Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC) • Exercices corrigés de cégep à Montréal
Exercices corrigés : l'effet Doppler, source mobile, observateur mobile et composante radiale (203-SN3-RE)
Voici dix exercices corrigés sur l'effet Doppler pour le cours 203-SN3-RE, Ondes et physique moderne, dans le programme révisé de Sciences de la nature (200.B1). Le chapitre figure au devis de cours de plusieurs cégeps, avec son laboratoire, et il ne se réduit pas à la sirène d'ambulance : il porte la formule générale, le cas où les deux parties bougent, le milieu en mouvement, la géométrie hors axe et toutes les mesures de vitesse qui en dépendent, de l'échographie au radar.
La partie A installe le mécanisme : ce qui change vraiment quand la source avance, la formule générale écrite une fois pour toutes avec des vitesses algébriques, le vent, la composante radiale et le double décalage d'un écho. La partie B monte au niveau examen : la sirène en rotation, le Doppler de la lumière et son décalage transversal sans équivalent classique, cinq affirmations à corriger, puis deux mesures d'angle réelles, le débitmètre médical et le radar routier, qui posent la même formule et en tirent des conclusions opposées.
Le fil de la série : la fréquence doit-elle MONTER ou DESCENDRE ? On répond avant de calculer, et on choisit ensuite le signe qui donne ce sens-là. Presque toutes les erreurs du chapitre sont des erreurs de signe, et elles disparaissent avec ce réflexe. Le second réflexe, jumeau du premier : ce qui change n'est jamais la vitesse de l'onde dans le milieu, c'est la longueur d'onde reçue quand la source avance, et le taux de rencontre quand l'observateur avance.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Formule générale, air immobile : on oriente un axe de la SOURCE vers l'OBSERVATEUR, on note vs et vo les vitesses algébriques sur cet axe, et f′=f0v−vsv−vo. Plus aucun signe à deviner.
•Les deux cas simples ne sont PAS symétriques : source mobile f′=f0v−vsv, observateur mobile f′=f0vv+vo. Source mobile, la longueur d'onde est comprimée ; observateur mobile, elle est intacte et c'est le taux de rencontre qui monte.
•La vitesse du son ne dépend que du milieu, jamais du mouvement de la source : environ 343 m/s dans l'air à 20 °C, 1540 m/s dans les tissus, 1500 m/s dans l'eau.
•Milieu en mouvement : un vent w compté positivement de la source vers l'observateur remplace simplement v par v+w dans la formule générale. Sans mouvement de part ni d'autre, le vent ne change AUCUNE fréquence.
•Hors axe : seule la composante radiale compte, f′=f0v−vscosθv. Au point le plus proche, cosθ=0 et on entend exactement f0 : le maximum de fréquence est atteint bien AVANT le passage.
•Réflexion sur une cible mobile : le décalage compte DOUBLE, la cible étant d'abord observateur puis source. Pour des vitesses faibles, Δf≈c2f0vcosθ. C'est la formule du débitmètre, du sonar et du radar.
•Extrêmes d'une source en rotation : fmax et fmin redonnent f0 par la moyenne HARMONIQUE fmax+fmin2fmaxfmin, jamais par la moyenne arithmétique.
•Lumière : aucun milieu, donc une seule formule, f′=f01+β1−β en éloignement, β=cv ; pour β≪1, λΔλ≈β. Décalage transversal f′=γf0, purement relativiste, sans équivalent acoustique.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Ce que le microphone mesure vraiment
Une locomotive siffle à f0=500 Hz et roule en ligne droite à vs=30,0 m/s. La vitesse du son dans l'air vaut v=343 m/s. Un microphone M est posé devant elle sur la voie, un autre microphone N derrière elle. La figure montre deux fronts d'onde émis aux positions A et B, alors que la locomotive est déjà en S.
Dans tout l'exercice, on raisonne d'abord sur la LONGUEUR D'ONDE, puis on en déduit la fréquence par λ=fv.
a) Calculez la longueur d'onde que mesurerait un microphone si la locomotive était immobile, puis celle que mesure M et celle que mesure N.
b) Déduisez-en les fréquences entendues en M et en N. La vitesse du son est-elle différente en M et en N ?
c) La locomotive est maintenant immobile et c'est le microphone qui avance vers elle à 30,0 m/s. Donnez la longueur d'onde qu'il rencontre, la vitesse à laquelle il rencontre les fronts, puis la fréquence perçue.
d) Comparez la fréquence du b) en M à celle du c) et expliquez pourquoi elles diffèrent, alors que la vitesse relative est la même dans les deux cas.
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Réponses
a)λ0=0,686 m, λM=0,626 m, λN=0,746 m
b)fM=547,9 Hz, fN=459,8 Hz ; la vitesse du son vaut 343 m/s des deux côtés
c)λ=0,686 m inchangée, rencontre à 373 m/s, f′=543,7 Hz
d)4,2 Hz d'écart : l'air sert de référence, les deux mécanismes ne sont pas les mêmes
a)
La locomotive émet un front tous les T=5001=2,00 ms. Au repos, chaque front a le temps de parcourir vT avant le suivant : λ0=500343=0,686 m. Quand elle avance, elle se déplace de vsT pendant ce même intervalle, donc l'écart entre deux fronts DEVANT elle vaut vT−vsT : λM=500343−30=500313=0,626 m. Derrière, les deux déplacements s'ajoutent : λN=500343+30=500373=0,746 m. La figure le montre sans calcul : les cercles se serrent du côté où la source va.
