Spécialité physique-chimie, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité physique-chimie, Amérique du Sud jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité physique-chimie, session 2025 : Amérique du Sud, jour 2

Épreuve du vendredi 14 novembre 2025 • durée 3 h 30 • calculatrice en mode examen autorisée • 3 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet officiel (Labolycée).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 3 h 30, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité physique-chimie du baccalauréat 2025, centre Amérique du Sud, jour 2 : l'épreuve du vendredi 14 novembre 2025, trois heures trente, calculatrice en mode examen autorisée. Trois exercices pour 20 points, 9 points sur une infusion à la framboise, 6 points sur le chauffe-eau thermodynamique d'un chalet et 5 points sur un cargo dirigeable, avec deux documents-réponses à rendre avec la copie. L'énoncé et ses documents sont reproduits tels quels, et chaque question qui a un résultat vérifiable porte un champ autocorrigé.

L'exercice 1 commence en chimie organique : formule semi-développée, groupes caractéristiques hydroxyle et carbonyle d'une cétone, choix du solvant, mécanisme réactionnel complété avec le formalisme des flèches courbes (sites donneurs et accepteurs de doublets), réaction acido-basique et rendement d'une synthèse. Il passe ensuite à l'acide lactique d'un détartrant : acide de Brönsted et électronégativité, schéma de Lewis de l'ion lactate, constante d'acidité KAK_{A} et diagramme de prédominance, concentration d'une solution commerciale par son titre massique et sa densité, dilution, titrage pH-métrique par la méthode des tangentes parallèles, incertitude-type et compatibilité avec une valeur de référence, choix d'un indicateur coloré. L'exercice 2 applique le premier principe de la thermodynamique à un ballon d'eau chaude, avec la résistance thermique RthR_{\text{th}}, le flux thermique et le coefficient de performance d'une pompe à chaleur, puis l'atténuation géométrique et l'atténuation par absorption pour le niveau d'intensité sonore. L'exercice 3 mobilise l'équation d'état du gaz parfait, la poussée d'Archimède, la première loi de Newton, la conservation du débit volumique et la relation de Bernoulli.

Le corrigé nomme la loi à chaque question, pose le calcul avec ses unités et ses chiffres significatifs, et vérifie le résultat quand c'est possible, par exemple par la demi-équivalence, où le pH retrouve le pKA\mathrm{p}K_{A} de 3,863{,}86 (exercice 1, Q16). Trois pièges y sont traités en détail : l'indicateur coloré, qui n'est pas le bleu de bromothymol puisque le pH à l'équivalence d'un acide faible titré par une base forte dépasse 7 (exercice 1, Q19) ; le bilan d'énergie du ballon, où les pertes par la paroi s'ajoutent à la variation d'énergie interne (exercice 2, Q5) ; la masse de l'hélium, à retrancher avec celle du dirigeable pour trouver la charge maximale (exercice 3, Q6). Les deux questions de résolution de problème, le niveau sonore dans la chambre et la durée de vidange du réservoir, sont rédigées en entier, démarche comprise.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité physique-chimie en Terminale

Exercice 1 : Infusion à la framboise

9 points Acide-base, pKa et titragesSynthèse organique et mécanismesDéterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validitéMesure, incertitudes et chiffres significatifs

La frambinone, couramment appelée « cétone de la framboise », est une molécule (figure 1) qui permet de retrouver l'odeur caractéristique de la framboise. Elle est utilisée essentiellement comme arôme alimentaire. La frambinone naturelle étant présente en très faible concentration dans la framboise, son extraction est coûteuse et n'est pas envisageable à l'échelle industrielle.

L'objectif de cet exercice est d'étudier dans une première partie une des voies de synthèse de la frambinone et dans une deuxième partie le détartrage d'une bouilloire utilisée pour préparer une infusion à la framboise.

Les parties 1 et 2 sont indépendantes.

Formule topologique de la frambinone : un cycle benzénique porte en position para un groupe OH d'un côté et, de l'autre, une chaîne de deux CH2 suivie d'un carbone doublement lié à un atome d'oxygène et lié à un groupe méthyle.
Figure 1. Structure de la frambinone ou cétone de la framboise
  • Partie 1. Synthèse de la frambinone
  • Q1. Représenter la formule semi-développée de la molécule de frambinone.
  • Q2. Entourer et nommer les groupes caractéristiques de la frambinone et préciser le groupe qui permet de justifier son appellation de « cétone de la framboise ».
  • Les deux étapes de la séquence réactionnelle d'un des procédés de synthèse de la frambinone sont représentées ci-après.
  • Deux étapes. A, le 4-hydroxybenzaldéhyde (cycle benzénique portant un groupe CHO et, en para, un OH), réagit avec l'acétone en présence de HO− pour donner B : le carbone du CHO devient un CH=CH relié à un groupe C(=O)-CH3, avec une double liaison C=C. B réagit ensuite avec H2 en présence d'un catalyseur pour donner la frambinone, où la double liaison C=C est devenue une liaison simple CH2-CH2.
    Figure 2. Étapes de la séquence réactionnelle d'obtention de la frambinone
  • Protocole de l'étape permettant de passer de l'espèce A à l'espèce B (A → B)
  • On dissout 2,502{,}50 g de 4-hydroxybenzaldéhyde (réactif A) dans 10,010{,}0 mL d'acétone. Après dissolution, on ajoute, en excès, 1010 mL d'une solution aqueuse d'hydroxyde de sodium à 2,5 mol⋅L−12{,}5\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} : le milieu réactionnel prend alors une couleur ambre foncé. Après 2424 h d'agitation à température ambiante, on observe une pâte orangée. L'espèce B obtenue est un composé intermédiaire de cette synthèse.
  • Données :
    • masse molaire du 4-hydroxybenzaldéhyde : 122,1 g⋅mol−1122{,}1\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • masse molaire de la frambinone : 164,2 g⋅mol−1164{,}2\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • solubilité du 4-hydroxybenzaldéhyde dans différents solvants :
  • SolvantsEauAlcoolAcétoneÉther diéthylique
    Solubilité du 4-hydroxybenzaldéhydefaiblefortetrès forteforte
  • • l'acétone est totalement miscible à l'eau.
  • Q3. Justifier l'utilisation de l'acétone comme solvant lors de l'étape A → B de la synthèse.
  • Le mécanisme réactionnel de l'étape A → B est donné en annexe.
  • Quatre actes élémentaires, avec doublets non liants et charges dessinés, sans aucune flèche courbe. Acte 1 : acétone CH3-CO-CH3 plus l'ion hydroxyde HO− donnent l'ion CH3-CO-CH2− (charge négative et doublet non liant sur le carbone) plus une molécule d'eau. Acte 2 : cet ion plus A (l'aldéhyde, oxygène portant deux doublets non liants) donnent un ion où le carbone du CH2 est lié au carbone de l'ancien groupe CHO, qui porte maintenant un oxygène chargé négativement avec trois doublets non liants. Acte 3 : cet ion plus une molécule d'eau donnent la molécule où cet oxygène porte un H, groupe OH, plus l'ion hydroxyde HO−. Acte 4 : par chauffage, cette molécule perd une molécule d'eau et donne B, qui porte une double liaison C=C entre les deux carbones centraux.
    Document-réponse 1 à rendre avec la copie. Mécanisme réactionnel de l'étape A → B dans la synthèse de la frambinone
  • Q4. Sur le document-réponse 1 de L'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE, compléter les actes élémentaires 2 et 3 du mécanisme réactionnel en utilisant le formalisme de la flèche courbe.
  • Q5. Préciser la catégorie de réaction (acido-basique, oxydo-réduction, élimination, addition, substitution) de l'acte élémentaire 1 du mécanisme réactionnel donné en annexe.
  • Q6. Sachant que la deuxième étape de la séquence réactionnelle (figure 2) est réalisée avec un excès de dihydrogène et que la masse de frambinone obtenue est mexp=2,19m_{\text{exp}}=2{,}19 g, montrer que la valeur du rendement rr de la synthèse est proche de 65 %.
  • Partie 2 : Détartrage de la bouilloire.
  • La préparation de l'infusion à la framboise nécessite au préalable le détartrage de la bouilloire. Plusieurs fabricants d'électroménager recommandent d'utiliser des détartrants à base d'acide lactique ; en plus d'être efficace contre le tartre, cet acide est biodégradable et non corrosif pour les pièces métalliques des appareils électroménagers.
  • Étude de la solution d'acide lactique
  • Données :
    • formule semi-développée de l'acide lactique :
  • Formule semi-développée de l'acide lactique : CH3 lié à un CH qui porte un groupe OH, lui-même lié à un carbone portant un groupe OH et doublement lié à un atome d'oxygène, soit CH3-CH(OH)-COOH.
    Formule semi-développée de l'acide lactique
  • • valeur du pKA\mathrm{p}K_{A} à 25 °C du couple formé par l'acide lactique et l'ion lactate : 3,863{,}86 ;
    • électronégativité de quelques atomes : χ(H)=2,1\chi(\mathrm{H})=2{,}1 ; χ(C)=2,5\chi(\mathrm{C})=2{,}5 ; χ(O)=3,5\chi(\mathrm{O})=3{,}5.
  • Le détartrant à base d'acide lactique est conditionné sous forme liquide dans un petit flacon de 100100 mL. La notice d'utilisation indique qu'il faut verser la totalité de son contenu dans le réservoir de la bouilloire et qu'il faut ajouter de l'eau. On prépare ainsi une solution aqueuse d'acide lactique de pH mesuré de valeur égale à 2,12{,}1.
  • Q7. Définir un acide selon Brönsted. Justifier le caractère acide de l'acide lactique.
  • Q8. Représenter le schéma de Lewis de l'ion lactate, base conjuguée de l'acide lactique.
  • Q9. On note AH la molécule d'acide lactique. Écrire l'équation de la réaction modélisant la transformation chimique entre l'acide lactique et l'eau.
  • Q10. Exprimer, à l'équilibre, la constante d'acidité associée à cette réaction.
  • Q11. À partir d'un diagramme de prédominance, justifier que l'acide lactique prédomine dans la solution détartrante dans la bouilloire.
  • Titrage de la solution d'acide lactique
  • Au laboratoire, un élève décide de vérifier la concentration en acide lactique de la solution commerciale en réalisant un titrage.
  • Le document ci-dessous précise quelques informations présentes sur l'étiquette de la solution commerciale d'acide lactique utilisée pour le détartrage.
  • Étiquette commerciale d'un détartrant à base d'acide lactique.
    • Pourcentage (ou titre) massique en acide lactique de la solution : 5555 % ;
    • Masse molaire de l'acide lactique : 90,08 g⋅mol−190{,}08\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • Densité du détartrant : 1,251{,}25.
  • Pictogramme de danger de l'étiquette : losange à bord rouge où un liquide versé de deux tubes ronge une plaque et une main, pictogramme de la corrosion.
  • Q12. Montrer que, d'après l'étiquette, la concentration en quantité de matière, notée ccomc_{\text{com}}, en acide lactique dans la solution commerciale est 7,6 mol⋅L−17{,}6\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Pour réaliser le titrage, l'élève utilise une solution d'hydroxyde de sodium fraichement préparée de concentration cb=1,00×10−1 mol⋅L−1c_{\text{b}}=1{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Par ailleurs, il ne titre pas directement la solution commerciale de détartrant à base d'acide lactique. Il prépare d'abord une solution, notée Sdilueˊe\mathrm{S}_{\text{diluée}}, par dilution de la solution commerciale.
  • Q13. Nommer les équipements de protection nécessaires pour manipuler en toute sécurité la solution commerciale de détartrant à base d'acide lactique.
  • On souhaite préparer un volume de 200,0200{,}0 mL de solution Sdilueˊe\mathrm{S}_{\text{diluée}} en diluant 100 fois la solution commerciale. La verrerie à disposition est la suivante :
    • pipettes jaugées de 2,02{,}0 mL, 5,05{,}0 mL, 20,020{,}0 mL ;
    • fioles jaugées de 100,0100{,}0 mL, 200,0200{,}0 mL, 500,0500{,}0 mL.
  • Q14. Choisir en justifiant les deux instruments de verrerie permettant de préparer la solution Sdilueˊe\mathrm{S}_{\text{diluée}}.
  • On réalise le titrage avec suivi pH-métrique d'un volume Va=15,0V_{\text{a}}=15{,}0 mL de la solution Sdilueˊe\mathrm{S}_{\text{diluée}}. Le document-réponse 2 de l'annexe représente l'évolution du pH en fonction du volume VbV_{\text{b}} de solution d'hydroxyde de sodium ajouté de concentration cbc_{\text{b}}.
  • Q15. Représenter le schéma légendé du dispositif de titrage.
  • Document-réponse 2 : points de mesure du pH (de 0 à 14) en fonction de Vb (de 0 à 20 mL), sur papier millimétré. Le pH part de 2,5, monte lentement jusqu'à 4,5 vers 9,4 mL et 5,55 vers 11,3 mL, vaut 6,5 vers 11,5 mL, puis saute à 10,85 vers 11,7 mL ; il atteint 12 vers 14,4 mL et 12,35 à 19,1 mL.
    Document-réponse 2 à rendre avec la copie. Évolution du pH en fonction du volume VbV_{\text{b}} de solution d'hydroxyde de sodium ajouté
  • Q16. Déterminer graphiquement sur le document-réponse 2 de L'ANNEXE À RENDRE AVEC LA COPIE, la valeur du volume VbEV_{\text{bE}} de solution d'hydroxyde de sodium versé à l'équivalence.
  • Q17. Exploiter les résultats pour déterminer la concentration en acide lactique de la solution Sdilueˊe\mathrm{S}_{\text{diluée}}.
  • Pour comparer le résultat d'une mesure XmesX_{\text{mes}} à une valeur de référence XrefX_{\text{ref}}, on utilise le quotient : ∣Xmes−Xref∣u(Xmes)\dfrac{|X_{\text{mes}}-X_{\text{ref}}|}{u(X_{\text{mes}})} où u(Xmes)u(X_{\text{mes}}) est l'incertitude-type associée au résultat. On considère que le résultat de la mesure est compatible avec la valeur de référence lorsque le quotient est inférieur ou égal à 2.
  • La valeur de référence correspond à la valeur de la concentration de la solution commerciale et au cours de ce titrage, on estime que u(cmes)=0,34 mol⋅L−1u(c_{\text{mes}})=0{,}34\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}.
  • Q18. Vérifier la compatibilité entre la valeur de la concentration de la solution commerciale obtenue expérimentalement et la valeur de référence.
  • Pour vérifier les résultats obtenus par suivi pH-métrique, l'élève réalise un titrage colorimétrique. Il dispose de trois indicateurs colorés :
  • Indicateur coloréZone de virage
    Hélianthine3,1 – 4,4
    Bleu de bromothymol6,0 – 7,6
    Bleu de thymol8,0 – 9,6
  • Q19. Choisir l'indicateur coloré le plus adapté pour repérer précisément le volume équivalent. Justifier.

