Math SN5, secondaire 5 à Montréal • Fonctions

Exercices corrigés : la fonction réciproque (math SN5)

Voici la série complète d'exercices corrigés de mathématiques SN5 sur la fonction réciproque, en deux parties. La partie A couvre les bases : lire une réciproque sur un graphique, la trouver par la méthode « poser yy, isoler xx, échanger les noms », l'obtenir à partir d'une table de valeurs, appliquer le test de la droite horizontale et restreindre le domaine d'une fonction quadratique. La partie B monte au niveau examen : le couple exponentielle et logarithme, la réciproque d'une composée, et deux problèmes où la restriction du domaine vient de la situation elle-même.

Le fil de la série tient en une phrase : inverser la règle est la partie facile, ce qui coûte des points c'est de décider AVANT si la réciproque est une fonction, et sur quel domaine. Deuxième réflexe à garder : le 1-1 de f1f^{-1} n'est pas un exposant, f1(x)f^{-1}(x) n'est jamais 1f(x)\dfrac{1}{f(x)}.

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Ce chapitre fait partie de Mathématique SN5 : Sciences naturelles, secondaire 5
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3
  2. 2Fonctions : propriétés et réciproqueSecondaire 3
  3. 3La fonction polynomiale de degré 2Secondaire 4 SN4
  4. 4Calculs algébriques
  5. 5La fonction racine carrée
  6. 6Les fonctions quadratiques
  7. 7Les paramètres des fonctions
  8. 8Les opérations sur les fonctions

Rappel de cours

  • Définition : f1f^{-1} est la fonction qui DÉFAIT ff. Si f(a)=bf(a)=b, alors f1(b)=af^{-1}(b)=a. Le 1-1 n'est pas un exposant : f1(x)1f(x)f^{-1}(x)\neq\dfrac{1}{f(x)}.
  • Échange des ensembles : le domaine de f1f^{-1} est l'IMAGE de ff, et l'image de f1f^{-1} est le DOMAINE de ff. Ce n'est pas un choix, c'est une conséquence.
  • Méthode : poser y=f(x)y=f(x), isoler xx en défaisant les opérations dans l'ordre inverse, puis échanger les noms des variables pour écrire f1(x)f^{-1}(x).
  • Vérification : f(f1(x))=xf\big(f^{-1}(x)\big)=x et f1(f(x))=xf^{-1}\big(f(x)\big)=x. Un seul couple numérique testé dans les deux sens suffit à attraper la plupart des erreurs.
  • Graphique : les courbes de ff et de f1f^{-1} sont symétriques par rapport à la droite y=xy=x. La symétrie échange les axes, donc une asymptote horizontale devient verticale, et un zéro devient une ordonnée à l'origine.
  • Existence : f1f^{-1} est une fonction seulement si ff est injective, c'est-à-dire si toute droite HORIZONTALE coupe la courbe au plus une fois. Une fonction strictement croissante ou strictement décroissante passe toujours le test ; sinon on RESTREINT le domaine.
  • Couples réciproques du cours : la quadratique restreinte et la racine carrée, l'exponentielle de base bb et le logarithme de base bb, une affine de pente aa et une affine de pente 1a\dfrac{1}{a}.
  • Sens de variation : une réciproque CONSERVE le sens de variation. La réciproque d'une fonction décroissante est décroissante, jamais croissante.
  • Les trois réciproques trigonométriques sont définies sur une RESTRICTION : sin\sin sur [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right] donne arcsin\arcsin, cos\cos sur [0 ; π][0\ ;\ \pi] donne arccos\arccos, tan\tan sur ]π2 ; π2[\left]-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right[ donne arctan\arctan. La restriction est le plus grand intervalle où la fonction est monotone et prend toutes ses valeurs.
  • sin(arcsinx)=x\sin(\arcsin x)=x pour tout xx de [1 ; 1][-1\ ;\ 1], mais arcsin(sinx)=x\arcsin(\sin x)=x SEULEMENT si xx est dans l'intervalle de restriction. Même prudence pour arccos\arccos et arctan\arctan.
  • arcsinx+arccosx=π2\arcsin x+\arccos x=\dfrac{\pi}{2} pour tout xx de [1 ; 1][-1\ ;\ 1].
  • arccos(k)\arccos(k) n'existe pas si kk sort de [1 ; 1][-1\ ;\ 1], et une valeur principale n'est jamais à elle seule l'ensemble-solution d'une équation trigonométrique.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Lire une réciproque sur un graphique

La courbe ci-dessous représente une fonction ff définie sur [0;3][0\,;3], dont on ne donne PAS la règle. La droite y=xy=x est tracée en pointillés.

-112345678-112345678fy = x
  • a) Lisez f(2)f(2) et l'antécédent de 66 par ff. Réécrivez ensuite chacune de ces deux lectures avec la notation f1f^{-1}.
  • b) Donnez le domaine et l'image de ff, puis ceux de f1f^{-1}.
  • c) Expliquez comment obtenir la courbe de f1f^{-1} à partir de celle de ff, et donnez les coordonnées de quatre points de f1f^{-1}.
  • d) La fonction ff est décroissante. La fonction f1f^{-1} est-elle croissante ou décroissante ? Justifiez avec deux des points de la question c).

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a)
b)
Domaine de ff ;
Image de ff ;
Domaine de f1f^{-1} ;
d)
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Réponses

  • a) f(2)=4f(2)=4, antécédent de 66 : 11 ; f1(4)=2f^{-1}(4)=2, f1(6)=1f^{-1}(6)=1
  • b) ff : [0;3][0;7][0\,;3]\to[0\,;7] ; f1f^{-1} : [0;7][0;3][0\,;7]\to[0\,;3]
  • c) Réflexion par rapport à y=xy=x ; (7;0)(7\,;0), (6;1)(6\,;1), (4;2)(4\,;2), (0;3)(0\,;3)
  • d) Décroissante : la réciproque conserve le sens de variation

a) On lit f(2)=4f(2)=4 : on part de 22 sur l'axe des xx, on monte jusqu'à la courbe, on lit 44 sur l'axe des yy. Pour l'antécédent de 66, on fait le trajet INVERSE : on part de 66 sur l'axe des yy, on va horizontalement jusqu'à la courbe, on descend et on lit 11. Donc f(1)=6f(1)=6. La notation f1f^{-1} ne fait qu'écrire ces deux lectures dans l'autre sens : f(2)=4f(2)=4 s'écrit f1(4)=2f^{-1}(4)=2, et f(1)=6f(1)=6 s'écrit f1(6)=1f^{-1}(6)=1. Attention au piège de notation qui coûte des points à chaque évaluation : f1(6)=1f^{-1}(6)=1 et non 160,167\dfrac{1}{6}\approx 0{,}167. Le 1-1 n'est pas un exposant, c'est le symbole de la réciproque.

b) Le domaine de ff se lit sur l'axe horizontal : [0;3][0\,;3]. L'image se lit sur l'axe vertical, entre la plus petite et la plus grande valeur atteinte : f(3)=0f(3)=0 et f(0)=7f(0)=7, donc l'image est [0;7][0\,;7]. Pour la réciproque, les deux ensembles s'ÉCHANGENT : le domaine de f1f^{-1} est [0;7][0\,;7], son image est [0;3][0\,;3]. C'est la propriété la plus rentable du chapitre, parce qu'elle donne le domaine de la réciproque SANS calculer sa règle. Contrôle de cohérence : f1(6)=1f^{-1}(6)=1 suppose que 66 soit dans le domaine de f1f^{-1}, et 66 appartient bien à [0;7][0\,;7].

c) On réfléchit la courbe de ff par rapport à la droite y=xy=x, celle qui est tracée en pointillés. Concrètement, chaque point (a;b)(a\,;b) de ff donne le point (b;a)(b\,;a) de f1f^{-1} : on échange les deux coordonnées. Les quatre points marqués sur la figure sont (0;7)(0\,;7), (1;6)(1\,;6), (2;4)(2\,;4) et (3;0)(3\,;0), ils donnent donc (7;0)(7\,;0), (6;1)(6\,;1), (4;2)(4\,;2) et (0;3)(0\,;3). Remarquez au passage que le zéro de ff, en x=3x=3, devient l'ordonnée à l'origine de f1f^{-1}, en y=3y=3 : la symétrie échange les axes, donc elle échange aussi ce qui se lit sur chacun.

d) Elle est DÉCROISSANTE elle aussi. Prenons les deux points (4;2)(4\,;2) et (6;1)(6\,;1) de f1f^{-1} : quand xx passe de 44 à 66, donc augmente, f1(x)f^{-1}(x) passe de 22 à 11, donc diminue. La réciproque CONSERVE le sens de variation, elle ne le retourne jamais. L'erreur classique est de confondre cette symétrie avec celle par rapport à l'axe des xx, qui elle retournerait la courbe : la symétrie par rapport à y=xy=x échange les rôles des deux axes sans inverser l'ordre des nombres sur aucun d'eux. Si a<ba<b et que ff est décroissante, alors f(a)>f(b)f(a)>f(b), et en relisant cette inégalité dans l'autre sens on obtient exactement que f1f^{-1} renverse aussi l'ordre.

-112345678-112345678freciproquey = x

Exercice 2 : La réciproque d'une fonction affine

On considère la fonction affine f(x)=3x+7f(x)=-3x+7.

  • a) Déterminez f1f^{-1} par la méthode : poser y=f(x)y=f(x), isoler xx, échanger les noms des variables.
  • b) Vérifiez que f(f1(x))=xf\big(f^{-1}(x)\big)=x et que f1(f(x))=xf^{-1}\big(f(x)\big)=x.
  • c) Un élève écrit f1(1)=1f(1)f^{-1}(1)=\dfrac{1}{f(1)}. Calculez les deux nombres et expliquez l'erreur.
  • d) Cas général : pour f(x)=ax+bf(x)=ax+b avec a0a\neq 0, donnez f1f^{-1} et sa pente. Que se passe-t-il si a=0a=0 ?