b)
Une fois le front lâché, l'air ne sait plus rien de la locomotive : chaque front avance à 343 m/s dans les deux directions, en M comme en N. C'est le point à tenir. La fréquence se lit alors directement : fM=λMv=0,626343=547,9 Hz et fN=0,746343=459,8 Hz. Vérification de sens : la source vient vers M, donc M doit entendre PLUS AIGU que 500 Hz, et 547,9>500 ; elle fuit N, qui doit entendre plus grave, et 459,8<500. Les deux sens sont bons.
c)
Rien ne bouge du côté de l'émission : les fronts sont ceux d'une source au repos, espacés de λ0=0,686 m, et cette longueur d'onde ne change pas d'un iota parce qu'un microphone se promène dedans. Ce qui change, c'est la vitesse à laquelle le microphone les rencontre : 343+30=373 m/s. Il en croise donc f′=0,686373=543,7 Hz. Sens vérifié à nouveau : il fonce vers la source, donc plus aigu que 500 Hz.
d)
547,9 Hz contre 543,7 Hz : un écart de 4,2 Hz, soit 0,8 pour cent, parfaitement audible pour une oreille musicale. Les deux situations ne sont pas équivalentes parce que l'air n'est pas un décor neutre, c'est le milieu qui porte l'onde et qui sert de référence. Source mobile : la longueur d'onde elle-même est fabriquée plus courte, et la vitesse de rencontre reste 343 m/s. Observateur mobile : la longueur d'onde reste 0,686 m et c'est la vitesse de rencontre qui monte à 373 m/s. Deux mécanismes différents, donc deux formules différentes, fv−vsv d'un côté et fvv+vo de l'autre. L'élève qui retient une seule formule et bricole le signe se trompe ici de 4 Hz, ce qui suffit à perdre la question ; pire, il perd la seule idée du chapitre. Retenez la phrase : devant une source qui avance, c'est la LONGUEUR D'ONDE qui est comprimée ; devant un observateur qui avance, c'est le TAUX DE RENCONTRE qui augmente.
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Exercice 2 : Deux trains qui se croisent : la formule générale
Un train A siffle à f0=440 Hz et roule à 25,0 m/s. Un passager du train B l'écoute ; B roule à 15,0 m/s sur une voie parallèle. Vitesse du son : v=340 m/s, air immobile.
On oriente un axe de la SOURCE vers l'OBSERVATEUR et on note vs et vo les vitesses algébriques de la source et de l'observateur sur cet axe. La formule générale s'écrit alors f′=f0v−vsv−vo, et il n'y a plus un seul signe à choisir. Le schéma ci-dessous représente les deux situations.
a) Les deux trains se rapprochent, face à face. Dites d'abord si la fréquence doit monter ou descendre, donnez vs et vo, puis calculez f′.
b) Ils se sont croisés et s'éloignent. Même démarche : sens attendu, puis f′, puis la chute entendue au croisement.
c) Ils roulent maintenant dans le même sens, A derrière B, avec les mêmes vitesses. Sens attendu, puis f′.
d) Toujours dans le même sens, à quelle vitesse B devrait-il rouler pour entendre exactement 440 Hz ? Un camarade a trouvé 390,4 Hz à la question a) : quelle faute a-t-il commise ?
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Réponses
a)vs=+25,0 m/s, vo=−15,0 m/s, f′=495,9 Hz
b)f′=391,8 Hz, soit une chute de 104,1 Hz au croisement
c)f′=454,0 Hz : plus aigu que 440 Hz, mais moins qu'en a)
d)vo=25,0 m/s ; le camarade a retourné la fraction
a)
Sens attendu : ils se rapprochent, donc plus aigu que 440 Hz. L'axe va de A vers B. A avance vers B, donc vs=+25,0 ; B avance vers A, donc en sens inverse de l'axe, vo=−15,0. f′=440×340−25340+15=440×315355=495,9 Hz. C'est bien plus aigu : le sens est respecté.
b)
Sens attendu : ils s'éloignent, donc plus grave. On réoriente l'axe, toujours de la source vers l'observateur. A recule par rapport à cet axe, vs=−25,0 ; B s'éloigne, vo=+15,0. f′=440×340+25340−15=440×365325=391,8 Hz. Plus grave, sens respecté. Au croisement, le passager entend donc chuter de 495,9 à 391,8 Hz, soit 104,1 Hz d'un coup.
c)
Sens attendu : A roule plus vite que B et le rattrape, donc la distance diminue et la fréquence doit MONTER, mais moins qu'en a), puisque la vitesse d'approche n'est plus 40 m/s mais 10 m/s. Axe de A vers B : A avance vers B, vs=+25,0 ; B avance dans le même sens que l'axe, donc il fuit, vo=+15,0. f′=440×340−25340−15=440×315325=454,0 Hz. Entre 440 et 495,9 : conforme à l'attente.
d)
Il faut 340−25340−vo=1, donc vo=25,0 m/s : B doit rouler exactement à la vitesse de A. La distance entre eux ne varie plus, aucun front ne se comprime ni ne s'étire du point de vue de B, et il entend la fréquence d'émission, alors même que les deux trains foncent à 90 km/h dans l'air. C'est une bonne façon de retenir que seul compte le mouvement RELATIF le long de la ligne qui joint les deux. Quant à 390,4 Hz, c'est 440×355315 : le camarade a inversé numérateur et dénominateur. Le contrôle de sens l'aurait sauvé en deux secondes, puisque 390,4 Hz est plus GRAVE alors que les trains se rapprochent. Une question à 10 points perdue pour une fraction retournée, et le pire est que le résultat faux ressemble au bon : les deux valeurs 495,9 et 390,4 encadrent 440, seule la position par rapport à 440 les distingue.
