Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité maths, Asie jour 2 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2026 : Asie, jour 2

Épreuve du mercredi 10 juin 2026 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026, centre Asie, jour 2 : mercredi 10 juin 2026, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants de 5 points chacun, soit 20 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, tableau de variation, programme Python et arbre compris, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 étudie une fonction homographique (dérivée d'un quotient, limites, valeur interdite) puis la suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) : raisonnement par récurrence, théorème de convergence monotone, limite comme solution de f(x)=xf(x)=x, interprétation d'une fonction seuil en Python et forme explicite un=2n2n+1u_{n}=\dfrac{2n}{2n+1} démontrée par récurrence. L'exercice 2 porte sur la loi binomiale (lancers-francs au basketball, espérance, P(X=5)P(X=5), P(X⩾6)P(X\geqslant 6)), puis sur la loi de probabilité d'un nombre de succès sur trois lancers et le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires. L'exercice 3 est un exercice de géométrie dans l'espace : vecteur normal, équation cartésienne d'un plan, représentation paramétrique d'une droite, projeté orthogonal et distance d'un point à un plan, produit scalaire et cosinus d'un angle, aire d'un triangle et volume d'un tétraèdre. L'exercice 4 est un vrai ou faux : convexité par la dérivée seconde, dénombrement par l'événement contraire (combinaisons), probabilité conditionnelle inversée sur un arbre, équation différentielle y′+y=e−xcos⁡(x)y'+y=\mathrm{e}^{-x}\cos(x).

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : la limite en 32\dfrac{3}{2} de l'exercice 1, où tout se joue sur le signe du dénominateur ; le contraire de « au moins six » à l'exercice 2, qui est « au plus cinq » et non « au plus six » ; et l'affirmation 5 de l'exercice 4, où la constante CC s'AJOUTE à la solution particulière au lieu de la multiplier.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Suites : une fonction homographique, une suite récurrente et une fonction seuil en Python

5 points Suites et récurrenceLimites et continuitéLa dérivation

  • Partie A
  • On considère la fonction ff définie sur ]−∞ ;32[\left]-\infty\,;\dfrac{3}{2}\right[ par : f(x)=x−22x−3f(x)=\dfrac{x-2}{2x-3}
  • A.1. Justifier tous les éléments du tableau de variation ci-dessous.
  • Tableau de variation de f. Ligne des x : de moins l'infini à 3/2, la valeur 3/2 étant marquée d'une double barre (valeur interdite). Ligne de f : une flèche montante part de 1/2, à gauche sous moins l'infini, et monte jusqu'à plus l'infini, à gauche de la double barre.
  • A.2. En déduire que pour tout x∈[0 ;1]x\in[0\,;1], on a : f(x)∈[0 ;1]f(x)\in[0\,;1].
  • Partie B
  • On considère la suite (un)(u_{n}) définie par : {u0=0un+1=un−22un−3,pour tout entier naturel n\begin{cases}u_{0}=0\\ u_{n+1}=\dfrac{u_{n}-2}{2u_{n}-3},\quad\text{pour tout entier naturel }n\end{cases}
  • B.1. En utilisant la fonction ff, démontrer par récurrence que pour tout entier naturel nn : 0⩽un⩽un+1⩽10\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 1.
  • B.2. En déduire que la suite (un)(u_{n}) converge.
  • B.3. On note ℓ\ell la limite de la suite (un)(u_{n}). En admettant que ℓ\ell est solution de l'équation f(x)=xf(x)=x sur l'intervalle [0 ;1][0\,;1], montrer que ℓ=1\ell=1.
  • 4. On donne ci-dessous une fonction seuil écrite en langage Python.
  • Fonction Python de sept lignes. def seuil(h): ; n = 0 ; u = 0 ; while u < 1-h: ; dans la boucle, n = n+1 puis u = (u-2)/(2*u-3) ; enfin return n, au niveau de la boucle.
  • B.4. L'appel seuil(0.0001) renvoie la valeur 5 0005\,000. Interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercice.
  • B.5.a. Donner les quatre premiers termes de la suite (un)\left(u_{n}\right) sous forme de fractions irréductibles.
  • B.5.b. Conjecturer l'expression de unu_{n} en fonction de nn et démontrer cette conjecture.

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A.1
A.2
B.5.a
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Réponses

