Exercice 1 : Probabilités : le service d'un joueur de tennis, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev
6 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
Dans cet exercice, tous les résultats seront arrondis à près en cas de besoin.
Les deux parties de cet exercice sont indépendantes l'une de l'autre.
- Partie A
- Au tennis, le joueur qui est au service peut, en cas d'échec lors du premier service, servir une deuxième balle.
- En match, Abel réussit son premier service dans des cas. Lorsque le premier service est réussi, il gagne le point dans des cas.
- En revanche, après un échec à son premier service, Abel gagne le point dans des cas.
- Abel est au service.
- On considère les évènements suivants :
• : « Abel réussit son premier service »
• : « Abel gagne le point ». - A.1. Décrire l'évènement puis traduire la situation par un arbre pondéré.
- A.2. Calculer .
- A.3. Justifier que la probabilité de l'évènement est égale à .
- A.4. Abel a gagné le point. Quelle est la probabilité qu'il ait réussi son premier service ?
- A.5. Les évènements et sont-ils indépendants ? Justifier.
- Partie B
- À la sortie d'une usine de fabrication de balles de tennis, une balle est jugée conforme dans des cas.
- 1. On teste successivement balles. On considère que le nombre de balles est suffisamment grand pour assimiler ces tests à un tirage avec remise. On note la variable aléatoire qui compte le nombre de balles conformes parmi les testées.
- B.1.a. Quelle est la loi suivie par et quels sont ses paramètres ? Justifier.
- B.1.b. Calculer .
- B.1.c. Quelle est la probabilité qu'au moins deux balles ne soient pas conformes parmi les balles testées ?
- B.1.d. Déterminer l'espérance de .
- 2. On teste maintenant balles successivement. On considère les tests comme un échantillon de variables aléatoires indépendantes suivant la loi de Bernoulli de paramètre .
- On considère la variable aléatoire
- B.2.a. Déterminer l'espérance et la variance de .
- B.2.b. Après avoir rappelé l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que, pour tout entier naturel , .
- B.2.c. En déduire un entier tel que la moyenne du nombre de balles conformes pour un échantillon de taille appartienne à l'intervalle avec une probabilité supérieure à .
Voir la correction
Réponses
- A.1 : le premier service d'Abel est bon (contraire : il le rate et sert une deuxième balle) ; arbre , ,
- A.2
- A.3 (probabilités totales)
- A.4
- A.5 Non :
- B.1.a suit la loi binomiale
- B.1.b
- B.1.c
- B.1.d
- B.2.a ;
- B.2.b Bienaymé-Tchebychev avec : , puis passage au contraire
- B.2.c convient (tout entier convient)
A.1. L'évènement est « Abel réussit son premier service » : sa première balle est bonne, et le point se joue sur ce premier service. Son évènement contraire est « Abel rate son premier service » : il doit alors servir une deuxième balle. L'énoncé ayant déjà défini , la question vise sans doute surtout cette lecture de , indispensable pour placer les dans l'arbre.
Traduction des données. « Abel réussit son premier service dans des cas » : , donc . « Lorsque le premier service est réussi, il gagne le point dans des cas » : c'est une probabilité conditionnée par , , d'où . « Après un échec à son premier service, Abel gagne le point dans des cas » : , d'où .
L'arbre pondéré a donc un premier niveau () et (), puis, sous chacun, et avec les probabilités conditionnelles ci-dessus ; il est dessiné en fin de corrigé, avec la probabilité de chaque chemin. Contrôle : sur chaque nœud, les branches ont pour somme . Erreur fréquente : écrire sur la branche qui mène à depuis la racine, alors que les ne concernent que les points où le premier service est bon.
A.2. Formule des probabilités composées, lue sur le chemin puis : .
Contrôle : une intersection est plus petite que chacun des deux évènements, et . Le piège est de répondre , qui est la probabilité de gagner le point SACHANT que le premier service est bon, et non celle de « premier service bon ET point gagné ».
A.3. Formule des probabilités totales, avec la partition de l'univers : .
Numériquement : . On retrouve la valeur annoncée.
