=1{,}4\times 10^{-5}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.

L'absorbance correspondante vaut A=6,5×104×1,39×10−5=0,90A=6{,}5\times 10^{4}\times 1{,}39\times 10^{-5}=0{,}90, soit exactement la valeur limite Amax=0,9A_{max}=0{,}9 que le spectrophotomètre mesure de façon fiable à 516516 nm. La borne supérieure annoncée par les chercheurs est donc cohérente : au-delà de 1,5 μg⋅mL−11{,}5\ \mathrm{\mu g\cdot mL^{-1}}, l'absorbance dépasserait 0,90{,}9, l'appareil ne la mesurerait plus correctement et la proportionnalité de la loi de Beer-Lambert ne serait plus vérifiée. Pour une solution plus concentrée, on la diluerait avant la mesure.

Erreur fréquente : la conversion 1 μg⋅mL−1=1 mg⋅L−11\ \mathrm{\mu g\cdot mL^{-1}}=1\ \mathrm{mg\cdot L^{-1}} (on multiplie par 1 0001\,000 au numérateur et au dénominateur). Prendre 1,5 g⋅L−11{,}5\ \mathrm{g\cdot L^{-1}} donnerait une absorbance de 900900, absurde.

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Exercice 2 : Le Mölkky

6 points Mouvement dans un champ uniformeÉnergie et circuitsRésolution de problème et exploitation de documents

Le Mölkky, créé en 1996, est un jeu de plein air originaire de Finlande. Dans ce jeu, le joueur de Mölkky doit faire tomber des quilles en bois, à l'aide d'un bâton, afin d'atteindre un score de 50 points. Une quille tombée lui donnera le nombre de points porté sur cette dernière compris entre 1 et 12. Plusieurs quilles tombées donneront au joueur le nombre de points correspondant au nombre de quilles au sol. (D'après « cdsmr85.org »)

L'objectif de cet exercice est d'établir l'équation horaire de la trajectoire du bâton lancé et de déterminer le lieu d'impact au sol afin de prévoir une éventuelle victoire d'un joueur.

On s'intéresse au mouvement du centre de masse G du bâton lorsqu'un joueur le lance afin de faire tomber une quille. L'étude est réalisée dans le référentiel terrestre supposé galiléen et on considère qu'une fois lancé, le bâton n'est soumis qu'à son poids. Pour simplifier, on suppose que le bâton ne tourne pas sur lui-même. La masse du bâton est notée mm.

Quand le bâton quitte la main du joueur, son centre de masse G est situé à une hauteur hh par rapport au sol avec un vecteur vitesse initial v0→\overrightarrow{v_{0}} qui forme un angle α\alpha avec l'horizontale. On étudie le mouvement du centre de masse du système {bâton} dans le repère cartésien indiqué sur la figure 1.

