Math CST, secondaire 4 à Montréal • Statistique

Exercices corrigés : nuage de points et corrélation (math CST, secondaire 4)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématique CST de quatrième secondaire sur le nuage de points et la corrélation, calibrés sur le niveau réel des évaluations et de l'épreuve unique du Ministère. Le programme de la séquence Culture, société et technique insiste sur trois verbes : APPRÉCIER et INTERPRÉTER la corrélation et son coefficient, et COMPARER des distributions à deux variables.

Le fil de la série tient en une phrase : le coefficient mesure la FORCE du lien, la pente en mesure l'EFFET, et ce sont deux questions différentes. Un lien fort peut avoir un petit effet, un lien faible un grand effet, et aucun des deux ne prouve une cause. C'est pourquoi on regarde toujours le nuage avant de commenter un nombre.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

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Ce chapitre fait partie de Mathématique CST, secondaire 4
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3
  2. 2Expressions algébriques et mise en évidenceSecondaire 3
  3. 3Équations et inéquations du premier degréSecondaire 3
  4. 4Fonctions : propriétés et réciproqueSecondaire 3
  5. 5Fonction de degré 1 : variations directe et partielleSecondaire 3
  6. 6Théorème de Pythagore et réciproqueSecondaire 3
  7. 7Statistique : échantillonnage, diagrammes et mesuresSecondaire 3
  8. 8La géométrie analytique

Rappel de cours

  • UN NUAGE SE DÉCRIT EN TROIS MOTS : le SENS, positif ou négatif ; la FORME, linéaire ou non ; l'INTENSITÉ, du lien nul au lien parfait.
  • COEFFICIENT rr, entre 1-1 et 11 : son SIGNE donne le sens, sa VALEUR ABSOLUE donne l'intensité. Repères : nulle sous 0,200{,}20, faible jusqu'à 0,500{,}50, moyenne jusqu'à 0,750{,}75, forte jusqu'à 0,900{,}90, très forte au-delà.
  • CORRÉLATION N'EST PAS CAUSALITÉ. Un coefficient élevé peut venir d'une variable cachée, comme la chaleur derrière les crèmes glacées et les coups de soleil.
  • rr NE MESURE QUE LE LIEN LINÉAIRE : un nuage courbé peut donner un coefficient proche de zéro tout en présentant un lien parfait. On regarde donc toujours le nuage.
  • DROITE DE MAYER : on range par abscisse croissante, on coupe en deux groupes de même effectif, on calcule les deux points moyens, et la droite les joint.
  • La droite de Mayer passe TOUJOURS par le point moyen global du nuage : c'est la vérification gratuite du chapitre, et elle contrôle d'un coup la pente et l'ordonnée à l'origine.
  • INTERPOLER, c'est prévoir à l'intérieur de la plage observée : la prévision est fiable. EXTRAPOLER, c'est en sortir : la prévision devient fragile, et de plus en plus loin qu'on va.
  • COEFFICIENT ET PENTE répondent à deux questions : le premier dit à quel point on peut se fier au modèle, la seconde dit ce que le modèle prévoit par unité.
  • Une droite RÉSUME un nuage : elle ne passe pas par tous les points, et un écart de quelques pour cent entre prévision et observation est normal.
  • AVANT DE COMMENTER UN COEFFICIENT, on regarde la forme du nuage et l'on choisit le modèle en conséquence : une prévision absurde, comme un temps négatif, signale un modèle inadapté.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Décrire un nuage de points

Un nuage de points se décrit par trois mots : le SENS du lien, positif ou négatif ; sa FORME, linéaire ou non ; et son INTENSITÉ, du lien nul au lien parfait.

Le nuage ci-dessous croise les heures de sommeil d'un groupe d'élèves et leur temps de réaction, mesuré en millisecondes.

345678910240260280300320340360380400420440temps de reaction (ms)heures
  • a) Le lien est-il positif ou négatif ? Justifiez à partir du nuage.
  • b) La forme du nuage est-elle linéaire ? Justifiez.
  • c) L'intensité du lien vous paraît-elle forte, moyenne ou faible ?
  • d) Estimez le coefficient de corrélation : quel signe, et quel ordre de grandeur ?
  • e) Que représentent respectivement le SIGNE et la VALEUR ABSOLUE du coefficient ?

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Réponses

  • a) Négatif : le nuage descend, plus de sommeil va avec un temps de réaction plus court
  • b) Linéaire : les points suivent une droite, sans courbure
  • c) Forte : les points sont serrés autour de leur tendance
  • d) Environ 0,95-0{,}95
  • e) Le signe donne le sens, la valeur absolue donne l'intensité

a) Le lien est NÉGATIF : quand le nombre d'heures de sommeil augmente, le temps de réaction DIMINUE. Le nuage descend de la gauche vers la droite, ce qui est la signature visuelle d'une corrélation négative. En contexte, cela se dit en une phrase : les élèves qui dorment davantage réagissent plus vite.

b) Oui, la forme est linéaire : les points se répartissent le long d'une droite imaginaire, sans courbure ni changement de direction. Le test visuel est simple : on imagine un trait droit passant au milieu du nuage, et l'on regarde si les points s'en écartent au hasard, sans dessiner d'arc. C'est le cas ici.

