Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Fiche de révision : les équations polynomiales dans les complexes (maths expertes)

Cette fiche de révision accompagne la partie « équations polynomiales » du chapitre des nombres complexes de l'option maths expertes : second degré à coefficients réels dans les complexes, factorisation par z moins a, nombre de racines, degré trois dont une racine est connue, racines conjuguées et formules de Viète.

Elle ne redit pas le cours. Elle dit ce qui coûte des points en contrôle, les deux démonstrations que le correcteur attend ligne à ligne, et les contrôles à faire avant de rendre la copie.

Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre et te dit quel chapitre attaquer ensuite. Crée ton espace, un courriel suffit.

Le fil du chapitre

Une racine, c'est un facteur : P(a)=0P(a)=0 équivaut à P(z)=(z−a)Q(z)P(z)=(z-a)Q(z) avec QQ de degré un de moins. Chaque racine trouvée abaisse le degré d'un cran, et c'est pour cela qu'un polynôme de degré nn n'a jamais plus de nn racines.

Ce chapitre fait partie de Maths expertes en Terminale
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 10 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Trigonométrie : sinus et cosinusTroisième, Mathématiques
  2. 2Thalès, réciproque et agrandissementsTroisième, Mathématiques
  3. 3Nombres et calcul littéralSeconde, Mathématiques
  4. 4Le second degréSeconde, Mathématiques
  5. 5Configurations et trigonométrieSeconde, Mathématiques
  6. 6Le second degréPremière, Mathématiques
  7. 7La trigonométriePremière, Mathématiques
  8. 8Les nombres complexes

L'essentiel

Une racine, c'est un facteur

  • • zn−an=(z−a)(zn−1+azn−2+⋯+an−2z+an−1)z^{n}-a^{n}=(z-a)\left(z^{n-1}+az^{n-2}+\cdots+a^{n-2}z+a^{n-1}\right) : le second facteur a nn termes, tous précédés d'un signe PLUS.
  • • Pour tout polynôme PP et tout complexe aa : P(z)−P(a)=∑k≥1ck(zk−ak)P(z)-P(a)=\sum_{k\geq 1}c_{k}(z^{k}-a^{k}), et chaque parenthèse se factorise par z−az-a.
  • • Donc P(a)=0P(a)=0 si et seulement si P(z)=(z−a)Q(z)P(z)=(z-a)Q(z), avec deg⁡Q=deg⁡P−1\deg Q=\deg P-1 et le même coefficient dominant.
  • • Un produit de complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul : c'est ce qui permet de résoudre facteur par facteur.

Le quotient se trouve par identification des coefficients, justifiée par le résultat admis du programme : une fonction polynôme nulle a tous ses coefficients nuls.

Au plus n racines, jamais « exactement »

  • • Un polynôme de degré nn a AU PLUS nn racines : une racine aa donne P=(z−a)QP=(z-a)Q, et les autres racines de PP sont des racines de QQ, de degré n−1n-1.
  • • Deux polynômes de degré au plus nn égaux en n+1n+1 points sont égaux : leur différence aurait trop de racines.
  • • Une racine peut être multiple : (z−1)3(z-1)^{3} est de degré 33 et n'a qu'une racine.
  • • Un polynôme de degré 33 à coefficients réels a toujours une racine réelle, par le théorème des valeurs intermédiaires.

Coefficients réels : symétrie par rapport à l'axe réel

  • • Si les ckc_{k} sont RÉELS : P(z‾)=P(z)‾P(\overline{z})=\overline{P(z)}, donc le conjugué d'une racine est racine.
  • • (z−z0)(z−z0‾)=z2−2 Re(z0) z+∣z0∣2(z-z_{0})(z-\overline{z_{0}})=z^{2}-2\,\text{Re}(z_{0})\,z+|z_{0}|^{2}, à coefficients réels.
  • • Second degré réel avec Δ<0\Delta<0 : z=−b±i−Δ2az=\frac{-b\pm\mathrm{i}\sqrt{-\Delta}}{2a}.
  • • VIÈTE : pour az3+bz2+cz+daz^{3}+bz^{2}+cz+d de racines z1,z2,z3z_{1},z_{2},z_{3}, somme −ba-\frac{b}{a}, somme des produits deux à deux ca\frac{c}{a}, produit −da-\frac{d}{a}.
-3-2-112-3-2-11231/2−1 + 2i−1 − 2i
Les racines de 2z3+3z2+8z−52z^{3}+3z^{2}+8z-5 : la racine réelle 12\frac{1}{2} sur l'axe, et les deux autres symétriques par rapport à lui, parce que les coefficients sont réels.

