Ondes et physique moderne 203-SN3-RE (ancien 203-NYC) • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Fiche de révision : le son et les ondes stationnaires (203-SN3-RE, ancien 203-NYC)
Le son introduit deux outils qui ne se manipulent pas comme le reste de la physique : une échelle logarithmique, où les grandeurs ne s'additionnent plus, et les ondes stationnaires, où la seule question qui compte est de savoir quelles extrémités imposent un noeud.
Cette fiche rassemble ce qui coûte réellement des points en évaluation : les décibels additionnés, la décroissance en carré de la distance, les harmoniques impairs du tuyau fermé, les deux formules de Doppler qui ne sont pas symétriques, et les battements pris pour une somme.
Le fil du chapitre
Rien ne s'additionne dans ce chapitre : ni les décibels, qui sont des logarithmes, ni les fréquences des battements, qui se soustraient, ni les ondes qui se superposent et dont il ne reste que des noeuds. Tout se décide sur des rapports et sur les extrémités.
Intensité et décibels : une échelle qui n'additionne pas
•Vitesse du son dans l'air : environ 343 m/s à 20∘C, et v≈331+0,6T avec T en degrés Celsius. Toujours λ=fv.
•Source ponctuelle : I=4πr2P en W/m2, donc décroissance en r21.
•Niveau sonore : β=10logI0I avec I0=10−12 W/m2. Les décibels ne s'additionnent JAMAIS : ce sont les intensités qui s'additionnent.
•Deux règles qui dispensent de calculer : doubler l'intensité ajoute 3 dB; doubler la distance retire 6 dB.
•ΔPmax=ρvωsmax et I=2ρvΔPmax2. Déplacement et pression sont en QUADRATURE : un noeud de déplacement est un ventre de pression.
Les quatre points marqués sont à 1, 2, 4 et 8 m : à chaque doublement, le niveau perd exactement 6 dB, jamais la moitié de sa valeur.
Deux haut-parleurs de 60 dB chacun donnent 63 dB, pas 120 dB. Pour gagner 10 dB, il faut DIX fois plus de puissance, et c'est pourquoi un ampli deux fois plus puissant s'entend à peine.
Ondes stationnaires : tout se décide aux extrémités
•Superposition : Asin(kx−ωt)+Asin(kx+ωt)=2Asin(kx)cos(ωt). L'espace et le temps sont SÉPARÉS : rien n'avance, et aucune énergie n'est transportée.
•Les noeuds sont espacés de 2λ, jamais de λ; les ventres sont à mi-chemin entre deux noeuds.
•Corde fixée aux deux bouts, ou tuyau OUVERT aux deux bouts : L=n2λn, donc fn=n2Lv, avec TOUS les entiers n.
•Tuyau FERMÉ à une extrémité : noeud au bout fermé, ventre au bout ouvert, L=n4λn et fn=n4Lv avec n IMPAIR seulement. Son fondamental est une octave plus bas que celui du tuyau ouvert de même longueur.
•Réflexion INVERSÉE sur une extrémité fixe, non inversée sur une extrémité libre.
Le tuyau ouvert loge une DEMI longueur d'onde, le tuyau fermé n'en loge qu'un QUART : à longueur égale, le fermé sonne une octave plus bas.
Un tuyau se traite en deux secondes : on regarde ses deux bouts, on place un noeud sur chaque bout fermé et un ventre sur chaque bout ouvert, et la longueur d'onde du fondamental se lit sur le dessin.
Doppler, battements et onde de choc
•Source mobile, observateur fixe : f′=fv∓vsv, le signe moins à l'APPROCHE, ce qui monte la fréquence.
•Observateur mobile, source fixe : f′=fvv±vo, le signe plus à l'approche. Les deux cas ne sont PAS symétriques : c'est l'air qui sert de référence.
•Battements : deux sons voisins donnent une intensité qui pulse à fbatt=∣f1−f2∣, autour de la hauteur MOYENNE.
•Interférence de deux sources en phase : constructive si la différence de marche vaut nλ, destructive si elle vaut (n+21)λ; en champ lointain Δ=dsinθ.
