Spécialité maths, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : arbres pondérés et probabilités totales (Terminale spécialité)

Voici une série d'exercices corrigés de spécialité mathématiques sur les arbres pondérés, les probabilités conditionnelles et la formule des probabilités totales, au niveau de la classe de Terminale du programme français, tel qu'il est suivi au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas à Montréal comme dans tous les lycées français.

Le fil de la série tient en une phrase : une branche est conditionnée par TOUT le chemin qui y mène ; on multiplie le long d'un chemin, on additionne les chemins. À trois niveaux, la dernière branche porte une probabilité sachant l'intersection des deux premiers événements, et c'est l'hypothèse du modèle, jamais une évidence, qui permet parfois de la simplifier.

La série suit la capacité attendue du programme : succession de deux ou trois épreuves quelconques, arbre, indépendance, probabilités totales. Elle se termine par le schéma de Bernoulli, qui ouvre la série sur la loi binomiale, et fait le lien avec les suites arithmético-géométriques, forme très fréquente des sujets de juin.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres, les plus proches) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Pourcentages et évolutionsSeconde
  2. 2Généralités sur les fonctionsSeconde
  3. 3Probabilités, modèle et loi des grands nombresSeconde
  4. 4Les statistiques descriptivesSeconde
  5. 5Tableaux croisés et fréquences conditionnellesSeconde
  6. 6Probabilités conditionnelles et arbres pondérésSeconde
  7. 7Algorithmique et PythonSeconde
  8. 8Les suites numériquesPremière
  9. 9Probabilités conditionnellesPremière
  10. 10Suites et récurrence

Rappel de cours

  • • PROBABILITÉ CONDITIONNELLE : pour P(A)≠0P(A)\neq 0, PA(B)=P(A∩B)P(A)P_{A}(B)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(A)}.
  • • ARBRE : la première branche porte une probabilité simple ; toute branche suivante porte une probabilité conditionnée par TOUT le chemin qui y mène. À trois niveaux : P(A∩B∩C)=P(A)×PA(B)×PA∩B(C)P(A\cap B\cap C)=P(A)\times P_{A}(B)\times P_{A\cap B}(C).
  • • Les branches issues d'un MÊME nœud ont une somme égale à 11 ; des branches issues de nœuds différents ne se complètent pas.
  • • On MULTIPLIE le long d'un chemin, on ADDITIONNE les chemins qui réalisent l'événement.
  • • PARTITION : A1A_{1}, A2A_{2}, A3A_{3} deux à deux incompatibles, de réunion égale à l'univers. Une somme des probabilités égale à 11 ne suffit pas.
  • • PROBABILITÉS TOTALES : P(B)=P(A1)PA1(B)+P(A2)PA2(B)+P(A3)PA3(B)P(B)=P(A_{1})P_{A_{1}}(B)+P(A_{2})P_{A_{2}}(B)+P(A_{3})P_{A_{3}}(B). C'est une moyenne pondérée des PAi(B)P_{A_{i}}(B), donc comprise entre la plus petite et la plus grande.
  • • RETOURNER : PB(A)=P(A∩B)P(B)P_{B}(A)=\dfrac{P(A\cap B)}{P(B)}, le numérateur étant un chemin et le dénominateur la somme des chemins qui mènent à BB.
  • • INDÉPENDANCE : P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B). Sur un arbre, avec 0<P(A)<10<P(A)<1 : AA et BB sont indépendants si et seulement si PA(B)=PA‾(B)P_{A}(B)=P_{\overline{A}}(B).
  • • ARBRE RÉPÉTÉ : pn+1=pn×PCn(Cn+1)+(1−pn)×PCn‾(Cn+1)p_{n+1}=p_{n}\times P_{C_{n}}(C_{n+1})+(1-p_{n})\times P_{\overline{C_{n}}}(C_{n+1}) donne une suite pn+1=apn+bp_{n+1}=ap_{n}+b ; on pose un=pn−ℓu_{n}=p_{n}-\ell avec ℓ=aℓ+b\ell=a\ell+b.
  • • SCHÉMA DE BERNOULLI : nn épreuves identiques, indépendantes, à deux issues ; le nombre de succès suit B(n ; p)\mathcal{B}(n\ ;\ p) et P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k}.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Remettre les données sous leur nœud : un sachet de graines

Un sachet mélange des graines de tomate de deux variétés, cerise et cœur-de-bœuf. On sème une graine prise au hasard dans le sachet. On note CC l'événement « la graine est une graine de tomate cerise » et GG l'événement « la graine germe ».

Le fabricant indique : 70 %70\ \% des graines du sachet sont des graines de tomate cerise ; 56 %56\ \% des graines du sachet sont des graines de tomate cerise qui germent ; parmi les graines de cœur-de-bœuf, 40 %40\ \% ne germent pas.

L'arbre ci-dessous est à compléter : les points d'interrogation sont les probabilités à trouver.

C0,7G?non G?non C?G?non G0,4
  • a) Traduisez chacune des trois données du fabricant par une probabilité. Laquelle n'est PAS une probabilité portée par une branche de l'arbre ?
  • b) Calculez PC(G)P_{C}(G), puis complétez toutes les branches de l'arbre.
  • c) Calculez P(G)P(G) en citant la formule utilisée.
  • d) Une graine a germé. Quelle est la probabilité que ce soit une graine de tomate cerise ? Arrondissez au millième.
  • e) Une graine n'a pas germé. Quelle est la probabilité que ce soit une graine de cœur-de-bœuf ? Arrondissez au millième et comparez à P(C‾)P(\overline{C}).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(C)=0,7P(C)=0{,}7, P(C∩G)=0,56P(C\cap G)=0{,}56, PC‾(G‾)=0,4P_{\overline{C}}(\overline{G})=0{,}4 ; P(C∩G)P(C\cap G) est un chemin, pas une branche
  • b) PC(G)=0,8P_{C}(G)=0{,}8 ; PC(G‾)=0,2P_{C}(\overline{G})=0{,}2, P(C‾)=0,3P(\overline{C})=0{,}3, PC‾(G)=0,6P_{\overline{C}}(G)=0{,}6
  • c) P(G)=0,56+0,18=0,74P(G)=0{,}56+0{,}18=0{,}74
  • d) PG(C)=0,560,74≈0,757P_{G}(C)=\dfrac{0{,}56}{0{,}74}\approx 0{,}757
  • e) PG‾(C‾)=0,120,26≈0,462P_{\overline{G}}(\overline{C})=\dfrac{0{,}12}{0{,}26}\approx 0{,}462, contre P(C‾)=0,3P(\overline{C})=0{,}3

a) « 70 %70\ \% des graines du sachet » se compte parmi TOUT le sachet : P(C)=0,7P(C)=0{,}7, probabilité simple, portée par la première branche. « 56 %56\ \% des graines du sachet sont des graines de tomate cerise qui germent » se compte aussi parmi tout le sachet, mais décrit des graines qui sont à la fois cerise ET qui germent : c'est P(C∩G)=0,56P(C\cap G)=0{,}56, une intersection. « Parmi les graines de cœur-de-bœuf, 40 %40\ \% ne germent pas » se compte parmi les seules C‾\overline{C} : PC‾(G‾)=0,4P_{\overline{C}}(\overline{G})=0{,}4, probabilité conditionnelle. La donnée qui n'est portée par AUCUNE branche est P(C∩G)P(C\cap G) : c'est le produit d'un CHEMIN, pas le poids d'une branche. L'erreur classique est d'écrire 0,560{,}56 sur la branche de CC vers GG ; tout l'arbre est alors faux, et avec lui chaque question suivante.

b) La règle du chemin s'écrit P(C∩G)=P(C)×PC(G)P(C\cap G)=P(C)\times P_{C}(G), donc PC(G)=P(C∩G)P(C)=0,560,7=0,8P_{C}(G)=\dfrac{P(C\cap G)}{P(C)}=\dfrac{0{,}56}{0{,}7}=0{,}8. On complète ensuite sous chaque nœud, parce que les branches issues d'un même nœud se partagent la même population et font 11 : PC(G‾)=1−0,8=0,2P_{C}(\overline{G})=1-0{,}8=0{,}2 sous le nœud CC ; P(C‾)=1−0,7=0,3P(\overline{C})=1-0{,}7=0{,}3 à la racine ; PC‾(G)=1−0,4=0,6P_{\overline{C}}(G)=1-0{,}4=0{,}6 sous le nœud C‾\overline{C}. On ne complète jamais 0,80{,}8 par 0,20{,}2 sous le nœud C‾\overline{C} : les deux branches « GG » partent de nœuds différents, donc de deux populations différentes.

c) Les événements CC et C‾\overline{C} forment une partition de l'univers : ils sont incompatibles et leur réunion est l'univers. La formule des probabilités totales donne P(G)=P(C∩G)+P(C‾∩G)=P(C)×PC(G)+P(C‾)×PC‾(G)P(G)=P(C\cap G)+P(\overline{C}\cap G)=P(C)\times P_{C}(G)+P(\overline{C})\times P_{\overline{C}}(G), soit P(G)=0,7×0,8+0,3×0,6=0,56+0,18=0,74P(G)=0{,}7\times 0{,}8+0{,}3\times 0{,}6=0{,}56+0{,}18=0{,}74. Sur l'arbre, c'est la SOMME des deux chemins qui aboutissent à GG : on multiplie le long d'un chemin, on additionne entre les chemins. Nommer la formule et la partition rapporte le point de rédaction du bac ; écrire seulement « 0,56+0,180{,}56+0{,}18 » le laisse souvent de côté.

