Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité maths, Centres étrangers jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2025 : Centres étrangers, jour 2

Épreuve du vendredi 13 juin 2025 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2025, centres étrangers, jour 2 (sujet 2) : vendredi 13 juin 2025, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants notés sur 20 points, 6, 6, 4 et 4 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, courbe et programme Python compris, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 compare deux modèles de population : une suite géométrique et sa limite, puis une suite récurrente vn+1=f(vn)v_{n+1}=f(v_n) étudiée par un raisonnement par récurrence, le théorème de convergence monotone et l'équation f(ℓ)=ℓf(\ell)=\ell, avant une inéquation résolue par le logarithme népérien et un algorithme de seuil en Python. L'exercice 2 étudie une fonction logistique 1a+e−bx\dfrac{1}{a+\mathrm{e}^{-bx}} : asymptote horizontale, tangente et nombre dérivé, dérivée d'un quotient, corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, primitive de la forme u′u\dfrac{u'}{u} et valeur moyenne d'une fonction. L'exercice 3 porte sur le dénombrement (listes, arrangements, combinaisons, événement contraire), la loi binomiale et l'espérance et la variance d'une somme de variables aléatoires indépendantes. L'exercice 4 est de la géométrie dans l'espace : vecteur normal, équation cartésienne d'un plan, plans sécants ou perpendiculaires, représentation paramétrique d'une droite.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : le sens de l'inégalité quand on divise par ln⁡0,93<0\ln 0{,}93<0 à l'exercice 1, partie C ; le facteur 55 de la primitive 5ln⁡(1+e0,2x)5\ln\left(1+\mathrm{e}^{0{,}2x}\right) à l'exercice 2, partie C ; et la variance de la somme de l'exercice 3, qui vaut 4V(X)4V(X) par indépendance, et non 16V(X)16V(X).

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Suites : deux modèles d'évolution d'une population animale et un programme Python

6 points Suites et récurrenceLimites et continuitéExponentielle et logarithmePython et méthodes numériques

On se propose de comparer l'évolution d'une population animale dans deux milieux distincts A et B.

Au 1er janvier 2025, on introduit 6 000 individus dans chacun des milieux A et B.

  • Partie A
  • Dans cette partie, on étudie l'évolution de la population dans le milieu A.
  • On suppose que dans ce milieu, l'évolution de la population est modélisée par une suite géométrique (un)(u_n) de premier terme u0=6u_0=6 et de raison 0,930{,}93.
  • Pour tout entier naturel nn, unu_n représente la population au 1er janvier de l'année 2025+n2025+n, exprimée en millier d'individus.
  • A.1. Donner, selon ce modèle, la population au 1er janvier 2026.
  • A.2. Pour tout entier naturel nn, exprimer unu_n en fonction de nn.
  • A.3. Déterminer la limite de la suite (un)(u_n). Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
  • Partie B
  • Dans cette partie, on étudie l'évolution de la population dans le milieu B.
  • On suppose que dans ce milieu, l'évolution de la population est modélisée par la suite (vn)(v_n) définie par v0=6v_0=6 et pour tout entier naturel nn, vn+1=−0,05vn2+1,1vnv_{n+1}=-0{,}05v_n^2+1{,}1v_n.
  • Pour tout entier naturel nn, vnv_n représente la population au 1er janvier de l'année 2025+n2025+n, exprimée en millier d'individus.
  • B.1. Donner, selon ce modèle, la population au 1er janvier 2026.
  • Soit ff la fonction définie sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par f(x)=−0,05x2+1,1xf(x)=-0{,}05x^2+1{,}1x.
  • B.2. Démontrer que la fonction ff est croissante sur l'intervalle [0 ;11][0\,;11].
  • B.3. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel nn, on a 2⩽vn+1⩽vn⩽62\leqslant v_{n+1}\leqslant v_n\leqslant 6.
  • B.4. En déduire que la suite (vn)(v_n) est convergente vers une limite ℓ\ell.
  • B.5.a. Justifier que la limite ℓ\ell vérifie f(ℓ)=ℓf(\ell)=\ell puis en déduire la valeur de ℓ\ell.
  • B.5.b. Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
  • Partie C
  • Cette partie a pour but de comparer l'évolution de la population dans les deux milieux.
  • C.1. En résolvant une inéquation, déterminer l'année à partir de laquelle la population du milieu A sera strictement inférieure à 3 000 individus.
  • C.2. À l'aide de la calculatrice, déterminer l'année à partir de laquelle la population du milieu B sera strictement inférieure à 3 000 individus.
  • C.3. Justifier qu'à partir d'une certaine année, la population du milieu B dépassera la population du milieu A.
  • 4. On considère le programme Python ci-contre.
  • Programme Python de huit lignes dans un cadre. n=0 ; u = 6 ; v = 6 ; while suivi de pointillés et de deux-points ; dans la boucle, indentées : u = pointillés, v= pointillés, n = n+1 ; après la boucle : print (2025 + n).
  • C.4.a. Recopier et compléter ce programme afin qu'après exécution, il affiche l'année à partir de laquelle la population du milieu B est strictement supérieure à la population du milieu A.
  • C.4.b. Déterminer l'année affichée après exécution du programme.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

A.1
A.2
A.3
B.1
B.5.a
C.1
C.2
C.4.a
C.4.b
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Réponses

  • A.1 u1=6×0,93=5,58u_1=6\times 0{,}93=5{,}58 : 5 580 individus au 1er janvier 2026
  • A.2 un=6×0,93nu_n=6\times 0{,}93^{n}
  • A.3 lim⁡un=0\lim u_n=0 : la population du milieu A finit par disparaître
  • B.1 v1=−0,05×62+1,1×6=4,8v_1=-0{,}05\times 6^2+1{,}1\times 6=4{,}8 : 4 800 individus
  • B.2 f′(x)=−0,1x+1,1⩾0f'(x)=-0{,}1x+1{,}1\geqslant 0 sur [0 ;11][0\,;11], donc ff croissante
  • B.3 Initialisation 2⩽4,8⩽6⩽62\leqslant 4{,}8\leqslant 6\leqslant 6 ; hérédité par croissance de ff sur [0 ;11][0\,;11], avec f(2)=2f(2)=2 et f(6)=4,8f(6)=4{,}8
  • B.4 (vn)(v_n) décroissante et minorée par 22 : convergente (théorème de convergence monotone), avec 2⩽ℓ⩽62\leqslant\ell\leqslant 6
  • B.5.a ff continue, donc f(ℓ)=ℓf(\ell)=\ell ; solutions 00 et 22, et ℓ⩾2\ell\geqslant 2 : ℓ=2\ell=2
  • B.5.b La population du milieu B se stabilise vers 2 000 individus
  • C.1 0,93n<0,5  ⟺  n>ln⁡0,5ln⁡0,93≈9,550{,}93^n<0{,}5\iff n>\dfrac{\ln 0{,}5}{\ln 0{,}93}\approx 9{,}55 : n=10n=10, année 2035
  • C.2 v5≈3,145v_5\approx 3{,}145, v6≈2,965v_6\approx 2{,}965 : année 2031
  • C.3 un→0u_n\to 0 et vn⩾2v_n\geqslant 2 : dès que un<2u_n<2 (n⩾16n\geqslant 16 au plus tard), vn>unv_n>u_n
  • C.4.a while v <= u : ; u = 0.93*u ; v = -0.05*v**2 + 1.1*v
  • C.4.b 2038 (v12≈2,406<u12≈2,512v_{12}\approx 2{,}406<u_{12}\approx 2{,}512, v13≈2,358>u13≈2,336v_{13}\approx 2{,}358>u_{13}\approx 2{,}336)

A.1. La population au 1er janvier 2026 correspond au rang n=1n=1, puisque 2026=2025+12026=2025+1. La suite est géométrique de raison 0,930{,}93, donc on passe d'un terme au suivant en multipliant par 0,930{,}93 : u1=0,93×u0=0,93×6=5,58u_1=0{,}93\times u_0=0{,}93\times 6=5{,}58.

La suite compte en milliers d'individus : selon ce modèle, la population du milieu A au 1er janvier 2026 est de 5 5805\,580 individus. Multiplier par 0,930{,}93, c'est retirer 7 %7\,\% : la population du milieu A perd 7 %7\,\% de ses effectifs chaque année.

Erreur fréquente : répondre « 5,585{,}58 » sans revenir à l'unité. La question demande une population, pas un terme de suite ; le correcteur attend le nombre d'individus.

A.2. Méthode : terme général d'une suite géométrique. Pour une suite géométrique de premier terme u0u_0 et de raison qq, on a un=u0×qnu_n=u_0\times q^n pour tout entier naturel nn. Ici u0=6u_0=6 et q=0,93q=0{,}93 : pour tout entier naturel nn, un=6×0,93nu_n=6\times 0{,}93^{n}.

