Math TS, secondaire 5 à Montréal • Algèbre linéaire
Exercices corrigés : les vecteurs (math TS, secondaire 5)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire sur les vecteurs, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence : composantes, norme et orientation, addition, multiplication par un scalaire et relation de Chasles, colinéarité et vecteur unitaire, produit scalaire et angle entre deux vecteurs, orthogonalité, projection orthogonale et décomposition d'un vecteur sur deux directions. C'est le premier chapitre d'algèbre linéaire du programme, et rien ne le prépare en quatrième secondaire.
Dix exercices. Vous savez passer des composantes à la norme et à l'orientation, et inversement (exercice 1), additionner des vecteurs et tester la colinéarité par les produits croisés (exercice 2), calculer un produit scalaire et en tirer l'angle (exercice 3), calculer la longueur et le vecteur de la projection orthogonale (exercice 4), décomposer un vecteur sur deux directions imposées par un système (exercice 5) et démontrer une propriété du rectangle par le calcul vectoriel (exercice 6).
Deux problèmes techniques ferment la série : un palet sur une table à coussin d'air, dont la résultante de trois déplacements se lit par la relation de Chasles (exercice 9), et le serrage d'un boulon à la clé dynamométrique, où seule la composante perpendiculaire au manche fait tourner (exercice 10).
Le fil de la série est le suivant : un vecteur n'est pas un point. Un point dit OÙ, un vecteur dit DE COMBIEN ET DANS QUEL SENS. Deux flèches placées à des endroits différents représentent le même vecteur si elles ont les mêmes composantes. Les pièges corrigés : croire qu'un produit scalaire nul impose un vecteur nul, simplifier un produit scalaire comme un produit de nombres (exercice 7), additionner les normes au lieu des vecteurs (exercices 7 et 9), calculer AB à l'envers et oublier le carré de la norme dans le vecteur projeté (exercice 8). Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•NORME : ∥u∥=a2+b2. ORIENTATION : l'angle depuis l'axe des abscisses positives, dans le sens antihoraire, avec correction de quadrant si besoin.
•AB=(xB−xA;yB−yA) : l'EXTRÉMITÉ moins l'origine, jamais l'inverse.
•OPÉRATIONS : composante par composante. Un scalaire multiplie les DEUX composantes.
•COLINÉARITÉ : (a;b) et (c;d) sont colinéaires si ad=bc. Trois points sont alignés si deux vecteurs issus du même point le sont.
•VECTEUR UNITAIRE : on divise chaque composante par la norme. Le contrôle est que la somme des carrés vaut 1.
•PRODUIT SCALAIRE : a1a2+b1b2, ou ∥u∥∥v∥cosθ. C'est un NOMBRE, et son signe donne la nature de l'angle.
•ORTHOGONALITÉ : produit scalaire NUL. Cela n'implique PAS qu'un vecteur soit nul, contrairement à un produit de nombres.
•PROJECTION : la LONGUEUR vaut ∥v∥u⋅v, le VECTEUR vaut ∥v∥2u⋅vv. Norme simple pour une longueur, norme au carré pour un vecteur.
•DÉCOMPOSER sur deux directions revient à résoudre un système de deux équations. C'est possible si et seulement si les deux directions ne sont PAS colinéaires.
•INÉGALITÉ TRIANGULAIRE : ∥u+v∥≤∥u∥+∥v∥. La distance parcourue n'est pas le déplacement.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Composantes, norme et orientation
Un vecteur se décrit de deux façons équivalentes : par ses COMPOSANTES (a;b), ou par sa NORME et son ORIENTATION. Savoir passer de l'une à l'autre dans les deux sens est la base de tout le chapitre.
La norme vaut ∥u∥=a2+b2, et l'orientation est l'angle mesuré depuis l'axe des abscisses positives, dans le sens antihoraire.
a) Soit u=(6;4,5). Calculez sa norme et son orientation au centième de degré.
b) Soit v de norme 10 et d'orientation 150 degrés. Donnez ses composantes au centième.
c) Les points A(1;2) et B(7;6,5) définissent le vecteur AB. Quelles sont ses composantes ? Comparez à u.
d) Deux flèches tracées à des endroits différents peuvent-elles représenter le même vecteur ?
