Chimie, secondaire 5 à Montréal • Épreuve de théorie

Épreuve de fin d'année de chimie, secondaire 5 : l'examen de théorie corrigé

Voici une épreuve de fin d'année de chimie de secondaire 5, le volet théorie (60 % du résultat), qui couvre les quatre unités du programme : les gaz (lois des gaz, loi des gaz parfaits, loi de Dalton, hypothèse d'Avogadro), l'aspect énergétique des transformations (diagramme énergétique, énergie d'activation, enthalpie, calorimétrie, loi de Hess), la vitesse de réaction (théorie des collisions, facteurs, catalyseur, loi des vitesses) et l'équilibre chimique (principe de Le Chatelier, constante d'équilibre, Ka, Kps, Kw et pH). Il n'y a pas d'examen du ministère en chimie de 5e secondaire : chaque école écrit son examen de fin d'année, et cette épreuve en reprend le format le plus courant, celui de l'épreuve ministérielle de science de 4e.

La section A aligne quinze questions à choix multiple (exercices 1 à 3), autocorrigées comme sur une feuille-réponse. La section B demande cinq réponses construites : le gilet de sauvetage autogonflant et la loi des gaz parfaits (exercice 4), la soudure des rails et la loi de Hess (exercice 5), la loi des vitesses tirée des essais d'une teinturerie (exercice 6), le tartre d'une machine à espresso et Kps (exercice 7), l'acide lactique d'une fromagerie et Ka (exercice 8). La section C croise deux unités par problème : la ration autochauffante, énergie et gaz (exercice 9), et la production de dihydrogène en deux étages, équilibre et vitesse (exercice 10).

Les pièges qui coûtent le plus de points sont traités et nommés dans le corrigé : les degrés Celsius dans une loi des gaz (exercice 1, question c), le comburant pris pour un combustible (exercice 1, question a), l'énergie d'activation lue sur l'axe au lieu d'une différence (exercice 2, question b), la température qui changerait l'énergie d'activation (exercice 2, question d), les puissances de dix dans la comparaison des Ka (exercice 3, question c), le signe oublié d'une équation inversée (exercice 5), la paire d'essais où deux concentrations changent (exercice 6), la part de 60 % appliquée à l'envers (exercice 9) et la pression qui ne déplace pas un équilibre à nombre égal de moles de gaz (exercice 10). Chaque corrigé de section B et C se termine par ce que le correcteur évalue, selon les critères du Cadre d'évaluation.

Faites-la en conditions réelles, en 2 h 30, d'une traite et avec une calculatrice, avant d'ouvrir la correction : c'est la seule façon de savoir où vous en êtes.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Chimie de cinquième secondaire

Rappel de cours

  • • Constantes : R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K) ; Vm=22,4V_{m}=22{,}4 L/mol aux TPN (0 °C et 101,3 kPa) et 24,524{,}5 L/mol aux TAPN (25 °C et 101,3 kPa) ; chaleur massique de l'eau 4,194{,}19 J/(g·°C) ; Kw=1,0×10−14K_{w}=1{,}0\times 10^{-14} à 25 °C.
  • • Toute température d'une loi des gaz s'écrit en kelvins : T(K)=T(°C)+273,15T(K)=T(°C)+273{,}15.
  • • Q=mcΔTQ=mc\Delta T ; ΔH\Delta H se lit des réactifs vers les produits ; EaE_{a} se mesure des réactifs au complexe activé ; inverser une équation change le signe de son ΔH\Delta H.
  • • pH=−log⁡[H+]pH=-\log[H^{+}] ; [H+][OH−]=Kw[H^{+}][OH^{-}]=K_{w} ; dans une constante d'équilibre, chaque concentration porte son coefficient en exposant, et un solide ou un liquide pur n'y figure jamais.
  • • Barème : section A, 15 questions à 4 points ; section B, 5 questions à 4 points ; section C, 2 problèmes à 10 points. Aux sections B et C, la démarche et l'explication comptent autant que le résultat.

Section A : questions à choix multiple (/60)

Exercice 1 : Choix multiple : les gaz

20 points Les propriétés des gazStœchiométrie gazeuse et mélanges de gazLes transformations chimiques

Épreuve de théorie de chimie de secondaire 5 : 2 h 30, calculatrice permise, liste de formules et tableau périodique fournis, démarche complète exigée aux sections B et C. Il n'y a pas d'épreuve ministérielle de chimie en 5e secondaire : cette épreuve d'école suit le gabarit de l'épreuve ministérielle de science de 4e secondaire, soit une section A à choix multiple (60 %), une section B à réponse construite (20 %) et une section C d'analyse (20 %).

Section A : quinze questions à choix multiple à 4 points, une seule bonne réponse chacune. Données : R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K) ; T(K)=T(°C)+273,15T(K)=T(°C)+273{,}15.

110 kPacuve rigide de biogazméthane CH₄dioxyde de carbone CO₂
Figure de la question d) : la cuve de biogaz avant le lavage (60 % de méthane en moles).
  • a) Un patient reçoit à domicile du dioxygène pur par de fines canules sous le nez. Pourquoi est-il interdit de fumer ou d'allumer une chandelle près de lui ?
    A) Le dioxygène est un combustible : il brûle lui-même au contact d'une flamme.
    B) Le dioxygène est inerte, mais sa pression peut faire éclater la bouteille.
    C) Le dioxygène est un comburant : il active fortement la combustion de tout ce qui peut brûler, cheveux, tissus, crème.
    D) Le dioxygène pur est toxique, et la fumée le rend explosif.
  • b) Un ballon de soccer gonflé dans un gymnase à 21 °C paraît mou sur un terrain à −5 °C, sans aucune fuite. Quelle explication donne la théorie cinétique des gaz ?
    A) Les particules d'air se déplacent moins vite : elles frappent la paroi moins souvent et moins fort, et la pression baisse.
    B) Les particules d'air rapetissent au froid et occupent moins de place.
    C) Une partie des particules traverse la paroi à cause du froid.
    D) Le froid rend les particules plus nombreuses, mais plus lentes.
  • c) Une bombe aérosol rigide contient un gaz propulseur à 300 kPa à 20,0 °C. Oubliée dans une voiture au soleil, elle atteint 60,0 °C. Quelle pression règne alors dans la bombe ?
    A) 900 kPa
    B) 264 kPa
    C) 300 kPa, car le volume ne change pas
    D) 341 kPa
  • d) La cuve rigide d'un digesteur de ferme contient un biogaz à 110 kPa, formé en moles de 60 % de méthane et de 40 % de dioxyde de carbone (figure). On retire tout le dioxyde de carbone par lavage, sans changer le volume ni la température. Quelle est la nouvelle pression ?
    A) 110 kPa
    B) 66 kPa
    C) 44 kPa
    D) 183 kPa
  • e) Deux réservoirs rigides identiques d'une station de ravitaillement sont à la même température et à la même pression : l'un contient du dihydrogène H2H_{2} (2,0162{,}016 g/mol), l'autre du méthane CH4CH_{4} (16,0416{,}04 g/mol). Quel énoncé est vrai ?
    A) Le réservoir de méthane contient environ 8 fois plus de molécules, car elles sont plus lourdes.
    B) Le réservoir de dihydrogène contient environ 8 fois plus de molécules, car elles sont plus petites.
    C) Les deux contiennent le même nombre de molécules, mais la masse de méthane est environ 8 fois plus grande.
    D) Les deux contiennent la même masse de gaz, donc le même nombre de molécules.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) C : le dioxygène est un comburant
  • b) A : particules plus lentes, chocs moins fréquents et moins forts
  • c) D : P2=341P_{2}=341 kPa
  • d) B : 6666 kPa
  • e) C : même nombre de molécules, masse de méthane environ 88 fois plus grande
a)

Réponse C.

Le dioxygène ne brûle pas : c'est un comburant, le gaz qui entretient la combustion d'un combustible.

Dans l'air, il n'y en a que 21 % ; autour des canules, l'air est enrichi, et un tissu, des cheveux ou une crème grasse s'enflamment plus facilement et brûlent beaucoup plus vite.