•Régime supersonique : M=vsonvavion et le cône de choc vérifie sinθ=M1.
Le bang supersonique n'est pas un événement unique au franchissement de Mach 1 : le cône accompagne l'avion en permanence et balaie le sol tout au long de son vol.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Additionner des décibels
toute la question, 5 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Deux haut-parleurs de 60 dB chacun donnent 120 dB. »
Ce qu'il faut écrire
« Ce sont les INTENSITÉS qui s'additionnent : 2×10−6=2×10−6 W/m2, donc β=10log10−122×10−6=63 dB. Doubler l'intensité ajoute 3 dB, jamais le double. »
Pourquoi : Le décibel est un logarithme : additionner deux logarithmes revient à MULTIPLIER les intensités, ce qui n'a aucun sens physique ici. 120 dB est le niveau d'un avion au décollage, pas de deux enceintes de salon.
2.Diviser le niveau sonore quand la distance double
3 points, et un résultat sans rapport avec l'expérience
Ce qu'il ne faut pas écrire
« À 2 m au lieu de 1 m, l'intensité est divisée par quatre, donc le niveau passe de 80 à 20 dB. »
Ce qu'il faut écrire
« L'intensité est bien divisée par quatre, mais le NIVEAU perd 10log4=6 dB : il passe de 80 à 74 dB. »
Pourquoi : Le niveau est une échelle comprimée : elle transforme un facteur en une addition. Une chute de 60 dB correspondrait à une intensité divisée par un million, donc à une distance mille fois plus grande.
3.Traiter un tuyau fermé comme un tuyau ouvert
toute la question, 8 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le tuyau de 0,500 m sonne à f1=2Lv=343 Hz, et ses harmoniques sont 686 et 1029 Hz. »
Ce qu'il faut écrire
« Fermé à une extrémité : noeud au bout fermé, ventre au bout ouvert, donc L=4λ et f1=4Lv=171,5 Hz. Ses harmoniques sont 3f1=514,5 Hz et 5f1=857,5 Hz : les IMPAIRS seulement. »
Le tuyau fermé saute un harmonique sur deux : sa deuxième raie est à 514 Hz, jamais à 343 Hz. Le tuyau ouvert, lui, les possède tous.
Pourquoi : Un bout fermé impose un noeud de déplacement, un bout ouvert un ventre : entre les deux, il ne peut y avoir qu'un quart de longueur d'onde, puis trois quarts, puis cinq quarts. Les harmoniques pairs sont géométriquement impossibles.
4.Appliquer la formule de la source mobile à un observateur mobile
3 points, et un écart croissant avec la vitesse
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Que ce soit l'ambulance ou moi qui bouge, c'est pareil : f′=fv−vsv. »
Ce qu'il faut écrire
« Les deux cas ne sont PAS symétriques. Source mobile : f′=fv−vsv, la longueur d'onde elle-même est comprimée. Observateur mobile : f′=fvv+vo, la longueur d'onde est inchangée mais on croise plus de fronts. »
Pourquoi : L'air sert de référence absolue pour le son, contrairement à la lumière. À 30 m/s, l'écart entre les deux formules reste faible, mais il devient énorme quand la vitesse approche celle du son.
5.Se tromper de signe dans l'effet Doppler
3 points, et une conclusion contraire au quotidien
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'ambulance s'approche, donc on divise par v+vs : la fréquence perçue est plus basse. »
Ce qu'il faut écrire
« À l'APPROCHE, la fréquence perçue est plus HAUTE : f′=fv−vsv, avec un dénominateur plus petit. On entend le son plus grave seulement APRÈS le passage. »
Pourquoi : Le contrôle est gratuit : chacun a entendu une sirène passer. Si le résultat annonce un son plus grave à l'approche, le signe est faux, sans qu'aucun calcul ne soit nécessaire pour s'en rendre compte.