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Réponses
a)Norme 7,5 ; orientation environ 36,87 degrés
b)Environ (−8,66;5)
c)(6;4,5), donc exactement u
d)Oui, si elles ont les mêmes composantes
a)
∥u∥=36+20,25=56,25=7,5. C'est le triangle 6-4,5-7,5, qui est le 3-4-5 agrandi d'un facteur 1,5. L'orientation vaut arctan64,5≈36,87 degrés, et le vecteur étant dans le premier quadrant, la calculatrice donne directement le bon angle.
b)
a=10cos150∘=10×(−23)≈−8,66 et b=10sin150∘=10×0,5=5. Le vecteur est au DEUXIÈME quadrant, ce que les signes confirment : abscisse négative, ordonnée positive. Contrôle : 75+25=10.
c)
AB=(7−1;6,5−2)=(6;4,5) : c'est exactement u. On soustrait toujours l'ORIGINE de l'EXTRÉMITÉ, jamais l'inverse ; le vecteur BA serait (−6;−4,5), l'opposé.
d)
OUI. Un vecteur n'est pas attaché à un point : il est entièrement décrit par ses composantes. La flèche de A vers B et celle de l'origine vers (6;4,5) représentent le MÊME vecteur, et c'est ce qui permet de déplacer librement les flèches quand on les additionne bout à bout. Un point dit où l'on est, un vecteur dit de combien on se déplace.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Opérations et colinéarité
On additionne et on soustrait des vecteurs COMPOSANTE PAR COMPOSANTE, et l'on multiplie par un scalaire en multipliant chaque composante.
Deux vecteurs sont COLINÉAIRES si l'un est un multiple de l'autre, ce qui se teste en une seule égalité de produits croisés.
a) Avec u=(3;−2) et v=(−1;5), calculez 2u−3v.
b) Les vecteurs (6;−4) et (−9;6) sont-ils colinéaires ? Justifiez par les produits croisés.
c) Les points A(1;2), B(4;0) et C(10;−4) sont-ils alignés ?
d) Donnez le vecteur unitaire de même direction que u, au millième.
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Réponses
a)(9;−19)
b)Oui : 6×6=−4×(−9), et le facteur vaut −1,5
c)Oui : AB=(3;−2) et AC=(9;−6)=3AB
d)Environ (0,832;−0,555)
a)
2u=(6;−4) et 3v=(−3;15), donc 2u−3v=(6−(−3);−4−15)=(9;−19). On traite chaque composante séparément, et l'erreur la plus fréquente est d'oublier de distribuer le signe moins sur les DEUX composantes du second vecteur.
b)
Le test des produits croisés : (a;b) et (c;d) sont colinéaires si ad=bc. Ici 6×6=36 et (−4)×(−9)=36 : ils le sont. Le facteur se lit ensuite sur une composante : −9=−1,5×6, donc (−9;6)=−1,5(6;−4). Le facteur étant NÉGATIF, les deux vecteurs sont de sens OPPOSÉS tout en étant parallèles.
c)
AB=(3;−2) et AC=(9;−6). Produits croisés : 3×(−6)=−18 et (−2)×9=−18 : égaux, donc les vecteurs sont colinéaires et les trois points ALIGNÉS. Il faut partir du MÊME point, ici A, pour les deux vecteurs : comparer AB et BC marcherait aussi, mais mélanger AB et CA ferait perdre le fil des signes.
d)
On divise par la norme : ∥u∥=9+4=13≈3,606, donc le vecteur unitaire est (133;13−2)≈(0,832;−0,555). Contrôle : 0,8322+0,5552≈1, la norme vaut bien 1.
Exercice 3 : Le produit scalaire et l'angle
Le PRODUIT SCALAIRE de deux vecteurs se calcule de deux façons : par les composantes, u⋅v=a1a2+b1b2, ou par les normes et l'angle, u⋅v=∥u∥∥v∥cosθ.
Égaler les deux donne l'angle entre les vecteurs, et c'est l'usage le plus fréquent de la notion. Le résultat est un NOMBRE, pas un vecteur. La figure ci-dessous représente la situation.
a) Avec u=(4;3) et v=(−1;7), calculez le produit scalaire par les composantes.
b) Calculez les deux normes, puis l'angle entre les vecteurs au centième de degré.
c) Les vecteurs (4;3) et (−3;4) sont-ils orthogonaux ? Et (4;3) et (6;−8) ?
d) Un produit scalaire nul signifie-t-il qu'un des deux vecteurs est nul ?
