Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité maths, Amérique du Nord jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2025 : Amérique du Nord, jour 1

Épreuve du mercredi 21 mai 2025 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2025, centre Amérique du Nord, jour 1 : mercredi 21 mai 2025, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants notés sur 20 points, 6, 5, 4 et 5 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, figures comprises, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 porte sur les probabilités conditionnelles (arbre pondéré à trois branches, formule des probabilités totales, inversion du conditionnement), puis sur la loi binomiale, un seuil « au moins un » résolu par le logarithme et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à une fréquence. L'exercice 2 étudie une suite homographique un+1=2un+1un+2u_{n+1}=\dfrac{2u_{n}+1}{u_{n}+2} grâce à une suite auxiliaire, avec un raisonnement par récurrence, le théorème de comparaison et un algorithme de seuil en Python. L'exercice 3 est un vrai ou faux de géométrie dans l'espace : droites non coplanaires, plan orthogonal à une droite, angle par le produit scalaire et projeté orthogonal sur un plan. L'exercice 4 associe une fonction et sa dérivée sur un graphique, résout l'équation différentielle y+y′=(2x+3)e−xy+y'=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}, cherche les solutions à deux points d'inflexion, puis étudie une fonction (croissances comparées, variations, aire par une primitive).

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : le changement de sens de l'inégalité quand on divise par ln⁡(0,855)<0\ln(0{,}855)<0 à l'exercice 1, qui donne n=30n=30 ; l'hérédité de la récurrence de l'exercice 2, où il faut encore comparer 9k−49k-4 à 3k+23k+2 ; et le discriminant STRICTEMENT positif de la question B.5 de l'exercice 4, une racine double de la dérivée seconde ne donnant aucun point d'inflexion.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : connexions à trois serveurs, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev

6 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration

Pour accéder au réseau privé d'une entreprise depuis l'extérieur, les connexions des employés transitent aléatoirement via trois serveurs distants différents, notés A, B et C. Ces serveurs ont des caractéristiques techniques différentes et les connexions se répartissent de la manière suivante :
• 25 %25\,\% des connexions transitent via le serveur A ;
• 15 %15\,\% des connexions transitent via le serveur B ;
• le reste des connexions s'effectue via le serveur C.

Les connexions à distance sont parfois instables et, lors du fonctionnement normal des serveurs, les utilisateurs peuvent subir des déconnexions pour différentes raisons (saturation des serveurs, débit internet insuffisant, attaques malveillantes, mises à jour de logiciels, etc.).

On dira qu'une connexion est stable si l'utilisateur ne subit pas de déconnexion après son identification aux serveurs. L'équipe de maintenance informatique a observé statistiquement que, dans le cadre d'un fonctionnement habituel des serveurs :
• 90 %90\,\% des connexions via le serveur A sont stables ;
• 80 %80\,\% des connexions via le serveur B sont stables ;
• 85 %85\,\% des connexions via le serveur C sont stables.

Les parties A et B sont indépendantes l'une de l'autre et peuvent être traitées séparément.

  • Partie A
  • On s'intéresse au hasard à l'état d'une connexion effectuée par un employé de l'entreprise. On considère les évènements suivants :
    • AA : « La connexion s'est effectuée via le serveur A » ;
    • BB : « La connexion s'est effectuée via le serveur B » ;
    • CC : « La connexion s'est effectuée via le serveur C » ;
    • SS : « La connexion est stable ».
  • On note S‾\overline{S} l'évènement contraire de l'évènement SS.
  • A.1. Recopier et compléter l'arbre pondéré ci-dessous modélisant la situation de l'énoncé.
  • Arbre pondéré à compléter. La racine mène à trois nœuds A, B et C ; chacun mène à S et à S barre. Les neuf branches portent des pointillés : trois au premier niveau, six au second.
  • A.2. Démontrer que la probabilité que la connexion soit stable et passe par le serveur B est égale à 0,120{,}12.
  • A.3. Calculer la probabilité P(C∩S‾)P\left(C\cap\overline{S}\right) et interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
  • A.4. Démontrer que la probabilité de l'évènement SS est P(S)=0,855P(S)=0{,}855.
  • A.5. On suppose désormais que la connexion est stable. Calculer la probabilité que la connexion ait eu lieu depuis le serveur B. On donnera la valeur arrondie au millième.
  • Partie B
  • D'après la partie A, la probabilité qu'une connexion soit instable est égale à 0,1450{,}145.
  • 1. Dans le but de détecter les dysfonctionnements de serveurs, on étudie un échantillon de 50 connexions au réseau, ces connexions étant choisies au hasard. On suppose que le nombre de connexions est suffisamment important pour que ce choix puisse être assimilé à un tirage avec remise.
  • On désigne par XX la variable aléatoire égale au nombre de connexions instables au réseau de l'entreprise, dans cet échantillon de 50 connexions.
  • B.1.a. On admet que la variable aléatoire XX suit une loi binomiale. Préciser ses paramètres.
  • B.1.b. Donner la probabilité qu'au plus huit connexions soient instables. On donnera la valeur arrondie au millième.
  • 2. Dans cette question, on constitue désormais un échantillon de nn connexions, toujours dans les mêmes conditions, où nn désigne un entier naturel strictement positif. On note XnX_{n} la variable aléatoire égale aux nombres de connexions instables et on admet que XnX_{n} suit une loi binomiale de paramètres nn et 0,1450{,}145.
  • B.2.a. Donner l'expression en fonction de nn de la probabilité pnp_{n} qu'au moins une connexion de cet échantillon soit instable.
  • B.2.b. Déterminer, en justifiant, la plus petite valeur de l'entier naturel nn telle que la probabilité pnp_{n} est supérieure ou égale à 0,990{,}99.
  • 3. On s'intéresse à la variable aléatoire FnF_{n} égale à la fréquence de connexions instables dans un échantillon de nn connexions, où nn désigne un entier naturel strictement positif.
  • On a donc Fn=XnnF_{n}=\dfrac{X_{n}}{n}, où XnX_{n} est la variable aléatoire définie à la question 2.
  • B.3.a. Calculer l'espérance E(Fn)E\left(F_{n}\right).
  • On admet que V(Fn)=0,123975nV\left(F_{n}\right)=\dfrac{0{,}123975}{n}.
  • B.3.b. Vérifier que : P(∣Fn−0,145∣⩾0,1)⩽12,5nP\left(\left|F_{n}-0{,}145\right|\geqslant 0{,}1\right)\leqslant\dfrac{12{,}5}{n}
  • B.3.c. Un responsable de l'entreprise étudie un échantillon de 1 0001\,000 connexions et constate que pour cet échantillon F1000=0,3F_{1000}=0{,}3. Il soupçonne un dysfonctionnement des serveurs. A-t-il raison ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/14

A.1
A.3
A.5
B.1.a
B.1.b
B.2.b
B.3.a
B.3.c
Voir la correction

Réponses

  • A.1 P(A)=0,25P(A)=0{,}25, P(B)=0,15P(B)=0{,}15, P(C)=0,6P(C)=0{,}6 ; PA(S)=0,9P_{A}(S)=0{,}9, PA(S‾)=0,1P_{A}(\overline{S})=0{,}1 ; PB(S)=0,8P_{B}(S)=0{,}8, PB(S‾)=0,2P_{B}(\overline{S})=0{,}2 ; PC(S)=0,85P_{C}(S)=0{,}85, PC(S‾)=0,15P_{C}(\overline{S})=0{,}15
  • A.2 P(B∩S)=0,15×0,8=0,12P(B\cap S)=0{,}15\times 0{,}8=0{,}12
  • A.3 P(C∩S‾)=0,6×0,15=0,09P(C\cap\overline{S})=0{,}6\times 0{,}15=0{,}09 : 9 %9\,\% des connexions passent par C et sont instables
  • A.4 P(S)=0,225+0,12+0,51=0,855P(S)=0{,}225+0{,}12+0{,}51=0{,}855 (probabilités totales)
  • A.5 PS(B)=0,120,855≈0,140P_{S}(B)=\dfrac{0{,}12}{0{,}855}\approx 0{,}140
  • B.1.a XX suit la loi binomiale B(50 ;0,145)\mathcal{B}(50\,;0{,}145)
  • B.1.b P(X⩽8)≈0,704P(X\leqslant 8)\approx 0{,}704
  • B.2.a pn=1−0,855np_{n}=1-0{,}855^{n}
  • B.2.b n=30n=30 (0,855n⩽0,01  ⟺  n⩾ln⁡0,01ln⁡0,855≈29,40{,}855^{n}\leqslant 0{,}01\iff n\geqslant\dfrac{\ln 0{,}01}{\ln 0{,}855}\approx 29{,}4)
  • B.3.a E(Fn)=n×0,145n=0,145E(F_{n})=\dfrac{n\times 0{,}145}{n}=0{,}145
  • B.3.b Bienaymé-Tchebychev : P(∣Fn−0,145∣⩾0,1)⩽0,1239750,01 n=12,3975n⩽12,5nP\left(\left|F_{n}-0{,}145\right|\geqslant 0{,}1\right)\leqslant\dfrac{0{,}123975}{0{,}01\,n}=\dfrac{12{,}3975}{n}\leqslant\dfrac{12{,}5}{n}
  • B.3.c Oui : un écart d'au moins 0,10{,}1 a une probabilité au plus 0,01250{,}0125 en fonctionnement normal, or ∣0,3−0,145∣=0,155|0{,}3-0{,}145|=0{,}155

A.1. Le premier niveau de l'arbre porte le serveur. L'énoncé donne P(A)=0,25P(A)=0{,}25 et P(B)=0,15P(B)=0{,}15 ; « le reste des connexions s'effectue via le serveur C », et comme AA, BB, CC forment une partition de l'univers (une connexion passe par un et un seul serveur), P(C)=1−0,25−0,15=0,6P(C)=1-0{,}25-0{,}15=0{,}6.