  • A.1 f′(x)=1(2x−3)2>0f'(x)=\dfrac{1}{(2x-3)^{2}}>0 : ff strictement croissante ; lim⁡x→−∞f(x)=12\lim\limits_{x\to-\infty}f(x)=\dfrac{1}{2} ; lim⁡x→32−f(x)=+∞\lim\limits_{x\to\frac{3}{2}^{-}}f(x)=+\infty
  • A.2 ff croissante sur [0 ;1][0\,;1] : f(0)=23⩽f(x)⩽f(1)=1f(0)=\dfrac{2}{3}\leqslant f(x)\leqslant f(1)=1, donc f(x)∈[23 ;1]⊂[0 ;1]f(x)\in\left[\dfrac{2}{3}\,;1\right]\subset[0\,;1]
  • B.1 Initialisation 0⩽0⩽23⩽10\leqslant 0\leqslant\dfrac{2}{3}\leqslant 1 ; hérédité en appliquant ff, croissante sur [0 ;1][0\,;1]
  • B.2 (un)(u_{n}) croissante et majorée par 11 : elle converge (théorème de convergence monotone)
  • B.3 f(x)=x  ⟺  2(x−1)2=0  ⟺  x=1f(x)=x\iff 2(x-1)^{2}=0\iff x=1, donc ℓ=1\ell=1
  • B.4 5 0005\,000 est le plus petit rang nn tel que un⩾0,9999u_{n}\geqslant 0{,}9999, c'est-à-dire tel que unu_{n} soit à moins de 10−410^{-4} de sa limite 11
  • B.5.a u0=0u_{0}=0, u1=23u_{1}=\dfrac{2}{3}, u2=45u_{2}=\dfrac{4}{5}, u3=67u_{3}=\dfrac{6}{7}
  • B.5.b un=2n2n+1u_{n}=\dfrac{2n}{2n+1} pour tout n∈Nn\in\mathbb{N}, démontré par récurrence

A.1. Le tableau annonce trois choses : ff est strictement croissante sur ]−∞ ;32[\left]-\infty\,;\dfrac{3}{2}\right[, elle tend vers 12\dfrac{1}{2} en −∞-\infty et vers +∞+\infty quand xx tend vers 32\dfrac{3}{2} par valeurs inférieures. Chacune se justifie séparément.

Sens de variation, par la dérivée d'un quotient uv\dfrac{u}{v} avec u(x)=x−2u(x)=x-2, u′(x)=1u'(x)=1, v(x)=2x−3v(x)=2x-3, v′(x)=2v'(x)=2, et v(x)≠0v(x)\neq 0 sur l'intervalle puisque x<32x<\dfrac{3}{2} : f′(x)=u′v−uv′v2=1×(2x−3)−(x−2)×2(2x−3)2=2x−3−2x+4(2x−3)2=1(2x−3)2f'(x)=\dfrac{u'v-uv'}{v^{2}}=\dfrac{1\times(2x-3)-(x-2)\times 2}{(2x-3)^{2}}=\dfrac{2x-3-2x+4}{(2x-3)^{2}}=\dfrac{1}{(2x-3)^{2}}.

Un carré non nul est strictement positif, donc f′(x)>0f'(x)>0 pour tout xx de ]−∞ ;32[\left]-\infty\,;\dfrac{3}{2}\right[ : ff est strictement croissante sur cet intervalle, d'où la flèche montante.

Limite en −∞-\infty : le quotient se présente sous la forme indéterminée « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty} ». On factorise numérateur et dénominateur par xx, pour x≠0x\neq 0 : f(x)=x(1−2x)x(2−3x)=1−2x2−3xf(x)=\dfrac{x\left(1-\frac{2}{x}\right)}{x\left(2-\frac{3}{x}\right)}=\dfrac{1-\frac{2}{x}}{2-\frac{3}{x}}. Comme 2x\dfrac{2}{x} et 3x\dfrac{3}{x} tendent vers 00 en −∞-\infty, par quotient lim⁡x→−∞f(x)=12\lim\limits_{x\to-\infty}f(x)=\dfrac{1}{2}.

Limite en 32\dfrac{3}{2} : le numérateur tend vers 32−2=−12\dfrac{3}{2}-2=-\dfrac{1}{2}, et le dénominateur 2x−32x-3 tend vers 00 en restant STRICTEMENT NÉGATIF, puisque x<32x<\dfrac{3}{2}. On note 2x−3→0−2x-3\to 0^{-}. Un nombre proche de −12-\dfrac{1}{2} divisé par un nombre négatif proche de 00 est positif et très grand : lim⁡x→32−f(x)=+∞\lim\limits_{x\to\frac{3}{2}^{-}}f(x)=+\infty. La double barre du tableau marque la valeur interdite 32\dfrac{3}{2}, exclue de l'ensemble de définition.

Vérifications numériques : f(−1 000)=−1 002−2 003≈0,500 2f(-1\,000)=\dfrac{-1\,002}{-2\,003}\approx 0{,}500\,2, à peine au-dessus de 12\dfrac{1}{2}, et f(1,499)=−0,501−0,002=250,5f(1{,}499)=\dfrac{-0{,}501}{-0{,}002}=250{,}5. On peut aussi voir que 12\dfrac{1}{2} n'est jamais atteint : f(x)−12=−12(2x−3)>0f(x)-\dfrac{1}{2}=\dfrac{-1}{2(2x-3)}>0 sur l'intervalle, ce qui colle avec une fonction qui croît à partir de 12\dfrac{1}{2}.

Erreur fréquente : conclure −∞-\infty à droite du tableau en oubliant le signe du dénominateur. Le « 0−0^{-} » est tout le travail de cette limite ; un « −1/20=∞\dfrac{-1/2}{0}=\infty » sans signe ne justifie rien.

