Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité maths, Polynésie jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2026 : Polynésie, jour 1

Épreuve du mardi 16 juin 2026 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026, centre Polynésie, jour 1 : mardi 16 juin 2026, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants de 5 points chacun, soit 20 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, figures comprises, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 porte sur les probabilités conditionnelles (arbre pondéré à compléter, formule des probabilités totales) puis sur le dénombrement : un tirage simultané de deux boules, les coefficients binomiaux (n2)\binom{n}{2} et une inéquation du second degré en nombres entiers. L'exercice 2 est un vrai ou faux en cinq affirmations : limite en +∞+\infty par croissance comparée, convexité par la dérivée seconde, intégration par parties de xsin⁡xx\sin x, équation différentielle y′=ay+by'=ay+b avec condition initiale, et lecture d'une fonction Python qui calcule une factorielle. L'exercice 3 étudie la suite un+1=ln⁡(3un2+1)u_{n+1}=\ln\left(3u_{n}^{2}+1\right) : raisonnement par récurrence, théorème de convergence monotone, dérivée de ln⁡u\ln u, corollaire du théorème des valeurs intermédiaires et limite d'une suite récurrente comme point fixe. L'exercice 4 est de la géométrie dans l'espace : vecteur normal et équation cartésienne d'un plan, représentation paramétrique d'une droite, projeté orthogonal, distance d'un point à un plan et volume d'un tétraèdre à partir d'une feuille de calcul formel.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : la localisation de la limite à l'exercice 3, où l'équation g(x)=0g(x)=0 a trois solutions sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ et où seul l'encadrement 2⩽ℓ⩽42\leqslant\ell\leqslant 4 désigne α\alpha ; le retour aux entiers à la question B.3 de l'exercice 1, où la réponse est l'ensemble {3 ;4 ;5 ;6 ;7 ;8}\{3\,;4\,;5\,;6\,;7\,;8\} et non un intervalle ; et le facteur 12\dfrac{1}{2} de l'aire du triangle de base à l'exercice 4, sans lequel le volume double.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : planches de surf, arbre pondéré et tirage simultané dans une urne

5 points Arbres pondérés et probabilités totalesCombinatoire et dénombrement

Une école de surf travaille avec des planches en mousse pour les cours débutants, et d'autres en résine pour les cours de perfectionnement. Les planches en mousse représentent 80 %80\,\% du stock de l'école.

La gérante observe qu'après chaque saison,
• 75 %75\,\% des planches en mousse sont en bon état et réutilisables la saison suivante. Les autres sont recyclées (et donc non réutilisables) ;
• 60 %60\,\% des planches en résine sont en bon état, les autres sont soit consolidées, soit recyclées.

Après une saison, on choisit une planche au hasard et on s'intéresse aux évènements suivants :
• MM : « La planche est en mousse » ;
• BB : « La planche est en bon état » ;
• RR : « La planche sera recyclée » ;
• CC : « La planche sera consolidée ».

  • Partie A
  • A.1. Recopier et compléter sur la copie l'arbre pondéré ci-dessous avec les données de l'énoncé.
    Il sera complété au fur et à mesure de l'exercice.
  • Arbre pondéré à compléter, sans aucune probabilité. La racine mène à M et à M barre. De M partent deux branches, vers B et vers R. De M barre partent trois branches, vers B, vers R et vers C.
  • 2. On sait que P(M‾∩R)=0,05P\left(\overline{M}\cap R\right)=0{,}05.
  • A.2.a. Interpréter cette égalité dans le contexte de l'exercice.
  • A.2.b. On a choisi une planche en résine. Démontrer que la probabilité que cette planche soit consolidée pour la saison suivante est 0,150{,}15.
  • A.3. La gérante affirme qu'après une saison, au moins 34\dfrac{3}{4} des planches sont en bon état. A-t-elle raison ?
  • Partie B
  • La gérante du club de surf envisage de proposer à certains clients une remise pour la saison suivante.
  • Pour cela, elle imagine le jeu suivant qui sera proposé à chaque client :
  • Une urne contient 5 boules noires et un nombre nn de boules rouges.
  • Les boules sont indiscernables au toucher.
  • Le client tire simultanément deux boules dans l'urne.
  • Si les deux boules sont de même couleur, le client gagne une remise, sinon, il perd le jeu et n'obtient pas de remise.
  • B.1. Justifier que la probabilité pp de gagner une remise est : p=(52)+(n2)(n+52)p=\dfrac{\dbinom{5}{2}+\dbinom{n}{2}}{\dbinom{n+5}{2}}.
  • B.2. En déduire que la probabilité pp peut s'écrire : p=20+n(n−1)(n+5)(n+4)p=\dfrac{20+n(n-1)}{(n+5)(n+4)}.
  • B.3. La gérante souhaite s'assurer que la probabilité de gagner est inférieure à 12\dfrac{1}{2}. Déterminer pour cela l'ensemble des valeurs possibles du nombre nn de boules rouges qu'elle peut mettre dans l'urne.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/10

A.1
A.2.b
A.3
B.3
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Réponses

  • A.1 P(M)=0,8P(M)=0{,}8, PM(B)=0,75P_{M}(B)=0{,}75, PM(R)=0,25P_{M}(R)=0{,}25 ; P(M‾)=0,2P(\overline{M})=0{,}2, PM‾(B)=0,6P_{\overline{M}}(B)=0{,}6 ; les branches de M‾\overline{M} vers RR et CC restent à compléter
  • A.2.a La probabilité qu'une planche soit en résine ET soit recyclée vaut 0,050{,}05 : 5 %5\,\% du stock
  • A.2.b PM‾(R)=0,050,2=0,25P_{\overline{M}}(R)=\dfrac{0{,}05}{0{,}2}=0{,}25, donc PM‾(C)=1−0,6−0,25=0,15P_{\overline{M}}(C)=1-0{,}6-0{,}25=0{,}15
  • A.3 Non : P(B)=0,8×0,75+0,2×0,6=0,72<0,75P(B)=0{,}8\times 0{,}75+0{,}2\times 0{,}6=0{,}72<0{,}75
  • B.1 (n+52)\dbinom{n+5}{2} tirages équiprobables, dont (52)\dbinom{5}{2} de deux noires et (n2)\dbinom{n}{2} de deux rouges, événements incompatibles
  • B.2 (52)=10\dbinom{5}{2}=10, (n2)=n(n−1)2\dbinom{n}{2}=\dfrac{n(n-1)}{2}, (n+52)=(n+5)(n+4)2\dbinom{n+5}{2}=\dfrac{(n+5)(n+4)}{2}, puis on multiplie par 22
  • B.3 p<12  ⟺  n2−11n+20<0  ⟺  n∈{3 ;4 ;5 ;6 ;7 ;8}p<\dfrac{1}{2}\iff n^{2}-11n+20<0\iff n\in\{3\,;4\,;5\,;6\,;7\,;8\}

A.1. Méthode : chaque pourcentage de l'énoncé se rapporte à une population, et c'est elle qui décide de la place du nombre dans l'arbre. « Les planches en mousse représentent 80 %80\,\% du stock » porte sur TOUT le stock : c'est une branche du premier niveau, P(M)=0,8P(M)=0{,}8, et par l'événement contraire P(M‾)=1−0,8=0,2P(\overline{M})=1-0{,}8=0{,}2 (M‾\overline{M} : la planche est en résine).

« 75 %75\,\% des planches en mousse sont en bon état » porte sur les seules planches en mousse : c'est une probabilité conditionnée par MM, PM(B)=0,75P_{M}(B)=0{,}75. Une planche en mousse qui n'est pas en bon état est recyclée, rien d'autre : PM(R)=1−0,75=0,25P_{M}(R)=1-0{,}75=0{,}25. De même, « 60 %60\,\% des planches en résine sont en bon état » donne PM‾(B)=0,6P_{\overline{M}}(B)=0{,}6.

