Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité maths, Amérique du Nord jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2025 : Amérique du Nord, jour 2

Épreuve du jeudi 22 mai 2025 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2025, centre Amérique du Nord, jour 2 : jeudi 22 mai 2025, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants de 5 points chacun, notés sur 20. L'énoncé est reproduit à l'identique, figures comprises, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 porte sur la loi binomiale (paramètres, P(N=k)P(N=k), fonction de répartition, espérance, changement de variable T=3NT=3N), puis sur l'espérance et la variance de la moyenne d'un échantillon et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. L'exercice 2 étudie la suite un+1=unu_{n+1}=\sqrt{u_{n}} : raisonnement par récurrence, théorème de la limite monotone, limite par continuité, puis suite géométrique obtenue par le logarithme népérien, approximation de ln⁡(x)\ln(x) par la tangente y=x−1y=x-1 (méthode de Briggs) et algorithme en Python. L'exercice 3 est un vrai ou faux de géométrie dans l'espace : vecteurs dans un cube, base de l'espace, produit scalaire, droite parallèle à un plan, plans parallèles, distance d'un point à un plan par le projeté orthogonal, droites coplanaires. L'exercice 4 étudie f(x)=exsin⁡(x)f(x)=\mathrm{e}^{x}\sin(x) : dérivée d'un produit, tangente, convexité, point d'inflexion, intégration par parties et aire entre deux courbes.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : l'équation x=x\sqrt{x}=x de l'exercice 2, dont la solution 00 doit être écartée par le minorant 11 pour trouver la limite ; la troisième équation du système à l'affirmation 7 de l'exercice 3, qui décide entre droites sécantes et non coplanaires ; et le changement de signe de f′′f'' à l'exercice 4, sans lequel f′′(π2)=0f''\left(\frac{\pi}{2}\right)=0 ne prouve pas le point d'inflexion.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : paniers à trois points au basket, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev

5 points Loi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration

Au basket-ball, il est possible de marquer des paniers rapportant un point, deux points ou trois points.

Les parties A et B sont indépendantes.

  • Partie A
  • L'entraineur d'une équipe de basket décide d'étudier les statistiques de réussite des lancers de ses joueurs. Il constate qu'à l'entrainement, lorsque Victor tente un panier à trois points, il le réussit avec une probabilité de 0,320{,}32.
  • Lors d'un entrainement, Victor effectue une série de 1515 lancers à trois points. On suppose que ces lancers sont indépendants.
  • On note NN la variable aléatoire qui donne le nombre de paniers marqués.
  • Les résultats des probabilités demandées seront, si nécessaire, arrondis au millième.
  • A.1. On admet que la variable aléatoire NN suit une loi binomiale. Préciser ses paramètres.
  • A.2. Calculer la probabilité que Victor réussisse exactement 4 paniers lors de cette série.
  • A.3. Déterminer la probabilité que Victor réussisse au plus 6 paniers lors de cette série.
  • A.4. Déterminer l'espérance de la variable aléatoire NN.
  • 5. On note TT la variable aléatoire qui donne le nombre de points marqués après cette série de lancers.
  • A.5.a. Exprimer TT en fonction de NN.
  • A.5.b. En déduire l'espérance de la variable aléatoire TT. Donner une interprétation de cette valeur dans le contexte de l'exercice.
  • A.5.c. Calculer P(12⩽T⩽18)P(12\leqslant T\leqslant 18).
  • Partie B
  • On note XX la variable aléatoire donnant le nombre de points marqués par Victor lors d'un match.
  • On admet que l'espérance E(X)=22E(X)=22 et la variance V(X)=65V(X)=65.
  • Victor joue nn matchs, où nn est un nombre entier strictement positif.
  • On note X1,X2,…,XnX_{1},X_{2},\ldots,X_{n} les variables aléatoires donnant le nombre de points marqués au cours des 1er1^{\text{er}}, 2e2^{\text{e}}, …\ldots, nn-ième matchs. On admet que les variables aléatoires X1X_{1}, X2X_{2}, …\ldots, XnX_{n} sont indépendantes et suivent la même loi que celle de XX.
  • On pose Mn=X1+X2+…+XnnM_{n}=\dfrac{X_{1}+X_{2}+\ldots+X_{n}}{n}.
  • 1. Dans cette question, on prend n=50n=50.
  • B.1.a. Que représente la variable aléatoire M50M_{50} ?
  • B.1.b. Déterminer l'espérance et la variance de M50M_{50}.
  • B.1.c. Démontrer que P(∣M50−22∣⩾3)⩽1390P\left(\left|M_{50}-22\right|\geqslant 3\right)\leqslant\dfrac{13}{90}.
  • B.1.d. En déduire que la probabilité de l'évènement « 19<M50<2519<M_{50}<25 » est strictement supérieure à 0,850{,}85.
  • B.2. Indiquer, en justifiant, si l'affirmation suivante est vraie ou fausse :
    « Il n'existe aucun entier naturel nn tel que P(∣Mn−22∣⩾3)<0,01P\big(\left|M_{n}-22\right|\geqslant 3\big)<0{,}01 ».

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A.1
A.2
A.3
A.4
A.5.a
A.5.b
A.5.c
B.1.b
B.2
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Réponses

  • A.1 NN suit la loi binomiale B(15 ;0,32)\mathcal{B}(15\,;0{,}32)
  • A.2 P(N=4)=(154)×0,324×0,6811≈0,206P(N=4)=\binom{15}{4}\times 0{,}32^{4}\times 0{,}68^{11}\approx 0{,}206
  • A.3 P(N⩽6)≈0,828P(N\leqslant 6)\approx 0{,}828
  • A.4 E(N)=15×0,32=4,8E(N)=15\times 0{,}32=4{,}8
  • A.5.a T=3NT=3N
  • A.5.b E(T)=3×4,8=14,4E(T)=3\times 4{,}8=14{,}4 : sur un grand nombre de séries de 1515 lancers, Victor marque en moyenne environ 14,414{,}4 points par série
  • A.5.c P(12⩽T⩽18)=P(4⩽N⩽6)≈0,586P(12\leqslant T\leqslant 18)=P(4\leqslant N\leqslant 6)\approx 0{,}586
  • B.1.a M50M_{50} est le nombre moyen de points marqués par Victor par match, sur ses 5050 matchs
  • B.1.b E(M50)=22E(M_{50})=22 ; V(M50)=6550=1,3V(M_{50})=\dfrac{65}{50}=1{,}3
  • B.1.c Bienaymé-Tchebychev avec δ=3\delta=3 : P(∣M50−22∣⩾3)⩽1,39=1390P\left(\left|M_{50}-22\right|\geqslant 3\right)\leqslant\dfrac{1{,}3}{9}=\dfrac{13}{90}
  • B.1.d P(19<M50<25)⩾1−1390=7790≈0,856>0,85P(19<M_{50}<25)\geqslant 1-\dfrac{13}{90}=\dfrac{77}{90}\approx 0{,}856>0{,}85
  • B.2 Faux : pour n=723n=723, P(∣Mn−22∣⩾3)⩽659×723≈0,009 99<0,01P\left(\left|M_{n}-22\right|\geqslant 3\right)\leqslant\dfrac{65}{9\times 723}\approx 0{,}009\,99<0{,}01

A.1. Méthode : on reconnaît un schéma de Bernoulli. Chaque lancer à trois points est une épreuve à deux issues, le succès « Victor marque le panier », de probabilité p=0,32p=0{,}32, et l'échec, de probabilité 1−p=0,681-p=0{,}68. Les 1515 lancers sont identiques et indépendants (hypothèse de l'énoncé), et NN compte le nombre de succès.

Donc NN suit la loi binomiale de paramètres n=15n=15 et p=0,32p=0{,}32, notée B(15 ;0,32)\mathcal{B}(15\,;0{,}32). La rédaction attendue cite les trois éléments : épreuves de Bernoulli identiques, indépendance, NN compte les succès ; ici l'énoncé admet la loi, il reste à donner les paramètres.

Erreur fréquente : confondre le nombre de paniers et le nombre de points. Le paramètre pp est une probabilité, 0,320{,}32 ; le « trois » de « trois points » n'intervient pas dans la loi de NN, il n'apparaîtra qu'avec TT à la question 5.

A.2. Formule de la loi binomiale : pour tout entier kk entre 00 et 1515, P(N=k)=(15k)pk(1−p)15−kP(N=k)=\dbinom{15}{k}p^{k}(1-p)^{15-k}. Pour k=4k=4 : P(N=4)=(154)×0,324×0,6811P(N=4)=\dbinom{15}{4}\times 0{,}32^{4}\times 0{,}68^{11}.

Avec (154)=15×14×13×124×3×2×1=1 365\dbinom{15}{4}=\dfrac{15\times 14\times 13\times 12}{4\times 3\times 2\times 1}=1\,365, on obtient P(N=4)≈0,205 7P(N=4)\approx 0{,}205\,7, soit 0,2060{,}206 au millième. À la calculatrice, c'est la fonction de densité binomiale (binomFdp, ou Binomial PD), avec n=15n=15, p=0,32p=0{,}32 et k=4k=4.

Le coefficient binomial compte les chemins de l'arbre qui contiennent exactement 44 succès parmi 1515 lancers : 1 3651\,365 façons de choisir les rangs des paniers réussis. L'oublier donne 0,324×0,6811≈0,000 150{,}32^{4}\times 0{,}68^{11}\approx 0{,}000\,15, la probabilité d'UNE seule de ces séries, résultat absurde pour un événement aussi banal.

