Exercices corrigés : les fonctions périodiques (math SN, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique SN de cinquième secondaire sur les fonctions périodiques, calibrés sur le niveau réel des évaluations. C'est le chapitre qui ouvre le bloc trigonométrique, et il vaut la peine d'être pris au sérieux : la sinusoïde des chapitres suivants n'est qu'une fonction périodique parmi d'autres.
Le fil de la série tient en une phrase : une fonction périodique ne contient qu'un cycle d'information, et en cinquième secondaire ce cycle ne se lit plus seulement, il se MANIPULE. Les paramètres a, b, h et k le transforment, les opérations sur les fonctions le combinent, et la réciproque s'y brise faute d'injectivité.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•DÉFINITION : f est périodique de période p lorsque f(x+p)=f(x) pour toute valeur de x. Le motif se répète indéfiniment, vers la droite comme vers la gauche.
•LA PÉRIODE se mesure entre deux points QUI SE CORRESPONDENT, deux maximums consécutifs par exemple, jamais d'un maximum au minimum suivant, qui ne donne qu'une demi-période.
•TOUT MULTIPLE d'une période est encore une période. Celle qu'on demande est toujours la PLUS PETITE.
•L'AMPLITUDE vaut 2max−min, la MOITIÉ de l'écart entre les extrêmes. L'axe de référence est la droite y=2max+min.
•PÉRIODE D'UNE TRANSFORMÉE : af(b(x−h))+k a pour période ∣b∣p. Seul b touche la période, et il agit à l'INVERSE.
•AMPLITUDE ET AXE D'UNE TRANSFORMÉE : l'amplitude est multipliée par ∣a∣, et l'axe de référence passe de y=c à y=ac+k.
•RÉDUIRE DANS LE CYCLE : quand le cycle de référence est [h;h+p[, on calcule h+((x−h)modp). Le reste brut de la division ne suffit que si h=0.
•RÉSOUDRE f(x)=k : on trouve d'abord toutes les solutions du cycle, souvent deux, une à la montée et une à la descente, puis on ajoute np à chacune pour tout entier n.
•SOMME DE DEUX PÉRIODIQUES : si f a la période p et g la période q, alors f+g est périodique et sa période est le plus petit multiple commun de p et de q, jamais p+q ni p×q.
•PAS DE RÉCIPROQUE : une fonction périodique non constante n'est jamais injective, chaque valeur ayant une infinité d'antécédents. Il faut restreindre à un intervalle de monotonie.
•TOUTE SINUSOÏDE EST PÉRIODIQUE, mais la réciproque est fausse : un signal triangulaire, une fonction en escalier décalée ou un profil de came sont périodiques sans être des sinusoïdes.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Lire un motif : période, amplitude et axe de référence
Un générateur de laboratoire délivre un signal TRIANGULAIRE. La tension u, en volts, est relevée en fonction du temps t, en millisecondes.
Une fonction est PÉRIODIQUE de période p lorsque u(t+p)=u(t) pour toute valeur de t. Tout le chapitre tient dans cette égalité : le graphique ne contient qu'un cycle d'information, répété indéfiniment vers la droite comme vers la gauche.
a) Justifiez que le signal est périodique, et donnez sa période.
b) Donnez le maximum, le minimum, l'amplitude et l'équation de l'axe de référence.
c) Donnez la valeur initiale, puis calculez u(7) et u(10).
d) Ce signal est-il une sinusoïde ? Justifiez, et dites ce que votre réponse implique pour la suite du chapitre.
d)Non : toute sinusoïde est périodique, mais la réciproque est fausse
a)
Le motif qui va du minimum −2 V au maximum 6 V puis revient au minimum occupe l'intervalle [0;4], et il recommence à l'identique sur [4;8] puis sur [8;12]. On lit donc u(t+4)=u(t), et la période vaut p=4 ms. La mesure se prend entre deux points QUI SE CORRESPONDENT, deux maximums consécutifs par exemple, t=2 et t=6 : jamais d'un maximum au minimum suivant, qui ne donne qu'une demi-période. Cette confusion coûte la question entière, puisque toutes les réductions qui suivent en dépendent.
b)
Le maximum vaut 6 V, le minimum −2 V. L'amplitude est la MOITIÉ de l'écart entre les deux : 26−(−2)=28=4 V. L'axe de référence est la droite horizontale à mi-hauteur, y=26+(−2)=2. Répondre 8 V à l'amplitude est l'erreur la plus fréquente du chapitre : l'écart total n'est pas l'amplitude, il en vaut le double.
