Maths expertes, Terminale • Exercices corrigés à Montréal
Exercices corrigés : les équations polynomiales dans les complexes (maths expertes)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques expertes sur les équations polynomiales dans les nombres complexes, pour la classe de Terminale du programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève qui suit l'option.
Le fil de la série tient en une phrase : une racine, c'est un facteur. P(a)=0 équivaut à P(z)=(z−a)Q(z) avec Q de degré un de moins ; chaque racine trouvée abaisse le degré d'un cran, et c'est pour cela qu'un polynôme de degré n n'a jamais plus de n racines. Toutes les méthodes du chapitre, racine évidente, identification, racines conjuguées, sont des façons de trouver un facteur.
Les trois démonstrations que le programme demande sont faites en entier, exercices 2, 3 et 5. Conformément au programme, on dit toujours « au plus n racines » : l'existence d'une racine pour tout polynôme n'est pas au programme de l'option, et l'on s'en passe. L'option est évaluée en contrôle continu, sans épreuve écrite : ces exercices visent les devoirs et les contrôles de la classe. Le calcul avec les complexes, le module et la forme exponentielle sont dans la série sur les nombres complexes.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•SECOND DEGRÉ À COEFFICIENTS RÉELS : si Δ<0, deux solutions conjuguées z=2a−b±i−Δ. On n'écrit jamais Δ pour Δ<0.
•zn−an=(z−a)(zn−1+azn−2+⋯+an−2z+an−1), avec des signes TOUS positifs dans le second facteur.
•UNE RACINE, C'EST UN FACTEUR : P(a)=0 si et seulement si P(z)=(z−a)Q(z), avec degQ=degP−1.
•Un produit de complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul.
•Un polynôme de degré n a AU PLUS n racines. Deux polynômes de degré au plus n égaux en n+1 points sont égaux ; une fonction polynôme nulle a tous ses coefficients nuls (admis).
•Racine évidente d'un polynôme unitaire à coefficients entiers : un entier racine divise le terme constant. On teste ±1, ±2, puis les autres diviseurs.
•COEFFICIENTS RÉELS : P(z)=P(z), donc si z0 est racine, z0 aussi, et (z−z0)(z−z0)=z2−2Re(z0)z+∣z0∣2.
•VIÈTE : pour z2+pz+q, somme −p et produit q ; pour z3+pz2+qz+r, σ1=−p, σ2=q, σ3=−r.
•Un polynôme de degré 3 à coefficients réels a toujours une racine réelle (théorème des valeurs intermédiaires).
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Le second degré à coefficients réels, résolu dans C
Résolvez dans C les équations suivantes. Pour chaque solution non réelle, donnez la forme algébrique x+iy.
a) z2−8z+17=0.
b) 4z2+4z+5=0.
c) z4+5z2−36=0, en posant Z=z2.
d) Écrivez z2−8z+17 comme un produit de deux facteurs du premier degré, puis z4+5z2−36 comme un produit de quatre facteurs du premier degré.
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Réponses
a)Δ=−4 ; z=4+i ou z=4−i
b)Δ=−64 ; z=−21+i ou z=−21−i
c)Z=4 ou Z=−9 ; z∈{−2;2;−3i;3i}
d)(z−4−i)(z−4+i) et (z−2)(z+2)(z−3i)(z+3i)
a) Les coefficients sont réels : a=1, b=−8, c=17. On calcule Δ=b2−4ac=64−68=−4. Le discriminant est strictement négatif : dans R l'équation n'a pas de solution, mais dans C elle en a deux, conjuguées, z=2a−b±i−Δ. Ici −Δ=4=2, donc z=28±2i, soit z1=4+i et z2=4−i. Vérification par substitution : (4+i)2=16+8i−1=15+8i, puis 15+8i−8(4+i)+17=15−32+17+(8−8)i=0. On écrit i−Δ, et jamais Δ : le symbole racine carrée n'est défini que pour un réel positif, et −4 n'a aucun sens dans une copie.
b) Ici a=4, b=4, c=5 et Δ=16−80=−64, donc −Δ=8. Les solutions sont z=8−4±8i=−21±i. Le piège de cette ligne est le dénominateur : on divise par 2a=8, pas par 2. Un élève qui écrit 2−4±8i=−2±4i trouve deux nombres qui ne vérifient pas l'équation. Le contrôle le plus rapide est celui de la somme et du produit : z1+z2=−1=−ab et z1z2=41+1=45=ac, ce qui confirme les deux racines.
c) L'équation est bicarrée : avec Z=z2 elle devient Z2+5Z−36=0, de discriminant 25+144=169=132, positif. Donc Z=2−5+13=4 ou Z=2−5−13=−9. Il reste à revenir à z, ce que beaucoup oublient : z2=4 donne z=2 ou z=−2, et z2=−9 donne z=3i ou z=−3i, puisque (3i)2=−9. L'équation a quatre solutions dans C, alors qu'elle n'en a que deux dans R. Quatre, c'est aussi son degré : on verra à l'exercice 5 qu'une équation de degré 4 ne peut pas en avoir davantage.
d) Le lien entre racines et facteurs est le fil de toute la série. Pour un trinôme unitaire de racines z1 et z2, on a z2−8z+17=(z−z1)(z−z2)=(z−4−i)(z−4+i). On le vérifie en développant par l'identité (u−v)(u+v)=u2−v2 avec u=z−4 et v=i : (z−4)2−i2=z2−8z+16+1=z2−8z+17. De même z4+5z2−36=(z2−4)(z2+9)=(z−2)(z+2)(z−3i)(z+3i), car z2+9=z2−(3i)2. Retenez-le : dans R, z2+9 ne se factorise pas ; dans C, une somme de deux carrés est une différence de deux carrés.
