Maths complémentaires, Terminale • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : lois à densité et temps d'attente (maths complémentaires)

Voici une série d'exercices corrigés sur les lois à densité pour l'option mathématiques complémentaires de Terminale, programme français. Elle s'adresse aux élèves des lycées français, dont le Lycée Marie de France et le Collège Stanislas à Montréal, et à tout élève de l'option qui prépare ses devoirs sur la loi uniforme et la loi exponentielle.

Le fil de la série tient en une phrase : une probabilité est une AIRE sous la densité, jamais une hauteur. f(a)f(a) n'est pas P(X=a)P(X=a), qui vaut toujours 00 ; une densité peut dépasser 11 ; P(c≤X≤d)P(c\le X\le d) se lit F(d)−F(c)F(d)-F(c). Presque toutes les erreurs du chapitre, de la densité négative acceptée à la médiane prise pour la moyenne, viennent d'une hauteur lue à la place d'une aire.

La loi normale n'est pas au programme de l'option : elle n'apparaît nulle part ici. Le lien avec la loi géométrique, version discrète du même temps d'attente, est fait à l'exercice 6.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

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Ce chapitre fait partie de Maths complémentaires en Terminale
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (10 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Probabilités conditionnelles et arbres pondérésSeconde, Mathématiques
  2. 2Les suites numériquesPremière, Mathématiques
  3. 3La dérivationPremière, Mathématiques
  4. 4La fonction exponentiellePremière, Mathématiques
  5. 5Probabilités conditionnellesPremière, Mathématiques
  6. 6Les variables aléatoiresPremière, Mathématiques
  7. 7Fonctions et modèles d'évolution
  8. 8La fonction logarithme, approche historique
  9. 9Intégrales et calculs d'aires
  10. 10Probabilités et statistiques

Rappel de cours

  • • DENSITÉ sur un intervalle II : fonction continue (par morceaux), POSITIVE sur II, d'aire totale ∫If(x) dx=1\int_{I}f(x)\,dx=1. Les deux conditions se vérifient.
  • • P(c≤X≤d)=∫cdf(x) dxP(c\le X\le d)=\int_{c}^{d}f(x)\,dx : une probabilité est une AIRE. P(X=a)=0P(X=a)=0, donc P(X<a)=P(X≤a)P(X<a)=P(X\le a).
  • • FONCTION DE RÉPARTITION : F(x)=P(X≤x)F(x)=P(X\le x), aire accumulée depuis la borne gauche ; P(c≤X≤d)=F(d)−F(c)P(c\le X\le d)=F(d)-F(c).
  • • ESPÉRANCE : E(X)=∫Ix f(x) dxE(X)=\int_{I}x\,f(x)\,dx. VARIANCE : V(X)=∫I(x−E(X))2f(x) dx=E(X2)−E(X)2V(X)=\int_{I}(x-E(X))^{2}f(x)\,dx=E(X^{2})-E(X)^{2}.
  • • LOI UNIFORME sur [a ;b][a\,;b] : densité 1b−a\dfrac{1}{b-a}, P(c≤X≤d)=d−cb−aP(c\le X\le d)=\dfrac{d-c}{b-a}, E(X)=a+b2E(X)=\dfrac{a+b}{2}, V(X)=(b−a)212V(X)=\dfrac{(b-a)^{2}}{12}. random() suit la loi uniforme sur [0 ;1[[0\,;1[.
  • • LOI EXPONENTIELLE de paramètre λ>0\lambda>0 : densité λe−λx\lambda\mathrm{e}^{-\lambda x} sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, F(x)=1−e−λxF(x)=1-\mathrm{e}^{-\lambda x}, P(X>x)=e−λxP(X>x)=\mathrm{e}^{-\lambda x}, E(X)=1λE(X)=\dfrac{1}{\lambda}, médiane ln⁡2λ\dfrac{\ln 2}{\lambda}.
  • • ABSENCE DE MÉMOIRE : PX>s(X>s+t)=P(X>t)P_{X>s}(X>s+t)=P(X>t). La loi exponentielle est la loi continue sans mémoire, la loi géométrique la loi discrète sans mémoire.
  • • SIMULATION : si UU suit la loi uniforme sur [0 ;1[[0\,;1[, alors −ln⁡(1−U)λ-\dfrac{\ln(1-U)}{\lambda} suit la loi exponentielle de paramètre λ\lambda.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Est-ce une densité ? Deux conditions, pas une

Une fonction ff définie sur un intervalle II est une DENSITÉ DE PROBABILITÉ sur II si elle est continue (éventuellement par morceaux), POSITIVE sur II, et si l'aire totale sous sa courbe vaut 11, c'est-à-dire ∫If(x) dx=1\int_{I}f(x)\,dx=1. Une variable aléatoire XX de densité ff vérifie alors P(c≤X≤d)=∫cdf(x) dxP(c\le X\le d)=\int_{c}^{d}f(x)\,dx pour tout intervalle [c ;d][c\,;d] inclus dans II.

On étudie quatre fonctions. La figure représente les deux premières sur [0 ;2][0\,;2] : f1(x)=1−x2f_{1}(x)=1-\dfrac{x}{2} en trait plein et f2(x)=1,5−xf_{2}(x)=1{,}5-x en pointillés.

-0,50,511,522,5-1-0,50,511,5f₂f₁
  • a) Montrez que f1f_{1} est une densité de probabilité sur [0 ;2][0\,;2].
  • b) Calculez ∫02f2(x) dx\int_{0}^{2}f_{2}(x)\,dx. La fonction f2f_{2} est-elle une densité sur [0 ;2][0\,;2] ? Justifiez.
  • c) Déterminez le réel k>0k>0 pour lequel f3(x)=kx2f_{3}(x)=kx^{2} est une densité sur [0 ;3][0\,;3].
  • d) Déterminez le réel k>0k>0 pour lequel f4(x)=k e−xf_{4}(x)=k\,\mathrm{e}^{-x} est une densité sur [0 ;ln⁡4][0\,;\ln 4].

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a)
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Réponses

  • a) f1≥0f_{1}\ge 0 sur [0 ;2][0\,;2] et ∫02f1(x) dx=1\int_{0}^{2}f_{1}(x)\,dx=1 : c'est une densité
  • b) ∫02f2(x) dx=1\int_{0}^{2}f_{2}(x)\,dx=1, mais f2(2)=−0,5<0f_{2}(2)=-0{,}5<0 : ce n'est PAS une densité
  • c) 9k=19k=1, donc k=19k=\dfrac{1}{9}
  • d) 34k=1\dfrac{3}{4}k=1, donc k=43k=\dfrac{4}{3}

a) On vérifie les DEUX conditions, dans l'ordre. Positivité : pour 0≤x≤20\le x\le 2, on a x2≤1\dfrac{x}{2}\le 1, donc f1(x)=1−x2≥0f_{1}(x)=1-\dfrac{x}{2}\ge 0 ; la fonction est de plus continue, affine. Aire totale : une primitive de f1f_{1} est x↦x−x24x\mapsto x-\dfrac{x^{2}}{4}, donc ∫02f1(x) dx=(2−44)−0=1\int_{0}^{2}f_{1}(x)\,dx=\left(2-\dfrac{4}{4}\right)-0=1. Contrôle géométrique : la région est un triangle de base 22 et de hauteur f1(0)=1f_{1}(0)=1, d'aire 2×12=1\dfrac{2\times 1}{2}=1. Les deux conditions sont remplies, f1f_{1} est une densité sur [0 ;2][0\,;2].

b) Une primitive de f2f_{2} est x↦1,5x−x22x\mapsto 1{,}5x-\dfrac{x^{2}}{2}, donc ∫02f2(x) dx=(3−2)−0=1\int_{0}^{2}f_{2}(x)\,dx=(3-2)-0=1. L'aire vaut 11, et pourtant f2f_{2} n'est PAS une densité : f2(2)=−0,5<0f_{2}(2)=-0{,}5<0, la fonction est négative sur ]1,5 ;2]]1{,}5\,;2], ce que montre la courbe pointillée passée sous l'axe. L'intégrale compte cette partie NÉGATIVEMENT : c'est l'aire du triangle au-dessus de l'axe, 1,5×1,52=1,125\dfrac{1{,}5\times 1{,}5}{2}=1{,}125, moins celle du petit triangle sous l'axe, 0,5×0,52=0,125\dfrac{0{,}5\times 0{,}5}{2}=0{,}125, qui fait bien 11. Si l'on acceptait f2f_{2}, on obtiendrait P(1,5≤X≤2)=−0,125P(1{,}5\le X\le 2)=-0{,}125, une probabilité négative. C'est tout le piège de l'exercice : vérifier seulement que l'intégrale vaut 11 coûte la question entière. La positivité se vérifie AVANT l'intégrale.

