Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité maths, Polynésie jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2026 : Polynésie, jour 2

Épreuve du mercredi 17 juin 2026 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026, centre Polynésie, jour 2 : mercredi 17 juin 2026, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants de 5 points chacun, notés sur 20. L'énoncé est reproduit à l'identique, programme Python et graphique compris, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 enchaîne les probabilités conditionnelles (arbre pondéré, formule des probabilités totales, probabilité « inversée »), la loi binomiale avec une inéquation résolue par le logarithme et un calcul de P(X⩾8)P(X\geqslant 8), puis l'espérance et la variance d'une somme de variables aléatoires indépendantes et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. L'exercice 2 étudie la fonction x↦ln⁡(8x3−1)x\mapsto\ln(8x^{3}-1) : dérivée d'une composée, théorème des valeurs intermédiaires et point fixe α\alpha, puis la suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) avec un raisonnement par récurrence, le théorème de convergence monotone, le passage à la limite par continuité et un algorithme de seuil en Python. L'exercice 3 est de la géométrie dans l'espace : vecteur normal et équation cartésienne d'un plan, plans perpendiculaires, intersection d'une droite et d'un plan, projeté orthogonal d'un point sur une droite et aire d'un triangle. L'exercice 4 est un vrai ou faux : convexité par la dérivée seconde, dénombrement par combinaisons, équation différentielle y′=ay+by'=ay+b, théorème des gendarmes et aire entre deux courbes par une intégrale.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : « au moins le quart » de 2929 filles à l'exercice 1, qui donne X⩾8X\geqslant 8 et non X⩾7X\geqslant 7 ; l'hérédité de l'exercice 2, où appliquer ff donne f(4)⩽un+1f(4)\leqslant u_{n+1} et non directement 4⩽un+14\leqslant u_{n+1}, et le programme alpha(8.6) qui ne s'arrête jamais parce que le seuil dépasse la limite ; et l'unicité du point d'intersection de l'exercice 3, que la simple vérification des coordonnées de E\mathrm{E} ne prouve pas.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : orientation vers les études d'ingénieur, loi binomiale et Bienaymé-Tchebychev

5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration

Dans cet exercice, on s'intéresse à la part des filles et des garçons s'orientant vers des études scientifiques après avoir suivi un enseignement de spécialité mathématiques en terminale.

Les parties A et B peuvent être traitées de façon indépendante.

  • Partie A
  • Dans une académie donnée, la population est constituée d'élèves de terminale ayant choisi la spécialité mathématiques. On souhaite analyser leurs choix d'orientation, notamment vers les études supérieures en ingénierie.
  • Les répartitions sont les suivantes :
    • 40 %40\,\% sont des filles ; 60 %60\,\% sont des garçons ;
    • parmi les filles, 33,75 %33{,}75\,\% envisagent des études d'ingénieur ;
    • parmi les garçons, 54,25 %54{,}25\,\% envisagent des études d'ingénieur.
  • On interroge uniformément au hasard un élève de terminale ayant choisi la spécialité mathématiques de cette académie et on considère les évènements suivants :
    • FF : « L'élève est une fille » ;
    • II : « L'élève envisage des études d'ingénieur ».
  • Pour un évènement EE quelconque, on note E‾\overline{E} l'évènement contraire et P(E)P(E) la probabilité de EE.
  • A.1. Représenter cette situation à l'aide d'un arbre pondéré.
  • A.2. Calculer la probabilité que l'élève choisi au hasard soit une fille envisageant des études d'ingénieur.
  • A.3. Démontrer que la probabilité que l'élève choisi au hasard envisage des études d'ingénieur est égale à 0,46050{,}4605.
  • A.4. L'élève interrogé envisage des études d'ingénieur. Quelle est la probabilité qu'il s'agisse d'une fille ? Donner une valeur approchée du résultat à 10−310^{-3} près.
  • Partie B
  • Dans cette partie, on considère un entier naturel nn non nul.
  • On interroge uniformément au hasard dans cette académie nn filles en terminale, qu'elles suivent ou non la spécialité mathématiques. On suppose que ce nombre de filles est suffisamment important pour assimiler ce prélèvement à des tirages indépendants avec remise.
  • On note XX la variable aléatoire qui modélise le nombre de filles envisageant de devenir ingénieure qu'elle suive ou non la spécialité mathématiques.
  • On admet que la probabilité qu'une fille souhaite devenir ingénieure est égale à 0,150{,}15.
  • B.1.a. Justifier que XX suit une loi binomiale.
  • B.1.b. Exprimer en fonction de nn l'espérance de XX.
  • B.2. En résolvant une inéquation, déterminer le plus petit nombre de lycéennes qu'il faut interroger pour que la probabilité de l'évènement « Au moins une fille parmi celles interrogées souhaite devenir ingénieure » soit supérieure ou égale à 0,990{,}99.
  • B.3. Dans cette question, on choisit un échantillon de n=29n=29 filles.
    Déterminer la probabilité qu'au moins le quart des filles interrogées souhaite devenir ingénieure. Donner une valeur approchée du résultat à 10−310^{-3} près.
  • Partie C
  • On s'intéresse à dix académies françaises de tailles comparables numérotées de 1 à 10.
  • On considère X1X_{1} la variable aléatoire qui, à un échantillon de 1 5001\,500 lycéennes de l'académie n° 1, associe le nombre de filles envisageant de devenir ingénieure.
  • On définit de la même façon les variables aléatoires X2,…,X10X_{2},\dots,X_{10} pour les académies 2 à 10.
  • On admet que les variables aléatoires X1,X2,…,X10X_{1},X_{2},\dots,X_{10} sont indépendantes entre elles et qu'elles admettent la même espérance égale à 225225 et la même variance égale à 191,25191{,}25.
  • On considère la variable aléatoire S=X1+X2+⋯+X10S=X_{1}+X_{2}+\cdots+X_{10}.
  • C.1. Que représente la variable aléatoire SS pour les 15 00015\,000 lycéennes interrogées sur l'ensemble des dix académies ?
  • C.2. Calculer l'espérance et la variance de SS.
  • C.3. On considère l'ensemble des 15 00015\,000 lycéennes formé par les échantillons issus des dix académies.
    Argumenter pour dire si l'affirmation suivante est vraie, fausse ou si on ne peut pas savoir : « La probabilité que le nombre total de filles envisageant de devenir ingénieure soit strictement compris entre 2 0002\,000 et 2 5002\,500 est supérieure à 0,950{,}95 ».

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/13

A.1
A.2
A.4
B.1.b
B.2
B.3
C.2
C.3
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Réponses

  • A.1 P(F)=0,4P(F)=0{,}4, P(F‾)=0,6P(\overline{F})=0{,}6 ; PF(I)=0,337 5P_{F}(I)=0{,}337\,5, PF(I‾)=0,662 5P_{F}(\overline{I})=0{,}662\,5 ; PF‾(I)=0,542 5P_{\overline{F}}(I)=0{,}542\,5, PF‾(I‾)=0,457 5P_{\overline{F}}(\overline{I})=0{,}457\,5
  • A.2 P(F∩I)=0,4×0,337 5=0,135P(F\cap I)=0{,}4\times 0{,}337\,5=0{,}135
  • A.3 P(I)=0,135+0,6×0,542 5=0,135+0,325 5=0,460 5P(I)=0{,}135+0{,}6\times 0{,}542\,5=0{,}135+0{,}325\,5=0{,}460\,5 (probabilités totales)
  • A.4 PI(F)=0,1350,460 5≈0,293P_{I}(F)=\dfrac{0{,}135}{0{,}460\,5}\approx 0{,}293
  • B.1.a nn épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes de succès « souhaite devenir ingénieure », p=0,15p=0{,}15 : X∼B(n ;0,15)X\sim\mathcal{B}(n\,;0{,}15)
  • B.1.b E(X)=0,15 n\mathrm{E}(X)=0{,}15\,n
  • B.2 1−0,85n⩾0,99  ⟺  n⩾ln⁡0,01ln⁡0,85≈28,31-0{,}85^{n}\geqslant 0{,}99\iff n\geqslant\dfrac{\ln 0{,}01}{\ln 0{,}85}\approx 28{,}3 : il faut interroger au moins 2929 lycéennes
  • B.3 P(X⩾8)=1−P(X⩽7)≈0,059P(X\geqslant 8)=1-P(X\leqslant 7)\approx 0{,}059
  • C.1 SS est le nombre total de filles envisageant de devenir ingénieure parmi les 15 00015\,000 lycéennes interrogées
  • C.2 E(S)=2 250\mathrm{E}(S)=2\,250 ; V(S)=1 912,5\mathrm{V}(S)=1\,912{,}5
  • C.3 Vraie : P(2 000<S<2 500)⩾1−1 912,52502=0,969 4>0,95P(2\,000<S<2\,500)\geqslant 1-\dfrac{1\,912{,}5}{250^{2}}=0{,}969\,4>0{,}95

A.1. Le premier niveau de l'arbre porte l'évènement dont on connaît la probabilité simple, ici le sexe de l'élève : P(F)=0,4P(F)=0{,}4 et P(F‾)=0,6P(\overline{F})=0{,}6. Le second niveau porte l'orientation, avec des probabilités CONDITIONNELLES : « parmi les filles, 33,75 %33{,}75\,\% envisagent des études d'ingénieur » se traduit par PF(I)=0,337 5P_{F}(I)=0{,}337\,5, et « parmi les garçons, 54,25 %54{,}25\,\% » par PF‾(I)=0,542 5P_{\overline{F}}(I)=0{,}542\,5.

