Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal
Bac 2026 de spécialité maths, Centres étrangers jour 2 : sujet officiel et corrigé
Sujet officiel du baccalauréat
Spécialité mathématiques, session 2026 : Centres étrangers, jour 2
Épreuve du jeudi 11 juin 2026 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée
• 4 exercices, 20 points
L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème.
Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca.
Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).
En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé.
Toutes les annales du bac 2026 →
Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026, centres étrangers, jour 2 : jeudi 11 juin 2026, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants notés sur 20 points, 4, 4, 6 et 6 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, figures comprises, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.
L'exercice 1 est de la géométrie dans l'espace : points non alignés, vecteur normal à un plan, équation cartésienne, angle par le produit scalaire, représentation paramétrique d'une droite orthogonale à un plan et point à distance donnée du plan. L'exercice 2 enchaîne un arbre pondéré, la formule des probabilités totales et une probabilité conditionnelle inversée, puis la loi binomiale (paramètres, probabilité cumulée, espérance) et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à une moyenne de 150 variables. L'exercice 3 étudie la fonction x↦ln(3x2+2x) : sens de variation, corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, puis une suite récurrente an+1=f(an) traitée par raisonnement par récurrence et théorème de convergence monotone, et un script Python qui encadre la limite. L'exercice 4 associe les courbes de f, f′ et f′′, résout l'équation différentielle y′+y=(2x−3)e−x, étudie le signe et les limites de f (croissances comparées), calcule une intégrale par deux intégrations par parties et compte les tangentes passant par l'origine.
Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : l'arrondi de α au centième dans l'exercice 3, qui exige de tester g(4,045) et pas seulement 4,04 et 4,05 ; la variance de la moyenne Y dans l'exercice 2, divisée par 150, avec la demi-largeur δ=4 ; et le décompte des tangentes de l'exercice 4, où trois changements de signe ne suffisent qu'avec la borne « au plus trois racines » d'un polynôme de degré 3.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
L'espace est muni d'un repère orthonormé (O;,,k).
On considère : • les points de l'espace A(1;0;3), B(2;1;−1), C(1;1;1) et H(0;2;1) ; • le vecteur n442.
1.Démontrer que les points A, B et C définissent un plan de l'espace.
2.Démontrer que le vecteur n est un vecteur normal au plan (ABC).
3.Déterminer une équation cartésienne du plan (ABC).
4.Vérifier que le point H appartient au plan (ABC).
5.Déterminer la mesure en degré de l'angle BAH.
6.Déterminer une représentation paramétrique de la droite (d) orthogonale au plan (ABC) et passant par le point H.
7.Déterminer les coordonnées du point S(xS;yS;zS) de la droite (d) tel que : • la distance entre le point S et le plan (ABC) est 6 ; • son abscisse xS est positive.
Voir la correction
Réponses
1AB(1;1;−4) et AC(0;1;−2) non colinéaires : A, B, C non alignés
2n⋅AB=0 et n⋅AC=0, avec deux vecteurs non colinéaires du plan
34x+4y+2z−10=0, soit 2x+2y+z−5=0
42×0+2×2+1−5=0 : H∈(ABC)
5cosBAH=32×39=22, donc BAH=45°
6(d):x=2t,y=2+2t,z=1+t, t∈R
7S(4;6;3) (t=2) ; le point (−4;−2;−1), d'abscisse négative, est rejeté
1. Trois points définissent un plan si et seulement s'ils ne sont pas alignés, c'est-à-dire si les vecteurs AB et AC ne sont pas colinéaires.
AB2−11−0−1−3=11−4 et AC1−11−01−3=01−2.
S'il existait un réel k tel que AC=kAB, la première coordonnée donnerait 0=k×1, donc k=0, et la deuxième 1=k×1=0 : c'est impossible. Les vecteurs ne sont pas colinéaires, les points A, B et C ne sont pas alignés et ils définissent un plan.
Erreur fréquente : conclure parce que « les coordonnées sont différentes », ou comparer une seule paire de coordonnées. La non-colinéarité se démontre par l'absurde sur deux coordonnées au moins, comme ci-dessus.
2. Un vecteur non nul est normal à un plan dès qu'il est orthogonal à DEUX vecteurs non colinéaires de ce plan. On calcule les produits scalaires dans le repère orthonormé :
n⋅AB=4×1+4×1+2×(−4)=4+4−8=0 et n⋅AC=4×0+4×1+2×(−2)=0+4−4=0.
Le vecteur n, non nul, est orthogonal à AB et à AC, qui sont deux vecteurs non colinéaires du plan (ABC) d'après la question 1 : n est normal au plan (ABC).
Piège : un seul produit scalaire nul ne suffit pas, un vecteur orthogonal à une seule direction du plan peut être contenu dans le plan. Et la non-colinéarité des deux vecteurs testés fait partie de la justification : c'est là que la question 1 sert.
3. Un plan de vecteur normal n(a;b;c) a une équation cartésienne de la forme ax+by+cz+d=0. Ici le plan (ABC) a une équation 4x+4y+2z+d=0, où le réel d se détermine avec un point du plan.
A(1;0;3)∈(ABC) : 4×1+4×0+2×3+d=0, soit 10+d=0 et d=−10. Une équation cartésienne de (ABC) est donc 4x+4y+2z−10=0, ou, en divisant par 2, 2x+2y+z−5=0.
Vérification avec les deux autres points : pour B, 2×2+2×1+(−1)−5=0 ; pour C, 2×1+2×1+1−5=0. Les trois points satisfont l'équation. Les deux équations décrivent le même plan : une équation cartésienne n'est jamais unique, elle l'est à un facteur non nul près.