A.3. « Au plus 6 paniers » signifie N⩽6N\leqslant 6, c'est-à-dire N∈{0 ;1 ;… ;6}N\in\{0\,;1\,;\ldots\,;6\}. On utilise la fonction de répartition binomiale de la calculatrice (binomFRép, ou Binomial CD) : P(N⩽6)=∑k=06P(N=k)≈0,827 8P(N\leqslant 6)=\displaystyle\sum_{k=0}^{6}P(N=k)\approx 0{,}827\,8, soit 0,8280{,}828 au millième.

Vérification d'ordre de grandeur : l'espérance de NN vaut 4,84{,}8 (question suivante), donc la valeur 66 est un peu au-dessus de la moyenne ; il est cohérent qu'environ quatre séries sur cinq comptent au plus 66 paniers.

Erreur fréquente : lire « au plus 6 » comme « moins de 6 » et calculer P(N⩽5)≈0,661P(N\leqslant 5)\approx 0{,}661. La borne 66 est incluse.

A.4. Pour une variable de loi binomiale B(n ;p)\mathcal{B}(n\,;p), l'espérance vaut npnp. Donc E(N)=15×0,32=4,8E(N)=15\times 0{,}32=4{,}8. Sur un grand nombre de séries de 1515 lancers, Victor réussit en moyenne 4,84{,}8 paniers à trois points par série.

A.5.a. Chaque panier réussi rapporte 33 points et chaque lancer manqué n'en rapporte aucun. Après la série, le nombre de points marqués est donc T=3NT=3N.

A.5.b. Par linéarité de l'espérance, E(T)=E(3N)=3E(N)=3×4,8=14,4E(T)=E(3N)=3E(N)=3\times 4{,}8=14{,}4.

Interprétation : si Victor répète un grand nombre de fois cette série de 1515 lancers à trois points, il marque en moyenne environ 14,414{,}4 points par série. TT ne prend que des valeurs multiples de 33 (00, 33, 66, ...), donc 14,414{,}4 n'est jamais le score d'une série précise : c'est une valeur MOYENNE sur un grand nombre de séries, et c'est ce que l'interprétation doit dire.

A.5.c. On se ramène à NN : 12⩽T⩽18  ⟺  12⩽3N⩽18  ⟺  4⩽N⩽612\leqslant T\leqslant 18\iff 12\leqslant 3N\leqslant 18\iff 4\leqslant N\leqslant 6, en divisant par 3>03>0, ce qui conserve le sens des inégalités.

Donc P(12⩽T⩽18)=P(4⩽N⩽6)=P(N⩽6)−P(N⩽3)≈0,827 79−0,241 97P(12\leqslant T\leqslant 18)=P(4\leqslant N\leqslant 6)=P(N\leqslant 6)-P(N\leqslant 3)\approx 0{,}827\,79-0{,}241\,97, soit 0,585 80{,}585\,8 environ, et 0,5860{,}586 au millième. Vérification par la somme directe : P(N=4)+P(N=5)+P(N=6)≈0,205 7+0,213 0+0,167 1≈0,585 8P(N=4)+P(N=5)+P(N=6)\approx 0{,}205\,7+0{,}213\,0+0{,}167\,1\approx 0{,}585\,8.

Le piège est la soustraction : P(4⩽N⩽6)P(4\leqslant N\leqslant 6) vaut P(N⩽6)−P(N⩽3)P(N\leqslant 6)-P(N\leqslant 3) et non P(N⩽6)−P(N⩽4)P(N\leqslant 6)-P(N\leqslant 4), qui enlèverait la valeur 44, pourtant incluse. Autre conseil : arrondir seulement à la fin, en gardant les valeurs de la calculatrice dans la soustraction.

B.1.a. M50=X1+X2+…+X5050M_{50}=\dfrac{X_{1}+X_{2}+\ldots+X_{50}}{50} est la somme des points marqués lors des 5050 matchs divisée par le nombre de matchs : c'est le nombre MOYEN de points marqués par Victor par match sur ces 5050 matchs (la moyenne de l'échantillon de taille 5050).

B.1.b. Espérance, par linéarité, sans hypothèse : E(M50)=150(E(X1)+…+E(X50))=150×50×22=22E(M_{50})=\dfrac{1}{50}\left(E(X_{1})+\ldots+E(X_{50})\right)=\dfrac{1}{50}\times 50\times 22=22.

Variance : V(M50)=1502V(X1+…+X50)V(M_{50})=\dfrac{1}{50^{2}}V(X_{1}+\ldots+X_{50}), car V(aY)=a2V(Y)V(aY)=a^{2}V(Y). Les XiX_{i} étant INDÉPENDANTES, la variance de la somme est la somme des variances, 50×6550\times 65. Donc V(M50)=50×65502=6550=1,3V(M_{50})=\dfrac{50\times 65}{50^{2}}=\dfrac{65}{50}=1{,}3.

Erreur fréquente : sortir 150\dfrac{1}{50} sans le carré et trouver V(M50)=65V(M_{50})=65, ou ne pas citer l'indépendance, seule justification de l'addition des variances. La moyenne a la même espérance que XX et une variance divisée par 5050 : elle fluctue beaucoup moins qu'un match isolé.

B.1.c. Inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à M50M_{50}, d'espérance 2222 et de variance 1,31{,}3 : pour tout réel δ>0\delta>0, P(∣M50−E(M50)∣⩾δ)⩽V(M50)δ2P\left(\left|M_{50}-E(M_{50})\right|\geqslant\delta\right)\leqslant\dfrac{V(M_{50})}{\delta^{2}}.

Avec δ=3\delta=3 : P(∣M50−22∣⩾3)⩽1,332=1,39=1390P\left(\left|M_{50}-22\right|\geqslant 3\right)\leqslant\dfrac{1{,}3}{3^{2}}=\dfrac{1{,}3}{9}=\dfrac{13}{90}, ce qu'il fallait démontrer. (1390≈0,144\dfrac{13}{90}\approx 0{,}144.)

Le correcteur attend les hypothèses de l'inégalité : la variable à laquelle on l'applique, son espérance, sa variance et la valeur de δ\delta. Écrire directement « ⩽1390\leqslant\dfrac{13}{90} » sans nommer l'inégalité ne rapporte rien.

B.1.d. L'événement « 19<M50<2519<M_{50}<25 » s'écrit −3<M50−22<3-3<M_{50}-22<3, c'est-à-dire ∣M50−22∣<3\left|M_{50}-22\right|<3 : c'est l'événement CONTRAIRE de ∣M50−22∣⩾3\left|M_{50}-22\right|\geqslant 3. Donc P(19<M50<25)=1−P(∣M50−22∣⩾3)⩾1−1390=7790P(19<M_{50}<25)=1-P\left(\left|M_{50}-22\right|\geqslant 3\right)\geqslant 1-\dfrac{13}{90}=\dfrac{77}{90}, le passage au contraire renversant le sens de l'inégalité.

Or 7790≈0,855 6\dfrac{77}{90}\approx 0{,}855\,6 et 7790−0,85=7790−76,590=0,590>0\dfrac{77}{90}-0{,}85=\dfrac{77}{90}-\dfrac{76{,}5}{90}=\dfrac{0{,}5}{90}>0. Donc P(19<M50<25)⩾7790>0,85P(19<M_{50}<25)\geqslant\dfrac{77}{90}>0{,}85 : la probabilité est strictement supérieure à 0,850{,}85. Le « strictement » vient de la comparaison 7790>0,85\dfrac{77}{90}>0{,}85, pas de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, qui est large.

B.2. L'affirmation est FAUSSE : il suffit d'exhiber un entier nn qui convient. Pour tout n⩾1n\geqslant 1, comme à la question 1.b, E(Mn)=22E(M_{n})=22 et V(Mn)=65nV(M_{n})=\dfrac{65}{n}. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev avec δ=3\delta=3 donne P(∣Mn−22∣⩾3)⩽659nP\left(\left|M_{n}-22\right|\geqslant 3\right)\leqslant\dfrac{65}{9n}.

Cette majoration est strictement inférieure à 0,010{,}01 dès que 659n<0,01\dfrac{65}{9n}<0{,}01, soit 9n>6 5009n>6\,500, soit n>6 5009≈722,2n>\dfrac{6\,500}{9}\approx 722{,}2, donc dès que n⩾723n\geqslant 723. Par exemple, pour n=723n=723 : P(∣M723−22∣⩾3)⩽656 507≈0,009 99<0,01P\left(\left|M_{723}-22\right|\geqslant 3\right)\leqslant\dfrac{65}{6\,507}\approx 0{,}009\,99<0{,}01. Il existe donc un entier naturel nn (et même une infinité) tel que P(∣Mn−22∣⩾3)<0,01P\left(\left|M_{n}-22\right|\geqslant 3\right)<0{,}01.

Vérification au bord : pour n=722n=722, la majoration vaut 656 498≈0,010 003\dfrac{65}{6\,498}\approx 0{,}010\,003, qui dépasse 0,010{,}01 ; l'inégalité ne permet pas de conclure pour n=722n=722, ce qui ne dit rien de la vraie probabilité. C'est la loi des grands nombres en acte : en jouant assez de matchs, la moyenne par match s'écarte de 2222 de 33 points ou plus avec une probabilité aussi petite qu'on veut.

Piège : chercher le plus petit nn exact, que l'énoncé ne demande pas et qu'on ne connaît pas sans la loi de XX. Un seul nn valable suffit à réfuter « il n'existe aucun nn ».