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a)
c)
d)
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Réponses

  • a) f1(x)=7x3f^{-1}(x)=\dfrac{7-x}{3}
  • b) f(f1(x))=xf(f^{-1}(x))=x et f1(f(x))=xf^{-1}(f(x))=x
  • c) f1(1)=2f^{-1}(1)=2 contre 1f(1)=0,25\dfrac{1}{f(1)}=0{,}25 : le 1-1 n'est pas un exposant
  • d) f1(x)=xbaf^{-1}(x)=\dfrac{x-b}{a}, pente 1a\dfrac{1}{a} ; si a=0a=0, pas de réciproque

a) On pose y=3x+7y=-3x+7, puis on isole xx en défaisant les opérations dans l'ordre inverse : ff multiplie d'abord par 3-3 puis ajoute 77, donc on retire 77 puis on divise par 3-3. Cela donne y7=3xy-7=-3x, donc x=y73=7y3x=\dfrac{y-7}{-3}=\dfrac{7-y}{3}. Il reste à échanger les noms des variables, ce qui traduit l'échange des rôles entre le départ et l'arrivée : f1(x)=7x3f^{-1}(x)=\dfrac{7-x}{3}, soit sous forme développée f1(x)=13x+73f^{-1}(x)=-\dfrac{1}{3}x+\dfrac{7}{3}. Domaine et image : ff est définie sur R\mathbb{R} et atteint tout réel, donc f1f^{-1} aussi. Aucune restriction n'est nécessaire ici, et c'est justement ce qui rend le cas affine facile.

b) Premier sens : f(f1(x))=3×7x3+7=(7x)+7=7+x+7=xf\big(f^{-1}(x)\big)=-3\times\dfrac{7-x}{3}+7=-(7-x)+7=-7+x+7=x ✓. Second sens : f1(f(x))=7(3x+7)3=7+3x73=3x3=xf^{-1}\big(f(x)\big)=\dfrac{7-(-3x+7)}{3}=\dfrac{7+3x-7}{3}=\dfrac{3x}{3}=x ✓. Les deux vérifications sont exigées au barème, parce qu'elles ne disent pas la même chose : la première se fait sur le domaine de f1f^{-1}, la seconde sur celui de ff. Pour une affine ces deux domaines valent R\mathbb{R}, mais dès qu'une racine ou un logarithme entre en jeu, ils diffèrent et une seule des deux identités peut être vraie partout.

c) f(1)=3+7=4f(1)=-3+7=4, donc 1f(1)=14=0,25\dfrac{1}{f(1)}=\dfrac{1}{4}=0{,}25. Et f1(1)=713=63=2f^{-1}(1)=\dfrac{7-1}{3}=\dfrac{6}{3}=2. Les deux nombres, 22 et 0,250{,}25, n'ont rien à voir. L'erreur est de lire le 1-1 comme un exposant, comme dans x1=1xx^{-1}=\dfrac{1}{x}. Ici le 1-1 est collé à la LETTRE ff, pas à une valeur : il désigne la fonction qui défait ff, pas l'inverse d'un nombre. Contrôle qui tranche à coup sûr : f1(1)f^{-1}(1) doit renvoyer un nombre dont l'image par ff vaut 11, et f(2)=6+7=1f(2)=-6+7=1 ✓, alors que f(0,25)=0,75+7=6,251f(0{,}25)=-0{,}75+7=6{,}25\neq 1.

d) On pose y=ax+by=ax+b, donc x=ybax=\dfrac{y-b}{a} et f1(x)=xba=1axbaf^{-1}(x)=\dfrac{x-b}{a}=\dfrac{1}{a}x-\dfrac{b}{a}. La pente de f1f^{-1} est 1a\dfrac{1}{a}, l'INVERSE de la pente de ff, et non son opposé. Sur l'exemple : ff a la pente 3-3 et f1f^{-1} la pente 13-\dfrac{1}{3}, et le produit des deux vaut 11, pas 1-1 : deux droites réciproques ne sont donc PAS perpendiculaires en général, contrairement à ce qu'on suppose souvent. Si a=0a=0, la fonction est constante, f(x)=bf(x)=b pour tout xx : tous les réels ont la même image, donc en partant de bb on ne saurait pas à qui revenir, et aucune réciproque n'existe. Enfin, une remarque utile au tracé : ff et f1f^{-1} se coupent sur la droite y=xy=x, ici en résolvant 3x+7=x-3x+7=x, ce qui donne x=74=1,75x=\dfrac{7}{4}=1{,}75.

-11234567-11234567freciproquey = x

Exercice 3 : Réciproque à partir d'une table de valeurs

Deux fonctions gg et hh sont définies par la table ci-dessous, sur le domaine {2;1;0;1;2}\{-2\,;-1\,;0\,;1\,;2\}.

x-2-1012
g(x)531-1-3
h(x)41014
  • a) Dressez la table de valeurs de g1g^{-1}. Quelles lignes de la table de gg a-t-on échangées ?
  • b) Donnez g1(3)g^{-1}(3), puis calculez g(g1(3))g\big(g^{-1}(3)\big) et g1(g(3))g^{-1}\big(g(3)\big). Attention au domaine.
  • c) Montrez que h1h^{-1} n'est PAS une fonction. Donnez une valeur qui le prouve et ses deux antécédents.
  • d) On restreint hh aux x0x\geq 0. Dressez la table de la réciproque obtenue et donnez son domaine.

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b)
c)
d)
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Réponses

  • a) g1g^{-1} : 32-3\mapsto 2, 11-1\mapsto 1, 101\mapsto 0, 313\mapsto -1, 525\mapsto -2 (lignes échangées)
  • b) g1(3)=1g^{-1}(3)=-1 ; g(g1(3))=3g(g^{-1}(3))=3 ; g1(g(3))g^{-1}(g(3)) n'existe pas
  • c) h(1)=h(1)=1h(-1)=h(1)=1 : deux antécédents
  • d) 000\mapsto 0, 111\mapsto 1, 424\mapsto 2 ; domaine {0;1;4}\{0\,;1\,;4\}

a) Passer à la réciproque revient à ÉCHANGER les deux lignes de la table : la ligne des images devient celle des xx, et la ligne des xx devient celle des images. On obtient, en rangeant les nouvelles entrées dans l'ordre croissant : pour x=3;1;1;3;5x=-3\,;-1\,;1\,;3\,;5, les valeurs g1(x)=2;1;0;1;2g^{-1}(x)=2\,;1\,;0\,;-1\,;-2. Le domaine de g1g^{-1} est donc {3;1;1;3;5}\{-3\,;-1\,;1\,;3\,;5\}, c'est-à-dire l'IMAGE de gg, et son image est {2;1;0;1;2}\{-2\,;-1\,;0\,;1\,;2\}, le domaine de gg. Remarquez que gg est décroissante d'un bout à l'autre de la table, et que g1g^{-1} l'est aussi : la réciproque conserve le sens de variation. Au passage, la table de gg est celle de la fonction affine g(x)=2x+1g(x)=-2x+1, ce qui donne g1(x)=1x2g^{-1}(x)=\dfrac{1-x}{2}, en accord avec les cinq couples trouvés.

b) On cherche le xx dont l'image vaut 33 : la table donne g(1)=3g(-1)=3, donc g1(3)=1g^{-1}(3)=-1. Ensuite g(g1(3))=g(1)=3g\big(g^{-1}(3)\big)=g(-1)=3 : on revient exactement au point de départ, et c'est la propriété qui DÉFINIT la réciproque. La seconde expression est un piège : g1(g(3))g^{-1}\big(g(3)\big) demande d'abord g(3)g(3), or 33 n'est PAS dans le domaine de gg, qui s'arrête à 22. L'expression n'existe donc pas. La leçon est que l'identité g1(g(x))=xg^{-1}\big(g(x)\big)=x n'est vraie que sur le domaine de gg, et g(g1(x))=xg\big(g^{-1}(x)\big)=x que sur celui de g1g^{-1} : hors de ces ensembles, l'écriture n'a aucun sens.

c) La table de hh donne h(1)=1h(-1)=1 et h(1)=1h(1)=1 : la valeur 11 possède DEUX antécédents, 1-1 et 11. Or une fonction doit associer à chaque nombre de son domaine une seule image. En partant de 11, la réciproque devrait renvoyer à la fois 1-1 et 11, ce qu'aucune fonction ne fait. Donc h1h^{-1} n'est pas une fonction. La valeur 44 fournit le même argument, avec les antécédents 2-2 et 22. On reconnaît d'ailleurs h(x)=x2h(x)=x^{2}, dont la courbe est symétrique par rapport à l'axe des yy : c'est exactement cette symétrie qui produit les paires d'antécédents et qui interdit la réciproque.

d) En gardant seulement x{0;1;2}x\in\{0\,;1\,;2\}, la table de hh devient 000\mapsto 0, 111\mapsto 1, 242\mapsto 4 : plus aucune image n'est atteinte deux fois. La réciproque existe alors, avec la table 000\mapsto 0, 111\mapsto 1, 424\mapsto 2. Son domaine est {0;1;4}\{0\,;1\,;4\}, c'est-à-dire l'image de hh restreinte, et son image est {0;1;2}\{0\,;1\,;2\}. On reconnaît trois valeurs de la fonction racine carrée, ce qui est cohérent : sur x0x\geq 0, la réciproque de x2x^{2} est x\sqrt{x}. Retenez la démarche générale, car c'est le fil de toute la série : quand la réciproque n'existe pas, on ne renonce pas, on RESTREINT le domaine jusqu'à ce que chaque image n'ait plus qu'un seul antécédent.

Exercice 4 : Le test de la droite horizontale

La courbe ci-dessous est celle de f(x)=x21f(x)=|x-2|-1. Une droite horizontale y a été tracée.