Exercice 3 : Le vent : quand c'est le milieu qui bouge
La figure montre les fronts d'onde émis par une source S IMMOBILE au sol, dans un air qui dérive à w=20,0 m/s de S vers le microphone M ; N est un microphone placé du côté d'où vient le vent. La source émet à f0=440 Hz et le son se propage à v=340 m/s PAR RAPPORT À L'AIR.
Le seul geste à faire est de se placer dans le référentiel de l'air, où la formule de l'exercice 2 s'applique telle quelle ; on revient ensuite au sol.
a) Sur le sol, calculez la longueur d'onde mesurée en M, celle mesurée en N, et la fréquence entendue en M.
b) Montrez que, pour un mouvement le long d'une même droite, tout se passe comme si la vitesse du son valait v+w dans la formule générale, et calculez f′ quand la source avance en plus à 30,0 m/s vers M, vent dans le dos.
c) Même source à 30,0 m/s vers M, mais le vent souffle maintenant de M vers S. Calculez f′.
d) Calculez f′ sans vent, classez les trois résultats et concluez sur la phrase répandue selon laquelle un vent portant rend le son plus aigu.
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Réponses
a)λM=0,818 m, λN=0,727 m, et pourtant 440 Hz des deux côtés
b)v devient v+w ; f′=480,0 Hz
c)f′=485,5 Hz
d)482,6 Hz sans vent : le vent portant DIMINUE le décalage, la phrase répandue est fausse
a)
Les cercles de la figure sont décentrés : le front émis il y a nT a pour rayon vnT mais son centre a dérivé de wnT. Du côté de M les fronts sont donc espacés de (v+w)T et du côté de N de (v−w)T. Numériquement λM=440360=0,818 m, λN=440320=0,727 m, contre 440340=0,773 m sans vent. Les longueurs d'onde SONT différentes, et pourtant les deux microphones entendent 440 Hz : du côté de M le front avance à 360 m/s sur le sol, et 0,818360=440 ; du côté de N il avance à 320 m/s, et 0,727320=440. La vitesse et la longueur d'onde ont été multipliées par le MÊME facteur, leur rapport ne bouge pas. C'est la vérification de sens du chapitre : personne ne bouge par rapport à personne, donc aucun décalage, quoi que fasse le vent.
b)
Dans le référentiel de l'air, la source a la vitesse vs−w et l'observateur vo−w sur l'axe orienté de la source vers l'observateur. La formule générale donne f′=f0v−(vs−w)v−(vo−w)=f0(v+w)−vs(v+w)−vo : le vent se contente de remplacer v par v+w partout, w étant compté positivement dans le sens source vers observateur. Ici v+w=360, vo=0, vs=+30,0, donc f′=440×330360=480,0 Hz.
c)
Le vent change de signe : w=−20,0, donc v+w=320. f′=440×320−30320=440×290320=485,5 Hz.
d)
Sans vent, f′=440×310340=482,6 Hz. Le classement est donc : vent portant 480,0 Hz, pas de vent 482,6 Hz, vent contraire 485,5 Hz. La phrase répandue est doublement fausse. D'abord, quand personne ne bouge, le vent ne change RIEN à la hauteur du son, comme le a) vient de l'établir ; il change seulement le temps de trajet et l'intensité reçue, ce qui donne l'impression d'un son porté. Ensuite, quand la source bouge, un vent portant DIMINUE le décalage au lieu de l'augmenter, parce que ce qui compte est le rapport v+wvs : en augmentant la vitesse de propagation sur le sol, le vent laisse moins de temps à la source pour rattraper ses propres fronts. L'écart reste modeste, 5,5 Hz entre les deux vents extrêmes, mais le SENS de l'effet est l'inverse de l'intuition, et c'est exactement le genre de question à trois points que l'on perd en répondant au feeling.
Exercice 4 : Le train qui passe à côté : la composante radiale
Un train siffle à f0=450 Hz et roule à 70,0 m/s sur une voie rectiligne. Un observateur O se tient à d=60,0 m de la voie. Vitesse du son : v=340 m/s.
Seule compte la projection de la vitesse sur la ligne de visée, vr=vscosθ, où θ est l'angle entre la vitesse du train et la direction train vers observateur. On écrit donc f′=f0v−vscosθv, et on néglige le temps de propagation du son.
a) Le train est encore très loin, presque sur la ligne de visée. Calculez la fréquence entendue.
b) Le train passe au point de la voie le plus proche de O. Quelle fréquence O entend-il alors, et pourquoi ?
c) Le train se trouve à 60,0 m du point le plus proche, avant de l'atteindre. Calculez cosθ, la composante radiale, puis la fréquence entendue.
d) À quel angle θ l'observateur entend-il exactement 500 Hz ? À quelle distance du point le plus proche le train se trouve-t-il alors ?