Les deux branches issues de M‾\overline{M} vers RR et vers CC restent vides à ce stade : l'énoncé dit seulement que les 40 %40\,\% restants se partagent entre consolidées et recyclées, sans dire comment. C'est la question A.2 qui les donne. Erreur fréquente : partager les 40 %40\,\% en deux et écrire 0,20{,}2 sur chacune des deux branches, ce que rien ne justifie (on trouvera 0,250{,}25 et 0,150{,}15). L'arbre complété figure en fin de corrigé.

Contrôle : la somme des probabilités issues d'un même nœud vaut 11, 0,8+0,2=10{,}8+0{,}2=1 et 0,75+0,25=10{,}75+0{,}25=1.

A.2.a. M‾∩R\overline{M}\cap R est l'événement « la planche est en résine ET elle sera recyclée ». L'égalité signifie que si l'on choisit une planche au hasard dans le stock après une saison, la probabilité qu'elle soit en résine et qu'elle soit recyclée vaut 0,050{,}05 : autrement dit, 5 %5\,\% des planches du stock sont des planches en résine destinées au recyclage.

Erreur fréquente : lire « 5 %5\,\% des planches en résine sont recyclées ». Ce serait la probabilité conditionnelle PM‾(R)P_{\overline{M}}(R), qui vaut en fait 0,250{,}25 (question suivante). Une intersection se rapporte à tout le stock, une probabilité conditionnelle à une sous-population.

A.2.b. La planche est en résine : on cherche PM‾(C)P_{\overline{M}}(C). On commence par la branche voisine, par définition d'une probabilité conditionnelle : PM‾(R)=P(M‾∩R)P(M‾)=0,050,2=0,25P_{\overline{M}}(R)=\dfrac{P\left(\overline{M}\cap R\right)}{P\left(\overline{M}\right)}=\dfrac{0{,}05}{0{,}2}=0{,}25.

Après une saison, une planche en résine est dans un et un seul des trois états : en bon état, recyclée ou consolidée. Les événements BB, RR et CC forment donc une partition, et les trois branches issues de M‾\overline{M} ont pour somme 11 : PM‾(C)=1−PM‾(B)−PM‾(R)=1−0,6−0,25=0,15P_{\overline{M}}(C)=1-P_{\overline{M}}(B)-P_{\overline{M}}(R)=1-0{,}6-0{,}25=0{,}15. C'est le résultat annoncé.

Contrôle : P(M‾∩C)=0,2×0,15=0,03P\left(\overline{M}\cap C\right)=0{,}2\times 0{,}15=0{,}03, et les trois produits de la sous-population en résine, 0,12+0,05+0,030{,}12+0{,}05+0{,}03, redonnent bien P(M‾)=0,2P(\overline{M})=0{,}2.

A.3. Formule des probabilités totales, avec la partition {M ;M‾}\left\{M\,;\overline{M}\right\} : P(B)=P(M∩B)+P(M‾∩B)=0,8×0,75+0,2×0,6=0,6+0,12=0,72P(B)=P(M\cap B)+P\left(\overline{M}\cap B\right)=0{,}8\times 0{,}75+0{,}2\times 0{,}6=0{,}6+0{,}12=0{,}72.

Or 34=0,75\dfrac{3}{4}=0{,}75 et 0,72<0,750{,}72<0{,}75 : après une saison, seulement 72 %72\,\% des planches sont en bon état. La gérante a tort.

Deux erreurs fréquentes. Répondre « oui » parce que 75 %75\,\% des planches en mousse sont en bon état : c'est vrai pour la mousse seule, mais la résine, moins résistante (60 %60\,\%), fait baisser la proportion sur l'ensemble du stock. Et faire la moyenne simple 0,75+0,62=0,675\dfrac{0{,}75+0{,}6}{2}=0{,}675 : les deux sortes de planches ne pèsent pas autant, la moyenne est pondérée par 0,80{,}8 et 0,20{,}2, et c'est exactement ce que fait la formule des probabilités totales. Contrôle : 0,720{,}72 est bien compris entre 0,60{,}6 et 0,750{,}75, et plus proche de 0,750{,}75 puisque la mousse domine le stock.

B.1. Modèle : l'urne contient n+5n+5 boules, et le client en tire deux SIMULTANÉMENT. Un tirage est donc une partie à deux éléments de l'ensemble des n+5n+5 boules, sans ordre : il y en a (n+52)\dbinom{n+5}{2}. Les boules étant indiscernables au toucher, ces tirages sont équiprobables, et la probabilité d'un événement est le nombre de tirages favorables divisé par (n+52)\dbinom{n+5}{2}.

Le client gagne si les deux boules sont noires ou si les deux boules sont rouges. Deux noires : on choisit 22 boules parmi les 55 noires, (52)\dbinom{5}{2} façons. Deux rouges : (n2)\dbinom{n}{2} façons. Ces deux événements sont incompatibles (une paire de boules ne peut pas être à la fois noire et rouge), donc leurs nombres de cas s'additionnent : p=(52)+(n2)(n+52)p=\dfrac{\dbinom{5}{2}+\dbinom{n}{2}}{\dbinom{n+5}{2}}.

Remarque : la formule reste valable pour n=0n=0 ou n=1n=1, avec la convention (n2)=0\dbinom{n}{2}=0 quand n<2n<2 (on ne peut pas tirer deux boules rouges). Erreur fréquente : compter des tirages ordonnés au numérateur (5×45\times 4) et non ordonnés au dénominateur ; un tirage simultané se compte en combinaisons, des deux côtés.

B.2. On développe les trois coefficients binomiaux avec (m2)=m(m−1)2\dbinom{m}{2}=\dfrac{m(m-1)}{2} : (52)=5×42=10\dbinom{5}{2}=\dfrac{5\times 4}{2}=10, (n2)=n(n−1)2\dbinom{n}{2}=\dfrac{n(n-1)}{2} et (n+52)=(n+5)(n+4)2\dbinom{n+5}{2}=\dfrac{(n+5)(n+4)}{2}.

Donc p=10+n(n−1)2(n+5)(n+4)2p=\dfrac{10+\dfrac{n(n-1)}{2}}{\dfrac{(n+5)(n+4)}{2}}, et en multipliant le numérateur et le dénominateur par 22 : p=20+n(n−1)(n+5)(n+4)p=\dfrac{20+n(n-1)}{(n+5)(n+4)}.

Vérification sur un cas qu'on sait compter à la main : pour n=1n=1, l'urne contient 66 boules, soit (62)=15\dbinom{6}{2}=15 paires, dont 1010 de deux noires ; la probabilité de gagner vaut 1015=23\dfrac{10}{15}=\dfrac{2}{3}, et la formule donne 20+06×5=2030=23\dfrac{20+0}{6\times 5}=\dfrac{20}{30}=\dfrac{2}{3}. Le piège : écrire (n+52)=(n+5)(n+6)2\dbinom{n+5}{2}=\dfrac{(n+5)(n+6)}{2} en se trompant de facteur ; le second facteur est toujours le premier moins 11.

B.3. On résout dans N\mathbb{N} l'inéquation p<12p<\dfrac{1}{2}. Le dénominateur (n+5)(n+4)(n+5)(n+4) est strictement positif, donc on peut multiplier les deux membres par 2(n+5)(n+4)2(n+5)(n+4) sans changer le sens : p<12  ⟺  2(20+n(n−1))<(n+5)(n+4)  ⟺  2n2−2n+40<n2+9n+20  ⟺  n2−11n+20<0p<\dfrac{1}{2}\iff 2\left(20+n(n-1)\right)<(n+5)(n+4)\iff 2n^{2}-2n+40<n^{2}+9n+20\iff n^{2}-11n+20<0.

