Math SN5, secondaire 5 à Montréal • Trigonométrie

Fiche de révision : la fonction tangente (math SN5)

Cette fiche ne refait pas le cours sur la fonction tangente : vous l'avez déjà dans vos notes. Elle traite ce que le cours ne dit jamais et qui décide pourtant de la note : l'erreur exacte qui coûte deux points sur une copie, tout ce qui distingue la tangente d'une sinusoïde, et la rédaction que le correcteur de math SN5 attend mot pour mot.

Elle est écrite pour les élèves de secondaire 5 du programme québécois à Montréal, et pour les élèves du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois. Une fois la fiche lue, la série d'exercices corrigés du même chapitre met chaque réflexe à l'épreuve.

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Le fil du chapitre

La tangente n'est pas une sinusoïde, et presque tous les points perdus viennent de la traiter comme telle : elle n'a ni amplitude, ni maximum, ni minimum, sa période vaut π\pi et non 2π2\pi, et elle est coupée par des asymptotes verticales. Tout se déduit du quotient tan⁡x=sin⁡xcos⁡x\tan x=\frac{\sin x}{\cos x} : les zéros viennent du numérateur, les asymptotes du dénominateur, et l'image est R\mathbb{R} tout entier parce qu'un quotient peut devenir aussi grand qu'on veut.

Ce chapitre fait partie de Mathématique SN5 : Sciences naturelles, secondaire 5
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 15 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (9 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1 Théorème de Pythagore et réciproque Secondaire 3
  2. 2 La fonction polynomiale de degré 2 Secondaire 4
  3. 3 Relations métriques et trigonométrie du triangle rectangle Secondaire 4
  4. 4 Calculs algébriques
  5. 5 La fonction racine carrée
  6. 6 Les fonctions quadratiques
  7. 7 Les paramètres des fonctions
  8. 8 Le cercle trigonométrique
  9. 9 Les fonctions trigonométriques

L'essentiel

Tout vient du quotient

  • • tan⁡x=sin⁡xcos⁡x\tan x=\frac{\sin x}{\cos x} : les ZÉROS viennent du numérateur, les ASYMPTOTES du dénominateur.
  • • Zéros en x=kπx=k\pi, là où le sinus s'annule : ils sont espacés d'une période entière.
  • • Asymptotes verticales en x=π2+kπx=\frac{\pi}{2}+k\pi, là où le cosinus s'annule : elles aussi espacées de π\pi.
  • • Domaine : R\mathbb{R} privé de ces valeurs. Image : R\mathbb{R} tout entier, sans exception.
  • • Entre deux asymptotes consécutives se trouve exactement un zéro, au milieu : c'est le motif qui se répète.
cossintan−π−π/2π/2π1−1
Où le sinus (orange) s'annule, en kπk\pi, la tangente aussi; où le cosinus (vert) s'annule, en π2+kπ\frac{\pi}{2}+k\pi, elle n'existe plus : ce sont ses asymptotes.

Retenir le quotient dispense de mémoriser quoi que ce soit d'autre : le domaine, les zéros et les asymptotes se retrouvent en dix secondes en se demandant où le sinus et le cosinus s'annulent.

Ce que la tangente n'a PAS

  • • Pas d'AMPLITUDE : la fonction n'est bornée ni en haut ni en bas, donc la notion n'a aucun sens.
  • • Pas de MAXIMUM ni de MINIMUM : elle prend toutes les valeurs réelles sur chaque branche.
  • • Pas d'axe d'oscillation : le paramètre kk translate verticalement, mais rien n'oscille autour de lui.
  • • Pas d'asymptote horizontale : l'image étant R\mathbb{R}, aucune droite horizontale ne la borne.
  • • Sa période vaut π\pi et non 2π2\pi : elle reprend ses valeurs DEUX FOIS plus souvent que le sinus.
y = 1y = −1sin xtan x−π/2π/2
Le sinus reste entre −1-1 et 11 : il a une amplitude. La tangente franchit ces deux droites et prend toutes les valeurs : ni amplitude, ni maximum, ni minimum.

Le paramètre aa est un étirement vertical, jamais une amplitude : il rend la courbe plus raide ou plus plate, et un aa négatif la retourne, mais il ne borne rien du tout.