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Réponses
a)f′=566,7 Hz, le maximum de tout le passage
b)f′=450 Hz exactement : la composante radiale s'annule
c)cosθ=0,707, vr=49,5 m/s, f′=526,7 Hz
d)cosθ=0,486, θ=60,9°, à 33,3 m du point le plus proche
a)
Très loin, θ→0 et cosθ→1 : la vitesse est entièrement radiale. f′=450×340−70340=450×270340=566,7 Hz. C'est la valeur MAXIMALE de tout le passage, et elle est atteinte quand le train est le plus loin, ce qui surprend toujours.
b)
Au point le plus proche, la vitesse est perpendiculaire à la ligne de visée : θ=90°, cosθ=0, vr=0. Le train ne se rapproche plus ni ne s'éloigne de O à cet instant, sa distance passe par un minimum et sa dérivée est nulle. Donc f′=f0=450 Hz exactement. Aucun décalage au moment du passage : c'est le résultat le plus contre-intuitif du chapitre, et celui que l'examen aime poser.
c)
La figure donne la géométrie : le train est à 60,0 m du point le plus proche et O est à 60,0 m de la voie, donc la ligne de visée fait 45° avec la voie. cosθ=602+60260=21=0,7071. La composante radiale vaut vr=70,0×0,7071=49,50 m/s : le train fonce à 252 km/h mais ne se rapproche de O qu'à 49,5 m/s. f′=450×340−49,50340=290,50153000=526,7 Hz. Entre 450 et 566,7 : le sens est bon.
d)
On résout 450×340−70cosθ340=500, soit 340−70cosθ=500450×340=306, donc 70cosθ=34 et cosθ=0,4857. D'où θ=60,9°. La distance au point le plus proche se lit dans le triangle rectangle : tanθ=xd, donc x=tan60,9°60,0=1,80060,0=33,3 m. Le train n'est donc plus qu'à une trentaine de mètres du point de croisement quand la fréquence est déjà retombée de 566,7 à 500 Hz : tout le glissement se joue sur les dernières centaines de mètres, ce qui explique pourquoi on l'entend comme une chute brusque et non comme une descente lente. Le piège classique consiste à écrire cosθ=dx au lieu de x2+d2x, ou à prendre l'angle au sommet O plutôt qu'au sommet T : les deux erreurs donnent un cosinus supérieur à 1 dès que le train est loin, ce qui devrait alerter immédiatement.
Exercice 5 : La chauve-souris et le papillon : deux décalages, pas un
Une chauve-souris émet un cri de f0=42,0 kHz et vole à 8,00 m/s. Droit devant elle, un papillon de nuit fuit à 3,00 m/s dans la même direction. Vitesse du son : v=340 m/s.
L'écho se construit en DEUX temps : le papillon reçoit d'abord le son comme un observateur mobile, puis il le renvoie comme une source mobile émettant la fréquence qu'il a reçue. Le schéma ci-dessous représente la situation.
a) Calculez la fréquence f1 reçue par le papillon, puis la fréquence f2 que la chauve-souris reçoit en retour. Quel est le décalage total f2−f0 ?
b) Montrez que pour des vitesses faibles devant v, le décalage vaut à peu près v2f0(vc−vp), et comparez cette valeur approchée au résultat exact.
c) Le papillon fait demi-tour et fonce vers la chauve-souris à 3,00 m/s. Recalculez f2 et le décalage.
d) Un élève applique la formule une seule fois, avec la vitesse d'approche 5,00 m/s, et trouve 42,63 kHz. Quel décalage obtient-il, et de quel facteur se trompe-t-il ?
Voir la correction
Réponses
a)f1=42,63 kHz, f2=43,25 kHz, décalage 1254 Hz
b)Δf≈1235 Hz, à 1,5 pour cent de la valeur exacte
c)f2=44,81 kHz, décalage 2808 Hz
d)Il trouve 627 Hz : il se trompe d'un facteur 2, celui de l'aller-retour
a)
Premier temps, le papillon est l'observateur et la chauve-souris la source. Axe de la chauve-souris vers le papillon : vs=+8,00, vo=+3,00 puisque le papillon fuit dans le sens de l'axe. f1=42000×340−8340−3=42000×332337=42632,5 Hz. Deuxième temps, les rôles s'échangent : le papillon devient la source de f1 et la chauve-souris l'observateur. Nouvel axe, du papillon vers la chauve-souris : le papillon s'éloigne donc vs=−3,00, la chauve-souris s'approche donc vo=−8,00. f2=42632,5×340+3340+8=42632,5×343348=43254,0 Hz. Décalage total : 43254−42000=1254 Hz, soit 1,25 kHz.
b)
En regroupant, f2=f0(v−vc)(v+vp)(v−vp)(v+vc). Pour vc et vp petits devant v, chaque facteur vaut 1 plus un petit terme, et en ne gardant que le premier ordre il reste f2≈f0(1+v2(vc−vp)), donc Δf≈3402×42000×5,00=1235 Hz. Contre 1254 Hz exactement : 1,5 pour cent d'écart, ce qui est négligeable pour une estimation mais pas pour un calcul demandé au centième. Le facteur 2 est la signature de l'aller-retour, et c'est lui qu'il faut retenir.
c)
Les deux se rapprochent maintenant. Premier temps : vs=+8,00, vo=−3,00, f1=42000×332343=43391,6 Hz. Deuxième temps : le papillon avance vers la chauve-souris, vs=+3,00, et la chauve-souris avance vers lui, vo=−8,00 : f2=43391,6×337348=44807,9 Hz. Décalage 2808 Hz, soit 2,81 kHz, plus du double du a). La chauve-souris dispose donc d'une mesure très nette du SENS de fuite de sa proie, et c'est précisément l'information dont elle a besoin pour corriger sa trajectoire.