C'est le test classique de la réactivité des gaz : une tige de bois incandescente se rallume dans le dioxygène, elle s'éteint dans le diazote ou le dioxyde de carbone.

Piège : le choix A confond comburant et combustible. Le dihydrogène ou le méthane sont des combustibles ; le dioxygène, jamais.

Le choix B parle de la bouteille, pas de la flamme ; le choix D invente une toxicité qui n'a rien à voir avec l'interdiction de fumer.

b)

Réponse A.

La température mesure l'agitation des particules. Au froid, elles vont moins vite : chaque choc contre la paroi est moins violent, et les chocs sont moins fréquents.

Le volume du ballon change peu et le nombre de particules ne change pas (aucune fuite) : la pression absolue baisse en proportion de la température absolue.

P2P1=268,15294,15=0,912\dfrac{P_{2}}{P_{1}}=\dfrac{268{,}15}{294{,}15}=0{,}912, soit une baisse de 8,88{,}8 %.

Pour un ballon gonflé à 170170 kPa absolus, on passe à 170×0,912=155170\times 0{,}912=155 kPa : l'excès sur l'atmosphère tombe de 68,768{,}7 à 53,753{,}7 kPa, une baisse de 2222 %. C'est cet excès que le pied ressent, d'où l'impression de ballon mou.

Piège : le choix B, des particules qui rapetissent. Les particules gardent leur taille ; c'est leur vitesse qui change. Le choix C invente une fuite que l'énoncé exclut.

c)

Réponse D.

Volume et quantité de gaz constants (bombe rigide et fermée) : la pression est proportionnelle à la température ABSOLUE, P1T1=P2T2\dfrac{P_{1}}{T_{1}}=\dfrac{P_{2}}{T_{2}}.

T1=20,0+273,15=293,15T_{1}=20{,}0+273{,}15=293{,}15 K et T2=60,0+273,15=333,15T_{2}=60{,}0+273{,}15=333{,}15 K.

P2=300×333,15293,15=341P_{2}=300\times\dfrac{333{,}15}{293{,}15}=341 kPa.

Piège : le choix A, 900 kPa, vient du rapport 60/20 en degrés Celsius. Le zéro de l'échelle Celsius n'est pas un zéro d'agitation : tripler les degrés Celsius ne triple rien.

Le choix B inverse le rapport (la pression baisserait en chauffant) ; le choix C oublie que la pression dépend aussi de la température.

C'est pourquoi une bombe aérosol porte la mention « ne pas exposer à plus de 50 °C » : la pression grimpe avec la température, et la paroi a une limite.

d)

Réponse B.

Loi de Dalton : chaque gaz d'un mélange exerce la pression qu'il exercerait seul dans le même volume, et la pression partielle vaut la fraction molaire multipliée par la pression totale.

PCH4=0,60×110=66P_{CH_{4}}=0{,}60\times 110=66 kPa et PCO2=0,40×110=44P_{CO_{2}}=0{,}40\times 110=44 kPa.

Une fois le dioxyde de carbone retiré, à volume et température inchangés, il ne reste que le méthane, qui exerce toujours ses 6666 kPa.

Piège : le choix D, 183 kPa, divise 110 par 0,60 comme si le méthane devait « remplir » la place laissée libre. À volume constant, aucune particule de méthane ne s'ajoute : sa pression ne bouge pas.

Le choix C est la pression partielle du dioxyde de carbone, celle qu'on a retirée.

e)

Réponse C.

Hypothèse d'Avogadro : des volumes égaux de gaz, à la même température et à la même pression, contiennent le même nombre de molécules, quelle que soit la nature du gaz.

Même nombre de moles nn dans les deux réservoirs, donc le rapport des masses est celui des masses molaires : 16,042,016=7,96\dfrac{16{,}04}{2{,}016}=7{,}96, environ 88.

Piège : les choix A et B font dépendre le nombre de molécules de leur taille ou de leur masse. Dans un gaz, les molécules sont minuscules devant les distances qui les séparent : leur taille ne compte pas.

Le choix D confond nombre de molécules et masse : c'est précisément parce que les molécules de méthane sont huit fois plus lourdes que la masse diffère.

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Exercice 2 : Choix multiple : l'énergie et la vitesse des réactions

20 points L'aspect énergétique des transformationsProblèmes de thermochimieLa vitesse de réaction

Donnée : chaleur massique de l'eau c=4,19c=4{,}19 J/(g·°C).

énergie potentielle (kJ)déroulement de la réaction−85040165réactifsproduitscomplexe activé
Figure de la question b) : diagramme énergétique simplifié de la réaction d'une chaufferette.
  • a) La photosynthèse s'écrit 6CO2+6H2O+2803 kJ→C6H12O6+6O26CO_{2}+6H_{2}O+2803\ kJ\rightarrow C_{6}H_{12}O_{6}+6O_{2}. Quel énoncé la décrit correctement ?
    A) Exothermique, ΔH=−2803\Delta H=-2803 kJ
    B) Endothermique, ΔH=+2803\Delta H=+2803 kJ
    C) Endothermique, ΔH=−2803\Delta H=-2803 kJ
    D) Exothermique, ΔH=+2803\Delta H=+2803 kJ
  • b) Une chaufferette de ski chauffe les mains grâce à l'oxydation du fer. La figure donne le diagramme énergétique simplifié de la réaction. Que valent l'énergie d'activation et la variation d'enthalpie ?
    A) Ea=165E_{a}=165 kJ et ΔH=−85\Delta H=-85 kJ
    B) Ea=125E_{a}=125 kJ et ΔH=+125\Delta H=+125 kJ
    C) Ea=250E_{a}=250 kJ et ΔH=−125\Delta H=-125 kJ
    D) Ea=125E_{a}=125 kJ et ΔH=−125\Delta H=-125 kJ
  • c) Après un entraînement, une athlète boit 500 mL d'eau froide à 4,0 °C, que son corps porte à 37,0 °C. Quelle énergie son corps fournit-il à cette eau ?
    A) 69,1 kJ
    B) 77,5 kJ
    C) 8,38 kJ
    D) 16,5 kJ
  • d) Un bâton lumineux plongé dans l'eau chaude brille plus fort, mais s'éteint plus tôt, que dans l'eau froide. Quelle explication donne la théorie des collisions ?
    A) La chaleur abaisse l'énergie d'activation de la réaction.
    B) La chaleur fournit des réactifs supplémentaires au bâton.
    C) Les particules vont plus vite : les collisions sont plus fréquentes, et une plus grande proportion atteint l'énergie d'activation.
    D) À chaud, la réaction devient endothermique et absorbe plus de lumière.
  • e) Dans la stratosphère, un atome de chlore issu des CFC détruit l'ozone en deux étapes : Cl+O3→ClO+O2Cl+O_{3}\rightarrow ClO+O_{2}, puis ClO+O→Cl+O2ClO+O\rightarrow Cl+O_{2}. Un seul atome de chlore détruit ainsi des milliers de molécules d'ozone. Quel rôle joue le chlore ?
    A) C'est un réactif : il est consommé à chaque molécule d'ozone détruite.
    B) C'est un catalyseur : il ouvre un chemin d'énergie d'activation plus basse et se retrouve intact à la fin du cycle.
    C) Il rend la destruction de l'ozone plus exothermique, ce qui l'accélère.
    D) Il augmente l'énergie cinétique des molécules d'ozone.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) B : endothermique, ΔH=+2803\Delta H=+2803 kJ
  • b) D : Ea=125E_{a}=125 kJ, ΔH=−125\Delta H=-125 kJ
  • c) A : Q=69,1Q=69{,}1 kJ
  • d) C : collisions plus fréquentes, plus de collisions efficaces
  • e) B : catalyseur, régénéré à la fin du cycle
a)

Réponse B.

Le terme d'énergie est écrit du côté des RÉACTIFS : la réaction consomme de l'énergie, elle est endothermique (celle du rayonnement solaire).

