Exercice 1 : Probabilités : allergies alimentaires chez l'enfant, loi binomiale et inégalité de concentration
5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
Une équipe américaine a cartographié pour la première fois les allergies alimentaires chez l'enfant aux États-Unis en 2020. L'étude, publiée dans la revue Clinical Pediatries, révèle une différence nette entre les zones rurales et les zones urbaines.
On sait qu'en 2020, de la population des États-Unis habite en zone rurale et en zone urbaine.
L'étude menée montre que parmi les enfants des États-Unis vivant en zone rurale, il y en a qui sont atteints d'allergie alimentaire.
L'étude révèle aussi que des enfants des États-Unis sont atteints d'allergie alimentaire.
Pour un évènement quelconque, on note sa probabilité et son évènement contraire.
Sauf mention contraire, les probabilités seront données sous forme exacte.
- Partie A
- On interroge au hasard un enfant dans la population des États-Unis et on note :
• L'évènement : « l'enfant interrogé habite en zone rurale » ;
• L'évènement : « l'enfant interrogé est atteint d'allergie alimentaire ». - A.1. Traduire cette situation à l'aide d'un arbre de probabilité. Cet arbre pourra être complété par la suite.
- A.2.a. Calculer la probabilité que l'enfant interrogé habite en zone rurale et soit atteint d'allergie alimentaire,
- A.2.b. En déduire la probabilité que l'enfant interrogé habite en zone urbaine et soit atteint d'allergie alimentaire.
- A.2.c. L'enfant interrogé habite en zone urbaine. Quelle est la probabilité qu'il soit atteint d'allergie alimentaire ? Arrondir le résultat à .
- Partie B
- On réalise une étude en interrogeant au hasard enfants des États-Unis.
- On admet que ce choix se ramène à des tirages successifs indépendants avec remise.
- On note la variable aléatoire donnant le nombre d'enfants atteints d'allergie alimentaire dans l'échantillon considéré.
- B.1. Justifier que la variable aléatoire suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
- B.2. Quelle est la probabilité qu'au moins 10 enfants parmi les interrogés soient atteints d'allergie alimentaire ? Arrondir le résultat à .
- Partie C
- On s'intéresse à un échantillon de 20 enfants atteints d'allergie alimentaire choisis au hasard.
- L'âge d'apparition des premiers symptômes allergiques de ces 20 enfants est modélisé par les variables aléatoires , , ..., . On admet que ces variables aléatoires sont indépendantes et suivent la même loi d'espérance et de variance .
- On considère la variable aléatoire : .
- C.1. Que représente la variable aléatoire dans le contexte de l'exercice ?
- C.2. Déterminer l'espérance et la variance de .
- C.3. Justifier, à l'aide de l'inégalité de concentration, que . Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
Voir la correction
Réponses
- A.1 , ; , ; les branches issues de se complètent en A.2.c
- A.2.a
- A.2.b
- A.2.c
- B.1 suit la loi binomiale
- B.2
- C.1 est l'âge moyen d'apparition des premiers symptômes dans l'échantillon de 20 enfants
- C.2 ;
- C.3 , donc
A.1. On traduit chaque pourcentage de l'énoncé en se demandant à quelle population il se rapporte. « de la population habite en zone rurale » porte sur tout le monde : , d'où . « Parmi les enfants vivant en zone rurale, sont atteints » porte sur les seuls enfants ruraux : c'est la probabilité conditionnelle , d'où .
L'arbre a donc un premier niveau () et (), puis, issues de , les branches () et (). Les branches issues de restent à compléter : l'énoncé ne donne pas directement la proportion d'enfants allergiques en zone urbaine, c'est la question A.2.c qui la calcule. L'arbre complété figure en fin de corrigé.
Le piège de la question : placer sur une branche. Les portent sur TOUS les enfants : c'est , une probabilité totale, qui ne se lit sur aucune branche de cet arbre mais s'obtient en additionnant deux chemins. Elle sert à la question A.2.b.