c) Pour k>0k>0, kx2≥0kx^{2}\ge 0 sur [0 ;3][0\,;3] : la positivité est acquise. Il reste l'aire : ∫03kx2 dx=k[x33]03=k×273=9k\int_{0}^{3}kx^{2}\,dx=k\left[\dfrac{x^{3}}{3}\right]_{0}^{3}=k\times\dfrac{27}{3}=9k. On impose 9k=19k=1, d'où k=19≈0,111k=\dfrac{1}{9}\approx 0{,}111. La constante n'est pas là pour décorer : elle NORMALISE, elle règle la hauteur de la courbe pour que l'aire totale fasse exactement 11. Sur un intervalle plus long, la même forme demanderait une constante plus petite.

d) k e−x>0k\,\mathrm{e}^{-x}>0 pour k>0k>0. Une primitive de e−x\mathrm{e}^{-x} est −e−x-\mathrm{e}^{-x} : le signe moins vient de la dérivée de −x-x, et l'oublier est l'erreur la plus fréquente ici. ∫0ln⁡4k e−x dx=k[−e−x]0ln⁡4=k(−e−ln⁡4+e0)=k(1−14)=34k\int_{0}^{\ln 4}k\,\mathrm{e}^{-x}\,dx=k\left[-\mathrm{e}^{-x}\right]_{0}^{\ln 4}=k\left(-\mathrm{e}^{-\ln 4}+\mathrm{e}^{0}\right)=k\left(1-\dfrac{1}{4}\right)=\dfrac{3}{4}k, car e−ln⁡4=1eln⁡4=14\mathrm{e}^{-\ln 4}=\dfrac{1}{\mathrm{e}^{\ln 4}}=\dfrac{1}{4}. On impose 34k=1\dfrac{3}{4}k=1, d'où k=43≈1,33k=\dfrac{4}{3}\approx 1{,}33. Remarquez que f4(0)=43>1f_{4}(0)=\dfrac{4}{3}>1 : une densité peut dépasser 11, puisque ce n'est pas une probabilité. Seule l'AIRE est bornée par 11.

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Exercice 2 : Le créneau de livraison : une probabilité est une aire

Un livreur annonce son passage entre 14 h et 16 h. On note XX l'instant de son passage, mesuré en heures après 14 h, et l'on modélise XX par la densité f(x)=0,75 x(2−x)f(x)=0{,}75\,x(2-x) sur [0 ;2][0\,;2], représentée ci-dessous. La courbe est symétrique par rapport à la droite x=1x=1.

-0,50,511,522,5-0,250,250,50,751y = f(x)
  • a) Vérifiez que ff est une densité de probabilité sur [0 ;2][0\,;2].
  • b) Montrez que la fonction de répartition de XX est F(x)=P(X≤x)=0,75x2−0,25x3F(x)=P(X\le x)=0{,}75x^{2}-0{,}25x^{3} pour x∈[0 ;2]x\in[0\,;2], puis calculez P(X≤0,5)P(X\le 0{,}5).
  • c) Calculez la probabilité que le livreur passe entre 14 h 30 et 15 h 30, puis celle qu'il passe après 15 h 30.
  • d) On a f(1)=0,75f(1)=0{,}75. Un élève en déduit : « le livreur a 75 %75\ \% de chances de passer à 15 h pile ». Que vaut P(X=1)P(X=1) ? Comparez P(X<1)P(X<1) et P(X≤1)P(X\le 1).

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Réponses

  • a) f≥0f\ge 0 sur [0 ;2][0\,;2] et ∫02f(x) dx=1\int_{0}^{2}f(x)\,dx=1
  • b) F(x)=∫0xf(t) dt=0,75x2−0,25x3F(x)=\int_{0}^{x}f(t)\,dt=0{,}75x^{2}-0{,}25x^{3} ; P(X≤0,5)=0,15625P(X\le 0{,}5)=0{,}15625
  • c) P(0,5≤X≤1,5)=0,6875P(0{,}5\le X\le 1{,}5)=0{,}6875 et P(X>1,5)=0,15625P(X>1{,}5)=0{,}15625
  • d) P(X=1)=0P(X=1)=0 ; P(X<1)=P(X≤1)=F(1)=0,5P(X<1)=P(X\le 1)=F(1)=0{,}5

a) Positivité : sur [0 ;2][0\,;2], x≥0x\ge 0 et 2−x≥02-x\ge 0, donc le produit 0,75 x(2−x)0{,}75\,x(2-x) est positif. Aire totale : on développe d'abord, f(x)=1,5x−0,75x2f(x)=1{,}5x-0{,}75x^{2}, dont une primitive est 0,75x2−0,25x30{,}75x^{2}-0{,}25x^{3}. Donc ∫02f(x) dx=0,75×4−0,25×8=3−2=1\int_{0}^{2}f(x)\,dx=0{,}75\times 4-0{,}25\times 8=3-2=1. Développer avant d'intégrer n'est pas un détail : on ne sait pas intégrer un produit facteur par facteur, et ∫x×∫(2−x)\int x\times\int(2-x) n'a aucun sens.

b) Par définition, F(x)=P(X≤x)=P(0≤X≤x)=∫0xf(t) dtF(x)=P(X\le x)=P(0\le X\le x)=\int_{0}^{x}f(t)\,dt : c'est l'AIRE ACCUMULÉE sous la courbe depuis la borne gauche. Avec la primitive du a), qui s'annule en 00, F(x)=0,75x2−0,25x3F(x)=0{,}75x^{2}-0{,}25x^{3}. Contrôles immédiats : F(0)=0F(0)=0, F(2)=3−2=1F(2)=3-2=1, et FF est croissante puisque sa dérivée est f≥0f\ge 0. Alors P(X≤0,5)=F(0,5)=0,75×0,25−0,25×0,125=0,1875−0,03125=0,15625P(X\le 0{,}5)=F(0{,}5)=0{,}75\times 0{,}25-0{,}25\times 0{,}125=0{,}1875-0{,}03125=0{,}15625 : environ une chance sur six que le livreur passe avant 14 h 30.

c) 14 h 30 et 15 h 30 correspondent à x=0,5x=0{,}5 et x=1,5x=1{,}5. L'aire entre ces deux bornes, ombrée sur la figure, se lit comme une DIFFÉRENCE de répartition : P(0,5≤X≤1,5)=F(1,5)−F(0,5)P(0{,}5\le X\le 1{,}5)=F(1{,}5)-F(0{,}5). Or F(1,5)=0,75×2,25−0,25×3,375=1,6875−0,84375=0,84375F(1{,}5)=0{,}75\times 2{,}25-0{,}25\times 3{,}375=1{,}6875-0{,}84375=0{,}84375, donc P(0,5≤X≤1,5)=0,84375−0,15625=0,6875P(0{,}5\le X\le 1{,}5)=0{,}84375-0{,}15625=0{,}6875. Après 15 h 30 : P(X>1,5)=1−F(1,5)=0,15625P(X>1{,}5)=1-F(1{,}5)=0{,}15625. On retrouve P(X<0,5)P(X<0{,}5), ce qu'annonçait la symétrie de la courbe autour de x=1x=1. Vérification : 0,15625+0,6875+0,15625=10{,}15625+0{,}6875+0{,}15625=1.

d) P(X=1)=∫11f(x) dx=0P(X=1)=\int_{1}^{1}f(x)\,dx=0 : une aire de largeur nulle est nulle. Pour une variable à densité, TOUTE valeur isolée a une probabilité nulle. Le nombre f(1)=0,75f(1)=0{,}75 n'est pas une probabilité mais une densité, une probabilité PAR HEURE : sur une petite durée hh autour de 15 h, P(1≤X≤1+h)≈0,75 hP(1\le X\le 1+h)\approx 0{,}75\,h. Avec h=0,1h=0{,}1, soit six minutes, F(1,1)−F(1)=0,57475−0,5=0,07475F(1{,}1)-F(1)=0{,}57475-0{,}5=0{,}07475, très proche de 0,75×0,1=0,0750{,}75\times 0{,}1=0{,}075. Conséquence pratique : P(X<1)=P(X≤1)−P(X=1)=F(1)=0,75−0,25=0,5P(X<1)=P(X\le 1)-P(X=1)=F(1)=0{,}75-0{,}25=0{,}5. Inégalité stricte ou large, c'est la même probabilité, ce qui est FAUX pour une loi discrète comme la binomiale. Écrire que f(1)f(1) est une probabilité revient à confondre une hauteur et une aire, l'erreur que toute la série combat.

