Exercice 1 : Probabilités : tomates de deux fournisseurs, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev
4 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
Un supermarché dispose d'un stock de tomates provenant de deux fournisseurs A et B.
Il a été constaté que :
• du stock de tomates est commercialisable ;
• du stock de tomates provient du fournisseur A ;
• parmi les tomates provenant du fournisseur A, la proportion de tomates commercialisables est de .
On choisit au hasard une tomate dans le stock.
On désigne par :
• l'évènement « La tomate provient du fournisseur A » ;
• l'évènement « La tomate provient du fournisseur B » ;
• l'évènement « La tomate est commercialisable ».
Pour un évènement quelconque , on note la probabilité de .
- Partie A
- A.1. Recopier l'arbre ci-dessous en complétant les pointillés.
- A.2.a. Déterminer la probabilité que la tomate choisie soit commercialisable et provienne du fournisseur A.
- A.2.b. Démontrer que .
- A.2.c. La tomate choisie est non commercialisable. Le responsable des achats estime qu'il y a deux fois moins de chance qu'elle provienne du fournisseur A que du fournisseur B. A-t-il raison ?
- Partie B
- On rappelle que des tomates du stock ne sont pas commercialisables.
- 1. On prend tomates dans le stock au hasard et de manière indépendante. On considère que le stock est suffisamment important pour qu'on puisse assimiler ce prélèvement à un tirage aléatoire avec remise.
- On note la variable aléatoire égale au nombre de tomates non commercialisables dans cet échantillon de tomates.
- B.1.a. On admet que la variable aléatoire suit une loi binomiale. En préciser les paramètres.
- B.1.b. Déterminer la probabilité qu'exactement deux tomates soient non commercialisables. On donnera la valeur arrondie au millième.
- B.1.c. Déterminer la probabilité qu'au plus deux tomates soient non commercialisables. On donnera la valeur arrondie au millième.
- 2. On constitue désormais un échantillon de tomates, toujours dans les mêmes conditions, où désigne un entier naturel non nul.
- On note , la variable aléatoire égale au nombre de tomates non commercialisables et la variable aléatoire égale à la fréquence de tomates non commercialisables dans cet échantillon de tomates.
- On a donc .
- On admet que la variable aléatoire , suit la loi binomiale de paramètres et .
- B.2.a. Calculer l'espérance et exprimer la variance en fonction de .
- B.2.b. Démontrer que .
- B.2.c. Le responsable des achats prélève dans le stock un échantillon de tomates. Il s'aperçoit que tomates ne sont pas commercialisables. Est-ce conforme à ce qu'il pouvait attendre ? Justifier la réponse.
Voir la correction
Réponses
- A.1 ; ; ;
- A.2.a
- A.2.b , donc
- A.2.c Oui : et , deux fois plus grande
- B.1.a suit la loi binomiale
- B.1.b
- B.1.c
- B.2.a ;
- B.2.b Bienaymé-Tchebychev avec : , puis l'événement contraire
- B.2.c Oui : , événement de probabilité au moins
A.1. On traduit chaque pourcentage de l'énoncé en se demandant à quelle POPULATION il se rapporte. « du stock provient de A » porte sur tout le stock : , et comme une tomate provient soit de A soit de B, . « Parmi les tomates provenant du fournisseur A, sont commercialisables » porte sur les seules tomates de A : c'est une probabilité conditionnelle, , d'où .
Les quatre pointillés valent donc , , et . Contrôle : les probabilités issues d'un même nœud ont pour somme .
Le piège : les de tomates commercialisables ne vont sur AUCUNE branche. C'est , une probabilité non conditionnelle qui ne se lit pas sur une seule branche mais sur la somme de deux chemins ; elle sert à la question A.2.b. Les branches issues de restent vides dans l'arbre de l'énoncé, c'est justement ce que A.2.b calcule. L'arbre complet figure en fin de corrigé.
A.2.a. On cherche la probabilité de l'intersection . Formule des probabilités composées, lue sur le chemin de l'arbre qui passe par puis par : .
La probabilité que la tomate choisie soit commercialisable ET provienne du fournisseur A vaut . Contrôle : une intersection est plus petite que chacun des deux événements, et , . Erreur fréquente : répondre , qui est la probabilité d'être commercialisable SACHANT que la tomate vient de A.