c)
La valeur initiale est u(0)=−2 V, lue à l'origine. Pour u(7), on retire une période entière : 7−4=3, donc u(7)=u(3). Sur [2;4] le signal descend de 6 à −2 avec la règle u(t)=−4t+14, d'où u(3)=−12+14=2 V. Pour u(10), on retire deux périodes : 10−8=2, et u(2)=6 V, le maximum. On vérifie sur le graphique que t=10 tombe bien sur une pointe, ce qui confirme le calcul.
d)
Non. Une sinusoïde est une courbe LISSE, sans point anguleux, et sa pente change sans cesse ; ici le signal monte à taux constant, casse net au sommet et redescend à taux constant. Il est pourtant périodique. Conclusion à retenir pour tout le chapitre : toute sinusoïde est périodique, mais la réciproque est FAUSSE. Les outils vus ici, période, amplitude, axe de référence, réduction dans le cycle, valent pour n'importe quel motif répété ; la sinusoïde des chapitres suivants n'en sera qu'un cas particulier, celui où le motif est une courbe trigonométrique.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Démontrer qu'une fonction est périodique
En cinquième secondaire, on ne se contente plus de LIRE la périodicité sur un dessin : on la DÉMONTRE, en revenant à l'égalité f(x+p)=f(x).
Soit g la fonction de période 6 dont la règle sur le cycle [0;6[ est g(x)=2x si 0≤x<3, et g(x)=12−2x si 3≤x<6.
a) Calculez g(2), g(8) et g(14), puis dites quelle égalité justifie les deux derniers calculs.
b) Une fonction h vérifie h(x+4)=h(x) pour tout x. Le nombre 8 est-il une période de h ? Et le nombre 2 ?
c) Démontrez que v(x)=x−⌊x⌋ est périodique, et donnez sa période.
d) Démontrez que w(x)=x2 n'est périodique pour aucune valeur de p.
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Réponses
a)g(2)=4, g(8)=4, g(14)=4, par g(x+6)=g(x)
b)8 oui, 2 pas forcément
c)Périodique de période 1
d)Non : w(0)=0 et w(0+p)=p2=0 dès que p>0
a)
2 appartient à [0;3[, donc g(2)=2×2=4. Pour g(8), on écrit 8=2+6 et l'égalité de périodicité donne g(8)=g(2+6)=g(2)=4. Pour g(14), on l'applique deux fois : g(14)=g(8+6)=g(8)=g(2)=4. C'est l'égalité g(x+6)=g(x) qui autorise les deux, et il faut l'écrire : un correcteur attend la justification, pas seulement le nombre.
b)
Le nombre 8 EST une période, et cela se démontre en une ligne : h(x+8)=h((x+4)+4)=h(x+4)=h(x). De façon générale, tout multiple entier positif d'une période est encore une période, ce qui explique qu'on demande toujours la PLUS PETITE. Le nombre 2, lui, n'est pas garanti : l'énoncé ne dit rien de h(x+2). Un contre-exemple suffit à le montrer, la fonction v de la question c) décalée pour avoir la période 4 prend des valeurs différentes en 0 et en 2. Confondre « 4 est une période » avec « 4 est LA période » est le piège de cette question.
c)
On part de la propriété de la partie entière établie au chapitre de la fonction en escalier : ⌊x+1⌋=⌊x⌋+1 pour tout réel x, puisque ajouter un entier ne change pas la position de x entre deux entiers consécutifs. Alors v(x+1)=(x+1)−⌊x+1⌋=(x+1)−(⌊x⌋+1)=x−⌊x⌋=v(x). Donc 1 est une période. C'est la plus petite, car v croît strictement de 0 à 1 sur [0;1[ : aucune valeur ne s'y répète, donc aucune période ne peut être inférieure à 1. Vérification numérique : v(2,3)=0,3 et v(3,3)=0,3.
d)
Supposons p>0 tel que w(x+p)=w(x) pour tout x. En prenant x=0, on obtient w(p)=w(0), c'est-à-dire p2=0, donc p=0 : contradiction avec p>0. Aucune période n'existe, et w n'est pas périodique. La méthode est à retenir : pour RÉFUTER la périodicité, il suffit d'UNE valeur de x qui casse l'égalité, alors que pour la PROUVER il faut l'établir pour tout x. Un seul contre-exemple réfute, aucun nombre d'exemples ne prouve.