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Exercice 2 : Factoriser z puissance n moins a puissance n
On veut établir, pour tous nombres complexes z et a et tout entier n≥1, l'égalité zn−an=(z−a)(zn−1+azn−2+a2zn−3+⋯+an−2z+an−1).
On note S=∑k=0n−1akzn−1−k le second facteur.
a) Vérifiez l'égalité pour n=2 et pour n=3 en développant le membre de droite.
b) Démontrez l'égalité dans le cas général en calculant zS puis aS.
c) Factorisez z5−32 par z−2. On note Q le quotient : calculez Q(1) et Q(2).
d) En choisissant z=3, a=1 et n=8, calculez 1+3+32+⋯+37 sans additionner les termes.
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Réponses
a)(z−a)(z+a)=z2−a2 et (z−a)(z2+az+a2)=z3−a3
b)zS−aS=zn−an : tous les termes intermédiaires s'éliminent deux à deux
a) Pour n=2, le second facteur est z+a et (z−a)(z+a)=z2−a2 : c'est l'identité remarquable. Pour n=3, le second facteur est z2+az+a2 et (z−a)(z2+az+a2)=z3+az2+a2z−az2−a2z−a3=z3−a3. Observez comment le calcul se passe : chaque terme produit par z est détruit par un terme produit par −a, sauf le premier et le dernier. C'est exactement ce que la question b) généralise. Remarquez aussi la forme du second facteur : les puissances de z descendent de n−1 à 0 pendant que celles de a montent de 0 à n−1, et TOUS les signes sont des plus. Écrire z2−az+a2 est l'erreur classique : ce facteur-là va avec z3+a3, pas avec z3−a3.
b) On distribue : zS=∑k=0n−1akzn−k=zn+azn−1+⋯+an−1z et aS=∑k=0n−1ak+1zn−1−k=azn−1+a2zn−2+⋯+an−1z+an. Les deux sommes ont en commun tous les termes akzn−k pour k allant de 1 à n−1 : dans la différence ils s'éliminent deux à deux, c'est une somme télescopique. Il reste le premier terme de zS et le dernier de aS : (z−a)S=zS−aS=zn−an. La démonstration n'utilise que la distributivité et la commutativité du produit, vraies dans C comme dans R : l'égalité vaut donc pour tous complexes z et a. Une démonstration par récurrence sur n est aussi acceptée, à condition d'écrire l'hérédité, pas seulement les cas n=2 et n=3.
c) Avec a=2 et n=5 : z5−25=(z−2)(z4+2z3+4z2+8z+16), les coefficients étant les puissances successives 1, 2, 4, 8, 16 de a. Donc Q(1)=1+2+4+8+16=31, et l'on retrouve bien z5−32=−31=(1−2)×31 en z=1. Et Q(2)=16+16+16+16+16=80 : en z=a, chacun des n termes vaut an−1, donc Q(a)=nan−1=5×24. Ce dernier calcul montre que Q(2)=0 : 2 n'est racine qu'une seule fois de z5−32. On ne pouvait pas calculer Q(2) en écrivant Q(z)=z−2z5−32, qui n'a pas de sens en z=2 ; la forme développée, elle, se calcule partout.
d) Avec z=3, a=1 et n=8, le second facteur vaut 37+36+⋯+3+1, et l'égalité donne 38−1=(3−1)(1+3+⋯+37). Donc 1+3+⋯+37=238−1=26561−1=3280. On reconnaît la somme des termes d'une suite géométrique vue en Première : 1+q+⋯+qn−1=q−1qn−1 pour q=1. C'est la même formule, lue avec a=1 : la factorisation de zn−an contient la somme géométrique, et elle la démontre du même coup. Vérification sur un petit cas : 1+3+9=13=227−1.
Exercice 3 : Une racine donne un facteur : la démonstration
Soit P(z)=∑k=0nckzk un polynôme de degré n≥1 et a un nombre complexe.
On applique ensuite le résultat au polynôme P(z)=z3−4z2+6z−4 et à a=2.
a) Montrez que P(z)−P(a)=∑k=1nck(zk−ak).
b) À l'aide de l'exercice 2, déduisez-en qu'il existe un polynôme Q de degré n−1 tel que P(z)−P(a)=(z−a)Q(z) pour tout z. Concluez : si P(a)=0, alors P(z)=(z−a)Q(z).
c) Pour P(z)=z3−4z2+6z−4, calculez P(2), puis écrivez P(z)−P(2) comme à la question a) et obtenez le quotient Q(z)=z2+bz+c.
d) Résolvez P(z)=0 dans C.