c) L'intensité paraît FORTE : les points sont serrés autour de leur tendance, et l'on pourrait presque relier les extrémités par une règle. Aucun point ne s'éloigne franchement des autres. Un nuage d'intensité moyenne aurait la même orientation mais une dispersion nettement plus large autour de la droite.

d) Le signe est NÉGATIF, puisque le lien est décroissant. La valeur absolue est proche de 11, vu la faible dispersion : on estimerait le coefficient autour de 0,95-0{,}95. Toute réponse comprise entre 0,90-0{,}90 et 1-1 serait acceptable ici : l'exercice demande d'APPRÉCIER le coefficient, pas de le calculer exactement, et une estimation raisonnée vaut tous les points.

e) Le SIGNE donne le SENS du lien : positif si les deux variables augmentent ensemble, négatif si l'une augmente pendant que l'autre diminue. La VALEUR ABSOLUE donne l'INTENSITÉ : elle vaut 11 pour des points parfaitement alignés, et 00 quand aucune tendance n'apparaît. Les deux informations sont indépendantes : un coefficient de 0,95-0{,}95 décrit un lien aussi fort qu'un coefficient de +0,95+0{,}95, simplement dans l'autre sens. C'est pourquoi on ne dit jamais qu'une corrélation négative est « moins bonne » qu'une positive.

Exercice 2 : Interpréter un coefficient, et ce qu'il ne dit pas

Le coefficient de corrélation linéaire, noté rr, varie entre 1-1 et 11. On le lit en deux temps : son signe, puis sa valeur absolue.

Repères usuels pour l'intensité : nulle sous 0,200{,}20, faible jusqu'à 0,500{,}50, moyenne jusqu'à 0,750{,}75, forte jusqu'à 0,900{,}90, et très forte au-delà.

  • a) Interprétez r=0,86r=0{,}86 entre les heures d'étude et la note obtenue.
  • b) Interprétez r=0,41r=-0{,}41 entre l'âge d'un véhicule et son prix de revente.
  • c) Interprétez r=0,05r=0{,}05 entre la pointure de chaussure et le revenu annuel.
  • d) Une étude trouve r=0,91r=0{,}91 entre le nombre de crèmes glacées vendues et le nombre de coups de soleil. Peut-on conclure que la crème glacée cause les coups de soleil ?
  • e) Un nuage dessine une belle parabole et donne pourtant r=0,03r=0{,}03. Faut-il en conclure qu'il n'y a aucun lien ?

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a)
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Réponses

  • a) Corrélation linéaire positive et forte
  • b) Corrélation linéaire négative et faible
  • c) Corrélation nulle : aucune tendance linéaire
  • d) Non : une variable cachée, la chaleur, fait varier les deux ensemble
  • e) Oui, un lien net mais NON linéaire, que rr ne sait pas mesurer

a) Le signe est positif, donc plus on étudie, plus la note est élevée. La valeur absolue, 0,860{,}86, se situe dans la zone FORTE : les points sont bien groupés autour d'une droite montante. Rédaction attendue : « il existe une corrélation linéaire positive et forte entre le temps d'étude et la note ». Les trois mots comptent, et le mot LINÉAIRE aussi.

b) Le signe est négatif, donc plus le véhicule est vieux, moins il se revend cher. La valeur absolue, 0,410{,}41, tombe dans la zone FAIBLE : la tendance existe mais le nuage est très dispersé, ce qui signifie que d'autres facteurs pèsent, le kilométrage ou l'état, par exemple. Un coefficient faible ne dit pas que le lien est absent, il dit qu'il explique peu.

c) Avec r=0,05r=0{,}05, la corrélation est NULLE en pratique : il n'y a aucune tendance linéaire entre la pointure et le revenu. Le nuage serait un amas sans direction. C'est le résultat attendu, et il est parfaitement légitime de conclure qu'aucun lien linéaire n'apparaît entre ces deux variables.

d) NON. Le coefficient mesure un lien STATISTIQUE, jamais une cause. Ici, les deux variables augmentent ensemble parce qu'elles dépendent toutes deux d'une troisième, la chaleur et l'ensoleillement : c'est ce qu'on appelle une variable cachée. La formulation correcte est « les ventes de crème glacée et les coups de soleil varient ensemble », et surtout pas « l'un cause l'autre ». Aucune valeur de rr, si proche de 11 soit-elle, ne changera cela : la causalité ne se démontre pas avec un nuage de points.

e) NON, et c'est le second piège du coefficient. rr ne mesure que la corrélation LINÉAIRE : il est aveugle à toute autre forme de lien. Une parabole parfaite, où les points montent puis redescendent, donne un coefficient proche de zéro alors que le lien est total et parfaitement prévisible. La conclusion correcte est donc : « il n'y a pas de lien LINÉAIRE, mais le nuage montre un lien évident, de forme courbée ». C'est la raison pour laquelle on REGARDE toujours le nuage avant de commenter un coefficient : le nombre seul ne distingue pas l'absence de lien de la présence d'un lien non linéaire.