A.2.b. Formule des probabilités totales : et forment une partition de l'univers (une tomate vient d'un fournisseur et d'un seul), donc .
On en tire . Puis, par définition d'une probabilité conditionnelle, , ce qu'il fallait démontrer.
Vérification en sens inverse : avec , la formule des probabilités totales redonne . Mais ce calcul n'est qu'une vérification : on ne peut pas « démontrer » le résultat en partant de lui, c'est le raisonnement circulaire que le correcteur sanctionne. Erreur fréquente : diviser par , ce qui donne et non .
A.2.c. La tomate est non commercialisable : on sait que est réalisé, et l'on compare les deux probabilités conditionnées par , et . « Deux fois moins de chance de provenir de A que de B » se traduit par .
Numérateurs, sur les chemins de l'arbre : et , avec . Dénominateur : , et l'on vérifie que .
D'où et . On a bien : le responsable des achats a raison. Une tomate non commercialisable a deux fois moins de chance de venir de A que de B.
Remarque : le même dénominateur apparaît dans les deux quotients, donc il suffit en fait de comparer et . Le piège est de comparer et , qui donnerait « trois fois moins » : ce sont les probabilités qu'une tomate de A, ou de B, soit abîmée, pas la provenance d'une tomate abîmée. A fournit plus de tomates, ce qui compense en partie sa meilleure qualité.
B.1.a. On reconnaît un schéma de Bernoulli : on répète fois, de façon indépendante (tirage assimilé à un tirage avec remise), la même épreuve à deux issues, dont le « succès » est « la tomate n'est pas commercialisable », de probabilité (rappel de la partie B). compte le nombre de succès : suit la loi binomiale de paramètres et .
Erreur fréquente : prendre . Le succès est toujours ce que la variable COMPTE, ici les tomates non commercialisables.
B.1.b. Formule de la loi binomiale : . Avec : , où . Donc , soit arrondi au millième.
À la calculatrice, c'est la fonction de probabilité binomiale (binomFdp, ou Binomiale FdP selon le modèle) avec les arguments , et . Erreur fréquente : oublier le coefficient binomial , ce qui donne la probabilité d'UN seul ordre (deux tomates abîmées en premier, puis treize bonnes), environ .
B.1.c. « Au plus deux » signifie , c'est-à-dire , ou , trois événements incompatibles : .
et , donc arrondi au millième. Directement à la calculatrice : fonction de répartition binomiale (binomFRép) avec , et .
Piège d'arrondi : on additionne les valeurs non arrondies (ou on utilise directement la répartition), sinon les erreurs d'arrondi des trois termes peuvent décaler le millième. Autre erreur : calculer , qui oublie le cas , environ .
B.2.a. Pour une variable qui suit la loi binomiale : et . Ici et .
Comme , par linéarité de l'espérance, . Pour la variance, : .
Lecture : en moyenne, la fréquence observée vaut la proportion du stock, et sa dispersion diminue quand l'échantillon grandit. Erreur fréquente : écrire , en sortant sans le carré.
B.2.b. Inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à , d'espérance et de variance : pour tout réel , .
L'intervalle est centré en , l'espérance, et de demi-largeur : . On prend donc , d'où et .
L'événement est le contraire de , donc : en passant à l'opposé, l'inégalité change de sens. C'est le résultat demandé.
Les deux pièges : prendre pour la largeur au lieu de la DEMI-largeur , qui donnerait ; et oublier de vérifier que l'intervalle est bien centré sur l'espérance, sans quoi l'inégalité ne s'applique pas sous cette forme.
B.2.c. On applique B.2.b avec : . La fréquence de tomates non commercialisables dans un échantillon de tomates est donc strictement comprise entre et avec une probabilité d'au moins , environ .
La fréquence observée vaut , et . Le résultat observé appartient à l'intervalle dans lequel la fréquence tombe avec une probabilité d'au moins : il est conforme à ce que le responsable pouvait attendre, sans raison de soupçonner que la proportion de tomates non commercialisables du stock ait changé.
Vérification d'ordre de grandeur : sur tomates, on attend en moyenne tomates non commercialisables ; s'en écarte de , alors que l'intervalle tolère jusqu'à d'écart. Erreur fréquente : conclure « non conforme » parce que . Une fréquence d'échantillon fluctue toujours autour de la proportion ; la question est seulement de savoir si l'écart est plausible, et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev y répond.
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