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Réponses
a)Le terme constant c0 disparaît dans la différence
b)zk−ak=(z−a)Sk(z) avec degSk=k−1 ; Q=∑ckSk est de degré n−1
c)P(2)=0 ; Q(z)=z2−2z+2
d)z∈{2;1+i;1−i}
a) On écrit P(z)=c0+c1z+⋯+cnzn et P(a)=c0+c1a+⋯+cnan, puis on soustrait terme à terme, ce qui est permis puisque ce sont deux sommes finies : P(z)−P(a)=∑k=0nck(zk−ak). Pour k=0, z0−a0=1−1=0 : le terme constant disparaît, et la somme commence à k=1. Ce détail compte : c'est lui qui permet de mettre z−a en facteur dans CHAQUE terme restant.
b) D'après l'exercice 2, pour tout k≥1, zk−ak=(z−a)Sk(z) où Sk(z)=zk−1+azk−2+⋯+ak−1 est un polynôme de degré k−1, de coefficient dominant 1. On met z−a en facteur : P(z)−P(a)=(z−a)∑k=1nckSk(z)=(z−a)Q(z). Dans Q, seul cnSn contient zn−1, avec le coefficient cn=0 : Q est donc de degré exactement n−1. Si P(a)=0, l'égalité devient P(z)=(z−a)Q(z) pour tout z. Réciproquement, si P(z)=(z−a)Q(z), alors P(a)=0×Q(a)=0. D'où l'équivalence qui sert de fil à tout le chapitre : a est racine de P si et seulement si P se factorise par z−a. La démonstration est un algorithme : elle construit Q au lieu de seulement affirmer qu'il existe.
c) P(2)=8−16+12−4=0, donc 2 est racine. On suit la démonstration : P(z)−P(2)=(z3−23)−4(z2−22)+6(z−2). Chaque parenthèse se factorise par z−2 : z3−8=(z−2)(z2+2z+4), z2−4=(z−2)(z+2). Donc P(z)=(z−2)[(z2+2z+4)−4(z+2)+6]=(z−2)(z2−2z+2), soit b=−2 et c=2. Vérification par développement : (z−2)(z2−2z+2)=z3−2z2+2z−2z2+4z−4=z3−4z2+6z−4. Le terme −4 de P n'apparaît jamais dans le calcul du quotient : il s'est éliminé avec P(2), exactement comme c0 à la question a).
d) Un produit de nombres complexes est nul si et seulement si l'un des facteurs est nul. P(z)=0 équivaut donc à z=2 ou z2−2z+2=0. Ce trinôme a pour discriminant 4−8=−4<0, d'où deux racines conjuguées z=22±2i=1±i. L'équation a trois solutions : 2, 1+i et 1−i. Contrôle par le produit : 2×(1+i)(1−i)=2×2=4, et le terme constant de P est −4, ce qui est cohérent avec P(z)=(z−2)(z−1−i)(z−1+i), dont le terme constant vaut −2×2=−4.
Exercice 4 : Chercher la racine évidente, puis identifier
On considère le polynôme P(z)=z3−3z2+12z−10, dont les coefficients sont réels. La figure représente la fonction x↦P(x) pour x réel.
Aucune racine n'est donnée : il faut en trouver une.
a) Calculez P(1) et P(−1). Pourquoi une racine entière de P est-elle forcément un diviseur de 10 ?
b) Déterminez les réels b et c tels que P(z)=(z−1)(z2+bz+c) pour tout z, par identification des coefficients.
c) Résolvez P(z)=0 dans C.
d) La courbe ne coupe l'axe des abscisses qu'une seule fois. Expliquez pourquoi cela ne contredit pas la question c).
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Réponses
a)P(1)=0, P(−1)=−26 ; si k entier est racine, 10=k(k2−3k+12)
b)b=−2, c=10 (la troisième équation sert de vérification)
c)z∈{1;1+3i;1−3i}
d)La courbe ne montre que les racines RÉELLES ; 1±3i n'ont pas de point sur l'axe
a) P(1)=1−3+12−10=0 et P(−1)=−1−3−12−10=−26. Donc 1 est racine, et la figure le laissait deviner : la courbe coupe l'axe en x=1. Mais une lecture graphique n'est qu'une conjecture, seul le calcul P(1)=0 la prouve. Pourquoi chercher parmi les diviseurs de 10 ? Si un entier k vérifie k3−3k2+12k−10=0, alors 10=k3−3k2+12k=k(k2−3k+12), et k2−3k+12 est un entier : k divise 10. Les seuls candidats entiers sont donc ±1, ±2, ±5 et ±10, et l'on commence toujours par les plus petits. Ce raisonnement vaut pour tout polynôme unitaire à coefficients entiers : une racine entière divise le terme constant.
b) On développe le membre de droite : (z−1)(z2+bz+c)=z3+(b−1)z2+(c−b)z−c. Deux polynômes égaux pour tout z ont les mêmes coefficients (le programme l'admet : une fonction polynôme nulle a tous ses coefficients nuls). On identifie : b−1=−3, c−b=12 et −c=−10. La première donne b=−2, la dernière c=10, et la deuxième sert de VÉRIFICATION : c−b=10+2=12. Trois équations pour deux inconnues, c'est normal, puisque le système n'a de solution que parce que P(1)=0. Si la vérification échoue, l'erreur est en amont : soit 1 n'est pas racine, soit le développement est faux. Sautez cette ligne et vous perdez le seul contrôle gratuit de l'exercice.