Vérification : n=1n=1 redonne 6×0,93=5,586\times 0{,}93=5{,}58, la valeur de la question précédente. Le piège classique est l'exposant n−1n-1, qui ne vaut que si la suite commence au rang 11 ; ici elle commence au rang 00.

A.3. Méthode : limite d'une suite géométrique qnq^n selon la valeur de qq. Comme −1<0,93<1-1<0{,}93<1, on a lim⁡n→+∞0,93n=0\lim_{n\to+\infty}0{,}93^{n}=0. Par produit par la constante 66, lim⁡n→+∞un=6×0=0\lim_{n\to+\infty}u_n=6\times 0=0.

Interprétation : selon ce modèle, la population du milieu A diminue indéfiniment et tend vers 00 ; à long terme, l'espèce disparaît du milieu A. Le modèle ne dit pas qu'elle disparaît à une date précise, mais que les effectifs deviennent aussi petits que l'on veut.

Erreur fréquente : écrire la limite sans citer la condition −1<q<1-1<q<1. Un « on voit que ça diminue » ne suffit pas : une suite décroissante peut converger vers une limite non nulle, c'est d'ailleurs ce qui arrive au milieu B.

B.1. On applique la relation de récurrence avec n=0n=0 : v1=−0,05v02+1,1v0=−0,05×62+1,1×6=−0,05×36+6,6=−1,8+6,6=4,8v_1=-0{,}05v_0^2+1{,}1v_0=-0{,}05\times 6^2+1{,}1\times 6=-0{,}05\times 36+6{,}6=-1{,}8+6{,}6=4{,}8.

Selon ce modèle, la population du milieu B au 1er janvier 2026 est de 4 8004\,800 individus. Elle baisse plus vite que celle du milieu A la première année (4 8004\,800 contre 5 5805\,580) : on verra pourtant en partie C que B finit par passer devant.

Attention à la priorité des opérations à la calculatrice : −0,05×62-0{,}05\times 6^2 vaut −1,8-1{,}8, pas (−0,05×6)2=0,09(-0{,}05\times 6)^2=0{,}09.

B.2. Méthode : signe de la dérivée. La fonction ff est un polynôme, dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, et f′(x)=−0,05×2x+1,1=−0,1x+1,1f'(x)=-0{,}05\times 2x+1{,}1=-0{,}1x+1{,}1.

Or −0,1x+1,1⩾0  ⟺  0,1x⩽1,1  ⟺  x⩽11-0{,}1x+1{,}1\geqslant 0\iff 0{,}1x\leqslant 1{,}1\iff x\leqslant 11. Donc f′(x)⩾0f'(x)\geqslant 0 pour tout x∈[0 ;11]x\in[0\,;11], avec égalité seulement en x=11x=11 : la fonction ff est croissante sur [0 ;11][0\,;11] (et même strictement croissante).

Autre lecture : ff est un polynôme du second degré de coefficient dominant négatif, dont le sommet a pour abscisse −1,12×(−0,05)=11-\dfrac{1{,}1}{2\times(-0{,}05)}=11 ; elle est donc croissante avant 1111. L'intervalle [0 ;11][0\,;11] n'est pas choisi au hasard : il contient tous les termes de la suite, qui restent entre 22 et 66, et c'est ce qui servira dans l'hérédité.

B.3. On démontre par récurrence la propriété P(n)\mathcal{P}(n) : « 2⩽vn+1⩽vn⩽62\leqslant v_{n+1}\leqslant v_n\leqslant 6 ».

Initialisation : v0=6v_0=6 et v1=4,8v_1=4{,}8 (question B.1), donc 2⩽4,8⩽6⩽62\leqslant 4{,}8\leqslant 6\leqslant 6, c'est-à-dire 2⩽v1⩽v0⩽62\leqslant v_1\leqslant v_0\leqslant 6 : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité : soit nn un entier naturel tel que P(n)\mathcal{P}(n) est vraie, c'est-à-dire 2⩽vn+1⩽vn⩽62\leqslant v_{n+1}\leqslant v_n\leqslant 6. Les nombres 22, vn+1v_{n+1}, vnv_n et 66 appartiennent tous à [0 ;11][0\,;11], intervalle sur lequel ff est croissante (question B.2). Appliquer ff conserve donc l'ordre : f(2)⩽f(vn+1)⩽f(vn)⩽f(6)f(2)\leqslant f(v_{n+1})\leqslant f(v_n)\leqslant f(6).

On calcule les bornes : f(2)=−0,05×4+2,2=−0,2+2,2=2f(2)=-0{,}05\times 4+2{,}2=-0{,}2+2{,}2=2 et f(6)=4,8f(6)=4{,}8. Comme f(vn+1)=vn+2f(v_{n+1})=v_{n+2} et f(vn)=vn+1f(v_n)=v_{n+1}, on obtient 2⩽vn+2⩽vn+1⩽4,82\leqslant v_{n+2}\leqslant v_{n+1}\leqslant 4{,}8, et puisque 4,8⩽64{,}8\leqslant 6 : 2⩽vn+2⩽vn+1⩽62\leqslant v_{n+2}\leqslant v_{n+1}\leqslant 6. C'est P(n+1)\mathcal{P}(n+1).

Conclusion : la propriété est vraie au rang 00 et héréditaire, donc, par le principe de récurrence, 2⩽vn+1⩽vn⩽62\leqslant v_{n+1}\leqslant v_n\leqslant 6 pour tout entier naturel nn.

Le piège de cette hérédité est de « composer » une inégalité par ff sans dire pourquoi c'est permis : c'est la croissance de ff sur un intervalle qui CONTIENT les quatre nombres qui l'autorise, et la rédaction doit citer les deux. Erreur voisine : oublier de calculer f(2)f(2) ; c'est parce que 22 est un point fixe de ff que la borne inférieure se transmet exactement.

B.4. D'après la question B.3, pour tout entier naturel nn, vn+1⩽vnv_{n+1}\leqslant v_n : la suite (vn)(v_n) est décroissante. Toujours d'après B.3, vn⩾2v_n\geqslant 2 pour tout nn : elle est minorée par 22. Par le théorème de convergence monotone, toute suite décroissante et minorée converge : la suite (vn)(v_n) converge vers une limite ℓ\ell.

Par passage à la limite dans l'encadrement 2⩽vn⩽62\leqslant v_n\leqslant 6, cette limite vérifie 2⩽ℓ⩽62\leqslant\ell\leqslant 6. Cette information est indispensable à la question suivante.

Le théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur : on ne peut pas conclure ici que ℓ=2\ell=2 parce que 22 est un minorant.

B.5.a. Pour tout nn, vn+1=f(vn)v_{n+1}=f(v_n). D'une part, vn+1v_{n+1} tend vers ℓ\ell quand n→+∞n\to+\infty (c'est la même suite, décalée d'un rang). D'autre part, ff est continue sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, car c'est un polynôme, et vn→ℓv_n\to\ell, donc f(vn)→f(ℓ)f(v_n)\to f(\ell). Par unicité de la limite, f(ℓ)=ℓf(\ell)=\ell.

On résout : f(ℓ)=ℓ  ⟺  −0,05ℓ2+1,1ℓ=ℓ  ⟺  −0,05ℓ2+0,1ℓ=0  ⟺  ℓ(−0,05ℓ+0,1)=0f(\ell)=\ell\iff -0{,}05\ell^2+1{,}1\ell=\ell\iff -0{,}05\ell^2+0{,}1\ell=0\iff \ell(-0{,}05\ell+0{,}1)=0. Un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs l'est : ℓ=0\ell=0 ou ℓ=0,10,05=2\ell=\dfrac{0{,}1}{0{,}05}=2.

Or ℓ⩾2\ell\geqslant 2 d'après B.4 : la valeur 00 est exclue, et ℓ=2\ell=2. Vérification : f(2)=2f(2)=2, calculé en B.3.

Erreurs fréquentes : oublier de citer la continuité de ff, qui est l'hypothèse qui permet de passer à la limite dans f(vn)f(v_n) ; ou garder les deux solutions sans trancher. L'équation f(ℓ)=ℓf(\ell)=\ell donne des candidats, c'est l'encadrement 2⩽ℓ⩽62\leqslant\ell\leqslant 6 qui choisit.

B.5.b. La suite compte en milliers d'individus : selon ce modèle, la population du milieu B diminue, mais se stabilise à long terme vers 2 0002\,000 individus. Contrairement au milieu A, l'espèce ne disparaît pas du milieu B.

C.1. La population du milieu A est strictement inférieure à 3 0003\,000 individus lorsque un<3u_n<3, les termes étant en milliers. On résout cette inéquation dans N\mathbb{N} : 6×0,93n<3  ⟺  0,93n<0,56\times 0{,}93^{n}<3\iff 0{,}93^{n}<0{,}5.

