Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité maths, Centres étrangers jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2026 : Centres étrangers, jour 1

Épreuve du mercredi 10 juin 2026 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026, centres étrangers, jour 1 : mercredi 10 juin 2026, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants notés sur 20 points, 5, 5, 4 et 6 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, figures et script Python compris, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 porte sur les probabilités conditionnelles (arbre pondéré à trois branches, formule des probabilités totales, probabilité inversée), puis sur la loi binomiale B(75 ;0,108)\mathcal{B}(75\,;0{,}108), la moyenne MnM_{n} de variables aléatoires indépendantes et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. L'exercice 2 est un vrai ou faux en cinq affirmations : solution d'une équation différentielle y′+y=2cos⁡(x)y'+y=2\cos(x), intersection d'une droite et d'une sinusoïde par une fonction strictement monotone, limite d'une suite par le théorème des gendarmes, raisonnement par récurrence et limite de la somme des termes d'une suite géométrique. L'exercice 3 travaille la géométrie dans l'espace dans un cube : produit scalaire et angle, vecteur normal et équation cartésienne d'un plan, projeté orthogonal et distance d'un point à un plan, représentation paramétrique et droites coplanaires. L'exercice 4 étudie f(x)=ln⁡(x)x2f(x)=\dfrac{\ln(x)}{x^{2}} : limites par croissance comparée, dérivée d'un quotient, tangente, convexité et point d'inflexion, position de la courbe par rapport à une tangente, puis une suite d'intégrales, la méthode des rectangles en Python et une intégration par parties.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : l'événement « strictement plus de 8 » de l'exercice 1, où confondre X>8X>8 et X⩾8X\geqslant 8 renverse la conclusion (0,4220{,}422 contre 0,5700{,}570) ; la question 5.b de l'exercice 3, où des vecteurs directeurs non colinéaires ne suffisent pas à conclure, les droites n'étant sécantes que pour m=13m=\dfrac{1}{3} ; et la question A.7 de l'exercice 4, où la convexité ne sert plus et où l'on compare les deux membres au maximum 12e\dfrac{1}{2\mathrm{e}}.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : lames d'escrime de trois fournisseurs, loi binomiale et Bienaymé-Tchebychev

5 points Loi binomiale et concentrationArbres pondérés et probabilités totalesSommes de variables aléatoires et concentration

La fédération internationale d'escrime établit des normes de fabrication sur les lames des armes des tireurs afin de garantir au maximum leur sécurité.

Pour tester la conformité de l'acier employé, la lame est pliée puis redressée toutes les secondes jusqu'à la rupture.

La lame est conforme si la rupture intervient après plus de cinq heures de test.

Un équipementier d'escrime se fournit auprès de trois fabricants de lames.

Son stock est composé de 60 %60\,\% de lames du fournisseur A, de 12 %12\,\% de lames du fournisseur B, le reste venant du fournisseur C.

Une étude qualité a montré que :
• 90 %90\,\% des lames du fournisseur A étaient conformes ;
• 95 %95\,\% des lames du fournisseur B étaient conformes ;
• 85 %85\,\% des lames du fournisseur C étaient conformes.

  • Partie A
  • Un contrôle est déclenché sur une des lames vendues par l'équipementier.
  • On considère les évènements suivants :
    • AA : « La lame testée provient du fournisseur A » ;
    • BB : « La lame testée provient du fournisseur B » ;
    • CC : « La lame testée provient du fournisseur C » ;
    • TT : « La lame testée est conforme ».
  • On note T‾\overline{T} l'évènement contraire de TT.
  • A.1. Recopier et compléter l'arbre de probabilité ci-dessous représentant la situation.
  • Arbre de probabilité vierge. De la racine partent trois branches vers A, B et C, chacune portant des pointillés. De chacun des nœuds A, B et C partent deux branches vers T et T barre, elles aussi en pointillés. Les neuf probabilités sont à compléter.
  • A.2. Déterminer P(A∩T‾)P\left(A\cap\overline{T}\right) et interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
  • A.3. Démontrer que la probabilité que la lame testée soit conforme est de 0,8920{,}892.
  • A.4. Sachant que la lame testée n'est pas conforme, déterminer la probabilité qu'elle provienne du fournisseur B. On donnera la valeur arrondie au millième.
  • Partie B
  • D'après la partie A, la probabilité qu'une lame de l'équipementier ne soit pas conforme est égale à 0,1080{,}108.
  • Lors d'une compétition d'escrime, l'équipementier apporte un échantillon de 7575 lames provenant de son stock.
  • On considère qu'il les a choisies au hasard et de manière indépendante.
  • De plus son stock de lames est suffisamment grand pour que ce choix puisse être assimilé à un tirage avec remise.
  • On désigne par XX la variable aléatoire égale au nombre de lames non conformes dans cet échantillon.
  • B.1. On admet que la variable aléatoire XX suit une loi binomiale.
    Préciser ses paramètres.
  • B.2. Calculer la probabilité que 66 lames exactement soient non conformes dans cet échantillon. On arrondira le résultat au millième.
  • B.3. L'équipementier affirme que la probabilité qu'il y ait strictement plus de 88 lames non conformes dans cet échantillon est inférieure à 50 %50\,\%.
    A-t-il raison ?
  • Partie C
  • Soit nn un entier strictement positif désignant le nombre de compétitions durant lesquelles l'équipementier est présent.
  • Il apporte à chaque fois un échantillon de 7575 lames.
  • Les variables aléatoires X1X_{1}, ..., XnX_{n}, que l'on considère indépendantes, donnent pour chaque échantillon le nombre de lames non conformes.
  • On pose Mn=X1+X2+⋯+XnnM_{n}=\dfrac{X_{1}+X_{2}+\cdots+X_{n}}{n}.
  • C.1. Déterminer l'espérance E(Mn)\mathrm{E}\left(M_{n}\right) et la variance V(Mn)\mathrm{V}\left(M_{n}\right) de la variable aléatoire MnM_{n}.
  • C.2. Justifier l'inégalité suivante, pour tout entier naturel nn non nul : P(∣Mn−8,1∣⩾2)⩽1,8063nP\left(\left|M_{n}-8{,}1\right|\geqslant 2\right)\leqslant\dfrac{1{,}8063}{n}.
  • C.3. Déterminer une valeur de l'entier nn à partir de laquelle P(∣Mn−8,1∣<2)⩾0,95P\left(\left|M_{n}-8{,}1\right|<2\right)\geqslant 0{,}95.
    Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/14

A.1
A.2
A.4
B.1
B.2
B.3
C.1
C.3
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Réponses

  • A.1 P(A)=0,6P(A)=0{,}6, P(B)=0,12P(B)=0{,}12, P(C)=0,28P(C)=0{,}28 ; PA(T)=0,9P_{A}(T)=0{,}9, PA(T‾)=0,1P_{A}(\overline{T})=0{,}1 ; PB(T)=0,95P_{B}(T)=0{,}95, PB(T‾)=0,05P_{B}(\overline{T})=0{,}05 ; PC(T)=0,85P_{C}(T)=0{,}85, PC(T‾)=0,15P_{C}(\overline{T})=0{,}15
  • A.2 P(A∩T‾)=0,6×0,1=0,06P(A\cap\overline{T})=0{,}6\times 0{,}1=0{,}06 : 6 %6\,\% des lames du stock viennent de A et ne sont pas conformes
  • A.3 P(T)=0,54+0,114+0,238=0,892P(T)=0{,}54+0{,}114+0{,}238=0{,}892 (probabilités totales)
  • A.4 PT‾(B)=0,0060,108=118≈0,056P_{\overline{T}}(B)=\dfrac{0{,}006}{0{,}108}=\dfrac{1}{18}\approx 0{,}056
  • B.1 XX suit la loi binomiale B(75 ;0,108)\mathcal{B}(75\,;0{,}108)
  • B.2 P(X=6)=(756)×0,1086×0,89269≈0,120P(X=6)=\binom{75}{6}\times 0{,}108^{6}\times 0{,}892^{69}\approx 0{,}120
  • B.3 Oui : P(X>8)=1−P(X⩽8)≈0,422<0,5P(X>8)=1-P(X\leqslant 8)\approx 0{,}422<0{,}5
  • C.1 E(Mn)=8,1\mathrm{E}(M_{n})=8{,}1 ; V(Mn)=7,2252n\mathrm{V}(M_{n})=\dfrac{7{,}2252}{n}
  • C.2 Bienaymé-Tchebychev avec δ=2\delta=2 : 7,22524n=1,8063n\dfrac{7{,}2252}{4n}=\dfrac{1{,}8063}{n}
  • C.3 n=37n=37 convient (tout n⩾37n\geqslant 37) : sur au moins 3737 compétitions, le nombre moyen de lames non conformes par échantillon est strictement entre 6,16{,}1 et 10,110{,}1 avec une probabilité au moins 0,950{,}95

A.1. Le premier niveau de l'arbre porte la provenance de la lame, le second sa conformité. Au premier niveau : P(A)=0,6P(A)=0{,}6, P(B)=0,12P(B)=0{,}12 et, puisque « le reste » vient du fournisseur C, P(C)=1−0,6−0,12=0,28P(C)=1-0{,}6-0{,}12=0{,}28.

Au second niveau, les pourcentages de l'étude qualité portent sur les lames D'UN fournisseur : ce sont des probabilités conditionnelles. PA(T)=0,9P_{A}(T)=0{,}9 et PA(T‾)=1−0,9=0,1P_{A}(\overline{T})=1-0{,}9=0{,}1 ; PB(T)=0,95P_{B}(T)=0{,}95 et PB(T‾)=0,05P_{B}(\overline{T})=0{,}05 ; PC(T)=0,85P_{C}(T)=0{,}85 et PC(T‾)=0,15P_{C}(\overline{T})=0{,}15.

Contrôle : la somme des probabilités issues d'un même nœud vaut 11 (0,6+0,12+0,28=10{,}6+0{,}12+0{,}28=1, et chaque couple du second niveau aussi). L'arbre complet, avec la probabilité de chaque chemin, figure en fin de corrigé. Erreur fréquente : écrire 0,90{,}9 comme probabilité de AA, en confondant « 90 %90\,\% des lames de A sont conformes » avec la part de A dans le stock.