-4-3-2-112345678-3-2-112345y = 2f
  • a) Combien de fois la droite y=2y=2 coupe-t-elle la courbe ? Résolvez x21=2|x-2|-1=2 pour le confirmer.
  • b) Qu'en conclut-on sur f1(2)f^{-1}(2), et donc sur l'existence de f1f^{-1} ?
  • c) Énoncez le test de la droite horizontale. Existe-t-il ici une horizontale qui ne coupe la courbe qu'une seule fois ? Cela suffit-il ?
  • d) Parmi x\sqrt{x}, x\lfloor x\rfloor, 2x2^{x} et x2x^{2}, dites lesquelles admettent une réciproque sur leur domaine entier. Justifiez chacune par le test.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Deux fois : x=1x=-1 et x=5x=5
  • b) f1(2)f^{-1}(2) aurait deux valeurs : f1f^{-1} n'est pas une fonction
  • c) Toutes les horizontales doivent passer le test ; une seule ne suffit pas
  • d) x\sqrt{x} et 2x2^{x} oui (strictement croissantes) ; x\lfloor x\rfloor et x2x^{2} non

a) Elle la coupe DEUX fois, une fois sur chaque branche du V. Le calcul le confirme : x21=2|x-2|-1=2 donne x2=3|x-2|=3, donc x2=3x-2=3 ou x2=3x-2=-3, soit x=5x=5 ou x=1x=-1. Les deux points d'intersection sont (1;2)(-1\,;2) et (5;2)(5\,;2). Contrôle : f(1)=31=31=2f(-1)=|-3|-1=3-1=2 ✓ et f(5)=31=2f(5)=|3|-1=2 ✓. Le réflexe à prendre est de traduire toute équation à valeur absolue en DEUX cas, sans quoi on ne trouve qu'une des deux solutions et on manque précisément le phénomène que la question veut faire voir.

b) f1(2)f^{-1}(2) devrait désigner UN nombre, celui dont l'image vaut 22. Ici il y en a deux, 1-1 et 55, et rien ne permet de choisir. La réciproque de ff n'est donc pas une fonction sur le domaine R\mathbb{R}. Attention à ne pas dire que la réciproque « n'existe pas » : la symétrique de la courbe par rapport à y=xy=x existe bel et bien, c'est un V couché, mais ce n'est pas le graphe d'une fonction puisqu'une verticale y rencontrerait deux points.

c) Test de la droite horizontale : si une droite horizontale coupe la courbe de ff en plus d'un point, alors f1f^{-1} n'est pas une fonction. Ici, la seule horizontale qui ne coupe qu'une fois est y=1y=-1, celle qui passe par le sommet (2;1)(2\,;-1) ; les horizontales y=ky=k avec k>1k>-1 coupent deux fois, et celles avec k<1k<-1 ne coupent pas du tout. Cela ne suffit PAS : le test doit être réussi par TOUTES les horizontales, pas par une seule. Une seule horizontale à deux intersections condamne la réciproque, exactement comme une seule verticale à deux intersections condamne le fait d'être une fonction.

d) x\sqrt{x} : elle passe le test, car elle est strictement croissante sur [0;+[[0\,;+\infty[, donc chaque valeur y0y\geq 0 est atteinte une seule fois ; sa réciproque est x2x^{2} restreinte aux x0x\geq 0. x\lfloor x\rfloor : elle échoue, et de la pire façon, car l'horizontale y=2y=2 rencontre tout le palier [2;3[[2\,;3[, ce qui fait une INFINITÉ d'antécédents et non deux. 2x2^{x} : elle passe le test, strictement croissante, chaque y>0y>0 atteint une seule fois ; sa réciproque est log2(x)\log_{2}(x). x2x^{2} : elle échoue, puisque y=9y=9 est atteinte en x=3x=3 et en x=3x=-3. La règle générale à retenir tient en une ligne : une fonction strictement croissante ou strictement décroissante sur son domaine passe toujours le test, et c'est le critère le plus rapide à invoquer en évaluation.

Exercice 5 : Restreindre le domaine d'une quadratique

On considère la fonction f(x)=x26x+5f(x)=x^{2}-6x+5.

  • a) Écrivez ff sous la forme canonique et donnez les coordonnées de son sommet.
  • b) Justifiez que ff n'admet pas de réciproque sur R\mathbb{R}, puis restreignez ff à [3;+[[3\,;+\infty[ et déterminez f1f^{-1} avec son domaine.
  • c) Faites de même sur ];3]]-\infty\,;3], et comparez les deux règles obtenues.
  • d) Vérifiez chacune des deux réciproques sur une valeur numérique, puis expliquez d'où vient le signe ±\pm et pourquoi il disparaît.

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a)
b)
Domaine de f1f^{-1} ;
c)
d)
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Réponses

  • a) f(x)=(x3)24f(x)=(x-3)^{2}-4, sommet (3;4)(3\,;-4)
  • b) f1(x)=3+x+4f^{-1}(x)=3+\sqrt{x+4} sur [4;+[[-4\,;+\infty[
  • c) f1(x)=3x+4f^{-1}(x)=3-\sqrt{x+4}, même domaine
  • d) f1(12)=7f^{-1}(12)=7 et 1-1 ; le ±\pm vient de u2=cu^{2}=c, la restriction en élimine un

a) On complète le carré : x26x+5=(x26x+9)9+5=(x3)24x^{2}-6x+5=(x^{2}-6x+9)-9+5=(x-3)^{2}-4. Le sommet est donc (3;4)(3\,;-4). Contrôle par les formules : h=b2a=62=3h=-\dfrac{b}{2a}=\dfrac{6}{2}=3 et k=f(3)=918+5=4k=f(3)=9-18+5=-4 ✓. Cette forme canonique n'est pas un ornement : c'est elle qui rend l'isolation de xx possible à la question suivante, parce qu'elle ne contient plus qu'UNE seule occurrence de xx. Tant qu'on garde x26x+5x^{2}-6x+5, avec deux occurrences, aucune manipulation ne permet d'isoler xx.

b) La parabole est symétrique par rapport à la verticale x=3x=3, donc chaque valeur strictement supérieure à 4-4 est atteinte deux fois. Exemple explicite : f(1)=16+5=0f(1)=1-6+5=0 et f(5)=2530+5=0f(5)=25-30+5=0, la valeur 00 a deux antécédents. Sur [3;+[[3\,;+\infty[, en revanche, ff est strictement croissante donc injective, et son image est [4;+[[-4\,;+\infty[. On isole : y=(x3)24y=(x-3)^{2}-4 donne (x3)2=y+4(x-3)^{2}=y+4, donc x3=±y+4x-3=\pm\sqrt{y+4}. Comme x3x\geq 3, on a x30x-3\geq 0 et on garde le signe ++ : x=3+y+4x=3+\sqrt{y+4}. En échangeant les noms : f1(x)=3+x+4f^{-1}(x)=3+\sqrt{x+4}, de domaine [4;+[[-4\,;+\infty[ et d'image [3;+[[3\,;+\infty[.

c) Sur ];3]]-\infty\,;3], la fonction est strictement décroissante, donc injective elle aussi, et son image est encore [4;+[[-4\,;+\infty[. Le calcul est identique jusqu'à x3=±y+4x-3=\pm\sqrt{y+4}, mais cette fois x3x\leq 3 donne x30x-3\leq 0, donc on garde le signe - : f1(x)=3x+4f^{-1}(x)=3-\sqrt{x+4}, de domaine [4;+[[-4\,;+\infty[ et d'image ];3]]-\infty\,;3]. Les deux réciproques ont donc le MÊME domaine et des règles qui ne diffèrent que par un signe. Graphiquement, ce sont les deux moitiés de la parabole couchée obtenue en réfléchissant ff par rapport à y=xy=x : la branche du haut et celle du bas.

d) Sur la première : f(7)=4942+5=12f(7)=49-42+5=12, et f1(12)=3+16=3+4=7f^{-1}(12)=3+\sqrt{16}=3+4=7 ✓, on est revenu au point de départ. Sur la seconde : f(1)=1+6+5=12f(-1)=1+6+5=12, et 316=34=13-\sqrt{16}=3-4=-1 ✓. Le même nombre 1212 possède bien les deux antécédents 77 et 1-1, symétriques par rapport à 33, ce qui confirme la question b). Le ±\pm vient de ce qu'une équation du type u2=cu^{2}=c avec c>0c>0 a toujours deux solutions opposées : la racine carrée, elle, ne renvoie que la positive, d'où l'obligation d'écrire les deux cas. Il ne disparaît pas par magie à la ligne suivante : c'est la RESTRICTION du domaine qui en élimine une, en fixant le signe de x3x-3. Sans restriction, les deux réponses coexistent, et l'objet obtenu n'est pas une fonction.

-6-4-22468101214-6-4-22468101214f restreintereciproquel'autre branchey = x

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Exponentielle et logarithme : le couple réciproque

On considère la fonction f(x)=32x1+4f(x)=3\cdot 2^{\,x-1}+4.

  • a) Donnez le domaine et l'image de ff, ainsi que l'équation de son asymptote.
  • b) Déterminez la règle de f1f^{-1} et son domaine.
  • c) Vérifiez votre réponse sur trois valeurs, dont une qui donne une puissance négative.
  • d) Quelle est l'asymptote de f1f^{-1} ? Expliquez le lien avec celle de ff.

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a)
Image de ff ;
b)
Domaine de f1f^{-1} ;
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Domaine R\mathbb{R}, image ]4;+[]4\,;+\infty[, asymptote y=4y=4
  • b) f1(x)=1+log2(x43)f^{-1}(x)=1+\log_{2}\left(\dfrac{x-4}{3}\right) sur ]4;+[]4\,;+\infty[
  • c) f1(10)=2f^{-1}(10)=2, f1(7)=1f^{-1}(7)=1, f1(5,5)=0f^{-1}(5{,}5)=0
  • d) x=4x=4 : l'asymptote horizontale de ff devient verticale

a) Une exponentielle est définie pour tout réel, donc le domaine de ff est R\mathbb{R}. Pour l'image : 2x1>02^{\,x-1}>0 pour tout xx, donc 32x1>03\cdot 2^{\,x-1}>0 et f(x)>4f(x)>4. La valeur 44 n'est jamais atteinte, seulement approchée quand xx\to-\infty : l'image est ]4;+[]4\,;+\infty[ et la droite y=4y=4 est asymptote horizontale. C'est le paramètre kk de la forme abxh+ka\cdot b^{\,x-h}+k qui donne directement cette asymptote, et c'est aussi lui qui va décider du domaine de la réciproque, donc il ne faut surtout pas le perdre en route.

b) On pose y=32x1+4y=3\cdot 2^{\,x-1}+4 et on défait les opérations dans l'ordre inverse. D'abord y4=32x1y-4=3\cdot 2^{\,x-1}, puis y43=2x1\dfrac{y-4}{3}=2^{\,x-1}. À ce stade l'inconnue est en EXPOSANT, et le seul outil qui l'en fait descendre est le logarithme de base 22 : x1=log2 ⁣(y43)x-1=\log_{2}\!\left(\dfrac{y-4}{3}\right), donc x=1+log2 ⁣(y43)x=1+\log_{2}\!\left(\dfrac{y-4}{3}\right). En échangeant les noms : f1(x)=1+log2 ⁣(x43)f^{-1}(x)=1+\log_{2}\!\left(\dfrac{x-4}{3}\right). Son domaine s'obtient par la condition d'existence du logarithme, x43>0\dfrac{x-4}{3}>0, soit x>4x>4 : le domaine est ]4;+[]4\,;+\infty[, exactement l'image de ff trouvée en a). Cette coïncidence n'en est pas une, c'est le contrôle qui valide toute la question.

