Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité maths, Polynésie jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2025 : Polynésie, jour 1

Épreuve du mardi 17 juin 2025 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2025, centre Polynésie, jour 1 : mardi 17 juin 2025, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants de 5 points chacun, notés sur 20. L'énoncé est reproduit à l'identique, figures et annexe comprises, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 porte sur les probabilités conditionnelles (arbre pondéré, formule des probabilités totales), la loi binomiale et l'inégalité de concentration appliquée à la moyenne d'un échantillon. L'exercice 2 est un exercice de géométrie dans l'espace : représentation paramétrique d'une droite, intersection d'une droite et d'un plan, droites non coplanaires, équation cartésienne d'un plan orthogonal à une droite et distance entre deux points. L'exercice 3 étudie les fonctions x↦xne−xx\mapsto x^n\mathrm{e}^{-x} (dérivée d'un produit, croissance comparée) puis la suite d'intégrales In=∫01xne−x dxI_n=\int_0^1 x^n\mathrm{e}^{-x}\,\mathrm{d}x : positivité de l'intégrale, théorème de convergence monotone, intégration par parties, raisonnement par l'absurde et script Python. L'exercice 4 est un vrai ou faux : équation différentielle y′=ay+by'=ay+b, combinaisons, théorème de comparaison pour une suite, produit scalaire et angle dans l'espace, convexité par le signe de la dérivée seconde.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : la figure en perspective de l'exercice 2, où les deux trajectoires semblent se couper alors que le calcul prouve qu'elles sont non coplanaires ; l'affirmation 4 de l'exercice 4, dont le produit scalaire est juste mais l'angle faux ; et la demi-largeur δ=2\delta=2 dans l'inégalité de concentration de l'exercice 1, avec la variance de la moyenne et non celle d'un seul enfant.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : allergies alimentaires chez l'enfant, loi binomiale et inégalité de concentration

5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration

Une équipe américaine a cartographié pour la première fois les allergies alimentaires chez l'enfant aux États-Unis en 2020. L'étude, publiée dans la revue Clinical Pediatries, révèle une différence nette entre les zones rurales et les zones urbaines.

On sait qu'en 2020, 17 %17\,\% de la population des États-Unis habite en zone rurale et 83 %83\,\% en zone urbaine.

L'étude menée montre que parmi les enfants des États-Unis vivant en zone rurale, il y en a 6,2 %6{,}2\,\% qui sont atteints d'allergie alimentaire.

L'étude révèle aussi que 9 %9\,\% des enfants des États-Unis sont atteints d'allergie alimentaire.

Pour un évènement EE quelconque, on note P(E)P(E) sa probabilité et E‾\overline{E} son évènement contraire.

Sauf mention contraire, les probabilités seront données sous forme exacte.

  • Partie A
  • On interroge au hasard un enfant dans la population des États-Unis et on note :
    • RR L'évènement : « l'enfant interrogé habite en zone rurale » ;
    • AA L'évènement : « l'enfant interrogé est atteint d'allergie alimentaire ».
  • A.1. Traduire cette situation à l'aide d'un arbre de probabilité. Cet arbre pourra être complété par la suite.
  • A.2.a. Calculer la probabilité que l'enfant interrogé habite en zone rurale et soit atteint d'allergie alimentaire,
  • A.2.b. En déduire la probabilité que l'enfant interrogé habite en zone urbaine et soit atteint d'allergie alimentaire.
  • A.2.c. L'enfant interrogé habite en zone urbaine. Quelle est la probabilité qu'il soit atteint d'allergie alimentaire ? Arrondir le résultat à 10−410^{-4}.
  • Partie B
  • On réalise une étude en interrogeant au hasard 100100 enfants des États-Unis.
  • On admet que ce choix se ramène à des tirages successifs indépendants avec remise.
  • On note XX la variable aléatoire donnant le nombre d'enfants atteints d'allergie alimentaire dans l'échantillon considéré.
  • B.1. Justifier que la variable aléatoire XX suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
  • B.2. Quelle est la probabilité qu'au moins 10 enfants parmi les 100100 interrogés soient atteints d'allergie alimentaire ? Arrondir le résultat à 10−410^{-4}.
  • Partie C
  • On s'intéresse à un échantillon de 20 enfants atteints d'allergie alimentaire choisis au hasard.
  • L'âge d'apparition des premiers symptômes allergiques de ces 20 enfants est modélisé par les variables aléatoires A1A_1, A2A_2, ..., A20A_{20}. On admet que ces variables aléatoires sont indépendantes et suivent la même loi d'espérance 44 et de variance 2,252{,}25.
  • On considère la variable aléatoire : M20=A1+A2+…+A2020M_{20}=\dfrac{A_1+A_2+\ldots+A_{20}}{20}.
  • C.1. Que représente la variable aléatoire M20M_{20} dans le contexte de l'exercice ?
  • C.2. Déterminer l'espérance et la variance de M20M_{20}.
  • C.3. Justifier, à l'aide de l'inégalité de concentration, que P(2<M20<6)>0,97P\left(2<M_{20}<6\right)>0{,}97. Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/11

A.1
A.2.a
A.2.b
A.2.c
B.1
B.2
C.2
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Réponses

  • A.1 P(R)=0,17P(R)=0{,}17, P(R‾)=0,83P(\overline{R})=0{,}83 ; PR(A)=0,062P_{R}(A)=0{,}062, PR(A‾)=0,938P_{R}(\overline{A})=0{,}938 ; les branches issues de R‾\overline{R} se complètent en A.2.c
  • A.2.a P(R∩A)=0,17×0,062=0,010 54P(R\cap A)=0{,}17\times 0{,}062=0{,}010\,54
  • A.2.b P(R‾∩A)=0,09−0,010 54=0,079 46P(\overline{R}\cap A)=0{,}09-0{,}010\,54=0{,}079\,46
  • A.2.c PR‾(A)=0,079 460,83≈0,095 7P_{\overline{R}}(A)=\dfrac{0{,}079\,46}{0{,}83}\approx 0{,}095\,7
  • B.1 XX suit la loi binomiale B(100 ;0,09)\mathcal{B}(100\,;0{,}09)
  • B.2 P(X⩾10)=1−P(X⩽9)≈0,412 5P(X\geqslant 10)=1-P(X\leqslant 9)\approx 0{,}412\,5
  • C.1 M20M_{20} est l'âge moyen d'apparition des premiers symptômes dans l'échantillon de 20 enfants
  • C.2 E(M20)=4\mathrm{E}(M_{20})=4 ; V(M20)=2,2520=0,112 5\mathrm{V}(M_{20})=\dfrac{2{,}25}{20}=0{,}112\,5
  • C.3 P(∣M20−4∣⩾2)⩽0,028 125P\left(\left|M_{20}-4\right|\geqslant 2\right)\leqslant 0{,}028\,125, donc P(2<M20<6)⩾0,971 875>0,97P(2<M_{20}<6)\geqslant 0{,}971\,875>0{,}97

A.1. On traduit chaque pourcentage de l'énoncé en se demandant à quelle population il se rapporte. « 17 %17\,\% de la population habite en zone rurale » porte sur tout le monde : P(R)=0,17P(R)=0{,}17, d'où P(R‾)=0,83P(\overline{R})=0{,}83. « Parmi les enfants vivant en zone rurale, 6,2 %6{,}2\,\% sont atteints » porte sur les seuls enfants ruraux : c'est la probabilité conditionnelle PR(A)=0,062P_{R}(A)=0{,}062, d'où PR(A‾)=1−0,062=0,938P_{R}(\overline{A})=1-0{,}062=0{,}938.

L'arbre a donc un premier niveau RR (0,170{,}17) et R‾\overline{R} (0,830{,}83), puis, issues de RR, les branches AA (0,0620{,}062) et A‾\overline{A} (0,9380{,}938). Les branches issues de R‾\overline{R} restent à compléter : l'énoncé ne donne pas directement la proportion d'enfants allergiques en zone urbaine, c'est la question A.2.c qui la calcule. L'arbre complété figure en fin de corrigé.

