Exercice 1 : Probabilités : contrôle des réacteurs nucléaires, loi de la production et Bienaymé-Tchebychev
4 points Arbres pondérés et probabilités totalesSommes de variables aléatoires et concentrationLes variables aléatoires
- Partie A
- L'agence de sûreté nucléaire ASNR contrôle les installations des centrales nucléaires afin de garantir leur sécurité et leur conformité. La fréquence des contrôles dépend de l'état du réacteur.
- On considère que dans le parc nucléaire français :
• des réacteurs sont en arrêt pour maintenance ;
• des réacteurs fonctionnent au ralenti ;
• le reste des réacteurs du parc nucléaire est en état de fonctionnement normal. - On considère également que parmi les réacteurs en arrêt, sont contrôlés et que parmi les réacteurs fonctionnant au ralenti, sont contrôlés.
- On choisit au hasard un réacteur dans le parc nucléaire français, et on note :
• l'évènement « Le réacteur est en arrêt » ;
• l'évènement « Le réacteur fonctionne au ralenti » ;
• l'évènement « Le réacteur fonctionne normalement » ;
• l'évènement « Le réacteur subit un contrôle ». - Pour un évènement quelconque , on désigne par son évènement contraire et par sa probabilité.
- On note la probabilité que le réacteur subisse un contrôle sachant qu'il fonctionne normalement, c'est-à-dire .
- A.1. Recopier l'arbre des probabilités ci-contre en complétant les pointillés à l'aide des données de l'énoncé.
- A.2. Calculer la probabilité que le réacteur soit en arrêt et qu'il subisse un contrôle.
- On sait de plus que la probabilité qu'un réacteur du parc nucléaire soit contrôlé est égale à .
- A.3. Montrer que la probabilité est égale à .
- A.4. Le réacteur choisi subit un contrôle. Déterminer la probabilité qu'il fonctionne normalement.
- Partie B
- Dans le Sud de la France, on compte 12 réacteurs nucléaires qu'on numérote de 1 à 12.
- On sait que lorsque le réacteur fonctionne normalement, sa production journalière est égale à 16 GWh (gigawattheure), lorsque le réacteur fonctionne au ralenti, sa production journalière est réduite à 10 GWh et enfin lorsque le réacteur est à l'arrêt, sa production journalière est nulle.
- On rappelle que , et .
- 1. On désigne par la variable aléatoire qui modélise la production journalière en GWh d'un réacteur.
- B.1.a. Recopier le tableau ci-dessous et compléter les pointillés donnant la loi de probabilité de la variable aléatoire . On notera les valeurs prises par la variable aléatoire et les probabilités égales à .
- B.1.b. Montrer que l'espérance de la variable aléatoire est égale à et que sa variance est égale à .
- 2. Pour tout entier naturel compris entre 1 et 12, on note la variable aléatoire qui modélise la production journalière en GWh du -ème réacteur.
- Ainsi, par exemple, désigne la variable aléatoire qui modélise la production journalière en GWh du 2-ième réacteur.
- On suppose que les variables suivent la même loi de probabilité que la variable aléatoire , et qu'elles sont indépendantes.
- On considère la variable aléatoire qui donne la production totale journalière des 12 réacteurs. On a ainsi .
- On note l'espérance de la variable aléatoire et sa variance.
- B.2.a. Montrer que et .
- B.2.b. Afin d'éviter le risque de surcharge du réseau et de couvrir l'ensemble des besoins en électricité, la production totale journalière des 12 réacteurs doit être comprise strictement entre 100 GWh et 200 GWh. Peut-on affirmer que la probabilité d'éviter le risque de surcharge et de couvrir l'ensemble des besoins en électricité est supérieure à ? Justifier.
Voir la correction
Réponses
- A.1 , , ; , ; , ; ,
- A.2
- A.3 , donc et
- A.4
- B.1.a : , , ; : , ,
- B.1.b ; , donc
- B.2.a ; (variables indépendantes)
- B.2.b Oui :
A.1. Méthode : sur un arbre pondéré, les branches du premier niveau portent les probabilités des événements , et , qui forment une partition de l'univers (un réacteur est dans un et un seul des trois états) ; les branches du second niveau portent des probabilités CONDITIONNELLES, sachant le nœud dont elles partent.
Premier niveau : l'énoncé donne et . « Le reste » des réacteurs fonctionne normalement, donc .
Second niveau : « parmi les réacteurs en arrêt, sont contrôlés » donne , d'où . De même, « parmi les réacteurs fonctionnant au ralenti, sont contrôlés » donne et . Sur la dernière branche, est déjà écrit, et la branche vers porte .