Les règles de calcul en tableau

Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.

Factoriser par z−az-a : le quotient à écrire

Le quotient de zn−anz^{n}-a^{n} par z−az-a a nn termes, puissances de zz qui descendent et puissances de aa qui montent. Une case rouge est une factorisation qui n'existe pas : un seul nombre la réfute.

ExpressionFacteurQuotient
z3−27z^{3}-27 z−3z-3 z2+3z+9z^{2}+3z+9

Exemple : En z=1z=1 : 1−27=−261-27=-26 et (1−3)(1+3+9)=−2×13=−26(1-3)(1+3+9)=-2\times 13=-26.

z4−16z^{4}-16 z−2z-2 z3+2z2+4z+8z^{3}+2z^{2}+4z+8

Exemple : En z=1z=1 : 1−16=−151-16=-15 et (1−2)(1+2+4+8)=−15(1-2)(1+2+4+8)=-15.

z3+8z^{3}+8 z+2z+2 z2−2z+4z^{2}-2z+4

Exemple : z3+8=z3−(−2)3z^{3}+8=z^{3}-(-2)^{3} ; en z=1z=1 : 9=(1+2)(1−2+4)=3×39=(1+2)(1-2+4)=3\times 3.

z4−1z^{4}-1 z−1z-1 z3−1z^{3}-1 règle inexistante

Exemple : En z=2z=2 : 24−1=152^{4}-1=15 mais (2−1)(23−1)=7(2-1)(2^{3}-1)=7.

Ce qu'il faut faire : Le quotient est la somme z3+z2+z+1z^{3}+z^{2}+z+1 : en z=2z=2, 1×15=151\times 15=15.

z2+16z^{2}+16 z+4z+4 z−4z-4 règle inexistante

Exemple : En z=−4z=-4 : z2+16=32≠0z^{2}+16=32\neq 0, donc z+4z+4 n'est pas un facteur.

Ce qu'il faut faire : Dans C\mathbb{C} : z2+16=z2−(4i)2=(z−4i)(z+4i)z^{2}+16=z^{2}-(4\mathrm{i})^{2}=(z-4\mathrm{i})(z+4\mathrm{i}).

Avant de factoriser par z−az-a, on vérifie que aa est racine : c'est la condition, pas une formalité. −4-4 n'est pas racine de z2+16z^{2}+16, donc z+4z+4 ne peut pas en être un facteur.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Écrire qu'un polynôme de degré n a exactement n racines

1 point de rigueur, toute la question si c'était la démonstration

Ce qu'il ne faut pas écrire

« PP est de degré 33, donc l'équation P(z)=0P(z)=0 a exactement trois solutions. »

Ce qu'il faut écrire

« PP est de degré 33, donc l'équation P(z)=0P(z)=0 a au plus trois solutions. »

Pourquoi : Le programme démontre « au plus », pas « exactement » : une racine peut être multiple, z3−z2=z2(z−1)z^{3}-z^{2}=z^{2}(z-1) n'en a que deux, et l'existence des racines est un théorème que l'option n'établit pas.

2. Écrire de mémoire un quotient qui manque de termes

toute la question, et les racines qui suivent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« z3−27=(z−3)(z2+9)z^{3}-27=(z-3)(z^{2}+9). »

Ce qu'il faut écrire

« z3−27=(z−3)(z2+3z+9)z^{3}-27=(z-3)(z^{2}+3z+9), par la factorisation de zn−anz^{n}-a^{n} avec a=3a=3. »

Pourquoi : Le quotient a autant de termes que l'exposant : trois ici. Un test en z=1z=1 démolit la version fausse, −26-26 contre −2×10=−20-2\times 10=-20.

3. Conclure qu'il n'y a pas de solution quand le discriminant est négatif

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« z2+2z+5=0z^{2}+2z+5=0 : Δ=−16<0\Delta=-16<0, donc pas de solution. »

Ce qu'il faut écrire

« Δ=−16<0\Delta=-16<0 : pas de solution réelle, et deux solutions complexes conjuguées z=−2±4i2=−1±2iz=\frac{-2\pm 4\mathrm{i}}{2}=-1\pm 2\mathrm{i}. »

Pourquoi : En maths expertes, on résout dans C\mathbb{C} sauf mention contraire. « Pas de solution » sans préciser l'ensemble est une réponse fausse, pas une réponse incomplète.

