Math TS, secondaire 5 à Montréal • Algèbre linéaire
Fiche de révision : les vecteurs
Cette fiche de révision accompagne le chapitre des vecteurs du programme de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire : composantes, opérations, colinéarité, produit scalaire, projection orthogonale et décomposition.
Elle ne redit pas le cours. Elle dit ce qui coûte des points en évaluation, ce que le correcteur attend exactement, et les contrôles à faire avant de rendre la copie.
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Le fil du chapitre
Un vecteur n'est pas un point. Un point dit OÙ l'on est, un vecteur dit DE COMBIEN et DANS QUEL SENS on se déplace. Deux flèches tracées à des endroits différents représentent le même vecteur si elles ont les mêmes composantes, et c'est ce qui permet de les déplacer pour les additionner.
•COMPOSANTES : AB=(xB−xA;yB−yA), l'EXTRÉMITÉ moins l'origine, jamais l'inverse.
•NORME : ∥u∥=a2+b2. ORIENTATION : l'angle depuis l'axe des abscisses positives, dans le sens antihoraire, avec correction de quadrant si besoin.
•Dans l'autre sens : a=∥u∥cosθ et b=∥u∥sinθ. Les SIGNES obtenus doivent correspondre au quadrant annoncé.
•VECTEUR UNITAIRE : on divise chaque composante par la norme. Le contrôle est que la somme des carrés vaut 1.
Le vecteur (6;4,5) : ses composantes sont les deux cathètes, a=6 (bleu) et b=4,5 (orange), sa norme l'hypoténuse, 7,5. L'orientation θ se mesure depuis l'axe des abscisses.
Opérations, colinéarité, produit scalaire
•ADDITION, SOUSTRACTION et MULTIPLICATION PAR UN SCALAIRE : composante par composante, et le scalaire multiplie les DEUX composantes.
•COLINÉARITÉ : (a;b) et (c;d) sont colinéaires si ad=bc. Trois points sont alignés si deux vecteurs issus du MÊME point le sont.
•PRODUIT SCALAIRE : a1a2+b1b2, ou ∥u∥∥v∥cosθ. C'est un NOMBRE, et son signe donne la nature de l'angle.
•ORTHOGONALITÉ : produit scalaire NUL. On obtient un vecteur perpendiculaire en ÉCHANGEANT les composantes et en changeant un signe.
u=(4;3) et v=(−3;4) : composantes échangées, un signe changé, produit scalaire −12+12=0, angle droit. Leur somme (1;7) (vert) est la diagonale du parallélogramme.
Projeter et décomposer
•LONGUEUR de la projection de u sur v : ∥v∥u⋅v. Elle peut être NÉGATIVE, ce qui signale un angle obtus.
•VECTEUR projeté : ∥v∥2u⋅vv. Norme SIMPLE pour une longueur, norme au CARRÉ pour un vecteur.
•DÉCOMPOSER r sur deux directions revient à résoudre un système de deux équations, une par composante. C'est possible si et seulement si les deux directions ne sont PAS colinéaires.
•Les composantes d'un vecteur ne sont rien d'autre que ses projections sur les deux axes : c'est la bonne façon de comprendre la notion.
On abaisse la perpendiculaire du bout de u sur la direction de v. Ici u⋅v=20 et ∥v∥2=40 : le projeté (vert) vaut 4020v=(3;1).
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Soustraire dans le mauvais sens
toute la question, le vecteur pointant à l'envers
Ce qu'il ne faut pas écrire
AB=(xA−xB;yA−yB)
Ce qu'il faut écrire
(xB−xA;yB−yA)
AB part de A et arrive en B : extrémité moins origine, (5−1;3−1)=(4;2) (vert). L'ordre inverse donne (−4;−2) (rouge), la flèche qui part dans l'autre sens.
Pourquoi : Avec A(1;2) et B(7;6,5), l'ordre fautif donne (−6;−4,5), qui est BA. Le moyen de ne plus se tromper : on part de A et on ARRIVE en B, donc c'est l'arrivée qui vient en premier dans la soustraction.
2.Traiter le produit scalaire comme un vecteur
1 à 2 points, et une expression qui n'a pas de sens
Ce qu'il ne faut pas écrire
(u⋅v)⋅w
Ce qu'il faut écrire
(u⋅v)w, une multiplication par un scalaire
Pourquoi : Le produit scalaire de deux vecteurs est un NOMBRE, d'où son nom. Le produit scalaire d'un nombre et d'un vecteur n'est pas défini. L'associativité du produit ordinaire ne se transporte donc pas aux vecteurs, et l'écriture doit le refléter.