A.2. L'intervalle [0 ;1][0\,;1] est inclus dans ]−∞ ;32[\left]-\infty\,;\dfrac{3}{2}\right[ puisque 1<321<\dfrac{3}{2} ; ff y est donc définie et strictement croissante. Pour 0⩽x⩽10\leqslant x\leqslant 1, la croissance conserve l'ordre : f(0)⩽f(x)⩽f(1)f(0)\leqslant f(x)\leqslant f(1).

Or f(0)=0−20−3=23f(0)=\dfrac{0-2}{0-3}=\dfrac{2}{3} et f(1)=1−22−3=−1−1=1f(1)=\dfrac{1-2}{2-3}=\dfrac{-1}{-1}=1. Donc 23⩽f(x)⩽1\dfrac{2}{3}\leqslant f(x)\leqslant 1, et a fortiori 0⩽f(x)⩽10\leqslant f(x)\leqslant 1 : pour tout x∈[0 ;1]x\in[0\,;1], f(x)∈[0 ;1]f(x)\in[0\,;1]. On dit que l'intervalle [0 ;1][0\,;1] est STABLE par ff, et c'est exactement ce que la récurrence de la partie B va utiliser.

Piège : chercher le minimum de ff sur [0 ;1][0\,;1] dans le tableau, où figure 12\dfrac{1}{2}. Cette valeur est la limite en −∞-\infty, elle ne concerne pas [0 ;1][0\,;1] ; ce qui compte ici, ce sont les images des bornes 00 et 11. L'énoncé dit « en déduire » : la croissance obtenue en A.1 suffit, inutile de refaire une étude.

B.1. Pour tout entier naturel nn, un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) : la suite est définie par récurrence à l'aide de la fonction ff de la partie A. On note P(n)P(n) la propriété « 0⩽un⩽un+1⩽10\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 1 » et on raisonne par récurrence.

Initialisation : u0=0u_{0}=0 et u1=f(0)=23u_{1}=f(0)=\dfrac{2}{3}. On a bien 0⩽0⩽23⩽10\leqslant 0\leqslant\dfrac{2}{3}\leqslant 1, donc P(0)P(0) est vraie.

Hérédité : on suppose P(n)P(n) vraie pour un entier naturel nn fixé, c'est-à-dire 0⩽un⩽un+1⩽10\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 1. Les quatre nombres 00, unu_{n}, un+1u_{n+1} et 11 sont dans [0 ;1][0\,;1], où ff est croissante (partie A) : appliquer ff conserve l'ordre, d'où f(0)⩽f(un)⩽f(un+1)⩽f(1)f(0)\leqslant f(u_{n})\leqslant f(u_{n+1})\leqslant f(1), soit 23⩽un+1⩽un+2⩽1\dfrac{2}{3}\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 1. Comme 0⩽230\leqslant\dfrac{2}{3}, on obtient 0⩽un+1⩽un+2⩽10\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 1 : P(n+1)P(n+1) est vraie.

Conclusion : P(0)P(0) est vraie et PP est héréditaire, donc par le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn, 0⩽un⩽un+1⩽10\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 1.

Au passage, la récurrence garantit que la suite est bien définie : unu_{n} restant dans [0 ;1][0\,;1], le dénominateur 2un−32u_{n}-3 ne s'annule jamais. Erreur fréquente : écrire « on applique ff à l'inégalité » sans dire POURQUOI on en a le droit. Une fonction ne conserve l'ordre que si elle est croissante sur un intervalle qui contient tous les nombres comparés ; c'est la ligne que le correcteur cherche. Autre oubli coûteux : s'arrêter à 23⩽un+1\dfrac{2}{3}\leqslant u_{n+1} sans écrire 0⩽230\leqslant\dfrac{2}{3}.

B.2. D'après B.1, pour tout nn, un⩽un+1u_{n}\leqslant u_{n+1} : la suite (un)(u_{n}) est croissante. Et un⩽1u_{n}\leqslant 1 : elle est majorée par 11. Par le théorème de convergence monotone, une suite croissante et majorée converge : (un)(u_{n}) converge vers une limite ℓ\ell, avec ℓ⩽1\ell\leqslant 1 (passage à la limite dans une inégalité large).

Piège : conclure que la limite vaut 11 parce que la suite est majorée par 11. Un majorant n'est pas forcément la limite ; le théorème ne donne que l'existence de ℓ\ell, sa valeur demande la question B.3.

B.3. On admet que ℓ\ell vérifie f(ℓ)=ℓf(\ell)=\ell (c'est la continuité de ff en ℓ\ell qui le justifie : en passant à la limite dans un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n})). On résout donc f(x)=xf(x)=x sur [0 ;1][0\,;1]. Sur cet intervalle 2x−3≠02x-3\neq 0, et on peut multiplier par 2x−32x-3 : x−22x−3=x  ⟺  x−2=x(2x−3)  ⟺  x−2=2x2−3x  ⟺  2x2−4x+2=0\dfrac{x-2}{2x-3}=x\iff x-2=x(2x-3)\iff x-2=2x^{2}-3x\iff 2x^{2}-4x+2=0.