Le piège de la question : placer 0,090{,}09 sur une branche. Les 9 %9\,\% portent sur TOUS les enfants : c'est P(A)P(A), une probabilité totale, qui ne se lit sur aucune branche de cet arbre mais s'obtient en additionnant deux chemins. Elle sert à la question A.2.b.

A.2.a. Probabilité d'une intersection, lue sur un chemin de l'arbre (formule des probabilités composées) : P(R∩A)=P(R)×PR(A)=0,17×0,062=0,010 54P(R\cap A)=P(R)\times P_{R}(A)=0{,}17\times 0{,}062=0{,}010\,54.

La probabilité que l'enfant interrogé habite en zone rurale et soit atteint d'allergie alimentaire vaut 0,010 540{,}010\,54, valeur exacte comme l'exige l'énoncé. Contrôle : 0,010 54⩽P(R)=0,170{,}010\,54\leqslant P(R)=0{,}17 et 0,010 54⩽P(A)=0,090{,}010\,54\leqslant P(A)=0{,}09, comme toute intersection. Erreur fréquente : répondre 0,0620{,}062, qui est la probabilité d'être allergique SACHANT qu'on vit en zone rurale.

A.2.b. Formule des probabilités totales, avec la partition {R ;R‾}\{R\,;\overline{R}\} de l'univers : P(A)=P(R∩A)+P(R‾∩A)P(A)=P(R\cap A)+P(\overline{R}\cap A). On connaît P(A)=0,09P(A)=0{,}09 (les 9 %9\,\% de l'énoncé) et P(R∩A)P(R\cap A) (question précédente), donc P(R‾∩A)=0,09−0,010 54=0,079 46P(\overline{R}\cap A)=0{,}09-0{,}010\,54=0{,}079\,46.

La probabilité que l'enfant habite en zone urbaine et soit atteint d'allergie alimentaire vaut 0,079 460{,}079\,46. Le « en déduire » de l'énoncé signale justement cette soustraction : la seule information sur la zone urbaine est cachée dans le total.

A.2.c. On sait que l'enfant habite en zone urbaine : on cherche la probabilité conditionnelle PR‾(A)P_{\overline{R}}(A). Par définition, PR‾(A)=P(R‾∩A)P(R‾)=0,079 460,83≈0,095 735P_{\overline{R}}(A)=\dfrac{P(\overline{R}\cap A)}{P(\overline{R})}=\dfrac{0{,}079\,46}{0{,}83}\approx 0{,}095\,735, soit 0,095 70{,}095\,7 arrondi à 10−410^{-4}.

Interprétation et vérification : environ 9,57 %9{,}57\,\% des enfants des zones urbaines sont atteints d'allergie alimentaire, contre 6,2 %6{,}2\,\% en zone rurale. On retrouve la « différence nette » annoncée par l'étude, et la moyenne pondérée 0,17×0,062+0,83×0,095 7350{,}17\times 0{,}062+0{,}83\times 0{,}095\,735 redonne bien 0,090{,}09.

Erreur fréquente : diviser par P(A)P(A) au lieu de P(R‾)P(\overline{R}), ce qui donne PA(R‾)≈0,882 9P_{A}(\overline{R})\approx 0{,}882\,9, la proportion d'urbains parmi les enfants allergiques. Le dénominateur est toujours la probabilité de l'événement que l'on SAIT réalisé.

B.1. On reconnaît un schéma de Bernoulli. Chaque interrogation d'un enfant est une épreuve de Bernoulli : succès « l'enfant est atteint d'allergie alimentaire », de probabilité p=P(A)=0,09p=P(A)=0{,}09, échec sinon. On répète cette épreuve n=100n=100 fois, de façon identique et indépendante, puisque le choix est assimilé à des tirages successifs indépendants avec remise.

XX compte le nombre de succès sur ces 100100 répétitions : XX suit la loi binomiale de paramètres n=100n=100 et p=0,09p=0{,}09, notée B(100 ;0,09)\mathcal{B}(100\,;0{,}09). Les trois éléments attendus par le correcteur sont là : épreuves de Bernoulli identiques, indépendance, XX compte les succès.

Le piège : prendre p=0,062p=0{,}062 ou p≈0,0957p\approx 0{,}0957. L'enfant est choisi dans toute la population des États-Unis, sans condition sur sa zone : la probabilité de succès est la probabilité totale P(A)=0,09P(A)=0{,}09.

B.2. « Au moins 10 » se traite par l'événement contraire : P(X⩾10)=1−P(X⩽9)P(X\geqslant 10)=1-P(X\leqslant 9). La calculatrice (fonction de répartition de la loi binomiale, n=100n=100, p=0,09p=0{,}09, borne 99) donne P(X⩽9)≈0,587 5P(X\leqslant 9)\approx 0{,}587\,5, d'où P(X⩾10)≈0,412 5P(X\geqslant 10)\approx 0{,}412\,5 arrondi à 10−410^{-4}.

Ordre de grandeur : l'espérance de XX vaut np=100×0,09=9np=100\times 0{,}09=9. Demander au moins 1010 enfants allergiques, c'est demander un peu plus que la moyenne : une probabilité un peu inférieure à 0,50{,}5 est cohérente.

Erreur fréquente, et elle coûte le point : écrire 1−P(X⩽10)≈0,288 21-P(X\leqslant 10)\approx 0{,}288\,2. Le contraire de « X⩾10X\geqslant 10 » est « X⩽9X\leqslant 9 », car XX ne prend que des valeurs entières.

C.1. A1+A2+…+A20A_1+A_2+\ldots+A_{20} est la somme des âges d'apparition des premiers symptômes des 20 enfants ; divisée par 2020, elle donne leur moyenne. M20M_{20} représente donc l'âge moyen d'apparition des premiers symptômes allergiques dans l'échantillon de 20 enfants allergiques (l'unité, sans doute l'année, n'est pas précisée par l'énoncé).

C.2. Espérance, par linéarité, valable sans hypothèse : E(M20)=120(E(A1)+⋯+E(A20))=20×420=4\mathrm{E}(M_{20})=\dfrac{1}{20}\left(\mathrm{E}(A_1)+\cdots+\mathrm{E}(A_{20})\right)=\dfrac{20\times 4}{20}=4.

Variance : V(aZ)=a2 V(Z)\mathrm{V}(aZ)=a^{2}\,\mathrm{V}(Z), et les AiA_i étant INDÉPENDANTES, la variance de leur somme est la somme de leurs variances. Donc V(M20)=1202×20×2,25=2,2520=0,112 5\mathrm{V}(M_{20})=\dfrac{1}{20^{2}}\times 20\times 2{,}25=\dfrac{2{,}25}{20}=0{,}112\,5.

Les deux pièges : sortir 120\dfrac{1}{20} sans le carré, ce qui laisse V(M20)=2,25\mathrm{V}(M_{20})=2{,}25, et additionner les variances sans citer l'indépendance, seule raison pour laquelle on en a le droit.

C.3. L'inégalité de concentration, appliquée à la moyenne M20M_{20} d'un échantillon de 2020 variables indépendantes de même loi d'espérance μ=4\mu=4 et de variance V=2,25V=2{,}25, s'écrit pour tout réel δ>0\delta>0 : P(∣M20−4∣⩾δ)⩽V20 δ2P\left(\left|M_{20}-4\right|\geqslant\delta\right)\leqslant\dfrac{V}{20\,\delta^{2}}. C'est l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à M20M_{20}, de variance V20=0,112 5\dfrac{V}{20}=0{,}112\,5.

L'intervalle ]2 ;6[]2\,;6[ est centré en 44, de demi-largeur 22 : 2<M20<6  ⟺  ∣M20−4∣<22<M_{20}<6\iff\left|M_{20}-4\right|<2. Avec δ=2\delta=2 : P(∣M20−4∣⩾2)⩽2,2520×4=0,028 125P\left(\left|M_{20}-4\right|\geqslant 2\right)\leqslant\dfrac{2{,}25}{20\times 4}=0{,}028\,125.

On passe à l'événement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : P(2<M20<6)=1−P(∣M20−4∣⩾2)⩾1−0,028 125=0,971 875P(2<M_{20}<6)=1-P\left(\left|M_{20}-4\right|\geqslant 2\right)\geqslant 1-0{,}028\,125=0{,}971\,875. Comme 0,971 875>0,970{,}971\,875>0{,}97, on obtient bien P(2<M20<6)>0,97P(2<M_{20}<6)>0{,}97.