c) P(z)=0 équivaut à z−1=0 ou z2−2z+10=0, puisqu'un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs l'est. Le trinôme a pour discriminant 4−40=−36<0 et 36=6, d'où z=22±6i=1±3i. Les trois solutions sont 1, 1+3i et 1−3i. Contrôle : leur somme vaut 3, l'opposé du coefficient de z2, et leur produit vaut 1×(1+9)=10, l'opposé du terme constant ; on justifiera ces deux relations à l'exercice 7.
d) La courbe représente x↦P(x) pour x RÉEL seulement : un point d'intersection avec l'axe des abscisses est une racine réelle, et il n'y en a qu'une, 1. Les deux autres racines, 1±3i, ne sont pas réelles, elles n'ont donc aucun point sur ce dessin. Pour les voir, il faut placer leurs images dans le plan complexe, où elles sont symétriques par rapport à l'axe réel. Retenez les deux conclusions qu'on peut tirer d'une courbe : le nombre de racines RÉELLES, et une valeur approchée de chacune. Le nombre total de solutions dans C ne se lit jamais sur la courbe ; ici la factorisation montre qu'il y en a trois, le degré.
Exercice 5 : Au plus n racines : la démonstration et ses conséquences
On démontre qu'un polynôme de degré n≥0 admet au plus n racines dans C. Un polynôme de degré 0 est une constante non nulle.
On utilise le résultat de l'exercice 3 : si P(a)=0, alors P(z)=(z−a)Q(z) avec Q de degré un de moins.
a) Démontrez que si deux nombres complexes u et v vérifient uv=0, alors u=0 ou v=0.
b) Démontrez le résultat par récurrence sur n.
c) Déduisez-en qu'il existe un seul polynôme P de degré au plus 2 tel que P(0)=2, P(1)=1 et P(2)=4, et déterminez-le sous la forme P(z)=αz2+βz+γ.
d) Combien l'équation z5=z a-t-elle de solutions dans C ? Donnez-les.
e) Combien le polynôme z3−3z2+3z−1, de degré 3, a-t-il de racines distinctes ?
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Réponses
a)Si u=0, on multiplie par u1 : v=u1×0=0
b)Hérédité : P=(z−a)Q, et toute racine b=a de P est racine de Q ; au plus 1+(n−1)=n
c)P(z)=2z2−3z+2 ; unique car la différence de deux solutions aurait trois racines
d)Cinq solutions : 0, 1, −1, i, −i
e)Une seule, 1, car z3−3z2+3z−1=(z−1)3
a) Supposons uv=0 et u=0. Alors u a un inverse u1 dans C, et v=u1×(uv)=u1×0=0. Donc u=0 ou v=0. Ce résultat semble évident, et c'est pourtant lui qui fait marcher la suite : il repose sur l'existence d'un inverse pour tout complexe non nul. Il ne serait plus vrai pour des matrices, où l'on trouve deux matrices non nulles de produit nul ; il faut donc le citer dans la copie.
b) Pour n∈N, on note Pn : « tout polynôme de degré n a au plus n racines ». INITIALISATION : un polynôme de degré 0 est une constante non nulle, il n'a aucune racine, et 0≤0. HÉRÉDITÉ : supposons Pn−1 vraie pour un n≥1, et soit P de degré n. Si P n'a aucune racine, il en a au plus n. Sinon, soit a une racine : P(z)=(z−a)Q(z) avec Q de degré n−1. Si b est une racine de P différente de a, alors (b−a)Q(b)=0 avec b−a=0, donc Q(b)=0 d'après a). Les racines de P sont donc a et des racines de Q, qui sont au plus n−1 par hypothèse : P en a au plus 1+(n−1)=n. On conclut par récurrence. Le programme dit « au plus », jamais « exactement » : qu'un polynôme de degré n ait toujours des racines est un théorème (d'Alembert-Gauss) que l'option ne démontre pas.
c) EXISTENCE : on cherche γ=P(0)=2, puis α+β+2=1 et 4α+2β+2=4, soit α+β=−1 et 2α+β=1 ; par soustraction α=2, puis β=−3. Donc P(z)=2z2−3z+2, et l'on vérifie P(2)=8−6+2=4. UNICITÉ : si R est un autre polynôme de degré au plus 2 qui convient, D=P−R s'annule en 0, 1 et 2. S'il n'était pas nul, il serait de degré au plus 2 avec trois racines, ce que b) interdit. Donc D est le polynôme nul et R=P. C'est le principe qui justifie toutes les identifications de la série : deux polynômes de degré au plus n qui coïncident en n+1 points sont égaux.
d) z5=z équivaut à z(z4−1)=0, et z4−1=(z2−1)(z2+1)=(z−1)(z+1)(z−i)(z+i). Par a), les solutions sont 0, 1, −1, i et −i : cinq solutions pour une équation de degré 5, le maximum autorisé par b) est atteint. Une erreur fréquente consiste à diviser par z dès le départ : on écrit z4=1 et l'on perd la solution 0.