A.2.a. Probabilité d'une intersection, lue sur un chemin de l'arbre (formule des probabilités composées) : .
La probabilité que l'enfant interrogé habite en zone rurale et soit atteint d'allergie alimentaire vaut , valeur exacte comme l'exige l'énoncé. Contrôle : et , comme toute intersection. Erreur fréquente : répondre , qui est la probabilité d'être allergique SACHANT qu'on vit en zone rurale.
A.2.b. Formule des probabilités totales, avec la partition de l'univers : . On connaît (les de l'énoncé) et (question précédente), donc .
La probabilité que l'enfant habite en zone urbaine et soit atteint d'allergie alimentaire vaut . Le « en déduire » de l'énoncé signale justement cette soustraction : la seule information sur la zone urbaine est cachée dans le total.
A.2.c. On sait que l'enfant habite en zone urbaine : on cherche la probabilité conditionnelle . Par définition, , soit arrondi à .
Interprétation et vérification : environ des enfants des zones urbaines sont atteints d'allergie alimentaire, contre en zone rurale. On retrouve la « différence nette » annoncée par l'étude, et la moyenne pondérée redonne bien .
Erreur fréquente : diviser par au lieu de , ce qui donne , la proportion d'urbains parmi les enfants allergiques. Le dénominateur est toujours la probabilité de l'événement que l'on SAIT réalisé.
B.1. On reconnaît un schéma de Bernoulli. Chaque interrogation d'un enfant est une épreuve de Bernoulli : succès « l'enfant est atteint d'allergie alimentaire », de probabilité , échec sinon. On répète cette épreuve fois, de façon identique et indépendante, puisque le choix est assimilé à des tirages successifs indépendants avec remise.
compte le nombre de succès sur ces répétitions : suit la loi binomiale de paramètres et , notée . Les trois éléments attendus par le correcteur sont là : épreuves de Bernoulli identiques, indépendance, compte les succès.
Le piège : prendre ou . L'enfant est choisi dans toute la population des États-Unis, sans condition sur sa zone : la probabilité de succès est la probabilité totale .
B.2. « Au moins 10 » se traite par l'événement contraire : . La calculatrice (fonction de répartition de la loi binomiale, , , borne ) donne , d'où arrondi à .
Ordre de grandeur : l'espérance de vaut . Demander au moins enfants allergiques, c'est demander un peu plus que la moyenne : une probabilité un peu inférieure à est cohérente.
Erreur fréquente, et elle coûte le point : écrire . Le contraire de « » est « », car ne prend que des valeurs entières.
C.1. est la somme des âges d'apparition des premiers symptômes des 20 enfants ; divisée par , elle donne leur moyenne. représente donc l'âge moyen d'apparition des premiers symptômes allergiques dans l'échantillon de 20 enfants allergiques (l'unité, sans doute l'année, n'est pas précisée par l'énoncé).
C.2. Espérance, par linéarité, valable sans hypothèse : .
Variance : , et les étant INDÉPENDANTES, la variance de leur somme est la somme de leurs variances. Donc .
Les deux pièges : sortir sans le carré, ce qui laisse , et additionner les variances sans citer l'indépendance, seule raison pour laquelle on en a le droit.
C.3. L'inégalité de concentration, appliquée à la moyenne d'un échantillon de variables indépendantes de même loi d'espérance et de variance , s'écrit pour tout réel : . C'est l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à , de variance .
L'intervalle est centré en , de demi-largeur : . Avec : .
On passe à l'événement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : . Comme , on obtient bien .
Interprétation : dans un échantillon de 20 enfants atteints d'allergie alimentaire choisis au hasard, l'âge moyen d'apparition des premiers symptômes est strictement compris entre 2 et 6 ans avec une probabilité supérieure à .
Deux pièges : prendre , la largeur entière, au lieu de la DEMI-largeur ; et utiliser la variance d'un seul enfant au lieu de celle de la moyenne, ce qui donnerait la majoration et ne prouverait rien.
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