Les branches restantes s'obtiennent par l'évènement contraire, nœud par nœud : PF(I‾)=1−0,337 5=0,662 5P_{F}(\overline{I})=1-0{,}337\,5=0{,}662\,5 et PF‾(I‾)=1−0,542 5=0,457 5P_{\overline{F}}(\overline{I})=1-0{,}542\,5=0{,}457\,5. L'arbre complet figure en fin de corrigé, avec la probabilité de chaque chemin en bout de branche.

Contrôle : les probabilités issues d'un même nœud ont pour somme 11, et les quatre chemins aussi : 0,135+0,265+0,325 5+0,274 5=10{,}135+0{,}265+0{,}325\,5+0{,}274\,5=1. Erreur fréquente : écrire 0,337 50{,}337\,5 comme la probabilité d'être « une fille ET future ingénieure ». Les pourcentages « parmi les filles » portent sur une sous-population, ce sont des probabilités conditionnelles, posées sur les branches du second niveau.

A.2. Formule des probabilités composées, lue sur le chemin FF puis II : P(F∩I)=P(F)×PF(I)=0,4×0,337 5=0,135P(F\cap I)=P(F)\times P_{F}(I)=0{,}4\times 0{,}337\,5=0{,}135. La probabilité que l'élève choisi soit une fille envisageant des études d'ingénieur vaut 0,1350{,}135.

Contrôle de cohérence : une intersection est plus petite que chacun des deux évènements, et 0,135⩽P(F)=0,40{,}135\leqslant P(F)=0{,}4. Répondre 0,337 50{,}337\,5 revient à confondre « fille ET ingénieur » avec « ingénieur SACHANT fille ».

A.3. Formule des probabilités totales, avec la partition {F ;F‾}\{F\,;\overline{F}\} de l'univers : P(I)=P(F∩I)+P(F‾∩I)=P(F)×PF(I)+P(F‾)×PF‾(I)P(I)=P(F\cap I)+P(\overline{F}\cap I)=P(F)\times P_{F}(I)+P(\overline{F})\times P_{\overline{F}}(I).

Le premier terme vient de A.2 ; le second vaut 0,6×0,542 5=0,325 50{,}6\times 0{,}542\,5=0{,}325\,5. Donc P(I)=0,135+0,325 5=0,460 5P(I)=0{,}135+0{,}325\,5=0{,}460\,5, la valeur annoncée.

Vérification : P(I)P(I) est une moyenne de 0,337 50{,}337\,5 et de 0,542 50{,}542\,5 pondérée par 0,40{,}4 et 0,60{,}6 ; elle tombe donc entre les deux, plus près de la valeur des garçons, majoritaires. Erreur fréquente : faire la moyenne simple 0,337 5+0,542 52=0,44\dfrac{0{,}337\,5+0{,}542\,5}{2}=0{,}44, qui oublie que filles et garçons ne sont pas en même proportion.

La rédaction attendue nomme la formule des probabilités totales et la partition utilisée : une question « démontrer » dont le résultat est donné ne rapporte que par la justification.

A.4. On sait que l'élève envisage des études d'ingénieur : on cherche une probabilité conditionnée par II, soit PI(F)P_{I}(F). L'arbre commence par FF et la question part de II : on revient à la définition d'une probabilité conditionnelle, ce qui « retourne » l'arbre.

PI(F)=P(F∩I)P(I)=0,1350,460 5≈0,293 16P_{I}(F)=\dfrac{P(F\cap I)}{P(I)}=\dfrac{0{,}135}{0{,}460\,5}\approx 0{,}293\,16, soit 0,2930{,}293 à 10−310^{-3} près.

Lecture : parmi les élèves de spécialité mathématiques qui envisagent des études d'ingénieur, environ 29,3 %29{,}3\,\% sont des filles, alors qu'elles représentent 40 %40\,\% des élèves de spécialité. C'est le constat que l'exercice veut faire apparaître.

Le piège est de confondre PI(F)P_{I}(F) et PF(I)P_{F}(I) : 0,2930{,}293 contre 0,337 50{,}337\,5. Le dénominateur est toujours la probabilité de l'évènement DONNÉ, celui qu'on sait réalisé, ici II.

B.1.a. On reconnaît un schéma de Bernoulli. L'épreuve élémentaire consiste à interroger une fille et a deux issues : le succès « elle souhaite devenir ingénieure », de probabilité p=0,15p=0{,}15, et l'échec, de probabilité 0,850{,}85.

Cette épreuve est répétée nn fois, de façon identique et indépendante, puisque le prélèvement est assimilé à des tirages avec remise. La variable XX compte le nombre de succès parmi ces nn épreuves : elle suit donc la loi binomiale de paramètres nn et p=0,15p=0{,}15, notée B(n ;0,15)\mathcal{B}(n\,;0{,}15).

Les trois éléments à citer, chacun valant une partie des points : deux issues, répétition identique et indépendante, XX compte les succès. Piège : prendre p=0,337 5p=0{,}337\,5. Cette valeur de la partie A porte sur les filles de spécialité mathématiques ; ici on interroge toutes les filles de terminale, « qu'elles suivent ou non la spécialité », et l'énoncé fixe p=0,15p=0{,}15.

B.1.b. L'espérance d'une loi binomiale B(n ;p)\mathcal{B}(n\,;p) est npnp : E(X)=0,15 n\mathrm{E}(X)=0{,}15\,n. Sur un grand nombre d'échantillons de nn filles, on compte en moyenne 1515 futures ingénieures pour 100100 filles interrogées.

B.2. L'évènement « au moins une fille souhaite devenir ingénieure » est {X⩾1}\{X\geqslant 1\}, dont le contraire est {X=0}\{X=0\} : aucune ne le souhaite. Donc P(X⩾1)=1−P(X=0)=1−0,85nP(X\geqslant 1)=1-P(X=0)=1-0{,}85^{n}, puisque P(X=0)=(n0)0,150 0,85n=0,85nP(X=0)=\binom{n}{0}0{,}15^{0}\,0{,}85^{n}=0{,}85^{n}.

On résout l'inéquation : 1−0,85n⩾0,99  ⟺  0,85n⩽0,011-0{,}85^{n}\geqslant 0{,}99\iff 0{,}85^{n}\leqslant 0{,}01. La fonction ln⁡\ln est strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, donc elle conserve l'ordre :   ⟺  nln⁡(0,85)⩽ln⁡(0,01)\iff n\ln(0{,}85)\leqslant\ln(0{,}01). Comme ln⁡(0,85)<0\ln(0{,}85)<0, la division par ln⁡(0,85)\ln(0{,}85) change le sens de l'inégalité :   ⟺  n⩾ln⁡(0,01)ln⁡(0,85)≈28,34\iff n\geqslant\dfrac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}85)}\approx 28{,}34.

Le plus petit entier qui convient est n=29n=29 : il faut interroger au moins 2929 lycéennes.

Vérification aux bords : 1−0,8528≈0,989 4<0,991-0{,}85^{28}\approx 0{,}989\,4<0{,}99 et 1−0,8529≈0,991 0⩾0,991-0{,}85^{29}\approx 0{,}991\,0\geqslant 0{,}99. L'énoncé de la question B.3 prend d'ailleurs n=29n=29, ce qui confirme le résultat.

Erreurs fréquentes : oublier de renverser l'inégalité et conclure n⩽28,34n\leqslant 28{,}34, ce qui est absurde puisque la probabilité augmente avec nn ; ou répondre par balayage à la calculatrice, alors que la question impose « en résolvant une inéquation ».

