Exercices corrigés : la fonction logarithmique (math TS, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire sur la fonction logarithmique, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. C'est la réciproque de l'exponentielle, et c'est la famille qui décrit tout ce qui croît de plus en plus lentement.
Le fil de la série est le suivant : tout s'échange avec l'exponentielle. L'asymptote HORIZONTALE devient VERTICALE, le domaine devient l'image, et le paramètre k de l'une devient le paramètre h de l'autre.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•FORME CANONIQUE : f(x)=alogc(b(x−h))+k. Asymptote VERTICALE x=h, image R tout entier, quels que soient les paramètres.
•LE DOMAINE EST OUVERT EN h : le logarithme exige un argument strictement positif, donc la borne n'est jamais atteinte.
•LE SIGNE DE b RETOURNE LE DOMAINE : positif, la courbe est à droite de l'asymptote ; négatif, elle est à gauche.
•UN FACTEUR POSITIF DEVIENT UNE TRANSLATION VERTICALE, par la loi du produit : logc(bx)=logcb+logcx. Il ne déplace donc jamais l'asymptote.
•SI a MULTIPLIE LE LOGARITHME, il multiplie AUSSI la constante sortie : 2log10(100x)=2log10x+4, et non +2.
•L'ORDONNÉE À L'ORIGINE N'EXISTE PAS TOUJOURS : elle demande que 0 appartienne au domaine, ce qui se vérifie avant de calculer.
•LE POINT OÙ LE CONTENU VAUT 1 est toujours sur la courbe à la hauteur k : c'est le repère de tracé le plus utile après l'asymptote.
•SENS DE VARIATION : croissante si a et b sont de MÊME signe, décroissante sinon. Un seul signe ne suffit jamais.
•REGROUPER DEUX LOGARITHMES FABRIQUE DES RACINES ÉTRANGÈRES : on écrit le domaine AVANT, et l'on rejette les solutions qui n'y sont pas.
•GAIN CONSTANT PAR MULTIPLICATION : un logarithme gagne toujours la même quantité quand l'argument est multiplié par un même facteur. C'est ce qui le fait passer sous toute droite de pente positive.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : L'asymptote verticale et le domaine
La forme canonique est f(x)=alogc(b(x−h))+k. L'asymptote est la VERTICALE x=h, et le domaine est le côté où le contenu du logarithme est strictement positif.
L'an dernier, h valait toujours zéro et l'asymptote était l'axe des ordonnées. Cette année elle se déplace, et le domaine suit.
a) f(x)=log2(x−3) : donnez l'asymptote, le domaine, l'image et le zéro.
b) g(x)=3log10(x+5)−6 : mêmes questions.
c) p(x)=log2(−(x−4)) : mêmes questions.
d) Pour g, l'ordonnée à l'origine existe-t-elle ? Et pour f ?
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Réponses
a)Asymptote x=3, domaine ]3;+∞[, image R, zéro en x=4
b)Asymptote x=−5, domaine ]−5;+∞[, image R, zéro en x=95
c)Asymptote x=4, domaine ]−∞;4[, image R, zéro en x=3
d)Pour g oui, g(0)=−3,903 environ ; pour f non, 0 n'est pas dans le domaine
a)
h=3 : asymptote x=3. Le contenu x−3 doit être strictement positif, donc le domaine est ]3;+∞[, crochet OUVERT. L'image d'une fonction logarithmique est toujours R tout entier. Zéro : log2(x−3)=0 donne x−3=1, donc x=4. Vérification : log21=0.
b)
On lit x+5=x−(−5), donc h=−5 : asymptote x=−5 et domaine ]−5;+∞[. Image R. Zéro : 3log10(x+5)=6 donne log10(x+5)=2, donc x+5=100 et x=95. Vérification : 3×2−6=0.
c)
Le contenu est −(x−4), donc b=−1 et h=4 : asymptote x=4. Il faut −(x−4)>0, donc x<4 : le domaine est ]−∞;4[, la courbe est à GAUCHE de l'asymptote. Image R. Zéro : −(x−4)=1 donne x=3. Un b négatif retourne le domaine, exactement comme pour la racine carrée.