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Q2
Q5
Q6
Q11
Q12
Q14
Q16
Q17
Q18
Q19
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Réponses

  • Q1 HO−C6H4−CH2−CH2−C(=O)−CH3\mathrm{HO{-}C_{6}H_{4}{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}C({=}O){-}CH_{3}}, cycle dessiné avec ses CH\mathrm{CH}
  • Q2 Groupes hydroxyle et carbonyle ; le carbonyle (carbone lié à deux carbones) fait la cétone
  • Q3 A très soluble dans l'acétone, acétone miscible à l'eau : une seule phase ; l'acétone est aussi le réactif en excès
  • Q4 Acte 2 : C−\mathrm{C^{-}} vers le C du C=O\mathrm{C{=}O}, puis C=O\mathrm{C{=}O} vers O ; acte 3 : O−\mathrm{O^{-}} vers H de l'eau, puis O−H\mathrm{O{-}H} vers O
  • Q5 Réaction acido-basique (transfert de proton)
  • Q6 r=2,193,36=0,65r=\dfrac{2{,}19}{3{,}36}=0{,}65, soit 65 %
  • Q7 Acide : espèce qui peut céder un H+\mathrm{H^{+}} ; liaison O−H\mathrm{O{-}H} du carboxyle polarisée, Hδ+\mathrm{H^{\delta+}}
  • Q8 CH3−CH(OH)−COO−\mathrm{CH_{3}{-}CH(OH){-}COO^{-}} : O chargé avec trois doublets non liants, les deux autres O avec deux
  • Q9 AH(aq)+H2O(ℓ)⇄A−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{AH(aq)+H_{2}O(\ell)\rightleftarrows A^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}
  • Q10 KA=[A−]eˊq[H3O+]eˊq[AH]eˊq c∘K_{A}=\dfrac{[\mathrm{A^{-}}]_{\text{éq}}[\mathrm{H_{3}O^{+}}]_{\text{éq}}}{[\mathrm{AH}]_{\text{éq}}\,c^{\circ}}
  • Q11 pH=2,1<pKA=3,86\mathrm{pH}=2{,}1<\mathrm{p}K_{A}=3{,}86 : AH prédomine
  • Q12 ccom=0,55×1 25090,08=7,6 mol⋅L−1c_{\text{com}}=\dfrac{0{,}55\times 1\,250}{90{,}08}=7{,}6\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}
  • Q13 Lunettes de protection, gants, blouse (pictogramme corrosif)
  • Q14 Pipette jaugée de 2,02{,}0 mL et fiole jaugée de 200,0200{,}0 mL
  • Q15 Burette (soude, titrante), bécher (15,0 mL de Sdilueˊe\mathrm{S}_{\text{diluée}}), agitateur magnétique, sonde de pH-mètre
  • Q16 Tangentes parallèles : VbE=11,6V_{\text{bE}}=11{,}6 mL (pHE≈8,3\mathrm{pH_{E}}\approx 8{,}3)
  • Q17 cdilueˊe=7,73×10−2 mol⋅L−1c_{\text{diluée}}=7{,}73\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}
  • Q18 cmes=7,73 mol⋅L−1c_{\text{mes}}=7{,}73\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, quotient 0,38≤20{,}38\le 2 : compatible
  • Q19 Bleu de thymol : sa zone 8,08{,}0 à 9,69{,}6 contient pHE≈8,3\mathrm{pH_{E}}\approx 8{,}3

Q1. Une formule semi-développée montre toutes les liaisons sauf celles qui engagent un atome d'hydrogène. On part de la formule topologique de la figure 1 en rendant visibles les atomes de carbone et leurs hydrogènes : HO−C6H4−CH2−CH2−C(=O)−CH3\mathrm{HO{-}C_{6}H_{4}{-}CH_{2}{-}CH_{2}{-}C({=}O){-}CH_{3}}.

Sur la copie, le cycle se dessine en hexagone avec ses trois doubles liaisons alternées : quatre sommets CH\mathrm{CH}, un sommet C\mathrm{C} lié au groupe OH\mathrm{OH} et, en face (position para), un sommet C\mathrm{C} lié à la chaîne CH2−CH2−C(=O)−CH3\mathrm{CH_{2}{-}CH_{2}{-}C({=}O){-}CH_{3}}, l'atome d'oxygène étant relié par deux traits au troisième carbone de la chaîne. Vérification par la formule brute : dix atomes de carbone, douze d'hydrogène et deux d'oxygène, C10H12O2\mathrm{C_{10}H_{12}O_{2}}, dont la masse molaire 10×12,0+12×1,0+2×16,0=164 g⋅mol−110\times 12{,}0+12\times 1{,}0+2\times 16{,}0=164\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} est bien celle des données. Erreur fréquente : oublier un hydrogène sur un CH2\mathrm{CH_{2}} de la chaîne, ou écrire CH3\mathrm{CH_{3}} en bout de chaîne côté cycle.

Q2. Deux groupes caractéristiques. Le groupe hydroxyle −OH-\mathrm{OH}, porté par le cycle ; et le groupe carbonyle C=O\mathrm{C{=}O} de la chaîne. On les entoure séparément sur la formule de Q1.