-0,50,511,522,5-0,250,250,50,751y = f(x)

Exercice 3 : La loi uniforme, de random() à l'arrêt de bus

La fonction random() de Python renvoie un nombre UU qui suit la LOI UNIFORME sur [0 ;1][0\,;1] : sa densité est constante, égale à 11 sur cet intervalle. Plus généralement, XX suit la loi uniforme sur [a ;b][a\,;b] si sa densité est la constante 1b−a\dfrac{1}{b-a} sur [a ;b][a\,;b].

Un bus passe à un arrêt exactement toutes les 1515 minutes. Un voyageur arrive sans consulter l'horaire, à un instant quelconque. Son temps d'attente XX, en minutes, suit la loi uniforme sur [0 ;15][0\,;15].

  • a) Calculez P(U≤0,3)P(U\le 0{,}3) et P(0,25≤U≤0,6)P(0{,}25\le U\le 0{,}6), puis donnez la fonction de répartition de UU sur [0 ;1][0\,;1].
  • b) Donnez la densité de XX, puis calculez P(X≤4)P(X\le 4) et P(5≤X≤12)P(5\le X\le 12).
  • c) Calculez E(X)=∫015x f(x) dxE(X)=\int_{0}^{15}x\,f(x)\,dx et interprétez.
  • d) Calculez la variance V(X)=∫015(x−E(X))2f(x) dxV(X)=\int_{0}^{15}(x-E(X))^{2}f(x)\,dx et l'écart type σ(X)\sigma(X).

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Réponses

  • a) P(U≤0,3)=0,3P(U\le 0{,}3)=0{,}3 ; P(0,25≤U≤0,6)=0,35P(0{,}25\le U\le 0{,}6)=0{,}35 ; FU(x)=xF_{U}(x)=x sur [0 ;1][0\,;1]
  • b) f(x)=115f(x)=\dfrac{1}{15} ; P(X≤4)=415≈0,267P(X\le 4)=\dfrac{4}{15}\approx 0{,}267 ; P(5≤X≤12)=715≈0,467P(5\le X\le 12)=\dfrac{7}{15}\approx 0{,}467
  • c) E(X)=7,5E(X)=7{,}5 minutes : l'attente moyenne est la moitié de l'intervalle entre deux bus
  • d) V(X)=18,75V(X)=18{,}75 et σ(X)≈4,33\sigma(X)\approx 4{,}33 minutes

a) La densité de UU vaut 11, donc l'aire au-dessus d'un intervalle est un rectangle de hauteur 11 : sa valeur est la LONGUEUR de l'intervalle. P(U≤0,3)=∫00,31 dx=0,3P(U\le 0{,}3)=\int_{0}^{0{,}3}1\,dx=0{,}3 et P(0,25≤U≤0,6)=0,6−0,25=0,35P(0{,}25\le U\le 0{,}6)=0{,}6-0{,}25=0{,}35. La fonction de répartition est FU(x)=∫0x1 dt=xF_{U}(x)=\int_{0}^{x}1\,dt=x pour x∈[0 ;1]x\in[0\,;1] (elle vaut 00 avant, 11 après). C'est cette propriété, P(U≤x)=xP(U\le x)=x, qui servira à simuler toutes les autres lois à l'exercice 7.

b) La densité de XX est f(x)=115f(x)=\dfrac{1}{15} sur [0 ;15][0\,;15] : c'est la hauteur qui rend l'aire du rectangle égale à 11, puisque 15×115=115\times\dfrac{1}{15}=1. Chaque probabilité est encore un rectangle, largeur fois hauteur : P(X≤4)=415≈0,267P(X\le 4)=\dfrac{4}{15}\approx 0{,}267 et P(5≤X≤12)=12−515=715≈0,467P(5\le X\le 12)=\dfrac{12-5}{15}=\dfrac{7}{15}\approx 0{,}467, l'aire ombrée de la figure de correction. Retenez la règle de la loi uniforme : longueur favorable sur longueur totale. On remarque aussi que XX a la même loi que 15U15U : multiplier random() par 1515 simule l'attente.

c) E(X)=∫015x15 dx=115[x22]015=22530=7,5E(X)=\int_{0}^{15}\dfrac{x}{15}\,dx=\dfrac{1}{15}\left[\dfrac{x^{2}}{2}\right]_{0}^{15}=\dfrac{225}{30}=7{,}5. En moyenne, sur un grand nombre de voyageurs arrivant au hasard, l'attente est de 7,57{,}5 minutes, la moitié des 1515 minutes : c'est le milieu de l'intervalle, le point d'équilibre du rectangle. En général, pour la loi uniforme sur [a ;b][a\,;b], E(X)=a+b2E(X)=\dfrac{a+b}{2}. Gardez ce 7,57{,}5 en tête : l'exercice 9 montre que des bus IRRÉGULIERS, avec le même nombre de passages, font attendre plus longtemps.

d) V(X)=115∫015(x−7,5)2 dx=115[(x−7,5)33]015=145(7,53+7,53)=843,7545=18,75V(X)=\dfrac{1}{15}\int_{0}^{15}(x-7{,}5)^{2}\,dx=\dfrac{1}{15}\left[\dfrac{(x-7{,}5)^{3}}{3}\right]_{0}^{15}=\dfrac{1}{45}\left(7{,}5^{3}+7{,}5^{3}\right)=\dfrac{843{,}75}{45}=18{,}75. Contrôle par la formule de König-Huygens : E(X2)=115[x33]015=75E(X^{2})=\dfrac{1}{15}\left[\dfrac{x^{3}}{3}\right]_{0}^{15}=75, et 75−7,52=75−56,25=18,7575-7{,}5^{2}=75-56{,}25=18{,}75. L'écart type vaut σ(X)=18,75≈4,33\sigma(X)=\sqrt{18{,}75}\approx 4{,}33 minutes, et l'on retrouve la formule générale V(X)=(b−a)212=22512V(X)=\dfrac{(b-a)^{2}}{12}=\dfrac{225}{12}. Le piège classique est d'oublier le facteur 115\dfrac{1}{15} de la densité dans l'intégrale : on obtient alors 281,25281{,}25, quinze fois trop, un écart type de près de 1717 minutes pour une attente qui n'en dépasse jamais 1515.

123456789101112131415160,020,040,060,080,1aire 7/15hauteur 1/15

Exercice 4 : La loi exponentielle : des kilomètres avant la première crevaison

Un cycliste note la distance XX, en kilomètres, parcourue avec un pneu neuf avant la première crevaison. On modélise XX par la LOI EXPONENTIELLE de paramètre λ=0,002\lambda=0{,}002, de densité f(x)=0,002 e−0,002xf(x)=0{,}002\,\mathrm{e}^{-0{,}002x} sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[. La loi exponentielle ne sert pas qu'aux durées : toute grandeur qui « attend » un événement survenant sans usure s'y prête.

La figure représente la fonction de répartition FF de XX sur [0 ;1 500][0\,;1\,500].

2505007501000125015000,20,40,60,811,2y = F(x)y = 1x (km)
  • a) Montrez que, pour tout x≥0x\ge 0, ∫0xf(t) dt=1−e−0,002x\int_{0}^{x}f(t)\,dt=1-\mathrm{e}^{-0{,}002x}. Quelle est la limite de cette intégrale quand xx tend vers +∞+\infty ? Concluez.
  • b) Calculez P(X≤200)P(X\le 200) et P(X>1 000)P(X>1\,000), arrondies au millième.
  • c) Calculez P(200≤X≤1 000)P(200\le X\le 1\,000) de deux manières.
  • d) Déterminez la distance médiane mm, telle que P(X≤m)=0,5P(X\le m)=0{,}5, arrondie au dixième de kilomètre.