6.Prendre la fréquence des battements pour une somme ou une moyenne
3 points, et le principe de l'accordage manqué
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Deux diapasons de 440 et 444 Hz : on entend un battement à 884 Hz. »
Ce qu'il faut écrire
« On entend une hauteur MOYENNE de 442 Hz dont l'intensité pulse 4 fois par seconde : fbatt=∣f1−f2∣=4 Hz. »
Pourquoi : Les battements sont une variation lente de l'AMPLITUDE, pas une nouvelle note. C'est précisément parce que cette pulsation devient de plus en plus lente que l'on accorde un instrument jusqu'à la faire disparaître.
7.Espacer les noeuds d'une longueur d'onde
toute la question, et un facteur 2 sur la longueur d'onde mesurée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Les noeuds sont distants de λ, comme deux crêtes successives. »
Ce qu'il faut écrire
« Les noeuds d'une onde stationnaire sont espacés de 2λ, et les ventres aussi. La distance d'un noeud au ventre voisin vaut 4λ. »
Pourquoi : sin(kx) s'annule deux fois par période spatiale, pas une seule. C'est aussi ce qui permet de mesurer une longueur d'onde en repérant deux noeuds successifs, puis en doublant l'écart.
8.Croire que le bang supersonique se produit une seule fois
3 points sur la question de discussion
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'avion franchit le mur du son, il y a un bang, puis c'est fini. »
Ce qu'il faut écrire
« Le cône de choc, d'angle sinθ=M1, ACCOMPAGNE l'avion en permanence et balaie le sol tout au long du vol supersonique. Chaque observateur entend le bang au moment où le cône passe sur lui. »
Pourquoi : Le mur du son n'est pas une barrière franchie une fois : c'est un régime, celui où l'avion va plus vite que ses propres ondes, qui s'accumulent alors sur une surface conique.
Quelle méthode choisir
Quel tuyau, quelle série d'harmoniques
L'état des DEUX extrémités, avant toute formule
Si les deux bouts sont ouverts, ou la corde est fixée aux deux bouts → fn=n2Lv, tous les entiers
Exemple : 0,500 m ouvert : 343, 686, 1029 Hz
Si un bout fermé, un bout ouvert → fn=n4Lv avec n impair seulement
Exemple : 0,500 m fermé : 171,5, 514,5, 857,5 Hz
Si on demande la longueur d'onde du fondamental → la lire sur le dessin : 2L si les deux bouts sont semblables, 4L s'ils diffèrent
Exemple : un seul quart d'onde tient dans un tuyau fermé
Si on donne deux fréquences propres CONSÉCUTIVES → leur différence vaut 2Lv pour un tuyau ouvert, et 2Lv aussi pour un fermé, dont les impairs sont espacés de 2f1
Exemple : des raies espacées de 343 Hz pour un fermé de 0,500 m
Si la température change → recalculer v=331+0,6T : toutes les fréquences propres changent, la longueur du tuyau non
Exemple : de 20 à 30∘C, f1 passe de 171,5 à 174,5 Hz
Si on demande la position des noeuds → noeuds tous les 2λ à partir d'un bout fermé, ventres à mi-chemin
Exemple : noeud, puis ventre un quart d'onde plus loin
Un dessin de dix secondes, deux traits pour le tuyau et une sinusoïde placée selon les extrémités, répond à la moitié de ces branches sans aucune formule. C'est le geste le plus rentable du chapitre.
Effet Doppler : qui bouge, et dans quel sens
Ce qui est en mouvement par rapport à l'AIR
Si la SOURCE s'approche de l'observateur immobile → f′=fv−vsv, fréquence plus haute
Exemple : une sirène à 30 m/s fait passer 500 Hz à 548 Hz
Si la SOURCE s'éloigne → f′=fv+vsv, fréquence plus basse
Exemple : c'est ce qu'on entend après le passage
Si l'OBSERVATEUR s'approche de la source immobile → f′=fvv+vo, plus haute, mais moins que dans le premier cas
Exemple : 500 Hz deviennent 544 Hz à 30 m/s
Si l'OBSERVATEUR s'éloigne → f′=fvv−vo
Exemple : à vo=v, on n'entend plus rien du tout
Si les DEUX bougent → combiner les deux effets dans une seule fraction, numérateur pour l'observateur, dénominateur pour la source
Exemple : f′=fv−vsv+vo si les deux se rapprochent
Si la source dépasse la vitesse du son → plus d'effet Doppler mais une onde de choc, sinθ=M1
Exemple : à Mach 2, un cône de demi-angle 30∘
Le contrôle systématique est qualitatif : tout rapprochement monte la fréquence, tout éloignement la baisse. Poser la fraction, calculer, puis vérifier que le sens obtenu est celui-là, prend cinq secondes et attrape toutes les erreurs de signe.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Un calcul en décibels, rédigé pour le correcteur
Quand l'utiliser : L'énoncé donne un niveau et demande un autre niveau, à une autre distance ou avec plusieurs sources.