e) On reconnaît (z−1)3=z3−3z2+3z−1. L'unique racine est 1 : le polynôme est de degré 3 et n'a qu'une racine distincte. C'est pour cela que le théorème dit « au plus » : une racine peut être multiple, et le nombre de racines distinctes est alors strictement inférieur au degré. Écrire « un polynôme de degré 3 a trois racines » est faux, même dans C, si l'on parle de racines distinctes.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Coefficients réels : les racines vont par paires conjuguées
On considère le polynôme P(z)=z4−6z3+14z2−24z+40, à coefficients réels.
a) Démontrez que, pour tout polynôme P à coefficients RÉELS et tout complexe z, P(z)=P(z). Déduisez-en que si z0 est racine de P, alors z0 l'est aussi.
b) Calculez (3+i)2, (3+i)3 et (3+i)4, puis vérifiez que 3+i est racine de P.
c) Justifiez que P(z)=(z2−6z+10)(z2+bz+c) pour des réels b et c que vous déterminerez.
d) Résolvez P(z)=0 dans C.
e) Soit R(z)=z2+iz+2. Vérifiez que i est racine de R, calculez R(−i) et expliquez pourquoi cela ne contredit pas a).
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Réponses
a)Le conjugué d'une somme, d'un produit, d'une puissance ; ck=ck car ck réel
b)8+6i, 18+26i, 28+96i ; P(3+i)=0
c)b=0, c=4 : P(z)=(z2−6z+10)(z2+4)
d)z∈{3+i;3−i;2i;−2i}
e)R(i)=0 mais R(−i)=2 : R n'est pas à coefficients réels
a) Écrivons P(z)=∑k=0nckzk avec des ck réels. Le conjugué d'une somme est la somme des conjugués, celui d'un produit le produit des conjugués, donc P(z)=∑k=0nckzk. Comme ck est réel, ck=ck, et il reste ∑ckzk=P(z). Si P(z0)=0, alors P(z0)=P(z0)=0=0 : le conjugué d'une racine est racine. L'hypothèse « coefficients réels » intervient à UNE ligne, ck=ck, et c'est celle qu'il faut écrire : sans elle la propriété est fausse, comme le montre la question e).
b) (3+i)2=9+6i−1=8+6i, puis (3+i)3=(8+6i)(3+i)=24+8i+18i−6=18+26i, et (3+i)4=(8+6i)2=64+96i−36=28+96i. On remplace en séparant parties réelles et imaginaires : partie réelle 28−6×18+14×8−24×3+40=28−108+112−72+40=0, partie imaginaire 96−6×26+14×6−24=96−156+84−24=0. Donc P(3+i)=0. Calculer (3+i)4 comme le carré de (3+i)2 évite une multiplication, et donc une occasion d'erreur.
c) Par a), 3−i est aussi racine. Par l'exercice 3, P(z)=(z−3−i)Q1(z) ; en z=3−i on obtient 0=(−2i)Q1(3−i), donc Q1(3−i)=0 puisque −2i=0, et Q1(z)=(z−3+i)Q2(z). Or (z−3−i)(z−3+i)=(z−3)2+1=z2−6z+10, qui est à coefficients réels. On identifie : (z2−6z+10)(z2+bz+c)=z4+(b−6)z3+(c−6b+10)z2+(10b−6c)z+10c. Donc b−6=−6, soit b=0, et 10c=40, soit c=4 ; les deux équations restantes vérifient : c−6b+10=14 et 10b−6c=−24. Ainsi P(z)=(z2−6z+10)(z2+4).
d) Un produit est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est. z2−6z+10=0 donne 3±i (discriminant 36−40=−4), et z2+4=0 donne z2=(2i)2, soit z=2i ou z=−2i. Quatre solutions pour une équation de degré 4. Aucune n'est réelle, ce qui est possible pour un degré pair. Placées dans le plan complexe, elles forment deux paires symétriques par rapport à l'axe réel, comme a) l'annonçait.
e) R(i)=i2+i×i+2=−1−1+2=0 : i est racine. Mais R(−i)=(−i)2+i(−i)+2=−1+1+2=2=0. Aucune contradiction : le coefficient de z est i, qui n'est pas réel, et la ligne ck=ck de la démonstration tombe. L'autre racine de R est −2i (leur produit vaut 2 et i×(−2i)=2). Invoquer « les racines sont conjuguées » sans avoir vérifié que les coefficients sont réels coûte toute la question.
Exercice 7 : Somme et produit des racines, sans les calculer
Les formules de Viète relient les racines d'un polynôme à ses coefficients. On les établit en degré 2 et 3, puis on s'en sert sur un polynôme dont on ne connaît aucune racine.
a) Soit z1 et z2 deux complexes. Développez (z−z1)(z−z2) et déduisez-en que si z2+pz+q=(z−z1)(z−z2) pour tout z, alors z1+z2=−p et z1z2=q.
b) Déterminez deux nombres complexes dont la somme vaut 6 et le produit 25.
c) Développez (z−z1)(z−z2)(z−z3) et exprimez ses coefficients à l'aide de σ1=z1+z2+z3, σ2=z1z2+z1z3+z2z3 et σ3=z1z2z3.
d) Soit P(z)=z3−2z2+3z−5. Justifiez que P a une racine réelle z1 dans ]1;2[, puis que P(z)=(z−z1)(z−z2)(z−z3) pour des complexes z2 et z3. Calculez σ1, σ2, σ3, puis z12+z22+z32 et z11+z21+z31.
e) Déduisez de d), sans calculer les racines, que z2 et z3 ne sont pas réels.