A.2. Formule des probabilités composées, lue sur le chemin AA puis T‾\overline{T} : P(A∩T‾)=P(A)×PA(T‾)=0,6×0,1=0,06P\left(A\cap\overline{T}\right)=P(A)\times P_{A}\left(\overline{T}\right)=0{,}6\times 0{,}1=0{,}06.

Interprétation : la probabilité que la lame testée provienne du fournisseur A ET ne soit pas conforme vaut 0,060{,}06 ; autrement dit, 6 %6\,\% des lames du stock de l'équipementier sont des lames du fournisseur A non conformes.

Le piège est dans l'interprétation : 0,060{,}06 n'est PAS la proportion de lames non conformes parmi celles du fournisseur A (c'est 0,10{,}1), ni la proportion de lames de A parmi les non conformes (ce serait PT‾(A)=0,060,108≈0,556P_{\overline{T}}(A)=\dfrac{0{,}06}{0{,}108}\approx 0{,}556). Une intersection se rapporte à TOUT le stock.

A.3. Les événements AA, BB et CC forment une partition de l'univers (une lame vient d'un et d'un seul fournisseur). Par la formule des probabilités totales : P(T)=P(A∩T)+P(B∩T)+P(C∩T)=P(A)PA(T)+P(B)PB(T)+P(C)PC(T)P(T)=P(A\cap T)+P(B\cap T)+P(C\cap T)=P(A)P_{A}(T)+P(B)P_{B}(T)+P(C)P_{C}(T).

Soit P(T)=0,6×0,9+0,12×0,95+0,28×0,85=0,54+0,114+0,238=0,892P(T)=0{,}6\times 0{,}9+0{,}12\times 0{,}95+0{,}28\times 0{,}85=0{,}54+0{,}114+0{,}238=0{,}892. La probabilité que la lame testée soit conforme est bien 0,8920{,}892.

Vérification : P(T)P(T) doit être une moyenne des trois taux de conformité pondérée par les parts du stock, donc comprise entre 0,850{,}85 et 0,950{,}95, et plus proche de 0,90{,}9 puisque A pèse 60 %60\,\% : c'est le cas. Pour une question « démontrer que », le correcteur attend le NOM de la formule et la partition, pas seulement le calcul.

A.4. On sait que la lame n'est pas conforme : on cherche PT‾(B)P_{\overline{T}}(B). L'arbre est construit dans l'autre sens, on revient donc à la définition d'une probabilité conditionnelle : PT‾(B)=P(B∩T‾)P(T‾)P_{\overline{T}}(B)=\dfrac{P\left(B\cap\overline{T}\right)}{P\left(\overline{T}\right)}.

Numérateur, sur le chemin BB puis T‾\overline{T} : P(B∩T‾)=0,12×0,05=0,006P\left(B\cap\overline{T}\right)=0{,}12\times 0{,}05=0{,}006. Dénominateur, par l'événement contraire : P(T‾)=1−0,892=0,108P\left(\overline{T}\right)=1-0{,}892=0{,}108. D'où PT‾(B)=0,0060,108=118≈0,056P_{\overline{T}}(B)=\dfrac{0{,}006}{0{,}108}=\dfrac{1}{18}\approx 0{,}056 au millième.

Lecture : le fournisseur B ne fournit qu'environ 5,6 %5{,}6\,\% des lames défectueuses, moins que sa part de 12 %12\,\% du stock, ce qui est cohérent avec son taux de conformité, le meilleur des trois. Contrôle d'ensemble : PT‾(A)=0,060,108≈0,556P_{\overline{T}}(A)=\dfrac{0{,}06}{0{,}108}\approx 0{,}556, PT‾(C)=0,0420,108≈0,389P_{\overline{T}}(C)=\dfrac{0{,}042}{0{,}108}\approx 0{,}389, et les trois probabilités ont pour somme 11. Erreur fréquente : répondre PB(T‾)=0,05P_{B}(\overline{T})=0{,}05, la probabilité inverse.

B.1. On répète 7575 fois, de façon indépendante (tirage assimilé à un tirage avec remise), la même épreuve de Bernoulli : « la lame tirée est non conforme », succès de probabilité p=0,108p=0{,}108. La variable XX compte les succès : elle suit la loi binomiale de paramètres n=75n=75 et p=0,108p=0{,}108, notée B(75 ;0,108)\mathcal{B}(75\,;0{,}108).

Piège : prendre p=0,892p=0{,}892. Le succès est l'issue que XX COMPTE, ici une lame NON conforme.

B.2. Formule de la loi binomiale : P(X=6)=(756)×0,1086×(1−0,108)75−6=(756)×0,1086×0,89269P(X=6)=\dbinom{75}{6}\times 0{,}108^{6}\times(1-0{,}108)^{75-6}=\dbinom{75}{6}\times 0{,}108^{6}\times 0{,}892^{69}.

Avec (756)=201 359 550\dbinom{75}{6}=201\,359\,550, la calculatrice donne P(X=6)≈0,120 1P(X=6)\approx 0{,}120\,1, soit 0,1200{,}120 au millième. La probabilité qu'exactement 66 lames de l'échantillon soient non conformes vaut environ 0,1200{,}120.

Ordre de grandeur : l'espérance est 75×0,108=8,175\times 0{,}108=8{,}1, et 66 en est proche ; une probabilité de l'ordre de 0,10{,}1 pour une valeur précise près du centre d'une loi binomiale de cette taille est normale. Erreur fréquente : écrire l'exposant 7575 au lieu de 6969 sur 0,8920{,}892.

B.3. « Strictement plus de 88 » est l'événement X>8X>8, soit X⩾9X\geqslant 9. On passe par l'événement contraire, que la calculatrice donne directement par la fonction de répartition : P(X>8)=1−P(X⩽8)P(X>8)=1-P(X\leqslant 8).

La calculatrice donne P(X⩽8)≈0,577 9P(X\leqslant 8)\approx 0{,}577\,9, donc P(X>8)≈1−0,577 9=0,422 1P(X>8)\approx 1-0{,}577\,9=0{,}422\,1, soit environ 0,4220{,}422. Comme 0,422<0,50{,}422<0{,}5, l'équipementier a raison : la probabilité d'avoir strictement plus de 88 lames non conformes est inférieure à 50 %50\,\%.

Le piège coûte la question : P(X⩾8)=1−P(X⩽7)≈0,570P(X\geqslant 8)=1-P(X\leqslant 7)\approx 0{,}570, qui dépasse 50 %50\,\%, conduirait à la conclusion inverse. La frontière 88 est très proche de l'espérance 8,18{,}1, et c'est exactement là qu'une erreur d'une unité fait basculer la réponse.

C.1. Chaque XiX_{i} suit la même loi que XX, la loi B(75 ;0,108)\mathcal{B}(75\,;0{,}108). D'après les formules de la loi binomiale : E(Xi)=np=75×0,108=8,1\mathrm{E}(X_{i})=np=75\times 0{,}108=8{,}1 et V(Xi)=np(1−p)=75×0,108×0,892=7,225 2\mathrm{V}(X_{i})=np(1-p)=75\times 0{,}108\times 0{,}892=7{,}225\,2.

Espérance, par linéarité (aucune hypothèse requise) : E(Mn)=1n(E(X1)+⋯+E(Xn))=1n×n×8,1=8,1\mathrm{E}\left(M_{n}\right)=\dfrac{1}{n}\left(\mathrm{E}(X_{1})+\cdots+\mathrm{E}(X_{n})\right)=\dfrac{1}{n}\times n\times 8{,}1=8{,}1.

Variance : V(aY)=a2V(Y)\mathrm{V}(aY)=a^{2}\mathrm{V}(Y), et les XiX_{i} étant INDÉPENDANTES, la variance de leur somme est la somme de leurs variances. Donc V(Mn)=1n2(V(X1)+⋯+V(Xn))=n×7,225 2n2=7,225 2n\mathrm{V}\left(M_{n}\right)=\dfrac{1}{n^{2}}\left(\mathrm{V}(X_{1})+\cdots+\mathrm{V}(X_{n})\right)=\dfrac{n\times 7{,}225\,2}{n^{2}}=\dfrac{7{,}225\,2}{n}.

Erreurs fréquentes : sortir le facteur 1n\dfrac{1}{n} de la variance sans l'élever au carré, ce qui donnerait 7,225 27{,}225\,2 pour tout nn, et additionner les variances sans citer l'indépendance.

C.2. Inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à MnM_{n} : pour tout réel δ>0\delta>0, P(∣Mn−E(Mn)∣⩾δ)⩽V(Mn)δ2P\left(\left|M_{n}-\mathrm{E}(M_{n})\right|\geqslant\delta\right)\leqslant\dfrac{\mathrm{V}(M_{n})}{\delta^{2}}.

Avec E(Mn)=8,1\mathrm{E}(M_{n})=8{,}1, V(Mn)=7,225 2n\mathrm{V}(M_{n})=\dfrac{7{,}225\,2}{n} et δ=2\delta=2 : P(∣Mn−8,1∣⩾2)⩽7,225 222 n=7,225 24n=1,806 3nP\left(\left|M_{n}-8{,}1\right|\geqslant 2\right)\leqslant\dfrac{7{,}225\,2}{2^{2}\,n}=\dfrac{7{,}225\,2}{4n}=\dfrac{1{,}806\,3}{n}, pour tout entier n⩾1n\geqslant 1.

Le carré de δ\delta est le point de rédaction attendu : diviser par 22 au lieu de 44 donnerait 3,612 6n\dfrac{3{,}612\,6}{n}, et l'inégalité de l'énoncé ne se retrouverait pas.

C.3. L'événement ∣Mn−8,1∣<2\left|M_{n}-8{,}1\right|<2 est le contraire de ∣Mn−8,1∣⩾2\left|M_{n}-8{,}1\right|\geqslant 2. Donc, d'après C.2, P(∣Mn−8,1∣<2)=1−P(∣Mn−8,1∣⩾2)⩾1−1,806 3nP\left(\left|M_{n}-8{,}1\right|<2\right)=1-P\left(\left|M_{n}-8{,}1\right|\geqslant 2\right)\geqslant 1-\dfrac{1{,}806\,3}{n} : le passage au contraire RENVERSE l'inégalité.