Exercice 3 : La droite de Mayer

La droite de Mayer résume un nuage en deux points. On range les couples par abscisse croissante, on coupe la liste en DEUX GROUPES de même effectif, et l'on calcule le point moyen de chaque groupe.

Le tableau donne la quantité d'engrais épandue, en kilogrammes par hectare, et le rendement obtenu, en tonnes par hectare.

Engrais (kg/ha)020406080100120140
Rendement (t/ha)2,12,83,23,94,34,95,25,8
204060801001201401601234567rendement (t/ha)engrais
  • a) Calculez le point moyen du premier groupe, celui des quatre plus petites abscisses.
  • b) Calculez le point moyen du second groupe.
  • c) Calculez la pente de la droite de Mayer, au dix-millième.
  • d) Déterminez l'équation complète de la droite.
  • e) Vérifiez que la droite passe par le point moyen GLOBAL du nuage.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) P1(30;3,0)P_{1}(30\,;3{,}0)
  • b) P2(110;5,05)P_{2}(110\,;5{,}05)
  • c) m=0,0256250,0256m=0{,}025625\approx 0{,}0256
  • d) y0,0256x+2,23y\approx 0{,}0256x+2{,}23
  • e) Point moyen global (70;4,025)(70\,;4{,}025), et la droite y passe exactement

a) Le premier groupe réunit les couples d'abscisses 00, 2020, 4040 et 6060. Moyenne des abscisses : 0+20+40+604=1204=30\dfrac{0+20+40+60}{4}=\dfrac{120}{4}=30. Moyenne des ordonnées : 2,1+2,8+3,2+3,94=124=3,0\dfrac{2{,}1+2{,}8+3{,}2+3{,}9}{4}=\dfrac{12}{4}=3{,}0. Le premier point moyen est donc P1(30;3,0)P_{1}(30\,;3{,}0).

b) Le second groupe réunit 8080, 100100, 120120 et 140140. Moyenne des abscisses : 80+100+120+1404=4404=110\dfrac{80+100+120+140}{4}=\dfrac{440}{4}=110. Moyenne des ordonnées : 4,3+4,9+5,2+5,84=20,24=5,05\dfrac{4{,}3+4{,}9+5{,}2+5{,}8}{4}=\dfrac{20{,}2}{4}=5{,}05. Le second point moyen est P2(110;5,05)P_{2}(110\,;5{,}05). Attention à ne pas mélanger les deux moyennes : on fait la moyenne des xx ENTRE EUX et celle des yy entre eux, jamais la moyenne d'un couple.

c) La pente est celle de la droite qui joint les deux points moyens : m=5,053,011030=2,0580=0,025625m=\dfrac{5{,}05-3{,}0}{110-30}=\dfrac{2{,}05}{80}=0{,}025625, soit 0,02560{,}0256 au dix-millième. Interprétation : chaque kilogramme d'engrais par hectare rapporte environ 0,0260{,}026 tonne de rendement supplémentaire, c'est-à-dire 2626 kilogrammes.

d) On substitue le premier point moyen dans y=0,025625x+by=0{,}025625x+b : 3,0=0,025625×30+b=0,76875+b3{,}0=0{,}025625\times 30+b=0{,}76875+b, donc b=2,23125b=2{,}23125. L'équation est y=0,025625x+2,23125y=0{,}025625x+2{,}23125, qu'on arrondit à y0,0256x+2,23y\approx 0{,}0256x+2{,}23 pour la présentation. Interprétation de bb : sans aucun engrais, le rendement serait d'environ 2,232{,}23 tonnes par hectare, ce que la première donnée du tableau, 2,12{,}1, confirme à peu près.

e) Le point moyen global a pour abscisse 5608=70\dfrac{560}{8}=70 et pour ordonnée 32,28=4,025\dfrac{32{,}2}{8}=4{,}025. On remplace : 0,025625×70+2,23125=1,79375+2,23125=4,0250{,}025625\times 70+2{,}23125=1{,}79375+2{,}23125=4{,}025. La droite passe donc exactement par ce point. Ce n'est pas un hasard : la droite de Mayer passe TOUJOURS par le point moyen global, parce que celui-ci est le milieu des deux points moyens partiels quand les groupes ont le même effectif. C'est la vérification gratuite du chapitre, et elle contrôle d'un coup la pente et l'ordonnée à l'origine.

Exercice 4 : Prévoir avec la droite, et connaître ses limites

Une droite de régression sert à PRÉVOIR. On parle d'INTERPOLATION quand la prévision tombe à l'intérieur de la plage des données observées, et d'EXTRAPOLATION quand elle en sort.

On garde la droite de l'exercice 3, y=0,0256x+2,23y=0{,}0256x+2{,}23, où xx est l'engrais en kg/ha et yy le rendement en t/ha. Les données observées vont de 00 à 140140 kg/ha.

