Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité maths, Polynésie septembre jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2025 : Polynésie, session de septembre, jour 1

Épreuve du mardi 2 septembre 2025 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2025, centre Polynésie, session de septembre, jour 1 : mardi 2 septembre 2025, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants notés chacun sur 5 points, soit 20 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, tableaux et programmes compris, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 porte sur les probabilités conditionnelles (arbre pondéré, formule des probabilités totales, inversion du conditionnement) appliquées au permis de conduire, puis sur la loi binomiale, l'espérance et la variance d'une somme de variables aléatoires indépendantes et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. L'exercice 2 compare deux modèles d'une population animale : une équation différentielle y′=ay+by'=ay+b, puis un modèle logistique avec limite, asymptote horizontale, convexité et point d'inflexion. L'exercice 3 étudie la suite un+1=2+ln⁡(un2−3)u_{n+1}=2+\ln\left(u_{n}^{2}-3\right) : programmes Python, raisonnement par récurrence, théorème de convergence monotone, théorème des valeurs intermédiaires et calcul de la limite. L'exercice 4 est un vrai ou faux : intégration par parties, coefficients binomiaux, représentation paramétrique de droites et plan médiateur.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : la question A.4 de l'exercice 1, où la proportion cherchée intervient sur les deux branches de l'arbre ; la question 6.b de l'exercice 2, qui oppose la croissance de la population, ff, à sa vitesse de croissance, f′f' ; et la question C.2 de l'exercice 3, où la minoration un⩾4u_{n}\geqslant 4 écarte la solution α=2\alpha=2.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : permis de conduire et conduite accompagnée, loi binomiale et Bienaymé-Tchebychev

5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration

En France il y a deux formules pour obtenir le permis de conduire :
• Suivre à partir de 15 ans une formation de conduite accompagnée pendant 2 ans ;
• Suivre la formation classique (sans conduite accompagnée) à partir de 17 ans.

En France actuellement, parmi les jeunes qui suivent une formation au permis de conduire, 16 %16\,\% choisissent la formation de conduite accompagnée, et parmi eux, 74,7 %74{,}7\,\% réussissent l'examen de conduite dès leur première tentative.

En suivant la formation classique, le taux de réussite dès la première tentative est seulement de 56,8 %56{,}8\,\%.

On choisit au hasard un jeune français qui a déjà passé l'examen de conduite et on considère les évènements AA et RR suivants :
• AA : « le jeune a suivi la formation de conduite accompagnée » ;
• RR : « le jeune a eu le permis dès sa première tentative ».

On arrondira les résultats à 10−310^{-3} près, si nécessaire.

  • Partie A
  • A.1. Dresser un arbre de probabilités modélisant cette situation.
  • A.2.a. Démontrer que P(R)=0,596 64P(R)=0{,}596\,64.
  • Dans la suite, on gardera la valeur 0,5970{,}597 arrondie à 10−310^{-3} près.
  • A.2.b. Donner ce résultat en pourcentage et l'interpréter dans le contexte de l'exercice.
  • A.3. On choisit un jeune ayant eu son permis dès sa première tentative. Quelle est la probabilité qu'il ait suivi la formation de conduite accompagnée ?
  • A.4. Quelle devrait être la proportion de jeunes suivant la formation de conduite accompagnée si on voulait que le taux de réussite global (quelle que soit la formation choisie) dès la première tentative à l'examen de conduite dépasse 70 %70\,\% ?
  • Partie B
  • Une auto-école présente pour la première fois à l'examen de conduite 10 candidats qui ont suivi la formation de conduite accompagnée. On modélise le fait de passer les examens de conduite par des épreuves aléatoires indépendantes.
  • On note XX la variable aléatoire donnant le nombre de ces 10 candidats qui auront leur permis dès la première tentative.
  • B.1. Justifier que XX suit une loi binomiale de paramètres n=10n=10 et p=0,747p=0{,}747.
  • B.2. Calculer P(X⩾6)P(X\geqslant 6). Interpréter ce résultat.
  • B.3. Déterminer E(X)E(X) et V(X)V(X).
  • 4. Il y a aussi 40 candidats qui n'ont pas suivi la formation de conduite accompagnée et qui se présentent pour la première fois à l'examen de conduite. De la même manière, on note YY la variable aléatoire qui donne le nombre de ces candidats qui auront le permis à la première tentative. On admet que YY est indépendante de la variable XX et qu'en fait E(Y)=22,53E(Y)=22{,}53 et V(Y)=9,81V(Y)=9{,}81.
  • On note alors ZZ la variable aléatoire comptant le nombre total de candidats (parmi les 50) qui auront le permis de conduire dès la première tentative dans cette auto-école.
  • B.4.a. Exprimer ZZ en fonction de XX et YY. En déduire E(Z)E(Z) et V(Z)V(Z).
  • B.4.b. En utilisant l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que la probabilité qu'il y ait au plus 20 ou au moins 40 candidats qui aient leur permis dès la première tentative est inférieure à 0,120{,}12.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/13

A.1
A.2.a
A.2.b
A.3
A.4
B.2
B.3
B.4.a
B.4.b
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Réponses

  • A.1 Premier niveau P(A)=0,16P(A)=0{,}16, P(A‾)=0,84P(\overline{A})=0{,}84 ; puis PA(R)=0,747P_{A}(R)=0{,}747, PA(R‾)=0,253P_{A}(\overline{R})=0{,}253, PA‾(R)=0,568P_{\overline{A}}(R)=0{,}568, PA‾(R‾)=0,432P_{\overline{A}}(\overline{R})=0{,}432
  • A.2.a P(R)=0,16×0,747+0,84×0,568=0,119 52+0,477 12=0,596 64P(R)=0{,}16\times 0{,}747+0{,}84\times 0{,}568=0{,}119\,52+0{,}477\,12=0{,}596\,64
  • A.2.b 59,7 %59{,}7\,\% : environ 59,7 %59{,}7\,\% des jeunes qui ont passé l'examen l'ont réussi dès la première tentative
  • A.3 PR(A)=0,119 520,597≈0,200P_{R}(A)=\dfrac{0{,}119\,52}{0{,}597}\approx 0{,}200
  • A.4 Il faudrait une proportion p>0,1320,179≈0,737p>\dfrac{0{,}132}{0{,}179}\approx 0{,}737, soit plus de 73,7 %73{,}7\,\% environ des jeunes en conduite accompagnée
  • B.1 1010 épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, succès « permis du premier coup » de probabilité 0,7470{,}747 : X∼B(10 ;0,747)X\sim\mathcal{B}(10\,;0{,}747)
  • B.2 P(X⩾6)=1−P(X⩽5)≈0,918P(X\geqslant 6)=1-P(X\leqslant 5)\approx 0{,}918 : environ 91,8 %91{,}8\,\% de chances qu'au moins 6 des 10 candidats l'aient du premier coup
  • B.3 E(X)=7,47E(X)=7{,}47 ; V(X)=1,889 91≈1,890V(X)=1{,}889\,91\approx 1{,}890
  • B.4.a Z=X+YZ=X+Y ; E(Z)=7,47+22,53=30E(Z)=7{,}47+22{,}53=30 ; V(Z)=1,889 91+9,81=11,699 91≈11,700V(Z)=1{,}889\,91+9{,}81=11{,}699\,91\approx 11{,}700
  • B.4.b P(∣Z−30∣⩾10)⩽11,699 91100≈0,117<0,12P(|Z-30|\geqslant 10)\leqslant\dfrac{11{,}699\,91}{100}\approx 0{,}117<0{,}12

A.1. Méthode : chaque pourcentage de l'énoncé se rapporte à une population, et c'est elle qui décide de sa place dans l'arbre. « Parmi les jeunes qui suivent une formation, 16 %16\,\% choisissent la conduite accompagnée » porte sur TOUS les jeunes : c'est P(A)=0,16P(A)=0{,}16, sur la première branche. « Parmi eux, 74,7 %74{,}7\,\% réussissent » porte sur les jeunes en conduite accompagnée : c'est une probabilité conditionnelle, PA(R)=0,747P_{A}(R)=0{,}747. Le taux de la formation classique porte sur les jeunes SANS conduite accompagnée : PA‾(R)=0,568P_{\overline{A}}(R)=0{,}568.

Les autres branches s'obtiennent par l'événement contraire, la somme des probabilités issues d'un même nœud valant 11 : P(A‾)=1−0,16=0,84P(\overline{A})=1-0{,}16=0{,}84, PA(R‾)=1−0,747=0,253P_{A}(\overline{R})=1-0{,}747=0{,}253 et PA‾(R‾)=1−0,568=0,432P_{\overline{A}}(\overline{R})=1-0{,}568=0{,}432.

L'arbre a donc un premier niveau AA (0,160{,}16) et A‾\overline{A} (0,840{,}84), puis, de chacun de ces nœuds, les branches RR et R‾\overline{R} : 0,7470{,}747 et 0,2530{,}253 après AA, 0,5680{,}568 et 0,4320{,}432 après A‾\overline{A}. Il est dessiné en fin de corrigé, avec la probabilité de chaque chemin en bout de branche.