B.3. Ici XX suit B(29 ;0,15)\mathcal{B}(29\,;0{,}15). Le quart de 2929 vaut 294=7,25\dfrac{29}{4}=7{,}25 ; « au moins le quart des filles » s'écrit X⩾7,25X\geqslant 7{,}25, et comme XX prend des valeurs entières, cela équivaut à X⩾8X\geqslant 8.

On passe par le contraire, que la calculatrice donne directement par la fonction de répartition : P(X⩾8)=1−P(X⩽7)≈1−0,941 4=0,058 6P(X\geqslant 8)=1-P(X\leqslant 7)\approx 1-0{,}941\,4=0{,}058\,6, soit 0,0590{,}059 à 10−310^{-3} près.

Lecture : dans un échantillon de 2929 filles, il est peu probable, moins de 6 %6\,\%, qu'au moins le quart souhaite devenir ingénieure, ce qui est cohérent avec E(X)=0,15×29=4,35\mathrm{E}(X)=0{,}15\times 29=4{,}35, bien en dessous de 7,257{,}25.

Deux pièges : arrondir 7,257{,}25 à 77 et calculer P(X⩾7)≈0,133P(X\geqslant 7)\approx 0{,}133 ; ou écrire P(X⩾8)=1−P(X⩽8)P(X\geqslant 8)=1-P(X\leqslant 8), qui retire la valeur 88 à tort et donne 0,0220{,}022. Le complémentaire de X⩾8X\geqslant 8 est X⩽7X\leqslant 7.

C.1. Chaque XkX_{k} compte les filles envisageant de devenir ingénieure dans l'échantillon de 1 5001\,500 lycéennes de l'académie kk. La somme S=X1+X2+⋯+X10S=X_{1}+X_{2}+\cdots+X_{10} compte donc le nombre TOTAL de filles envisageant de devenir ingénieure parmi les 10×1 500=15 00010\times 1\,500=15\,000 lycéennes interrogées sur l'ensemble des dix académies.

C.2. Espérance, par linéarité, valable sans aucune hypothèse : E(S)=E(X1)+⋯+E(X10)=10×225=2 250\mathrm{E}(S)=\mathrm{E}(X_{1})+\cdots+\mathrm{E}(X_{10})=10\times 225=2\,250.

Variance : les variables X1,…,X10X_{1},\dots,X_{10} étant INDÉPENDANTES (hypothèse de l'énoncé), la variance de leur somme est la somme de leurs variances : V(S)=10×191,25=1 912,5\mathrm{V}(S)=10\times 191{,}25=1\,912{,}5.

Cohérence : ces valeurs sont celles d'une loi binomiale B(1 500 ;0,15)\mathcal{B}(1\,500\,;0{,}15) pour chaque académie, 1 500×0,15=2251\,500\times 0{,}15=225 et 1 500×0,15×0,85=191,251\,500\times 0{,}15\times 0{,}85=191{,}25, et SS se comporte comme le compte des succès sur 15 00015\,000 lycéennes : 15 000×0,15=2 25015\,000\times 0{,}15=2\,250. Le piège est d'additionner les variances sans citer l'indépendance, seule raison qui l'autorise ; l'espérance, elle, s'additionne toujours.

C.3. On ne connaît pas la loi de SS, seulement son espérance et sa variance : l'outil est l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, qui donne pour tout réel δ>0\delta>0 : P(∣S−2 250∣⩾δ)⩽V(S)δ2P\left(\left|S-2\,250\right|\geqslant\delta\right)\leqslant\dfrac{\mathrm{V}(S)}{\delta^{2}}.

L'intervalle ]2 000 ;2 500[]2\,000\,;2\,500[ est centré en E(S)=2 250\mathrm{E}(S)=2\,250, de demi-largeur 250250 : 2 000<S<2 500  ⟺  ∣S−2 250∣<2502\,000<S<2\,500\iff\left|S-2\,250\right|<250. Avec δ=250\delta=250 : P(∣S−2 250∣⩾250)⩽1 912,562 500=0,030 6P\left(\left|S-2\,250\right|\geqslant 250\right)\leqslant\dfrac{1\,912{,}5}{62\,500}=0{,}030\,6.

On passe à l'évènement contraire, ce qui renverse l'inégalité : P(2 000<S<2 500)=1−P(∣S−2 250∣⩾250)⩾1−0,030 6=0,969 4P(2\,000<S<2\,500)=1-P\left(\left|S-2\,250\right|\geqslant 250\right)\geqslant 1-0{,}030\,6=0{,}969\,4.

Comme 0,969 4>0,950{,}969\,4>0{,}95, la probabilité cherchée est supérieure à 0,950{,}95 : l'affirmation est VRAIE.

La troisième réponse proposée, « on ne peut pas savoir », est celle qu'il faudrait donner si le minorant fourni par l'inégalité était inférieur à 0,950{,}95 : Bienaymé-Tchebychev ne donne qu'une MINORATION, qui ne permet de conclure que dans un sens. Ici elle suffit. Pièges : prendre δ=500\delta=500, la largeur entière, au lieu de la demi-largeur ; et vérifier d'abord que l'intervalle est bien centré sur l'espérance, sans quoi l'inégalité ne s'applique pas telle quelle.

F0,4I0,33750,135non I0,66250,265non F0,6I0,54250,3255non I0,45750,2745

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Exercice 2 : Fonction logarithme et suite récurrente : point fixe, récurrence et algorithme Python

5 points Suites et récurrenceLimites et continuitéExponentielle et logarithmePython et méthodes numériques

Dans cet exercice, les parties A et B sont indépendantes.

  • Partie A
  • On considère la fonction ff définie pour tout x∈[4 ;10]x\in[4\,;10] par f(x)=ln⁡(8x3−1)f(x)=\ln(8x^{3}-1).
  • On admet que la fonction ff est dérivable sur [4 ;10][4\,;10] et on note f′f' sa fonction dérivée.
  • A.1. Montrer pour tout x∈[4 ;10]x\in[4\,;10], on a : f′(x)=24x2(2x−1)(4x2+2x+1)f'(x)=\dfrac{24x^{2}}{(2x-1)(4x^{2}+2x+1)}.
  • A.2.a. En déduire que ff est croissante sur [4 ;10][4\,;10].
  • A.2.b. Montrer que, pour tout x∈[4 ;10]x\in[4\,;10], on a : 4⩽f(x)⩽104\leqslant f(x)\leqslant 10.
  • 3. On définit la fonction gg définie pour tout x∈[4 ;10]x\in[4\,;10] par g(x)=f(x)−xg(x)=f(x)-x.
  • On admet que gg est strictement décroissante sur son ensemble de définition.
  • A.3.a. Montrer que, sur l'intervalle [4 ;10][4\,;10], l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha.
  • A.3.b. Déterminer un encadrement à 10−310^{-3} près de α\alpha.
  • Partie B
  • On admet qu'on peut définir la suite (un)(u_{n}) par u0=5u_{0}=5 et pour tout entier naturel nn, par un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}), où ff est la fonction étudiée à la partie A.
  • B.1. Donner une valeur approchée de u1u_{1} à 10−110^{-1} près.
  • B.2.a. Montrer, à l'aide d'un raisonnement par récurrence que, pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, on a : 4⩽un⩽un+1⩽104\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 10.
  • B.2.b. En déduire que la suite (un)(u_{n}) converge.
  • B.3. Montrer que la suite (un)(u_{n}) converge vers le nombre α\alpha, défini dans la partie A.
  • Partie C
  • Dans cette partie, on admet que 8,4⩽α⩽8,58{,}4\leqslant\alpha\leqslant 8{,}5.
  • On a créé, en langage Python, la fonction alpha suivante.
  • On précise qu'en langage Python, l'instruction log correspond à ln⁡\ln.
  • Programme Python en deux fonctions. def f(x) : return log(8*x**3 - 1). Puis def alpha(a): n = 0 ; u = 5 ; while u < a: u = f(u) ; n = n + 1 ; enfin return n, hors de la boucle.
  • C.1. On admet que alpha(8.499) renvoie la valeur 11.
    Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
  • C.2. Un utilisateur exécute alpha(8.6).
    Expliquer pourquoi aucune valeur n'est alors renvoyée.

