Fiche de révision : la fonction polynomiale du second degré
Cette fiche de révision accompagne le chapitre de la fonction du second degré du programme de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire : les trois formes de l'équation, les propriétés, la recherche de la règle, les équations et inéquations, et la réciproque.
Elle ne redit pas le cours. Elle dit ce qui coûte des points en évaluation, ce que le correcteur attend exactement, et les contrôles à faire avant de rendre la copie.
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Le fil du chapitre
Une parabole s'écrit de trois façons, et chacune répond à une question différente. La canonique donne le sommet, la factorisée donne les zéros, la générale donne l'ordonnée à l'origine. Choisir la bonne forme AVANT de calculer est tout le chapitre.
•CANONIQUE a(x−h)2+k : le sommet (h;k) se lit, donc l'extremum, l'axe de symétrie et l'image aussi.
•FACTORISÉE a(x−x1)(x−x2) : les zéros se lisent, et l'abscisse du sommet est leur MILIEU.
•GÉNÉRALE ax2+bx+c : l'ordonnée à l'origine se lit, c'est c, et le discriminant se calcule.
•Le coefficient a est le même dans les trois écritures, et c'est le seul élément commun. Il ne s'oublie jamais en passant de l'une à l'autre.
Une parabole, trois écritures : (x−1)2−9 donne le sommet (bleu), (x+2)(x−4) les zéros (orange), x2−2x−8 l'ordonnée à l'origine (vert). Le coefficient a=1 est commun.
Ce que chaque paramètre décide
•h et k TRANSLATENT, ils ne changent pas la forme. Deux paraboles de même a sont superposables par glissement.
•∣a∣ décide de l'OUVERTURE : plus il est grand, plus la parabole est resserrée. Son SIGNE décide du sens, et donc de la nature de l'extremum.
•IMAGE : [k;+∞[ si a>0, ]−∞;k] si a<0. Le crochet est FERMÉ, le sommet étant atteint.
•L'abscisse du sommet vaut −2ab, et son ordonnée s'obtient en évaluant la fonction en cette abscisse : c'est plus rapide que la seconde formule.
La translatée garde exactement la forme de la parabole de base ; la pointillée garde son sommet mais se resserre. Translation et étirement ne se confondent pas.
Résoudre sans discriminant
•De a(x−h)2+k=m, on ISOLE le carré : (x−h)2=am−k, puis on passe par la valeur absolue, ce qui garantit les DEUX solutions.
•L'équation a deux solutions, une seule ou aucune selon que am−k est positif, nul ou négatif : autrement dit, selon que m appartient à l'image.
•INÉQUATION avec a>0 : on est ENTRE les solutions pour « plus petit », en DEHORS pour « plus grand ». Avec a<0, c'est l'inverse.
•La RÉCIPROQUE exige une restriction, à partir du sommet. Elle donne une fonction racine carrée, et h et k échangent leurs rôles.
(x−1)2−2=m : deux solutions si m>−2, une seule si m=−2, le sommet, aucune si m<−2. C'est le signe de am−k, ou encore : m est-il dans l'image ?
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Confondre k et l'ordonnée à l'origine
1 à 2 points, et un tracé décalé
Ce qu'il ne faut pas écrire
Pour y=2(x−3)2−8, l'ordonnée à l'origine vaut −8
Ce qu'il faut écrire
Elle vaut y(0)=2×9−8=10
Pour 2(x−3)2−8, k=−8 est l'ordonnée du SOMMET. La courbe coupe l'axe vertical en (0;10) (vert), pas en −8 (croix rouge).
Pourquoi : k est l'ordonnée du SOMMET, pas celle du point d'abscisse zéro. Les deux ne coïncident que si h=0. Le contrôle : évaluer la fonction en x=0, ce qui prend cinq secondes et donne la vraie valeur.
2.Prendre a pour une translation
1 à 2 points, et un tracé faux
Ce qu'il ne faut pas écrire
« y=5x2 est y=x2 remontée de 5 »
Ce qu'il faut écrire
Même sommet, l'origine ; la parabole est simplement cinq fois plus resserrée
5x2 (vert) garde le sommet à l'origine et se resserre : en x=2 elle vaut 20. x2+5 (rouge) est remontée de 5 et garde l'ouverture de x2 : ce n'est pas la même courbe.