d)
Avec une seule application, 42000×340−5340=42626,9 Hz, soit un décalage de 627 Hz. Il se trompe d'un facteur 2 tout rond, puisque 2×627=1254. L'erreur est invisible à la lecture, le résultat a la bonne taille et le bon signe, et elle coûte pourtant toute la question. La règle à tenir : dès qu'il y a RÉFLEXION sur une cible mobile, le décalage compte double, parce que la cible subit le Doppler une première fois en recevant et une seconde fois en réémettant. C'est ce même facteur 2 que l'on retrouvera au débitmètre médical de l'exercice 9 et au radar routier de l'exercice 10, et il vaut pour toutes les ondes, sonores ou électromagnétiques.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : La sirène au bout d'une corde
Un petit buzzer qui émet à f0=1,20 kHz est attaché à une corde de R=1,00 m et mis en rotation dans un plan horizontal, à 3,00 tours par seconde. Un observateur O se tient loin, dans le plan du cercle. Vitesse du son : v=340 m/s.
La figure numérote quatre positions du buzzer et donne à chacune sa vitesse tangentielle. Le cercle est petit devant la distance à O, donc la ligne de visée est pratiquement la même en tout point du cercle.
a) Calculez la vitesse tangentielle du buzzer.
b) Calculez la fréquence la plus haute et la fréquence la plus basse que O entend.
c) À laquelle des quatre positions numérotées chacune de ces deux valeurs est-elle atteinte ? Que vaut la fréquence aux positions 1 et 3 ?
d) Un élève calcule la moyenne de vos deux réponses du b) pour retrouver f0. Que trouve-t-il, et quelle moyenne fallait-il prendre ?
Voir la correction
Réponses
a)u=18,85 m/s
b)fmax=1270,4 Hz, fmin=1137,0 Hz
c)fmax en 2, fmin en 4 ; aux positions 1 et 3, exactement 1200 Hz
d)Il trouve 1203,7 Hz ; c'est la moyenne HARMONIQUE qui redonne f0 exactement
a)
La vitesse tangentielle vaut u=2πRn=2π×1,00×3,00=18,85 m/s, soit 67,9 km/h au bout d'une corde d'un mètre. C'est largement assez pour un décalage audible, et c'est pourquoi cette expérience se fait dans tous les laboratoires.
b)
La fréquence est maximale quand la composante radiale vers O est maximale, c'est-à-dire quand la vitesse pointe droit vers O : fmax=1200×340−18,85340=321,15408000=1270,4 Hz. Elle est minimale quand la vitesse pointe droit à l'opposé : fmin=1200×358,85340=1137,0 Hz. Le son oscille donc entre ces deux valeurs trois fois par seconde, et cette ondulation de hauteur est exactement ce qu'on entend quand on fait tourner un objet sonore au bout d'un fil.
c)
Position 2 : la vitesse pointe vers O, c'est là que fmax est atteinte. Position 4 : la vitesse pointe à l'opposé, c'est fmin. Aux positions 1 et 3, la vitesse est PERPENDICULAIRE à la ligne de visée, donc vr=0 et O entend exactement f0=1200 Hz. Or la position 1 est le point du cercle le plus PROCHE de O et la position 3 le plus LOIN : l'extremum de distance ne coïncide pas avec l'extremum de fréquence, il est décalé d'un quart de tour. C'est le même résultat qu'à l'exercice 4, transposé au mouvement circulaire, et c'est le piège favori de la question : on croit que le son est le plus aigu quand la source est le plus près, alors que c'est le moment où il n'est pas décalé du tout.
d)
La moyenne arithmétique donne 21270,4+1137,0=1203,7 Hz, et non 1200 Hz : l'écart de 3,7 Hz n'est pas une erreur d'arrondi, il est structurel. La raison est que fmax et fmin ne s'écartent pas symétriquement de f0 : le dénominateur v−u tire plus fort vers le haut que v+u ne tire vers le bas. La bonne moyenne est la moyenne HARMONIQUE, fmax+fmin2fmaxfmin, qui redonne f0 exactement. On le vérifie en remplaçant : (v2−u2)2f02v2×2f0v2v2−u2=f0, sans aucune approximation. Retenir cette identité vaut de l'or en examen, parce qu'elle permet de retrouver à la fois f0 et u à partir de deux mesures seulement, sans jamais avoir eu accès à la source au repos.
Exercice 7 : Quand il n'y a plus de milieu : le Doppler de la lumière
Une sonde spatiale émet une balise à f0=1,00 GHz. Pour la lumière il n'existe aucun milieu porteur, donc seule la vitesse RELATIVE compte et il n'y a qu'une formule : f′=f01+β1−β pour un éloignement, avec β=cv, et le même radical retourné pour un rapprochement.
Pour un mouvement purement transversal, c'est-à-dire sans aucune composante radiale, la formule devient f′=γf0 avec γ=1−β21. Le schéma ci-dessous représente les deux positions de la sonde.
a) La sonde s'éloigne à 0,600c. Calculez la fréquence reçue. Même question si elle s'approche à la même vitesse. Que vaut le produit des deux résultats ?
b) La sonde passe au plus près, sa vitesse étant alors exactement perpendiculaire à la ligne de visée. Calculez γ puis la fréquence reçue, et comparez au cas acoustique de l'exercice 4 question b).
c) Montrez que pour β très petit le radical vaut à peu près 1−β, donc λΔλ≈β. Une étoile s'éloigne à 30,0 km/s : de combien une raie de 500,0 nm est-elle décalée ? (c=3,00×105 km/s.)
d) En acoustique, source mobile et observateur mobile ne donnent pas le même résultat. Pourquoi cette asymétrie disparaît-elle pour la lumière ?