d) On demande PG(C)P_{G}(C) : la condition GG est au SECOND niveau, on ne lit donc pas la réponse sur une branche. On revient à la définition : PG(C)=P(C∩G)P(G)=0,560,74≈0,757P_{G}(C)=\dfrac{P(C\cap G)}{P(G)}=\dfrac{0{,}56}{0{,}74}\approx 0{,}757. Parmi les graines qui ont germé, environ 75,7 %75{,}7\ \% sont des graines cerise. C'est un peu plus que les 70 %70\ \% du sachet, parce que les graines cerise germent mieux : savoir qu'une graine a germé rend la variété cerise plus probable.

e) On calcule d'abord P(G‾)=1−0,74=0,26P(\overline{G})=1-0{,}74=0{,}26, et P(C‾∩G‾)=0,3×0,4=0,12P(\overline{C}\cap\overline{G})=0{,}3\times 0{,}4=0{,}12. Donc PG‾(C‾)=0,120,26≈0,462P_{\overline{G}}(\overline{C})=\dfrac{0{,}12}{0{,}26}\approx 0{,}462. Parmi les graines qui n'ont pas germé, près de 46 %46\ \% sont des cœur-de-bœuf, alors qu'elles ne font que 30 %30\ \% du sachet. L'échec de germination est une information qui pèse en faveur de la variété qui germe le moins bien. Contrôle : PG‾(C)=0,7×0,20,26=0,140,26≈0,538P_{\overline{G}}(C)=\dfrac{0{,}7\times 0{,}2}{0{,}26}=\dfrac{0{,}14}{0{,}26}\approx 0{,}538, et 0,462+0,538=10{,}462+0{,}538=1 : les deux probabilités sachant G‾\overline{G} se complètent, puisqu'elles se comptent dans la même population.

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches d'une visite à l'autre et te dit quel chapitre attaquer ensuite. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Une partition en trois : les itinéraires d'une application

Une application de navigation propose trois itinéraires pour un même trajet : l'autoroute, choisie par 50 %50\ \% des conducteurs, la route nationale, choisie par 30 %30\ \%, et la route départementale, choisie par les autres. Chaque conducteur suit un seul itinéraire.

Un conducteur est pris dans un embouteillage avec la probabilité 0,10{,}1 sur l'autoroute, 0,20{,}2 sur la nationale et 0,350{,}35 sur la départementale. On choisit un conducteur au hasard et l'on note AA, NN, DD l'itinéraire suivi et EE l'événement « il est pris dans un embouteillage ».

A0,5E0,1non E0,9N0,3E0,2non E0,8D0,2E0,35non E0,65
  • a) Justifiez que AA, NN et DD forment une partition de l'univers, et écrivez la formule des probabilités totales pour P(E)P(E).
  • b) Calculez P(E)P(E).
  • c) Un conducteur a été pris dans un embouteillage. Calculez la probabilité qu'il ait pris chacun des trois itinéraires, au millième. Lequel est le plus probable ?
  • d) Un conducteur est arrivé sans embouteillage. Calculez la probabilité qu'il ait pris l'autoroute, au millième, et comparez à P(A)P(A).
  • e) L'application veut ramener P(E)P(E) à 0,150{,}15 en envoyant sur l'autoroute une part tt des conducteurs de la départementale, les taux d'embouteillage restant les mêmes. Exprimez P(E)P(E) en fonction de tt, puis déterminez tt.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) Itinéraires incompatibles, réunion égale à l'univers ; P(E)=P(A)PA(E)+P(N)PN(E)+P(D)PD(E)P(E)=P(A)P_{A}(E)+P(N)P_{N}(E)+P(D)P_{D}(E)
  • b) P(E)=0,05+0,06+0,07=0,18P(E)=0{,}05+0{,}06+0{,}07=0{,}18
  • c) PE(A)≈0,278P_{E}(A)\approx 0{,}278, PE(N)≈0,333P_{E}(N)\approx 0{,}333, PE(D)≈0,389P_{E}(D)\approx 0{,}389 : la départementale
  • d) PE‾(A)=0,450,82≈0,549P_{\overline{E}}(A)=\dfrac{0{,}45}{0{,}82}\approx 0{,}549, plus que P(A)=0,5P(A)=0{,}5
  • e) P(E)=0,18−0,25tP(E)=0{,}18-0{,}25t ; t=0,12t=0{,}12

a) Chaque conducteur suit UN SEUL itinéraire : les événements AA, NN et DD sont deux à deux incompatibles. Et tout conducteur suit l'un des trois : leur réunion est l'univers. Ce sont les deux conditions d'une partition, et il faut les écrire toutes les deux ; on vérifie au passage que P(A)+P(N)+P(D)=0,5+0,3+0,2=1P(A)+P(N)+P(D)=0{,}5+0{,}3+0{,}2=1, ce qui est nécessaire mais ne SUFFIT pas (l'exercice 8 le montre). La formule des probabilités totales s'écrit alors P(E)=P(A∩E)+P(N∩E)+P(D∩E)=P(A) PA(E)+P(N) PN(E)+P(D) PD(E)P(E)=P(A\cap E)+P(N\cap E)+P(D\cap E)=P(A)\,P_{A}(E)+P(N)\,P_{N}(E)+P(D)\,P_{D}(E). Sur l'arbre, trois chemins mènent à EE, un par itinéraire, et l'on additionne leurs produits.

b) P(E)=0,5×0,1+0,3×0,2+0,2×0,35=0,05+0,06+0,07=0,18P(E)=0{,}5\times 0{,}1+0{,}3\times 0{,}2+0{,}2\times 0{,}35=0{,}05+0{,}06+0{,}07=0{,}18. Un conducteur sur cinq et demi environ est pris dans un embouteillage. Le résultat est une MOYENNE PONDÉRÉE des trois taux 0,10{,}1, 0,20{,}2 et 0,350{,}35 : il tombe forcément entre le plus petit et le plus grand, ce qui fournit un contrôle immédiat. Une valeur hors de [0,1 ; 0,35][0{,}1\ ;\ 0{,}35] signalerait une erreur de branche.

c) On retourne le conditionnement par la définition : PE(A)=P(A∩E)P(E)=0,050,18≈0,278P_{E}(A)=\dfrac{P(A\cap E)}{P(E)}=\dfrac{0{,}05}{0{,}18}\approx 0{,}278, PE(N)=0,060,18≈0,333P_{E}(N)=\dfrac{0{,}06}{0{,}18}\approx 0{,}333 et PE(D)=0,070,18≈0,389P_{E}(D)=\dfrac{0{,}07}{0{,}18}\approx 0{,}389. Les numérateurs sont les trois chemins de la question b), le dénominateur est leur somme : c'est pourquoi les trois résultats font 11 (aux arrondis près). La départementale, choisie par un conducteur sur cinq seulement, est l'itinéraire le plus probable d'un conducteur pris dans un embouteillage : sa faible part est plus que compensée par son taux, trois fois et demie celui de l'autoroute.

d) L'information est cette fois NÉGATIVE : on compte parmi les conducteurs arrivés sans embouteillage. P(E‾)=1−0,18=0,82P(\overline{E})=1-0{,}18=0{,}82 et P(A∩E‾)=0,5×0,9=0,45P(A\cap\overline{E})=0{,}5\times 0{,}9=0{,}45, donc PE‾(A)=0,450,82≈0,549P_{\overline{E}}(A)=\dfrac{0{,}45}{0{,}82}\approx 0{,}549. C'est plus que P(A)=0,5P(A)=0{,}5 : arriver sans encombre rend l'autoroute un peu plus probable, parce que c'est l'itinéraire le plus fluide. L'écart est modeste, car l'absence d'embouteillage est fréquente sur les trois routes : une information banale déplace peu les probabilités, une information rare les déplace beaucoup, comme en c).

e) Après le transfert, P(A)=0,5+tP(A)=0{,}5+t et P(D)=0,2−tP(D)=0{,}2-t, avec 0≤t≤0,20\le t\le 0{,}2, et P(N)P(N) ne bouge pas. La formule des probabilités totales donne P(E)=(0,5+t)×0,1+0,3×0,2+(0,2−t)×0,35=0,18+0,1t−0,35t=0,18−0,25tP(E)=(0{,}5+t)\times 0{,}1+0{,}3\times 0{,}2+(0{,}2-t)\times 0{,}35=0{,}18+0{,}1t-0{,}35t=0{,}18-0{,}25t. Chaque point de part transféré fait gagner l'écart des deux taux, 0,35−0,1=0,250{,}35-0{,}1=0{,}25. On résout 0,18−0,25t=0,150{,}18-0{,}25t=0{,}15, soit t=0,030,25=0,12t=\dfrac{0{,}03}{0{,}25}=0{,}12, qui est bien dans [0 ; 0,2][0\ ;\ 0{,}2]. Il faut donc envoyer sur l'autoroute 1212 points de conducteurs : la départementale passe de 20 %20\ \% à 8 %8\ \% des conducteurs, l'autoroute de 50 %50\ \% à 62 %62\ \%. Contrôle : 0,62×0,1+0,06+0,08×0,35=0,062+0,06+0,028=0,150{,}62\times 0{,}1+0{,}06+0{,}08\times 0{,}35=0{,}062+0{,}06+0{,}028=0{,}15.