Le groupe qui justifie le nom « cétone de la framboise » est le groupe carbonyle : son atome de carbone est lié à DEUX atomes de carbone (celui du CH3\mathrm{CH_{3}} et celui du CH2\mathrm{CH_{2}}), ce qui fait de la molécule une cétone. Si ce carbone portait un atome d'hydrogène, comme dans le réactif A, ce serait un aldéhyde. Remarque : un groupe hydroxyle porté directement par un cycle benzénique définit en toute rigueur un phénol, mais le nom attendu au programme est bien « groupe hydroxyle ».

Q3. Un bon solvant doit dissoudre les réactifs et permettre leur rencontre. D'après le tableau, le 4-hydroxybenzaldéhyde est très soluble dans l'acétone, beaucoup plus que dans l'eau, où il l'est peu : les 2,502{,}50 g de A s'y dissolvent dans seulement 10,010{,}0 mL. Ensuite, l'acétone est totalement miscible à l'eau : quand on ajoute la solution aqueuse d'hydroxyde de sodium, on obtient une seule phase homogène dans laquelle A et les ions HO−\mathrm{HO^{-}} se rencontrent. Avec l'éther diéthylique, qui dissout aussi bien A mais n'est pas miscible à l'eau, on aurait deux phases et les réactifs resteraient séparés.

Il y a enfin une raison que la figure 2 montre directement : l'acétone n'est pas seulement le solvant, c'est aussi un réactif de l'étape A → B, puisqu'elle apporte le fragment CH3−CO−CH2\mathrm{CH_{3}{-}CO{-}CH_{2}} de B. Utilisée comme solvant, elle est en très large excès : A est le réactif limitant et la transformation est favorisée.

Q4. Une flèche courbe part toujours d'un doublet d'électrons (doublet non liant ou doublet de liaison), situé sur un site donneur, et pointe vers un site accepteur : un atome, si une liaison se forme, ou un atome qui récupère le doublet, si une liaison se rompt.

Acte élémentaire 2 : deux flèches. La première part du doublet non liant de l'atome de carbone chargé négativement de l'ion CH3−CO−CH2−\mathrm{CH_{3}{-}CO{-}CH_{2}^{-}} (site donneur) et pointe vers l'atome de carbone du groupe C=O\mathrm{C{=}O} de A (site accepteur) : elle forme la nouvelle liaison C−C\mathrm{C{-}C}. Ce carbone est accepteur parce que l'oxygène, plus électronégatif (χ(O)=3,5\chi(\mathrm{O})=3{,}5 contre χ(C)=2,5\chi(\mathrm{C})=2{,}5), attire les électrons de la double liaison et lui laisse une charge partielle δ+\delta^{+}. La seconde part du doublet de la double liaison C=O\mathrm{C{=}O} et pointe vers l'atome d'oxygène : une des deux liaisons se rompt, l'oxygène garde le doublet, porte désormais trois doublets non liants et la charge négative, comme dans le produit dessiné.

Acte élémentaire 3 : deux flèches. La première part d'un doublet non liant de l'oxygène chargé négativement (site donneur) et pointe vers un atome d'hydrogène de la molécule d'eau (site accepteur, δ+\delta^{+} puisque χ(O)>χ(H)\chi(\mathrm{O})>\chi(\mathrm{H})) : elle forme la liaison O−H\mathrm{O{-}H} du produit. La seconde part du doublet de la liaison O−H\mathrm{O{-}H} de l'eau et pointe vers l'atome d'oxygène de l'eau : la liaison se rompt et cet oxygène devient celui de l'ion hydroxyde HO−\mathrm{HO^{-}}, avec trois doublets non liants et la charge négative.

Vérification qui rapporte des points : les charges se conservent dans chaque acte (une charge négative à gauche, une à droite), et chaque atome d'arrivée a bien gagné ou perdu le nombre de doublets que la flèche indique. Erreur fréquente : faire partir la flèche de l'atome d'hydrogène ou de la charge « −- » au lieu d'un doublet, ou tracer la flèche à l'envers, de l'accepteur vers le donneur.

Q5. Dans l'acte élémentaire 1, l'ion hydroxyde HO−\mathrm{HO^{-}} arrache un ion hydrogène H+\mathrm{H^{+}} à un groupe CH3\mathrm{CH_{3}} de l'acétone : il se forme l'ion CH3−CO−CH2−\mathrm{CH_{3}{-}CO{-}CH_{2}^{-}} et une molécule d'eau. C'est un transfert de proton entre deux couples, CH3COCH3/CH3COCH2−\mathrm{CH_{3}COCH_{3}/CH_{3}COCH_{2}^{-}}, où l'acétone joue le rôle d'acide, et H2O/HO−\mathrm{H_{2}O/HO^{-}}, où l'ion hydroxyde joue le rôle de base : la réaction est acido-basique.

Piège : ce n'est pas une substitution. Un atome d'hydrogène quitte bien la molécule d'acétone, mais rien ne vient le remplacer sur le même carbone : celui-ci garde le doublet de la liaison rompue et devient porteur d'une charge négative.

Q6. Le rendement est le quotient de la quantité de produit obtenue par la quantité maximale attendue : r=nexpnmaxr=\dfrac{n_{\text{exp}}}{n_{\text{max}}}. Les deux étapes se font mole à mole (une mole de A donne une mole de B, qui donne une mole de frambinone), l'acétone est en large excès (Q3) et le dihydrogène en excès d'après l'énoncé : A est le réactif limitant de toute la séquence.

Quantité initiale de A : nA=mAMA=2,50122,1=2,05×10−2n_{A}=\dfrac{m_{A}}{M_{A}}=\dfrac{2{,}50}{122{,}1}=2{,}05\times 10^{-2} mol, donc nmax=2,05×10−2n_{\text{max}}=2{,}05\times 10^{-2} mol de frambinone, soit une masse maximale mmax=nmax×M=2,05×10−2×164,2=3,36m_{\text{max}}=n_{\text{max}}\times M=2{,}05\times 10^{-2}\times 164{,}2=3{,}36 g. Rendement : r=mexpmmax=2,193,36=0,651r=\dfrac{m_{\text{exp}}}{m_{\text{max}}}=\dfrac{2{,}19}{3{,}36}=0{,}651, soit r=65r=65 %, la valeur annoncée.

Même résultat par les quantités de matière : nexp=2,19164,2=1,33×10−2n_{\text{exp}}=\dfrac{2{,}19}{164{,}2}=1{,}33\times 10^{-2} mol et 1,33×10−22,05×10−2=0,65\dfrac{1{,}33\times 10^{-2}}{2{,}05\times 10^{-2}}=0{,}65. Erreur fréquente : diviser 2,192{,}19 g par 2,502{,}50 g. Un rapport de masses n'est pas un rendement, puisque les masses molaires de A et de la frambinone diffèrent ; on obtiendrait 88 %.

Q7. Selon Brönsted, un acide est une espèce chimique capable de céder un ion hydrogène H+\mathrm{H^{+}} (un proton).

L'acide lactique possède un groupe carboxyle −COOH-\mathrm{COOH}. Dans ce groupe, la liaison O−H\mathrm{O{-}H} est fortement polarisée : l'oxygène est bien plus électronégatif que l'hydrogène (3,53{,}5 contre 2,12{,}1), il attire vers lui le doublet de liaison et l'atome d'hydrogène porte une charge partielle δ+\delta^{+}. De plus, l'atome de carbone voisin est lié à deux atomes d'oxygène plus électronégatifs que lui (3,53{,}5 contre 2,52{,}5), ce qui renforce encore cette polarisation. L'hydrogène du groupe carboxyle peut donc être libéré sous forme d'ion H+\mathrm{H^{+}} : l'acide lactique est un acide de Brönsted, ce que confirme le pH mesuré de la solution, 2,12{,}1, bien inférieur à 7. C'est cet hydrogène, et non celui du groupe hydroxyle porté par le carbone central, qui est cédé : l'ion lactate est un ion carboxylate.

Q8. L'ion lactate est l'acide lactique ayant perdu l'hydrogène du groupe carboxyle : CH3−CH(OH)−COO−\mathrm{CH_{3}{-}CH(OH){-}COO^{-}}. Schéma de Lewis : chaque atome de carbone établit quatre liaisons et ne porte aucun doublet non liant ; chaque hydrogène, une liaison. L'oxygène du groupe hydroxyle porte deux liaisons simples (C−O\mathrm{C{-}O} et O−H\mathrm{O{-}H}) et deux doublets non liants. L'oxygène doublement lié au carbone du groupe carboxylate porte deux doublets non liants. L'autre oxygène du groupe carboxylate, simplement lié au carbone, porte trois doublets non liants et la charge négative ⊖\ominus.

Vérification par le décompte des électrons de valence : C3H5O3−\mathrm{C_{3}H_{5}O_{3}^{-}} en possède 3×4+5×1+3×6+1=363\times 4+5\times 1+3\times 6+1=36, soit 1818 doublets. Le schéma en compte 1111 liaisons (deux C−C\mathrm{C{-}C}, quatre C−H\mathrm{C{-}H}, une O−H\mathrm{O{-}H}, une C−O\mathrm{C{-}O} pour l'hydroxyle, deux pour C=O\mathrm{C{=}O}, une C−O−\mathrm{C{-}O^{-}}) et 2+2+3=72+2+3=7 doublets non liants : 11+7=1811+7=18. Chaque oxygène est entouré de quatre doublets (règle de l'octet), et la charge −1-1 va sur l'oxygène qui porte un doublet non liant de plus qu'à l'état neutre. Erreur fréquente : oublier la charge, ou ne mettre que deux doublets non liants sur l'oxygène chargé.

Q9. L'acide lactique cède son proton à l'eau, qui joue le rôle de base du couple H3O+/H2O\mathrm{H_{3}O^{+}/H_{2}O} : AH(aq)+H2O(ℓ)⇄A−(aq)+H3O+(aq)\mathrm{AH(aq)+H_{2}O(\ell)\rightleftarrows A^{-}(aq)+H_{3}O^{+}(aq)}. La double flèche traduit une transformation non totale, l'acide lactique étant un acide faible (son pKA\mathrm{p}K_{A} est fini et la question Q11 montre qu'il reste majoritaire en solution).

