Exercice 1 : Probabilités : connexions à trois serveurs, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev
6 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
Pour accéder au réseau privé d'une entreprise depuis l'extérieur, les connexions des employés transitent aléatoirement via trois serveurs distants différents, notés A, B et C. Ces serveurs ont des caractéristiques techniques différentes et les connexions se répartissent de la manière suivante :
• des connexions transitent via le serveur A ;
• des connexions transitent via le serveur B ;
• le reste des connexions s'effectue via le serveur C.
Les connexions à distance sont parfois instables et, lors du fonctionnement normal des serveurs, les utilisateurs peuvent subir des déconnexions pour différentes raisons (saturation des serveurs, débit internet insuffisant, attaques malveillantes, mises à jour de logiciels, etc.).
On dira qu'une connexion est stable si l'utilisateur ne subit pas de déconnexion après son identification aux serveurs. L'équipe de maintenance informatique a observé statistiquement que, dans le cadre d'un fonctionnement habituel des serveurs :
• des connexions via le serveur A sont stables ;
• des connexions via le serveur B sont stables ;
• des connexions via le serveur C sont stables.
Les parties A et B sont indépendantes l'une de l'autre et peuvent être traitées séparément.
- Partie A
- On s'intéresse au hasard à l'état d'une connexion effectuée par un employé de l'entreprise. On considère les évènements suivants :
• : « La connexion s'est effectuée via le serveur A » ;
• : « La connexion s'est effectuée via le serveur B » ;
• : « La connexion s'est effectuée via le serveur C » ;
• : « La connexion est stable ». - On note l'évènement contraire de l'évènement .
- A.1. Recopier et compléter l'arbre pondéré ci-dessous modélisant la situation de l'énoncé.
- A.2. Démontrer que la probabilité que la connexion soit stable et passe par le serveur B est égale à .
- A.3. Calculer la probabilité et interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
- A.4. Démontrer que la probabilité de l'évènement est .
- A.5. On suppose désormais que la connexion est stable. Calculer la probabilité que la connexion ait eu lieu depuis le serveur B. On donnera la valeur arrondie au millième.
- Partie B
- D'après la partie A, la probabilité qu'une connexion soit instable est égale à .
- 1. Dans le but de détecter les dysfonctionnements de serveurs, on étudie un échantillon de 50 connexions au réseau, ces connexions étant choisies au hasard. On suppose que le nombre de connexions est suffisamment important pour que ce choix puisse être assimilé à un tirage avec remise.
- On désigne par la variable aléatoire égale au nombre de connexions instables au réseau de l'entreprise, dans cet échantillon de 50 connexions.
- B.1.a. On admet que la variable aléatoire suit une loi binomiale. Préciser ses paramètres.
- B.1.b. Donner la probabilité qu'au plus huit connexions soient instables. On donnera la valeur arrondie au millième.
- 2. Dans cette question, on constitue désormais un échantillon de connexions, toujours dans les mêmes conditions, où désigne un entier naturel strictement positif. On note la variable aléatoire égale aux nombres de connexions instables et on admet que suit une loi binomiale de paramètres et .
- B.2.a. Donner l'expression en fonction de de la probabilité qu'au moins une connexion de cet échantillon soit instable.
- B.2.b. Déterminer, en justifiant, la plus petite valeur de l'entier naturel telle que la probabilité est supérieure ou égale à .
- 3. On s'intéresse à la variable aléatoire égale à la fréquence de connexions instables dans un échantillon de connexions, où désigne un entier naturel strictement positif.
- On a donc , où est la variable aléatoire définie à la question 2.
- B.3.a. Calculer l'espérance .
- On admet que .
- B.3.b. Vérifier que :
- B.3.c. Un responsable de l'entreprise étudie un échantillon de connexions et constate que pour cet échantillon . Il soupçonne un dysfonctionnement des serveurs. A-t-il raison ?
Voir la correction
Réponses
- A.1 , , ; , ; , ; ,
- A.2
- A.3 : des connexions passent par C et sont instables
- A.4 (probabilités totales)
- A.5
- B.1.a suit la loi binomiale
- B.1.b
- B.2.a
- B.2.b ()
- B.3.a
- B.3.b Bienaymé-Tchebychev :
- B.3.c Oui : un écart d'au moins a une probabilité au plus en fonctionnement normal, or
A.1. Le premier niveau de l'arbre porte le serveur. L'énoncé donne et ; « le reste des connexions s'effectue via le serveur C », et comme , , forment une partition de l'univers (une connexion passe par un et un seul serveur), .