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Réponses
a)(z−z1)(z−z2)=z2−(z1+z2)z+z1z2, puis identification
b)Racines de z2−6z+25=0 : 3+4i et 3−4i
c)z3−σ1z2+σ2z−σ3
d)σ1=2, σ2=3, σ3=5 ; somme des carrés −2 ; somme des inverses 53
e)Trois réels auraient une somme de carrés positive, or elle vaut −2
a) (z−z1)(z−z2)=z2−z1z−z2z+z1z2=z2−(z1+z2)z+z1z2. Si ce polynôme est égal à z2+pz+q pour tout z, on identifie les coefficients, ce que l'exercice 5 justifie : −(z1+z2)=p et z1z2=q. Pour az2+bz+c avec a=0, on divise d'abord par a : somme −ab, produit ac. Le signe moins de la somme est l'erreur la plus fréquente ; il vient du −z1 et du −z2 des facteurs.
b) Deux nombres de somme S et de produit P sont les racines de z2−Sz+P, d'après a). On résout donc z2−6z+25=0 : Δ=36−100=−64, d'où z=26±8i=3±4i. Vérification : (3+4i)+(3−4i)=6 et (3+4i)(3−4i)=9+16=25. Dans R le problème n'avait pas de solution, puisque S2−4P<0 ; dans C il en a toujours. Remarquez que le produit de deux conjugués est le carré de leur module : ∣3+4i∣=5.
c) On développe en deux temps : (z−z1)(z−z2)=z2−(z1+z2)z+z1z2, puis on multiplie par z−z3. Le coefficient de z2 est −(z1+z2+z3)=−σ1, celui de z est z1z2+z3(z1+z2)=σ2, et le terme constant est −z1z2z3=−σ3. D'où z3−σ1z2+σ2z−σ3 : les signes alternent, et le produit des trois racines est l'OPPOSÉ du terme constant.
d) P est continue sur R, P(1)=1−2+3−5=−3<0 et P(2)=8−8+6−5=1>0 : par le théorème des valeurs intermédiaires, P s'annule en un réel z1∈]1;2[. Par l'exercice 3, P(z)=(z−z1)Q(z) avec Q unitaire de degré 2, et un trinôme a toujours deux racines z2, z3 dans C (éventuellement égales), donc Q(z)=(z−z2)(z−z3). On identifie avec c) : σ1=2, σ2=3, σ3=5. Ensuite σ12=z12+z22+z32+2σ2, donc z12+z22+z32=4−6=−2. Et z11+z21+z31=z1z2z3z2z3+z1z3+z1z2=σ3σ2=53, les racines étant non nulles puisque leur produit vaut 5.
e) Si z2 et z3 étaient réels, les trois racines le seraient, et la somme de leurs carrés serait positive ou nulle. Or elle vaut −2 : contradiction. Donc z2 ou z3 n'est pas réel ; comme P est à coefficients réels, le conjugué d'une racine non réelle est racine, et ce ne peut être que l'autre : z3=z2, et aucun des deux n'est réel. C'est la force des formules de Viète : on apprend quelque chose de précis sur des racines qu'on n'a jamais calculées. Pour mémoire, z1≈1,84.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse. Pour chacune, dites précisément ce qui est faux, donnez un contre-exemple ou un calcul qui le prouve, puis écrivez l'affirmation correcte.
a) « Un polynôme de degré 3 a toujours exactement trois racines distinctes dans C. »
b) « Si 1+i est racine d'un polynôme P, alors 1−i est aussi racine de P. »
c) « Une équation de degré 3 à coefficients réels peut n'avoir aucune solution réelle. »
d) « z4−1=(z−1)(z3−1) pour tout nombre complexe z. »
e) « Pour z2+4z+13=0, on trouve Δ=−36<0 : l'équation n'a pas de solution. »
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Réponses
a)Faux : z3−z2=z2(z−1) n'a que deux racines distinctes ; « au plus trois »
b)Faux si P n'est pas à coefficients réels : P(z)=z−1−i donne P(1−i)=−2i
c)Faux : par le TVI, un degré 3 réel a toujours une racine réelle (x3+x+1 en a une dans ]−1;0[)
d)Faux : en z=2, 15=7 ; z4−1=(z−1)(z3+z2+z+1)
e)Faux dans C : z=−2±3i
a) Le polynôme z3−z2=z2(z−1) est de degré 3 et n'a que deux racines distinctes, 0 et 1, car 0 est racine double. L'affirmation correcte est celle du programme : « un polynôme de degré 3 a AU PLUS trois racines ». On ne peut pas dire mieux avec les outils de l'option : l'existence de racines pour tout polynôme est un théorème admis hors programme, et même avec lui les racines multiples empêchent de compter trois racines DISTINCTES.
b) La propriété des racines conjuguées exige des coefficients RÉELS. Contre-exemple : P(z)=z−(1+i) a pour racine 1+i, et P(1−i)=1−i−1−i=−2i=0. Affirmation correcte : « si P est à coefficients réels et si 1+i est racine de P, alors 1−i l'est aussi ». La démonstration utilise ck=ck pour chaque coefficient, ce qui n'a lieu que pour un réel.