La forme transformée et ses asymptotes

  • • f(x)=atan⁡(b(x−h))+kf(x)=a\tan\left(b(x-h)\right)+k, avec bb à mettre en évidence avant toute lecture.
  • • PÉRIODE =π∣b∣=\frac{\pi}{|b|}, et non 2π∣b∣\frac{2\pi}{|b|} : c'est la seule fonction du programme dans ce cas.
  • • Asymptotes : on résout b(x−h)=π2+kπb(x-h)=\frac{\pi}{2}+k\pi, ce qui donne x=h+π2b+kπbx=h+\frac{\pi}{2b}+\frac{k\pi}{b}.
  • • Les asymptotes sont espacées d'exactement une période, donc de π∣b∣\frac{\pi}{|b|}.
  • • Zéros : on résout b(x−h)=kπb(x-h)=k\pi, ce qui donne x=h+kπbx=h+\frac{k\pi}{b}, avec un zéro au milieu de chaque branche.
  • • Au Québec, (h;k)(h;k) s'appelle le POINT D'INFLEXION, à mi-chemin entre deux asymptotes consécutives espacées de PP. Règle : (h;k)(h;k) d'abord, puis ∣b∣=πP|b|=\frac{\pi}{P}, ab>0ab>0 si la courbe monte, et aa par un point.
−112345−4−3−2−1123456(1 ; 1)P = 2
f(x)=tan⁡(π2(x−1))+1f(x)=\tan\left(\frac{\pi}{2}(x-1)\right)+1 : période ππ/2=2\frac{\pi}{\pi/2}=2, asymptotes en x=0x=0, 22, 44, et le point d'inflexion (1 ;1)(1\,;1) à mi-chemin, centre de sa branche.

Le point (h;k)(h;k) est le CENTRE DE SYMÉTRIE d'une branche : c'est le point de repère à placer en premier, exactement comme le sommet d'une parabole ou le centre d'une hyperbole.

Résoudre : équations et inéquations

  • • tan⁡u=c\tan u=c a UNE solution par période, pas deux : on ajoute +kπ+k\pi, jamais +2kπ+2k\pi.
  • • Aucune valeur n'est interdite : l'image étant R\mathbb{R}, l'équation tan⁡u=c\tan u=c a toujours des solutions.
  • • La tangente est croissante sur CHAQUE branche, mais pas sur son domaine : elle saute de +∞+\infty à −∞-\infty en franchissant une asymptote.
  • • Toute inéquation se résout donc BRANCHE PAR BRANCHE, avec les asymptotes comme bornes.
  • • L'ensemble solution d'une inéquation est une réunion d'intervalles bornés par les asymptotes et par les solutions de l'équation.
  • • Rédaction québécoise : x=x0+nPx=x_{0}+nP, où n∈Zn\in\mathbb{Z} et P=π∣b∣P=\frac{\pi}{|b|} est la période de la FONCTION ; c'est le +kπb+\frac{k\pi}{b} écrit autrement.

L'erreur la plus coûteuse du chapitre est d'écrire +2kπ+2k\pi par automatisme : la moitié des solutions disparaît alors, et le graphique le montre immédiatement puisque les branches se succèdent tous les π\pi.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Appliquer la période 2π2\pi à la tangente

1 point sur 2 : la moitié des solutions disparaît

Ce qu'il ne faut pas écrire

« tan⁡x=1\tan x=1 donne x=π4+2kπx=\frac{\pi}{4}+2k\pi. »

Ce qu'il faut écrire

« La période de la tangente vaut π\pi, donc x=π4+kπx=\frac{\pi}{4}+k\pi : il y a aussi la solution 5π4\frac{5\pi}{4}, que la formule fautive oublie. »

π/45π/4-3π/4période π
Les solutions de tan⁡x=1\tan x=1 se suivent d'un π\pi à l'autre, pas d'un 2π2\pi : entre π4\frac{\pi}{4} et 5π4\frac{5\pi}{4} il y en a une, et la formule en 2kπ2k\pi la perd.

Pourquoi : La tangente est un quotient dont le numérateur et le dénominateur changent de signe ensemble tous les π\pi : le rapport reprend donc les mêmes valeurs deux fois plus souvent. Le contrôle est direct : tan⁡5π4=1\tan\frac{5\pi}{4}=1 également.

2. Chercher l'amplitude d'une tangente

1 point, et une image annoncée bornée alors qu'elle vaut R\mathbb{R}

Ce qu'il ne faut pas écrire

« f(x)=3tan⁡(2x)f(x)=3\tan(2x) : l'amplitude vaut 33. »

Ce qu'il faut écrire

« La tangente n'a pas d'amplitude, puisqu'elle n'est bornée ni en haut ni en bas. Le paramètre a=3a=3 est un ÉTIREMENT vertical, qui rend la courbe plus raide. »

faux : maximum 3−π/4π/4
3tan⁡(2x)3\tan(2x) traverse y=3y=3 et y=−3y=-3 sans s'arrêter : a=3a=3 rend la courbe plus raide, il ne la borne pas. Il n'y a pas d'amplitude à donner.