4. On remplace les coordonnées de H(0;2;1) dans l'équation : 2×0+2×2+1−5=0+4+1−5=0. Les coordonnées de H vérifient l'équation du plan, donc H appartient au plan (ABC).
5. L'angle BAH a pour sommet A : c'est l'angle géométrique entre les vecteurs AB et AH. On l'obtient par les deux expressions du produit scalaire : AB⋅AH=AB×AH×cosBAH.
AH0−12−01−3=−12−2. Par les coordonnées : AB⋅AH=1×(−1)+1×2+(−4)×(−2)=−1+2+8=9.
Les normes : AB=12+12+(−4)2=18=32 et AH=(−1)2+22+(−2)2=9=3.
Donc cosBAH=32×39=21=22. Comme un angle géométrique est compris entre 0° et 180°, BAH=45°.
Piège : prendre BA au lieu de AB change le signe du produit scalaire et donne 135°, l'angle supplémentaire. Les deux vecteurs doivent PARTIR du sommet de l'angle. Contrôle : cosBAH≈0,707 et arccos(0,707)≈45° à la calculatrice, en mode degré.
6. Une droite orthogonale à un plan a pour vecteur directeur un vecteur normal à ce plan. On peut prendre n(4;4;2) ou, plus simple, le vecteur colinéaire u=21n=(2;2;1).
Un point M(x;y;z) appartient à (d) si et seulement s'il existe un réel t tel que HM=tu, ce qui donne la représentation paramétrique : x=2t, y=2+2t, z=1+t, t∈R.
Vérification : t=0 redonne H(0;2;1). Avec n comme vecteur directeur, on obtiendrait x=4k, y=2+4k, z=1+2k, k∈R, tout aussi juste : une représentation paramétrique n'est pas unique, et le correcteur accepte toute réponse cohérente.
7. Le point H appartient au plan (ABC) (question 4) et la droite (d) est orthogonale à ce plan en H : pour tout point S de (d), H est le projeté orthogonal de S sur le plan, et la distance de S au plan (ABC) est la longueur SH.
Un point S de (d) s'écrit S(2t;2+2t;1+t) et HS=tu=(2t;2t;t), donc SH=4t2+4t2+t2=9t2=3∣t∣.
La condition SH=6 s'écrit 3∣t∣=6, soit t=2 ou t=−2. Pour t=2 : S(4;6;3), d'abscisse 4>0. Pour t=−2 : le point (−4;−2;−1), d'abscisse négative, ne convient pas. Le point cherché est S(4;6;3).
Vérification par la formule de la distance d'un point à un plan (utile pour contrôler, même si l'énoncé ne l'attend pas) : 22+22+12∣2×4+2×6+3−5∣=318=6.
Piège : poser directement t=6 en confondant le paramètre et la distance. Le paramètre ne mesure une longueur que si le vecteur directeur est unitaire ; ici ∥u∥=3, et t=6 donnerait le point (12;14;7), à distance 18 du plan. Avec n comme vecteur directeur, ∥n∥=6 et la condition devient 6∣k∣=6, k=1 : on retrouve le même point S.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Probabilités : publier sur un réseau social, arbre pondéré, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Parmi les habitants âgés d'au moins 15 ans vivant en France, on compte : • 21% de personnes de 15 à 29 ans ; • 46% de personnes de 30 à 59 ans ; • 33% de personnes d'au moins 60 ans.
On s'intéresse à l'utilisation d'un réseau social par les habitants âgés d'au moins 15 ans vivant en France. On a ainsi pu observer que : • 70% des personnes de 15 à 29 ans ont déjà publié sur ce réseau social ; • 46% des personnes de 30 à 59 ans ont déjà publié sur ce réseau social ; • 15% des personnes d'au moins 60 ans ont déjà publié sur ce réseau social.
On interroge une personne âgée d'au moins 15 ans vivant en France et on lui demande si elle a déjà publié sur ce réseau social.
On note : • J l'événement : « la personne interrogée a entre 15 et 29 ans » ; • M l'événement : « la personne interrogée a entre 30 et 59 ans » ; • S l'événement : « la personne interrogée a au moins 60 ans » ; • R l'événement : « la personne interrogée a déjà publié sur ce réseau social ».
On note R l'événement contraire de l'événement R.
Dans tout l'exercice, les valeurs approchées seront arrondies au millième.
Partie A
A.1.Recopier et compléter l'arbre de probabilité.
A.2.Déterminer P(M∩R). Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
3. On interroge au hasard une personne âgée d'au moins 15 ans vivant en France.
A.3.a.Calculer la probabilité qu'elle ait déjà publié sur ce réseau social.
A.3.b.On sait que cette personne a déjà publié sur ce réseau social. Déterminer la probabilité qu'elle ait au moins 60 ans.
Partie B
Au cours d'un sondage, on interroge successivement, au hasard et de manière indépendante, 100 personnes âgées d'au moins 15 ans vivant en France et on leur demande si elles ont déjà publié sur ce réseau social.
La population du pays est suffisamment grande pour qu'on assimile le choix des personnes sondées à des tirages successifs avec remise.
On note X la variable aléatoire qui donne le nombre de personnes ayant déjà publié sur ce réseau social parmi ces 100 personnes interrogées.
Dans cette partie, on admet que la probabilité qu'une personne âgée d'au moins 15 ans vivant en France ait déjà publié sur ce réseau social est 0,41.
B.1.On admet que la variable aléatoire X suit une loi binomiale. Donner ses paramètres.
B.2.Calculer la probabilité qu'au moins la moitié des 100 personnes interrogées ait déjà publié sur ce réseau social.