Q10. La constante d'acidité est la valeur du quotient de réaction à l'équilibre, l'eau, solvant, n'y figurant pas : KA=[A−]eˊq⋅[H3O+]eˊq[AH]eˊq⋅c∘K_{A}=\dfrac{[\mathrm{A^{-}}]_{\text{éq}}\cdot[\mathrm{H_{3}O^{+}}]_{\text{éq}}}{[\mathrm{AH}]_{\text{éq}}\cdot c^{\circ}}, avec c∘=1 mol⋅L−1c^{\circ}=1\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} la concentration standard, qui rend KAK_{A} sans dimension. Elle vaut ici KA=10−pKA=10−3,86=1,4×10−4K_{A}=10^{-\mathrm{p}K_{A}}=10^{-3{,}86}=1{,}4\times 10^{-4}.

Q11. Diagramme de prédominance du couple AH/A−\mathrm{AH/A^{-}} : sur un axe gradué en pH, l'acide AH prédomine pour pH<pKA=3,86\mathrm{pH}<\mathrm{p}K_{A}=3{,}86, la base A−\mathrm{A^{-}} pour pH>3,86\mathrm{pH}>3{,}86. Le pH de la solution détartrante vaut 2,12{,}1, à gauche de 3,863{,}86 : c'est l'acide lactique qui prédomine dans la bouilloire.

On peut le chiffrer avec la relation pH=pKA+log⁡[A−][AH]\mathrm{pH}=\mathrm{p}K_{A}+\log\dfrac{[\mathrm{A^{-}}]}{[\mathrm{AH}]} : [A−][AH]=102,1−3,86=1,7×10−2\dfrac{[\mathrm{A^{-}}]}{[\mathrm{AH}]}=10^{2{,}1-3{,}86}=1{,}7\times 10^{-2}. Il y a environ 57 fois plus d'acide lactique que d'ion lactate : l'acide reste disponible pour réagir avec le tartre, ce qu'on attend d'un détartrant.

Q12. Une densité de 1,251{,}25 signifie que la masse volumique du détartrant vaut 1,251{,}25 fois celle de l'eau : ρ=1,25×1,00 kg⋅L−1=1 250 g⋅L−1\rho=1{,}25\times 1{,}00\ \mathrm{kg\cdot L^{-1}}=1\,250\ \mathrm{g\cdot L^{-1}}. Un litre de solution commerciale pèse donc 1 2501\,250 g, dont 55 % d'acide lactique : m=0,55×1 250=6,9×102m=0{,}55\times 1\,250=6{,}9\times 10^{2} g (exactement 687,5687{,}5 g). Quantité de matière dans ce litre : n=mM=687,590,08=7,63n=\dfrac{m}{M}=\dfrac{687{,}5}{90{,}08}=7{,}63 mol.

D'où ccom=w⋅d⋅ρeauM=7,6 mol⋅L−1c_{\text{com}}=\dfrac{w\cdot d\cdot\rho_{\text{eau}}}{M}=7{,}6\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, avec deux chiffres significatifs comme le titre massique. Erreur fréquente : oublier le titre massique (on trouve 13,9 mol⋅L−113{,}9\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}), ou prendre la densité pour une masse volumique en g⋅L−1\mathrm{g\cdot L^{-1}} sans la multiplier par celle de l'eau.

Q13. Le pictogramme de l'étiquette est celui de la corrosion : la solution commerciale, concentrée, attaque la peau et les yeux. Il faut donc porter des lunettes de protection, des gants et une blouse fermée. Le texte du sujet dit l'acide lactique « non corrosif pour les pièces métalliques », mais c'est la solution diluée qui est visée : le flacon commercial, lui, est classé corrosif pour les tissus.

Q14. Le facteur de dilution est F=ccomcdilueˊe=VfilleVmeˋre=100F=\dfrac{c_{\text{com}}}{c_{\text{diluée}}}=\dfrac{V_{\text{fille}}}{V_{\text{mère}}}=100. On veut Vfille=200,0V_{\text{fille}}=200{,}0 mL, donc il faut prélever Vmeˋre=200,0100=2,0V_{\text{mère}}=\dfrac{200{,}0}{100}=2{,}0 mL de solution commerciale.

Verrerie : la pipette jaugée de 2,02{,}0 mL pour prélever la solution commerciale, et la fiole jaugée de 200,0200{,}0 mL pour la solution diluée. Ce sont des instruments jaugés, précis pour un seul volume, ce qu'exige la préparation d'une solution de concentration connue. Un seul autre couple donne le facteur 100, 5,05{,}0 mL dans la fiole de 500,0500{,}0 mL, mais il prépare 500500 mL et non les 200,0200{,}0 mL demandés. Erreur fréquente : prélever à l'éprouvette graduée ou au bécher, trop imprécis pour une dilution.

Q15. Le schéma légendé comporte : une burette graduée contenant la solution titrante d'hydroxyde de sodium, de concentration cb=1,00×10−1 mol⋅L−1c_{\text{b}}=1{,}00\times 10^{-1}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, fixée sur un support ; en dessous, un bécher contenant la prise d'essai Va=15,0V_{\text{a}}=15{,}0 mL de solution Sdilueˊe\mathrm{S}_{\text{diluée}} (solution titrée), prélevée à la pipette jaugée ; un barreau aimanté dans le bécher et un agitateur magnétique sous le bécher ; la sonde (électrode) du pH-mètre plongée dans la solution, reliée au pH-mètre. Les légendes doivent nommer les deux solutions avec leur rôle (titrante, titrée) : c'est ce que le correcteur vérifie d'abord. Erreur fréquente : placer la solution d'acide lactique dans la burette.

Q16. On repère le saut de pH : entre Vb=11,3V_{\text{b}}=11{,}3 mL (pH 5,555{,}55) et Vb=11,7V_{\text{b}}=11{,}7 mL (pH 10,8510{,}85), le pH varie de plus de cinq unités. Méthode des tangentes parallèles : on trace une tangente à la courbe juste avant le saut, par exemple au point (11,1 mL ; 5,25)(11{,}1\ \mathrm{mL}\,;\,5{,}25), puis une tangente parallèle juste après, au point (12,0 mL ; 11,25)(12{,}0\ \mathrm{mL}\,;\,11{,}25) ; la droite parallèle équidistante des deux coupe la courbe au point d'équivalence E. On lit VbE=11,6V_{\text{bE}}=11{,}6 mL et pHE≈8,3\mathrm{pH_{E}}\approx 8{,}3.

Vérification à la demi-équivalence : pour Vb=VbE2=5,8V_{\text{b}}=\dfrac{V_{\text{bE}}}{2}=5{,}8 mL, le graphe donne pH≈3,86\mathrm{pH}\approx 3{,}86, la valeur du pKA\mathrm{p}K_{A} donnée, ce qui confirme à la fois la lecture de VbEV_{\text{bE}} et l'identité de l'acide titré. Le saut ne compte qu'un seul point de mesure, à 6,56{,}5 : la précision de la lecture est de l'ordre de ±0,1\pm 0{,}1 mL. Erreur fréquente : prendre le dernier point avant le saut (11,511{,}5 mL) ou le premier après (11,711{,}7 mL) au lieu de construire E.

Q17. Réaction support du titrage, totale et rapide : AH(aq)+HO−(aq)→A−(aq)+H2O(ℓ)\mathrm{AH(aq)+HO^{-}(aq)\rightarrow A^{-}(aq)+H_{2}O(\ell)}. À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques, ici mole à mole : n(AH)initiale=n(HO−)verseˊen(\mathrm{AH})_{\text{initiale}}=n(\mathrm{HO^{-}})_{\text{versée}}, soit cdilueˊe⋅Va=cb⋅VbEc_{\text{diluée}}\cdot V_{\text{a}}=c_{\text{b}}\cdot V_{\text{bE}}.

D'où cdilueˊe=cb⋅VbEVa=1,00×10−1×11,615,0=7,73×10−2 mol⋅L−1c_{\text{diluée}}=\dfrac{c_{\text{b}}\cdot V_{\text{bE}}}{V_{\text{a}}}=\dfrac{1{,}00\times 10^{-1}\times 11{,}6}{15{,}0}=7{,}73\times 10^{-2}\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Les deux volumes étant dans la même unité, inutile de les convertir.

Q18. La solution commerciale a été diluée 100 fois : cmes=100×cdilueˊe=100×7,73×10−2=7,73 mol⋅L−1c_{\text{mes}}=100\times c_{\text{diluée}}=100\times 7{,}73\times 10^{-2}=7{,}73\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}. Quotient de comparaison avec la valeur de référence ccom=7,6 mol⋅L−1c_{\text{com}}=7{,}6\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}} de Q12 : ∣7,73−7,6∣0,34=0,38\dfrac{|7{,}73-7{,}6|}{0{,}34}=0{,}38.

Ce quotient est inférieur à 2 : la mesure est compatible avec la valeur de l'étiquette. Avec la valeur non arrondie 7,63 mol⋅L−17{,}63\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}, on trouve 0,290{,}29, même conclusion. Pour que le quotient dépasse 2, il aurait fallu lire VbEV_{\text{bE}} au-delà de 12,412{,}4 mL ou en deçà de 10,410{,}4 mL : la conclusion ne dépend pas de la précision du tracé. Erreur fréquente : oublier le facteur de dilution et comparer 7,73×10−27{,}73\times 10^{-2} à 7,67{,}6.

Q19. Un indicateur coloré convient si sa zone de virage contient le pH à l'équivalence, ou au moins est entièrement comprise dans le saut de pH. Ici pHE≈8,3\mathrm{pH_{E}}\approx 8{,}3 (Q16), et le saut va d'environ 5,55{,}5 à 10,910{,}9.