d)
Pour g, 0 appartient au domaine ]−5;+∞[, donc l'ordonnée à l'origine existe : g(0)=3log105−6≈3×0,699−6=−3,903. Pour f, 0 n'appartient PAS au domaine ]3;+∞[ : la courbe ne coupe jamais l'axe des ordonnées, et l'ordonnée à l'origine n'existe pas. Vérifier l'appartenance de 0 au domaine avant de calculer est le réflexe du chapitre, et l'oublier fait écrire un nombre pour une valeur qui n'existe pas.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Le paramètre b se transforme en translation verticale
La loi du produit donne logc(bx)=logcb+logcx : multiplier l'argument revient à AJOUTER une constante. Un paramètre b positif est donc un k déguisé.
Avec h non nul, l'absorption reste possible, mais elle porte sur b(x−h) tout entier et ne déplace jamais l'asymptote.
a) Écrivez f(x)=log2(8x) sous la forme log2x+k.
b) Écrivez g(x)=log3(9(x−2)) sous la forme log3(x−2)+k.
c) Écrivez p(x)=2log10(100x) sous la forme alog10x+k.
d) Le paramètre b peut-il déplacer l'asymptote verticale ? Justifiez sur g.
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Réponses
a)f(x)=log2x+3
b)g(x)=log3(x−2)+2
c)p(x)=2log10x+4
d)Non : l'asymptote de g reste x=2, quel que soit le facteur
a)
log2(8x)=log28+log2x=3+log2x, donc f(x)=log2x+3. Vérification en x=1 : log28=3, et 0+3=3. Le facteur 8 est devenu une translation de 3 vers le haut.
b)
log3(9(x−2))=log39+log3(x−2)=2+log3(x−2), donc g(x)=log3(x−2)+2. Vérification en x=3 : log39=2, et 0+2=2. Le h=2 est resté intact : seul le facteur s'est déplacé vers le terme constant.
c)
2log10(100x)=2(log10100+log10x)=2(2+log10x)=4+2log10x, donc p(x)=2log10x+4. Attention : le coefficient a=2 multiplie AUSSI la constante sortie, ce qui donne 4 et non 2. C'est l'erreur la plus fréquente de cette transformation.
d)
Non, jamais. L'asymptote est là où le contenu du logarithme s'annule : pour g, 9(x−2)=0 donne x=2, quel que soit le facteur 9. Un facteur strictement positif ne change ni le zéro du contenu ni son signe, donc ni l'asymptote ni le domaine. Seul le SIGNE de b compte, et il retourne le domaine sans déplacer l'asymptote. C'est la différence essentielle avec h, qui est le seul à la déplacer.
Exercice 3 : Trouver la règle
L'asymptote donne h sans calcul. Avec la base imposée par l'énoncé, il reste a et k, donc deux points ; et si le zéro est donné, il vaut un point.
La technique : le zéro annule le contenu moins un, et un second point fixe le reste.
a) Asymptote x=1, base 2, passage par (3;0) et (5;4). Donnez la règle alog2(x−1)+k.
b) Asymptote x=−2, base 10, zéro en x=8, passage par (98;3).
c) Asymptote x=0, base 3, passage par (1;5) et (9;1).
d) Pourquoi le zéro d'une fonction logarithmique est-il toujours unique ?
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Réponses
a)y=4log2(x−1)−4
b)y=3log10(x+2)−3
c)y=−2log3x+5
d)Parce qu'elle est strictement monotone : elle prend chaque valeur une seule fois
a)
h=1, donc y=alog2(x−1)+k. Le point (3;0) donne alog22+k=0, soit a+k=0. Le point (5;4) donne alog24+k=4, soit 2a+k=4. En soustrayant : a=4, puis k=−4. La règle est y=4log2(x−1)−4. Vérification : 4log24−4=8−4=4.
b)
h=−2, donc y=alog10(x+2)+k. Le zéro en 8 donne alog1010+k=0, soit a+k=0. Le point (98;3) donne alog10100+k=3, soit 2a+k=3, d'où a=3 et k=−3. La règle est y=3log10(x+2)−3. Choisir des abscisses qui rendent le contenu égal à une puissance de la base est ce qui rend le système calculable de tête.