c) Première valeur : f(2)=321+4=6+4=10f(2)=3\cdot 2^{1}+4=6+4=10, et f1(10)=1+log2 ⁣(63)=1+log2(2)=1+1=2f^{-1}(10)=1+\log_{2}\!\left(\dfrac{6}{3}\right)=1+\log_{2}(2)=1+1=2 ✓. Deuxième : f(1)=320+4=3+4=7f(1)=3\cdot 2^{0}+4=3+4=7, et f1(7)=1+log2(1)=1+0=1f^{-1}(7)=1+\log_{2}(1)=1+0=1 ✓. Troisième, avec une puissance négative : f(0)=321+4=1,5+4=5,5f(0)=3\cdot 2^{-1}+4=1{,}5+4=5{,}5, et f1(5,5)=1+log2 ⁣(1,53)=1+log2(0,5)=11=0f^{-1}(5{,}5)=1+\log_{2}\!\left(\dfrac{1{,}5}{3}\right)=1+\log_{2}(0{,}5)=1-1=0 ✓. Rappel utile pour la troisième : log2(0,5)=1\log_{2}(0{,}5)=-1 parce que 21=0,52^{-1}=0{,}5, et à la calculatrice on l'obtient par le changement de base log(0,5)log(2)\dfrac{\log(0{,}5)}{\log(2)}.

d) Quand xx tend vers 44 par valeurs supérieures, x43\dfrac{x-4}{3} tend vers 0+0^{+} et son logarithme vers -\infty : la droite VERTICALE x=4x=4 est asymptote de f1f^{-1}. C'est l'image miroir de l'asymptote horizontale y=4y=4 de ff par la symétrie d'axe y=xy=x. La règle générale mérite d'être retenue telle quelle, car elle fait gagner du temps en évaluation : la symétrie par rapport à y=xy=x échange les deux axes, donc elle transforme toute asymptote horizontale en asymptote verticale de même valeur, et réciproquement. C'est le même mécanisme qui, à l'exercice 1, transformait un zéro en ordonnée à l'origine.

-4-224681012-4-224681012freciproquey = 4x = 4y = x

Exercice 7 : Problème : l'enclos rectangulaire

Un éleveur dispose de 4040 m de clôture pour délimiter un enclos rectangulaire. Si xx désigne la largeur en mètres, la longueur vaut 20x20-x et l'aire est A(x)=x(20x)A(x)=x(20-x).

-2246810121416182022-2020406080100120A(x) = x(20 - x)aire (m²)x (m)
  • a) Donnez le domaine réaliste de xx, la forme canonique de AA et l'aire maximale.
  • b) Résolvez A(x)=96A(x)=96. Pourquoi y a-t-il deux réponses, et que représentent-elles concrètement ?
  • c) Exprimez xx en fonction de l'aire sur [0;10][0\,;10], et vérifiez avec A=96A=96.
  • d) Donnez l'autre expression, valable sur [10;20][10\,;20], puis expliquez pourquoi restreindre à [0;10][0\,;10] ne fait perdre AUCUN enclos possible.

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a)
Domaine réaliste ;
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) ]0;20[]0\,;20[ ; A(x)=(x10)2+100A(x)=-(x-10)^{2}+100 ; maximum 100100
  • b) x=8x=8 ou x=12x=12 : le même enclos décrit par sa largeur ou sa longueur
  • c) x=10100Ax=10-\sqrt{100-A} ; A=96A=96 donne 88
  • d) x=10+100Ax=10+\sqrt{100-A} ; chaque enclos est déjà décrit une fois par sa petite dimension

a) La largeur et la longueur doivent être strictement positives : x>0x>0 et 20x>020-x>0, donc le domaine réaliste est ]0;20[]0\,;20[. Forme canonique : A(x)=x2+20x=(x220x)=((x10)2100)=(x10)2+100A(x)=-x^{2}+20x=-\big(x^{2}-20x\big)=-\big((x-10)^{2}-100\big)=-(x-10)^{2}+100. Le sommet est (10;100)(10\,;100) : l'aire maximale vaut 100100 m2^2 et elle est atteinte pour x=10x=10, c'est-à-dire pour un CARRÉ de 1010 m de côté. C'est un résultat classique qu'il faut savoir citer : à périmètre fixé, le rectangle d'aire maximale est le carré.

b) (x10)2+100=96-(x-10)^{2}+100=96 donne (x10)2=4(x-10)^{2}=4, donc x10=±2x-10=\pm 2, soit x=8x=8 ou x=12x=12. Il y a deux réponses parce que AA n'est pas injective : sa courbe est symétrique par rapport à la verticale x=10x=10, et 88 et 1212 sont symétriques par rapport à 1010. Concrètement, x=8x=8 décrit un enclos de 88 m sur 1212 m et x=12x=12 un enclos de 1212 m sur 88 m : c'est le MÊME enclos, décrit une fois par sa largeur et une fois par sa longueur. Les deux solutions mathématiques ne correspondent donc pas à deux situations différentes, et c'est cette remarque qui va rendre la restriction indolore à la question d).

c) On isole xx dans la forme canonique : A=(x10)2+100A=-(x-10)^{2}+100 donne (x10)2=100A(x-10)^{2}=100-A, donc x10=±100Ax-10=\pm\sqrt{100-A}. Sur [0;10][0\,;10], on a x100x-10\leq 0, donc on garde le signe - : x=10100Ax=10-\sqrt{100-A}. Vérification avec A=96A=96 : 104=102=810-\sqrt{4}=10-2=8 ✓, c'est bien la petite des deux dimensions. Le domaine de cette réciproque est [0;100][0\,;100], l'ensemble des aires réalisables : au-delà de 100100 m2^2 la racine deviendrait celle d'un nombre négatif, ce qui traduit exactement le fait qu'aucun enclos de 4040 m de clôture ne dépasse 100100 m2^2.

d) Sur [10;20][10\,;20], on a x100x-10\geq 0 et on garde le signe ++ : x=10+100Ax=10+\sqrt{100-A}. Vérification : 10+4=1210+\sqrt{4}=12 ✓. Restreindre à [0;10][0\,;10] ne perd aucun enclos parce que chaque enclos possible y est DÉJÀ décrit une fois, par sa plus petite dimension. Convenir que xx désigne la plus petite des deux dimensions rend le modèle injectif sans retirer une seule situation au problème. C'est le cas le plus fréquent en situation, et c'est le point à retenir de tout le chapitre : la restriction n'est presque jamais une amputation mathématique, c'est le choix d'une convention de description que la situation suggérait déjà.

largeur x = 8 m12 mlargeur x = 12 m8 mle meme enclos, decrit deux fois

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « f1(x)f^{-1}(x) est un autre nom pour 1f(x)\dfrac{1}{f(x)}. »
  • 2) « Toute fonction admet une réciproque. »
  • 3) « Le domaine de f1f^{-1} est le domaine de ff. »
  • 4) « Si ff est décroissante, alors f1f^{-1} est croissante. »
  • 5) « La courbe de f1f^{-1} s'obtient en réfléchissant celle de ff par rapport à l'axe des yy. »
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Réponses

  • 1) Faux : f1f^{-1} est la réciproque, f1(1)=214f^{-1}(1)=2\neq\dfrac{1}{4}
  • 2) Faux : il faut l'injectivité (x2x^{2} n'en a pas)
  • 3) Faux : le domaine de f1f^{-1} est l'image de ff
  • 4) Faux : la réciproque conserve le sens de variation
  • 5) Faux : l'axe de symétrie est y=xy=x

1) FAUX. Le 1-1 est collé à la LETTRE ff, pas à un nombre : il désigne la fonction qui défait ff, jamais l'inverse multiplicatif. Contre-exemple net avec f(x)=3x+7f(x)=-3x+7 : f1(1)=2f^{-1}(1)=2 alors que 1f(1)=14=0,25\dfrac{1}{f(1)}=\dfrac{1}{4}=0{,}25. Énoncé correct : f1f^{-1} est la réciproque de ff, caractérisée par f(f1(x))=xf\big(f^{-1}(x)\big)=x ; l'inverse multiplicatif s'écrirait 1f\dfrac{1}{f} ou (f(x))1\big(f(x)\big)^{-1}, avec l'exposant sur la VALEUR.

2) FAUX. Il faut que ff soit injective, c'est-à-dire que chaque valeur atteinte le soit par un seul antécédent. La fonction f(x)=x2f(x)=x^{2} ne l'est pas : 99 est atteint en 33 et en 3-3, et en partant de 99 on ne saurait pas à qui revenir. Énoncé correct : une fonction admet une réciproque si et seulement si elle passe le test de la droite horizontale ; sinon on restreint son domaine à un intervalle où elle est strictement monotone, et la réciproque existe SUR CETTE RESTRICTION.

3) FAUX, et c'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre, parce qu'elle fait perdre les points de domaine à chaque question. Le domaine de f1f^{-1} est l'IMAGE de ff. Exemple : pour f(x)=2xf(x)=2\sqrt{x} de domaine [0;+[[0\,;+\infty[ et d'image [0;+[[0\,;+\infty[, les deux coïncident par hasard ; mais pour f(x)=32x1+4f(x)=3\cdot 2^{\,x-1}+4, le domaine est R\mathbb{R} et l'image ]4;+[]4\,;+\infty[, et c'est bien ]4;+[]4\,;+\infty[ qui est le domaine de f1f^{-1}. Énoncé correct : domaine et image s'ÉCHANGENT en passant à la réciproque.

4) FAUX. La réciproque CONSERVE le sens de variation. Si ff est décroissante, f1f^{-1} l'est aussi. Preuve rapide sur des nombres : avec f(1)=6f(1)=6 et f(2)=4f(2)=4, on a f1(4)=2f^{-1}(4)=2 et f1(6)=1f^{-1}(6)=1, donc quand la variable passe de 44 à 66 l'image passe de 22 à 11, elle diminue. Énoncé correct : la réciproque d'une fonction croissante est croissante, celle d'une fonction décroissante est décroissante. La confusion vient de la pente : une droite de pente 3-3 a bien une réciproque de pente 13-\dfrac{1}{3}, un nombre plus proche de zéro mais toujours NÉGATIF.

5) FAUX. L'axe de symétrie est la droite y=xy=x, la première bissectrice, et non l'axe des yy. La réflexion par rapport à l'axe des yy donnerait la courbe de xf(x)x\mapsto f(-x), ce qui n'a rien à voir. Test immédiat : le point (2;4)(2\,;4) de ff donne (4;2)(4\,;2) sur la réciproque, alors que la réflexion par rapport à l'axe des yy donnerait (2;4)(-2\,;4). Énoncé correct : les courbes de ff et de f1f^{-1} sont symétriques par rapport à la droite y=xy=x, ce qui revient à échanger les deux coordonnées de chaque point, et explique au passage que les asymptotes horizontales deviennent verticales.