Pourquoi : Les deux courbes passent par l'origine, donc rien n'a été déplacé. Chaque ordonnée est multipliée par 5 : à x=2, on passe de 4 à 20. Le test tient en un point, celui où la translation se verrait.
3.Chercher une forme factorisée qui n'existe pas
le temps d'un exercice, et une réponse inventée
Ce qu'il ne faut pas écrire
y=x2−6x+13 se factorise, il suffit de trouver les bons nombres
Ce qu'il faut écrire
Δ=−16<0 : aucun zéro réel, donc aucune forme factorisée
Les deux paraboles ont le même a et le même axe ; seule la hauteur du sommet change, et elle décide de l'existence des zéros.
Pourquoi : La forme canonique le montre mieux que le discriminant : (x−3)2+4 vaut au moins 4, donc la parabole ne touche jamais l'axe. Un produit de deux facteurs du premier degré s'annulerait, elle non.
4.Résoudre une inéquation du mauvais côté
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
2(x−3)2−8≤0 donne x≤1 ou x≥5
Ce qu'il faut écrire
[1;5]
Avec a=2>0, la parabole est SOUS l'axe entre ses zéros : 2(x−3)2−8≤0 sur [1;5] (vert). La réponse fausse (rouge) garde l'extérieur, là où la courbe est au-dessus.
Pourquoi : Avec a>0, la parabole est SOUS l'axe entre ses zéros et au-dessus à l'extérieur. Un croquis de dix secondes suffit à trancher, et un test en x=3 aussi : la fonction y vaut −8, donc 3 appartient à la solution, ce que la réponse fausse exclut.
5.Donner la réciproque sans restriction
la moitié de la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
La réciproque de y=(x−2)2+1 est y=2+x−1
Ce qu'il faut écrire
Sur [2;+∞[ oui ; sur ]−∞;2], c'est y=2−x−1
La droite y=2 (rouge) coupe la parabole en x=1 et en x=3 : sans restriction, la réciproque n'est pas une fonction. Chaque branche, coupée au sommet, a la sienne.
Pourquoi : Une parabole complète échoue au test de la droite horizontale, donc sa réciproque n'est pas une fonction. Il faut couper au sommet et le DIRE. Le contexte d'un problème choisit ensuite la branche.
6.Oublier le facteur a en passant à la forme factorisée
toute la question, l'expression écrite n'étant pas la bonne
Ce qu'il ne faut pas écrire
2x2−12x+10 a pour zéros 1 et 5, donc il vaut (x−1)(x−5)
Ce qu'il faut écrire
2(x−1)(x−5)
Mêmes zéros, 1 et 5, mais seule 2(x−1)(x−5) (vert) est 2x2−12x+10 : sans le 2 (rouge), le sommet vaut −4 au lieu de −8.
Pourquoi : Le produit proposé commence par x2, le trinôme par 2x2 : il vaut la moitié. Le contrôle en deux secondes est de comparer les coefficients dominants, et il attrape cette erreur à tout coup.
7.Chercher l'abscisse du sommet par une moyenne quand il n'y a pas de zéro
du temps perdu, et parfois une question abandonnée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Pas de zéros, donc pas de sommet calculable sans compléter le carré »
Ce qu'il faut écrire
h=−2ab fonctionne toujours, zéros ou pas
Pourquoi : La formule −2ab ne dépend pas de l'existence des zéros : elle sort de la complétion du carré faite avec des lettres. Pour x2−6x+13, elle donne h=3, puis k=13−18+9=4, sans aucune complétion à écrire.