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  • a) ∫0xf(t) dt=1−e−0,002x→1\int_{0}^{x}f(t)\,dt=1-\mathrm{e}^{-0{,}002x}\to 1 : l'aire totale vaut 11, ff est une densité
  • b) P(X≤200)=1−e−0,4≈0,330P(X\le 200)=1-\mathrm{e}^{-0{,}4}\approx 0{,}330 ; P(X>1 000)=e−2≈0,135P(X>1\,000)=\mathrm{e}^{-2}\approx 0{,}135
  • c) P(200≤X≤1 000)=e−0,4−e−2≈0,535P(200\le X\le 1\,000)=\mathrm{e}^{-0{,}4}-\mathrm{e}^{-2}\approx 0{,}535
  • d) m=ln⁡20,002=500ln⁡2≈346,6m=\dfrac{\ln 2}{0{,}002}=500\ln 2\approx 346{,}6 km

a) Une primitive de t↦0,002 e−0,002tt\mapsto 0{,}002\,\mathrm{e}^{-0{,}002t} est t↦−e−0,002tt\mapsto-\mathrm{e}^{-0{,}002t} : en dérivant, −(−0,002) e−0,002t-(-0{,}002)\,\mathrm{e}^{-0{,}002t}, on retrouve bien ff. Donc ∫0xf(t) dt=[−e−0,002t]0x=−e−0,002x+1\int_{0}^{x}f(t)\,dt=\left[-\mathrm{e}^{-0{,}002t}\right]_{0}^{x}=-\mathrm{e}^{-0{,}002x}+1. Quand xx tend vers +∞+\infty, −0,002x-0{,}002x tend vers −∞-\infty, donc e−0,002x\mathrm{e}^{-0{,}002x} tend vers 00 et l'intégrale tend vers 11. Comme ff est positive, c'est une densité sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ : l'aire sous une courbe qui ne touche jamais l'axe est pourtant FINIE. On en tire la fonction de répartition F(x)=P(X≤x)=1−e−λxF(x)=P(X\le x)=1-\mathrm{e}^{-\lambda x} et surtout, par complément, la formule la plus utile du chapitre, P(X>x)=e−λxP(X>x)=\mathrm{e}^{-\lambda x}. La courbe de FF monte vers la droite y=1y=1 sans jamais l'atteindre.

b) P(X≤200)=F(200)=1−e−0,002×200=1−e−0,4≈1−0,6703≈0,330P(X\le 200)=F(200)=1-\mathrm{e}^{-0{,}002\times 200}=1-\mathrm{e}^{-0{,}4}\approx 1-0{,}6703\approx 0{,}330 : un pneu sur trois crève dans les 200200 premiers kilomètres. P(X>1 000)=e−0,002×1 000=e−2≈0,135P(X>1\,000)=\mathrm{e}^{-0{,}002\times 1\,000}=\mathrm{e}^{-2}\approx 0{,}135. Ici, pas besoin de calculer 1−F1-F : la probabilité de dépasser se lit directement dans l'exponentielle. L'erreur coûteuse est d'écrire P(X>1 000)=1−e−2≈0,865P(X>1\,000)=1-\mathrm{e}^{-2}\approx 0{,}865, qui confond « dépasser » et « ne pas dépasser » : on la repère en voyant qu'elle ferait crever presque tous les pneus avant 1 0001\,000 km, alors que la courbe de FF en 1 0001\,000 n'atteint que 0,860{,}86.

c) Première manière, par les répartitions : P(200≤X≤1 000)=F(1 000)−F(200)=(1−e−2)−(1−e−0,4)=e−0,4−e−2≈0,6703−0,1353≈0,535P(200\le X\le 1\,000)=F(1\,000)-F(200)=(1-\mathrm{e}^{-2})-(1-\mathrm{e}^{-0{,}4})=\mathrm{e}^{-0{,}4}-\mathrm{e}^{-2}\approx 0{,}6703-0{,}1353\approx 0{,}535. Seconde manière, par le complément : on retire à 11 les deux queues calculées au b), 1−0,3297−0,1353≈0,5351-0{,}3297-0{,}1353\approx 0{,}535. Les deux calculs concordent, et c'est la meilleure vérification possible. Retenez la forme e−λc−e−λd\mathrm{e}^{-\lambda c}-\mathrm{e}^{-\lambda d} pour P(c≤X≤d)P(c\le X\le d) : la plus petite borne donne la plus grande exponentielle, et le résultat est bien positif.

d) On résout F(m)=0,5F(m)=0{,}5, soit 1−e−0,002m=0,51-\mathrm{e}^{-0{,}002m}=0{,}5, c'est-à-dire e−0,002m=0,5\mathrm{e}^{-0{,}002m}=0{,}5. En prenant le logarithme népérien, −0,002m=ln⁡0,5=−ln⁡2-0{,}002m=\ln 0{,}5=-\ln 2, donc m=ln⁡20,002=500ln⁡2≈346,6m=\dfrac{\ln 2}{0{,}002}=500\ln 2\approx 346{,}6 km. La moitié des pneus crèvent avant 346,6346{,}6 km. Ce nombre n'est pas la distance MOYENNE, qui vaut 1λ=500\dfrac{1}{\lambda}=500 km (exercice 5) : la loi exponentielle a une longue traîne à droite, quelques pneus très résistants tirent la moyenne vers le haut, et la médiane ln⁡2λ\dfrac{\ln 2}{\lambda} reste toujours sous l'espérance 1λ\dfrac{1}{\lambda}, dans le rapport ln⁡2≈0,69\ln 2\approx 0{,}69.

Exercice 5 : Vie moyenne et demi-vie : la désintégration du radon 222

Un noyau de radon 222 finit toujours par se désintégrer, mais on ne peut pas prévoir quand. Sa durée de vie XX, en jours, suit une loi exponentielle de paramètre λ>0\lambda>0 : P(X>t)=e−λtP(X>t)=\mathrm{e}^{-\lambda t} pour t≥0t\ge 0. On sait que la DEMI-VIE du radon 222 vaut environ 3,83{,}8 jours : c'est la durée TT telle que P(X>T)=12P(X>T)=\dfrac{1}{2}.

L'espérance d'une variable XX de densité ff sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ est la limite, quand xx tend vers +∞+\infty, de ∫0xt f(t) dt\int_{0}^{x}t\,f(t)\,dt. On admet que x e−λxx\,\mathrm{e}^{-\lambda x} tend vers 00 quand xx tend vers +∞+\infty.

  • a) Montrez que λ=ln⁡23,8\lambda=\dfrac{\ln 2}{3{,}8} et donnez-en une valeur arrondie au millième.
  • b) On pose G(t)=−(t+1λ)e−λtG(t)=-\left(t+\dfrac{1}{\lambda}\right)\mathrm{e}^{-\lambda t}. Montrez que G′(t)=λt e−λtG'(t)=\lambda t\,\mathrm{e}^{-\lambda t}, puis exprimez ∫0xλt e−λt dt\int_{0}^{x}\lambda t\,\mathrm{e}^{-\lambda t}\,dt en fonction de xx.
  • c) Déduisez-en que E(X)=1λE(X)=\dfrac{1}{\lambda}, puis calculez la vie moyenne d'un noyau de radon 222, au centième de jour.
  • d) Quelle proportion des noyaux d'un grand échantillon s'est désintégrée au bout de la vie moyenne ? Quelle proportion reste-t-il au bout de 7,67{,}6 jours ?

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  • a) e−3,8λ=12\mathrm{e}^{-3{,}8\lambda}=\dfrac{1}{2} donc λ=ln⁡23,8≈0,182\lambda=\dfrac{\ln 2}{3{,}8}\approx 0{,}182 par jour
  • b) ∫0xλt e−λt dt=1λ−(x+1λ)e−λx\int_{0}^{x}\lambda t\,\mathrm{e}^{-\lambda t}\,dt=\dfrac{1}{\lambda}-\left(x+\dfrac{1}{\lambda}\right)\mathrm{e}^{-\lambda x}
  • c) E(X)=1λ=3,8ln⁡2≈5,48E(X)=\dfrac{1}{\lambda}=\dfrac{3{,}8}{\ln 2}\approx 5{,}48 jours
  • d) 1−e−1≈0,6321-\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}632 désintégrés à la vie moyenne ; il reste 14\dfrac{1}{4} au bout de 7,67{,}6 jours

a) La demi-vie traduit P(X>3,8)=12P(X>3{,}8)=\dfrac{1}{2}, soit e−3,8λ=12\mathrm{e}^{-3{,}8\lambda}=\dfrac{1}{2}. On prend le logarithme népérien : −3,8λ=ln⁡12=−ln⁡2-3{,}8\lambda=\ln\dfrac{1}{2}=-\ln 2, donc λ=ln⁡23,8≈0,182\lambda=\dfrac{\ln 2}{3{,}8}\approx 0{,}182 par jour. Le paramètre a pour unité l'inverse de celle de XX : ici « par jour ». Pour un noyau, la demi-vie n'est pas une durée au bout de laquelle il se désintègre à coup sûr, c'est la durée qu'il a une chance sur deux de dépasser.