Or 2x2−4x+2=2(x2−2x+1)=2(x−1)22x^{2}-4x+2=2(x^{2}-2x+1)=2(x-1)^{2}, nul si et seulement si x=1x=1 (racine double, discriminant Δ=(−4)2−4×2×2=0\Delta=(-4)^{2}-4\times 2\times 2=0). La seule solution de f(x)=xf(x)=x sur [0 ;1][0\,;1] est 11, donc ℓ=1\ell=1. Vérification : f(1)=−1−1=1f(1)=\dfrac{-1}{-1}=1.

Piège : diviser ou multiplier par 2x−32x-3 sans vérifier qu'il est non nul, et oublier de dire que la solution trouvée appartient bien à [0 ;1][0\,;1].

B.4. La fonction part de n=0n=0 et u=0=u0u=0=u_{0}. À chaque tour de boucle, n augmente de 11 et u est remplacé par u−22u−3\dfrac{u-2}{2u-3}, le terme suivant : après kk tours, n vaut kk et u vaut uku_{k}. La boucle tourne TANT QUE u<1−hu<1-h et s'arrête au premier rang où un⩾1−hu_{n}\geqslant 1-h ; la fonction renvoie ce rang.

Avec h=0,0001h=0{,}0001, 1−h=0,99991-h=0{,}9999. L'appel seuil(0.0001) renvoie 5 0005\,000 : 5 0005\,000 est le plus petit entier nn tel que un⩾0,9999u_{n}\geqslant 0{,}9999. Comme un⩽1u_{n}\leqslant 1, cela revient à 1−un⩽10−41-u_{n}\leqslant 10^{-4} : à partir du rang 5 0005\,000, et seulement à partir de ce rang, unu_{n} est à moins de 10−410^{-4} de sa limite 11. La suite étant croissante, tous les termes suivants restent dans cette zone.

Vérification avec la formule de la question 5 : 1−un=12n+11-u_{n}=\dfrac{1}{2n+1}, et 12n+1⩽10−4  ⟺  2n+1⩾10 000  ⟺  n⩾4 999,5\dfrac{1}{2n+1}\leqslant 10^{-4}\iff 2n+1\geqslant 10\,000\iff n\geqslant 4\,999{,}5. Le premier entier qui convient est bien 5 0005\,000 ; en effet u4 999=9 9989 999≈0,999 899 99<0,9999u_{4\,999}=\dfrac{9\,998}{9\,999}\approx 0{,}999\,899\,99<0{,}9999 et u5 000=10 00010 001≈0,999 900 01u_{5\,000}=\dfrac{10\,000}{10\,001}\approx 0{,}999\,900\,01. Erreur fréquente : lire 5 0005\,000 comme une valeur de la suite, ou comme le rang où la suite « atteint » 11 ; elle ne l'atteint jamais, puisque un<1u_{n}<1 pour tout nn.

B.5.a. On calcule de proche en proche avec un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}). u0=0u_{0}=0 ; u1=0−20−3=23u_{1}=\dfrac{0-2}{0-3}=\dfrac{2}{3} ; u2=23−243−3=−43−53=45u_{2}=\dfrac{\frac{2}{3}-2}{\frac{4}{3}-3}=\dfrac{-\frac{4}{3}}{-\frac{5}{3}}=\dfrac{4}{5} ; u3=45−285−3=−65−75=67u_{3}=\dfrac{\frac{4}{5}-2}{\frac{8}{5}-3}=\dfrac{-\frac{6}{5}}{-\frac{7}{5}}=\dfrac{6}{7}.

Les quatre premiers termes sont u0=0u_{0}=0, u1=23u_{1}=\dfrac{2}{3}, u2=45u_{2}=\dfrac{4}{5} et u3=67u_{3}=\dfrac{6}{7}, chaque fraction étant irréductible (numérateur et dénominateur consécutifs ou presque : 22 et 33, 44 et 55, 66 et 77 sont premiers entre eux). Contrôle avec B.1 : 0<23<45<67<10<\dfrac{2}{3}<\dfrac{4}{5}<\dfrac{6}{7}<1, la suite est bien croissante et majorée par 11.

Le premier terme est u0u_{0}, pas u1u_{1} : « les quatre premiers termes » sont u0u_{0} à u3u_{3}. Donner u1u_{1} à u4u_{4} (avec u4=89u_{4}=\dfrac{8}{9}) ne fait pas perdre la conjecture, mais ne répond pas exactement à la question.

B.5.b. Conjecture : en écrivant u0=01u_{0}=\dfrac{0}{1}, les numérateurs 00, 22, 44, 66 sont les nombres pairs 2n2n et les dénominateurs 11, 33, 55, 77 les impairs 2n+12n+1. On conjecture que pour tout entier naturel nn, un=2n2n+1u_{n}=\dfrac{2n}{2n+1}.

Démonstration par récurrence. On note Q(n)Q(n) : « un=2n2n+1u_{n}=\dfrac{2n}{2n+1} ». Initialisation : 2×02×0+1=0=u0\dfrac{2\times 0}{2\times 0+1}=0=u_{0}, donc Q(0)Q(0) est vraie.