c)
h=0, donc y=alog3x+k. Le point (1;5) donne a×0+k=5, donc k=5 immédiatement. Le point (9;1) donne 2a+5=1, donc a=−2. La règle est y=−2log3x+5. Le point d'abscisse 1 est toujours le plus utile : le logarithme y est nul, donc il donne k seul.
d)
Parce qu'une fonction logarithmique est strictement monotone sur tout son domaine : croissante si a et b sont de même signe, décroissante sinon. Elle prend donc chaque valeur réelle une fois et une seule, et en particulier la valeur zéro. C'est aussi ce qui garantit que sa réciproque, l'exponentielle, est une fonction sans restriction.
Exercice 4 : Équations et inéquations, et le domaine qui tranche
On isole le logarithme, on passe à la forme exponentielle, et l'on VÉRIFIE que la solution appartient au domaine. Une solution hors du domaine est une racine étrangère, et elle se rejette.
On travaille sur f(x)=2log3(x−1)−4.
a) Donnez le domaine de f, puis son zéro.
b) Résolvez f(x)=−2.
c) Résolvez f(x)≥0.
d) Résolvez log3(x−1)+log3(x−3)=1, en surveillant le domaine.
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Réponses
a)Domaine ]1;+∞[, zéro en x=10
b)x=34
c)[10;+∞[
d)x=4, la solution x=0 étant rejetée
a)
Il faut x−1>0, donc le domaine est ]1;+∞[. Zéro : 2log3(x−1)=4 donne log3(x−1)=2, donc x−1=9 et x=10. La solution appartient bien au domaine. Vérification : 2×2−4=0.
b)
2log3(x−1)−4=−2 donne log3(x−1)=1, donc x−1=3 et x=4... reprenons le calcul : 2log3(x−1)=2, donc log3(x−1)=1 et x−1=3, soit x=4. Vérification : 2log33−4=2−4=−2, conforme. La réponse est x=4.
c)
2log3(x−1)≥4 donne log3(x−1)≥2. La base 3 est supérieure à 1, donc le logarithme est croissant et l'inégalité passe à l'argument : x−1≥9, soit x≥10. La solution est [10;+∞[, qui est bien incluse dans le domaine. Si la base avait été inférieure à 1, le sens se serait INVERSÉ.
d)
Domaine d'abord : il faut x−1>0 ET x−3>0, donc x>3. On regroupe par la loi du produit : log3[(x−1)(x−3)]=1, donc (x−1)(x−3)=3, soit x2−4x+3=3 et x2−4x=0, c'est-à-dire x(x−4)=0. Les candidats sont 0 et 4. La valeur 0 ne respecte pas x>3 : c'est une racine étrangère, fabriquée par le regroupement, et on la rejette. La seule solution est x=4. Vérification : log33+log31=1+0=1.
Exercice 5 : La réciproque : une exponentielle translatée
Le logarithme et l'exponentielle forment un couple réciproque, et le déplacement se transmet en changeant de direction : l'asymptote VERTICALE d'un logarithme devient l'asymptote HORIZONTALE de son exponentielle.
a) Déterminez la réciproque de f(x)=log2(x−3), avec son domaine.
b) Déterminez la réciproque de g(x)=3log10(x+5)−6.
c) Comparez les asymptotes de g et de g−1.
d) Vérifiez la réciproque de b) en un point bien choisi.
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Réponses
a)f−1(x)=2x+3, de domaine R
b)g−1(x)=10(x+6)/3−5
c)g a l'asymptote verticale x=−5, g−1 a l'horizontale y=−5
d)g(95)=0 et g−1(0)=95
a)
De y=log2(x−3), on passe à la forme exponentielle : x−3=2y, donc x=2y+3. En échangeant les noms, f−1(x)=2x+3. Son domaine est R, l'image de f, et son image est ]3;+∞[, le domaine de f.
b)
De y=3log10(x+5)−6, on isole : log10(x+5)=3y+6, donc x+5=10(y+6)/3 et x=10(y+6)/3−5. En échangeant, g−1(x)=10(x+6)/3−5, de domaine R.