Le bleu de thymol (zone de virage 8,08{,}0 à 9,69{,}6) est le plus adapté : sa zone contient pHE\mathrm{pH_{E}} et se trouve dans le saut, son changement de couleur repère précisément l'équivalence. Le bleu de bromothymol (zone 6,06{,}0 à 7,67{,}6) est dans le saut mais sa zone s'arrête avant pHE\mathrm{pH_{E}} : il virerait un peu avant l'équivalence. L'hélianthine (zone 3,13{,}1 à 4,44{,}4) vire en plein milieu du titrage, vers Vb=2V_{\text{b}}=2 à 99 mL, dans la zone où l'acide lactique et l'ion lactate coexistent : elle est à exclure. Piège : choisir le bleu de bromothymol parce que sa zone entoure 7, valeur du pH à l'équivalence pour un acide FORT. Le titrage d'un acide faible par une base forte donne une solution d'ion lactate, base faible, à l'équivalence : pHE>7\mathrm{pH_{E}}>7.

24681012141618202468101214E (11,6 mL ; 8,3)Vb (mL)pH
Tracé attendu sur le document-réponse 2 : deux tangentes parallèles de part et d'autre du saut, la parallèle équidistante, et le point d'équivalence E

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Exercice 2 : Chauffe-eau thermodynamique d'un chalet

6 points Transferts thermiquesOndes, Doppler et interférencesÉnergie et circuitsRésolution de problème et exploitation de documents

Un chalet isolé en montagne est équipé d'un système de production d'électricité constitué de panneaux photovoltaïques couplé à un système de stockage de l'énergie électrique. Le chalet dispose également d'un chauffe-eau thermodynamique qui est un mode de production d'eau chaude propre et économique. Le chauffage du chalet est assuré par une chaudière au bois. Le propriétaire souhaiterait adapter son installation afin d'être en parfaite autonomie électrique sur une durée de trois jours.

L'objectif de cet exercice est d'étudier la production d'eau chaude par le chauffe-eau thermodynamique, l'installation de production d'électricité puis le niveau sonore de l'installation.

Les parties 1 et 2 sont indépendantes.

  • Partie 1. Étude de la production d'eau chaude.
  • Le chalet est prévu pour accueillir quatre personnes. Il est ainsi équipé d'un chauffe-eau thermodynamique avec un ballon d'une capacité de 200200 L d'eau.
  • L'eau du ballon est chauffée d'une température θ1=15\theta_{1}=15 °C à une température θ2=55\theta_{2}=55 °C une fois par jour en moyenne.
  • Données :
    • capacité thermique massique de l'eau liquide : ceau=4,18 kJ⋅K−1⋅kg−1c_{\text{eau}}=4{,}18\ \mathrm{kJ\cdot K^{-1}\cdot kg^{-1}} ;
    • masse volumique de l'eau liquide : ρeau=1,00 kg⋅L−1\rho_{\text{eau}}=1{,}00\ \mathrm{kg\cdot L^{-1}} ;
    • l'eau liquide est un fluide incompressible ;
    • le flux thermique Φ\Phi à travers une paroi de résistance thermique RthR_{\text{th}} séparant deux milieux de températures respectives θA\theta_{A} et θB\theta_{B} est donnée par la relation : Φ=θA−θBRth\Phi=\dfrac{\theta_{A}-\theta_{B}}{R_{\text{th}}} ;
    • 1 W⋅h=3 600 J1\ \mathrm{W\cdot h}=3\,600\ \mathrm{J}.
  • Q1. Calculer la valeur de la variation d'énergie interne ΔU\Delta U du système constitué par l'eau contenue dans le ballon lorsque sa température varie de θ1=15\theta_{1}=15 °C à θ2=55\theta_{2}=55 °C.
  • Le chauffe-eau est installé dans un garage où la température est maintenue à la température θair=18\theta_{\text{air}}=18 °C. La résistance thermique du ballon d'eau a pour valeur : Rth=0,47 ∘C⋅W−1R_{\text{th}}=0{,}47\ {}^{\circ}\mathrm{C\cdot W^{-1}}. On s'intéresse au transfert thermique ayant lieu entre l'eau chaude à la température θ2=55\theta_{2}=55 °C et l'air du garage.
  • Q2. Indiquer le principal mode de transfert thermique à l'origine du flux thermique à travers de la paroi du ballon ainsi que son sens.
  • Q3. Calculer la valeur du flux thermique Φ\Phi à travers la paroi du ballon, entre l'eau chaude portée à la température θ2=55\theta_{2}=55 °C et l'air du garage.
  • Q4. Montrer que la valeur de la quantité d'énergie thermique Q1Q_{1} échangée entre l'eau liquide contenue dans le ballon et l'air du garage en une journée est égale à 6,8×1036{,}8\times 10^{3} kJ.
  • Q5. En appliquant le premier principe de la thermodynamique à l'eau contenue dans le ballon, exprimer l'énergie thermique Q2Q_{2} nécessaire pour chauffer chaque jour l'eau du ballon de θ1\theta_{1} à θ2\theta_{2} en fonction de ΔU\Delta U et Q1Q_{1}.
  • Q6. Montrer que la valeur de l'énergie thermique Q2Q_{2} est voisine de 11 kW⋅h11\ \mathrm{kW\cdot h}.
  • Le chauffe-eau thermodynamique permet de chauffer l'eau du ballon grâce à une pompe à chaleur (notée PAC) air-eau. La PAC air-eau prélève l'énergie de l'air ambiant pour chauffer un fluide caloporteur. Ce fluide en mouvement cède une quantité d'énergie par transfert thermique à l'eau du ballon à chauffer. On supposera que ce transfert thermique se fait sans perte.
  • Pour fonctionner, la PAC consomme de l'énergie électrique pour mettre en circulation le fluide caloporteur.
  • Une PAC est caractérisée par son coefficient de performance, ou COP, qui est défini comme le quotient entre la valeur absolue de l'énergie utile, c'est-à-dire la valeur du transfert thermique cédé à la source à chauffer, et l'énergie électrique consommée nécessaire à son fonctionnement. La PAC utilisée dans le chauffe-eau thermodynamique installé dans le chalet a un COP égal à 3,23{,}2.
  • Q7. Calculer la valeur de l'énergie électrique EPACE_{PAC} consommée par la PAC pour chauffer quotidiennement l'eau du ballon.
  • Le propriétaire du chalet a installé 10 panneaux photovoltaïques sur le toit de son habitation. La consommation électrique quotidienne du chalet est estimée à 8 kW⋅h8\ \mathrm{kW\cdot h} en plus de l'énergie électrique consommée quotidiennement par la PAC.
  • Données :
    • puissance électrique moyenne fournie par un panneau : Pelec=300P_{\text{elec}}=300 W ;
    • ensoleillement moyen quotidien : 5 heures par jour.
  • Q8. Pour une journée d'ensoleillement moyen, calculer, en kW·h, l'énergie électrique produite par l'installation des panneaux photovoltaïques et vérifier que l'installation est suffisante pour couvrir la consommation électrique quotidienne totale du chalet en supposant que cette consommation a lieu pendant la durée d'ensoleillement.
  • Partie 2. Étude sonore du chauffe-eau thermodynamique
  • Le principal inconvénient du chauffe-eau thermodynamique est le bruit qu'il génère. Dans le garage, à une distance de d1=0,10d_{1}=0{,}10 m du ballon, le sonomètre indique L1=70L_{1}=70 dB. Le propriétaire souhaite vérifier que les vacanciers hébergés dans une chambre située derrière le mur, à une distance d2=5,00d_{2}=5{,}00 m du chauffe-eau, ne seront pas dérangés par son fonctionnement. On considère que dans une chambre à coucher le niveau d'intensité sonore conseillé ne doit pas dépasser 3030 dB. Pour cela, il réalise l'isolation phonique de son garage apportant une atténuation de 2525 dB.
  • Données :
    • intensité sonore de référence : I0=1,0×10−12 W⋅m−2I_{0}=1{,}0\times 10^{-12}\ \mathrm{W\cdot m^{-2}} ;
    • modèle de l'atténuation géométrique pour une source ponctuelle : l'intensité sonore II à une distance dd de la source est reliée à la puissance sonore PP de cette source par la relation : I=P4⋅π⋅d2I=\dfrac{P}{4\cdot\pi\cdot d^{2}}.
  • Q9. Indiquer le type d'atténuation sonore mis en œuvre par l'isolation phonique du garage.
  • Q10. Indiquer si les vacanciers situés à la distance d2=5,00d_{2}=5{,}00 m du chauffe-eau seront gênés par son fonctionnement.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et doit être correctement présentée.

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Q1
Q2
Q3
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Q7
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Q9
Q10
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Réponses

  • Q1 ΔU=m ceau Δθ=3,34×104\Delta U=m\,c_{\text{eau}}\,\Delta\theta=3{,}34\times 10^{4} kJ
  • Q2 Conduction, de l'eau chaude vers l'air du garage
  • Q3 Φ=55−180,47=79\Phi=\dfrac{55-18}{0{,}47}=79 W
  • Q4 Q1=Φ×86 400 s=6,8×103Q_{1}=\Phi\times 86\,400\ \mathrm{s}=6{,}8\times 10^{3} kJ
  • Q5 Q2=ΔU+Q1Q_{2}=\Delta U+Q_{1}
  • Q6 Q2=4,02×107 J=11,2 kW⋅hQ_{2}=4{,}02\times 10^{7}\ \mathrm{J}=11{,}2\ \mathrm{kW\cdot h}
  • Q7 EPAC=11,23,2=3,5 kW⋅hE_{PAC}=\dfrac{11{,}2}{3{,}2}=3{,}5\ \mathrm{kW\cdot h}
  • Q8 Eprod=15 kW⋅h>8+3,5=11,5 kW⋅hE_{\text{prod}}=15\ \mathrm{kW\cdot h}>8+3{,}5=11{,}5\ \mathrm{kW\cdot h} : suffisant
  • Q9 Atténuation par absorption
  • Q10 L2=36L_{2}=36 dB sans isolation, 1111 dB avec : inférieur à 3030 dB, pas de gêne

Q1. Pour un liquide incompressible, la variation d'énergie interne ne dépend que de la variation de température : ΔU=m⋅ceau⋅(θ2−θ1)\Delta U=m\cdot c_{\text{eau}}\cdot(\theta_{2}-\theta_{1}). Masse d'eau : m=ρeau⋅V=1,00×200=200m=\rho_{\text{eau}}\cdot V=1{,}00\times 200=200 kg.