B.3.Déterminer l'espérance de la variable aléatoire X et interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
Partie C
On effectue le sondage décrit dans la partie B dans 150 villes françaises en respectant les mêmes conditions.
On note X1, X2, ..., X150 les variables aléatoires donnant le nombre de personnes ayant déjà publié sur ce réseau social parmi les 100 personnes interrogées dans chacune des 150 villes.
On considère Y la variable aléatoire définie par : Y=150X1+X2+⋯+X150
C.Démontrer que la probabilité que la variable aléatoire Y soit strictement comprise entre 37 et 45 est strictement supérieure à 98%.
A.2P(M∩R)=0,46×0,46=0,2116≈0,212 : environ 21,2% des personnes ont entre 30 et 59 ans ET ont déjà publié
A.3.aP(R)=0,147+0,2116+0,0495=0,4081≈0,408
A.3.bPR(S)=0,40810,0495≈0,121
B.1X suit la loi binomiale B(100;0,41)
B.2P(X⩾50)=1−P(X⩽49)≈0,043
B.3E(X)=100×0,41=41 : en moyenne, 41 personnes sur 100 sondées ont déjà publié
CE(Y)=41, V(Y)=15024,19 ; Bienaymé-Tchebychev avec δ=4 : P(37<Y<45)⩾1−240024,19≈0,9899>0,98
A.1. Le premier niveau de l'arbre porte les trois tranches d'âge, qui forment une partition de la population étudiée : P(J)=0,21, P(M)=0,46 et P(S)=0,33. Contrôle : 0,21+0,46+0,33=1.
Le second niveau porte des probabilités CONDITIONNELLES : « 70% des personnes de 15 à 29 ans ont déjà publié » donne PJ(R)=0,7, et par l'événement contraire PJ(R)=1−0,7=0,3. De même PM(R)=0,46 et PM(R)=0,54, puis PS(R)=0,15 et PS(R)=0,85.
Piège : le nombre 0,46 apparaît deux fois, avec deux sens différents. Sur la branche vers M, c'est la proportion des 30 à 59 ans dans la population, P(M) ; sur la branche de M vers R, c'est la proportion de ceux qui ont publié PARMI les 30 à 59 ans, PM(R). L'arbre complété, avec la probabilité de chaque chemin, figure en fin de corrigé.
A.2. Probabilité d'une intersection, lue sur un chemin de l'arbre (formule des probabilités composées) : P(M∩R)=P(M)×PM(R)=0,46×0,46=0,2116, soit 0,212 arrondi au millième.
Interprétation : environ 21,2% des habitants âgés d'au moins 15 ans vivant en France ont entre 30 et 59 ans ET ont déjà publié sur ce réseau social. La population de référence est la population entière, pas la seule tranche des 30 à 59 ans.
Erreur fréquente : répondre 0,46, qui est PM(R), la probabilité d'avoir publié SACHANT que la personne a entre 30 et 59 ans. Contrôle : une intersection est plus petite que chacun des deux événements, et 0,212<0,46.
A.3.a. Les événements J, M et S forment une partition de l'univers : on applique la formule des probabilités totales.
P(R)=P(J∩R)+P(M∩R)+P(S∩R)=0,21×0,7+0,46×0,46+0,33×0,15=0,147+0,2116+0,0495=0,4081, soit P(R)≈0,408.
Piège : faire la moyenne simple des trois pourcentages, 30,7+0,46+0,15≈0,437, en oubliant que les trois tranches d'âge n'ont pas le même poids dans la population. La formule des probabilités totales est une moyenne PONDÉRÉE par P(J), P(M) et P(S).
A.3.b. On sait que la personne a publié : on cherche PR(S), une probabilité conditionnée par R, alors que l'arbre est construit dans l'autre sens. On revient à la définition d'une probabilité conditionnelle (c'est la démarche de la formule de Bayes) :
Sachant qu'une personne a déjà publié sur ce réseau social, la probabilité qu'elle ait au moins 60 ans est d'environ 0,121. Bonne pratique : diviser par la valeur EXACTE 0,4081 et n'arrondir qu'à la fin ; ici l'arrondi intermédiaire 0,408 donne encore 0,121, mais ce n'est pas toujours le cas.
Erreur fréquente : confondre PR(S) et PS(R)=0,15. Le dénominateur est la probabilité de l'événement DONNÉ, celui qu'on sait réalisé, ici R.
B.1. L'énoncé fait admettre la loi binomiale ; il reste à en lire les paramètres. On répète 100 fois, de façon indépendante (tirages assimilés à des tirages avec remise), la même épreuve de Bernoulli dont le succès est « la personne a déjà publié sur ce réseau social », de probabilité 0,41. La variable X compte les succès : X suit la loi binomiale de paramètres n=100 et p=0,41, notée B(100;0,41).
Piège : reprendre p=0,408 calculé en A.3.a. Dans cette partie, l'énoncé fixe p=0,41, et c'est cette valeur qui sert jusqu'à la fin de l'exercice.
B.2. « Au moins la moitié des 100 personnes » se traduit par X⩾50. La calculatrice donne les probabilités cumulées P(X⩽k), on passe donc par l'événement contraire :
P(X⩾50)=1−P(X⩽49)≈1−0,9572=0,0428, soit 0,043 arrondi au millième.
Piège : écrire 1−P(X⩽50), qui est P(X⩾51)≈0,027, en oubliant que « au moins la moitié » COMPREND la valeur 50. L'écart n'est pas négligeable : P(X=50)≈0,015. Ordre de grandeur : 50 est loin au-dessus de l'espérance 41 (question suivante), une probabilité faible est cohérente.