c)
g a pour asymptote la verticale x=−5 ; g−1 a pour asymptote l'horizontale y=−5. La même valeur, l'autre direction : c'est la signature de la réflexion par rapport à la droite y=x. Le domaine de g, ]−5;+∞[, est devenu l'image de g−1, et réciproquement.
d)
On choisit le zéro de g, calculé à l'exercice 1 : g(95)=0. Alors g−1(0)=106/3−5=102−5=100−5=95 : on retombe sur 95, la réciproque est vérifiée. Choisir le zéro comme point de contrôle rend le calcul entier, sans calculatrice.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Lecture graphique et sens de variation
Trois logarithmes partagent la même asymptote x=2. Deux signes suffisent à les distinguer : celui de a, qui décide de la montée, et celui de b, qui décide du côté.
a) Laquelle des trois courbes a pour règle y=log2(−(x−2)) ? Donnez son domaine.
b) Les deux courbes de droite passent par le même point. Lequel, et pourquoi ?
c) Donnez le sens de variation de chacune des trois fonctions.
d) Complétez la règle générale : une fonction logarithmique croît quand ... et décroît quand ...
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Réponses
a)La seule à gauche de l'asymptote ; domaine ]−∞;2[
b)(3;0) : le logarithme de 1 est nul, quel que soit a
c)Croissante, décroissante, puis décroissante
d)Elle croît si a et b sont de même signe, décroît sinon
a)
C'est la courbe située à GAUCHE de l'asymptote, la seule dont le domaine soit ]−∞;2[ : il faut −(x−2)>0, donc x<2. Le signe de b décide du côté, exactement comme pour la racine carrée, et il se lit sans calcul.
b)
Elles passent toutes deux par (3;0). En effet, en x=3 le contenu vaut 1, et log21=0 quelle que soit la valeur de a : le produit a×0 est nul. Toutes les fonctions alogc(x−2) passent donc par ce point, et c'est un repère de tracé aussi utile que l'asymptote.
c)
La première, log2(x−2), est croissante : a>0, b>0. La deuxième, −log2(x−2), est décroissante : a<0, b>0. La troisième, log2(−(x−2)), est décroissante elle aussi, mais pour une autre raison : a>0 et b<0. On le vérifie sur deux points : elle vaut 0 en x=1 et 1 en x=0, donc elle monte quand x DIMINUE.
d)
Une fonction logarithmique CROÎT quand a et b sont de MÊME signe, et DÉCROÎT quand ils sont de signes contraires. C'est exactement la règle de l'exponentielle avec la base à la place de b, ce qui n'est pas un hasard puisque les deux familles sont réciproques l'une de l'autre. Un seul signe ne suffit jamais à conclure.
Exercice 7 : Comparer un logarithme et une droite
Un logarithme monte de moins en moins vite, encore plus lentement qu'une racine carrée : il finit toujours par passer sous n'importe quelle droite de pente strictement positive.
On pose f(x)=4log2x et d(x)=x.
a) Calculez f et d en x=1, 2, 4, 8 et 16.
b) Entre quelles valeurs entières de la table la courbe passe-t-elle sous la droite ?
c) Donnez les deux points où les deux courbes se croisent, en lisant la table.
d) Expliquez pourquoi un logarithme finit toujours par passer sous une droite de pente positive, aussi petite soit-elle.
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Réponses
a)f vaut 0, 4, 8, 12, 16 ; d vaut 1, 2, 4, 8, 16
b)Entre 1 et 2, puis entre 8 et 16
c)(2;…) non : les croisements exacts sont x=2 ? vérifiez la table
d)Parce que son gain par doublement est constant, alors que celui de la droite double
a)
f(1)=0, f(2)=4, f(4)=8, f(8)=12, f(16)=16. Et d vaut simplement 1, 2, 4, 8 et 16. À chaque DOUBLEMENT de x, le logarithme gagne exactement 4, alors que la droite double.
b)
En x=1, la droite est au-dessus, 1>0. Dès x=2, le logarithme passe devant, 4>2, et il le reste jusqu'en x=8, où 12>8. En x=16, les deux valent 16 : ils se rejoignent. Après, la droite l'emporte définitivement, par exemple en x=32 où elle vaut 32 contre 20. La courbe est donc au-dessus entre les deux croisements et en dessous ailleurs.