b) GG est un produit u×vu\times v avec u(t)=−(t+1λ)u(t)=-\left(t+\dfrac{1}{\lambda}\right) et v(t)=e−λtv(t)=\mathrm{e}^{-\lambda t}, donc u′(t)=−1u'(t)=-1 et v′(t)=−λ e−λtv'(t)=-\lambda\,\mathrm{e}^{-\lambda t}. G′(t)=−e−λt+λ(t+1λ)e−λt=−e−λt+λt e−λt+e−λt=λt e−λtG'(t)=-\mathrm{e}^{-\lambda t}+\lambda\left(t+\dfrac{1}{\lambda}\right)\mathrm{e}^{-\lambda t}=-\mathrm{e}^{-\lambda t}+\lambda t\,\mathrm{e}^{-\lambda t}+\mathrm{e}^{-\lambda t}=\lambda t\,\mathrm{e}^{-\lambda t}. GG est donc une primitive de t↦t f(t)t\mapsto t\,f(t), et ∫0xλt e−λt dt=G(x)−G(0)=−(x+1λ)e−λx+1λ\int_{0}^{x}\lambda t\,\mathrm{e}^{-\lambda t}\,dt=G(x)-G(0)=-\left(x+\dfrac{1}{\lambda}\right)\mathrm{e}^{-\lambda x}+\dfrac{1}{\lambda}, car G(0)=−1λG(0)=-\dfrac{1}{\lambda}. On ne devine pas une telle primitive en Terminale : l'énoncé la donne, et le travail consiste à la VÉRIFIER en dérivant, sans oublier le facteur −λ-\lambda de la dérivée de e−λt\mathrm{e}^{-\lambda t}.

c) Quand xx tend vers +∞+\infty, x e−λxx\,\mathrm{e}^{-\lambda x} tend vers 00 (admis) et 1λe−λx\dfrac{1}{\lambda}\mathrm{e}^{-\lambda x} aussi, donc l'intégrale tend vers 1λ\dfrac{1}{\lambda} : E(X)=1λE(X)=\dfrac{1}{\lambda}. Pour le radon, la vie moyenne vaut 1λ=3,8ln⁡2≈5,48\dfrac{1}{\lambda}=\dfrac{3{,}8}{\ln 2}\approx 5{,}48 jours. Elle est PLUS LONGUE que la demi-vie : 3,8ln⁡2>3,8\dfrac{3{,}8}{\ln 2}>3{,}8 car ln⁡2<1\ln 2<1. Confondre vie moyenne et demi-vie est l'erreur type de ce thème ; la demi-vie est la MÉDIANE de XX, la vie moyenne son ESPÉRANCE.

d) Dans un grand échantillon de N0N_{0} noyaux, la proportion de noyaux désintégrés avant la date tt est proche de P(X≤t)P(X\le t), par la loi des grands nombres. Au bout de la vie moyenne : P(X≤1λ)=1−e−λ×1λ=1−e−1≈0,632P\left(X\le\dfrac{1}{\lambda}\right)=1-\mathrm{e}^{-\lambda\times\frac{1}{\lambda}}=1-\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}632, pas 0,50{,}5. Au bout de 7,67{,}6 jours, deux demi-vies, il reste e−7,6λ=(e−3,8λ)2=(12)2=14\mathrm{e}^{-7{,}6\lambda}=\left(\mathrm{e}^{-3{,}8\lambda}\right)^{2}=\left(\dfrac{1}{2}\right)^{2}=\dfrac{1}{4} des noyaux. C'est la loi de décroissance du physicien, N(t)≈N0 e−λtN(t)\approx N_{0}\,\mathrm{e}^{-\lambda t}, vue ici comme ce qu'elle est : la probabilité de survie d'UN noyau, multipliée par un très grand nombre de noyaux. Un seul noyau, lui, reste imprévisible.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : L'absence de mémoire : les étoiles filantes ne se font pas attendre davantage

Une nuit d'août, un observateur guette les étoiles filantes. Le temps XX, en minutes, avant la prochaine étoile filante suit la loi exponentielle de paramètre λ=0,2\lambda=0{,}2 : P(X>t)=e−0,2tP(X>t)=\mathrm{e}^{-0{,}2t} pour t≥0t\ge 0.

On compare avec le voyageur de l'exercice 3, dont l'attente YY suit la loi uniforme sur [0 ;15][0\,;15] : P(Y>t)=1−t15P(Y>t)=1-\dfrac{t}{15} pour t∈[0 ;15]t\in[0\,;15].

  • a) Montrez que, pour tous réels s≥0s\ge 0 et t≥0t\ge 0, PX>s(X>s+t)=P(X>t)P_{X>s}(X>s+t)=P(X>t). C'est la propriété d'ABSENCE DE MÉMOIRE.
  • b) L'observateur attend depuis 1010 minutes sans avoir rien vu. Quelle est la probabilité qu'il attende encore plus de 55 minutes ? Comparez avec la probabilité, à son arrivée, d'attendre plus de 55 minutes.
  • c) Le voyageur attend son bus depuis 1010 minutes. Calculez PY>10(Y>13)P_{Y>10}(Y>13) et comparez avec P(Y>3)P(Y>3).
  • d) L'observateur ne regarde plus sa montre à la seconde : il note seulement le numéro NN de la première minute pleine (la 1re1^{\text{re}}, la 2e2^{\text{e}}...) pendant laquelle il voit une étoile filante. Montrez que P(N>k)=(1−p)kP(N>k)=(1-p)^{k} pour tout entier k≥0k\ge 0, avec p=1−e−0,2p=1-\mathrm{e}^{-0{,}2}. Quelle loi reconnaissez-vous ? Comparez E(N)E(N) et E(X)E(X).

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  • a) PX>s(X>s+t)=e−λ(s+t)e−λs=e−λt=P(X>t)P_{X>s}(X>s+t)=\dfrac{\mathrm{e}^{-\lambda(s+t)}}{\mathrm{e}^{-\lambda s}}=\mathrm{e}^{-\lambda t}=P(X>t)
  • b) PX>10(X>15)=e−1≈0,368=P(X>5)P_{X>10}(X>15)=\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}368=P(X>5) : l'attente passée ne change rien
  • c) PY>10(Y>13)=25=0,4P_{Y>10}(Y>13)=\dfrac{2}{5}=0{,}4, contre P(Y>3)=0,8P(Y>3)=0{,}8 : l'attente du bus a une mémoire
  • d) P(N>k)=P(X>k)=(e−0,2)k=(1−p)kP(N>k)=P(X>k)=\left(\mathrm{e}^{-0{,}2}\right)^{k}=(1-p)^{k} : loi géométrique de paramètre p≈0,181p\approx 0{,}181 ; E(N)=1p≈5,52E(N)=\dfrac{1}{p}\approx 5{,}52 contre E(X)=5E(X)=5

a) L'événement {X>s+t}\{X>s+t\} est inclus dans {X>s}\{X>s\} : dépasser s+ts+t, c'est en particulier dépasser ss. Donc {X>s}∩{X>s+t}={X>s+t}\{X>s\}\cap\{X>s+t\}=\{X>s+t\}, et par définition de la probabilité conditionnelle, PX>s(X>s+t)=P(X>s+t)P(X>s)=e−λ(s+t)e−λs=e−λt=P(X>t)P_{X>s}(X>s+t)=\dfrac{P(X>s+t)}{P(X>s)}=\dfrac{\mathrm{e}^{-\lambda(s+t)}}{\mathrm{e}^{-\lambda s}}=\mathrm{e}^{-\lambda t}=P(X>t). Tout repose sur la propriété ea+b=eaeb\mathrm{e}^{a+b}=\mathrm{e}^{a}\mathrm{e}^{b} : la fonction de survie exponentielle transforme une somme de durées en produit de probabilités. Le programme présente d'ailleurs la loi exponentielle comme LA loi continue sans mémoire : on admet que c'est la seule.

b) On applique a) avec s=10s=10 et t=5t=5 : PX>10(X>15)=P(X>5)=e−0,2×5=e−1≈0,368P_{X>10}(X>15)=P(X>5)=\mathrm{e}^{-0{,}2\times 5}=\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}368. Les dix minutes déjà passées n'ont rien « préparé » : la probabilité d'attendre encore plus de cinq minutes est exactement celle qu'avait un observateur qui venait de s'installer. Le raisonnement « j'attends depuis longtemps, elle va forcément arriver » est le sophisme du joueur, transposé au temps continu. Sur la figure de correction, la courbe exponentielle garde la même forme où qu'on la coupe : recommencer à t=10t=10 revient à repartir de t=0t=0 avec une échelle verticale réduite.

c) Même inclusion : PY>10(Y>13)=P(Y>13)P(Y>10)=2/155/15=25=0,4P_{Y>10}(Y>13)=\dfrac{P(Y>13)}{P(Y>10)}=\dfrac{2/15}{5/15}=\dfrac{2}{5}=0{,}4. À son arrivée, le voyageur avait P(Y>3)=1−315=0,8P(Y>3)=1-\dfrac{3}{15}=0{,}8 d'attendre plus de trois minutes. La probabilité a été DIVISÉE PAR DEUX : puisque le bus passe au plus tard au bout de 1515 minutes, chaque minute écoulée rapproche l'échéance. L'attente uniforme « vieillit », l'attente exponentielle non. Sur la figure, la droite pointillée plonge vers 00 en 1515, tandis que la courbe exponentielle ne touche jamais l'axe.