Interprétation : dans un échantillon de 20 enfants atteints d'allergie alimentaire choisis au hasard, l'âge moyen d'apparition des premiers symptômes est strictement compris entre 2 et 6 ans avec une probabilité supérieure à 0,970{,}97.

Deux pièges : prendre δ=6−2=4\delta=6-2=4, la largeur entière, au lieu de la DEMI-largeur 22 ; et utiliser la variance 2,252{,}25 d'un seul enfant au lieu de celle de la moyenne, ce qui donnerait la majoration 0,562 50{,}562\,5 et ne prouverait rien.

R0,17A0,0620,01054non A0,9380,15946non R0,83A≈ 0,09570,07946non A≈ 0,90430,75054

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Exercice 2 : Géométrie dans l'espace : trajectoires de deux avions en approche et distance de sécurité

5 points Géométrie dans l'espace

Deux avions sont en approche d'un aéroport.

On munit l'espace d'un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right) dont l'origine O est le pied de la tour de contrôle, et le sol est le plan P0P_0 d'équation z=0z=0.

L'unité des axes correspond à 1 km.

On modélise les avions par des points.

  • Repère de l'espace en perspective, axes x, y et z gradués de 2 en 2. Deux droites descendent de la gauche vers le sol : la droite d indice A passe par le point A, en haut, et la droite d indice B passe par le point B, plus à gauche ; elles semblent se croiser vers z égal 5 dans la perspective, puis se prolongent en pointillés sous le plan du sol.
  • L'avion Alpha transmet à la tour sa position en A(−7 ;1 ;7)\mathrm{A}(-7\,;1\,;7) et sa trajectoire est dirigée par le vecteur u⃗(2−1−3)\vec{u}\begin{pmatrix}2\\-1\\-3\end{pmatrix}.
  • L'avion Bêta transmet une trajectoire définie par la droite dBd_{\mathrm{B}} passant par le point B dont une représentation paramétrique est : {x=−11+5ty=−5+tz=11−4t\left\{\begin{array}{lcl}x&=&-11+5t\\y&=&-5+t\\z&=&11-4t\end{array}\right. où tt décrit R\mathbb{R}.
  • 1. S'il ne dévie pas de sa trajectoire, déterminer les coordonnées du point S en lequel l'avion Bêta touchera le sol.
  • 2.a. Déterminer une représentation paramétrique de la droite dAd_{\mathrm{A}} caractérisant la trajectoire de l'avion Alpha.
  • 2.b. Les deux avions peuvent-ils entrer en collision ?
  • 3.a. Démontrer que l'avion Alpha passe par la position E(−3 ;−1 ;1)\mathrm{E}(-3\,;-1\,;1).
  • 3.b. Justifier qu'une équation cartésienne du plan PEP_{\mathrm{E}} passant par E et perpendiculaire à la droite dAd_{\mathrm{A}} est : 2x−y−3z+8=02x-y-3z+8=0.
  • 3.c. Vérifier que le point F(−1 ;−3 ;3)\mathrm{F}(-1\,;-3\,;3) est le point d'intersection du plan PEP_{\mathrm{E}} et de la droite dBd_{\mathrm{B}}.
  • 3.d. Calculer la valeur exacte de la distance EF, puis vérifier que cela correspond à une distance de 3 4643\,464 m, à 1 m près.
  • 4. La réglementation aérienne stipule que deux avions en approche doivent être à tout instant à au moins 3 milles nautiques l'un de l'autre (1 mille nautique vaut 1 8521\,852 m).
    Si les avions Alpha et Bêta sont respectivement en E et F au même instant, leur distance de sécurité est-elle respectée ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

1
2.b
3.d
4
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Réponses

  • 1 S(114 ;−94 ;0)\mathrm{S}\left(\dfrac{11}{4}\,;-\dfrac{9}{4}\,;0\right), soit (2,75 ;−2,25 ;0)(2{,}75\,;-2{,}25\,;0), atteint pour t=114t=\dfrac{11}{4}
  • 2.a dAd_{\mathrm{A}} : x=−7+2kx=-7+2k, y=1−ky=1-k, z=7−3kz=7-3k, k∈Rk\in\mathbb{R}
  • 2.b Non : dAd_{\mathrm{A}} et dBd_{\mathrm{B}} ne sont ni parallèles ni sécantes, elles sont non coplanaires
  • 3.a k=2k=2 dans la représentation de dAd_{\mathrm{A}} donne E(−3 ;−1 ;1)\mathrm{E}(-3\,;-1\,;1)
  • 3.b u⃗(2 ;−1 ;−3)\vec{u}(2\,;-1\,;-3) est normal à PEP_{\mathrm{E}} : 2x−y−3z+d=02x-y-3z+d=0 et E donne d=8d=8
  • 3.c F vérifie l'équation de PEP_{\mathrm{E}} et appartient à dBd_{\mathrm{B}} (t=2t=2) ; dBd_{\mathrm{B}} n'est pas parallèle à PEP_{\mathrm{E}}, donc F est l'unique point d'intersection
  • 3.d EF=12=23\mathrm{EF}=\sqrt{12}=2\sqrt{3} km ≈3 464\approx 3\,464 m
  • 4 Non : 33 milles nautiques valent 5 5565\,556 m et EF≈3 464\mathrm{EF}\approx 3\,464 m <5 556<5\,556 m

1. L'avion Bêta touche le sol au point de dBd_{\mathrm{B}} qui appartient au plan P0P_0 d'équation z=0z=0. On cherche donc le paramètre tt tel que z=0z=0 : 11−4t=0  ⟺  t=11411-4t=0\iff t=\dfrac{11}{4}.

On remplace dans les deux autres équations : x=−11+5×114=−44+554=114x=-11+5\times\dfrac{11}{4}=\dfrac{-44+55}{4}=\dfrac{11}{4} et y=−5+114=−94y=-5+\dfrac{11}{4}=-\dfrac{9}{4}. Le point S a pour coordonnées (114 ;−94 ;0)\left(\dfrac{11}{4}\,;-\dfrac{9}{4}\,;0\right), soit (2,75 ;−2,25 ;0)(2{,}75\,;-2{,}25\,;0).

Vérification : zS=11−4×2,75=0z_{\mathrm{S}}=11-4\times 2{,}75=0. Le paramètre t=2,75t=2{,}75 est positif, ce qui est cohérent avec un avion qui descend : zz diminue quand tt augmente, puisque le coefficient de tt dans zz vaut −4-4. Erreur fréquente : poser t=0t=0, qui donne le point B (−11 ;−5 ;11)(-11\,;-5\,;11), en altitude.

2.a. Une droite de l'espace est déterminée par un point et un vecteur directeur. dAd_{\mathrm{A}} passe par A(−7 ;1 ;7)\mathrm{A}(-7\,;1\,;7) et est dirigée par u⃗(2 ;−1 ;−3)\vec{u}(2\,;-1\,;-3) : un point M(x ;y ;z)M(x\,;y\,;z) lui appartient si et seulement s'il existe un réel kk tel que AM→=ku⃗\overrightarrow{\mathrm{A}M}=k\vec{u}, ce qui donne la représentation paramétrique {x=−7+2ky=1−kz=7−3k\left\{\begin{array}{l}x=-7+2k\\y=1-k\\z=7-3k\end{array}\right., k∈Rk\in\mathbb{R}.

On prend un nom de paramètre différent de celui de dBd_{\mathrm{B}} (kk au lieu de tt) : c'est indispensable à la question suivante, où les deux paramètres sont des inconnues distinctes. Toute autre représentation correcte (autre point de la droite, vecteur directeur colinéaire à u⃗\vec{u}) est acceptée.

2.b. Pour entrer en collision, les deux avions devraient au moins se trouver un jour au même point, donc leurs trajectoires devraient avoir un point commun. On étudie la position relative de dAd_{\mathrm{A}} et dBd_{\mathrm{B}}.