Repère (O, i, j), axe Ox horizontal et axe Oy vertical vers le haut. Le point G à l'instant t = 0 est sur l'axe Oy, à la hauteur h au-dessus de O. Le vecteur vitesse initiale v0 part de G vers le haut et la droite, en faisant l'angle alpha avec l'horizontale.
Figure 1. Schéma de la situation du lancer du bâton de Mölkky.
  • Q1. Énoncer la deuxième loi de Newton et l'utiliser pour établir les expressions des coordonnées notées ax(t)a_{x}(t) et ay(t)a_{y}(t) du vecteur accélération a⃗(t)\vec{a}(t) du point G selon les axes (Ox) et (Oy).
  • Q2. Établir les expressions des coordonnées horizontales notée vx(t)v_{x}(t) et verticale vy(t)v_{y}(t) du vecteur vitesse v⃗(t)\vec{v}(t) du point G.
  • Q3. À partir des expressions des coordonnées de la vitesse vx(t)v_{x}(t) et vy(t)v_{y}(t) et de la figure 1, établir que les équations horaires du mouvement x(t)x(t) et y(t)y(t) du point G sont :
    x(t)=v0⋅cos⁡(α)⋅tx(t)=v_{0}\cdot\cos(\alpha)\cdot t
    y(t)=−12 g⋅t2+v0⋅sin⁡(α)⋅t+hy(t)=-\dfrac{1}{2}\,g\cdot t^{2}+v_{0}\cdot\sin(\alpha)\cdot t+h
  • Données :
    • vitesse initiale de lancer du bâton de Mölkky : v0=4,9 m⋅s−1v_{0}=4{,}9\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} ;
    • hauteur depuis laquelle le bâton est lancé : h=0,70h=0{,}70 m ;
    • angle avec lequel le bâton est lancé par rapport à l'horizontale : α=30°\alpha=30° ;
    • intensité du champ de pesanteur terrestre g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}.
  • Q4. À l'aide des données et des équations horaires du mouvement, montrer que l'expression de l'équation de la trajectoire y(x)y(x), xx et yy étant exprimés en mètres, s'écrit sous la forme :
    y(x)=−0,27 x2+0,58 x+0,70y(x)=-0{,}27\,x^{2}+0{,}58\,x+0{,}70
  • Un joueur ayant déjà marqué 41 points s'apprête à lancer le bâton de Mölkky. Pour gagner, il doit atteindre exactement le score de 50 points. La configuration du jeu est représentée sur la photographie de la figure 2.
  • Photographie du terrain avec le repère tracé : origine O au pied du joueur, axe Ox au sol vers la droite, axe Oy vertical le long d'une règle graduée. Le bâton est tenu sur l'axe Oy. Trois quilles sont posées au sol sur l'axe Ox : la quille 9 (valeur 9 points) à xq9 = 3,0 m, la quille 1 (valeur 1 point) à xq1 = 4,0 m et la quille 5 (valeur 5 points) à xq5 = 5,0 m.
    Figure 2. Photographie de la configuration du jeu avant le lancer.
  • Dans notre étude, la taille des quilles est considérée comme négligeable au regard des distances mises en jeu. On assimilera alors la quille à un point posé au sol. On suppose qu'il n'y a pas de rebond du bâton à la suite du lancer.
  • Dans la question suivante, le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d'être correctement présentée.
  • Q5. Vérifier que la partie est remportée par le joueur si le lancer est réalisé dans les conditions précisées dans les données précédentes.
  • Sur la figure 3, on a reproduit un extrait d'un programme Python qui permet de calculer puis de tracer les courbes représentant l'énergie cinétique ECE_{C}, l'énergie potentielle de pesanteur EPE_{P} et l'énergie mécanique EmE_{m} du bâton de Mölkky lors de son lancer. Les données numériques utilisées sont identiques aux questions précédentes.
  • Extrait du programme Python, lignes 14 à 23. Lignes 14 à 16 : Ecl=[ ], Epl=[ ], Eml=[ ]. Ligne 17 : for i in range(len(tl)) : Ligne 18 : Ec=0.5*0.4*(vxl[i]**2+vyl[i]**2). Ligne 19 : Ecl.append(Ec). Ligne 20 : Ep=0.4*9.81*y[i]. Ligne 21 : Epl.append(Ep). Ligne 22 : Em= suivi d'un blanc à compléter. Ligne 23 : Eml.append(Em).
    Figure 3. Extrait du programme Python permettant de tracer les différentes énergies du bâton de Mölkky en fonction du temps (EclE_{cl}, EplE_{pl}, EmlE_{ml} sont exprimées en J ; vxv_{x}, vyv_{y} sont exprimées en m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}} ; yy est exprimé en m).
  • Q6. À partir de la figure 3, déterminer la masse mm du bâton de Mölkky. Justifier la réponse.
  • Q7. Écrire et compléter, sur votre copie, la ligne 22 du programme de la figure 3 qui permet de calculer l'énergie mécanique EmE_{m} du bâton de Mölkky.
  • La figure 4 représente les courbes affichées après avoir exécuté le programme Python complet.
  • Énergies en joules en fonction de la durée de la chute, de 0 à 0,7 s. Courbe A (ronds bleus) : part de 2,75 J, monte jusqu'à environ 3,95 J vers 0,25 s, puis décroît jusqu'à 0 vers 0,70 s. Courbe B (croix rouges) : part de 4,8 J, descend jusqu'à environ 3,6 J vers 0,25 s, puis remonte jusqu'à 7,55 J vers 0,70 s. Courbe C (étoiles vertes) : horizontale à 7,55 J.
    Figure 4. Évolution temporelle des énergies.
  • Q8. Attribuer chaque courbe de la figure 4 à l'énergie représentée. Justifier la réponse.
  • Q9. Déterminer la « durée de vol » du bâton de Mölkky (durée de chute) et en déduire que la partie décrite précédemment est remportée par le joueur, en considérant les équations horaires du mouvement établies dans la question Q3.

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Q4
Q5
Q6
Q8
Q9
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Réponses

  • Q1 ∑Fext→=ma⃗\sum\overrightarrow{F_{ext}}=m\vec{a} ; seul le poids : a⃗=g⃗\vec{a}=\vec{g}, ax=0a_{x}=0, ay=−ga_{y}=-g
  • Q2 vx(t)=v0cos⁡αv_{x}(t)=v_{0}\cos\alpha ; vy(t)=−g t+v0sin⁡αv_{y}(t)=-g\,t+v_{0}\sin\alpha
  • Q3 Primitives avec x(0)=0x(0)=0, y(0)=hy(0)=h : x=v0cos⁡(α) tx=v_{0}\cos(\alpha)\,t, y=−12gt2+v0sin⁡(α) t+hy=-\dfrac{1}{2}gt^{2}+v_{0}\sin(\alpha)\,t+h
  • Q4 y(x)=−g2v02cos⁡2αx2+tan⁡(α) x+h=−0,27x2+0,58x+0,70y(x)=-\dfrac{g}{2v_{0}^{2}\cos^{2}\alpha}x^{2}+\tan(\alpha)\,x+h=-0{,}27x^{2}+0{,}58x+0{,}70
  • Q5 y=0y=0 en x=3,0x=3{,}0 m : seule la quille 9 tombe, 41+9=5041+9=50 points, partie gagnée
  • Q6 Ec=12mv2E_{c}=\dfrac{1}{2}mv^{2} codée 0.5*0.4*... : m=0,4m=0{,}4 kg
  • Q7 Em=Ec+Ep
  • Q8 A : EpE_{p} (2,752{,}75 J au départ, nulle à l'impact) ; B : EcE_{c} (4,804{,}80 J au départ) ; C : EmE_{m} constante (7,557{,}55 J)
  • Q9 tvol=0,70t_{vol}=0{,}70 s ; x(tvol)=3,0x(t_{vol})=3{,}0 m, la quille 9 : 50 points

Q1. Deuxième loi de Newton : dans un référentiel galiléen, la somme des forces extérieures appliquées à un système de masse constante est égale au produit de sa masse par le vecteur accélération de son centre de masse, ∑Fext→=m a⃗\sum\overrightarrow{F_{ext}}=m\,\vec{a}.