B.3. L'espérance d'une loi binomiale B(n;p) vaut np : E(X)=100×0,41=41.
Interprétation : si l'on répétait un grand nombre de fois ce sondage de 100 personnes, on compterait en moyenne 41 personnes ayant déjà publié sur ce réseau social par sondage. Ce n'est pas une prédiction pour UN sondage : X peut valoir 35 ou 48, c'est la moyenne sur de nombreux sondages qui se rapproche de 41.
C. Chaque Xi décrit le même sondage de 100 personnes que dans la partie B, réalisé « dans les mêmes conditions » : chaque Xi suit la loi B(100;0,41), d'espérance 100×0,41=41 et de variance 100×0,41×0,59=24,19. Les sondages des 150 villes étant menés au hasard et indépendamment les uns des autres, on considère les variables X1, ..., X150 indépendantes ; c'est cette hypothèse qui permet d'additionner les variances.
Espérance de Y, par linéarité : E(Y)=1501(E(X1)+⋯+E(X150))=150150×41=41.
Variance de Y : V(Y)=15021V(X1+⋯+X150)=1502150×24,19=15024,19≈0,1613, la variance d'une somme de variables indépendantes étant la somme de leurs variances.
L'intervalle ]37;45[ est centré en E(Y)=41, de demi-largeur 4 : 37<Y<45⟺∣Y−41∣<4. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à Y avec δ=4 donne : P(∣Y−41∣⩾4)⩽42V(Y)=150×1624,19=240024,19≈0,01008.
On passe à l'événement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : P(37<Y<45)=1−P(∣Y−41∣⩾4)⩾1−240024,19≈0,9899.
Comme 0,9899>0,98, la probabilité que Y soit strictement comprise entre 37 et 45 est strictement supérieure à 98%. C'est aussi l'inégalité de concentration appliquée à la moyenne de l'échantillon (X1,…,X150) : P(∣Y−41∣⩾δ)⩽150δ2V(X1), le même calcul.
Pièges : utiliser V(X1)=24,19 au lieu de V(Y), ce qui donne la borne 1624,19>1, sans intérêt ; prendre δ=45−37=8, la largeur, au lieu de la DEMI-largeur 4 ; et oublier que l'inégalité stricte 37<Y<45 est exactement le contraire de ∣Y−41∣⩾4, forme dans laquelle s'énonce l'inégalité.
Exercice 3 : Fonction logarithme et suites : valeurs intermédiaires, suite récurrente croissante et encadrement en Python
On note f la fonction définie sur l'intervalle [2;+∞[ par f(x)=ln(3x2+2x).
On admet que la fonction f est dérivable sur l'intervalle [2;+∞[ et on note f′ sa fonction dérivée.
A.1.Démontrer que la fonction f est strictement croissante sur l'intervalle [2;+∞[.
2. On note g la fonction définie sur l'intervalle [2;+∞[ par : g(x)=f(x)−x.
On admet que la fonction g est strictement décroissante sur l'intervalle [2;+∞[ et que x→+∞limg(x)=−∞.
A.2.a.Démontrer que l'équation g(x)=0 admet une unique solution α sur l'intervalle [2;+∞[.
A.2.b.Donner la valeur de α arrondie au centième.
A.2.c.En déduire le tableau de signes de la fonction g sur l'intervalle [2;+∞[.
Partie B
Dans cette partie, les réponses pourront s'appuyer sur les résultats de la partie A.
On définit une suite (an) par son premier terme a0>0 et pour tout entier naturel n, an+1=ln(3an2+2an).
On étudie le cas où 2⩽a0⩽α, où α est l'unique solution de l'équation g(x)=0.
B.1.Démontrer que, pour tout entier naturel n, on a 2⩽an⩽α.
B.2.Démontrer que la suite (an) est croissante.
B.3.Démontrer que la suite (an) converge.
B.4.Démontrer que la limite de la suite (an) est α.
Partie C
Dans cette partie, on prend a0=2.
La suite (an) est ainsi définie par a0=2 et pour tout entier naturel n, an+1=ln(3an2+2an).
On note (bn) la suite définie par b0=10 et pour tout entier naturel n, bn+1=ln(3bn2+2bn).
On admet que la suite (bn) est strictement décroissante et qu'elle converge vers α.
C.1.Justifier que, pour tout entier naturel n, on a an⩽bn.
2. On considère le script ci-dessous écrit en langage Python.
On rappelle qu'en langage Python : • la commande log(c) renvoie la valeur de ln(c) ; • la commande a**2 renvoie la valeur de a2.
C.2.a.Donner les valeurs renvoyées par l'instruction algo(2). On arrondira si besoin les valeurs au millième.
C.2.b.Interpréter les valeurs renvoyées dans le contexte de l'exercice.
Voir la correction
Réponses
A.1f′(x)=3x2+2x6x+2>0 sur [2;+∞[ : f strictement croissante
A.2.ag continue, strictement décroissante, g(2)=ln16−2≈0,77>0 et +∞limg=−∞ : une unique solution α (corollaire du TVI)
A.2.bα≈4,05 (g(4,045)>0>g(4,05))
A.2.cg(x)>0 sur [2;α[, g(α)=0, g(x)<0 sur ]α;+∞[
B.1Récurrence : f croissante donne f(2)⩽an+1⩽f(α)=α, et f(2)=ln16⩾2
B.2an+1−an=g(an)⩾0 car an∈[2;α]
B.3Croissante et majorée par α : convergente (théorème de convergence monotone)
B.4f continue : la limite ℓ∈[2;α] vérifie f(ℓ)=ℓ, soit g(ℓ)=0, donc ℓ=α
C.1an⩽α (partie B, a0=2) et bn⩾α (suite décroissante de limite α)
C.2.aalgo(2) renvoie (9;4,044)
C.2.b9 est le premier rang où bn−an⩽10−2 ; a9≈4,044 est une valeur approchée par défaut de α à 10−2 près
A.1. On étudie le signe de la dérivée. Pour x⩾2, u(x)=3x2+2x>0, et la dérivée de ln(u) est uu′ : f′(x)=3x2+2x6x+2.