Erreur fréquente : placer 0,7470{,}747 ou 0,5680{,}568 sur la première branche, ou commencer l'arbre par RR. L'ordre de l'arbre suit l'ordre des informations : on connaît d'abord la formation, puis la réussite SACHANT la formation.

A.2.a. Méthode : formule des probabilités totales, avec la partition {A ;A‾}\{A\,;\overline{A}\} de l'univers (un jeune a suivi l'une des deux formations, et une seule). P(R)=P(A∩R)+P(A‾∩R)P(R)=P(A\cap R)+P(\overline{A}\cap R).

Chaque intersection se lit sur un chemin de l'arbre, par la formule des probabilités composées : P(A∩R)=P(A)×PA(R)=0,16×0,747=0,119 52P(A\cap R)=P(A)\times P_{A}(R)=0{,}16\times 0{,}747=0{,}119\,52 et P(A‾∩R)=P(A‾)×PA‾(R)=0,84×0,568=0,477 12P(\overline{A}\cap R)=P(\overline{A})\times P_{\overline{A}}(R)=0{,}84\times 0{,}568=0{,}477\,12.

Donc P(R)=0,119 52+0,477 12=0,596 64P(R)=0{,}119\,52+0{,}477\,12=0{,}596\,64, la valeur annoncée. C'est une valeur EXACTE : la question dit « démontrer », on ne l'arrondit pas ici.

Vérification : P(R)P(R) est une moyenne des deux taux de réussite, pondérée par la part de chaque formation, donc elle est comprise entre 0,5680{,}568 et 0,7470{,}747, et beaucoup plus proche de 0,5680{,}568 puisque 84 %84\,\% des jeunes suivent la formation classique. C'est bien le cas.

A.2.b. P(R)≈0,597P(R)\approx 0{,}597, soit 59,7 %59{,}7\,\%. Interprétation : parmi les jeunes qui ont déjà passé l'examen de conduite, environ 59,7 %59{,}7\,\% ont obtenu le permis dès leur première tentative, toutes formations confondues ; autrement dit, à peu près six jeunes sur dix.

L'interprétation doit nommer la population (les jeunes ayant passé l'examen, toutes formations confondues) et l'événement (réussite dès la première tentative). Erreur fréquente : écrire « 59,7 %59{,}7\,\% des jeunes en conduite accompagnée réussissent », ce qui confond le taux global avec un taux conditionnel.

A.3. On sait que le jeune a eu son permis dès sa première tentative : l'événement RR est réalisé, et l'on cherche la probabilité conditionnelle PR(A)P_{R}(A). L'arbre part de AA, la question part de RR : on « retourne » l'arbre en revenant à la définition d'une probabilité conditionnelle, ce qui est la démarche de la formule de Bayes.

PR(A)=P(A∩R)P(R)=0,119 520,597≈0,200P_{R}(A)=\dfrac{P(A\cap R)}{P(R)}=\dfrac{0{,}119\,52}{0{,}597}\approx 0{,}200. Avec la valeur exacte 0,596 640{,}596\,64, on trouve 0,200 30{,}200\,3, le même arrondi. Un jeune qui a eu son permis du premier coup a donc suivi la conduite accompagnée avec une probabilité d'environ 0,2000{,}200, soit une chance sur cinq.

Cohérence : 0,2000{,}200 est supérieur à P(A)=0,16P(A)=0{,}16. Savoir que le jeune a réussi du premier coup augmente la probabilité qu'il ait suivi la conduite accompagnée, ce qui est logique puisque cette formation a le meilleur taux de réussite.

Pièges : confondre PR(A)P_{R}(A) et PA(R)=0,747P_{A}(R)=0{,}747, ou diviser par P(A)P(A) au lieu de P(R)P(R). Le dénominateur est toujours la probabilité de l'événement DONNÉ, celui qu'on sait réalisé.

A.4. On note pp la proportion de jeunes qui suivent la conduite accompagnée, avec 0⩽p⩽10\leqslant p\leqslant 1. Les taux de réussite de chaque formation ne changent pas : seul le premier niveau de l'arbre devient P(A)=pP(A)=p et P(A‾)=1−pP(\overline{A})=1-p. Par la formule des probabilités totales, comme en A.2.a, le taux de réussite global vaut P(R)=0,747p+0,568(1−p)=0,568+0,179pP(R)=0{,}747p+0{,}568(1-p)=0{,}568+0{,}179p.

On veut P(R)>0,7P(R)>0{,}7 : 0,568+0,179p>0,7  ⟺  0,179p>0,132  ⟺  p>0,1320,1790{,}568+0{,}179p>0{,}7\iff 0{,}179p>0{,}132\iff p>\dfrac{0{,}132}{0{,}179}, car 0,179>00{,}179>0 ne change pas le sens de l'inégalité. Or 0,1320,179≈0,737 4\dfrac{0{,}132}{0{,}179}\approx 0{,}737\,4.

Il faudrait donc que plus de 73,7 %73{,}7\,\% environ des jeunes (précisément, une proportion strictement supérieure à 132179≈0,737\dfrac{132}{179}\approx 0{,}737) suivent la formation de conduite accompagnée, contre 16 %16\,\% aujourd'hui.

Vérification aux bords : pour p=0,737p=0{,}737, P(R)=0,568+0,179×0,737≈0,699 9<0,7P(R)=0{,}568+0{,}179\times 0{,}737\approx 0{,}699\,9<0{,}7 ; pour p=0,738p=0{,}738, P(R)≈0,700 1>0,7P(R)\approx 0{,}700\,1>0{,}7. Et l'objectif est atteignable puisque 0,7<0,7470{,}7<0{,}747 : même avec 100 %100\,\% de conduite accompagnée, le taux ne dépasserait pas 74,7 %74{,}7\,\%.

Erreur fréquente : écrire 0,747p>0,70{,}747p>0{,}7, en oubliant que les jeunes de la formation classique réussissent aussi ; on trouverait p>0,937p>0{,}937, beaucoup trop.

B.1. Méthode : on reconnaît un schéma de Bernoulli. Pour chacun des 10 candidats, l'examen est une épreuve à deux issues : le succès « le candidat a le permis dès la première tentative », l'échec sinon. Les 10 candidats ayant suivi la conduite accompagnée, la probabilité du succès est PA(R)=0,747P_{A}(R)=0{,}747, la même pour chacun.

L'énoncé modélise les examens par des épreuves aléatoires indépendantes : on répète donc 1010 fois, de façon indépendante, la même épreuve de Bernoulli de paramètre 0,7470{,}747. La variable XX compte le nombre de succès : elle suit la loi binomiale de paramètres n=10n=10 et p=0,747p=0{,}747.

Les trois éléments à citer sont le nombre de répétitions, l'identité ET l'indépendance des épreuves, et ce que compte XX. Piège : prendre p=0,597p=0{,}597, le taux global, alors que les 10 candidats ont tous suivi la conduite accompagnée.

B.2. On passe par l'événement contraire : P(X⩾6)=1−P(X⩽5)P(X\geqslant 6)=1-P(X\leqslant 5). La calculatrice donne P(X⩽5)≈0,081 7P(X\leqslant 5)\approx 0{,}081\,7 (fonction de répartition de la loi binomiale), d'où P(X⩾6)≈0,918P(X\geqslant 6)\approx 0{,}918.

Détail, par la formule P(X=k)=(10k)0,747k 0,25310−kP(X=k)=\dbinom{10}{k}0{,}747^{k}\,0{,}253^{10-k} : P(X=6)≈0,149 5P(X=6)\approx 0{,}149\,5, P(X=7)≈0,252 2P(X=7)\approx 0{,}252\,2, P(X=8)≈0,279 3P(X=8)\approx 0{,}279\,3, P(X=9)≈0,183 2P(X=9)\approx 0{,}183\,2 et P(X=10)≈0,054 1P(X=10)\approx 0{,}054\,1, dont la somme redonne 0,9180{,}918.

Interprétation : la probabilité qu'au moins 6 des 10 candidats de l'auto-école obtiennent leur permis dès leur première tentative est d'environ 0,9180{,}918, soit à peu près 92 %92\,\%.

Erreur fréquente : calculer 1−P(X⩽6)1-P(X\leqslant 6), qui est P(X⩾7)P(X\geqslant 7). Le complémentaire de « au moins 6 » est « au plus 5 ».

B.3. Pour une loi binomiale B(n ;p)\mathcal{B}(n\,;p) : E(X)=npE(X)=np et V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p). Ici E(X)=10×0,747=7,47E(X)=10\times 0{,}747=7{,}47 et V(X)=10×0,747×0,253=1,889 91≈1,890V(X)=10\times 0{,}747\times 0{,}253=1{,}889\,91\approx 1{,}890.

Interprétation de l'espérance : sur un grand nombre de groupes de 10 candidats en conduite accompagnée, il y a en moyenne 7,477{,}47 réussites dès la première tentative par groupe. Piège : oublier le facteur 1−p1-p dans la variance, ce qui donnerait 7,477{,}47, la valeur de l'espérance.