Hérédité : on suppose Q(n)Q(n) vraie pour un entier nn fixé. Alors un+1=un−22un−3=2n2n+1−24n2n+1−3u_{n+1}=\dfrac{u_{n}-2}{2u_{n}-3}=\dfrac{\frac{2n}{2n+1}-2}{\frac{4n}{2n+1}-3}. On multiplie numérateur et dénominateur par 2n+12n+1, non nul : un+1=2n−2(2n+1)4n−3(2n+1)=−2n−2−2n−3=2n+22n+3=2(n+1)2(n+1)+1u_{n+1}=\dfrac{2n-2(2n+1)}{4n-3(2n+1)}=\dfrac{-2n-2}{-2n-3}=\dfrac{2n+2}{2n+3}=\dfrac{2(n+1)}{2(n+1)+1}, ce qui est Q(n+1)Q(n+1).

Conclusion : par récurrence, pour tout entier naturel nn, un=2n2n+1u_{n}=\dfrac{2n}{2n+1}.

Vérification de cohérence avec toute la partie B : un=1−12n+1u_{n}=1-\dfrac{1}{2n+1}, qui est bien croissante, comprise entre 00 et 11, et tend vers 11, la limite trouvée en B.3. Piège : la conjecture seule ne suffit pas, l'énoncé demande de la démontrer. Dans l'hérédité, c'est le calcul de fractions qui coûte des points : multiplier en haut ET en bas par 2n+12n+1 d'un seul geste évite les fractions étagées.

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Exercice 2 : Probabilités : lancers-francs au basketball, loi binomiale et théorème des valeurs intermédiaires

5 points Loi binomiale et concentrationLimites et continuitéLa dérivation

On pourra traiter indépendamment les deux parties de l'exercice. On arrondira, si nécessaire, les résultats à 10−310^{-3} près.

Dans cet exercice, on s'intéresse aux lancers-francs effectués par un joueur lors de compétitions de basketball.

Pour modéliser la situation, on considère dans chaque partie du problème que les conditions dans lesquelles s'effectuent ces lancers sont identiques et que ces lancers sont indépendants deux à deux.

  • Partie A
  • Les statistiques de réussite des lancers-francs d'un joueur sont de 49,2 %49{,}2\,\% lors d'une saison.
  • Dans cette partie, on assimilera cette fréquence à sa probabilité de réussite d'un lancer-franc.
  • Au cours d'un match, ce joueur tente 16 lancers-francs.
  • On désigne par XX la variable aléatoire qui donne le nombre de lancers-francs réussis par ce joueur lors de ce match.
  • A.1. Justifier que la variable aléatoire XX suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
  • A.2. Déterminer l'espérance de la variable aléatoire XX et l'interpréter dans le contexte de cet exercice.
  • A.3. Calculer P(X=5)P(X=5).
  • A.4. Calculer la probabilité que le joueur réussisse au moins six lancers-francs.
  • Partie B
  • On note pp la probabilité que le joueur réussisse un lancer-franc, où pp est un réel tel que 0⩽p⩽10\leqslant p\leqslant 1
  • On se place dans le cas où le joueur effectue 3 lancers-francs.
  • On désigne par YY la variable aléatoire qui donne le nombre de lancers-francs réussis par ce joueur.
  • B.1. Déterminer les valeurs prises par la variable aléatoire YY.
  • B.2. Exprimer P(Y=2)P(Y=2) en fonction de pp.
  • B.3. Donner la loi de probabilité de YY. Présenter la réponse sous forme de tableau.
  • B.4. Montrer que P(Y⩾2)=−2p3+3p2P(Y\geqslant 2)=-2p^{3}+3p^{2}
  • 5. On considère la fonction ff définie sur l'intervalle [0 ;1][0\,;1] par f(x)=−2x3+3x2f(x)=-2x^{3}+3x^{2}.
  • B.5.a. Étudier le sens de variation de la fonction ff sur l'intervalle [0 ;1][0\,;1] et dresser son tableau de variation en y faisant figurer les valeurs aux bornes de l'intervalle [0 ;1][0\,;1].
  • B.5.b. En déduire l'existence d'une unique valeur α\alpha dans l'intervalle [0 ;1][0\,;1] telle que f(α)=0,9f(\alpha)=0{,}9.
  • B.5.c. Donner un encadrement d'amplitude 10−210^{-2} de cette valeur α\alpha.
  • B.5.d. Interpréter la valeur de α\alpha dans le contexte de l'exercice.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

A.1
A.2
A.3
A.4
B.2
B.5.a
B.5.c
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Réponses