Sur [2;+∞[, le numérateur 6x+2⩾14>0 et le dénominateur 3x2+2x=x(3x+2)⩾16>0. Donc f′(x)>0 pour tout x de [2;+∞[, et la fonction f est strictement croissante sur cet intervalle.
Autre rédaction, sans dériver : x↦3x2+2x est strictement croissante et strictement positive sur [2;+∞[, et ln est strictement croissante sur ]0;+∞[ ; la composée est strictement croissante. Erreur fréquente : écrire f′(x)=3x2+2x1 en oubliant le facteur u′(x)=6x+2 ; ici le signe resterait juste, mais la dérivée serait fausse.
A.2.a. On applique le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (cas d'une fonction strictement monotone) sur [2;+∞[. Ses trois hypothèses :
Continuité : g est continue sur [2;+∞[, puisque f y est dérivable, donc continue, et que x↦x l'est aussi. Monotonie : g est strictement décroissante sur [2;+∞[ (admis). Valeurs aux bornes : g(2)=ln(3×4+4)−2=ln16−2≈0,773>0 et x→+∞limg(x)=−∞.
Le réel 0 est compris entre x→+∞limg(x)=−∞ et g(2)>0 : l'équation g(x)=0 admet donc une unique solution α sur [2;+∞[. Comme g(2)=0, on a même α>2.
Piège : oublier la continuité, ou ne pas calculer g(2). Sans le signe de g(2), rien ne garantit que 0 soit atteint : c'est la valeur que l'on doit justifier par un calcul, ln16≈2,77>2.
A.2.b. On balaye à la calculatrice (tableau de valeurs de g), en affinant le pas : g(4)≈0,025>0 et g(5)≈−0,56<0, puis g(4,04)≈0,0038>0 et g(4,05)≈−0,0016<0, donc 4,04<α<4,05.
Cet encadrement ne suffit pas pour ARRONDIR au centième : il faut savoir de quel côté de 4,045 se trouve α. Or g(4,045)≈0,0011>0, donc 4,045<α<4,05 (car g est décroissante) et α≈4,05 au centième.
Erreur fréquente : répondre 4,04, la borne inférieure de l'encadrement d'amplitude 10−2, qui est une valeur approchée PAR DÉFAUT et non l'arrondi. Pour information, α≈4,0471.
A.2.c. La fonction g est strictement décroissante sur [2;+∞[ et s'annule en α. Pour 2⩽x<α, g(x)>g(α)=0 ; pour x>α, g(x)<g(α)=0. Le tableau de signes, figuré en fin de corrigé, se lit : g(x)>0 sur [2;α[, g(α)=0, g(x)<0 sur ]α;+∞[.
Le mot « en déduire » demande cette justification par la stricte décroissance : un tableau sans phrase ne suffit pas. Traduction utile pour la suite : g(x)⩾0⟺f(x)⩾x, donc pour x dans [2;α], f(x)⩾x.
B.1. Raisonnement par récurrence. Pour tout entier naturel n, on note P(n) la propriété : « 2⩽an⩽α ».
Initialisation : 2⩽a0⩽α par hypothèse de l'étude, donc P(0) est vraie.
Hérédité : soit n un entier naturel tel que P(n) est vraie, c'est-à-dire 2⩽an⩽α. La fonction f est croissante sur [2;+∞[ (A.1), donc elle conserve l'ordre : f(2)⩽f(an)⩽f(α).
Or f(an)=an+1, f(α)=α puisque g(α)=0, et f(2)=ln16≈2,77⩾2. Donc 2⩽f(2)⩽an+1⩽α : P(n+1) est vraie.
Conclusion : P(0) est vraie et la propriété est héréditaire, donc pour tout entier naturel n, 2⩽an⩽α.
Le point délicat est f(α)=α : c'est la définition de α (g(α)=f(α)−α=0) qui permet de « boucler ». Piège : appliquer f sans citer sa croissance ; c'est elle qui autorise à composer les inégalités.
B.2. Pour tout entier naturel n, an+1−an=f(an)−an=g(an). D'après B.1, an∈[2;α], et d'après le tableau de signes de A.2.c, g est positive ou nulle sur [2;α]. Donc an+1−an⩾0 : la suite (an) est croissante.
C'est ici que la fonction g prend son sens : elle mesure l'écart entre un terme et le suivant. Erreur fréquente : déduire la croissance de la suite de celle de f. Une fonction croissante donne une suite MONOTONE, pas forcément croissante ; il faut comparer a1 et a0, ou, comme ici, étudier le signe de g.
B.3. La suite (an) est croissante (B.2) et majorée par α (B.1). D'après le théorème de convergence monotone, elle converge.
Piège : affirmer que sa limite est α parce qu'elle est majorée par α. Le théorème ne dit que ceci : la limite ℓ existe et vérifie ℓ⩽α. Identifier la limite, c'est la question suivante.
B.4. On note ℓ la limite de (an). En passant à la limite dans l'encadrement de B.1, 2⩽ℓ⩽α.
Pour tout n, an+1=f(an). Quand n tend vers +∞, an+1 tend vers ℓ ; et comme f est continue en ℓ (elle est dérivable sur [2;+∞[), f(an) tend vers f(ℓ). Par unicité de la limite, f(ℓ)=ℓ, c'est-à-dire g(ℓ)=0.