Pourquoi : L'amplitude mesure l'écart maximal à un axe d'oscillation, ce qui suppose une fonction bornée. La tangente prend toutes les valeurs réelles sur chaque branche : parler d'amplitude revient à confondre deux familles de fonctions.

3. Placer les asymptotes là où le sinus s'annule

2 points, et le tracé est décalé d'un quart de période

Ce qu'il ne faut pas écrire

« tan⁡x\tan x a ses asymptotes en x=kπx=k\pi. »

Ce qu'il faut écrire

« Les asymptotes sont là où le DÉNOMINATEUR s'annule, donc où cos⁡x=0\cos x=0, c'est-à-dire en x=π2+kπx=\frac{\pi}{2}+k\pi. En x=kπx=k\pi, ce sont les ZÉROS. »

π/2-π/2π-πcos x = 0sin x = 0
Les asymptotes tombent là où le COSINUS s'annule, en π2+kπ\frac{\pi}{2}+k\pi; les zéros tombent là où le sinus s'annule, en kπk\pi. Les deux familles alternent.

Pourquoi : Zéros et asymptotes viennent des deux étages du quotient : le numérateur donne les zéros, le dénominateur les valeurs interdites. C'est exactement la même règle que pour une fraction rationnelle, et elle se vérifie en calculant tan⁡π=0\tan\pi=0.

4. Annoncer la tangente croissante sur son domaine

1 point de rigueur, systématiquement retiré

Ce qu'il ne faut pas écrire

« tan⁡x\tan x est croissante sur R\mathbb{R} privé des asymptotes. »

Ce qu'il faut écrire

« Elle est croissante sur CHAQUE branche, mais pas sur leur réunion : tan⁡(π3)≈1,73\tan\left(\frac{\pi}{3}\right)\approx 1{,}73 est plus grand que tan⁡(2π3)≈−1,73\tan\left(\frac{2\pi}{3}\right)\approx -1{,}73, alors que π3<2π3\frac{\pi}{3}<\frac{2\pi}{3}. »

π/3 : 1,732π/3 : -1,73la valeur chute
π3<2π3\frac{\pi}{3}<\frac{2\pi}{3} et pourtant la valeur CHUTE de 1,731{,}73 à −1,73-1{,}73 : la tangente ne croît que sur chaque branche, jamais d'une branche à l'autre.

Pourquoi : En franchissant une asymptote, la fonction saute de +∞+\infty à −∞-\infty : la croissance est interrompue. C'est exactement le même phénomène que pour l'hyperbole, et la formulation attendue est « croissante sur chacun des intervalles ».

5. Résoudre une inéquation sans découper aux asymptotes

toute la question, et l'ensemble annoncé contient des valeurs où la tangente est très négative

Ce qu'il ne faut pas écrire

« tan⁡x>1\tan x>1 donne x>π4x>\frac{\pi}{4}. »

Ce qu'il faut écrire

« Sur la branche ]−π2;π2[\left]-\frac{\pi}{2};\frac{\pi}{2}\right[, la tangente dépasse 11 pour x∈]π4;π2[x\in\left]\frac{\pi}{4};\frac{\pi}{2}\right[. On ajoute ensuite kπk\pi pour les autres branches. »

−π/2π/4π/25π/43π/2
tan⁡x>1\tan x>1 se lit branche par branche : ]π4 ;π2[\left]\frac{\pi}{4}\,;\frac{\pi}{2}\right[ puis la même zone décalée de π\pi (vert). Le trait rouge x>π4x>\frac{\pi}{4} garde des zones où la courbe passe sous la droite orange.

Pourquoi : Juste après une asymptote, la tangente repart de −∞-\infty : l'intervalle ]π4;+∞[\left]\frac{\pi}{4};+\infty\right[ contient donc des zones où elle est inférieure à 11. L'asymptote borne toujours l'intervalle solution, et le graphique le montre en un coup d'oeil.