1Repasser en INTENSITÉ dès la première ligne : I=I0×10β/10, en W/m2, car c'est la seule grandeur qui s'additionne et qui suit la géométrie.
2Faire toute la physique sur les intensités : addition des sources, division par le carré du rapport des distances.
3Revenir au niveau à la toute fin : β=10logI0I.
4Contrôler avec les deux règles de tête, +3 dB pour une intensité doublée et −6 dB pour une distance doublée.
Phrase de conclusion
« À 1,00 m, β=80,0 dB donne I=10−4 W/m2. À 4,00 m, l'intensité est divisée par 16, soit 6,25×10−6 W/m2, d'où β=68,0 dB. On retrouve bien les deux doublements de distance, donc −12 dB. »
Le piège : Manipuler directement les décibels, en les divisant par quatre ou en les additionnant. Aucune opération arithmétique n'a de sens sur une échelle logarithmique, sauf l'ajout ou le retrait d'un nombre fixe de décibels.
Barème : En général 2 points pour le passage en intensité, 2 pour le calcul physique, 1 pour le retour en décibels, 1 pour le contrôle.
Trouver les fréquences propres d'un tuyau
Quand l'utiliser : L'énoncé donne une longueur, une température ou une vitesse du son, et demande le fondamental ou les harmoniques.
1Calculer la vitesse du son si la température est donnée : v≈331+0,6T, avant tout le reste.
2Dessiner le tuyau et poser les conditions aux extrémités : un NOEUD sur chaque bout fermé, un VENTRE sur chaque bout ouvert.
3Lire la longueur d'onde du fondamental sur le dessin, 2L ou 4L, et en déduire f1=λ1v.
4Énumérer les harmoniques permis, tous les entiers ou les impairs seulement, en le JUSTIFIANT par les conditions aux extrémités.
5Conclure en nommant les fréquences avec leur rang, et non seulement leur valeur.
Phrase de conclusion
« Le tuyau étant fermé à une extrémité, il porte un noeud au bout fermé et un ventre au bout ouvert : il loge donc un quart de longueur d'onde, λ1=4L=2,00 m et f1=171,5 Hz. Seuls les harmoniques impairs existent : f3=514,5 Hz et f5=857,5 Hz. »
Le piège : Appeler « deuxième harmonique » la deuxième fréquence d'un tuyau fermé. Elle correspond à n=3 : on l'appelle le troisième harmonique, et c'est cette numérotation que le correcteur attend.
Barème : 1 point pour la vitesse, 2 pour les conditions aux extrémités, 2 pour le fondamental, 2 pour la série d'harmoniques justifiée.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Aucune opération sur les décibels
Relire la copie et vérifier qu'aucun décibel n'a été additionné, multiplié ou divisé. Seuls des écarts fixes, +3 ou −6, peuvent s'ajouter à un niveau.
Un 60+60=120 dB : deux enceintes de salon au niveau d'un réacteur.
Le sens du Doppler comparé au quotidien
Vérifier que le rapprochement donne une fréquence plus haute et l'éloignement une plus basse. Ce contrôle ne demande aucun calcul et attrape toutes les erreurs de signe.
Une sirène qui s'approche et qu'on entend plus grave : le dénominateur a été augmenté au lieu d'être diminué.
La parité des harmoniques
Sur un tuyau fermé, contrôler que tous les rangs annoncés sont impairs et que le rapport de deux raies successives vaut 13, puis 35.
Une raie annoncée à 343 Hz pour un fermé dont le fondamental est 171,5 Hz : c'est le rang 2, il n'existe pas.