B.4.a. Les 50 candidats se répartissent en deux groupes disjoints : les 10 de la conduite accompagnée, dont XX compte les réussites, et les 40 de la formation classique, dont YY compte les réussites. Le nombre total de réussites est donc Z=X+YZ=X+Y.

Par linéarité de l'espérance, valable sans aucune hypothèse : E(Z)=E(X)+E(Y)=7,47+22,53=30E(Z)=E(X)+E(Y)=7{,}47+22{,}53=30.

Les variables XX et YY étant INDÉPENDANTES (hypothèse de l'énoncé), la variance de leur somme est la somme de leurs variances : V(Z)=V(X)+V(Y)=1,889 91+9,81=11,699 91≈11,700V(Z)=V(X)+V(Y)=1{,}889\,91+9{,}81=11{,}699\,91\approx 11{,}700.

Le piège est d'additionner les variances sans citer l'indépendance : c'est elle seule qui l'autorise. L'espérance, elle, s'additionne toujours.

B.4.b. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à ZZ d'espérance 3030 et de variance V(Z)V(Z), s'écrit pour tout réel δ>0\delta>0 : P(∣Z−30∣⩾δ)⩽V(Z)δ2P\left(\left|Z-30\right|\geqslant\delta\right)\leqslant\dfrac{V(Z)}{\delta^{2}}.

Traduisons l'événement. « Au plus 20 » s'écrit Z⩽20Z\leqslant 20, soit Z−30⩽−10Z-30\leqslant -10 ; « au moins 40 » s'écrit Z⩾40Z\geqslant 40, soit Z−30⩾10Z-30\geqslant 10. La réunion des deux est l'événement ∣Z−30∣⩾10\left|Z-30\right|\geqslant 10 : les bornes 2020 et 4040 sont à la même distance 1010 de l'espérance, et c'est ce qui permet d'appliquer l'inégalité avec δ=10\delta=10.

On obtient P(Z⩽20 ou Z⩾40)=P(∣Z−30∣⩾10)⩽11,699 91102=0,116 999 1P(Z\leqslant 20\ \text{ou}\ Z\geqslant 40)=P\left(\left|Z-30\right|\geqslant 10\right)\leqslant\dfrac{11{,}699\,91}{10^{2}}=0{,}116\,999\,1. Comme 0,117<0,120{,}117<0{,}12, la probabilité qu'il y ait au plus 20 ou au moins 40 candidats reçus dès la première tentative est bien inférieure à 0,120{,}12.

Pièges : prendre δ=20\delta=20, l'écart entre les deux bornes, au lieu de la demi-largeur 1010 ; et diviser par δ\delta au lieu de δ2\delta^{2}. L'inégalité ne demande rien sur la loi de ZZ : elle ne sert qu'à majorer, souvent grossièrement, la probabilité de s'écarter de la moyenne.

A0,16R0,7470,11952non R0,2530,04048non A0,84R0,5680,47712non R0,4320,36288

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Exercice 2 : Équations différentielles : population d'une réserve, modèle exponentiel puis modèle logistique

5 points Les équations différentiellesLa convexitéExponentielle et logarithmeLimites et continuité

On étudie l'évolution de la population d'une espèce animale au sein d'une réserve naturelle.

Les effectifs de cette population ont été recensés à différentes années. Les données collectées sont présentées dans le tableau suivant :

  • Année2000200520102015
    Nombre d'individus506480100
  • Pour anticiper l'évolution de cette population, la direction de la réserve a choisi de modéliser le nombre d'individus en fonction du temps.
  • Pour cela, elle utilise une fonction, définie sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, dont la variable xx représente le temps écoulé, en année, à partir de l'année 2000.
  • Dans son modèle, l'image de 0 par cette fonction vaut 50, ce qui correspond au nombre d'individus en l'an 2000.
  • Partie A. Modèle 1
  • Dans cette partie, la direction de la réserve fait l'hypothèse que la fonction cherchée satisfait l'équation différentielle suivante : y′=0,05y−0,5(E1)y'=0{,}05y-0{,}5\quad(E_{1})
  • A.1. Résoudre l'équation différentielle (E1)(E_{1}) avec la condition initiale y(0)=50y(0)=50.
  • A.2. Comparer les résultats du tableau avec ceux que l'on obtiendrait avec ce modèle.
  • Partie B. Modèle 2
  • Dans cette partie, la direction de la réserve fait l'hypothèse que la fonction cherchée satisfait l'équation différentielle suivante : y′=0,05y(1−0,00125y)y'=0{,}05y(1-0{,}00125y)
  • On note ff la fonction définie sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par : f(x)=8001+15 e−0,05xf(x)=\dfrac{800}{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}
  • et CC sa courbe représentative dans un repère orthonormé.
  • À l'aide d'un logiciel de calcul formel, on a obtenu les résultats suivants.
  • Pour toute la suite de l'exercice, on pourra utiliser ces résultats sans les démontrer, sauf pour la question 5.
  • InstructionRésultat
    1f(x):=8001+15 e−0,05xf(x):=\dfrac{800}{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}f(x)=8001+15 e−0,05xf(x)=\dfrac{800}{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}
    2f′(x):=f'(x):= Dérivée (f(x))(f(x))f′(x)=600 e−0,05x(1+15 e−0,05x)2f'(x)=\dfrac{600\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{\left(1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}\right)^{2}}
    3f′′(x):=f''(x):= Dérivée (f′(x))(f'(x))f′′(x)=30 e−0,05x(1+15 e−0,05x)3(15 e−0,05x−1)f''(x)=\dfrac{30\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{\left(1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}\right)^{3}}\left(15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}-1\right)
    4Résoudre (15 e−0,05x−1⩾0)(15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}-1\geqslant 0)x⩽20ln⁡(15)x\leqslant 20\ln(15)
  • B.1. Démontrer que la fonction ff vérifie f(0)=50f(0)=50 et que pour tout x∈Rx\in\mathbb{R} : f′(x)=0,05f(x)(1−0,00125f(x))f'(x)=0{,}05f(x)(1-0{,}00125f(x))
  • On admet que cette fonction ff est l'unique solution de (E2)(E_{2}) prenant la valeur initiale de 50 en 0.
  • B.2. Avec ce nouveau modèle ff, estimer l'effectif de cette population en 2050. Arrondir le résultat à l'unité.
  • B.3. Calculer la limite de ff en +∞+\infty. Que peut-on en déduire quant à la courbe CC ? Interpréter cette limite dans le cadre de ce problème concret.
  • B.4. Justifier que la fonction ff est croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.
  • B.5. Démontrer le résultat obtenu en ligne 4 du logiciel.
  • 6. On admet que la vitesse de croissance de la population de cette espèce, exprimée en nombre d'individus par an, est modélisée par la fonction f′f'.
  • B.6.a. Étudier la convexité de la fonction ff sur l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ et déterminer les coordonnées des éventuels points d'inflexion de la courbe CC.
  • B.6.b. La direction de la réserve affirme :
    « Au vu de ce modèle, la vitesse de croissance de la population de cette espèce va augmenter pendant un peu plus de cinquante ans, puis va diminuer ». La direction a-t-elle raison ? Justifier.

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A.1
A.2
B.2
B.3
B.6.a
B.6.b
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Réponses

  • A.1 y(x)=40 e0,05x+10y(x)=40\,\mathrm{e}^{0{,}05x}+10
  • A.2 Modèle 1 : environ 6161, 7676 et 9595 individus en 2005, 2010 et 2015, contre 6464, 8080 et 100100 : il sous-estime, d'un écart qui grandit
  • B.1 f(0)=80016=50f(0)=\dfrac{800}{16}=50 et 0,05f(x)(1−0,00125f(x))=600 e−0,05x(1+15 e−0,05x)2=f′(x)0{,}05f(x)\left(1-0{,}00125f(x)\right)=\dfrac{600\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{\left(1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}\right)^{2}}=f'(x)
  • B.2 f(50)=8001+15 e−2,5≈358,5f(50)=\dfrac{800}{1+15\,\mathrm{e}^{-2{,}5}}\approx 358{,}5, soit environ 359359 individus en 2050
  • B.3 lim⁡x→+∞f(x)=800\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=800 : asymptote horizontale y=800y=800 ; la population se stabilise vers 800800 individus
  • B.4 f′(x)>0f'(x)>0 (exponentielle et carré strictement positifs), donc ff est croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[
  • B.5 15 e−0,05x⩾1  ⟺  −0,05x⩾−ln⁡15  ⟺  x⩽20ln⁡(15)15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}\geqslant 1\iff -0{,}05x\geqslant -\ln 15\iff x\leqslant 20\ln(15)
  • B.6.a ff convexe sur [0 ;20ln⁡15][0\,;20\ln 15], concave sur [20ln⁡15 ;+∞[[20\ln 15\,;+\infty[ ; point d'inflexion (20ln⁡15 ;400)≈(54,16 ;400)(20\ln 15\,;400)\approx(54{,}16\,;400)
  • B.6.b Oui : f′f' croît sur [0 ;20ln⁡15][0\,;20\ln 15] puis décroît, et 20ln⁡15≈54,220\ln 15\approx 54{,}2 ans, un peu plus de cinquante ans

A.1. Méthode : l'équation (E1)(E_{1}) est de la forme y′=ay+by'=ay+b avec a=0,05≠0a=0{,}05\neq 0 et b=−0,5b=-0{,}5. Ses solutions sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ sont les fonctions x↦k eax−bax\mapsto k\,\mathrm{e}^{ax}-\dfrac{b}{a}, kk réel : la somme des solutions de l'équation homogène y′=ayy'=ay et d'une solution particulière constante.