Exercice 9 : Problème : la machine à coder

Une machine code un nombre en deux étapes : elle lui ajoute d'abord 33, puis multiplie le résultat par 22. On pose g(x)=x+3g(x)=x+3 et f(x)=2xf(x)=2x, de sorte que le code est c(x)=(fg)(x)c(x)=(f\circ g)(x).

  • a) Donnez la règle de cc et codez le nombre 55.
  • b) Déterminez c1c^{-1}, puis décodez le nombre 3030.
  • c) Calculez g1(f1(30))g^{-1}\big(f^{-1}(30)\big) et f1(g1(30))f^{-1}\big(g^{-1}(30)\big). Laquelle des deux est la machine à décoder ? Énoncez la règle générale.
  • d) On ajoute une troisième étape : élever au carré, soit m(x)=h(c(x))m(x)=h\big(c(x)\big) avec h(x)=x2h(x)=x^{2}. Expliquez pourquoi le décodage devient impossible, et donnez la convention qui le rend possible.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) c(x)=2x+6c(x)=2x+6 ; c(5)=16c(5)=16
  • b) c1(x)=x62c^{-1}(x)=\dfrac{x-6}{2} ; c1(30)=12c^{-1}(30)=12
  • c) 1212 et 13,513{,}5 : la bonne machine est g1f1g^{-1}\circ f^{-1}
  • d) Le carré n'est pas injectif (m(1)=m(7)=64m(1)=m(-7)=64) ; restreindre à x3x\geq -3

a) c(x)=f(g(x))=2(x+3)=2x+6c(x)=f\big(g(x)\big)=2(x+3)=2x+6. On applique gg d'abord et ff ensuite, c'est l'ordre de lecture de fgf\circ g, qui est l'inverse de l'ordre d'écriture. Codage de 55 : c(5)=2×5+6=16c(5)=2\times 5+6=16, ou en suivant les étapes, 5+3=85+3=8 puis 8×2=168\times 2=16 ✓. Les deux calculs doivent donner le même nombre, et les faire tous les deux est le contrôle le plus rapide sur une composition.

b) On pose y=2x+6y=2x+6, on retire 66 puis on divise par 22 : x=y62x=\dfrac{y-6}{2}, donc c1(x)=x62c^{-1}(x)=\dfrac{x-6}{2}. Décodage de 3030 : c1(30)=242=12c^{-1}(30)=\dfrac{24}{2}=12. Vérification obligatoire dans l'autre sens : c(12)=2×12+6=30c(12)=2\times 12+6=30 ✓. Remarquez l'ordre dans lequel on a défait les opérations : le +6+6, qui était la DERNIÈRE étape du codage, est le PREMIER à être annulé. C'est exactement ce que la question suivante généralise.

c) Les deux réciproques élémentaires sont f1(x)=x2f^{-1}(x)=\dfrac{x}{2} et g1(x)=x3g^{-1}(x)=x-3. Premier calcul : f1(30)=15f^{-1}(30)=15, puis g1(15)=12g^{-1}(15)=12 ✓, c'est bien le résultat de la question b). Second calcul : g1(30)=27g^{-1}(30)=27, puis f1(27)=13,5f^{-1}(27)=13{,}5 ✗, et c(13,5)=33c(13{,}5)=33, pas 3030. La machine à décoder est donc g1f1g^{-1}\circ f^{-1}, et la règle générale s'écrit (fg)1=g1f1(f\circ g)^{-1}=g^{-1}\circ f^{-1} : l'ordre s'INVERSE. L'image qui la rend inoubliable : on met les chaussettes puis les chaussures, et pour se déchausser on retire les chaussures d'abord, les chaussettes ensuite.

d) La machine complète est m(x)=(2x+6)2m(x)=(2x+6)^{2}. Or m(1)=82=64m(1)=8^{2}=64 et m(7)=(8)2=64m(-7)=(-8)^{2}=64 : deux nombres différents produisent le même code, donc en recevant 6464 on ne sait pas lequel des deux était le message. Le carré détruit l'information du signe, et c'est précisément l'échec du test de la droite horizontale. La convention qui rétablit le décodage est de restreindre les messages aux x3x\geq -3, c'est-à-dire à ceux pour lesquels 2x+602x+6\geq 0. Sur cette restriction, m1(y)=y62m^{-1}(y)=\dfrac{\sqrt{y}-6}{2}, puisque la racine ne renvoie que la valeur positive. Vérification : m(1)=64m(1)=64 et 6462=862=1\dfrac{\sqrt{64}-6}{2}=\dfrac{8-6}{2}=1 ✓. On retrouve la leçon des exercices 5 et 7 : une étape non injective dans une chaîne suffit à condamner la réciproque de toute la chaîne, et le remède est toujours une restriction du domaine de DÉPART.

Exercice 10 : Problème : la distance de freinage

Sur chaussée sèche, la distance de freinage dd d'une voiture, en mètres, est modélisée par d(v)=v2150d(v)=\dfrac{v^{2}}{150}, où vv est la vitesse en kilomètres par heure au moment du freinage.

2040608010012014020406080100120140d(v)v (km/h)d (m)
  • a) Calculez d(60)d(60) et d(90)d(90), et donnez le domaine réaliste du modèle.
  • b) Un enquêteur mesure 5454 m de traces de freinage. Exprimez vv en fonction de dd, puis retrouvez la vitesse.
  • c) La parabole complète y=x2150y=\dfrac{x^{2}}{150} n'a pas de réciproque. Pourquoi ce modèle en a-t-il une ?
  • d) Si la distance de freinage DOUBLE, par combien la vitesse est-elle multipliée ? Vérifiez avec d=108d=108 m et commentez.

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a)
b)
d)
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Réponses

  • a) 2424 m ; 5454 m ; v0v\geq 0
  • b) v=150dv=\sqrt{150d} ; 9090 km/h
  • c) Sur v0v\geq 0, la fonction est strictement croissante donc injective
  • d) Par 21,41\sqrt{2}\approx 1{,}41 ; v(108)127,3v(108)\approx 127{,}3 km/h

a) d(60)=602150=3600150=24d(60)=\dfrac{60^{2}}{150}=\dfrac{3600}{150}=24 m, et d(90)=8100150=54d(90)=\dfrac{8100}{150}=54 m. Le domaine réaliste est v0v\geq 0 : une vitesse négative n'a pas de sens ici, et la voiture à l'arrêt a bien une distance de freinage nulle, d(0)=0d(0)=0. On note déjà le fait le plus important du modèle : une vitesse une fois et demie plus grande, de 6060 à 9090, ne donne pas une distance une fois et demie plus grande mais 2,252{,}25 fois plus grande, car le carré amplifie tout écart de vitesse.

b) On isole vv : d=v2150d=\dfrac{v^{2}}{150} donne v2=150dv^{2}=150d, donc v=±150dv=\pm\sqrt{150d}, et comme v0v\geq 0 on garde v=150dv=\sqrt{150\,d}. Avec d=54d=54 : v=150×54=8100=90v=\sqrt{150\times 54}=\sqrt{8100}=90 km/h. Contrôle dans l'autre sens : d(90)=54d(90)=54 ✓. Le domaine de cette réciproque est d0d\geq 0, l'image du modèle, et son image est v0v\geq 0, le domaine du modèle : les deux ensembles se sont échangés comme toujours. C'est cette réciproque que l'enquêteur utilise réellement, puisqu'il mesure la distance et cherche la vitesse, soit exactement le sens inverse de la modélisation.

c) La parabole complète n'est pas injective : v=60v=60 et v=60v=-60 donnent tous deux 2424, et l'horizontale y=24y=24 la coupe deux fois. Le modèle, lui, ne s'applique qu'aux v0v\geq 0, et sur cette moitié la fonction est strictement croissante donc injective. La restriction n'a pas été ajoutée après coup pour sauver les mathématiques : elle était imposée par la situation dès la première ligne de l'énoncé. C'est le cas le plus fréquent en problème, et c'est pourquoi on ne rencontre presque jamais le signe ±\pm dans une réponse contextualisée : le contexte a déjà tranché lequel des deux garder.

d) v(2d)=150×2d=2×150d=2  v(d)v(2d)=\sqrt{150\times 2d}=\sqrt{2}\times\sqrt{150d}=\sqrt{2}\;v(d). La vitesse est donc multipliée par 21,41\sqrt{2}\approx 1{,}41, et non par 22. Vérification : 108=2×54108=2\times 54, et v=150×108=16200127,3v=\sqrt{150\times 108}=\sqrt{16\,200}\approx 127{,}3 km/h, tandis que 90×2127,390\times\sqrt{2}\approx 127{,}3 ✓. La lecture concrète vaut d'être écrite en toutes lettres dans une réponse de compétence 2 : il suffit d'augmenter la vitesse d'environ 4141 pour cent pour doubler la distance de freinage, ce qui explique qu'un petit excès de vitesse coûte beaucoup de mètres. Réciproquement, passer de 110110 à 100100 km/h réduit la distance de freinage d'environ 1717 pour cent, alors que la vitesse n'a baissé que de 99 pour cent.

2040608010012014020406080100120140d(v)54 m108 m90127d double, v x 1,41

Partie C : Les réciproques trigonométriques (/20)

Exercice 11 : Arcsinus, arccosinus et arctangente : trois domaines restreints

Aucune des fonctions sin\sin, cos\cos et tan\tan n'admet de réciproque sur R\mathbb{R}. On en construit une en restreignant le domaine, exactement comme on l'a fait pour la fonction quadratique à l'exercice 55.

Les restrictions retenues sont universelles : sin\sin sur [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right], cos\cos sur [0 ; π][0\ ;\ \pi] et tan\tan sur ]π2 ; π2[\left]-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right[.

  • a) Expliquez, avec le test de la droite horizontale, pourquoi cos\cos n'est pas inversible sur R\mathbb{R}.
  • b) Donnez le domaine et l'image de arcsin\arcsin, de arccos\arccos et de arctan\arctan.
  • c) Calculez arcsin(12)\arcsin\left(\dfrac{1}{2}\right), arccos(32)\arccos\left(-\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right), arctan(1)\arctan(-1) et arccos(2)\arccos(2).
  • d) Pourquoi la restriction de cos\cos est-elle [0 ; π][0\ ;\ \pi] et non [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right] comme pour sin\sin ?