Système : le bâton, de masse mm ; référentiel terrestre supposé galiléen ; seule force après le lancer : le poids P⃗=m g⃗\vec{P}=m\,\vec{g} (frottements de l'air négligés). Donc m a⃗=m g⃗m\,\vec{a}=m\,\vec{g}, et a⃗=g⃗\vec{a}=\vec{g} : l'accélération ne dépend pas de la masse. Le champ de pesanteur est vertical et dirigé vers le bas, de sens opposé à j⃗\vec{j} : g⃗=−g j⃗\vec{g}=-g\,\vec{j}. D'où ax(t)=0a_{x}(t)=0 et ay(t)=−ga_{y}(t)=-g.

Erreur fréquente : écrire ay=ga_{y}=g. L'axe (Oy) est orienté vers le haut sur la figure 1, le signe moins traduit que le poids pointe vers le bas.

Q2. Le vecteur accélération est la dérivée du vecteur vitesse : ax=dvxdta_{x}=\dfrac{\mathrm{d}v_{x}}{\mathrm{d}t} et ay=dvydta_{y}=\dfrac{\mathrm{d}v_{y}}{\mathrm{d}t}. On cherche des primitives : vx(t)=C1v_{x}(t)=C_{1} et vy(t)=−g t+C2v_{y}(t)=-g\,t+C_{2}, les constantes étant fixées par la vitesse initiale.

À t=0t=0, v0→\overrightarrow{v_{0}} fait l'angle α\alpha avec l'horizontale, vers le haut (figure 1) : vx(0)=v0cos⁡αv_{x}(0)=v_{0}\cos\alpha et vy(0)=v0sin⁡αv_{y}(0)=v_{0}\sin\alpha. Donc C1=v0cos⁡αC_{1}=v_{0}\cos\alpha, C2=v0sin⁡αC_{2}=v_{0}\sin\alpha, et :

vx(t)=v0cos⁡(α)v_{x}(t)=v_{0}\cos(\alpha) et vy(t)=−g t+v0sin⁡(α)v_{y}(t)=-g\,t+v_{0}\sin(\alpha).

La composante horizontale est constante, aucune force n'agissant selon (Ox) ; la composante verticale diminue de gg chaque seconde, s'annule au sommet puis devient négative à la descente.

Q3. Le vecteur vitesse est la dérivée du vecteur position OG→\overrightarrow{OG} : on prend de nouveau des primitives, x(t)=v0cos⁡(α) t+C3x(t)=v_{0}\cos(\alpha)\,t+C_{3} et y(t)=−12g t2+v0sin⁡(α) t+C4y(t)=-\dfrac{1}{2}g\,t^{2}+v_{0}\sin(\alpha)\,t+C_{4}.

Sur la figure 1, à t=0t=0 le point G est sur l'axe (Oy), à la hauteur hh au-dessus de O : x(0)=0x(0)=0 et y(0)=hy(0)=h, donc C3=0C_{3}=0 et C4=hC_{4}=h. On retrouve bien x(t)=v0cos⁡(α)⋅tx(t)=v_{0}\cos(\alpha)\cdot t et y(t)=−12g⋅t2+v0sin⁡(α)⋅t+hy(t)=-\dfrac{1}{2}g\cdot t^{2}+v_{0}\sin(\alpha)\cdot t+h. Le correcteur attend les conditions initiales écrites explicitement : ce sont elles qui justifient l'absence de constante dans x(t)x(t) et le +h+h dans y(t)y(t).

Q4. On élimine le temps. De x=v0cos⁡(α) tx=v_{0}\cos(\alpha)\,t on tire t=xv0cos⁡αt=\dfrac{x}{v_{0}\cos\alpha}, que l'on reporte dans y(t)y(t) :

y(x)=−g2 v02cos⁡2α x2+tan⁡(α) x+hy(x)=-\dfrac{g}{2\,v_{0}^{2}\cos^{2}\alpha}\,x^{2}+\tan(\alpha)\,x+h, puisque v0sin⁡αv0cos⁡α=tan⁡α\dfrac{v_{0}\sin\alpha}{v_{0}\cos\alpha}=\tan\alpha.