Quelle méthode choisir
Quelle forme utiliser, selon ce qu'on donne
Une question sur une fonction du second degré
Si On donne le SOMMET et un point → Forme canonique : h et k sont lus, le point donne a
Exemple : Sommet (4;−5) et (6;3) donnent y=2(x−4)2−5
Si On donne les DEUX ZÉROS et un point → Forme factorisée : les zéros sont lus, le point donne a
Exemple : Zéros −2 et 6, ordonnée à l'origine −12, donnent y=(x+2)(x−6)
Si On donne TROIS POINTS quelconques → Forme générale et système de trois équations, dont une gratuite si un point est sur l'axe des ordonnées
Exemple : (0;1), (1;−2), (2;−3) donnent y=x2−4x+1
Si On demande le SIGNE, un MAXIMUM ou un MINIMUM → Forme canonique, et l'on conclut par « un carré est positif ou nul »
Exemple : x2−8x+20=(x−4)2+4, toujours strictement positif
Si On demande les ZÉROS d'une forme générale → Discriminant, ou complétion du carré si le sommet est aussi demandé
Exemple : 2x2−12x+10 a pour zéros 1 et 5
L'abscisse du sommet est toujours le MILIEU des deux zéros quand ils existent. Ce contrôle est gratuit et il attrape la plupart des erreurs de calcul.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Rédiger une étude complète de parabole
Quand l'utiliser : Dès qu'une question demande de décrire, de tracer ou d'étudier une fonction du second degré
1Donner la forme canonique, en montrant la complétion du carré ou la formule −2ab.
2Annoncer le sommet et la nature de l'extremum, en citant le signe de a.
3Donner le domaine, l'image et l'axe de symétrie.
4Chercher les zéros, ou justifier qu'il n'y en a pas.
5Donner l'ordonnée à l'origine et son point symétrique.
6Conclure par le tracé, avec les cinq points.
Phrase de conclusion
« y=x2+10x+21=(x+5)2−4. Sommet (−5;−4), minimum car a=1>0. Domaine R, image [−4;+∞[, axe x=−5. Zéros : (x+5)2=4 donne x=−3 et x=−7. Ordonnée à l'origine 21, symétrique en (−10;21). »
Le piège : Donner le sommet sans dire s'il s'agit d'un minimum ou d'un maximum. La nature de l'extremum est une réponse à part entière, et elle se justifie par le signe de a, pas par le dessin.
Barème : 1 point pour la forme canonique, 1 point pour le sommet, 1 point pour sa nature, 1 point pour l'image, 1 point pour les zéros, 1 point pour le tracé. Un sommet juste sans démarche visible plafonne à la moitié.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Le milieu des zéros
L'abscisse du sommet doit être exactement la moyenne des deux zéros. Un écart signale une erreur dans l'un ou dans l'autre.
Zéros 1 et 5 : le milieu vaut 3, ce qui doit être le h de la forme canonique.
Évaluer en x=0 dans les deux écritures
Forme canonique et forme générale sont la même fonction : elles doivent donner le même nombre en zéro, et ce nombre est l'ordonnée à l'origine.
2(x−3)2−8 donne 10, et 2x2−12x+10 donne 10.
Comparer les coefficients dominants
Dans une forme factorisée, le produit des coefficients de x doit reproduire a. C'est le contrôle du facteur oublié.
2(x−1)(x−5) donne bien 2x2 en tête.
Confronter l'image et les zéros
Avec a>0, un k négatif impose deux zéros, un k positif en interdit tout. Une contradiction signale une erreur de sommet.
(x−3)2+4 a k>0 et a>0 : aucun zéro, et le discriminant −16 le confirme.
L'exercice type décortiqué
Étudier y=−2x2+12x−10 de bout en bout
Donnez la forme canonique, le sommet et sa nature, l'image, les zéros, la forme factorisée et l'ordonnée à l'origine de y=−2x2+12x−10, puis résolvez y≥0.
Étape 1
h=−2×(−2)12=3, et k=y(3)=−18+36−10=8. Donc y=−2(x−3)2+8.
Pourquoi
La formule donne l'abscisse en une ligne, et évaluer en h donne l'ordonnée plus vite qu'une seconde formule. La complétion du carré donnerait le même résultat, mais en trois lignes de plus.
Étape 2
Sommet (3;8), MAXIMUM car a=−2<0. Image ]−∞;8], axe x=3.
Pourquoi
La nature de l'extremum se justifie par le signe de a, jamais par le dessin. Le crochet de l'image est FERMÉ, le sommet étant atteint : c'est la différence avec une asymptote.
Étape 3
Zéros : −2(x−3)2+8=0 donne (x−3)2=4, donc ∣x−3∣=2 et x=1 ou x=5.