  • A.1 XX suit la loi binomiale B(16 ;0,492)\mathcal{B}(16\,;0{,}492)
  • A.2 E(X)=16×0,492=7,872\mathrm{E}(X)=16\times 0{,}492=7{,}872 : sur un grand nombre de matchs à 16 lancers, environ 7,97{,}9 réussis en moyenne
  • A.3 P(X=5)=(165)×0,4925×0,50811≈0,073P(X=5)=\binom{16}{5}\times 0{,}492^{5}\times 0{,}508^{11}\approx 0{,}073
  • A.4 P(X⩾6)=1−P(X⩽5)≈0,883P(X\geqslant 6)=1-P(X\leqslant 5)\approx 0{,}883
  • B.1 YY prend les valeurs 00, 11, 22 et 33
  • B.2 P(Y=2)=3p2(1−p)P(Y=2)=3p^{2}(1-p)
  • B.3 P(Y=0)=(1−p)3P(Y=0)=(1-p)^{3} ; P(Y=1)=3p(1−p)2P(Y=1)=3p(1-p)^{2} ; P(Y=2)=3p2(1−p)P(Y=2)=3p^{2}(1-p) ; P(Y=3)=p3P(Y=3)=p^{3}
  • B.4 P(Y⩾2)=3p2(1−p)+p3=−2p3+3p2P(Y\geqslant 2)=3p^{2}(1-p)+p^{3}=-2p^{3}+3p^{2}
  • B.5.a f′(x)=6x(1−x)⩾0f'(x)=6x(1-x)\geqslant 0 : ff strictement croissante de f(0)=0f(0)=0 à f(1)=1f(1)=1
  • B.5.b ff continue, strictement croissante, 0<0,9<10<0{,}9<1 : unique α\alpha par le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires
  • B.5.c 0,80<α<0,810{,}80<\alpha<0{,}81 (en fait α≈0,804\alpha\approx 0{,}804)
  • B.5.d Il faut réussir un lancer-franc avec une probabilité d'au moins α≈0,80\alpha\approx 0{,}80 pour réussir au moins 2 lancers sur 3 avec une probabilité d'au moins 0,90{,}9

A.1. On reconnaît un schéma de Bernoulli. Chaque lancer-franc est une épreuve de Bernoulli : deux issues, le succès « le lancer est réussi », de probabilité p=0,492p=0{,}492 (la fréquence 49,2 %49{,}2\,\% assimilée à une probabilité, comme le dit l'énoncé), et l'échec, de probabilité 1−0,492=0,5081-0{,}492=0{,}508.

Le joueur répète cette épreuve 1616 fois, dans des conditions identiques et de façon indépendante (hypothèses de l'énoncé). La variable aléatoire XX compte le nombre de succès : elle suit donc la loi binomiale de paramètres n=16n=16 et p=0,492p=0{,}492, notée B(16 ;0,492)\mathcal{B}(16\,;0{,}492).

Le correcteur attend les trois mots-clés : épreuves IDENTIQUES, INDÉPENDANTES, et XX COMPTE les succès. Erreur fréquente : écrire « XX suit une loi binomiale car il y a 1616 lancers » sans évoquer l'indépendance, ou donner p=49,2p=49{,}2.

A.2. Pour une loi binomiale, E(X)=np=16×0,492=7,872\mathrm{E}(X)=np=16\times 0{,}492=7{,}872.

Interprétation : sur un grand nombre de matchs où il tente 1616 lancers-francs, le joueur en réussit en moyenne environ 7,97{,}9 par match. Cohérence : 7,8727{,}872 est un peu moins que la moitié de 1616, puisque pp est un peu moins que 0,50{,}5.

Piège de l'interprétation : écrire « le joueur réussira 7,8727{,}872 lancers », ce qui n'a pas de sens pour un nombre entier de lancers. L'espérance est une MOYENNE sur un grand nombre de répétitions du match, pas une prévision pour un match.

A.3. Formule de la loi binomiale : P(X=k)=(nk)pk(1−p)n−kP(X=k)=\binom{n}{k}p^{k}(1-p)^{n-k}. Ici P(X=5)=(165)×0,4925×0,50811P(X=5)=\binom{16}{5}\times 0{,}492^{5}\times 0{,}508^{11}, avec (165)=16×15×14×13×125×4×3×2×1=4 368\binom{16}{5}=\dfrac{16\times 15\times 14\times 13\times 12}{5\times 4\times 3\times 2\times 1}=4\,368.

À la calculatrice (loi binomiale, densité ou « BinomFdp ») : P(X=5)≈0,073P(X=5)\approx 0{,}073 à 10−310^{-3} près. Ordre de grandeur : 55 est assez loin de la moyenne 7,97{,}9, une probabilité de l'ordre de 7 %7\,\% est plausible.

Piège : arrondir trop tôt les puissances. 0,50811≈0,000 580{,}508^{11}\approx 0{,}000\,58 : l'arrondir à 0,0010{,}001 avant de multiplier donnerait 0,1260{,}126, un résultat trop grand de plus de 70 %70\,\%. On tape la formule d'un seul bloc ou on utilise la fonction de la calculatrice.

A.4. « Au moins six lancers-francs réussis » est l'événement X⩾6X\geqslant 6. On passe par l'événement contraire, X⩽5X\leqslant 5, que la calculatrice donne directement par la fonction de répartition (« BinomFRép ») : P(X⩾6)=1−P(X⩽5)≈1−0,117=0,883P(X\geqslant 6)=1-P(X\leqslant 5)\approx 1-0{,}117=0{,}883.

La probabilité que le joueur réussisse au moins six lancers-francs est environ 0,8830{,}883. Vérification : la moyenne 7,97{,}9 est au-dessus de 66, donc l'événement « au moins 66 » doit être probable, et en effet il dépasse 0,80{,}8.

Erreur fréquente, et elle coûte la question entière : écrire 1−P(X⩽6)1-P(X\leqslant 6), qui est P(X⩾7)≈0,753P(X\geqslant 7)\approx 0{,}753. Le contraire de « au moins 66 » est « au plus 55 ».