  • a) Quel rendement prévoir pour 5050 kg/ha d'engrais ? S'agit-il d'une interpolation ou d'une extrapolation ?
  • b) Quel rendement prévoir pour 200200 kg/ha ? Même question.
  • c) Laquelle des deux prévisions est la plus fiable, et pourquoi ?
  • d) Quelle quantité d'engrais faudrait-il pour atteindre un rendement de 4,54{,}5 t/ha ?
  • e) Un agronome affirme qu'avec 10001000 kg/ha, le rendement atteindrait 27,827{,}8 t/ha. Commentez.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) 3,513{,}51 t/ha, par interpolation
  • b) 7,357{,}35 t/ha, par extrapolation
  • c) Celle de 5050 kg/ha : elle reste dans la plage observée
  • d) Environ 88,788{,}7 kg/ha
  • e) Calcul juste, conclusion abusive : on extrapole sept fois au-delà des données

a) y=0,0256×50+2,23=1,28+2,23=3,51y=0{,}0256\times 50+2{,}23=1{,}28+2{,}23=3{,}51 t/ha. La valeur 5050 se situe entre 00 et 140140, donc à l'intérieur de la plage observée : c'est une INTERPOLATION.

b) y=0,0256×200+2,23=5,12+2,23=7,35y=0{,}0256\times 200+2{,}23=5{,}12+2{,}23=7{,}35 t/ha. La valeur 200200 dépasse la plus grande abscisse observée, 140140 : c'est une EXTRAPOLATION.

c) L'interpolation de la question a) est nettement plus fiable. Entre 00 et 140140, la droite a été ajustée sur des données réelles et l'on a constaté que le nuage était bien linéaire sur cet intervalle. Au-delà, rien ne garantit que la tendance se poursuive : on prolonge une droite dans une zone où personne n'a mesuré quoi que ce soit. En agronomie, on sait d'ailleurs qu'un excès d'engrais finit par NUIRE au rendement, donc le vrai nuage se courberait et redescendrait.

d) On connaît yy et l'on cherche xx : c'est une équation à résoudre. 4,5=0,0256x+2,234{,}5=0{,}0256x+2{,}23, donc 0,0256x=2,270{,}0256x=2{,}27 et x=2,270,025688,7x=\dfrac{2{,}27}{0{,}0256}\approx 88{,}7 kg/ha. Cette valeur est à l'intérieur de la plage observée, donc la prévision reste fiable. Remarquez qu'on résout ici, alors qu'on remplaçait en a) et b) : c'est l'énoncé qui dit laquelle des deux variables est connue.

e) La prévision est arithmétiquement correcte, 0,0256×1000+2,23=27,830{,}0256\times 1000+2{,}23=27{,}83, mais elle n'a AUCUN sens agronomique. On extrapole ici sept fois au-delà de la plus grande valeur observée, et l'on obtiendrait un rendement près de cinq fois supérieur au meilleur rendement mesuré. Le modèle linéaire n'a jamais été validé dans cette zone, et l'on sait que la réalité y plafonne puis décroît : au-delà d'un certain seuil, l'engrais brûle les racines. La réponse attendue tient en deux temps : le calcul est juste, la conclusion est abusive, et c'est l'extrapolation lointaine qui est en cause. C'est le reproche le plus fréquent qu'un correcteur formule sur ce chapitre.

Exercice 5 : Comparer deux distributions à deux variables

Deux magasins d'une même chaîne étudient le lien entre la température extérieure et leurs ventes quotidiennes de boissons froides.

Magasin A : coefficient r=0,88r=0{,}88, droite de régression de pente 4545 dollars par degré. Magasin B : coefficient r=0,52r=0{,}52, droite de régression de pente 120120 dollars par degré.

  • a) Dans quel magasin le lien entre température et ventes est-il le plus FORT ? Justifiez.
  • b) Dans quel magasin une hausse d'un degré rapporte-t-elle le PLUS de ventes ? Justifiez.
  • c) Ces deux questions ont-elles la même réponse ? Que faut-il en conclure ?
  • d) Le gérant du magasin B affirme : « ma pente est plus grande, donc mon lien est plus fort ». Corrigez.
  • e) Pour quel magasin une prévision de ventes à partir de la température sera-t-elle la plus fiable ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Le magasin A, avec r=0,88r=0{,}88 contre 0,520{,}52
  • b) Le magasin B, avec 120120 dollars par degré contre 4545, soit 7575 de plus
  • c) Non : le coefficient mesure la force, la pente mesure l'effet
  • d) Faux : une grande pente peut accompagner un nuage très dispersé
  • e) Le magasin A, dont le coefficient est le plus proche de 11

a) Le lien est le plus fort au magasin A, dont le coefficient vaut 0,880{,}88 contre 0,520{,}52 pour B. La valeur absolue du coefficient mesure l'INTENSITÉ du lien, c'est-à-dire à quel point les points sont serrés autour de la droite. Au magasin A, la température explique très bien les ventes ; au magasin B, elle ne les explique que partiellement, et d'autres facteurs interviennent.

b) C'est au magasin B qu'un degré de plus rapporte davantage : 120120 dollars contre 4545. La PENTE mesure l'EFFET, c'est-à-dire de combien la variable dépendante change quand la variable indépendante augmente d'une unité. Elle se lit en dollars par degré, et c'est cette unité qui rappelle ce qu'elle mesure.

