Exercice 1 : Probabilités : permis de conduire et conduite accompagnée, loi binomiale et Bienaymé-Tchebychev
5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
En France il y a deux formules pour obtenir le permis de conduire :
• Suivre à partir de 15 ans une formation de conduite accompagnée pendant 2 ans ;
• Suivre la formation classique (sans conduite accompagnée) à partir de 17 ans.
En France actuellement, parmi les jeunes qui suivent une formation au permis de conduire, choisissent la formation de conduite accompagnée, et parmi eux, réussissent l'examen de conduite dès leur première tentative.
En suivant la formation classique, le taux de réussite dès la première tentative est seulement de .
On choisit au hasard un jeune français qui a déjà passé l'examen de conduite et on considère les évènements et suivants :
• : « le jeune a suivi la formation de conduite accompagnée » ;
• : « le jeune a eu le permis dès sa première tentative ».
On arrondira les résultats à près, si nécessaire.
- Partie A
- A.1. Dresser un arbre de probabilités modélisant cette situation.
- A.2.a. Démontrer que .
- Dans la suite, on gardera la valeur arrondie à près.
- A.2.b. Donner ce résultat en pourcentage et l'interpréter dans le contexte de l'exercice.
- A.3. On choisit un jeune ayant eu son permis dès sa première tentative. Quelle est la probabilité qu'il ait suivi la formation de conduite accompagnée ?
- A.4. Quelle devrait être la proportion de jeunes suivant la formation de conduite accompagnée si on voulait que le taux de réussite global (quelle que soit la formation choisie) dès la première tentative à l'examen de conduite dépasse ?
- Partie B
- Une auto-école présente pour la première fois à l'examen de conduite 10 candidats qui ont suivi la formation de conduite accompagnée. On modélise le fait de passer les examens de conduite par des épreuves aléatoires indépendantes.
- On note la variable aléatoire donnant le nombre de ces 10 candidats qui auront leur permis dès la première tentative.
- B.1. Justifier que suit une loi binomiale de paramètres et .
- B.2. Calculer . Interpréter ce résultat.
- B.3. Déterminer et .
- 4. Il y a aussi 40 candidats qui n'ont pas suivi la formation de conduite accompagnée et qui se présentent pour la première fois à l'examen de conduite. De la même manière, on note la variable aléatoire qui donne le nombre de ces candidats qui auront le permis à la première tentative. On admet que est indépendante de la variable et qu'en fait et .
- On note alors la variable aléatoire comptant le nombre total de candidats (parmi les 50) qui auront le permis de conduire dès la première tentative dans cette auto-école.
- B.4.a. Exprimer en fonction de et . En déduire et .
- B.4.b. En utilisant l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que la probabilité qu'il y ait au plus 20 ou au moins 40 candidats qui aient leur permis dès la première tentative est inférieure à .
Voir la correction
Réponses
- A.1 Premier niveau , ; puis , , ,
- A.2.a
- A.2.b : environ des jeunes qui ont passé l'examen l'ont réussi dès la première tentative
- A.3
- A.4 Il faudrait une proportion , soit plus de environ des jeunes en conduite accompagnée
- B.1 épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes, succès « permis du premier coup » de probabilité :
- B.2 : environ de chances qu'au moins 6 des 10 candidats l'aient du premier coup
- B.3 ;
- B.4.a ; ;
- B.4.b
A.1. Méthode : chaque pourcentage de l'énoncé se rapporte à une population, et c'est elle qui décide de sa place dans l'arbre. « Parmi les jeunes qui suivent une formation, choisissent la conduite accompagnée » porte sur TOUS les jeunes : c'est , sur la première branche. « Parmi eux, réussissent » porte sur les jeunes en conduite accompagnée : c'est une probabilité conditionnelle, . Le taux de la formation classique porte sur les jeunes SANS conduite accompagnée : .
Les autres branches s'obtiennent par l'événement contraire, la somme des probabilités issues d'un même nœud valant : , et .
L'arbre a donc un premier niveau () et (), puis, de chacun de ces nœuds, les branches et : et après , et après . Il est dessiné en fin de corrigé, avec la probabilité de chaque chemin en bout de branche.
Erreur fréquente : placer ou sur la première branche, ou commencer l'arbre par . L'ordre de l'arbre suit l'ordre des informations : on connaît d'abord la formation, puis la réussite SACHANT la formation.
A.2.a. Méthode : formule des probabilités totales, avec la partition de l'univers (un jeune a suivi l'une des deux formations, et une seule). .
Chaque intersection se lit sur un chemin de l'arbre, par la formule des probabilités composées : et .
Donc , la valeur annoncée. C'est une valeur EXACTE : la question dit « démontrer », on ne l'arrondit pas ici.
Vérification : est une moyenne des deux taux de réussite, pondérée par la part de chaque formation, donc elle est comprise entre et , et beaucoup plus proche de puisque des jeunes suivent la formation classique. C'est bien le cas.