6. Calculer la période avec la formule des sinusoïdes

2 points, et les asymptotes sont espacées du double

Ce qu'il ne faut pas écrire

« f(x)=tan⁡(3x)f(x)=\tan(3x) : la période vaut 2π3\frac{2\pi}{3}. »

Ce qu'il faut écrire

« La période de la tangente vaut π∣b∣=π3\frac{\pi}{|b|}=\frac{\pi}{3} : elle est deux fois plus courte que celle d'une sinusoïde de même paramètre. »

π/3faux : 2π/3−π/2−π/6π/6π/2
Les asymptotes de tan⁡(3x)\tan(3x) sont espacées de π3\frac{\pi}{3} (vert) : c'est la période. La formule des sinusoïdes donnerait 2π3\frac{2\pi}{3} (rouge), deux branches d'un coup.

Pourquoi : La période de base est π\pi pour la tangente et 2π2\pi pour le sinus : le paramètre bb la divise dans les deux cas, mais la valeur de départ diffère. Le contrôle est de vérifier que f(x+π3)=f(x)f\left(x+\frac{\pi}{3}\right)=f(x), ce que la formule fautive ne donne pas.

7. Oublier de diviser le terme kπk\pi par bb

2 points, et deux tiers des solutions disparaissent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« tan⁡(3x)=1\tan(3x)=1 donne 3x=π4+kπ3x=\frac{\pi}{4}+k\pi, donc x=π12+kπx=\frac{\pi}{12}+k\pi. »

Ce qu'il faut écrire

« En divisant par 33 : x=π12+kπ3x=\frac{\pi}{12}+\frac{k\pi}{3}. Les solutions sont espacées d'un tiers de π\pi, soit la période de la fonction. »

π/125π/129π/12π
Sur [0 ;π][0\,;\pi], tan⁡(3x)=1\tan(3x)=1 a trois solutions, espacées de π3\frac{\pi}{3} (vert). Avec +kπ+k\pi non divisé par 33, on ne garde que π12\frac{\pi}{12} et l'on perd les deux autres.

Pourquoi : Diviser une égalité par 33 divise chaque terme, terme périodique compris. Et l'écart entre deux solutions consécutives doit valoir exactement la période, ce qui donne un contrôle immédiat : ici π3\frac{\pi}{3}, pas π\pi.

8. Croire qu'une valeur peut être hors d'atteinte

toute la question, laissée sans réponse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« tan⁡x=1000\tan x=1000 : la valeur est trop grande, il n'y a pas de solution. »

Ce qu'il faut écrire

« L'image de la tangente est R\mathbb{R} tout entier : tan⁡x=1000\tan x=1000 a une solution par branche, ici x≈1,5698x\approx 1{,}5698 radian, tout près de l'asymptote. »

Pourquoi : Contrairement au sinus et au cosinus, la tangente n'est bornée par rien : en approchant d'une asymptote, elle prend des valeurs arbitrairement grandes. Aucune valeur réelle n'est donc inatteignable, et c'est ce qui distingue ses équations de celles des sinusoïdes.

Quelle méthode choisir

Placer asymptotes, zéros et période selon les paramètres

Mettez d'abord bb en évidence dans b(x−h)b(x-h), puis appliquez les trois formules dans cet ordre : période, asymptotes, zéros. Chacune découle de la précédente.

  • Si on cherche la PÉRIODE → π∣b∣\frac{\pi}{|b|}, et non 2π∣b∣\frac{2\pi}{|b|}

    Exemple : tan⁡(3x)\tan(3x) : période π3\frac{\pi}{3}

    C'est la seule fonction du programme dont la période de base vaut π\pi.

  • Si on cherche les ASYMPTOTES → résoudre b(x−h)=π2+kπb(x-h)=\frac{\pi}{2}+k\pi, ce qui donne des droites espacées d'une période

    Exemple : tan⁡(2(x−π4))\tan\left(2\left(x-\frac{\pi}{4}\right)\right) : 2(x−π4)=π22\left(x-\frac{\pi}{4}\right)=\frac{\pi}{2} donne x=π2x=\frac{\pi}{2}, puis toutes les π2\frac{\pi}{2}

  • Si on cherche les ZÉROS → résoudre b(x−h)=kπb(x-h)=k\pi, ce qui place un zéro au MILIEU de chaque branche

    Exemple : tan⁡(2(x−π4))\tan\left(2\left(x-\frac{\pi}{4}\right)\right) : zéros en x=π4+kπ2x=\frac{\pi}{4}+\frac{k\pi}{2}

    Quand k≠0k\neq 0, la fonction ne s'annule plus là : il faut résoudre atan⁡(u)=−ka\tan(u)=-k.