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Exercice 2 : Suites et logarithme : la méthode de Briggs pour approcher ln(2), récurrence et algorithme Python

5 points Suites et récurrenceExponentielle et logarithmePython et méthodes numériques

Un des objectifs de cet exercice est de déterminer une approximation du nombre réel ln⁡(2)\ln(2), en utilisant une des méthodes du mathématicien anglais Henry Briggs au XVIe^{\text{e}} siècle.

On désigne par (un)(u_{n}) la suite définie par : u0=2u_{0}=2 et, pour tout entier naturel nn, un+1=unu_{n+1}=\sqrt{u_{n}}.

  • Partie A
  • A.1.a. Donner la valeur exacte de u1u_{1} et de u2u_{2}.
  • A.1.b. Émettre une conjecture, à l'aide de la calculatrice, sur le sens de variation et la limite éventuelle de la suite.
  • A.2.a. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel nn, 1⩽un+1⩽un1\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n}.
  • A.2.b. En déduire que la suite (un)(u_{n}) est convergente.
  • A.2.c. Résoudre dans l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ l'équation x=x\sqrt{x}=x.
  • A.2.d. Déterminer, en justifiant, la limite de la suite (un)(u_{n}).
  • Partie B
  • On désigne par (vn)(v_{n}) la suite définie pour tout entier naturel nn par vn=ln⁡(un)v_{n}=\ln(u_{n}).
  • B.1.a. Démontrer que la suite (vn)(v_{n}) est géométrique de raison 12\dfrac{1}{2}.
  • B.1.b. Exprimer vnv_{n} en fonction de nn, pour tout entier naturel nn.
  • B.1.c. En déduire que, pour tout entier naturel nn, ln⁡(2)=2nln⁡(un)\ln(2)=2^{n}\ln(u_{n}).
  • 2. On a tracé ci-dessous dans un repère orthonormé la courbe C\mathscr{C} de la fonction ln et la tangente T à la courbe C\mathscr{C} au point d'abscisse 1.
  • Une équation de la droite T est y=x−1y=x-1.
  • Les points A0\mathrm{A}_{0}, A1\mathrm{A}_{1}, A2\mathrm{A}_{2} ont pour abscisses respectives u0u_{0}, u1u_{1} et u2u_{2} et pour ordonnée 0.
  • Repère orthonormé, abscisses graduées 1 et 2, ordonnées 0,5 et 1. En rouge, la courbe C de la fonction ln, qui coupe l'axe des abscisses en 1. En bleu, la droite T, tangente à C au point d'abscisse 1, toujours au-dessus de C, collée à elle près de 1 et qui s'en écarte vers la droite. Sur l'axe des abscisses, les points A2, A1 et A0 d'abscisses environ 1,19, 1,41 et 2.
  • On décide de prendre x−1x-1 comme approximation de ln⁡(x)\ln(x) lorsque xx appartient à l'intervalle ]0,99 ;1,01[]0{,}99\,;1{,}01[.
  • B.2.a. Déterminer à l'aide de la calculatrice le plus petit entier naturel kk tel que uku_{k} appartienne à l'intervalle ]0,99 ;1,01[]0{,}99\,;1{,}01[ et donner une valeur approchée de uku_{k} à 10−510^{-5} près.
  • B.2.b. En déduire une approximation de ln⁡(uk)\ln(u_{k}).
  • B.2.c. Déduire des questions 1. c. et 2. b. de la partie B une approximation de ln⁡(2)\ln(2).
  • 3. On généralise la méthode précédente à tout réel aa strictement supérieur à 1.
  • Programme Python de huit lignes. from math import*, puis def Briggs(a): ; dans la fonction, n = 0, puis une boucle while a >= 1.01: qui contient a = sqrt(a) et n = n+1 ; après la boucle, la ligne L =... à compléter ; enfin return L.
  • B.3. Recopier et compléter l'algorithme ci-dessous afin que l'appel Briggs(a) renvoie une approximation de ln⁡(a)\ln(a).
    On rappelle que l'instruction en langage Python sqrt(a) correspond à a\sqrt{a}.

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A.1.a
A.1.b
A.2.c
A.2.d
B.2.a
B.2.b
B.2.c
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Réponses

  • A.1.a u1=2u_{1}=\sqrt{2} ; u2=2=214u_{2}=\sqrt{\sqrt{2}}=2^{\frac{1}{4}}
  • A.1.b La suite semble décroissante et converger vers 11
  • A.2.a Récurrence : initialisation 1⩽2⩽21\leqslant\sqrt{2}\leqslant 2, hérédité par la croissance de la fonction racine carrée sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[
  • A.2.b (un)(u_{n}) est décroissante et minorée par 11, donc convergente (théorème de la limite monotone)
  • A.2.c S={0 ;1}\mathcal{S}=\{0\,;1\}
  • A.2.d lim⁡un=1\lim u_{n}=1 : ℓ=ℓ\ell=\sqrt{\ell} donne ℓ∈{0 ;1}\ell\in\{0\,;1\}, et ℓ⩾1\ell\geqslant 1
  • B.1.a vn+1=ln⁡(un)=12ln⁡(un)=12vnv_{n+1}=\ln\left(\sqrt{u_{n}}\right)=\dfrac{1}{2}\ln(u_{n})=\dfrac{1}{2}v_{n}, premier terme v0=ln⁡(2)v_{0}=\ln(2)
  • B.1.b vn=ln⁡(2)×(12)nv_{n}=\ln(2)\times\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}
  • B.1.c ln⁡(un)=ln⁡(2)2n\ln(u_{n})=\dfrac{\ln(2)}{2^{n}}, donc ln⁡(2)=2nln⁡(un)\ln(2)=2^{n}\ln(u_{n})
  • B.2.a k=7k=7 ; u7≈1,00543u_{7}\approx 1{,}00543 (u6≈1,01089u_{6}\approx 1{,}01089 ne convient pas)
  • B.2.b ln⁡(u7)≈u7−1≈0,00543\ln(u_{7})\approx u_{7}-1\approx 0{,}00543
  • B.2.c ln⁡(2)=27ln⁡(u7)≈128×0,00543≈0,695\ln(2)=2^{7}\ln(u_{7})\approx 128\times 0{,}00543\approx 0{,}695 (valeur exacte 0,693 1…0{,}693\,1\ldots)
  • B.3 L = 2**n*(a-1)

A.1.a. On applique la relation de récurrence : u1=u0=2u_{1}=\sqrt{u_{0}}=\sqrt{2} et u2=u1=2u_{2}=\sqrt{u_{1}}=\sqrt{\sqrt{2}}. Avec les puissances : 2=212\sqrt{2}=2^{\frac{1}{2}}, donc u2=(212)12=214u_{2}=\left(2^{\frac{1}{2}}\right)^{\frac{1}{2}}=2^{\frac{1}{4}}, que l'on peut aussi écrire 24\sqrt[4]{2}.

La valeur EXACTE est demandée : 2\sqrt{2} et 2\sqrt{\sqrt{2}}, et non 1,4141{,}414 et 1,1891{,}189, qui sont des valeurs approchées. Erreur fréquente : écrire u2=22u_{2}=\dfrac{\sqrt{2}}{2}, en confondant « racine carrée de 2\sqrt{2} » et « moitié de 2\sqrt{2} ».

A.1.b. À la calculatrice : u0=2u_{0}=2, u1≈1,414u_{1}\approx 1{,}414, u2≈1,189u_{2}\approx 1{,}189, u3≈1,091u_{3}\approx 1{,}091, u4≈1,044u_{4}\approx 1{,}044, u5≈1,022u_{5}\approx 1{,}022... Les termes diminuent et se rapprochent de 11, sans passer en dessous. Conjecture : la suite (un)(u_{n}) est décroissante et converge vers 11.

Une conjecture se formule comme telle (« il semble que ») et n'a pas à être démontrée ici : les questions 2 et 2.d s'en chargent. Erreur fréquente : conjecturer une limite nulle parce que « la racine carrée fait diminuer » ; elle fait diminuer les nombres plus grands que 11, mais 1=1\sqrt{1}=1 et les termes restent au-dessus de 11.

A.2.a. Raisonnement par récurrence. Pour tout entier naturel nn, on note P(n)\mathcal{P}(n) la propriété : « 1⩽un+1⩽un1\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n} ».

Initialisation : pour n=0n=0, u1=2u_{1}=\sqrt{2} et u0=2u_{0}=2. Comme 1⩽2⩽41\leqslant 2\leqslant 4 et que la fonction racine carrée est croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, 1⩽2⩽4\sqrt{1}\leqslant\sqrt{2}\leqslant\sqrt{4}, soit 1⩽2⩽21\leqslant\sqrt{2}\leqslant 2, c'est-à-dire 1⩽u1⩽u01\leqslant u_{1}\leqslant u_{0}. P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité : soit nn un entier naturel tel que P(n)\mathcal{P}(n) est vraie, c'est-à-dire 1⩽un+1⩽un1\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n}. La fonction racine carrée est croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ et les trois nombres sont positifs : elle conserve donc l'ordre, et 1⩽un+1⩽un\sqrt{1}\leqslant\sqrt{u_{n+1}}\leqslant\sqrt{u_{n}}, soit 1⩽un+2⩽un+11\leqslant u_{n+2}\leqslant u_{n+1}. C'est P(n+1)\mathcal{P}(n+1).

Conclusion : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie et la propriété est héréditaire, donc, par le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn, 1⩽un+1⩽un1\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n}.

Le point qui fait gagner ou perdre les points de l'hérédité : citer la CROISSANCE de la fonction racine carrée sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ pour « appliquer x\sqrt{\phantom{x}} » aux inégalités. On ne compose une inégalité par une fonction que si on sait que cette fonction conserve l'ordre sur l'intervalle concerné.