Le second niveau porte des probabilités CONDITIONNELLES : « 90 %90\,\% des connexions via le serveur A sont stables » se lit dans la population des connexions via A, donc PA(S)=0,9P_{A}(S)=0{,}9 et PA(S‾)=1−0,9=0,1P_{A}(\overline{S})=1-0{,}9=0{,}1. De même PB(S)=0,8P_{B}(S)=0{,}8, PB(S‾)=0,2P_{B}(\overline{S})=0{,}2, PC(S)=0,85P_{C}(S)=0{,}85 et PC(S‾)=0,15P_{C}(\overline{S})=0{,}15.

Contrôle : les branches issues d'un même nœud ont pour somme 11 (0,25+0,15+0,6=10{,}25+0{,}15+0{,}6=1, et 0,9+0,10{,}9+0{,}1, 0,8+0,20{,}8+0{,}2, 0,85+0,150{,}85+0{,}15). L'arbre complété, avec la probabilité de chaque chemin en bout de branche, figure en fin de corrigé. Erreur fréquente : écrire 0,850{,}85 pour P(S)P(S) au lieu de PC(S)P_{C}(S) ; les trois pourcentages de stabilité sont tous conditionnés par un serveur.

A.2. « La connexion est stable et passe par le serveur B » est l'intersection B∩SB\cap S. Formule des probabilités composées, lue sur le chemin BB puis SS : P(B∩S)=P(B)×PB(S)=0,15×0,8=0,12P(B\cap S)=P(B)\times P_{B}(S)=0{,}15\times 0{,}8=0{,}12. C'est la valeur annoncée.

Piège : répondre 0,80{,}8, qui est la probabilité d'être stable SACHANT que la connexion passe par B, pas celle de « B et stable ».

A.3. Même formule, sur le chemin CC puis S‾\overline{S} : P(C∩S‾)=P(C)×PC(S‾)=0,6×0,15=0,09P\left(C\cap\overline{S}\right)=P(C)\times P_{C}\left(\overline{S}\right)=0{,}6\times 0{,}15=0{,}09.

Interprétation : 9 %9\,\% des connexions passent par le serveur C ET sont instables. L'interprétation porte sur l'ensemble de TOUTES les connexions ; dire « 9 %9\,\% des connexions via C sont instables » serait faux, ce taux-là vaut 15 %15\,\%.

A.4. Formule des probabilités totales, avec la partition {A ;B ;C}\{A\,;B\,;C\} : P(S)=P(A∩S)+P(B∩S)+P(C∩S)P(S)=P(A\cap S)+P(B\cap S)+P(C\cap S).

Or P(A∩S)=0,25×0,9=0,225P(A\cap S)=0{,}25\times 0{,}9=0{,}225, P(B∩S)=0,12P(B\cap S)=0{,}12 (question A.2) et P(C∩S)=0,6×0,85=0,51P(C\cap S)=0{,}6\times 0{,}85=0{,}51. Donc P(S)=0,225+0,12+0,51=0,855P(S)=0{,}225+0{,}12+0{,}51=0{,}855.

Vérification par l'évènement contraire : P(S‾)=0,25×0,1+0,15×0,2+0,6×0,15=0,025+0,03+0,09=0,145P\left(\overline{S}\right)=0{,}25\times 0{,}1+0{,}15\times 0{,}2+0{,}6\times 0{,}15=0{,}025+0{,}03+0{,}09=0{,}145, et 0,855+0,145=10{,}855+0{,}145=1. Pour « démontrer », il faut citer la partition : c'est elle qui autorise l'addition.

A.5. On sait que la connexion est stable : on cherche PS(B)P_{S}(B), une probabilité conditionnée par SS alors que l'arbre est construit dans l'autre sens. On revient à la définition (démarche de la formule de Bayes) : PS(B)=P(B∩S)P(S)=0,120,855≈0,140 35P_{S}(B)=\dfrac{P(B\cap S)}{P(S)}=\dfrac{0{,}12}{0{,}855}\approx 0{,}140\,35, soit 0,1400{,}140 arrondi au millième.

Interprétation : parmi les connexions stables, environ 14 %14\,\% passent par le serveur B. C'est un peu moins que la part de B dans l'ensemble des connexions (15 %15\,\%), ce qui est cohérent : B est le serveur le moins stable des trois (80 %80\,\% seulement).

Piège : confondre PS(B)P_{S}(B) avec PB(S)=0,8P_{B}(S)=0{,}8, ou diviser par P(B)P(B). Le dénominateur est toujours la probabilité de l'évènement que l'on SAIT réalisé, ici SS. Écrire 0,1400{,}140 et non 0,140{,}14 quand le millième est demandé.

B.1.a. On répète 5050 fois, de façon indépendante (tirage assimilé à un tirage avec remise), la même épreuve de Bernoulli : « la connexion est instable », succès de probabilité p=0,145p=0{,}145. La variable XX compte les succès, donc XX suit la loi binomiale de paramètres n=50n=50 et p=0,145p=0{,}145, notée B(50 ;0,145)\mathcal{B}(50\,;0{,}145).

Piège : prendre p=0,855p=0{,}855. Le succès est l'évènement que XX compte, ici l'INSTABILITÉ.

B.1.b. « Au plus huit connexions instables » se traduit par X⩽8X\leqslant 8. À la calculatrice, avec la fonction de répartition de la loi binomiale (binomFRép, ou binomcdf, avec n=50n=50, p=0,145p=0{,}145 et la valeur 88) : P(X⩽8)=∑k=08(50k)0,145k 0,85550−k≈0,704P(X\leqslant 8)=\displaystyle\sum_{k=0}^{8}\binom{50}{k}0{,}145^{k}\,0{,}855^{50-k}\approx 0{,}704.

Ordre de grandeur : E(X)=50×0,145=7,25E(X)=50\times 0{,}145=7{,}25, donc « au plus 8 » englobe un peu plus que la moyenne, et une probabilité d'environ 0,70{,}7 est plausible. Piège : utiliser la fonction de probabilité (binomFdp) qui donne P(X=8)P(X=8) seul, environ 0,1460{,}146.

B.2.a. L'évènement « au moins une connexion instable » est le contraire de « aucune connexion instable », c'est-à-dire de Xn=0X_{n}=0. Or P(Xn=0)=(n0)0,1450 0,855n=0,855nP(X_{n}=0)=\binom{n}{0}0{,}145^{0}\,0{,}855^{n}=0{,}855^{n}. Donc pn=P(Xn⩾1)=1−P(Xn=0)=1−0,855np_{n}=P(X_{n}\geqslant 1)=1-P(X_{n}=0)=1-0{,}855^{n}.

Piège : additionner P(Xn=1)+P(Xn=2)+⋯P(X_{n}=1)+P(X_{n}=2)+\cdots, ce qui ne donne aucune expression utilisable ; « au moins un » appelle toujours l'évènement contraire.

B.2.b. On résout l'inéquation pn⩾0,99p_{n}\geqslant 0{,}99 : 1−0,855n⩾0,99  ⟺  0,855n⩽0,011-0{,}855^{n}\geqslant 0{,}99\iff 0{,}855^{n}\leqslant 0{,}01.

La fonction ln⁡\ln est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, elle conserve donc l'ordre : 0,855n⩽0,01  ⟺  nln⁡(0,855)⩽ln⁡(0,01)0{,}855^{n}\leqslant 0{,}01\iff n\ln(0{,}855)\leqslant\ln(0{,}01). Comme ln⁡(0,855)<0\ln(0{,}855)<0 (car 0,855<10{,}855<1), diviser par ce nombre RENVERSE l'inégalité : n⩾ln⁡(0,01)ln⁡(0,855)≈29,4n\geqslant\dfrac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}855)}\approx 29{,}4.