Trinôme du second degré : Δ=(−11)2−4×1×20=121−80=41>0\Delta=(-11)^{2}-4\times 1\times 20=121-80=41>0, deux racines n1=11−412≈2,30n_{1}=\dfrac{11-\sqrt{41}}{2}\approx 2{,}30 et n2=11+412≈8,70n_{2}=\dfrac{11+\sqrt{41}}{2}\approx 8{,}70. Le coefficient de n2n^{2} est positif, donc le trinôme est strictement négatif entre ses racines : n2−11n+20<0  ⟺  n1<n<n2n^{2}-11n+20<0\iff n_{1}<n<n_{2}.

Comme nn est un nombre entier de boules, la gérante peut mettre 33, 44, 55, 66, 77 ou 88 boules rouges : l'ensemble cherché est {3 ;4 ;5 ;6 ;7 ;8}\{3\,;4\,;5\,;6\,;7\,;8\}.

Vérification aux bords avec la formule de B.2 : pour n=2n=2, p=2242≈0,524>0,5p=\dfrac{22}{42}\approx 0{,}524>0{,}5 ; pour n=3n=3, p=2656≈0,464<0,5p=\dfrac{26}{56}\approx 0{,}464<0{,}5 ; pour n=8n=8, p=76156≈0,487<0,5p=\dfrac{76}{156}\approx 0{,}487<0{,}5 ; pour n=9n=9, p=92182≈0,505>0,5p=\dfrac{92}{182}\approx 0{,}505>0{,}5. Les racines étant irrationnelles, pp ne vaut jamais exactement 12\dfrac{1}{2} : que l'on lise « inférieure » au sens strict ou large, la réponse est la même.

Erreurs fréquentes : répondre par l'intervalle ]2,3 ;8,7[\left]2{,}3\,;8{,}7\right[ sans revenir aux entiers, alors que la question porte sur un nombre de boules ; oublier de justifier le signe du dénominateur avant de « faire passer » le 22 et le produit de l'autre côté ; se tromper dans le développement de (n+5)(n+4)=n2+9n+20(n+5)(n+4)=n^{2}+9n+20.

M0,8B0,750,6R0,250,2non M0,2B0,60,12R0,250,05C0,150,03

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Exercice 2 : Vrai ou faux : limite, convexité, intégration par parties, équation différentielle et Python

5 points La convexitéPrimitives et intégrationLes équations différentiellesLimites et continuité

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse.

Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

Dans cet exercice, les questions sont indépendantes les unes des autres.

  • 1. Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=(x+1)e−xf(x)=(x+1)\mathrm{e}^{-x}.
  • 1. Affirmation 1 : La limite de la fonction ff en +∞+\infty est +∞+\infty.
  • 2. On considère la fonction gg définie sur R\mathbb{R} par g(x)=xexg(x)=x\mathrm{e}^{x}.
  • 2. Affirmation 2 : La fonction gg est convexe sur l'intervalle [−2 ;+∞[[-2\,;+\infty[.
  • 3. Affirmation 3 : Une intégration par parties permet d'obtenir : ∫0πxsin⁡x dx=−π\displaystyle\int_{0}^{\pi}x\sin x\,\mathrm{d}x=-\pi.
  • 4. On considère l'équation différentielle (E)(E) : y′=2y−5y'=2y-5 et la fonction hh définie sur R\mathbb{R} par h(x)=−32e2x+52h(x)=-\dfrac{3}{2}\mathrm{e}^{2x}+\dfrac{5}{2}.
  • 4. Affirmation 4 : La fonction hh est la solution de (E)(E) qui vaut 11 en 00.
  • 5. On considère la fonction mystere définie ci-dessous en Python :
  • Programme Python de cinq lignes. def mystere(n): ; dans la fonction, f = 1 ; puis for k in range(1, n+1): ; dans la boucle, f = f * k ; enfin, après la boucle, return f.
  • 5. Affirmation 5 : Le nombre renvoyé lors de l'exécution de mystere(5) est 120120.

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Réponses

  • 1 Faux : f(x)=xex+e−x→0f(x)=\dfrac{x}{\mathrm{e}^{x}}+\mathrm{e}^{-x}\to 0 en +∞+\infty (croissance comparée)
  • 2 Vrai : g′′(x)=(x+2)ex⩾0g''(x)=(x+2)\mathrm{e}^{x}\geqslant 0 sur [−2 ;+∞[[-2\,;+\infty[
  • 3 Faux : ∫0πxsin⁡x dx=[−xcos⁡x]0π+∫0πcos⁡x dx=π+0=π\displaystyle\int_{0}^{\pi}x\sin x\,\mathrm{d}x=\left[-x\cos x\right]_{0}^{\pi}+\int_{0}^{\pi}\cos x\,\mathrm{d}x=\pi+0=\pi
  • 4 Vrai : h′(x)=−3e2x=2h(x)−5h'(x)=-3\mathrm{e}^{2x}=2h(x)-5 et h(0)=1h(0)=1, solution unique de ce problème de Cauchy
  • 5 Vrai : la boucle calcule 1×2×3×4×5=5!=1201\times 2\times 3\times 4\times 5=5!=120

1. Méthode : en +∞+\infty, le produit (x+1)e−x(x+1)\mathrm{e}^{-x} est de la forme « +∞×0+\infty\times 0 », une forme indéterminée. On la lève en développant pour faire apparaître une croissance comparée : f(x)=xe−x+e−x=xex+e−xf(x)=x\mathrm{e}^{-x}+\mathrm{e}^{-x}=\dfrac{x}{\mathrm{e}^{x}}+\mathrm{e}^{-x}.

Par croissance comparée, lim⁡x→+∞exx=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{x}}{x}=+\infty, donc par passage à l'inverse lim⁡x→+∞xex=0\lim\limits_{x\to+\infty}\dfrac{x}{\mathrm{e}^{x}}=0. Et lim⁡x→+∞e−x=0\lim\limits_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{-x}=0. Par somme, lim⁡x→+∞f(x)=0\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=0 : la courbe de ff admet l'axe des abscisses pour asymptote horizontale en +∞+\infty. L'affirmation 1 est fausse.

Vérification numérique : f(10)=11e−10≈5×10−4f(10)=11\mathrm{e}^{-10}\approx 5\times 10^{-4}, déjà presque nul. Erreur fréquente : conclure +∞+\infty parce que le facteur x+1x+1 tend vers +∞+\infty, en oubliant que l'exponentielle l'emporte sur toute puissance de xx. Une forme indéterminée ne se tranche jamais à l'intuition : on la nomme, puis on la lève par un théorème. Pour répondre « faux » à un vrai ou faux, il suffit de donner la vraie valeur de la limite, justifiée.

2. Méthode : une fonction deux fois dérivable est convexe sur un intervalle si et seulement si sa dérivée seconde y est positive. On dérive deux fois avec la formule (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv'.

g′(x)=1×ex+xex=(x+1)exg'(x)=1\times\mathrm{e}^{x}+x\mathrm{e}^{x}=(x+1)\mathrm{e}^{x}, puis g′′(x)=1×ex+(x+1)ex=(x+2)exg''(x)=1\times\mathrm{e}^{x}+(x+1)\mathrm{e}^{x}=(x+2)\mathrm{e}^{x}.

Comme ex>0\mathrm{e}^{x}>0 pour tout réel xx, g′′(x)g''(x) a le signe de x+2x+2, qui est positif ou nul exactement quand x⩾−2x\geqslant -2. Donc g′′(x)⩾0g''(x)\geqslant 0 sur [−2 ;+∞[[-2\,;+\infty[ et gg est convexe sur cet intervalle. L'affirmation 2 est vraie.

Remarque : g′′g'' s'annule en changeant de signe en −2-2, donc la courbe de gg admet un point d'inflexion d'abscisse −2-2 ; gg est concave sur ]−∞ ;−2]]-\infty\,;-2], convexe sur [−2 ;+∞[[-2\,;+\infty[. Le piège : étudier le signe de g′g', qui donne les variations et non la convexité ; g′g' change de signe en −1-1, pas en −2-2.