La fonction ln⁡\ln est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ et les deux membres sont strictement positifs : 0,93n<0,5  ⟺  ln⁡(0,93n)<ln⁡0,5  ⟺  nln⁡0,93<ln⁡0,50{,}93^{n}<0{,}5\iff \ln(0{,}93^{n})<\ln 0{,}5\iff n\ln 0{,}93<\ln 0{,}5.

On divise par ln⁡0,93\ln 0{,}93, qui est STRICTEMENT NÉGATIF puisque 0,93<10{,}93<1 : le sens de l'inégalité change, et n>ln⁡0,5ln⁡0,93≈9,55n>\dfrac{\ln 0{,}5}{\ln 0{,}93}\approx 9{,}55. Le plus petit entier qui convient est n=10n=10, ce qui correspond à l'année 2025+10=20352025+10=2035.

Vérification : u9=6×0,939≈3,123>3u_9=6\times 0{,}93^{9}\approx 3{,}123>3 et u10=6×0,9310≈2,904<3u_{10}=6\times 0{,}93^{10}\approx 2{,}904<3. La population du milieu A sera strictement inférieure à 3 0003\,000 individus à partir de l'année 2035.

Le piège coûte la question : diviser par ln⁡0,93\ln 0{,}93 sans changer le sens, ce qui donne n<9,55n<9{,}55, absurde pour une suite décroissante. Autre erreur : répondre 2034 en arrondissant 9,559{,}55 à l'entier inférieur.

C.2. On calcule les termes successifs à la calculatrice (mode suite, ou répétition de la touche Entrée sur −0,05 Ans2+1,1 Ans-0{,}05\,\mathrm{Ans}^2+1{,}1\,\mathrm{Ans}) : v2=4,128v_2=4{,}128 ; v3≈3,689v_3\approx 3{,}689 ; v4≈3,377v_4\approx 3{,}377 ; v5≈3,145v_5\approx 3{,}145 ; v6≈2,965v_6\approx 2{,}965.

La suite (vn)(v_n) est décroissante (question B.3) : v5>3v_5>3 et v6<3v_6<3, donc tous les termes à partir du rang 66 sont inférieurs à 33, et aucun avant. La population du milieu B sera strictement inférieure à 3 0003\,000 individus à partir de l'année 2025+6=20312025+6=2031.

La décroissance de la suite est ce qui permet d'écrire « à partir de » : sans elle, un terme sous 33 pourrait être suivi d'un terme au-dessus. Le milieu B descend donc sous les 3 0003\,000 individus quatre ans avant le milieu A.

C.3. On combine les deux limites. D'après B.3, vn⩾2v_n\geqslant 2 pour tout entier naturel nn. D'après A.3, lim⁡n→+∞un=0\lim_{n\to+\infty}u_n=0 : par définition de la limite, l'intervalle ouvert ]−1 ;2[]-1\,;2[, qui contient 00, contient tous les termes unu_n à partir d'un certain rang NN. Pour n⩾Nn\geqslant N, on a donc un<2⩽vnu_n<2\leqslant v_n, soit vn>unv_n>u_n : à partir d'une certaine année, la population du milieu B dépassera la population du milieu A.

On peut même donner un rang : un<2  ⟺  0,93n<13  ⟺  n>ln⁡3−ln⁡0,93≈15,14u_n<2\iff 0{,}93^{n}<\dfrac{1}{3}\iff n>\dfrac{\ln 3}{-\ln 0{,}93}\approx 15{,}14, donc un<2⩽vnu_n<2\leqslant v_n dès n=16n=16, soit dès 2041 au plus tard. Ce rang garantit le dépassement, mais ce n'est pas le premier : la question C.4 montre qu'il se produit plus tôt.

Erreur fréquente : comparer les limites seules, « 2>02>0 donc vn>unv_n>u_n », sans le passage par un rang. L'argument complet utilise une inégalité valable pour TOUS les nn (ici vn⩾2v_n\geqslant 2) et la définition de la limite pour l'autre suite.

C.4.a. Le programme calcule les deux populations année après année et compte les années dans nn. La boucle doit tourner TANT QUE la population du milieu B n'a pas dépassé celle du milieu A, c'est-à-dire tant que v⩽uv\leqslant u : ligne while v <= u :.

Dans la boucle : u = 0.93*u (terme suivant de la suite géométrique) et v = -0.05*v**2 + 1.1*v (relation de récurrence de la partie B). À la sortie de la boucle, v>uv>u pour la première fois, et le programme affiche l'année 2025+n2025+n. Le programme complété figure en fin de corrigé.

Les deux mises à jour peuvent s'écrire dans n'importe quel ordre, car la nouvelle valeur de vv ne dépend pas de uu, ni l'inverse. Sur la condition, le piège est de recopier la question : while v > u : ne ferait jamais tourner la boucle, puisque u=v=6u=v=6 au départ, et afficherait 2025. Écrire while v < u : la ferait aussi s'arrêter tout de suite, pour la même raison.

C.4.b. On fait tourner le programme, ou on compare les termes à la calculatrice : u11≈2,701u_{11}\approx 2{,}701 et v11≈2,464v_{11}\approx 2{,}464 ; u12≈2,512u_{12}\approx 2{,}512 et v12≈2,406v_{12}\approx 2{,}406 ; u13≈2,336u_{13}\approx 2{,}336 et v13≈2,358v_{13}\approx 2{,}358.

Pour n=0n=0 à 1212, on a vn⩽unv_n\leqslant u_n, et pour n=13n=13, v13>u13v_{13}>u_{13} : la boucle s'arrête avec n=13n=13 et le programme affiche 2025+13=20382025+13=2038. À partir de 2038, la population du milieu B est strictement supérieure à celle du milieu A, et elle le reste, comme le garantit le raisonnement de C.3 pour les rangs lointains.

L'écart est serré en 2037 et 2038, de l'ordre de 0,10{,}1 millier : un arrondi trop grossier, à l'unité de millier par exemple, fait conclure à tort. On garde au moins deux ou trois décimales dans la comparaison.

python
n = 0
u = 6
v = 6
while v <= u :
    u = 0.93*u
    v = -0.05*v**2 + 1.1*v
    n = n+1
print(2025 + n)

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Exercice 2 : Fonction exponentielle : une courbe logistique, sa tangente, le théorème des valeurs intermédiaires et une valeur moyenne

6 points Dérivation et trigonométrieLimites et continuitéPrimitives et intégrationExponentielle et logarithme

  • Partie A
  • On considère la fonction ff définie sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par : f(x)=1a+e−bxf(x)=\dfrac{1}{a+\mathrm{e}^{-bx}}
  • où aa et bb sont deux constantes réelles strictement positives.
  • On admet que la fonction ff est dérivable sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.
  • La fonction ff admet pour représentation graphique la courbe Cf\mathcal{C}_f ci-dessous :
  • Repère quadrillé, abscisses de 0 à 30 graduées de 5 en 5, ordonnées de 0 à 1 graduées de 0,1 en 0,1. La courbe bleue C f part du point A(0 ; 0,5), croît, vaut un peu moins de 0,9 en x = 10, puis se rapproche de la droite y = 1 sans la dépasser. La droite rouge (AB) passe par A(0 ; 0,5) et B(10 ; 1), tangente à la courbe en A.
  • On considère les points A(0 ;0,5)(0\,;0{,}5) et B(10 ;1)(10\,;1).
  • On admet que la droite (AB) est tangente à la courbe Cf\mathcal{C}_f au point A.
  • A.1. Par lecture graphique, donner une valeur approchée de f(10)f(10).
  • A.2. On admet que lim⁡x→+∞f(x)=1\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x)=1. Donner une interprétation graphique de ce résultat.
  • A.3. Justifier que a=1a=1.
  • A.4. Déterminer le coefficient directeur de la droite (AB).
  • A.5.a. Déterminer l'expression de f′(x)f'(x) en fonction de xx et de la constante bb.
  • A.5.b. En déduire la valeur de bb.
  • Partie B
  • On admet, dans la suite de l'exercice, que la fonction ff est définie sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par : f(x)=11+e−0,2xf(x)=\dfrac{1}{1+\mathrm{e}^{-0{,}2x}}
  • B.1. Déterminer lim⁡x→+∞f(x)\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x).
  • B.2. Étudier les variations de la fonction ff sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.
  • B.3. Montrer qu'il existe un unique réel α\alpha positif tel que f(α)=0,97f(\alpha)=0{,}97.
  • B.4. À l'aide de la calculatrice, donner un encadrement du réel α\alpha par deux nombres entiers consécutifs. Interpréter ce résultat dans le contexte de l'énoncé.
  • Partie C
  • C.1. Montrer que, pour tout xx appartenant à l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, f(x)=e0,2x1+e0,2xf(x)=\dfrac{\mathrm{e}^{0{,}2x}}{1+\mathrm{e}^{0{,}2x}}.
  • C.2. En déduire une primitive de la fonction ff sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.
  • C.3. Calculer la valeur moyenne de la fonction ff sur l'intervalle [0 ;40][0\,;40], c'est-à-dire : I=140∫04011+e−0,2x dxI=\dfrac{1}{40}\displaystyle\int_0^{40}\dfrac{1}{1+\mathrm{e}^{-0{,}2x}}\,\mathrm{d}x. On donnera la valeur exacte et une valeur approchée au millième.