Le plus petit entier qui convient est n=30n=30. Vérification : p29=1−0,85529≈0,989 4<0,99p_{29}=1-0{,}855^{29}\approx 0{,}989\,4<0{,}99 et p30=1−0,85530≈0,990 9⩾0,99p_{30}=1-0{,}855^{30}\approx 0{,}990\,9\geqslant 0{,}99. Il faut donc examiner au moins 3030 connexions pour que la probabilité d'en rencontrer au moins une instable atteigne 0,990{,}99.

Piège : oublier de renverser l'inégalité, ce qui donnerait n⩽29,4n\leqslant 29{,}4, une réponse absurde (plus l'échantillon est grand, plus on a de chances de voir une connexion instable).

B.3.a. Par linéarité de l'espérance, avec E(Xn)=npE(X_{n})=np pour une loi binomiale : E(Fn)=E(Xnn)=1nE(Xn)=1n×n×0,145=0,145E(F_{n})=E\left(\dfrac{X_{n}}{n}\right)=\dfrac{1}{n}E(X_{n})=\dfrac{1}{n}\times n\times 0{,}145=0{,}145.

La fréquence observée a pour espérance la probabilité d'instabilité, quelle que soit la taille de l'échantillon. Vérification de la variance admise : V(Fn)=1n2V(Xn)=n×0,145×0,855n2=0,123975nV(F_{n})=\dfrac{1}{n^{2}}V(X_{n})=\dfrac{n\times 0{,}145\times 0{,}855}{n^{2}}=\dfrac{0{,}123975}{n}, c'est bien la valeur de l'énoncé.

B.3.b. Inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à FnF_{n}, d'espérance 0,1450{,}145 et de variance 0,123975n\dfrac{0{,}123975}{n}, avec δ=0,1>0\delta=0{,}1>0 : P(∣Fn−0,145∣⩾0,1)⩽V(Fn)0,12=0,1239750,01 n=12,3975nP\left(\left|F_{n}-0{,}145\right|\geqslant 0{,}1\right)\leqslant\dfrac{V(F_{n})}{0{,}1^{2}}=\dfrac{0{,}123975}{0{,}01\,n}=\dfrac{12{,}3975}{n}.

Comme 12,3975⩽12,512{,}3975\leqslant 12{,}5 et n>0n>0, on a 12,3975n⩽12,5n\dfrac{12{,}3975}{n}\leqslant\dfrac{12{,}5}{n}, d'où l'inégalité demandée : P(∣Fn−0,145∣⩾0,1)⩽12,5nP\left(\left|F_{n}-0{,}145\right|\geqslant 0{,}1\right)\leqslant\dfrac{12{,}5}{n}.

Piège : diviser par δ=0,1\delta=0{,}1 au lieu de δ2=0,01\delta^{2}=0{,}01. Et ne pas s'arrêter à 12,3975n\dfrac{12{,}3975}{n} : l'énoncé annonce 12,512{,}5, il faut écrire la dernière majoration.

B.3.c. Pour n=1 000n=1\,000, la question B.3.b donne, en fonctionnement normal des serveurs : P(∣F1000−0,145∣⩾0,1)⩽12,51 000=0,0125P\left(\left|F_{1000}-0{,}145\right|\geqslant 0{,}1\right)\leqslant\dfrac{12{,}5}{1\,000}=0{,}0125.

La fréquence observée vaut 0,30{,}3, et ∣0,3−0,145∣=0,155⩾0,1\left|0{,}3-0{,}145\right|=0{,}155\geqslant 0{,}1 : l'échantillon réalise justement l'évènement dont la probabilité est au plus 1,25 %1{,}25\,\%. Un tel écart est donc très improbable si les serveurs fonctionnent normalement.

Conclusion : oui, le responsable a raison de soupçonner un dysfonctionnement. Ce n'est pas une certitude, un évènement rare peut se produire, mais l'observation est peu compatible avec la probabilité d'instabilité de 0,1450{,}145 (elle est même plus du double). Piège : conclure sans avoir comparé l'écart 0,1550{,}155 au seuil 0,10{,}1 de l'inégalité, qui est ce qui rend celle-ci applicable.

A0,25S0,90,225non S0,10,025B0,15S0,80,12non S0,20,03C0,6S0,850,51non S0,150,09

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Suites : suite homographique, suite auxiliaire, récurrence et algorithme de seuil en Python

5 points Suites et récurrenceLimites et continuitéPython et méthodes numériques

On considère la suite numérique (un)\left(u_{n}\right) définie par son premier terme u0=2u_{0}=2 et pour tout entier naturel nn, par : un+1=2un+1un+2u_{n+1}=\dfrac{2u_{n}+1}{u_{n}+2}

On admet que la suite (un)\left(u_{n}\right) est bien définie.

  • 1. Calculer le terme u1u_{1}.
  • 2. On définit la suite (an)\left(a_{n}\right) pour tout entier naturel nn, par : an=unun−1a_{n}=\dfrac{u_{n}}{u_{n}-1}
  • On admet que la suite (an)\left(a_{n}\right) est bien définie.
  • 2.a. Calculer a0a_{0} et a1a_{1}.
  • 2.b. Démontrer que, pour tout entier naturel nn, an+1=3an−1a_{n+1}=3a_{n}-1.
  • 2.c. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn supérieur ou égal à 11, an⩾3n−1a_{n}\geqslant 3n-1
  • 2.d. En déduire la limite de la suite (an)\left(a_{n}\right).
  • 3. On souhaite étudier la limite de la suite (un)\left(u_{n}\right).
  • 3.a. Démontrer que pour tout entier naturel nn, un=anan−1u_{n}=\dfrac{a_{n}}{a_{n}-1}.
  • 3.b. En déduire la limite de la suite (un)\left(u_{n}\right).
  • 4. On admet que la suite (un)\left(u_{n}\right) est décroissante.
  • On considère le programme suivant écrit en langage Python :
  • Programme Python de sept lignes numérotées. Ligne 1 : def algo(p):. Ligne 2 : u=2. Ligne 3 : n=0. Ligne 4 : while u-1>p:. Ligne 5 : u=(2*u+1)/(u+2). Ligne 6 : n=n+1. Ligne 7 : return (n,u). Les lignes 5 et 6 sont indentées dans la boucle while.
  • 4.a. Interpréter les valeurs n et u renvoyées par l'appel de la fonction algo(p) dans le contexte de l'exercice.
  • 4.b. Donner, sans justifier, la valeur de nn pour p=0,001p=0{,}001.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

1
2.a
2.d
3.b
4.b
Voir la correction

Réponses

  • 1 u1=54=1,25u_{1}=\dfrac{5}{4}=1{,}25
  • 2.a a0=2a_{0}=2 ; a1=5a_{1}=5
  • 2.b un+1−1=un−1un+2u_{n+1}-1=\dfrac{u_{n}-1}{u_{n}+2}, donc an+1=2un+1un−1=3an−1a_{n+1}=\dfrac{2u_{n}+1}{u_{n}-1}=3a_{n}-1
  • 2.c Initialisation a1=5⩾2a_{1}=5\geqslant 2 ; hérédité : ak+1⩾9k−4⩾3k+2a_{k+1}\geqslant 9k-4\geqslant 3k+2 car k⩾1k\geqslant 1
  • 2.d lim⁡n→+∞an=+∞\lim\limits_{n\to+\infty}a_{n}=+\infty (théorème de comparaison)
  • 3.a an(un−1)=un  ⟺  un(an−1)=ana_{n}(u_{n}-1)=u_{n}\iff u_{n}(a_{n}-1)=a_{n}, avec an≠1a_{n}\neq 1
  • 3.b lim⁡n→+∞un=1\lim\limits_{n\to+\infty}u_{n}=1
  • 4.a n est le premier rang tel que un−1⩽pu_{n}-1\leqslant p, et u la valeur unu_{n} correspondante
  • 4.b n=6n=6

1. On applique la relation de récurrence avec n=0n=0 : u1=2u0+1u0+2=2×2+12+2=54=1,25u_{1}=\dfrac{2u_{0}+1}{u_{0}+2}=\dfrac{2\times 2+1}{2+2}=\dfrac{5}{4}=1{,}25.

2.a. Par définition : a0=u0u0−1=22−1=2a_{0}=\dfrac{u_{0}}{u_{0}-1}=\dfrac{2}{2-1}=2 et a1=u1u1−1=1,250,25=5a_{1}=\dfrac{u_{1}}{u_{1}-1}=\dfrac{1{,}25}{0{,}25}=5.

On peut garder les fractions : a1=5/41/4=5a_{1}=\dfrac{5/4}{1/4}=5. Ces deux valeurs servent de contrôle à la question suivante : 3a0−1=3×2−1=5=a13a_{0}-1=3\times 2-1=5=a_{1}.