Pourquoi
On isole le carré, puis on passe par la valeur absolue : c'est ce qui garantit les DEUX solutions. Contrôle immédiat, le milieu de 1 et 5 vaut bien 3.
Étape 4
Forme factorisée : y=−2(x−1)(x−5).
Pourquoi
Le facteur a=−2 reste en tête. Contrôle : le produit développé commence par −2x2, ce qui correspond, et l'ordonnée à l'origine vaut −2×(−1)×(−5)=−10, ce qui correspond aussi.
Étape 5
Ordonnée à l'origine : y(0)=−10. Point symétrique : (6;−10).
Pourquoi
Le symétrique se trouve à égale distance de l'axe x=3, donc en x=6. Ces deux points, avec le sommet et les deux zéros, suffisent à tracer proprement.
Étape 6
y≥0 : comme a<0, la parabole est au-dessus de l'axe ENTRE ses zéros. Solution [1;5].
Pourquoi
Le sens dépend du signe de a, et il s'inverse par rapport au cas habituel. Contrôle en x=3 : y=8≥0, donc 3 est bien dans la solution.
Conclusion rédigée
y=−2(x−3)2+8=−2(x−1)(x−5), sommet (3;8) maximum, image ]−∞;8], zéros 1 et 5, ordonnée à l'origine −10, et y≥0 sur [1;5].
L'erreur classique sur cet exercice : Résoudre l'inéquation comme si a était positif, et répondre ]−∞;1]∪[5;+∞[. Le signe de a inverse le raisonnement, et un test en x=3 le montre en cinq secondes.
À savoir par cœur
•Canonique pour le sommet, factorisée pour les zéros, générale pour l'ordonnée à l'origine.
•a est le même dans les trois formes.
•h=−2ab, et k s'obtient en évaluant en h.
•L'abscisse du sommet est le MILIEU des zéros.
•L'ordonnée à l'origine n'est pas k : c'est f(0).
•Image fermée en k : le sommet est atteint.
•On isole le carré, puis valeur absolue : deux solutions.
•a>0 : entre les zéros pour « négatif », dehors pour « positif ».
•Pas de zéro n'est pas une erreur.
•Réciproque : on restreint au sommet, et h et k s'échangent.
Questions fréquentes
Quelle forme d'équation faut-il utiliser pour une parabole ?
Celle qui correspond à ce que l'énoncé donne. Un sommet et un point appellent la forme canonique, deux zéros et un point appellent la forme factorisée, et trois points quelconques obligent à passer par la forme générale et un système. Choisir la mauvaise forme transforme une question de deux lignes en un système de trois équations.
Pourquoi l'ordonnée à l'origine n'est-elle pas le paramètre k ?
Parce que ce paramètre est l'ordonnée du sommet, c'est-à-dire la valeur de la fonction à l'abscisse du sommet, et non à l'abscisse zéro. Les deux ne coïncident que si le sommet est sur l'axe vertical. L'ordonnée à l'origine se calcule toujours en remplaçant la variable par zéro, ce qui prend quelques secondes.
Une parabole peut-elle ne pas avoir de zéro ?
Oui, et c'est un résultat, pas une erreur. Si le sommet est au-dessus de l'axe horizontal et que la parabole s'ouvre vers le haut, elle ne le touche jamais. La forme canonique le montre d'un coup d'oeil, puisqu'elle s'écrit alors comme une somme d'un carré et d'un nombre strictement positif.
Comment savoir de quel côté se trouve la solution d'une inéquation ?
Le signe du coefficient dominant décide. Quand la parabole s'ouvre vers le haut, elle est négative entre ses zéros et positive à l'extérieur ; quand elle s'ouvre vers le bas, c'est l'inverse. Un test avec un nombre situé entre les deux zéros confirme la réponse en cinq secondes.
Pourquoi la réciproque d'une parabole demande-t-elle une restriction ?
Parce qu'une parabole descend puis remonte : elle prend deux fois presque toutes ses valeurs, donc une droite horizontale la coupe en deux points. En échangeant les coordonnées, on obtiendrait deux résultats pour une même entrée, ce qui n'est pas une fonction. On coupe donc au sommet, et la branche gardée dépend du contexte.
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Exercices corrigés : Les fonctions quadratiques
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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