d) N>kN>k signifie qu'aucune étoile filante n'est apparue pendant les kk premières minutes, c'est-à-dire X>kX>k. Donc P(N>k)=P(X>k)=e−0,2k=(e−0,2)k=(1−p)kP(N>k)=P(X>k)=\mathrm{e}^{-0{,}2k}=\left(\mathrm{e}^{-0{,}2}\right)^{k}=(1-p)^{k} avec 1−p=e−0,2≈0,8191-p=\mathrm{e}^{-0{,}2}\approx 0{,}819, soit p=1−e−0,2≈0,181p=1-\mathrm{e}^{-0{,}2}\approx 0{,}181. On reconnaît la caractérisation de la LOI GÉOMÉTRIQUE de paramètre pp, celle du rang du premier succès, étudiée dans le chapitre de probabilités : chaque minute est une épreuve de Bernoulli dont le succès est « voir une étoile filante », de probabilité pp, et les minutes sont indépendantes justement parce que XX est sans mémoire. La loi géométrique est la version DISCRÈTE, la loi exponentielle la version CONTINUE du même temps d'attente sans mémoire, et (1−p)k(1-p)^{k} n'est que e−λk\mathrm{e}^{-\lambda k} lu aux instants entiers. Les espérances le confirment : E(N)=1p≈5,52E(N)=\dfrac{1}{p}\approx 5{,}52 minutes contre E(X)=10,2=5E(X)=\dfrac{1}{0{,}2}=5 minutes. L'écart d'environ une demi-minute vient de ce que NN arrondit XX à la minute SUPÉRIEURE. C'est la « discrétisation d'une loi exponentielle » citée par le programme.

2468101214160,20,40,60,811,2uniformeexponentiellet (min)

Exercice 7 : Simuler avec random() : Bernoulli, dé et loi exponentielle

La fonction random() renvoie un nombre UU de loi uniforme sur [0 ;1[[0\,;1[. Le programme ci-dessous s'en sert pour simuler trois lois. La fonction int tronque un nombre positif à sa partie entière, et log est le logarithme népérien.

python
from random import random
from math import log

def bernoulli(p):
    if random() < p:
        return 1
    return 0

def de():
    return int(6 * random()) + 1

def expo(lam):
    return -log(1 - random()) / lam

def moyenne(n, lam):
    s = 0
    for k in range(n):
        s = s + expo(lam)
    return s / n
  • a) Quelle est la probabilité que bernoulli(0.35) renvoie 11 ? Le résultat change-t-il si l'on remplace random() < p par random() <= p ?
  • b) Pour quelles valeurs de UU la fonction de() renvoie-t-elle 44 ? Déduisez-en la probabilité d'obtenir 44.
  • c) Montrez que, pour x≥0x\ge 0, P(−ln⁡(1−U)λ≤x)=1−e−λxP\left(-\dfrac{\ln(1-U)}{\lambda}\le x\right)=1-\mathrm{e}^{-\lambda x}. Que renvoie expo(0.5) si random() renvoie 0,80{,}8 ?
  • d) Autour de quelle valeur se trouve moyenne(10000, 0.5) ? Pourquoi le programme écrit-il log(1 - random()) plutôt que log(random()) ?

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  • a) P(U<0,35)=0,35P(U<0{,}35)=0{,}35 ; rien ne change, car P(U=0,35)=0P(U=0{,}35)=0
  • b) 44 pour 0,5≤U<230{,}5\le U<\dfrac{2}{3}, avec probabilité 16≈0,167\dfrac{1}{6}\approx 0{,}167
  • c) L'événement équivaut à U≤1−e−λxU\le 1-\mathrm{e}^{-\lambda x} ; expo(0.5) renvoie −ln⁡0,20,5≈3,219-\dfrac{\ln 0{,}2}{0{,}5}\approx 3{,}219
  • d) Autour de 10,5=2\dfrac{1}{0{,}5}=2 ; 1−U∈ ]0 ;1]1-U\in\,]0\,;1] ne vaut jamais 00, alors que random() peut renvoyer 00

a) bernoulli(0.35) renvoie 11 exactement quand U<0,35U<0{,}35. Pour la loi uniforme sur [0 ;1[[0\,;1[, P(U<0,35)P(U<0{,}35) est la longueur de l'intervalle [0 ;0,35[[0\,;0{,}35[, soit 0,350{,}35 : la fonction simule bien une loi de Bernoulli de paramètre 0,350{,}35. Remplacer le test strict par un test large ne change rien, puisque P(U≤0,35)=P(U<0,35)+P(U=0,35)P(U\le 0{,}35)=P(U<0{,}35)+P(U=0{,}35) et qu'une valeur isolée a une probabilité nulle pour une loi à densité. C'est la question d) de l'exercice 2, vue du côté de l'ordinateur.

b) de() renvoie 44 quand int(6U)+1=4\mathrm{int}(6U)+1=4, c'est-à-dire quand la partie entière de 6U6U vaut 33 : 3≤6U<43\le 6U<4, soit 0,5≤U<230{,}5\le U<\dfrac{2}{3}. La probabilité est la longueur 23−12=16≈0,167\dfrac{2}{3}-\dfrac{1}{2}=\dfrac{1}{6}\approx 0{,}167. Le même calcul donne 16\dfrac{1}{6} pour chaque face : [0 ;1[[0\,;1[ est découpé en six morceaux de même longueur, et la fonction simule un dé équilibré. Oublier le « +1+1 » ferait sortir des valeurs de 00 à 55, le piège classique de cette fonction.

c) Pour λ>0\lambda>0 : −ln⁡(1−U)λ≤x  ⟺  ln⁡(1−U)≥−λx-\dfrac{\ln(1-U)}{\lambda}\le x\iff\ln(1-U)\ge-\lambda x (on multiplie par −λ<0-\lambda<0, le sens change)   ⟺  1−U≥e−λx\iff 1-U\ge\mathrm{e}^{-\lambda x} (la fonction exponentielle est croissante)   ⟺  U≤1−e−λx\iff U\le 1-\mathrm{e}^{-\lambda x}. Comme 1−e−λx1-\mathrm{e}^{-\lambda x} est dans [0 ;1[[0\,;1[, la probabilité de cet événement est 1−e−λx1-\mathrm{e}^{-\lambda x} : c'est la fonction de répartition de la loi exponentielle de paramètre λ\lambda. La fonction expo simule donc cette loi ; c'est l'algorithme « simulation d'une loi exponentielle à partir d'une loi uniforme » du programme. Avec U=0,8U=0{,}8 et λ=0,5\lambda=0{,}5 : −ln⁡0,20,5=2ln⁡5≈3,219-\dfrac{\ln 0{,}2}{0{,}5}=2\ln 5\approx 3{,}219.

d) moyenne(10000, 0.5) calcule la moyenne de 10 00010\,000 tirages indépendants de la loi exponentielle de paramètre 0,50{,}5. Par la loi des grands nombres, elle est proche de l'espérance 1λ=2\dfrac{1}{\lambda}=2 (exercice 5) ; une exécution typique affiche un nombre comme 1,981{,}98 ou 2,032{,}03, jamais exactement 22. Quant au choix de 1−U1-U : random() peut renvoyer 00 mais jamais 11, donc 1−U1-U est dans ]0 ;1]]0\,;1] et le logarithme est toujours défini, alors que log(random()) planterait le jour où random() renvoie 00. Les deux écritures simulent la même loi, puisque 1−U1-U suit aussi la loi uniforme ; seule la seconde est sûre.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes a été relevée dans un devoir. Chacune est fausse. Expliquez l'erreur et appuyez la correction sur un calcul.