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Réponses
a)0,500 GHz et 2,00 GHz ; leur produit vaut f02=1,00
b)γ=1,25, f′=0,800 GHz, alors qu'en acoustique on entendrait exactement f0
c)β=1,00×10−4, Δλ=0,0500 nm
d)Aucun milieu porteur, donc aucun référentiel privilégié : seule la vitesse relative existe
a)
Éloignement : f′=1,00×1+0,6001−0,600=1,6000,400=0,250=0,500 GHz. Vérification de sens : elle s'éloigne, donc décalage vers le bas, et 0,500<1,00. Rapprochement : le radical se retourne, f′=4,00=2,00 GHz. Le produit vaut 0,500×2,00=1,00=f02, ce qui n'est pas un hasard : les deux facteurs sont inverses l'un de l'autre, conséquence directe du fait que renverser le sens du mouvement revient à changer β en −β. Notez au passage l'ampleur : à 0,6c la fréquence est divisée ou multipliée par deux, là où la locomotive de l'exercice 1 jouait sur huit à dix pour cent.
b)
γ=1−0,3601=0,6401=0,8001=1,25, donc f′=1,251,00=0,800 GHz. Et c'est là que la lumière se sépare vraiment du son : en acoustique, au point le plus proche, la composante radiale est nulle et l'observateur entend EXACTEMENT f0, comme l'exercice 4 l'a établi. Ici il reçoit 0,800 GHz, soit un décalage vers le rouge de vingt pour cent alors que la sonde ne s'éloigne ni ne se rapproche à cet instant. Ce décalage transversal n'a aucun équivalent classique : il ne vient pas de la géométrie des fronts d'onde mais de la DILATATION DU TEMPS, l'horloge de la sonde battant plus lentement vue de la Terre. C'est d'ailleurs l'une des mesures qui ont confirmé la relativité restreinte.
c)
Pour β petit, 1+β1−β≈(1−2β)(1−2β)≈1−β, et comme λ varie en sens inverse de f, λΔλ≈β=cv. Ici β=3,00×10530,0=1,00×10−4, donc Δλ=500,0×1,00×10−4=0,0500 nm. Un vingtième de nanomètre : c'est minuscule, et c'est pourtant de cette mesure que sortent toutes les vitesses radiales d'étoiles et la détection des exoplanètes. La série sur la physique quantique de ce même cours applique exactement cette formule au décalage vers le rouge d'une galaxie et à la loi de Hubble.
d)
Parce que l'asymétrie acoustique venait entièrement de l'existence d'un milieu. L'air fournit un référentiel privilégié, et il y a donc une différence physique réelle entre bouger par rapport à l'air et rester immobile dedans : dans un cas on fabrique une longueur d'onde différente, dans l'autre on rencontre les fronts plus vite. Pour la lumière, il n'y a pas d'éther, aucune expérience ne distingue une source qui avance d'un observateur qui recule, et le principe de relativité interdit même qu'une telle distinction existe. Il ne reste donc qu'une seule grandeur, la vitesse relative, et une seule formule. Corollaire pratique pour l'examen : dès qu'un énoncé parle de lumière, d'onde radar ou d'onde radio, cessez de chercher qui bouge par rapport à quoi et ne retenez que la vitesse d'approche ou d'éloignement.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse ou incomplète. Dites ce qui cloche et donnez l'énoncé correct, en vous appuyant sur les résultats des exercices précédents.
a) Quand l'ambulance s'approche, le son va plus vite dans l'air : voilà pourquoi la sirène est plus aiguë.
b) Que ce soit la source ou l'observateur qui se déplace à 30 m/s, la fréquence perçue est la même, puisque seul le mouvement relatif compte.
c) Quand un observateur court vers une source immobile, la longueur d'onde qu'il rencontre est raccourcie.
d) Un vent qui porte le son de la source vers l'observateur fait monter la fréquence perçue.
e) Au moment précis où le train passe devant moi, j'entends la fréquence la plus haute de tout le passage.
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Réponses
a)Faux : la vitesse du son est fixée par le milieu, seule la longueur d'onde est comprimée
b)Faux en acoustique, 547,9 Hz contre 543,7 Hz ; vrai seulement pour la lumière
c)Faux : λ est inchangée, c'est la vitesse de rencontre qui passe de v à v+vo
d)Faux : sans mouvement le vent ne change rien, et un vent portant DIMINUE le décalage
e)Faux : au passage on entend exactement 450 Hz, le maximum 566,7 Hz était bien plus tôt
a)
Faux, et c'est l'erreur la plus fréquente du chapitre. La vitesse du son ne dépend que du milieu, essentiellement de sa nature et de sa température : 343 m/s dans l'air à 20 °C, quoi que fasse la source. Une fois le front lâché, il n'emporte aucune mémoire du mouvement de son émetteur. Ce qui est comprimé, c'est la LONGUEUR D'ONDE, parce que la source a avancé entre deux émissions successives. Énoncé correct : la vitesse du son est inchangée, la longueur d'onde devant la source est raccourcie, donc f=λv augmente.