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Réponses
a)17
b)5 et 50≈7,071 ; environ 61,26 degrés
c)Oui dans les deux cas : les produits scalaires valent 0
d)Non : deux vecteurs non nuls perpendiculaires suffisent
a)
u⋅v=4×(−1)+3×7=−4+21=17. Le résultat est un NOMBRE : parler du « vecteur produit scalaire » est une faute de vocabulaire que l'examen sanctionne.
b)
∥u∥=16+9=5 et ∥v∥=1+49=50≈7,071. Alors cosθ=5×7,07117≈0,4808, donc θ≈61,26 degrés. Le cosinus étant positif, l'angle est AIGU, ce qui se voit aussi au signe du produit scalaire.
c)
(4;3)⋅(−3;4)=−12+12=0 : ORTHOGONAUX. (4;3)⋅(6;−8)=24−24=0 : orthogonaux aussi. On obtient un vecteur perpendiculaire en ÉCHANGEANT les composantes et en changeant un signe, et ce procédé donne les deux perpendiculaires possibles, de sens opposés.
d)
NON, et c'est la grande différence avec un produit de nombres. Un produit scalaire nul signifie que les vecteurs sont PERPENDICULAIRES, ou que l'un est nul. Contre-exemple : (4;3) et (−3;4) sont tous deux de norme 5, donc non nuls, et leur produit scalaire est nul. La règle du produit nul de l'algèbre ne se transporte pas telle quelle aux vecteurs.
Exercice 4 : La projection orthogonale
Projeter u sur v, c'est trouver la part de u qui va DANS LA DIRECTION de v. La longueur de cette part vaut ∥v∥u⋅v, et le vecteur projeté vaut ∥v∥2u⋅vv.
Notez le dénominateur : la norme SIMPLE pour une longueur, la norme au CARRÉ pour un vecteur.
a) Avec u=(4;5) et v=(9;0), calculez la LONGUEUR de la projection de u sur v.
b) Donnez le VECTEUR projeté.
c) Refaites les deux calculs avec v=(0;9). Que remarquez-vous ?
d) Avec u=(4;5) et w=(−3;1), la longueur de la projection est-elle positive ? Interprétez.
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Réponses
a)4
b)(4;0)
c)Longueur 5 et vecteur (0;5) : on retrouve les composantes de u
d)Non, elle vaut environ −2,21 : l'angle est obtus
a)
u⋅v=36+0=36 et ∥v∥=9, donc la longueur vaut 936=4. C'est bien ce que montre la figure : l'ombre de u sur l'axe horizontal s'arrête à l'abscisse 4.
b)
8136(9;0)=94(9;0)=(4;0). On divise par la norme au CARRÉ quand on veut un vecteur : diviser par la norme simple donnerait (4;0) multiplié par 9, soit un vecteur neuf fois trop long.
c)
u⋅v=0+45=45 et ∥v∥=9, donc la longueur vaut 5, et le vecteur projeté est 8145(0;9)=(0;5). On retrouve exactement les COMPOSANTES de u : les composantes d'un vecteur ne sont rien d'autre que ses projections sur les deux axes, et c'est la bonne façon de comprendre la notion.
d)
u⋅w=−12+5=−7 et ∥w∥=10≈3,162, donc la longueur vaut 3,162−7≈−2,21 : NÉGATIVE. Cela n'a rien d'absurde : le signe dit que la projection pointe dans le sens OPPOSÉ à w, donc que l'angle entre u et w est obtus. On parle alors de longueur ALGÉBRIQUE, et son signe porte toute l'information sur l'angle.
Exercice 5 : Décomposer un vecteur sur deux directions imposées
Le problème INVERSE de la résultante : un vecteur étant donné, on cherche les deux vecteurs, portés par deux directions imposées, dont il est la somme.
Cela revient à résoudre un système de deux équations à deux inconnues, une par composante. La figure ci-dessous représente la situation.
a) Écrivez r=(11;7) comme sa+tb avec a=(3;1) et b=(1;2). Posez le système.
b) Résolvez-le.
c) Vérifiez le résultat en recalculant la somme.
d) Pourrait-on décomposer r sur a=(3;1) et c=(6;2) ? Justifiez.