Exercice 3 : Trois niveaux : la météo d'un long week-end

Pour un long week-end de trois jours, vendredi, samedi et dimanche, on modélise le temps ainsi : chaque jour est soit beau, soit maussade. Vendredi est beau avec la probabilité 0,60{,}6. Ensuite, si un jour est beau, le lendemain est beau avec la probabilité 0,70{,}7 ; si un jour est maussade, le lendemain est beau avec la probabilité 0,40{,}4.

On note B1B_{1}, B2B_{2}, B3B_{3} les événements « vendredi est beau », « samedi est beau », « dimanche est beau ». L'arbre ci-dessous donne la structure de l'expérience, sans ses probabilités.

B₁B₂B₃non B₃non B₂B₃non B₃non B₁B₂B₃non B₃non B₂B₃non B₃
  • a) Recopiez l'arbre et portez sur chaque branche sa probabilité. Quelle probabilité conditionnelle la branche qui va de « B2‾\overline{B_{2}} » à « B3B_{3} » sur le chemin B1B_{1}, B2‾\overline{B_{2}}, B3B_{3} représente-t-elle, et que vaut-elle ?
  • b) Calculez la probabilité que les trois jours soient beaux.
  • c) Calculez P(B3)P(B_{3}) de deux façons : par les chemins de l'arbre, puis en calculant d'abord P(B2)P(B_{2}).
  • d) Calculez la probabilité qu'exactement un des trois jours soit beau.
  • e) Dimanche a été beau. Quelle est la probabilité que vendredi l'ait été aussi ? Arrondissez au millième et comparez à P(B1)P(B_{1}).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) La branche porte PB1∩B2‾(B3)P_{B_{1}\cap\overline{B_{2}}}(B_{3}), qui vaut ici PB2‾(B3)=0,4P_{\overline{B_{2}}}(B_{3})=0{,}4 par hypothèse du modèle
  • b) P(B1∩B2∩B3)=0,6×0,7×0,7=0,294P(B_{1}\cap B_{2}\cap B_{3})=0{,}6\times 0{,}7\times 0{,}7=0{,}294
  • c) P(B3)=0,294+0,072+0,112+0,096=0,574P(B_{3})=0{,}294+0{,}072+0{,}112+0{,}096=0{,}574 ; aussi P(B2)=0,58P(B_{2})=0{,}58 puis 0,58×0,7+0,42×0,4=0,5740{,}58\times 0{,}7+0{,}42\times 0{,}4=0{,}574
  • d) 0,108+0,048+0,096=0,2520{,}108+0{,}048+0{,}096=0{,}252
  • e) PB3(B1)=0,3660,574≈0,638P_{B_{3}}(B_{1})=\dfrac{0{,}366}{0{,}574}\approx 0{,}638, un peu plus que 0,60{,}6

a) Premier niveau : 0,60{,}6 vers B1B_{1}, 0,40{,}4 vers B1‾\overline{B_{1}}. Aux niveaux suivants, chaque nœud « beau » envoie 0,70{,}7 vers « beau » et 0,30{,}3 vers « maussade », chaque nœud « maussade » envoie 0,40{,}4 et 0,60{,}6. Une branche du TROISIÈME niveau est conditionnée par tout le chemin qui y mène : celle qui va de B2‾\overline{B_{2}} à B3B_{3} sur le chemin B1B_{1}, B2‾\overline{B_{2}} porte PB1∩B2‾(B3)P_{B_{1}\cap\overline{B_{2}}}(B_{3}). C'est l'hypothèse du MODÈLE, « le temps d'un jour ne dépend que de la veille », qui permet de l'égaler à PB2‾(B3)=0,4P_{\overline{B_{2}}}(B_{3})=0{,}4. Sans cette hypothèse, rien n'autoriserait à écrire le même nombre sur les deux branches « B2‾\overline{B_{2}} vers B3B_{3} » de l'arbre : l'exercice 6 montre un arbre où la dernière branche dépend du PREMIER niveau.

b) Un seul chemin réalise B1∩B2∩B3B_{1}\cap B_{2}\cap B_{3}, et la règle du chemin se prolonge à trois niveaux : P(B1∩B2∩B3)=P(B1)×PB1(B2)×PB1∩B2(B3)=0,6×0,7×0,7=0,294P(B_{1}\cap B_{2}\cap B_{3})=P(B_{1})\times P_{B_{1}}(B_{2})\times P_{B_{1}\cap B_{2}}(B_{3})=0{,}6\times 0{,}7\times 0{,}7=0{,}294. Ce n'est PAS P(B1)×P(B2)×P(B3)P(B_{1})\times P(B_{2})\times P(B_{3}) : les trois jours ne sont pas indépendants, et c'est justement ce que l'arbre prend en compte. Les huit produits en bout de chemin font 11, contrôle à faire avant d'aller plus loin : 0,294+0,126+0,072+0,108+0,112+0,048+0,096+0,144=10{,}294+0{,}126+0{,}072+0{,}108+0{,}112+0{,}048+0{,}096+0{,}144=1.

c) Première façon : quatre chemins aboutissent à B3B_{3}, un par temps possible de vendredi et samedi. P(B3)=0,6×0,7×0,7+0,6×0,3×0,4+0,4×0,4×0,7+0,4×0,6×0,4=0,294+0,072+0,112+0,096=0,574P(B_{3})=0{,}6\times 0{,}7\times 0{,}7+0{,}6\times 0{,}3\times 0{,}4+0{,}4\times 0{,}4\times 0{,}7+0{,}4\times 0{,}6\times 0{,}4=0{,}294+0{,}072+0{,}112+0{,}096=0{,}574. Seconde façon, par étapes : la formule des probabilités totales avec la partition {B1,B1‾}\{B_{1},\overline{B_{1}}\} donne P(B2)=0,6×0,7+0,4×0,4=0,58P(B_{2})=0{,}6\times 0{,}7+0{,}4\times 0{,}4=0{,}58, puis avec la partition {B2,B2‾}\{B_{2},\overline{B_{2}}\} : P(B3)=0,58×0,7+0,42×0,4=0,406+0,168=0,574P(B_{3})=0{,}58\times 0{,}7+0{,}42\times 0{,}4=0{,}406+0{,}168=0{,}574. Les deux calculs concordent. La seconde façon ne vaut QUE parce que dimanche ne dépend que de samedi : c'est elle qui, répétée, donne une suite récurrente (exercice 9).

d) « Exactement un jour beau » est réalisé par trois chemins, selon que le jour beau est vendredi, samedi ou dimanche : 0,6×0,3×0,6=0,1080{,}6\times 0{,}3\times 0{,}6=0{,}108, 0,4×0,4×0,3=0,0480{,}4\times 0{,}4\times 0{,}3=0{,}048 et 0,4×0,6×0,4=0,0960{,}4\times 0{,}6\times 0{,}4=0{,}096. Les trois produits sont DIFFÉRENTS : on ne peut pas écrire « 33 fois le même chemin », comme on le fera dans un schéma de Bernoulli, car les épreuves ne sont ni identiques ni indépendantes. Total : 0,108+0,048+0,096=0,2520{,}108+0{,}048+0{,}096=0{,}252.

e) On veut PB3(B1)=P(B1∩B3)P(B3)P_{B_{3}}(B_{1})=\dfrac{P(B_{1}\cap B_{3})}{P(B_{3})}. Au numérateur, les chemins qui passent par B1B_{1} ET aboutissent à B3B_{3} : 0,294+0,072=0,3660{,}294+0{,}072=0{,}366. Donc PB3(B1)=0,3660,574≈0,638P_{B_{3}}(B_{1})=\dfrac{0{,}366}{0{,}574}\approx 0{,}638. C'est un peu plus que P(B1)=0,6P(B_{1})=0{,}6 : un beau dimanche rend un beau vendredi plus probable, alors que le temps « ne se transmet » que d'un jour au suivant. Le conditionnement remonte le temps sans difficulté, et l'effet s'atténue d'un jour à l'autre, ce qui explique le faible écart.

B₁0,6B₂0,7B₃0,70,294non B₃0,30,126non B₂0,3B₃0,40,072non B₃0,60,108non B₁0,4B₂0,4B₃0,70,112non B₃0,30,048non B₂0,6B₃0,40,096non B₃0,60,144

Exercice 4 : L'indépendance se calcule : des photos floues

Sur un téléphone, on étudie les photos floues. Un quart des photos sont prises de nuit ; 32 %32\ \% des photos de nuit sont floues, contre 8 %8\ \% des photos de jour. On choisit une photo au hasard et l'on note NN « la photo est prise de nuit » et FF « la photo est floue ».

Par ailleurs, 20 %20\ \% des photos sont prises avec l'objectif avant ; 14 %14\ \% d'entre elles sont floues, et 14 %14\ \% aussi des photos prises avec l'objectif arrière. On note VV « la photo est prise avec l'objectif avant ».

Critère de référence : deux événements AA et BB sont indépendants lorsque P(A∩B)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B).