B.1. Le joueur tente 33 lancers-francs, il peut en réussir aucun, un, deux ou trois : YY prend les valeurs 00, 11, 22 et 33. Avec les mêmes hypothèses qu'en partie A (épreuves identiques et indépendantes, YY compte les succès), YY suit la loi binomiale B(3 ;p)\mathcal{B}(3\,;p), ce qui servira pour la suite.

B.2. L'événement « Y=2Y=2 » est réalisé par trois listes de résultats : réussite, réussite, échec ; réussite, échec, réussite ; échec, réussite, réussite. On les note RRE, RER et ERR. Par indépendance des lancers, chacune a pour probabilité p×p×(1−p)=p2(1−p)p\times p\times(1-p)=p^{2}(1-p). Ces trois issues étant incompatibles, P(Y=2)=3p2(1−p)=3p2−3p3P(Y=2)=3p^{2}(1-p)=3p^{2}-3p^{3}.

C'est la formule de la loi binomiale avec (32)=3\binom{3}{2}=3, le nombre de façons de placer les deux réussites parmi les trois lancers. Piège : oublier ce coefficient 33 et répondre p2(1−p)p^{2}(1-p), qui n'est la probabilité que d'UN des trois chemins.

B.3. Par le même raisonnement, avec (30)=1\binom{3}{0}=1, (31)=3\binom{3}{1}=3, (32)=3\binom{3}{2}=3 et (33)=1\binom{3}{3}=1 : P(Y=0)=(1−p)3P(Y=0)=(1-p)^{3} (trois échecs), P(Y=1)=3p(1−p)2P(Y=1)=3p(1-p)^{2}, P(Y=2)=3p2(1−p)P(Y=2)=3p^{2}(1-p) et P(Y=3)=p3P(Y=3)=p^{3} (trois réussites). Le tableau de la loi de YY est donné en fin de corrigé.

Vérification : la somme des quatre probabilités vaut (1−p)3+3p(1−p)2+3p2(1−p)+p3=((1−p)+p)3=13=1(1-p)^{3}+3p(1-p)^{2}+3p^{2}(1-p)+p^{3}=\left((1-p)+p\right)^{3}=1^{3}=1, par la formule du binôme (ou l'identité (a+b)3=a3+3a2b+3ab2+b3(a+b)^{3}=a^{3}+3a^{2}b+3ab^{2}+b^{3}). Contrôle numérique avec p=0,5p=0{,}5 : 18\dfrac{1}{8}, 38\dfrac{3}{8}, 38\dfrac{3}{8}, 18\dfrac{1}{8}, de somme 11.

B.4. L'événement Y⩾2Y\geqslant 2 est la réunion des événements incompatibles Y=2Y=2 et Y=3Y=3 : P(Y⩾2)=P(Y=2)+P(Y=3)=3p2(1−p)+p3=3p2−3p3+p3=−2p3+3p2P(Y\geqslant 2)=P(Y=2)+P(Y=3)=3p^{2}(1-p)+p^{3}=3p^{2}-3p^{3}+p^{3}=-2p^{3}+3p^{2}.

Contrôle aux cas extrêmes : si p=0p=0, le joueur ne réussit jamais et la formule donne 00 ; si p=1p=1, il réussit toujours et elle donne −2+3=1-2+3=1. Piège : écrire P(Y⩾2)=1−P(Y⩽2)P(Y\geqslant 2)=1-P(Y\leqslant 2) ; le contraire de « au moins 22 » est « au plus 11 », et la voie directe est ici la plus courte.

B.5.a. ff est un polynôme, dérivable sur [0 ;1][0\,;1], de dérivée f′(x)=−6x2+6x=6x(1−x)f'(x)=-6x^{2}+6x=6x(1-x).

Signe : sur [0 ;1][0\,;1], 6x⩾06x\geqslant 0 et 1−x⩾01-x\geqslant 0, donc f′(x)⩾0f'(x)\geqslant 0, et f′(x)f'(x) ne s'annule qu'en 00 et en 11, les bornes. La dérivée est strictement positive sur ]0 ;1[]0\,;1[ : ff est strictement croissante sur [0 ;1][0\,;1].

Valeurs aux bornes : f(0)=0f(0)=0 et f(1)=−2+3=1f(1)=-2+3=1. Le tableau de variation figure en fin de corrigé : une flèche montante de 00 à 11, f′(x)f'(x) positive avec deux zéros aux bornes.

Piège : étudier le signe de −6x2+6x-6x^{2}+6x comme un trinôme sur R\mathbb{R} entier et conclure à « croissante puis décroissante » ; la fonction n'est définie que sur [0 ;1][0\,;1], où les racines 00 et 11 sont justement les bornes. Le sens de variation ne change pas.

B.5.b. Corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, cas strictement monotone. La fonction ff est continue sur [0 ;1][0\,;1] (c'est un polynôme) et strictement croissante sur [0 ;1][0\,;1] ; de plus f(0)=0f(0)=0 et f(1)=1f(1)=1, et 0,9∈[0 ;1]0{,}9\in[0\,;1]. L'équation f(x)=0,9f(x)=0{,}9 admet donc une unique solution α\alpha dans [0 ;1][0\,;1].