b)
Faux en acoustique, vrai pour la lumière. L'exercice 1 donne les chiffres : source mobile à 30 m/s vers l'observateur, 547,9 Hz ; observateur mobile à 30 m/s vers la source, 543,7 Hz. L'écart de 4,2 Hz vient de ce que l'air est un milieu porteur, donc un référentiel physiquement privilégié. Énoncé correct : en acoustique les deux cas donnent des formules différentes ; c'est seulement pour la lumière, faute de milieu, que seule la vitesse relative compte.
c)
Faux. Les fronts d'onde sont ceux d'une source au repos, régulièrement espacés de λ0=f0v dans tout l'espace, et ils ne se resserrent pas parce que quelqu'un se met à courir. Ce qui change, c'est la VITESSE DE RENCONTRE, qui passe de v à v+vo. Énoncé correct : la longueur d'onde est inchangée, l'observateur en croise simplement davantage par seconde, d'où f′=f0vv+vo.
d)
Faux deux fois. Si personne ne bouge, le vent ne change rien du tout à la fréquence : il allonge la longueur d'onde au sol ET accélère la propagation au sol dans le même rapport, comme l'exercice 3 l'a montré, si bien que f reste 440 Hz. Et si la source bouge, un vent portant DIMINUE le décalage au lieu de l'augmenter, 480,0 Hz contre 482,6 Hz sans vent, parce que la grandeur qui compte est v+wvs. Énoncé correct : le vent modifie l'intensité reçue et le temps de trajet, pas la hauteur du son, sauf en changeant la vitesse effective de propagation quand une des deux parties se déplace.
e)
Faux, et c'est le piège d'examen le plus rentable. Au moment du passage, la vitesse du train est perpendiculaire à la ligne de visée, la composante radiale est nulle, et l'observateur entend EXACTEMENT la fréquence d'émission, 450 Hz dans l'exercice 4. Le maximum, 566,7 Hz, a été atteint bien plus tôt, quand le train était encore loin et fonçait presque droit sur l'observateur. Énoncé correct : la fréquence décroît continûment de f0v−vsv à f0v+vsv, elle passe par f0 au moment du passage, et c'est la rapidité de cette traversée, non un saut, qui donne l'impression d'une chute brutale.
Exercice 9 : Le débitmètre Doppler et la vitesse du sang
Une sonde posée sur la peau émet des ultrasons à f0=5,00 MHz vers un vaisseau sanguin. Les globules rouges renvoient l'onde, et l'appareil mesure le décalage Δf=c2f0vcosθ, où c=1540 m/s est la vitesse des ultrasons dans les tissus, v la vitesse du sang et θ l'angle entre le faisceau et l'écoulement, celui que porte la figure.
Le sang circule à v=0,450 m/s et l'opérateur règle l'appareil sur θ=60,0°.
a) D'où vient le facteur 2 de la formule ? Calculez Δf et dites dans quel domaine de fréquences il tombe.
b) L'angle réel est en fait 65,0° alors que l'appareil calcule avec 60,0°. Quelle vitesse affiche-t-il, et quelle est l'erreur relative ?
c) La même erreur de 5° commise autour de 45,0° coûterait combien, en pourcentage ? Pourquoi les protocoles cliniques demandent-ils un angle entre 45° et 60°, et jamais 90° ?
d) Pourquoi tous les appareils Doppler médicaux sont-ils équipés d'un haut-parleur ?
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Réponses
a)Le facteur 2 vient de l'aller-retour ; Δf≈1461 Hz, en pleine bande audible
b)vlue=0,380 m/s, soit 15,5 pour cent de sous-estimation
c)9,1 pour cent seulement à 45° ; à 90° le décalage est nul et le vaisseau paraît sans flux
d)Le décalage est audible : la hauteur donne la vitesse et le rythme donne le cycle cardiaque
a)
Le facteur 2 est celui de l'exercice 5 : les globules rouges reçoivent d'abord l'onde en observateurs mobiles, puis la renvoient en sources mobiles, et le décalage se produit donc deux fois. Numériquement, Δf=15402×5,00×106×0,450×0,500=15402,25×106=1,46×103 Hz. Un décalage de 1461 Hz sur une porteuse de 5 MHz, soit trois dix-millièmes, mais surtout une valeur qui tombe en plein dans la bande audible.
b)
L'appareil ne mesure que Δf ; il en déduit v en divisant par c2f0cos60,0°, c'est-à-dire avec le cosinus qu'on lui a donné. Le décalage réellement produit vaut 15402×5,00×106×0,450×cos65,0°=1235 Hz. La vitesse affichée est donc vlue=0,450×cos60,0°cos65,0°=0,450×0,845=0,380 m/s, soit une SOUS-ESTIMATION de 15,5 pour cent. Cinq degrés d'erreur sur un angle, et un sixième du débit disparaît : c'est pourquoi l'opérateur corrige l'angle à la main sur l'image, et non pas au jugé.
