Math TS, secondaire 5 à Montréal • Géométrie analytique
Fiche de révision : les coniques
Cette fiche de révision accompagne le chapitre des coniques du programme de mathématique Technico-sciences de cinquième secondaire : cercle, ellipse, hyperbole, parabole, coniques translatées et intersection avec une droite.
Elle ne redit pas le cours. Elle dit ce qui coûte des points en évaluation, ce que le correcteur attend exactement, et les contrôles à faire avant de rendre la copie.
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Le fil du chapitre
Une conique n'est pas une formule à reconnaître, c'est un LIEU GÉOMÉTRIQUE, l'ensemble des points qui vérifient une condition de distance. La complétion du carré ne fait que rendre cette condition lisible, et c'est pour cela qu'elle est le premier geste de tout exercice du chapitre.
•CERCLE : (x−h)2+(y−k)2=r2. On lit les signes À L'ENVERS, y+4 donnant k=−4.
•ELLIPSE : a2x2+b2y2=1, avec c2=a2−b2, un MOINS. L'axe focal est celui du PLUS GRAND dénominateur.
•HYPERBOLE : a2x2−b2y2=1, avec c2=a2+b2, un PLUS. L'axe focal est celui du terme POSITIF, quelle que soit la taille des dénominateurs.
•PARABOLE : x2=4cy, où c est la distance du sommet au foyer, égale à celle du sommet à la directrice. Une SEULE variable est au carré.
Les FOYERS d'une ellipse sont toujours à l'INTÉRIEUR, entre le centre et les sommets : c est plus petit que a. Pour une hyperbole ce serait l'inverse.
Reconnaître, et les cas dégénérés
•UNE SEULE variable au carré : parabole. DEUX carrés de signes OPPOSÉS : hyperbole. DEUX carrés de MÊME signe : ellipse, et cercle si les coefficients sont égaux.
•APRÈS COMPLÉTION DU CARRÉ, le membre de droite décide : positif, un cercle ; NUL, un point unique ; NÉGATIF, l'ensemble vide.
•Ne jamais écrire un rayon imaginaire. La réponse attendue au cas négatif est « aucun point ».
•On COMPLÈTE toujours avant de conclure : la forme générale cache tout, la forme canonique donne centre, demi-axes et orientation d'un coup d'oeil.
Après complétion, (x−3)2+(y+4)2 vaut 36 : un cercle de rayon 6 (bleu) ; vaut 0 : le seul point (3;−4) (orange) ; un nombre négatif : aucun point.
Excentricité, asymptotes, tangence
•EXCENTRICITÉ e=ac : nulle pour un cercle, entre 0 et 1 pour une ellipse, supérieure à 1 pour une hyperbole. Elle mesure l'aplatissement.
•ASYMPTOTES d'une hyperbole : y=±abx, obtenues en remplaçant le 1 par 0. Ce sont les diagonales du RECTANGLE DIRECTEUR.
•HYPERBOLE CONJUGUÉE : on échange les signes. Mêmes asymptotes, même rectangle directeur, axe focal perpendiculaire.
•DROITE ET CONIQUE : on substitue, puis le DISCRIMINANT décide. Positif, deux points ; NUL, TANGENCE ; négatif, aucun point.
Trois ellipses de même a=5 : e=0 est le cercle (bleu), e=0,6 (orange) puis e=0,9 (vert) s'aplatissent. L'excentricité ac mesure cet aplatissement.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Lire le centre sans inverser les signes
toute la question, foyers et sommets compris
Ce qu'il ne faut pas écrire
Le centre de (x−3)2+(y+4)2=36 est (−3;4)
Ce qu'il faut écrire
(3;−4)
(x−3)2+(y+4)2=36 est centré en (3;−4) (vert). Le point (−3;4) (rouge), lu avec les signes de l'écriture, est à 10 unités du vrai centre, hors du cercle.
Pourquoi : La forme canonique contient des SOUSTRACTIONS : y+4 s'écrit y−(−4). Le contrôle est immédiat : au vrai centre le membre de gauche vaut 0, son minimum, alors qu'en (−3;4) il vaut 100.
2.Prendre la racine sans regarder le signe
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
(x−3)2+(y+4)2=−5 donne un rayon −5
Ce qu'il faut écrire
Aucun point : l'ensemble est vide
Pourquoi : Une somme de deux carrés ne peut pas être négative. Après complétion, le membre de droite doit être examiné AVANT de prendre la racine : positif donne un cercle, nul un point unique, négatif rien du tout. L'examen pose ces deux cas exprès.