Il suffit donc que 1−1,806 3n⩾0,951-\dfrac{1{,}806\,3}{n}\geqslant 0{,}95, c'est-à-dire 1,806 3n⩽0,05\dfrac{1{,}806\,3}{n}\leqslant 0{,}05, soit n⩾1,806 30,05=36,126n\geqslant\dfrac{1{,}806\,3}{0{,}05}=36{,}126. Le plus petit entier qui convient est n=37n=37 : à partir de n=37n=37, on a P(∣Mn−8,1∣<2)⩾0,95P\left(\left|M_{n}-8{,}1\right|<2\right)\geqslant 0{,}95.

Vérification aux bords : 1−1,806 337≈0,951⩾0,951-\dfrac{1{,}806\,3}{37}\approx 0{,}951\geqslant 0{,}95, alors que 1−1,806 336≈0,949 8<0,951-\dfrac{1{,}806\,3}{36}\approx 0{,}949\,8<0{,}95. L'énoncé demande « une valeur » : toute valeur n⩾37n\geqslant 37 est juste, et 3737 est la plus petite que l'inégalité permet d'obtenir.

Interprétation : si l'équipementier est présent à au moins 3737 compétitions, le nombre moyen de lames non conformes par échantillon de 7575 lames est strictement compris entre 8,1−2=6,18{,}1-2=6{,}1 et 8,1+2=10,18{,}1+2=10{,}1 avec une probabilité d'au moins 0,950{,}95. Piège : arrondir 36,12636{,}126 à 3636, l'entier le plus PROCHE, alors qu'il faut l'entier supérieur pour que l'inégalité n⩾36,126n\geqslant 36{,}126 soit vraie.

A0,6T0,90,54non T0,10,06B0,12T0,950,114non T0,050,006C0,28T0,850,238non T0,150,042

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Exercice 2 : Vrai ou faux : équation différentielle, intersection de courbes, suites et récurrence

5 points Suites et récurrenceLes équations différentiellesDérivation et trigonométrieLes suites numériques

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse.

Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

Dans cet exercice, les questions sont indépendantes les unes des autres.

  • 1. On considère l'équation différentielle suivante où yy est une fonction de la variable réelle xx définie et dérivable sur R\mathbb{R}.
    (E) :y′+y=2cos⁡(x)(E)\,:\quad y'+y=2\cos(x)
    Affirmation 1 : La fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=4e−x+cos⁡(x)+sin⁡(x)f(x)=4\mathrm{e}^{-x}+\cos(x)+\sin(x) est solution de l'équation différentielle (E)(E).
  • 2. On considère les fonctions ff et gg définies sur R\mathbb{R} par f(x)=2xf(x)=2x et g(x)=sin⁡(x)g(x)=\sin(x).
    On note Cf\mathcal{C}_{f} la courbe représentative de la fonction ff dans un repère et Cg\mathcal{C}_{g} celle de la fonction gg.
    Affirmation 2 : Les courbes Cf\mathcal{C}_{f} et Cg\mathcal{C}_{g} ont un seul point d'intersection.
  • 3. On considère la suite (vn)(v_{n}) définie pour tout entier naturel nn par : vn=2n+sin⁡(n)n+1v_{n}=\dfrac{2n+\sin(n)}{n+1}
    Affirmation 3 : La suite (vn)(v_{n}) diverge.
  • 4. On considère la suite (un)(u_{n}) définie par u1=1u_{1}=1 et pour tout entier naturel nn supérieur ou égal à 11 : un+1=un+2n+1u_{n+1}=u_{n}+2n+1
    Affirmation 4 : Pour tout entier naturel nn supérieur ou égal à 11 on a un=n2u_{n}=n^{2}.
  • 5. On considère la suite (un)(u_{n}) définie, pour tout entier naturel nn, par un=e−nu_{n}=\mathrm{e}^{-n}.
    On pose, pour tout entier naturel nn, Sn=u0+u1+u2+⋯+unS_{n}=u_{0}+u_{1}+u_{2}+\cdots+u_{n}.
    Affirmation 5 : lim⁡n→+∞Sn=ee−1\lim\limits_{n\to+\infty}S_{n}=\dfrac{\mathrm{e}}{\mathrm{e}-1}

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  • 1 Vrai : f′(x)+f(x)=−4e−x−sin⁡(x)+cos⁡(x)+4e−x+cos⁡(x)+sin⁡(x)=2cos⁡(x)f'(x)+f(x)=-4\mathrm{e}^{-x}-\sin(x)+\cos(x)+4\mathrm{e}^{-x}+\cos(x)+\sin(x)=2\cos(x)
  • 2 Vrai : h(x)=2x−sin⁡(x)h(x)=2x-\sin(x) est strictement croissante (h′(x)=2−cos⁡(x)>0h'(x)=2-\cos(x)>0) et h(0)=0h(0)=0 : seul point commun O(0 ;0)\mathrm{O}(0\,;0)
  • 3 Faux : 2n−1n+1⩽vn⩽2n+1n+1\dfrac{2n-1}{n+1}\leqslant v_{n}\leqslant\dfrac{2n+1}{n+1}, donc vn→2v_{n}\to 2 par le théorème des gendarmes, la suite converge
  • 4 Vrai : par récurrence, u1=1=12u_{1}=1=1^{2} et un+1=n2+2n+1=(n+1)2u_{n+1}=n^{2}+2n+1=(n+1)^{2}
  • 5 Vrai : Sn=1−e−(n+1)1−e−1→11−e−1=ee−1≈1,582S_{n}=\dfrac{1-\mathrm{e}^{-(n+1)}}{1-\mathrm{e}^{-1}}\to\dfrac{1}{1-\mathrm{e}^{-1}}=\dfrac{\mathrm{e}}{\mathrm{e}-1}\approx 1{,}582

1. Méthode : pour vérifier qu'une fonction est solution d'une équation différentielle, on la dérive et on la remplace dans l'équation, pour TOUT réel xx. La fonction ff est dérivable sur R\mathbb{R} comme somme de fonctions dérivables, et f′(x)=−4e−x−sin⁡(x)+cos⁡(x)f'(x)=-4\mathrm{e}^{-x}-\sin(x)+\cos(x), puisque la dérivée de e−x\mathrm{e}^{-x} est −e−x-\mathrm{e}^{-x}, celle de cos⁡\cos est −sin⁡-\sin et celle de sin⁡\sin est cos⁡\cos.

Alors, pour tout réel xx : f′(x)+f(x)=−4e−x−sin⁡(x)+cos⁡(x)+4e−x+cos⁡(x)+sin⁡(x)=2cos⁡(x)f'(x)+f(x)=-4\mathrm{e}^{-x}-\sin(x)+\cos(x)+4\mathrm{e}^{-x}+\cos(x)+\sin(x)=2\cos(x). Les termes en e−x\mathrm{e}^{-x} et en sin⁡(x)\sin(x) se compensent, il reste 2cos⁡(x)2\cos(x) : ff est solution de (E)(E). L'affirmation 1 est VRAIE.

Lecture de structure : x↦4e−xx\mapsto 4\mathrm{e}^{-x} est une solution de l'équation homogène y′+y=0y'+y=0 (dont les solutions sont x↦Ke−xx\mapsto K\mathrm{e}^{-x}) et x↦cos⁡(x)+sin⁡(x)x\mapsto\cos(x)+\sin(x) une solution particulière de (E)(E). Toute fonction x↦Ke−x+cos⁡(x)+sin⁡(x)x\mapsto K\mathrm{e}^{-x}+\cos(x)+\sin(x) est donc solution, et K=4K=4 en est un cas. Vérification en x=0x=0 : f(0)=4+1+0=5f(0)=4+1+0=5, f′(0)=−4−0+1=−3f'(0)=-4-0+1=-3, et −3+5=2=2cos⁡(0)-3+5=2=2\cos(0). Erreur fréquente : vérifier l'égalité pour une seule valeur de xx et conclure ; c'est un contrôle, pas une preuve.

2. Méthode : les abscisses des points d'intersection sont les solutions de l'équation f(x)=g(x)f(x)=g(x), soit 2x−sin⁡(x)=02x-\sin(x)=0. On étudie la fonction différence hh définie sur R\mathbb{R} par h(x)=2x−sin⁡(x)h(x)=2x-\sin(x).

La fonction hh est dérivable sur R\mathbb{R} et h′(x)=2−cos⁡(x)h'(x)=2-\cos(x). Comme cos⁡(x)⩽1\cos(x)\leqslant 1 pour tout réel xx, h′(x)⩾2−1=1>0h'(x)\geqslant 2-1=1>0 : hh est strictement croissante sur R\mathbb{R}. Une fonction strictement croissante prend au plus une fois chaque valeur, donc hh s'annule au plus une fois. Or h(0)=0−sin⁡(0)=0h(0)=0-\sin(0)=0 : hh s'annule exactement une fois, en x=0x=0.

Les courbes Cf\mathcal{C}_{f} et Cg\mathcal{C}_{g} ont donc un seul point d'intersection, l'origine O(0 ;0)\mathrm{O}(0\,;0). L'affirmation 2 est VRAIE.

Remarque utile : on n'a pas besoin du théorème des valeurs intermédiaires ici, puisqu'on CONNAÎT la solution x=0x=0 ; la stricte monotonie seule en garantit l'unicité. Géométriquement, la droite y=2xy=2x a une pente 22 alors que la tangente à la sinusoïde en O\mathrm{O} a pour pente cos⁡(0)=1\cos(0)=1, et la sinusoïde reste entre −1-1 et 11 : la droite s'en échappe des deux côtés. Erreur fréquente : affirmer « les deux courbes se coupent souvent, comme sin⁡(x)\sin(x) et une droite horizontale », sans calcul ; la pente 22 change tout, y=x2y=\frac{x}{2} couperait la sinusoïde trois fois.

3. Méthode : le terme sin⁡(n)\sin(n) n'a pas de limite, on ne peut donc pas conclure par opérations sur les limites. Mais il est BORNÉ : on encadre, puis on applique le théorème des gendarmes.

Pour tout entier naturel nn, −1⩽sin⁡(n)⩽1-1\leqslant\sin(n)\leqslant 1, donc 2n−1⩽2n+sin⁡(n)⩽2n+12n-1\leqslant 2n+\sin(n)\leqslant 2n+1, et en divisant par n+1>0n+1>0 (le sens des inégalités est conservé) : 2n−1n+1⩽vn⩽2n+1n+1\dfrac{2n-1}{n+1}\leqslant v_{n}\leqslant\dfrac{2n+1}{n+1}.