Exercice 3 : La période d'une fonction transformée
C'est le chapitre où les quatre paramètres de la cinquième secondaire rencontrent la périodicité. Pour une base f de période p, la transformée af(b(x−h))+k a pour période ∣b∣p.
La démonstration tient en une ligne. Si g(x)=f(bx), alors g(x+bp)=f(bx+p)=f(bx)=g(x) : le paramètre b agit à l'INVERSE, il DIVISE la période.
Dans tout l'exercice, f est périodique de période 12, d'amplitude 5 et d'axe de référence y=1.
a) Donnez la période de g(x)=f(3x), de u(x)=f(2x) et de w(x)=f(−x).
b) Donnez l'amplitude et l'axe de référence de m(x)=−2f(x)+3.
c) Donnez la période, l'amplitude, l'axe de référence et le décalage horizontal de p(x)=3f(2(x−1))−4.
d) Un élève écrit : « le paramètre b=2 double la période ». Corrigez, et expliquez pourquoi b agit à l'inverse.
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Réponses
a)Périodes 4, 24 et 12
b)Amplitude 10, axe y=1
c)Période 6, amplitude 15, axe y=−1, décalage de 1 vers la droite
d)Elle la DIVISE par 2 : la période devient 6
a)
On applique ∣b∣p à chaque fois. Pour g, b=3 donc la période vaut 312=4 : le motif est comprimé, il se répète trois fois plus souvent. Pour u, b=21 donc la période vaut 1/212=24 : le motif est étiré. Pour w, b=−1 donc la période vaut ∣−1∣12=12 : une réflexion par rapport à l'axe des ordonnées retourne le motif mais ne change ni sa largeur ni sa période. C'est la valeur ABSOLUE de b qui compte, et oublier les barres est l'erreur classique dès que b est négatif.
b)
L'amplitude est multipliée par ∣a∣ : ∣−2∣×5=10. L'axe de référence subit la MÊME transformation que toutes les ordonnées, donc son équation devient y=−2×1+3=1. Le piège est de répondre y=3, en lisant k tout seul : k n'est l'axe que si l'axe de la base était y=0. Ici la base avait déjà un axe à y=1, qui est d'abord multiplié par a, puis translaté de k. Coïncidence à remarquer : l'axe retombe sur y=1, mais par un calcul, pas par hasard. Le signe négatif de a, lui, retourne le motif de haut en bas sans changer l'amplitude, qui est toujours positive.
c)
Les quatre paramètres se lisent séparément. Période : ∣2∣12=6. Amplitude : ∣3∣×5=15. Axe de référence : y=3×1−4=−1. Décalage horizontal : h=1, donc une translation de 1 unité vers la DROITE. Il faut remarquer que l'écriture 3f(2(x−1))−4 est déjà factorisée à l'intérieur de la parenthèse : si l'énoncé avait donné 3f(2x−2)−4, il aurait fallu factoriser d'abord, et le décalage serait resté 1 et non 2. Lire h=2 sur la forme développée coûte la question, et c'est l'erreur la plus fréquente de tout le bloc des paramètres.
d)
L'affirmation est fausse : avec b=2, la période est DIVISÉE par 2 et passe de 12 à 6. La raison est que b multiplie x à l'INTÉRIEUR de la fonction, avant que f n'agisse. Pour que l'argument bx parcoure une période complète p, il suffit que x parcoure bp : x a donc moins de chemin à faire, et le motif se répète plus vite. C'est exactement la même logique que la compression horizontale vue au chapitre des paramètres, et c'est le seul des quatre paramètres dont l'effet est inversé par rapport à sa valeur.
Exercice 4 : Réduire dans le cycle quand le cycle ne commence pas à zéro
La fonction f est périodique de période 6. Son CYCLE DE RÉFÉRENCE est [1;7[, et sa règle y est f(x)=2(x−1) si 1≤x<4, puis f(x)=6−2(x−4) si 4≤x<7.
Le graphique ci-dessous ne montre QUE ce cycle : tout le reste se calcule.
La méthode, quand le cycle commence en h : on retire h, on réduit modulo la période, puis on remet h. Soit x↦h+((x−h)modp).
a) Calculez f(9).
b) Calculez f(20).
c) Calculez f(−4).
d) Calculez f(24), puis expliquez pourquoi le simple reste de la division par 6 ne suffit pas ici.