La solution constante mm vérifie 0=0,05m−0,50=0{,}05m-0{,}5, soit m=0,50,05=10m=\dfrac{0{,}5}{0{,}05}=10 ; c'est bien −ba=−−0,50,05=10-\dfrac{b}{a}=-\dfrac{-0{,}5}{0{,}05}=10. Les solutions de (E1)(E_{1}) sont donc les fonctions y(x)=k e0,05x+10y(x)=k\,\mathrm{e}^{0{,}05x}+10, k∈Rk\in\mathbb{R}.

Condition initiale : y(0)=k e0+10=k+10=50y(0)=k\,\mathrm{e}^{0}+10=k+10=50, donc k=40k=40. L'unique solution de (E1)(E_{1}) telle que y(0)=50y(0)=50 est la fonction y(x)=40 e0,05x+10y(x)=40\,\mathrm{e}^{0{,}05x}+10.

Vérification : y′(x)=40×0,05 e0,05x=2 e0,05xy'(x)=40\times 0{,}05\,\mathrm{e}^{0{,}05x}=2\,\mathrm{e}^{0{,}05x}, et 0,05y(x)−0,5=2 e0,05x+0,5−0,5=2 e0,05x0{,}05y(x)-0{,}5=2\,\mathrm{e}^{0{,}05x}+0{,}5-0{,}5=2\,\mathrm{e}^{0{,}05x} : l'équation est satisfaite.

Erreurs fréquentes : écrire la solution particulière −10-10 au lieu de 1010 (le signe de −ba-\dfrac{b}{a} se calcule, il ne se devine pas), ou calculer kk avec la solution générale de l'équation homogène seule, ce qui donne k=50k=50 et une fonction qui ne vérifie pas (E1)(E_{1}).

A.2. On calcule les valeurs du modèle 1 aux années du tableau, xx comptant les années écoulées depuis 2000 : 2005, 2010 et 2015 correspondent à x=5x=5, 1010 et 1515. En 2000, y(0)=50y(0)=50 par construction.

y(5)=40 e0,25+10≈61,4y(5)=40\,\mathrm{e}^{0{,}25}+10\approx 61{,}4 ; y(10)=40 e0,5+10≈75,9y(10)=40\,\mathrm{e}^{0{,}5}+10\approx 75{,}9 ; y(15)=40 e0,75+10≈94,7y(15)=40\,\mathrm{e}^{0{,}75}+10\approx 94{,}7. Le modèle prévoit donc environ 6161, 7676 et 9595 individus, quand le recensement en a compté 6464, 8080 et 100100.

Comparaison : le modèle 1 sous-estime systématiquement la population, et l'écart grandit avec le temps, environ 2,62{,}6 puis 4,14{,}1 puis 5,35{,}3 individus, soit de l'ordre de 44 à 5 %5\,\% de l'effectif réel. Le modèle reste proche des données sur ces quinze ans, mais il s'en éloigne de plus en plus.

Un second défaut se lit sur la formule : lim⁡x→+∞40 e0,05x+10=+∞\lim\limits_{x\to+\infty}40\,\mathrm{e}^{0{,}05x}+10=+\infty. Le modèle 1 prévoit une population qui grandit sans limite, ce qui n'est pas réaliste dans une réserve de taille finie. C'est ce que corrige le modèle 2.

B.1. Valeur en 00 : f(0)=8001+15 e0=80016=50f(0)=\dfrac{800}{1+15\,\mathrm{e}^{0}}=\dfrac{800}{16}=50.

Pour la relation, on part du membre de droite, qu'on réduit au même dénominateur. Remarque clé : 0,00125×800=10{,}00125\times 800=1. Donc 0,00125f(x)=11+15 e−0,05x0{,}00125f(x)=\dfrac{1}{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}} et 1−0,00125f(x)=1+15 e−0,05x−11+15 e−0,05x=15 e−0,05x1+15 e−0,05x1-0{,}00125f(x)=\dfrac{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}-1}{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}=\dfrac{15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}.

Ainsi 0,05f(x)(1−0,00125f(x))=0,05×8001+15 e−0,05x×15 e−0,05x1+15 e−0,05x=600 e−0,05x(1+15 e−0,05x)20{,}05f(x)\left(1-0{,}00125f(x)\right)=0{,}05\times\dfrac{800}{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}\times\dfrac{15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}=\dfrac{600\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{\left(1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}\right)^{2}}, car 0,05×800×15=6000{,}05\times 800\times 15=600. C'est exactement f′(x)f'(x) donné en ligne 2 du logiciel, résultat que l'énoncé autorise à utiliser sans le démontrer.

Pour qui veut le retrouver : f=800vf=\dfrac{800}{v} avec v(x)=1+15 e−0,05xv(x)=1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x} et v′(x)=−0,75 e−0,05xv'(x)=-0{,}75\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}, donc f′=−800v′v2=600 e−0,05xv2f'=-\dfrac{800v'}{v^{2}}=\dfrac{600\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{v^{2}}. La relation vaut pour tout réel xx, comme l'écrit l'énoncé, car le dénominateur 1+15 e−0,05x1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x} ne s'annule jamais ; l'équation notée (E2)(E_{2}) dans la phrase suivante est l'équation y′=0,05y(1−0,00125y)y'=0{,}05y(1-0{,}00125y) de la partie B, que l'énoncé n'a pas étiquetée.

Erreur fréquente : partir de f′(x)f'(x) et tenter de « factoriser » sans voir que 0,00125=18000{,}00125=\dfrac{1}{800}. L'équation s'écrit en fait y′=0,05y(1−y800)y'=0{,}05y\left(1-\dfrac{y}{800}\right) : c'est une équation logistique, et 800800 va réapparaître à la question 3.

B.2. L'année 2050 correspond à x=2050−2000=50x=2050-2000=50. f(50)=8001+15 e−2,5≈8002,231 3≈358,54f(50)=\dfrac{800}{1+15\,\mathrm{e}^{-2{,}5}}\approx\dfrac{800}{2{,}231\,3}\approx 358{,}54. Selon le modèle 2, la population compterait environ 359359 individus en 2050.

Vérification du modèle sur les données : f(5)≈63,1f(5)\approx 63{,}1, f(10)≈79,2f(10)\approx 79{,}2 et f(15)≈98,9f(15)\approx 98{,}9, très proches des 6464, 8080 et 100100 recensés, bien mieux que le modèle 1. Pièges : prendre x=2050x=2050, ou x=5x=5 en comptant en décennies ; et tronquer au lieu d'arrondir, 358,54358{,}54 s'arrondissant à l'unité en 359359 et non en 358358.

B.3. Comme −0,05<0-0{,}05<0, lim⁡x→+∞e−0,05x=0\lim\limits_{x\to+\infty}\mathrm{e}^{-0{,}05x}=0 (par composition, −0,05x→−∞-0{,}05x\to-\infty et lim⁡X→−∞eX=0\lim\limits_{X\to-\infty}\mathrm{e}^{X}=0). Donc lim⁡x→+∞(1+15 e−0,05x)=1\lim\limits_{x\to+\infty}\left(1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}\right)=1 et, par quotient, lim⁡x→+∞f(x)=8001=800\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=\dfrac{800}{1}=800.

Conséquence pour la courbe : CC admet en +∞+\infty une asymptote horizontale, la droite d'équation y=800y=800.

Interprétation : selon le modèle 2, la population de la réserve se rapproche de 800800 individus à long terme, sans les dépasser (puisque 1+15 e−0,05x>11+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}>1 donne f(x)<800f(x)<800). Ce nombre joue le rôle d'une capacité d'accueil de la réserve, limitée par la place et la nourriture, ce que le modèle 1 ignorait.

B.4. On utilise la ligne 2 du logiciel : f′(x)=600 e−0,05x(1+15 e−0,05x)2f'(x)=\dfrac{600\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{\left(1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}\right)^{2}}. Pour tout x⩾0x\geqslant 0, e−0,05x>0\mathrm{e}^{-0{,}05x}>0, donc le numérateur est strictement positif, et le dénominateur est un carré non nul, strictement positif. Ainsi f′(x)>0f'(x)>0 sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, et la fonction ff est strictement croissante, donc croissante, sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.