Parallélisme : u⃗(2 ;−1 ;−3)\vec{u}(2\,;-1\,;-3) et le vecteur directeur v⃗(5 ;1 ;−4)\vec{v}(5\,;1\,;-4) de dBd_{\mathrm{B}} ne sont pas colinéaires, car 52≠1−1\dfrac{5}{2}\neq\dfrac{1}{-1}. Les droites ne sont donc pas parallèles.

Point commun : on cherche kk et tt tels que −7+2k=−11+5t-7+2k=-11+5t, 1−k=−5+t1-k=-5+t et 7−3k=11−4t7-3k=11-4t. La deuxième équation donne t=6−kt=6-k. En remplaçant dans la première : −7+2k=−11+30−5k-7+2k=-11+30-5k, soit 7k=267k=26, k=267k=\dfrac{26}{7}, puis t=6−267=167t=6-\dfrac{26}{7}=\dfrac{16}{7}.

On teste la troisième équation : 7−3×267=49−787=−2977-3\times\dfrac{26}{7}=\dfrac{49-78}{7}=-\dfrac{29}{7} alors que 11−4×167=77−647=13711-4\times\dfrac{16}{7}=\dfrac{77-64}{7}=\dfrac{13}{7}. Les deux valeurs diffèrent : le système n'a pas de solution et les droites n'ont aucun point commun.

Non parallèles et non sécantes, dAd_{\mathrm{A}} et dBd_{\mathrm{B}} sont non coplanaires. Les trajectoires ne se coupent jamais : les deux avions ne peuvent pas entrer en collision, tant qu'ils ne dévient pas de leur trajectoire.

Deux pièges. Utiliser la même lettre tt pour les deux droites, ce qui revient à imposer que les avions passent au même point « pour la même valeur du paramètre » et fausse la résolution. Et se fier à la figure : les deux droites y semblent se croiser, mais c'est un effet de la perspective, que le calcul dément. On ne conclut jamais sur un dessin en perspective.

3.a. On cherche un réel kk qui donne les coordonnées de E dans la représentation de dAd_{\mathrm{A}}. La première équation, −7+2k=−3-7+2k=-3, donne k=2k=2. On vérifie les deux autres avec k=2k=2 : y=1−2=−1y=1-2=-1 et z=7−3×2=1z=7-3\times 2=1. Les trois coordonnées correspondent : E(−3 ;−1 ;1)\mathrm{E}(-3\,;-1\,;1) appartient à dAd_{\mathrm{A}}, l'avion Alpha passe par la position E.

Erreur fréquente : s'arrêter après la première équation. Le kk trouvé doit satisfaire LES TROIS équations, sinon le point n'est pas sur la droite.

3.b. Un plan perpendiculaire à une droite admet pour vecteur normal un vecteur directeur de cette droite. Le vecteur u⃗(2 ;−1 ;−3)\vec{u}(2\,;-1\,;-3) est donc normal à PEP_{\mathrm{E}}, qui a une équation de la forme 2x−y−3z+d=02x-y-3z+d=0.

Le plan passe par E(−3 ;−1 ;1)\mathrm{E}(-3\,;-1\,;1) : 2×(−3)−(−1)−3×1+d=02\times(-3)-(-1)-3\times 1+d=0, soit −6+1−3+d=0-6+1-3+d=0, d'où d=8d=8. Une équation cartésienne de PEP_{\mathrm{E}} est bien 2x−y−3z+8=02x-y-3z+8=0.

Autre rédaction, tout aussi valable : M(x ;y ;z)∈PE  ⟺  EM→⋅u⃗=0  ⟺  2(x+3)−(y+1)−3(z−1)=0  ⟺  2x−y−3z+8=0M(x\,;y\,;z)\in P_{\mathrm{E}}\iff\overrightarrow{\mathrm{E}M}\cdot\vec{u}=0\iff 2(x+3)-(y+1)-3(z-1)=0\iff 2x-y-3z+8=0.

3.c. Deux vérifications, plus une troisième que l'on oublie souvent. F appartient au plan : 2×(−1)−(−3)−3×3+8=−2+3−9+8=02\times(-1)-(-3)-3\times 3+8=-2+3-9+8=0. F appartient à dBd_{\mathrm{B}} : −11+5t=−1-11+5t=-1 donne t=2t=2, puis y=−5+2=−3y=-5+2=-3 et z=11−4×2=3z=11-4\times 2=3, ce sont bien les coordonnées de F.

Il reste à justifier que F est LE point d'intersection, c'est-à-dire que la droite ne coupe pas le plan en d'autres points (cas d'une droite contenue dans le plan). Le produit scalaire du vecteur directeur v⃗(5 ;1 ;−4)\vec{v}(5\,;1\,;-4) de dBd_{\mathrm{B}} et du vecteur normal u⃗\vec{u} vaut 5×2+1×(−1)+(−4)×(−3)=10−1+12=21≠05\times 2+1\times(-1)+(-4)\times(-3)=10-1+12=21\neq 0 : dBd_{\mathrm{B}} n'est pas parallèle à PEP_{\mathrm{E}}, elle le coupe en un point unique, qui est F.

3.d. Distance dans un repère orthonormé : EF→ (−1−(−3) ;−3−(−1) ;3−1)=(2 ;−2 ;2)\overrightarrow{\mathrm{EF}}\,(-1-(-3)\,;-3-(-1)\,;3-1)=(2\,;-2\,;2), donc EF=22+(−2)2+22=12=23\mathrm{EF}=\sqrt{2^{2}+(-2)^{2}+2^{2}}=\sqrt{12}=2\sqrt{3}.

L'unité des axes étant le kilomètre, EF=23\mathrm{EF}=2\sqrt{3} km ≈3,464 1\approx 3{,}464\,1 km, soit 3 4643\,464 m à 1 m près. La valeur exacte attendue est 232\sqrt{3} (ou 12\sqrt{12}) ; la valeur approchée ne vient qu'ensuite. Erreur fréquente : oublier la conversion et annoncer « 3,4643{,}464 m ».

4. On convertit la distance réglementaire : 33 milles nautiques valent 3×1 852=5 5563\times 1\,852=5\,556 m. Or, si les avions sont en E et F au même instant, ils sont distants de EF≈3 464\mathrm{EF}\approx 3\,464 m, et 3 464<5 5563\,464<5\,556.

La distance de sécurité n'est donc pas respectée : il manque près de 2 1002\,100 m. Le fait que les trajectoires ne se coupent pas (question 2.b) ne suffit pas à garantir la sécurité, c'est l'idée de cette dernière question : deux droites non coplanaires peuvent passer très près l'une de l'autre.

Exercice 3 : Fonctions et intégrales : la suite des intégrales de x puissance n fois exponentielle, intégration par parties et script Python

5 points Primitives et intégrationSuites et récurrenceLimites et continuitéPython et méthodes numériques

On munit le plan d'un repère orthonormé.

Pour tout entier naturel nn, on considère la fonction fnf_n définie sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par : f0(x)=e−xf_0(x)=\mathrm{e}^{-x} et, pour n⩾1n\geqslant 1, fn(x)=xne−xf_n(x)=x^n\mathrm{e}^{-x}.

Pour tout entier naturel nn, on note Cn\mathcal{C}_n la courbe représentative de la fonction fnf_n.

Les parties A et B sont indépendantes.