Contrôle : les probabilités issues d'un même nœud ont pour somme , soit , , et . L'arbre complété, avec la valeur établie en A.3 et les probabilités des six chemins, figure en fin de corrigé.
Erreur fréquente : écrire sur la branche qui mène à . Ce nombre est une proportion PARMI les réacteurs à l'arrêt, donc une probabilité conditionnée par : sa place est sur la branche de vers . Autre oubli : laisser un pointillé sur la branche de vers , alors que est la seule écriture possible tant que est inconnu.
A.2. L'événement « le réacteur est en arrêt et subit un contrôle » est . Sa probabilité se lit sur le chemin de l'arbre qui passe par puis (formule des probabilités composées) : .
Contrôle de cohérence : une intersection est plus petite que chacun des événements, et en effet . Erreur fréquente : répondre , qui est la probabilité d'être contrôlé SACHANT que le réacteur est à l'arrêt, et non celle de « à l'arrêt ET contrôlé ».
A.3. Méthode : formule des probabilités totales, avec la partition de l'univers : .
Chaque terme se lit sur un chemin de l'arbre : (question A.2), et . Donc .
Comme : , soit et . La probabilité qu'un réacteur qui fonctionne normalement soit contrôlé vaut bien .
Vérification : avec , . Piège : la partition compte TROIS événements, pas deux ; oublier la branche , la plus discrète, donnerait et , une valeur fausse.
A.4. On sait que le réacteur subit un contrôle : on cherche une probabilité conditionnée par , soit . L'arbre commence par l'état du réacteur, la question part du contrôle : on revient à la définition d'une probabilité conditionnelle (c'est la démarche de la formule de Bayes).
. Un réacteur contrôlé fonctionne normalement avec une probabilité d'environ .
Lecture du résultat : les réacteurs en fonctionnement normal représentent du parc mais seulement environ des réacteurs contrôlés, car les contrôles visent surtout les réacteurs à l'arrêt (). Erreur fréquente : confondre avec . Le dénominateur est toujours la probabilité de l'événement DONNÉ, celui qu'on sait réalisé, ici .
B.1.a. La production journalière d'un réacteur dépend uniquement de son état : GWh s'il fonctionne normalement (événement ), GWh au ralenti (), GWh à l'arrêt (). Les valeurs prises par sont donc , et , avec , et .
Le tableau complété figure en fin de corrigé. Contrôle : . Le piège est de croire que les probabilités de contrôle de la partie A interviennent encore : la production ne dépend pas du contrôle, seulement de l'état du réacteur. On range les valeurs dans l'ordre croissant, comme le suggère le déjà placé en première colonne.
B.1.b. Définition de l'espérance : .
Variance, par la formule de König-Huygens : , donc .
Vérification par la définition : , la même valeur.
Interprétation : sur un grand nombre de jours, un réacteur produit en moyenne GWh par jour ; l'écart type GWh dit que cette production est très dispersée, entre et . Erreur fréquente : soustraire au lieu de , ou oublier d'élever les valeurs au carré dans .
B.2.a. Espérance : par linéarité de l'espérance, valable sans aucune hypothèse, , puisque chaque suit la loi de .
Variance : les variables sont INDÉPENDANTES, donc la variance de leur somme est la somme de leurs variances : .
Le piège de la question : écrire et en déduire . Ce serait la variance de la production d'UN réacteur multipliée par , comme si les douze réacteurs étaient toujours dans le même état. Les ont la même loi, mais ce ne sont pas les mêmes variables : leurs écarts à la moyenne se compensent en partie, et la variance n'est multipliée que par . L'espérance, elle, vaut dans les deux cas. Autre faute qui coûte des points : additionner les variances sans citer l'indépendance, qui seule le permet.
B.2.b. Méthode : l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à d'espérance et de variance , s'écrit pour tout réel : .
L'intervalle est centré en , de demi-largeur : . Avec : .
L'événement « » est le contraire de « » ; passer au contraire renverse l'inégalité : .
Comme , on peut affirmer que la probabilité d'éviter le risque de surcharge et de couvrir l'ensemble des besoins en électricité est supérieure à . La réponse est OUI.
Les strictes de l'énoncé tombent juste : le contraire de est exactement , c'est-à-dire , bornes exclues. Pièges : prendre , la largeur entière, ce qui donnerait un minorant faux ; oublier de passer à l'événement contraire et comparer à . Enfin, l'inégalité ne donne qu'un MINORANT : la vraie probabilité est en général bien plus grande, mais c'est ce minorant qui permet d'« affirmer ».
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