  • a) Calculez P(N∩F)P(N\cap F) et P(F)P(F).
  • b) Les événements NN et FF sont-ils indépendants ? Justifiez par le critère, puis comparez PN(F)P_{N}(F) à P(F)P(F).
  • c) Calculez P(V∩F)P(V\cap F). Les événements VV et FF sont-ils indépendants ?
  • d) Démontrez que, si 0<P(A)<10<P(A)<1, les événements AA et BB sont indépendants si et seulement si PA(B)=PA‾(B)P_{A}(B)=P_{\overline{A}}(B).
  • e) Une mise à jour améliore le mode nuit sans changer les photos de jour. Quelle valeur de PN(F)P_{N}(F) rendrait NN et FF indépendants ? Que vaudrait alors P(F)P(F) ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(N∩F)=0,08P(N\cap F)=0{,}08 et P(F)=0,08+0,06=0,14P(F)=0{,}08+0{,}06=0{,}14
  • b) P(N)P(F)=0,035≠0,08P(N)P(F)=0{,}035\neq 0{,}08 : non indépendants ; PN(F)=0,32>P(F)=0,14P_{N}(F)=0{,}32>P(F)=0{,}14
  • c) P(V∩F)=0,028=0,2×0,14P(V\cap F)=0{,}028=0{,}2\times 0{,}14 : VV et FF sont indépendants
  • d) P(B)=P(A)PA(B)+(1−P(A))PA‾(B)P(B)=P(A)P_{A}(B)+(1-P(A))P_{\overline{A}}(B), donc PA(B)=P(B)  ⟺  PA(B)=PA‾(B)P_{A}(B)=P(B)\iff P_{A}(B)=P_{\overline{A}}(B)
  • e) PN(F)=0,08P_{N}(F)=0{,}08, et alors P(F)=0,08P(F)=0{,}08

a) La règle du chemin donne P(N∩F)=P(N)×PN(F)=0,25×0,32=0,08P(N\cap F)=P(N)\times P_{N}(F)=0{,}25\times 0{,}32=0{,}08. Les événements NN et N‾\overline{N} forment une partition, donc par la formule des probabilités totales P(F)=P(N∩F)+P(N‾∩F)=0,08+0,75×0,08=0,08+0,06=0,14P(F)=P(N\cap F)+P(\overline{N}\cap F)=0{,}08+0{,}75\times 0{,}08=0{,}08+0{,}06=0{,}14. Remarquez que les photos de nuit, un quart du total, fournissent pourtant plus de la moitié des photos floues : 0,080{,}08 sur 0,140{,}14.

b) P(N)×P(F)=0,25×0,14=0,035P(N)\times P(F)=0{,}25\times 0{,}14=0{,}035, alors que P(N∩F)=0,08P(N\cap F)=0{,}08. Les deux nombres diffèrent, donc NN et FF ne sont PAS indépendants. Le critère se conclut par une phrase : « P(N∩F)≠P(N)×P(F)P(N\cap F)\neq P(N)\times P(F), donc NN et FF ne sont pas indépendants ». L'autre lecture dit la même chose : PN(F)=0,32P_{N}(F)=0{,}32 alors que P(F)=0,14P(F)=0{,}14 ; savoir que la photo est de nuit rend le flou plus de deux fois plus probable. L'indépendance ne se DEVINE pas sur le contexte, elle se vérifie par le calcul : c'est ce que le correcteur note.

c) P(V∩F)=0,2×0,14=0,028P(V\cap F)=0{,}2\times 0{,}14=0{,}028 et P(F)=0,2×0,14+0,8×0,14=0,14P(F)=0{,}2\times 0{,}14+0{,}8\times 0{,}14=0{,}14. Donc P(V)×P(F)=0,2×0,14=0,028=P(V∩F)P(V)\times P(F)=0{,}2\times 0{,}14=0{,}028=P(V\cap F) : les événements VV et FF sont indépendants. Sur l'arbre, cela se voyait déjà : les deux branches « floue » portent le même nombre 0,140{,}14 sous les nœuds VV et V‾\overline{V}. Choisir l'objectif ne change pas la proportion de photos floues, et c'est exactement ce que veut dire « indépendants ».

d) La formule des probabilités totales, avec la partition {A,A‾}\{A,\overline{A}\}, donne P(B)=P(A) PA(B)+(1−P(A)) PA‾(B)P(B)=P(A)\,P_{A}(B)+(1-P(A))\,P_{\overline{A}}(B). Puisque P(A)≠0P(A)\neq 0, l'indépendance P(A∩B)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B) équivaut à PA(B)=P(B)P_{A}(B)=P(B). Or PA(B)=P(B)P_{A}(B)=P(B) s'écrit PA(B)=P(A)PA(B)+(1−P(A))PA‾(B)P_{A}(B)=P(A)P_{A}(B)+(1-P(A))P_{\overline{A}}(B), soit (1−P(A)) PA(B)=(1−P(A)) PA‾(B)(1-P(A))\,P_{A}(B)=(1-P(A))\,P_{\overline{A}}(B). Comme 1−P(A)≠01-P(A)\neq 0, on peut diviser : c'est PA(B)=PA‾(B)P_{A}(B)=P_{\overline{A}}(B). Chaque étape est une équivalence, ce qui démontre le « si et seulement si ». Le critère se lit sur l'arbre : AA et BB sont indépendants quand les branches vers BB portent le MÊME nombre sous les deux nœuds du premier niveau.

e) D'après d), il faut PN(F)=PN‾(F)=0,08P_{N}(F)=P_{\overline{N}}(F)=0{,}08 : la nuit ne devrait pas produire plus de flou que le jour. On aurait alors P(F)=0,25×0,08+0,75×0,08=0,08P(F)=0{,}25\times 0{,}08+0{,}75\times 0{,}08=0{,}08, et l'on vérifie P(N∩F)=0,02=0,25×0,08=P(N)P(F)P(N\cap F)=0{,}02=0{,}25\times 0{,}08=P(N)P(F). Le taux global de flou tomberait de 14 %14\ \% à 8 %8\ \%. Retenez le mécanisme : quand les branches sont égales, P(F)P(F) vaut cette valeur commune, puisqu'une moyenne pondérée de deux nombres égaux est ce nombre.

Exercice 5 : Une branche inconnue : le circuit d'une randonnée

Un club propose deux circuits de randonnée, un court et un long. Un randonneur choisit le circuit court avec une probabilité xx, où 0≤x≤10\le x\le 1. Il revient avant la nuit avec la probabilité 0,90{,}9 sur le circuit court et 0,60{,}6 sur le circuit long.

On note CC « le randonneur choisit le circuit court » et RR « il revient avant la nuit ».

CxR0,9non R0,1non C1 - xR0,6non R0,4
  • a) Montrez que P(R)=0,3x+0,6P(R)=0{,}3x+0{,}6.
  • b) Le club constate que 78 %78\ \% des randonneurs reviennent avant la nuit. Déterminez xx.
  • c) Avec cette valeur de xx, un randonneur est revenu avant la nuit. Quelle est la probabilité qu'il ait choisi le circuit court ? Arrondissez au millième.
  • d) Quelles valeurs P(R)P(R) peut-elle prendre quand xx décrit [0 ; 1][0\ ;\ 1] ? Un taux de retour de 95 %95\ \% est-il possible ?
  • e) Déterminez xx pour que PR(C)=0,75P_{R}(C)=0{,}75.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(R)=0,9x+0,6(1−x)=0,3x+0,6P(R)=0{,}9x+0{,}6(1-x)=0{,}3x+0{,}6
  • b) 0,3x+0,6=0,780{,}3x+0{,}6=0{,}78 donne x=0,6x=0{,}6
  • c) PR(C)=0,540,78≈0,692P_{R}(C)=\dfrac{0{,}54}{0{,}78}\approx 0{,}692
  • d) P(R)∈[0,6 ; 0,9]P(R)\in[0{,}6\ ;\ 0{,}9] ; 0,950{,}95 est impossible
  • e) 0,9x0,3x+0,6=0,75\dfrac{0{,}9x}{0{,}3x+0{,}6}=0{,}75 donne x=23x=\dfrac{2}{3}

a) L'inconnue se traite comme un nombre : on la porte sur sa branche, et la branche sœur reçoit 1−x1-x. Les événements CC et C‾\overline{C} forment une partition, donc P(R)=P(C) PC(R)+P(C‾) PC‾(R)=0,9x+0,6(1−x)=0,9x+0,6−0,6x=0,3x+0,6P(R)=P(C)\,P_{C}(R)+P(\overline{C})\,P_{\overline{C}}(R)=0{,}9x+0{,}6(1-x)=0{,}9x+0{,}6-0{,}6x=0{,}3x+0{,}6. Le résultat est une fonction AFFINE de xx : c'est toujours le cas quand l'inconnue est au premier niveau, puisque chaque chemin est proportionnel à xx ou à 1−x1-x.

b) On traduit la donnée par une équation : 0,3x+0,6=0,780{,}3x+0{,}6=0{,}78, soit 0,3x=0,180{,}3x=0{,}18 et x=0,6x=0{,}6. La valeur est bien dans [0 ; 1][0\ ;\ 1], vérification obligatoire puisque xx est une probabilité. Six randonneurs sur dix choisissent le circuit court. Contrôle : 0,6×0,9+0,4×0,6=0,54+0,24=0,780{,}6\times 0{,}9+0{,}4\times 0{,}6=0{,}54+0{,}24=0{,}78.

c) P(C∩R)=0,6×0,9=0,54P(C\cap R)=0{,}6\times 0{,}9=0{,}54, donc PR(C)=P(C∩R)P(R)=0,540,78≈0,692P_{R}(C)=\dfrac{P(C\cap R)}{P(R)}=\dfrac{0{,}54}{0{,}78}\approx 0{,}692. Parmi les randonneurs revenus avant la nuit, environ 69 %69\ \% avaient choisi le circuit court, un peu plus que les 60 %60\ \% de départ : revenir à l'heure est un indice en faveur du circuit court.