Application numérique : cos⁡230°=0,750\cos^{2}30°=0{,}750 et v02=24,0 m2⋅s−2v_{0}^{2}=24{,}0\ \mathrm{m^{2}\cdot s^{-2}}, donc g2v02cos⁡2α=9,82×24,0×0,750=0,27 m−1\dfrac{g}{2v_{0}^{2}\cos^{2}\alpha}=\dfrac{9{,}8}{2\times 24{,}0\times 0{,}750}=0{,}27\ \mathrm{m^{-1}} ; tan⁡30°=0,58\tan 30°=0{,}58 ; h=0,70h=0{,}70 m. D'où y(x)=−0,27 x2+0,58 x+0,70y(x)=-0{,}27\,x^{2}+0{,}58\,x+0{,}70. Le coefficient de x2x^{2} a pour unité m−1\mathrm{m^{-1}}, celui de xx est sans unité, ce qui rend l'équation homogène. Erreur fréquente : calculatrice réglée en radians, qui donne cos⁡(30)=0,15\cos(30)=0{,}15 et un résultat aberrant.

Q5. Démarche. Le bâton tombe au sol quand y=0y=0 ; l'abscisse du point d'impact dit quelle quille il touche, et la règle du jeu donne le score.

Point d'impact : on résout −0,27 x2+0,58 x+0,70=0-0{,}27\,x^{2}+0{,}58\,x+0{,}70=0. Discriminant : Δ=0,582−4×(−0,27)×0,70=0,336+0,756=1,09\Delta=0{,}58^{2}-4\times(-0{,}27)\times 0{,}70=0{,}336+0{,}756=1{,}09, Δ=1,05\sqrt{\Delta}=1{,}05. Les racines sont x=−0,58±1,052×(−0,27)x=\dfrac{-0{,}58\pm 1{,}05}{2\times(-0{,}27)}, soit x1=−0,86x_{1}=-0{,}86 m, à rejeter (derrière le joueur, hors du mouvement qui commence en x=0x=0), et x2=−0,58−1,05−0,54=3,0x_{2}=\dfrac{-0{,}58-1{,}05}{-0{,}54}=3{,}0 m. Avec les coefficients non arrondis, on trouve 2,982{,}98 m : à la précision des données, ximpact=3,0x_{impact}=3{,}0 m.

Conclusion : le bâton tombe à l'abscisse xq9=3,0x_{q9}=3{,}0 m de la quille 9. Il ne rebondit pas et n'atteint donc ni la quille 1 (4,04{,}0 m) ni la quille 5 (5,05{,}0 m) : une seule quille tombe, et le joueur marque la valeur qu'elle porte, 99 points. Son score devient 41+9=5041+9=50 points exactement : il remporte la partie. Si plusieurs quilles étaient tombées, il aurait marqué leur NOMBRE et non la somme de leurs valeurs : avec deux quilles, 4343 points seulement.

Q6. Ligne 18, l'énergie cinétique est calculée par Ec=12 m v2=12 m (vx2+vy2)E_{c}=\dfrac{1}{2}\,m\,v^{2}=\dfrac{1}{2}\,m\,(v_{x}^{2}+v_{y}^{2}), puisque la norme de la vitesse vérifie v2=vx2+vy2v^{2}=v_{x}^{2}+v_{y}^{2}. Le programme écrit 0.5*0.4*(vxl[i]**2+vyl[i]**2) : le facteur 0.4 est la masse, m=0,4m=0{,}4 kg, soit 400400 g. La ligne 20 le confirme : 0.4*9.81*y[i] est Ep=m g yE_{p}=m\,g\,y, avec la même masse et g=9,81 N⋅kg−1g=9{,}81\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}, l'altitude étant comptée à partir du sol (Ep=0E_{p}=0 en y=0y=0).

Q7. L'énergie mécanique est la somme de l'énergie cinétique et de l'énergie potentielle de pesanteur, Em=Ec+EpE_{m}=E_{c}+E_{p}. La ligne 22 s'écrit : Em=Ec+Ep. On réutilise les variables calculées aux lignes 18 et 20 de la même itération ; écrire Em=Ecl+Epl serait faux, ces noms désignant des listes et non des nombres.

Q8. On s'appuie sur les valeurs initiales et sur l'allure. À t=0t=0 : Ep(0)=m g h=0,4×9,81×0,70=2,75E_{p}(0)=m\,g\,h=0{,}4\times 9{,}81\times 0{,}70=2{,}75 J, et Ec(0)=12m v02=0,5×0,4×4,92=4,80E_{c}(0)=\dfrac{1}{2}m\,v_{0}^{2}=0{,}5\times 0{,}4\times 4{,}9^{2}=4{,}80 J.

La courbe A part de 2,752{,}75 J, augmente pendant la montée, passe par un maximum au sommet de la trajectoire puis décroît jusqu'à 00 quand le bâton touche le sol (y=0y=0) : c'est l'énergie potentielle de pesanteur EpE_{p}, proportionnelle à l'altitude.

La courbe B part de 4,804{,}80 J, diminue pendant la montée (le bâton ralentit), passe par un minimum non nul au sommet, puis augmente pendant la descente : c'est l'énergie cinétique EcE_{c}. Son minimum vaut 12m (v0cos⁡α)2=3,60\dfrac{1}{2}m\,(v_{0}\cos\alpha)^{2}=3{,}60 J et non zéro, car la vitesse horizontale ne s'annule jamais ; c'est bien ce qu'on lit vers 3,63{,}6 J.