2.b. Méthode : exprimer an+1a_{n+1} en fonction de unu_{n}, puis comparer à 3an−13a_{n}-1 écrit aussi en fonction de unu_{n}.

Calcul du dénominateur de an+1a_{n+1} : un+1−1=2un+1un+2−un+2un+2=2un+1−un−2un+2=un−1un+2u_{n+1}-1=\dfrac{2u_{n}+1}{u_{n}+2}-\dfrac{u_{n}+2}{u_{n}+2}=\dfrac{2u_{n}+1-u_{n}-2}{u_{n}+2}=\dfrac{u_{n}-1}{u_{n}+2}.

Donc an+1=un+1un+1−1=2un+1un+2×un+2un−1=2un+1un−1a_{n+1}=\dfrac{u_{n+1}}{u_{n+1}-1}=\dfrac{2u_{n}+1}{u_{n}+2}\times\dfrac{u_{n}+2}{u_{n}-1}=\dfrac{2u_{n}+1}{u_{n}-1}, en simplifiant par un+2u_{n}+2 (non nul puisque la suite est bien définie).

D'autre part, 3an−1=3unun−1−un−1un−1=3un−un+1un−1=2un+1un−13a_{n}-1=\dfrac{3u_{n}}{u_{n}-1}-\dfrac{u_{n}-1}{u_{n}-1}=\dfrac{3u_{n}-u_{n}+1}{u_{n}-1}=\dfrac{2u_{n}+1}{u_{n}-1}. Les deux expressions sont égales : pour tout entier naturel nn, an+1=3an−1a_{n+1}=3a_{n}-1.

Erreur fréquente : écrire an+1=un+1un−1a_{n+1}=\dfrac{u_{n+1}}{u_{n}-1}, en ne remplaçant l'indice qu'au numérateur. Tout l'indice nn devient n+1n+1, au numérateur comme au dénominateur.

2.c. On note P(n)\mathcal{P}(n) la propriété « an⩾3n−1a_{n}\geqslant 3n-1 » et on la démontre par récurrence pour tout entier n⩾1n\geqslant 1.

Initialisation, au rang n=1n=1 (et non 00, l'énoncé part de 11) : a1=5a_{1}=5 et 3×1−1=23\times 1-1=2 ; comme 5⩾25\geqslant 2, P(1)\mathcal{P}(1) est vraie.

Hérédité : soit un entier k⩾1k\geqslant 1 tel que P(k)\mathcal{P}(k) est vraie, c'est-à-dire ak⩾3k−1a_{k}\geqslant 3k-1. On multiplie par 3>03>0, ce qui conserve le sens : 3ak⩾9k−33a_{k}\geqslant 9k-3, puis on retranche 11 : 3ak−1⩾9k−43a_{k}-1\geqslant 9k-4. Par la question 2.b, ak+1=3ak−1⩾9k−4a_{k+1}=3a_{k}-1\geqslant 9k-4.

Il reste à comparer 9k−49k-4 à l'objectif 3(k+1)−1=3k+23(k+1)-1=3k+2 : (9k−4)−(3k+2)=6k−6=6(k−1)⩾0(9k-4)-(3k+2)=6k-6=6(k-1)\geqslant 0 puisque k⩾1k\geqslant 1. Donc ak+1⩾9k−4⩾3(k+1)−1a_{k+1}\geqslant 9k-4\geqslant 3(k+1)-1 : P(k+1)\mathcal{P}(k+1) est vraie.

Conclusion : P(1)\mathcal{P}(1) est vraie et la propriété est héréditaire à partir du rang 11, donc pour tout entier naturel n⩾1n\geqslant 1, an⩾3n−1a_{n}\geqslant 3n-1.

C'est ici que sert la condition n⩾1n\geqslant 1 : l'étape 6(k−1)⩾06(k-1)\geqslant 0 l'utilise. Piège classique : s'arrêter à ak+1⩾9k−4a_{k+1}\geqslant 9k-4 sans montrer que ce minorant dépasse 3(k+1)−13(k+1)-1 ; l'hérédité n'est alors pas démontrée.

2.d. Théorème de comparaison (minoration) : pour tout n⩾1n\geqslant 1, an⩾3n−1a_{n}\geqslant 3n-1, et lim⁡n→+∞(3n−1)=+∞\lim\limits_{n\to+\infty}(3n-1)=+\infty. Donc lim⁡n→+∞an=+∞\lim\limits_{n\to+\infty}a_{n}=+\infty.

Vérification par les premières valeurs : a2=3×5−1=14a_{2}=3\times 5-1=14, a3=41a_{3}=41, a4=122a_{4}=122 ; la suite croît bien plus vite que 3n−13n-1 (elle est en fait géométrique à une constante près : an=3n+1+12a_{n}=\dfrac{3^{n+1}+1}{2}).

3.a. On part de la définition an=unun−1a_{n}=\dfrac{u_{n}}{u_{n}-1} et on isole unu_{n}. En multipliant par un−1u_{n}-1 (non nul, puisque ana_{n} est bien définie) : anun−an=una_{n}u_{n}-a_{n}=u_{n}, donc anun−un=ana_{n}u_{n}-u_{n}=a_{n}, soit un(an−1)=anu_{n}\left(a_{n}-1\right)=a_{n}.

Pour diviser par an−1a_{n}-1, il faut an≠1a_{n}\neq 1. C'est le cas : si l'on avait an=1a_{n}=1, l'égalité un(an−1)=anu_{n}\left(a_{n}-1\right)=a_{n} deviendrait 0=10=1, ce qui est absurde. Donc pour tout entier naturel nn, un=anan−1u_{n}=\dfrac{a_{n}}{a_{n}-1}.

Contrôle : a1a1−1=54=u1\dfrac{a_{1}}{a_{1}-1}=\dfrac{5}{4}=u_{1}. Erreur fréquente : diviser par an−1a_{n}-1 sans justifier qu'il est non nul.

3.b. La forme anan−1\dfrac{a_{n}}{a_{n}-1} est une forme indéterminée « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} » ; on factorise par ana_{n}, non nul pour n⩾1n\geqslant 1 puisque an⩾2a_{n}\geqslant 2 : un=anan(1−1an)=11−1anu_{n}=\dfrac{a_{n}}{a_{n}\left(1-\frac{1}{a_{n}}\right)}=\dfrac{1}{1-\frac{1}{a_{n}}}.

Comme lim⁡n→+∞an=+∞\lim\limits_{n\to+\infty}a_{n}=+\infty, on a lim⁡n→+∞1an=0\lim\limits_{n\to+\infty}\dfrac{1}{a_{n}}=0, donc par opérations sur les limites lim⁡n→+∞un=11−0=1\lim\limits_{n\to+\infty}u_{n}=\dfrac{1}{1-0}=1.

Vérification : u2=1413≈1,077u_{2}=\dfrac{14}{13}\approx 1{,}077 et u4=122121≈1,008u_{4}=\dfrac{122}{121}\approx 1{,}008 se rapprochent bien de 11 par valeurs supérieures. Piège : conclure « +∞+∞=1\dfrac{+\infty}{+\infty}=1 » sans lever l'indétermination.

4.a. Lecture du programme : u part de u0=2u_{0}=2 et n de 00 ; à chaque tour de boucle, la ligne 5 remplace unu_{n} par un+1u_{n+1} et la ligne 6 augmente n de 11, donc à chaque passage dans le test, u contient le terme de rang n de la suite. La boucle tourne tant que un−1>pu_{n}-1>p et s'arrête dès que un−1⩽pu_{n}-1\leqslant p.

Interprétation : la fonction renvoie n, le PLUS PETIT entier naturel tel que un−1⩽pu_{n}-1\leqslant p, c'est-à-dire le premier rang à partir duquel unu_{n} est à une distance au plus pp de sa limite 11, et u, la valeur de unu_{n} à ce rang.

La décroissance admise donne le sens de « à partir duquel » : comme (un)(u_{n}) décroît vers 11, on a um−1⩽un−1⩽pu_{m}-1\leqslant u_{n}-1\leqslant p pour tout m⩾nm\geqslant n, et un>1u_{n}>1 pour tout nn (car un−1=1an−1>0u_{n}-1=\dfrac{1}{a_{n}-1}>0). Tous les termes suivants restent donc dans l'intervalle ]1 ;1+p]]1\,;1+p]. La boucle se termine bien, puisque un−1u_{n}-1 tend vers 00.

4.b. Pour p=0,001p=0{,}001, le programme renvoie n=6n=6.