Autre justification, par l'équation différentielle : 0<f(x)<8000<f(x)<800 donne f(x)>0f(x)>0 et 1−0,00125f(x)>01-0{,}00125f(x)>0, donc f′(x)=0,05f(x)(1−0,00125f(x))>0f'(x)=0{,}05f(x)(1-0{,}00125f(x))>0. Selon le modèle, la population ne cesse jamais d'augmenter.

B.5. On résout 15 e−0,05x−1⩾015\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}-1\geqslant 0 sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[. Elle équivaut à e−0,05x⩾115\mathrm{e}^{-0{,}05x}\geqslant\dfrac{1}{15}. La fonction ln⁡\ln étant strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, et les deux membres étant strictement positifs, on peut l'appliquer sans changer le sens : −0,05x⩾ln⁡(115)=−ln⁡(15)-0{,}05x\geqslant\ln\left(\dfrac{1}{15}\right)=-\ln(15).

On divise par −0,05-0{,}05, qui est NÉGATIF, ce qui renverse l'inégalité : x⩽−ln⁡(15)−0,05=ln⁡(15)0,05=20ln⁡(15)x\leqslant\dfrac{-\ln(15)}{-0{,}05}=\dfrac{\ln(15)}{0{,}05}=20\ln(15). On retrouve le résultat de la ligne 4 : 15 e−0,05x−1⩾0  ⟺  x⩽20ln⁡(15)15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}-1\geqslant 0\iff x\leqslant 20\ln(15), avec 20ln⁡(15)≈54,1620\ln(15)\approx 54{,}16.

Le piège est double : oublier de renverser l'inégalité en divisant par −0,05-0{,}05, ce qui donnerait x⩾20ln⁡(15)x\geqslant 20\ln(15) ; et écrire ln⁡(115)=1ln⁡15\ln\left(\dfrac{1}{15}\right)=\dfrac{1}{\ln 15} au lieu de −ln⁡15-\ln 15.

B.6.a. Méthode : la convexité se lit sur le signe de f′′f'', donné en ligne 3. Le facteur 30 e−0,05x(1+15 e−0,05x)3\dfrac{30\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}}{\left(1+15\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}\right)^{3}} est strictement positif (exponentielle positive, dénominateur cube d'un nombre supérieur à 11). Le signe de f′′(x)f''(x) est donc celui de 15 e−0,05x−115\,\mathrm{e}^{-0{,}05x}-1, que la question 5 donne : positif ou nul pour x⩽20ln⁡(15)x\leqslant 20\ln(15), strictement négatif pour x>20ln⁡(15)x>20\ln(15).

Conclusion : ff est convexe sur [0 ;20ln⁡(15)][0\,;20\ln(15)] et concave sur [20ln⁡(15) ;+∞[[20\ln(15)\,;+\infty[. La dérivée seconde s'annule en x0=20ln⁡(15)x_{0}=20\ln(15) EN CHANGEANT DE SIGNE : la courbe CC admet un unique point d'inflexion, d'abscisse x0x_{0}.

Son ordonnée : e−0,05x0=e−ln⁡(15)=115\mathrm{e}^{-0{,}05x_{0}}=\mathrm{e}^{-\ln(15)}=\dfrac{1}{15}, donc f(x0)=8001+15×115=8002=400f(x_{0})=\dfrac{800}{1+15\times\dfrac{1}{15}}=\dfrac{800}{2}=400. Le point d'inflexion a pour coordonnées (20ln⁡(15) ;400)\left(20\ln(15)\,;400\right), soit environ (54,16 ;400)(54{,}16\,;400).

Remarque : l'ordonnée est la moitié de la limite 800800, propriété de toute courbe logistique. Piège : conclure à un point d'inflexion sur la seule annulation de f′′f'', sans vérifier le changement de signe.

B.6.b. La vitesse de croissance est modélisée par f′f', dont les variations se lisent sur le signe de sa dérivée f′′f''. D'après la question 6.a, f′′⩾0f''\geqslant 0 sur [0 ;20ln⁡(15)][0\,;20\ln(15)] et f′′<0f''<0 sur ]20ln⁡(15) ;+∞[]20\ln(15)\,;+\infty[ : la fonction f′f' est croissante sur [0 ;20ln⁡(15)][0\,;20\ln(15)] puis décroissante sur [20ln⁡(15) ;+∞[[20\ln(15)\,;+\infty[.

Or 20ln⁡(15)≈54,220\ln(15)\approx 54{,}2 : la vitesse de croissance augmente pendant environ 5454 ans, donc jusqu'en 2054, puis diminue. C'est bien « un peu plus de cinquante ans » : la direction a raison. La vitesse maximale vaut f′(20ln⁡(15))=0,05×400×(1−0,5)=10f'\left(20\ln(15)\right)=0{,}05\times 400\times(1-0{,}5)=10 individus par an.

Le piège est de confondre la croissance de la population, ff, qui augmente TOUJOURS (question 4), avec sa vitesse de croissance, f′f', qui augmente puis diminue. Après 2054, la population continue d'augmenter, mais de moins en moins vite, en se rapprochant de 800800.

Exercice 3 : Suites : suite définie avec le logarithme, programmes Python, récurrence et limite

5 points Suites et récurrenceLimites et continuitéPython et méthodes numériquesExponentielle et logarithme

On considère la suite (un)(u_{n}) définie par u0=5u_{0}=5 et, pour tout entier naturel nn : un+1=2+ln⁡(un2−3)u_{n+1}=2+\ln\left(u_{n}^{2}-3\right).

On admet que cette suite est bien définie.

  • Partie A : Exploitation de programmes Python
  • A.1. Recopier et compléter le script Python ci-dessous pour que suite(k) qui prend en paramètre un entier naturel k, renvoie la liste des kk premières valeurs de la suite (un)(u_{n}).
    Remarque : On précise que, pour tout réel strictement positif a, log(a) renvoie la valeur du logarithme népérien de a.
  • Script Python encadré à compléter. def suite(k): ; dans la fonction, L = [], puis u = 5, puis for i in range(pointillés): ; dans la boucle, L.append(u) puis u= suivi de pointillés ; enfin, au niveau de la boucle, return(pointillés).
  • A.2. On a exécuté suite(9) ci-dessous. Émettre deux conjectures : l'une sur le sens de variation de la suite (un)(u_{n}) et l'autre sur son éventuelle convergence.
  • Console Python : >>> suite(9) renvoie la liste [5, 5.091042453358316, 5.131953749864703, 5.150037910978289, 5.157974010229213, 5.1614456706362954, 5.162962248594583, 5.163624356938671, 5.163913344065642]. Les neuf valeurs augmentent et se resserrent vers 5,164 environ.
  • A.3. On a ensuite créé la fonction mystere(n) donnée ci-dessous et exécuté mystere(10000), ce qui a renvoyé 1.
    Cet affichage contredit-il la conjecture émise sur le sens de variation de la suite (un)(u_{n}) ? Justifier.
  • Fonction Python encadrée : def mystere(n): ; L = suite(n) ; c = 1 ; for i in range(n - 1): ; dans la boucle, if L[i] > L[i + 1]: puis, dans le test, c = 0 ; enfin return c. En dessous, la console : >>> mystere(10000) renvoie 1.
  • Partie B : Étude de la convergence de la suite (un)(u_{n})
  • On considère la fonction gg définie sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ par : g(x)=2+ln⁡(x2−3)g(x)=2+\ln\left(x^{2}-3\right)
  • On admet que gg est dérivable sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ et on note g′g' sa fonction dérivée.
  • B.1. Démontrer que la fonction gg est croissante sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[.
  • B.2.a. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn : 4⩽un⩽un+1⩽64\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 6.
  • B.2.b. En déduire que la suite (un)(u_{n}) converge.
  • Partie C : Étude de la valeur de la limite
  • On considère la fonction ff définie sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ par : f(x)=2+ln⁡(x2−3)−xf(x)=2+\ln\left(x^{2}-3\right)-x.
  • On admet que ff est dérivable sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ et on note f′f' sa fonction dérivée.
  • On donne le tableau de variations de ff suivant. On ne demande aucune justification.
  • Tableau de variations de f. Ligne des x : 2, 3, plus l'infini. Ligne de f(x) : une flèche monte de 0, sous x = 2, jusqu'au maximum ln(6) - 1, sous x = 3, puis une flèche descend jusqu'à moins l'infini, sous plus l'infini.
  • C.1.a. Montrer que l'équation f(x)=0f(x)=0 admet exactement deux solutions sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ que l'on notera α\alpha et β\beta avec α<β\alpha<\beta.
  • C.1.b. Donner la valeur exacte de α\alpha et une valeur approchée à 10−310^{-3} près de β\beta.
  • C.2. On note ℓ\ell la limite de la suite (un)(u_{n}).
    Justifier que f(ℓ)=0f(\ell)=0 et déterminer ℓ\ell.