3. Méthode : intégration par parties, ∫abu(x)v′(x) dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu′(x)v(x) dx\displaystyle\int_{a}^{b}u(x)v'(x)\,\mathrm{d}x=\left[u(x)v(x)\right]_{a}^{b}-\int_{a}^{b}u'(x)v(x)\,\mathrm{d}x. On dérive le facteur polynomial et on intègre le sinus : u(x)=xu(x)=x, v′(x)=sin⁡xv'(x)=\sin x, d'où u′(x)=1u'(x)=1 et v(x)=−cos⁡xv(x)=-\cos x, fonctions dérivables à dérivées continues sur [0 ;π][0\,;\pi]. Le choix n'est pas indifférent : en dérivant xx, on obtient 11 et l'intégrale restante devient celle de cos⁡x\cos x, immédiate ; le choix inverse, u(x)=sin⁡xu(x)=\sin x et v′(x)=xv'(x)=x, ferait apparaître x22cos⁡x\dfrac{x^{2}}{2}\cos x, plus compliqué que l'intégrale de départ.

∫0πxsin⁡x dx=[−xcos⁡x]0π−∫0π(−cos⁡x) dx=(−πcos⁡π+0)+∫0πcos⁡x dx\displaystyle\int_{0}^{\pi}x\sin x\,\mathrm{d}x=\left[-x\cos x\right]_{0}^{\pi}-\int_{0}^{\pi}(-\cos x)\,\mathrm{d}x=\left(-\pi\cos\pi+0\right)+\int_{0}^{\pi}\cos x\,\mathrm{d}x.

Or cos⁡π=−1\cos\pi=-1, donc −πcos⁡π=π-\pi\cos\pi=\pi ; et ∫0πcos⁡x dx=[sin⁡x]0π=sin⁡π−sin⁡0=0\displaystyle\int_{0}^{\pi}\cos x\,\mathrm{d}x=\left[\sin x\right]_{0}^{\pi}=\sin\pi-\sin 0=0. Finalement ∫0πxsin⁡x dx=π\displaystyle\int_{0}^{\pi}x\sin x\,\mathrm{d}x=\pi, et non −π-\pi : l'affirmation 3 est fausse.

Vérification sans calcul, par la positivité de l'intégrale : sur [0 ;π][0\,;\pi], x⩾0x\geqslant 0 et sin⁡x⩾0\sin x\geqslant 0, donc xsin⁡x⩾0x\sin x\geqslant 0 ; avec des bornes dans l'ordre croissant, l'intégrale est positive et ne peut pas valoir −π-\pi. Cet argument suffit d'ailleurs à justifier « faux ». Les deux erreurs qui mènent à −π-\pi : prendre cos⁡\cos comme primitive de sin⁡\sin, ou écrire cos⁡π=1\cos\pi=1.

4. Deux choses à vérifier : hh est solution de (E)(E), et h(0)=1h(0)=1. Dérivée : h′(x)=−32×2e2x=−3e2xh'(x)=-\dfrac{3}{2}\times 2\mathrm{e}^{2x}=-3\mathrm{e}^{2x}. Second membre : 2h(x)−5=−3e2x+5−5=−3e2x2h(x)-5=-3\mathrm{e}^{2x}+5-5=-3\mathrm{e}^{2x}. Donc h′(x)=2h(x)−5h'(x)=2h(x)-5 pour tout réel xx : hh est solution de (E)(E). Et h(0)=−32e0+52=−32+52=1h(0)=-\dfrac{3}{2}\mathrm{e}^{0}+\dfrac{5}{2}=-\dfrac{3}{2}+\dfrac{5}{2}=1.

Reste l'article « LA solution » : il y en a une seule. Les solutions de y′=ay+by'=ay+b avec a≠0a\neq 0 sont les fonctions x↦Ceax−bax\mapsto C\mathrm{e}^{ax}-\dfrac{b}{a}, ici x↦Ce2x+52x\mapsto C\mathrm{e}^{2x}+\dfrac{5}{2} avec CC réel (−ba=−−52=52-\dfrac{b}{a}=-\dfrac{-5}{2}=\dfrac{5}{2}, la solution constante). La condition y(0)=1y(0)=1 impose C+52=1C+\dfrac{5}{2}=1, soit C=−32C=-\dfrac{3}{2} : une seule valeur, une seule fonction, et c'est hh. L'affirmation 4 est vraie.

Erreur fréquente : ne vérifier que la condition initiale, ou que l'équation. Une fonction comme x↦e2x+52x\mapsto\mathrm{e}^{2x}+\dfrac{5}{2} est solution de (E)(E) mais vaut 72\dfrac{7}{2} en 00 ; une fonction comme x↦1x\mapsto 1 vaut 11 en 00 mais n'est pas solution. Il faut les deux.

5. Méthode : on exécute le programme à la main en suivant la variable ff. Pour n=5n=5, range(1, n+1) parcourt les entiers de 11 à 55, la borne n+1=6n+1=6 étant exclue. On part de f=1f=1 et chaque tour multiplie ff par kk : après k=1k=1, f=1f=1 ; après k=2k=2, f=2f=2 ; après k=3k=3, f=6f=6 ; après k=4k=4, f=24f=24 ; après k=5k=5, f=120f=120.

La fonction renvoie donc 1×2×3×4×5=5!=1201\times 2\times 3\times 4\times 5=5!=120 : l'affirmation 5 est vraie. Plus généralement, mystere(n) renvoie la factorielle n!n!, le nombre de façons de ranger nn objets distincts.

Le piège : croire que range(1, n+1) s'arrête à n−1n-1, ou que la boucle commence à 00 (le produit vaudrait alors 00). Avec range(1, n), le programme renverrait 4!=244!=24.

Remarque : pour n=0n=0, range(1, 1) est vide, la boucle ne tourne pas et la fonction renvoie la valeur initiale f=1f=1, ce qui respecte la convention 0!=10!=1. C'est pour cette raison qu'on initialise un produit à 11 et une somme à 00.

Exercice 3 : Suite récurrente et logarithme : récurrence, convergence monotone et valeur approchée de la limite

5 points Suites et récurrenceLimites et continuitéExponentielle et logarithme

On considère la fonction ff définie sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par : f(x)=ln⁡(3x2+1)f(x)=\ln\left(3x^{2}+1\right).

On admet que la fonction ff est croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.

  • Partie A
  • On considère la suite (un)(u_{n}) définie par : u0=2u_{0}=2 et pour tout entier n⩾0n\geqslant 0, un+1=ln⁡(3un2+1)u_{n+1}=\ln\left(3u_{n}^{2}+1\right).
  • A.1. Calculer u1u_{1}.
  • A.2. La suite (un)(u_{n}) est représentée ci-dessous. Émettre des conjectures sur le sens de variation et la convergence de la suite (un)(u_{n}).
  • Nuage de points de la suite u n pour n de 0 à 13, sur un quadrillage. u 0 vaut 2, u 1 environ 2,6, u 2 environ 3, u 3 environ 3,35, u 4 environ 3,55 ; ensuite les points montent de moins en moins et se stabilisent un peu en dessous de 3,8, sans jamais atteindre la droite d'ordonnée 4.
  • A.3. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel nn : 2⩽un⩽un+1⩽42\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 4.
  • A.4. En déduire que la suite (un)(u_{n}) est convergente.
  • Partie B
  • On note ℓ\ell la limite de la suite (un)(u_{n}).
  • Le but de cette partie est de trouver une valeur approchée de la limite ℓ\ell.
  • On considère la fonction gg définie et dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par : g(x)=ln⁡(3x2+1)−xg(x)=\ln\left(3x^{2}+1\right)-x.
  • B.1. On note g′g' la fonction dérivée de la fonction gg.
    Démontrer que pour tout réel x∈[0 ;+∞[x\in[0\,;+\infty[, g′(x)=−3x2+6x−13x2+1g'(x)=\dfrac{-3x^{2}+6x-1}{3x^{2}+1}.
  • B.2. Démontrer que la fonction gg est strictement décroissante sur [2 ;4][2\,;4].
  • B.3. Démontrer que l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha sur [2 ;4][2\,;4] et en donner une valeur approchée à 10−210^{-2} près.
  • B.4. Justifier que ℓ=α\ell=\alpha.