Une réaction endothermique a des produits plus énergétiques que ses réactifs : ΔH>0\Delta H>0, ici ΔH=+2803\Delta H=+2803 kJ.

Règle de lecture : énergie à gauche, ΔH positif ; énergie à droite, ΔH négatif.

Piège : le choix C garde le bon mot mais le mauvais signe. Le signe de ΔH se lit du point de vue du système : il gagne de l'énergie, donc ΔH est positif.

La respiration cellulaire est la réaction inverse : elle libère ces 2803 kJ par mole de glucose.

b)

Réponse D.

L'énergie d'activation se mesure entre les RÉACTIFS et le sommet de la barrière, le complexe activé :

Ea=165−40=125E_{a}=165-40=125 kJ.

La variation d'enthalpie se mesure des réactifs aux produits, dans ce sens :

ΔH=−85−40=−125\Delta H=-85-40=-125 kJ. La réaction est exothermique : c'est elle qui chauffe les mains.

Piège : le choix A lit les valeurs sur l'axe au lieu de faire des différences. Le zéro du diagramme est arbitraire ; seules les différences d'énergie ont un sens.

Le choix B prend ΔH à l'envers (des produits vers les réactifs) ; le choix C mesure Ea depuis les produits, ce qui serait l'énergie d'activation de la réaction INVERSE : 165−(−85)=250165-(-85)=250 kJ.

La figure du corrigé porte les deux flèches.

c)

Réponse A.

500 mL d'eau ont une masse de 500 g. L'élévation de température vaut ΔT=37,0−4,0=33,0\Delta T=37{,}0-4{,}0=33{,}0 °C.

Q=mcΔT=500×4,19×33,0=69 135Q=mc\Delta T=500\times 4{,}19\times 33{,}0=69\ 135 J, soit 69,169{,}1 kJ.

Piège : le choix B, 77,577{,}5 kJ, prend la température finale 3737 °C pour ΔT\Delta T. On multiplie toujours par une VARIATION de température.

Le choix C prend la température initiale, et le choix D oublie la chaleur massique (500×33,0=16 500500\times 33{,}0=16\ 500, qui n'est pas une énergie).

Ordre de grandeur utile : réchauffer un demi-litre d'eau glacée coûte au corps environ 70 kJ, l'énergie d'une petite bouchée de pain.

d)

Réponse C.

Une réaction se produit par collisions EFFICACES : il faut que les particules se rencontrent, avec une énergie au moins égale à l'énergie d'activation et une bonne orientation.

À chaud, les particules vont plus vite : les collisions sont plus nombreuses par seconde, et surtout une plus grande proportion d'entre elles franchit la barrière.

La réaction lumineuse va donc plus vite : la lumière est plus intense, et les réactifs, en quantité fixe, s'épuisent plus tôt.

Piège : le choix A. La température ne change PAS l'énergie d'activation, qui est une propriété du chemin de réaction ; seul un catalyseur la modifie. La température change la fraction des particules qui l'atteignent.

Les choix B et D sont faux : la quantité de réactifs est fixée dans le bâton, et le caractère endothermique ou exothermique d'une réaction ne dépend pas de la température du bain.

e)

Réponse B.

Additionnons les deux étapes : Cl+O3+ClO+O→ClO+O2+Cl+O2Cl+O_{3}+ClO+O\rightarrow ClO+O_{2}+Cl+O_{2}, soit, après simplification, O3+O→2O2O_{3}+O\rightarrow 2O_{2}.

Le chlore disparaît à la première étape et réapparaît à la seconde : il n'est pas consommé, c'est la définition d'un catalyseur. Il recommence le cycle des milliers de fois.

Il accélère la destruction de l'ozone en lui offrant un mécanisme dont l'énergie d'activation est plus faible que la réaction directe de l'ozone avec l'oxygène atomique.

Piège : le choix C. Un catalyseur ne change pas ΔH : les réactifs et les produits sont les mêmes, seul le chemin entre eux change.

Le choix A oublie la seconde étape ; le choix D décrit l'effet de la température, pas celui d'un catalyseur. C'est pour cette raison que les CFC ont été interdits par un traité international, signé en 1987.

énergie potentielle (kJ)déroulement de la réaction−85040165réactifsproduitscomplexe activéEaΔH

Exercice 3 : Choix multiple : la vitesse de réaction et l'équilibre chimique

20 points La vitesse de réactionL'équilibre chimiqueLes solides peu solubles et Kps

Donnée : à 25 °C, Kw=[H+][OH−]=1,0×10−14K_{w}=[H^{+}][OH^{-}]=1{,}0\times 10^{-14} et pH=−log⁡[H+]pH=-\log[H^{+}].

CO₂(g) sous pressionCO₂(aq) dissousbouteille fermée
Figure de la question b) : la bouteille de boisson gazeuse fermée, à l'équilibre.
  • a) Dans une station d'épuration, la dégradation d'un polluant PP suit la loi des vitesses v=k[P]2v=k[P]^{2}. Une forte pluie dilue l'eau usée et divise la concentration du polluant par deux, à température constante. Que devient la vitesse de dégradation ?
    A) Elle est divisée par 2.
    B) Elle ne change pas, car kk ne change pas.
    C) Elle est multipliée par 2.
    D) Elle est divisée par 4.
  • b) Dans une bouteille fermée de boisson gazeuse s'établit l'équilibre CO2(g)⇌CO2(aq)CO_{2}(g)\rightleftharpoons CO_{2}(aq), avec ΔH≈−20\Delta H\approx -20 kJ (la dissolution est exothermique). Quel changement augmente la quantité de dioxyde de carbone dissous ?
    A) Augmenter la pression du dioxyde de carbone au-dessus du liquide.
    B) Réchauffer la bouteille.
    C) Ajouter un catalyseur.
    D) Ouvrir la bouteille.
  • c) Quatre acides alimentaires sont dissous à la même concentration, 0,100{,}10 mol/L. Laquelle des solutions a le pH le plus bas ?
    A) Acide malique (pomme), Ka=4,0×10−4K_{a}=4{,}0\times 10^{-4}
    B) Acide citrique (citron), Ka=7,4×10−4K_{a}=7{,}4\times 10^{-4}
    C) Acide ascorbique (vitamine C), Ka=8,0×10−5K_{a}=8{,}0\times 10^{-5}
    D) Acide benzoïque (agent de conservation), Ka=6,3×10−5K_{a}=6{,}3\times 10^{-5}
  • d) L'eau d'un aquarium récifal doit avoir un pH de 8,2 à 25 °C. Quelle est la concentration des ions hydroxyde dans cette eau ?
    A) 6,3×10−96{,}3\times 10^{-9} mol/L
    B) 1,0×10−71{,}0\times 10^{-7} mol/L
    C) 1,6×10−61{,}6\times 10^{-6} mol/L
    D) 5,8 mol/L
  • e) Le phosphate de calcium Ca3(PO4)2Ca_{3}(PO_{4})_{2}, minéral des os et des dents, est très peu soluble : Kps=2,0×10−33K_{ps}=2{,}0\times 10^{-33} à 25 °C. Quelle est l'expression de sa constante du produit de solubilité ?
    A) Kps=[Ca2+]3[PO43−]2K_{ps}=[Ca^{2+}]^{3}[PO_{4}^{3-}]^{2}
    B) Kps=[Ca2+][PO43−]K_{ps}=[Ca^{2+}][PO_{4}^{3-}]
    C) Kps=3[Ca2+]×2[PO43−]K_{ps}=3[Ca^{2+}]\times 2[PO_{4}^{3-}]
    D) Kps=[Ca2+]3[PO43−]2[Ca3(PO4)2]K_{ps}=\dfrac{[Ca^{2+}]^{3}[PO_{4}^{3-}]^{2}}{[Ca_{3}(PO_{4})_{2}]}

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Réponses

  • a) D : divisée par 44
  • b) A : augmenter la pression du dioxyde de carbone
  • c) B : l'acide citrique, plus grand KaK_{a}
  • d) C : [OH−]=1,6×10−6[OH^{-}]=1{,}6\times 10^{-6} mol/L
  • e) A : Kps=[Ca2+]3[PO43−]2K_{ps}=[Ca^{2+}]^{3}[PO_{4}^{3-}]^{2}
a)

Réponse D.