3.Appliquer le moins de l'ellipse à l'hyperbole
toute la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
Pour 16x2−9y2=1, c=16−9
Ce qu'il faut écrire
c=16+9=5
Les foyers de 16x2−9y2=1 sont AU-DELÀ des sommets : c=5>a=4 (vert). Les croix rouges, ±7, tombent entre les deux branches, là où il n'y a pas de courbe.
Pourquoi : Moins pour l'ellipse, PLUS pour l'hyperbole. La raison est géométrique : les foyers d'une ellipse sont entre le centre et les sommets, donc c<a ; ceux d'une hyperbole sont au-DELÀ des sommets, donc c>a. Si le c trouvé est plus petit que a sur une hyperbole, c'est faux.
4.Chercher l'axe focal d'une hyperbole sur la taille des dénominateurs
toute la question, foyers et sommets inversés
Ce qu'il ne faut pas écrire
9y2−16x2=1 a son axe focal horizontal, 16 étant le plus grand
Ce qu'il faut écrire
Il est VERTICAL : c'est le terme POSITIF qui porte l'axe
9y2−16x2=1 (vert) ouvre vers le haut et le bas : le terme positif est en y, malgré le 16. La rouge, d'axe horizontal, est sa conjuguée : même rectangle, mêmes asymptotes.
Pourquoi : La règle du plus grand dénominateur ne vaut que pour l'ELLIPSE. Pour une hyperbole, c'est le SIGNE qui décide, et les dénominateurs peuvent être dans n'importe quel ordre. Le contrôle : poser x=0 ; si l'on trouve des solutions, l'axe focal est vertical.
5.Ramener les foyers à zéro sur une conique translatée
la moitié de la question
Ce qu'il ne faut pas écrire
Les foyers de 9(x−2)2+4(y+1)2=1 sont (±5;0)
Ce qu'il faut écrire
(2±5;−1)
L'ellipse translatée garde ses foyers sur son axe, à 5 du CENTRE (2;−1) : (2±5;−1) en vert. Les croix rouges sont les foyers de l'ellipse NON translatée.
Pourquoi : Tout se décale de (h;k), y compris les foyers, les sommets et les asymptotes. L'ordonnée des foyers est celle du CENTRE, donc −1 ici. On part toujours du centre et on avance de c le long de l'axe focal.
6.Oublier de multiplier la constante par le coefficient mis en facteur
toute la mise sous forme canonique
Ce qu'il ne faut pas écrire
4(x2−4x)=4[(x−2)2−4] donne 4(x−2)2−4
Ce qu'il faut écrire
4(x−2)2−16
Pourquoi : Le crochet est multiplié par 4 EN ENTIER, donc le −4 devient −16. C'est l'erreur la plus fréquente de la complétion du carré avec coefficient, et elle se détecte en développant le résultat pour retrouver l'équation de départ.
7.Donner une abscisse au lieu d'un point
1 à 2 points
Ce qu'il ne faut pas écrire
« L'intersection est x=−4 et x=3 »
Ce qu'il faut écrire
(−4;−3) et (3;4)
Les croix rouges sur l'axe ne sont que des abscisses. Les points d'intersection (vert) ont deux coordonnées, qu'on obtient en remontant dans y=x+1.
Pourquoi : Un point d'intersection a DEUX coordonnées. Après avoir résolu l'équation en x, on remonte dans l'équation de la droite, la plus simple des deux, pour obtenir les ordonnées. Oublier cette remontée est une perte gratuite.
Quelle méthode choisir
Quelle conique, et que faire ensuite
Une équation du second degré en deux variables
Un seul carré : parabole. Deux carrés de même signe : cercle si les coefficients sont égaux, ellipse sinon. Deux carrés de signes opposés : hyperbole.
Si UNE SEULE variable au carré → Parabole : on isole la variable au carré et on identifie 4c
Exemple : x2=12y donne c=3, foyer (0;3), directrice y=−3
Si Deux carrés, coefficients ÉGAUX et de même signe → Cercle : on complète le carré, puis on regarde le SIGNE du membre de droite
Exemple : x2+y2−6x+8y−11=0 donne un cercle de centre (3;−4) et de rayon 6
Si Deux carrés, coefficients de MÊME signe mais différents → Ellipse : on divise pour obtenir un 1 à droite, puis c2=a2−b2
Exemple : 4x2+9y2=36 donne 9x2+4y2=1
Si Deux carrés, coefficients de signes OPPOSÉS → Hyperbole : le terme POSITIF porte l'axe focal, et c2=a2+b2
Exemple : 4x2−9y2=36 a son axe focal horizontal et c=13
Les quatre branches supposent qu'on a d'abord tout ramené d'un même côté et complété les carrés. Un cas dégénéré n'apparaît qu'à ce moment-là, et il ne concerne que les deux branches à deux carrés de même signe.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Rédiger une intersection droite-conique
Quand l'utiliser : Chaque fois qu'on demande les points communs, ou une condition de tangence
1Isoler une variable dans l'équation de la DROITE, la plus simple des deux.