4. Oublier le coefficient dominant dans l'identification

2 points, le système n'a plus de solution

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 1/21/2 est racine, donc 2z3+3z2+8z−5=(z−12)(z2+bz+c)2z^{3}+3z^{2}+8z-5=(z-\frac{1}{2})(z^{2}+bz+c). »

Ce qu'il faut écrire

« 2z3+3z2+8z−5=(z−12)(2z2+bz+c)2z^{3}+3z^{2}+8z-5=(z-\frac{1}{2})(2z^{2}+bz+c), ou mieux (2z−1)(z2+b′z+c′)(2z-1)(z^{2}+b'z+c'). »

Pourquoi : Le quotient garde le coefficient dominant de PP. Sans le 22, la première équation donne 1=21=2 : si l'identification bloque dès le terme de plus haut degré, c'est ce facteur qui manque.

5. Compter les solutions complexes sur la courbe

1 à 2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La courbe de x↦2x3+3x2+8x−5x\mapsto 2x^{3}+3x^{2}+8x-5 ne coupe l'axe qu'une fois : l'équation a une seule solution. »

Ce qu'il faut écrire

« Elle a une seule solution RÉELLE, 12\frac{1}{2} ; dans C\mathbb{C} elle en a trois, 12\frac{1}{2} et −1±2i-1\pm 2\mathrm{i}. »

-2-112-20-15-10-55101520x = 1/2
Une seule traversée de l'axe, en x=12x=\frac{1}{2} : c'est la seule racine réelle. Les racines −1±2i-1\pm 2\mathrm{i} existent, mais elles vivent dans le plan complexe, pas sur ce dessin.

Pourquoi : La courbe représente la fonction pour xx réel : une racine non réelle n'y a aucun point. Elle donne le nombre de racines réelles, jamais le nombre de solutions dans C\mathbb{C}.

6. Invoquer les racines conjuguées sans coefficients réels

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« i\mathrm{i} est racine de z2−3iz−2z^{2}-3\mathrm{i}z-2, donc −i-\mathrm{i} aussi. »

Ce qu'il faut écrire

« Les coefficients ne sont pas réels : rien n'oblige −i-\mathrm{i} à être racine, et en effet (−i)2−3i(−i)−2=−6(-\mathrm{i})^{2}-3\mathrm{i}(-\mathrm{i})-2=-6. Les racines sont i\mathrm{i} et 2i2\mathrm{i}. »

-2-112-3-2-1123i2i−i : non−2i : non
Racines de z2−3iz−2z^{2}-3\mathrm{i}z-2 : i\mathrm{i} et 2i2\mathrm{i}, points pleins. Leurs conjugués, points creux, ne sont pas racines : sans coefficients réels, aucune symétrie.

Pourquoi : La démonstration utilise ck‾=ck\overline{c_{k}}=c_{k} pour chaque coefficient, ce qui n'a lieu que pour un réel. Écrivez l'hypothèse « à coefficients réels » avant de conjuguer.

7. Se tromper de signe dans les formules de Viète

1 point par formule

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Pour 2z3+3z2+8z−52z^{3}+3z^{2}+8z-5 : somme des racines 32\frac{3}{2}, produit −52-\frac{5}{2}. »

Ce qu'il faut écrire

« Somme −ba=−32-\frac{b}{a}=-\frac{3}{2}, produit −da=52-\frac{d}{a}=\frac{5}{2}. »

Pourquoi : Les signes alternent dans a(z−z1)(z−z2)(z−z3)a(z-z_{1})(z-z_{2})(z-z_{3}) : moins pour la somme, plus pour les produits deux à deux, moins pour le produit. Vérification : 12−2=−32\frac{1}{2}-2=-\frac{3}{2} et 12×5=52\frac{1}{2}\times 5=\frac{5}{2}.

8. Sauter la ligne clé de la récurrence sur le nombre de racines

la moitié de la démonstration

Ce qu'il ne faut pas écrire

« P=(z−a)QP=(z-a)Q, donc les racines de PP sont aa et celles de QQ. »

Ce qu'il faut écrire

« Si b≠ab\neq a est racine de PP, alors (b−a)Q(b)=0(b-a)Q(b)=0 avec b−a≠0b-a\neq 0, donc Q(b)=0Q(b)=0 : toute racine de PP autre que aa est racine de QQ. »

Pourquoi : C'est la seule ligne qui utilise une propriété de C\mathbb{C} : un produit nul a un facteur nul. Elle est fausse pour les matrices, donc elle se justifie.