La loi des vitesses dit comment la vitesse dépend des concentrations. Ici, la concentration est élevée au carré :

v′=k([P]2)2=k[P]24=v4v'=k\left(\dfrac{[P]}{2}\right)^{2}=\dfrac{k[P]^{2}}{4}=\dfrac{v}{4}.

La vitesse est divisée par 4 : la dilution ralentit la dégradation bien plus que le simple rapport des concentrations.

Piège : le choix A applique un ordre 1, comme si la vitesse suivait toujours la concentration en proportion. L'exposant de la loi décide de tout.

Le choix B confond la constante de vitesse, fixée par la température, et la vitesse elle-même, qui dépend des concentrations.

b)

Réponse A.

Principe de Le Chatelier : un système à l'équilibre qu'on perturbe se déplace dans le sens qui s'oppose à la perturbation.

Augmenter la pression du dioxyde de carbone gazeux : l'équilibre se déplace vers la droite, le sens qui consomme du gaz. Plus de gaz se dissout. C'est le rôle de la mise en bouteille sous pression.

Réchauffer : l'équilibre se déplace dans le sens endothermique, ici vers la GAUCHE. Le gaz sort du liquide : une boisson chaude perd ses bulles.

Piège : le choix C. Un catalyseur fait atteindre l'équilibre plus vite, il ne le déplace jamais.

Ouvrir la bouteille (choix D) fait chuter la pression du gaz au-dessus du liquide : l'équilibre part vers la gauche, et les bulles apparaissent.

c)

Réponse B.

À concentration égale, l'acide qui s'ionise le plus libère le plus d'ions H+H^{+} et donne le pH le plus bas. C'est celui qui a la plus GRANDE constante d'acidité.

On compare d'abord les puissances de dix : 10−410^{-4} l'emporte sur 10−510^{-5}. Entre les deux acides en 10−410^{-4}, 7,4>4,07{,}4>4{,}0 : l'acide citrique est le plus fort des quatre.

Piège : le choix C. Le nombre 8,08{,}0 est le plus grand, mais il multiplie 10−510^{-5} : 8,0×10−5=0,80×10−48{,}0\times 10^{-5}=0{,}80\times 10^{-4}, presque dix fois moins que l'acide citrique.

Une grande constante d'acidité signale un acide fort ; la concentration, elle, dit seulement combien on en a dissous. Les quatre restent des acides faibles.

d)

Réponse C.

[H+]=10−8,2=6,3×10−9[H^{+}]=10^{-8{,}2}=6{,}3\times 10^{-9} mol/L.

[OH−]=Kw[H+]=1,0×10−146,3×10−9=1,6×10−6[OH^{-}]=\dfrac{K_{w}}{[H^{+}]}=\dfrac{1{,}0\times 10^{-14}}{6{,}3\times 10^{-9}}=1{,}6\times 10^{-6} mol/L.

Contrôle : un pH supérieur à 7 est basique, il faut donc plus d'ions hydroxyde que d'ions hydronium, et c'est bien le cas, 1,6×10−6>6,3×10−91{,}6\times 10^{-6}>6{,}3\times 10^{-9}.

Piège : le choix A est la concentration des ions hydronium, pas des ions hydroxyde. Le choix D écrit le pOH, 14−8,2=5,814-8{,}2=5{,}8, comme s'il était une concentration.

Le choix B est la valeur de l'eau neutre, valable seulement à pH 7.

e)

Réponse A.

La dissociation s'écrit Ca3(PO4)2(s)⇌3Ca2+(aq)+2PO43−(aq)Ca_{3}(PO_{4})_{2}(s)\rightleftharpoons 3Ca^{2+}(aq)+2PO_{4}^{3-}(aq).

Dans l'expression de la constante, chaque concentration est élevée à la puissance de son coefficient, et le solide n'apparaît pas : sa « concentration » est constante.

Kps=[Ca2+]3[PO43−]2K_{ps}=[Ca^{2+}]^{3}[PO_{4}^{3-}]^{2}.

Piège : le choix D écrit le solide au dénominateur, comme pour un équilibre entre espèces dissoutes. Un solide pur ne figure jamais dans une constante d'équilibre.

Le choix C multiplie par les coefficients au lieu de les mettre en exposants ; le choix B les oublie.

Pour fixer l'ordre de grandeur : avec [Ca2+]=3s[Ca^{2+}]=3s et [PO43−]=2s[PO_{4}^{3-}]=2s, on a Kps=108s5K_{ps}=108s^{5}, d'où s=1,1×10−7s=1{,}1\times 10^{-7} mol/L. Les os ne se dissolvent pas dans l'eau.

Section B : questions à réponse construite (/20)

Exercice 4 : Le gilet de sauvetage autogonflant

4 points Les propriétés des gazLa mole et la quantité de matière

Quand un gilet de sauvetage autogonflant touche l'eau, une pastille soluble libère un percuteur qui perce une cartouche de 33,033{,}0 g de dioxyde de carbone (M=44,01M=44{,}01 g/mol). Tout le gaz passe dans la chambre gonflable du gilet. Donnée : R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K).

cartouche :33,0 g de CO₂chambre15,0 Leau du lac à 4,0 °C
  • a) Quel volume ce gaz occuperait-il à l'air libre, à 15,0 °C et 101,3 kPa ?
  • b) La chambre a un volume maximal de 15,0 L. Quelle pression y règne quand le gaz a pris la température de l'eau, 4,0 °C ? La chambre est-elle tendue ou molle ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/3

a)
b)
Voir la correction

Réponses

  • a) n=0,750n=0{,}750 mol, V=17,7V=17{,}7 L
  • b) P=115P=115 kPa, plus que 101,3101{,}3 kPa : la chambre est tendue
a)

On passe de la masse à la quantité de matière, puis on applique la loi des gaz parfaits.

n=mM=33,044,01=0,750n=\dfrac{m}{M}=\dfrac{33{,}0}{44{,}01}=0{,}750 mol.

T=15,0+273,15=288,15T=15{,}0+273{,}15=288{,}15 K.

V=nRTP=0,750×8,314×288,15101,3=17,7V=\dfrac{nRT}{P}=\dfrac{0{,}750\times 8{,}314\times 288{,}15}{101{,}3}=17{,}7 L.

Une petite cartouche de la taille d'un pouce libère donc près de 18 L de gaz : c'est ce qui rend le système possible. Le dioxyde de carbone y est stocké liquéfié sous forte pression.

Piège : garder la température en degrés Celsius donne V=0,92V=0{,}92 L, un résultat absurde que l'ordre de grandeur aurait dû arrêter.

b)

La quantité de gaz est la même, mais le volume est imposé par la chambre et la température est celle de l'eau.

T=4,0+273,15=277,15T=4{,}0+273{,}15=277{,}15 K.

P=nRTV=0,750×8,314×277,1515,0=115P=\dfrac{nRT}{V}=\dfrac{0{,}750\times 8{,}314\times 277{,}15}{15{,}0}=115 kPa.

La pression intérieure dépasse la pression atmosphérique de 115−101,3≈14115-101{,}3\approx 14 kPa : la chambre est tendue, ce qui lui donne sa forme et sa flottabilité.

Contrôle : 17,7 L de gaz à la pression atmosphérique ne tiennent dans 15,0 L qu'à une pression plus grande, et le froid de l'eau la réduit un peu ; 115 kPa est cohérent avec les deux effets.

Piège : utiliser la loi générale des gaz depuis a) en oubliant de changer AUSSI la température donne 101,3×17,715,0=120\dfrac{101{,}3\times 17{,}7}{15{,}0}=120 kPa, une valeur trop grande.

Ce qui est évalué. Utilisation pertinente des connaissances : la masse convertie en moles, les températures en kelvins, la bonne loi pour chaque question.