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A.2.b
A.3.a
A.3.b
B.1
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Réponses

  • A.1 f′=u′uf'=\dfrac{u'}{u} avec u(x)=8x3−1u(x)=8x^{3}-1 : f′(x)=24x28x3−1f'(x)=\dfrac{24x^{2}}{8x^{3}-1}, et 8x3−1=(2x−1)(4x2+2x+1)8x^{3}-1=(2x-1)(4x^{2}+2x+1)
  • A.2.a Sur [4 ;10][4\,;10], 24x2>024x^{2}>0, 2x−1>02x-1>0 et 4x2+2x+1>04x^{2}+2x+1>0 : f′(x)>0f'(x)>0, ff est croissante
  • A.2.b 4⩽ln⁡(511)⩽f(x)⩽ln⁡(7 999)⩽104\leqslant\ln(511)\leqslant f(x)\leqslant\ln(7\,999)\leqslant 10, car f(4)≈6,24f(4)\approx 6{,}24 et f(10)≈8,99f(10)\approx 8{,}99
  • A.3.a gg continue, strictement décroissante, g(4)≈2,24>0g(4)\approx 2{,}24>0 et g(10)≈−1,01<0g(10)\approx -1{,}01<0 : unique α\alpha par le corollaire du TVI
  • A.3.b g(8,499)>0>g(8,5)g(8{,}499)>0>g(8{,}5), donc 8,499<α<8,5008{,}499<\alpha<8{,}500
  • B.1 u1=ln⁡(999)≈6,9u_{1}=\ln(999)\approx 6{,}9
  • B.2.a Initialisation 4⩽5⩽6,9⩽104\leqslant 5\leqslant 6{,}9\leqslant 10 ; hérédité par croissance de ff sur [4 ;10][4\,;10] et 4⩽f(4)4\leqslant f(4), f(10)⩽10f(10)\leqslant 10
  • B.2.b (un)(u_{n}) croissante et majorée par 1010 : elle converge (convergence monotone)
  • B.3 ff continue et ℓ∈[4 ;10]\ell\in[4\,;10] : ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell), donc g(ℓ)=0g(\ell)=0 et ℓ=α\ell=\alpha par unicité
  • C.1 u0,…,u10<8,499⩽u11u_{0},\dots,u_{10}<8{,}499\leqslant u_{11} : à partir du rang 1111, unu_{n} approche α\alpha à 10−310^{-3} près
  • C.2 Pour tout nn, un⩽α⩽8,5<8,6u_{n}\leqslant\alpha\leqslant 8{,}5<8{,}6 : la condition u < 8.6 reste vraie, la boucle ne s'arrête jamais

A.1. La fonction ff est de la forme ln⁡(u)\ln(u) avec u(x)=8x3−1u(x)=8x^{3}-1. Sur [4 ;10][4\,;10], uu est strictement positive : u(x)⩾8×43−1=511>0u(x)\geqslant 8\times 4^{3}-1=511>0. La dérivée d'une composée ln⁡(u)\ln(u) est u′u\dfrac{u'}{u}, avec u′(x)=24x2u'(x)=24x^{2}, donc f′(x)=24x28x3−1f'(x)=\dfrac{24x^{2}}{8x^{3}-1}.

Il reste à factoriser le dénominateur. C'est l'identité a3−b3=(a−b)(a2+ab+b2)a^{3}-b^{3}=(a-b)(a^{2}+ab+b^{2}) avec a=2xa=2x et b=1b=1 ; la vérification la plus sûre est le développement : (2x−1)(4x2+2x+1)=8x3+4x2+2x−4x2−2x−1=8x3−1(2x-1)(4x^{2}+2x+1)=8x^{3}+4x^{2}+2x-4x^{2}-2x-1=8x^{3}-1. D'où f′(x)=24x2(2x−1)(4x2+2x+1)f'(x)=\dfrac{24x^{2}}{(2x-1)(4x^{2}+2x+1)} pour tout x∈[4 ;10]x\in[4\,;10].

Erreur fréquente : écrire f′(x)=18x3−1f'(x)=\dfrac{1}{8x^{3}-1} en oubliant de multiplier par u′(x)u'(x). Le développement final n'est pas une formalité : c'est lui qui prouve l'égalité demandée, une simple affirmation de la factorisation ne suffit pas.

A.2.a. Le signe de f′f' est celui d'un quotient de facteurs dont on étudie le signe un par un, pour x∈[4 ;10]x\in[4\,;10] : 24x2>024x^{2}>0 car x≠0x\neq 0 ; 2x−1⩾2×4−1=7>02x-1\geqslant 2\times 4-1=7>0 ; 4x2+2x+1>04x^{2}+2x+1>0 comme somme de trois termes positifs, xx étant positif (on peut aussi invoquer son discriminant 4−16=−12<04-16=-12<0).

Donc f′(x)>0f'(x)>0 sur [4 ;10][4\,;10], et ff est strictement croissante sur cet intervalle, a fortiori croissante.

La forme factorisée sert précisément à cela : chaque facteur a un signe évident. On pouvait aussi conclure directement de f′(x)=24x28x3−1f'(x)=\dfrac{24x^{2}}{8x^{3}-1}, dont le dénominateur vaut au moins 511511.

A.2.b. Soit x∈[4 ;10]x\in[4\,;10]. La fonction ff étant croissante, 4⩽x⩽104\leqslant x\leqslant 10 entraîne f(4)⩽f(x)⩽f(10)f(4)\leqslant f(x)\leqslant f(10), avec f(4)=ln⁡(8×64−1)=ln⁡(511)≈6,24f(4)=\ln(8\times 64-1)=\ln(511)\approx 6{,}24 et f(10)=ln⁡(8×1 000−1)=ln⁡(7 999)≈8,99f(10)=\ln(8\times 1\,000-1)=\ln(7\,999)\approx 8{,}99.

Il reste à comparer ces deux nombres à 44 et à 1010, sans se contenter de valeurs approchées : e4≈54,6⩽511\mathrm{e}^{4}\approx 54{,}6\leqslant 511, donc, par croissance de ln⁡\ln, 4⩽ln⁡(511)4\leqslant\ln(511) ; et 7 999⩽e10≈22 0267\,999\leqslant\mathrm{e}^{10}\approx 22\,026, donc ln⁡(7 999)⩽10\ln(7\,999)\leqslant 10.

Conclusion : 4⩽f(4)⩽f(x)⩽f(10)⩽104\leqslant f(4)\leqslant f(x)\leqslant f(10)\leqslant 10, soit 4⩽f(x)⩽104\leqslant f(x)\leqslant 10 pour tout x∈[4 ;10]x\in[4\,;10]. Autrement dit, ff envoie l'intervalle [4 ;10][4\,;10] dans lui-même : c'est la propriété qui permettra à la suite de la partie B de ne jamais en sortir.

Erreur fréquente : écrire « f(4)⩽f(x)⩽f(10)f(4)\leqslant f(x)\leqslant f(10) donc 4⩽f(x)⩽104\leqslant f(x)\leqslant 10 », qui confond f(4)f(4) avec 44 et f(10)f(10) avec 1010.

A.3.a. On applique le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, cas strictement monotone. La fonction gg est continue sur [4 ;10][4\,;10], comme différence de ff, dérivable donc continue, et de x↦xx\mapsto x ; elle y est strictement décroissante (admis).

Aux bornes : g(4)=ln⁡(511)−4≈2,24>0g(4)=\ln(511)-4\approx 2{,}24>0 et g(10)=ln⁡(7 999)−10≈−1,01<0g(10)=\ln(7\,999)-10\approx -1{,}01<0. Les inégalités strictes se justifient sans calculatrice par A.2.b : ln⁡(511)≈6,24\ln(511)\approx 6{,}24 dépasse nettement 44, et ln⁡(7 999)<ln⁡(e10)=10\ln(7\,999)<\ln(\mathrm{e}^{10})=10 puisque 7 999<22 0267\,999<22\,026.

Donc 00 est compris entre g(10)g(10) et g(4)g(4), et l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha dans [4 ;10][4\,;10] (et même dans ]4 ;10[]4\,;10[). L'équation g(x)=0g(x)=0 s'écrit aussi f(x)=xf(x)=x : α\alpha est le point fixe de ff, ce qui prépare la partie B.

Les trois hypothèses doivent apparaître : la continuité donne l'existence, la stricte monotonie l'unicité, le changement de signe place 00 dans l'image.

A.3.b. Par balayage à la calculatrice, avec des pas de plus en plus fins : g(8)≈0,318>0g(8)\approx 0{,}318>0 et g(9)≈−0,329<0g(9)\approx -0{,}329<0 ; puis g(8,4)≈0,064>0g(8{,}4)\approx 0{,}064>0 et g(8,5)≈−0,000 6<0g(8{,}5)\approx -0{,}000\,6<0 ; puis g(8,49)≈0,005 9>0g(8{,}49)\approx 0{,}005\,9>0 ; enfin g(8,499)≈0,000 08>0g(8{,}499)\approx 0{,}000\,08>0 et g(8,500)≈−0,000 6<0g(8{,}500)\approx -0{,}000\,6<0.