  • Si on cherche le POINT DE REPÈRE à placer sur le graphique → (h;k)(h;k) est le centre de symétrie d'une branche, à mi-chemin entre deux asymptotes

    Exemple : pour 2tan⁡(x−π3)+12\tan\left(x-\frac{\pi}{3}\right)+1, le repère est (π3;1)\left(\frac{\pi}{3};1\right)

    Au Québec, ce point s'appelle le POINT D'INFLEXION : on le place en premier, puis ∣b∣=πP|b|=\frac{\pi}{P}, puis aa par un point.

  • Si on cherche l'effet de aa → étirement vertical, et réflexion si a<0a<0 : la courbe devient plus raide ou se retourne, mais reste non bornée

    Exemple : a=−1a=-1 transforme une branche croissante en branche décroissante

    Un aa négatif inverse le sens de variation sur chaque branche, et c'est la seule conséquence.

Aucune formule ne fonctionne tant que bb n'est pas en facteur devant (x−h)(x-h). L'écriture tan⁡(2x−π2)\tan\left(2x-\frac{\pi}{2}\right) doit devenir tan⁡(2(x−π4))\tan\left(2\left(x-\frac{\pi}{4}\right)\right), sans quoi le déphasage est lu au double de sa valeur.

Résoudre, selon le symbole et l'intervalle

Isolez la tangente, puis distinguez équation et inéquation : les deux se traitent très différemment, la seconde exigeant un découpage par branche.

  • Si c'est une ÉQUATION tan⁡u=c\tan u=c → UNE solution par période : u=arctan⁡(c)+kπu=\arctan(c)+k\pi, avec un kπk\pi et non un 2kπ2k\pi

    Exemple : tan⁡x=1\tan x=1 donne x=π4+kπx=\frac{\pi}{4}+k\pi

    Toute valeur de cc convient : l'image de la tangente est R\mathbb{R}, il n'y a jamais d'ensemble vide.

  • Si l'argument est b(x−h)b(x-h) → résoudre pour l'argument, puis diviser TOUT par bb, terme périodique compris, et ajouter hh

    Exemple : tan⁡(3x)=1\tan(3x)=1 donne x=π12+kπ3x=\frac{\pi}{12}+\frac{k\pi}{3}

  • Si c'est une INÉQUATION → se placer sur UNE branche, entre deux asymptotes, résoudre, puis ajouter kπk\pi

    Exemple : tan⁡x>1\tan x>1 donne ]π4;π2[\left]\frac{\pi}{4};\frac{\pi}{2}\right[ par branche

    L'asymptote est toujours une borne de l'intervalle solution, et elle est toujours EXCLUE.

  • Si l'inéquation est du type tan⁡x<c\tan x<c → l'intervalle part de l'asymptote GAUCHE de la branche jusqu'à la solution de l'équation

    Exemple : tan⁡x<1\tan x<1 donne ]−π2;π4[\left]-\frac{\pi}{2};\frac{\pi}{4}\right[ sur la branche centrale

  • Si l'énoncé impose un intervalle précis, comme [0;2π][0;2\pi] → compter les branches contenues dans cet intervalle et donner une solution par branche

    Exemple : sur [0;2π][0;2\pi], la tangente de base a deux branches complètes, donc tan⁡x=1\tan x=1 y a deux solutions

    Le nombre de solutions vaut la longueur de l'intervalle divisée par la période, ce qui donne un contrôle rapide.

Le nombre de solutions attendu se calcule avant de résoudre : longueur de l'intervalle divisée par la période. Sur [0;2π][0;2\pi] avec une période de π3\frac{\pi}{3}, on attend six solutions, et en trouver deux signale un kπk\pi oublié.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Résoudre une inéquation tangentielle branche par branche

Quand l'utiliser : L'énoncé compare une tangente à un nombre avec un symbole d'inégalité, ou demande sur quels intervalles une grandeur dépasse un seuil.

  1. 1 Isoler la tangente seule d'un côté, en inversant le sens si l'on divise par un coefficient négatif.
  2. 2 Déterminer la période et placer les ASYMPTOTES, qui bornent chaque branche.
  3. 3 Résoudre l'ÉQUATION associée pour obtenir la valeur charnière sur une branche.
  4. 4 Se placer sur une seule branche, entre deux asymptotes consécutives, et déterminer de quel côté de la charnière l'inégalité est vérifiée.
  5. 5 Écrire l'intervalle solution de cette branche, avec des crochets OUVERTS aux asymptotes.
  6. 6 Généraliser en ajoutant kπk\pi, avec kk entier, ou kπb\frac{k\pi}{b} si l'argument contient un coefficient.
  7. 7 Si un intervalle est imposé, énumérer les branches qu'il contient et donner l'intervalle correspondant à chacune.