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A.1
A.2
B.3
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Réponses

  • A.1 u1=ln⁡13≈2,56u_{1}=\ln 13\approx 2{,}56
  • A.2 La suite semble croissante et convergente, de limite proche de 3,83{,}8
  • A.3 Initialisation 2⩽2⩽ln⁡13⩽42\leqslant 2\leqslant\ln 13\leqslant 4 ; hérédité par croissance de ff, avec f(2)=ln⁡13⩾2f(2)=\ln 13\geqslant 2 et f(4)=ln⁡49⩽4f(4)=\ln 49\leqslant 4
  • A.4 (un)(u_{n}) est croissante et majorée par 44 : elle converge (théorème de convergence monotone)
  • B.1 g′(x)=6x3x2+1−1=−3x2+6x−13x2+1g'(x)=\dfrac{6x}{3x^{2}+1}-1=\dfrac{-3x^{2}+6x-1}{3x^{2}+1}
  • B.2 Pour x∈[2 ;4]x\in[2\,;4], −3x2+6x−1=−3x(x−2)−1⩽−1<0-3x^{2}+6x-1=-3x(x-2)-1\leqslant -1<0, donc g′(x)<0g'(x)<0
  • B.3 gg continue, strictement décroissante, g(2)=ln⁡13−2>0g(2)=\ln 13-2>0, g(4)=ln⁡49−4<0g(4)=\ln 49-4<0 : α\alpha unique, α≈3,78\alpha\approx 3{,}78
  • B.4 ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell) par continuité de ff, donc g(ℓ)=0g(\ell)=0, et 2⩽ℓ⩽42\leqslant\ell\leqslant 4 : par unicité, ℓ=α\ell=\alpha

A.1. Avec n=0n=0 dans la relation de récurrence : u1=ln⁡(3u02+1)=ln⁡(3×22+1)=ln⁡(12+1)=ln⁡13≈2,565u_{1}=\ln\left(3u_{0}^{2}+1\right)=\ln\left(3\times 2^{2}+1\right)=\ln(12+1)=\ln 13\approx 2{,}565.

La valeur exacte est ln⁡13\ln 13 ; l'arrondi 2,562{,}56 (ou 2,5652{,}565) se contrôle sur le graphique, où le point d'abscisse 11 est un peu au-dessus de 2,52{,}5. Erreur fréquente : calculer ln⁡((3×2)2+1)=ln⁡37\ln\left((3\times 2)^{2}+1\right)=\ln 37, en élevant au carré le produit au lieu de u0u_{0} seul.

A.2. Lecture du nuage de points : chaque point est plus haut que le précédent, donc la suite (un)(u_{n}) semble croissante. Les points montent de moins en moins vite et semblent se stabiliser un peu en dessous de 44, vers 3,83{,}8 : on conjecture que (un)(u_{n}) converge vers une limite ℓ\ell proche de 3,83{,}8.

Le piège : conjecturer que la limite vaut 44 parce que la question suivante parle d'un majorant 44. Les points restent nettement sous la droite d'ordonnée 44 ; un majorant n'est pas forcément la limite, et la partie B montre que ℓ≈3,78\ell\approx 3{,}78.

A.3. Pour tout entier naturel nn, on note P(n)P(n) la propriété : « 2⩽un⩽un+1⩽42\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 4 ».

Initialisation. u0=2u_{0}=2 et u1=ln⁡13u_{1}=\ln 13. Comme e2≈7,39⩽13⩽e4≈54,6\mathrm{e}^{2}\approx 7{,}39\leqslant 13\leqslant\mathrm{e}^{4}\approx 54{,}6 et que ln⁡\ln est croissante, 2⩽ln⁡13⩽42\leqslant\ln 13\leqslant 4. Donc 2⩽u0⩽u1⩽42\leqslant u_{0}\leqslant u_{1}\leqslant 4 : P(0)P(0) est vraie.

Hérédité. Soit nn un entier naturel tel que P(n)P(n) soit vraie : 2⩽un⩽un+1⩽42\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 4. Ces quatre nombres sont dans [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, où ff est croissante (admis) ; appliquer ff conserve donc l'ordre : f(2)⩽f(un)⩽f(un+1)⩽f(4)f(2)\leqslant f(u_{n})\leqslant f(u_{n+1})\leqslant f(4).

Or f(un)=un+1f(u_{n})=u_{n+1} et f(un+1)=un+2f(u_{n+1})=u_{n+2} par définition de la suite, f(2)=ln⁡13f(2)=\ln 13 et f(4)=ln⁡(3×16+1)=ln⁡49f(4)=\ln(3\times 16+1)=\ln 49. On obtient ln⁡13⩽un+1⩽un+2⩽ln⁡49\ln 13\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant\ln 49. Il reste à comparer les bornes à 22 et 44 : ln⁡13⩾2\ln 13\geqslant 2 (vu à l'initialisation) et ln⁡49⩽4\ln 49\leqslant 4 car 49⩽e4≈54,649\leqslant\mathrm{e}^{4}\approx 54{,}6, soit ln⁡49≈3,892\ln 49\approx 3{,}892. D'où 2⩽un+1⩽un+2⩽42\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 4 : P(n+1)P(n+1) est vraie.

Conclusion. P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire : par le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn, 2⩽un⩽un+1⩽42\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 4.

Deux points où le correcteur retire des points. Le premier : appliquer ff aux inégalités sans citer sa croissance, qui est la seule raison pour laquelle l'ordre est conservé (une fonction décroissante le renverserait). Le second : s'arrêter à ln⁡13⩽un+1⩽un+2⩽ln⁡49\ln 13\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant\ln 49 sans montrer que ln⁡13⩾2\ln 13\geqslant 2 et ln⁡49⩽4\ln 49\leqslant 4. C'est là que tient l'hérédité, et le majorant n'est pas libre : avec 3,73{,}7 à la place de 44, on aurait f(3,7)≈3,74>3,7f(3{,}7)\approx 3{,}74>3{,}7 et la récurrence ne passerait plus.

A.4. D'après A.3, pour tout nn, un⩽un+1u_{n}\leqslant u_{n+1} : la suite (un)(u_{n}) est croissante. Et pour tout nn, un⩽4u_{n}\leqslant 4 : elle est majorée par 44. Par le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge : (un)(u_{n}) est convergente.

Le théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur : on sait seulement que ℓ⩽4\ell\leqslant 4, et même, par passage à la limite dans les inégalités larges, 2⩽ℓ⩽42\leqslant\ell\leqslant 4. Erreur fréquente : écrire « la suite converge vers 44 ».

B.1. La fonction x↦3x2+1x\mapsto 3x^{2}+1 est dérivable et strictement positive sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, donc x↦ln⁡(3x2+1)x\mapsto\ln\left(3x^{2}+1\right) est dérivable, de dérivée u′u\dfrac{u'}{u} avec u(x)=3x2+1u(x)=3x^{2}+1 et u′(x)=6xu'(x)=6x. Ainsi g′(x)=6x3x2+1−1g'(x)=\dfrac{6x}{3x^{2}+1}-1.

Au même dénominateur : g′(x)=6x−(3x2+1)3x2+1=−3x2+6x−13x2+1g'(x)=\dfrac{6x-\left(3x^{2}+1\right)}{3x^{2}+1}=\dfrac{-3x^{2}+6x-1}{3x^{2}+1}, l'expression demandée.