Comme gg est strictement décroissante, g(8,499)>0=g(α)>g(8,500)g(8{,}499)>0=g(\alpha)>g(8{,}500) entraîne 8,499<α<8,5008{,}499<\alpha<8{,}500 : c'est l'encadrement à 10−310^{-3} près demandé.

Piège de lecture : gg étant DÉCROISSANTE, une valeur positive de gg signale un point situé AVANT α\alpha. Avec une fonction croissante, ce serait l'inverse. Les valeurs de gg sont ici très proches de 00 : il faut lire au moins quatre décimales pour voir le signe de g(8,499)g(8{,}499).

B.1. u1=f(u0)=f(5)=ln⁡(8×125−1)=ln⁡(999)≈6,907u_{1}=f(u_{0})=f(5)=\ln(8\times 125-1)=\ln(999)\approx 6{,}907, soit u1≈6,9u_{1}\approx 6{,}9 à 10−110^{-1} près.

B.2.a. On note P(n)\mathcal{P}(n) la propriété : « 4⩽un⩽un+1⩽104\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 10 ».

Initialisation, n=0n=0 : u0=5u_{0}=5 et u1=ln⁡(999)≈6,91u_{1}=\ln(999)\approx 6{,}91, donc 4⩽5⩽6,91⩽104\leqslant 5\leqslant 6{,}91\leqslant 10 : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité : soit k∈Nk\in\mathbb{N} tel que P(k)\mathcal{P}(k) est vraie, c'est-à-dire 4⩽uk⩽uk+1⩽104\leqslant u_{k}\leqslant u_{k+1}\leqslant 10. Les quatre nombres 44, uku_{k}, uk+1u_{k+1} et 1010 sont dans [4 ;10][4\,;10], où ff est croissante (A.2.a) : appliquer ff conserve l'ordre, donc f(4)⩽f(uk)⩽f(uk+1)⩽f(10)f(4)\leqslant f(u_{k})\leqslant f(u_{k+1})\leqslant f(10), c'est-à-dire f(4)⩽uk+1⩽uk+2⩽f(10)f(4)\leqslant u_{k+1}\leqslant u_{k+2}\leqslant f(10).

Par A.2.b, 4⩽f(4)4\leqslant f(4) et f(10)⩽10f(10)\leqslant 10. On obtient 4⩽uk+1⩽uk+2⩽104\leqslant u_{k+1}\leqslant u_{k+2}\leqslant 10 : P(k+1)\mathcal{P}(k+1) est vraie.

Conclusion : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie et la propriété est héréditaire, donc, par le principe de récurrence, 4⩽un⩽un+1⩽104\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 10 pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}.

Les deux pièges de l'hérédité : appliquer ff sans dire que les nombres sont dans [4 ;10][4\,;10], seul intervalle où l'on sait que ff est croissante ; et écrire directement 4⩽uk+14\leqslant u_{k+1} au lieu de f(4)⩽uk+1f(4)\leqslant u_{k+1}, en sautant l'étape qui utilise A.2.b. C'est le seul endroit où cette question sert, et le correcteur la cherche.

B.2.b. D'après B.2.a, un⩽un+1u_{n}\leqslant u_{n+1} pour tout nn : la suite (un)(u_{n}) est croissante. Elle est aussi majorée par 1010. Par le théorème de convergence monotone, une suite croissante et majorée converge : (un)(u_{n}) converge.

Erreur fréquente : conclure que la limite vaut 1010. Le théorème donne une limite inférieure ou égale au majorant, pas égale à lui ; la question suivante montre que la limite vaut α≈8,499\alpha\approx 8{,}499.

B.3. On note ℓ\ell la limite de (un)(u_{n}). Pour tout nn, 4⩽un⩽104\leqslant u_{n}\leqslant 10 ; par passage à la limite dans les inégalités larges, 4⩽ℓ⩽104\leqslant\ell\leqslant 10.

La suite (un+1)(u_{n+1}) converge aussi vers ℓ\ell. D'autre part, ff est continue sur [4 ;10][4\,;10] (elle y est dérivable) et ℓ\ell appartient à cet intervalle, donc f(un)→f(ℓ)f(u_{n})\to f(\ell). L'égalité un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) et l'unicité de la limite donnent ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell), c'est-à-dire g(ℓ)=f(ℓ)−ℓ=0g(\ell)=f(\ell)-\ell=0.

Or, d'après A.3.a, α\alpha est l'UNIQUE solution de g(x)=0g(x)=0 dans [4 ;10][4\,;10]. Comme ℓ\ell est une solution de cette équation qui appartient à [4 ;10][4\,;10], ℓ=α\ell=\alpha : la suite (un)(u_{n}) converge vers α\alpha.

Cohérence avec le calcul : u5≈8,470u_{5}\approx 8{,}470, u10≈8,498 97u_{10}\approx 8{,}498\,97, la suite monte bien vers α≈8,499 1\alpha\approx 8{,}499\,1. Le piège est d'oublier de placer ℓ\ell dans [4 ;10][4\,;10] : sans cela, ni la continuité de ff en ℓ\ell ni l'unicité de A.3.a ne s'appliquent.

C.1. La fonction alpha part de n=0n=0 et de u = 5, c'est-à-dire de u0u_{0}, puis calcule les termes successifs u1,u2,…u_{1},u_{2},\dots tant que u < a, en comptant les étapes dans n. Elle renvoie donc le plus petit entier nn tel que un⩾au_{n}\geqslant a.

Que alpha(8.499) renvoie 11 signifie que u0,u1,…,u10u_{0},u_{1},\dots,u_{10} sont strictement inférieurs à 8,4998{,}499 et que u11⩾8,499u_{11}\geqslant 8{,}499. Comme la suite est croissante, un⩾8,499u_{n}\geqslant 8{,}499 pour tout n⩾11n\geqslant 11.

De plus, une suite croissante est majorée par sa limite : un⩽αu_{n}\leqslant\alpha pour tout nn (si un terme upu_{p} dépassait α\alpha, tous les suivants aussi, et la limite serait au moins up>αu_{p}>\alpha). Avec α⩽8,5\alpha\leqslant 8{,}5, on obtient pour n⩾11n\geqslant 11 : 8,499⩽un⩽α⩽8,58{,}499\leqslant u_{n}\leqslant\alpha\leqslant 8{,}5, donc 0⩽α−un⩽10−30\leqslant\alpha-u_{n}\leqslant 10^{-3}.

Interprétation : à partir du rang 1111, les termes de la suite sont des valeurs approchées par défaut de α\alpha à 10−310^{-3} près, et 1111 est le premier rang pour lequel c'est garanti par ce seuil. Contrôle : u10≈8,498 97<8,499u_{10}\approx 8{,}498\,97<8{,}499 et u11≈8,499 07⩾8,499u_{11}\approx 8{,}499\,07\geqslant 8{,}499.

C.2. Pour tout entier nn, un⩽α⩽8,5<8,6u_{n}\leqslant\alpha\leqslant 8{,}5<8{,}6 (voir C.1). La condition u < 8.6 de la boucle while est donc vraie à chaque passage : la boucle ne s'arrête jamais, et l'instruction return n n'est jamais atteinte. Le programme tourne indéfiniment, aucune valeur n'est renvoyée.

La raison profonde : 8,68{,}6 est au-dessus de la limite de la suite, seuil qu'une suite croissante convergente n'atteint jamais. Un tel programme de seuil ne s'arrête que si le seuil est strictement inférieur à la limite d'une suite croissante. Erreur fréquente : répondre que la fonction « renvoie un très grand nombre » ou « met longtemps » ; elle ne termine pas.

Exercice 3 : Géométrie dans l'espace : équation d'un plan, plans perpendiculaires et projeté orthogonal sur une droite

5 points Géométrie dans l'espace

Dans l'espace muni d'un repère orthonormal (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right), on considère les points : A(−1 ;1 ;1)\mathrm{A}(-1\,;1\,;1), B(1 ;−6 ;−1)\mathrm{B}(1\,;-6\,;-1) et C(−5 ;2 ;3)\mathrm{C}(-5\,;2\,;3).