L'ordre de grandeur d'une fréquence audible
L'oreille entend de 20 Hz à 20 kHz. Un tuyau d'orgue sonne entre quelques dizaines et quelques milliers de hertz : un résultat hors de cette plage signale une erreur de longueur ou d'unité.
Un fondamental à 0,17 Hz : la longueur a été prise en mètres au lieu de centimètres, ou l'inverse.
La longueur d'onde comparée à la longueur du tuyau
Vérifier que λ1 vaut bien deux ou quatre fois la longueur du tuyau. Une longueur d'onde plus courte que le tuyau ne peut pas être celle du fondamental.
Un λ1=0,25 m pour un tuyau de 0,500 m : c'est un harmonique élevé, pas le fondamental.
L'exercice type décortiqué
Le tuyau d'orgue, de l'harmonique au battement
Un tuyau d'orgue de longueur L=0,500 m est fermé à une extrémité et ouvert à l'autre. La température de la salle est de 20∘C, où la vitesse du son vaut 343 m/s.
Déterminer son fondamental et ses deux harmoniques suivants, puis la fréquence des battements entendus avec un diapason de 168,0 Hz. Enfin, dire ce que devient ce battement lorsque la salle se réchauffe à 30∘C.
Les deux sons se renforcent puis s'annulent tour à tour : c'est l'ENVELOPPE qui pulse, à la différence des deux fréquences, alors que la hauteur entendue reste leur moyenne.
Étape 1
Conditions aux extrémités : noeud de déplacement au bout FERMÉ, ventre au bout OUVERT. Le tuyau loge donc un quart de longueur d'onde : L=4λ1, soit λ1=4L=2,00 m.
Pourquoi
C'est le dessin qui donne la réponse, pas la formule : entre un noeud et le ventre le plus proche, il y a exactement un quart d'onde. Écrire cette phrase rapporte les points de justification, que la seule formule ne rapporte pas.
Étape 2
Fondamental : f1=λ1v=2,00343=171,5 Hz.
Pourquoi
On contrôle immédiatement l'ordre de grandeur : quelques dizaines à quelques centaines de hertz pour un tuyau d'un demi-mètre, c'est bien une note grave audible.
Étape 3
Harmoniques permis : seuls les rangs IMPAIRS, donc f3=3f1=514,5 Hz et f5=5f1=857,5 Hz. Le rang 2, à 343 Hz, n'existe pas.
Pourquoi
Un rang pair placerait un ventre au bout fermé, ce qui est géométriquement impossible. C'est aussi ce qui donne au tuyau fermé son timbre particulier, celui de la clarinette.
Étape 4
Comparaison avec le tuyau ouvert de même longueur : f1ouvert=2Lv=343 Hz, soit exactement le DOUBLE. Le tuyau fermé sonne une octave plus bas.
Pourquoi
Ce rapport de 2 est le contrôle le plus rapide du chapitre : si le fermé ne sonne pas une octave sous l'ouvert de même longueur, l'une des deux formules a été mal appliquée.
Étape 5
Battements avec le diapason : fbatt=∣171,5−168,0∣=3,5 Hz, soit trois battements et demi par seconde, autour d'une hauteur moyenne de 169,75 Hz.
Pourquoi
La différence, et non la somme : c'est la pulsation de l'intensité que l'oreille perçoit. Un accordeur écoute précisément cette pulsation et ajuste jusqu'à la faire disparaître.
Étape 6
À 30∘C : v=331+0,6(30)=349 m/s, donc f1=2,00349=174,5 Hz, et le battement passe à ∣174,5−168,0∣=6,5 Hz.
Pourquoi
La longueur du tuyau n'a pas changé, mais la vitesse du son si : c'est elle qui porte toute la variation. Voilà pourquoi un orgue se désaccorde quand la salle se remplit et se réchauffe.
Étape 7
Contrôle : la fréquence a augmenté de 1,75%, exactement comme la vitesse du son, passée de 343 à 349 m/s.
Pourquoi
f1=4Lv est proportionnelle à v : les deux variations relatives doivent être identiques. C'est un contrôle indépendant du calcul des battements.