Or ℓ∈[2;+∞[ et α est l'UNIQUE solution de g(x)=0 sur cet intervalle (A.2.a) : donc ℓ=α. La suite (an) converge vers α.
Les deux arguments que le correcteur attend : la continuité de f, sans laquelle on ne peut pas passer à la limite dans an+1=f(an), et l'appartenance de ℓ à [2;+∞[, sans laquelle l'unicité de A.2.a ne s'applique pas.
C.1. Avec a0=2, on a bien 2⩽a0⩽α : la partie B s'applique et donne an⩽α pour tout n.
La suite (bn) est décroissante et converge vers α : elle est minorée par sa limite, bn⩾α pour tout n. En effet, si l'on avait bN<α pour un rang N, la décroissance donnerait bn⩽bN pour tout n⩾N, et par passage à la limite α⩽bN<α, ce qui est absurde.
Donc, pour tout entier naturel n, an⩽α⩽bn, et en particulier an⩽bn. Ce n'est pas une comparaison terme à terme des deux formules : c'est α qui sépare les deux suites, et c'est ce qui fait tout l'intérêt de la question suivante.
C.2.a. On exécute le script, ou l'on fait tourner la boucle à la main avec la calculatrice. Les variables a, b et n contiennent an, bn et le rang n ; la boucle continue tant que bn−an>10−2. Le tableau des termes successifs figure en fin de corrigé.
On lit : b8−a8≈0,013>0,01, la boucle tourne encore une fois ; b9−a9≈0,006⩽0,01, elle s'arrête. L'instruction algo(2) renvoie donc le couple (9;a9), soit (9;4,044) en arrondissant au millième.
Erreurs fréquentes : renvoyer b9≈4,050 au lieu de a9 (le script renvoie (n,a)) ; ou s'arrêter un tour trop tôt en lisant b8−a8≈0,013 comme « à peu près 0,01 ».
C.2.b. D'après C.1 (et sa démonstration), an⩽α⩽bn pour tout n : chaque passage dans la boucle fournit un encadrement de α, d'amplitude bn−an. La boucle s'arrête au premier rang où cette amplitude est inférieure ou égale à 10−p.
Avec p=2 : n=9 est le plus petit rang pour lequel bn−an⩽10−2, et a9≈4,044 vérifie 0⩽α−a9⩽b9−a9⩽10−2. Le nombre 4,044 est donc une valeur approchée de α par défaut à 10−2 près, obtenue après 9 itérations.
Cohérence avec la partie A : 4,044⩽α≈4,047⩽4,050, et l'arrondi α≈4,05 trouvé en A.2.b est bien dans l'encadrement [a9;b9].
x
2
α
+∞
signe de g(x)
+
0
−
Tableau de signes de g sur [2;+∞[ (question A.2.c)
n
an
bn
bn−an
0
2
10
8
1
2,773
5,768
2,996
2
3,354
4,713
1,359
3
3,700
4,331
0,631
4
3,881
4,174
0,293
5
3,969
4,104
0,135
6
4,011
4,073
0,062
7
4,030
4,059
0,029
8
4,039
4,053
0,013
9
4,044
4,050
0,006
Termes calculés par algo(2), arrondis au millième (question C.2.a)
Exercice 4 : Fonction exponentielle : courbes de f, f' et f'', équation différentielle, intégration par parties et tangentes par l'origine
Sur le graphique ci-dessous, on a tracé trois courbes C1, C2 et C3.
Les courbes correspondent aux représentations graphiques de trois fonctions définies sur R : une fonction f, sa dérivée f′ et sa dérivée seconde f′′.
A.Associer chacune des fonctions f, f′ et f′′ à sa courbe représentative. Aucune justification n'est attendue.
Partie B
On considère l'équation différentielle (E) définie par y′+y=(2x−3)e−x où y est une fonction de la variable réelle x.
B.1.On considère la fonction g définie sur R par g(x)=(x2−3x)e−x. Démontrer que la fonction g est une solution particulière de l'équation différentielle (E).
B.2.Déterminer l'ensemble des solutions de l'équation différentielle y′+y=0.
B.3.En déduire l'ensemble des solutions de l'équation différentielle (E).
B.4.Déterminer la solution f de l'équation différentielle (E) telle que f(0)=2.
Partie C
On considère la fonction f définie sur R par f(x)=e−x(x2−3x+2) et on note Cf sa courbe représentative dans un repère orthogonal.
C.1.Étudier le signe de la fonction f sur R.
C.2.a.Déterminer la limite de la fonction f en −∞.
C.2.b.Déterminer la limite de la fonction f en +∞.
3. On note I l'intégrale définie par : I=∫01f(x)dx.
C.3.a.À l'aide de deux intégrations par parties successives, démontrer que I=1−e1.
C.3.b.Interpréter graphiquement ce résultat.
Partie D
On considère un réel a.
On note (Ta) la tangente à la courbe Cf au point d'abscisse a.
D.1.Démontrer que le point d'intersection de la tangente (Ta) et de l'axe des ordonnées a pour ordonnée (a3−4a2+2a+2)e−a.
D.2.Déterminer le nombre de tangentes à la courbe Cf passant par l'origine du repère. Le candidat explicitera les étapes de la démarche utilisée.