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A.2
A.3
C.1.a
C.1.b
C.2
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Réponses

  • A.1 range(k) ; u = 2 + log(u**2 - 3) ; return(L)
  • A.2 La suite semble croissante et semble converger vers environ 5,1645{,}164
  • A.3 Non : 1 signifie que ui⩽ui+1u_{i}\leqslant u_{i+1} pour tous les rangs testés (i⩽9 998i\leqslant 9\,998), ce qui va dans le sens de la conjecture sans la démontrer
  • B.1 g′(x)=2xx2−3>0g'(x)=\dfrac{2x}{x^{2}-3}>0 sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[, donc gg est croissante
  • B.2.a Vrai au rang 0 (4⩽5⩽5,091⩽64\leqslant 5\leqslant 5{,}091\leqslant 6) ; hérédité en appliquant gg croissante, avec g(4)≈4,565⩾4g(4)\approx 4{,}565\geqslant 4 et g(6)≈5,497⩽6g(6)\approx 5{,}497\leqslant 6
  • B.2.b (un)(u_{n}) est croissante et majorée par 66 : elle converge (théorème de convergence monotone)
  • C.1.a Sur [2 ;3][2\,;3], la seule solution est 22 (f(2)=0f(2)=0 et ff strictement croissante) ; une seule sur [3 ;+∞[[3\,;+\infty[ (valeurs intermédiaires, ff strictement décroissante de ln⁡6−1>0\ln 6-1>0 à −∞-\infty) : deux solutions
  • C.1.b α=2\alpha=2 ; β≈5,164\beta\approx 5{,}164
  • C.2 ℓ=g(ℓ)\ell=g(\ell) par continuité de gg, donc f(ℓ)=0f(\ell)=0 ; ℓ⩾4\ell\geqslant 4 donc ℓ=β≈5,164\ell=\beta\approx 5{,}164

A.1. La fonction doit renvoyer une liste de kk termes, de u0u_{0} à uk−1u_{k-1}. La boucle doit donc tourner kk fois : for i in range(k):. À chaque tour, on range le terme courant dans la liste avec L.append(u), puis on calcule le terme suivant par la relation de récurrence : u = 2 + log(u**2 - 3). Après la boucle, on renvoie la liste : return(L).

L'ordre des deux lignes de la boucle compte, et il est imposé par le script : on range u0=5u_{0}=5 AVANT de calculer u1u_{1}, ce qui fait que la liste commence bien par 55, comme l'affichage de la question 2. Au dernier tour, le programme calcule uku_{k} sans le ranger : c'est sans conséquence. Le script complété figure en fin de corrigé ; pour qu'il s'exécute, log s'importe du module math, ligne que l'énoncé ne montre pas.

Erreurs fréquentes : range(k + 1), qui renverrait k+1k+1 valeurs ; u = 2 + log(u*2 - 3), qui confond u2u^{2} et 2u2u ; et return(u), qui renverrait un seul nombre au lieu de la liste.

A.2. Les neuf valeurs affichées, u0u_{0} à u8u_{8}, augmentent à chaque rang : 5<5,091<5,132<5,150<⋯<5,163 95<5{,}091<5{,}132<5{,}150<\cdots<5{,}163\,9. Première conjecture : la suite (un)(u_{n}) est croissante.

Les écarts entre deux termes consécutifs diminuent nettement, environ 0,090{,}09 puis 0,040{,}04, 0,020{,}02, 0,0080{,}008... et jusqu'à 0,000 30{,}000\,3 entre u7u_{7} et u8u_{8} : les termes se resserrent. Seconde conjecture : la suite (un)(u_{n}) converge, vers une limite proche de 5,1645{,}164.

Une conjecture se formule comme telle (« il semble que »), et elle porte sur la suite entière à partir d'observations en nombre fini : elle reste à démontrer, ce que font les parties B et C.

A.3. Lisons la fonction mystere. Elle range dans L les nn premiers termes u0u_{0}, ..., un−1u_{n-1}, et part de c = 1. La boucle parcourt les indices i de 00 à n−2n-2 et compare chaque terme au suivant : dès que L[i] > L[i + 1], c'est-à-dire dès qu'un terme est strictement plus grand que le suivant, c passe à 0 et y reste. La fonction renvoie donc 0 si elle trouve une décroissance entre deux termes consécutifs, et 1 sinon.

Le retour 1 pour mystere(10000) signifie que, pour tout ii de 00 à 9 9989\,998, ui⩽ui+1u_{i}\leqslant u_{i+1} : les 10 00010\,000 premiers termes sont rangés dans l'ordre croissant (au sens large). Cet affichage ne contredit donc PAS la conjecture : au contraire, il la conforte sur un nombre bien plus grand de termes.

Il ne la démontre pas pour autant : un calcul sur 10 00010\,000 termes ne dit rien du rang 10 00110\,001, et l'ordinateur calcule avec des valeurs approchées. Détail révélateur : à partir du rang 4141 environ, les termes calculés en machine sont tous égaux, la précision des flottants étant atteinte ; le test strict L[i] > L[i + 1] ne voit pas ces égalités, d'où le 1. C'est la récurrence de la partie B qui prouve la croissance.

Piège : lire le 1 comme « vrai, la suite est croissante, c'est démontré ». Un programme peut infirmer une conjecture (un seul 0 suffirait), il ne peut pas la démontrer pour tout entier nn.

B.1. Méthode : on étudie le signe de g′g'. Sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[, x2⩾4x^{2}\geqslant 4, donc u(x)=x2−3⩾1>0u(x)=x^{2}-3\geqslant 1>0 : la fonction gg est bien de la forme 2+ln⁡(u)2+\ln(u) avec uu dérivable et strictement positive, et (ln⁡u)′=u′u(\ln u)'=\dfrac{u'}{u}.

g′(x)=2xx2−3g'(x)=\dfrac{2x}{x^{2}-3}. Pour x⩾2x\geqslant 2, le numérateur 2x⩾4>02x\geqslant 4>0 et le dénominateur x2−3⩾1>0x^{2}-3\geqslant 1>0 : g′(x)>0g'(x)>0. La fonction gg est strictement croissante, donc croissante, sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[.

Autre rédaction, sans dérivée : x↦x2−3x\mapsto x^{2}-3 est croissante et strictement positive sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[, et ln⁡\ln est croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ ; par composition, gg est croissante. Erreur fréquente : écrire g′(x)=1x2−3g'(x)=\dfrac{1}{x^{2}-3}, en oubliant la dérivée 2x2x de la fonction intérieure.

B.2.a. Pour tout entier naturel nn, on note P(n)P(n) la propriété : « 4⩽un⩽un+1⩽64\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 6 ». Remarquons que un+1=g(un)u_{n+1}=g(u_{n}) dès que un⩾2u_{n}\geqslant 2.

Initialisation : u0=5u_{0}=5 et u1=2+ln⁡(52−3)=2+ln⁡(22)≈5,091u_{1}=2+\ln(5^{2}-3)=2+\ln(22)\approx 5{,}091. On a bien 4⩽5⩽5,091⩽64\leqslant 5\leqslant 5{,}091\leqslant 6 : P(0)P(0) est vraie.

Hérédité : soit nn un entier naturel tel que P(n)P(n) soit vraie, c'est-à-dire 4⩽un⩽un+1⩽64\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 6. Tous ces nombres sont dans [2 ;+∞[[2\,;+\infty[, où gg est croissante (question B.1) : appliquer gg conserve l'ordre, donc g(4)⩽g(un)⩽g(un+1)⩽g(6)g(4)\leqslant g(u_{n})\leqslant g(u_{n+1})\leqslant g(6), soit g(4)⩽un+1⩽un+2⩽g(6)g(4)\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant g(6).

Or g(4)=2+ln⁡(13)≈4,565g(4)=2+\ln(13)\approx 4{,}565, donc g(4)⩾4g(4)\geqslant 4, et g(6)=2+ln⁡(33)≈5,497g(6)=2+\ln(33)\approx 5{,}497, donc g(6)⩽6g(6)\leqslant 6. Par conséquent 4⩽un+1⩽un+2⩽64\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 6 : P(n+1)P(n+1) est vraie.

Conclusion : P(0)P(0) est vraie et la propriété est héréditaire ; par le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn, 4⩽un⩽un+1⩽64\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 6.

Pièges : oublier de comparer g(4)g(4) à 44 et g(6)g(6) à 66, étape sans laquelle l'encadrement ne se transmet pas ; et appliquer gg sans dire POURQUOI l'ordre est conservé, ce qui est le rôle de la question B.1.

B.2.b. D'après la question précédente, pour tout nn, un⩽un+1u_{n}\leqslant u_{n+1} : la suite (un)(u_{n}) est croissante. Et un⩽6u_{n}\leqslant 6 : elle est majorée par 66. Par le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge : la suite (un)(u_{n}) converge.

Le théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur : la limite est inférieure ou égale à 66, mais rien ne dit qu'elle vaut 66. C'est l'objet de la partie C. Par passage à la limite dans les inégalités, on sait déjà que cette limite ℓ\ell vérifie 4⩽ℓ⩽64\leqslant\ell\leqslant 6.

C.1.a. On travaille sur chacun des deux intervalles de monotonie du tableau.