Limites des bornes, en factorisant par nn pour n⩾1n\geqslant 1 : 2n−1n+1=2−1n1+1n→21=2\dfrac{2n-1}{n+1}=\dfrac{2-\frac{1}{n}}{1+\frac{1}{n}}\to\dfrac{2}{1}=2 et 2n+1n+1=2+1n1+1n→2\dfrac{2n+1}{n+1}=\dfrac{2+\frac{1}{n}}{1+\frac{1}{n}}\to 2. Les deux suites qui encadrent (vn)(v_{n}) convergent vers la même limite 22 : d'après le théorème des gendarmes, (vn)(v_{n}) converge vers 22.

La suite (vn)(v_{n}) est convergente : l'affirmation 3 est FAUSSE. Vérification numérique : v100=200+sin⁡(100)101≈1,975v_{100}=\dfrac{200+\sin(100)}{101}\approx 1{,}975. Le piège est de croire que « sin⁡(n)\sin(n) oscille » rend toute la suite divergente : ses oscillations sont bornées et écrasées par la division par n+1n+1.

4. Méthode : raisonnement par récurrence. Pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, on note P(n)\mathcal{P}(n) la propriété « un=n2u_{n}=n^{2} ».

Initialisation : pour n=1n=1, u1=1u_{1}=1 et 12=11^{2}=1, donc P(1)\mathcal{P}(1) est vraie.

Hérédité : soit n⩾1n\geqslant 1 un entier tel que P(n)\mathcal{P}(n) est vraie, c'est-à-dire un=n2u_{n}=n^{2}. Alors un+1=un+2n+1=n2+2n+1=(n+1)2u_{n+1}=u_{n}+2n+1=n^{2}+2n+1=(n+1)^{2}, par l'identité remarquable (a+b)2=a2+2ab+b2(a+b)^{2}=a^{2}+2ab+b^{2}. Donc P(n+1)\mathcal{P}(n+1) est vraie.

Conclusion : la propriété est vraie au rang 11 et héréditaire, donc, par le principe de récurrence, un=n2u_{n}=n^{2} pour tout entier n⩾1n\geqslant 1. L'affirmation 4 est VRAIE.

Contrôle sur les premiers termes : u2=1+3=4u_{2}=1+3=4, u3=4+5=9u_{3}=4+5=9, u4=9+7=16u_{4}=9+7=16 : les carrés parfaits, obtenus comme sommes des nombres impairs successifs. Erreurs fréquentes : calculer quelques termes et conclure (ce n'est pas une démonstration), et initialiser à n=0n=0 alors que la suite commence à u1u_{1}.

5. Méthode : on reconnaît une suite géométrique. Pour tout nn, un=e−n=(e−1)nu_{n}=\mathrm{e}^{-n}=\left(\mathrm{e}^{-1}\right)^{n} : la suite (un)(u_{n}) est géométrique de premier terme u0=1u_{0}=1 et de raison q=e−1=1eq=\mathrm{e}^{-1}=\dfrac{1}{\mathrm{e}}, avec q≠1q\neq 1.

La somme de ses n+1n+1 premiers termes vaut Sn=u0×1−qn+11−q=1−e−(n+1)1−e−1S_{n}=u_{0}\times\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}=\dfrac{1-\mathrm{e}^{-(n+1)}}{1-\mathrm{e}^{-1}}.

Comme 0<e−1<10<\mathrm{e}^{-1}<1 (car e>1\mathrm{e}>1), (e−1)n+1→0\left(\mathrm{e}^{-1}\right)^{n+1}\to 0 quand n→+∞n\to+\infty. Donc Sn→11−e−1S_{n}\to\dfrac{1}{1-\mathrm{e}^{-1}}. En multipliant numérateur et dénominateur par e\mathrm{e} : 11−e−1=ee−1\dfrac{1}{1-\mathrm{e}^{-1}}=\dfrac{\mathrm{e}}{\mathrm{e}-1}. L'affirmation 5 est VRAIE.

Vérification numérique : ee−1≈1,582\dfrac{\mathrm{e}}{\mathrm{e}-1}\approx 1{,}582, et S3=1+e−1+e−2+e−3≈1,553S_{3}=1+\mathrm{e}^{-1}+\mathrm{e}^{-2}+\mathrm{e}^{-3}\approx 1{,}553 en est déjà proche. Pièges : compter nn termes au lieu de n+1n+1 (la somme commence à u0u_{0}), ce qui ne change pas la limite mais fausse SnS_{n}, et prendre u1=e−1u_{1}=\mathrm{e}^{-1} comme premier terme, ce qui donnerait 1e−1\dfrac{1}{\mathrm{e}-1}.

Exercice 3 : Géométrie dans l'espace : un cube, un plan, un projeté orthogonal et des droites coplanaires

4 points Géométrie dans l'espace

On considère le cube ABCDEFGH représenté ci-dessous.

Cube ABCDEFGH en perspective cavalière : la face ABCD en bas, avec D caché et les arêtes issues de D en pointillés, la face EFGH en haut, E au-dessus de A, F au-dessus de B, G au-dessus de C, H au-dessus de D. Trois points marqués d'une croix : I au milieu de l'arête [EF], J au milieu de [EH], K au milieu de l'arête verticale [AE].
  • On munit l'espace du repère orthonormal (A ;AB→,AD→,AE→)\left(\mathrm{A}\,;\overrightarrow{\mathrm{AB}},\overrightarrow{\mathrm{AD}},\overrightarrow{\mathrm{AE}}\right).
  • Soit I le milieu du segment [EF], J le milieu de [EH] et K le milieu de [AE].
  • 1. Donner les coordonnées des points I, J et K.
  • 2.a. Déterminer la valeur du produit scalaire AI→⋅AJ→\overrightarrow{\mathrm{AI}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AJ}}.
  • 2.b. En déduire la mesure de l'angle IAJ^\widehat{\mathrm{IAJ}} arrondie au dixième de degré.
  • 3.a. Démontrer que le vecteur KC→\overrightarrow{\mathrm{KC}} est un vecteur normal au plan (AIJ).
  • 3.b. En déduire qu'une équation cartésienne du plan (AIJ) est x+y−12z=0x+y-\dfrac{1}{2}z=0
  • 4. Soit L le projeté orthogonal du point C sur le plan (AIJ).
  • 4.a. Déterminer les coordonnées du point L.
  • 4.b. En déduire que la distance du point C au plan (AIJ) est égale à 43\dfrac{4}{3}.
  • 5. Soit M un point de la droite (FG).
  • On admet que les coordonnées de M sont (1 ;m ;1)(1\,;m\,;1) avec mm appartenant à R\mathbb{R}.
  • 5.a. Démontrer qu'une représentation paramétrique de la droite (IM) est {x=12s+12y=msz=1\begin{cases}x=\dfrac{1}{2}s+\dfrac{1}{2}\\y=ms\\z=1\end{cases} avec s∈Rs\in\mathbb{R}
  • 5.b. Peut-on affirmer que les droites (IM) et (KC) sont coplanaires quelle que soit la valeur de mm ?

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2.a
2.b
4.a
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  • 1 I(12 ;0 ;1)\mathrm{I}\left(\dfrac{1}{2}\,;0\,;1\right), J(0 ;12 ;1)\mathrm{J}\left(0\,;\dfrac{1}{2}\,;1\right), K(0 ;0 ;12)\mathrm{K}\left(0\,;0\,;\dfrac{1}{2}\right)
  • 2.a AI→⋅AJ→=12×0+0×12+1×1=1\overrightarrow{\mathrm{AI}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AJ}}=\dfrac{1}{2}\times 0+0\times\dfrac{1}{2}+1\times 1=1
  • 2.b cos⁡IAJ^=152×52=45\cos\widehat{\mathrm{IAJ}}=\dfrac{1}{\frac{\sqrt{5}}{2}\times\frac{\sqrt{5}}{2}}=\dfrac{4}{5}, donc IAJ^≈36,9∘\widehat{\mathrm{IAJ}}\approx 36{,}9^{\circ}
  • 3.a KC→(1 ;1 ;−12)\overrightarrow{\mathrm{KC}}\left(1\,;1\,;-\dfrac{1}{2}\right) est orthogonal aux vecteurs non colinéaires AI→\overrightarrow{\mathrm{AI}} et AJ→\overrightarrow{\mathrm{AJ}} (produits scalaires nuls)
  • 3.b x+y−12z+d=0x+y-\dfrac{1}{2}z+d=0 et A(0 ;0 ;0)\mathrm{A}(0\,;0\,;0) dans le plan donnent d=0d=0
  • 4.a L(19 ;19 ;49)\mathrm{L}\left(\dfrac{1}{9}\,;\dfrac{1}{9}\,;\dfrac{4}{9}\right), paramètre t=−89t=-\dfrac{8}{9}
  • 4.b CL=6481+6481+1681=129=43\mathrm{CL}=\sqrt{\dfrac{64}{81}+\dfrac{64}{81}+\dfrac{16}{81}}=\dfrac{12}{9}=\dfrac{4}{3}
  • 5.a La droite passe par I(12 ;0 ;1)\mathrm{I}\left(\dfrac{1}{2}\,;0\,;1\right) et a pour vecteur directeur IM→(12 ;m ;0)\overrightarrow{\mathrm{IM}}\left(\dfrac{1}{2}\,;m\,;0\right), non nul
  • 5.b Non : vecteurs directeurs jamais colinéaires, et les droites ne sont sécantes que pour m=13m=\dfrac{1}{3} ; pour m=0m=0 par exemple, elles ne sont pas coplanaires

1. Dans le repère (A ;AB→,AD→,AE→)\left(\mathrm{A}\,;\overrightarrow{\mathrm{AB}},\overrightarrow{\mathrm{AD}},\overrightarrow{\mathrm{AE}}\right), les sommets utiles ont pour coordonnées A(0 ;0 ;0)\mathrm{A}(0\,;0\,;0), B(1 ;0 ;0)\mathrm{B}(1\,;0\,;0), C(1 ;1 ;0)\mathrm{C}(1\,;1\,;0), D(0 ;1 ;0)\mathrm{D}(0\,;1\,;0), E(0 ;0 ;1)\mathrm{E}(0\,;0\,;1), F(1 ;0 ;1)\mathrm{F}(1\,;0\,;1), G(1 ;1 ;1)\mathrm{G}(1\,;1\,;1) et H(0 ;1 ;1)\mathrm{H}(0\,;1\,;1).