  • 1.a. Démontrer que les points A\mathrm{A}, B\mathrm{B} et C\mathrm{C} ne sont pas alignés.
  • 1.b. Démontrer que le vecteur n⃗(6−213)\vec{n}\begin{pmatrix}6\\-2\\13\end{pmatrix} est normal au plan (ABC)(\mathrm{ABC}).
  • 1.c. En déduire que le plan (ABC)(\mathrm{ABC}) admet pour équation cartésienne : 6x−2y+13z−5=06x-2y+13z-5=0.
  • 2. On considère le plan (P)(P) d'équation cartésienne 8x−2y−4z+18=08x-2y-4z+18=0.
  • On admet que deux plans sont perpendiculaires si leurs vecteurs normaux respectifs sont orthogonaux.
  • 2. Démontrer que les plans (ABC)(\mathrm{ABC}) et (P)(P) sont perpendiculaires.
  • 3. Soit (d)(d) une droite dont une représentation paramétrique est : {x=−4+ty=−11+6tz=2−t\begin{cases}x=-4+t\\y=-11+6t\\z=2-t\end{cases}, t∈Rt\in\mathbb{R}.
  • 3. Démontrer que la droite (d)(d) intersecte le plan (ABC)(\mathrm{ABC}) en un unique point qu'on nommera E\mathrm{E}, et qui a pour coordonnées E(−3 ;−5 ;1)\mathrm{E}(-3\,;-5\,;1).
  • 4. Soit H(−2 ;1 ;0)\mathrm{H}(-2\,;1\,;0).
  • 4.a. Montrer que H\mathrm{H} est le projeté orthogonal de A\mathrm{A} sur (d)(d).
  • 4.b. En déduire la distance du point A\mathrm{A} à la droite (d)(d).
  • 4.c. Montrer que le triangle AHE\mathrm{AHE} est rectangle et que son aire est égale à 19\sqrt{19} unités d'aire.

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3
4.a
4.b
4.c
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Réponses

  • 1.a AB→(2 ;−7 ;−2)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(2\,;-7\,;-2) et AC→(−4 ;1 ;2)\overrightarrow{\mathrm{AC}}(-4\,;1\,;2) ne sont pas colinéaires
  • 1.b n⃗⋅AB→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=0 et n⃗⋅AC→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=0, avec AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} non colinéaires
  • 1.c 6x−2y+13z+d=06x-2y+13z+d=0 et A∈(ABC)\mathrm{A}\in(\mathrm{ABC}) : d=−5d=-5
  • 2 n⃗⋅n′⃗=48+4−52=0\vec{n}\cdot\vec{n'}=48+4-52=0 avec n′⃗(8 ;−2 ;−4)\vec{n'}(8\,;-2\,;-4) : plans perpendiculaires
  • 3 19−19t=0  ⟺  t=119-19t=0\iff t=1 : unique point E(−3 ;−5 ;1)\mathrm{E}(-3\,;-5\,;1)
  • 4.a H∈(d)\mathrm{H}\in(d) pour t=2t=2 et AH→⋅u⃗=0\overrightarrow{\mathrm{AH}}\cdot\vec{u}=0 avec u⃗(1 ;6 ;−1)\vec{u}(1\,;6\,;-1)
  • 4.b d(A,(d))=AH=2d(\mathrm{A},(d))=\mathrm{AH}=\sqrt{2}
  • 4.c HA→⋅HE→=0\overrightarrow{\mathrm{HA}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{HE}}=0 : rectangle en H\mathrm{H} ; aire =2×382=19=\dfrac{\sqrt{2}\times\sqrt{38}}{2}=\sqrt{19}

1.a. Trois points sont alignés si et seulement si les vecteurs AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} sont colinéaires. On calcule : AB→(1−(−1)−6−1−1−1)=(2−7−2)\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix}1-(-1)\\-6-1\\-1-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}2\\-7\\-2\end{pmatrix} et AC→(−5−(−1)2−13−1)=(−412)\overrightarrow{\mathrm{AC}}\begin{pmatrix}-5-(-1)\\2-1\\3-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-4\\1\\2\end{pmatrix}.

S'il existait un réel kk tel que AC→=k AB→\overrightarrow{\mathrm{AC}}=k\,\overrightarrow{\mathrm{AB}}, la première coordonnée imposerait −4=2k-4=2k, soit k=−2k=-2, et la deuxième 1=−7k1=-7k, soit k=−17k=-\dfrac{1}{7}. Ces deux valeurs sont différentes : les vecteurs ne sont pas colinéaires, et les points A\mathrm{A}, B\mathrm{B} et C\mathrm{C} ne sont pas alignés. Ils définissent donc bien un plan, noté (ABC)(\mathrm{ABC}).

Il suffit de deux coordonnées incompatibles pour conclure. Erreur fréquente : s'arrêter à une seule coordonnée. La colinéarité exige le MÊME kk sur les trois coordonnées ; ici la troisième en donnerait encore un autre, 2=k×(−2)2=k\times(-2), soit k=−1k=-1.

1.b. Un vecteur est normal à un plan s'il est orthogonal à deux vecteurs NON colinéaires de ce plan. Les vecteurs AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} conviennent, d'après 1.a. Le repère étant orthonormal, on calcule les produits scalaires par les coordonnées :

n⃗⋅AB→=6×2+(−2)×(−7)+13×(−2)=12+14−26=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=6\times 2+(-2)\times(-7)+13\times(-2)=12+14-26=0 et n⃗⋅AC→=6×(−4)+(−2)×1+13×2=−24−2+26=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=6\times(-4)+(-2)\times 1+13\times 2=-24-2+26=0.

Le vecteur n⃗\vec{n} est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (ABC)(\mathrm{ABC}) : il est normal à ce plan. La question 1.a sert ici : si AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} étaient colinéaires, les deux produits scalaires nuls n'en diraient pas plus qu'un seul, et n⃗\vec{n} pourrait être orthogonal à une seule direction du plan sans lui être normal.

1.c. Un plan de vecteur normal n⃗(abc)\vec{n}\begin{pmatrix}a\\b\\c\end{pmatrix} admet une équation cartésienne de la forme ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0. Le plan (ABC)(\mathrm{ABC}) a donc une équation 6x−2y+13z+d=06x-2y+13z+d=0, et dd se détermine avec un point du plan.

A(−1 ;1 ;1)\mathrm{A}(-1\,;1\,;1) appartient au plan : 6×(−1)−2×1+13×1+d=06\times(-1)-2\times 1+13\times 1+d=0, soit −6−2+13+d=0-6-2+13+d=0, d'où d=−5d=-5. Le plan (ABC)(\mathrm{ABC}) a pour équation 6x−2y+13z−5=06x-2y+13z-5=0.

Vérification avec les deux autres points : pour B\mathrm{B}, 6−2×(−6)+13×(−1)−5=6+12−13−5=06-2\times(-6)+13\times(-1)-5=6+12-13-5=0 ; pour C\mathrm{C}, 6×(−5)−2×2+13×3−5=−30−4+39−5=06\times(-5)-2\times 2+13\times 3-5=-30-4+39-5=0. Les trois points vérifient l'équation. Vérifier seulement que A, B et C satisfont l'équation donnée est une autre rédaction recevable, mais la question dit « en déduire » : la démarche attendue part de n⃗\vec{n}.

2. Un vecteur normal de (P)(P) se lit sur les coefficients de son équation : n′⃗(8−2−4)\vec{n'}\begin{pmatrix}8\\-2\\-4\end{pmatrix}. Avec n⃗\vec{n}, normal à (ABC)(\mathrm{ABC}) : n⃗⋅n′⃗=6×8+(−2)×(−2)+13×(−4)=48+4−52=0\vec{n}\cdot\vec{n'}=6\times 8+(-2)\times(-2)+13\times(-4)=48+4-52=0.

Les vecteurs normaux sont orthogonaux, donc, d'après la propriété admise, les plans (ABC)(\mathrm{ABC}) et (P)(P) sont perpendiculaires.

Erreur fréquente : conclure « les vecteurs normaux ne sont pas colinéaires, donc les plans sont perpendiculaires ». Des vecteurs normaux non colinéaires prouvent seulement que les plans sont sécants ; la perpendicularité demande un produit scalaire NUL.

3. Un point MM de (d)(d), de paramètre tt, appartient au plan (ABC)(\mathrm{ABC}) si et seulement si ses coordonnées vérifient l'équation du plan. On remplace : 6(−4+t)−2(−11+6t)+13(2−t)−5=06(-4+t)-2(-11+6t)+13(2-t)-5=0.

On développe : −24+6t+22−12t+26−13t−5=0-24+6t+22-12t+26-13t-5=0, soit 19−19t=019-19t=0, soit t=1t=1. L'équation a une solution et une seule : la droite (d)(d) coupe le plan (ABC)(\mathrm{ABC}) en un unique point E\mathrm{E}, de paramètre t=1t=1, de coordonnées (−4+1 ;−11+6 ;2−1)=(−3 ;−5 ;1)(-4+1\,;-11+6\,;2-1)=(-3\,;-5\,;1).