  • Partie A : Étude des fonctions fnf_n pour n⩾1n\geqslant 1
  • On considère un entier naturel n⩾1n\geqslant 1.
  • A.1.a. On admet que la fonction fnf_n est dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[. Montrer que pour tout x⩾0x\geqslant 0, fn′(x)=(n−x)xn−1e−xf'_n(x)=(n-x)x^{n-1}\mathrm{e}^{-x}.
  • Tableau de variations de f indice n sur zéro, plus l'infini. La dérivée est positive avant n, nulle en n, négative après. La fonction croît de 0 à (n sur e) puissance n, atteint en x égal n, puis décroît vers 0 en plus l'infini.
  • A.1.b. Justifier tous les éléments du tableau ci-dessous :
  • A.2. Justifier par le calcul que le point A(1 ;e−1)\mathrm{A}\left(1\,;\mathrm{e}^{-1}\right) appartient à la courbe Cn\mathcal{C}_n.
  • Partie B : Étude des intégrales ∫01fn(x) dx\displaystyle\int_0^1 f_n(x)\,\mathrm{d}x pour n⩾0n\geqslant 0
  • Dans cette partie, on étudie les fonctions fnf_n sur [0 ;1][0\,;1] et on considère la suite (In)(I_n) définie pour tout entier naturel nn par : In=∫01fn(x) dx=∫01xne−x dxI_n=\displaystyle\int_0^1 f_n(x)\,\mathrm{d}x=\displaystyle\int_0^1 x^n\mathrm{e}^{-x}\,\mathrm{d}x.
  • 1. Sur le graphique en ANNEXE, on a représenté les courbes C0\mathcal{C}_0, C1\mathcal{C}_1, C2\mathcal{C}_2, C10\mathcal{C}_{10} et C100\mathcal{C}_{100}.
  • Courbes C0, C1, C2, C10 et C100 sur l'intervalle de 0 à 1, quadrillage de 0,1 en 0,1. C0 descend de 1 à environ 0,37 ; C1 monte de 0 à environ 0,37 ; C2, presque droite, monte de 0 à environ 0,37 ; C10 reste collée à l'axe jusque vers 0,6 puis remonte ; C100 reste collée à l'axe jusque vers 0,95 puis monte presque verticalement. Toutes les courbes passent par le point d'abscisse 1 et d'ordonnée environ 0,37.
    ANNEXE : exercice 3
  • B.1.a. Donner une interprétation graphique de InI_n.
  • B.1.b. Par lecture de ce graphique, quelle conjecture peut-on émettre sur la limite de la suite (In)(I_n) ?
  • B.2. Calculer I0I_0.
  • B.3.a. Soit nn un entier naturel. Démontrer que pour tout x∈[0 ;1]x\in[0\,;1], 0⩽xn+1⩽xn0\leqslant x^{n+1}\leqslant x^n.
  • B.3.b. En déduire que pour tout entier naturel nn, on a : 0⩽In+1⩽In0\leqslant I_{n+1}\leqslant I_n.
  • B.4. Démontrer que la suite (In)(I_n) est convergente, vers une limite positive ou nulle que l'on notera ℓ\ell.
  • B.5. En utilisant une intégration par parties, démontrer que pour tout entier naturel nn on a : In+1=(n+1)In−1eI_{n+1}=(n+1)I_n-\dfrac{1}{\mathrm{e}}.
  • B.6.a. Démontrer que si ℓ>0\ell>0, l'égalité de la question 5 conduit à une contradiction.
  • B.6.b. Démontrer que ℓ=0\ell=0. On pourra utiliser la question 6. a.
  • On donne ci-dessous le script de la fonction mystere, écrite en langage Python.
  • On a importé la constante e.
  • Script Python : def mystere(n): I = 1 - 1/e ; L = [I] ; for i in range(n): I = (i + 1)*I - 1/e, puis L.append(I) ; return L.
  • B.7. Que renvoie mystere(100) dans le contexte de l'exercice ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/4

B.1.b
B.2
B.6.b
B.7
Voir la correction

Réponses

  • A.1.a fn′(x)=nxn−1e−x−xne−x=(n−x)xn−1e−xf'_n(x)=nx^{n-1}\mathrm{e}^{-x}-x^n\mathrm{e}^{-x}=(n-x)x^{n-1}\mathrm{e}^{-x}
  • A.1.b fn′(x)f'_n(x) a le signe de n−xn-x ; fn(0)=0f_n(0)=0, fn(n)=nne−n=(ne)nf_n(n)=n^n\mathrm{e}^{-n}=\left(\dfrac{n}{\mathrm{e}}\right)^n, lim⁡x→+∞fn(x)=0\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f_n(x)=0 par croissance comparée
  • A.2 fn(1)=1ne−1=e−1f_n(1)=1^n\mathrm{e}^{-1}=\mathrm{e}^{-1} pour tout n⩾1n\geqslant 1
  • B.1.a InI_n est l'aire, en unités d'aire, du domaine entre Cn\mathcal{C}_n, l'axe des abscisses et les droites x=0x=0 et x=1x=1
  • B.1.b Conjecture : (In)(I_n) tend vers 00
  • B.2 I0=1−1e≈0,632I_0=1-\dfrac{1}{\mathrm{e}}\approx 0{,}632
  • B.3.a xn⩾0x^n\geqslant 0 et xn+1−xn=xn(x−1)⩽0x^{n+1}-x^n=x^n(x-1)\leqslant 0 sur [0 ;1][0\,;1]
  • B.3.b On multiplie par e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0 et on intègre sur [0 ;1][0\,;1] (positivité et croissance de l'intégrale)
  • B.4 (In)(I_n) décroissante et minorée par 00, donc convergente vers ℓ⩾0\ell\geqslant 0
  • B.5 Par parties avec u=xn+1u=x^{n+1}, v′=e−xv'=\mathrm{e}^{-x} : In+1=[−xn+1e−x]01+(n+1)In=(n+1)In−1eI_{n+1}=\left[-x^{n+1}\mathrm{e}^{-x}\right]_0^1+(n+1)I_n=(n+1)I_n-\dfrac{1}{\mathrm{e}}
  • B.6.a Si ℓ>0\ell>0, (n+1)In→+∞(n+1)I_n\to+\infty, donc In+1→+∞I_{n+1}\to+\infty, ce qui contredit In+1→ℓI_{n+1}\to\ell finie
  • B.6.b ℓ⩾0\ell\geqslant 0 et ℓ>0\ell>0 impossible, donc ℓ=0\ell=0
  • B.7 La liste [I0,I1,…,I100][I_0,I_1,\ldots,I_{100}] des 101101 premiers termes de la suite, calculés par la relation de récurrence

A.1.a. Pour n⩾1n\geqslant 1, fnf_n est le produit u×vu\times v avec u(x)=xnu(x)=x^n, u′(x)=nxn−1u'(x)=nx^{n-1}, et v(x)=e−xv(x)=\mathrm{e}^{-x}, v′(x)=−e−xv'(x)=-\mathrm{e}^{-x} (dérivée de eax\mathrm{e}^{ax} avec a=−1a=-1). Par la formule (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv' : fn′(x)=nxn−1e−x−xne−xf'_n(x)=nx^{n-1}\mathrm{e}^{-x}-x^n\mathrm{e}^{-x}.

On factorise par xn−1e−xx^{n-1}\mathrm{e}^{-x}, en écrivant xn=x×xn−1x^n=x\times x^{n-1} : fn′(x)=xn−1e−x(n−x)=(n−x)xn−1e−xf'_n(x)=x^{n-1}\mathrm{e}^{-x}(n-x)=(n-x)x^{n-1}\mathrm{e}^{-x}, pour tout x⩾0x\geqslant 0.

Vérification sur n=1n=1 : f1(x)=xe−xf_1(x)=x\mathrm{e}^{-x}, f1′(x)=e−x−xe−x=(1−x)e−xf'_1(x)=\mathrm{e}^{-x}-x\mathrm{e}^{-x}=(1-x)\mathrm{e}^{-x}, et la formule donne bien (1−x)x0e−x(1-x)x^{0}\mathrm{e}^{-x}. Erreur fréquente : oublier le signe moins de la dérivée de e−x\mathrm{e}^{-x}, ce qui donne (n+x)(n+x) et une fonction toujours croissante.

A.1.b. Signe de la dérivée. Pour x⩾0x\geqslant 0, xn−1⩾0x^{n-1}\geqslant 0 et e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0 : fn′(x)f'_n(x) a le signe de n−xn-x. Il est positif pour x<nx<n (strictement sur ]0 ;n[]0\,;n[), nul en x=nx=n, négatif pour x>nx>n. Pour n⩾2n\geqslant 2, fn′(0)=0f'_n(0)=0 aussi, mais cette annulation en un point isolé n'empêche pas fnf_n d'être strictement croissante sur [0 ;n][0\,;n]. Donc fnf_n est croissante sur [0 ;n][0\,;n] et décroissante sur [n ;+∞[[n\,;+\infty[.

Valeurs du tableau. fn(0)=0ne0=0f_n(0)=0^n\mathrm{e}^{0}=0, car n⩾1n\geqslant 1. Le maximum, atteint en x=nx=n, vaut fn(n)=nne−n=nnen=(ne)nf_n(n)=n^n\mathrm{e}^{-n}=\dfrac{n^n}{\mathrm{e}^n}=\left(\dfrac{n}{\mathrm{e}}\right)^n.