Les coordonnées du milieu d'un segment sont les moyennes des coordonnées de ses extrémités : I(0+12 ;0+02 ;1+12)=(12 ;0 ;1)\mathrm{I}\left(\dfrac{0+1}{2}\,;\dfrac{0+0}{2}\,;\dfrac{1+1}{2}\right)=\left(\dfrac{1}{2}\,;0\,;1\right), J(0 ;12 ;1)\mathrm{J}\left(0\,;\dfrac{1}{2}\,;1\right) et K(0 ;0 ;12)\mathrm{K}\left(0\,;0\,;\dfrac{1}{2}\right).

Contrôle sur la figure : I et J sont sur la face du haut (z=1z=1), K est sur l'arête verticale issue de A (x=y=0x=y=0). Écrire les coordonnées de C, (1 ;1 ;0)(1\,;1\,;0), dès cette question évite une erreur plus loin : C est le sommet de la face du BAS opposé à A.

2.a. Dans un repère orthonormé, le produit scalaire se calcule avec les coordonnées : xx′+yy′+zz′xx'+yy'+zz'. On a AI→(12 ;0 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AI}}\left(\dfrac{1}{2}\,;0\,;1\right) et AJ→(0 ;12 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AJ}}\left(0\,;\dfrac{1}{2}\,;1\right), donc AI→⋅AJ→=12×0+0×12+1×1=1\overrightarrow{\mathrm{AI}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AJ}}=\dfrac{1}{2}\times 0+0\times\dfrac{1}{2}+1\times 1=1.

Le repère est orthonormal parce que l'arête du cube sert d'unité : c'est ce qui autorise la formule analytique du produit scalaire.

2.b. On utilise l'autre expression du produit scalaire : AI→⋅AJ→=AI×AJ×cos⁡IAJ^\overrightarrow{\mathrm{AI}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AJ}}=\mathrm{AI}\times\mathrm{AJ}\times\cos\widehat{\mathrm{IAJ}}. Les longueurs : AI=(12)2+02+12=54=52\mathrm{AI}=\sqrt{\left(\dfrac{1}{2}\right)^{2}+0^{2}+1^{2}}=\sqrt{\dfrac{5}{4}}=\dfrac{\sqrt{5}}{2} et, de même, AJ=52\mathrm{AJ}=\dfrac{\sqrt{5}}{2}.

Donc cos⁡IAJ^=AI→⋅AJ→AI×AJ=154=45=0,8\cos\widehat{\mathrm{IAJ}}=\dfrac{\overrightarrow{\mathrm{AI}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AJ}}}{\mathrm{AI}\times\mathrm{AJ}}=\dfrac{1}{\frac{5}{4}}=\dfrac{4}{5}=0{,}8, et, l'angle géométrique étant entre 0∘0^{\circ} et 180∘180^{\circ}, IAJ^=arccos⁡(0,8)≈36,9∘\widehat{\mathrm{IAJ}}=\arccos(0{,}8)\approx 36{,}9^{\circ} au dixième de degré.

Vérification : le triangle AIJ est isocèle en A, et IJ=14+14=22\mathrm{IJ}=\sqrt{\dfrac{1}{4}+\dfrac{1}{4}}=\dfrac{\sqrt{2}}{2} est plus court que AI≈1,118\mathrm{AI}\approx 1{,}118, d'où un angle au sommet aigu et assez petit ; la formule d'Al-Kashi redonne cos⁡IAJ^=54+54−122×54=0,8\cos\widehat{\mathrm{IAJ}}=\dfrac{\frac{5}{4}+\frac{5}{4}-\frac{1}{2}}{2\times\frac{5}{4}}=0{,}8. Erreur fréquente : calculatrice réglée en radians, qui affiche 0,64350{,}6435.

3.a. Méthode : un vecteur non nul est normal à un plan lorsqu'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan. Ici le plan (AIJ) est dirigé par AI→(12 ;0 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AI}}\left(\dfrac{1}{2}\,;0\,;1\right) et AJ→(0 ;12 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AJ}}\left(0\,;\dfrac{1}{2}\,;1\right), qui ne sont pas colinéaires : la première coordonnée de AJ→\overrightarrow{\mathrm{AJ}} est nulle et pas celle de AI→\overrightarrow{\mathrm{AI}}, alors que leurs troisièmes coordonnées sont égales.

On a KC→(1−0 ;1−0 ;0−12)=(1 ;1 ;−12)\overrightarrow{\mathrm{KC}}\left(1-0\,;1-0\,;0-\dfrac{1}{2}\right)=\left(1\,;1\,;-\dfrac{1}{2}\right), non nul. Puis KC→⋅AI→=1×12+1×0−12×1=0\overrightarrow{\mathrm{KC}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AI}}=1\times\dfrac{1}{2}+1\times 0-\dfrac{1}{2}\times 1=0 et KC→⋅AJ→=1×0+1×12−12×1=0\overrightarrow{\mathrm{KC}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AJ}}=1\times 0+1\times\dfrac{1}{2}-\dfrac{1}{2}\times 1=0.

Le vecteur KC→\overrightarrow{\mathrm{KC}} est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (AIJ) : c'est un vecteur normal à ce plan. Le point de rédaction qui coûte des points : oublier de dire que AI→\overrightarrow{\mathrm{AI}} et AJ→\overrightarrow{\mathrm{AJ}} ne sont pas colinéaires. Orthogonal à deux vecteurs colinéaires, un vecteur n'est orthogonal qu'à une direction, pas à un plan.

3.b. Un plan de vecteur normal n⃗(a ;b ;c)\vec{n}(a\,;b\,;c) a une équation cartésienne de la forme ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0. Avec KC→(1 ;1 ;−12)\overrightarrow{\mathrm{KC}}\left(1\,;1\,;-\dfrac{1}{2}\right) : x+y−12z+d=0x+y-\dfrac{1}{2}z+d=0.

Le point A appartient au plan, donc ses coordonnées vérifient l'équation : 0+0−0+d=00+0-0+d=0, d'où d=0d=0. Une équation cartésienne du plan (AIJ) est x+y−12z=0x+y-\dfrac{1}{2}z=0.

Vérification avec les deux autres points : pour I, 12+0−12=0\dfrac{1}{2}+0-\dfrac{1}{2}=0 ; pour J, 0+12−12=00+\dfrac{1}{2}-\dfrac{1}{2}=0. Les trois points sont dans le plan.

4.a. Méthode : le projeté orthogonal L de C sur le plan est l'intersection du plan avec la droite passant par C et dirigée par un vecteur normal du plan. Avec KC→(1 ;1 ;−12)\overrightarrow{\mathrm{KC}}\left(1\,;1\,;-\dfrac{1}{2}\right), cette droite a pour représentation paramétrique x=1+tx=1+t, y=1+ty=1+t, z=−12tz=-\dfrac{1}{2}t, t∈Rt\in\mathbb{R}.

On remplace dans l'équation du plan : (1+t)+(1+t)−12×(−12t)=0(1+t)+(1+t)-\dfrac{1}{2}\times\left(-\dfrac{1}{2}t\right)=0, soit 2+2t+14t=02+2t+\dfrac{1}{4}t=0, soit 94t=−2\dfrac{9}{4}t=-2, d'où t=−89t=-\dfrac{8}{9}.

Donc L(1−89 ;1−89 ;49)=(19 ;19 ;49)\mathrm{L}\left(1-\dfrac{8}{9}\,;1-\dfrac{8}{9}\,;\dfrac{4}{9}\right)=\left(\dfrac{1}{9}\,;\dfrac{1}{9}\,;\dfrac{4}{9}\right). Vérification : 19+19−12×49=29−29=0\dfrac{1}{9}+\dfrac{1}{9}-\dfrac{1}{2}\times\dfrac{4}{9}=\dfrac{2}{9}-\dfrac{2}{9}=0, L est bien dans le plan.

Erreur fréquente : prendre la droite (KC) elle-même au lieu de la parallèle à KC→\overrightarrow{\mathrm{KC}} passant par C ; ici les deux coïncident, puisque C est sur (KC), mais c'est la direction normale qui justifie la méthode, pas le point K.

4.b. La distance d'un point à un plan est la distance de ce point à son projeté orthogonal sur le plan, ici CL. On a CL→(−89 ;−89 ;49)\overrightarrow{\mathrm{CL}}\left(-\dfrac{8}{9}\,;-\dfrac{8}{9}\,;\dfrac{4}{9}\right), donc CL=6481+6481+1681=14481=129=43\mathrm{CL}=\sqrt{\dfrac{64}{81}+\dfrac{64}{81}+\dfrac{16}{81}}=\sqrt{\dfrac{144}{81}}=\dfrac{12}{9}=\dfrac{4}{3}.

La distance du point C au plan (AIJ) est bien 43\dfrac{4}{3}. Contrôle : CL→=−89KC→\overrightarrow{\mathrm{CL}}=-\dfrac{8}{9}\overrightarrow{\mathrm{KC}} et KC=1+1+14=32\mathrm{KC}=\sqrt{1+1+\dfrac{1}{4}}=\dfrac{3}{2}, d'où CL=89×32=43\mathrm{CL}=\dfrac{8}{9}\times\dfrac{3}{2}=\dfrac{4}{3}. La distance reste plus petite que CA=2≈1,41\mathrm{CA}=\sqrt{2}\approx 1{,}41, ce qui est normal puisque A est un point du plan.

5.a. Une droite est déterminée par un point et un vecteur directeur non nul. On prend le point I(12 ;0 ;1)\mathrm{I}\left(\dfrac{1}{2}\,;0\,;1\right) et le vecteur IM→(1−12 ;m−0 ;1−1)=(12 ;m ;0)\overrightarrow{\mathrm{IM}}\left(1-\dfrac{1}{2}\,;m-0\,;1-1\right)=\left(\dfrac{1}{2}\,;m\,;0\right), non nul quel que soit mm puisque sa première coordonnée vaut 12\dfrac{1}{2} (M et I sont donc toujours distincts).