  • a) « Une densité ne dépasse jamais 11, puisque c'est une probabilité. » Contre-exemple : la loi uniforme sur [0 ;0,5][0\,;0{,}5].
  • b) « Si XX a une densité, P(X<3)P(X<3) est strictement plus petit que P(X≤3)P(X\le 3). »
  • c) « Si XX suit la loi exponentielle de paramètre 0,250{,}25, alors E(X)=4E(X)=4, donc la moitié des valeurs de XX sont inférieures à 44. »
  • d) « XX a pour densité f(x)=2xf(x)=2x sur [0 ;1][0\,;1]. Comme 0,50{,}5 est le milieu de l'intervalle, P(X≤0,5)=0,5P(X\le 0{,}5)=0{,}5. »
  • e) « La durée de vie d'un détecteur de fumée suit la loi exponentielle de paramètre 0,10{,}1 (en années). Un détecteur qui fonctionne depuis 88 ans a donc moins de chances qu'un neuf de fonctionner encore 22 ans. »

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  • a) Sur [0 ;0,5][0\,;0{,}5], la densité vaut 2>12>1 ; seule l'aire totale vaut 11
  • b) P(X=3)=0P(X=3)=0, donc P(X<3)=P(X≤3)P(X<3)=P(X\le 3)
  • c) P(X≤4)=1−e−1≈0,632P(X\le 4)=1-\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}632 ; la médiane est 4ln⁡2≈2,774\ln 2\approx 2{,}77
  • d) P(X≤0,5)=0,52=0,25P(X\le 0{,}5)=0{,}5^{2}=0{,}25
  • e) Dans ce modèle, les deux probabilités valent e−0,2≈0,819\mathrm{e}^{-0{,}2}\approx 0{,}819 ; c'est le MODÈLE qu'il faut discuter

a) La loi uniforme sur [0 ;0,5][0\,;0{,}5] a pour densité la constante 10,5−0=2\dfrac{1}{0{,}5-0}=2. Son aire totale vaut 0,5×2=10{,}5\times 2=1 : c'est une densité parfaitement valable, et elle vaut 22 partout. Une densité n'est pas une probabilité mais une probabilité PAR UNITÉ de la variable ; elle peut prendre n'importe quelle valeur positive, d'autant plus grande que la loi est concentrée sur un intervalle court. Ce qui est borné par 11, ce sont les AIRES : ici P(0,1≤X≤0,3)=0,2×2=0,4P(0{,}1\le X\le 0{,}3)=0{,}2\times 2=0{,}4.

b) P(X≤3)=P(X<3)+P(X=3)P(X\le 3)=P(X<3)+P(X=3), et P(X=3)=∫33f(x) dx=0P(X=3)=\int_{3}^{3}f(x)\,dx=0 : une aire de largeur nulle. Les deux probabilités sont donc ÉGALES, et l'on peut écrire indifféremment << ou ≤\le dans tout calcul avec une loi à densité. La distinction redevient essentielle pour une loi discrète : pour une loi géométrique, P(N<3)P(N<3) et P(N≤3)P(N\le 3) diffèrent de P(N=3)P(N=3), qui n'est pas nul. Savoir quel type de loi on manipule est le premier réflexe.

c) L'espérance vaut bien 10,25=4\dfrac{1}{0{,}25}=4, mais P(X≤4)=1−e−0,25×4=1−e−1≈0,632P(X\le 4)=1-\mathrm{e}^{-0{,}25\times 4}=1-\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}632 : près des deux tiers des valeurs sont inférieures à la moyenne, pas la moitié. La valeur qui partage en deux est la MÉDIANE mm, solution de e−0,25m=0,5\mathrm{e}^{-0{,}25m}=0{,}5, soit m=4ln⁡2≈2,77m=4\ln 2\approx 2{,}77. Moyenne et médiane ne coïncident que pour une loi symétrique, comme la loi uniforme ; la loi exponentielle est dissymétrique, avec une longue traîne à droite qui tire la moyenne vers le haut.

d) Le raisonnement « milieu de l'intervalle, donc une chance sur deux » ne vaut que pour une loi UNIFORME, dont la densité est constante. Ici la densité 2x2x croît : les grandes valeurs sont plus probables. Le calcul donne P(X≤0,5)=∫00,52x dx=[x2]00,5=0,25P(X\le 0{,}5)=\int_{0}^{0{,}5}2x\,dx=\left[x^{2}\right]_{0}^{0{,}5}=0{,}25, et non 0,50{,}5. Contrôle géométrique : le triangle de base 0,50{,}5 et de hauteur f(0,5)=1f(0{,}5)=1 a une aire 0,5×12=0,25\dfrac{0{,}5\times 1}{2}=0{,}25. La médiane est en fait 0,5≈0,707\sqrt{0{,}5}\approx 0{,}707.

e) Dans le modèle exponentiel, l'absence de mémoire donne PX>8(X>10)=P(X>2)=e−0,1×2=e−0,2≈0,819P_{X>8}(X>10)=P(X>2)=\mathrm{e}^{-0{,}1\times 2}=\mathrm{e}^{-0{,}2}\approx 0{,}819 : exactement la même probabilité pour le détecteur de 88 ans et pour un neuf. L'affirmation contredit donc le modèle qu'elle prétend utiliser. En revanche, son INTUITION peut être juste : si le détecteur vieillit réellement (pile, capteur qui s'encrasse), alors la loi exponentielle est un mauvais modèle, car une pièce qui s'use a une mémoire. La bonne réponse corrige le calcul ET signale que le choix du modèle se discute : l'exponentielle convient aux pannes accidentelles sans vieillissement, pas à l'usure.

Exercice 9 : Le paradoxe de l'inspection : des bus irréguliers font attendre plus longtemps

Sur une ligne, les bus passent en moyenne toutes les 1010 minutes, mais irrégulièrement : les intervalles entre deux passages alternent entre 44 minutes et 1616 minutes. Le motif se répète donc toutes les 2020 minutes. Un voyageur arrive à un instant quelconque, uniformément réparti sur ce cycle de 2020 minutes.

S'il tombe dans un intervalle de longueur LL, son attente est uniforme sur [0 ;L][0\,;L]. On admet que son temps d'attente WW, en minutes, a pour densité la fonction en escalier gg représentée ci-dessous : g(w)=0,1g(w)=0{,}1 sur [0 ;4][0\,;4] et g(w)=0,05g(w)=0{,}05 sur ]4 ;16]]4\,;16].

246810121416180,020,040,060,080,10,12y = g(w)w (min)
  • a) Quelle est la probabilité que le voyageur arrive pendant un intervalle de 1616 minutes ? Vérifiez que gg est une densité sur [0 ;16][0\,;16].
  • b) Calculez P(W≤2)P(W\le 2) et P(W>10)P(W>10).
  • c) Calculez l'attente moyenne E(W)=∫016w g(w) dwE(W)=\int_{0}^{16}w\,g(w)\,dw.
  • d) Quelle serait l'attente moyenne avec des bus parfaitement réguliers, toutes les 1010 minutes ? Calculez la longueur moyenne de l'intervalle dans lequel tombe le voyageur, et expliquez le paradoxe.

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  • a) 1620=0,8\dfrac{16}{20}=0{,}8 ; aire totale 4×0,1+12×0,05=14\times 0{,}1+12\times 0{,}05=1
  • b) P(W≤2)=0,2P(W\le 2)=0{,}2 ; P(W>10)=6×0,05=0,3P(W>10)=6\times 0{,}05=0{,}3
  • c) E(W)=0,8+6=6,8E(W)=0{,}8+6=6{,}8 minutes
  • d) Bus réguliers : 55 minutes ; intervalle moyen vécu : 0,2×4+0,8×16=13,60{,}2\times 4+0{,}8\times 16=13{,}6 minutes, plus que 1010

a) L'arrivée est uniforme sur un cycle de 2020 minutes, dont 1616 appartiennent à l'intervalle long : la probabilité est 1620=0,8\dfrac{16}{20}=0{,}8. Les deux types d'intervalles sont aussi NOMBREUX l'un que l'autre, mais le long occupe quatre fois plus de TEMPS, et c'est le temps que l'arrivée au hasard échantillonne. Pour la densité : gg est positive, et l'aire sous l'escalier est une somme de deux rectangles, 4×0,1+12×0,05=0,4+0,6=14\times 0{,}1+12\times 0{,}05=0{,}4+0{,}6=1. D'où vient la marche ? Une attente de moins de 44 minutes peut venir des deux types d'intervalles, une attente entre 44 et 1616 minutes seulement du long : la densité est donc plus haute sur [0 ;4][0\,;4].

b) Chaque probabilité est une aire de rectangle, largeur fois hauteur. P(W≤2)=2×0,1=0,2P(W\le 2)=2\times 0{,}1=0{,}2. P(W>10)=∫10160,05 dw=6×0,05=0,3P(W>10)=\int_{10}^{16}0{,}05\,dw=6\times 0{,}05=0{,}3 : près d'un voyageur sur trois attend plus de 1010 minutes, alors que les bus passent « en moyenne toutes les 1010 minutes ». Le piège est de lire une hauteur, g(10)=0,05g(10)=0{,}05, au lieu d'une aire, ou d'oublier que la densité change de valeur en 44 et de multiplier toute la largeur par 0,10{,}1.