Vérification : 6×(−3)−2×(−5)+13×1−5=−18+10+13−5=06\times(-3)-2\times(-5)+13\times 1-5=-18+10+13-5=0, E\mathrm{E} est bien dans le plan. Lecture géométrique de l'unicité : un vecteur directeur de (d)(d) est u⃗(16−1)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\6\\-1\end{pmatrix} et n⃗⋅u⃗=6−12−13=−19≠0\vec{n}\cdot\vec{u}=6-12-13=-19\neq 0, donc (d)(d) n'est pas parallèle au plan et le coupe en un seul point.

Le piège : vérifier seulement que E\mathrm{E} est sur (d)(d) et dans le plan. Cela prouve que E\mathrm{E} est UN point commun, pas qu'il est le SEUL ; si la droite était contenue dans le plan, tous ses points seraient communs. L'équation en tt, ou l'argument n⃗⋅u⃗≠0\vec{n}\cdot\vec{u}\neq 0, apporte l'unicité.

4.a. Le projeté orthogonal de A\mathrm{A} sur (d)(d) est l'unique point H\mathrm{H} de (d)(d) tel que (AH)(\mathrm{AH}) soit orthogonale à (d)(d). Il faut donc vérifier deux choses.

H\mathrm{H} appartient à (d)(d) : on cherche tt tel que −4+t=−2-4+t=-2, soit t=2t=2 ; avec t=2t=2, y=−11+12=1y=-11+12=1 et z=2−2=0z=2-2=0. Les trois coordonnées de H(−2 ;1 ;0)\mathrm{H}(-2\,;1\,;0) sont obtenues pour la même valeur t=2t=2 : H∈(d)\mathrm{H}\in(d).

Orthogonalité : AH→(−2−(−1)1−10−1)=(−10−1)\overrightarrow{\mathrm{AH}}\begin{pmatrix}-2-(-1)\\1-1\\0-1\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\0\\-1\end{pmatrix} et AH→⋅u⃗=−1×1+0×6+(−1)×(−1)=−1+0+1=0\overrightarrow{\mathrm{AH}}\cdot\vec{u}=-1\times 1+0\times 6+(-1)\times(-1)=-1+0+1=0. Le vecteur AH→\overrightarrow{\mathrm{AH}} est orthogonal à un vecteur directeur de (d)(d).

Donc H\mathrm{H} est le projeté orthogonal de A\mathrm{A} sur (d)(d). Oublier l'appartenance de H\mathrm{H} à (d)(d) fait perdre la moitié de la question : bien des points M\mathrm{M} de l'espace vérifient AM→⋅u⃗=0\overrightarrow{\mathrm{AM}}\cdot\vec{u}=0, ils forment un plan entier.

4.b. La distance d'un point à une droite est la distance de ce point à son projeté orthogonal sur la droite, qui réalise la plus courte distance. Donc d(A,(d))=AH=(−1)2+02+(−1)2=2≈1,41d(\mathrm{A},(d))=\mathrm{AH}=\sqrt{(-1)^{2}+0^{2}+(-1)^{2}}=\sqrt{2}\approx 1{,}41 unité de longueur.

4.c. Les points H\mathrm{H} et E\mathrm{E} sont tous deux sur (d)(d), de paramètres 22 et 11 : la droite (HE)(\mathrm{HE}) est la droite (d)(d), et (AH)(\mathrm{AH}) lui est orthogonale d'après 4.a. Par le calcul : HA→(101)\overrightarrow{\mathrm{HA}}\begin{pmatrix}1\\0\\1\end{pmatrix}, HE→(−3−(−2)−5−11−0)=(−1−61)\overrightarrow{\mathrm{HE}}\begin{pmatrix}-3-(-2)\\-5-1\\1-0\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\-6\\1\end{pmatrix} et HA→⋅HE→=−1+0+1=0\overrightarrow{\mathrm{HA}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{HE}}=-1+0+1=0. Le triangle AHE\mathrm{AHE} est rectangle en H\mathrm{H}.

Ses côtés de l'angle droit mesurent AH=2\mathrm{AH}=\sqrt{2} et HE=(−1)2+(−6)2+12=38\mathrm{HE}=\sqrt{(-1)^{2}+(-6)^{2}+1^{2}}=\sqrt{38}. Son aire vaut AH×HE2=2×382=762=2192=19\dfrac{\mathrm{AH}\times\mathrm{HE}}{2}=\dfrac{\sqrt{2}\times\sqrt{38}}{2}=\dfrac{\sqrt{76}}{2}=\dfrac{2\sqrt{19}}{2}=\sqrt{19} unités d'aire, car 76=4×1976=4\times 19.

Vérification par le théorème de Pythagore : AE→(−2−60)\overrightarrow{\mathrm{AE}}\begin{pmatrix}-2\\-6\\0\end{pmatrix}, donc AE2=4+36=40=2+38=AH2+HE2\mathrm{AE}^{2}=4+36=40=2+38=\mathrm{AH}^{2}+\mathrm{HE}^{2}. Le piège : prendre l'hypoténuse AE\mathrm{AE} comme base ou comme hauteur ; l'aire d'un triangle rectangle est le demi-produit des deux côtés de l'angle DROIT, ici issus de H\mathrm{H}.

Exercice 4 : Vrai ou faux : convexité, dénombrement, équation différentielle, limite d'une suite et calcul d'aire

5 points La convexitéCombinatoire et dénombrementLes équations différentiellesPrimitives et intégration

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse.

Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

  • 1. On considère la fonction ff définie pour tout x∈Rx\in\mathbb{R} par f(x)=x e(x2)f(x)=x\,\mathrm{e}^{(x^{2})}.
  • 1. Affirmation 1 : ff est concave sur ]−∞ ;0]]-\infty\,;0].
  • 2. Un refuge spécialisé accueille 24 rapaces numérotés de 1 à 24. Le refuge travaille avec trois vétérinaires. Afin d'administrer un soin à tous les oiseaux, le directeur veut donc former trois groupes, numérotés de 1 à 3, constitués chacun de 8 rapaces.
  • 2. Affirmation 2 : Le nombre de façons de répartir les rapaces dans les groupes 1 à 3 est : 24!(8!)3\dfrac{24!}{(8!)^{3}}.
  • 3. Soit ff une fonction définie et dérivable sur R\mathbb{R}, solution de l'équation différentielle : y′=−y+1y'=-y+1 sur R\mathbb{R}.
  • 3. Affirmation 3 : La fonction gg définie pour tout x∈Rx\in\mathbb{R} par g(x)=f(x)−1g(x)=f(x)-1 vérifie g′=−gg'=-g.
  • 4. La suite (un)(u_{n}) est définie pour tout entier naturel nn non nul par : un=sin⁡(n)nu_{n}=\dfrac{\sin(n)}{n}.
  • 4. Affirmation 4 : La suite (un)(u_{n}) n'admet pas de limite.
  • 5. On a tracé ci-dessous la parabole d'équation y=−x2+4x+1y=-x^{2}+4x+1 et la droite d'équation y=x+1y=x+1.
  • Repère quadrillé, x de -1 à 5, y de -1 à 5. Parabole en rouge, de sommet (2 ; 5), qui coupe l'axe des ordonnées en 1. Droite en vert d'équation y = x + 1. Les deux courbes se coupent aux points (0 ; 1) et (3 ; 4). Le domaine grisé est compris entre la parabole, au-dessus, et la droite, en dessous, pour x allant de 0 à 3.
  • 5. Affirmation 5 : L'aire du domaine grisé est égale à 6,56{,}5 unités d'aire.

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Réponses

  • 1 Vrai : f′′(x)=2x(2x2+3)ex2⩽0f''(x)=2x(2x^{2}+3)\mathrm{e}^{x^{2}}\leqslant 0 sur ]−∞ ;0]]-\infty\,;0]
  • 2 Vrai : (248)×(168)×(88)=24!(8!)3\dbinom{24}{8}\times\dbinom{16}{8}\times\dbinom{8}{8}=\dfrac{24!}{(8!)^{3}}
  • 3 Vrai : g′=f′=−f+1=−(f−1)=−gg'=f'=-f+1=-(f-1)=-g
  • 4 Faux : −1n⩽un⩽1n-\dfrac{1}{n}\leqslant u_{n}\leqslant\dfrac{1}{n}, donc un→0u_{n}\to 0 par le théorème des gendarmes
  • 5 Faux : l'aire vaut ∫03(−x2+3x)dx=4,5\displaystyle\int_{0}^{3}\left(-x^{2}+3x\right)\mathrm{d}x=4{,}5 u.a.

