Exercice 1 : Probabilités : orientation vers les études d'ingénieur, loi binomiale et Bienaymé-Tchebychev
5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
Dans cet exercice, on s'intéresse à la part des filles et des garçons s'orientant vers des études scientifiques après avoir suivi un enseignement de spécialité mathématiques en terminale.
Les parties A et B peuvent être traitées de façon indépendante.
- Partie A
- Dans une académie donnée, la population est constituée d'élèves de terminale ayant choisi la spécialité mathématiques. On souhaite analyser leurs choix d'orientation, notamment vers les études supérieures en ingénierie.
- Les répartitions sont les suivantes :
• sont des filles ; sont des garçons ;
• parmi les filles, envisagent des études d'ingénieur ;
• parmi les garçons, envisagent des études d'ingénieur. - On interroge uniformément au hasard un élève de terminale ayant choisi la spécialité mathématiques de cette académie et on considère les évènements suivants :
• : « L'élève est une fille » ;
• : « L'élève envisage des études d'ingénieur ». - Pour un évènement quelconque, on note l'évènement contraire et la probabilité de .
- A.1. Représenter cette situation à l'aide d'un arbre pondéré.
- A.2. Calculer la probabilité que l'élève choisi au hasard soit une fille envisageant des études d'ingénieur.
- A.3. Démontrer que la probabilité que l'élève choisi au hasard envisage des études d'ingénieur est égale à .
- A.4. L'élève interrogé envisage des études d'ingénieur. Quelle est la probabilité qu'il s'agisse d'une fille ? Donner une valeur approchée du résultat à près.
- Partie B
- Dans cette partie, on considère un entier naturel non nul.
- On interroge uniformément au hasard dans cette académie filles en terminale, qu'elles suivent ou non la spécialité mathématiques. On suppose que ce nombre de filles est suffisamment important pour assimiler ce prélèvement à des tirages indépendants avec remise.
- On note la variable aléatoire qui modélise le nombre de filles envisageant de devenir ingénieure qu'elle suive ou non la spécialité mathématiques.
- On admet que la probabilité qu'une fille souhaite devenir ingénieure est égale à .
- B.1.a. Justifier que suit une loi binomiale.
- B.1.b. Exprimer en fonction de l'espérance de .
- B.2. En résolvant une inéquation, déterminer le plus petit nombre de lycéennes qu'il faut interroger pour que la probabilité de l'évènement « Au moins une fille parmi celles interrogées souhaite devenir ingénieure » soit supérieure ou égale à .
- B.3. Dans cette question, on choisit un échantillon de filles.
Déterminer la probabilité qu'au moins le quart des filles interrogées souhaite devenir ingénieure. Donner une valeur approchée du résultat à près. - Partie C
- On s'intéresse à dix académies françaises de tailles comparables numérotées de 1 à 10.
- On considère la variable aléatoire qui, à un échantillon de lycéennes de l'académie n° 1, associe le nombre de filles envisageant de devenir ingénieure.
- On définit de la même façon les variables aléatoires pour les académies 2 à 10.
- On admet que les variables aléatoires sont indépendantes entre elles et qu'elles admettent la même espérance égale à et la même variance égale à .
- On considère la variable aléatoire .
- C.1. Que représente la variable aléatoire pour les lycéennes interrogées sur l'ensemble des dix académies ?
- C.2. Calculer l'espérance et la variance de .
- C.3. On considère l'ensemble des lycéennes formé par les échantillons issus des dix académies.
Argumenter pour dire si l'affirmation suivante est vraie, fausse ou si on ne peut pas savoir : « La probabilité que le nombre total de filles envisageant de devenir ingénieure soit strictement compris entre et est supérieure à ».
Voir la correction
Réponses
- A.1 , ; , ; ,
- A.2
- A.3 (probabilités totales)
- A.4
- B.1.a épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes de succès « souhaite devenir ingénieure », :
- B.1.b
- B.2 : il faut interroger au moins lycéennes
- B.3
- C.1 est le nombre total de filles envisageant de devenir ingénieure parmi les lycéennes interrogées
- C.2 ;
- C.3 Vraie :
A.1. Le premier niveau de l'arbre porte l'évènement dont on connaît la probabilité simple, ici le sexe de l'élève : et . Le second niveau porte l'orientation, avec des probabilités CONDITIONNELLES : « parmi les filles, envisagent des études d'ingénieur » se traduit par , et « parmi les garçons, » par .
Les branches restantes s'obtiennent par l'évènement contraire, nœud par nœud : et . L'arbre complet figure en fin de corrigé, avec la probabilité de chaque chemin en bout de branche.
Contrôle : les probabilités issues d'un même nœud ont pour somme , et les quatre chemins aussi : . Erreur fréquente : écrire comme la probabilité d'être « une fille ET future ingénieure ». Les pourcentages « parmi les filles » portent sur une sous-population, ce sont des probabilités conditionnelles, posées sur les branches du second niveau.
A.2. Formule des probabilités composées, lue sur le chemin puis : . La probabilité que l'élève choisi soit une fille envisageant des études d'ingénieur vaut .