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b)
Domaine de arcsin\arcsin ;
Image de arctan\arctan ;
c)
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Réponses

  • a) y=12y=\dfrac{1}{2} coupe la courbe une infinité de fois (période 2π2\pi)
  • b) arcsin\arcsin : [1;1][π2;π2][-1\,;1]\to\left[-\frac{\pi}{2}\,;\frac{\pi}{2}\right] ; arccos\arccos : [1;1][0;π][-1\,;1]\to[0\,;\pi] ; arctan\arctan : R]π2;π2[\mathbb{R}\to\left]-\frac{\pi}{2}\,;\frac{\pi}{2}\right[
  • c) π6\dfrac{\pi}{6} ; 5π6\dfrac{5\pi}{6} ; π4-\dfrac{\pi}{4} ; arccos(2)\arccos(2) n'existe pas
  • d) Sur [0;π][0\,;\pi] le cosinus est monotone et prend toutes ses valeurs ; pas sur [π2;π2]\left[-\frac{\pi}{2}\,;\frac{\pi}{2}\right]

a) Le test de la droite horizontale demande qu'aucune horizontale ne coupe la courbe plus d'une fois. La droite y=12y=\dfrac{1}{2} coupe la courbe de cos\cos en x=π3x=\dfrac{\pi}{3}, en x=π3x=-\dfrac{\pi}{3}, en x=π3+2πx=\dfrac{\pi}{3}+2\pi, et ainsi de suite : elle la coupe une INFINITÉ de fois, parce que cos\cos est périodique de période 2π2\pi. Une valeur yy possède donc une infinité de préimages, et la réciproque, qui doit associer UN antécédent à chaque image, ne peut pas exister. C'est exactement l'obstacle rencontré à l'exercice 55 avec la quadratique, à ceci près que la parabole ne donnait que deux préimages et que la périodicité en donne ici une infinité.

b) La fonction arcsin\arcsin a pour domaine [1 ; 1][-1\ ;\ 1], puisque c'est l'image de sin\sin, et pour image [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right], qui est le domaine restreint de départ. La fonction arccos\arccos a le même domaine [1 ; 1][-1\ ;\ 1] mais son image est [0 ; π][0\ ;\ \pi]. La fonction arctan\arctan a pour domaine R\mathbb{R} tout entier, parce que tan\tan prend toutes les valeurs réelles, et pour image l'intervalle OUVERT ]π2 ; π2[\left]-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right[, les deux bornes étant exclues puisque tan\tan n'y est pas définie. La règle générale du chapitre s'applique sans exception : le domaine de la réciproque est l'image de la fonction, et son image est le domaine de la fonction. Une réponse qui donne R\mathbb{R} comme domaine de arcsin\arcsin contredit cette règle et se repère immédiatement.

c) Pour arcsin(12)\arcsin\left(\dfrac{1}{2}\right), on cherche l'angle de [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right] dont le sinus vaut 12\dfrac{1}{2} : c'est π6\dfrac{\pi}{6}. Pour arccos(32)\arccos\left(-\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right), on cherche l'angle de [0 ; π][0\ ;\ \pi] dont le cosinus vaut 32-\dfrac{\sqrt{3}}{2} : le cosinus est négatif, donc l'angle est dans le deuxième quadrant, et c'est ππ6=5π6\pi-\dfrac{\pi}{6}=\dfrac{5\pi}{6}. Attention, la réponse n'est PAS π6-\dfrac{\pi}{6} : cet angle a bien le bon cosinus au signe près, mais il est hors de [0 ; π][0\ ;\ \pi]. Pour arctan(1)\arctan(-1), on cherche l'angle de ]π2 ; π2[\left]-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right[ de tangente 1-1 : c'est π4-\dfrac{\pi}{4}. Enfin arccos(2)\arccos(2) N'EXISTE PAS : 22 n'appartient pas à [1 ; 1][-1\ ;\ 1], donc aucun angle n'a un cosinus égal à 22. La calculatrice affiche un message d'erreur, et la bonne réponse en examen est d'écrire que l'expression n'est pas définie, jamais de recopier l'erreur de la machine.

d) Une restriction acceptable doit remplir deux conditions à la fois : la fonction doit y être injective, c'est-à-dire passer le test de la droite horizontale, et elle doit y prendre TOUTES ses valeurs, ici tout l'intervalle [1 ; 1][-1\ ;\ 1]. Sur [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right], le cosinus est bien défini mais il n'est pas injectif, puisque cos(π3)=cos(π3)=12\cos\left(-\dfrac{\pi}{3}\right)=\cos\left(\dfrac{\pi}{3}\right)=\dfrac{1}{2} : la fonction descend puis remonte, elle est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. Sur [0 ; π][0\ ;\ \pi] au contraire, le cosinus décroît strictement de 11 à 1-1, donc il est injectif ET il balaie tout l'intervalle des valeurs possibles. C'est la raison de fond, et elle vaut d'être retenue : on ne choisit pas la restriction par convention arbitraire, on la choisit comme le plus grand intervalle où la fonction est MONOTONE et où elle prend toutes ses valeurs.

Exercice 12 : Composer une fonction trigonométrique et sa réciproque

Une fonction et sa réciproque se défont l'une l'autre, mais seulement là où la réciproque a été définie. C'est la source d'erreur numéro un du chapitre, et elle est invisible à la calculatrice, qui répond toujours quelque chose.

On travaille avec les restrictions de l'exercice précédent.

  • a) Simplifiez sin(arcsin(0,4))\sin(\arcsin(0{,}4)), arcsin(sinπ5)\arcsin\left(\sin\dfrac{\pi}{5}\right), arcsin(sin4π5)\arcsin\left(\sin\dfrac{4\pi}{5}\right) et arccos(cos(π3))\arccos\left(\cos\left(-\dfrac{\pi}{3}\right)\right).
  • b) Énoncez la règle : dans quel cas la composition redonne-t-elle exactement le nombre de départ ?
  • c) Démontrez que arcsinx+arccosx=π2\arcsin x+\arccos x=\dfrac{\pi}{2} pour tout xx de [1 ; 1][-1\ ;\ 1], puis vérifiez avec x=22x=\dfrac{\sqrt{2}}{2} et x=12x=-\dfrac{1}{2}.
  • d) Un élève écrit : « cosx=12\cos x=-\dfrac{1}{2}, donc x=arccos(12)=2π3x=\arccos\left(-\dfrac{1}{2}\right)=\dfrac{2\pi}{3}, l'équation a une solution. » Corrigez sans résoudre l'équation.

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a)
d)
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Réponses

  • a) 0,40{,}4 ; π5\dfrac{\pi}{5} ; π5\dfrac{\pi}{5} ; π3\dfrac{\pi}{3}
  • b) Fonction puis réciproque : toujours xx (dans le domaine) ; réciproque puis fonction : xx seulement dans l'intervalle de restriction
  • c) π2arcsinx[0;π]\dfrac{\pi}{2}-\arcsin x\in[0\,;\pi] et a pour cosinus xx : c'est arccosx\arccos x
  • d) 2π3\dfrac{2\pi}{3} est UNE solution ; l'équation en a une infinité

a) Premier calcul : sin(arcsin(0,4))=0,4\sin(\arcsin(0{,}4))=0{,}4. Celui-là marche toujours, parce que 0,40{,}4 appartient à [1 ; 1][-1\ ;\ 1], le domaine de arcsin\arcsin. Deuxième calcul : π5\dfrac{\pi}{5} appartient à [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right], puisque π5\dfrac{\pi}{5} vaut 3636 degrés et que la borne vaut 9090 degrés, donc arcsin(sinπ5)=π5\arcsin\left(\sin\dfrac{\pi}{5}\right)=\dfrac{\pi}{5}. Troisième calcul, et c'est le piège : 4π5\dfrac{4\pi}{5}, soit 144144 degrés, n'appartient PAS à [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right]. On calcule donc de l'intérieur vers l'extérieur : sin4π5=sin(π4π5)=sinπ5\sin\dfrac{4\pi}{5}=\sin\left(\pi-\dfrac{4\pi}{5}\right)=\sin\dfrac{\pi}{5}, et arcsin\arcsin de ce nombre vaut π5\dfrac{\pi}{5}. La composition a donc renvoyé π5\dfrac{\pi}{5} et non 4π5\dfrac{4\pi}{5}. Quatrième calcul : cos(π3)=12\cos\left(-\dfrac{\pi}{3}\right)=\dfrac{1}{2} et arccos(12)=π3\arccos\left(\dfrac{1}{2}\right)=\dfrac{\pi}{3}, donc le résultat vaut π3\dfrac{\pi}{3}, et non π3-\dfrac{\pi}{3}, parce que π3-\dfrac{\pi}{3} est hors de [0 ; π][0\ ;\ \pi].

b) La règle tient en deux lignes et elle n'est pas symétrique. Dans le sens FONCTION puis RÉCIPROQUE, c'est-à-dire sin(arcsinx)\sin(\arcsin x), cos(arccosx)\cos(\arccos x) et tan(arctanx)\tan(\arctan x), le résultat vaut toujours xx, à la seule condition que xx soit dans le domaine de la réciproque, donc [1 ; 1][-1\ ;\ 1] pour les deux premières et R\mathbb{R} pour la troisième. Dans le sens RÉCIPROQUE puis FONCTION, c'est-à-dire arcsin(sinx)\arcsin(\sin x), arccos(cosx)\arccos(\cos x) et arctan(tanx)\arctan(\tan x), le résultat vaut xx SEULEMENT si xx appartient à l'intervalle de restriction ; sinon on obtient l'unique angle de cet intervalle qui a la même image. La raison de fond a déjà été vue à l'exercice 55 : la réciproque n'a pas été construite sur toute la fonction, mais sur une tranche, et rien de ce qui est hors de la tranche ne peut en ressortir.