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Réponses
a)3s+t=11 et s+2t=7
b)s=3 et t=2
c)3(3;1)+2(1;2)=(11;7)
d)Non : a et c sont colinéaires, ils ne couvrent qu'une droite
a)
s(3;1)+t(1;2)=(3s+t;s+2t), qu'on égale à (11;7) composante par composante : 3s+t=11 et s+2t=7. Une égalité de vecteurs vaut DEUX équations scalaires, et c'est tout le mécanisme de l'exercice.
b)
De la première, t=11−3s. En reportant : s+2(11−3s)=7, donc s+22−6s=7, soit −5s=−15 et s=3. Alors t=11−9=2. On peut aussi résoudre par combinaison, le résultat est le même.
c)
3(3;1)=(9;3) et 2(1;2)=(2;4). Leur somme vaut (11;7), qui est bien r. Cette vérification prend dix secondes et elle attrape toute erreur de signe dans la résolution : elle est attendue par le correcteur.
d)
NON. Les vecteurs (3;1) et (6;2) sont COLINÉAIRES, puisque 3×2=1×6 : le second est le double du premier. Toute combinaison des deux reste sur la même DROITE, et r=(11;7) n'est pas sur cette droite, car 11×1=7×3. Le système correspondant serait impossible. La condition pour pouvoir décomposer sur deux directions est qu'elles ne soient PAS colinéaires.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Une démonstration vectorielle
Les vecteurs servent à DÉMONTRER, et pas seulement à calculer. Le principe : on traduit l'hypothèse en une relation vectorielle, on calcule, et l'on relit le résultat géométriquement.
On démontre ici que les diagonales d'un RECTANGLE ont la même longueur, puis on cherche à quelle condition elles sont perpendiculaires. La figure ci-dessous représente la situation.
a) Un rectangle a pour sommets A(0;0), B(p;0), C(p;q) et D(0;q). Donnez AC et BD.
b) Montrez que les deux diagonales ont la même longueur.
c) Calculez AC⋅BD et dites à quelle condition les diagonales sont perpendiculaires.
d) Quelle figure obtient-on alors ? Vérifiez avec p=q=5.
Voir la correction
Réponses
a)AC=(p;q) et BD=(−p;q)
b)Les deux normes valent p2+q2
c)q2−p2 ; nul si p=q
d)Un CARRÉ ; avec p=q=5, les diagonales valent 50 et sont perpendiculaires
a)
AC=(p−0;q−0)=(p;q) et BD=(0−p;q−0)=(−p;q). Placer le rectangle avec un sommet à l'origine et des côtés sur les axes est une SIMPLIFICATION licite : elle ne restreint pas la généralité, tout rectangle pouvant s'y ramener par déplacement.
b)
∥AC∥=p2+q2 et ∥BD∥=(−p)2+q2=p2+q2. Les deux expressions sont IDENTIQUES, le carré effaçant le signe : les diagonales ont donc la même longueur, quels que soient p et q. C'est vrai de tout rectangle, et la démonstration tient en deux lignes.
c)
AC⋅BD=p×(−p)+q×q=q2−p2. Ce produit est nul si et seulement si p2=q2, donc, les longueurs étant positives, si p=q. Les diagonales d'un rectangle ne sont donc perpendiculaires que dans ce cas précis.
d)
Un rectangle dont les deux côtés sont égaux est un CARRÉ. Vérification avec p=q=5 : AC=(5;5) et BD=(−5;5), dont le produit scalaire vaut −25+25=0, et dont les normes valent toutes deux 50≈7,07. On a donc démontré, en trois lignes de calcul, que le carré est le seul rectangle à diagonales perpendiculaires.
Exercice 7 : Quand le produit scalaire ne se comporte pas comme un produit
Le produit scalaire porte le mot « produit », et pourtant trois règles familières de l'algèbre n'y survivent pas. Cet exercice les passe en revue.
On prendra u=(4;3), v=(−3;4) et w=(6;−8).
a) Calculez u⋅v et u⋅w. Que valent-ils ?
b) Peut-on en déduire que v=w ? Que devient la règle de simplification ?
c) L'expression (u⋅v)⋅w a-t-elle un sens ?
d) Calculez ∥u+v∥ et ∥u∥+∥v∥. Sont-ils égaux ?