Conclusion rédigée
« Le tuyau fermé loge un quart d'onde, donc λ1=2,00 m et f1=171,5 Hz, suivi des seuls harmoniques impairs, 514,5 Hz et 857,5 Hz. Avec un diapason de 168,0 Hz, on entend 3,5 battements par seconde. À 30∘C, la vitesse du son monte à 349 m/s, le fondamental à 174,5 Hz et les battements à 6,5 par seconde. »
L'erreur classique sur cet exercice : Traiter le tuyau comme ouvert et annoncer 343 Hz. Le résultat est exactement une octave trop haut, et les battements avec le diapason deviennent absurdes, 175 par seconde, ce qu'aucune oreille ne perçoit comme un battement.
À savoir par cœur
•v≈331+0,6T, soit 343 m/s à 20∘C, et toujours λ=fv.
•β=10logI0I avec I0=10−12 W/m2 : les décibels ne s'additionnent pas, les intensités si.
•Noeuds espacés de 2λ, noeud au ventre voisin 4λ.
•Deux bouts semblables : fn=n2Lv, tous les rangs. Un bout fermé : fn=n4Lv, rangs IMPAIRS.
•Un tuyau fermé sonne une OCTAVE plus bas que l'ouvert de même longueur.
•Doppler source mobile : f′=fv∓vsv; observateur mobile : f′=fvv±vo. Approche : plus aigu.
•Battements : fbatt=∣f1−f2∣, autour de la hauteur moyenne.
•Onde de choc : sinθ=M1, et le cône balaie le sol en permanence.
Questions fréquentes
Comment additionner deux niveaux sonores en décibels ?
On ne les additionne jamais directement. Il faut revenir aux intensités, les additionner, puis reconvertir en décibels. Deux sources de soixante décibels donnent ainsi soixante-trois décibels, et non cent vingt : doubler l'intensité n'ajoute que trois décibels, parce que l'échelle est logarithmique.
De combien le niveau sonore baisse-t-il quand on double la distance ?
De six décibels. L'intensité décroît comme le carré de la distance, donc elle est divisée par quatre, ce qui correspond à dix fois le logarithme de quatre, soit environ six décibels. Le niveau n'est jamais divisé par deux, il perd simplement une quantité fixe à chaque doublement.
Pourquoi un tuyau fermé n'a-t-il que des harmoniques impairs ?
Parce qu'un bout fermé impose un noeud de déplacement et un bout ouvert un ventre. Entre un noeud et un ventre, il ne peut y avoir qu'un quart de longueur d'onde, puis trois quarts, puis cinq quarts. Les rangs pairs placeraient un ventre sur le bout fermé, ce qui est impossible.
Pourquoi un tuyau fermé sonne-t-il plus bas qu'un tuyau ouvert de même longueur ?
Parce qu'il ne loge qu'un quart de longueur d'onde alors que le tuyau ouvert en loge une demie. Sa longueur d'onde fondamentale est donc deux fois plus grande, et sa fréquence deux fois plus basse, soit une octave en dessous. C'est pourquoi les tuyaux d'orgue graves peuvent être bouchés pour gagner de la place.
Que sont les battements et à quelle fréquence se produisent-ils ?
Ce sont des variations lentes de l'intensité, produites par deux sons de fréquences voisines. Leur fréquence est la différence des deux fréquences, et la hauteur entendue est leur moyenne. Deux diapasons de quatre cent quarante et quatre cent quarante-quatre hertz donnent quatre battements par seconde.
L'effet Doppler est-il le même si c'est la source ou l'observateur qui bouge ?
Non, les deux formules sont différentes. Quand la source bouge, elle comprime réellement les fronts d'onde devant elle. Quand l'observateur bouge, les fronts sont inchangés mais il en croise davantage. L'air sert de référence, ce qui rend les deux situations physiquement distinctes, contrairement au cas de la lumière.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Le son et les ondes stationnaires
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
Vous cherchez un tuteur en physique 203-SN3-RE à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. Les décibels et les tuyaux sonores se travaillent sur des exemples concrets : une fois les deux réflexes pris, ce chapitre devient le plus rentable du cours.