La courbe C est horizontale à 7,557{,}55 J =2,75+4,80=2{,}75+4{,}80 : c'est l'énergie mécanique EmE_{m}, constante parce que le bâton n'est soumis qu'à son poids, force conservative. Vérification : les courbes A et B sont symétriques l'une de l'autre par rapport à la moitié de C, ce qu'impose Ec+Ep=E_{c}+E_{p}= constante.

Q9. Lecture graphique : la durée de vol est l'instant où le bâton touche le sol, c'est-à-dire où EpE_{p} (courbe A) s'annule : tvol≈0,70t_{vol}\approx 0{,}70 s.

Par le calcul, avec l'équation horaire de Q3, y(tvol)=0y(t_{vol})=0 : −4,9 t2+2,45 t+0,70=0-4{,}9\,t^{2}+2{,}45\,t+0{,}70=0 (avec g2=4,9 m⋅s−2\dfrac{g}{2}=4{,}9\ \mathrm{m\cdot s^{-2}} et v0sin⁡30°=2,45 m⋅s−1v_{0}\sin 30°=2{,}45\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}). Discriminant Δ=2,452+4×4,9×0,70=19,7\Delta=2{,}45^{2}+4\times 4{,}9\times 0{,}70=19{,}7, Δ=4,44\sqrt{\Delta}=4{,}44 ; seule la racine positive a un sens : tvol=−2,45−4,44−9,8=0,70t_{vol}=\dfrac{-2{,}45-4{,}44}{-9{,}8}=0{,}70 s, en accord avec la figure 4.

L'abscisse atteinte à cet instant vaut x(tvol)=v0cos⁡(α) tvol=4,9×cos⁡30°×0,703=4,24×0,703=2,98x(t_{vol})=v_{0}\cos(\alpha)\,t_{vol}=4{,}9\times\cos 30°\times 0{,}703=4{,}24\times 0{,}703=2{,}98 m, soit 3,03{,}0 m : le bâton tombe sur la quille 9, la seule abattue, et le joueur atteint 41+9=5041+9=50 points. La partie est remportée, comme en Q5 par l'équation de la trajectoire. Erreur fréquente : garder la racine négative (−0,20-0{,}20 s), qui correspond à un instant antérieur au lancer.

python
Em = Ec + Ep

Exercice 3 : Performances des bolomètres de Planck

5 points Transferts thermiques

« Le satellite Planck est un satellite de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) qui a fourni des cartes de tout le ciel dans le domaine sub-millimétrique et radio (30 à 850 GHz). L'objectif du satellite Planck a été d'analyser, avec la plus haute précision jamais atteinte, les restes du rayonnement qui remplissait l'Univers juste après le Big Bang, ce que nous observons aujourd'hui comme le Fond Diffus Cosmologique. » (D'après https://www.ias.u-psud.fr/fr/content/planck-hfi)

Dans la suite du sujet, le Fond Diffus Cosmologique sera noté CMB (de l'anglais, Cosmic Microwave Background). Les mesures du CMB sont réalisées par des bolomètres qui permettent de mesurer la puissance transportée par un rayonnement électromagnétique.

L'objectif de cet exercice est d'étudier les performances d'un des bolomètres du satellite Planck.

Données :
• célérité de la lumière : c=3,00×108 m⋅s−1c=3{,}00\times 10^{8}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}} ;
• différents domaines du spectre électromagnétique :