Donc ΔU=200×4,18×(55−15)=3,34×104\Delta U=200\times 4{,}18\times(55-15)=3{,}34\times 10^{4} kJ, soit 3,34×1073{,}34\times 10^{7} J. Une différence de températures a la même valeur en kelvins et en degrés Celsius (4040 °C =40=40 K), ce qui permet d'utiliser ceauc_{\text{eau}} en kJ⋅K−1⋅kg−1\mathrm{kJ\cdot K^{-1}\cdot kg^{-1}} directement. ΔU>0\Delta U>0 : l'énergie interne de l'eau augmente. Piège d'unité : ceauc_{\text{eau}} est donnée en kilojoules, le résultat sort donc en kJ ; c'est l'unité de Q1Q_{1} à la question Q4, ce qui facilitera le bilan.

Q2. À travers la paroi solide du ballon, le transfert se fait principalement par conduction, de proche en proche, sans déplacement de matière. Son sens : un transfert thermique spontané se fait toujours du corps le plus chaud vers le plus froid, donc de l'eau chaude (5555 °C) vers l'air du garage (1818 °C). Ce sont des pertes thermiques pour l'eau du ballon.

Q3. Relation donnée, avec θA=θ2\theta_{A}=\theta_{2} et θB=θair\theta_{B}=\theta_{\text{air}} pour obtenir un flux positif dans le sens du transfert : Φ=θ2−θairRth=55−180,47=79\Phi=\dfrac{\theta_{2}-\theta_{\text{air}}}{R_{\text{th}}}=\dfrac{55-18}{0{,}47}=79 W. Vérification d'unité : ∘C∘C⋅W−1=W\dfrac{{}^{\circ}\mathrm{C}}{{}^{\circ}\mathrm{C\cdot W^{-1}}}=\mathrm{W}, un flux thermique est bien une puissance. Erreur fréquente : prendre l'écart entre θ1\theta_{1} et θ2\theta_{2}, qui n'a rien à voir avec la paroi.

Q4. Le flux thermique est l'énergie transférée par unité de temps ; supposé constant, il donne Q1=Φ⋅ΔtQ_{1}=\Phi\cdot\Delta t avec Δt=24 h=24×3 600=86 400\Delta t=24\ \mathrm{h}=24\times 3\,600=86\,400 s. Donc Q1=78,7×86 400=6,80×106Q_{1}=78{,}7\times 86\,400=6{,}80\times 10^{6} J, soit 6,8×1036{,}8\times 10^{3} kJ, la valeur annoncée. On garde Φ\Phi non arrondi (78,778{,}7 W) pour ne pas cumuler les arrondis.

Cette énergie est perdue par l'eau : comptée du point de vue de l'eau, l'énergie reçue de l'air vaut −6,8×103-6{,}8\times 10^{3} kJ. Le calcul suppose l'eau à 5555 °C toute la journée, ce qui majore un peu les pertes réelles, puisque l'eau ne monte à 5555 °C qu'au fil du chauffage.

Q5. Premier principe appliqué au système {eau du ballon} sur une journée : ΔU=W+Q\Delta U=W+Q. L'eau est incompressible et ne reçoit aucun travail, W=0W=0. Elle reçoit de la PAC l'énergie Q2>0Q_{2}>0 et cède à l'air du garage l'énergie Q1Q_{1} : Q=Q2−Q1Q=Q_{2}-Q_{1}. D'où ΔU=Q2−Q1\Delta U=Q_{2}-Q_{1}, soit Q2=ΔU+Q1Q_{2}=\Delta U+Q_{1}.

Interprétation : il faut fournir à l'eau de quoi élever sa température ET de quoi compenser ce qu'elle perd par la paroi. Erreur fréquente : écrire Q2=ΔU−Q1Q_{2}=\Delta U-Q_{1} en oubliant que Q1Q_{1} désigne ici la valeur d'une énergie perdue par l'eau.

Q6. Q2=3,34×104+6,8×103=4,02×104 kJ=4,02×107Q_{2}=3{,}34\times 10^{4}+6{,}8\times 10^{3}=4{,}02\times 10^{4}\ \mathrm{kJ}=4{,}02\times 10^{7} J. Conversion avec 1 W⋅h=3 6001\ \mathrm{W\cdot h}=3\,600 J : Q2=4,02×1073 600=1,12×104 W⋅h=11,2 kW⋅hQ_{2}=\dfrac{4{,}02\times 10^{7}}{3\,600}=1{,}12\times 10^{4}\ \mathrm{W\cdot h}=11{,}2\ \mathrm{kW\cdot h}, voisine de 11 kW⋅h11\ \mathrm{kW\cdot h}. Les pertes représentent 6,840,2=17\dfrac{6{,}8}{40{,}2}=17 % de l'énergie fournie chaque jour : l'isolation du ballon compte. Erreur fréquente : diviser par 3 6003\,600 des kilojoules et annoncer des kW·h, ce qui donne un résultat mille fois trop petit ; on convertit en joules d'abord.

Q7. Par définition du coefficient de performance : COP=∣Q2∣EPAC\mathrm{COP}=\dfrac{|Q_{2}|}{E_{PAC}}, l'énergie utile étant le transfert thermique cédé à l'eau, sans perte d'après l'énoncé. Donc EPAC=Q2COP=11,23,2=3,5 kW⋅hE_{PAC}=\dfrac{Q_{2}}{\mathrm{COP}}=\dfrac{11{,}2}{3{,}2}=3{,}5\ \mathrm{kW\cdot h}. Un COP supérieur à 1 ne contredit pas la conservation de l'énergie : la PAC ne crée pas d'énergie, elle en prélève l'essentiel à l'air ambiant, gratuitement, et l'électricité ne sert qu'à faire circuler le fluide. Une résistance électrique classique consommerait les 11,2 kW⋅h11{,}2\ \mathrm{kW\cdot h}.

Q8. Puissance de l'installation : P=10×300=3 000 W=3,0P=10\times 300=3\,000\ \mathrm{W}=3{,}0 kW. Énergie produite en 5 heures d'ensoleillement : Eprod=P⋅Δt=3,0×5=15 kW⋅hE_{\text{prod}}=P\cdot\Delta t=3{,}0\times 5=15\ \mathrm{kW\cdot h}.

Consommation quotidienne totale : Econs=8+3,5=11,5 kW⋅hE_{\text{cons}}=8+3{,}5=11{,}5\ \mathrm{kW\cdot h}. Comme 15>11,515>11{,}5, l'installation couvre la consommation d'une journée d'ensoleillement moyen, avec une marge de 3,5 kW⋅h3{,}5\ \mathrm{kW\cdot h} qui peut charger le système de stockage. Erreur fréquente : oublier l'énergie de la PAC, que l'énoncé ajoute explicitement aux 8 kW⋅h8\ \mathrm{kW\cdot h}.

Q9. L'isolation phonique d'un garage repose sur des matériaux qui absorbent l'énergie de l'onde sonore lors de sa propagation à travers les parois : c'est une atténuation par absorption. Elle s'ajoute à l'atténuation géométrique, qui vient de la répartition de la puissance sonore sur une surface de plus en plus grande quand on s'éloigne de la source.

Q10. Démarche : calculer le niveau d'intensité sonore à 5,005{,}00 m sans isolation par le modèle de la source ponctuelle, retrancher l'atténuation de l'isolation, comparer à 3030 dB.

Intensité à d1d_{1} : I1=I0⋅10L1/10=1,0×10−12×107=1,0×10−5 W⋅m−2I_{1}=I_{0}\cdot 10^{L_{1}/10}=1{,}0\times 10^{-12}\times 10^{7}=1{,}0\times 10^{-5}\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}. Puissance sonore de la source : P=4πd12I1=4π×0,102×1,0×10−5=1,3×10−6P=4\pi d_{1}^{2}I_{1}=4\pi\times 0{,}10^{2}\times 1{,}0\times 10^{-5}=1{,}3\times 10^{-6} W. Intensité à d2d_{2} : I2=P4πd22=I1(d1d2)2=1,0×10−5×(0,105,00)2=4,0×10−9 W⋅m−2I_{2}=\dfrac{P}{4\pi d_{2}^{2}}=I_{1}\left(\dfrac{d_{1}}{d_{2}}\right)^{2}=1{,}0\times 10^{-5}\times\left(\dfrac{0{,}10}{5{,}00}\right)^{2}=4{,}0\times 10^{-9}\ \mathrm{W\cdot m^{-2}}.

Niveau à d2d_{2} sans isolation : L2=10log⁡I2I0=10log⁡(4,0×103)=36L_{2}=10\log\dfrac{I_{2}}{I_{0}}=10\log(4{,}0\times 10^{3})=36 dB. On retrouve le résultat par la forme rapide : L2=L1−20log⁡d2d1=70−20log⁡50=70−34=36L_{2}=L_{1}-20\log\dfrac{d_{2}}{d_{1}}=70-20\log 50=70-34=36 dB ; chaque doublement de distance retire 6 dB.

Avec l'isolation phonique : L=36−25=11L=36-25=11 dB. Ce niveau est bien inférieur aux 3030 dB conseillés : les vacanciers ne seront pas gênés. Sans l'isolation, les 3636 dB auraient dépassé la recommandation : c'est l'isolation, et non la seule distance, qui rend la chambre calme. Piège : les niveaux en décibels ne se divisent pas par le carré de la distance ; c'est l'intensité qui varie en 1d2\dfrac{1}{d^{2}}, et l'atténuation en dB se soustrait du niveau, elle ne se soustrait pas d'une intensité.

Exercice 3 : Cargo dirigeable

5 points Modéliser l'écoulement d'un fluide : Archimède et BernoulliMouvement, Newton et champsDéterminer la composition d'un système : lois, spectres et domaines de validitéRésolution de problème et exploitation de documents

Pour transporter des charges lourdes certaines startups travaillent sur des projets de ballons cargos dirigeables.

Ces « grues volantes » permettraient d'embarquer ou de livrer des charges dans des zones peu accessibles.

Grâce à un gaz porteur moins dense que l'air, un dirigeable peut voler de manière beaucoup plus économe en carburant qu'un hélicoptère ou un avion.