c)
L'erreur relative sur v vaut, au premier ordre, tanθΔθ. À 60°, tan60°=1,73 et Δθ=5°=0,0873 rad, ce qui donne bien 15 pour cent. À 45°, tan45°=1,00, donc environ 8,7 pour cent, et le calcul exact, 1−cos45°cos50°, donne 9,10 pour cent : deux fois moins cher pour la même maladresse. La tentation serait donc de descendre vers 0°, où l'erreur d'angle ne coûterait presque rien. Deux raisons l'interdisent : un vaisseau est presque parallèle à la peau, donc un faisceau à 0° devrait entrer par le côté et ne traverserait jamais la bonne profondeur ; et la réflexion des globules est bien plus faible en incidence rasante. À l'autre bout, 90° est catastrophique : cos90°=0, le décalage est NUL et l'appareil n'affiche rien, quelle que soit la vitesse du sang. Un vaisseau vu perpendiculairement paraît donc thrombosé alors qu'il coule normalement, et c'est une erreur de diagnostic bien réelle. Entre 45° et 60° on garde un signal franc et une sensibilité à l'angle encore raisonnable.
d)
Parce que 1461 Hz est une note que l'oreille entend parfaitement. En envoyant le décalage directement sur un haut-parleur, on transforme la mesure en son, et le clinicien entend le flux : la hauteur donne la vitesse, le rythme donne le cycle cardiaque, et la qualité du son trahit immédiatement les turbulences d'une sténose ou l'inversion d'un flux. Aucun affichage numérique ne donne cette information aussi vite. Ce n'est pas un gadget, c'est le mode d'emploi normal de l'appareil, et c'est une conséquence directe du choix de 5 MHz : une porteuse bien plus haute (70 MHz ou plus) sortirait le décalage de la bande audible et serait absorbée plus fortement par les tissus, une porteuse plus basse pénétrerait mieux mais résoudrait moins finement.
Exercice 10 : Le radar routier et l'erreur de cosinus
Un radar de contrôle routier émet à f0=34,70 GHz et mesure le décalage de l'onde renvoyée par un véhicule. Comme il s'agit d'ondes électromagnétiques, on prend c=3,00×108 m/s et on utilise Δf=c2f0vcosθ, où θ est l'angle entre l'axe du faisceau et la trajectoire du véhicule.
Une voiture roule à 108 km/h et l'appareil est posté au bord de la chaussée, son faisceau faisant 15,0° avec la route. Le schéma ci-dessous représente la situation, vue de dessus.
a) Convertissez la vitesse en m/s et calculez le décalage mesuré.
b) L'appareil est programmé pour supposer θ=0. Quelle vitesse affiche-t-il, en km/h ? De combien s'écarte-t-elle de la vitesse réelle, et dans quel sens ?
c) À partir de quel angle l'écart atteindrait-il 10,0 pour cent ?
d) Le radar équipe maintenant une voiture de police qui roule à 25,0 m/s derrière la voiture contrôlée, faisceau dans l'axe. Quel décalage mesure-t-il sur le véhicule poursuivi, et comment l'appareil retrouve-t-il les 30,0 m/s ?
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Réponses
a)v=30,0 m/s, Δf≈6704 Hz
b)104,3 km/h affichés, soit 3,7 km/h de MOINS : un radar mal aligné sous-estime toujours
c)θ=25,8°
d)Δf≈1157 Hz ; le retour du sol donne la vitesse de la patrouille, qu'il additionne
a)
v=3,6108=30,0 m/s. Δf=3,00×1082×34,70×109×30,0×cos15,0°=3,00×1082,011×1012=6,70×103 Hz. Comme pour le débitmètre, un décalage audible sorti d'une porteuse de plusieurs dizaines de gigahertz, et le facteur 2 est toujours celui de la réflexion sur une cible mobile.
b)
L'appareil divise Δf par c2f0 sans corriger d'angle, donc il affiche vlue=vcosθ=30,0×0,966=28,98 m/s, soit 104,3 km/h. Il annonce 3,7 km/h de MOINS que la vitesse réelle. Le sens de l'écart est la seule chose à retenir ici, et elle est rassurante : comme cosθ≤1 toujours, un radar mal aligné sous-estime forcément la vitesse. Il ne peut jamais accuser un conducteur d'aller plus vite qu'il n'allait ; au pire il le laisse passer. C'est exactement l'inverse de la situation médicale de l'exercice 9, où la même sous-estimation est un défaut qu'il faut corriger, parce qu'un débit sous-évalué peut faire manquer une sténose. Même physique, même formule, mais l'enjeu décide si on corrige l'angle ou si on l'accepte.
c)
Il faut cosθ=0,900, donc θ=25,8°. Les appareils sont donc installés à quelques degrés seulement de l'axe de la voie, ce qui suffit à garder l'erreur sous deux pour cent.
d)
Le radar mobile ne voit que la vitesse RELATIVE d'approche, ici 30,0−25,0=5,00 m/s : Δf=3,00×1082×34,70×109×5,00=1,16×103 Hz, six fois plus petit qu'au a) alors que la voiture roule à la même vitesse. Pour remonter à 30,0 m/s, l'appareil a besoin de sa propre vitesse par rapport au sol, et il se la donne lui-même par une seconde mesure Doppler, cette fois sur le RETOUR DU SOL, qui est une cible fixe : le décalage du sol donne 25,0 m/s, la somme donne 30,0 m/s. C'est la raison pour laquelle un radar embarqué affiche toujours deux nombres, la vitesse patrouille et la vitesse cible, et pourquoi il refuse de mesurer quand le retour du sol est mauvais, sur une chaussée mouillée ou enneigée. La mesure du décalage lui-même, elle, se fait par battement et non par soustraction de deux grandes fréquences, comme l'établit la série sur les incertitudes au laboratoire de ce même cours.
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