Vérification (non demandée) : un−1=1an−1u_{n}-1=\dfrac{1}{a_{n}-1}, avec a5=365a_{5}=365 et a6=1 094a_{6}=1\,094. Donc u5−1=1364≈0,002 7>0,001u_{5}-1=\dfrac{1}{364}\approx 0{,}002\,7>0{,}001 et u6−1=11 093≈0,000 91⩽0,001u_{6}-1=\dfrac{1}{1\,093}\approx 0{,}000\,91\leqslant 0{,}001 ; le programme renvoie le couple (6 ;u6)(6\,;u_{6}) avec u6=1 0941 093≈1,000 9u_{6}=\dfrac{1\,094}{1\,093}\approx 1{,}000\,9.

Exercice 3 : Vrai ou faux : géométrie dans l'espace, droites non coplanaires, plan orthogonal, angle et projeté orthogonal

4 points Géométrie dans l'espaceLe produit scalaire

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

L'espace est rapporté à un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right).

On considère la droite (d)(d) dont une représentation paramétrique est : {x=3−2ty=−1z=2−6t\left\{\begin{array}{l}x=3-2t\\y=-1\\z=2-6t\end{array}\right., où t∈Rt\in\mathbb{R}

On considère également les points suivants :
• A(3 ;−3 ;−2)\mathrm{A}(3\,;-3\,;-2)
• B(5 ;−4 ;−1)\mathrm{B}(5\,;-4\,;-1)
• C\mathrm{C} le point de la droite (d)(d) d'abscisse 22
• H\mathrm{H} le projeté orthogonal du point B\mathrm{B} sur le plan P\mathcal{P} d'équation x+3z−7=0x+3z-7=0

  • Affirmation 1. La droite (d)(d) et l'axe des ordonnées sont deux droites non coplanaires.
  • Affirmation 2. Le plan passant par AA et orthogonal à la droite (d)(d) a pour équation cartésienne : x+3z+3=0x+3z+3=0
  • Affirmation 3. Une mesure, exprimée en radian, de l'angle géométrique BAC^\widehat{\mathrm{BAC}} est π6\dfrac{\pi}{6}.
  • Affirmation 4. La distance BH\mathrm{BH} est égale à 102\dfrac{\sqrt{10}}{2}.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

Affirmation 1
Affirmation 2
Affirmation 3
Affirmation 4
Voir la correction

Réponses

  • Affirmation 1 Vrai : (d)(d) et l'axe des ordonnées ne sont ni parallèles ni sécants
  • Affirmation 2 Vrai : vecteur normal (1 ;0 ;3)(1\,;0\,;3) directeur de (d)(d), et A\mathrm{A} vérifie l'équation
  • Affirmation 3 Faux : C(2 ;−1 ;−1)\mathrm{C}(2\,;-1\,;-1), cos⁡BAC^=−12\cos\widehat{\mathrm{BAC}}=-\dfrac{1}{2}, donc BAC^=2π3\widehat{\mathrm{BAC}}=\dfrac{2\pi}{3}
  • Affirmation 4 Vrai : H(112 ;−4 ;12)\mathrm{H}\left(\dfrac{11}{2}\,;-4\,;\dfrac{1}{2}\right) et BH=102\mathrm{BH}=\dfrac{\sqrt{10}}{2}

Affirmation 1. Deux droites de l'espace sont coplanaires si et seulement si elles sont parallèles ou sécantes. On montre que (d)(d) et l'axe des ordonnées ne sont ni l'un ni l'autre.

Vecteurs directeurs : (d)(d) est dirigée par u⃗(−2 ;0 ;−6)\vec{u}(-2\,;0\,;-6), lu sur les coefficients de tt ; l'axe des ordonnées passe par O\mathrm{O} et est dirigé par ȷ⃗(0 ;1 ;0)\vec{\jmath}(0\,;1\,;0). Ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires : la deuxième coordonnée de u⃗\vec{u} est nulle alors que celle de ȷ⃗\vec{\jmath} ne l'est pas, et u⃗\vec{u} n'est pas nul. Les droites ne sont donc pas parallèles.

Point commun : un point de l'axe des ordonnées a pour coordonnées (0 ;y ;0)(0\,;y\,;0). Un point de (d)(d) sur cet axe vérifierait 3−2t=03-2t=0 et 2−6t=02-6t=0, soit t=32t=\dfrac{3}{2} et t=13t=\dfrac{1}{3} : c'est impossible. (Avec t=32t=\dfrac{3}{2}, on obtient z=2−9=−7≠0z=2-9=-7\neq 0.) Les droites ne sont donc pas sécantes.

Ni parallèles ni sécantes, les deux droites sont non coplanaires : l'affirmation 1 est VRAIE. Piège : conclure « non coplanaires » à partir des seuls vecteurs directeurs non colinéaires ; cela exclut le parallélisme, pas l'intersection.

Affirmation 2. Un plan orthogonal à (d)(d) admet pour vecteur normal tout vecteur directeur de (d)(d), par exemple u⃗(−2 ;0 ;−6)\vec{u}(-2\,;0\,;-6) ou, plus simple, n⃗=−12u⃗\vec{n}=-\dfrac{1}{2}\vec{u}, soit n⃗(1 ;0 ;3)\vec{n}(1\,;0\,;3). Une équation cartésienne de ce plan est donc de la forme x+3z+d=0x+3z+d=0.

Il passe par A(3 ;−3 ;−2)\mathrm{A}(3\,;-3\,;-2) : 3+3×(−2)+d=03+3\times(-2)+d=0, d'où d=3d=3. Le plan a pour équation x+3z+3=0x+3z+3=0 : l'affirmation 2 est VRAIE.

Remarque : l'absence de yy dans l'équation est normale, la deuxième coordonnée du vecteur normal est nulle. Erreur fréquente : prendre le vecteur OA→\overrightarrow{\mathrm{OA}} ou un point de (d)(d) comme vecteur normal ; seule la DIRECTION de (d)(d) compte.

Affirmation 3. D'abord le point C\mathrm{C} : sur (d)(d), l'abscisse vaut 22 quand 3−2t=23-2t=2, soit t=12t=\dfrac{1}{2} ; alors y=−1y=-1 et z=2−6×12=−1z=2-6\times\dfrac{1}{2}=-1. Donc C(2 ;−1 ;−1)\mathrm{C}(2\,;-1\,;-1).

L'angle BAC^\widehat{\mathrm{BAC}} a pour sommet A\mathrm{A} : on utilise les vecteurs issus de A\mathrm{A}, AB→(2 ;−1 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(2\,;-1\,;1) et AC→(−1 ;2 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AC}}(-1\,;2\,;1), et les deux expressions du produit scalaire.

En coordonnées, dans un repère orthonormé : AB→⋅AC→=2×(−1)+(−1)×2+1×1=−3\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=2\times(-1)+(-1)\times 2+1\times 1=-3. Normes : AB=4+1+1=6\mathrm{AB}=\sqrt{4+1+1}=\sqrt{6} et AC=1+4+1=6\mathrm{AC}=\sqrt{1+4+1}=\sqrt{6}.

Avec AB→⋅AC→=AB×AC×cos⁡BAC^\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=\mathrm{AB}\times\mathrm{AC}\times\cos\widehat{\mathrm{BAC}} : cos⁡BAC^=−36×6=−12\cos\widehat{\mathrm{BAC}}=\dfrac{-3}{\sqrt{6}\times\sqrt{6}}=-\dfrac{1}{2}. Un angle géométrique est dans [0 ;π][0\,;\pi], donc BAC^=2π3\widehat{\mathrm{BAC}}=\dfrac{2\pi}{3}.

Or cos⁡π6=32≠−12\cos\dfrac{\pi}{6}=\dfrac{\sqrt{3}}{2}\neq-\dfrac{1}{2} : l'affirmation 3 est FAUSSE. Un produit scalaire négatif annonçait déjà un angle obtus, alors que π6\dfrac{\pi}{6} est aigu. Piège : prendre BA→\overrightarrow{\mathrm{BA}} au lieu de AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}}, ce qui change le signe du produit scalaire et donnerait π3\dfrac{\pi}{3}.

Affirmation 4. Le point H\mathrm{H} est l'intersection du plan P\mathcal{P} avec la droite passant par B\mathrm{B} et orthogonale à P\mathcal{P}, donc dirigée par le vecteur normal n⃗(1 ;0 ;3)\vec{n}(1\,;0\,;3) du plan.

Représentation paramétrique de cette droite : x=5+kx=5+k, y=−4y=-4, z=−1+3kz=-1+3k, k∈Rk\in\mathbb{R}. On reporte dans l'équation de P\mathcal{P} : (5+k)+3(−1+3k)−7=0(5+k)+3(-1+3k)-7=0, soit 10k−5=010k-5=0, d'où k=12k=\dfrac{1}{2}. Donc H(112 ;−4 ;12)\mathrm{H}\left(\dfrac{11}{2}\,;-4\,;\dfrac{1}{2}\right).