Quelle méthode choisir

Quelle méthode selon la forme de l'équation

On regarde le degré, la forme et ce que l'énoncé donne déjà.

  • Si Degré 2 à coefficients réels, discriminant négatif → Deux racines conjuguées par la formule avec i fois la racine de moins delta

    Exemple : z2+2z+5z^{2}+2z+5 : Δ=−16\Delta=-16, z=−1±2iz=-1\pm 2\mathrm{i}

  • Si Forme zn=anz^{n}=a^{n} avec aa connu → Factoriser par z moins a avec le quotient à n termes, puis résoudre le quotient

    Exemple : z3=27z^{3}=27 : (z−3)(z2+3z+9)=0(z-3)(z^{2}+3z+9)=0, z=3z=3 ou z=−3±3i32z=\frac{-3\pm 3\mathrm{i}\sqrt{3}}{2}

  • Si Seulement des puissances paires, z4z^{4} et z2z^{2} → Poser Z égal à z au carré, puis revenir à z

    Exemple : z4−3z2−4=0z^{4}-3z^{2}-4=0 : Z=4Z=4 ou Z=−1Z=-1, donc z=±2z=\pm 2 ou z=±iz=\pm\mathrm{i}

  • Si Degré 3 sans racine donnée → Tester les petits diviseurs du terme constant, puis les fractions p sur q

    Exemple : 2z3+3z2+8z−52z^{3}+3z^{2}+8z-5 : ±1\pm 1, ±5\pm 5 échouent, 12\frac{1}{2} convient

    p divise le terme constant et q le coefficient dominant

  • Si Une racine non réelle donnée, coefficients réels → Son conjugué est racine : factoriser par le trinôme réel qu'ils forment

    Exemple : racine 1+2i1+2\mathrm{i} : facteur z2−2z+5z^{2}-2z+5

  • Si On demande une somme ou un produit de racines non calculées → Formules de Viète, sans chercher les racines

    Exemple : z3−4z+7z^{3}-4z+7 : somme 00, produit −7-7

La formule de Cardan n'est pas exigible : elle se traite sur un exemple guidé. Et aucun énoncé ne vous demandera de prouver qu'un polynôme a des racines, seulement d'en compter au plus.

Quel résultat selon le verbe de l'énoncé

Le verbe de la question désigne le théorème à citer.

  • Si « Montrer que a est racine » → Calculer P(a) et trouver 0, rien de plus

    Exemple : P(12)=14+34+4−5=0P(\frac{1}{2})=\frac{1}{4}+\frac{3}{4}+4-5=0

  • Si « En déduire une factorisation » → Citer : si P(a) est nul, P se factorise par z moins a ; puis identifier

    Exemple : P(z)=(2z−1)(z2+2z+5)P(z)=(2z-1)(z^{2}+2z+5)

  • Si « Combien de solutions au plus » → Le degré, par le théorème du nombre de racines

    Exemple : degré 55 : au plus 55 solutions

  • Si « Montrer qu'il existe une racine réelle » → Théorème des valeurs intermédiaires sur la fonction réelle

    Exemple : f(0)=−5<0f(0)=-5<0 et f(1)=8>0f(1)=8>0

  • Si « Montrer que le conjugué est racine » → Coefficients réels, puis P du conjugué égale conjugué de P

    Exemple : P(−1−2i)=P(−1+2i)‾=0P(-1-2\mathrm{i})=\overline{P(-1+2\mathrm{i})}=0

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Démontrer la factorisation par z moins a

Quand l'utiliser : « Démontrer que si P(a) = 0, alors P se factorise par z − a. »

  1. 1 Écrire P(z)=∑k=0nckzkP(z)=\sum_{k=0}^{n}c_{k}z^{k} et soustraire : P(z)−P(a)=∑k=1nck(zk−ak)P(z)-P(a)=\sum_{k=1}^{n}c_{k}(z^{k}-a^{k}), le terme k=0k=0 étant nul.
  2. 2 Citer la factorisation zk−ak=(z−a)Sk(z)z^{k}-a^{k}=(z-a)S_{k}(z), avec SkS_{k} de degré k−1k-1.
  3. 3 Mettre z−az-a en facteur : P(z)−P(a)=(z−a)Q(z)P(z)-P(a)=(z-a)Q(z) avec Q=∑ckSkQ=\sum c_{k}S_{k}, de degré n−1n-1 car seul cnSnc_{n}S_{n} contient zn−1z^{n-1}.
  4. 4 Conclure avec l'hypothèse P(a)=0P(a)=0.