Un point P(x ;y ;z)\mathrm{P}(x\,;y\,;z) appartient à (IM) si et seulement s'il existe un réel ss tel que IP→=s IM→\overrightarrow{\mathrm{IP}}=s\,\overrightarrow{\mathrm{IM}}, soit x−12=12sx-\dfrac{1}{2}=\dfrac{1}{2}s, y=msy=ms et z−1=0z-1=0. On obtient la représentation paramétrique annoncée : x=12s+12x=\dfrac{1}{2}s+\dfrac{1}{2}, y=msy=ms, z=1z=1, s∈Rs\in\mathbb{R}.

Contrôle : s=0s=0 donne I et s=1s=1 donne (1 ;m ;1)\left(1\,;m\,;1\right), c'est-à-dire M.

5.b. Méthode : deux droites de l'espace sont coplanaires si et seulement si elles sont parallèles ou sécantes. On teste les deux cas.

Parallélisme : un vecteur directeur de (IM) est (12 ;m ;0)\left(\dfrac{1}{2}\,;m\,;0\right) et un vecteur directeur de (KC) est KC→(1 ;1 ;−12)\overrightarrow{\mathrm{KC}}\left(1\,;1\,;-\dfrac{1}{2}\right). La troisième coordonnée du premier est nulle et pas celle du second, alors que leurs premières coordonnées sont non nulles : ils ne sont colinéaires pour aucune valeur de mm. Les droites ne sont jamais parallèles.

Intersection : (KC) passe par K(0 ;0 ;12)\mathrm{K}\left(0\,;0\,;\dfrac{1}{2}\right), d'où la représentation x=tx=t, y=ty=t, z=12−12tz=\dfrac{1}{2}-\dfrac{1}{2}t, t∈Rt\in\mathbb{R}. Un point commun vérifie 12s+12=t\dfrac{1}{2}s+\dfrac{1}{2}=t, ms=tms=t et 1=12−12t1=\dfrac{1}{2}-\dfrac{1}{2}t. La troisième équation donne t=−1t=-1, la première s=−3s=-3, et la deuxième devient −3m=−1-3m=-1, soit m=13m=\dfrac{1}{3}.

Les droites ne sont donc sécantes, et donc coplanaires, que pour m=13m=\dfrac{1}{3}, au point (−1 ;−1 ;1)(-1\,;-1\,;1). Pour toute autre valeur, par exemple m=0m=0 (M est alors le point F), elles ne sont ni parallèles ni sécantes : elles ne sont pas coplanaires. On ne peut PAS affirmer que (IM) et (KC) sont coplanaires quelle que soit la valeur de mm.

Pièges : conclure « non coplanaires » dès que les vecteurs ne sont pas colinéaires, alors que des droites sécantes sont coplanaires ; et utiliser la même lettre de paramètre pour les deux droites, ce qui force à tort un point commun au même « instant ». Un contre-exemple chiffré, comme m=0m=0, est la réponse la plus sûre à une question « quelle que soit la valeur de mm ».

Exercice 4 : Fonction logarithme : étude de ln(x)/x², convexité, intégrale par parties et méthode des rectangles

6 points Exponentielle et logarithmeLa convexitéPrimitives et intégrationPython et méthodes numériques

On considère la fonction ff définie sur l'intervalle ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par f(x)=ln⁡(x)x2f(x)=\dfrac{\ln(x)}{x^{2}}

On note Cf\mathcal{C}_{f} sa courbe représentative dans un repère orthonormé du plan.

On admet que la fonction ff est deux fois dérivable sur l'intervalle ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

On note f′f' sa fonction dérivée et f′′f'' sa fonction dérivée seconde.

  • Partie A
  • A.1.a. Déterminer les limites de la fonction ff aux bornes de l'intervalle ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.
  • A.1.b. Interpréter graphiquement les résultats obtenus.
  • A.2. Pour tout réel strictement positif xx, démontrer que f′(x)=1−2ln⁡(x)x3f'(x)=\dfrac{1-2\ln(x)}{x^{3}}
  • A.3. Dresser le tableau de variation de la fonction ff en précisant les limites et les valeurs exactes des éventuels extremums de la fonction.
  • A.4. Déterminer l'équation réduite de la droite Δ\Delta, tangente à la courbe Cf\mathcal{C}_{f} au point A d'abscisse 11.
  • A.5. Vérifier que pour tout réel strictement positif xx, on a f′′(x)=−5+6ln⁡(x)x4f''(x)=\dfrac{-5+6\ln(x)}{x^{4}}
  • A.6.a. Étudier la convexité de la fonction ff en précisant les coordonnées des éventuels points d'inflexion.
  • A.6.b. En déduire que, pour tout réel xx appartenant à ]0 ;e56]\left]0\,;\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\right], on a x−1⩾ln⁡(x)x2x-1\geqslant\dfrac{\ln(x)}{x^{2}}
  • A.7. Justifier que, pour tout réel xx appartenant à [e56 ;+∞[\left[\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\,;+\infty\right[, on a aussi x−1⩾ln⁡(x)x2x-1\geqslant\dfrac{\ln(x)}{x^{2}}
  • Partie B
  • On considère la suite (In)(I_{n}) définie, pour tout entier naturel non nul nn, par : In=∫1nln⁡(x)x2 dxI_{n}=\displaystyle\int_{1}^{n}\dfrac{\ln(x)}{x^{2}}\,\mathrm{d}x
  • B.1. Donner une interprétation graphique de InI_{n} pour nn un entier naturel non nul.
  • B.2. Démontrer que la suite (In)(I_{n}) est croissante.
  • B.3. On souhaite calculer une approximation de ∫110f(x) dx\displaystyle\int_{1}^{10}f(x)\,\mathrm{d}x en déterminant la somme des aires des rectangles tracés dans le graphique ci-dessous.
  • Courbe de f tracée de x = 0,8 à x = 12 environ : elle coupe l'axe des abscisses en x = 1, monte jusqu'à un maximum marqué d'une croix bleue vers x = 1,65 et y = 0,184, puis redescend lentement vers 0. Neuf rectangles de largeur 1 couvrent l'intervalle de 1 à 10 : le premier, sur [1 ; 2], a pour hauteur le maximum, environ 0,184 ; chacun des suivants, sur [i ; i+1] pour i de 2 à 9, a pour hauteur la valeur de f en son bord gauche, de 0,173 pour i = 2 à 0,027 pour i = 9. Graduations de 1 en abscisse et de 0,05 en ordonnée.
  • Pour cela, on utilise le script suivant, écrit en langage Python.
  • Script Python : from math import * ; puis S=1/(2*exp(1)) ; puis for i in range (2,10): ; dans la boucle, S =... à compléter ; enfin print(S).
  • Recopier et compléter ce script afin qu'il réponde au problème posé.
  • B.4. À l'aide d'une intégration par parties, démontrer que pour tout entier naturel non nul nn, In=n−1−ln⁡(n)nI_{n}=\dfrac{n-1-\ln(n)}{n}
  • B.5. Calculer la limite de la suite (In)(I_{n}) quand nn tend vers +∞+\infty.

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A.1.a
A.3
A.4
A.6.a
B.3
B.5
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Réponses

  • A.1.a lim⁡x→0+f(x)=−∞\lim\limits_{x\to 0^{+}}f(x)=-\infty ; lim⁡x→+∞f(x)=0\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=0
  • A.1.b Asymptote verticale d'équation x=0x=0 (axe des ordonnées) ; asymptote horizontale d'équation y=0y=0 (axe des abscisses) en +∞+\infty
  • A.2 f′(x)=1x×x2−ln⁡(x)×2xx4=x(1−2ln⁡x)x4=1−2ln⁡(x)x3f'(x)=\dfrac{\frac{1}{x}\times x^{2}-\ln(x)\times 2x}{x^{4}}=\dfrac{x(1-2\ln x)}{x^{4}}=\dfrac{1-2\ln(x)}{x^{3}}
  • A.3 ff croissante sur ]0 ;e]\left]0\,;\sqrt{\mathrm{e}}\right], décroissante sur [e ;+∞[\left[\sqrt{\mathrm{e}}\,;+\infty\right[, maximum f(e)=12ef(\sqrt{\mathrm{e}})=\dfrac{1}{2\mathrm{e}}
  • A.4 Δ:y=x−1\Delta : y=x-1
  • A.5 f′′(x)=−2x×x3−(1−2ln⁡x)×3x2x6=−5+6ln⁡(x)x4f''(x)=\dfrac{-\frac{2}{x}\times x^{3}-(1-2\ln x)\times 3x^{2}}{x^{6}}=\dfrac{-5+6\ln(x)}{x^{4}}
  • A.6.a Concave sur ]0 ;e56]\left]0\,;\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\right], convexe sur [e56 ;+∞[\left[\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\,;+\infty\right[ ; point d'inflexion (e56 ;56e−53)≈(2,301 ;0,157)\left(\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\,;\dfrac{5}{6}\mathrm{e}^{-\frac{5}{3}}\right)\approx(2{,}301\,;0{,}157)
  • A.6.b ff concave sur ]0 ;e56]\left]0\,;\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\right], qui contient 11 : la courbe y est sous sa tangente Δ\Delta, donc f(x)⩽x−1f(x)\leqslant x-1
  • A.7 f(x)⩽12e<1f(x)\leqslant\dfrac{1}{2\mathrm{e}}<1 et x−1⩾e56−1>1x-1\geqslant\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}-1>1 car e56>2\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}>2
  • B.1 InI_{n} est l'aire, en unités d'aire, du domaine entre Cf\mathcal{C}_{f}, l'axe des abscisses et les droites x=1x=1 et x=nx=n (f⩾0f\geqslant 0 sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[)
  • B.2 In+1−In=∫nn+1f(x) dx⩾0I_{n+1}-I_{n}=\displaystyle\int_{n}^{n+1}f(x)\,\mathrm{d}x\geqslant 0 car f⩾0f\geqslant 0 sur [n ;n+1][n\,;n+1]
  • B.3 S = S + log(i)/i**2 ; le script affiche environ 0,7790{,}779
  • B.4 u=ln⁡xu=\ln x, v′=1x2v'=\dfrac{1}{x^{2}} : In=[−ln⁡xx]1n+∫1n1x2 dx=−ln⁡nn+1−1nI_{n}=\left[-\dfrac{\ln x}{x}\right]_{1}^{n}+\displaystyle\int_{1}^{n}\dfrac{1}{x^{2}}\,\mathrm{d}x=-\dfrac{\ln n}{n}+1-\dfrac{1}{n}
  • B.5 lim⁡n→+∞In=1\lim\limits_{n\to+\infty}I_{n}=1

A.1.a. En 0+0^{+} : ln⁡(x)→−∞\ln(x)\to-\infty et x2→0+x^{2}\to 0^{+}, donc 1x2→+∞\dfrac{1}{x^{2}}\to+\infty. On écrit f(x)=ln⁡(x)×1x2f(x)=\ln(x)\times\dfrac{1}{x^{2}} : par produit, f(x)→−∞f(x)\to-\infty. Il n'y a aucune forme indéterminée, −∞×(+∞)-\infty\times(+\infty) donne −∞-\infty.