A.2.b. D'après la question précédente, pour tout nn, un+1⩽unu_{n+1}\leqslant u_{n} : la suite (un)(u_{n}) est décroissante. Pour tout n⩾1n\geqslant 1, un⩾1u_{n}\geqslant 1, et u0=2⩾1u_{0}=2\geqslant 1 : la suite est minorée par 11.

Par le théorème de la limite monotone (toute suite décroissante et minorée converge), la suite (un)(u_{n}) est convergente. Sa limite ℓ\ell vérifie ℓ⩾1\ell\geqslant 1, par passage à la limite dans l'inégalité large un⩾1u_{n}\geqslant 1. Attention : le théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur, et rien ne dit à ce stade que ℓ=1\ell=1, le minorant n'étant pas forcément la limite.

A.2.c. Sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, les deux membres x\sqrt{x} et xx sont positifs ; deux nombres positifs sont égaux si et seulement si leurs carrés sont égaux. Donc x=x  ⟺  x=x2  ⟺  x2−x=0  ⟺  x(x−1)=0  ⟺  x=0\sqrt{x}=x\iff x=x^{2}\iff x^{2}-x=0\iff x(x-1)=0\iff x=0 ou x=1x=1.

Vérification : 0=0\sqrt{0}=0 et 1=1\sqrt{1}=1. L'ensemble des solutions est S={0 ;1}\mathcal{S}=\{0\,;1\}. Erreur fréquente : diviser x=x2x=x^{2} par xx et ne garder que x=1x=1 ; on perd la solution 00 (on n'a pas le droit de diviser par un nombre qui peut être nul). Et l'élévation au carré n'est une équivalence QUE parce que les deux membres sont positifs.

A.2.d. D'après 2.b, la suite converge ; notons ℓ\ell sa limite. On a un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) avec f:x↦xf:x\mapsto\sqrt{x}, fonction continue sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[. Quand n→+∞n\to+\infty, un+1→ℓu_{n+1}\to\ell et, par continuité de ff en ℓ\ell, f(un)→f(ℓ)=ℓf(u_{n})\to f(\ell)=\sqrt{\ell}. Par unicité de la limite, ℓ=ℓ\ell=\sqrt{\ell}.

D'après 2.c, ℓ=0\ell=0 ou ℓ=1\ell=1. Or tous les termes sont supérieurs ou égaux à 11, donc ℓ⩾1\ell\geqslant 1 (2.b), ce qui exclut 00. La suite (un)(u_{n}) converge vers 11, ce qui confirme la conjecture.

Le piège : s'arrêter à « ℓ\ell est solution de x=x\sqrt{x}=x » sans trancher entre les deux solutions. L'argument qui élimine 00 est le minorant 11 ; c'est précisément pour cela que la récurrence de 2.a portait aussi sur l'inégalité 1⩽un+11\leqslant u_{n+1}. La continuité de la racine carrée doit être citée : c'est elle qui permet de passer à la limite dans la relation de récurrence.

B.1.a. Pour tout nn, un⩾1>0u_{n}\geqslant 1>0, donc vn=ln⁡(un)v_{n}=\ln(u_{n}) est bien défini. Pour tout entier naturel nn : vn+1=ln⁡(un+1)=ln⁡(un)=ln⁡(un12)=12ln⁡(un)=12vnv_{n+1}=\ln(u_{n+1})=\ln\left(\sqrt{u_{n}}\right)=\ln\left(u_{n}^{\frac{1}{2}}\right)=\dfrac{1}{2}\ln(u_{n})=\dfrac{1}{2}v_{n}, en utilisant la propriété ln⁡(a)=12ln⁡(a)\ln\left(\sqrt{a}\right)=\dfrac{1}{2}\ln(a) pour a>0a>0.

La suite (vn)(v_{n}) est donc géométrique de raison q=12q=\dfrac{1}{2}, de premier terme v0=ln⁡(u0)=ln⁡(2)v_{0}=\ln(u_{0})=\ln(2). Erreur fréquente : écrire ln⁡(un)=ln⁡(un)\ln\left(\sqrt{u_{n}}\right)=\sqrt{\ln(u_{n})} ; le logarithme transforme une puissance en produit, pas une racine en racine.

B.1.b. Terme général d'une suite géométrique : vn=v0×qn=ln⁡(2)×(12)n=ln⁡(2)2nv_{n}=v_{0}\times q^{n}=\ln(2)\times\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}=\dfrac{\ln(2)}{2^{n}}, pour tout entier naturel nn.

B.1.c. Par définition, vn=ln⁡(un)v_{n}=\ln(u_{n}) ; avec 1.b, ln⁡(un)=ln⁡(2)2n\ln(u_{n})=\dfrac{\ln(2)}{2^{n}}. En multipliant par 2n>02^{n}>0 : ln⁡(2)=2nln⁡(un)\ln(2)=2^{n}\ln(u_{n}) pour tout entier naturel nn.

Vérification : pour n=1n=1, 2ln⁡(2)=2×12ln⁡(2)=ln⁡(2)2\ln\left(\sqrt{2}\right)=2\times\dfrac{1}{2}\ln(2)=\ln(2). Cette égalité donne aussi un=eln⁡(2)/2n=212nu_{n}=\mathrm{e}^{\ln(2)/2^{n}}=2^{\frac{1}{2^{n}}}, qui tend vers e0=1\mathrm{e}^{0}=1 : on retrouve la limite de la partie A.

B.2.a. Tous les termes sont supérieurs à 11 (et même strictement, un=21/2n>1u_{n}=2^{1/2^{n}}>1), donc la borne 0,990{,}99 est toujours respectée : il s'agit de trouver le premier terme strictement inférieur à 1,011{,}01. La suite étant décroissante, une fois ce seuil franchi, tous les termes suivants restent dans l'intervalle.

Valeurs à la calculatrice : u5≈1,021 90u_{5}\approx 1{,}021\,90, u6≈1,010 89u_{6}\approx 1{,}010\,89, encore supérieur à 1,011{,}01, puis u7≈1,005 43u_{7}\approx 1{,}005\,43, qui appartient à ]0,99 ;1,01[]0{,}99\,;1{,}01[. Le plus petit entier cherché est k=7k=7, et u7≈1,005 43u_{7}\approx 1{,}005\,43 à 10−510^{-5} près.

Vérification par le calcul : uk<1,01  ⟺  ln⁡(2)2k<ln⁡(1,01)  ⟺  2k>ln⁡(2)ln⁡(1,01)≈69,66u_{k}<1{,}01\iff\dfrac{\ln(2)}{2^{k}}<\ln(1{,}01)\iff 2^{k}>\dfrac{\ln(2)}{\ln(1{,}01)}\approx 69{,}66, et 26=64<69,66<128=272^{6}=64<69{,}66<128=2^{7}, d'où k=7k=7. Piège : s'arrêter à u6≈1,010 9u_{6}\approx 1{,}010\,9, qui « ressemble » à 1,011{,}01 mais lui est supérieur.

B.2.b. Comme u7u_{7} appartient à ]0,99 ;1,01[]0{,}99\,;1{,}01[, on applique l'approximation décidée par l'énoncé, ln⁡(x)≈x−1\ln(x)\approx x-1 (on remplace la courbe par sa tangente T en 11) : ln⁡(u7)≈u7−1≈0,005 43\ln(u_{7})\approx u_{7}-1\approx 0{,}005\,43.

Le graphique montre la qualité de cette approximation : près de l'abscisse 11, la courbe C\mathscr{C} et la tangente T sont presque confondues, et plus le point Ak\mathrm{A}_{k} se rapproche de 11, plus l'écart est faible. C'est tout l'intérêt de prendre des racines carrées successives : elles rapprochent uku_{k} de 11.

B.2.c. D'après 1.c avec n=7n=7, ln⁡(2)=27ln⁡(u7)=128ln⁡(u7)\ln(2)=2^{7}\ln(u_{7})=128\ln(u_{7}). Avec 2.b : ln⁡(2)≈128×0,005 43≈0,695 04\ln(2)\approx 128\times 0{,}005\,43\approx 0{,}695\,04, soit ln⁡(2)≈0,695\ln(2)\approx 0{,}695.

Comparaison avec la valeur de la calculatrice, ln⁡(2)≈0,693 15\ln(2)\approx 0{,}693\,15 : l'erreur est d'environ 0,0020{,}002, soit moins de 0,3 %0{,}3\,\%. L'approximation est PAR EXCÈS, et le graphique dit pourquoi : la fonction ln est concave, donc sa courbe est sous sa tangente T, et ln⁡(x)⩽x−1\ln(x)\leqslant x-1 pour tout x>0x>0. Le facteur 128128 multiplie aussi l'erreur commise sur ln⁡(u7)\ln(u_{7}) : pour mieux approcher ln⁡(2)\ln(2), il faut aller plus loin dans la suite, ce que fait la méthode de Briggs avec un seuil plus fin.

Remarque historique, sans incidence sur l'exercice : Henry Briggs (1561-1630) a publié ses tables de logarithmes en 1617 et en 1624, c'est-à-dire au début du XVIIe^{\text{e}} siècle plutôt qu'au XVIe^{\text{e}}.

B.3. La boucle reproduit la partie B pour un réel a>1a>1 quelconque : tant que a⩾1,01a\geqslant 1{,}01, on remplace aa par sa racine carrée et le compteur nn augmente de 11. À la sortie, la variable a contient a12na^{\frac{1}{2^{n}}}, qui appartient à ]1 ;1,01[]1\,;1{,}01[, et nn est le nombre de racines prises. En reprenant 1.c avec aa à la place de 22 (même calcul : ln⁡(a12n)=ln⁡(a)2n\ln\left(a^{\frac{1}{2^{n}}}\right)=\dfrac{\ln(a)}{2^{n}}), on a ln⁡(ainitial)=2nln⁡(afinal)≈2n(afinal−1)\ln(a_{\text{initial}})=2^{n}\ln(a_{\text{final}})\approx 2^{n}(a_{\text{final}}-1).