c) Non, les deux réponses sont différentes : A pour la force du lien, B pour l'effet. Il faut en conclure que le COEFFICIENT et la PENTE répondent à deux questions distinctes, et qu'aucun des deux ne remplace l'autre. Le coefficient dit à quel point on peut se fier au modèle ; la pente dit ce que le modèle prévoit. Un lien faible peut avoir un grand effet, un lien fort un petit effet.

d) C'est faux, et c'est la confusion la plus répandue du chapitre. La pente ne dit rien de la dispersion du nuage. Au magasin B, les ventes bougent beaucoup quand la température change, mais elles bougent aussi beaucoup pour d'autres raisons, ce que traduit le coefficient de 0,520{,}52 : le nuage est large. On peut très bien imaginer un nuage à forte pente et très dispersé, ou un nuage presque plat et parfaitement aligné. Énoncé correct : la pente mesure l'effet, le coefficient mesure la force du lien.

e) Au magasin A. Plus le coefficient est proche de 11 en valeur absolue, moins les points s'écartent de la droite, donc plus la prévision est serrée. Avec r=0,52r=0{,}52 au magasin B, deux journées de même température peuvent afficher des ventes très différentes, et la droite ne donne qu'une tendance moyenne peu contraignante. C'est le coefficient, et non la pente, qu'on regarde avant de se fier à une prévision.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Problème : l'engrais et le rendement

On reprend les données de l'exercice 3 et la droite de Mayer obtenue, y=0,0256x+2,23y=0{,}0256x+2{,}23, où xx est l'engrais en kg/ha et yy le rendement en t/ha.

Un producteur veut décider combien d'engrais épandre sur ses champs. L'engrais coûte 1,801{,}80 dollar le kilogramme et le grain se vend 290290 dollars la tonne.

  • a) Quel rendement la droite prévoit-elle pour 6060 kg/ha ? Comparez à la valeur observée.
  • b) Quelle recette le producteur tire-t-il de ce rendement, par hectare ?
  • c) Combien lui coûte l'engrais, par hectare ?
  • d) Quel est son bénéfice net à 6060 kg/ha ? Et à 120120 kg/ha ?
  • e) Selon ce modèle, a-t-il intérêt à épandre davantage ? Que faudrait-il vérifier avant de conclure ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 3,773{,}77 t/ha, contre 3,93{,}9 observé : un écart de 0,130{,}13 tonne
  • b) Environ 1093,301093{,}30 dollars par hectare
  • c) 108108 dollars par hectare
  • d) 985,30985{,}30 dollars à 6060 kg/ha, et 13211321 dollars à 120120 kg/ha
  • e) Oui selon le modèle, mais il faut d'abord vérifier qu'il reste valable au-delà de 140140 kg/ha

a) y=0,0256×60+2,23=1,536+2,23=3,77y=0{,}0256\times 60+2{,}23=1{,}536+2{,}23=3{,}77 t/ha. La valeur observée dans le tableau est 3,93{,}9 t/ha : l'écart est de 0,130{,}13 tonne, soit environ 3%3\,\%. C'est normal : la droite RÉSUME le nuage, elle ne passe pas par tous les points. Un écart de cet ordre confirme au contraire que le modèle colle bien aux données.

b) La recette vaut le rendement multiplié par le prix de la tonne : 3,77×290=1093,303{,}77\times 290=1093{,}30 dollars par hectare. On multiplie une quantité en tonnes par un prix en dollars par tonne : les tonnes se simplifient et il reste des dollars, ce qui confirme que l'opération a un sens.

c) L'engrais coûte 60×1,80=10860\times 1{,}80=108 dollars par hectare. Ici le prix est au kilogramme et la quantité en kilogrammes par hectare : le résultat est donc bien en dollars par hectare.

d) À 6060 kg/ha : 1093,30108=985,301093{,}30-108=985{,}30 dollars de bénéfice net par hectare. À 120120 kg/ha, le rendement prévu vaut 0,0256×120+2,23=5,300{,}0256\times 120+2{,}23=5{,}30 t/ha, la recette 5,30×290=15375{,}30\times 290=1537 dollars, et l'engrais 120×1,80=216120\times 1{,}80=216 dollars, donc un bénéfice de 13211321 dollars par hectare. Le bénéfice augmente donc de 335,70335{,}70 dollars par hectare quand on double la dose.

e) Selon ce modèle, OUI : chaque kilogramme d'engrais rapporte 0,0256×2907,420{,}0256\times 290\approx 7{,}42 dollars de grain et n'en coûte que 1,801{,}80, donc un gain net d'environ 5,625{,}62 dollars par kilogramme. Le modèle pousse donc à épandre toujours plus, ce qui doit éveiller les soupçons. Avant de conclure, il faudrait vérifier que la relation reste LINÉAIRE au-delà de 140140 kg/ha, la plus forte dose observée. Or on sait qu'un excès d'engrais finit par plafonner le rendement, puis par le faire baisser : le vrai nuage se courbe, et la droite cesse d'être un bon modèle. La réponse complète tient donc en deux temps : ce que dit le modèle, et pourquoi il ne faut pas le suivre hors de sa plage de validité.