Production adéquate d'explications : une phrase qui conclut sur la chambre en comparant 115 kPa à la pression atmosphérique. Un résultat sans unité ou une conclusion sans comparaison perd des points.

Exercice 5 : La soudure des rails par aluminothermie

4 points L'aspect énergétique des transformationsProblèmes de thermochimie

Pour souder deux rails bout à bout sur la voie, les équipes d'entretien versent dans un moule le fer liquide produit par la réaction de l'aluminium avec l'oxyde de fer(III) : 2Al(s)+Fe2O3(s)→Al2O3(s)+2Fe(s)2Al(s)+Fe_{2}O_{3}(s)\rightarrow Al_{2}O_{3}(s)+2Fe(s).

On connaît : (1) 2Al(s)+32O2(g)→Al2O3(s)2Al(s)+\frac{3}{2}O_{2}(g)\rightarrow Al_{2}O_{3}(s), ΔH1=−1675,7\Delta H_{1}=-1675{,}7 kJ ; (2) 2Fe(s)+32O2(g)→Fe2O3(s)2Fe(s)+\frac{3}{2}O_{2}(g)\rightarrow Fe_{2}O_{3}(s), ΔH2=−824,2\Delta H_{2}=-824{,}2 kJ. M(Al)=26,98M(Al)=26{,}98 g/mol ; M(Fe2O3)=159,69M(Fe_{2}O_{3})=159{,}69 g/mol.

creuset : Al + Fe₂O₃fer liquiderailrailmoule
  • a) Déterminez la variation d'enthalpie de la réaction de soudure par la loi de Hess, en indiquant comment vous combinez les deux équations.
  • b) Une portion de soudure contient 12,0 kg de mélange en proportions stœchiométriques. Quelle énergie libère-t-elle ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/2

a)
b)
Voir la correction

Réponses

  • a) (1) −- (2) : ΔH=−851,5\Delta H=-851{,}5 kJ
  • b) 56,1756{,}17 mol de réaction, énergie 4,78×1044{,}78\times 10^{4} kJ
a)

On cherche une combinaison des équations connues dont la somme redonne l'équation de soudure.

On garde (1) telle quelle : elle produit Al2O3Al_{2}O_{3} et consomme 2Al2Al, comme la soudure.

On inverse (2) : Fe2O3(s)→2Fe(s)+32O2(g)Fe_{2}O_{3}(s)\rightarrow 2Fe(s)+\frac{3}{2}O_{2}(g), ΔH=+824,2\Delta H=+824{,}2 kJ. Elle consomme Fe2O3Fe_{2}O_{3} et produit 2Fe2Fe.

En additionnant, 32O2\frac{3}{2}O_{2} s'élimine des deux côtés, et il reste l'équation de soudure.

ΔH=ΔH1−ΔH2=−1675,7+824,2=−851,5\Delta H=\Delta H_{1}-\Delta H_{2}=-1675{,}7+824{,}2=-851{,}5 kJ.

La réaction est très exothermique : l'oxyde d'aluminium est beaucoup plus stable que l'oxyde de fer, et l'aluminium « arrache » l'oxygène au fer.

Piège : inverser une équation sans changer le signe de son ΔH. On obtiendrait −2499,9-2499{,}9 kJ, une valeur qu'aucun cycle ne justifie.

Le cycle de Hess du corrigé montre les deux chemins entre les mêmes états.

b)

Une « mole de réaction » met en jeu 22 mol d'aluminium et 11 mol d'oxyde de fer(III) :

2×26,98+159,69=213,652\times 26{,}98+159{,}69=213{,}65 g de mélange.

Nombre de moles de réaction dans la portion : 12 000213,65=56,17\dfrac{12\ 000}{213{,}65}=56{,}17.

Énergie libérée : 56,17×851,5=4,78×10456{,}17\times 851{,}5=4{,}78\times 10^{4} kJ.

C'est assez pour porter la masse de fer produite, 6,3 kg, bien au-delà de sa température de fusion : le fer coule liquide dans le moule et soude les deux rails.

Piège : diviser 12,0 kg par la seule masse molaire de l'oxyde de fer. La portion contient les deux réactifs, et c'est leur masse totale par mole de réaction qui compte.

Ce qui est évalué. Utilisation pertinente des connaissances : l'équation (2) inversée AVEC son signe, et la combinaison écrite, pas seulement le résultat.

Production adéquate d'explications : la masse d'une mole de réaction justifiée, et une énergie donnée avec son unité et trois chiffres significatifs, comme les données.

2 Al + 2 Fe + 3/2 O₂2 Al + Fe₂O₃Al₂O₃ + 2 FeΔH₂ = −824,2 kJΔH = −851,5 kJΔH₁ = −1675,7 kJenthalpie (kJ)

Exercice 6 : Décolorer les eaux d'une teinturerie

4 points La vitesse de réactionProblèmes de cinétique chimique

Avant de rejeter ses eaux, une teinturerie décolore un colorant résiduel DD par l'ion hypochlorite de l'eau de Javel : D+OCl−→D+OCl^{-}\rightarrow produits incolores. On a mesuré la vitesse initiale de disparition du colorant pour trois mélanges, à 25 °C.

Essai[D] (mol/L)[OCl⁻] (mol/L)Vitesse initiale (mol/(L·s))
12,0 × 10⁻⁵0,0201,2 × 10⁻⁷
24,0 × 10⁻⁵0,0202,4 × 10⁻⁷
34,0 × 10⁻⁵0,0607,2 × 10⁻⁷
  • a) Écrivez la loi des vitesses, en justifiant chaque ordre par les essais que vous comparez, puis calculez la constante de vitesse kk.
  • b) Dans la cuve de traitement, [D]=3,0×10−5[D]=3{,}0\times 10^{-5} mol/L et [OCl−]=0,15[OCl^{-}]=0{,}15 mol/L. Quelle est la vitesse initiale de décoloration ?

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a)
b)
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Réponses

  • a) v=k[D][OCl−]v=k[D][OCl^{-}], k=0,30k=0{,}30 L/(mol·s)
  • b) v=1,35×10−6v=1{,}35\times 10^{-6} mol/(L·s)
a)

On compare deux essais où UNE seule concentration change.

Essais 1 et 2 : [OCl−][OCl^{-}] est identique, [D][D] double, et la vitesse double (2,41,2=2=21\frac{2{,}4}{1{,}2}=2=2^{1}). Ordre 11 par rapport au colorant.

Essais 2 et 3 : [D][D] est identique, [OCl−][OCl^{-}] triple, et la vitesse triple (7,22,4=3=31\frac{7{,}2}{2{,}4}=3=3^{1}). Ordre 11 par rapport à l'hypochlorite.

Loi des vitesses : v=k[D][OCl−]v=k[D][OCl^{-}].

k=v[D][OCl−]=1,2×10−72,0×10−5×0,020=0,30k=\dfrac{v}{[D][OCl^{-}]}=\dfrac{1{,}2\times 10^{-7}}{2{,}0\times 10^{-5}\times 0{,}020}=0{,}30 L/(mol·s).

Contrôle avec l'essai 3 : 7,2×10−74,0×10−5×0,060=0,30\dfrac{7{,}2\times 10^{-7}}{4{,}0\times 10^{-5}\times 0{,}060}=0{,}30 ✓.

Piège : comparer les essais 1 et 3. Les deux concentrations y changent à la fois, et on ne peut plus attribuer le facteur 6 de la vitesse à l'une ou à l'autre.

b)

On applique la loi trouvée aux concentrations de la cuve :

v=0,30×3,0×10−5×0,15=1,35×10−6v=0{,}30\times 3{,}0\times 10^{-5}\times 0{,}15=1{,}35\times 10^{-6} mol/(L·s).

La cuve contient beaucoup plus d'hypochlorite que les essais : la vitesse est onze fois celle de l'essai 1, ce qui raccourcit d'autant le temps de traitement au départ.

Piège : oublier que la concentration du colorant a AUSSI changé, et multiplier seulement par le rapport des concentrations d'hypochlorite.