Limite en +∞+\infty. On écrit fn(x)=xnexf_n(x)=\dfrac{x^n}{\mathrm{e}^{x}}. Par croissance comparée, lim⁡x→+∞exxn=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^x}{x^n}=+\infty, donc par passage à l'inverse lim⁡x→+∞xnex=0\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\dfrac{x^n}{\mathrm{e}^x}=0. La forme xne−xx^n\mathrm{e}^{-x} est une forme indéterminée « +∞×0+\infty\times 0 » : c'est le théorème de croissance comparée, et lui seul, qui la lève. Écrire « l'exponentielle l'emporte » sans citer le théorème coûte le point.

Contrôle numérique : pour n=2n=2, le maximum vaut (2e)2≈0,541\left(\dfrac{2}{\mathrm{e}}\right)^2\approx 0{,}541, atteint en x=2x=2, et f2(2)=4e−2≈0,541f_2(2)=4\mathrm{e}^{-2}\approx 0{,}541.

A.2. Le point A(1 ;e−1)\mathrm{A}\left(1\,;\mathrm{e}^{-1}\right) appartient à Cn\mathcal{C}_n si et seulement si fn(1)=e−1f_n(1)=\mathrm{e}^{-1}. Or fn(1)=1ne−1=1×e−1=e−1f_n(1)=1^n\mathrm{e}^{-1}=1\times\mathrm{e}^{-1}=\mathrm{e}^{-1}, car 1n=11^n=1 pour tout entier nn. Toutes les courbes Cn\mathcal{C}_n, n⩾1n\geqslant 1, passent donc par A ; c'est le point commun qu'on voit à droite du graphique de l'annexe, d'ordonnée e−1≈0,368\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}368 (et C0\mathcal{C}_0 y passe aussi, puisque f0(1)=e−1f_0(1)=\mathrm{e}^{-1}).

B.1.a. Pour tout nn, la fonction fnf_n est continue et positive sur [0 ;1][0\,;1] (produit de xn⩾0x^n\geqslant 0 et de e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0). Son intégrale InI_n est donc l'aire, exprimée en unités d'aire, du domaine compris entre la courbe Cn\mathcal{C}_n, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=0x=0 et x=1x=1.

Les deux hypothèses, continuité et POSITIVITÉ, font partie de la réponse : pour une fonction de signe quelconque, l'intégrale n'est pas une aire.

B.1.b. Sur le graphique, le domaine sous Cn\mathcal{C}_n rétrécit quand nn augmente : C10\mathcal{C}_{10} reste collée à l'axe jusque vers x=0,6x=0{,}6, et C100\mathcal{C}_{100} jusque vers x=0,95x=0{,}95, avant de remonter en un pic de plus en plus étroit vers le point A. On conjecture que la suite (In)(I_n) est décroissante et converge vers 00.

B.2. Une primitive de x↦e−xx\mapsto\mathrm{e}^{-x} sur [0 ;1][0\,;1] est x↦−e−xx\mapsto-\mathrm{e}^{-x}. Donc I0=∫01e−x dx=[−e−x]01=−e−1−(−e0)=1−1e≈0,632I_0=\displaystyle\int_0^1\mathrm{e}^{-x}\,\mathrm{d}x=\left[-\mathrm{e}^{-x}\right]_0^1=-\mathrm{e}^{-1}-\left(-\mathrm{e}^{0}\right)=1-\dfrac{1}{\mathrm{e}}\approx 0{,}632.

Vérification graphique : C0\mathcal{C}_0 descend de 11 à 0,370{,}37 sur [0 ;1][0\,;1], l'aire sous elle est donc entre 0,370{,}37 et 11, et la moyenne des deux bords, 0,680{,}68, en est proche. Erreur fréquente : prendre e−x\mathrm{e}^{-x} comme sa propre primitive et trouver e−1−1<0\mathrm{e}^{-1}-1<0, une aire négative qui doit alerter.

B.3.a. Soit x∈[0 ;1]x\in[0\,;1]. D'abord xn+1⩾0x^{n+1}\geqslant 0, puisque x⩾0x\geqslant 0. Ensuite on étudie le signe de la différence : xn+1−xn=xn(x−1)x^{n+1}-x^n=x^n(x-1). Sur [0 ;1][0\,;1], xn⩾0x^n\geqslant 0 et x−1⩽0x-1\leqslant 0, donc le produit est négatif ou nul : xn+1⩽xnx^{n+1}\leqslant x^n. Finalement 0⩽xn+1⩽xn0\leqslant x^{n+1}\leqslant x^n.

Autre rédaction : multiplier l'inégalité 0⩽x⩽10\leqslant x\leqslant 1 par xn⩾0x^n\geqslant 0, ce qui conserve le sens. Le piège est de croire l'inégalité vraie partout : pour x>1x>1, c'est l'inverse, xn+1>xnx^{n+1}>x^n. Elle repose entièrement sur x⩽1x\leqslant 1.

B.3.b. Pour tout x∈[0 ;1]x\in[0\,;1], on multiplie l'encadrement de la question précédente par e−x>0\mathrm{e}^{-x}>0, ce qui conserve le sens des inégalités : 0⩽xn+1e−x⩽xne−x0\leqslant x^{n+1}\mathrm{e}^{-x}\leqslant x^n\mathrm{e}^{-x}, c'est-à-dire 0⩽fn+1(x)⩽fn(x)0\leqslant f_{n+1}(x)\leqslant f_n(x).

Les fonctions sont continues sur [0 ;1][0\,;1] et les bornes sont dans l'ordre croissant (0<10<1). Par positivité et croissance de l'intégrale (conservation de l'ordre) : 0⩽∫01fn+1(x) dx⩽∫01fn(x) dx0\leqslant\displaystyle\int_0^1 f_{n+1}(x)\,\mathrm{d}x\leqslant\displaystyle\int_0^1 f_n(x)\,\mathrm{d}x, soit 0⩽In+1⩽In0\leqslant I_{n+1}\leqslant I_n.

Le correcteur attend les deux arguments : le signe de e−x\mathrm{e}^{-x} pour multiplier, et l'ordre des bornes pour intégrer. Avec des bornes dans l'ordre décroissant, l'inégalité se renverserait.

B.4. D'après la question précédente, In+1⩽InI_{n+1}\leqslant I_n pour tout nn : la suite (In)(I_n) est décroissante. Et In⩾0I_n\geqslant 0 pour tout nn : elle est minorée par 00. Par le théorème de convergence monotone, une suite décroissante et minorée converge : (In)(I_n) converge vers une limite ℓ\ell.

Comme In⩾0I_n\geqslant 0 pour tout nn, le passage à la limite dans les inégalités larges donne ℓ⩾0\ell\geqslant 0. Le piège : affirmer que la limite est 00 parce que la suite est minorée par 00. Le théorème donne l'EXISTENCE de la limite et ℓ⩾0\ell\geqslant 0, pas sa valeur ; c'est tout l'objet de la question 6.

B.5. Formule d'intégration par parties : ∫01u(x)v′(x) dx=[u(x)v(x)]01−∫01u′(x)v(x) dx\displaystyle\int_0^1 u(x)v'(x)\,\mathrm{d}x=\left[u(x)v(x)\right]_0^1-\displaystyle\int_0^1 u'(x)v(x)\,\mathrm{d}x, avec uu et vv dérivables à dérivées continues sur [0 ;1][0\,;1].

Dans In+1=∫01xn+1e−x dxI_{n+1}=\displaystyle\int_0^1 x^{n+1}\mathrm{e}^{-x}\,\mathrm{d}x, on pose u(x)=xn+1u(x)=x^{n+1}, d'où u′(x)=(n+1)xnu'(x)=(n+1)x^n, et v′(x)=e−xv'(x)=\mathrm{e}^{-x}, d'où v(x)=−e−xv(x)=-\mathrm{e}^{-x}. On dérive la puissance, pour faire baisser l'exposant de n+1n+1 à nn et retrouver InI_n.