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Réponses
a)f(9)=f(3)=4
b)f(20)=f(2)=2
c)f(−4)=f(2)=2
d)f(24)=f(6)=2
a)
On retire le décalage, on réduit, on le remet : 1+((9−1)mod6)=1+(8mod6)=1+2=3. Donc f(9)=f(3), et 3 est dans [1;4[ : f(3)=2(3−1)=4. Vérification par le chemin direct : 9−6=3, une seule période retirée, même résultat. Le quotient de la division ne sert à rien, seul le RESTE compte.
b)
1+((20−1)mod6)=1+(19mod6)=1+1=2. Donc f(20)=f(2), et 2 est dans [1;4[ : f(2)=2(2−1)=2. Contrôle : 20−18=2, soit trois périodes retirées, et 2 est bien dans le cycle de référence. Les deux chemins concordent.
c)
Pour un argument négatif, on AJOUTE des périodes entières au lieu d'en retirer : −4+6=2, qui appartient au cycle, donc f(−4)=f(2)=2. La formule générale donne la même chose, 1+((−4−1)mod6)=1+(−5mod6)=1+1=2, à condition de prendre le reste POSITIF de la division. Répondre en s'arrêtant à un nombre négatif est l'erreur type : une fonction périodique se prolonge aussi loin vers la gauche que vers la droite.
d)
1+((24−1)mod6)=1+(23mod6)=1+5=6, donc f(24)=f(6). Comme 6 est dans [4;7[, on a f(6)=6−2(6−4)=6−4=2. Le reste brut de 24 par 6 vaut 0, ce qui conduirait à écrire f(24)=f(0) : or 0 N'APPARTIENT PAS au cycle de référence [1;7[ et la règle n'y est pas définie. C'est tout l'intérêt du décalage h : le reste d'une division tombe toujours dans [0;p[, alors que le cycle de référence est ici [h;h+p[. Sauter cette étape ne se voit pas la plupart du temps, puisque les deux intervalles se recouvrent en grande partie, et c'est précisément ce qui rend l'erreur dangereuse : elle ne se manifeste que sur certaines valeurs, celles dont le reste est inférieur à h.
Exercice 5 : Résoudre une équation : la famille de solutions
On reprend la fonction f de l'exercice 4 : période 6, cycle de référence [1;7[, f(x)=2(x−1) sur [1;4[ et f(x)=6−2(x−4) sur [4;7[.
Résoudre f(x)=k sur R se fait en deux temps : on trouve d'abord toutes les solutions du cycle de référence, puis on y ajoute np pour tout entier n.
a) Résolvez f(x)=4 sur le cycle [1;7[.
b) Donnez toutes les solutions de f(x)=4 sur R.
c) Combien l'équation f(x)=4 a-t-elle de solutions sur [0;50] ?
d) Expliquez pourquoi f n'admet aucune fonction réciproque sur R, et donnez un intervalle où elle en admet une.
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Réponses
a)x=3 et x=5
b)x=3+6n ou x=5+6n, avec n entier
c)16 solutions
d)Elle n'est jamais injective ; sur [1;4] elle l'est, et f−1(y)=1+2y
a)
Il y a deux morceaux, donc on résout dans chacun. Sur la montée, 2(x−1)=4 donne x−1=2, soit x=3, qui appartient bien à [1;4[. Sur la descente, 6−2(x−4)=4 donne 2(x−4)=2, soit x=5, qui appartient à [4;7[. Les deux solutions sont donc x=3 et x=5. Une erreur fréquente consiste à s'arrêter à la première : une horizontale coupe un motif « en toit » à la montée ET à la descente, sauf si elle passe par le sommet, où les deux solutions se confondent.
b)
Chaque solution du cycle engendre une famille, obtenue en ajoutant un nombre entier de périodes. L'ensemble des solutions s'écrit donc x=3+6n ou x=5+6n, où n parcourt les entiers relatifs, négatifs compris. Écrire seulement {3;5} répond à une autre question, celle du cycle, et coûte la moitié des points : l'énoncé demande R.
c)
On compte chaque famille séparément. Pour x=3+6n dans [0;50] : n va de 0 à 7, ce qui donne 3,9,15,21,27,33,39,45, soit huit valeurs, la suivante 51 sortant de l'intervalle. Pour x=5+6n : 5,11,17,23,29,35,41,47, encore huit valeurs, la suivante étant 53. Au total 8+8=16 solutions. Le réflexe utile est de diviser la longueur de l'intervalle par la période, 650≈8,3 cycles, et de multiplier par le nombre de solutions par cycle, ici 2 : on attend environ 16 à 17 solutions, ce qui confirme le compte. Oublier les bornes ou compter un cycle de trop est l'erreur habituelle, et cette estimation la détecte.