Nom du domaineDomaine de longueur d'onde λ\lambda
Rayon Xde 0,01 à 100 nm
Ultravioletde 10 à 400 nm
Visiblede 400 à 800 nm
Infrarougede 0,8 à 1 mm
Micro-ondede 1 à 300 mm
Radiode 0,1 à 1 km
Différents domaines du spectre électromagnétique (tableau transposé)
  • Le CMB se caractérise par un rayonnement thermique de température caractéristique TCMB=2,725T_{CMB}=2{,}725 K. Afin d'étudier les variations de température autour de cette valeur, le satellite Planck est équipé d'un bolomètre sensible au rayonnement de fréquence f0=217f_{0}=217 GHz.
  • Q1. Calculer la longueur d'onde λ0\lambda_{0} correspondant à la fréquence f0f_{0} et nommer le domaine du spectre auquel appartient l'onde électromagnétique associée au CMB.
  • Données :
    • la puissance PCNP_{CN} reçue par une surface SS soumise au rayonnement d'un corps à la température TCNT_{CN} est donnée par : PCN=σ⋅TCN4⋅SP_{CN}=\sigma\cdot T_{CN}^{4}\cdot S où σ\sigma est la constante de Stefan-Boltzmann, σ=5,67×10−8 W⋅m−2⋅K−4\sigma=5{,}67\times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot m^{-2}\cdot K^{-4}} ;
    • la surface de la partie sensible au CMB vaut SCMB=9,93×10−8 m2S_{CMB}=9{,}93\times 10^{-8}\ \mathrm{m^{2}}. Pour étudier le CMB autour de la fréquence f0f_{0}, un filtre est placé devant cette surface, il sélectionne 25,2 % de la puissance reçue.
  • Q2. Montrer que la puissance PCMBP_{CMB} reçue par le bolomètre de la part du CMB au travers du filtre vaut PCMB=7,82×10−14P_{CMB}=7{,}82\times 10^{-14} W.
  • Les bolomètres, comme indiqué sur le schéma simplifié ci-après, sont composés d'une partie sensible au rayonnement et d'un thermostat. L'énergie cédée par le rayonnement à la partie sensible provoque une élévation de sa température. Cette partie sensible est en contact avec un thermostat plus froid qui permet d'évacuer l'énergie reçue, le matériau permettant le contact possède une résistance thermique RcontactR_{contact}.
  • Schéma en coupe d'un bolomètre : le rayonnement du CMB, figuré par trois grosses flèches vers le bas, traverse d'abord un filtre, puis atteint la partie sensible ; sous la partie sensible, un petit bloc de matériau de résistance thermique Rcontact la relie au thermostat, plaque noire en bas.
    Schéma simplifié d'un bolomètre.
  • On cherche à modéliser l'évolution de la température de la partie sensible en fonction du temps par un bilan d'énergie. On note TTT_{T} la température du thermostat et TT la température de la partie sensible du bolomètre.
  • Donnée :
    • la puissance PsystP_{syst} reçue par un système à la température TsystT_{syst} en contact avec un thermostat à la température T0T_{0} par l'intermédiaire d'une résistance thermique RthR_{th} s'exprime :
    Psyst=−(Tsyst−T0)RthP_{syst}=-\dfrac{(T_{syst}-T_{0})}{R_{th}}
  • Q3. Exprimer la puissance PTP_{T} reçue par la partie sensible du bolomètre de la part du thermostat en fonction des grandeurs associées au bolomètre qui sont TT, TTT_{T} et RcontactR_{contact}. Justifier le signe de la valeur de cette grandeur.
  • Q4. Exprimer le transfert thermique QtotQ_{tot} échangé par la partie sensible du bolomètre avec l'ensemble des sources extérieures pendant une durée Δt\Delta t en fonction de PCMBP_{CMB}, TT, TTT_{T}, Δt\Delta t et RcontactR_{contact}. On admettra que, pendant la durée Δt\Delta t, la puissance reçue de la part du thermostat reste constante.
  • Q5. Énoncer le premier principe de la thermodynamique en précisant le nom de chaque grandeur ainsi que leur unité.
  • On démontre que l'équation différentielle régissant l'évolution de la température en fonction du temps est donnée par :
    dTdt+TRcontact⋅Cbolo=PCMBCbolo+TTRcontact⋅Cbolo\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}+\dfrac{T}{R_{contact}\cdot C_{bolo}}=\dfrac{P_{CMB}}{C_{bolo}}+\dfrac{T_{T}}{R_{contact}\cdot C_{bolo}}
  • Données :
    • température du thermostat relié à la partie sensible : TT=0,1T_{T}=0{,}1 K ;
    • résistance thermique du matériau qui permet le contact entre la partie sensible du bolomètre et le thermostat : Rcontact=3,75×109 K⋅W−1R_{contact}=3{,}75\times 10^{9}\ \mathrm{K\cdot W^{-1}} ;
    • capacité thermique de la partie sensible du bolomètre : Cbolo=0,40×10−12 J⋅K−1C_{bolo}=0{,}40\times 10^{-12}\ \mathrm{J\cdot K^{-1}} ;
    • dans le système international d'unités le Watt est équivalent à des Joules par secondes J⋅s−1\mathrm{J\cdot s^{-1}}.
  • Q6. Par une analyse dimensionnelle, montrer que la quantité τ=Rcontact⋅Cbolo\tau=R_{contact}\cdot C_{bolo} est homogène à un temps, appelé temps caractéristique. Calculer sa valeur.
  • Q7. Sachant que la fonction T(t)=TT+T1⋅(1−e−tτ)T(t)=T_{T}+T_{1}\cdot\left(1-e^{-\frac{t}{\tau}}\right) est la solution de l'équation différentielle satisfaisant à la condition initiale T(0)=TTT(0)=T_{T}, donner l'expression de T1T_{1} ainsi que sa valeur.
  • On admet que le bolomètre réalise une mesure de puissance fiable, dès que sa température se stabilise, au bout d'une durée égale à 5 τ5\,\tau.
  • Afin d'étudier le CMB, le ciel est divisé en petites zones. Le satellite Planck balaie chaque zone pendant une durée Δtscan=14\Delta t_{scan}=14 ms.
  • Q8. Montrer que le bolomètre du satellite Planck peut obtenir une mesure fiable du CMB.

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Q1
Q6
Q7
Q8
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Réponses

  • Q1 λ0=cf0=1,38\lambda_{0}=\dfrac{c}{f_{0}}=1{,}38 mm : domaine des micro-ondes
  • Q2 PCMB=0,252 σTCMB4SCMB=7,82×10−14P_{CMB}=0{,}252\,\sigma T_{CMB}^{4}S_{CMB}=7{,}82\times 10^{-14} W
  • Q3 PT=−T−TTRcontact<0P_{T}=-\dfrac{T-T_{T}}{R_{contact}}<0 car T>TTT>T_{T} : la partie sensible cède de l'énergie au thermostat
  • Q4 Qtot=(PCMB−T−TTRcontact)ΔtQ_{tot}=\left(P_{CMB}-\dfrac{T-T_{T}}{R_{contact}}\right)\Delta t
  • Q5 ΔU=W+Q\Delta U=W+Q : énergie interne, travail et transfert thermique reçus, en joules
  • Q6 K⋅J−1⋅s×J⋅K−1=s\mathrm{K\cdot J^{-1}\cdot s}\times\mathrm{J\cdot K^{-1}}=\mathrm{s} ; τ=1,5\tau=1{,}5 ms
  • Q7 T1=RcontactPCMB=2,93×10−4T_{1}=R_{contact}P_{CMB}=2{,}93\times 10^{-4} K
  • Q8 5τ=7,55\tau=7{,}5 ms <Δtscan=14<\Delta t_{scan}=14 ms : mesure fiable