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A.1
A.3
A.4
A.5.b
B.1
B.2
B.4
C.3
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Réponses

  • A.1 f(10)≈0,88f(10)\approx 0{,}88
  • A.2 La droite d'équation y=1y=1 est asymptote horizontale à Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty
  • A.3 f(0)=1a+1=0,5f(0)=\dfrac{1}{a+1}=0{,}5, donc a=1a=1
  • A.4 1−0,510−0=0,05\dfrac{1-0{,}5}{10-0}=0{,}05
  • A.5.a f′(x)=b e−bx(1+e−bx)2f'(x)=\dfrac{b\,\mathrm{e}^{-bx}}{\left(1+\mathrm{e}^{-bx}\right)^2}
  • A.5.b f′(0)=b4=0,05f'(0)=\dfrac{b}{4}=0{,}05, donc b=0,2b=0{,}2
  • B.1 lim⁡x→+∞f(x)=1\lim_{x\to+\infty}f(x)=1
  • B.2 f′(x)>0f'(x)>0 : ff strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, de f(0)=0,5f(0)=0{,}5 vers 11
  • B.3 ff continue, strictement croissante, 0,5<0,97<10{,}5<0{,}97<1 : un unique α\alpha (corollaire du TVI) ; α=5ln⁡973\alpha=5\ln\frac{97}{3}
  • B.4 17<α<1817<\alpha<18 (α≈17,38\alpha\approx 17{,}38) : f(x)f(x) dépasse 0,970{,}97, soit 97 %97\,\% de sa limite, entre x=17x=17 et x=18x=18
  • C.1 On multiplie numérateur et dénominateur par e0,2x>0\mathrm{e}^{0{,}2x}>0
  • C.2 F(x)=5ln⁡(1+e0,2x)F(x)=5\ln\left(1+\mathrm{e}^{0{,}2x}\right)
  • C.3 I=18ln⁡1+e82≈0,913I=\dfrac{1}{8}\ln\dfrac{1+\mathrm{e}^{8}}{2}\approx 0{,}913

A.1. On lit l'ordonnée du point de la courbe Cf\mathcal{C}_f d'abscisse 1010 : il se situe un peu en dessous de la graduation 0,90{,}9, donc f(10)≈0,88f(10)\approx 0{,}88. Toute valeur lue entre 0,870{,}87 et 0,890{,}89 est acceptable à la précision d'une lecture graphique.

Piège : B(10 ;1)(10\,;1) a aussi pour abscisse 1010, mais il est sur la TANGENTE, pas sur la courbe. Répondre f(10)=1f(10)=1 confond les deux tracés. (La valeur exacte, qu'on obtiendra une fois aa et bb connus, est 11+e−2≈0,881\dfrac{1}{1+\mathrm{e}^{-2}}\approx 0{,}881, ce qui confirme la lecture.)

A.2. Une limite finie ℓ\ell en +∞+\infty se traduit graphiquement par une asymptote horizontale d'équation y=ℓy=\ell. Ici, la droite d'équation y=1y=1 est asymptote horizontale à la courbe Cf\mathcal{C}_f en +∞+\infty : quand xx devient grand, la courbe se rapproche aussi près que l'on veut de cette droite. C'est bien ce que montre le graphique, où la courbe est quasiment confondue avec la droite y=1y=1 à partir de x=25x=25.

A.3. Le point A(0 ;0,5)(0\,;0{,}5) appartient à la courbe Cf\mathcal{C}_f : c'est le point de tangence, et la courbe y passe sur le graphique. Donc f(0)=0,5f(0)=0{,}5. Or f(0)=1a+e0=1a+1f(0)=\dfrac{1}{a+\mathrm{e}^{0}}=\dfrac{1}{a+1}. On résout 1a+1=0,5  ⟺  a+1=2  ⟺  a=1\dfrac{1}{a+1}=0{,}5\iff a+1=2\iff a=1.

Remarque : la question se règle sans bb, puisque e−b×0=1\mathrm{e}^{-b\times 0}=1 quel que soit bb. C'est le point d'abscisse 00 qui isole aa ; une lecture en un autre point mêlerait les deux inconnues.

A.4. Le coefficient directeur d'une droite passant par deux points d'abscisses distinctes est yB−yAxB−xA=1−0,510−0=0,510=0,05\dfrac{y_B-y_A}{x_B-x_A}=\dfrac{1-0{,}5}{10-0}=\dfrac{0{,}5}{10}=0{,}05.

Erreur fréquente : inverser le quotient et écrire 100,5=20\dfrac{10}{0{,}5}=20. Une droite qui monte de 0,50{,}5 quand xx avance de 1010 a une pente faible, ce que confirme le graphique, où les unités des deux axes sont très différentes.

A.5.a. On sait désormais que a=1a=1, donc f(x)=11+e−bxf(x)=\dfrac{1}{1+\mathrm{e}^{-bx}}. Méthode : dérivée de l'inverse d'une fonction, (1v)′=−v′v2\left(\dfrac{1}{v}\right)'=-\dfrac{v'}{v^2}, avec v(x)=1+e−bxv(x)=1+\mathrm{e}^{-bx}, qui ne s'annule pas.

La dérivée de x↦e−bxx\mapsto\mathrm{e}^{-bx} est x↦−b e−bxx\mapsto -b\,\mathrm{e}^{-bx} (dérivée de eu\mathrm{e}^{u}, avec u(x)=−bxu(x)=-bx et u′(x)=−bu'(x)=-b). Donc v′(x)=−b e−bxv'(x)=-b\,\mathrm{e}^{-bx} et f′(x)=−−b e−bx(1+e−bx)2=b e−bx(1+e−bx)2f'(x)=-\dfrac{-b\,\mathrm{e}^{-bx}}{\left(1+\mathrm{e}^{-bx}\right)^2}=\dfrac{b\,\mathrm{e}^{-bx}}{\left(1+\mathrm{e}^{-bx}\right)^2}.

Les deux signes moins se compensent : c'est là que se perdent la plupart des points de la question. Contrôle de cohérence : b>0b>0 et les exponentielles sont positives, donc f′(x)>0f'(x)>0, ce qui va avec la courbe croissante du graphique.

A.5.b. La droite (AB) est tangente à Cf\mathcal{C}_f au point A d'abscisse 00 : son coefficient directeur est le nombre dérivé f′(0)f'(0). Donc f′(0)=0,05f'(0)=0{,}05 (question A.4).

Or f′(0)=b e0(1+e0)2=b22=b4f'(0)=\dfrac{b\,\mathrm{e}^{0}}{\left(1+\mathrm{e}^{0}\right)^2}=\dfrac{b}{2^2}=\dfrac{b}{4}. On résout b4=0,05\dfrac{b}{4}=0{,}05 : b=0,2b=0{,}2. Cette valeur est bien strictement positive, comme l'impose l'énoncé, et c'est celle que la partie B admet.

B.1. On a −0,2<0-0{,}2<0, donc lim⁡x→+∞(−0,2x)=−∞\lim_{x\to+\infty}(-0{,}2x)=-\infty, et par composition avec la fonction exponentielle, lim⁡X→−∞eX=0\lim_{X\to-\infty}\mathrm{e}^{X}=0 : lim⁡x→+∞e−0,2x=0\lim_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{-0{,}2x}=0. Par somme, 1+e−0,2x→11+\mathrm{e}^{-0{,}2x}\to 1, et par quotient, lim⁡x→+∞f(x)=11=1\lim_{x\to+\infty}f(x)=\dfrac{1}{1}=1.

On retrouve la limite admise en A.2 : on vient de la démontrer. La rédaction attendue nomme la composition ; écrire « e−∞=0\mathrm{e}^{-\infty}=0 » n'est pas une justification.

B.2. D'après A.5.a avec b=0,2b=0{,}2, pour tout x⩾0x\geqslant 0 : f′(x)=0,2 e−0,2x(1+e−0,2x)2f'(x)=\dfrac{0{,}2\,\mathrm{e}^{-0{,}2x}}{\left(1+\mathrm{e}^{-0{,}2x}\right)^2}.