c)
Les deux points de croisement se lisent directement dans la table : x=16 donne f=d=16, et entre 1 et 2 il existe une valeur où les deux se croisent, que la table encadre sans la donner. On peut la préciser : en x=1,2, f≈1,05 et d=1,2 ; en x=1,4, f≈1,94 et d=1,4 : le croisement est entre 1,2 et 1,4. Répondre « deux points, dont (16;16) » avec l'encadrement de l'autre est la réponse attendue.
d)
Parce que leurs gains ne se comparent pas. Chaque fois que x DOUBLE, un logarithme gagne toujours la même quantité, ici 4 ; une droite, elle, voit sa valeur doubler. Sur les grands nombres, doubler l'emporte forcément sur ajouter une constante : entre x=1000 et x=2000, le logarithme gagne 4 et la droite gagne 1000. Quelle que soit la pente, même très petite, la droite finit donc par dépasser, et c'est pourquoi aucun modèle logarithmique ne peut décrire une croissance durablement rapide.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation.
a) « Le domaine de log2(x−3) est [3;+∞[. »
b) « Toute fonction logarithmique a une ordonnée à l'origine. »
c) « Le paramètre b déplace l'asymptote verticale. »
d) « logc(A+B)=logcA+logcB. »
e) « L'image d'une fonction logarithmique dépend de a et de k. »
Voir la correction
a)
Faux : le crochet doit être OUVERT. Le logarithme exige un argument strictement positif, donc x−3>0 et le domaine est ]3;+∞[. En x=3, l'argument vaut 0, et log20 n'existe pas. L'énoncé correct : la borne du domaine est l'asymptote, et une asymptote n'est jamais atteinte.
b)
Faux quand 0 n'appartient pas au domaine. Contre-exemple : log2(x−3) est définie à partir de 3, donc sa courbe ne coupe jamais l'axe des ordonnées. L'énoncé correct : l'ordonnée à l'origine existe si et seulement si 0 appartient au domaine, ce qui se vérifie AVANT de calculer.
c)
Faux : seul h la déplace. Contre-exemple : log3(9(x−2)) a la même asymptote x=2 que log3(x−2), puisque le contenu s'annule au même endroit. L'énoncé correct : un facteur positif devient une translation VERTICALE, par la loi du produit ; seul le SIGNE de b agit, en retournant le domaine.
d)
Faux : la loi porte sur un PRODUIT, pas sur une somme. Contre-exemple : log2(4+4)=log28=3, alors que log24+log24=2+2=4. L'énoncé correct : logc(AB)=logcA+logcB. C'est la même erreur que de distribuer une racine sur une somme, et elle se détecte avec deux nombres.
e)
Faux : l'image est TOUJOURS R tout entier, quels que soient les paramètres. Contre-exemple d'usage : −2log3x+5 prend toutes les valeurs réelles, puisque le logarithme monte et descend sans limite. L'énoncé correct : a et k changent la vitesse et la hauteur, mais pas l'image ; c'est le DOMAINE d'une fonction logarithmique qui est limité, pas son image, et c'est l'inverse pour l'exponentielle.
Exercice 9 : Problème : la durée de vie d'un outil de coupe
La durée de vie d'un outil de tournage dépend de la vitesse de coupe : plus on va vite, plus l'outil s'use tôt. Pour un acier donné, la relation observée est T(V)=−120log10(60V)+40, où V est la vitesse de coupe en mètres par minute et T la durée de vie en minutes.
Le tour accepte des vitesses comprises entre 60 et 300 mètres par minute.
a) Quelle est la durée de vie à 60 mètres par minute ? Et à 600 mètres par minute, si le tour le permettait ?
b) Quelle est la durée de vie à 120 mètres par minute ? Donnez la réponse au dixième.
c) À quelle vitesse la durée de vie tombe-t-elle à 10 minutes ? Donnez la réponse à l'unité.
d) À partir de quelle vitesse la formule donnerait-elle une durée de vie négative ? Ce résultat a-t-il un sens ?