La ligne à compléter est donc L = 2**n*(a-1). En Python, la puissance s'écrit ** et non ^ (qui est un autre opérateur) ; on peut aussi écrire pow(2, n)*(a-1), la fonction pow étant importée avec le module math. Pour a=2a=2, l'appel Briggs(2) fait sept tours de boucle et renvoie environ 0,695 030{,}695\,03, la valeur de 2.c sans l'arrondi intermédiaire.

Dans le programme tel qu'il est reproduit, l'instruction return L est imprimée sans retrait ; elle appartient à la fonction et doit être indentée comme le reste de son corps, ce que fait le programme corrigé ci-dessous. Erreur fréquente : écrire L = log(a), qui utiliserait justement la fonction que la méthode cherche à approcher, ou L = 2**n*a, en oubliant le −1-1 de la tangente.

python
from math import *
def Briggs(a):
    n = 0
    while a >= 1.01:
        a = sqrt(a)
        n = n+1
    L = 2**n*(a-1)
    return L

Exercice 3 : Vrai ou faux : vecteurs dans un cube, plans, distance d'un point à un plan et position de deux droites

5 points Géométrie dans l'espace

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée.

Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

  • Partie A
  • ABCDEFGH est un cube d'arête de longueur 1.
  • Les points I, J, K, L et M sont les milieux respectifs des arêtes [AB], [BF], [AE], [CD] et [DH].
  • Cube ABCDEFGH en perspective cavalière : face avant ABFE, A en bas à gauche, B en bas à droite, F en haut à droite, E en haut à gauche ; face arrière DCGH, D en bas, C en bas à droite, G en haut, H en haut à gauche. Les arêtes cachées [DC], [CG] et [CB] sont en pointillés. Points marqués : I milieu de [AB], J milieu de [BF], K milieu de [AE], L milieu de [CD], M milieu de [DH].
  • Affirmation 1. « JH→=2BI→+DM→−CB→\overrightarrow{\mathrm{JH}}=2\overrightarrow{\mathrm{BI}}+\overrightarrow{\mathrm{DM}}-\overrightarrow{\mathrm{CB}} »
  • Affirmation 2. « Le triplet de vecteurs (AB→, AH→, AG→)\left(\overrightarrow{\mathrm{AB}},\ \overrightarrow{\mathrm{AH}},\ \overrightarrow{\mathrm{AG}}\right) est une base de l'espace. »
  • Affirmation 3. « IB→⋅LM→=−14\overrightarrow{\mathrm{IB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{LM}}=-\dfrac{1}{4}. »
  • Partie B
  • Dans l'espace muni d'un repère orthonormé, on considère :
    • le plan P\mathscr{P} d'équation cartésienne 2x−y+3z+6=02x-y+3z+6=0
    • les points A(2 ;0 ;−1)\mathrm{A}(2\,;0\,;-1) et B(5 ;−3 ;7)\mathrm{B}(5\,;-3\,;7)
  • Affirmation 4. « Le plan P\mathscr{P} et la droite (AB) sont parallèles. »
  • Affirmation 5. « Le plan P′\mathscr{P}' parallèle à P\mathscr{P} passant par B a pour équation cartésienne −2x+y−3z+34=0-2x+y-3z+34=0 »
  • Affirmation 6. « La distance du point A au plan P\mathscr{P} est égale à 142\dfrac{\sqrt{14}}{2}. »
  • On note (d)(d) la droite de représentation paramétrique {x=−12+2ky=6z=3−5k\begin{cases}x=-12+2k\\y=6\\z=3-5k\end{cases}, où k∈Rk\in\mathbb{R}
  • Affirmation 7. « Les droites (AB) et (d)(d) ne sont pas coplanaires. »

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Affirmation 1
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Affirmation 3
Affirmation 4
Affirmation 5
Affirmation 6
Affirmation 7
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Réponses

  • Affirmation 1 Vrai : les deux membres valent BD→+12AE→\overrightarrow{\mathrm{BD}}+\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AE}}
  • Affirmation 2 Faux : AG→=AB→+AH→\overrightarrow{\mathrm{AG}}=\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\overrightarrow{\mathrm{AH}}, les trois vecteurs sont coplanaires
  • Affirmation 3 Vrai : IB→⋅LM→=12×(−12)+0+0=−14\overrightarrow{\mathrm{IB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{LM}}=\dfrac{1}{2}\times\left(-\dfrac{1}{2}\right)+0+0=-\dfrac{1}{4}
  • Affirmation 4 Faux : n⃗⋅AB→=33≠0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=33\neq 0, la droite (AB) coupe le plan P\mathscr{P}
  • Affirmation 5 Vrai : vecteur normal −n⃗-\vec{n}, colinéaire à n⃗\vec{n}, et B vérifie l'équation (−10−3−21+34=0-10-3-21+34=0)
  • Affirmation 6 Vrai : projeté orthogonal H(1 ;12 ;−52)\mathrm{H}\left(1\,;\dfrac{1}{2}\,;-\dfrac{5}{2}\right) et AH=144=142\mathrm{AH}=\sqrt{\dfrac{14}{4}}=\dfrac{\sqrt{14}}{2}
  • Affirmation 7 Faux : (AB) et (d)(d) sont sécantes en (−4 ;6 ;−17)(-4\,;6\,;-17), donc coplanaires

Repère de travail pour la partie A. Le cube est d'arête 11 et ses arêtes issues de A sont deux à deux orthogonales : (A ;AB→,AD→,AE→)\left(\mathrm{A}\,;\overrightarrow{\mathrm{AB}},\overrightarrow{\mathrm{AD}},\overrightarrow{\mathrm{AE}}\right) est un repère orthonormé de l'espace. On y lit A(0 ;0 ;0)\mathrm{A}(0\,;0\,;0), B(1 ;0 ;0)\mathrm{B}(1\,;0\,;0), C(1 ;1 ;0)\mathrm{C}(1\,;1\,;0), D(0 ;1 ;0)\mathrm{D}(0\,;1\,;0), E(0 ;0 ;1)\mathrm{E}(0\,;0\,;1), F(1 ;0 ;1)\mathrm{F}(1\,;0\,;1), G(1 ;1 ;1)\mathrm{G}(1\,;1\,;1), H(0 ;1 ;1)\mathrm{H}(0\,;1\,;1), puis, par les coordonnées des milieux, I(12 ;0 ;0)\mathrm{I}\left(\frac{1}{2}\,;0\,;0\right), J(1 ;0 ;12)\mathrm{J}\left(1\,;0\,;\frac{1}{2}\right), K(0 ;0 ;12)\mathrm{K}\left(0\,;0\,;\frac{1}{2}\right), L(12 ;1 ;0)\mathrm{L}\left(\frac{1}{2}\,;1\,;0\right) et M(0 ;1 ;12)\mathrm{M}\left(0\,;1\,;\frac{1}{2}\right). Ce repère n'est pas donné par l'énoncé : il faut le CHOISIR et le dire sur la copie.

Affirmation 1. Méthode sans coordonnées, par la relation de Chasles. I est le milieu de [AB], donc 2BI→=BA→2\overrightarrow{\mathrm{BI}}=\overrightarrow{\mathrm{BA}}. ABCD est un carré, donc −CB→=BC→=AD→-\overrightarrow{\mathrm{CB}}=\overrightarrow{\mathrm{BC}}=\overrightarrow{\mathrm{AD}}. M est le milieu de [DH] et ADHE est un carré, donc DM→=12DH→=12AE→\overrightarrow{\mathrm{DM}}=\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{DH}}=\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AE}}. Le membre de droite vaut donc BA→+AD→+12AE→=BD→+12AE→\overrightarrow{\mathrm{BA}}+\overrightarrow{\mathrm{AD}}+\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AE}}=\overrightarrow{\mathrm{BD}}+\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AE}}.

Membre de gauche : JH→=JB→+BD→+DH→=−12AE→+BD→+AE→=BD→+12AE→\overrightarrow{\mathrm{JH}}=\overrightarrow{\mathrm{JB}}+\overrightarrow{\mathrm{BD}}+\overrightarrow{\mathrm{DH}}=-\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AE}}+\overrightarrow{\mathrm{BD}}+\overrightarrow{\mathrm{AE}}=\overrightarrow{\mathrm{BD}}+\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AE}}, puisque JB→=−12BF→=−12AE→\overrightarrow{\mathrm{JB}}=-\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{BF}}=-\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AE}}.

Les deux membres sont égaux : l'affirmation 1 est VRAIE. Vérification dans le repère : JH→(−1112)\overrightarrow{\mathrm{JH}}\begin{pmatrix}-1\\1\\\frac{1}{2}\end{pmatrix} et 2BI→+DM→−CB→=(−100)+(0012)−(0−10)=(−1112)2\overrightarrow{\mathrm{BI}}+\overrightarrow{\mathrm{DM}}-\overrightarrow{\mathrm{CB}}=\begin{pmatrix}-1\\0\\0\end{pmatrix}+\begin{pmatrix}0\\0\\\frac{1}{2}\end{pmatrix}-\begin{pmatrix}0\\-1\\0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\1\\\frac{1}{2}\end{pmatrix}. Piège : le signe de −CB→-\overrightarrow{\mathrm{CB}} ; on a CB→(0−10)\overrightarrow{\mathrm{CB}}\begin{pmatrix}0\\-1\\0\end{pmatrix}, donc −CB→(010)-\overrightarrow{\mathrm{CB}}\begin{pmatrix}0\\1\\0\end{pmatrix}.