Phrase de conclusion

« La fonction tan⁡\tan a pour période π\pi et pour asymptotes x=π2+kπx=\frac{\pi}{2}+k\pi. Sur la branche ]−π2;π2[\left]-\frac{\pi}{2};\frac{\pi}{2}\right[, la tangente est croissante et vaut 11 en π4\frac{\pi}{4}; elle dépasse donc 11 pour x∈]π4;π2[x\in\left]\frac{\pi}{4};\frac{\pi}{2}\right[. L'ensemble solution est la réunion de ces intervalles translatés de kπk\pi. »

Le piège : Rendre une demi-droite non bornée. Juste après une asymptote, la tangente repart de moins l'infini : elle repasse donc sous le seuil, et l'intervalle solution est toujours borné par l'asymptote suivante.

Barème : 1 point la période et les asymptotes, 1 point la valeur charnière, 1 point l'intervalle de la branche avec les bons crochets, 1 point la généralisation en kπk\pi.

Décrire complètement une fonction tangente transformée

Quand l'utiliser : L'énoncé demande le domaine, l'image, la période, les asymptotes, les zéros et un tracé.

  1. 1 Mettre bb en évidence dans l'argument, puis identifier les quatre paramètres avec leurs signes.
  2. 2 Calculer la période π∣b∣\frac{\pi}{|b|}, en rappelant explicitement qu'elle vaut π\pi et non 2π2\pi pour la tangente.
  3. 3 Trouver les asymptotes en résolvant b(x−h)=π2+kπb(x-h)=\frac{\pi}{2}+k\pi, et donner leur équation générale.
  4. 4 Donner le domaine comme R\mathbb{R} privé de ces valeurs, et l'image comme R\mathbb{R} tout entier.
  5. 5 Préciser qu'il n'y a ni amplitude, ni maximum, ni minimum, ni asymptote horizontale.
  6. 6 Trouver les zéros de la fonction complète, en résolvant atan⁡(b(x−h))=−ka\tan\left(b(x-h)\right)=-k.
  7. 7 Tracer les asymptotes en pointillé, placer le point de repère (h;k)(h;k), puis dessiner une branche et la répéter.

Phrase de conclusion

« La fonction f(x)=2tan⁡(3(x−π6))f(x)=2\tan\left(3\left(x-\frac{\pi}{6}\right)\right) a pour période π3\frac{\pi}{3}. Ses asymptotes vérifient 3(x−π6)=π2+kπ3\left(x-\frac{\pi}{6}\right)=\frac{\pi}{2}+k\pi, donc x=π3+kπ3x=\frac{\pi}{3}+\frac{k\pi}{3}. Son domaine est R\mathbb{R} privé de ces valeurs et son image est R\mathbb{R} tout entier : la fonction n'a ni amplitude, ni maximum, ni minimum. Elle est croissante sur chacune de ses branches et s'annule en x=π6+kπ3x=\frac{\pi}{6}+\frac{k\pi}{3}. »

Le piège : Annoncer une image bornée en s'appuyant sur le paramètre aa. Ce paramètre étire verticalement une courbe déjà non bornée : multiplier l'infini par 22 ne change rien, et l'image reste R\mathbb{R} quelle que soit la valeur de aa.

Barème : 1 point les paramètres après mise en évidence de bb, 1 point la période avec π\pi, 1 point les asymptotes, 1 point domaine, image et absence d'amplitude.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le phare qui balaie le mur : modèle tangent, asymptote et intervalle

Un phare situé à 6060 mètres d'un long mur droit tourne à raison d'un tour complet toutes les 88 secondes. Le faisceau touche le mur en un point dont la position d(t)d(t), mesurée en mètres depuis le point du mur le plus proche du phare, est donnée par d(t)=60tan⁡(π4t)d(t)=60\tan\left(\frac{\pi}{4}t\right).

a)Quelle est la période de dd et que représente-t-elle ?b)Où se trouve le point lumineux à t=1t=1 seconde ?c)À quels instants le faisceau quitte-t-il le mur ?d)Pendant quels intervalles le point lumineux est-il à plus de 6060 mètres du point le plus proche ?

murphareHM60 md(t)θ
Le faisceau part du phare et touche le mur en MM; d(t)=HMd(t)=HM se mesure depuis HH, le point du mur le plus proche, à 6060 mètres du phare.

Étape 1

Ici b=π4b=\frac{\pi}{4}, donc la période vaut π∣b∣=ππ/4=4\frac{\pi}{|b|}=\frac{\pi}{\pi/4}=4 secondes. Elle représente le temps entre deux balayages successifs du mur, soit un DEMI-tour du phare.