c) Posons θ=arcsinx\theta=\arcsin x. Par définition, θ\theta appartient à [π2 ; π2]\left[-\dfrac{\pi}{2}\ ;\ \dfrac{\pi}{2}\right] et sinθ=x\sin\theta=x. Considérons alors π2θ\dfrac{\pi}{2}-\theta. D'une part, son cosinus vaut cos(π2θ)=sinθ=x\cos\left(\dfrac{\pi}{2}-\theta\right)=\sin\theta=x, par l'identité des angles complémentaires. D'autre part, comme π2θπ2-\dfrac{\pi}{2}\le\theta\le\dfrac{\pi}{2}, on obtient en changeant de signe puis en ajoutant π2\dfrac{\pi}{2} que 0π2θπ0\le\dfrac{\pi}{2}-\theta\le\pi. Le nombre π2θ\dfrac{\pi}{2}-\theta est donc un angle de [0 ; π][0\ ;\ \pi] dont le cosinus vaut xx, et il n'y en a qu'un : c'est arccosx\arccos x. Ainsi arccosx=π2arcsinx\arccos x=\dfrac{\pi}{2}-\arcsin x, ce qui est l'identité demandée. Le deuxième point de la démonstration est celui qu'on oublie et qui vaut la moitié des points : sans lui on aurait seulement montré que π2θ\dfrac{\pi}{2}-\theta a le bon cosinus, pas qu'il est dans le bon intervalle. Vérifications : pour x=22x=\dfrac{\sqrt{2}}{2}, arcsinx=π4\arcsin x=\dfrac{\pi}{4} et arccosx=π4\arccos x=\dfrac{\pi}{4}, dont la somme vaut π2\dfrac{\pi}{2} ✓. Pour x=12x=-\dfrac{1}{2}, arcsinx=π6\arcsin x=-\dfrac{\pi}{6} et arccosx=2π3\arccos x=\dfrac{2\pi}{3}, dont la somme vaut π6+4π6=3π6=π2-\dfrac{\pi}{6}+\dfrac{4\pi}{6}=\dfrac{3\pi}{6}=\dfrac{\pi}{2} ✓.

d) Le calcul de l'élève est juste, sa conclusion est fausse. La valeur 2π3\dfrac{2\pi}{3} est correcte : c'est bien l'unique angle de [0 ; π][0\ ;\ \pi] dont le cosinus vaut 12-\dfrac{1}{2}. Mais arccos\arccos ne renvoie qu'un représentant, celui de l'intervalle de restriction, et l'équation cosx=12\cos x=-\dfrac{1}{2}, elle, est posée sur R\mathbb{R}, où cos\cos est périodique et n'est plus injective. Une valeur principale n'est donc jamais un ensemble-solution : elle en est un élément, et il faut ensuite retrouver les autres par la symétrie du cercle et par la période, ce que la série sur les fonctions trigonométriques travaille en détail. La rédaction correcte s'arrête ici : « 2π3\dfrac{2\pi}{3} est UNE solution, obtenue comme valeur principale ; l'équation en admet une infinité, car cos\cos est périodique. » La figure de la correction montre d'où vient cette unicité forcée : le graphe de arccos\arccos est le symétrique, par rapport à la droite y=xy=x, du SEUL morceau de la courbe du cosinus compris entre 00 et π\pi, et il passe par (1 ; π)(-1\ ;\ \pi), (0 ; π2)(0\ ;\ \dfrac{\pi}{2}) et (1 ; 0)(1\ ;\ 0).

-1.5-1-0.50.511.522.533.5-1.5-1-0.50.511.522.533.5y = xarccoscos restreinte

Partie D : les classiques (/50)

Exercice 13 : Trouver la réciproque : racine, rationnelle (homographique), exponentielle

Pour chaque fonction, déterminez la règle de la réciproque par la méthode habituelle : poser y=f(x)y=f(x), isoler xx, puis échanger les noms des variables.

  • a) f(x)=x2+1f(x)=\sqrt{x-2}+1
  • b) g(x)=x+4x1g(x)=\dfrac{x+4}{x-1}
  • c) h(x)=32xh(x)=3\cdot 2^{x}
  • d) Que remarquez-vous d'inhabituel pour gg ?

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a)
Domaine de f1f^{-1} ;
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) f1(x)=(x1)2+2f^{-1}(x)=(x-1)^{2}+2 sur [1;+[[1\,;+\infty[
  • b) g1(x)=x+4x1g^{-1}(x)=\dfrac{x+4}{x-1}
  • c) h1(x)=log2(x3)h^{-1}(x)=\log_{2}\left(\dfrac{x}{3}\right)
  • d) g1=gg^{-1}=g : une involution

a) On pose y=x2+1y=\sqrt{x-2}+1, puis on isole le radical : y1=x2y-1=\sqrt{x-2}. On élève au carré : (y1)2=x2(y-1)^{2}=x-2, donc x=(y1)2+2x=(y-1)^{2}+2. En échangeant les noms : f1(x)=(x1)2+2f^{-1}(x)=(x-1)^{2}+2. Le domaine de f1f^{-1} est l'image de ff, c'est-à-dire [1;+[[1\,;+\infty[, et il faut l'écrire : la parabole (x1)2+2(x-1)^{2}+2 existe partout, mais seule sa moitié droite est la réciproque de ff. Contrôle : f(6)=4+1=3f(6)=\sqrt{4}+1=3 et f1(3)=4+2=6f^{-1}(3)=4+2=6 ✓.

b) On pose y=x+4x1y=\frac{x+4}{x-1} et on multiplie par (x1)(x-1) : y(x1)=x+4y(x-1)=x+4, soit yxy=x+4yx-y=x+4. On rassemble les termes en xx d'un même côté : yxx=y+4yx-x=y+4, donc x(y1)=y+4x(y-1)=y+4 et x=y+4y1x=\frac{y+4}{y-1}. En échangeant : g1(x)=x+4x1g^{-1}(x)=\frac{x+4}{x-1}. La mise en évidence de xx est le geste central, et c'est le seul endroit délicat du calcul.

c) On pose y=32xy=3\cdot 2^{x} et on isole la puissance : 2x=y32^{x}=\frac{y}{3}. On passe au logarithme de base 22 : x=log2(y3)x=\log_{2}\left(\frac{y}{3}\right). En échangeant : h1(x)=log2(x3)h^{-1}(x)=\log_{2}\left(\frac{x}{3}\right), de domaine ]0;+[]0\,;+\infty[, ce qui est bien l'image de hh. Contrôle : h(3)=24h(3)=24 et h1(24)=log2(8)=3h^{-1}(24)=\log_{2}(8)=3 ✓.

d) La fonction gg est sa PROPRE réciproque : g1=gg^{-1}=g. On dit qu'elle est une involution. Cela signifie que sa courbe est symétrique par rapport à la droite y=xy=x, et qu'appliquer gg deux fois de suite redonne le nombre de départ. Vérification : g(2)=61=6g(2)=\frac{6}{1}=6, puis g(6)=105=2g(6)=\frac{10}{5}=2 ✓, et de même g(0)=4g(0)=-4 puis g(4)=05=0g(-4)=\frac{0}{-5}=0 ✓.

Le phénomène n'est pas propre à cet exemple : toute fonction homographique ax+bcxa\frac{ax+b}{cx-a}, dont les deux coefficients extrêmes sont opposés, est une involution. C'est le cas ici avec x+4x1\frac{x+4}{x-1}. Une involution est le seul type de fonction pour lequel « coder » et « décoder » sont la même opération, ce qui en fait un chiffrement très simple et très fragile.

Exercice 14 : Domaine et image échangés

Pour chaque fonction, donnez le domaine et l'image de ff, puis déduisez-en le domaine et l'image de f1f^{-1} SANS calculer la règle de la réciproque.

  • a) f(x)=x2+1f(x)=\sqrt{x-2}+1
  • b) g(x)=32xg(x)=3\cdot 2^{x}
  • c) h(x)=5x1+1h(x)=\dfrac{5}{x-1}+1
  • d) k(x)=2x+7k(x)=-2x+7

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a)
Domaine de f1f^{-1} ;
Image de f1f^{-1} ;
b)
Domaine de g1g^{-1} ;
c)
d)
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Réponses

  • a) f1f^{-1} : domaine [1;+[[1\,;+\infty[, image [2;+[[2\,;+\infty[
  • b) g1g^{-1} : domaine ]0;+[]0\,;+\infty[, image R\mathbb{R}
  • c) h1h^{-1} : domaine et image R{1}\mathbb{R}\setminus\{1\}
  • d) k1k^{-1} : domaine et image R\mathbb{R}

Le principe tient en une phrase, et il dispense de tout calcul : le domaine de f1f^{-1} est l'IMAGE de ff, et l'image de f1f^{-1} est le DOMAINE de ff. Les deux ensembles s'échangent, parce que la réciproque lit la correspondance à l'envers.

a) Domaine de ff : x2x\ge 2, donc [2;+[[2\,;+\infty[. Image : la racine prend toutes les valeurs positives ou nulles, auxquelles on ajoute 11, donc [1;+[[1\,;+\infty[. Par conséquent, f1f^{-1} a pour domaine [1;+[[1\,;+\infty[ et pour image [2;+[[2\,;+\infty[. C'est exactement la restriction qu'on trouve en calculant la règle (x1)2+2(x-1)^{2}+2 : cette parabole existe partout, mais la réciproque de ff ne vit que sur [1;+[[1\,;+\infty[.

b) Domaine de gg : R\mathbb{R}. Image : une exponentielle est toujours strictement positive, et 32x3\cdot 2^{x} prend toutes les valeurs de ]0;+[]0\,;+\infty[. Donc g1g^{-1} a pour domaine ]0;+[]0\,;+\infty[ et pour image R\mathbb{R}. On reconnaît là le domaine et l'image d'une fonction logarithmique, ce qui était prévisible.

c) Domaine de hh : R{1}\mathbb{R}\setminus\{1\}, la valeur 11 annulant le dénominateur. Image : R{1}\mathbb{R}\setminus\{1\} également, car 5x1\frac{5}{x-1} ne s'annule jamais et l'asymptote horizontale est y=1y=1. Donc h1h^{-1} a pour domaine R{1}\mathbb{R}\setminus\{1\} et pour image R{1}\mathbb{R}\setminus\{1\} : les deux ensembles coïncident ici, ce qui est une coïncidence propre à cet exemple et non une règle.

d) Domaine de kk : R\mathbb{R}. Image : une fonction affine de pente non nulle prend toutes les valeurs réelles, donc R\mathbb{R}. La réciproque a donc pour domaine et pour image R\mathbb{R} tout entier. C'est le seul cas du chapitre où l'on n'a aucune restriction à surveiller, et c'est pourquoi les fonctions affines servent d'exemple d'introduction.

Le contrôle qui vaut pour les quatre : l'asymptote VERTICALE de ff devient l'asymptote HORIZONTALE de f1f^{-1}, et inversement. En c), l'asymptote x=1x=1 de hh devient l'asymptote y=1y=1 de h1h^{-1}, ce qui traduit géométriquement l'échange du domaine et de l'image par la symétrie autour de la droite y=xy=x.

Exercice 15 : Vérifier que deux fonctions sont réciproques

Deux fonctions sont réciproques l'une de l'autre si et seulement si f(g(x))=xf\big(g(x)\big)=x ET g(f(x))=xg\big(f(x)\big)=x sur les domaines convenables. Vérifiez chaque couple.