Phrase de conclusion

« Pour tout complexe zz, P(z)=(z−a)Q(z)P(z)=(z-a)Q(z), où QQ est un polynôme de degré n−1n-1. »

Le piège : Oublier que le terme constant disparaît : c'est lui qui rend la mise en facteur possible dans chaque terme.

Démontrer qu'un polynôme de degré n a au plus n racines

Quand l'utiliser : « Démontrer que le nombre de solutions est inférieur ou égal au degré. »

  1. 1 Poser la propriété Pn\mathcal{P}_{n} : « tout polynôme de degré nn a au plus nn racines ».
  2. 2 Initialisation : un polynôme de degré 00 est une constante non nulle, il n'a aucune racine.
  3. 3 Hérédité : si PP de degré nn n'a pas de racine, c'est fini ; sinon P=(z−a)QP=(z-a)Q avec deg⁡Q=n−1\deg Q=n-1.
  4. 4 Pour b≠ab\neq a racine de PP : (b−a)Q(b)=0(b-a)Q(b)=0 et b−a≠0b-a\neq 0, donc Q(b)=0Q(b)=0.
  5. 5 Compter : aa, plus au plus n−1n-1 racines de QQ, soit au plus nn.

Phrase de conclusion

« Par récurrence, pour tout entier nn, un polynôme de degré nn admet au plus nn racines. »

Le piège : Écrire l'hérédité sans le cas « PP n'a aucune racine », ou sans justifier Q(b)=0Q(b)=0.

Résoudre une équation de degré 3 dont une racine est connue

Quand l'utiliser : « Vérifier que a est racine, puis résoudre P(z) = 0 dans C. »

  1. 1 Calculer P(a)P(a) et écrire « P(a)=0P(a)=0, donc PP se factorise par z−az-a ».
  2. 2 Écrire P(z)=(z−a)(αz2+βz+γ)P(z)=(z-a)(\alpha z^{2}+\beta z+\gamma), α\alpha étant le coefficient dominant de PP.
  3. 3 Développer, identifier, et utiliser l'équation en trop comme vérification.
  4. 4 Résoudre le trinôme, puis citer « un produit est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est ».

Phrase de conclusion

« L'ensemble des solutions dans C\mathbb{C} est {a ;z2 ;z3}\{a\,;z_{2}\,;z_{3}\}. »

Le piège : Ne pas vérifier la troisième équation de l'identification, qui est le seul contrôle gratuit.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Une équation de degré 3 sans racine donnée

Résoudre dans C\mathbb{C} l'équation P(z)=0P(z)=0, où P(z)=2z3+3z2+8z−5P(z)=2z^{3}+3z^{2}+8z-5.

Étape 1

On cherche une racine. P(1)=8P(1)=8, P(−1)=−2+3−8−5=−12P(-1)=-2+3-8-5=-12, P(5)P(5) et P(−5)P(-5) sont loin de 00. On essaie les fractions pq\frac{p}{q}, pp divisant 55 et qq divisant 22 : P(12)=28+34+4−5=0P(\frac{1}{2})=\frac{2}{8}+\frac{3}{4}+4-5=0.

Pourquoi

Sans racine donnée, on trouve un facteur en testant : les candidats rationnels sont en nombre fini, et c'est le coefficient dominant 22 qui ouvre la piste des demis.

Étape 2

P(12)=0P(\frac{1}{2})=0 donc P(z)=(2z−1)(z2+bz+c)P(z)=(2z-1)(z^{2}+bz+c). En développant : 2z3+(2b−1)z2+(2c−b)z−c2z^{3}+(2b-1)z^{2}+(2c-b)z-c. D'où 2b−1=32b-1=3, b=2b=2 ; −c=−5-c=-5, c=5c=5 ; vérification 2c−b=82c-b=8.

Pourquoi

Écrire 2z−12z-1 plutôt que z−12z-\frac{1}{2} garde le coefficient dominant et des coefficients entiers. L'équation en trop est le contrôle gratuit de l'identification.

Étape 3

z2+2z+5=0z^{2}+2z+5=0 : Δ=4−20=−16<0\Delta=4-20=-16<0, donc z=−2±4i2=−1±2iz=\frac{-2\pm 4\mathrm{i}}{2}=-1\pm 2\mathrm{i}.