Contrôle de cohérence : une intersection est plus petite que chacun des deux évènements, et . Répondre revient à confondre « fille ET ingénieur » avec « ingénieur SACHANT fille ».
A.3. Formule des probabilités totales, avec la partition de l'univers : .
Le premier terme vient de A.2 ; le second vaut . Donc , la valeur annoncée.
Vérification : est une moyenne de et de pondérée par et ; elle tombe donc entre les deux, plus près de la valeur des garçons, majoritaires. Erreur fréquente : faire la moyenne simple , qui oublie que filles et garçons ne sont pas en même proportion.
La rédaction attendue nomme la formule des probabilités totales et la partition utilisée : une question « démontrer » dont le résultat est donné ne rapporte que par la justification.
A.4. On sait que l'élève envisage des études d'ingénieur : on cherche une probabilité conditionnée par , soit . L'arbre commence par et la question part de : on revient à la définition d'une probabilité conditionnelle, ce qui « retourne » l'arbre.
, soit à près.
Lecture : parmi les élèves de spécialité mathématiques qui envisagent des études d'ingénieur, environ sont des filles, alors qu'elles représentent des élèves de spécialité. C'est le constat que l'exercice veut faire apparaître.
Le piège est de confondre et : contre . Le dénominateur est toujours la probabilité de l'évènement DONNÉ, celui qu'on sait réalisé, ici .
B.1.a. On reconnaît un schéma de Bernoulli. L'épreuve élémentaire consiste à interroger une fille et a deux issues : le succès « elle souhaite devenir ingénieure », de probabilité , et l'échec, de probabilité .
Cette épreuve est répétée fois, de façon identique et indépendante, puisque le prélèvement est assimilé à des tirages avec remise. La variable compte le nombre de succès parmi ces épreuves : elle suit donc la loi binomiale de paramètres et , notée .
Les trois éléments à citer, chacun valant une partie des points : deux issues, répétition identique et indépendante, compte les succès. Piège : prendre . Cette valeur de la partie A porte sur les filles de spécialité mathématiques ; ici on interroge toutes les filles de terminale, « qu'elles suivent ou non la spécialité », et l'énoncé fixe .
B.1.b. L'espérance d'une loi binomiale est : . Sur un grand nombre d'échantillons de filles, on compte en moyenne futures ingénieures pour filles interrogées.
B.2. L'évènement « au moins une fille souhaite devenir ingénieure » est , dont le contraire est : aucune ne le souhaite. Donc , puisque .
On résout l'inéquation : . La fonction est strictement croissante sur , donc elle conserve l'ordre : . Comme , la division par change le sens de l'inégalité : .
Le plus petit entier qui convient est : il faut interroger au moins lycéennes.
Vérification aux bords : et . L'énoncé de la question B.3 prend d'ailleurs , ce qui confirme le résultat.
Erreurs fréquentes : oublier de renverser l'inégalité et conclure , ce qui est absurde puisque la probabilité augmente avec ; ou répondre par balayage à la calculatrice, alors que la question impose « en résolvant une inéquation ».
B.3. Ici suit . Le quart de vaut ; « au moins le quart des filles » s'écrit , et comme prend des valeurs entières, cela équivaut à .
On passe par le contraire, que la calculatrice donne directement par la fonction de répartition : , soit à près.
Lecture : dans un échantillon de filles, il est peu probable, moins de , qu'au moins le quart souhaite devenir ingénieure, ce qui est cohérent avec , bien en dessous de .
Deux pièges : arrondir à et calculer ; ou écrire , qui retire la valeur à tort et donne . Le complémentaire de est .
C.1. Chaque compte les filles envisageant de devenir ingénieure dans l'échantillon de lycéennes de l'académie . La somme compte donc le nombre TOTAL de filles envisageant de devenir ingénieure parmi les lycéennes interrogées sur l'ensemble des dix académies.
C.2. Espérance, par linéarité, valable sans aucune hypothèse : .
Variance : les variables étant INDÉPENDANTES (hypothèse de l'énoncé), la variance de leur somme est la somme de leurs variances : .
Cohérence : ces valeurs sont celles d'une loi binomiale pour chaque académie, et , et se comporte comme le compte des succès sur lycéennes : . Le piège est d'additionner les variances sans citer l'indépendance, seule raison qui l'autorise ; l'espérance, elle, s'additionne toujours.
C.3. On ne connaît pas la loi de , seulement son espérance et sa variance : l'outil est l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, qui donne pour tout réel : .
L'intervalle est centré en , de demi-largeur : . Avec : .
On passe à l'évènement contraire, ce qui renverse l'inégalité : .
Comme , la probabilité cherchée est supérieure à : l'affirmation est VRAIE.
La troisième réponse proposée, « on ne peut pas savoir », est celle qu'il faudrait donner si le minorant fourni par l'inégalité était inférieur à : Bienaymé-Tchebychev ne donne qu'une MINORATION, qui ne permet de conclure que dans un sens. Ici elle suffit. Pièges : prendre , la largeur entière, au lieu de la demi-largeur ; et vérifier d'abord que l'intervalle est bien centré sur l'espérance, sans quoi l'inégalité ne s'applique pas telle quelle.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.