3.Simplifier par un vecteur
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
u⋅v=u⋅w donc v=w
Ce qu'il faut écrire
Rien ne s'ensuit
v et w sont tous deux perpendiculaires à u : u⋅v=u⋅w=0. Pourtant v=w : on ne simplifie jamais par un vecteur.
Pourquoi : Contre-exemple : u=(4;3), v=(−3;4) et w=(6;−8) donnent deux produits scalaires nuls, alors que v et w n'ont même pas la même norme. La règle du produit nul de l'algèbre ne vaut pas ici : un produit scalaire nul signifie PERPENDICULAIRE.
4.Additionner les normes au lieu des composantes
toute la question, et une distance surestimée
Ce qu'il ne faut pas écrire
∥u+v∥=∥u∥+∥v∥
Ce qu'il faut écrire
50≈7,07 contre 10 : différents
Trois poussées enchaînées (flèches pleines) : 50+52,2+32,0≈134 cm parcourus. La résultante (vert) ne mesure que 502+602≈78,1 cm : la norme d'une somme n'est pas la somme des normes.
Pourquoi : Contre-exemple : (4;3) et (−3;4) ont chacun une norme de 5, et leur somme (1;7) a une norme de 7,07. On a seulement l'INÉGALITÉ TRIANGULAIRE, avec égalité uniquement si les deux vecteurs ont le même sens. C'est la distinction entre la distance PARCOURUE et le DÉPLACEMENT.
5.Diviser par la norme au lieu de son carré
toute la question, avec un vecteur trop long
Ce qu'il ne faut pas écrire
Vecteur projeté =∥v∥u⋅vv
Ce qu'il faut écrire
∥v∥2u⋅vv
Divisé par ∥v∥2=40, le projeté est (3;1) (vert), au pied de la perpendiculaire. Divisé par ∥v∥ seulement, il est 40≈6,3 fois trop long (rouge).
Pourquoi : Avec u=(4;5) et v=(9;0), la formule fautive donne (36;0), plus long que v lui-même, alors que la projection vaut (4;0). La règle : norme SIMPLE pour une longueur, norme au CARRÉ pour un vecteur.
6.Rejeter une longueur de projection négative
du temps perdu, et parfois une valeur absolue injustifiée
Ce qu'il ne faut pas écrire
« La longueur est négative, donc j'ai fait une erreur »
Ce qu'il faut écrire
Le signe indique un angle OBTUS
u⋅w=−7 : l'angle est obtus et le projeté (vert) part dans le sens CONTRAIRE de w. La longueur signée −107 est juste, son signe porte l'information.
Pourquoi : La longueur de projection est ALGÉBRIQUE : son signe dit de quel côté la projection pointe. Avec u=(4;5) et w=(−3;1), elle vaut environ −2,21, et cela signifie simplement que l'angle dépasse 90 degrés. Mettre une valeur absolue efface cette information.
7.Décomposer sur deux directions colinéaires
du temps perdu sur un système sans solution
Ce qu'il ne faut pas écrire
Écrire (11;7) comme combinaison de (3;1) et (6;2)
Ce qu'il faut écrire
Impossible : les deux directions sont colinéaires
a=(3;1) et c=(6;2) sont sur la même droite (pointillé) : toutes leurs combinaisons y restent. r=(11;7) (rouge) en sort, donc aucune décomposition n'existe.
Pourquoi : Toute combinaison de deux vecteurs colinéaires reste sur une même DROITE. Vérifier ad=bc avant de poser le système prend cinq secondes : ici 3×2=1×6, donc la décomposition est impossible pour tout vecteur hors de cette droite.
Quelle méthode choisir
Quel outil, selon la question posée
Un énoncé vectoriel
Décomposer r=(11;7) sur a et b : on suit 3a (bleu) puis 2b (orange). Le système 3s+t=11, s+2t=7 donne s=3, t=2.