En +∞+\infty : numérateur et dénominateur tendent vers +∞+\infty, c'est une forme indéterminée. On la lève par croissance comparée : f(x)=ln⁡(x)x×1xf(x)=\dfrac{\ln(x)}{x}\times\dfrac{1}{x}, avec lim⁡x→+∞ln⁡(x)x=0\lim\limits_{x\to+\infty}\dfrac{\ln(x)}{x}=0 (croissance comparée) et lim⁡x→+∞1x=0\lim\limits_{x\to+\infty}\dfrac{1}{x}=0. Par produit, lim⁡x→+∞f(x)=0\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=0.

Erreur fréquente : écrire « ∞∞=1\dfrac{\infty}{\infty}=1 » ou conclure sans nommer la croissance comparée, que le correcteur attend explicitement.

A.1.b. La limite infinie en 00 signifie que la droite d'équation x=0x=0, c'est-à-dire l'axe des ordonnées, est asymptote verticale à Cf\mathcal{C}_{f} : la courbe plonge vers le bas le long de cet axe. La limite nulle en +∞+\infty signifie que la droite d'équation y=0y=0, l'axe des abscisses, est asymptote horizontale à Cf\mathcal{C}_{f} en +∞+\infty.

Le graphique de la partie B le confirme : la courbe coupe l'axe des abscisses en x=1x=1 puis se rapproche de lui sans l'atteindre, par au-dessus. Une asymptote se donne par son ÉQUATION, pas seulement par son nom.

A.2. Dérivée d'un quotient uv\dfrac{u}{v}, avec u(x)=ln⁡(x)u(x)=\ln(x), u′(x)=1xu'(x)=\dfrac{1}{x}, v(x)=x2v(x)=x^{2}, v′(x)=2xv'(x)=2x, vv ne s'annulant pas sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ : f′(x)=u′(x)v(x)−u(x)v′(x)v(x)2=1x×x2−ln⁡(x)×2xx4=x−2xln⁡(x)x4f'(x)=\dfrac{u'(x)v(x)-u(x)v'(x)}{v(x)^{2}}=\dfrac{\frac{1}{x}\times x^{2}-\ln(x)\times 2x}{x^{4}}=\dfrac{x-2x\ln(x)}{x^{4}}.

On factorise le numérateur par xx puis on simplifie par x≠0x\neq 0 : f′(x)=x(1−2ln⁡(x))x4=1−2ln⁡(x)x3f'(x)=\dfrac{x\left(1-2\ln(x)\right)}{x^{4}}=\dfrac{1-2\ln(x)}{x^{3}}, ce qu'il fallait démontrer.

Contrôle : f′(1)=1−01=1f'(1)=\dfrac{1-0}{1}=1, valeur réutilisée à la question A.4. L'oubli classique est la simplification : sans factoriser par xx, on garde x4x^{4} au dénominateur et l'on croit à une erreur d'énoncé.

A.3. Sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, x3>0x^{3}>0, donc f′(x)f'(x) a le signe de 1−2ln⁡(x)1-2\ln(x). Or 1−2ln⁡(x)>0  ⟺  ln⁡(x)<12  ⟺  x<e12=e1-2\ln(x)>0\iff\ln(x)<\dfrac{1}{2}\iff x<\mathrm{e}^{\frac{1}{2}}=\sqrt{\mathrm{e}}, la fonction exponentielle étant strictement croissante. De même f′(x)<0f'(x)<0 pour x>ex>\sqrt{\mathrm{e}} et f′(e)=0f'(\sqrt{\mathrm{e}})=0.

Donc ff est strictement croissante sur ]0 ;e]\left]0\,;\sqrt{\mathrm{e}}\right] et strictement décroissante sur [e ;+∞[\left[\sqrt{\mathrm{e}}\,;+\infty\right[. Elle admet un maximum en e\sqrt{\mathrm{e}}, de valeur exacte f(e)=ln⁡(e12)(e)2=12e=12e≈0,184f\left(\sqrt{\mathrm{e}}\right)=\dfrac{\ln\left(\mathrm{e}^{\frac{1}{2}}\right)}{\left(\sqrt{\mathrm{e}}\right)^{2}}=\dfrac{\frac{1}{2}}{\mathrm{e}}=\dfrac{1}{2\mathrm{e}}\approx 0{,}184.

Le tableau de variation figure en fin de corrigé, avec les limites −∞-\infty en 00 et 00 en +∞+\infty trouvées en A.1.a. Cohérence avec le graphique : la croix bleue est placée en (e ;12e)≈(1,649 ;0,184)\left(\sqrt{\mathrm{e}}\,;\dfrac{1}{2\mathrm{e}}\right)\approx(1{,}649\,;0{,}184), exactement au sommet de la courbe. L'énoncé demande la valeur EXACTE : 12e\dfrac{1}{2\mathrm{e}}, pas 0,180{,}18.

A.4. L'équation réduite de la tangente au point d'abscisse aa est y=f′(a)(x−a)+f(a)y=f'(a)(x-a)+f(a). Avec a=1a=1 : f(1)=ln⁡(1)1=0f(1)=\dfrac{\ln(1)}{1}=0 et f′(1)=1−2ln⁡(1)13=1f'(1)=\dfrac{1-2\ln(1)}{1^{3}}=1. Donc Δ:y=1×(x−1)+0\Delta : y=1\times(x-1)+0, soit y=x−1y=x-1.

Vérification : Δ\Delta passe par A(1 ;0)\mathrm{A}(1\,;0), point où Cf\mathcal{C}_{f} coupe l'axe des abscisses, avec une pente 11 qui correspond à la montée raide de la courbe juste après x=1x=1 sur le graphique.

A.5. On dérive f′f' comme un quotient : u(x)=1−2ln⁡(x)u(x)=1-2\ln(x), u′(x)=−2xu'(x)=-\dfrac{2}{x}, v(x)=x3v(x)=x^{3}, v′(x)=3x2v'(x)=3x^{2}. Alors f′′(x)=−2x×x3−(1−2ln⁡(x))×3x2x6=−2x2−3x2+6x2ln⁡(x)x6f''(x)=\dfrac{-\frac{2}{x}\times x^{3}-\left(1-2\ln(x)\right)\times 3x^{2}}{x^{6}}=\dfrac{-2x^{2}-3x^{2}+6x^{2}\ln(x)}{x^{6}}.

On factorise par x2x^{2} et on simplifie : f′′(x)=x2(−5+6ln⁡(x))x6=−5+6ln⁡(x)x4f''(x)=\dfrac{x^{2}\left(-5+6\ln(x)\right)}{x^{6}}=\dfrac{-5+6\ln(x)}{x^{4}}. Contrôle : f′′(1)=−5<0f''(1)=-5<0. Erreur fréquente : oublier la parenthèse autour de 1−2ln⁡(x)1-2\ln(x) et écrire −3x2−2ln⁡(x)×3x2-3x^{2}-2\ln(x)\times 3x^{2}, ce qui change le signe du terme en ln⁡\ln.

A.6.a. La convexité se lit sur le signe de f′′f''. Sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, x4>0x^{4}>0, donc f′′(x)f''(x) a le signe de −5+6ln⁡(x)-5+6\ln(x), et −5+6ln⁡(x)⩾0  ⟺  ln⁡(x)⩾56  ⟺  x⩾e56-5+6\ln(x)\geqslant 0\iff\ln(x)\geqslant\dfrac{5}{6}\iff x\geqslant\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}.

Donc f′′⩽0f''\leqslant 0 sur ]0 ;e56]\left]0\,;\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\right] : ff est concave sur cet intervalle ; et f′′⩾0f''\geqslant 0 sur [e56 ;+∞[\left[\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\,;+\infty\right[ : ff est convexe sur cet intervalle.

La dérivée seconde s'annule en changeant de signe en e56\mathrm{e}^{\frac{5}{6}} : le point de Cf\mathcal{C}_{f} d'abscisse e56\mathrm{e}^{\frac{5}{6}} est un point d'inflexion, et c'est le seul. Son ordonnée : f(e56)=56(e56)2=56 e53=56e−53f\left(\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\right)=\dfrac{\frac{5}{6}}{\left(\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\right)^{2}}=\dfrac{5}{6\,\mathrm{e}^{\frac{5}{3}}}=\dfrac{5}{6}\mathrm{e}^{-\frac{5}{3}}. Le point d'inflexion est (e56 ;56e−53)≈(2,301 ;0,157)\left(\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\,;\dfrac{5}{6}\mathrm{e}^{-\frac{5}{3}}\right)\approx(2{,}301\,;0{,}157).

Cohérence : sur le graphique, la courbe redescend en « dos d'âne » jusque vers x=2,3x=2{,}3, puis s'aplatit en creux. Piège : un zéro de f′′f'' ne suffit pas, il faut le CHANGEMENT de signe pour conclure à un point d'inflexion.

A.6.b. Propriété : sur un intervalle où une fonction est concave, sa courbe est située en dessous de chacune de ses tangentes en un point de cet intervalle. La fonction ff est concave sur ]0 ;e56]\left]0\,;\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\right], et 11 appartient à cet intervalle puisque e56>e0=1\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}>\mathrm{e}^{0}=1.

Donc, sur ]0 ;e56]\left]0\,;\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\right], Cf\mathcal{C}_{f} est en dessous de sa tangente Δ\Delta au point d'abscisse 11, d'équation y=x−1y=x-1 : pour tout xx de cet intervalle, f(x)⩽x−1f(x)\leqslant x-1, c'est-à-dire x−1⩾ln⁡(x)x2x-1\geqslant\dfrac{\ln(x)}{x^{2}}.