204060801001201401601234567rendement (t/ha)droite de Mayerpoint moyen global

Exercice 7 : Problème : le sommeil et le temps de réaction

On reprend les données de l'exercice 1 : huit élèves, leurs heures de sommeil et leur temps de réaction en millisecondes.

Heures : 44, 55, 66, 66, 77, 77, 88, 99. Temps : 420420, 390390, 360360, 345345, 320320, 310310, 285285, 260260.

  • a) Calculez les deux points moyens de la droite de Mayer.
  • b) Déterminez la pente et interprétez-la.
  • c) Déterminez l'équation de la droite.
  • d) Vérifiez que la droite passe par le point moyen global.
  • e) Un élève dort 1010 heures. Que prévoit la droite ? Cette prévision est-elle raisonnable ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) P1(5,25;378,75)P_{1}(5{,}25\,;378{,}75) et P2(7,75;293,75)P_{2}(7{,}75\,;293{,}75)
  • b) 34-34 ms par heure : chaque heure de sommeil fait gagner 3434 ms
  • c) y=34x+557,25y=-34x+557{,}25
  • d) Point moyen (6,5;336,25)(6{,}5\,;336{,}25), et la droite y passe
  • e) 217,25217{,}25 ms, extrapolation d'une seule heure, donc acceptable comme estimation

a) Les données sont déjà rangées par abscisse croissante. Premier groupe, les quatre premières valeurs : abscisses 44, 55, 66, 66, de moyenne 214=5,25\dfrac{21}{4}=5{,}25 ; ordonnées 420420, 390390, 360360, 345345, de moyenne 15154=378,75\dfrac{1515}{4}=378{,}75. Donc P1(5,25;378,75)P_{1}(5{,}25\,;378{,}75). Second groupe : abscisses 77, 77, 88, 99, de moyenne 314=7,75\dfrac{31}{4}=7{,}75 ; ordonnées 320320, 310310, 285285, 260260, de moyenne 11754=293,75\dfrac{1175}{4}=293{,}75. Donc P2(7,75;293,75)P_{2}(7{,}75\,;293{,}75).

b) m=293,75378,757,755,25=852,5=34m=\dfrac{293{,}75-378{,}75}{7{,}75-5{,}25}=\dfrac{-85}{2{,}5}=-34 millisecondes par heure. Interprétation : chaque heure de sommeil supplémentaire fait GAGNER environ 3434 millisecondes sur le temps de réaction. Le signe négatif est ici une bonne nouvelle, puisqu'un temps de réaction plus court vaut mieux : c'est le contexte, et non le signe, qui dit si une pente est favorable.

c) On substitue P1P_{1} dans y=34x+by=-34x+b : 378,75=34×5,25+b=178,5+b378{,}75=-34\times 5{,}25+b=-178{,}5+b, donc b=557,25b=557{,}25. L'équation est y=34x+557,25y=-34x+557{,}25. Attention à l'interprétation de bb : il vaudrait le temps de réaction pour ZÉRO heure de sommeil, ce qui n'a aucun sens réel. Une ordonnée à l'origine n'est pas toujours interprétable, et il faut le dire plutôt que d'inventer une explication.

d) Point moyen global : xˉ=528=6,5\bar{x}=\dfrac{52}{8}=6{,}5 heures et yˉ=26908=336,25\bar{y}=\dfrac{2690}{8}=336{,}25 ms. On remplace : 34×6,5+557,25=221+557,25=336,25-34\times 6{,}5+557{,}25=-221+557{,}25=336{,}25. La droite passe bien par ce point, ce qui valide d'un coup la pente et l'ordonnée à l'origine. C'est la vérification à faire systématiquement après une droite de Mayer.

e) y=34×10+557,25=340+557,25=217,25y=-34\times 10+557{,}25=-340+557{,}25=217{,}25 ms. La prévision est une EXTRAPOLATION, puisque 1010 dépasse la plus grande valeur observée, 99. Elle reste toutefois très proche de la plage des données, d'une seule heure, donc elle est raisonnable, à condition de la présenter comme une estimation. Le modèle devient en revanche absurde si on le pousse : à 1717 heures de sommeil, il prévoirait un temps de réaction négatif, ce qui est impossible. La bonne pratique consiste donc à extrapoler d'un pas, jamais de cinq, et à dire pourquoi on s'arrête là.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Un coefficient de 0,910{,}91 entre les ventes de crème glacée et les coups de soleil prouve que l'un cause l'autre. »
  • 2) « Un coefficient proche de zéro signifie qu'il n'y a aucun lien entre les deux variables. »
  • 3) « Une pente plus grande signifie une corrélation plus forte. »
  • 4) « Une corrélation négative est moins bonne qu'une corrélation positive. »
  • 5) « La droite de régression passe par tous les points du nuage, ou du moins par le premier et le dernier. »

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4)
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Réponses

  • 1) Faux : une variable cachée, la chaleur, explique les deux hausses
  • 2) Faux : seul le lien LINÉAIRE est exclu, pas un lien courbé
  • 3) Faux : la pente mesure l'effet, le coefficient mesure la force
  • 4) Faux : le signe donne le sens, la valeur absolue donne la force
  • 5) Faux : elle passe par les deux points moyens et par le point moyen global

1) FAUX. Le coefficient mesure un lien STATISTIQUE, jamais une cause. Ici, une variable cachée, la chaleur, fait monter les deux en même temps. Énoncé correct : les deux quantités varient ensemble, et la corrélation ne dit rien du sens de la causalité, ni même qu'il en existe une.