d) La fonction x↦0,3x+0,6x\mapsto 0{,}3x+0{,}6 est croissante sur [0 ; 1][0\ ;\ 1] (coefficient 0,3>00{,}3>0). Elle vaut 0,60{,}6 en x=0x=0, quand tout le monde prend le circuit long, et 0,90{,}9 en x=1x=1, quand tout le monde prend le court. Donc P(R)P(R) décrit [0,6 ; 0,9][0{,}6\ ;\ 0{,}9] : une moyenne pondérée des deux taux reste entre eux. Un taux de 95 %95\ \% est impossible sans changer les circuits eux-mêmes ; l'équation 0,3x+0,6=0,950{,}3x+0{,}6=0{,}95 donnerait x≈1,17x\approx 1{,}17, qui n'est pas une probabilité. C'est le contrôle qu'on oublie en b) : une solution hors de [0 ; 1][0\ ;\ 1] se rejette.

e) On écrit PR(C)=P(C∩R)P(R)=0,9x0,3x+0,6P_{R}(C)=\dfrac{P(C\cap R)}{P(R)}=\dfrac{0{,}9x}{0{,}3x+0{,}6} et l'on résout 0,9x0,3x+0,6=0,75\dfrac{0{,}9x}{0{,}3x+0{,}6}=0{,}75. Le dénominateur est non nul (au moins 0,60{,}6), on peut multiplier : 0,9x=0,225x+0,450{,}9x=0{,}225x+0{,}45, donc 0,675x=0,450{,}675x=0{,}45 et x=0,450,675=23≈0,667x=\dfrac{0{,}45}{0{,}675}=\dfrac{2}{3}\approx 0{,}667. Vérification : P(R)=0,3×23+0,6=0,8P(R)=0{,}3\times\frac{2}{3}+0{,}6=0{,}8 et P(C∩R)=0,9×23=0,6P(C\cap R)=0{,}9\times\frac{2}{3}=0{,}6, donc PR(C)=0,60,8=0,75P_{R}(C)=\frac{0{,}6}{0{,}8}=0{,}75. Cette fois l'équation n'est plus affine au départ : l'inconnue est au numérateur ET au dénominateur, parce que la condition RR est au second niveau.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Un match en deux manches gagnantes : l'arbre qui s'arrête

Léa dispute un match de badminton en deux manches gagnantes : le match s'arrête dès qu'une joueuse a gagné deux manches, il compte donc deux ou trois manches.

Léa gagne la première manche avec la probabilité 0,60{,}6. Elle gagne la deuxième avec la probabilité 0,70{,}7 si elle a gagné la première, 0,40{,}4 si elle l'a perdue. La manche décisive, à une manche partout, se joue sur les nerfs : Léa la gagne avec la probabilité 0,50{,}5 si elle avait gagné la PREMIÈRE manche, et 0,60{,}6 si elle avait perdu la première.

On note GkG_{k} « Léa gagne la kk-ième manche », VV « Léa gagne le match » et TT « le match se joue en trois manches ». Les points d'interrogation de l'arbre sont à compléter.

G₁0,6G₂0,7non G₂?G₃0,5non G₃?non G₁?G₂0,4G₃0,6non G₃?non G₂?
  • a) Complétez les quatre branches marquées d'un point d'interrogation qui partent d'un nœud du deuxième ou du troisième niveau, et dites pourquoi deux chemins s'arrêtent au deuxième niveau. Combien l'arbre compte-t-il de chemins ?
  • b) Calculez la probabilité que Léa gagne le match.
  • c) Calculez P(T)P(T), puis la probabilité que Léa gagne sachant que le match va en trois manches, au millième.
  • d) Léa a gagné le match. Quelle est la probabilité qu'elle ait gagné la première manche ? Arrondissez au millième.
  • e) Léa a gagné un match en trois manches. Quelle est la probabilité qu'elle ait gagné la première manche ? Arrondissez au millième et commentez l'écart avec d).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) PG1(G2‾)=0,3P_{G_{1}}(\overline{G_{2}})=0{,}3, PG1‾(G2‾)=0,6P_{\overline{G_{1}}}(\overline{G_{2}})=0{,}6, PG1∩G2‾(G3‾)=0,5P_{G_{1}\cap\overline{G_{2}}}(\overline{G_{3}})=0{,}5, PG1‾∩G2(G3‾)=0,4P_{\overline{G_{1}}\cap G_{2}}(\overline{G_{3}})=0{,}4 ; 66 chemins
  • b) P(V)=0,42+0,09+0,096=0,606P(V)=0{,}42+0{,}09+0{,}096=0{,}606
  • c) P(T)=0,18+0,16=0,34P(T)=0{,}18+0{,}16=0{,}34 et PT(V)=0,1860,34≈0,547P_{T}(V)=\dfrac{0{,}186}{0{,}34}\approx 0{,}547
  • d) PV(G1)=0,510,606≈0,842P_{V}(G_{1})=\dfrac{0{,}51}{0{,}606}\approx 0{,}842
  • e) PT∩V(G1)=0,090,186≈0,484P_{T\cap V}(G_{1})=\dfrac{0{,}09}{0{,}186}\approx 0{,}484

a) Sous chaque nœud, les branches se complètent à 11 : PG1(G2‾)=1−0,7=0,3P_{G_{1}}(\overline{G_{2}})=1-0{,}7=0{,}3 et PG1‾(G2‾)=1−0,4=0,6P_{\overline{G_{1}}}(\overline{G_{2}})=1-0{,}4=0{,}6 au deuxième niveau (sans oublier P(G1‾)=0,4P(\overline{G_{1}})=0{,}4 à la racine). Au troisième niveau, PG1∩G2‾(G3‾)=1−0,5=0,5P_{G_{1}\cap\overline{G_{2}}}(\overline{G_{3}})=1-0{,}5=0{,}5 et PG1‾∩G2(G3‾)=1−0,6=0,4P_{\overline{G_{1}}\cap G_{2}}(\overline{G_{3}})=1-0{,}6=0{,}4. Les chemins G1G2G_{1}G_{2} et G1‾ G2‾\overline{G_{1}}\,\overline{G_{2}} s'arrêtent, car le match est déjà joué à deux manches à zéro : un arbre ne représente que les épreuves qui ont LIEU. L'arbre compte donc 2+2+2=62+2+2=6 chemins, et non 88. Surtout, la dernière branche est conditionnée par tout le chemin : le 0,50{,}5 et le 0,60{,}6 partent tous deux d'un nœud « une manche partout », mais pas du même chemin, et c'est la PREMIÈRE manche qui les distingue.

b) Trois chemins mènent à la victoire : G1G2G_{1}G_{2}, G1G2‾G3G_{1}\overline{G_{2}}G_{3} et G1‾G2G3\overline{G_{1}}G_{2}G_{3}. P(V)=0,6×0,7+0,6×0,3×0,5+0,4×0,4×0,6=0,42+0,09+0,096=0,606P(V)=0{,}6\times 0{,}7+0{,}6\times 0{,}3\times 0{,}5+0{,}4\times 0{,}4\times 0{,}6=0{,}42+0{,}09+0{,}096=0{,}606. Contrôle par l'événement contraire : Léa perd par G1‾ G2‾\overline{G_{1}}\,\overline{G_{2}} (0,240{,}24), G1G2‾ G3‾G_{1}\overline{G_{2}}\,\overline{G_{3}} (0,090{,}09) ou G1‾G2G3‾\overline{G_{1}}G_{2}\overline{G_{3}} (0,0640{,}064), soit 0,3940{,}394, et 0,606+0,394=10{,}606+0{,}394=1.

c) Le match va en trois manches quand les deux premières sont partagées : P(T)=0,6×0,3+0,4×0,4=0,18+0,16=0,34P(T)=0{,}6\times 0{,}3+0{,}4\times 0{,}4=0{,}18+0{,}16=0{,}34. Parmi ces matchs, Léa gagne par les deux chemins longs : P(T∩V)=0,09+0,096=0,186P(T\cap V)=0{,}09+0{,}096=0{,}186, donc PT(V)=0,1860,34≈0,547P_{T}(V)=\dfrac{0{,}186}{0{,}34}\approx 0{,}547. Le piège est de répondre 0,50{,}5 ou 0,60{,}6, les deux branches de la manche décisive : ce sont des probabilités sachant un CHEMIN précis, alors que TT réunit deux chemins. PT(V)P_{T}(V) en est la moyenne pondérée par les poids 0,180,34\frac{0{,}18}{0{,}34} et 0,160,34\frac{0{,}16}{0{,}34}.

d) P(V∩G1)P(V\cap G_{1}) réunit les chemins gagnants qui commencent par G1G_{1} : 0,42+0,09=0,510{,}42+0{,}09=0{,}51. Donc PV(G1)=0,510,606≈0,842P_{V}(G_{1})=\dfrac{0{,}51}{0{,}606}\approx 0{,}842. Parmi les matchs gagnés par Léa, plus de huit sur dix ont commencé par une manche gagnée. Rien d'étonnant : gagner la première manche ouvre le chemin le plus probable de tout l'arbre, 0,420{,}42.

e) On se restreint aux matchs gagnés en trois manches : P(T∩V)=0,186P(T\cap V)=0{,}186, dont 0,090{,}09 par le chemin qui commence par G1G_{1}. Donc PT∩V(G1)=0,090,186≈0,484P_{T\cap V}(G_{1})=\dfrac{0{,}09}{0{,}186}\approx 0{,}484. L'écart avec d) est énorme : parmi les victoires en trois manches, la première manche gagnée est même un peu MOINS fréquente que la première perdue. La raison est dans l'énoncé : après une première manche perdue, Léa gagne plus souvent la décisive (0,60{,}6 contre 0,50{,}5). Changer la condition change la population, et le résultat peut s'inverser.