Ce qui est évalué. Interprétation appropriée de la problématique : le choix des paires d'essais, justifié par la concentration qui reste constante.

Utilisation pertinente des connaissances : les ordres déduits des facteurs, la loi écrite, la constante avec son unité. Une constante sans unité est une réponse incomplète.

Exercice 7 : Le tartre d'une machine à espresso

4 points Les solides peu solubles et Kps

La solubilité du carbonate de calcium dans l'eau pure à 25 °C est de 5,85{,}8 mg/L (M(CaCO3)=100,09M(CaCO_{3})=100{,}09 g/mol).

L'eau du robinet d'une ville contient [Ca2+]=2,5×10−3[Ca^{2+}]=2{,}5\times 10^{-3} mol/L. Froide, elle contient [CO32−]=1,0×10−6[CO_{3}^{2-}]=1{,}0\times 10^{-6} mol/L ; dans la chaudière d'une machine à espresso, le chauffage chasse le dioxyde de carbone dissous, et [CO32−][CO_{3}^{2-}] monte à 2,0×10−52{,}0\times 10^{-5} mol/L. On admet que KpsK_{ps} garde sa valeur de 25 °C.

Ca²⁺CO₃²⁻Ca²⁺CO₃²⁻Ca²⁺CO₃²⁻Ca²⁺CO₃²⁻tartre : dépôt de CaCO₃eau chauffée dans la chaudière
  • a) Écrivez l'équation de dissociation et l'expression de KpsK_{ps}, puis calculez KpsK_{ps}.
  • b) Comparez le produit des concentrations ioniques QQ à KpsK_{ps} dans l'eau froide et dans la chaudière. Où le tartre se dépose-t-il ?

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a)
b)
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Réponses

  • a) Kps=[Ca2+][CO32−]=3,4×10−9K_{ps}=[Ca^{2+}][CO_{3}^{2-}]=3{,}4\times 10^{-9}
  • b) Eau froide Q=2,5×10−9<KpsQ=2{,}5\times 10^{-9}<K_{ps} ; chaudière Q=5,0×10−8>KpsQ=5{,}0\times 10^{-8}>K_{ps} : tartre dans la chaudière
a)

CaCO3(s)⇌Ca2+(aq)+CO32−(aq)CaCO_{3}(s)\rightleftharpoons Ca^{2+}(aq)+CO_{3}^{2-}(aq), donc Kps=[Ca2+][CO32−]K_{ps}=[Ca^{2+}][CO_{3}^{2-}].

Solubilité molaire : s=5,8×10−3 g/L100,09 g/mol=5,8×10−5s=\dfrac{5{,}8\times 10^{-3}\ g/L}{100{,}09\ g/mol}=5{,}8\times 10^{-5} mol/L.

Chaque unité dissoute libère un ion de chaque sorte : [Ca2+]=[CO32−]=s[Ca^{2+}]=[CO_{3}^{2-}]=s.

Kps=s2=(5,8×10−5)2=3,4×10−9K_{ps}=s^{2}=(5{,}8\times 10^{-5})^{2}=3{,}4\times 10^{-9}.

Piège : oublier de convertir les milligrammes en grammes. On trouverait une solubilité mille fois trop grande et un Kps un million de fois trop grand.

b)

Eau froide : Q=2,5×10−3×1,0×10−6=2,5×10−9Q=2{,}5\times 10^{-3}\times 1{,}0\times 10^{-6}=2{,}5\times 10^{-9}.

Q<KpsQ<K_{ps} : la solution n'est pas saturée, rien ne précipite dans les tuyaux d'eau froide.

Chaudière : Q=2,5×10−3×2,0×10−5=5,0×10−8Q=2{,}5\times 10^{-3}\times 2{,}0\times 10^{-5}=5{,}0\times 10^{-8}.

Q>KpsQ>K_{ps}, environ quinze fois plus : la solution est sursaturée, le carbonate de calcium précipite jusqu'à ce que QQ redescende à KpsK_{ps}. C'est le tartre, sur les parois chaudes.

En réalité, le Kps du calcaire diminue quand la température monte, ce qui renforce encore le dépôt dans la chaudière : notre hypothèse est prudente.

Piège : comparer les concentrations d'ions entre elles, ou comparer une seule concentration à Kps. C'est le PRODUIT des concentrations, écrit comme Kps, qu'on compare.

Ce qui est évalué. Utilisation pertinente des connaissances : l'expression de Kps, la solubilité convertie en mol/L, le critère Q contre Kps.

Production adéquate d'explications : la conclusion pour CHAQUE eau, reliée au chauffage qui fait monter la concentration des ions carbonate.

Exercice 8 : L'acide lactique du lactosérum

4 points L'équilibre chimique

Une fromagerie doit neutraliser son lactosérum acide avant de le rejeter. On l'assimile à une solution d'acide lactique HC3H5O3HC_{3}H_{5}O_{3}, un monoacide, de concentration 0,0500{,}050 mol/L. Le pH-mètre de la fromagerie affiche 2,592{,}59 à 25 °C.

  • a) Écrivez l'équation d'ionisation et l'expression de KaK_{a}, puis déterminez KaK_{a} à partir de la mesure du pH.
  • b) Quel pourcentage des molécules d'acide est ionisé ? L'acide lactique est-il fort ou faible ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/4

a)
b)
Voir la correction

Réponses

  • a) [H+]=2,57×10−3[H^{+}]=2{,}57\times 10^{-3} mol/L, Ka=1,4×10−4K_{a}=1{,}4\times 10^{-4}
  • b) 5,15{,}1 % d'ionisation : acide faible
a)

HC3H5O3(aq)⇌H+(aq)+C3H5O3−(aq)HC_{3}H_{5}O_{3}(aq)\rightleftharpoons H^{+}(aq)+C_{3}H_{5}O_{3}^{-}(aq) et Ka=[H+][C3H5O3−][HC3H5O3]K_{a}=\dfrac{[H^{+}][C_{3}H_{5}O_{3}^{-}]}{[HC_{3}H_{5}O_{3}]}.

Le pH donne directement l'ionisation : [H+]=10−2,59=2,57×10−3[H^{+}]=10^{-2{,}59}=2{,}57\times 10^{-3} mol/L.

Chaque molécule ionisée libère un ion H+H^{+} et un ion lactate : [C3H5O3−]=2,57×10−3[C_{3}H_{5}O_{3}^{-}]=2{,}57\times 10^{-3} mol/L.

Il reste en acide non ionisé 0,050−0,00257=0,04740{,}050-0{,}00257=0{,}0474 mol/L.

Ka=(2,57×10−3)20,0474=1,4×10−4K_{a}=\dfrac{(2{,}57\times 10^{-3})^{2}}{0{,}0474}=1{,}4\times 10^{-4}.

Piège : diviser par 0,0500{,}050 au lieu de 0,04740{,}0474. L'écart est faible ici, mais la concentration à l'équilibre est celle de l'acide qui RESTE, pas celle qu'on a dissous.

b)

Pourcentage d'ionisation : 2,57×10−30,050×100=5,1\dfrac{2{,}57\times 10^{-3}}{0{,}050}\times 100=5{,}1 %.

Moins d'une molécule sur dix-neuf est ionisée : l'acide lactique est un acide FAIBLE, ce que confirme sa petite constante d'acidité.

Un acide fort à 0,0500{,}050 mol/L serait ionisé à 100 % et aurait un pH de −log⁡0,050=1,30-\log 0{,}050=1{,}30.

Piège : conclure « fort » parce que le pH est bas. Un pH bas peut venir d'une forte concentration ; la force se lit sur l'ionisation partielle ou sur Ka.

Ce qui est évalué. Interprétation appropriée de la problématique : voir que le pH mesuré donne la concentration des ions à l'équilibre, donc Ka.

Production adéquate d'explications : la conclusion « faible » appuyée sur le pourcentage d'ionisation, pas sur la seule valeur du pH.