d)
Une fonction périodique non constante n'est JAMAIS injective sur R : la question b) vient de le montrer, puisqu'une même valeur 4 possède une infinité d'antécédents. Le test de la droite horizontale échoue donc partout, et pas seulement en deux points comme pour une parabole : il faut restreindre le domaine à un intervalle où f est strictement monotone. Sur [1;4], f croît strictement de 0 à 6, donc elle y admet une réciproque. On l'obtient en isolant x : y=2(x−1) donne x=1+2y, donc f−1(y)=1+2y sur [0;6]. Vérification : f−1(4)=1+2=3, qui est bien la solution trouvée en a) sur la montée. La descente [4;7] donnerait l'autre réciproque, décroissante.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Problème : l'électrocardiogramme
Un électrocardiogramme enregistre la tension électrique du coeur, en millivolts, en fonction du temps, en secondes. Le tracé est périodique : un cycle, un battement.
La ligne de base est à 0 mV, et le pic principal culmine à 1,2 mV.
Rappel de physique : la FRÉQUENCE est l'inverse de la période. Une période mesurée en secondes donne une fréquence en battements par seconde, qu'on multiplie par 60 pour l'exprimer en battements par minute.
a) Donnez la période du tracé, puis la fréquence cardiaque en battements par minute.
b) À l'effort, la fréquence monte à 120 battements par minute. Quelle est la nouvelle période, et quel paramètre est en cause ?
c) Le tracé de repos est f(t). Écrivez la règle du tracé à l'effort sous la forme f(bt), puis vérifiez sa période.
d) Le pic passe en outre de 1,2 mV à 1,5 mV. Complétez la règle et nommez le paramètre responsable.
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Réponses
a)Période 0,8 s, soit 75 battements par minute
b)Période 0,5 s, le paramètre b
c)g(t)=f(1,6t), de période 1,60,8=0,5 s
d)g(t)=1,25f(1,6t), le paramètre a
a)
Le motif complet occupe 0,8 s : on le lit entre deux grands pics consécutifs, à t=0,30 et t=1,10 s. La période vaut donc p=0,8 s. La fréquence est son inverse, 0,81=1,25 battement par seconde, soit 1,25×60=75 battements par minute. Contrôle de plausibilité : 75 est une fréquence de repos normale, entre 60 et 100. Mesurer la période d'un pic au creux qui le suit donnerait 0,4 s et un rythme de 150, absurde au repos, ce qui montre la valeur du contrôle.
b)
La fréquence et la période sont inverses l'une de l'autre : p=12060=0,5 s. Le motif est donc COMPRIMÉ horizontalement, et c'est le paramètre b qui gouverne cette compression, puisque lui seul agit sur la période.
c)
La période d'une transformée f(bt) vaut ∣b∣p. On cherche b tel que b0,8=0,5, ce qui donne b=0,50,8=1,6. La règle est donc g(t)=f(1,6t). Vérification : 1,60,8=0,5 s, et 0,560=120 battements par minute. Le sens est lisible : b=1,6 signifie que le coeur parcourt son cycle 1,6 fois plus vite qu'au repos, ce que confirme 75120=1,6.
d)
La hauteur du pic est une grandeur verticale, donc elle dépend du paramètre a. Comme la ligne de base reste à 0 mV, l'axe de référence ne bouge pas et le facteur est un simple rapport : a=1,21,5=1,25. La règle complète est g(t)=1,25f(1,6t). Vérification : le pic vaut 1,25×1,2=1,5 mV, et la période reste 0,5 s, car a n'a aucun effet horizontal. C'est le partage à retenir de tout le chapitre : a et k travaillent en hauteur, b et h en largeur, et seul b touche la période.
Exercice 7 : La période d'une somme de deux fonctions périodiques
Un atelier alimente deux appareils cycliques. Le COMPRESSEUR tire 4 kW pendant 5 min, puis rien pendant 7 min : son cycle dure 12 min. La VENTILATION tire 1,5 kW pendant 3 min, puis rien pendant 5 min : son cycle dure 8 min. Les deux démarrent ensemble à t=0.
La demande totale est la SOMME des deux fonctions, d=c+v. C'est une opération sur les fonctions, et la question est de savoir ce que devient la périodicité quand on additionne.