1. La convexité d'une fonction deux fois dérivable se lit sur le signe de sa dérivée seconde : ff est concave sur un intervalle où f′′⩽0f''\leqslant 0.

Dérivée première : ff est le produit de x↦xx\mapsto x et de x↦ex2x\mapsto\mathrm{e}^{x^{2}}, dont la dérivée est 2x ex22x\,\mathrm{e}^{x^{2}} (forme eu\mathrm{e}^{u}, de dérivée u′euu'\mathrm{e}^{u}). Donc f′(x)=1×ex2+x×2x ex2=(1+2x2)ex2f'(x)=1\times\mathrm{e}^{x^{2}}+x\times 2x\,\mathrm{e}^{x^{2}}=(1+2x^{2})\mathrm{e}^{x^{2}}.

Dérivée seconde : encore un produit, f′′(x)=4x ex2+(1+2x2)×2x ex2=ex2(4x+2x+4x3)=2x(2x2+3)ex2f''(x)=4x\,\mathrm{e}^{x^{2}}+(1+2x^{2})\times 2x\,\mathrm{e}^{x^{2}}=\mathrm{e}^{x^{2}}\left(4x+2x+4x^{3}\right)=2x\left(2x^{2}+3\right)\mathrm{e}^{x^{2}}.

Signe sur ]−∞ ;0]]-\infty\,;0] : ex2>0\mathrm{e}^{x^{2}}>0 et 2x2+3>02x^{2}+3>0 pour tout réel xx, donc f′′(x)f''(x) a le signe de 2x2x, négatif ou nul quand x⩽0x\leqslant 0. Ainsi f′′⩽0f''\leqslant 0 sur ]−∞ ;0]]-\infty\,;0] : ff est concave sur cet intervalle. L'affirmation 1 est VRAIE.

Contrôle : f′′(0)=0f''(0)=0 avec un changement de signe, l'origine est un point d'inflexion ; et ff est impaire, donc convexe sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par symétrie. Piège : e(x2)\mathrm{e}^{(x^{2})} n'est pas (ex)2=e2x\left(\mathrm{e}^{x}\right)^{2}=\mathrm{e}^{2x}, et sa dérivée n'est pas ex2\mathrm{e}^{x^{2}} ; oublier le facteur 2x2x fausse les deux dérivées.

2. Les groupes sont NUMÉROTÉS : répartir les rapaces revient à choisir les 88 rapaces du groupe 1, puis ceux du groupe 2, le groupe 3 recevant les autres. On compte des combinaisons, puisque l'ordre à l'intérieur d'un groupe ne compte pas.

Groupe 1 : (248)\dbinom{24}{8} choix ; groupe 2, parmi les 1616 restants : (168)\dbinom{16}{8} choix ; groupe 3 : (88)=1\dbinom{8}{8}=1 choix. Par le principe multiplicatif, le nombre de répartitions est (248)×(168)×1=24!8! 16!×16!8! 8!=24!(8!)3\dbinom{24}{8}\times\dbinom{16}{8}\times 1=\dfrac{24!}{8!\,16!}\times\dfrac{16!}{8!\,8!}=\dfrac{24!}{(8!)^{3}}, après simplification par 16!16!.

L'affirmation 2 est VRAIE ; ce nombre vaut 9 465 511 7709\,465\,511\,770. Autre lecture : on aligne les 2424 rapaces de toutes les façons possibles (24!24!), les 88 premiers vont au groupe 1, les 88 suivants au groupe 2, les derniers au groupe 3 ; chaque répartition est alors obtenue (8!)3(8!)^{3} fois, en permutant l'intérieur de chaque groupe.

Le piège porte sur la numérotation : si les trois groupes étaient indiscernables, chaque répartition serait comptée 3!=63!=6 fois, et il faudrait diviser par 66. Ici les groupes sont numérotés de 1 à 3, il n'y a rien à diviser.

3. La fonction g=f−1g=f-1 est dérivable sur R\mathbb{R}, comme ff, et la dérivée d'une constante est nulle : g′=f′g'=f'. Comme ff est solution de y′=−y+1y'=-y+1, on a f′=−f+1f'=-f+1. Donc g′=−f+1=−(f−1)=−gg'=-f+1=-(f-1)=-g.

L'affirmation 3 est VRAIE. C'est la méthode de résolution des équations y′=ay+by'=ay+b : la fonction gg est solution de y′=−yy'=-y, donc g(x)=Ce−xg(x)=C\mathrm{e}^{-x}, et toute solution s'écrit f(x)=1+Ce−xf(x)=1+C\mathrm{e}^{-x}, avec CC réel ; la constante 11 est la solution particulière constante, −ba=1-\dfrac{b}{a}=1.

Erreur fréquente : écrire g′=f′−1g'=f'-1, comme si la constante se dérivait en 11. Il ne suffit pas non plus de vérifier l'égalité pour UNE solution particulière : l'argument doit valoir pour toute fonction ff solution.

4. Pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, −1⩽sin⁡(n)⩽1-1\leqslant\sin(n)\leqslant 1, et en divisant par n>0n>0, l'ordre est conservé : −1n⩽un⩽1n-\dfrac{1}{n}\leqslant u_{n}\leqslant\dfrac{1}{n}.

Les deux suites (−1n)\left(-\dfrac{1}{n}\right) et (1n)\left(\dfrac{1}{n}\right) convergent vers 00. Par le théorème des gendarmes, (un)(u_{n}) converge aussi vers 00. La suite admet donc une limite : l'affirmation 4 est FAUSSE.

Contrôle numérique : u1=sin⁡1≈0,841u_{1}=\sin 1\approx 0{,}841, u10≈−0,054u_{10}\approx -0{,}054, u100≈−0,005u_{100}\approx -0{,}005, les termes oscillent en signe mais s'écrasent vers 00. Le piège est de raisonner sur le numérateur seul : sin⁡(n)\sin(n) n'a pas de limite, mais divisé par nn, qui tend vers +∞+\infty, le quotient est borné par 1n\dfrac{1}{n} et tend vers 00.

5. On cherche d'abord les bornes du domaine, abscisses des points d'intersection : −x2+4x+1=x+1  ⟺  −x2+3x=0  ⟺  x(3−x)=0  ⟺  x=0-x^{2}+4x+1=x+1\iff -x^{2}+3x=0\iff x(3-x)=0\iff x=0 ou x=3x=3. Les courbes se coupent en (0 ;1)(0\,;1) et (3 ;4)(3\,;4), ce que confirme le graphique.

Sur [0 ;3][0\,;3], la différence (−x2+4x+1)−(x+1)=−x2+3x=x(3−x)\left(-x^{2}+4x+1\right)-(x+1)=-x^{2}+3x=x(3-x) est positive : la parabole est au-dessus de la droite. L'aire du domaine compris entre deux courbes est l'intégrale de la différence « courbe du haut moins courbe du bas » :

A=∫03(−x2+3x)dx=[−x33+3x22]03=−273+272−0=−9+13,5=4,5\mathcal{A}=\displaystyle\int_{0}^{3}\left(-x^{2}+3x\right)\mathrm{d}x=\left[-\dfrac{x^{3}}{3}+\dfrac{3x^{2}}{2}\right]_{0}^{3}=-\dfrac{27}{3}+\dfrac{27}{2}-0=-9+13{,}5=4{,}5 unités d'aire.

L'aire vaut 4,54{,}5 et non 6,56{,}5 unités d'aire : l'affirmation 5 est FAUSSE.

Vérifications. Sur le quadrillage, le domaine tient dans le rectangle [0 ;3]×[1 ;5][0\,;3]\times[1\,;5] d'aire 1212 et en occupe moins de la moitié, ce qui est cohérent avec 4,54{,}5. Et le théorème d'Archimède sur le segment de parabole donne la même valeur : l'écart maximal entre les deux courbes vaut 1,5×1,5=2,251{,}5\times 1{,}5=2{,}25, atteint en x=1,5x=1{,}5, et l'aire vaut 23×3×2,25=4,5\dfrac{2}{3}\times 3\times 2{,}25=4{,}5.

Piège : intégrer dans le mauvais ordre donne −4,5-4{,}5, et une aire négative signale l'erreur ; ou calculer ∫03(−x2+4x+1)dx=12\displaystyle\int_{0}^{3}\left(-x^{2}+4x+1\right)\mathrm{d}x=12, l'aire sous la parabole seule, sans retirer celle sous la droite, qui vaut 7,57{,}5.

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