Si On demande si deux vecteurs sont PARALLÈLES, ou trois points ALIGNÉS → Produits croisés : colinéaires si ad=bc
Exemple : (6;−4) et (−9;6) : 36=36, colinéaires de facteur −1,5
Si On demande un ANGLE, ou si deux vecteurs sont PERPENDICULAIRES → Produit scalaire, puis cosθ=∥u∥∥v∥u⋅v
Exemple : (4;3)⋅(−3;4)=0 : perpendiculaires
Si On demande la PART UTILE d'une force, ou une ombre → Projection orthogonale : norme simple pour une longueur, norme au carré pour un vecteur
Exemple : La part de 200 N utile au serrage à 70 degrés vaut 187,9 N
Si On demande d'ÉCRIRE un vecteur à partir de deux directions → Décomposition : un système de deux équations, une par composante
Exemple : (11;7)=3(3;1)+2(1;2)
Deux branches sont souvent confondues : la colinéarité se teste par les produits CROISÉS, l'orthogonalité par le produit SCALAIRE. Les deux tests se ressemblent à l'écrit et n'ont rien à voir, l'un donnant un parallélisme et l'autre une perpendicularité.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Rédiger un problème de décomposition de force
Quand l'utiliser : Chaque fois qu'une force fait un angle avec une direction utile
1Dire quelle direction est UTILE et pourquoi, en une phrase.
2Écrire les deux composantes, perpendiculaire et parallèle, avec le bon rapport trigonométrique.
3Calculer les deux, sans arrondir en cours de route.
4Contrôler par Pythagore que les deux parts redonnent la force totale.
5Répondre à la question posée, qui ne porte en général que sur UNE des deux parts.
6Conclure par une phrase d'interprétation technique.
Phrase de conclusion
« Seule la part PERPENDICULAIRE au manche fait tourner le boulon. Elle vaut 200sin70∘≈187,9 N ; la part parallèle, 200cos70∘≈68,4 N, ne fait que tirer sur l'axe. Contrôle : 187,92+68,42≈200 N. Tirer à 90 degrés rendrait toute la force utile. »
Le piège : Prendre le cosinus pour la part perpendiculaire. L'angle est mesuré DEPUIS le manche, donc c'est le sinus qui donne la part perpendiculaire à ce manche. Faire un schéma avant de choisir le rapport.
Barème : 1 point pour la direction utile identifiée, 2 points pour le schéma, 3 points pour les deux composantes, 2 points pour le contrôle de Pythagore, 2 points pour l'interprétation.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Pythagore sur une décomposition
Les deux composantes d'un vecteur décomposé doivent redonner sa norme par la somme des carrés. Un écart signale un rapport trigonométrique inversé.
187,92+68,42≈200 N.
Le signe du produit scalaire contre le dessin
Un produit scalaire positif annonce un angle aigu, négatif un angle obtus, nul un angle droit. Le résultat doit correspondre à l'allure de la figure.
(4;3)⋅(−1;7)=17>0 : l'angle de 61 degrés est bien aigu.
La norme d'un vecteur unitaire
Après avoir divisé par la norme, la somme des carrés des composantes doit valoir exactement 1.
0,8322+0,5552≈1.
Recalculer la somme d'une décomposition
Une fois les coefficients trouvés, on recalcule la combinaison et l'on doit retomber sur le vecteur de départ.
3(3;1)+2(1;2)=(9;3)+(2;4)=(11;7).
L'exercice type décortiqué
Le serrage d'un boulon, ou la part utile d'une force
Une clé dynamométrique de 45 cm de long tourne autour de l'axe d'un boulon. Un mécanicien exerce une force de 200 newtons dont la direction fait un angle de 70 degrés avec le manche. Trouvez la part utile au serrage, puis comparez avec un tirage à 20 degrés.
La clé et la force de 200 N tirée à 70 degrés du manche. Toute la question est de savoir quelle part de cette flèche fait tourner le boulon.
Étape 1
Seule la part PERPENDICULAIRE au manche fait tourner le boulon.
Pourquoi
La part parallèle tire sur l'axe sans rien serrer. Le dire en une phrase avant de calculer vaut un point, et cela oriente le choix du rapport trigonométrique.
Étape 2
Part perpendiculaire : 200sin70∘≈187,9 N.
Pourquoi
L'angle étant mesuré DEPUIS le manche, c'est le sinus qui donne la composante perpendiculaire à ce manche. Un schéma rapide évite d'inverser sinus et cosinus.
Étape 3
Part parallèle : 200cos70∘≈68,4 N.
Pourquoi
Cette part est entièrement perdue pour le serrage, et elle fatigue le montage. Un bon geste de mécanicien consiste précisément à la réduire.