2Substituer dans l'équation de la conique et développer.
3Ramener à une équation du second degré sous forme standard.
4Calculer le DISCRIMINANT et annoncer le nombre de points AVANT de résoudre.
5Résoudre, puis REMONTER dans l'équation de la droite pour les ordonnées.
6Vérifier chaque point dans les DEUX équations.
Phrase de conclusion
« Je substitue y=x+1 dans x2+y2=25 : 2x2+2x−24=0, soit x2+x−12=0. Discriminant 1+48=49>0, donc DEUX points. Les racines sont x=−4 et x=3, d'où, en remontant dans y=x+1, les points (−4;−3) et (3;4). Vérification : 16+9=25 et 9+16=25. »
Le piège : Résoudre sans annoncer le discriminant. Le correcteur attend le nombre de points AVANT les points eux-mêmes, parce que c'est ce qui distingue une méthode d'un tâtonnement.
Barème : 1 point pour la substitution, 2 points pour l'équation obtenue, 2 points pour le discriminant et la conclusion sur le nombre de points, 2 points pour les racines, 2 points pour la remontée aux ordonnées, 1 point pour la vérification.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Substituer un point trouvé dans les deux équations
Un point d'intersection doit satisfaire la droite ET la conique. Un seul des deux ne suffit pas.
(3;4) : 3+1=4 pour la droite, 9+16=25 pour le cercle.
Comparer c et a
Pour une ellipse, c<a ; pour une hyperbole, c>a. Un résultat qui viole cette inégalité signale un signe faux dans la relation.
Hyperbole avec a=4 : c=5 est cohérent, c=7 ne l'est pas.
Développer la forme canonique obtenue
On redéveloppe et on doit retrouver l'équation générale de départ. C'est le contrôle de la complétion du carré avec coefficient.
4(x−2)2+9(y+1)2=36 redonne bien 4x2+9y2−16x+18y−11=0.
Tester un point sur la conique
On choisit un sommet annoncé et on vérifie qu'il satisfait l'équation. Un sommet qui ne tombe pas dessus signale une erreur de centre ou de demi-axe.
Sommet (5;−1) dans 9(x−2)2+4(y+1)2=1 : 1+0=1.
L'exercice type décortiqué
Une tour de refroidissement, de l'équation aux cotes
Le profil d'une tour de refroidissement suit 900x2−b2y2=1, où x est le rayon et y la hauteur comptée depuis le col, en mètres. Le col a 30 m de rayon, et à 60 m au-dessus du col le rayon vaut 42 m. Trouvez b, le diamètre à 50 m sous le col, et la hauteur à laquelle le rayon atteint 50 m.
Le col, à hauteur nulle, est l'endroit le plus étroit : c'est le SOMMET de l'hyperbole, à 30 m de l'axe. Le point de la paroi à 60 m au-dessus du col, de rayon 42 m, sert à trouver b.
Étape 1
Pour y=0 : 900x2=1, donc x=30 m.
Pourquoi
Le col est le SOMMET de l'hyperbole, là où les deux branches sont les plus proches. Cette vérification confirme que le repère est bien centré sur le col.
Étape 2
Avec x=42 et y=60 : 9001764−b23600=1, donc b23600=0,96 et b2=3750.
Pourquoi
On substitue le point connu et on isole le paramètre inconnu. Le b d'une hyperbole n'est pas une dimension visible de la tour : c'est lui qui règle la vitesse d'évasement.
Étape 3
b=3750≈61,24 m.
Pourquoi
On garde b2 en mémoire pour la suite : toutes les formules l'utilisent au carré, et repasser par le b arrondi ferait perdre de la précision.
Étape 4
À 50 m sous le col, y=−50 : 900x2=1+37502500=35, donc x2=1500 et x≈38,73 m, soit un diamètre de 77,46 m.