Vérification : en x=2x=2, x−1=1x-1=1 et f(2)=ln⁡24≈0,173f(2)=\dfrac{\ln 2}{4}\approx 0{,}173 ; en x=0,5x=0{,}5, x−1=−0,5x-1=-0{,}5 et f(0,5)=4ln⁡(0,5)≈−2,773f(0{,}5)=4\ln(0{,}5)\approx-2{,}773. Le point à ne pas oublier dans la rédaction : vérifier que 11, l'abscisse du point de contact, est DANS l'intervalle de concavité.

A.7. Sur [e56 ;+∞[\left[\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}\,;+\infty\right[, la fonction est convexe : la courbe est AU-DESSUS de ses tangentes en des points de cet intervalle, et Δ\Delta n'en fait pas partie. La convexité ne sert donc à rien ici ; on compare directement les deux membres à un même nombre.

D'une part, d'après le tableau de variation, ff admet pour maximum 12e\dfrac{1}{2\mathrm{e}} sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, donc f(x)⩽12e<1f(x)\leqslant\dfrac{1}{2\mathrm{e}}<1 pour tout x>0x>0, puisque 2e>12\mathrm{e}>1.

D'autre part, 56>ln⁡(2)\dfrac{5}{6}>\ln(2) (car ln⁡2≈0,693\ln 2\approx 0{,}693), donc e56>2\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}>2 par croissance de l'exponentielle. Pour tout x⩾e56x\geqslant\mathrm{e}^{\frac{5}{6}} : x−1⩾e56−1>1x-1\geqslant\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}-1>1.

Conclusion : pour tout x⩾e56x\geqslant\mathrm{e}^{\frac{5}{6}}, x−1>1>f(x)x-1>1>f(x), donc x−1⩾ln⁡(x)x2x-1\geqslant\dfrac{\ln(x)}{x^{2}}. Avec la question A.6.b, l'inégalité est donc vraie sur tout ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ : la tangente Δ\Delta est entièrement au-dessus de la courbe. Erreur fréquente : invoquer la convexité « par symétrie » avec A.6.b, ce qui donnerait l'inégalité dans le mauvais sens.

B.1. Pour x⩾1x\geqslant 1, ln⁡(x)⩾0\ln(x)\geqslant 0 et x2>0x^{2}>0, donc f(x)⩾0f(x)\geqslant 0 : sur [1 ;n][1\,;n], la fonction ff est continue et positive. L'intégrale InI_{n} est donc l'aire, en unités d'aire, du domaine délimité par la courbe Cf\mathcal{C}_{f}, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=1x=1 et x=nx=n.

Pour n=1n=1, le domaine est réduit à un segment et I1=0I_{1}=0. Sans la positivité de ff, l'intégrale ne serait qu'une aire algébrique : c'est elle qu'il faut citer.

B.2. Pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, par la relation de Chasles : In+1−In=∫1n+1f(x) dx−∫1nf(x) dx=∫nn+1f(x) dxI_{n+1}-I_{n}=\displaystyle\int_{1}^{n+1}f(x)\,\mathrm{d}x-\int_{1}^{n}f(x)\,\mathrm{d}x=\int_{n}^{n+1}f(x)\,\mathrm{d}x.

Sur [n ;n+1][n\,;n+1], contenu dans [1 ;+∞[[1\,;+\infty[, la fonction ff est positive (question B.1), et les bornes sont dans le bon ordre (n<n+1n<n+1). Par positivité de l'intégrale, ∫nn+1f(x) dx⩾0\displaystyle\int_{n}^{n+1}f(x)\,\mathrm{d}x\geqslant 0, donc In+1⩾InI_{n+1}\geqslant I_{n} : la suite (In)(I_{n}) est croissante.

Lecture graphique : quand nn augmente, on ajoute au domaine une bande située au-dessus de l'axe des abscisses, l'aire ne peut qu'augmenter. Piège : dire « ff est décroissante donc (In)(I_{n}) est décroissante » ; c'est le SIGNE de ff qui compte, pas son sens de variation.

B.3. Tous les rectangles ont une largeur 11, donc l'aire de chacun est égale à sa hauteur. Le premier, sur [1 ;2][1\,;2], a pour hauteur le maximum de ff, atteint en e∈[1 ;2]\sqrt{\mathrm{e}}\in[1\,;2] (la croix bleue) : son aire 1×12e1\times\dfrac{1}{2\mathrm{e}} est la valeur initiale du script, S=1/(2*exp(1)).

Pour ii allant de 22 à 99, le rectangle posé sur [i ;i+1][i\,;i+1] a son coin supérieur gauche sur la courbe : sa hauteur est f(i)=ln⁡(i)i2f(i)=\dfrac{\ln(i)}{i^{2}} et son aire f(i)×1f(i)\times 1. La boucle for i in range (2,10) parcourt exactement i=2,3,…,9i=2,3,\ldots,9, la borne 1010 étant exclue, et doit ajouter cette aire à chaque tour : la ligne à compléter est S = S + log(i)/i**2. En Python, la fonction log du module math est le logarithme NÉPÉRIEN. Le script complété figure en fin de corrigé.

Il affiche environ 0,7790{,}779. C'est une valeur approchée PAR EXCÈS de ∫110f(x) dx\displaystyle\int_{1}^{10}f(x)\,\mathrm{d}x : sur [1 ;2][1\,;2] la hauteur est le maximum de ff, et sur chaque [i ;i+1][i\,;i+1] avec i⩾2>ei\geqslant 2>\sqrt{\mathrm{e}}, ff est décroissante, donc f(i)⩾f(x)f(i)\geqslant f(x). La question B.4 donnera la valeur exacte I10=9−ln⁡1010≈0,670I_{10}=\dfrac{9-\ln 10}{10}\approx 0{,}670, plus petite comme prévu.

Erreurs fréquentes : écrire S = log(i)/i**2 sans le S + (la variable est écrasée à chaque tour au lieu d'être cumulée), et croire que range (2,10) va jusqu'à 1010, ce qui ajouterait un dixième rectangle sur [10 ;11][10\,;11].

B.4. Intégration par parties sur [1 ;n][1\,;n], avec u(x)=ln⁡(x)u(x)=\ln(x) et v′(x)=1x2v'(x)=\dfrac{1}{x^{2}}, d'où u′(x)=1xu'(x)=\dfrac{1}{x} et v(x)=−1xv(x)=-\dfrac{1}{x}. Les fonctions uu et vv sont dérivables sur [1 ;n][1\,;n], de dérivées continues. On choisit de dériver le logarithme parce que sa dérivée 1x\dfrac{1}{x} fait disparaître le ln⁡\ln.

In=[u(x)v(x)]1n−∫1nu′(x)v(x) dx=[−ln⁡(x)x]1n−∫1n1x×(−1x)dx=−ln⁡(n)n+ln⁡(1)1+∫1n1x2 dxI_{n}=\Big[u(x)v(x)\Big]_{1}^{n}-\displaystyle\int_{1}^{n}u'(x)v(x)\,\mathrm{d}x=\left[-\dfrac{\ln(x)}{x}\right]_{1}^{n}-\int_{1}^{n}\dfrac{1}{x}\times\left(-\dfrac{1}{x}\right)\mathrm{d}x=-\dfrac{\ln(n)}{n}+\dfrac{\ln(1)}{1}+\int_{1}^{n}\dfrac{1}{x^{2}}\,\mathrm{d}x.

Une primitive de 1x2\dfrac{1}{x^{2}} est −1x-\dfrac{1}{x}, donc ∫1n1x2 dx=[−1x]1n=−1n+1\displaystyle\int_{1}^{n}\dfrac{1}{x^{2}}\,\mathrm{d}x=\left[-\dfrac{1}{x}\right]_{1}^{n}=-\dfrac{1}{n}+1. Avec ln⁡(1)=0\ln(1)=0 : In=−ln⁡(n)n+1−1n=n−1−ln⁡(n)nI_{n}=-\dfrac{\ln(n)}{n}+1-\dfrac{1}{n}=\dfrac{n-1-\ln(n)}{n}.

Vérifications : I1=1−1−01=0I_{1}=\dfrac{1-1-0}{1}=0, cohérent avec B.1 ; et I10=9−ln⁡(10)10≈0,670I_{10}=\dfrac{9-\ln(10)}{10}\approx 0{,}670, inférieur à l'approximation par excès 0,7790{,}779 de B.3. Pièges : le signe moins de v(x)=−1xv(x)=-\dfrac{1}{x}, qui transforme le « moins l'intégrale » en « plus », et la borne 11 du crochet, où −1x-\dfrac{1}{x} vaut −1-1.

B.5. On part de la forme In=1−1n−ln⁡(n)nI_{n}=1-\dfrac{1}{n}-\dfrac{\ln(n)}{n}. On a lim⁡n→+∞1n=0\lim\limits_{n\to+\infty}\dfrac{1}{n}=0 et, par croissance comparée, lim⁡n→+∞ln⁡(n)n=0\lim\limits_{n\to+\infty}\dfrac{\ln(n)}{n}=0. Par somme, lim⁡n→+∞In=1\lim\limits_{n\to+\infty}I_{n}=1.

Cohérence : la suite (In)(I_{n}) est croissante (B.2) et, pour tout n⩾1n\geqslant 1, In=1−1+ln⁡(n)n<1I_{n}=1-\dfrac{1+\ln(n)}{n}<1 ; elle s'approche donc de 11 par valeurs inférieures. Graphiquement, l'aire du domaine situé sous la courbe à partir de x=1x=1, illimité vers la droite, tend vers 11 unité d'aire. Piège : conclure « forme ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} » sur l'écriture n−1−ln⁡(n)n\dfrac{n-1-\ln(n)}{n} sans la décomposer ; on sépare les trois termes avant de passer à la limite.

python
from math import *

S=1/(2*exp(1))
for i in range (2,10):
  S = S + log(i)/i**2
print(S)
xx00e\sqrt{\mathrm{e}}+∞+\infty
signe de f′(x)f'(x)++00−-
variations de ff−∞-\infty↗\nearrow12e\dfrac{1}{2\mathrm{e}}↘\searrow00
Tableau de variation de ff (question A.3)
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/bac-2026-maths-centres-etrangers-j1. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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