2) FAUX. Le coefficient ne mesure que la corrélation LINÉAIRE. Un nuage en forme de parabole peut donner r=0,03r=0{,}03 tout en présentant un lien parfait. Énoncé correct : un coefficient proche de zéro signifie qu'il n'y a pas de lien LINÉAIRE, et il faut regarder le nuage pour savoir s'il existe un lien d'une autre forme.

3) FAUX. La pente mesure l'EFFET, le coefficient mesure la FORCE du lien. Un magasin de pente 120120 dollars par degré et de coefficient 0,520{,}52 a un lien PLUS FAIBLE qu'un magasin de pente 4545 et de coefficient 0,880{,}88. Énoncé correct : les deux nombres répondent à deux questions différentes, et l'on regarde le coefficient pour juger de la fiabilité d'une prévision.

4) FAUX. Le signe donne le SENS, pas la qualité. Un coefficient de 0,95-0{,}95 décrit un lien aussi fort qu'un coefficient de +0,95+0{,}95. Le lien entre le sommeil et le temps de réaction est négatif, et c'est une excellente nouvelle : dormir davantage fait réagir plus vite. Énoncé correct : c'est la valeur absolue qui mesure la force, et le contexte qui dit si la tendance est souhaitable.

5) FAUX. La droite RÉSUME le nuage, elle ne le traverse pas point par point. Pour l'engrais, la droite prévoit 3,773{,}77 t/ha à 6060 kg/ha alors que la valeur observée est 3,93{,}9 : l'écart est normal et même attendu. Énoncé correct : la droite de Mayer passe par les deux points moyens et par le point moyen global, et par eux seuls en général.

Exercice 9 : Problème : deux méthodes de révision

Une école compare deux méthodes de révision en mesurant, pour chaque élève, le temps de révision et la note obtenue.

Méthode A : coefficient r=0,79r=0{,}79, droite y=1,4x+52y=1{,}4x+52. Méthode B : coefficient r=0,34r=0{,}34, droite y=3,1x+41y=3{,}1x+41. Dans les deux cas, xx est le temps de révision en heures et yy la note sur 100100.

  • a) Quelle note chaque méthode prévoit-elle pour un élève qui révise 66 heures ?
  • b) Quelle note chaque méthode prévoit-elle sans aucune révision ?
  • c) À partir de combien d'heures la méthode B prévoit-elle une meilleure note que la méthode A ?
  • d) Pour laquelle des deux méthodes la prévision est-elle la plus fiable ? Justifiez.
  • e) Que conseillez-vous à la direction ? Formulez une conclusion défendable en deux phrases.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 60,460{,}4 pour A et 59,659{,}6 pour B
  • b) 5252 pour A et 4141 pour B
  • c) À partir d'environ 6,476{,}47 heures
  • d) La méthode A, dont le coefficient 0,790{,}79 est nettement plus fort que 0,340{,}34
  • e) A est plus fiable et meilleure jusqu'à 6,56{,}5 h ; rien ne prouve une causalité

a) Méthode A : 1,4×6+52=8,4+52=60,41{,}4\times 6+52=8{,}4+52=60{,}4. Méthode B : 3,1×6+41=18,6+41=59,63{,}1\times 6+41=18{,}6+41=59{,}6. Les deux prévisions sont donc très proches, à moins d'un point l'une de l'autre, alors que les deux droites sont pourtant très différentes.

b) Pour x=0x=0, chaque note vaut l'ordonnée à l'origine : 5252 pour la méthode A et 4141 pour la méthode B. Interprétation : sans révision, les élèves de la méthode A partent onze points plus haut. Cela peut tenir à la méthode elle-même, mais aussi à la composition des deux groupes, et l'énoncé ne permet pas de trancher.

c) On cherche quand 3,1x+413{,}1x+41 dépasse 1,4x+521{,}4x+52 : 3,1x1,4x>52413{,}1x-1{,}4x>52-41, soit 1,7x>111{,}7x>11 et x>111,76,47x>\dfrac{11}{1{,}7}\approx 6{,}47 heures. La méthode B devient donc plus avantageuse à partir d'environ 6,56{,}5 heures de révision. C'est exactement le raisonnement du chapitre des systèmes : le point d'intersection donne le SEUIL, et la réponse se lit du côté où l'on se trouve.

d) La prévision de la méthode A est plus fiable : son coefficient, 0,790{,}79, se situe dans la zone forte, contre 0,340{,}34 pour B, qui est faible. Autrement dit, chez A le temps de révision explique bien la note ; chez B, deux élèves qui révisent le même nombre d'heures peuvent obtenir des notes très différentes. La droite de B décrit une tendance moyenne peu contraignante, malgré sa forte pente.

e) Une conclusion défendable tient compte des deux nombres et reste prudente. Par exemple : « La méthode A donne une relation nettement plus fiable entre le temps de révision et la note, et elle est plus avantageuse jusqu'à environ 6,56{,}5 heures de révision. La méthode B promet davantage au-delà, mais sa corrélation faible rend cette promesse incertaine, et la comparaison ne prouve pas qu'une méthode CAUSE de meilleures notes, les deux groupes n'ayant peut-être pas le même profil au départ. » Les deux réserves comptent autant que les chiffres : l'incertitude liée au coefficient, et l'absence de preuve de causalité. C'est précisément ce qu'un correcteur cherche dans une question de conclusion.