Erreurs fréquentes : dériver ln⁡u\ln u en 1u\dfrac{1}{u} en oubliant le facteur u′u', ou en ln⁡(u′)\ln(u') ; et oublier la parenthèse en réduisant au même dénominateur, ce qui donne −3x2+6x+1-3x^{2}+6x+1, avec un signe faux sur la constante. Vérification en x=0x=0 : g′(0)=−11=−1g'(0)=\dfrac{-1}{1}=-1, et directement 01−1=−1\dfrac{0}{1}-1=-1.

B.2. Le dénominateur 3x2+13x^{2}+1 est strictement positif : g′(x)g'(x) a le signe du numérateur N(x)=−3x2+6x−1N(x)=-3x^{2}+6x-1. Méthode générale du second degré : Δ=62−4×(−3)×(−1)=36−12=24>0\Delta=6^{2}-4\times(-3)\times(-1)=36-12=24>0, racines x1=1−63≈0,18x_{1}=1-\dfrac{\sqrt{6}}{3}\approx 0{,}18 et x2=1+63≈1,82x_{2}=1+\dfrac{\sqrt{6}}{3}\approx 1{,}82. Le coefficient de x2x^{2} est négatif, donc N(x)<0N(x)<0 à l'extérieur des racines, en particulier pour x>x2x>x_{2}, donc sur [2 ;4][2\,;4].

Plus rapide, sans discriminant : N(x)=−3x(x−2)−1N(x)=-3x(x-2)-1. Pour x∈[2 ;4]x\in[2\,;4], x⩾0x\geqslant 0 et x−2⩾0x-2\geqslant 0, donc −3x(x−2)⩽0-3x(x-2)\leqslant 0 et N(x)⩽−1<0N(x)\leqslant -1<0. Dans les deux cas, g′(x)<0g'(x)<0 sur [2 ;4][2\,;4], et gg est strictement décroissante sur [2 ;4][2\,;4].

Erreur fréquente : conclure sur le signe du seul −3x2-3x^{2} (« il est négatif, donc tout est négatif »), ce qui est faux pour xx entre 0,180{,}18 et 1,821{,}82, où gg est croissante. Le signe d'un trinôme se justifie par ses racines ou par une factorisation.

B.3. Corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, cas strictement monotone. Sur [2 ;4][2\,;4], gg est continue (car dérivable) et strictement décroissante (B.2). Aux bornes : g(2)=ln⁡13−2≈0,565>0g(2)=\ln 13-2\approx 0{,}565>0 et g(4)=ln⁡49−4≈−0,108<0g(4)=\ln 49-4\approx -0{,}108<0. Le réel 00 est compris entre g(4)g(4) et g(2)g(2), donc l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha dans [2 ;4][2\,;4].

Valeur approchée, par balayage à la calculatrice (ou par dichotomie) : g(3,78)≈0,001 1>0g(3{,}78)\approx 0{,}001\,1>0 et g(3,79)≈−0,003 7<0g(3{,}79)\approx -0{,}003\,7<0, donc 3,78<α<3,793{,}78<\alpha<3{,}79. Pour l'arrondi, g(3,785)≈−0,001 3<0g(3{,}785)\approx -0{,}001\,3<0, donc 3,78<α<3,7853{,}78<\alpha<3{,}785 et α≈3,78\alpha\approx 3{,}78 à 10−210^{-2} près.

Le piège : affirmer l'unicité sans citer la stricte monotonie, ou l'existence sans citer la continuité ; ce sont les deux hypothèses du corollaire, et le barème les attend toutes les deux. Attention aussi à ne pas chercher la racine sur tout [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ : l'équation g(x)=0g(x)=0 y a d'autres solutions, voir B.4.

B.4. Méthode : la limite d'une suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) est un point fixe de ff quand ff est continue. Ici ff est continue sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ (composée de x↦3x2+1x\mapsto 3x^{2}+1, à valeurs dans [1 ;+∞[[1\,;+\infty[, et de ln⁡\ln). Comme un→ℓu_{n}\to\ell avec ℓ∈[0 ;+∞[\ell\in[0\,;+\infty[, on a f(un)→f(ℓ)f(u_{n})\to f(\ell), c'est-à-dire un+1→f(ℓ)u_{n+1}\to f(\ell). Mais (un+1)(u_{n+1}) tend aussi vers ℓ\ell ; par unicité de la limite, ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell), soit ln⁡(3ℓ2+1)−ℓ=0\ln\left(3\ell^{2}+1\right)-\ell=0 : g(ℓ)=0g(\ell)=0.

Il faut encore situer ℓ\ell. Pour tout nn, 2⩽un⩽42\leqslant u_{n}\leqslant 4 (A.3) ; par passage à la limite dans des inégalités larges, 2⩽ℓ⩽42\leqslant\ell\leqslant 4. Donc ℓ\ell est une solution de g(x)=0g(x)=0 dans [2 ;4][2\,;4], et B.3 dit qu'il n'y en a qu'une : ℓ=α≈3,78\ell=\alpha\approx 3{,}78. C'est cohérent avec la conjecture de A.2.

Cette étape de localisation n'est pas une formalité. Sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, l'équation g(x)=0g(x)=0 a TROIS solutions : 00 (puisque g(0)=ln⁡1−0=0g(0)=\ln 1-0=0), une deuxième vers 0,410{,}41 et α\alpha. Sans l'encadrement 2⩽ℓ⩽42\leqslant\ell\leqslant 4, rien n'empêcherait ℓ=0\ell=0. Erreur fréquente aussi : écrire « ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell) » sans citer la continuité de ff, qui est l'argument du passage à la limite.

Exercice 4 : Géométrie dans l'espace : plan, distance d'un point à un plan, projeté orthogonal et volume d'un tétraèdre

5 points Géométrie dans l'espace

L'espace est muni d'un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right).

On considère les points A(1 ;2 ;−1)\mathrm{A}(1\,;2\,;-1), B(0 ;3 ;2)\mathrm{B}(0\,;3\,;2), C(−2 ;4 ;0)\mathrm{C}(-2\,;4\,;0) et D(8 ;2 ;−11)\mathrm{D}(8\,;2\,;-11).