Voir la correction
Réponses
AC1 : f ; C3 : f′ ; C2 : f′′
B.1g′(x)=(−x2+5x−3)e−x et g′(x)+g(x)=(2x−3)e−x
B.2x↦Ke−x, K∈R
B.3x↦(x2−3x+K)e−x, K∈R
B.4K=2 : f(x)=(x2−3x+2)e−x
C.1f(x)>0 sur ]−∞;1[∪]2;+∞[, f(1)=f(2)=0, f(x)<0 sur ]1;2[
C.2.ax→−∞limf(x)=+∞
C.2.bx→+∞limf(x)=0 (croissances comparées)
C.3.aI=2+∫01(2x−3)e−xdx=2+(−1−e−1)=1−e1
C.3.bf⩾0 sur [0;1] : I≈0,632 u.a. est l'aire sous Cf entre x=0 et x=1
D.1y=f(a)−af′(a) en x=0, avec f′(a)=(−a2+5a−5)e−a
D.2Trois tangentes : a3−4a2+2a+2=0 a trois solutions, a≈−0,48, a≈1,31, a≈3,17
A.C1 est la courbe de f, C3 celle de f′ et C2 celle de f′′. Aucune justification n'est attendue, mais voici comment trouver sans hésiter : on compare les ZÉROS d'une courbe aux EXTREMUMS d'une autre, puisque la dérivée s'annule en changeant de signe là où la fonction a un extremum.
C1 décroît jusqu'à un minimum vers x≈1,4, croît jusqu'à un maximum vers x≈3,6, puis décroît. Or C3 est négative avant 1,4, positive entre 1,4 et 3,6, négative après : C3 est la courbe de la dérivée de la fonction représentée par C1.
De même, C3 croît jusqu'à x=2, décroît jusqu'à x≈5, puis croît ; et C2 est positive avant 2, négative entre 2 et 5, positive après. C2 représente donc la dérivée de la fonction de C3, c'est-à-dire f′′. Il reste C1 pour f.
Piège : associer les courbes à vue, par leur allure en 0. Le bon test est toujours le même : les zéros de f′ sont les abscisses des extremums de f. On peut le confirmer après coup avec la partie C : f(x)=(x2−3x+2)e−x s'annule en 1 et en 2, comme C1.
B.1. On calcule g′ par la formule (uv)′=u′v+uv′, avec u(x)=x2−3x et v(x)=e−x, donc u′(x)=2x−3 et v′(x)=−e−x :
g′(x)=(2x−3)e−x−(x2−3x)e−x=(−x2+5x−3)e−x.
Alors, pour tout réel x : g′(x)+g(x)=(−x2+5x−3+x2−3x)e−x=(2x−3)e−x. La fonction g, dérivable sur R, vérifie (E) : c'est une solution particulière de (E).
Erreur fréquente : oublier le signe moins dans la dérivée de e−x, ce qui donnerait g′+g=(2x2−4x−3)e−x : le calcul ne « tombe » plus, et c'est souvent le signal de l'erreur.
B.2. L'équation y′+y=0 s'écrit y′=−y, de la forme y′=ay avec a=−1. Ses solutions sur R sont les fonctions x↦Ke−x, où K est une constante réelle.
Piège : écrire Kex en lisant y′+y=0 comme y′=y. Le coefficient a se lit APRÈS avoir isolé y′.
B.3. Propriété du cours : les solutions de (E) sont les sommes d'une solution particulière de (E) et des solutions de l'équation homogène associée y′+y=0.
Justification : une fonction y dérivable est solution de (E) si et seulement si y′+y=g′+g, c'est-à-dire (y−g)′+(y−g)=0, donc si et seulement si y−g est solution de y′+y=0, soit y−g=Ke−x.
Les solutions de (E) sont donc les fonctions x↦(x2−3x)e−x+Ke−x=(x2−3x+K)e−x, où K est un réel quelconque.
B.4. La solution cherchée s'écrit f(x)=(x2−3x+K)e−x. Condition initiale : f(0)=(0−0+K)e0=K=2. Donc f(x)=(x2−3x+2)e−x, et c'est exactement la fonction de la partie C.
Vérification : f(0)=2×1=2. Piège : appliquer la condition f(0)=2 à la seule partie homogène Ke−x ; ici le résultat est le même parce que g(0)=0, mais c'est un hasard de l'énoncé, et la condition porte toujours sur la solution COMPLÈTE.
C.1. Pour tout réel x, e−x>0 : f(x) a le signe du trinôme x2−3x+2. Son discriminant vaut Δ=(−3)2−4×1×2=1>0, ses racines sont 23−1=1 et 23+1=2, et x2−3x+2=(x−1)(x−2).
Le trinôme est du signe de son coefficient dominant 1>0 à l'extérieur des racines. Donc f(x)>0 sur ]−∞;1[ et sur ]2;+∞[, f(1)=f(2)=0, et f(x)<0 sur ]1;2[.
Cohérence avec la partie A : la courbe C1 passe sous l'axe des abscisses entre 1 et 2, et seulement là. Piège : oublier de dire que l'exponentielle est strictement positive ; c'est ce qui permet de ne regarder que le trinôme.
C.2.a. En −∞ : x→−∞lim(−x)=+∞ et X→+∞limeX=+∞, donc par composition x→−∞lime−x=+∞. Le trinôme se comporte comme son terme de plus haut degré : x→−∞lim(x2−3x+2)=+∞.
Par produit, x→−∞limf(x)=+∞. Aucune forme indéterminée ici : les deux facteurs tendent vers +∞.
C.2.b. En +∞ : e−x→0 et x2−3x+2→+∞, forme indéterminée « 0×∞ ». On développe pour faire apparaître les croissances comparées : f(x)=exx2−3exx+2e−x.
Par croissances comparées, x→+∞limexx2=0 et x→+∞limexx=0 ; et x→+∞lim2e−x=0. Par somme, x→+∞limf(x)=0 : l'axe des abscisses est asymptote horizontale à Cf en +∞.