Une exponentielle est strictement positive, donc le numérateur 0,2 e−0,2x0{,}2\,\mathrm{e}^{-0{,}2x} est strictement positif ; le dénominateur est un carré non nul, strictement positif. Ainsi f′(x)>0f'(x)>0 sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, et la fonction ff est strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.

Tableau de variations : f(0)=11+1=0,5f(0)=\dfrac{1}{1+1}=0{,}5, puis ff croît strictement vers 11 en +∞+\infty (question B.1). On en tire au passage que 0,5⩽f(x)<10{,}5\leqslant f(x)<1 pour tout x⩾0x\geqslant 0, ce qui sert à la question suivante.

Autre voie, sans dérivée : x↦e−0,2xx\mapsto\mathrm{e}^{-0{,}2x} est décroissante, donc 1+e−0,2x1+\mathrm{e}^{-0{,}2x} aussi, et son inverse, positif, est croissant. La dérivée reste la méthode attendue, puisqu'elle est déjà calculée.

B.3. Méthode : corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, cas strictement monotone. Sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, la fonction ff est continue (car dérivable), strictement croissante (B.2), avec f(0)=0,5f(0)=0{,}5 et lim⁡x→+∞f(x)=1\lim_{x\to+\infty}f(x)=1. Le réel 0,970{,}97 est compris entre 0,50{,}5 et 11 : l'équation f(x)=0,97f(x)=0{,}97 admet donc une unique solution α\alpha dans [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.

Les trois hypothèses se citent toutes : la continuité donne l'existence, la stricte monotonie l'unicité, et l'encadrement 0,5<0,97<10{,}5<0{,}97<1 place la valeur visée entre f(0)f(0) et la limite. Oublier la stricte monotonie fait perdre l'unicité, qui est la moitié de la question.

On peut ici aller plus loin et calculer α\alpha exactement : 11+e−0,2α=0,97  ⟺  1+e−0,2α=10097  ⟺  e−0,2α=397  ⟺  α=5ln⁡973≈17,38\dfrac{1}{1+\mathrm{e}^{-0{,}2\alpha}}=0{,}97\iff 1+\mathrm{e}^{-0{,}2\alpha}=\dfrac{100}{97}\iff\mathrm{e}^{-0{,}2\alpha}=\dfrac{3}{97}\iff\alpha=5\ln\dfrac{97}{3}\approx 17{,}38. Le sujet ne le demande pas, mais c'est une vérification de la question suivante.

B.4. À la calculatrice, par balayage avec un pas de 11 : f(17)=11+e−3,4≈0,968<0,97f(17)=\dfrac{1}{1+\mathrm{e}^{-3{,}4}}\approx 0{,}968<0{,}97 et f(18)=11+e−3,6≈0,973>0,97f(18)=\dfrac{1}{1+\mathrm{e}^{-3{,}6}}\approx 0{,}973>0{,}97. Comme ff est strictement croissante, 17<α<1817<\alpha<18, ce que confirme la valeur exacte α=5ln⁡973≈17,38\alpha=5\ln\dfrac{97}{3}\approx 17{,}38.

Interprétation : l'énoncé ne donne pas de contexte concret à la fonction ff ; on interprète donc le résultat sur la courbe. La valeur 0,970{,}97 représente 97 %97\,\% de la limite 11 : la courbe Cf\mathcal{C}_f passe au-dessus de la droite d'équation y=0,97y=0{,}97, c'est-à-dire à moins de 0,030{,}03 de son asymptote, entre x=17x=17 et x=18x=18, et elle y reste ensuite puisque ff est croissante. Pour tout x⩾18x\geqslant 18, f(x)>0,97f(x)>0{,}97.

Erreur fréquente : donner un encadrement de f(α)f(\alpha), ou deux entiers non consécutifs comme 1717 et 2020. La question demande un intervalle d'amplitude 11 qui contient α\alpha.

C.1. On part de f(x)=11+e−0,2xf(x)=\dfrac{1}{1+\mathrm{e}^{-0{,}2x}} et on multiplie le numérateur et le dénominateur par e0,2x\mathrm{e}^{0{,}2x}, qui est strictement positif donc non nul : f(x)=e0,2xe0,2x+e0,2x×e−0,2x=e0,2xe0,2x+e0=e0,2x1+e0,2xf(x)=\dfrac{\mathrm{e}^{0{,}2x}}{\mathrm{e}^{0{,}2x}+\mathrm{e}^{0{,}2x}\times\mathrm{e}^{-0{,}2x}}=\dfrac{\mathrm{e}^{0{,}2x}}{\mathrm{e}^{0{,}2x}+\mathrm{e}^{0}}=\dfrac{\mathrm{e}^{0{,}2x}}{1+\mathrm{e}^{0{,}2x}}, grâce à ea×eb=ea+b\mathrm{e}^{a}\times\mathrm{e}^{b}=\mathrm{e}^{a+b}.

On peut aussi partir du membre de droite et diviser par e0,2x\mathrm{e}^{0{,}2x}. Les deux sens sont équivalents ; l'essentiel est de dire pourquoi la multiplication est permise.

C.2. Méthode : forme u′u\dfrac{u'}{u}, dont une primitive est ln⁡u\ln u quand uu est strictement positive. On pose u(x)=1+e0,2xu(x)=1+\mathrm{e}^{0{,}2x}, strictement positive sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, de dérivée u′(x)=0,2 e0,2xu'(x)=0{,}2\,\mathrm{e}^{0{,}2x}.

La question C.1 donne f(x)=e0,2x1+e0,2x=10,2×0,2 e0,2x1+e0,2x=5×u′(x)u(x)f(x)=\dfrac{\mathrm{e}^{0{,}2x}}{1+\mathrm{e}^{0{,}2x}}=\dfrac{1}{0{,}2}\times\dfrac{0{,}2\,\mathrm{e}^{0{,}2x}}{1+\mathrm{e}^{0{,}2x}}=5\times\dfrac{u'(x)}{u(x)}. Une primitive de ff sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ est donc F(x)=5ln⁡(1+e0,2x)F(x)=5\ln\left(1+\mathrm{e}^{0{,}2x}\right).

Vérification par dérivation : F′(x)=5×0,2 e0,2x1+e0,2x=e0,2x1+e0,2x=f(x)F'(x)=5\times\dfrac{0{,}2\,\mathrm{e}^{0{,}2x}}{1+\mathrm{e}^{0{,}2x}}=\dfrac{\mathrm{e}^{0{,}2x}}{1+\mathrm{e}^{0{,}2x}}=f(x). Le facteur 55, inverse de 0,20{,}2, est l'oubli le plus fréquent ; la vérification par dérivation le détecte en une ligne. C'est tout l'intérêt de la question C.1 : sous sa forme initiale, ff ne se présente pas comme un u′u\dfrac{u'}{u}.

C.3. Par définition de la valeur moyenne et avec la primitive FF de la question C.2 : I=140[F(x)]040=140(5ln⁡(1+e8)−5ln⁡(1+e0))=540(ln⁡(1+e8)−ln⁡2)I=\dfrac{1}{40}\left[F(x)\right]_0^{40}=\dfrac{1}{40}\left(5\ln\left(1+\mathrm{e}^{8}\right)-5\ln\left(1+\mathrm{e}^{0}\right)\right)=\dfrac{5}{40}\left(\ln\left(1+\mathrm{e}^{8}\right)-\ln 2\right), car 0,2×40=80{,}2\times 40=8.

Valeur exacte : I=18(ln⁡(1+e8)−ln⁡2)=18ln⁡1+e82I=\dfrac{1}{8}\left(\ln\left(1+\mathrm{e}^{8}\right)-\ln 2\right)=\dfrac{1}{8}\ln\dfrac{1+\mathrm{e}^{8}}{2}. Valeur approchée au millième : I≈0,913I\approx 0{,}913.

Vérification : ff croît de 0,50{,}5 à presque 11 sur [0 ;40][0\,;40], et reste au-dessus de 0,970{,}97 sur plus de la moitié de l'intervalle (dès x=18x=18, question B.4) : une moyenne entre 0,90{,}9 et 11 est donc attendue. Autre contrôle, ln⁡(1+e8)≈8\ln\left(1+\mathrm{e}^{8}\right)\approx 8, d'où I≈8−ln⁡28≈0,913I\approx\dfrac{8-\ln 2}{8}\approx 0{,}913.

Erreurs fréquentes : oublier le facteur 140\dfrac{1}{40} de la valeur moyenne, ce qui donne l'intégrale seule, environ 36,536{,}5, impossible pour une moyenne de valeurs inférieures à 11 ; ou écrire F(0)=0F(0)=0, alors que F(0)=5ln⁡2F(0)=5\ln 2.