Le graphique ci-dessous représente la puissance tirée par chaque appareil.
a) Démontrez que d est périodique, et donnez sa période.
b) Pourquoi 12+8=20 ne convient-il pas ? Et pourquoi 12×8=96 n'est-il pas la bonne réponse non plus ?
c) Calculez la demande à t=26 min, puis à t=30 min.
d) Sur un cycle complet de d, pendant combien de minutes la demande dépasse-t-elle 4 kW ?
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Réponses
a)Périodique de période 24 min
b)20 n'est multiple d'aucun des deux ; 96 est une période, mais pas la plus petite
c)5,5 kW à 26 min, et 0 kW à 30 min
d)4 minutes
a)
Cherchons un nombre P qui soit une période des DEUX fonctions à la fois. Si P est un multiple commun de 12 et de 8, alors c(t+P)=c(t) et v(t+P)=v(t), donc d(t+P)=c(t+P)+v(t+P)=c(t)+v(t)=d(t) : P est bien une période de la somme. Le plus petit multiple commun de 12 et de 8 vaut 24, donc la période de d est 24 min. La règle générale est là : la somme de deux fonctions périodiques de périodes p et q est périodique, et sa période est le plus petit multiple commun de p et de q.
b)
Le nombre 20 n'est multiple ni de 12 ni de 8 : au bout de 20 min, le compresseur est à 20−12=8 min de son cycle et la ventilation à 20−16=4 min du sien, donc ni l'un ni l'autre n'est revenu à son point de départ. Additionner les périodes n'a aucun sens. Le nombre 96, lui, EST une période valable, puisque 96=8×12=12×8 est bien un multiple commun ; mais la question demande LA période, c'est-à-dire la PLUS PETITE, et 96 en contient quatre. Multiplier les périodes donne toujours une réponse correcte mais rarement la bonne, et c'est l'erreur la plus courante de cette question.
c)
On réduit chaque appareil dans son propre cycle. À t=26 : pour le compresseur, 26−24=2, et 2 est dans [0;5[, donc il tire 4 kW ; pour la ventilation, 26−24=2 également, et 2 est dans [0;3[, donc elle tire 1,5 kW. La demande vaut 4+1,5=5,5 kW. À t=30 : le compresseur est à 30−24=6 min, qui est dans [5;12[, donc 0 kW ; la ventilation est à 30−24=6 min aussi, dans [3;8[, donc 0 kW. La demande est nulle. Le piège est de réduire les deux avec la même période 24 sans revenir à 12 et à 8 : ici cela marche parce que 24 est un multiple des deux, mais il faut ensuite réduire ENCORE dans chaque cycle propre.
d)
La demande dépasse 4 kW seulement quand les deux appareils fonctionnent EN MÊME TEMPS, auquel cas elle vaut 5,5 kW. Sur [0;24[, le compresseur est en marche sur [0;5[ et [12;17[ ; la ventilation sur [0;3[, [8;11[ et [16;19[. On croise les deux listes : [0;5[ rencontre [0;3[ sur [0;3[, soit 3 min, et [12;17[ rencontre [16;19[ sur [16;17[, soit 1 min. Aucun autre recouvrement. Total : 3+1=4 minutes par cycle de 24 min. C'est l'information qui intéresse l'électricien, puisque c'est elle qui dimensionne le disjoncteur : la pointe dure peu, mais elle existe, et un calcul fait sur la seule moyenne la manquerait complètement.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation.
a) « Une fonction périodique est forcément une sinusoïde. »
b) « Si f est de période 6, alors g(x)=f(2x) est de période 12. »
c) « Le paramètre k change l'amplitude d'une fonction périodique. »
d) « Une fonction périodique admet une réciproque dès qu'on connaît son cycle. »
e) « Pour calculer f(24) quand la période vaut 6 et que le cycle de référence est [1;7[, on prend le reste de 24 par 6, qui vaut 0, donc f(24)=f(0). »
Voir la correction
a)
Faux. Contre-exemple immédiat : le signal triangulaire de l'exercice 1 est périodique de période 4 ms, et il est anguleux, donc ce n'est pas une sinusoïde. L'énoncé correct : toute sinusoïde est périodique, mais la réciproque est fausse. La périodicité est une propriété générale, définie par f(x+p)=f(x) ; la sinusoïde n'est qu'une famille particulière de fonctions périodiques, celle du chapitre suivant.
b)
Faux : la période est DIVISÉE par ∣b∣, elle vaut donc 26=3. Démonstration : g(x+3)=f(2(x+3))=f(2x+6)=f(2x)=g(x), puisque 6 est une période de f. L'énoncé correct : f(bx) a pour période ∣b∣p. Le paramètre b est le seul des quatre dont l'effet est inversé par rapport à sa valeur, parce qu'il agit sur x AVANT que f ne s'applique.