  • 1.a. Démontrer que les points A, B et C définissent un plan.
  • 1.b. Démontrer que le vecteur n⃗(58−1)\vec{n}\begin{pmatrix}5\\8\\-1\end{pmatrix} est un vecteur normal au plan (ABC).
  • 1.c. En déduire qu'une équation cartésienne du plan (ABC) est 5x+8y−z−22=05x+8y-z-22=0.
  • 1.d. Vérifier que le point D n'appartient pas au plan (ABC).
  • 2.a. On considère la droite Δ\Delta, orthogonale au plan (ABC) et passant par D.
    Justifier qu'une représentation paramétrique de la droite Δ\Delta est : {x=8+5ty=2+8tz=−11−t\begin{cases}x=8+5t\\y=2+8t\\z=-11-t\end{cases}, avec t∈Rt\in\mathbb{R}.
  • 2.b. On appelle E le point d'intersection de la droite Δ\Delta et du plan (ABC).
    Démontrer que le point E a pour coordonnées (112 ;−2 ;−212)\left(\dfrac{11}{2}\,;-2\,;-\dfrac{21}{2}\right).
  • 2.c. En déduire la valeur exacte de la longueur DE, distance du point D au plan (ABC).
  • 3. On note H le point de coordonnées (−23 ;103 ;43)\left(-\dfrac{2}{3}\,;\dfrac{10}{3}\,;\dfrac{4}{3}\right).
  • On admet qu'une représentation paramétrique de la droite (BC) est : {x=−2ky=3+kz=2−2k\begin{cases}x=-2k\\y=3+k\\z=2-2k\end{cases}, avec k∈Rk\in\mathbb{R}.
  • Avec un logiciel de calcul formel, on obtient les résultats suivants :
  • Entrée 1(−2/3−1)∗(−2)+(10/3−2)∗1+(4/3−(−1))∗(−2)(-2/3-1)*(-2)+(10/3-2)*1+(4/3-(-1))*(-2)
    Sortie 1→0\rightarrow 0
    Entrée 2RésoudreSystème(−2k=−2/3, 3+k=10/3, 2−2k=4/3)(-2k=-2/3,\ 3+k=10/3,\ 2-2k=4/3)
    Sortie 2→k=1/3\rightarrow k=1/3
    Entrée 3RacineCarrée((−2/3−1)2+(10/3−2)2+(4/3+1)2)\big((-2/3-1)^{2}+(10/3-2)^{2}+(4/3+1)^{2}\big)
    Sortie 3→\rightarrow RacineCarrée(10)(10)
    Entrée 4RacineCarrée((−2−0)2+(4−3)2+(0−2)2)\big((-2-0)^{2}+(4-3)^{2}+(0-2)^{2}\big)
    Sortie 4→3\rightarrow 3
  • 3.a. En utilisant les deux premiers résultats obtenus avec la feuille de calculs ci-dessus, justifier que le point H est le projeté orthogonal du point A sur la droite (BC).
  • 3.b. En exploitant les autres résultats obtenus avec la feuille de calculs ci-dessus, déterminer le volume du tétraèdre ABCD.
    On rappelle que le volume V\mathcal{V} d'un tétraèdre est donné par V=13×B×h\mathcal{V}=\dfrac{1}{3}\times\mathcal{B}\times h, où B\mathcal{B} est l'aire d'une base du tétraèdre et hh la hauteur relative à cette base.

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1.d
2.b
2.c
3.b
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Réponses

  • 1.a AB→(−1 ;1 ;3)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(-1\,;1\,;3) et AC→(−3 ;2 ;1)\overrightarrow{\mathrm{AC}}(-3\,;2\,;1) ne sont pas colinéaires : A, B, C non alignés
  • 1.b n⃗⋅AB→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=0 et n⃗⋅AC→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=0, avec AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}}, AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} non colinéaires
  • 1.c 5x+8y−z+d=05x+8y-z+d=0 et A∈(ABC)\mathrm{A}\in(\mathrm{ABC}) donne d=−22d=-22
  • 1.d 5×8+8×2−(−11)−22=45≠05\times 8+8\times 2-(-11)-22=45\neq 0 : D∉(ABC)\mathrm{D}\notin(\mathrm{ABC})
  • 2.a Δ\Delta passe par D(8 ;2 ;−11)\mathrm{D}(8\,;2\,;-11) et a pour vecteur directeur n⃗(5 ;8 ;−1)\vec{n}(5\,;8\,;-1)
  • 2.b 45+90t=045+90t=0, t=−12t=-\dfrac{1}{2}, d'où E(112 ;−2 ;−212)\mathrm{E}\left(\dfrac{11}{2}\,;-2\,;-\dfrac{21}{2}\right)
  • 2.c DE=904=3102≈4,74\mathrm{DE}=\sqrt{\dfrac{90}{4}}=\dfrac{3\sqrt{10}}{2}\approx 4{,}74
  • 3.a Sortie 2 : H∈(BC)\mathrm{H}\in(\mathrm{BC}) pour k=13k=\dfrac{1}{3} ; sortie 1 : AH→⋅u⃗=0\overrightarrow{\mathrm{AH}}\cdot\vec{u}=0 avec u⃗(−2 ;1 ;−2)\vec{u}(-2\,;1\,;-2) directeur de (BC)
  • 3.b B=12×3×10\mathcal{B}=\dfrac{1}{2}\times 3\times\sqrt{10}, h=DE=3102h=\mathrm{DE}=\dfrac{3\sqrt{10}}{2}, V=13×3102×3102=152\mathcal{V}=\dfrac{1}{3}\times\dfrac{3\sqrt{10}}{2}\times\dfrac{3\sqrt{10}}{2}=\dfrac{15}{2}

1.a. Méthode : trois points définissent un plan s'ils ne sont pas alignés, c'est-à-dire si deux vecteurs qu'ils forment ne sont pas colinéaires. AB→(0−13−22−(−1))=(−113)\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix}0-1\\3-2\\2-(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\1\\3\end{pmatrix} et AC→(−2−14−20−(−1))=(−321)\overrightarrow{\mathrm{AC}}\begin{pmatrix}-2-1\\4-2\\0-(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-3\\2\\1\end{pmatrix}.

S'il existait un réel λ\lambda tel que AC→=λAB→\overrightarrow{\mathrm{AC}}=\lambda\overrightarrow{\mathrm{AB}}, la première coordonnée donnerait −3=−λ-3=-\lambda, soit λ=3\lambda=3, et la deuxième 2=λ2=\lambda, soit λ=2\lambda=2 : contradiction. Les vecteurs ne sont pas colinéaires, les points A, B et C ne sont pas alignés et définissent donc un plan.

Erreur fréquente : affirmer « les vecteurs ne sont pas colinéaires » sans le montrer. Une seule incompatibilité entre deux coordonnées suffit, mais elle doit figurer sur la copie ; à l'inverse, deux coordonnées proportionnelles ne prouvent rien tant que la troisième n'est pas vérifiée.

1.b. Méthode : un vecteur non nul est normal à un plan s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan. On calcule les produits scalaires dans le repère orthonormé : n⃗⋅AB→=5×(−1)+8×1+(−1)×3=−5+8−3=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=5\times(-1)+8\times 1+(-1)\times 3=-5+8-3=0 et n⃗⋅AC→=5×(−3)+8×2+(−1)×1=−15+16−1=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=5\times(-3)+8\times 2+(-1)\times 1=-15+16-1=0.

n⃗\vec{n} est non nul et orthogonal à AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et à AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}}, qui sont non colinéaires (1.a) et dirigent le plan (ABC) : n⃗\vec{n} est normal au plan (ABC). Le piège : ne vérifier l'orthogonalité qu'avec un seul vecteur du plan, ce qui ne suffit pas ; ou oublier de rappeler que les deux vecteurs ne sont pas colinéaires.

1.c. Un plan de vecteur normal n⃗(a ;b ;c)\vec{n}(a\,;b\,;c) a une équation de la forme ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 : ici 5x+8y−z+d=05x+8y-z+d=0, avec dd réel. Le point A appartient au plan : 5×1+8×2−(−1)+d=05\times 1+8\times 2-(-1)+d=0, soit 22+d=022+d=0 et d=−22d=-22. Une équation cartésienne de (ABC) est 5x+8y−z−22=05x+8y-z-22=0.

Vérification avec les deux autres points : pour B, 0+24−2−22=00+24-2-22=0 ; pour C, −10+32−0−22=0-10+32-0-22=0. Les trois points vérifient l'équation.

1.d. On remplace les coordonnées de D(8 ;2 ;−11)\mathrm{D}(8\,;2\,;-11) dans le premier membre : 5×8+8×2−(−11)−22=40+16+11−22=455\times 8+8\times 2-(-11)-22=40+16+11-22=45. Comme 45≠045\neq 0, le point D n'appartient pas au plan (ABC). Les quatre points A, B, C, D ne sont donc pas coplanaires : ABCD est un vrai tétraèdre. Erreur fréquente : le signe de −z-z avec z=−11z=-11, qui donne +11+11 et non −11-11.

2.a. Une droite orthogonale à un plan est dirigée par tout vecteur normal à ce plan : n⃗(5 ;8 ;−1)\vec{n}(5\,;8\,;-1) est donc un vecteur directeur de Δ\Delta. La droite passant par D(8 ;2 ;−11)\mathrm{D}(8\,;2\,;-11) et dirigée par n⃗\vec{n} est l'ensemble des points MM tels que DM→=tn⃗\overrightarrow{\mathrm{D}M}=t\vec{n}, t∈Rt\in\mathbb{R}, c'est-à-dire x=8+5tx=8+5t, y=2+8ty=2+8t, z=−11−tz=-11-t : c'est la représentation annoncée.