Vérification : 112+3×12−7=11+3−142=0\dfrac{11}{2}+3\times\dfrac{1}{2}-7=\dfrac{11+3-14}{2}=0, H\mathrm{H} est bien dans P\mathcal{P}.

Alors BH→=12n⃗=(12 ;0 ;32)\overrightarrow{\mathrm{BH}}=\dfrac{1}{2}\vec{n}=\left(\dfrac{1}{2}\,;0\,;\dfrac{3}{2}\right) et BH=14+0+94=104=102\mathrm{BH}=\sqrt{\dfrac{1}{4}+0+\dfrac{9}{4}}=\sqrt{\dfrac{10}{4}}=\dfrac{\sqrt{10}}{2}. L'affirmation 4 est VRAIE.

Le résultat est cohérent avec BH=∣k∣×∥n⃗∥=12×10\mathrm{BH}=|k|\times\|\vec{n}\|=\dfrac{1}{2}\times\sqrt{10}. Erreur fréquente : écrire 104=104\sqrt{\dfrac{10}{4}}=\dfrac{\sqrt{10}}{4}, en oubliant que la racine porte aussi sur le dénominateur.

Exercice 4 : Fonction exponentielle : courbes de g et g', équation différentielle, convexité et calcul d'aire

5 points Les équations différentiellesLa convexitéPrimitives et intégrationExponentielle et logarithme

La partie C est indépendante des parties A et B.

  • Partie A
  • On donne ci-dessous, dans un repère orthogonal, les courbes C1\mathcal{C}_{1} et C2\mathcal{C}_{2}, représentations graphiques de deux fonctions définies et dérivables sur R\mathbb{R}. L'une des deux fonctions représentées est la fonction dérivée de l'autre. On les notera gg et g′g'.
  • On précise également que :
    • La courbe C1\mathcal{C}_{1} coupe l'axe des ordonnées au point de coordonnées (0 ;1)(0\,;1).
    • La courbe C2\mathcal{C}_{2} coupe l'axe des ordonnées au point de coordonnées (0 ;2)(0\,;2) et l'axe des abscisses aux points de coordonnées (−2 ;0)(-2\,;0) et (1 ;0)(1\,;0).
  • Repère orthogonal quadrillé, abscisses de -3 à 5, ordonnées de -8 à 7. La courbe C1, rouge et continue, descend depuis le haut à gauche, atteint un minimum d'environ -7,4 en x = -2, coupe l'axe des ordonnées en 1, atteint un maximum d'environ 1,8 en x = 1 puis décroît vers 0. La courbe C2, bleue et en pointillés, monte depuis le bas, coupe l'axe des abscisses en -2, atteint un maximum d'environ 5,9 vers x = -1,3, coupe l'axe des ordonnées en 2 et l'axe des abscisses en 1, passe légèrement sous l'axe entre 1 et 5 puis remonte vers 0.
  • A.1. En justifiant, associer à chacune des fonctions gg et g′g' sa représentation graphique.
  • A.2. Justifier que l'équation réduite de la tangente à la courbe représentative de la fonction gg au point d'abscisse 00 est y=2x+1y=2x+1.
  • Partie B
  • On considère (E)(E) l'équation différentielle y+y′=(2x+3)e−xy+y'=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}, où yy est une fonction de la variable réelle xx.
  • B.1. Montrer que la fonction f0f_{0} définie pour tout nombre réel xx par f0(x)=(x2+3x)e−xf_{0}(x)=\left(x^{2}+3x\right)\mathrm{e}^{-x} est une solution particulière de l'équation différentielle (E)(E).
  • B.2. Résoudre l'équation différentielle (E0)\left(E_{0}\right) : y+y′=0y+y'=0.
  • B.3. Déterminer les solutions de l'équation différentielle (E)(E).
  • B.4. On admet que la fonction gg décrite dans la partie A est une solution de l'équation différentielle (E)(E). Déterminer alors l'expression de la fonction gg.
  • B.5. Déterminer les solutions de l'équation différentielle (E)(E) dont la courbe admet exactement deux points d'inflexion.
  • Partie C
  • On considère la fonction ff définie pour tout nombre réel xx par : f(x)=(x2+3x+2)e−xf(x)=\left(x^{2}+3x+2\right)\mathrm{e}^{-x}
  • C.1. Démontrer que la limite de la fonction ff en +∞+\infty est égale à 00.
  • On admet par ailleurs que la limite de la fonction ff en −∞-\infty est égale à +∞+\infty.
  • 2. On admet que la fonction ff est dérivable sur R\mathbb{R}. On note f′f' la fonction dérivée de ff sur R\mathbb{R}.
  • C.2.a. Vérifier que, pour tout nombre réel xx, f′(x)=(−x2−x+1)e−xf'(x)=\left(-x^{2}-x+1\right)\mathrm{e}^{-x}.
  • C.2.b. Déterminer le signe de la fonction dérivée f′f' sur R\mathbb{R} puis en déduire les variations de la fonction ff sur R\mathbb{R}.
  • C.3. Expliquer pourquoi la fonction ff est positive sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.
  • 4. On notera Cf\mathcal{C}_{f} la courbe représentative de la fonction ff dans un repère orthogonal (O ;ı⃗,ȷ⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath}\right). On admet que la fonction FF définie pour tout nombre réel xx par F(x)=(−x2−5x−7)e−xF(x)=\left(-x^{2}-5x-7\right)\mathrm{e}^{-x} est une primitive de la fonction ff.
  • Soit α\alpha un nombre réel positif.
  • C.4. Déterminer l'aire A(α)\mathcal{A}(\alpha), exprimée en unité d'aire, du domaine du plan délimité par l'axe des abscisses, la courbe Cf\mathcal{C}_{f} et les droites d'équation x=0x=0 et x=αx=\alpha.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

A.1
B.4
B.5
Valeurs de kk pour (x2+3x+k)e−x(x^{2}+3x+k)\mathrm{e}^{-x} ;
C.2.b
C.4
Voir la correction

Réponses

  • A.1 C1\mathcal{C}_{1} représente gg et C2\mathcal{C}_{2} représente g′g'
  • A.2 g(0)=1g(0)=1, g′(0)=2g'(0)=2, donc y=g′(0)(x−0)+g(0)=2x+1y=g'(0)(x-0)+g(0)=2x+1
  • B.1 f0′(x)=(−x2−x+3)e−xf_{0}'(x)=\left(-x^{2}-x+3\right)\mathrm{e}^{-x} et f0(x)+f0′(x)=(2x+3)e−xf_{0}(x)+f_{0}'(x)=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}
  • B.2 Solutions de (E0)(E_{0}) : x↦ke−xx\mapsto k\mathrm{e}^{-x}, k∈Rk\in\mathbb{R}
  • B.3 Solutions de (E)(E) : x↦(x2+3x+k)e−xx\mapsto\left(x^{2}+3x+k\right)\mathrm{e}^{-x}, k∈Rk\in\mathbb{R}
  • B.4 g(x)=(x2+3x+1)e−xg(x)=\left(x^{2}+3x+1\right)\mathrm{e}^{-x}
  • B.5 x↦(x2+3x+k)e−xx\mapsto\left(x^{2}+3x+k\right)\mathrm{e}^{-x} avec k<174k<\dfrac{17}{4}
  • C.1 lim⁡x→+∞f(x)=0\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=0 (croissances comparées)
  • C.2.a f′(x)=(2x+3)e−x−(x2+3x+2)e−x=(−x2−x+1)e−xf'(x)=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}-\left(x^{2}+3x+2\right)\mathrm{e}^{-x}=\left(-x^{2}-x+1\right)\mathrm{e}^{-x}
  • C.2.b f′>0f'>0 sur ]x1 ;x2[\left]x_{1}\,;x_{2}\right[, f′<0f'<0 ailleurs, avec x1=−1−52x_{1}=\dfrac{-1-\sqrt{5}}{2}, x2=−1+52x_{2}=\dfrac{-1+\sqrt{5}}{2} : ff décroissante, croissante, puis décroissante
  • C.3 f(x)=(x+1)(x+2)e−xf(x)=(x+1)(x+2)\mathrm{e}^{-x} : trois facteurs strictement positifs pour x⩾0x\geqslant 0
  • C.4 A(α)=F(α)−F(0)=7−(α2+5α+7)e−α\mathcal{A}(\alpha)=F(\alpha)-F(0)=7-\left(\alpha^{2}+5\alpha+7\right)\mathrm{e}^{-\alpha} u.a.

A.1. Lien entre une fonction et sa dérivée : gg est croissante sur les intervalles où g′g' est positive et décroissante là où g′g' est négative ; ses extremums locaux se situent là où g′g' s'annule en changeant de signe.