Voir la correction
Réponses
a)Tous deux nuls
b)Non : v et w diffèrent ; la simplification ne vaut pas
c)Non : un nombre ne se multiplie pas scalairement par un vecteur
d)50≈7,07 contre 10 : différents
a)
u⋅v=−12+12=0 et u⋅w=24−24=0. Les deux produits scalaires sont NULS, ce qui signifie seulement que u est perpendiculaire aux deux.
b)
NON. v=(−3;4) et w=(6;−8) sont différents, et même de normes différentes, 5 et 10. L'implication « u⋅v=u⋅w donc v=w » est FAUSSE : on ne SIMPLIFIE jamais par un vecteur. Ici les deux vecteurs sont colinéaires entre eux et tous deux perpendiculaires à u, ce qui suffit à annuler les deux produits.
c)
NON, l'expression n'a pas de sens. u⋅v est un NOMBRE, et le produit scalaire se définit entre deux VECTEURS : on ne peut pas l'appliquer à un nombre et à un vecteur. Ce qui a un sens, c'est (u⋅v)w, la multiplication du vecteur w par le scalaire obtenu. L'associativité du produit ordinaire ne se transporte donc pas.
d)
u+v=(1;7), dont la norme vaut 1+49=50≈7,07. Mais ∥u∥+∥v∥=5+5=10. Les deux DIFFÈRENT, et c'est la règle : la norme d'une somme n'est pas la somme des normes, sauf si les deux vecteurs ont exactement la même direction et le même sens. En général on a seulement l'INÉGALITÉ TRIANGULAIRE, ∥u+v∥≤∥u∥+∥v∥, qui dit simplement que le chemin direct est le plus court.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple ou l'argument qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent sur ce chapitre en évaluation.
a) « Un produit scalaire nul signifie qu'un des deux vecteurs est nul. »
b) « ∥u+v∥=∥u∥+∥v∥. »
c) « Le produit scalaire de deux vecteurs est un vecteur. »
d) « AB se calcule en soustrayant les coordonnées de B de celles de A. »
e) « Le vecteur projeté de u sur v vaut ∥v∥u⋅vv. »
Voir la correction
a)
Faux. Contre-exemple : (4;3) et (−3;4) ont tous deux une norme de 5, donc aucun n'est nul, et leur produit scalaire vaut −12+12=0. L'énoncé correct : un produit scalaire nul signifie que les deux vecteurs sont PERPENDICULAIRES, ou que l'un d'eux est nul.
b)
Faux en général. Contre-exemple : avec (4;3) et (−3;4), la somme est (1;7), de norme 50≈7,07, alors que la somme des normes vaut 10. L'énoncé correct : on a l'INÉGALITÉ ∥u+v∥≤∥u∥+∥v∥, avec égalité seulement si les deux vecteurs sont de même sens.
c)
Faux : c'est un NOMBRE, d'où son nom de produit SCALAIRE. Contre-exemple : (4;3)⋅(−1;7)=17, qui est un nombre sans direction. L'énoncé correct : le produit scalaire associe un nombre à deux vecteurs, et c'est pour cela que (u⋅v)⋅w n'a aucun sens.
d)
Faux : c'est l'inverse, on soustrait A de B. Contre-exemple avec A(1;2) et B(7;6,5) : l'ordre proposé donnerait (−6;−4,5), qui est BA et pointe dans le mauvais sens. L'énoncé correct : AB=(xB−xA;yB−yA), l'EXTRÉMITÉ moins l'origine.
e)
Faux : le dénominateur doit être la norme au CARRÉ. Contre-exemple avec u=(4;5) et v=(9;0) : la formule proposée donnerait 936(9;0)=(36;0), un vecteur plus long que v lui-même, alors que la projection vaut (4;0). L'énoncé correct : norme SIMPLE pour une longueur, norme au CARRÉ pour un vecteur.
Exercice 9 : Problème : le palet sur la table à coussin d'air
Sur une table à coussin d'air, un palet glisse sans frottement. Poussé trois fois de suite, il subit les déplacements d1=(40;30), d2=(−15;50) et d3=(25;−20), en centimètres.