c)
Faux : k déplace l'AXE DE RÉFÉRENCE, il ne change pas l'amplitude. Contre-exemple : si f a pour maximum 6 et pour minimum −2, son amplitude vaut 4 ; la fonction f+3 a pour maximum 9 et pour minimum 1, donc une amplitude de 29−1=4, inchangée. L'énoncé correct : l'amplitude est multipliée par ∣a∣, et k translate verticalement tout le graphique sans le déformer.
d)
Faux, et c'est le point le plus utile de l'exercice. Une fonction périodique non constante n'est JAMAIS injective sur R : chaque valeur atteinte l'est une infinité de fois, une fois par cycle au moins. Le test de la droite horizontale échoue donc partout. Connaître le cycle ne change rien à cela. L'énoncé correct : il faut RESTREINDRE le domaine à un intervalle où la fonction est strictement monotone, comme on restreint une parabole à une demi-droite ou le sinus à [−2π;2π] pour définir l'arcsinus.
e)
Faux. Le reste de la division par 6 tombe dans [0;6[, alors que le cycle de référence est [1;7[ : le nombre 0 n'y appartient pas et la règle n'y est pas définie, donc l'écriture f(0) n'a aucun sens tant qu'on n'a pas réduit correctement. L'énoncé correct : quand le cycle commence en h, on retire h, on réduit, puis on remet h, soit 1+((24−1)mod6)=1+5=6, donc f(24)=f(6). L'erreur ne se voit pas sur la plupart des valeurs, puisque les deux intervalles se recouvrent en grande partie : elle ne se manifeste que lorsque le reste est inférieur à h, ce qui la rend d'autant plus dangereuse.
Exercice 9 : Problème : le feu de circulation
Le feu d'une intersection suit un cycle invariable : 42 s de vert, 4 s de jaune, puis 44 s de rouge. Le cycle recommence ensuite à l'identique.
On compte le temps t en secondes à partir de 8 h 00, instant où le feu vient de passer au vert.
Le graphique donne l'état du feu, codé 2 pour le vert, 1 pour le jaune et 0 pour le rouge.
a) Donnez la période du cycle, puis le nombre de cycles complets entre 8 h 00 et 8 h 30.
b) Un véhicule se présente à 8 h 07 min 20 s. Quelle est la couleur du feu ?
c) Combien de temps ce véhicule doit-il attendre le prochain vert ?
d) La ville allonge le vert à 54 s sans toucher au jaune ni au rouge. Le même véhicule passe-t-il ? S'agit-il d'une transformation par le paramètre b ?
Voir la correction
Réponses
a)Période 90 s, et 20 cycles complets
b)Rouge : le feu est à 80 s de son cycle
c)10 secondes
d)Oui, il passe ; et non, ce n'est pas une transformation par b
a)
La période est la durée du cycle complet : 42+4+44=90 s. Entre 8 h 00 et 8 h 30 il s'écoule 30×60=1800 s, ce qui fait 901800=20 cycles complets, sans reste. C'est un cas commode : dès que la durée n'est pas un multiple de la période, il faut compter les cycles ENTIERS, donc prendre le quotient et non arrondir.
b)
L'instant 8 h 07 min 20 s correspond à t=7×60+20=440 s. On réduit dans le premier cycle : 440=4×90+80, donc le reste vaut 80 s. Le cycle commençant en 0, aucun décalage n'est à retirer. Or 80 appartient à l'intervalle [46;90[, celui du rouge. Le feu est donc ROUGE. Contrôle sur le graphique : 80 s tombe bien dans la plage basse du premier cycle.
c)
Le vert revient au début du cycle suivant, c'est-à-dire à t=5×90=450 s. L'attente vaut 450−440=10 s, ce qui revient à calculer 90−80=10 s, la période moins la position dans le cycle. Le conducteur attend donc 10 secondes. Répondre 46 s, la durée du rouge, serait l'erreur classique : il n'arrive pas au DÉBUT du rouge mais à 80−46=34 s de rouge déjà écoulé.
d)
Le nouveau cycle dure 54+4+44=102 s, donc la période change. À t=440 s, 440=4×102+32, et 32 appartient à [0;54[ : le feu est VERT, le véhicule passe. Sur la seconde question, la réponse est NON, et c'est le point de raisonnement de l'exercice. Une transformation par b comprimerait ou étirerait le cycle TOUT ENTIER dans la même proportion : le vert, le jaune et le rouge seraient tous multipliés par le même facteur. Ici seul le vert change, le jaune et le rouge gardent leur durée : le motif est REDESSINÉ, pas transformé. On obtient une nouvelle fonction périodique, de période 102 s, et non l'image de l'ancienne par a, b, h ou k. Confondre les deux conduit à écrire des règles fausses, parce qu'on croit pouvoir tout ramener aux quatre paramètres.