Vérification de vraisemblance : est une moyenne de et de pondérée par et , donc comprise entre les deux et plus proche de : c'est bien le cas. La rédaction attendue nomme la formule des probabilités totales et la partition ; une simple somme de produits sans justification perd une partie des points.
A.4. On sait qu'Abel a gagné le point : on cherche une probabilité conditionnée par , soit . L'arbre commence par , la question part de : on revient à la définition d'une probabilité conditionnelle (démarche de la formule de Bayes).
arrondi à . Quand Abel gagne le point, il avait réussi son premier service dans environ des cas.
Le piège est de confondre et : les deux nombres sont ici voisins, mais c'est une coïncidence, et la démarche n'est pas la même. Le dénominateur est la probabilité de l'évènement DONNÉ, .
A.5. Deux évènements et sont indépendants si et seulement si . Ici , alors que . Les deux nombres diffèrent : les évènements et ne sont PAS indépendants.
Autre façon, plus parlante : alors que . Savoir que le premier service est réussi modifie la probabilité de gagner le point, ce qui est exactement la définition de la dépendance. Erreur fréquente : confondre « indépendants » et « incompatibles ». Des évènements incompatibles vérifient , ce qui n'a rien à voir.
B.1.a. Schéma de Bernoulli : on répète fois, de façon identique et indépendante (tirage assimilé à un tirage avec remise), une épreuve à deux issues, « la balle est conforme », succès de probabilité , ou non. La variable compte le nombre de succès : elle suit la loi binomiale de paramètres et , notée .
Les quatre éléments de la justification sont attendus : deux issues, même probabilité à chaque test, indépendance des tests (c'est le rôle de l'hypothèse « tirage avec remise »), et compte les succès. Le paramètre est celui du succès que compte, ici la conformité : , pas .
B.1.b. Méthode : l'évènement contraire de est , qui ne compte que deux valeurs. Avec la formule :
et .
Donc . La calculatrice le donne directement par la fonction de répartition de la loi binomiale (paramètres , , borne ).
Pièges : on arrondit à la FIN, pas les deux probabilités intermédiaires à ; et « » inclut : la fonction de répartition doit être appelée avec , pas .
B.1.c. On traduit l'évènement en nombre de balles CONFORMES, que compte . Parmi balles, « au moins deux balles non conformes » signifie « au plus balles conformes », c'est-à-dire .
La probabilité cherchée est donc celle de la question précédente : . Le piège coûte la question : calculer , qui compte les balles conformes et vaut presque , ou poser . On peut aussi introduire , nombre de balles non conformes, qui suit : , même résultat.
B.1.d. L'espérance d'une loi binomiale vaut : . Sur un grand nombre de séries de tests, on compte en moyenne balles conformes par série.
B.2.a. Chaque suit la loi de Bernoulli de paramètre : et .
Espérance, par linéarité, sans aucune hypothèse : .
Variance : , donc . Les étant INDÉPENDANTES, la variance de la somme est la somme des variances, soit . D'où .
Erreurs fréquentes : sortir de la variance sans le carré, ce qui donnerait quel que soit ; ou additionner les variances sans citer l'indépendance, seule raison qui l'autorise.
B.2.b. Rappel de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev : pour toute variable aléatoire d'espérance et de variance , et pour tout réel , .
L'intervalle est centré en et a pour demi-largeur : . On applique l'inégalité à avec : .
On passe à l'évènement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : . C'est l'inégalité demandée, valable pour tout entier ( n'a pas de sens pour , où l'on diviserait par zéro ; l'énoncé écrit « pour tout entier naturel », il faut lire non nul).
Pièges : prendre , la largeur entière de l'intervalle, au lieu de la demi-largeur ; et oublier de diviser par et non par .
B.2.c. Il suffit, d'après B.2.b, que , c'est-à-dire , soit, étant positif, . Tout entier convient, et est le plus petit que l'inégalité garantisse.
Vérification aux bords : pour , ; pour , .
Interprétation : en testant balles ou plus, la proportion de balles conformes de l'échantillon est strictement comprise entre et avec une probabilité supérieure à . La question demande « un entier » : , ou tout entier plus grand, est une réponse juste. Ce n'est pas un nombre de tests NÉCESSAIRE : l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est grossière, et un échantillon plus petit suffit déjà en réalité.
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