Lecture de C2\mathcal{C}_{2} : elle coupe l'axe des abscisses en −2-2 et 11, est au-dessus de l'axe sur ]−2 ;1[]-2\,;1[ et en dessous sur ]−∞ ;−2[]-\infty\,;-2[ et sur ]1 ;+∞[]1\,;+\infty[. Lecture de C1\mathcal{C}_{1} : la fonction représentée décroît jusqu'à x=−2x=-2, croît sur [−2 ;1][-2\,;1], puis décroît, avec un minimum en −2-2 et un maximum en 11. Les deux lectures concordent : C2\mathcal{C}_{2} est la courbe de la dérivée de la fonction représentée par C1\mathcal{C}_{1}.

L'autre association est impossible : si C1\mathcal{C}_{1} représentait la dérivée, la fonction de C2\mathcal{C}_{2} serait croissante sur [0 ;1][0\,;1], où C1\mathcal{C}_{1} est au-dessus de l'axe ; or C2\mathcal{C}_{2} y descend de 22 à 00. Donc C1\mathcal{C}_{1} représente gg et C2\mathcal{C}_{2} représente g′g'.

Piège : justifier par « C2\mathcal{C}_{2} est plus haute » ou par l'allure générale ; le correcteur attend le lien SIGNE de la dérivée / VARIATIONS de la fonction, avec les valeurs −2-2 et 11.

A.2. L'équation réduite de la tangente au point d'abscisse 00 est y=g′(0)(x−0)+g(0)y=g'(0)(x-0)+g(0).

g(0)g(0) se lit sur la courbe de gg, c'est-à-dire C1\mathcal{C}_{1} : elle coupe l'axe des ordonnées en (0 ;1)(0\,;1), donc g(0)=1g(0)=1. g′(0)g'(0) se lit sur la courbe de g′g', c'est-à-dire C2\mathcal{C}_{2} : elle coupe l'axe des ordonnées en (0 ;2)(0\,;2), donc g′(0)=2g'(0)=2. La tangente a pour équation y=2(x−0)+1y=2(x-0)+1, soit y=2x+1y=2x+1.

Piège : chercher le coefficient directeur sur C1\mathcal{C}_{1} en traçant une tangente à l'œil. L'énoncé donne g′(0)g'(0) exactement, par l'ordonnée à l'origine de la courbe de la DÉRIVÉE.

B.1. On calcule f0′f_{0}' par la formule du produit (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv', avec u(x)=x2+3xu(x)=x^{2}+3x, u′(x)=2x+3u'(x)=2x+3, v(x)=e−xv(x)=\mathrm{e}^{-x} et v′(x)=−e−xv'(x)=-\mathrm{e}^{-x} : f0′(x)=(2x+3)e−x−(x2+3x)e−x=(−x2−x+3)e−xf_{0}'(x)=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}-\left(x^{2}+3x\right)\mathrm{e}^{-x}=\left(-x^{2}-x+3\right)\mathrm{e}^{-x}.

Alors, pour tout réel xx : f0(x)+f0′(x)=(x2+3x)e−x+(−x2−x+3)e−x=(2x+3)e−xf_{0}(x)+f_{0}'(x)=\left(x^{2}+3x\right)\mathrm{e}^{-x}+\left(-x^{2}-x+3\right)\mathrm{e}^{-x}=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}. La fonction f0f_{0}, dérivable sur R\mathbb{R}, vérifie (E)(E) : c'est une solution particulière.

Piège : oublier le signe moins dans la dérivée de e−x\mathrm{e}^{-x}, qui vaut −e−x-\mathrm{e}^{-x} (dérivée de eu\mathrm{e}^{u}, u′euu'\mathrm{e}^{u} avec u′=−1u'=-1).

B.2. L'équation y+y′=0y+y'=0 s'écrit y′=−yy'=-y, de la forme y′=ayy'=ay avec a=−1a=-1. Ses solutions sur R\mathbb{R} sont les fonctions x↦ke−xx\mapsto k\mathrm{e}^{-x}, où kk est une constante réelle quelconque.

Vérification : (ke−x)′=−ke−x\left(k\mathrm{e}^{-x}\right)'=-k\mathrm{e}^{-x}, et ke−x+(−ke−x)=0k\mathrm{e}^{-x}+\left(-k\mathrm{e}^{-x}\right)=0. Piège : écrire kexk\mathrm{e}^{x}, qui résout y′=yy'=y, pas y′=−yy'=-y.

B.3. Théorème de structure : les solutions de l'équation complète (E)(E) s'obtiennent en ajoutant à une solution particulière de (E)(E) les solutions de l'équation homogène associée (E0)(E_{0}).

Justification rapide : yy est solution de (E)(E) si et seulement si y−f0y-f_{0} est solution de (E0)(E_{0}), puisque (y−f0)+(y−f0)′=(y+y′)−(f0+f0′)=(2x+3)e−x−(2x+3)e−x=0(y-f_{0})+(y-f_{0})'=\left(y+y'\right)-\left(f_{0}+f_{0}'\right)=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}-(2x+3)\mathrm{e}^{-x}=0.

Les solutions de (E)(E) sont donc les fonctions x↦(x2+3x)e−x+ke−x=(x2+3x+k)e−xx\mapsto\left(x^{2}+3x\right)\mathrm{e}^{-x}+k\mathrm{e}^{-x}=\left(x^{2}+3x+k\right)\mathrm{e}^{-x}, où k∈Rk\in\mathbb{R}.

B.4. La fonction gg est une solution de (E)(E) : il existe un réel kk tel que g(x)=(x2+3x+k)e−xg(x)=\left(x^{2}+3x+k\right)\mathrm{e}^{-x} pour tout xx. La partie A donne g(0)=1g(0)=1, et g(0)=(0+0+k)e0=kg(0)=(0+0+k)\mathrm{e}^{0}=k. Donc k=1k=1 et g(x)=(x2+3x+1)e−xg(x)=\left(x^{2}+3x+1\right)\mathrm{e}^{-x}.

Vérification avec les autres données de la partie A : g′(x)=(2x+3)e−x−(x2+3x+1)e−x=(−x2−x+2)e−xg'(x)=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}-\left(x^{2}+3x+1\right)\mathrm{e}^{-x}=\left(-x^{2}-x+2\right)\mathrm{e}^{-x}, donc g′(0)=2g'(0)=2, et −x2−x+2=−(x+2)(x−1)-x^{2}-x+2=-(x+2)(x-1) s'annule bien en −2-2 et en 11. Les extremums lus sur C1\mathcal{C}_{1} concordent aussi : g(1)=5e≈1,84g(1)=\dfrac{5}{\mathrm{e}}\approx 1{,}84 et g(−2)=−e2≈−7,39g(-2)=-\mathrm{e}^{2}\approx -7{,}39.

B.5. On note hk(x)=(x2+3x+k)e−xh_{k}(x)=\left(x^{2}+3x+k\right)\mathrm{e}^{-x} une solution de (E)(E). La courbe admet un point d'inflexion là où la dérivée seconde s'annule EN CHANGEANT DE SIGNE (changement de convexité).

Dérivée première, par la formule du produit : hk′(x)=(2x+3)e−x−(x2+3x+k)e−x=(−x2−x+3−k)e−xh_{k}'(x)=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}-\left(x^{2}+3x+k\right)\mathrm{e}^{-x}=\left(-x^{2}-x+3-k\right)\mathrm{e}^{-x}. Dérivée seconde, même méthode : hk′′(x)=(−2x−1)e−x−(−x2−x+3−k)e−x=(x2−x+k−4)e−xh_{k}''(x)=(-2x-1)\mathrm{e}^{-x}-\left(-x^{2}-x+3-k\right)\mathrm{e}^{-x}=\left(x^{2}-x+k-4\right)\mathrm{e}^{-x}.

Comme e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0, hk′′(x)h_{k}''(x) a le signe du trinôme x2−x+k−4x^{2}-x+k-4, de discriminant Δ=(−1)2−4(k−4)=17−4k\Delta=(-1)^{2}-4(k-4)=17-4k.

Si Δ>0\Delta>0, le trinôme a deux racines distinctes et change de signe en chacune : la courbe a exactement deux points d'inflexion. Si Δ=0\Delta=0, il a une racine double et garde un signe constant (positif) : aucun point d'inflexion. Si Δ<0\Delta<0, il ne s'annule pas : aucun point d'inflexion.

Il faut donc 17−4k>017-4k>0, soit k<174=4,25k<\dfrac{17}{4}=4{,}25. Les solutions cherchées sont les fonctions x↦(x2+3x+k)e−xx\mapsto\left(x^{2}+3x+k\right)\mathrm{e}^{-x} avec k<174k<\dfrac{17}{4}. Par exemple gg (k=1k=1) et la fonction ff de la partie C (k=2k=2) en font partie.