Q1. Pour une onde électromagnétique dans le vide, longueur d'onde et fréquence sont liées par λ=cf\lambda=\dfrac{c}{f}. Avec f0=217 GHz=217×109f_{0}=217\ \mathrm{GHz}=217\times 10^{9} Hz : λ0=3,00×108217×109=1,38×10−3\lambda_{0}=\dfrac{3{,}00\times 10^{8}}{217\times 10^{9}}=1{,}38\times 10^{-3} m, soit 1,381{,}38 mm, trois chiffres significatifs comme les données.

Le tableau arrête l'infrarouge à 11 mm et place les micro-ondes de 11 à 300300 mm : 1,381{,}38 mm est dans le domaine des micro-ondes, juste au-delà de la limite de l'infrarouge. C'est d'ailleurs le nom du CMB, « Cosmic Microwave Background », fond diffus cosmologique micro-onde. Erreur fréquente : prendre 1 GHz=1061\ \mathrm{GHz}=10^{6} Hz, ce qui donne 1,381{,}38 m et le domaine radio.

Q2. Loi de Stefan-Boltzmann appliquée au CMB, de température TCMB=2,725T_{CMB}=2{,}725 K, sur la surface sensible : la puissance reçue avant le filtre est σ TCMB4 SCMB\sigma\,T_{CMB}^{4}\,S_{CMB}. Le filtre n'en laisse passer que 25,225{,}2 %, donc PCMB=0,252×σ TCMB4 SCMBP_{CMB}=0{,}252\times\sigma\,T_{CMB}^{4}\,S_{CMB}.

Numériquement : TCMB4=2,7254=55,14 K4T_{CMB}^{4}=2{,}725^{4}=55{,}14\ \mathrm{K^{4}}, et PCMB=0,252×5,67×10−8×55,14×9,93×10−8=7,82×10−14P_{CMB}=0{,}252\times 5{,}67\times 10^{-8}\times 55{,}14\times 9{,}93\times 10^{-8}=7{,}82\times 10^{-14} W, la valeur annoncée. Vérification des unités : W⋅m−2⋅K−4×K4×m2=W\mathrm{W\cdot m^{-2}\cdot K^{-4}}\times\mathrm{K^{4}}\times\mathrm{m^{2}}=\mathrm{W}. Erreur fréquente : oublier le filtre, ce qui donne 3,10×10−133{,}10\times 10^{-13} W, quatre fois trop.

Q3. On applique la donnée à la partie sensible (le système, à la température TT) en contact avec le thermostat (à la température TTT_{T}) par le matériau de résistance thermique RcontactR_{contact} : PT=−T−TTRcontact=TT−TRcontactP_{T}=-\dfrac{T-T_{T}}{R_{contact}}=\dfrac{T_{T}-T}{R_{contact}}.

Signe : la partie sensible est chauffée par le rayonnement et le thermostat est plus froid qu'elle, donc T>TTT>T_{T} et PT<0P_{T}<0. Un transfert thermique s'effectue spontanément du corps chaud vers le corps froid : la partie sensible CÈDE de l'énergie au thermostat. La puissance « reçue » est donc négative, c'est le rôle d'évacuation que l'énoncé donne au thermostat.

Q4. La partie sensible reçoit deux puissances : celle du CMB à travers le filtre, PCMB>0P_{CMB}>0, et celle du thermostat, PT<0P_{T}<0. Les deux étant constantes pendant Δt\Delta t, le transfert thermique total reçu vaut la puissance totale multipliée par la durée :

Qtot=(PCMB+PT)Δt=(PCMB−T−TTRcontact)ΔtQ_{tot}=\left(P_{CMB}+P_{T}\right)\Delta t=\left(P_{CMB}-\dfrac{T-T_{T}}{R_{contact}}\right)\Delta t.

QtotQ_{tot} est compté positivement quand la partie sensible reçoit effectivement de l'énergie.

Q5. Premier principe de la thermodynamique : pour un système fermé, macroscopiquement au repos, qui passe d'un état initial à un état final, la variation de son énergie interne est égale à la somme des énergies qu'il reçoit par travail et par transfert thermique : ΔU=W+Q\Delta U=W+Q.

ΔU\Delta U est la variation d'énergie interne du système, WW le travail reçu, QQ le transfert thermique reçu, tous trois en joules (J), WW et QQ étant comptés positivement quand le système les reçoit.