Exercice 3 : Dénombrement et probabilités : le codage base64, une loi binomiale et une somme de variables aléatoires

4 points Combinatoire et dénombrementLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration

Le codage « base64 », utilisé en informatique, permet de représenter et de transmettre des messages et d'autres données telles que des images, en utilisant 64 caractères : les 26 lettres majuscules, les 26 lettres minuscules, les chiffres de 0 à 9 et deux autres caractères spéciaux.

Les parties A, B et C sont indépendantes.

  • Partie A
  • Dans cette partie, on s'intéresse aux séquences de 4 caractères en base64. Par exemple, « gP3g » est une telle séquence. Dans une séquence, l'ordre est à prendre en compte : les séquences « m5C2 » et « 5C2m » ne sont pas identiques.
  • A.1. Déterminer le nombre de séquences possibles.
  • A.2. Déterminer le nombre de séquences si l'on impose que les 4 caractères sont différents deux à deux.
  • A.3.a. Déterminer le nombre de séquences ne comportant pas de lettre A majuscule
  • A.3.b. En déduire le nombre de séquences comportant au moins une lettre A majuscule.
  • A.3.c. Déterminer le nombre de séquences comportant exactement une fois la lettre A majuscule.
  • A.3.d. Déterminer le nombre de séquences comportant exactement deux fois la lettre A majuscule.
  • Partie B
  • On s'intéresse à la transmission d'une séquence de 250 caractères d'un ordinateur à un autre. On suppose que la probabilité qu'un caractère soit mal transmis est égale à 0,01 et que les transmissions des différents caractères sont indépendantes entre elles. On note X la variable aléatoire égale au nombre de caractères mal transmis.
  • B.1. On admet que la variable aléatoire X suit la loi binomiale. Donner ses paramètres.
  • B.2. Déterminer la probabilité que tous les caractères soient bien transmis. On donnera l'expression exacte, puis une valeur approchée à 10−310^{-3} près.
  • B.3. Que pensez-vous de l'affirmation suivante : « La probabilité que plus de 16 caractères soient mal transmis est négligeable » ?
  • Partie C
  • On s'intéresse maintenant à la transmission de 4 séquences de 250 caractères.
  • On note X1X_1, X2X_2, X3X_3 et X4X_4 les variables aléatoires correspondant aux nombres de caractères mal transmis lors de la transmission de chacune des 4 séquences.
  • On admet que les variables aléatoires X1X_1, X2X_2, X3X_3 et X4X_4 sont indépendantes entre elles et suivent la même loi que la variable aléatoire XX définie en partie B.
  • On note S=X1+X2+X3+X4S=X_1+X_2+X_3+X_4.
  • C. Déterminer, en justifiant, l'espérance et la variance de la variable aléatoire SS.

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A.1
A.2
A.3.a
A.3.b
A.3.c
A.3.d
B.1
B.2
B.3
C
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Réponses

  • A.1 644=16 777 21664^4=16\,777\,216 séquences
  • A.2 64×63×62×61=15 249 02464\times 63\times 62\times 61=15\,249\,024 séquences
  • A.3.a 634=15 752 96163^4=15\,752\,961 séquences
  • A.3.b 644−634=1 024 25564^4-63^4=1\,024\,255 séquences
  • A.3.c 4×633=1 000 1884\times 63^3=1\,000\,188 séquences
  • A.3.d (42)×632=23 814\binom{4}{2}\times 63^2=23\,814 séquences
  • B.1 XX suit la loi binomiale B(250 ;0,01)\mathcal{B}(250\,;0{,}01)
  • B.2 P(X=0)=0,99250≈0,081P(X=0)=0{,}99^{250}\approx 0{,}081
  • B.3 Juste : P(X>16)=P(X⩾17)≈1,0×10−9P(X>16)=P(X\geqslant 17)\approx 1{,}0\times 10^{-9}, négligeable
  • C E(S)=4×2,5=10E(S)=4\times 2{,}5=10 ; V(S)=4×2,475=9,9V(S)=4\times 2{,}475=9{,}9 (indépendance)

A.1. Modèle : une séquence est une liste ordonnée de 44 caractères pris dans un ensemble de 6464, avec répétitions permises (l'exemple « gP3g » répète le g). C'est un 44-uplet d'un ensemble à 6464 éléments : il y en a 64464^4.

Le principe multiplicatif le dit directement : 6464 choix pour le premier caractère, 6464 pour le deuxième, et ainsi de suite, soit 64×64×64×64=644=16 777 21664\times 64\times 64\times 64=64^4=16\,777\,216 séquences possibles.

Erreur fréquente : écrire 4644^{64}. L'exposant est le nombre de POSITIONS, la base le nombre de choix par position.

A.2. Les 44 caractères doivent être deux à deux distincts et l'ordre compte : c'est un arrangement de 44 éléments parmi 6464, soit 64×63×62×61=64!60!=15 249 02464\times 63\times 62\times 61=\dfrac{64!}{60!}=15\,249\,024 séquences.

Lecture par le principe multiplicatif : 6464 choix pour le premier caractère, puis 6363 pour le deuxième (tous sauf le premier), 6262 pour le troisième, 6161 pour le quatrième. Le piège est la combinaison (644)\dbinom{64}{4}, qui ne compte que les ENSEMBLES de quatre caractères et ignore l'ordre que l'énoncé impose de prendre en compte : elle donne un résultat 4!=244!=24 fois trop petit.

A.3.a. Si la séquence ne comporte pas de A majuscule, chaque caractère est pris parmi les 64−1=6364-1=63 autres, avec répétitions permises : il y a 634=15 752 96163^4=15\,752\,961 séquences sans lettre A majuscule.

A.3.b. L'événement « au moins une lettre A majuscule » est le contraire de « aucune lettre A majuscule ». Par passage au complémentaire dans l'ensemble des 64464^4 séquences : 644−634=16 777 216−15 752 961=1 024 25564^4-63^4=16\,777\,216-15\,752\,961=1\,024\,255 séquences comportent au moins une lettre A majuscule.

Le « en déduire » indique la méthode : « au moins un » se traite presque toujours par le contraire. Le calcul direct, en séparant une, deux, trois ou quatre occurrences, est possible (c'est l'objet des deux questions suivantes) mais plus long et plus risqué.

A.3.c. Pour construire une séquence contenant exactement une fois la lettre A, on choisit d'abord la position du A : 44 choix. Les trois autres positions reçoivent chacune un caractère différent de A : 63363^3 choix. Par le principe multiplicatif, il y a 4×633=4×250 047=1 000 1884\times 63^3=4\times 250\,047=1\,000\,188 séquences.

Erreur fréquente : oublier le facteur 44, c'est-à-dire compter seulement les séquences qui commencent par A. Le A peut être en première, deuxième, troisième ou quatrième position.

A.3.d. On choisit les deux positions occupées par la lettre A parmi les quatre : l'ensemble des deux positions compte, pas leur ordre, puisque les deux A sont identiques, soit (42)=6\dbinom{4}{2}=6 choix. Les deux positions restantes reçoivent un caractère différent de A : 632=3 96963^2=3\,969 choix. Il y a donc 6×3 969=23 8146\times 3\,969=23\,814 séquences comportant exactement deux fois la lettre A.

Contrôle de cohérence avec A.3.b : on compte de même (43)×63=252\dbinom{4}{3}\times 63=252 séquences avec trois A et 11 séquence « AAAA ». La somme 1 000 188+23 814+252+1=1 024 2551\,000\,188+23\,814+252+1=1\,024\,255 redonne bien le nombre de séquences comportant au moins un A. Le piège ici est d'écrire 4×3=124\times 3=12 pour les positions, ce qui compte deux fois chaque séquence.

B.1. On répète 250250 fois, de façon indépendante, la même épreuve de Bernoulli : la transmission d'un caractère, dont le « succès », compté par XX, est « le caractère est mal transmis », de probabilité 0,010{,}01. La variable aléatoire XX, qui compte les succès, suit la loi binomiale de paramètres n=250n=250 et p=0,01p=0{,}01, notée B(250 ;0,01)\mathcal{B}(250\,;0{,}01).

Le piège est de prendre p=0,99p=0{,}99 : pp est la probabilité de l'issue que XX COMPTE, ici une erreur de transmission.

B.2. Tous les caractères sont bien transmis si et seulement si aucun n'est mal transmis, c'est-à-dire X=0X=0. Par la formule de la loi binomiale, P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\dbinom{n}{k}p^k(1-p)^{n-k}, donc P(X=0)=(2500)×0,010×0,99250=0,99250P(X=0)=\dbinom{250}{0}\times 0{,}01^{0}\times 0{,}99^{250}=0{,}99^{250}.