Piège : écrire Δ⩾0\Delta\geqslant 0. Pour k=174k=\dfrac{17}{4}, hk′′(x)=(x−12)2e−xh_{k}''(x)=\left(x-\dfrac{1}{2}\right)^{2}\mathrm{e}^{-x} s'annule en 12\dfrac{1}{2} sans changer de signe : la fonction reste convexe, il n'y a pas d'inflexion.

C.1. En +∞+\infty, le produit (x2+3x+2)e−x\left(x^{2}+3x+2\right)\mathrm{e}^{-x} est une forme indéterminée « ∞×0\infty\times 0 ». On développe : f(x)=x2e−x+3xe−x+2e−x=x2ex+3 xex+2e−xf(x)=x^{2}\mathrm{e}^{-x}+3x\mathrm{e}^{-x}+2\mathrm{e}^{-x}=\dfrac{x^{2}}{\mathrm{e}^{x}}+3\,\dfrac{x}{\mathrm{e}^{x}}+2\mathrm{e}^{-x}.

Par croissances comparées, lim⁡x→+∞x2ex=0\lim\limits_{x\to+\infty}\dfrac{x^{2}}{\mathrm{e}^{x}}=0 et lim⁡x→+∞xex=0\lim\limits_{x\to+\infty}\dfrac{x}{\mathrm{e}^{x}}=0 ; de plus lim⁡x→+∞e−x=0\lim\limits_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{-x}=0. Par somme, lim⁡x→+∞f(x)=0\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=0.

Interprétation graphique : l'axe des abscisses est asymptote horizontale à Cf\mathcal{C}_{f} en +∞+\infty. Piège : conclure « +∞×0=0+\infty\times 0=0 » sans lever l'indétermination ; c'est l'exponentielle qui l'emporte, et cela se cite.

C.2.a. Formule du produit, avec u(x)=x2+3x+2u(x)=x^{2}+3x+2, u′(x)=2x+3u'(x)=2x+3 et (e−x)′=−e−x\left(\mathrm{e}^{-x}\right)'=-\mathrm{e}^{-x} : f′(x)=(2x+3)e−x−(x2+3x+2)e−x=(2x+3−x2−3x−2)e−x=(−x2−x+1)e−xf'(x)=(2x+3)\mathrm{e}^{-x}-\left(x^{2}+3x+2\right)\mathrm{e}^{-x}=\left(2x+3-x^{2}-3x-2\right)\mathrm{e}^{-x}=\left(-x^{2}-x+1\right)\mathrm{e}^{-x}.

Remarque : f(x)=f0(x)+2e−xf(x)=f_{0}(x)+2\mathrm{e}^{-x}, donc ff est la solution de (E)(E) pour k=2k=2, et la formule hk′h_{k}' de la question B.5 redonne −x2−x+3−2=−x2−x+1-x^{2}-x+3-2=-x^{2}-x+1.

C.2.b. Comme e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0 pour tout réel xx, f′(x)f'(x) a le signe du trinôme −x2−x+1-x^{2}-x+1. Discriminant : Δ=(−1)2−4×(−1)×1=5>0\Delta=(-1)^{2}-4\times(-1)\times 1=5>0, deux racines x1=1+5−2=−1−52≈−1,618x_{1}=\dfrac{1+\sqrt{5}}{-2}=\dfrac{-1-\sqrt{5}}{2}\approx -1{,}618 et x2=1−5−2=−1+52≈0,618x_{2}=\dfrac{1-\sqrt{5}}{-2}=\dfrac{-1+\sqrt{5}}{2}\approx 0{,}618.

Le coefficient de x2x^{2} vaut −1<0-1<0 : le trinôme est positif entre les racines et négatif à l'extérieur. Donc f′(x)<0f'(x)<0 sur ]−∞ ;x1[\left]-\infty\,;x_{1}\right[, f′(x)>0f'(x)>0 sur ]x1 ;x2[\left]x_{1}\,;x_{2}\right[ et f′(x)<0f'(x)<0 sur ]x2 ;+∞[\left]x_{2}\,;+\infty\right[.

Variations : ff est strictement décroissante sur ]−∞ ;x1]\left]-\infty\,;x_{1}\right], strictement croissante sur [x1 ;x2]\left[x_{1}\,;x_{2}\right] et strictement décroissante sur [x2 ;+∞[\left[x_{2}\,;+\infty\right[. Elle admet un minimum local en x1x_{1} et un maximum local en x2x_{2}.

Valeurs des extremums (non demandées, utiles pour le tableau) : comme xi2=1−xix_{i}^{2}=1-x_{i}, on a f(xi)=(2xi+3)e−xif(x_{i})=\left(2x_{i}+3\right)\mathrm{e}^{-x_{i}}, d'où f(x1)=(2−5)e1+52≈−1,19f(x_{1})=\left(2-\sqrt{5}\right)\mathrm{e}^{\frac{1+\sqrt{5}}{2}}\approx -1{,}19 et f(x2)=(2+5)e1−52≈2,28f(x_{2})=\left(2+\sqrt{5}\right)\mathrm{e}^{\frac{1-\sqrt{5}}{2}}\approx 2{,}28. Le tableau de variation figure en fin de corrigé.

Piège : oublier que le coefficient dominant est NÉGATIF et inverser le signe ; le contrôle f′(0)=1>0f'(0)=1>0 (car 00 est entre les racines) évite l'erreur.

C.3. On factorise le trinôme : x2+3x+2=(x+1)(x+2)x^{2}+3x+2=(x+1)(x+2), de racines −1-1 et −2-2. Donc f(x)=(x+1)(x+2)e−xf(x)=(x+1)(x+2)\mathrm{e}^{-x}.

Pour x⩾0x\geqslant 0 : x+1⩾1>0x+1\geqslant 1>0, x+2⩾2>0x+2\geqslant 2>0 et e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0. Le produit de trois facteurs strictement positifs est strictement positif : ff est positive (et même strictement) sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.

Autre justification, par les variations : ff croît sur [0 ;x2][0\,;x_{2}] à partir de f(0)=2>0f(0)=2>0, puis décroît sur [x2 ;+∞[[x_{2}\,;+\infty[ vers sa limite 00 sans pouvoir l'atteindre ni la franchir ; elle reste donc au-dessus de 00. Le correcteur attend l'une des deux explications, pas une lecture de courbe.

C.4. Lien intégrale et aire : ff est continue et positive sur [0 ;α][0\,;\alpha] (question C.3, avec α⩾0\alpha\geqslant 0), donc l'aire du domaine compris entre Cf\mathcal{C}_{f}, l'axe des abscisses et les droites x=0x=0 et x=αx=\alpha vaut, en unités d'aire, A(α)=∫0αf(x) dx\mathcal{A}(\alpha)=\displaystyle\int_{0}^{\alpha}f(x)\,\mathrm{d}x.

Avec la primitive FF admise : A(α)=F(α)−F(0)=(−α2−5α−7)e−α−(−7)e0=7−(α2+5α+7)e−α\mathcal{A}(\alpha)=F(\alpha)-F(0)=\left(-\alpha^{2}-5\alpha-7\right)\mathrm{e}^{-\alpha}-(-7)\mathrm{e}^{0}=7-\left(\alpha^{2}+5\alpha+7\right)\mathrm{e}^{-\alpha} unités d'aire.

Vérifications : F′(x)=(−2x−5)e−x−(−x2−5x−7)e−x=(x2+3x+2)e−x=f(x)F'(x)=(-2x-5)\mathrm{e}^{-x}-\left(-x^{2}-5x-7\right)\mathrm{e}^{-x}=\left(x^{2}+3x+2\right)\mathrm{e}^{-x}=f(x) ; A(0)=7−7=0\mathcal{A}(0)=7-7=0 ; et, par croissances comparées, A(α)\mathcal{A}(\alpha) tend vers 77 quand α\alpha tend vers +∞+\infty. Par exemple A(1)=7−13e≈2,22\mathcal{A}(1)=7-\dfrac{13}{\mathrm{e}}\approx 2{,}22.

Piège : le signe de F(0)=−7F(0)=-7. Soustraire un nombre négatif revient à ajouter 77 ; écrire A(α)=F(α)+F(0)\mathcal{A}(\alpha)=F(\alpha)+F(0) ou oublier le terme constant donne une « aire » négative.

xx−∞-\inftyx1=−1−52x_{1}=\dfrac{-1-\sqrt{5}}{2}x2=−1+52x_{2}=\dfrac{-1+\sqrt{5}}{2}+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)−-00++00−-
variations de ff+∞+\infty↘\searrow≈−1,19\approx -1{,}19↗\nearrow≈2,28\approx 2{,}28↘\searrow00
Tableau de variation de ff (question C.2.b)
Il manque quelque chose dans cette série ? Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/bac-2025-maths-amerique-nord-j1. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous préparez l'épreuve de spécialité maths à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On traite un sujet complet en temps réel, puis on le reprend question par question, avec la rédaction que le barème attend.

Site par Studio Squalli