Étape 4
Contrôle : 187,92+68,42≈200 N.
Pourquoi
Les deux composantes doivent redonner la force totale. Ce contrôle attrape immédiatement une inversion entre sinus et cosinus, qui laisserait la somme des carrés inchangée mais échangerait les deux parts.
Étape 5
À 20 degrés : part utile 200sin20∘≈68,4 N seulement.
Pourquoi
Presque trois fois moins pour le même effort du bras. Et la part perdue passe à 187,9 N : les deux valeurs se sont exactement ÉCHANGÉES, puisque 20 et 70 degrés sont complémentaires.
Étape 6
Angle idéal : 90 degrés, où la part utile vaut 200 N et la part parallèle 0.
Pourquoi
C'est exactement ce que dit le produit scalaire : deux vecteurs perpendiculaires ont un produit scalaire nul, donc aucune projection l'un sur l'autre. Toute notice de serrage précise de tirer à angle droit, et voilà pourquoi.
Conclusion rédigée
187,9 N utiles à 70 degrés, contre 68,4 N seulement à 20 degrés, et 200 N à 90 degrés.
L'erreur classique sur cet exercice : Multiplier la force entière par la longueur du manche. Seule la composante perpendiculaire compte, et prendre les 200 N surestime le serrage de six pour cent à 70 degrés, et du triple à 20 degrés.
À savoir par cœur
•AB : l'EXTRÉMITÉ moins l'origine.
•Norme =a2+b2 ; orientation depuis l'axe des x positifs.
•Opérations : composante par composante.
•Colinéaires si ad=bc : produits CROISÉS.
•Produit scalaire =a1a2+b1b2, un NOMBRE.
•Produit scalaire nul : PERPENDICULAIRES, pas forcément nuls.
•Projection, longueur : on divise par la norme.
•Projection, vecteur : on divise par la norme au CARRÉ.
•Une longueur de projection négative annonce un angle obtus.
•∥u+v∥≤∥u∥+∥v∥ : le direct est le plus court.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un point et un vecteur ?
Un point dit où l'on se trouve, un vecteur dit de combien et dans quelle direction on se déplace. Un point est attaché à une position précise, un vecteur ne l'est pas : deux flèches tracées à des endroits différents représentent le même vecteur dès qu'elles ont les mêmes composantes. C'est cette liberté qui permet de déplacer les flèches pour les mettre bout à bout quand on les additionne.
Le produit scalaire est-il un vecteur ?
Non, c'est un nombre, et c'est précisément ce que signifie le mot scalaire. Il associe un nombre à deux vecteurs, et ce nombre porte une information sur l'angle entre eux : positif pour un angle aigu, nul pour un angle droit, négatif pour un angle obtus. C'est aussi pourquoi une écriture comme le produit scalaire d'un nombre par un vecteur n'a aucun sens.
Un produit scalaire nul signifie-t-il qu'un des vecteurs est nul ?
Non, et c'est la grande différence avec un produit de nombres ordinaires. Un produit scalaire nul signifie que les deux vecteurs sont perpendiculaires, ou bien que l'un d'eux est nul. Deux vecteurs de longueur cinq peuvent très bien avoir un produit scalaire nul s'ils forment un angle droit. La règle du produit nul de l'algèbre ne se transporte donc pas, et on ne simplifie jamais une égalité par un vecteur.
À quoi sert la projection orthogonale en pratique ?
Elle donne la part d'une grandeur qui agit vraiment dans une direction donnée. Quand on serre un boulon avec une clé, seule la part de la force perpendiculaire au manche fait tourner ; le reste tire sur l'axe sans rien serrer. Le même raisonnement sert pour une force sur une pente, pour l'ombre d'un objet, ou pour la composante utile d'un effort sur un câble. C'est l'usage le plus concret de tout le chapitre.
Pourquoi la norme d'une somme n'est-elle pas la somme des normes ?
Parce que les deux vecteurs ne pointent en général pas dans la même direction, et qu'une partie de leurs effets se compense. Additionner les longueurs reviendrait à supposer qu'on avance toujours tout droit. C'est l'inégalité triangulaire : le chemin direct est plus court que le détour, avec égalité seulement quand les deux déplacements vont exactement dans le même sens. La distance parcourue et le déplacement sont deux grandeurs différentes.
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Exercices corrigés : Les vecteurs
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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