Pourquoi

Le trinôme est à coefficients réels : deux racines conjuguées, qu'on écrit avec i−Δ\mathrm{i}\sqrt{-\Delta} et jamais avec Δ\sqrt{\Delta}.

Étape 4

P(z)=0P(z)=0 si et seulement si 2z−1=02z-1=0 ou z2+2z+5=0z^{2}+2z+5=0, puisqu'un produit est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est.

Pourquoi

C'est la ligne qui autorise à résoudre facteur par facteur ; elle se cite.

Étape 5

Contrôle par Viète : somme 12−2=−32=−ba\frac{1}{2}-2=-\frac{3}{2}=-\frac{b}{a} ; produit 12×∣−1+2i∣2=52=−da\frac{1}{2}\times|{-1+2\mathrm{i}}|^{2}=\frac{5}{2}=-\frac{d}{a}.

Pourquoi

Deux lignes qui vérifient les trois racines d'un coup, sans les réinjecter une par une.

Conclusion rédigée

« L'ensemble des solutions dans C\mathbb{C} est {12 ;−1+2i ;−1−2i}\left\{\frac{1}{2}\,;-1+2\mathrm{i}\,;-1-2\mathrm{i}\right\}. »

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire (z−12)(z2+bz+c)(z-\frac{1}{2})(z^{2}+bz+c) sans le coefficient 22 : l'identification donne alors 1=21=2 sur le terme en z3z^{3}, et l'élève conclut que 12\frac{1}{2} n'était pas racine.

À savoir par cœur

  • • zn−an=(z−a)(zn−1+azn−2+⋯+an−1)z^{n}-a^{n}=(z-a)(z^{n-1}+az^{n-2}+\cdots+a^{n-1}) : nn termes, tous positifs.
  • • P(a)=0P(a)=0 si et seulement si P(z)=(z−a)Q(z)P(z)=(z-a)Q(z), avec deg⁡Q=deg⁡P−1\deg Q=\deg P-1.
  • • Un polynôme de degré nn a AU PLUS nn racines.
  • • Coefficients RÉELS : le conjugué d'une racine est racine.
  • • Δ<0\Delta<0 et coefficients réels : z=−b±i−Δ2az=\frac{-b\pm\mathrm{i}\sqrt{-\Delta}}{2a}.
  • • Degré 33 : somme −ba-\frac{b}{a}, produits deux à deux ca\frac{c}{a}, produit −da-\frac{d}{a}.
  • • Degré 33 réel : toujours une racine réelle, par le théorème des valeurs intermédiaires.

Questions fréquentes

Comment résoudre une équation de degré 3 dans les complexes en maths expertes ?

On cherche d'abord une racine, donnée par l'énoncé ou trouvée en testant les petits diviseurs du terme constant. On factorise ensuite le polynôme par z moins cette racine, en identifiant les coefficients du quotient de degré deux. Il reste à résoudre ce trinôme avec le discriminant, qui donne deux racines conjuguées s'il est négatif.

Un polynôme de degré n a-t-il toujours n racines ?

Le programme de maths expertes démontre seulement qu'il en a au plus n. Une racine peut être multiple, comme 1 pour le cube de z moins 1, et le nombre de racines distinctes est alors plus petit que le degré. Le théorème qui assure l'existence des racines n'est pas au programme : écrivez toujours au plus n racines dans une copie.

Pourquoi les racines d'un polynôme à coefficients réels sont-elles conjuguées ?

Parce que le conjugué de P de z est égal à P du conjugué de z quand tous les coefficients sont réels : le conjugué d'une somme et d'un produit se calcule terme à terme, et un réel est égal à son conjugué. Si P de z vaut zéro, P du conjugué vaut donc le conjugué de zéro, zéro. Sans coefficients réels, la propriété tombe.

Comment factoriser z puissance n moins a puissance n ?

On met z moins a en facteur, et le second facteur est une somme de n termes : z puissance n moins 1, plus a fois z puissance n moins 2, et ainsi de suite jusqu'à a puissance n moins 1, tous avec un signe plus. Pour z au cube moins 27, cela donne z moins 3 fois z au carré plus 3z plus 9.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Les équations polynomiales

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
Faire les exercices
Fiche précédente Les nombres complexes Fiche suivante L'arithmétique

© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/expertes-equations-polynomiales. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Les démonstrations de maths expertes vous résistent à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. Ce chapitre se gagne sur la rédaction : on refait ensemble les démonstrations jusqu'à ce que chaque ligne soit justifiée.

Site par Studio Squalli