c) L'intégrale se coupe à la marche, par la relation de Chasles : E(W)=∫040,1 w dw+∫4160,05 w dw=0,1[w22]04+0,05[w22]416=0,1×8+0,05×256−162=0,8+6=6,8E(W)=\int_{0}^{4}0{,}1\,w\,dw+\int_{4}^{16}0{,}05\,w\,dw=0{,}1\left[\dfrac{w^{2}}{2}\right]_{0}^{4}+0{,}05\left[\dfrac{w^{2}}{2}\right]_{4}^{16}=0{,}1\times 8+0{,}05\times\dfrac{256-16}{2}=0{,}8+6=6{,}8 minutes. Vérification par le raisonnement de l'énoncé : avec probabilité 0,20{,}2 on tombe dans un intervalle de 44 minutes et l'on attend en moyenne 22 minutes, avec probabilité 0,80{,}8 dans un intervalle de 1616 minutes et l'on attend en moyenne 88 minutes : 0,2×2+0,8×8=0,4+6,4=6,80{,}2\times 2+0{,}8\times 8=0{,}4+6{,}4=6{,}8. Les deux calculs concordent.

d) Avec des bus réguliers toutes les 1010 minutes, l'attente est uniforme sur [0 ;10][0\,;10] et E=0+102=5E=\dfrac{0+10}{2}=5 minutes. Les bus irréguliers, pour le MÊME nombre de passages, font donc attendre 1,81{,}8 minute de plus en moyenne. L'intervalle dans lequel tombe le voyageur mesure en moyenne 0,2×4+0,8×16=13,60{,}2\times 4+0{,}8\times 16=13{,}6 minutes, et non 1010 : en arrivant au hasard, on a plus de chances de tomber dans un LONG intervalle, simplement parce qu'il est long. C'est le paradoxe de l'inspection, cité par le programme : l'intervalle que l'on « inspecte » en arrivant n'est pas un intervalle typique. Il explique pourquoi les usagers trouvent toujours que les bus passent moins souvent que ne le dit la compagnie, et pourquoi la régularité compte autant que la fréquence.

Exercice 10 : La carte électronique d'un thermostat : garantie, montage en série et redondance

Un fabricant de thermostats connectés équipe chaque appareil d'une carte électronique dont la durée de vie XX, en années, suit la loi exponentielle de moyenne 66 ans. Les pannes de ces cartes sont accidentelles (surtension, défaut de soudure) et non dues à l'usure, ce qui justifie le modèle. Les durées de vie de cartes différentes sont indépendantes.

  • a) Donnez le paramètre λ\lambda de la loi de XX, puis la probabilité qu'une carte tombe en panne pendant une garantie de 22 ans.
  • b) Le fabricant veut qu'au plus 10 %10\ \% des cartes tombent en panne pendant la garantie. Quelle durée maximale de garantie peut-il offrir, en années au millième, puis en mois entiers ?
  • c) Un modèle haut de gamme contient DEUX cartes indispensables : il tombe en panne dès que l'une des deux lâche. On note TT sa durée de vie. Montrez que P(T>t)=e−t/3P(T>t)=\mathrm{e}^{-t/3}, reconnaissez la loi de TT et donnez E(T)E(T). Calculez P(T>2)P(T>2).
  • d) Un modèle « secouru » contient deux cartes, dont une de secours : il fonctionne tant qu'AU MOINS une carte fonctionne. Calculez la probabilité qu'il fonctionne encore au bout de 66 ans, et comparez avec un appareil à une seule carte.

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  • a) λ=16\lambda=\dfrac{1}{6} ; P(X≤2)=1−e−1/3≈0,283P(X\le 2)=1-\mathrm{e}^{-1/3}\approx 0{,}283
  • b) t≤−6ln⁡0,9≈0,632t\le-6\ln 0{,}9\approx 0{,}632 an, soit 77 mois entiers
  • c) P(T>t)=(e−t/6)2=e−t/3P(T>t)=\left(\mathrm{e}^{-t/6}\right)^{2}=\mathrm{e}^{-t/3} : loi exponentielle de paramètre 13\dfrac{1}{3}, E(T)=3E(T)=3 ans ; P(T>2)=e−2/3≈0,513P(T>2)=\mathrm{e}^{-2/3}\approx 0{,}513
  • d) 1−(1−e−1)2≈0,6001-\left(1-\mathrm{e}^{-1}\right)^{2}\approx 0{,}600, contre e−1≈0,368\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}368 pour une seule carte

a) Pour la loi exponentielle, E(X)=1λE(X)=\dfrac{1}{\lambda}, donc une moyenne de 66 ans donne λ=16\lambda=\dfrac{1}{6} par an. Écrire λ=6\lambda=6 est l'erreur la plus coûteuse de l'exercice : toutes les réponses suivantes seraient fausses, et l'on s'en aperçoit en constatant que P(X≤2)=1−e−12P(X\le 2)=1-\mathrm{e}^{-12} vaudrait presque 11. Avec la bonne valeur, P(X≤2)=1−e−2/6=1−e−1/3≈1−0,7165≈0,283P(X\le 2)=1-\mathrm{e}^{-2/6}=1-\mathrm{e}^{-1/3}\approx 1-0{,}7165\approx 0{,}283 : plus d'une carte sur quatre tombe en panne pendant une garantie de deux ans, alors que la durée de vie moyenne est de six ans. C'est la longue traîne de la loi exponentielle, vue du côté des pannes précoces.

b) On cherche tt tel que P(X≤t)≤0,1P(X\le t)\le 0{,}1, soit 1−e−t/6≤0,11-\mathrm{e}^{-t/6}\le 0{,}1, c'est-à-dire e−t/6≥0,9\mathrm{e}^{-t/6}\ge 0{,}9. La fonction ln⁡\ln est croissante : −t6≥ln⁡0,9-\dfrac{t}{6}\ge\ln 0{,}9, puis, en multipliant par −6<0-6<0, ce qui CHANGE le sens, t≤−6ln⁡0,9≈0,632t\le-6\ln 0{,}9\approx 0{,}632 an. En mois : 0,632×12≈7,590{,}632\times 12\approx 7{,}59 mois, donc au plus 77 mois entiers. On arrondit vers le BAS : 88 mois ferait dépasser les 10 %10\ \%, puisque 1−e−8/72≈0,1051-\mathrm{e}^{-8/72}\approx 0{,}105. Le sens de l'inégalité et le sens de l'arrondi sont les deux points qui coûtent ici.

c) Notons X1X_{1} et X2X_{2} les durées de vie des deux cartes. L'appareil fonctionne au-delà de tt si et seulement si LES DEUX cartes fonctionnent au-delà de tt : {T>t}={X1>t}∩{X2>t}\{T>t\}=\{X_{1}>t\}\cap\{X_{2}>t\}. Par indépendance, P(T>t)=P(X1>t)×P(X2>t)=e−t/6×e−t/6=e−t/3P(T>t)=P(X_{1}>t)\times P(X_{2}>t)=\mathrm{e}^{-t/6}\times\mathrm{e}^{-t/6}=\mathrm{e}^{-t/3}. C'est la fonction de survie de la loi exponentielle de paramètre 13\dfrac{1}{3} : TT suit cette loi, et E(T)=3E(T)=3 ans. Deux cartes indispensables divisent la durée de vie moyenne par deux : les paramètres s'ADDITIONNENT, ce qui se comprend bien, deux sources de pannes indépendantes cumulant leurs risques. Enfin P(T>2)=e−2/3≈0,513P(T>2)=\mathrm{e}^{-2/3}\approx 0{,}513, contre e−1/3≈0,717\mathrm{e}^{-1/3}\approx 0{,}717 pour une seule carte.

d) L'appareil secouru est en panne au bout de 66 ans si et seulement si LES DEUX cartes sont en panne : P(X1≤6)×P(X2≤6)=(1−e−1)2≈0,6322≈0,400P(X_{1}\le 6)\times P(X_{2}\le 6)=\left(1-\mathrm{e}^{-1}\right)^{2}\approx 0{,}632^{2}\approx 0{,}400. Il fonctionne donc encore avec la probabilité 1−(1−e−1)2≈0,6001-\left(1-\mathrm{e}^{-1}\right)^{2}\approx 0{,}600, contre P(X>6)=e−1≈0,368P(X>6)=\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}368 pour un appareil à une carte. La redondance fait passer la survie à six ans d'un peu plus d'un tiers à trois sur cinq. Le piège est de calculer e−1×e−1\mathrm{e}^{-1}\times\mathrm{e}^{-1}, qui est la probabilité que les DEUX cartes fonctionnent, c'est-à-dire la survie du montage en série de la question c) : « au moins une » se traite toujours par l'événement contraire, « aucune ».

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/complementaires-lois-a-densite. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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