Pourquoi

Le phare fait un tour en 88 secondes, mais le faisceau balaie le mur deux fois par tour, une fois vers l'avant et une fois vers l'arrière. La période π\pi de la tangente traduit exactement cette symétrie physique, et c'est pourquoi ce phénomène se modélise par une tangente et non par une sinusoïde.

Étape 2

d(1)=60tan⁡(π4)=60×1=60d(1)=60\tan\left(\frac{\pi}{4}\right)=60\times 1=60 mètres.

Pourquoi

La valeur remarquable tan⁡π4=1\tan\frac{\pi}{4}=1 évite la calculatrice. Le résultat a un sens géométrique direct : après une seconde, le faisceau a tourné de 4545 degrés, donc le triangle est isocèle et la distance le long du mur égale la distance au mur.

Étape 3

Le faisceau quitte le mur quand il devient parallèle à celui-ci, c'est-à-dire aux asymptotes : π4t=π2+kπ\frac{\pi}{4}t=\frac{\pi}{2}+k\pi, donc t=2+4kt=2+4k secondes.

Pourquoi

L'asymptote verticale n'est pas une abstraction ici : elle correspond au moment où le faisceau, parallèle au mur, n'y touche plus aucun point. Le modèle mathématique et la situation physique coïncident exactement, ce qui rend la lecture de l'asymptote naturelle.

Étape 4

Les asymptotes sont donc en t=2t=2, t=6t=6, t=10t=10 secondes, et ainsi de suite, espacées de 44 secondes, soit exactement une période.

Pourquoi

L'espacement des asymptotes vaut toujours une période, ce qui donne un contrôle immédiat : 6−2=46-2=4, cohérent avec la question a). Si l'écart avait valu 88, la période aurait été calculée avec 2π2\pi au lieu de π\pi.

Étape 5

d(t)>60d(t)>60 donne tan⁡(π4t)>1\tan\left(\frac{\pi}{4}t\right)>1. Sur la branche contenant t=0t=0, c'est-à-dire ]−2;2[]-2;2[, la tangente est croissante et vaut 11 en t=1t=1 : donc t∈ ]1;2[t\in\,]1;2[.

Pourquoi

On se place sur UNE branche, bornée par les asymptotes t=−2t=-2 et t=2t=2, avant de résoudre. Sans ce découpage, on annoncerait t>1t>1, ce qui inclurait t=3t=3 où la tangente est très négative et le point lumineux du côté opposé.

Étape 6

En généralisant, le point est à plus de 6060 mètres pour t∈ ]1+4k; 2+4k[t\in\,]1+4k;\ 2+4k[, avec kk entier. Sur les huit premières secondes : ]1;2[]1;2[ et ]5;6[]5;6[.

Pourquoi

On ajoute la période 44, et non π\pi ni 2π2\pi : le terme périodique se lit sur la variable tt, après division par bb. Le résultat est cohérent avec le phénomène, deux passages par tour de phare de 88 secondes.

Étape 7

Vérification : d(0)=0d(0)=0, le faisceau vise le point le plus proche; d(1)=60d(1)=60 mètres; d(1,9)=60tan⁡(0,475π)≈761d(1{,}9)=60\tan\left(0{,}475\pi\right)\approx 761 mètres, très loin, ce qui confirme l'approche de l'asymptote; enfin d(3)=60tan⁡(3π4)=−60d(3)=60\tan\left(\frac{3\pi}{4}\right)=-60 mètres, de l'autre côté.

Pourquoi

Les quatre valeurs testent le zéro, la valeur charnière, le comportement près de l'asymptote et le changement de signe après elle. Ce dernier point est décisif : il montre pourquoi l'intervalle de la question d) devait être borné à t=2t=2.

Conclusion rédigée

« La période de dd vaut ππ/4=4\frac{\pi}{\pi/4}=4 secondes, soit le temps entre deux balayages successifs du mur, c'est-à-dire un demi-tour du phare. À t=1t=1 seconde, le point lumineux est à 6060 mètres du point le plus proche. Le faisceau quitte le mur aux instants t=2+4kt=2+4k secondes, où le modèle a ses asymptotes verticales et où le faisceau devient parallèle au mur. Enfin le point lumineux est à plus de 6060 mètres pour t∈ ]1+4k; 2+4k[t\in\,]1+4k;\ 2+4k[, soit ]1;2[]1;2[ et ]5;6[]5;6[ pendant les huit premières secondes. »

L'erreur classique sur cet exercice : Calculer la période avec 2πb=8\frac{2\pi}{b}=8 secondes : les asymptotes seraient alors espacées de 88 secondes, alors que le calcul direct en donne une en t=2t=2 et une autre en t=6t=6. Le second travers est de répondre t>1t>1 à la question d) : à t=3t=3, le modèle donne −60-60 mètres, donc un point situé de l'autre côté du mur, ce qui contredit la réponse.