Exercice 7 : Retourner l'arbre : des trajets en covoiturage annulés

Sur une plateforme de covoiturage, 35 %35\ \% des trajets sont réservés la veille du départ, les autres plus tôt. Un trajet réservé la veille est annulé dans 4 %4\ \% des cas, un trajet réservé plus tôt dans 12 %12\ \% des cas.

On choisit un trajet au hasard et l'on note VV « le trajet a été réservé la veille » et AA « le trajet est annulé ». L'arbre de l'énoncé commence par VV ; on veut l'arbre qui commence par AA.

  • a) Calculez P(A)P(A).
  • b) Calculez PA(V)P_{A}(V) et PA(V‾)P_{A}(\overline{V}), au millième.
  • c) Calculez PA‾(V)P_{\overline{A}}(V) et PA‾(V‾)P_{\overline{A}}(\overline{V}), au millième.
  • d) Dessinez l'arbre qui commence par AA, et vérifiez que ses quatre chemins donnent les mêmes intersections que l'arbre de départ. Que vaut P(A‾∩V‾)P(\overline{A}\cap\overline{V}) ?
  • e) La plateforme affirme : « réserver la veille divise par trois le risque d'annulation ». Un conducteur répond : « parmi les trajets annulés, il y en a plus de cinq fois plus réservés tôt que la veille ». Calculez les deux rapports et dites ce que chacun mesure.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P(A)=0,014+0,078=0,092P(A)=0{,}014+0{,}078=0{,}092
  • b) PA(V)=0,0140,092≈0,152P_{A}(V)=\dfrac{0{,}014}{0{,}092}\approx 0{,}152 et PA(V‾)≈0,848P_{A}(\overline{V})\approx 0{,}848
  • c) PA‾(V)=0,3360,908≈0,370P_{\overline{A}}(V)=\dfrac{0{,}336}{0{,}908}\approx 0{,}370 et PA‾(V‾)≈0,630P_{\overline{A}}(\overline{V})\approx 0{,}630
  • d) Chemins 0,0140{,}014, 0,0780{,}078, 0,3360{,}336, 0,5720{,}572 dans les deux arbres ; P(A‾∩V‾)=0,572P(\overline{A}\cap\overline{V})=0{,}572
  • e) PV‾(A)PV(A)=3\dfrac{P_{\overline{V}}(A)}{P_{V}(A)}=3 mesure le risque ; PA(V‾)PA(V)≈5,57\dfrac{P_{A}(\overline{V})}{P_{A}(V)}\approx 5{,}57 mélange risque et taille des groupes

a) La partition {V,V‾}\{V,\overline{V}\} et la formule des probabilités totales donnent P(A)=P(V) PV(A)+P(V‾) PV‾(A)=0,35×0,04+0,65×0,12=0,014+0,078=0,092P(A)=P(V)\,P_{V}(A)+P(\overline{V})\,P_{\overline{V}}(A)=0{,}35\times 0{,}04+0{,}65\times 0{,}12=0{,}014+0{,}078=0{,}092. Un peu plus de 9 %9\ \% des trajets sont annulés. Ce nombre est la première branche de l'arbre retourné : pour changer l'ordre des niveaux, on commence TOUJOURS par la probabilité simple du nouvel événement de tête.

b) Les branches du second niveau de l'arbre retourné sont des probabilités sachant AA : PA(V)=P(A∩V)P(A)=0,0140,092≈0,152P_{A}(V)=\dfrac{P(A\cap V)}{P(A)}=\dfrac{0{,}014}{0{,}092}\approx 0{,}152 et PA(V‾)=0,0780,092≈0,848P_{A}(\overline{V})=\dfrac{0{,}078}{0{,}092}\approx 0{,}848. On peut aussi obtenir la seconde par complément sous le nœud AA, 1−0,152=0,8481-0{,}152=0{,}848 ; faire les deux calculs est un contrôle gratuit. Parmi les trajets annulés, environ 85 %85\ \% avaient été réservés tôt.

c) Sous le nœud A‾\overline{A} : P(A‾)=1−0,092=0,908P(\overline{A})=1-0{,}092=0{,}908, P(A‾∩V)=0,35×0,96=0,336P(\overline{A}\cap V)=0{,}35\times 0{,}96=0{,}336 et P(A‾∩V‾)=0,65×0,88=0,572P(\overline{A}\cap\overline{V})=0{,}65\times 0{,}88=0{,}572. Donc PA‾(V)=0,3360,908≈0,370P_{\overline{A}}(V)=\dfrac{0{,}336}{0{,}908}\approx 0{,}370 et PA‾(V‾)=0,5720,908≈0,630P_{\overline{A}}(\overline{V})=\dfrac{0{,}572}{0{,}908}\approx 0{,}630. Le piège est de compléter à 11 ENTRE nœuds : 1−PA(V)1-P_{A}(V) n'est pas PA‾(V)P_{\overline{A}}(V), ce sont deux populations différentes, les trajets annulés et les autres.

d) L'arbre retourné part de la racine vers AA (0,0920{,}092) et A‾\overline{A} (0,9080{,}908), puis chaque nœud se divise en VV et V‾\overline{V} avec les nombres de b) et c). Ses quatre chemins donnent 0,092×0,0140,092=0,0140{,}092\times\frac{0{,}014}{0{,}092}=0{,}014, puis 0,0780{,}078, 0,3360{,}336 et 0,5720{,}572 : ce sont exactement les quatre intersections de l'arbre de départ, lues dans un autre ordre. C'est le principe du retournement : les deux arbres décrivent la même expérience, seules les branches changent, jamais les bouts de chemin. En particulier P(A‾∩V‾)=0,572P(\overline{A}\cap\overline{V})=0{,}572, et les quatre bouts font 11.

e) Premier rapport : PV‾(A)PV(A)=0,120,04=3\dfrac{P_{\overline{V}}(A)}{P_{V}(A)}=\dfrac{0{,}12}{0{,}04}=3. Il compare le RISQUE d'annulation dans chacun des deux groupes : la plateforme a raison. Second rapport : PA(V‾)PA(V)=0,0780,014≈5,57\dfrac{P_{A}(\overline{V})}{P_{A}(V)}=\dfrac{0{,}078}{0{,}014}\approx 5{,}57. Il compare la COMPOSITION des trajets annulés, et il mélange deux effets : le risque trois fois plus fort, et le fait que les trajets réservés tôt sont presque deux fois plus nombreux (0,650,35≈1,86\frac{0{,}65}{0{,}35}\approx 1{,}86, et 3×1,86≈5,573\times 1{,}86\approx 5{,}57). Les deux phrases sont vraies ; seule la première mesure l'effet de la date de réservation. Confondre les deux arbres, c'est confondre un risque et une répartition.

A0,092V0,1520,014non V0,8480,078non A0,908V0,3700,336non V0,6300,572

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Pour chacune, calculez ce que demande la question, puis corrigez l'affirmation.

  • a) « Dans un arbre à trois niveaux, la branche qui mène à G3G_{3} après G2G_{2} porte PG2(G3)P_{G_{2}}(G_{3}). » Dans le match de l'exercice 6, calculez PG2(G3)P_{G_{2}}(G_{3}) au millième et comparez à la branche 0,60{,}6 du chemin G1‾\overline{G_{1}}, G2G_{2}, G3G_{3}.
  • b) « La probabilité d'un événement du dernier niveau est le produit des probabilités de toutes les branches qui y aboutissent. » On donne P(A)=0,5P(A)=0{,}5, PA(B)=0,6P_{A}(B)=0{,}6 et PA‾(B)=0,8P_{\overline{A}}(B)=0{,}8. Calculez P(B)P(B) et le produit 0,6×0,80{,}6\times 0{,}8.
  • c) « Si PA(B)>P(B)P_{A}(B)>P(B), alors PB(A)<P(A)P_{B}(A)<P(A). » On donne P(A)=0,4P(A)=0{,}4, P(B)=0,5P(B)=0{,}5 et P(A∩B)=0,3P(A\cap B)=0{,}3. Calculez PA(B)P_{A}(B) et PB(A)P_{B}(A).
  • d) « Si AA et BB sont indépendants, et BB et CC indépendants, alors AA et CC sont indépendants. » On choisit au hasard un entier entre 11 et 44 ; A={1 ;2}A=\{1\,;2\}, B={1 ;3}B=\{1\,;3\}, C={3 ;4}C=\{3\,;4\}. Calculez P(A∩C)P(A\cap C) et P(A)×P(C)P(A)\times P(C).
  • e) « La formule des probabilités totales s'applique à trois événements dès que leurs probabilités ont pour somme 11. » On choisit au hasard un entier entre 11 et 1010 ; A1={1,…,5}A_{1}=\{1,\dots,5\}, A2={5 ;6 ;7}A_{2}=\{5\,;6\,;7\}, A3={9 ;10}A_{3}=\{9\,;10\} et B={5}B=\{5\}. Calculez P(B)P(B) et P(A1∩B)+P(A2∩B)+P(A3∩B)P(A_{1}\cap B)+P(A_{2}\cap B)+P(A_{3}\cap B).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) PG2(G3)=0,0960,58≈0,166≠0,6P_{G_{2}}(G_{3})=\dfrac{0{,}096}{0{,}58}\approx 0{,}166\neq 0{,}6 ; la branche porte PG1‾∩G2(G3)P_{\overline{G_{1}}\cap G_{2}}(G_{3})
  • b) P(B)=0,3+0,4=0,7P(B)=0{,}3+0{,}4=0{,}7, pas 0,480{,}48 : on additionne les produits des chemins
  • c) PA(B)=0,75>0,5P_{A}(B)=0{,}75>0{,}5 et PB(A)=0,6>0,4P_{B}(A)=0{,}6>0{,}4 : les deux inégalités vont dans le même sens
  • d) P(A∩C)=0P(A\cap C)=0 et P(A)P(C)=0,25P(A)P(C)=0{,}25 : AA et CC ne sont pas indépendants
  • e) P(B)=0,1P(B)=0{,}1 mais la somme vaut 0,20{,}2 : il faut une partition