Exercice 10 : Problème : quand la droite ne convient pas

Une piscine municipale mesure le temps de remplissage selon le nombre de boyaux d'arrosage utilisés simultanément. Les résultats sont dans le tableau, et le nuage est tracé.

Le coefficient de corrélation linéaire vaut environ 0,85-0{,}85, ce qui paraît fort.

Boyaux123456
Temps (min)24012080604840
1234567820406080100120140160180200220240260temps (min)boyaux
  • a) Décrivez la forme du nuage. Est-elle linéaire ?
  • b) Calculez la droite de Mayer de ce nuage.
  • c) Que prévoit cette droite pour 88 boyaux ? Commentez.
  • d) Quel modèle décrit réellement la situation ? Vérifiez-le sur deux données du tableau.
  • e) Que conclure sur l'usage du coefficient de corrélation linéaire ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Courbée : chute brutale puis aplatissement, ce n'est pas une droite
  • b) y32,44x+211,56y\approx -32{,}44x+211{,}56
  • c) 48-48 minutes, une valeur impossible : le modèle est inadapté
  • d) Variation inverse, y=240xy=\dfrac{240}{x}, qui donne 3030 minutes pour huit boyaux
  • e) Le coefficient linéaire ne suffit jamais : on regarde le nuage avant de choisir le modèle

a) Le nuage descend, mais il n'est pas LINÉAIRE : il chute brutalement entre un et deux boyaux, puis s'aplatit, et les derniers points sont presque alignés horizontalement. Cette forme en courbe décroissante qui s'aplatit est la signature d'une variation INVERSE, pas d'une droite. Le coefficient de 0,85-0{,}85 est donc trompeur : il est fort parce que la tendance générale est bien descendante, mais la FORME n'est pas celle d'une droite.

b) Premier groupe, les trois premières valeurs : abscisses 11, 22, 33, de moyenne 22 ; ordonnées 240240, 120120, 8080, de moyenne 4403146,67\dfrac{440}{3}\approx 146{,}67. Second groupe : abscisses 44, 55, 66, de moyenne 55 ; ordonnées 6060, 4848, 4040, de moyenne 148349,33\dfrac{148}{3}\approx 49{,}33. La pente vaut 49,33146,6752=97,33332,44\dfrac{49{,}33-146{,}67}{5-2}=\dfrac{-97{,}33}{3}\approx -32{,}44, et b146,67+32,44×2=211,56b\approx 146{,}67+32{,}44\times 2=211{,}56. La droite est donc y32,44x+211,56y\approx -32{,}44x+211{,}56.

c) y=32,44×8+211,56=259,56+211,56=48y=-32{,}44\times 8+211{,}56=-259{,}56+211{,}56=-48 minutes. La droite prévoit un temps NÉGATIF, ce qui est impossible : aucune piscine ne se remplit en moins de zéro minute. C'est la démonstration la plus nette qu'un modèle peut être ajusté correctement et rester totalement inadapté. Le calcul est juste, le modèle est faux.

d) La situation suit une variation INVERSE : plus il y a de boyaux, moins il faut de temps, et le produit des deux reste constant. Vérifions : 1×240=2401\times 240=240, et 6×40=2406\times 40=240 également. On peut le confirmer sur toutes les données : 2×120=2402\times 120=240, 3×80=2403\times 80=240, 4×60=2404\times 60=240 et 5×48=2405\times 48=240. Le modèle est donc y=240xy=\dfrac{240}{x}, et le nombre 240240 représente le temps qu'un seul boyau mettrait, c'est-à-dire le travail total à faire. Pour huit boyaux, il prévoit 2408=30\dfrac{240}{8}=30 minutes, une valeur parfaitement plausible.

e) Qu'il ne suffit JAMAIS à lui seul. Le coefficient de corrélation LINÉAIRE ne mesure que l'alignement des points, et il peut être élevé sur un nuage nettement courbé, comme ici avec 0,85-0{,}85. La règle de travail qui en découle est simple et vaut pour tout le chapitre : on REGARDE le nuage avant de commenter un coefficient, et l'on choisit le modèle d'après la FORME observée, pas d'après un nombre. Le plan de la séquence le dit d'ailleurs en toutes lettres : il s'agit de tracer une courbe associée au modèle CHOISI, et le choix précède toujours le tracé.

Chapitre précédent La géométrie analytique Chapitre suivant Dispersion, rang centile et diagrammes

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

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