In+1=[−xn+1e−x]01−∫01(n+1)xn(−e−x)dx=(−e−1−0)+(n+1)∫01xne−x dxI_{n+1}=\left[-x^{n+1}\mathrm{e}^{-x}\right]_0^1-\displaystyle\int_0^1(n+1)x^n\left(-\mathrm{e}^{-x}\right)\mathrm{d}x=\left(-\mathrm{e}^{-1}-0\right)+(n+1)\displaystyle\int_0^1 x^n\mathrm{e}^{-x}\,\mathrm{d}x, car 0n+1=00^{n+1}=0. Donc In+1=(n+1)In−1eI_{n+1}=(n+1)I_n-\dfrac{1}{\mathrm{e}}.

Vérification avec n=0n=0 : I1=I0−1e=1−2e≈0,264I_1=I_0-\dfrac{1}{\mathrm{e}}=1-\dfrac{2}{\mathrm{e}}\approx 0{,}264, valeur positive et plus petite que I0≈0,632I_0\approx 0{,}632, comme l'annonçait la question 3. Erreur fréquente : les deux signes moins, celui de vv et celui de la formule, qui se compensent ; en perdre un donne In+1=−(n+1)In−1eI_{n+1}=-(n+1)I_n-\dfrac{1}{\mathrm{e}}, négatif.

B.6.a. On raisonne par l'absurde : supposons ℓ>0\ell>0. Alors In→ℓI_n\to\ell et n+1→+∞n+1\to+\infty, donc par produit (n+1)In→+∞(n+1)I_n\to+\infty, puis (n+1)In−1e→+∞(n+1)I_n-\dfrac{1}{\mathrm{e}}\to+\infty. D'après l'égalité de la question 5, cela signifie In+1→+∞I_{n+1}\to+\infty.

Mais (In+1)(I_{n+1}) est la même suite décalée d'un rang : elle converge vers le réel ℓ\ell. Une suite ne peut pas à la fois tendre vers +∞+\infty et vers un réel fini : c'est une contradiction (unicité de la limite). Le produit (n+1)In(n+1)I_n n'est une forme indéterminée que si ℓ=0\ell=0 ; c'est précisément le cas qu'on écarte en supposant ℓ>0\ell>0.

B.6.b. D'après la question 4, ℓ⩾0\ell\geqslant 0. D'après la question 6.a, l'hypothèse ℓ>0\ell>0 mène à une contradiction : elle est fausse, donc ℓ⩽0\ell\leqslant 0. Les deux inégalités donnent ℓ=0\ell=0 : la suite (In)(I_n) converge vers 00, ce qui confirme la conjecture de la question 1.b.

Vérification par une autre voie, hors de ce qu'attend le sujet : sur [0 ;1][0\,;1], e−1⩽e−x⩽1\mathrm{e}^{-1}\leqslant\mathrm{e}^{-x}\leqslant 1, donc 1e(n+1)⩽In⩽1n+1\dfrac{1}{\mathrm{e}(n+1)}\leqslant I_n\leqslant\dfrac{1}{n+1}, et le théorème des gendarmes redonne ℓ=0\ell=0.

B.7. La fonction initialise I à 1−1e1-\dfrac{1}{\mathrm{e}}, qui est I0I_0 (question 2), et la liste L à [I0][I_0]. À chaque tour de boucle, pour i allant de 00 à n−1n-1, elle remplace I par (i+1)×I−1e(i+1)\times I-\dfrac{1}{\mathrm{e}} : c'est la relation de la question 5, qui calcule Ii+1I_{i+1} à partir de IiI_i, puis elle ajoute cette valeur à la liste.

mystere(100) renvoie donc la liste [I0,I1,…,I100][I_0, I_1, \ldots, I_{100}] des 101101 premiers termes de la suite (In)(I_n). Le piège est de compter 100100 valeurs : la liste contient déjà I0I_0 avant la boucle, et range(100) fait 100100 tours. Dans la transcription du script, la ligne return L est légèrement décalée ; on la lit au niveau de la ligne for, dans le corps de la fonction et après la boucle, faute de quoi le script ne s'exécuterait pas.

Remarque pour aller plus loin : sur machine, les valeurs renvoyées sont fausses dès n≈17n\approx 17. L'erreur d'arrondi sur 1e\dfrac{1}{\mathrm{e}}, de l'ordre de 10−1610^{-16}, est multipliée par n+1n+1 à chaque tour, donc par n!n! au total : 17!≈3,6×101417!\approx 3{,}6\times 10^{14} suffit à la rendre visible. Le terme d'indice 1818 calculé est négatif, ce que la question 3 interdit, et la dernière valeur de la liste dépasse 1014110^{141} en valeur absolue. Le sujet demande ce que renvoie la fonction « dans le contexte de l'exercice », c'est-à-dire en théorie : la réponse attendue reste la liste des InI_n.

Exercice 4 : Vrai ou faux : équation différentielle, dénombrement, limite de suite, produit scalaire et convexité

5 points Les équations différentiellesCombinatoire et dénombrementGéométrie dans l'espaceLa convexité

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse.
Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
Dans cet exercice, les questions sont indépendantes les unes des autres.

  • 1. On considère l'équation différentielle : (E)y′=12y+4(E)\quad y'=\dfrac{1}{2}y+4.
  • 1. Affirmation 1 : Les solutions de (E)(E) sont les fonctions ff définies sur R\mathbb{R} par : f(x)=ke12x−8f(x)=k\mathrm{e}^{\frac{1}{2}x}-8, avec k∈Rk\in\mathbb{R}.
  • 2. Dans une classe de terminale, il y a 18 filles et 14 garçons.
    On constitue une équipe de volley-ball en choisissant au hasard 3 filles et 3 garçons.
  • 2. Affirmation 2 : Il y a 297 024297\,024 possibilités pour former une telle équipe.
  • 3. Soit (vn)(v_n) la suite définie pour tout entier naturel nn par : vn=n2+cos⁡(n)v_n=\dfrac{n}{2+\cos(n)}.
  • 3. Affirmation 3 : La suite (vn)(v_n) diverge vers +∞+\infty.
  • 4. Dans l'espace rapporté à un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right), on considère les points A(1 ;1 ;2)\mathrm{A}(1\,;1\,;2), B(5 ;−1 ;8)\mathrm{B}(5\,;-1\,;8) et C(2 ;1 ;3)\mathrm{C}(2\,;1\,;3).
  • 4. Affirmation 4 : AB→⋅AC→=10\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=10 et une mesure de l'angle BAC^\widehat{\mathrm{BAC}} est 30∘30^{\circ}.
  • 5. On considère une fonction hh définie sur ]0 ;+∞]]0\,;+\infty] dont la dérivée seconde est définie sur ]0 ;+∞]]0\,;+\infty] par : h′′(x)=xln⁡x−3xh''(x)=x\ln x-3x.
  • 5. Affirmation 5 : La fonction hh est convexe sur [e3 ;+∞[\left[\mathrm{e}^3\,;+\infty\right[.

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Réponses

  • 1 Vrai : y′=ay+by'=ay+b avec a=12a=\dfrac{1}{2}, b=4b=4 a pour solutions ke12x−ba=ke12x−8k\mathrm{e}^{\frac{1}{2}x}-\dfrac{b}{a}=k\mathrm{e}^{\frac{1}{2}x}-8
  • 2 Vrai : (183)×(143)=816×364=297 024\dbinom{18}{3}\times\dbinom{14}{3}=816\times 364=297\,024
  • 3 Vrai : vn⩾n3v_n\geqslant\dfrac{n}{3} et n3→+∞\dfrac{n}{3}\to+\infty, donc vn→+∞v_n\to+\infty par comparaison
  • 4 Faux : le produit scalaire vaut 1010, mais cos⁡BAC^=527\cos\widehat{\mathrm{BAC}}=\dfrac{5}{2\sqrt{7}}, soit un angle d'environ 19,1∘19{,}1^{\circ}
  • 5 Vrai : h′′(x)=x(ln⁡x−3)⩾0h''(x)=x(\ln x-3)\geqslant 0 sur [e3 ;+∞[\left[\mathrm{e}^3\,;+\infty\right[

1. Affirmation vraie. Théorème du cours : pour a≠0a\neq 0, les solutions sur R\mathbb{R} de l'équation y′=ay+by'=ay+b sont les fonctions x↦keax−bax\mapsto k\mathrm{e}^{ax}-\dfrac{b}{a}, k∈Rk\in\mathbb{R}. Ici a=12a=\dfrac{1}{2} et b=4b=4, donc −ba=−41/2=−8-\dfrac{b}{a}=-\dfrac{4}{1/2}=-8 : les solutions sont les fonctions f(x)=ke12x−8f(x)=k\mathrm{e}^{\frac{1}{2}x}-8, k∈Rk\in\mathbb{R}.