Piège : conclure « 0×∞=0 ». Le produit est une forme indéterminée, et c'est le théorème des croissances comparées (l'exponentielle l'emporte sur toute puissance de x) qui la lève, à citer par son nom.
C.3.a. Première intégration par parties, avec u(x)=x2−3x+2, u′(x)=2x−3, v′(x)=e−x et v(x)=−e−x ; ces fonctions sont dérivables et à dérivées continues sur [0;1].
I=[−(x2−3x+2)e−x]01−∫01(2x−3)(−e−x)dx=(−0×e−1)−(−2×e0)+∫01(2x−3)e−xdx=2+J, où J=∫01(2x−3)e−xdx.
Seconde intégration par parties pour J, avec u(x)=2x−3, u′(x)=2, v′(x)=e−x, v(x)=−e−x :
Vérification par la partie B : f est solution de (E), donc f=(2x−3)e−x−f′, et I=J−(f(1)−f(0))=−1−e−1−(0−2)=1−e−1. Autre contrôle : F(x)=−(x2−x+1)e−x a pour dérivée f, et F(1)−F(0)=−e−1+1.
Pièges : le signe de v=−e−x, qui se propage dans les deux crochets ; et le crochet [−(2x−3)e−x]01, qui vaut e−1−3 : en x=0, −(2×0−3)e0=3, que l'on SOUSTRAIT.
C.3.b. D'après C.1, f(x)⩾0 sur [0;1] (f est positive sur [0;1[ et s'annule en 1), et f est continue. L'intégrale I est donc l'aire, en unités d'aire, du domaine délimité par la courbe Cf, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=0 et x=1 : cette aire vaut 1−e1≈0,632 unité d'aire.
Contrôle sur la courbe C1 : f(0)=2 et f(1)=0, et la courbe passe sous la corde qui joint (0;2) à (1;0), dont le triangle a une aire de 1 : une aire de 0,632 est cohérente. Piège : interpréter I comme une aire sans vérifier le SIGNE de f sur l'intervalle.
D.1. Une équation de la tangente (Ta) est y=f′(a)(x−a)+f(a). Son intersection avec l'axe des ordonnées s'obtient pour x=0 : y=f(a)−af′(a).
Calcul de f′, par (uv)′=u′v+uv′ : f′(x)=−e−x(x2−3x+2)+e−x(2x−3)=(−x2+5x−5)e−x.
Donc f(a)−af′(a)=e−a[a2−3a+2−a(−a2+5a−5)]=e−a[a2−3a+2+a3−5a2+5a]=(a3−4a2+2a+2)e−a, l'ordonnée annoncée.
Vérification avec a=0 : la tangente en 0 coupe l'axe des ordonnées au point de la courbe lui-même, d'ordonnée f(0)=2, et la formule donne (0−0+0+2)e0=2. Piège : le signe moins devant af′(a), qui retourne tous les signes de f′(a).
D.2. Étape 1, traduire. La tangente (Ta) passe par l'origine si et seulement si elle coupe l'axe des ordonnées en 0, c'est-à-dire, d'après D.1, (a3−4a2+2a+2)e−a=0. Comme e−a>0, cela équivaut à h(a)=0, où h(a)=a3−4a2+2a+2.
Étape 2, étudier h sur R. h′(a)=3a2−8a+2, de discriminant 64−24=40>0 : h′ s'annule en a1=34−10≈0,279 et a2=34+10≈2,387, est positive à l'extérieur et négative entre les deux. Donc h est strictement croissante sur ]−∞;a1], strictement décroissante sur [a1;a2], strictement croissante sur [a2;+∞[ (tableau en fin de corrigé).
Valeurs utiles : h(a1)≈2,27>0 et h(a2)≈−2,42<0 (valeurs exactes 272010−2 et 27−2010−2) ; et, comme un polynôme se comporte en l'infini comme son terme de plus haut degré, a→−∞limh(a)=−∞ et a→+∞limh(a)=+∞.
Étape 3, compter les solutions. h est continue (polynôme). Par le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires sur chacun des trois intervalles où elle est strictement monotone : sur ]−∞;a1], h passe de −∞ à h(a1)>0, une seule solution ; sur [a1;a2], de h(a1)>0 à h(a2)<0, une seule ; sur [a2;+∞[, de h(a2)<0 à +∞, une seule. L'équation h(a)=0 a exactement trois solutions, a≈−0,48, a≈1,31 et a≈3,17.
Étape 4, conclure. Ces trois points de contact donnent trois tangentes distinctes, car leurs coefficients directeurs f′(a) diffèrent (environ −12,36, −0,044 et 0,034). Il y a donc exactement trois tangentes à Cf passant par l'origine du repère.
Démarche plus rapide, et suffisante : h(−1)=−5<0, h(0)=2>0, h(2)=−2<0 et h(4)=10>0. Trois changements de signe d'une fonction continue donnent au moins trois solutions par le théorème des valeurs intermédiaires, et un polynôme de degré 3 en a au plus trois : exactement trois. Piège : s'arrêter à « au moins une solution » parce que h change de signe ; la question demande un NOMBRE, il faut donc aussi une borne supérieure.
a
−∞
a1
a2
+∞
signe de h′(a)
+
0
−
0
+
variations de h
−∞
↗
≈2,27
↘
≈−2,42
↗
+∞
Variations de h(a)=a3−4a2+2a+2, avec a1=34−10 et a2=34+10 (question D.2)
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Vous préparez l'épreuve de spécialité maths à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On traite un sujet complet en temps réel, puis on le reprend question par question, avec la rédaction que le barème attend.