On veut savoir où il aboutit, à quelle distance de son point de départ, et par quel déplacement unique on aurait obtenu le même résultat.
a) Calculez le déplacement résultant, puis la position finale du palet si le départ est l'origine.
b) Quelle distance sépare l'arrivée du départ, au centième de centimètre ?
c) Quelle est l'orientation de la résultante, au centième de degré ?
d) Quelle distance le palet a-t-il réellement parcourue ? Comparez, et expliquez l'écart.
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Réponses
a)(50;60), donc le point (50;60)
b)Environ 78,10 cm
c)Environ 50,19 degrés
d)Environ 134,25 cm, bien plus : le chemin n'est pas droit
a)
On additionne composante par composante : (40−15+25;30+50−20)=(50;60). Le palet partant de l'origine, il aboutit au point (50;60). L'addition bout à bout des trois flèches, visible sur la figure, donne exactement la même chose : c'est la relation de Chasles.
b)
502+602=2500+3600=6100≈78,10 cm. C'est la NORME de la résultante, c'est-à-dire la distance à vol d'oiseau entre le départ et l'arrivée.
c)
arctan5060≈50,19 degrés. Le vecteur étant dans le premier quadrant, les deux composantes étant positives, la calculatrice donne directement le bon angle sans correction de quadrant.
d)
On additionne les trois NORMES, et non les composantes : 2500=50, 225+2500≈52,20 et 625+400≈32,02, soit environ 134,25 cm au total. C'est bien plus que les 78,10 cm de la résultante, et c'est l'inégalité triangulaire en action : le chemin parcouru dépasse toujours la distance directe, sauf si toutes les poussées vont dans le même sens. La distance parcourue et le déplacement sont deux grandeurs différentes, et les confondre est l'erreur de fond de ce type de problème.
Exercice 10 : Problème : le serrage d'un boulon à la clé dynamométrique
Une clé dynamométrique de 45 cm de long tourne autour de l'axe du boulon. Seule la part de la force PERPENDICULAIRE à la clé fait tourner le boulon : la part parallèle ne fait que tirer sur l'axe.
Un mécanicien exerce une force de 200 newtons dont la direction fait un angle de 70 degrés avec le manche de la clé.
a) Décomposez la force en une part perpendiculaire au manche et une part parallèle, au dixième de newton.
b) Quelle est la part de la force réellement utile au serrage ?
c) À quel angle faudrait-il tirer pour que toute la force soit utile ? Que vaudrait alors la part parallèle ?
d) Le mécanicien tire maintenant à 20 degrés du manche avec la même force. Comparez et concluez.
Voir la correction
Réponses
a)Perpendiculaire environ 187,9 N, parallèle environ 68,4 N
b)La part perpendiculaire, environ 187,9 N
c)À 90 degrés ; la part parallèle serait nulle
d)Seulement 68,4 N d'utile : trois fois moins, pour le même effort
a)
On projette la force sur la direction du manche et sur la perpendiculaire. Part PERPENDICULAIRE : 200sin70∘≈187,9 N. Part PARALLÈLE : 200cos70∘≈68,4 N. Contrôle par Pythagore : 187,92+68,42≈200 N, la décomposition est complète.
b)
La part utile est la PERPENDICULAIRE, environ 187,9 N, puisque c'est elle seule qui fait tourner. La part parallèle, 68,4 N, tire sur l'axe du boulon sans rien serrer : elle est perdue, et elle fatigue le montage pour rien.
c)
À 90 degrés, c'est-à-dire en tirant PERPENDICULAIREMENT au manche. La part perpendiculaire vaudrait alors 200sin90∘=200 N, la totalité, et la part parallèle 200cos90∘=0. C'est exactement ce que dit le produit scalaire : deux vecteurs perpendiculaires ont un produit scalaire nul, donc aucune projection l'un sur l'autre. C'est pourquoi toute notice de serrage précise de tirer à angle droit.
d)
À 20 degrés, la part utile n'est plus que 200sin20∘≈68,4 N, contre 187,9 N à 70 degrés : presque trois fois moins pour le même effort du bras. Et la part perdue passe à 200cos20∘≈187,9 N, tirée sur l'axe. Remarquez la symétrie : 20 et 70 degrés étant complémentaires, les deux parts s'échangent exactement, ce que la relation sinθ=cos(90∘−θ) annonçait.
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