À savoir par cœur

  • • tan⁡x=sin⁡xcos⁡x\tan x=\frac{\sin x}{\cos x} : les ZÉROS viennent du numérateur, les ASYMPTOTES du dénominateur.
  • • Zéros en x=kπx=k\pi, asymptotes en x=π2+kπx=\frac{\pi}{2}+k\pi. Un zéro au milieu de chaque branche.
  • • Période =π∣b∣=\frac{\pi}{|b|}, et non 2π∣b∣\frac{2\pi}{|b|} : c'est la seule fonction du programme dans ce cas.
  • • (h;k)(h;k) est le POINT D'INFLEXION, au milieu de deux asymptotes ; ∣b∣=πP|b|=\frac{\pi}{P} ; croissante si ab>0ab>0 ; solutions « +nP+nP, n∈Zn\in\mathbb{Z} ».
  • • Ni amplitude, ni maximum, ni minimum, ni asymptote horizontale : l'image est R\mathbb{R} tout entier.
  • • Le paramètre aa est un ÉTIREMENT vertical, jamais une amplitude.
  • • Croissante sur CHAQUE branche, jamais sur le domaine entier : elle saute en franchissant une asymptote.
  • • tan⁡u=c\tan u=c a UNE solution par période : on ajoute +kπ+k\pi, jamais +2kπ+2k\pi.
  • • Aucune valeur n'est inatteignable : l'équation tan⁡u=c\tan u=c a toujours des solutions.
  • • Toute inéquation se résout BRANCHE PAR BRANCHE, les asymptotes bornant chaque intervalle.

Questions fréquentes

Pourquoi la période de la tangente vaut pi et non deux pi ?

Parce que la tangente est le quotient du sinus par le cosinus, et que ces deux fonctions changent de signe en même temps tous les pi. Le rapport de deux nombres qui changent de signe ensemble reste inchangé : la tangente reprend donc ses valeurs deux fois plus souvent que le sinus. Ses solutions s'écrivent avec un k pi, pas un deux k pi.

Où se trouvent les asymptotes de la fonction tangente ?

Là où le cosinus s'annule, puisqu'il est le dénominateur du quotient, c'est-à-dire à pi sur deux plus un multiple de pi. Les zéros, eux, se trouvent là où le sinus s'annule, donc aux multiples de pi. Entre deux asymptotes consécutives se trouve exactement un zéro, situé au milieu de la branche.

Quelle est l'amplitude d'une fonction tangente ?

Elle n'en a pas. L'amplitude mesure l'écart maximal à un axe d'oscillation, ce qui suppose une fonction bornée. La tangente prend toutes les valeurs réelles sur chaque branche, donc son image est l'ensemble des réels. Le paramètre placé devant elle est un étirement vertical, qui rend la courbe plus raide sans jamais la borner.

Comment résoudre une inéquation avec une tangente ?

On se place sur une seule branche, entre deux asymptotes consécutives, où la fonction est croissante. On résout l'équation associée pour trouver la valeur charnière, puis on écrit l'intervalle borné par cette valeur et par l'asymptote. On généralise ensuite en ajoutant un multiple de la période à toutes les bornes.

La fonction tangente est-elle croissante partout ?

Non. Elle est croissante sur chacune de ses branches, mais pas sur leur réunion, car elle saute de plus l'infini à moins l'infini chaque fois qu'elle franchit une asymptote. La formulation attendue est donc croissante sur chacun des intervalles, exactement comme pour la fonction homographique.

Comment trouver la règle d'une fonction tangente à partir de son graphique ?

On repère d'abord le point d'inflexion, situé exactement au milieu de deux asymptotes consécutives : ses coordonnées donnent les paramètres h et k. L'écart entre ces deux asymptotes est la période, et la valeur absolue de b vaut pi divisé par cette période. Si la courbe monte entre les asymptotes, a et b sont de même signe ; si elle descend, ils sont de signes contraires. On termine en remplaçant les coordonnées d'un autre point de la courbe dans la règle pour trouver a.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : La fonction tangente

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 15 exercices corrigés
  • 150 points
  • 225 minutes
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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/sn5-fonction-tangente. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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