Expression exacte : 0,992500{,}99^{250}. Valeur approchée à 10−310^{-3} près : 0,99250≈0,0810{,}99^{250}\approx 0{,}081. Il y a donc environ 8 %8\,\% de chances qu'une séquence de 250250 caractères arrive sans aucune erreur.

Ce résultat peut surprendre, chaque caractère n'ayant qu'une chance sur cent d'être mal transmis ; mais sur 250250 caractères, on attend en moyenne E(X)=250×0,01=2,5E(X)=250\times 0{,}01=2{,}5 erreurs, et une transmission parfaite devient rare.

B.3. « Plus de 16 caractères mal transmis » se traduit par X>16X>16, c'est-à-dire X⩾17X\geqslant 17 puisque XX prend des valeurs entières. On calcule la probabilité par l'événement contraire, avec la fonction de répartition de la loi binomiale de la calculatrice : P(X⩾17)=1−P(X⩽16)≈1,0×10−9P(X\geqslant 17)=1-P(X\leqslant 16)\approx 1{,}0\times 10^{-9}.

Cette probabilité est de l'ordre d'une chance sur un milliard : elle est effectivement négligeable, et l'affirmation est juste. Cohérence : l'espérance de XX vaut 2,52{,}5 et son écart type 250×0,01×0,99≈1,57\sqrt{250\times 0{,}01\times 0{,}99}\approx 1{,}57 ; dépasser 1616, c'est s'écarter de la moyenne de plus de huit écarts types.

Attention à la calculatrice : 1−P(X⩽16)1-P(X\leqslant 16) s'affiche souvent 00 ou une valeur fausse, car P(X⩽16)P(X\leqslant 16) est arrondi à 11. Le résultat sûr s'obtient en sommant directement P(X=k)P(X=k) pour kk de 1717 à 250250, ou en concluant sur la majoration « P(X⩾17)<10−6P(X\geqslant 17)<10^{-6} ». Même si on lit « plus de 16 » comme X⩾16X\geqslant 16, on trouve P(X⩾16)≈7,5×10−9P(X\geqslant 16)\approx 7{,}5\times 10^{-9} : la conclusion ne change pas.

C. Espérance : par linéarité de l'espérance, E(S)=E(X1)+E(X2)+E(X3)+E(X4)E(S)=E(X_1)+E(X_2)+E(X_3)+E(X_4). Chaque XiX_i suit la même loi que XX, la loi binomiale B(250 ;0,01)\mathcal{B}(250\,;0{,}01), d'espérance np=250×0,01=2,5np=250\times 0{,}01=2{,}5. Donc E(S)=4×2,5=10E(S)=4\times 2{,}5=10.

Variance : la variance d'une somme de variables aléatoires INDÉPENDANTES est la somme de leurs variances. Les XiX_i étant indépendantes, V(S)=V(X1)+V(X2)+V(X3)+V(X4)V(S)=V(X_1)+V(X_2)+V(X_3)+V(X_4). Chaque XiX_i a pour variance np(1−p)=250×0,01×0,99=2,475np(1-p)=250\times 0{,}01\times 0{,}99=2{,}475, donc V(S)=4×2,475=9,9V(S)=4\times 2{,}475=9{,}9.

Interprétation : sur les 1 0001\,000 caractères des quatre séquences, on attend en moyenne 1010 caractères mal transmis. On retrouve d'ailleurs que SS compte les erreurs sur 1 0001\,000 transmissions indépendantes de même probabilité 0,010{,}01 : SS suit la loi B(1 000 ;0,01)\mathcal{B}(1\,000\,;0{,}01), d'espérance 1010 et de variance 1 000×0,01×0,99=9,91\,000\times 0{,}01\times 0{,}99=9{,}9.

La justification attendue distingue les deux propriétés : la linéarité de l'espérance vaut TOUJOURS, l'additivité de la variance demande l'INDÉPENDANCE, et c'est elle qu'il faut citer. Erreur fréquente : écrire V(S)=V(4X)=16V(X)=39,6V(S)=V(4X)=16V(X)=39{,}6, qui confond la somme de quatre variables indépendantes avec quatre fois la même variable.

Exercice 4 : Géométrie dans l'espace : un plan défini par trois points, deux plans sécants et leur droite d'intersection

4 points Géométrie dans l'espace

On se place dans un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right) de l'espace.

On considère les points A(1 ;0 ;3)(1\,;0\,;3), B(−2 ;1 ;2)(-2\,;1\,;2) et C(0 ;3 ;2)(0\,;3\,;2).

  • 1.a. Montrer que les points A, B et C ne sont pas alignés.
  • 1.b. Soit n⃗\vec{n} le vecteur de coordonnées (−114)\begin{pmatrix}-1\\1\\4\end{pmatrix} Vérifier que le vecteur n⃗\vec{n} est orthogonal au plan (ABC).
  • 1.c. En déduire que le plan (ABC) admet pour équation cartésienne −x+y+4z−11=0-x+y+4z-11=0.
  • On considère le plan P\mathcal{P} d'équation cartésienne 3x−3y+2z−9=03x-3y+2z-9=0 et le plan P′\mathcal{P}' d'équation cartésienne x−y−z+2=0x-y-z+2=0.
  • 2.a. Démontrer que les plans P\mathcal{P} et P′\mathcal{P}' sont sécants. On note (d)(d) leur droite d'intersection.
  • 2.b. Déterminer si les plans P\mathcal{P} et P′\mathcal{P}' sont perpendiculaires.
  • 3. Montrer que la droite (d)(d) est dirigée par le vecteur u⃗(110)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\1\\0\end{pmatrix}.
  • 4. Montrer que le point M(2 ;1 ;3)(2\,;1\,;3) appartient aux plans P\mathcal{P} et P′\mathcal{P}'. En déduire une représentation paramétrique de la droite (d)(d).
  • 5. Montrer que la droite (d)(d) est aussi incluse dans le plan (ABC). Que peut-on dire des trois plans (ABC), P\mathcal{P} et P′\mathcal{P}' ?

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1.b
2.b
4
5
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Réponses

  • 1.a AB→(−3 ;1 ;−1)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(-3\,;1\,;-1) et AC→(−1 ;3 ;−1)\overrightarrow{\mathrm{AC}}(-1\,;3\,;-1) non colinéaires : A, B, C non alignés
  • 1.b n⃗⋅AB→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=0 et n⃗⋅AC→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=0 : n⃗\vec{n} normal au plan (ABC)
  • 1.c −x+y+4z+d=0-x+y+4z+d=0 et A dans le plan : d=−11d=-11
  • 2.a n⃗P(3 ;−3 ;2)\vec{n}_{\mathcal{P}}(3\,;-3\,;2) et n⃗P′(1 ;−1 ;−1)\vec{n}_{\mathcal{P}'}(1\,;-1\,;-1) non colinéaires : plans sécants
  • 2.b n⃗P⋅n⃗P′=4≠0\vec{n}_{\mathcal{P}}\cdot\vec{n}_{\mathcal{P}'}=4\neq 0 : plans non perpendiculaires
  • 3 u⃗⋅n⃗P=0\vec{u}\cdot\vec{n}_{\mathcal{P}}=0 et u⃗⋅n⃗P′=0\vec{u}\cdot\vec{n}_{\mathcal{P}'}=0 : u⃗\vec{u} dirige (d)(d)
  • 4 M vérifie les deux équations ; (d) : x=2+t, y=1+t, z=3(d)\,:\ x=2+t,\ y=1+t,\ z=3, t∈Rt\in\mathbb{R}
  • 5 −(2+t)+(1+t)+4×3−11=0-(2+t)+(1+t)+4\times 3-11=0 pour tout tt : (d)⊂(ABC)(d)\subset(\mathrm{ABC}) ; les trois plans sont sécants selon (d)(d)

1.a. On calcule AB→(−2−11−02−3)=(−31−1)\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix}-2-1\\1-0\\2-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-3\\1\\-1\end{pmatrix} et AC→(0−13−02−3)=(−13−1)\overrightarrow{\mathrm{AC}}\begin{pmatrix}0-1\\3-0\\2-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\3\\-1\end{pmatrix}.

Les points sont alignés si et seulement si ces deux vecteurs sont colinéaires. S'il existait un réel kk tel que AC→=k AB→\overrightarrow{\mathrm{AC}}=k\,\overrightarrow{\mathrm{AB}}, la première coordonnée donnerait −1=−3k-1=-3k, soit k=13k=\dfrac{1}{3}, et la deuxième 3=k×13=k\times 1, soit k=3k=3 : contradiction. Les vecteurs AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} ne sont pas colinéaires, donc les points A, B et C ne sont pas alignés ; ils définissent un plan.