Sur [2 ;3][2\,;3] : f(2)=2+ln⁡(4−3)−2=2+0−2=0f(2)=2+\ln(4-3)-2=2+0-2=0, donc 22 est solution. Comme ff est strictement croissante sur [2 ;3][2\,;3], pour tout x∈ ]2 ;3]x\in\,]2\,;3], f(x)>f(2)=0f(x)>f(2)=0 : il n'y a pas d'autre solution sur [2 ;3][2\,;3].

Sur [3 ;+∞[[3\,;+\infty[ : ff est continue (elle est dérivable), strictement décroissante, avec f(3)=ln⁡(6)−1≈0,792>0f(3)=\ln(6)-1\approx 0{,}792>0 et lim⁡x→+∞f(x)=−∞\lim\limits_{x\to+\infty}f(x)=-\infty. Comme 0∈ ]−∞ ;ln⁡(6)−1]0\in\,]-\infty\,;\ln(6)-1], le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (cas strictement monotone) assure que l'équation f(x)=0f(x)=0 admet une unique solution sur [3 ;+∞[[3\,;+\infty[, et elle n'est pas 33 puisque f(3)≠0f(3)\neq 0.

Au total, l'équation f(x)=0f(x)=0 admet exactement deux solutions sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[ : α=2\alpha=2 et β∈ ]3 ;+∞[\beta\in\,]3\,;+\infty[, avec α<β\alpha<\beta.

Pièges : sur [2 ;3][2\,;3], le théorème des valeurs intermédiaires ne s'applique pas tel quel, 00 étant une BORNE de l'intervalle image ; c'est la valeur f(2)=0f(2)=0 et la stricte croissance qui règlent ce cas. Et sur [3 ;+∞[[3\,;+\infty[, il faut citer les trois hypothèses : continuité, stricte monotonie, et 00 dans l'intervalle image.

C.1.b. Valeur exacte : α=2\alpha=2, puisque f(2)=0f(2)=0 (question précédente).

Pour β\beta, on procède par balayage à la calculatrice (ou par dichotomie). f(5)≈0,091>0f(5)\approx 0{,}091>0 et f(6)≈−0,503<0f(6)\approx -0{,}503<0, donc 5<β<65<\beta<6 ; puis f(5,163 5)≈3,6×10−4>0f(5{,}163\,5)\approx 3{,}6\times 10^{-4}>0 et f(5,164 5)≈−2,0×10−4<0f(5{,}164\,5)\approx -2{,}0\times 10^{-4}<0, donc 5,163 5<β<5,164 55{,}163\,5<\beta<5{,}164\,5. Une valeur approchée à 10−310^{-3} près est β≈5,164\beta\approx 5{,}164.

Erreur fréquente : donner un encadrement d'amplitude 10−310^{-3}, 5,164<β<5,1655{,}164<\beta<5{,}165, puis la borne 5,1655{,}165 comme valeur approchée ; l'encadrement par 5,163 55{,}163\,5 et 5,164 55{,}164\,5 est celui qui garantit l'arrondi au millième.

C.2. D'après la partie B, la suite converge vers ℓ\ell et, pour tout nn, 4⩽un⩽64\leqslant u_{n}\leqslant 6 ; par passage à la limite, 4⩽ℓ⩽64\leqslant\ell\leqslant 6. Pour tout nn, un+1=g(un)u_{n+1}=g(u_{n}). Quand n→+∞n\to+\infty, le membre de gauche tend vers ℓ\ell (même suite, décalée d'un rang). La fonction gg est continue sur [2 ;+∞[[2\,;+\infty[, puisque dérivable, et en particulier en ℓ\ell : g(un)g(u_{n}) tend vers g(ℓ)g(\ell). Par unicité de la limite, ℓ=g(ℓ)\ell=g(\ell).

Donc g(ℓ)−ℓ=0g(\ell)-\ell=0, c'est-à-dire 2+ln⁡(ℓ2−3)−ℓ=02+\ln\left(\ell^{2}-3\right)-\ell=0 : f(ℓ)=0f(\ell)=0. D'après la question C.1.a, ℓ=α=2\ell=\alpha=2 ou ℓ=β\ell=\beta. Comme ℓ⩾4\ell\geqslant 4, ℓ≠2\ell\neq 2 : la limite de la suite est ℓ=β≈5,164\ell=\beta\approx 5{,}164.

Cohérence avec la partie A : les termes affichés montaient vers 5,163 95{,}163\,9 au rang 88, juste sous 5,1645{,}164. Pièges : oublier de citer la continuité de gg, qui est la seule justification du passage à la limite dans g(un)g(u_{n}) ; et ne pas écarter la solution α=2\alpha=2, ce que fait la minoration un⩾4u_{n}\geqslant 4.

python
from math import log

def suite(k):
  L = []
  u = 5
  for i in range(k):
    L.append(u)
    u = 2 + log(u**2 - 3)
  return(L)

Exercice 4 : Vrai ou faux : intégration par parties, coefficients binomiaux et géométrie dans l'espace

5 points Géométrie dans l'espacePrimitives et intégrationCombinatoire et dénombrement

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse.

Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

  • 1. On considère la fonction ff définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par : f(x)=xln⁡(x)f(x)=x\ln(x).
  • Affirmation 1. ∫1ef(x) dx=e2+14\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}f(x)\,\mathrm{d}x=\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}
  • 2. Soient nn et kk deux entiers naturels non nuls tels que k⩽nk\leqslant n.
  • Affirmation 2. n×(n−1k−1)=k×(nk)n\times\dbinom{n-1}{k-1}=k\times\dbinom{n}{k}
  • 3. Pour les trois affirmations suivantes, on considère que l'espace est muni d'un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right).
  • Soit dd la droite de représentation paramétrique : {x=t+1y=2t+1z=−t,t∈R\begin{cases}x=t+1\\y=2t+1\\z=-t\end{cases},\quad t\in\mathbb{R}.
  • Soit d′d' la droite de représentation paramétrique : {x=2t′−1y=−t′+2z=t′+1,t′∈R\begin{cases}x=2t'-1\\y=-t'+2\\z=t'+1\end{cases},\quad t'\in\mathbb{R}.
  • Soit PP le plan d'équation cartésienne : 2x+y−2z+18=02x+y-2z+18=0.
  • Soit A le point de coordonnées (−1 ;−3 ;2)(-1\,;-3\,;2) et B le point de coordonnées (−5 ;−5 ;6)(-5\,;-5\,;6).
  • On appelle plan médiateur du segment [AB] le plan passant par le milieu du segment [AB] et orthogonal à la droite (AB).
  • Affirmation 3. Le point A appartient à la droite dd.
  • Affirmation 4. Les droites dd et d′d' sont sécantes.
  • Affirmation 5. Le plan PP est le plan médiateur du segment [AB].

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Affirmation 1
Affirmation 2
Affirmation 3
Affirmation 4
Affirmation 5
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Réponses

  • Affirmation 1 Vrai : par parties, ∫1exln⁡x dx=e22−e2−14=e2+14\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}x\ln x\,\mathrm{d}x=\dfrac{\mathrm{e}^{2}}{2}-\dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4}=\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}
  • Affirmation 2 Vrai : les deux membres valent n!(k−1)! (n−k)!\dfrac{n!}{(k-1)!\,(n-k)!}
  • Affirmation 3 Vrai : t=−2t=-2 donne (−1 ;−3 ;2)(-1\,;-3\,;2)
  • Affirmation 4 Faux : les deux premières équations imposent t=0t=0, t′=1t'=1, et la troisième donne 0≠20\neq 2 ; droites non coplanaires
  • Affirmation 5 Vrai : AB→(−4 ;−2 ;4)=−2n⃗\overrightarrow{\mathrm{AB}}(-4\,;-2\,;4)=-2\vec{n} avec n⃗(2 ;1 ;−2)\vec{n}(2\,;1\,;-2), et le milieu (−3 ;−4 ;4)(-3\,;-4\,;4) vérifie l'équation de PP

Affirmation 1. Méthode : la fonction x↦xln⁡(x)x\mapsto x\ln(x) est un produit dont on ne connaît pas directement de primitive ; on intègre par parties. Les fonctions u(x)=ln⁡(x)u(x)=\ln(x) et v(x)=x22v(x)=\dfrac{x^{2}}{2} sont dérivables sur [1 ;e][1\,;\mathrm{e}], de dérivées continues u′(x)=1xu'(x)=\dfrac{1}{x} et v′(x)=xv'(x)=x.

∫1exln⁡(x) dx=[x22ln⁡(x)]1e−∫1ex22×1x dx=(e22×1−12×0)−∫1ex2 dx\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}x\ln(x)\,\mathrm{d}x=\left[\dfrac{x^{2}}{2}\ln(x)\right]_{1}^{\mathrm{e}}-\int_{1}^{\mathrm{e}}\dfrac{x^{2}}{2}\times\dfrac{1}{x}\,\mathrm{d}x=\left(\dfrac{\mathrm{e}^{2}}{2}\times 1-\dfrac{1}{2}\times 0\right)-\int_{1}^{\mathrm{e}}\dfrac{x}{2}\,\mathrm{d}x.