a) Une branche est conditionnée par TOUT le chemin qui y mène : celle du chemin G1‾\overline{G_{1}}, G2G_{2}, G3G_{3} porte PG1‾∩G2(G3)=0,6P_{\overline{G_{1}}\cap G_{2}}(G_{3})=0{,}6. Le nombre PG2(G3)P_{G_{2}}(G_{3}) est tout autre chose. P(G2)=0,6×0,7+0,4×0,4=0,58P(G_{2})=0{,}6\times 0{,}7+0{,}4\times 0{,}4=0{,}58 et G2∩G3G_{2}\cap G_{3} n'est réalisé que par le chemin G1‾G2G3\overline{G_{1}}G_{2}G_{3}, car après G1G2G_{1}G_{2} le match s'arrête : P(G2∩G3)=0,096P(G_{2}\cap G_{3})=0{,}096. Donc PG2(G3)=0,0960,58≈0,166P_{G_{2}}(G_{3})=\dfrac{0{,}096}{0{,}58}\approx 0{,}166, très loin de 0,60{,}6. Affirmation corrigée : « la branche porte la probabilité sachant l'intersection de tous les événements du chemin ».

b) On multiplie le long d'UN chemin, on additionne ENTRE les chemins : P(B)=0,5×0,6+0,5×0,8=0,3+0,4=0,7P(B)=0{,}5\times 0{,}6+0{,}5\times 0{,}8=0{,}3+0{,}4=0{,}7. Le produit 0,6×0,8=0,480{,}6\times 0{,}8=0{,}48 n'a aucun sens : il mélange deux branches issues de deux nœuds différents, qui ne sont jamais parcourues ensemble. Un contrôle le dénonce toujours : P(B)P(B) doit être compris entre 0,60{,}6 et 0,80{,}8, moyenne pondérée des deux branches, et 0,480{,}48 ne l'est pas.

c) PA(B)=0,30,4=0,75>P(B)=0,5P_{A}(B)=\dfrac{0{,}3}{0{,}4}=0{,}75>P(B)=0{,}5 et PB(A)=0,30,5=0,6>P(A)=0,4P_{B}(A)=\dfrac{0{,}3}{0{,}5}=0{,}6>P(A)=0{,}4. Les deux inégalités sont dans le MÊME sens, et ce n'est pas un hasard : PA(B)>P(B)P_{A}(B)>P(B) équivaut à P(A∩B)>P(A)P(B)P(A\cap B)>P(A)P(B), qui est symétrique en AA et BB, donc équivaut aussi à PB(A)>P(A)P_{B}(A)>P(A). Correction : « si PA(B)>P(B)P_{A}(B)>P(B), alors PB(A)>P(A)P_{B}(A)>P(A) ». Si AA rend BB plus probable, BB rend AA plus probable.

d) P(A)=P(B)=P(C)=12P(A)=P(B)=P(C)=\frac{1}{2}. A∩B={1}A\cap B=\{1\} : P(A∩B)=14=P(A)P(B)P(A\cap B)=\frac{1}{4}=P(A)P(B), donc AA et BB sont indépendants. B∩C={3}B\cap C=\{3\} : P(B∩C)=14=P(B)P(C)P(B\cap C)=\frac{1}{4}=P(B)P(C), donc BB et CC aussi. Mais A∩C=∅A\cap C=\varnothing : P(A∩C)=0P(A\cap C)=0 alors que P(A)P(C)=14=0,25P(A)P(C)=\frac{1}{4}=0{,}25. Ici C=A‾C=\overline{A}, et un événement n'est jamais indépendant de son contraire quand sa probabilité est strictement entre 00 et 11. L'indépendance ne se « transmet » pas : elle se vérifie pour chaque couple, par le calcul.

e) P(A1)+P(A2)+P(A3)=0,5+0,3+0,2=1P(A_{1})+P(A_{2})+P(A_{3})=0{,}5+0{,}3+0{,}2=1, et pourtant P(B)=0,1P(B)=0{,}1 alors que P(A1∩B)+P(A2∩B)+P(A3∩B)=0,1+0,1+0=0,2P(A_{1}\cap B)+P(A_{2}\cap B)+P(A_{3}\cap B)=0{,}1+0{,}1+0=0{,}2. Deux défauts : 55 est dans A1A_{1} ET dans A2A_{2}, donc compté deux fois, et 88 n'est dans aucun des trois. La formule exige une PARTITION : événements deux à deux incompatibles et de réunion égale à l'univers. Une somme égale à 11 est une conséquence de la partition, pas une preuve.

Exercice 9 : Un bit à travers des relais : l'arbre qui devient une suite

Un bit, 00 ou 11, est envoyé à travers une chaîne de relais. Chaque relais retransmet le bit qu'il reçoit : il le transmet correctement avec la probabilité 0,850{,}85 et l'inverse avec la probabilité 0,150{,}15, indépendamment de ce qui s'est passé avant.

Pour tout entier naturel nn, on note CnC_{n} l'événement « après nn relais, le bit est celui qui a été envoyé » et pn=P(Cn)p_{n}=P(C_{n}). Au départ, aucun relais n'a agi : p0=1p_{0}=1.

  • a) Calculez p1p_{1}, puis p2p_{2} à l'aide d'un arbre à deux niveaux. Expliquez pourquoi deux chemins de l'arbre mènent à C2C_{2}.
  • b) À l'aide de la formule des probabilités totales, montrez que pour tout nn, pn+1=0,7 pn+0,15p_{n+1}=0{,}7\,p_{n}+0{,}15.
  • c) On pose un=pn−0,5u_{n}=p_{n}-0{,}5. Montrez que (un)(u_{n}) est géométrique, puis exprimez pnp_{n} en fonction de nn. Vérifiez votre formule sur p3p_{3}.
  • d) Déterminez la limite de (pn)(p_{n}) et interprétez-la.
  • e) À partir de combien de relais la probabilité de recevoir le bon bit devient-elle inférieure à 0,550{,}55 ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) p1=0,85p_{1}=0{,}85 ; p2=0,852+0,152=0,745p_{2}=0{,}85^{2}+0{,}15^{2}=0{,}745 (deux transmissions justes, ou deux erreurs qui s'annulent)
  • b) pn+1=0,85 pn+0,15 (1−pn)=0,7 pn+0,15p_{n+1}=0{,}85\,p_{n}+0{,}15\,(1-p_{n})=0{,}7\,p_{n}+0{,}15
  • c) un+1=0,7 unu_{n+1}=0{,}7\,u_{n}, u0=0,5u_{0}=0{,}5 ; pn=0,5+0,5×0,7np_{n}=0{,}5+0{,}5\times 0{,}7^{n} ; p3=0,6715p_{3}=0{,}6715
  • d) lim⁡pn=0,5\lim p_{n}=0{,}5 : au bout de nombreux relais, le bit reçu ne vaut pas mieux qu'un tirage à pile ou face
  • e) 0,7n<0,10{,}7^{n}<0{,}1 pour n≥7n\ge 7 : à partir de 77 relais

a) Après un relais, le bit est bon si ce relais a transmis juste : p1=0,85p_{1}=0{,}85. Pour deux relais, l'arbre a deux niveaux, « juste » ou « inversé » à chaque relais. Le bit final est le bon dans DEUX cas : les deux relais ont transmis juste, ou les deux l'ont inversé, la seconde inversion annulant la première. Donc p2=0,85×0,85+0,15×0,15=0,7225+0,0225=0,745p_{2}=0{,}85\times 0{,}85+0{,}15\times 0{,}15=0{,}7225+0{,}0225=0{,}745. Oublier le chemin « deux erreurs » donne 0,72250{,}7225 : c'est l'erreur qui coûte la question, parce qu'on a cherché « aucune erreur » au lieu de « bon bit ».

b) Les événements CnC_{n} et Cn‾\overline{C_{n}} forment une partition. Si le bit est bon après nn relais, il le reste après le suivant avec la probabilité 0,850{,}85 : PCn(Cn+1)=0,85P_{C_{n}}(C_{n+1})=0{,}85. S'il est faux, il redevient bon quand le relais l'inverse : PCn‾(Cn+1)=0,15P_{\overline{C_{n}}}(C_{n+1})=0{,}15. La formule des probabilités totales donne pn+1=pn×0,85+(1−pn)×0,15=0,7 pn+0,15p_{n+1}=p_{n}\times 0{,}85+(1-p_{n})\times 0{,}15=0{,}7\,p_{n}+0{,}15. C'est un arbre à deux niveaux RÉPÉTÉ : on n'écrit jamais l'arbre à nn niveaux, on écrit le passage d'un niveau au suivant. Contrôle : 0,7×0,85+0,15=0,745=p20{,}7\times 0{,}85+0{,}15=0{,}745=p_{2}.