Application, qui explique l'équation différentielle donnée ensuite : la partie sensible, solide, ne reçoit aucun travail (W=0W=0), et pour un solide ΔU=Cbolo ΔT\Delta U=C_{bolo}\,\Delta T. Donc Cbolo ΔT=(PCMB−T−TTRcontact)ΔtC_{bolo}\,\Delta T=\left(P_{CMB}-\dfrac{T-T_{T}}{R_{contact}}\right)\Delta t ; en divisant par CboloΔtC_{bolo}\Delta t et en faisant tendre Δt\Delta t vers 00, on obtient dTdt+TRcontactCbolo=PCMBCbolo+TTRcontactCbolo\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}+\dfrac{T}{R_{contact}C_{bolo}}=\dfrac{P_{CMB}}{C_{bolo}}+\dfrac{T_{T}}{R_{contact}C_{bolo}}.

Q6. Analyse dimensionnelle : RcontactR_{contact} s'exprime en K⋅W−1\mathrm{K\cdot W^{-1}}, et 1 W=1 J⋅s−11\ \mathrm{W}=1\ \mathrm{J\cdot s^{-1}}, donc K⋅W−1=K⋅J−1⋅s\mathrm{K\cdot W^{-1}}=\mathrm{K\cdot J^{-1}\cdot s}. CboloC_{bolo} s'exprime en J⋅K−1\mathrm{J\cdot K^{-1}}. Le produit : K⋅J−1⋅s×J⋅K−1=s\mathrm{K\cdot J^{-1}\cdot s}\times\mathrm{J\cdot K^{-1}}=\mathrm{s}. La quantité τ=Rcontact⋅Cbolo\tau=R_{contact}\cdot C_{bolo} est homogène à un temps.

Valeur : τ=3,75×109×0,40×10−12=1,5×10−3\tau=3{,}75\times 10^{9}\times 0{,}40\times 10^{-12}=1{,}5\times 10^{-3} s =1,5=1{,}5 ms, deux chiffres significatifs comme CboloC_{bolo}. Cette valeur se retrouve dans l'équation différentielle : le coefficient de TT est 1τ\dfrac{1}{\tau}, ce qui confirme que τ\tau est un temps (le terme dTdt\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} est en K⋅s−1\mathrm{K\cdot s^{-1}}).

Q7. On dérive la solution proposée : dTdt=T1τe−t/τ\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}=\dfrac{T_{1}}{\tau}e^{-t/\tau}. On remplace dans l'équation différentielle, avec RcontactCbolo=τR_{contact}C_{bolo}=\tau :

T1τe−t/τ+TT+T1−T1e−t/ττ=PCMBCbolo+TTτ\dfrac{T_{1}}{\tau}e^{-t/\tau}+\dfrac{T_{T}+T_{1}-T_{1}e^{-t/\tau}}{\tau}=\dfrac{P_{CMB}}{C_{bolo}}+\dfrac{T_{T}}{\tau}. Les termes en e−t/τe^{-t/\tau} se compensent, il reste TTτ+T1τ=PCMBCbolo+TTτ\dfrac{T_{T}}{\tau}+\dfrac{T_{1}}{\tau}=\dfrac{P_{CMB}}{C_{bolo}}+\dfrac{T_{T}}{\tau}, d'où T1=τ PCMBCbolo=Rcontact⋅PCMBT_{1}=\dfrac{\tau\,P_{CMB}}{C_{bolo}}=R_{contact}\cdot P_{CMB}.

Valeur : T1=3,75×109×7,82×10−14=2,93×10−4T_{1}=3{,}75\times 10^{9}\times 7{,}82\times 10^{-14}=2{,}93\times 10^{-4} K, l'unité étant K⋅W−1×W=K\mathrm{K\cdot W^{-1}}\times\mathrm{W}=\mathrm{K}. La condition initiale est bien respectée, T(0)=TT+T1(1−1)=TTT(0)=T_{T}+T_{1}(1-1)=T_{T}. Interprétation : T1T_{1} est l'élévation de température en régime permanent, quand t≫τt\gg\tau et T→TT+T1T\to T_{T}+T_{1} ; elle n'est que de 0,30{,}3 millikelvin au-dessus des 0,10{,}1 K du thermostat, ce qui montre la sensibilité qu'il faut à l'instrument. Méthode plus rapide : en régime permanent dTdt=0\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}=0, et l'équation donne directement T∞−TT=RcontactPCMBT_{\infty}-T_{T}=R_{contact}P_{CMB}.

Q8. La mesure est fiable au bout de 5τ=5×1,5=7,55\tau=5\times 1{,}5=7{,}5 ms. Le satellite observe chaque zone pendant Δtscan=14\Delta t_{scan}=14 ms. Comme 5τ=7,5 ms<Δtscan=145\tau=7{,}5\ \mathrm{ms}<\Delta t_{scan}=14 ms, la température de la partie sensible a le temps de se stabiliser pendant le balayage d'une zone : le bolomètre fournit une mesure fiable du CMB.

Il reste même une marge : 1414 ms représentent environ 99 fois τ\tau, et à 5τ5\tau l'écart au régime permanent n'est déjà plus que de e−5≈0,7e^{-5}\approx 0{,}7 % de T1T_{1}. Erreur fréquente : comparer τ\tau seul à 1414 ms, sans le facteur 55 que l'énoncé impose.

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