Or ∫1ex2 dx=[x24]1e=e2−14\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}\dfrac{x}{2}\,\mathrm{d}x=\left[\dfrac{x^{2}}{4}\right]_{1}^{\mathrm{e}}=\dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4}. Donc ∫1ef(x) dx=e22−e2−14=2e2−e2+14=e2+14\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}f(x)\,\mathrm{d}x=\dfrac{\mathrm{e}^{2}}{2}-\dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4}=\dfrac{2\mathrm{e}^{2}-\mathrm{e}^{2}+1}{4}=\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}. L'affirmation 1 est VRAIE.

Vérification sans parties : la fonction F(x)=x22ln⁡(x)−x24F(x)=\dfrac{x^{2}}{2}\ln(x)-\dfrac{x^{2}}{4} a pour dérivée F′(x)=xln⁡(x)+x22×1x−x2=xln⁡(x)F'(x)=x\ln(x)+\dfrac{x^{2}}{2}\times\dfrac{1}{x}-\dfrac{x}{2}=x\ln(x) : c'est une primitive de ff, et F(e)−F(1)=e24−(−14)=e2+14≈2,097F(\mathrm{e})-F(1)=\dfrac{\mathrm{e}^{2}}{4}-\left(-\dfrac{1}{4}\right)=\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}\approx 2{,}097. La calculatrice donne la même valeur pour l'intégrale.

Le piège est le choix des rôles : dériver xx et primitiver ln⁡(x)\ln(x) mène à une primitive de ln⁡\ln que l'on ne connaît pas toujours, et l'intégrale obtenue est plus difficile que celle du départ. On dérive le logarithme, qui devient 1x\dfrac{1}{x} et simplifie le produit. Autre erreur : oublier que ln⁡(1)=0\ln(1)=0 et ln⁡(e)=1\ln(\mathrm{e})=1 dans le crochet.

Affirmation 2. Méthode : on écrit les coefficients binomiaux avec les factorielles, (nk)=n!k! (n−k)!\dbinom{n}{k}=\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}, valable pour 0⩽k⩽n0\leqslant k\leqslant n. Ici 1⩽k⩽n1\leqslant k\leqslant n, donc 0⩽k−1⩽n−10\leqslant k-1\leqslant n-1 et (n−1k−1)\dbinom{n-1}{k-1} a bien un sens.

Membre de gauche : n×(n−1k−1)=n×(n−1)!(k−1)! ((n−1)−(k−1))!=n×(n−1)!(k−1)! (n−k)!=n!(k−1)! (n−k)!n\times\dbinom{n-1}{k-1}=n\times\dfrac{(n-1)!}{(k-1)!\,\left((n-1)-(k-1)\right)!}=\dfrac{n\times(n-1)!}{(k-1)!\,(n-k)!}=\dfrac{n!}{(k-1)!\,(n-k)!}.

Membre de droite : k×(nk)=k×n!k! (n−k)!=n!(k−1)! (n−k)!k\times\dbinom{n}{k}=k\times\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}=\dfrac{n!}{(k-1)!\,(n-k)!}, car k!=k×(k−1)!k!=k\times(k-1)!, donc kk!=1(k−1)!\dfrac{k}{k!}=\dfrac{1}{(k-1)!}.

Les deux membres sont égaux : l'affirmation 2 est VRAIE. Vérification sur un exemple, n=5n=5 et k=2k=2 : 5×(41)=5×4=205\times\dbinom{4}{1}=5\times 4=20 et 2×(52)=2×10=202\times\dbinom{5}{2}=2\times 10=20.

Lecture par le dénombrement, pour qui préfère : dans un groupe de nn personnes, on forme une équipe de kk personnes avec un capitaine. On peut choisir l'équipe puis son capitaine, (nk)×k\dbinom{n}{k}\times k façons, ou d'abord le capitaine puis ses k−1k-1 coéquipiers parmi les n−1n-1 autres, n×(n−1k−1)n\times\dbinom{n-1}{k-1} façons. On compte le même ensemble de deux manières. Erreur fréquente : simplifier (n−1)−(k−1)(n-1)-(k-1) en n−k−2n-k-2.

Affirmation 3. Méthode : un point appartient à une droite donnée par une représentation paramétrique s'il existe UNE valeur du paramètre qui donne ses trois coordonnées.

On cherche tt tel que t+1=−1t+1=-1, 2t+1=−32t+1=-3 et −t=2-t=2. La première équation donne t=−2t=-2 ; on vérifie les deux autres avec cette valeur : 2×(−2)+1=−32\times(-2)+1=-3 et −(−2)=2-(-2)=2. Les trois coordonnées de A sont obtenues pour t=−2t=-2 : le point A appartient à la droite dd. L'affirmation 3 est VRAIE.

Piège : résoudre chaque équation séparément sans vérifier que les trois donnent la MÊME valeur de tt ; trois valeurs différentes prouveraient au contraire que le point n'est pas sur la droite.

Affirmation 4. Méthode : deux droites de l'espace sont sécantes si elles ont un unique point commun. On examine d'abord le parallélisme, puis on cherche un point commun, avec DEUX paramètres distincts tt et t′t'.

Vecteurs directeurs, lus sur les coefficients des paramètres : u⃗(12−1)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\2\\-1\end{pmatrix} pour dd et u′⃗(2−11)\vec{u'}\begin{pmatrix}2\\-1\\1\end{pmatrix} pour d′d'. Ils ne sont pas colinéaires : les premières coordonnées imposeraient un rapport 22, les deuxièmes un rapport −12-\dfrac{1}{2}. Les droites ne sont donc pas parallèles.

Un point commun correspondrait à un couple (t ;t′)(t\,;t') tel que t+1=2t′−1t+1=2t'-1, 2t+1=−t′+22t+1=-t'+2 et −t=t′+1-t=t'+1. La première équation donne t=2t′−2t=2t'-2 ; reportée dans la deuxième : 2(2t′−2)+1=−t′+22(2t'-2)+1=-t'+2, soit 4t′−3=−t′+24t'-3=-t'+2, soit 5t′=55t'=5 et t′=1t'=1, puis t=0t=0.

On teste la troisième équation : −t=0-t=0 alors que t′+1=2t'+1=2, et 0≠20\neq 2. Le système n'a pas de solution : les droites n'ont aucun point commun. Non parallèles et sans point commun, elles sont non coplanaires. L'affirmation 4 est FAUSSE.

Contrôle : t=0t=0 donne sur dd le point (1 ;1 ;0)(1\,;1\,;0), et t′=1t'=1 donne sur d′d' le point (1 ;1 ;2)(1\,;1\,;2) ; ils ont mêmes abscisse et ordonnée mais pas la même cote. Erreurs fréquentes : utiliser la même lettre tt pour les deux droites, ou s'arrêter après deux équations sans vérifier la troisième, qui est justement celle qui tranche.

Affirmation 5. Méthode : d'après la définition de l'énoncé, il faut vérifier deux conditions, que PP est orthogonal à la droite (AB) et que PP passe par le milieu de [AB].

Orthogonalité : un vecteur normal de PP se lit sur les coefficients de son équation cartésienne, n⃗(21−2)\vec{n}\begin{pmatrix}2\\1\\-2\end{pmatrix}. Et AB→(−5−(−1)−5−(−3)6−2)=(−4−24)=−2n⃗\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix}-5-(-1)\\-5-(-3)\\6-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-4\\-2\\4\end{pmatrix}=-2\vec{n}. Les deux vecteurs sont colinéaires : le plan PP est orthogonal à la droite (AB).

Milieu I de [AB] : I(−1+(−5)2 ;−3+(−5)2 ;2+62)=(−3 ;−4 ;4)\mathrm{I}\left(\dfrac{-1+(-5)}{2}\,;\dfrac{-3+(-5)}{2}\,;\dfrac{2+6}{2}\right)=(-3\,;-4\,;4). On remplace dans l'équation de PP : 2×(−3)+(−4)−2×4+18=−6−4−8+18=02\times(-3)+(-4)-2\times 4+18=-6-4-8+18=0. Le point I appartient à PP.

Les deux conditions sont remplies : PP est le plan médiateur du segment [AB]. L'affirmation 5 est VRAIE.

Vérification par l'équidistance, propriété caractéristique du plan médiateur : A\mathrm{A} et B\mathrm{B} donnent dans le premier membre de l'équation 2×(−1)−3−4+18=92\times(-1)-3-4+18=9 et 2×(−5)−5−12+18=−92\times(-5)-5-12+18=-9, valeurs opposées : A et B sont de part et d'autre de PP, à la même distance. Pièges : ne vérifier qu'une des deux conditions, et calculer le produit scalaire n⃗⋅AB→\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}, qui, nul, prouverait au contraire que la droite est parallèle au plan.

Il manque quelque chose dans cette série ? Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/bac-2025-maths-polynesie-septembre-j1. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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