Exercice 1 : Probabilités : un sac, deux urnes et des billets, somme de variables aléatoires et Bienaymé-Tchebychev
5 points Arbres pondérés et probabilités totalesSommes de variables aléatoires et concentration
On dispose d'un sac et de deux urnes A et B.
• Le sac contient 4 boules : 1 boule avec la lettre A et 3 boules avec la lettre B.
• L'urne A contient 5 billets : 3 billets de 50 euros et 2 billets de 10 euros.
• L'urne B contient 4 billets : 1 billet de 50 euros et 3 billets de 10 euros.
Un joueur prend au hasard une boule dans le sac :
• si c'est une boule avec la lettre A, il prend au hasard un billet dans l'urne A.
• si c'est une boule avec la lettre B, il prend au hasard un billet dans l'urne B.
On note les évènements suivants :
• : le joueur obtient une boule avec la lettre A.
• : le joueur obtient un billet de 50 euros.
- 1. Recopier et compléter l'arbre ci-contre représentant la situation.
- 2. Quelle est la probabilité de l'évènement « le joueur obtient une boule avec la lettre A et un billet de 50 euros » ?
- 3. Démontrer que la probabilité est égale à .
- 4. Le joueur a obtenu un billet de 10 euros.
L'affirmation « Il y a plus de de chances qu'il ait au préalable obtenu une boule avec la lettre B » est-elle vraie ? Justifier. - 5. On note la variable aléatoire qui donne la somme, en euros, obtenue par le joueur.
Exemple : si le joueur obtient un billet de 50 euros, on a .
Montrer que l'espérance est égale à et que la variance est égale à . - 6. Après avoir remis la boule dans le sac et le billet dans l'urne où il a été pris, le joueur joue une deuxième partie. On note la variable aléatoire qui donne la somme obtenue par le joueur lors de cette deuxième partie.
- On note la variable aléatoire ainsi définie : .
- 6.a. Montrer que .
- 6.b. Expliquer pourquoi on a
- 7. Le joueur joue de même une troisième, une quatrième, ..., une centième partie.
On définit donc de la même façon les variables aléatoires , , ..., .
On note la variable aléatoire définie par .
Démontrer que la probabilité que appartienne à l'intervalle est supérieure ou égale à .
Voir la correction
Réponses
- 1 , , ; , ,
- 2
- 3 (probabilités totales)
- 4 Vrai :
- 5 ;
- 6.a (linéarité de l'espérance)
- 6.b Les deux parties se jouent dans les mêmes conditions après remise : et sont indépendantes
- 7 , , :
1. On lit chaque probabilité dans la composition du sac et des urnes, les tirages se faisant au hasard (équiprobabilité). Premier niveau : le sac contient boule A sur boules, donc et, par l'évènement contraire, . Remarque : est l'évènement « obtenir une boule B », puisque le sac ne contient que des boules A et B.
Second niveau : les branches issues de portent des probabilités CONDITIONNÉES par , c'est-à-dire calculées dans l'urne A. Elle contient billets de 50 euros sur : et . Les branches issues de se calculent dans l'urne B, qui contient billet de 50 euros sur : et .
Contrôle : la somme des probabilités issues d'un même nœud vaut (, et ). L'arbre complété figure en fin de corrigé, avec la probabilité de chaque chemin. Piège : le ne veut pas dire « pas de billet » mais « un billet de 10 euros », les urnes ne contenant que des billets de 50 et de 10 euros.
2. L'évènement « boule A et billet de 50 euros » est l'intersection . Sa probabilité se lit sur le chemin de l'arbre qui passe par puis (formule des probabilités composées) : .
Erreur fréquente : répondre , qui est la probabilité d'obtenir un billet de 50 euros SACHANT que la boule tirée porte la lettre A. Le « et » de l'énoncé demande une intersection, donc le produit des probabilités le long du chemin, et le résultat est forcément plus petit que .
3. Formule des probabilités totales, avec la partition de l'univers : . Le premier terme vient de la question 2 ; le second se lit sur le chemin puis : .
Donc , ce qu'il fallait démontrer. En fractions : .
La rédaction attendue nomme la formule des probabilités totales ET la partition : c'est elle qui justifie l'addition. Erreur fréquente : faire la moyenne des deux urnes, , ce qui revient à supposer que chaque urne est choisie avec la probabilité ; or l'urne B est choisie trois fois plus souvent que l'urne A.
4. On sait que le joueur a obtenu un billet de 10 euros, c'est-à-dire que est réalisé. La probabilité qu'il ait obtenu au préalable une boule B est la probabilité conditionnelle . L'arbre est construit dans l'autre sens (de vers ), donc on revient à la définition : .
Numérateur, sur le chemin puis : . Dénominateur, par l'évènement contraire : .
Donc . Comme , il y a bien plus de de chances que le joueur ait obtenu une boule B : l'affirmation est VRAIE.
Vérification : et , la même valeur par les probabilités totales. Le piège est de répondre avec (on oublie l'information « billet de 10 euros ») ou avec (on inverse le conditionnement) : les deux mènent à « faux », alors que l'information rend la boule B encore plus probable, puisque l'urne B contient proportionnellement plus de billets de 10 euros.
5. La variable prend deux valeurs : avec la probabilité et avec la probabilité . Loi de : et , de somme .
Espérance, par définition : , soit euros.
Variance, par la formule de König-Huygens : , donc .
Vérification par la définition : , la même valeur. Erreur fréquente : soustraire au lieu de son carré, ou oublier d'élever et au carré dans .
6.a. Après remise de la boule et du billet, la deuxième partie se joue dans les mêmes conditions que la première : suit la même loi que , donc . Par linéarité de l'espérance, valable sans aucune hypothèse d'indépendance : .
Interprétation : en deux parties, le joueur gagne en moyenne euros.
6.b. La variance d'une somme n'est égale à la somme des variances que si les variables sont INDÉPENDANTES. C'est le cas ici : la boule et le billet ayant été remis, le sac et les urnes retrouvent leur composition initiale, et le résultat de la première partie n'a aucune influence sur la seconde. Les variables aléatoires et sont donc indépendantes, d'où .
Numériquement, . Le piège est de répondre « par linéarité » : la variance n'est pas linéaire (, pas ), et c'est bien l'indépendance, garantie par la remise, qu'il faut citer.
7. Les cent parties sont jouées dans les mêmes conditions, avec remise : les variables , , ..., sont indépendantes et suivent toutes la loi de . Par linéarité de l'espérance, ; par indépendance, .
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à : pour tout réel , . L'intervalle est centré en : et . On prend donc , et .
L'inégalité donne . On passe à l'évènement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : .
Comme , la probabilité que appartienne à est bien supérieure ou égale à . En une phrase : sur cent parties, le joueur gagne au total entre et euros avec une probabilité d'au moins .
Pièges : prendre , la largeur de l'intervalle au lieu de sa DEMI-largeur ; multiplier la variance par au lieu de (c'est la somme, pas ) ; et oublier de passer à l'évènement contraire, en concluant sur .
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