Pourquoi
Le carré efface le signe de y : un point situé 50 m plus haut aurait exactement le même rayon. L'hyperbole est symétrique par rapport au col, et la tour aussi, à ceci près qu'elle est tronquée différemment en haut et en bas.
Étape 5
Rayon de 50 m : 9002500−1=3750y2, donc y2≈6666,67 et y≈81,65 m.
Pourquoi
On garde la racine POSITIVE, la question demandant la hauteur au-dessus du col. La racine négative donne le point symétrique, tout aussi réel mais hors sujet ici.
Étape 6
Asymptotes : pente ±3061,24≈±2,04, soit 26,1 degrés avec la verticale.
Pourquoi
C'est le cône dont la tour se rapproche sans jamais l'atteindre. Très haut au-dessus du col, la paroi devient pratiquement rectiligne, et c'est ce qui permet de la construire en barres droites inclinées.
Conclusion rédigée
b≈61,24 m ; un diamètre de 77,46 m à 50 m sous le col ; et un rayon de 50 m atteint à 81,65 m au-dessus du col.
L'erreur classique sur cet exercice : Prendre b pour une dimension mesurable de la tour. Ce paramètre ne correspond à aucune cote visible : il règle seulement la vitesse d'évasement, et c'est a, le rayon du col, qui se mesure.
À savoir par cœur
•Cercle : (x−h)2+(y−k)2=r2, signes lus à l'envers.
•Après complétion : positif un cercle, nul un point, négatif rien.
•Ellipse : c2=a2−b2, un MOINS ; c<a toujours.
•Hyperbole : c2=a2+b2, un PLUS ; c>a toujours.
•Ellipse : l'axe focal est celui du plus GRAND dénominateur.
•Hyperbole : l'axe focal est celui du terme POSITIF.
•Asymptotes : y=±abx, diagonales du rectangle directeur.
•Parabole : x2=4cy, foyer et directrice à la distance c du sommet.
•Excentricité e=ac : 0, entre 0 et 1, ou plus grand que 1.
•Droite et conique : on substitue, le discriminant décide.
Questions fréquentes
Pourquoi parle-t-on de lieu géométrique pour une conique ?
Parce que chaque conique se définit par une condition de distance, avant toute équation. Un cercle est l'ensemble des points à distance fixe d'un centre, une parabole l'ensemble des points à égale distance d'un point et d'une droite, une ellipse l'ensemble des points dont la somme des distances à deux foyers est constante. L'équation n'est que la traduction algébrique de cette condition, obtenue en écrivant les distances puis en simplifiant.
Pourquoi le signe change-t-il entre l'ellipse et l'hyperbole ?
Parce que les foyers ne sont pas placés de la même façon. Pour une ellipse, ils sont entre le centre et les sommets, donc la distance focale est plus petite que le demi-grand axe, ce qui donne une soustraction. Pour une hyperbole, ils sont au-delà des sommets, donc la distance focale est plus grande, ce qui donne une addition. Comparer la distance focale au demi-axe est d'ailleurs le meilleur contrôle d'un calcul.
Une équation du second degré décrit-elle toujours une vraie courbe ?
Non. Après avoir complété les carrés, le membre de droite peut être nul ou négatif. S'il est nul, la seule solution est le centre, donc l'ensemble se réduit à un point. S'il est négatif, aucun point du plan ne convient et l'ensemble est vide, puisqu'une somme de carrés ne peut pas être négative. Ces deux situations s'appellent des cas dégénérés, et les évaluations les posent volontiers.
À quoi servent les asymptotes d'une hyperbole ?
À tracer la courbe rapidement et à comprendre son comportement lointain. On dessine d'abord le rectangle formé par les demi-axes, on prolonge ses diagonales, et les deux branches viennent se loger dans les régions ainsi découpées en s'en approchant sans jamais les toucher. Dans un contexte technique, elles décrivent la forme limite que l'objet approche, par exemple le cône dont une tour de refroidissement se rapproche vers le haut.
Comment savoir si une droite touche une conique sans résoudre ?
On substitue l'équation de la droite dans celle de la conique, ce qui donne une équation du second degré à une seule inconnue, puis on calcule son discriminant sans aller plus loin. S'il est positif il y a deux points d'intersection, s'il est nul la droite est tangente, s'il est négatif elle passe à côté. C'est la méthode générale, et elle vaut pour toutes les coniques, alors que le calcul de la distance au centre ne fonctionne que pour un cercle.
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Exercices corrigés : Les coniques
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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