Section C : problèmes d'analyse (/20)

Exercice 9 : Problème d'analyse : la ration autochauffante

10 points Problèmes de thermochimieStœchiométrie gazeuse et mélanges de gaz

Les rations de randonnée autochauffantes se réchauffent sans flamme : on verse un peu d'eau dans le manchon, et un sachet de magnésium réagit avec elle en dégageant de la chaleur et du dihydrogène (document 1). Le fabricant donne les caractéristiques du document 2.

Le mode d'emploi interdit de chauffer la ration dans un espace clos. On veut vérifier que le sachet suffit, puis comprendre cette interdiction.

repas300 gH₂(g) s'échappesachet chauffant : 8,0 g de Mgeau ajoutéemanchon de la ration
Document 1 : la ration dans son manchon, pendant le chauffage.
GrandeurValeur
Réaction du sachetMg(s) + 2 H₂O(l) → Mg(OH)₂(s) + H₂(g)
Enthalpie de la réactionΔH = −353 kJ par mole de Mg
Magnésium dans le sachet8,0 g (M = 24,31 g/mol)
Repas300 g, c = 3,80 J/(g·°C)
Température du repasde 5,0 °C à 65,0 °C
Part de la chaleur reçue par le repas60 %
Volume molaire à 25 °C et 101,3 kPa24,5 L/mol
Limite d'inflammabilité du dihydrogène dans l'air4,0 % en volume
Document 2 : les données du fabricant et de la chimie.
  • a) Quelle énergie le repas doit-il recevoir pour passer de 5,0 °C à 65,0 °C ?
  • b) Calculez la masse minimale de magnésium qui permet ce chauffage. Le sachet de 8,0 g suffit-il ?
  • c) Quel volume de dihydrogène les 8,0 g de magnésium dégagent-ils à 25 °C et 101,3 kPa ?
  • d) Pour aller plus vite, un campeur chauffe quatre rations à la fois dans le coffre fermé de sa voiture, de 400 L. Le coffre n'est pas étanche : la pression y reste de 101,3 kPa, et le dihydrogène y remplace l'air qui s'échappe. Calculez la fraction volumique et la pression partielle du dihydrogène dans le coffre. Le mélange est-il inflammable ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Q=68,4Q=68{,}4 kJ
  • b) E=114E=114 kJ, m(Mg)=7,85m(Mg)=7{,}85 g : le sachet de 8,08{,}0 g suffit
  • c) n(H2)=0,329n(H_{2})=0{,}329 mol, V=8,06V=8{,}06 L
  • d) 32,332{,}3 L dans 400400 L : 8,18{,}1 %, PH2=8,2P_{H_{2}}=8{,}2 kPa, au-delà de 4,04{,}0 % : inflammable

Démarche. Deux concepts se croisent : l'énergie (combien de chaleur, donc combien de réactif) et les gaz (combien de dihydrogène, et ce qu'il devient dans un volume fermé). Le lien entre les deux est la quantité de magnésium, en moles.

a)

Le repas reçoit une quantité de chaleur Q=mcΔTQ=mc\Delta T :

ΔT=65,0−5,0=60,0\Delta T=65{,}0-5{,}0=60{,}0 °C.

Q=300×3,80×60,0=68 400Q=300\times 3{,}80\times 60{,}0=68\ 400 J, soit 68,468{,}4 kJ.

Piège : prendre la chaleur massique de l'eau, 4,19 J/(g·°C). Le repas n'est pas de l'eau, et le document donne sa propre valeur.

b)

Seulement 60 % de la chaleur de réaction atteint le repas ; le reste chauffe l'eau, le manchon et l'air. La réaction doit donc libérer davantage :

E=68,40,60=114E=\dfrac{68{,}4}{0{,}60}=114 kJ.

Chaque mole de magnésium libère 353353 kJ : n(Mg)=114353=0,323n(Mg)=\dfrac{114}{353}=0{,}323 mol.

m(Mg)=0,323×24,31=7,85m(Mg)=0{,}323\times 24{,}31=7{,}85 g.

Le sachet de 8,08{,}0 g suffit, avec une marge faible, d'environ 22 % : le fabricant a dimensionné le sachet au plus juste.

Piège : multiplier par 0,600{,}60 au lieu de diviser. On trouverait 2,832{,}83 g, et on croirait le sachet près de trois fois trop gros. Les pertes obligent à produire PLUS que ce que le repas reçoit.

c)

Tout le magnésium du sachet réagit, chaque mole libère une mole de dihydrogène :

n(H2)=n(Mg)=8,024,31=0,329n(H_{2})=n(Mg)=\dfrac{8{,}0}{24{,}31}=0{,}329 mol.

V=n×Vm=0,329×24,5=8,06V=n\times V_{m}=0{,}329\times 24{,}5=8{,}06 L.

Contrôle par la loi des gaz parfaits : V=0,329×8,314×298,15101,3=8,05V=\dfrac{0{,}329\times 8{,}314\times 298{,}15}{101{,}3}=8{,}05 L ✓.

Piège : utiliser le volume molaire de 22,4 L/mol, valable à 0 °C. À 25 °C, c'est 24,5 L/mol.

d)

Quatre rations dégagent 4×8,06=32,34\times 8{,}06=32{,}3 L de dihydrogène.

Fraction volumique dans le coffre de 400400 L : 32,3400=8,1\dfrac{32{,}3}{400}=8{,}1 %.

Par l'hypothèse d'Avogadro, la fraction en volume est aussi la fraction molaire, et la loi de Dalton donne la pression partielle :

PH2=0,081×101,3=8,2P_{H_{2}}=0{,}081\times 101{,}3=8{,}2 kPa.

8,18{,}1 % dépasse la limite d'inflammabilité de 4,04{,}0 % : le coffre contient un mélange qui s'enflamme à la moindre étincelle. Une seule ration y donnerait déjà 8,06400=2,0\frac{8{,}06}{400}=2{,}0 %, la moitié du seuil.

C'est la raison chimique de l'interdiction : le danger ne vient pas de la chaleur, mais du gaz combustible qui s'accumule là où il ne peut pas se disperser.

Piège : chercher un danger dans la température du repas, ou oublier que les quatre rations additionnent leur dihydrogène.

Ce qui est évalué. Interprétation appropriée de la problématique : relier le chauffage, la masse de magnésium et le gaz produit, et repérer dans le document 2 les données utiles à chaque question.

Utilisation pertinente des connaissances : Q=mcΔTQ=mc\Delta T, la part de 60 % appliquée dans le bon sens, la stœchiométrie mole à mole, le volume molaire à 25 °C, la loi de Dalton.

Production adéquate d'explications : deux décisions écrites en phrases, « le sachet suffit » et « le mélange est inflammable », chacune appuyée sur une comparaison chiffrée.

Une copie qui calcule juste mais ne conclut ni en b) ni en d) perd l'essentiel des points de la production d'explications.

Exercice 10 : Problème d'analyse : produire du dihydrogène en deux étages

10 points L'équilibre chimiqueLa vitesse de réaction

Une usine produit du dihydrogène pour des autobus à pile à combustible. Elle convertit le monoxyde de carbone par la vapeur d'eau : CO(g)+H2O(g)⇌CO2(g)+H2(g)CO(g)+H_{2}O(g)\rightleftharpoons CO_{2}(g)+H_{2}(g), ΔH=−41\Delta H=-41 kJ. Le procédé compte deux étages (document 1), chacun garni d'un catalyseur et conduit jusqu'à l'équilibre.

Le catalyseur au cuivre perd son activité au-dessus de 550 K. Le document 2 donne la constante d'équilibre et la durée nécessaire pour atteindre l'équilibre.

