Exercice 1 : Probabilités : paniers à trois points au basket, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev
5 points Loi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
Au basket-ball, il est possible de marquer des paniers rapportant un point, deux points ou trois points.
Les parties A et B sont indépendantes.
- Partie A
- L'entraineur d'une équipe de basket décide d'étudier les statistiques de réussite des lancers de ses joueurs. Il constate qu'à l'entrainement, lorsque Victor tente un panier à trois points, il le réussit avec une probabilité de .
- Lors d'un entrainement, Victor effectue une série de lancers à trois points. On suppose que ces lancers sont indépendants.
- On note la variable aléatoire qui donne le nombre de paniers marqués.
- Les résultats des probabilités demandées seront, si nécessaire, arrondis au millième.
- A.1. On admet que la variable aléatoire suit une loi binomiale. Préciser ses paramètres.
- A.2. Calculer la probabilité que Victor réussisse exactement 4 paniers lors de cette série.
- A.3. Déterminer la probabilité que Victor réussisse au plus 6 paniers lors de cette série.
- A.4. Déterminer l'espérance de la variable aléatoire .
- 5. On note la variable aléatoire qui donne le nombre de points marqués après cette série de lancers.
- A.5.a. Exprimer en fonction de .
- A.5.b. En déduire l'espérance de la variable aléatoire . Donner une interprétation de cette valeur dans le contexte de l'exercice.
- A.5.c. Calculer .
- Partie B
- On note la variable aléatoire donnant le nombre de points marqués par Victor lors d'un match.
- On admet que l'espérance et la variance .
- Victor joue matchs, où est un nombre entier strictement positif.
- On note les variables aléatoires donnant le nombre de points marqués au cours des , , , -ième matchs. On admet que les variables aléatoires , , , sont indépendantes et suivent la même loi que celle de .
- On pose .
- 1. Dans cette question, on prend .
- B.1.a. Que représente la variable aléatoire ?
- B.1.b. Déterminer l'espérance et la variance de .
- B.1.c. Démontrer que .
- B.1.d. En déduire que la probabilité de l'évènement « » est strictement supérieure à .
- B.2. Indiquer, en justifiant, si l'affirmation suivante est vraie ou fausse :
« Il n'existe aucun entier naturel tel que ».
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Réponses
- A.1 suit la loi binomiale
- A.2
- A.3
- A.4
- A.5.a
- A.5.b : sur un grand nombre de séries de lancers, Victor marque en moyenne environ points par série
- A.5.c
- B.1.a est le nombre moyen de points marqués par Victor par match, sur ses matchs
- B.1.b ;
- B.1.c Bienaymé-Tchebychev avec :
- B.1.d
- B.2 Faux : pour ,
A.1. Méthode : on reconnaît un schéma de Bernoulli. Chaque lancer à trois points est une épreuve à deux issues, le succès « Victor marque le panier », de probabilité , et l'échec, de probabilité . Les lancers sont identiques et indépendants (hypothèse de l'énoncé), et compte le nombre de succès.
Donc suit la loi binomiale de paramètres et , notée . La rédaction attendue cite les trois éléments : épreuves de Bernoulli identiques, indépendance, compte les succès ; ici l'énoncé admet la loi, il reste à donner les paramètres.
Erreur fréquente : confondre le nombre de paniers et le nombre de points. Le paramètre est une probabilité, ; le « trois » de « trois points » n'intervient pas dans la loi de , il n'apparaîtra qu'avec à la question 5.
A.2. Formule de la loi binomiale : pour tout entier entre et , . Pour : .
Avec , on obtient , soit au millième. À la calculatrice, c'est la fonction de densité binomiale (binomFdp, ou Binomial PD), avec , et .
Le coefficient binomial compte les chemins de l'arbre qui contiennent exactement succès parmi lancers : façons de choisir les rangs des paniers réussis. L'oublier donne , la probabilité d'UNE seule de ces séries, résultat absurde pour un événement aussi banal.
A.3. « Au plus 6 paniers » signifie , c'est-à-dire . On utilise la fonction de répartition binomiale de la calculatrice (binomFRép, ou Binomial CD) : , soit au millième.
Vérification d'ordre de grandeur : l'espérance de vaut (question suivante), donc la valeur est un peu au-dessus de la moyenne ; il est cohérent qu'environ quatre séries sur cinq comptent au plus paniers.
Erreur fréquente : lire « au plus 6 » comme « moins de 6 » et calculer . La borne est incluse.
A.4. Pour une variable de loi binomiale , l'espérance vaut . Donc . Sur un grand nombre de séries de lancers, Victor réussit en moyenne paniers à trois points par série.
A.5.a. Chaque panier réussi rapporte points et chaque lancer manqué n'en rapporte aucun. Après la série, le nombre de points marqués est donc .
A.5.b. Par linéarité de l'espérance, .
Interprétation : si Victor répète un grand nombre de fois cette série de lancers à trois points, il marque en moyenne environ points par série. ne prend que des valeurs multiples de (, , , ...), donc n'est jamais le score d'une série précise : c'est une valeur MOYENNE sur un grand nombre de séries, et c'est ce que l'interprétation doit dire.
A.5.c. On se ramène à : , en divisant par , ce qui conserve le sens des inégalités.
Donc , soit environ, et au millième. Vérification par la somme directe : .
Le piège est la soustraction : vaut et non , qui enlèverait la valeur , pourtant incluse. Autre conseil : arrondir seulement à la fin, en gardant les valeurs de la calculatrice dans la soustraction.
B.1.a. est la somme des points marqués lors des matchs divisée par le nombre de matchs : c'est le nombre MOYEN de points marqués par Victor par match sur ces matchs (la moyenne de l'échantillon de taille ).
B.1.b. Espérance, par linéarité, sans hypothèse : .
Variance : , car . Les étant INDÉPENDANTES, la variance de la somme est la somme des variances, . Donc .
Erreur fréquente : sortir sans le carré et trouver , ou ne pas citer l'indépendance, seule justification de l'addition des variances. La moyenne a la même espérance que et une variance divisée par : elle fluctue beaucoup moins qu'un match isolé.
B.1.c. Inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à , d'espérance et de variance : pour tout réel , .
Avec : , ce qu'il fallait démontrer. (.)
Le correcteur attend les hypothèses de l'inégalité : la variable à laquelle on l'applique, son espérance, sa variance et la valeur de . Écrire directement « » sans nommer l'inégalité ne rapporte rien.
B.1.d. L'événement « » s'écrit , c'est-à-dire : c'est l'événement CONTRAIRE de . Donc , le passage au contraire renversant le sens de l'inégalité.
Or et . Donc : la probabilité est strictement supérieure à . Le « strictement » vient de la comparaison , pas de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, qui est large.
B.2. L'affirmation est FAUSSE : il suffit d'exhiber un entier qui convient. Pour tout , comme à la question 1.b, et . L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev avec donne .
Cette majoration est strictement inférieure à dès que , soit , soit , donc dès que . Par exemple, pour : . Il existe donc un entier naturel (et même une infinité) tel que .
Vérification au bord : pour , la majoration vaut , qui dépasse ; l'inégalité ne permet pas de conclure pour , ce qui ne dit rien de la vraie probabilité. C'est la loi des grands nombres en acte : en jouant assez de matchs, la moyenne par match s'écarte de de points ou plus avec une probabilité aussi petite qu'on veut.
Piège : chercher le plus petit exact, que l'énoncé ne demande pas et qu'on ne connaît pas sans la loi de . Un seul valable suffit à réfuter « il n'existe aucun ».
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