Voir la correction
Réponses
a)40 minutes ; et −80 minutes à 600, ce qui n'a pas de sens
b)Environ 3,9 minutes
c)Environ 103 mètres par minute
d)Au-delà d'environ 127 m/min ; non, une durée de vie négative n'a aucun sens physique
a)
T(60)=−120log101+40=0+40=40 minutes : la vitesse 60 est la vitesse de référence, celle où l'argument du logarithme vaut 1. À 600, l'argument vaut 10 et le logarithme vaut 1, donc T=−120+40=−80 minutes. Multiplier la vitesse par dix retire donc 120 minutes de durée de vie, ce qui est ici absurde : la formule sort de son domaine de validité.
b)
T(120)=−120log102+40=−120×0,30103+40=−36,12+40=3,88, soit 3,9 minutes au dixième. DOUBLER la vitesse fait donc perdre environ 36 minutes : c'est l'effet caractéristique d'un logarithme, une perte constante par doublement.
c)
On résout −120log10(60V)+40=10, donc log10(60V)=12030=0,25, d'où 60V=100,25≈1,7783 et V≈106,7, soit 107 mètres par minute à l'unité. Vérification : T(107)≈9,8 minutes, tout près de 10.
d)
T(V)<0 revient à log10(60V)>12040=31, donc 60V>101/3≈2,1544 et V>129,3 mètres par minute. Le modèle prédit donc une durée de vie négative au-delà d'environ 129 m/min, ce qui n'a AUCUN sens physique : un outil ne peut pas s'user avant d'avoir servi. La formule est une approximation valable dans une plage limitée, et le technicien doit connaître cette limite. C'est une remarque de modélisation, et elle vaut des points.
Exercice 10 : Problème : la durée d'un traitement thermique
Un four de revenu adoucit une pièce d'acier : plus le maintien est long, plus la dureté baisse, mais de moins en moins vite. Pour un acier donné, la dureté en unités Vickers vaut H(t)=620−90log10(t+1), où t est la durée de maintien en minutes, entre 0 et 600.
Le +1 dans le logarithme n'est pas décoratif : il déplace l'asymptote d'une minute vers la gauche et rend la formule utilisable dès l'instant initial.
a) Donnez l'asymptote de la fonction et le domaine mathématique, puis le domaine utile.
b) Quelle est la dureté initiale ? Et après 99 minutes ?
c) Combien de temps faut-il pour descendre à 440 unités Vickers ? Donnez la réponse à l'unité.
d) Pourquoi la formule serait-elle inutilisable sans le +1 ?
d)Sans le +1, la dureté serait infinie à t=0, ce qui n'a pas de sens
a)
Le contenu t+1 doit être strictement positif, donc t>−1 : l'asymptote est la verticale t=−1 et le domaine mathématique est ]−1;+∞[. Le domaine UTILE est celui du procédé, [0;600] minutes : une durée est positive et le four est programmé pour dix heures au plus. Distinguer les deux domaines fait partie de la réponse.
b)
H(0)=620−90log101=620−0=620 unités Vickers, la dureté avant traitement. H(99)=620−90log10100=620−180=440 unités. L'argument valant exactement 100, le calcul se fait de tête, et c'est pour cela que l'énoncé choisit 99 minutes.
c)
La question b) donne déjà la réponse : 99 minutes. On peut la retrouver par le calcul : 620−90log10(t+1)=440 donne log10(t+1)=90180=2, donc t+1=100 et t=99 minutes. Reconnaître qu'une question a déjà été résolue est aussi une compétence, et refaire le calcul pour confirmer ne coûte que deux lignes.
d)
Sans le +1, la formule serait 620−90log10t, dont l'asymptote serait t=0 : à l'instant initial, log100 n'existe pas, et pour des durées très courtes la dureté prédite serait arbitrairement GRANDE, ce qui est absurde. Le +1 déplace l'asymptote en t=−1, donc hors du domaine utile, et la formule donne alors une valeur finie dès t=0. C'est exactement le rôle du paramètre h : rendre un modèle utilisable là où la fonction de base ne l'est pas.
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