Vérification directe : si f(x)=ke12x−8f(x)=k\mathrm{e}^{\frac{1}{2}x}-8, alors f′(x)=k2e12xf'(x)=\dfrac{k}{2}\mathrm{e}^{\frac{1}{2}x} et 12f(x)+4=k2e12x−4+4=k2e12x\dfrac{1}{2}f(x)+4=\dfrac{k}{2}\mathrm{e}^{\frac{1}{2}x}-4+4=\dfrac{k}{2}\mathrm{e}^{\frac{1}{2}x} : l'égalité f′=12f+4f'=\dfrac{1}{2}f+4 est vérifiée. Cette vérification montre seulement que ces fonctions SONT des solutions ; c'est le théorème qui garantit qu'il n'y en a pas d'autres, et il faut le citer.

Erreur fréquente : écrire la solution particulière constante +ba=+8+\dfrac{b}{a}=+8. On la retrouve en cherchant la fonction constante cc solution : 0=12c+40=\dfrac{1}{2}c+4, d'où c=−8c=-8.

2. Affirmation vraie. Une équipe est formée de 3 filles et de 3 garçons, sans ordre ni rôle : ce sont des combinaisons. Il y a (183)=18×17×163×2×1=816\dbinom{18}{3}=\dfrac{18\times 17\times 16}{3\times 2\times 1}=816 façons de choisir les filles et (143)=14×13×126=364\dbinom{14}{3}=\dfrac{14\times 13\times 12}{6}=364 façons de choisir les garçons.

Chaque choix de filles s'associe à chaque choix de garçons : par le principe multiplicatif, le nombre d'équipes est 816×364=297 024816\times 364=297\,024. L'affirmation est vraie.

Les pièges : additionner 816+364816+364 au lieu de multiplier ; ou compter des arrangements, 18×17×16×14×13×1218\times 17\times 16\times 14\times 13\times 12, comme si l'ordre des joueurs comptait, ce qui multiplie le résultat par 3!×3!=363!\times 3!=36. Choisir 66 élèves parmi 3232, (326)\dbinom{32}{6}, ne respecte pas la contrainte de 3 filles et 3 garçons.

3. Affirmation vraie. Pour tout entier nn, −1⩽cos⁡(n)⩽1-1\leqslant\cos(n)\leqslant 1, donc 1⩽2+cos⁡(n)⩽31\leqslant 2+\cos(n)\leqslant 3 : le dénominateur est strictement positif et majoré par 33. Pour n⩾0n\geqslant 0, en passant à l'inverse (fonction décroissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[) puis en multipliant par n⩾0n\geqslant 0 : vn=n2+cos⁡(n)⩾n3v_n=\dfrac{n}{2+\cos(n)}\geqslant\dfrac{n}{3}.

Or lim⁡n→+∞n3=+∞\displaystyle\lim_{n\to+\infty}\dfrac{n}{3}=+\infty. Par le théorème de comparaison (minoration par une suite qui tend vers +∞+\infty), lim⁡n→+∞vn=+∞\displaystyle\lim_{n\to+\infty}v_n=+\infty : la suite (vn)(v_n) diverge vers +∞+\infty.

Le piège : conclure que la suite n'a pas de limite parce que cos⁡(n)\cos(n) oscille. L'oscillation du dénominateur reste entre 11 et 33 ; elle fait seulement osciller vnv_n entre n3\dfrac{n}{3} et nn, deux suites qui tendent toutes deux vers +∞+\infty. Autre faute fréquente : dire « cos⁡(n)\cos(n) n'a pas de limite, donc on ne peut rien conclure ».

4. Affirmation fausse. Coordonnées des vecteurs : AB→(5−1 ;−1−1 ;8−2)=(4 ;−2 ;6)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(5-1\,;-1-1\,;8-2)=(4\,;-2\,;6) et AC→(2−1 ;1−1 ;3−2)=(1 ;0 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AC}}(2-1\,;1-1\,;3-2)=(1\,;0\,;1). Dans un repère orthonormé, AB→⋅AC→=4×1+(−2)×0+6×1=10\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=4\times 1+(-2)\times 0+6\times 1=10 : la première partie de l'affirmation est exacte.

Pour l'angle, on utilise l'autre expression du produit scalaire : AB→⋅AC→=AB×AC×cos⁡BAC^\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=\mathrm{AB}\times\mathrm{AC}\times\cos\widehat{\mathrm{BAC}}. Avec AB=16+4+36=56=214\mathrm{AB}=\sqrt{16+4+36}=\sqrt{56}=2\sqrt{14} et AC=1+0+1=2\mathrm{AC}=\sqrt{1+0+1}=\sqrt{2}, on obtient cos⁡BAC^=1056×2=10112=1047=527≈0,945\cos\widehat{\mathrm{BAC}}=\dfrac{10}{\sqrt{56}\times\sqrt{2}}=\dfrac{10}{\sqrt{112}}=\dfrac{10}{4\sqrt{7}}=\dfrac{5}{2\sqrt{7}}\approx 0{,}945.

Or cos⁡30∘=32≈0,866\cos 30^{\circ}=\dfrac{\sqrt{3}}{2}\approx 0{,}866. Les cosinus diffèrent, donc l'angle ne mesure pas 30∘30^{\circ} : la calculatrice donne BAC^≈19,1∘\widehat{\mathrm{BAC}}\approx 19{,}1^{\circ}. Une affirmation formée de deux propositions reliées par « et » est fausse dès que l'une des deux l'est : l'affirmation 4 est fausse.

Le piège est précisément là : s'arrêter après le calcul du produit scalaire, qui est juste, et répondre « vrai ». Pour réfuter, il suffit de comparer 527\dfrac{5}{2\sqrt{7}} à 32\dfrac{\sqrt{3}}{2}, sans même calculer l'angle : (527)2=2528\left(\dfrac{5}{2\sqrt{7}}\right)^2=\dfrac{25}{28} alors que (32)2=34=2128\left(\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)^2=\dfrac{3}{4}=\dfrac{21}{28}.

5. Affirmation vraie. Une fonction deux fois dérivable est convexe sur un intervalle si et seulement si sa dérivée seconde y est positive. On factorise : h′′(x)=xln⁡x−3x=x(ln⁡x−3)h''(x)=x\ln x-3x=x(\ln x-3).

Sur [e3 ;+∞[\left[\mathrm{e}^3\,;+\infty\right[ : x⩾e3>0x\geqslant\mathrm{e}^3>0, et, la fonction ln⁡\ln étant croissante, ln⁡x⩾ln⁡(e3)=3\ln x\geqslant\ln\left(\mathrm{e}^3\right)=3, donc ln⁡x−3⩾0\ln x-3\geqslant 0. Le produit x(ln⁡x−3)x(\ln x-3) est positif : h′′(x)⩾0h''(x)\geqslant 0 sur [e3 ;+∞[\left[\mathrm{e}^3\,;+\infty\right[, et hh y est convexe.

Vérification par le tableau de signes complet : sur ]0 ;e3]]0\,;\mathrm{e}^3], ln⁡x−3⩽0\ln x-3\leqslant 0 et h′′⩽0h''\leqslant 0, hh est concave ; le point d'abscisse e3≈20,1\mathrm{e}^3\approx 20{,}1 est un point d'inflexion. Erreur fréquente : étudier le signe de h′′h'' terme à terme sans factoriser, ou confondre h′′h'' avec hh et parler de variations. L'énoncé écrit ]0 ;+∞]]0\,;+\infty], crochet fermé en +∞+\infty ; il faut lire ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, ce qui ne change rien à la réponse.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/bac-2025-maths-polynesie-j1. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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