  • a) f(x)=3x6f(x)=3x-6 et g(x)=x+63g(x)=\dfrac{x+6}{3}
  • b) f(x)=x2+1f(x)=x^{2}+1 sur [0;+[[0\,;+\infty[ et g(x)=x1g(x)=\sqrt{x-1}
  • c) f(x)=2x+3f(x)=2x+3 et g(x)=x+32g(x)=\dfrac{x+3}{2}
  • d) Corrigez le couple fautif.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Oui
  • b) Oui, grâce à la restriction x0x\geq 0
  • c) Non : f(g(x))=x+6f(g(x))=x+6
  • d) g(x)=x32g(x)=\dfrac{x-3}{2}

a) f(g(x))=3×x+636=(x+6)6=xf\left(g(x)\right)=3\times\frac{x+6}{3}-6=(x+6)-6=x ✓. Dans l'autre sens : g(f(x))=(3x6)+63=3x3=xg\left(f(x)\right)=\frac{(3x-6)+6}{3}=\frac{3x}{3}=x ✓. Les deux compositions redonnent l'identité, les deux fonctions sont donc réciproques. Une seule des deux vérifications ne suffirait pas en toute rigueur, même si pour des fonctions affines l'une entraîne l'autre.

b) f(g(x))=(x1)2+1=(x1)+1=xf\left(g(x)\right)=\left(\sqrt{x-1}\right)^{2}+1=(x-1)+1=x ✓, valable pour x1x\ge 1, qui est le domaine de gg. Dans l'autre sens : g(f(x))=(x2+1)1=x2=xg\left(f(x)\right)=\sqrt{\left(x^{2}+1\right)-1}=\sqrt{x^{2}}=|x|, qui vaut xx SEULEMENT si x0x\ge 0. Or l'énoncé restreint justement ff à [0;+[[0\,;+\infty[, donc l'égalité est vérifiée sur ce domaine ✓. Les deux fonctions sont bien réciproques, et l'apparition de la valeur absolue montre exactement pourquoi la restriction était nécessaire : sans elle, g(f(3))=9=33g\left(f(-3)\right)=\sqrt{9}=3\ne -3.

c) f(g(x))=2×x+32+3=(x+3)+3=x+6f\left(g(x)\right)=2\times\frac{x+3}{2}+3=(x+3)+3=x+6, ce qui n'est PAS xx. Le couple est donc fautif. Contrôle numérique : g(1)=2g(1)=2 et f(2)=71f(2)=7\ne 1.

d) L'erreur vient d'un signe. Pour inverser y=2x+3y=2x+3, on isole xx : y3=2xy-3=2x, donc x=y32x=\frac{y-3}{2}. La bonne réciproque est g(x)=x32g(x)=\frac{x-3}{2}, et non x+32\frac{x+3}{2}. Vérification : f(x32)=(x3)+3=xf\left(\frac{x-3}{2}\right)=(x-3)+3=x ✓ et g(2x+3)=2x2=xg\left(2x+3\right)=\frac{2x}{2}=x ✓.

L'erreur du c) est la plus courante du chapitre : on inverse les opérations mais on oublie d'en inverser aussi les signes. Le contrôle à faire systématiquement tient en dix secondes : prendre un nombre, l'envoyer par ff, renvoyer le résultat par gg, et vérifier qu'on retombe sur le nombre de départ. Ici 0330\to 3\to 3 pour le couple fautif, contre 0300\to 3\to 0 pour le couple corrigé.

Exercice 16 : Problème : Celsius et Fahrenheit

La conversion des degrés Celsius en degrés Fahrenheit se fait par F(C)=1,8C+32F(C)=1{,}8\,C+32.

  • a) Convertissez 25 degrés Celsius et 10-10 degrés Celsius.
  • b) Déterminez la fonction réciproque C(F)C(F), puis convertissez 98,6 degrés Fahrenheit et 5 degrés Fahrenheit.
  • c) Existe-t-il une température qui s'écrit avec le même nombre dans les deux échelles ? Déterminez-la.
  • d) Comparez la pente de FF et celle de sa réciproque. Que signifie concrètement chacune ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 7777 °F ; 1414 °F
  • b) C(F)=F321,8C(F)=\dfrac{F-32}{1{,}8} ; 3737 °C ; 15-15 °C
  • c) 40-40 degrés
  • d) 1,81{,}8 et 11,80,556\dfrac{1}{1{,}8}\approx 0{,}556 : inverses

a) F(25)=1,8×25+32=45+32=77F(25)=1{,}8\times 25+32=45+32=77 degrés Fahrenheit. F(10)=18+32=14F(-10)=-18+32=14 degrés Fahrenheit. On remarque qu'une température négative en Celsius peut rester positive en Fahrenheit, l'échelle Fahrenheit plaçant son zéro bien plus bas.

b) On pose F=1,8C+32F=1{,}8C+32 et on isole CC : F32=1,8CF-32=1{,}8C, donc C=F321,8C=\frac{F-32}{1{,}8}. La réciproque est C(F)=F321,8C(F)=\frac{F-32}{1{,}8}. Application : C(98,6)=66,61,8=37C(98{,}6)=\frac{66{,}6}{1{,}8}=37 degrés Celsius, la température du corps humain. Et C(5)=271,8=15C(5)=\frac{-27}{1{,}8}=-15 degrés Celsius. L'ordre des opérations inversées est l'essentiel : FF multiplie PUIS ajoute, donc CC soustrait PUIS divise. Diviser avant de soustraire donnerait 98,61,83222,8\frac{98{,}6}{1{,}8}-32\approx 22{,}8, une réponse fausse et pourtant plausible.

c) On cherche la température TT telle que F(T)=TF(T)=T, c'est-à-dire un POINT FIXE. On résout 1,8T+32=T1{,}8T+32=T, donc 0,8T=320{,}8T=-32 et T=40T=-40. La réponse est 40-40 degrés : c'est la seule température qui porte le même nombre dans les deux échelles. Vérification : F(40)=72+32=40F(-40)=-72+32=-40 ✓. Géométriquement, ce point est l'intersection de la droite F(C)F(C) avec la droite y=xy=x, et comme la courbe de la réciproque est le symétrique de celle de FF par rapport à cette même droite, les trois droites se croisent au même point.

d) La pente de FF est 1,81{,}8 : une augmentation de 11 degré Celsius correspond à une augmentation de 1,81{,}8 degré Fahrenheit. La pente de la réciproque est 11,80,556\frac{1}{1{,}8}\approx 0{,}556 : une augmentation de 11 degré Fahrenheit correspond à un peu plus d'un demi-degré Celsius.

Les deux pentes sont INVERSES l'une de l'autre, et c'est une propriété générale des fonctions affines réciproques : si f(x)=ax+bf(x)=ax+b avec a0a\ne 0, alors f1f^{-1} a pour pente 1a\frac{1}{a}. Concrètement, cela dit que le degré Fahrenheit est une unité plus fine que le degré Celsius, ce qui explique pourquoi les prévisions météo américaines annoncent des écarts en nombres plus grands pour les mêmes variations réelles.

Exercice 17 : Problème : la fusée et la hauteur atteinte

Une petite fusée est lancée du sol. Sa hauteur en mètres après tt secondes est h(t)=5t2+40th(t)=-5t^{2}+40t.

  • a) Calculez la hauteur après 2 s, puis la hauteur maximale et l'instant où elle est atteinte.
  • b) Sur la phase de MONTÉE, exprimez tt en fonction de la hauteur hh.
  • c) Donnez le domaine de cette réciproque. Vérifiez votre formule avec h=60h=60 m.
  • d) Pourquoi ne peut-on pas inverser hh sur toute la durée du vol ? Donnez la formule valable sur la DESCENTE et vérifiez-la avec h=60h=60 m.

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a)
b)
c)
Domaine ;
d)
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Réponses

  • a) 6060 m ; maximum 8080 m à t=4t=4 s
  • b) t=4160020h10t=4-\dfrac{\sqrt{1600-20h}}{10}
  • c) [0;80][0\,;80] ; h=60h=60 donne t=2t=2 s
  • d) Non injective sur [0;8][0\,;8] ; descente : t=4+160020h10t=4+\dfrac{\sqrt{1600-20h}}{10}, h=60h=60 donne 66 s

a) h(2)=20+80=60h(2)=-20+80=60 m. La courbe est une parabole ouverte vers le bas, son sommet est donc un maximum : t=402×(5)=4t=-\frac{40}{2\times(-5)}=4 s, et h(4)=80+160=80h(4)=-80+160=80 m. La fusée culmine à 8080 m au bout de 44 secondes, puis redescend et touche le sol à t=8t=8 s, puisque h(t)=5t(t8)h(t)=-5t(t-8) s'annule en 00 et en 88.

b) On résout 5t2+40t=h-5t^{2}+40t=h en tt, soit 5t240t+h=05t^{2}-40t+h=0. Discriminant : Δ=160020h\Delta=1600-20h. Les solutions sont t=40±160020h10=4±160020h10t=\frac{40\pm\sqrt{1600-20h}}{10}=4\pm\frac{\sqrt{1600-20h}}{10}. Sur la montée, t4t\le 4, on garde donc le signe MOINS : t=4160020h10t=4-\frac{\sqrt{1600-20h}}{10}.

c) Le domaine de cette réciproque est l'image de hh sur la montée, c'est-à-dire [0;80][0\,;80] : la hauteur va de 00 m au décollage à 8080 m au sommet. On peut aussi le lire dans la formule : il faut 160020h01600-20h\ge 0, donc h80h\le 80, et une hauteur ne peut être négative. Vérification avec h=60h=60 : 16001200=400=20\sqrt{1600-1200}=\sqrt{400}=20, donc t=42010=2t=4-\frac{20}{10}=2 s ✓, ce qui correspond bien à la question a).

d) Parce que hh n'est pas injective sur [0;8][0\,;8] : la fusée passe DEUX fois par presque chaque hauteur, une fois en montant et une fois en descendant. Une droite horizontale coupe donc la parabole en deux points, et le test de la droite horizontale échoue. Il faut restreindre le domaine, exactement comme pour n'importe quelle quadratique.

Sur la descente, t4t\ge 4, on garde le signe PLUS : t=4+160020h10t=4+\frac{\sqrt{1600-20h}}{10}. Avec h=60h=60 : t=4+2=6t=4+2=6 s. Vérification directe : h(6)=180+240=60h(6)=-180+240=60 m ✓. Les deux instants, 22 s et 66 s, sont symétriques par rapport au sommet t=4t=4, ce qui est la signature de la parabole et fournit un contrôle immédiat. Le signe ±\pm du discriminant n'est donc pas une gêne : il porte l'information « montée ou descente », et c'est le contexte qui choisit.

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