A.2.b. , soit . Interprétation : parmi les jeunes qui ont déjà passé l'examen de conduite, environ ont obtenu le permis dès leur première tentative, toutes formations confondues ; autrement dit, à peu près six jeunes sur dix.
L'interprétation doit nommer la population (les jeunes ayant passé l'examen, toutes formations confondues) et l'événement (réussite dès la première tentative). Erreur fréquente : écrire « des jeunes en conduite accompagnée réussissent », ce qui confond le taux global avec un taux conditionnel.
A.3. On sait que le jeune a eu son permis dès sa première tentative : l'événement est réalisé, et l'on cherche la probabilité conditionnelle . L'arbre part de , la question part de : on « retourne » l'arbre en revenant à la définition d'une probabilité conditionnelle, ce qui est la démarche de la formule de Bayes.
. Avec la valeur exacte , on trouve , le même arrondi. Un jeune qui a eu son permis du premier coup a donc suivi la conduite accompagnée avec une probabilité d'environ , soit une chance sur cinq.
Cohérence : est supérieur à . Savoir que le jeune a réussi du premier coup augmente la probabilité qu'il ait suivi la conduite accompagnée, ce qui est logique puisque cette formation a le meilleur taux de réussite.
Pièges : confondre et , ou diviser par au lieu de . Le dénominateur est toujours la probabilité de l'événement DONNÉ, celui qu'on sait réalisé.
A.4. On note la proportion de jeunes qui suivent la conduite accompagnée, avec . Les taux de réussite de chaque formation ne changent pas : seul le premier niveau de l'arbre devient et . Par la formule des probabilités totales, comme en A.2.a, le taux de réussite global vaut .
On veut : , car ne change pas le sens de l'inégalité. Or .
Il faudrait donc que plus de environ des jeunes (précisément, une proportion strictement supérieure à ) suivent la formation de conduite accompagnée, contre aujourd'hui.
Vérification aux bords : pour , ; pour , . Et l'objectif est atteignable puisque : même avec de conduite accompagnée, le taux ne dépasserait pas .
Erreur fréquente : écrire , en oubliant que les jeunes de la formation classique réussissent aussi ; on trouverait , beaucoup trop.
B.1. Méthode : on reconnaît un schéma de Bernoulli. Pour chacun des 10 candidats, l'examen est une épreuve à deux issues : le succès « le candidat a le permis dès la première tentative », l'échec sinon. Les 10 candidats ayant suivi la conduite accompagnée, la probabilité du succès est , la même pour chacun.
L'énoncé modélise les examens par des épreuves aléatoires indépendantes : on répète donc fois, de façon indépendante, la même épreuve de Bernoulli de paramètre . La variable compte le nombre de succès : elle suit la loi binomiale de paramètres et .
Les trois éléments à citer sont le nombre de répétitions, l'identité ET l'indépendance des épreuves, et ce que compte . Piège : prendre , le taux global, alors que les 10 candidats ont tous suivi la conduite accompagnée.
B.2. On passe par l'événement contraire : . La calculatrice donne (fonction de répartition de la loi binomiale), d'où .
Détail, par la formule : , , , et , dont la somme redonne .
Interprétation : la probabilité qu'au moins 6 des 10 candidats de l'auto-école obtiennent leur permis dès leur première tentative est d'environ , soit à peu près .
Erreur fréquente : calculer , qui est . Le complémentaire de « au moins 6 » est « au plus 5 ».
B.3. Pour une loi binomiale : et . Ici et .
Interprétation de l'espérance : sur un grand nombre de groupes de 10 candidats en conduite accompagnée, il y a en moyenne réussites dès la première tentative par groupe. Piège : oublier le facteur dans la variance, ce qui donnerait , la valeur de l'espérance.
B.4.a. Les 50 candidats se répartissent en deux groupes disjoints : les 10 de la conduite accompagnée, dont compte les réussites, et les 40 de la formation classique, dont compte les réussites. Le nombre total de réussites est donc .
Par linéarité de l'espérance, valable sans aucune hypothèse : .
Les variables et étant INDÉPENDANTES (hypothèse de l'énoncé), la variance de leur somme est la somme de leurs variances : .
Le piège est d'additionner les variances sans citer l'indépendance : c'est elle seule qui l'autorise. L'espérance, elle, s'additionne toujours.
B.4.b. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à d'espérance et de variance , s'écrit pour tout réel : .
Traduisons l'événement. « Au plus 20 » s'écrit , soit ; « au moins 40 » s'écrit , soit . La réunion des deux est l'événement : les bornes et sont à la même distance de l'espérance, et c'est ce qui permet d'appliquer l'inégalité avec .
On obtient . Comme , la probabilité qu'il y ait au plus 20 ou au moins 40 candidats reçus dès la première tentative est bien inférieure à .
Pièges : prendre , l'écart entre les deux bornes, au lieu de la demi-largeur ; et diviser par au lieu de . L'inégalité ne demande rien sur la loi de : elle ne sert qu'à majorer, souvent grossièrement, la probabilité de s'écarter de la moyenne.
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