c) un+1=pn+1−0,5=0,7 pn+0,15−0,5=0,7 pn−0,35=0,7 (pn−0,5)=0,7 unu_{n+1}=p_{n+1}-0{,}5=0{,}7\,p_{n}+0{,}15-0{,}5=0{,}7\,p_{n}-0{,}35=0{,}7\,(p_{n}-0{,}5)=0{,}7\,u_{n}. La suite (un)(u_{n}) est géométrique de raison 0,70{,}7 et de premier terme u0=1−0,5=0,5u_{0}=1-0{,}5=0{,}5, donc un=0,5×0,7nu_{n}=0{,}5\times 0{,}7^{n} et pn=0,5+0,5×0,7np_{n}=0{,}5+0{,}5\times 0{,}7^{n}. Le nombre 0,50{,}5 n'est pas choisi au hasard : c'est la solution de ℓ=0,7ℓ+0,15\ell=0{,}7\ell+0{,}15, le point fixe de la relation. Vérification : p3=0,5+0,5×0,343=0,6715p_{3}=0{,}5+0{,}5\times 0{,}343=0{,}6715, et par la relation p3=0,7×0,745+0,15=0,6715p_{3}=0{,}7\times 0{,}745+0{,}15=0{,}6715.

d) Comme 0<0,7<10<0{,}7<1, 0,7n0{,}7^{n} tend vers 00, donc pnp_{n} tend vers 0,50{,}5. De plus pn>0,5p_{n}>0{,}5 pour tout nn et la suite est décroissante. Interprétation : au bout d'un grand nombre de relais, le bit reçu est le bon une fois sur deux, exactement comme si l'on tirait le bit à pile ou face. Le message est perdu, non parce que les relais sont mauvais, mais parce que leurs petites erreurs s'accumulent. La figure de la correction montre les points (n ; pn)(n\ ;\ p_{n}) qui descendent vers la droite y=0,5y=0{,}5 sans jamais la franchir.

e) On résout 0,5+0,5×0,7n<0,550{,}5+0{,}5\times 0{,}7^{n}<0{,}55, soit 0,7n<0,10{,}7^{n}<0{,}1. La fonction ln⁡\ln est strictement croissante : nln⁡0,7<ln⁡0,1n\ln 0{,}7<\ln 0{,}1, et comme ln⁡0,7<0\ln 0{,}7<0, on divise en CHANGEANT le sens : n>ln⁡0,1ln⁡0,7≈6,46n>\dfrac{\ln 0{,}1}{\ln 0{,}7}\approx 6{,}46. Le plus petit entier est n=7n=7. Contrôle par encadrement : p6≈0,559p_{6}\approx 0{,}559 et p7≈0,541p_{7}\approx 0{,}541. Dès sept relais, le bon bit n'arrive plus qu'avec une probabilité inférieure à 0,550{,}55.

123456789100,10,20,30,40,50,60,70,80,911,1np(n)

Exercice 10 : Le code à répétition : du schéma de Bernoulli à la loi binomiale

Pour fiabiliser la liaison à un relais de l'exercice 9, où chaque transmission d'un bit est juste avec la probabilité 0,850{,}85, on envoie chaque bit TROIS fois, les trois transmissions étant indépendantes. Le récepteur décode par vote majoritaire : il retient le bit reçu au moins deux fois sur trois.

On note XX le nombre de copies justes parmi les trois. Les probabilités sont arrondies au millième, sauf mention contraire.

  • a) Sur l'arbre des trois transmissions, combien de chemins comportent exactement deux copies justes ? Calculez la probabilité de chacun, puis P(X=2)P(X=2) et P(X=3)P(X=3).
  • b) Justifiez que XX suit une loi binomiale dont vous donnerez les paramètres, puis calculez la probabilité qq que le bit soit correctement décodé.
  • c) Un bit a été correctement décodé. Quelle est la probabilité que ses trois copies aient été justes ?
  • d) Un octet compte 88 bits, chacun protégé par le code à répétition, les bits étant décodés indépendamment. On note YY le nombre de bits mal décodés. Donnez la loi de YY, puis la probabilité que l'octet soit reçu sans erreur. Comparez avec un octet envoyé sans code.
  • e) Avec le code, à partir de combien de bits un message a-t-il moins d'une chance sur deux d'être reçu sans aucune erreur ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/11

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 33 chemins de probabilité 0,852×0,150{,}85^{2}\times 0{,}15 chacun ; P(X=2)≈0,325P(X=2)\approx 0{,}325 et P(X=3)≈0,614P(X=3)\approx 0{,}614
  • b) X∼B(3 ; 0,85)X\sim\mathcal{B}(3\ ;\ 0{,}85) ; q=P(X≥2)=0,939 25≈0,939q=P(X\ge 2)=0{,}939\,25\approx 0{,}939
  • c) PX≥2(X=3)=0,614 1250,939 25≈0,654P_{X\ge 2}(X=3)=\dfrac{0{,}614\,125}{0{,}939\,25}\approx 0{,}654
  • d) Y∼B(8 ; 0,060 75)Y\sim\mathcal{B}(8\ ;\ 0{,}060\,75) ; P(Y=0)=q8≈0,606P(Y=0)=q^{8}\approx 0{,}606, contre 0,858≈0,2720{,}85^{8}\approx 0{,}272 sans code
  • e) qn<0,5q^{n}<0{,}5 pour n≥12n\ge 12 : à partir de 1212 bits

a) L'arbre a trois niveaux, un par transmission, chaque branche portant 0,850{,}85 (juste) ou 0,150{,}15 (fausse). Comme les transmissions sont INDÉPENDANTES et identiques, chaque branche porte le même nombre quel que soit le chemin : c'est ce qui distingue cet arbre de ceux des exercices 3 et 6. Exactement deux copies justes : la copie fausse est la première, la deuxième ou la troisième, soit 33 chemins, chacun de probabilité 0,85×0,85×0,15=0,108 3750{,}85\times 0{,}85\times 0{,}15=0{,}108\,375. Donc P(X=2)=3×0,108 375=0,325 125≈0,325P(X=2)=3\times 0{,}108\,375=0{,}325\,125\approx 0{,}325, et P(X=3)=0,853=0,614 125≈0,614P(X=3)=0{,}85^{3}=0{,}614\,125\approx 0{,}614. Oublier le facteur 33 est l'erreur typique.

b) On répète 33 fois, de façon indépendante, la même épreuve à deux issues, « copie juste » (succès, probabilité 0,850{,}85) ou « copie fausse » : c'est un schéma de Bernoulli, et XX, qui compte les succès, suit la loi binomiale B(3 ; 0,85)\mathcal{B}(3\ ;\ 0{,}85). Les trois éléments de la justification, épreuves identiques, indépendantes, à deux issues, rapportent chacun une part du point. Le bit est bien décodé quand la majorité des copies est juste : q=P(X≥2)=P(X=2)+P(X=3)=0,325 125+0,614 125=0,939 25≈0,939q=P(X\ge 2)=P(X=2)+P(X=3)=0{,}325\,125+0{,}614\,125=0{,}939\,25\approx 0{,}939. Le taux d'erreur passe de 15 %15\ \% à environ 6 %6\ \%.

c) On retourne le conditionnement : PX≥2(X=3)=P(X=3)P(X≥2)=0,614 1250,939 25≈0,654P_{X\ge 2}(X=3)=\dfrac{P(X=3)}{P(X\ge 2)}=\dfrac{0{,}614\,125}{0{,}939\,25}\approx 0{,}654, puisque l'événement X=3X=3 est inclus dans X≥2X\ge 2. Parmi les bits bien décodés, environ un tiers l'ont été malgré une copie fausse : le code a travaillé une fois sur trois.

d) Chaque bit est mal décodé avec la probabilité 1−q=0,060 751-q=0{,}060\,75, indépendamment des autres, et l'on compte les bits mal décodés sur 88 : Y∼B(8 ; 0,060 75)Y\sim\mathcal{B}(8\ ;\ 0{,}060\,75). L'octet est juste quand Y=0Y=0 : P(Y=0)=(1−0,060 75)8=q8≈0,606P(Y=0)=(1-0{,}060\,75)^{8}=q^{8}\approx 0{,}606. Sans code, chaque bit est juste avec 0,850{,}85 et P=0,858≈0,272P=0{,}85^{8}\approx 0{,}272. Le code fait plus que doubler la probabilité de recevoir un octet intact, au prix de 2424 bits envoyés au lieu de 88. Le piège est d'élever 0,850{,}85 à la puissance 2424 : les 2424 transmissions ne doivent pas être toutes justes, seule la majorité de chaque triplet compte.

e) Un message de nn bits est reçu sans erreur avec la probabilité qnq^{n}. On résout qn<0,5q^{n}<0{,}5, soit nln⁡q<ln⁡0,5n\ln q<\ln 0{,}5 ; comme ln⁡q<0\ln q<0, n>ln⁡0,5ln⁡q≈11,06n>\dfrac{\ln 0{,}5}{\ln q}\approx 11{,}06. Le plus petit entier est n=12n=12. Contrôle : q11≈0,502q^{11}\approx 0{,}502 et q12≈0,471q^{12}\approx 0{,}471. Même protégé, un message de douze bits est plus souvent abîmé qu'intact : c'est pourquoi les vrais codes correcteurs sont plus économes et plus puissants que la simple répétition.

Chapitre précédent Combinatoire et dénombrement Chapitre suivant Loi binomiale et concentration

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/tspe-probabilites-conditionnelles. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur de spécialité maths en Terminale à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. Les arbres ouvrent presque chaque exercice de probabilités du bac : un élève qui sait ce que porte chaque branche prend ces points-là à coup sûr.

Site par Studio Squalli