Erreur fréquente : constater que la troisième coordonnée est la même, −1-1, et conclure trop vite. Il faut UNE contradiction entre deux coordonnées pour prouver la non-colinéarité.

1.b. Méthode : un vecteur non nul est normal à un plan s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan. On calcule les produits scalaires dans le repère orthonormé : n⃗⋅AB→=(−1)×(−3)+1×1+4×(−1)=3+1−4=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=(-1)\times(-3)+1\times 1+4\times(-1)=3+1-4=0 et n⃗⋅AC→=(−1)×(−1)+1×3+4×(−1)=1+3−4=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=(-1)\times(-1)+1\times 3+4\times(-1)=1+3-4=0.

Le vecteur n⃗\vec{n} est orthogonal aux vecteurs AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}}, qui sont non colinéaires (question 1.a) et dirigent le plan (ABC) : n⃗\vec{n} est orthogonal au plan (ABC). La non-colinéarité doit être citée : un vecteur orthogonal à deux vecteurs colinéaires d'un plan ne lui est pas forcément normal.

1.c. Le vecteur n⃗(−1 ;1 ;4)\vec{n}(-1\,;1\,;4) est normal au plan (ABC), donc ce plan admet une équation de la forme −x+y+4z+d=0-x+y+4z+d=0, où dd est un réel. Le point A(1 ;0 ;3)(1\,;0\,;3) appartient au plan : −1+0+4×3+d=0-1+0+4\times 3+d=0, soit 11+d=011+d=0, d'où d=−11d=-11. Le plan (ABC) a pour équation cartésienne −x+y+4z−11=0-x+y+4z-11=0.

Vérification avec les deux autres points : pour B, −(−2)+1+4×2−11=2+1+8−11=0-(-2)+1+4\times 2-11=2+1+8-11=0 ; pour C, −0+3+4×2−11=0-0+3+4\times 2-11=0. Les trois points vérifient l'équation, ce qui confirme les calculs de 1.a et 1.b.

2.a. On lit dans les équations cartésiennes un vecteur normal à chaque plan : n⃗P(3 ;−3 ;2)\vec{n}_{\mathcal{P}}(3\,;-3\,;2) pour P\mathcal{P} et n⃗P′(1 ;−1 ;−1)\vec{n}_{\mathcal{P}'}(1\,;-1\,;-1) pour P′\mathcal{P}'. Deux plans sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs normaux sont colinéaires.

Or, si n⃗P=k n⃗P′\vec{n}_{\mathcal{P}}=k\,\vec{n}_{\mathcal{P}'}, la première coordonnée donne k=3k=3 et la troisième 2=−k2=-k, soit k=−2k=-2 : contradiction. Les vecteurs normaux ne sont pas colinéaires, donc les plans P\mathcal{P} et P′\mathcal{P}' ne sont pas parallèles : ils sont sécants, et leur intersection est une droite (d)(d).

Le piège : les deux premières coordonnées sont proportionnelles (rapport 33), et un élève pressé conclut au parallélisme. C'est la troisième qui casse la proportionnalité.

2.b. Deux plans sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux. On calcule n⃗P⋅n⃗P′=3×1+(−3)×(−1)+2×(−1)=3+3−2=4\vec{n}_{\mathcal{P}}\cdot\vec{n}_{\mathcal{P}'}=3\times 1+(-3)\times(-1)+2\times(-1)=3+3-2=4.

Ce produit scalaire n'est pas nul : les vecteurs normaux ne sont pas orthogonaux, et les plans P\mathcal{P} et P′\mathcal{P}' ne sont pas perpendiculaires. Attention au sens du critère : ce sont les vecteurs NORMAUX qu'on compare, pas un vecteur normal et un vecteur directeur.

3. La droite (d)(d) est incluse dans P\mathcal{P} : tout vecteur directeur de (d)(d) est orthogonal à n⃗P\vec{n}_{\mathcal{P}}. De même, il est orthogonal à n⃗P′\vec{n}_{\mathcal{P}'}. On vérifie que u⃗\vec{u} remplit ces deux conditions : u⃗⋅n⃗P=1×3+1×(−3)+0×2=0\vec{u}\cdot\vec{n}_{\mathcal{P}}=1\times 3+1\times(-3)+0\times 2=0 et u⃗⋅n⃗P′=1×1+1×(−1)+0×(−1)=0\vec{u}\cdot\vec{n}_{\mathcal{P}'}=1\times 1+1\times(-1)+0\times(-1)=0.

Le vecteur non nul u⃗\vec{u} est donc un vecteur directeur du plan P\mathcal{P} et un vecteur directeur du plan P′\mathcal{P}'. Les vecteurs orthogonaux à la fois à n⃗P\vec{n}_{\mathcal{P}} et à n⃗P′\vec{n}_{\mathcal{P}'}, qui ne sont pas colinéaires, sont tous colinéaires entre eux : ce sont les vecteurs directeurs de la droite commune (d)(d). Ainsi u⃗\vec{u} dirige (d)(d).

Autre voie, plus concrète : on prend deux points de (d)(d) et on vérifie que le vecteur qui les joint est colinéaire à u⃗\vec{u}. Avec M(2 ;1 ;3)(2\,;1\,;3) de la question suivante et le point M′(3 ;2 ;3)'(3\,;2\,;3), qui vérifie aussi les deux équations (9−6+6−9=09-6+6-9=0 et 3−2−3+2=03-2-3+2=0), on trouve MM′→(1 ;1 ;0)=u⃗\overrightarrow{\mathrm{MM'}}(1\,;1\,;0)=\vec{u}.

4. On remplace les coordonnées de M(2 ;1 ;3)(2\,;1\,;3) dans les deux équations. Pour P\mathcal{P} : 3×2−3×1+2×3−9=6−3+6−9=03\times 2-3\times 1+2\times 3-9=6-3+6-9=0. Pour P′\mathcal{P}' : 2−1−3+2=02-1-3+2=0. Le point M appartient aux deux plans, donc à leur intersection, la droite (d)(d).

La droite (d)(d) passe par M(2 ;1 ;3)(2\,;1\,;3) et est dirigée par u⃗(1 ;1 ;0)\vec{u}(1\,;1\,;0) (question 3). Une représentation paramétrique de (d)(d) est donc : x=2+tx=2+t, y=1+ty=1+t, z=3z=3, où tt décrit R\mathbb{R}.

Vérification : pour tout réel tt, le point de paramètre tt vérifie 3(2+t)−3(1+t)+2×3−9=03(2+t)-3(1+t)+2\times 3-9=0 et (2+t)−(1+t)−3+2=0(2+t)-(1+t)-3+2=0 : la droite obtenue est bien incluse dans les deux plans. Le piège est la troisième ligne : comme la troisième coordonnée de u⃗\vec{u} est nulle, on écrit z=3z=3, et non z=3+tz=3+t ni z=0z=0.

5. On injecte la représentation paramétrique de (d)(d) dans l'équation du plan (ABC) : pour tout réel tt, −(2+t)+(1+t)+4×3−11=−2−t+1+t+12−11=0-(2+t)+(1+t)+4\times 3-11=-2-t+1+t+12-11=0. L'égalité est vraie pour TOUTES les valeurs de tt : tous les points de (d)(d) appartiennent au plan (ABC), et la droite (d)(d) est incluse dans le plan (ABC).

Le point clé est le « pour tout tt » : une équation en tt qui aurait une seule solution signalerait un unique point d'intersection, et une équation sans solution une droite parallèle au plan. Ici, les termes en tt s'annulent et la constante aussi.

Conclusion sur les trois plans : ils sont deux à deux distincts, puisque leurs vecteurs normaux n⃗(−1 ;1 ;4)\vec{n}(-1\,;1\,;4), n⃗P(3 ;−3 ;2)\vec{n}_{\mathcal{P}}(3\,;-3\,;2) et n⃗P′(1 ;−1 ;−1)\vec{n}_{\mathcal{P}'}(1\,;-1\,;-1) sont deux à deux non colinéaires ; et ils contiennent tous les trois la droite (d)(d). Les plans (ABC), P\mathcal{P} et P′\mathcal{P}' sont donc sécants selon une même droite, la droite (d)(d) : leur intersection est la droite (d)(d).

Erreur fréquente : répondre « les trois plans se coupent en un point », réflexe venu des systèmes de trois équations à trois inconnues, alors que la question précédente vient de montrer qu'ils partagent une droite entière. Autre façon de le voir : l'équation de (ABC) est une combinaison des deux autres, −x+y+4z−11=35(3x−3y+2z−9)−145(x−y−z+2)-x+y+4z-11=\dfrac{3}{5}(3x-3y+2z-9)-\dfrac{14}{5}(x-y-z+2), ce qui explique pourquoi tout point de P∩P′\mathcal{P}\cap\mathcal{P}' est aussi dans (ABC).

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