Affirmation 2. Trois vecteurs forment une base de l'espace si et seulement s'ils ne sont pas coplanaires, c'est-à-dire si aucun ne s'écrit comme combinaison linéaire des deux autres. Or, par la relation de Chasles, AG→=AB→+BC→+CG→=AB→+AD→+AE→\overrightarrow{\mathrm{AG}}=\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\overrightarrow{\mathrm{BC}}+\overrightarrow{\mathrm{CG}}=\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\overrightarrow{\mathrm{AD}}+\overrightarrow{\mathrm{AE}} et AH→=AD→+DH→=AD→+AE→\overrightarrow{\mathrm{AH}}=\overrightarrow{\mathrm{AD}}+\overrightarrow{\mathrm{DH}}=\overrightarrow{\mathrm{AD}}+\overrightarrow{\mathrm{AE}}. Donc AG→=AB→+AH→\overrightarrow{\mathrm{AG}}=\overrightarrow{\mathrm{AB}}+\overrightarrow{\mathrm{AH}}.

Les trois vecteurs sont coplanaires (les points A, B, H et G sont dans le plan (ABGH), qui coupe le cube en diagonale) : ils ne forment pas une base. L'affirmation 2 est FAUSSE. En coordonnées : AB→(1 ;0 ;0)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(1\,;0\,;0), AH→(0 ;1 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AH}}(0\,;1\,;1), AG→(1 ;1 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AG}}(1\,;1\,;1), et (1 ;1 ;1)=(1 ;0 ;0)+(0 ;1 ;1)(1\,;1\,;1)=(1\,;0\,;0)+(0\,;1\,;1).

Piège : vérifier seulement que les vecteurs sont deux à deux non colinéaires, ce qui est vrai ici mais ne suffit pas. Dans l'espace, une base demande trois vecteurs NON COPLANAIRES.

Affirmation 3. Dans le repère orthonormé choisi : IB→(1200)\overrightarrow{\mathrm{IB}}\begin{pmatrix}\frac{1}{2}\\0\\0\end{pmatrix} et LM→(0−121−112−0)=(−12012)\overrightarrow{\mathrm{LM}}\begin{pmatrix}0-\frac{1}{2}\\1-1\\\frac{1}{2}-0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-\frac{1}{2}\\0\\\frac{1}{2}\end{pmatrix}. Produit scalaire en repère orthonormé : IB→⋅LM→=12×(−12)+0×0+0×12=−14\overrightarrow{\mathrm{IB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{LM}}=\dfrac{1}{2}\times\left(-\dfrac{1}{2}\right)+0\times 0+0\times\dfrac{1}{2}=-\dfrac{1}{4}. L'affirmation 3 est VRAIE.

Vérification sans coordonnées : LM→=LD→+DM→\overrightarrow{\mathrm{LM}}=\overrightarrow{\mathrm{LD}}+\overrightarrow{\mathrm{DM}}, avec LD→=12CD→=−12AB→\overrightarrow{\mathrm{LD}}=\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{CD}}=-\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AB}} et DM→\overrightarrow{\mathrm{DM}} orthogonal à AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}}. Donc IB→⋅LM→=12AB→⋅(−12AB→)+0=−14AB2=−14\overrightarrow{\mathrm{IB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{LM}}=\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\left(-\dfrac{1}{2}\overrightarrow{\mathrm{AB}}\right)+0=-\dfrac{1}{4}\mathrm{AB}^{2}=-\dfrac{1}{4}. Erreur fréquente : prendre ML→\overrightarrow{\mathrm{ML}} au lieu de LM→\overrightarrow{\mathrm{LM}}, ce qui change le signe.

Affirmation 4. Une droite est parallèle à un plan si et seulement si un vecteur directeur de la droite est orthogonal à un vecteur normal du plan. Vecteur normal de P\mathscr{P}, lu sur les coefficients de son équation : n⃗(2 ;−1 ;3)\vec{n}(2\,;-1\,;3). Vecteur directeur de (AB) : AB→(5−2 ;−3−0 ;7−(−1))=(3 ;−3 ;8)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(5-2\,;-3-0\,;7-(-1))=(3\,;-3\,;8).

n⃗⋅AB→=2×3+(−1)×(−3)+3×8=6+3+24=33≠0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=2\times 3+(-1)\times(-3)+3\times 8=6+3+24=33\neq 0. Les vecteurs ne sont pas orthogonaux : la droite (AB) n'est pas parallèle au plan P\mathscr{P}, elle le coupe en un point. L'affirmation 4 est FAUSSE.

Pour aller plus loin, le point d'intersection : un point de (AB) s'écrit (2+3t ;−3t ;−1+8t)(2+3t\,;-3t\,;-1+8t) ; il est dans P\mathscr{P} si 2(2+3t)+3t+3(−1+8t)+6=02(2+3t)+3t+3(-1+8t)+6=0, soit 33t+7=033t+7=0, t=−733t=-\dfrac{7}{33}. Piège : la condition de parallélisme d'une droite et d'un plan est n⃗⋅u⃗=0\vec{n}\cdot\vec{u}=0 (orthogonalité), pas la colinéarité de n⃗\vec{n} et u⃗\vec{u}, qui caractérise au contraire une droite ORTHOGONALE au plan.

Affirmation 5. Deux plans sont parallèles si et seulement s'ils ont des vecteurs normaux colinéaires. Le plan d'équation −2x+y−3z+34=0-2x+y-3z+34=0 a pour vecteur normal (−2 ;1 ;−3)=−n⃗(-2\,;1\,;-3)=-\vec{n}, colinéaire à n⃗\vec{n} : il est parallèle à P\mathscr{P}. Il passe par B : −2×5+(−3)−3×7+34=−10−3−21+34=0-2\times 5+(-3)-3\times 7+34=-10-3-21+34=0.

Il existe un seul plan parallèle à P\mathscr{P} passant par B ; c'est donc P′\mathscr{P}', et l'affirmation 5 est VRAIE. Méthode directe : P′\mathscr{P}' a une équation 2x−y+3z+d=02x-y+3z+d=0 ; B lui appartient si 10+3+21+d=010+3+21+d=0, soit d=−34d=-34 ; en multipliant 2x−y+3z−34=02x-y+3z-34=0 par −1-1, on obtient l'équation de l'énoncé. Piège : croire qu'une équation à coefficients opposés décrit un autre plan. Une équation cartésienne n'est définie qu'à un coefficient non nul près.

Affirmation 6. La distance d'un point A à un plan P\mathscr{P} est la distance AH\mathrm{AH}, où H est le projeté orthogonal de A sur P\mathscr{P}. H est le point d'intersection de P\mathscr{P} et de la droite Δ\Delta passant par A et dirigée par n⃗\vec{n}, de représentation paramétrique x=2+2tx=2+2t, y=−ty=-t, z=−1+3tz=-1+3t, t∈Rt\in\mathbb{R}.

On remplace dans l'équation de P\mathscr{P} : 2(2+2t)−(−t)+3(−1+3t)+6=02(2+2t)-(-t)+3(-1+3t)+6=0, soit 4+4t+t−3+9t+6=04+4t+t-3+9t+6=0, soit 14t+7=014t+7=0, t=−12t=-\dfrac{1}{2}. D'où H(1 ;12 ;−52)\mathrm{H}\left(1\,;\dfrac{1}{2}\,;-\dfrac{5}{2}\right) ; contrôle : 2−12−152+6=02-\dfrac{1}{2}-\dfrac{15}{2}+6=0, H est bien dans P\mathscr{P}.

AH→(−1 ;12 ;−32)\overrightarrow{\mathrm{AH}}\left(-1\,;\dfrac{1}{2}\,;-\dfrac{3}{2}\right), qui vaut −12n⃗-\dfrac{1}{2}\vec{n}, et AH=1+14+94=144=142≈1,87\mathrm{AH}=\sqrt{1+\dfrac{1}{4}+\dfrac{9}{4}}=\sqrt{\dfrac{14}{4}}=\dfrac{\sqrt{14}}{2}\approx 1{,}87. L'affirmation 6 est VRAIE. La formule ∣axA+byA+czA+d∣a2+b2+c2=∣4−0−3+6∣14=714=142\dfrac{|ax_{\mathrm{A}}+by_{\mathrm{A}}+cz_{\mathrm{A}}+d|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}+c^{2}}}=\dfrac{|4-0-3+6|}{\sqrt{14}}=\dfrac{7}{\sqrt{14}}=\dfrac{\sqrt{14}}{2} donne la même valeur, mais elle n'est pas au programme de Terminale : une copie qui l'utilise doit la démontrer, la méthode du projeté orthogonal est celle qu'on attend.

Affirmation 7. Deux droites de l'espace sont coplanaires si et seulement si elles sont parallèles ou sécantes. Vecteurs directeurs : AB→(3 ;−3 ;8)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(3\,;-3\,;8) et u⃗(2 ;0 ;−5)\vec{u}(2\,;0\,;-5), lu sur les coefficients de kk. La deuxième coordonnée de u⃗\vec{u} est nulle et pas celle de AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} : ils ne sont pas colinéaires, les droites ne sont pas parallèles.