Exercice 10 : Problème : l'arbre à cames et la levée de soupape
Sur un moteur, la came pousse la soupape à chaque tour de l'arbre. La LEVÉE ℓ, en millimètres, dépend de l'angle θ de rotation, en degrés, et elle est périodique de période 360 degrés.
Sur un tour [0;360[ : la soupape est fermée de 0 à 100 degrés, la levée monte linéairement de 0 à 9 mm de 100 à 180 degrés, redescend de 9 à 0 mm de 180 à 260 degrés, puis reste nulle jusqu'à 360 degrés.
a) Donnez la levée maximale et la durée angulaire d'ouverture de la soupape.
b) Calculez ℓ(920) et ℓ(−120).
c) Une came sport porte la levée maximale à 12 mm et la durée d'ouverture à 200 degrés, le milieu de l'ouverture restant à 180 degrés. Écrivez L(θ)=aℓ(b(θ−h)).
d) Quelle est la période de la fonction L ainsi écrite ? Cette règle peut-elle décrire le moteur ?
Voir la correction
Réponses
a)Levée maximale 9 mm, ouverture sur 160 degrés
b)ℓ(920)=6,75 mm et ℓ(−120)=2,25 mm
c)L(θ)=34ℓ(0,8(θ+45))
d)Période 450 degrés : la règle décrit le profil, mais pas le moteur
a)
La levée maximale est 9 mm, atteinte à 180 degrés. La soupape est ouverte tant que la levée est non nulle, c'est-à-dire de 100 à 260 degrés : la durée angulaire d'ouverture vaut 260−100=160 degrés. À noter que l'ouverture est SYMÉTRIQUE autour de 180 degrés, puisque la montée et la descente durent 80 degrés chacune. Cette symétrie servira à la question c).
b)
Pour ℓ(920), on retire des tours entiers : 920−720=200, donc ℓ(920)=ℓ(200). L'angle 200 est sur la descente, entre 180 et 260 : la levée part de 9 et perd 809 mm par degré, donc ℓ(200)=9−809×(200−180)=9−80180=9−2,25=6,75 mm. Pour ℓ(−120), on AJOUTE un tour : −120+360=240, donc ℓ(−120)=ℓ(240), et ℓ(240)=9−809×60=9−6,75=2,25 mm. Contrôle : 240 est plus loin dans la descente que 200, donc sa levée doit être plus faible, ce qui est le cas.
c)
Deux transformations à trouver. Verticalement, la levée passe de 9 à 12 mm et la ligne zéro ne bouge pas, donc a=912=34. Horizontalement, l'ouverture passe de 160 à 200 degrés : il s'agit d'un ÉTIREMENT de rapport 160200=1,25, donc b=200160=0,8, encore une fois l'inverse. Reste h, fixé par la contrainte que le sommet demeure à 180 degrés : il faut b(180−h)=180, soit 0,8(180−h)=180, donc 180−h=225 et h=−45. La règle est L(θ)=34ℓ(0,8(θ+45)). Vérification complète : l'ouverture commence quand 0,8(θ+45)=100, soit θ=80, et se termine quand 0,8(θ+45)=260, soit θ=280 ; la durée vaut 280−80=200 degrés et le milieu 280+280=180 degrés. Les trois conditions sont remplies.
d)
La période de L vaut 0,8360=450 degrés. Et c'est le problème : l'arbre à cames fait un tour complet en 360 degrés, donc le profil doit obligatoirement se répéter tous les 360 degrés. Une période de 450 degrés est physiquement impossible, elle signifierait que la came ne revient pas dans la même position après un tour. La règle du c) décrit donc correctement le PROFIL sur la plage d'ouverture, mais elle ne peut pas servir de règle périodique au-delà : la came sport n'est pas une transformée de l'ancienne par a, b et h, c'est un profil REDESSINÉ qui conserve la période 360. C'est la même leçon qu'au feu de circulation : toucher à une partie du cycle sans toucher au reste ne se traduit par aucun des quatre paramètres, et vouloir forcer le modèle donne une période fausse.
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