étage 1700 Kfer-chromeéchan-geurétage 2500 KcuivreCO+ H₂OCO₂+ H₂refroidissement
Document 1 : le procédé en deux étages.
T (K)KcDurée pour atteindre l'équilibre
5001,2 × 10²plus de 2 h (fer-chrome) ; 20 s (cuivre)
600272 min (fer-chrome)
7009,015 s (fer-chrome)
8004,04 s (fer-chrome)
Document 2 : constante d'équilibre et durée de mise à l'équilibre.
  • a) Dans l'étage 1, à 700 K, on introduit 1,00 mol/L de monoxyde de carbone et 1,00 mol/L de vapeur d'eau. Calculez la concentration de dihydrogène à l'équilibre et le taux de conversion du monoxyde de carbone.
  • b) Pour améliorer la conversion de l'étage 1, on propose : doubler la pression ; refroidir le réacteur ; injecter de la vapeur en excès, jusqu'à 3,00 mol/L au départ. Prédisez l'effet de chaque proposition sur l'équilibre, puis calculez le taux de conversion obtenu avec l'excès de vapeur.
  • c) Pourquoi l'étage 1 travaille-t-il à 700 K, alors que la conversion à l'équilibre y est plus faible qu'à 500 K ? Doubler la pression change-t-il la vitesse de la réaction ? Le catalyseur au cuivre change-t-il la valeur de Kc ?
  • d) Le gaz qui sort de l'étage 1 de la question a) est refroidi, puis traverse l'étage 2 à 500 K jusqu'à l'équilibre. Calculez le taux de conversion global du monoxyde de carbone, et expliquez pourquoi l'usine utilise deux étages.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) [H2]=0,75[H_{2}]=0{,}75 mol/L, conversion 7575 %
  • b) Pression : aucun déplacement ; refroidir et excès de vapeur : vers les produits ; conversion 95,195{,}1 %
  • c) Vitesse trop faible à 500 K avec le fer-chrome ; la pression augmente la vitesse ; le catalyseur ne change pas KcK_{c}
  • d) Conversion globale 91,691{,}6 % : vitesse à l'étage chaud, rendement à l'étage froid

Démarche. Deux concepts tirent la température en sens contraires : l'équilibre (où la réaction s'arrête) et la vitesse (en combien de temps elle y arrive). On traite d'abord l'équilibre par un tableau IVE, puis la vitesse par la théorie des collisions.

a)

Tableau IVE, en mol/L, avec xx la concentration de dihydrogène formé :

Initial : [CO]=1,00[CO]=1{,}00, [H2O]=1,00[H_{2}O]=1{,}00, [CO2]=0[CO_{2}]=0, [H2]=0[H_{2}]=0.

Variation : −x-x, −x-x, +x+x, +x+x.

Équilibre : 1,00−x1{,}00-x, 1,00−x1{,}00-x, xx, xx.

Kc=[CO2][H2][CO][H2O]=x2(1,00−x)2=9,0K_{c}=\dfrac{[CO_{2}][H_{2}]}{[CO][H_{2}O]}=\dfrac{x^{2}}{(1{,}00-x)^{2}}=9{,}0.

Les deux membres sont des carrés : x1,00−x=3,0\dfrac{x}{1{,}00-x}=3{,}0, d'où x=3,0−3,0xx=3{,}0-3{,}0x et x=0,75x=0{,}75 mol/L.

[H2]=0,75[H_{2}]=0{,}75 mol/L ; taux de conversion du CO : 0,751,00=75\dfrac{0{,}75}{1{,}00}=75 %.

Contrôle : 0,7520,252=9,0\dfrac{0{,}75^{2}}{0{,}25^{2}}=9{,}0 ✓.

Piège : écrire Kc avec une somme, ou oublier que le monoxyde de carbone restant vaut 1,00 − x et non 1,00.

b)

Doubler la pression : chaque membre compte deux moles de gaz. Le principe de Le Chatelier ne trouve aucun sens qui diminue le nombre de moles de gaz : aucun déplacement.

Refroidir : l'équilibre se déplace dans le sens exothermique, la réaction directe (ΔH<0\Delta H<0) : vers les produits, ce que confirme Kc plus grand à basse température dans le document 2.

Excès de vapeur : ajouter un réactif déplace l'équilibre dans le sens qui le consomme, vers les produits.

Calcul avec 3,003{,}00 mol/L de vapeur : x2(1,00−x)(3,00−x)=9,0\dfrac{x^{2}}{(1{,}00-x)(3{,}00-x)}=9{,}0.

x2=9,0(3,00−4,00x+x2)x^{2}=9{,}0(3{,}00-4{,}00x+x^{2}), soit 8,0x2−36x+27=08{,}0x^{2}-36x+27=0.

x=36−362−4×8,0×272×8,0=0,951x=\dfrac{36-\sqrt{36^{2}-4\times 8{,}0\times 27}}{2\times 8{,}0}=0{,}951 mol/L (l'autre racine, 3,553{,}55, dépasse la quantité de CO : rejetée).

Taux de conversion : 95,195{,}1 %, contre 7575 % sans excès.

Piège : croire que doubler la pression favorise toujours les produits. Il faut COMPTER les moles de gaz de chaque côté ; ici, deux contre deux.

c)

La vitesse : à 500 K, avec le fer-chrome, l'équilibre demande plus de deux heures. Peu de molécules ont l'énergie d'activation, et les collisions efficaces sont rares. À 700 K, il est atteint en 15 s : l'usine traite beaucoup plus de gaz par heure, au prix d'un rendement plus faible.

Doubler la pression double les concentrations : les collisions sont plus fréquentes et la vitesse augmente, même si l'équilibre ne bouge pas. Pression et équilibre ne répondent pas à la même question.

Le catalyseur au cuivre abaisse l'énergie d'activation : il accélère les réactions directe et inverse autant l'une que l'autre et ne change pas Kc. Il fait seulement atteindre plus vite le même équilibre, 20 s au lieu de plus de deux heures à 500 K.

Piège : penser qu'un catalyseur améliore la conversion. Il améliore la vitesse.

d)

À l'entrée de l'étage 2 : [CO]=[H2O]=0,25[CO]=[H_{2}O]=0{,}25 et [CO2]=[H2]=0,75[CO_{2}]=[H_{2}]=0{,}75 mol/L. Q=0,7520,252=9,0<Kc=1,2×102Q=\dfrac{0{,}75^{2}}{0{,}25^{2}}=9{,}0<K_{c}=1{,}2\times 10^{2} : la réaction repart vers les produits.

Avec yy la concentration de CO converti en plus : (0,75+y)2(0,25−y)2=120\dfrac{(0{,}75+y)^{2}}{(0{,}25-y)^{2}}=120, donc 0,75+y0,25−y=120=10,95\dfrac{0{,}75+y}{0{,}25-y}=\sqrt{120}=10{,}95.

y=10,95×0,25−0,751+10,95=0,166y=\dfrac{10{,}95\times 0{,}25-0{,}75}{1+10{,}95}=0{,}166 mol/L.

Conversion globale : 0,75+0,1661,00=91,6\dfrac{0{,}75+0{,}166}{1{,}00}=91{,}6 %.

C'est exactement la conversion qu'on obtiendrait à 500 K en un seul étage : l'équilibre ne dépend pas du chemin suivi, seulement de la composition totale et de la température finale.

Pourquoi deux étages ? L'étage 1, chaud, convertit vite les trois quarts du CO ; l'étage 2, froid, pousse l'équilibre jusqu'à 91,6 % avec le cuivre, qui serait détruit par la chaleur d'un gaz encore riche en CO, puisque la réaction est exothermique. Chaque étage fait ce que l'autre ne peut pas faire.

Piège : repartir de 1,00 mol/L de chaque réactif à l'étage 2. Le gaz qui y entre a déjà réagi.

Ce qui est évalué. Interprétation appropriée de la problématique : voir que l'équilibre et la vitesse sont deux contraintes distinctes, et lire le document 2 pour chacune.

Utilisation pertinente des connaissances : le tableau IVE, le principe de Le Chatelier appliqué à chaque perturbation (le décompte des moles de gaz pour la pression), la théorie des collisions et le rôle d'un catalyseur.

Production adéquate d'explications : une justification pour chaque prédiction de b) et c), et une phrase qui dit pourquoi deux étages valent mieux qu'un. Le calcul juste sans l'explication du compromis ne rapporte que la moitié des points de d).

4505005506006507007508008505060708090100étage 1 seul : 75 %deux étages : 91,6 %T (K)conversion du CO (%)
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