Le second niveau porte des probabilités CONDITIONNELLES : « des connexions via le serveur A sont stables » se lit dans la population des connexions via A, donc et . De même , , et .
Contrôle : les branches issues d'un même nœud ont pour somme (, et , , ). L'arbre complété, avec la probabilité de chaque chemin en bout de branche, figure en fin de corrigé. Erreur fréquente : écrire pour au lieu de ; les trois pourcentages de stabilité sont tous conditionnés par un serveur.
A.2. « La connexion est stable et passe par le serveur B » est l'intersection . Formule des probabilités composées, lue sur le chemin puis : . C'est la valeur annoncée.
Piège : répondre , qui est la probabilité d'être stable SACHANT que la connexion passe par B, pas celle de « B et stable ».
A.3. Même formule, sur le chemin puis : .
Interprétation : des connexions passent par le serveur C ET sont instables. L'interprétation porte sur l'ensemble de TOUTES les connexions ; dire « des connexions via C sont instables » serait faux, ce taux-là vaut .
A.4. Formule des probabilités totales, avec la partition : .
Or , (question A.2) et . Donc .
Vérification par l'évènement contraire : , et . Pour « démontrer », il faut citer la partition : c'est elle qui autorise l'addition.
A.5. On sait que la connexion est stable : on cherche , une probabilité conditionnée par alors que l'arbre est construit dans l'autre sens. On revient à la définition (démarche de la formule de Bayes) : , soit arrondi au millième.
Interprétation : parmi les connexions stables, environ passent par le serveur B. C'est un peu moins que la part de B dans l'ensemble des connexions (), ce qui est cohérent : B est le serveur le moins stable des trois ( seulement).
Piège : confondre avec , ou diviser par . Le dénominateur est toujours la probabilité de l'évènement que l'on SAIT réalisé, ici . Écrire et non quand le millième est demandé.
B.1.a. On répète fois, de façon indépendante (tirage assimilé à un tirage avec remise), la même épreuve de Bernoulli : « la connexion est instable », succès de probabilité . La variable compte les succès, donc suit la loi binomiale de paramètres et , notée .
Piège : prendre . Le succès est l'évènement que compte, ici l'INSTABILITÉ.
B.1.b. « Au plus huit connexions instables » se traduit par . À la calculatrice, avec la fonction de répartition de la loi binomiale (binomFRép, ou binomcdf, avec , et la valeur ) : .
Ordre de grandeur : , donc « au plus 8 » englobe un peu plus que la moyenne, et une probabilité d'environ est plausible. Piège : utiliser la fonction de probabilité (binomFdp) qui donne seul, environ .
B.2.a. L'évènement « au moins une connexion instable » est le contraire de « aucune connexion instable », c'est-à-dire de . Or . Donc .
Piège : additionner , ce qui ne donne aucune expression utilisable ; « au moins un » appelle toujours l'évènement contraire.
B.2.b. On résout l'inéquation : .
La fonction est strictement croissante sur , elle conserve donc l'ordre : . Comme (car ), diviser par ce nombre RENVERSE l'inégalité : .
Le plus petit entier qui convient est . Vérification : et . Il faut donc examiner au moins connexions pour que la probabilité d'en rencontrer au moins une instable atteigne .
Piège : oublier de renverser l'inégalité, ce qui donnerait , une réponse absurde (plus l'échantillon est grand, plus on a de chances de voir une connexion instable).
B.3.a. Par linéarité de l'espérance, avec pour une loi binomiale : .
La fréquence observée a pour espérance la probabilité d'instabilité, quelle que soit la taille de l'échantillon. Vérification de la variance admise : , c'est bien la valeur de l'énoncé.
B.3.b. Inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à , d'espérance et de variance , avec : .
Comme et , on a , d'où l'inégalité demandée : .
Piège : diviser par au lieu de . Et ne pas s'arrêter à : l'énoncé annonce , il faut écrire la dernière majoration.
B.3.c. Pour , la question B.3.b donne, en fonctionnement normal des serveurs : .
La fréquence observée vaut , et : l'échantillon réalise justement l'évènement dont la probabilité est au plus . Un tel écart est donc très improbable si les serveurs fonctionnent normalement.
Conclusion : oui, le responsable a raison de soupçonner un dysfonctionnement. Ce n'est pas une certitude, un évènement rare peut se produire, mais l'observation est peu compatible avec la probabilité d'instabilité de (elle est même plus du double). Piège : conclure sans avoir comparé l'écart au seuil de l'inégalité, qui est ce qui rend celle-ci applicable.
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