Contrôle : pour t=0t=0 on retrouve D, et les coefficients de tt sont bien les coordonnées de n⃗\vec{n}.

2.b. Méthode : un point de Δ\Delta de paramètre tt appartient au plan (ABC) si ses coordonnées vérifient l'équation du plan. On remplace : 5(8+5t)+8(2+8t)−(−11−t)−22=05(8+5t)+8(2+8t)-(-11-t)-22=0, soit 40+25t+16+64t+11+t−22=040+25t+16+64t+11+t-22=0, c'est-à-dire 45+90t=045+90t=0 et t=−12t=-\dfrac{1}{2}.

En reportant t=−12t=-\dfrac{1}{2} dans la représentation de Δ\Delta : x=8−52=112x=8-\dfrac{5}{2}=\dfrac{11}{2}, y=2−4=−2y=2-4=-2, z=−11+12=−212z=-11+\dfrac{1}{2}=-\dfrac{21}{2}. Donc E(112 ;−2 ;−212)\mathrm{E}\left(\dfrac{11}{2}\,;-2\,;-\dfrac{21}{2}\right).

Vérification dans l'équation du plan : 5×112+8×(−2)+212−22=552−16+212−22=38−38=05\times\dfrac{11}{2}+8\times(-2)+\dfrac{21}{2}-22=\dfrac{55}{2}-16+\dfrac{21}{2}-22=38-38=0. Pour une question « démontrer que E a pour coordonnées... », il ne suffit pas de vérifier que E est dans le plan : il faut aussi qu'il soit sur Δ\Delta, ce que donne le paramètre t=−12t=-\dfrac{1}{2}. Le calcul ci-dessus fait les deux.

2.c. E est le point d'intersection de la perpendiculaire au plan passant par D : c'est le projeté orthogonal de D sur (ABC), et DE est la distance de D au plan. DE→(112−8−2−2−212+11)=(−52−412)\overrightarrow{\mathrm{DE}}\begin{pmatrix}\frac{11}{2}-8\\-2-2\\-\frac{21}{2}+11\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-\frac{5}{2}\\-4\\\frac{1}{2}\end{pmatrix}, donc DE=254+16+14=904=902=3102≈4,74\mathrm{DE}=\sqrt{\dfrac{25}{4}+16+\dfrac{1}{4}}=\sqrt{\dfrac{90}{4}}=\dfrac{\sqrt{90}}{2}=\dfrac{3\sqrt{10}}{2}\approx 4{,}74.

Vérification par le paramètre : DE→=−12n⃗\overrightarrow{\mathrm{DE}}=-\dfrac{1}{2}\vec{n}, donc DE=12∥n⃗∥=1225+64+1=902\mathrm{DE}=\dfrac{1}{2}\left\|\vec{n}\right\|=\dfrac{1}{2}\sqrt{25+64+1}=\dfrac{\sqrt{90}}{2}, la même valeur. La question demande la valeur EXACTE : 3102\dfrac{3\sqrt{10}}{2}, simplifiée avec 90=9×10=310\sqrt{90}=\sqrt{9\times 10}=3\sqrt{10}, et non 4,744{,}74 seul.

3.a. Le projeté orthogonal de A sur la droite (BC) est l'unique point H de (BC) tel que (AH)(\mathrm{AH}) soit orthogonale à (BC). Il y a donc deux conditions à vérifier, et chacune est donnée par une sortie du logiciel.

H appartient à (BC). L'entrée 2 résout le système −2k=−23-2k=-\dfrac{2}{3}, 3+k=1033+k=\dfrac{10}{3}, 2−2k=432-2k=\dfrac{4}{3}, qui exprime que les coordonnées de H sont celles du point de paramètre kk de (BC). La sortie 2 donne une solution, k=13k=\dfrac{1}{3}, commune aux trois équations : H est le point de (BC) de paramètre 13\dfrac{1}{3}.

(AH)(\mathrm{AH}) est orthogonale à (BC). Un vecteur directeur de (BC) se lit sur les coefficients de kk : u⃗(−2 ;1 ;−2)\vec{u}(-2\,;1\,;-2). Et AH→(−23−1 ;103−2 ;43−(−1))\overrightarrow{\mathrm{AH}}\left(-\dfrac{2}{3}-1\,;\dfrac{10}{3}-2\,;\dfrac{4}{3}-(-1)\right). L'entrée 1 calcule exactement AH→⋅u⃗\overrightarrow{\mathrm{AH}}\cdot\vec{u}, et la sortie 1 donne 00 : à la main, (−53)(−2)+43×1+73×(−2)=10+4−143=0\left(-\dfrac{5}{3}\right)(-2)+\dfrac{4}{3}\times 1+\dfrac{7}{3}\times(-2)=\dfrac{10+4-14}{3}=0. Les vecteurs sont orthogonaux.

H est sur (BC) et (AH) est perpendiculaire à (BC) : H est le projeté orthogonal de A sur (BC). Vérification par Pythagore : BH→(−23 ;13 ;−23)\overrightarrow{\mathrm{BH}}\left(-\dfrac{2}{3}\,;\dfrac{1}{3}\,;-\dfrac{2}{3}\right) donne BH=1\mathrm{BH}=1, AH2=10\mathrm{AH}^{2}=10 (sortie 3) et AB2=1+1+9=11=AH2+BH2\mathrm{AB}^{2}=1+1+9=11=\mathrm{AH}^{2}+\mathrm{BH}^{2} : le triangle ABH est bien rectangle en H. Le piège : citer une seule des deux sorties ; le produit scalaire nul seul ne dit pas que H est sur la droite.

3.b. On prend pour base le triangle ABC et pour hauteur la distance de D au plan (ABC). La sortie 3 donne AH=(−53)2+(43)2+(73)2=909=10\mathrm{AH}=\sqrt{\left(-\dfrac{5}{3}\right)^{2}+\left(\dfrac{4}{3}\right)^{2}+\left(\dfrac{7}{3}\right)^{2}}=\sqrt{\dfrac{90}{9}}=\sqrt{10}, et AH est la hauteur du triangle ABC issue de A, puisque H est le projeté orthogonal de A sur (BC). La sortie 4 donne BC=(−2)2+12+(−2)2=9=3\mathrm{BC}=\sqrt{(-2)^{2}+1^{2}+(-2)^{2}}=\sqrt{9}=3.

Aire de la base : B=12×BC×AH=12×3×10=3102\mathcal{B}=\dfrac{1}{2}\times\mathrm{BC}\times\mathrm{AH}=\dfrac{1}{2}\times 3\times\sqrt{10}=\dfrac{3\sqrt{10}}{2}. Hauteur relative à cette base : la distance de D au plan (ABC), h=DE=3102h=\mathrm{DE}=\dfrac{3\sqrt{10}}{2} (2.c).

Volume : V=13×3102×3102=13×9×104=9012=152=7,5\mathcal{V}=\dfrac{1}{3}\times\dfrac{3\sqrt{10}}{2}\times\dfrac{3\sqrt{10}}{2}=\dfrac{1}{3}\times\dfrac{9\times 10}{4}=\dfrac{90}{12}=\dfrac{15}{2}=7{,}5 unités de volume.

Erreurs fréquentes : prendre BC×AH\mathrm{BC}\times\mathrm{AH} pour l'aire du triangle, en oubliant le 12\dfrac{1}{2}, ce qui double le volume (1515) ; ou prendre pour hauteur du tétraèdre la longueur DA, ou AH, au lieu de la distance de D au plan de la base. La hauteur d'un tétraèdre relative à une face est toujours une distance point-plan, ici calculée en 2.c.

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