L'objectif de cet exercice est de vérifier la charge maximale embarquable dans un dirigeable et d'étudier un système permettant d'effectuer un chargement en vol stationnaire.

Caractéristiques du dirigeable étudié :
• volume du dirigeable : V=180 000 m3V=180\,000\ \mathrm{m^{3}} ;
• masse du dirigeable avant remplissage en gaz porteur : md=65m_{\text{d}}=65 tonnes.

  • Partie 1. Étude de la charge maximale embarquée
  • Données :
    • masse molaire de l'hélium : MHe=4,0 g⋅mol−1M_{\text{He}}=4{,}0\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
    • constante des gaz parfaits : R=8,314 J⋅K−1⋅mol−1R=8{,}314\ \mathrm{J\cdot K^{-1}\cdot mol^{-1}} ;
    • conversion entre les échelles de température : T(K)=θ(∘C)+273T(\mathrm{K})=\theta({}^{\circ}\mathrm{C})+273 ;
    • 1,0 bar=1,0×105 Pa1{,}0\ \mathrm{bar}=1{,}0\times 10^{5}\ \mathrm{Pa} ;
    • intensité de la pesanteur : g=9,8 m⋅s−2g=9{,}8\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}.
  • On fait l'hypothèse que le dirigeable a été entièrement rempli d'hélium, se comportant comme un gaz parfait, sous une pression de P=1,1P=1{,}1 bar et à la température θ=25\theta=25 °C.
  • Q1. Montrer que la valeur de la masse d'hélium embarqué dans le dirigeable est proche de mHe=32m_{\text{He}}=32 tonnes.
  • Q2. Parmi les relations suivantes, choisir, en justifiant, celle donnant l'expression vectorielle de la poussée d'Archimède Pa→\overrightarrow{P_{a}} exercée par l'air sur le dirigeable.
    Pa→=ρair⋅V⋅g⃗\overrightarrow{P_{a}}=\rho_{\text{air}}\cdot V\cdot\vec{g}
    Pa→=mair⋅V⋅g⃗\overrightarrow{P_{a}}=m_{\text{air}}\cdot V\cdot\vec{g}
    Pa→=−ρair⋅V⋅g⃗\overrightarrow{P_{a}}=-\rho_{\text{air}}\cdot V\cdot\vec{g}
  • Courbe de la masse volumique de l'air (de 0,3 à 1,3 kg/m3, graduations tous les 0,1) en fonction de l'altitude (de 0 à 10 000 m, graduations tous les 2 000 m) : décroissante, elle part de 1,22 kg/m3 au sol, vaut environ 0,97 à 2 000 m, 0,87 à 3 000 m, 0,77 à 4 000 m, 0,62 à 6 000 m, 0,49 à 8 000 m et 0,39 à 10 000 m.
    Figure 1. Représentation de l'évolution de la masse volumique de l'air en fonction de l'altitude
  • Q3. Calculer la valeur de la poussée d'Archimède exercée par l'air sur le dirigeable à une altitude de 30003000 m.
  • Q4. Préciser comment l'intensité de cette force évolue en fonction de l'altitude.
  • On étudie le système {dirigeable} dans le référentiel terrestre supposé Galiléen.
  • Q5. À l'aide d'une des lois de Newton que l'on citera, déterminer la relation entre le poids P⃗\vec{P} du système et la poussée d'Archimède Pa→\overrightarrow{P_{a}} qu'il subit lorsqu'il vole en ligne droite, à altitude et vitesse constante.
  • Q6. Vérifier que la charge maximale transportable par ce dirigeable à 30003000 m d'altitude est proche de 6060 tonnes.
  • Partie 2. Chargement d'un tronc d'arbre
  • Un des défis à résoudre pour le transport de charge lourde est de pouvoir charger ou décharger le dirigeable en vol stationnaire, en quelques minutes.
  • Une des solutions technologiques envisagée est un transfert d'eau. À son départ, le dirigeable possède un réservoir rempli d'eau. Pour embarquer la charge en vol stationnaire, le dirigeable vide son réservoir d'une masse d'eau équivalente à la masse de la charge afin de rester fixe par rapport au sol.
  • Schéma en coupe : un réservoir cylindrique large rempli d'eau, prolongé vers le bas par une conduite cylindrique étroite d'évacuation. Le point A est à la surface libre de l'eau, en haut du réservoir ; le point B est à la sortie de la conduite, en bas. Une ligne de courant en pointillés relie A à B. La hauteur H sépare A de B ; un axe vertical z, orienté vers le haut, indique l'altitude.
    Figure 2. Schéma de principe du réservoir d'eau embarqué dans le dirigeable.
  • Données :
    • diamètre du réservoir en AA : dA=3,0d_{A}=3{,}0 m ;
    • diamètre du conduit au niveau de la sortie d'eau en BB : dB=15d_{B}=15 cm ;
    • masse volumique de l'eau : ρeau=1000 kg⋅m−3\rho_{\text{eau}}=1000\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} ;
    • hauteur HH entre les points AA et BB : H=30H=30 m ;
    • l'écoulement d'un fluide incompressible en régime permanent peut être modélisé par la relation de Bernoulli. Sur une ligne de courant : P+12⋅ρ⋅v2+ρ⋅g⋅z=constanteP+\dfrac{1}{2}\cdot\rho\cdot v^{2}+\rho\cdot g\cdot z=\text{constante}, avec PP la pression du fluide (en Pa), ρ\rho la masse volumique du fluide (en kg⋅m−3\mathrm{kg\cdot m^{-3}}), vv la vitesse d'écoulement du fluide (en m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}}) et zz l'altitude (en m) ;
    • dans une conduite, la relation entre le débit volumique DVD_{V} (en m3⋅s−1\mathrm{m^{3}\cdot s^{-1}}), la vitesse d'écoulement vv (en m⋅s−1\mathrm{m\cdot s^{-1}}) d'un fluide incompressible en régime permanent et SS l'aire de la section du conduit (en m2\mathrm{m^{2}}) est donnée par : DV=v⋅SD_{V}=v\cdot S.
  • L'eau sera considérée comme un fluide incompressible, son écoulement s'effectue en régime permanent.
  • Q7. En exploitant la conservation du débit volumique, montrer que la vitesse d'écoulement vAv_{\mathrm{A}} au point A est négligeable par rapport à la vitesse d'écoulement vBv_{\mathrm{B}} au point B.
  • Q8. En appliquant la relation de Bernoulli sur la ligne de courant entre les points A et B et sachant que les pressions du fluide en A et B sont égales à la pression atmosphérique, montrer que la vitesse d'écoulement vBv_{\mathrm{B}} du fluide en BB est donnée par l'expression : vB=2⋅g⋅Hv_{\mathrm{B}}=\sqrt{2\cdot g\cdot H}
  • On envisage la charge d'un morceau de bois de mbois=8m_{\text{bois}}=8 tonnes.
  • Q9. Déterminer la durée minimale nécessaire pour la vidange de l'eau nécessaire au chargement de ce morceau de bois dans le dirigeable. Commenter le résultat obtenu.
  • Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n'a pas abouti. La démarche est évaluée et doit être correctement présentée.

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Q1
Q2
Q3
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Réponses

  • Q1 n=PVRT=8,0×106n=\dfrac{PV}{RT}=8{,}0\times 10^{6} mol, mHe=3,2×104m_{\text{He}}=3{,}2\times 10^{4} kg =32=32 t
  • Q2 Pa→=−ρair⋅V⋅g⃗\overrightarrow{P_{a}}=-\rho_{\text{air}}\cdot V\cdot\vec{g} : vers le haut, homogène à une force
  • Q3 Pa=0,87×1,80×105×9,8=1,5×106P_{a}=0{,}87\times 1{,}80\times 10^{5}\times 9{,}8=1{,}5\times 10^{6} N
  • Q4 Elle diminue, comme la masse volumique de l'air
  • Q5 Principe d'inertie : P⃗+Pa→=0⃗\vec{P}+\overrightarrow{P_{a}}=\vec{0}, donc P=PaP=P_{a}
  • Q6 mc=ρairV−md−mHe=157−65−32≈60m_{\text{c}}=\rho_{\text{air}}V-m_{\text{d}}-m_{\text{He}}=157-65-32\approx 60 t
  • Q7 vAvB=(dBdA)2=2,5×10−3\dfrac{v_{\mathrm{A}}}{v_{\mathrm{B}}}=\left(\dfrac{d_{B}}{d_{A}}\right)^{2}=2{,}5\times 10^{-3} : négligeable
  • Q8 Bernoulli avec PA=PBP_{A}=P_{B} et vA≈0v_{\mathrm{A}}\approx 0 : vB=2gHv_{\mathrm{B}}=\sqrt{2gH}
  • Q9 Δt=8,00,43≈19\Delta t=\dfrac{8{,}0}{0{,}43}\approx 19 s, bien moins que quelques minutes

Q1. Équation d'état du gaz parfait : P⋅V=n⋅R⋅TP\cdot V=n\cdot R\cdot T, toutes les grandeurs en unités SI. P=1,1 bar=1,1×105P=1{,}1\ \mathrm{bar}=1{,}1\times 10^{5} Pa, V=1,80×105 m3V=1{,}80\times 10^{5}\ \mathrm{m^{3}}, T=25+273=298T=25+273=298 K.

Quantité d'hélium : n=P⋅VR⋅T=1,1×105×1,80×1058,314×298=8,0×106n=\dfrac{P\cdot V}{R\cdot T}=\dfrac{1{,}1\times 10^{5}\times 1{,}80\times 10^{5}}{8{,}314\times 298}=8{,}0\times 10^{6} mol. Masse : mHe=n⋅MHe=8,0×106×4,0×10−3=3,2×104m_{\text{He}}=n\cdot M_{\text{He}}=8{,}0\times 10^{6}\times 4{,}0\times 10^{-3}=3{,}2\times 10^{4} kg, soit 3232 tonnes. Erreur fréquente : garder MHeM_{\text{He}} en g⋅mol−1\mathrm{g\cdot mol^{-1}}, ce qui donne 3,2×1073{,}2\times 10^{7} g sans dire que ce sont des grammes, ou la température en degrés Celsius, qui fausse tout d'un facteur 12.