c) Soit f(x)=ax3+bx2+cx+d avec a>0, par exemple. Quand x tend vers +∞, f(x) tend vers +∞ ; quand x tend vers −∞, vers −∞. La fonction f est continue et prend des valeurs des deux signes : par le théorème des valeurs intermédiaires, elle s'annule au moins une fois sur R (si a<0, on raisonne sur −f). Sur l'exemple x3+x+1 : f(−1)=−1<0 et f(0)=1>0, donc une racine dans ]−1;0[, que la figure de correction montre. Affirmation correcte : « une équation de degré 3 à coefficients réels a toujours au moins une solution réelle ». Pour un degré pair, en revanche, c'est possible : z2+4z+13=0 n'en a aucune.
d) On teste en z=2 : z4−1=15 alors que (2−1)(23−1)=7. L'égalité est fausse. L'erreur consiste à « diviser les exposants » : le quotient de zn−an par z−a n'est pas zn−1−an−1, c'est la SOMME zn−1+azn−2+⋯+an−1. Avec a=1 et n=4 : z4−1=(z−1)(z3+z2+z+1), et en z=2 on retrouve 1×15=15. Un seul test numérique suffit à démolir une factorisation fausse ; c'est le contrôle à faire sur toute factorisation écrite de mémoire.
e) Le discriminant est juste : 16−52=−36. La conclusion ne l'est pas dans C : un discriminant négatif donne deux solutions conjuguées z=2−4±i36=−2±3i. Vérification : (−2+3i)2=4−12i−9=−5−12i, puis −5−12i+4(−2+3i)+13=0. Affirmation correcte : « l'équation n'a pas de solution réelle ; dans C elle en a deux, −2+3i et −2−3i ». Répondre « pas de solution » sans préciser l'ensemble coûte la question entière en maths expertes, où l'on résout dans C sauf mention contraire.
Exercice 9 : Le pentagone du menuisier et le cosinus de 2π/5
Un menuisier doit découper un plateau de table en forme de pentagone régulier dans un disque de bois de rayon 60 cm, les cinq sommets sur le bord du disque. Il lui faut la longueur exacte d'un côté, qui dépend de cos52π.
On note ω=ei52π. Dans un repère où le disque a pour rayon 1, les sommets ont pour affixes 1, ω, ω2, ω3, ω4.
a) Montrez que ω5=1. À l'aide de la factorisation de z5−1 par z−1, déduisez-en que 1+ω+ω2+ω3+ω4=0.
b) On pose u=ω+ω1. Montrez que u=2cos52π, puis, en divisant l'égalité de a) par ω2, que u2+u−1=0.
c) Déduisez-en la valeur exacte de cos52π, en justifiant le choix de la racine.
d) L'autre racine de u2+u−1=0 est ω2+ω21. Quelle valeur de cosinus donne-t-elle ?
e) Montrez que le côté du pentagone inscrit dans le cercle de rayon 1 vaut ∣ω−1∣=2−2cos52π, puis calculez le côté du plateau du menuisier.
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Réponses
a)ω5=e2iπ=1 ; 0=ω5−1=(ω−1)(ω4+⋯+1) et ω=1
b)ω1=ω ; ω2+ω+1+ω−1+ω−2=0 donne u2−2+u+1=0
c)cos52π=45−1≈0,309
d)cos54π=4−1−5≈−0,809
e)Côté =25−5≈1,176 ; plateau : ≈70,5 cm
a) ω5=ei52π×5=e2iπ=1. Par l'exercice 2 avec a=1 et n=5 : z5−1=(z−1)(z4+z3+z2+z+1). En z=ω, le membre de gauche est nul, donc (ω−1)(ω4+ω3+ω2+ω+1)=0. Or ω=1, puisque 52π n'est pas un multiple de 2π : le premier facteur n'est pas nul, donc le second l'est. C'est le fil de la série utilisé à l'envers : 1 est racine de z5−1, on la retire, et les quatre autres racines sont celles du quotient. Géométriquement, la somme des affixes des sommets est nulle : le centre du pentagone est l'origine.
b) ∣ω∣=1, donc ω1=ω=e−i52π et u=ω+ω=2Re(ω)=2cos52π. On divise l'égalité de a) par ω2=0 : ω2+ω+1+ω1+ω21=0. Or u2=ω2+2+ω21, donc ω2+ω21=u2−2. En remplaçant : (u2−2)+u+1=0, soit u2+u−1=0. Le geste clé est la division par ω2, qui rend l'expression symétrique entre ω et ω1 : une équation de degré 4 en ω devient une équation de degré 2 en u.
c) u2+u−1=0 a pour discriminant 1+4=5 et pour racines 2−1+5≈0,618 et 2−1−5≈−1,618. Or 52π∈]0;2π[, donc cos52π>0 et u>0 : c'est la première racine. D'où cos52π=45−1≈0,309. Oublier de justifier le choix du signe fait perdre le point de la question, même avec la bonne valeur.