Représentation paramétrique de (AB), avec un paramètre DIFFÉRENT de kk : x=2+3sx=2+3s, y=−3sy=-3s, z=−1+8sz=-1+8s, s∈Rs\in\mathbb{R}. Un point commun correspond à un couple (s ;k)(s\,;k) tel que 2+3s=−12+2k2+3s=-12+2k, −3s=6-3s=6 et −1+8s=3−5k-1+8s=3-5k. La deuxième équation donne s=−2s=-2 ; la première, −4=−12+2k-4=-12+2k, donne k=4k=4 ; la troisième se vérifie : −1+8×(−2)=−17-1+8\times(-2)=-17 et 3−5×4=−173-5\times 4=-17.

Le système a une solution : les droites (AB) et (d)(d) sont sécantes au point de coordonnées (−4 ;6 ;−17)(-4\,;6\,;-17), donc coplanaires. L'affirmation 7 est FAUSSE. Piège : conclure après deux équations seulement. Le couple (s ;k)(s\,;k) trouvé doit vérifier la TROISIÈME équation, c'est elle qui décide entre sécantes et non coplanaires ; et utiliser la même lettre pour les deux paramètres fausse tout le système.

Exercice 4 : Fonction exponentielle et sinus : convexité, point d'inflexion, intégration par parties et aire entre deux courbes

5 points Primitives et intégrationLa convexitéDérivation et trigonométrie

On désigne par ff la fonction définie sur l'intervalle [0 ;π][0\,;\pi] par f(x)=exsin⁡(x)f(x)=\mathrm{e}^{x}\sin(x).

On note Cf\mathscr{C}_{f} la courbe représentative de ff dans un repère.

  • Partie A
  • A.1.a. Démontrer que pour tout réel xx de l'intervalle [0 ;π][0\,;\pi], f′(x)=ex[sin⁡(x)+cos⁡(x)]f'(x)=\mathrm{e}^{x}[\sin(x)+\cos(x)].
  • A.1.b. Justifier que la fonction ff est strictement croissante sur l'intervalle [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right]
  • A.2.a. Déterminer une équation de la tangente TT à la courbe Cf\mathscr{C}_{f} au point d'abscisse 00.
  • A.2.b. Démontrer que la fonction ff est convexe sur l'intervalle [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right].
  • A.2.c. En déduire que pour tout réel xx de l'intervalle [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right], exsin⁡(x)⩾x\mathrm{e}^{x}\sin(x)\geqslant x.
  • A.3. Justifier que le point d'abscisse π2\dfrac{\pi}{2} de la courbe représentative de la fonction ff est un point d'inflexion.
  • Partie B
  • On note I=∫0π2exsin⁡(x) dxI=\displaystyle\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\mathrm{e}^{x}\sin(x)\,\mathrm{d}x et J=∫0π2excos⁡(x) dxJ=\displaystyle\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\mathrm{e}^{x}\cos(x)\,\mathrm{d}x.
  • B.1. En intégrant par parties l'intégrale II de deux manières différentes, établir les deux relations suivantes : I=1+JI=1+J et I=eπ2−JI=\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}-J.
  • B.2. En déduire que I=1+eπ22I=\dfrac{1+\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}}{2}.
  • 3. On note gg la fonction définie sur R\mathbb{R} par g(x)=xg(x)=x.
  • Les courbes représentatives des fonctions ff et gg sont tracées dans le repère orthogonal ci-dessous sur l'intervalle [0 ;π][0\,;\pi].
  • Repère orthogonal, abscisses de 0 à 3, ordonnées de 0 à 8 graduées de 2 en 2. En bleu, la courbe Cf part de l'origine, monte jusqu'à un maximum d'environ 7,5 vers x = 2,4, puis redescend jusqu'à 0 en x = π. En noir, la droite Cg d'équation y = x, qui recoupe Cf vers x = 3. Le domaine hachuré est compris entre Cf au-dessus et Cg au-dessous, de x = 0 à x = π/2, fermé à droite par un segment vertical qui va de Cg (ordonnée environ 1,6) à Cf (ordonnée environ 4,8).
  • B.3. Calculer la valeur exacte de l'aire du domaine hachuré situé entre les courbes Cf\mathscr{C}_{f} et Cg\mathscr{C}_{g} et les droites d'équation x=0x=0 et x=π2x=\dfrac{\pi}{2}.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/3

A.2.a
B.3
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Réponses

  • A.1.a f′(x)=exsin⁡(x)+excos⁡(x)=ex[sin⁡(x)+cos⁡(x)]f'(x)=\mathrm{e}^{x}\sin(x)+\mathrm{e}^{x}\cos(x)=\mathrm{e}^{x}[\sin(x)+\cos(x)] (dérivée d'un produit)
  • A.1.b Sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right], sin⁡(x)⩾0\sin(x)\geqslant 0, cos⁡(x)⩾0\cos(x)\geqslant 0, jamais nuls ensemble : f′(x)>0f'(x)>0
  • A.2.a T:y=xT : y=x
  • A.2.b f′′(x)=2excos⁡(x)⩾0f''(x)=2\mathrm{e}^{x}\cos(x)\geqslant 0 sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right], donc ff est convexe
  • A.2.c ff convexe : Cf\mathscr{C}_{f} est au-dessus de sa tangente y=xy=x, donc exsin⁡(x)⩾x\mathrm{e}^{x}\sin(x)\geqslant x
  • A.3 f′′f'' s'annule en π2\dfrac{\pi}{2} en changeant de signe : point d'inflexion (π2 ;eπ2)\left(\dfrac{\pi}{2}\,;\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}\right)
  • B.1 I=[−excos⁡(x)]0π2+J=1+JI=\left[-\mathrm{e}^{x}\cos(x)\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}+J=1+J et I=[exsin⁡(x)]0π2−J=eπ2−JI=\left[\mathrm{e}^{x}\sin(x)\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}-J=\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}-J
  • B.2 En ajoutant : 2I=1+eπ22I=1+\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}, donc I=1+eπ22≈2,905I=\dfrac{1+\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}}{2}\approx 2{,}905
  • B.3 A=1+eπ22−π28≈1,672\mathcal{A}=\dfrac{1+\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}}{2}-\dfrac{\pi^{2}}{8}\approx 1{,}672 unité d'aire

A.1.a. ff est le produit de deux fonctions dérivables sur [0 ;π][0\,;\pi], u(x)=exu(x)=\mathrm{e}^{x} et v(x)=sin⁡(x)v(x)=\sin(x), avec u′(x)=exu'(x)=\mathrm{e}^{x} et v′(x)=cos⁡(x)v'(x)=\cos(x). Par la formule de dérivation d'un produit, (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv' : f′(x)=exsin⁡(x)+excos⁡(x)=ex[sin⁡(x)+cos⁡(x)]f'(x)=\mathrm{e}^{x}\sin(x)+\mathrm{e}^{x}\cos(x)=\mathrm{e}^{x}[\sin(x)+\cos(x)], en factorisant par ex\mathrm{e}^{x}.

Erreur fréquente : dériver « facteur par facteur », f′(x)=excos⁡(x)f'(x)=\mathrm{e}^{x}\cos(x), ce qui oublie l'un des deux termes de la formule du produit.

A.1.b. On étudie le signe de f′(x)f'(x) sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right]. Pour tout réel xx, ex>0\mathrm{e}^{x}>0 : f′(x)f'(x) a le signe de sin⁡(x)+cos⁡(x)\sin(x)+\cos(x). Sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right], sin⁡(x)⩾0\sin(x)\geqslant 0 et cos⁡(x)⩾0\cos(x)\geqslant 0 (cercle trigonométrique, premier quart), et ils ne s'annulent jamais en même temps, puisque sin⁡2(x)+cos⁡2(x)=1\sin^{2}(x)+\cos^{2}(x)=1. Leur somme est donc strictement positive.

Ainsi f′(x)>0f'(x)>0 pour tout xx de [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right] : la fonction ff est strictement croissante sur cet intervalle. Le mot « strictement » exige f′(x)>0f'(x)>0 et non seulement f′(x)⩾0f'(x)\geqslant 0 ; c'est pour cela qu'il faut dire pourquoi la somme ne s'annule pas, aux bornes en particulier : sin⁡(0)+cos⁡(0)=1\sin(0)+\cos(0)=1 et sin⁡(π2)+cos⁡(π2)=1\sin\left(\frac{\pi}{2}\right)+\cos\left(\frac{\pi}{2}\right)=1.

A.2.a. Équation de la tangente au point d'abscisse aa : y=f′(a)(x−a)+f(a)y=f'(a)(x-a)+f(a). Avec a=0a=0 : f(0)=e0sin⁡(0)=0f(0)=\mathrm{e}^{0}\sin(0)=0 et f′(0)=e0(sin⁡(0)+cos⁡(0))=1×(0+1)=1f'(0)=\mathrm{e}^{0}(\sin(0)+\cos(0))=1\times(0+1)=1. Donc T:y=1×(x−0)+0T : y=1\times(x-0)+0, soit y=xy=x.

La tangente TT est la droite Cg\mathscr{C}_{g} tracée sur le graphique de la partie B : on voit en effet Cf\mathscr{C}_{f} et la droite partir de l'origine avec la même direction.

A.2.b. Une fonction deux fois dérivable est convexe sur un intervalle si et seulement si sa dérivée seconde y est positive. On dérive f′(x)=ex[sin⁡(x)+cos⁡(x)]f'(x)=\mathrm{e}^{x}[\sin(x)+\cos(x)], encore un produit, avec u(x)=exu(x)=\mathrm{e}^{x} et w(x)=sin⁡(x)+cos⁡(x)w(x)=\sin(x)+\cos(x), w′(x)=cos⁡(x)−sin⁡(x)w'(x)=\cos(x)-\sin(x) : f′′(x)=ex[sin⁡(x)+cos⁡(x)]+ex[cos⁡(x)−sin⁡(x)]=2excos⁡(x)f''(x)=\mathrm{e}^{x}[\sin(x)+\cos(x)]+\mathrm{e}^{x}[\cos(x)-\sin(x)]=2\mathrm{e}^{x}\cos(x).

Sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right], cos⁡(x)⩾0\cos(x)\geqslant 0 et 2ex>02\mathrm{e}^{x}>0, donc f′′(x)⩾0f''(x)\geqslant 0 : la fonction ff est convexe sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right]. Erreur fréquente : se tromper de signe en dérivant cos⁡\cos (cos⁡′=−sin⁡\cos'=-\sin) et trouver f′′(x)=2exsin⁡(x)f''(x)=2\mathrm{e}^{x}\sin(x), positif sur tout [0 ;π][0\,;\pi], ce qui ferait disparaître le point d'inflexion de la question 3.

A.2.c. Propriété des fonctions convexes : sur un intervalle où elle est convexe, la courbe d'une fonction est au-dessus de chacune de ses tangentes. Le point d'abscisse 00 appartient à [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right] et la tangente en ce point est T:y=xT : y=x (2.a). Donc, pour tout xx de [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right], f(x)⩾xf(x)\geqslant x, c'est-à-dire exsin⁡(x)⩾x\mathrm{e}^{x}\sin(x)\geqslant x.

« En déduire » impose d'utiliser la convexité : la rédaction attendue cite la position de la courbe par rapport à sa tangente. Étudier la différence exsin⁡(x)−x\mathrm{e}^{x}\sin(x)-x serait possible mais beaucoup plus long. Vérification sur un exemple : en x=π2x=\dfrac{\pi}{2}, eπ2≈4,81⩾π2≈1,57\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}\approx 4{,}81\geqslant\dfrac{\pi}{2}\approx 1{,}57.

A.3. Un point d'inflexion est un point où la courbe traverse sa tangente, c'est-à-dire, pour une fonction deux fois dérivable, un point où la dérivée seconde s'annule EN CHANGEANT DE SIGNE (la convexité change). Ici f′′(x)=2excos⁡(x)f''(x)=2\mathrm{e}^{x}\cos(x) a le signe de cos⁡(x)\cos(x) : cos⁡(x)>0\cos(x)>0 sur [0 ;π2[\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right[, cos⁡(π2)=0\cos\left(\dfrac{\pi}{2}\right)=0 et cos⁡(x)<0\cos(x)<0 sur ]π2 ;π]\left]\dfrac{\pi}{2}\,;\pi\right].

f′′f'' s'annule en π2\dfrac{\pi}{2} en changeant de signe : ff est convexe sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right] et concave sur [π2 ;π]\left[\dfrac{\pi}{2}\,;\pi\right]. Le point de Cf\mathscr{C}_{f} d'abscisse π2\dfrac{\pi}{2}, de coordonnées (π2 ;eπ2)≈(1,57 ;4,81)\left(\dfrac{\pi}{2}\,;\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}\right)\approx(1{,}57\,;4{,}81), est donc un point d'inflexion.

Piège : se contenter de f′′(π2)=0f''\left(\dfrac{\pi}{2}\right)=0. L'annulation seule ne suffit pas (la fonction x↦x4x\mapsto x^{4} a une dérivée seconde nulle en 00 sans point d'inflexion) ; c'est le CHANGEMENT DE SIGNE qui fait le point d'inflexion.

B.1. Formule d'intégration par parties : si uu et vv sont dérivables sur [a ;b][a\,;b] à dérivées continues, ∫abu(x)v′(x) dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu′(x)v(x) dx\displaystyle\int_{a}^{b}u(x)v'(x)\,\mathrm{d}x=\big[u(x)v(x)\big]_{a}^{b}-\int_{a}^{b}u'(x)v(x)\,\mathrm{d}x. Les fonctions choisies ci-dessous sont dérivables à dérivées continues sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right].

Première manière, on dérive l'exponentielle : u(x)=exu(x)=\mathrm{e}^{x}, v′(x)=sin⁡(x)v'(x)=\sin(x), d'où u′(x)=exu'(x)=\mathrm{e}^{x} et v(x)=−cos⁡(x)v(x)=-\cos(x). Alors I=[−excos⁡(x)]0π2−∫0π2ex×(−cos⁡(x)) dx=(−eπ2cos⁡(π2)+e0cos⁡(0))+J=(0+1)+JI=\big[-\mathrm{e}^{x}\cos(x)\big]_{0}^{\frac{\pi}{2}}-\displaystyle\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\mathrm{e}^{x}\times(-\cos(x))\,\mathrm{d}x=\left(-\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}\cos\left(\frac{\pi}{2}\right)+\mathrm{e}^{0}\cos(0)\right)+J=(0+1)+J. Donc I=1+JI=1+J.

Seconde manière, on dérive le sinus : u(x)=sin⁡(x)u(x)=\sin(x), v′(x)=exv'(x)=\mathrm{e}^{x}, d'où u′(x)=cos⁡(x)u'(x)=\cos(x) et v(x)=exv(x)=\mathrm{e}^{x}. Alors I=[exsin⁡(x)]0π2−∫0π2excos⁡(x) dx=(eπ2sin⁡(π2)−e0sin⁡(0))−J=eπ2−JI=\big[\mathrm{e}^{x}\sin(x)\big]_{0}^{\frac{\pi}{2}}-\displaystyle\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\mathrm{e}^{x}\cos(x)\,\mathrm{d}x=\left(\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}\sin\left(\frac{\pi}{2}\right)-\mathrm{e}^{0}\sin(0)\right)-J=\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}-J.

Les deux pièges : la primitive de sin⁡\sin, qui est −cos⁡-\cos et non cos⁡\cos ; et le double signe moins de la première manière, −∫ex(−cos⁡(x)) dx=+J-\displaystyle\int\mathrm{e}^{x}(-\cos(x))\,\mathrm{d}x=+J. Une erreur de signe sur l'une des deux relations donne un système faux, et la question 2 ne tombe plus sur le résultat annoncé : l'énoncé fournit ici sa propre vérification.

B.2. On ajoute membre à membre les deux relations : I+I=(1+J)+(eπ2−J)I+I=(1+J)+\left(\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}-J\right), soit 2I=1+eπ22I=1+\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}, et I=1+eπ22≈2,905I=\dfrac{1+\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}}{2}\approx 2{,}905. Au passage, J=I−1=eπ2−12≈1,905J=I-1=\dfrac{\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}-1}{2}\approx 1{,}905.

Vérification : II est l'intégrale d'une fonction positive sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right], comprise entre 00 et f(π2)=eπ2≈4,81f\left(\dfrac{\pi}{2}\right)=\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}\approx 4{,}81 (ff croissante) sur un intervalle de longueur π2≈1,57\dfrac{\pi}{2}\approx 1{,}57 ; donc 0⩽I⩽1,57×4,81≈7,60\leqslant I\leqslant 1{,}57\times 4{,}81\approx 7{,}6, et 2,9052{,}905 est cohérent. La calculatrice donne la même valeur pour l'intégrale.

B.3. Sur [0 ;π2]\left[0\,;\dfrac{\pi}{2}\right], d'après A.2.c, f(x)⩾x=g(x)f(x)\geqslant x=g(x) : la courbe Cf\mathscr{C}_{f} est au-dessus de Cg\mathscr{C}_{g}, ce que montre le graphique. L'aire du domaine compris entre deux courbes, la courbe du dessus étant celle de ff, est l'intégrale de la différence : A=∫0π2(f(x)−g(x)) dx\mathcal{A}=\displaystyle\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\big(f(x)-g(x)\big)\,\mathrm{d}x, en unités d'aire.

Par linéarité de l'intégrale, A=I−∫0π2x dx=I−[x22]0π2=1+eπ22−π28\mathcal{A}=I-\displaystyle\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}x\,\mathrm{d}x=I-\left[\dfrac{x^{2}}{2}\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}=\dfrac{1+\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}}{2}-\dfrac{\pi^{2}}{8}, puisque 12(π2)2=π28\dfrac{1}{2}\left(\dfrac{\pi}{2}\right)^{2}=\dfrac{\pi^{2}}{8}.

La valeur exacte est A=1+eπ22−π28\mathcal{A}=\dfrac{1+\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}}{2}-\dfrac{\pi^{2}}{8} unité d'aire, soit environ 2,905−1,234≈1,6722{,}905-1{,}234\approx 1{,}672 unité d'aire. Contrôle sur le graphique : le domaine hachuré tient dans un triangle de sommets l'origine, (π2 ;π2)\left(\frac{\pi}{2}\,;\frac{\pi}{2}\right) et (π2 ;eπ2)\left(\frac{\pi}{2}\,;\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}\right) (la courbe est convexe, donc sous sa corde), d'aire 12×π2×(eπ2−π2)≈2,54\dfrac{1}{2}\times\dfrac{\pi}{2}\times\left(\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}-\dfrac{\pi}{2}\right)\approx 2{,}54 ; 1,6721{,}672 est plausible.

Pièges : justifier la POSITION des courbes avant d'écrire f−gf-g (c'est l'usage attendu de A.2.c), et ne pas répondre II seule, qui est l'aire sous Cf\mathscr{C}_{f} jusqu'à l'axe des abscisses et compte en trop le triangle sous la droite. La valeur exacte est demandée : la valeur décimale ne vient qu'en complément. Le repère étant seulement orthogonal et ses unités non précisées, le résultat s'exprime en unités d'aire.

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