Q2. La poussée d'Archimède est verticale, orientée vers le haut, et sa valeur est égale au poids du fluide déplacé : Pa=ρair⋅V⋅gP_{a}=\rho_{\text{air}}\cdot V\cdot g, puisque le dirigeable déplace un volume VV d'air. Le vecteur g⃗\vec{g} étant orienté vers le bas, la poussée est de sens opposé : Pa→=−ρair⋅V⋅g⃗\overrightarrow{P_{a}}=-\rho_{\text{air}}\cdot V\cdot\vec{g}, la troisième relation.

Les deux autres sont à rejeter. La première a la bonne valeur mais le mauvais sens : elle pointerait vers le bas, comme le poids. La deuxième n'est pas homogène : mair⋅V⋅gm_{\text{air}}\cdot V\cdot g s'exprime en kg⋅m3⋅m⋅s−2=kg⋅m4⋅s−2\mathrm{kg\cdot m^{3}\cdot m\cdot s^{-2}}=\mathrm{kg\cdot m^{4}\cdot s^{-2}}, et non en newtons (kg⋅m⋅s−2\mathrm{kg\cdot m\cdot s^{-2}}).

Q3. Lecture sur la figure 1 : à 30003000 m, à mi-chemin des graduations 2000 et 4000, la courbe passe à ρair≈0,87 kg⋅m−3\rho_{\text{air}}\approx 0{,}87\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}. Donc Pa=ρair⋅V⋅g=0,87×1,80×105×9,8=1,5×106P_{a}=\rho_{\text{air}}\cdot V\cdot g=0{,}87\times 1{,}80\times 10^{5}\times 9{,}8=1{,}5\times 10^{6} N. On garde deux chiffres significatifs, ceux de gg et de la lecture graphique.

Q4. Pa=ρair⋅V⋅gP_{a}=\rho_{\text{air}}\cdot V\cdot g avec VV et gg constants : la poussée d'Archimède est proportionnelle à la masse volumique de l'air. Celle-ci diminue quand l'altitude augmente (de 1,22 kg⋅m−31{,}22\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} au sol à 0,39 kg⋅m−30{,}39\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}} à 10 00010\,000 m d'après la figure 1) : l'intensité de la poussée d'Archimède diminue avec l'altitude. Au sol elle vaudrait 1,22×1,80×105×9,8=2,2×1061{,}22\times 1{,}80\times 10^{5}\times 9{,}8=2{,}2\times 10^{6} N ; à 10 00010\,000 m, trois fois moins.

Q5. Première loi de Newton, ou principe d'inertie : dans un référentiel galiléen, si un système est immobile ou en mouvement rectiligne uniforme, alors la somme des forces qui s'exercent sur lui est nulle, et réciproquement. Le dirigeable vole en ligne droite à vitesse constante : son mouvement est rectiligne uniforme, donc ∑F⃗=0⃗\sum\vec{F}=\vec{0}.

Verticalement, seules deux forces agissent : le poids et la poussée d'Archimède (la poussée des moteurs et les frottements de l'air sont horizontaux et se compensent entre eux). D'où P⃗+Pa→=0⃗\vec{P}+\overrightarrow{P_{a}}=\vec{0}, soit P⃗=−Pa→\vec{P}=-\overrightarrow{P_{a}} : les deux forces ont même direction, même valeur P=PaP=P_{a}, et des sens opposés. Erreur fréquente : citer la deuxième loi de Newton sans conclure que l'accélération est nulle, ou écrire P⃗=Pa→\vec{P}=\overrightarrow{P_{a}}, ce qui oublie les sens.

Q6. Le système {dirigeable} comprend l'enveloppe et sa structure (md=65m_{\text{d}}=65 t), l'hélium (mHe=32m_{\text{He}}=32 t) et la charge mcm_{\text{c}}. D'après Q5 : (md+mHe+mc)⋅g=ρair⋅V⋅g(m_{\text{d}}+m_{\text{He}}+m_{\text{c}})\cdot g=\rho_{\text{air}}\cdot V\cdot g, et gg se simplifie : md+mHe+mc=ρair⋅V=0,87×1,80×105=1,57×105m_{\text{d}}+m_{\text{He}}+m_{\text{c}}=\rho_{\text{air}}\cdot V=0{,}87\times 1{,}80\times 10^{5}=1{,}57\times 10^{5} kg, soit 157157 tonnes.

Charge maximale : mc=157−65−32=60m_{\text{c}}=157-65-32=60 tonnes (plus précisément 59,659{,}6 t), la valeur annoncée. C'est une charge MAXIMALE : avec plus, le poids dépasserait la poussée et le dirigeable descendrait jusqu'à une altitude où l'air, plus dense, le porterait. Erreur fréquente : oublier la masse de l'hélium, qui fait partie du système et pèse comme le reste ; on trouverait 9292 tonnes.

Q7. Pour un fluide incompressible en régime permanent, le débit volumique se conserve le long de l'écoulement : DV=vA⋅SA=vB⋅SBD_{V}=v_{\mathrm{A}}\cdot S_{A}=v_{\mathrm{B}}\cdot S_{B}. Les sections sont des disques : S=πd24S=\pi\dfrac{d^{2}}{4}. Donc vAvB=SBSA=(dBdA)2=(0,153,0)2=2,5×10−3\dfrac{v_{\mathrm{A}}}{v_{\mathrm{B}}}=\dfrac{S_{B}}{S_{A}}=\left(\dfrac{d_{B}}{d_{A}}\right)^{2}=\left(\dfrac{0{,}15}{3{,}0}\right)^{2}=2{,}5\times 10^{-3}.

La vitesse en A est 400 fois plus petite que la vitesse en B : vAv_{\mathrm{A}} est négligeable devant vBv_{\mathrm{B}}. Dans la relation de Bernoulli, où les vitesses interviennent au carré, le terme 12ρvA2\dfrac{1}{2}\rho v_{\mathrm{A}}^{2} est même 160 000160\,000 fois plus petit que 12ρvB2\dfrac{1}{2}\rho v_{\mathrm{B}}^{2}. Piège : convertir dB=15d_{B}=15 cm en mètres avant le quotient, et élever le rapport des DIAMÈTRES au carré.

Q8. Relation de Bernoulli entre A et B, sur la ligne de courant, l'axe zz vertical vers le haut : PA+12ρvA2+ρgzA=PB+12ρvB2+ρgzBP_{A}+\dfrac{1}{2}\rho v_{\mathrm{A}}^{2}+\rho g z_{A}=P_{B}+\dfrac{1}{2}\rho v_{\mathrm{B}}^{2}+\rho g z_{B}. Les pressions en A et B sont égales à la pression atmosphérique, PA=PBP_{A}=P_{B}, et s'éliminent. D'après Q7, vA≈0v_{\mathrm{A}}\approx 0. Il reste ρgzA=12ρvB2+ρgzB\rho g z_{A}=\dfrac{1}{2}\rho v_{\mathrm{B}}^{2}+\rho g z_{B}, soit vB2=2g(zA−zB)=2gHv_{\mathrm{B}}^{2}=2g(z_{A}-z_{B})=2gH, car A est au-dessus de B de la hauteur HH.

Donc vB=2⋅g⋅Hv_{\mathrm{B}}=\sqrt{2\cdot g\cdot H}. C'est la formule de Torricelli : l'eau sort avec la vitesse qu'elle aurait en tombant en chute libre de la hauteur HH. La masse volumique se simplifie, le résultat vaudrait pour tout liquide.

Q9. Démarche : pour charger 8 tonnes de bois sans bouger, le dirigeable doit vider 8 tonnes d'eau ; on calcule le volume correspondant, puis le débit de vidange, puis la durée.

Volume d'eau à vider : Veau=mboisρeau=8×1031000=8,0 m3V_{\text{eau}}=\dfrac{m_{\text{bois}}}{\rho_{\text{eau}}}=\dfrac{8\times 10^{3}}{1000}=8{,}0\ \mathrm{m^{3}}. Vitesse de sortie (Q8) : vB=2×9,8×30=24 m⋅s−1v_{\mathrm{B}}=\sqrt{2\times 9{,}8\times 30}=24\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}. Section de sortie : SB=πdB24=π×0,1524=1,77×10−2 m2S_{B}=\pi\dfrac{d_{B}^{2}}{4}=\pi\times\dfrac{0{,}15^{2}}{4}=1{,}77\times 10^{-2}\ \mathrm{m^{2}}. Débit volumique : DV=vB⋅SB=24,2×1,77×10−2=0,43 m3⋅s−1D_{V}=v_{\mathrm{B}}\cdot S_{B}=24{,}2\times 1{,}77\times 10^{-2}=0{,}43\ \mathrm{m^{3}\cdot s^{-1}}. Durée : Δt=VeauDV=8,00,43=19\Delta t=\dfrac{V_{\text{eau}}}{D_{V}}=\dfrac{8{,}0}{0{,}43}=19 s.

Pourquoi une durée MINIMALE : pendant la vidange, le niveau en A baisse, donc HH et la vitesse de sortie diminuent un peu. Ici l'effet est faible : 8,0 m38{,}0\ \mathrm{m^{3}} dans un réservoir de section π×1,52=7,1 m2\pi\times 1{,}5^{2}=7{,}1\ \mathrm{m^{2}} font baisser le niveau de 1,11{,}1 m, soit HH de 3030 à 28,928{,}9 m et une vitesse réduite de 2 % seulement. Surtout, le modèle néglige les frottements de l'eau sur les parois de la conduite (la viscosité), qui réduisent le débit réel.

Commentaire : environ 19 s, c'est bien moins que les « quelques minutes » visées par le cahier des charges. Même si les frottements multipliaient la durée par cinq, la vidange tiendrait en moins de deux minutes : le transfert d'eau est une solution réaliste pour charger le tronc en vol stationnaire, à condition de synchroniser la vidange avec la prise de la charge pour que le dirigeable reste fixe. Erreur fréquente : utiliser le diamètre au lieu du rayon dans πr2\pi r^{2}, ce qui quadruple la section et divise la durée par quatre.

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