d) ω2+ω21=2cos54π, et ce nombre est bien racine de u2+u−1 : le calcul de b) fait avec ω2 au lieu de ω, qui vérifie aussi (ω2)5=1 et ω2=1, donne la même équation. Comme 54π∈]2π;π[, son cosinus est négatif : cos54π=4−1−5≈−0,809. La somme des deux racines vaut −1, comme Viète l'annonce.
e) Le côté joint les sommets d'affixes 1 et ω : sa longueur est ∣ω−1∣. On calcule ∣ω−1∣2=(ω−1)(ω−1)=∣ω∣2−ω−ω+1=2−2cos52π. Avec c) : 2−25−1=25−5≈1,382, donc le côté vaut 25−5≈1,176. Pour un disque de rayon 60 cm, toutes les longueurs sont multipliées par 60 : le côté du plateau mesure environ 70,5 cm. Vérification d'ordre de grandeur : le côté d'un hexagone inscrit vaut le rayon, 60 cm, et celui d'un carré 602≈84,9 cm ; le pentagone est bien entre les deux.
Exercice 10 : Bombelli, 1572 : quand trois racines réelles passent par les complexes
En 1572, dans son Algèbre, Rafael Bombelli applique à l'équation x3=15x+4 la formule que Cardan avait publiée pour le troisième degré, et se heurte à la racine carrée d'un nombre négatif. C'est l'un des actes de naissance des nombres complexes.
On note f(x)=x3−15x−4 ; la figure représente f sur R.
a) Vérifiez que 4 est racine de f, déterminez b et c tels que x3−15x−4=(x−4)(x2+bx+c), puis donnez les trois racines. Donnez la plus petite au millième.
b) Méthode de Cardan : on cherche une solution sous la forme x=u+v. Développez (u+v)3 et montrez que si uv=5, l'équation devient u3+v3=4.
c) Justifiez que u3 et v3 sont les solutions de Z2−4Z+125=0, puis résolvez cette équation. Calculez son discriminant.
d) Vérifiez que (2+i)3=2+11i. Avec u=2+i et v=2−i, vérifiez uv=5 et calculez u+v.
e) On note j=−21+i23, qui vérifie j3=1. Avec u=(2+i)j et v=u, calculez u+v et comparez avec a).
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Réponses
a)b=4, c=1 ; racines 4, −2+3, −2−3≈−3,732
b)(u+v)3=u3+v3+3uv(u+v) ; avec 3uv=15 il reste u3+v3=4
c)Somme 4, produit 125 ; Δ=−484, Z=2±11i
d)(2+i)(2−i)=5 et u+v=4
e)u+v=2Re(u)=−2−3, la troisième racine
a) f(4)=64−60−4=0. On identifie : (x−4)(x2+bx+c)=x3+(b−4)x2+(c−4b)x−4c, donc b−4=0, −4c=−4, soit b=4 et c=1, et la vérification c−4b=1−16=−15 tombe juste. Le trinôme x2+4x+1 a pour discriminant 16−4=12>0, d'où x=2−4±23=−2±3. Les trois racines sont RÉELLES : 4, −2+3≈−0,268 et −2−3≈−3,732, et la figure montre bien trois points d'intersection avec l'axe. Leur somme vaut 0, l'opposé du coefficient de x2, qui est nul.
b) (u+v)3=u3+3u2v+3uv2+v3=u3+v3+3uv(u+v). L'équation x3=15x+4 avec x=u+v s'écrit u3+v3+3uv(u+v)=15(u+v)+4. L'idée de Cardan est d'imposer 3uv=15, c'est-à-dire uv=5 : les termes en u+v se détruisent et il reste u3+v3=4. On a remplacé une inconnue par deux, mais on s'est donné en échange une condition de plus, et le système obtenu est plus simple que l'équation de départ.
c) On connaît la somme u3+v3=4 et le produit u3v3=(uv)3=125. D'après l'exercice 7, deux nombres de somme S et de produit P sont les racines de Z2−SZ+P, ici Z2−4Z+125=0. Son discriminant vaut 16−500=−484=−222 : il est NÉGATIF, alors que l'équation de départ a trois racines réelles. Dans C on continue : Z=24±22i=2±11i. C'est exactement l'impasse de Bombelli : la formule de Cardan écrit x=32+−121+32−−121, une expression que personne ne savait alors interpréter.
d) (2+i)2=3+4i, puis (2+i)3=(3+4i)(2+i)=6+3i+8i−4=2+11i. De même (2−i)3=2−11i, par conjugaison. Donc u=2+i et v=2−i conviennent : u3+v3=4 et uv=4+1=5. Alors x=u+v=4 : les parties imaginaires s'annulent et l'on retrouve la racine réelle de a). Le détour par C produit un résultat réel ; c'est ce que Bombelli a compris en calculant avec ces « quantités sophistiquées » comme avec des nombres.
e) u3=(2+i)3j3=2+11i car j3=1, et v=u donne uv=∣u∣2=∣2+i∣2∣j∣2=5 : les deux conditions sont remplies. On calcule u=(2+i)(−21+i23)=−1−23+i(3−21), donc u+v=2Re(u)=−2−3≈−3,732 : la troisième racine. Avec j2 au lieu de j on obtiendrait −2+3. Les trois racines cubiques de 2+11i donnent les trois racines réelles, et aucune ne pouvait être atteinte sans passer par les complexes.
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