Comme 0<0,9<10<0{,}9<1, α\alpha n'est ni 00 ni 11 : α∈ ]0 ;1[\alpha\in\,]0\,;1[. Piège : citer le théorème sans les trois hypothèses, continuité, stricte monotonie et 0,90{,}9 entre f(0)f(0) et f(1)f(1). Sans la stricte monotonie, on a l'existence mais pas l'unicité.

B.5.c. Par balayage à la calculatrice, au pas de 0,010{,}01 : f(0,80)=−2×0,512+3×0,64=0,896<0,9f(0{,}80)=-2\times 0{,}512+3\times 0{,}64=0{,}896<0{,}9 et f(0,81)=−2×0,531 441+3×0,656 1=0,905 418>0,9f(0{,}81)=-2\times 0{,}531\,441+3\times 0{,}656\,1=0{,}905\,418>0{,}9.

Comme ff est strictement croissante, f(0,80)<f(α)<f(0,81)f(0{,}80)<f(\alpha)<f(0{,}81) entraîne 0,80<α<0,810{,}80<\alpha<0{,}81, encadrement d'amplitude 10−210^{-2}. Un balayage plus fin donne α≈0,804\alpha\approx 0{,}804.

Piège : donner un encadrement d'amplitude 10−110^{-1}, comme 0,8<α<0,90{,}8<\alpha<0{,}9, ou une valeur approchée seule sans les deux images qui la justifient.

B.5.d. D'après B.4, f(p)=P(Y⩾2)f(p)=P(Y\geqslant 2) : f(p)f(p) est la probabilité de réussir au moins deux lancers-francs sur trois. α\alpha est donc la probabilité de réussite d'un lancer pour laquelle cette probabilité vaut exactement 0,90{,}9.

Comme ff est croissante, P(Y⩾2)⩾0,9  ⟺  p⩾αP(Y\geqslant 2)\geqslant 0{,}9\iff p\geqslant\alpha : pour réussir au moins deux lancers-francs sur trois avec une probabilité d'au moins 90 %90\,\%, le joueur doit réussir chaque lancer avec une probabilité d'au moins α\alpha, environ 0,800{,}80, soit à peu près 80 %80\,\% de réussite.

Mise en perspective avec la partie A : le joueur de la partie A, à 49,2 %49{,}2\,\%, n'a que f(0,492)≈0,488f(0{,}492)\approx 0{,}488 de chances de réussir au moins deux lancers sur trois. Erreur fréquente : interpréter α\alpha comme une probabilité de réussir au moins deux lancers ; c'est une probabilité de réussir UN lancer, et c'est 0,90{,}9 qui est la probabilité d'en réussir au moins deux.

yiy_{i}00112233
P(Y=yi)P\left(Y=y_{i}\right)(1−p)3(1-p)^{3}3p(1−p)23p(1-p)^{2}3p2(1−p)3p^{2}(1-p)p3p^{3}
Loi de probabilité de YY (question B.3)
xx0011
signe de f′(x)f'(x)00++00
variations de ff00↗\nearrow11
Tableau de variation de ff sur [0 ;1][0\,;1] (question B.5.a)

Exercice 3 : Géométrie dans l'espace : plan, projeté orthogonal, angle et volume d'un tétraèdre

5 points Géométrie dans l'espaceLe produit scalaire

Dans l'espace muni d'un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right), on considère les points A(1 ;2 ;3)\mathrm{A}(1\,;2\,;3), B(−1 ;3 ;1)\mathrm{B}(-1\,;3\,;1), C(2 ;1 ;6)\mathrm{C}(2\,;1\,;6) et D(3 ;−2 ;−1)\mathrm{D}(3\,;-2\,;-1).

  • 1.a. Montrer que les points A, B et C définissent un plan.
  • 1.b. Montrer que le vecteur n⃗(141)\vec{n}\begin{pmatrix}1\\4\\1\end{pmatrix} est normal au plan (ABC).
  • 1.c. En déduire une équation cartésienne du plan (ABC).
  • 2.a. Déterminer une équation paramétrique de la droite (d)(d), perpendiculaire au plan (ABC) et passant par le point D.
  • 2.b. Déterminer les coordonnées du point H qui est le projeté orthogonal du point D sur le plan (ABC).
  • 2.c. En déduire que la distance du point D au plan (ABC) est égale à 323\sqrt{2}.
  • 3.a. Montrer que cos⁡(BAC^)=−31111\cos\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right)=-\dfrac{3\sqrt{11}}{11}
  • 3.b. En déduire la valeur exacte de sin⁡(BAC^)\sin\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right).
  • 3.c. Montrer que l'aire du triangle ABC vaut 322\dfrac{3\sqrt{2}}{2}.
  • 4. Déterminer le volume du tétraèdre ABCD.
    On rappelle que le volume V\mathcal{V} d'un tétraèdre est donné par la formule suivante : V=13×B×h\mathcal{V}=\dfrac{1}{3}\times\mathcal{B}\times h, où B\mathcal{B} est l'aire d'une base et hh la hauteur qui lui est associée.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

1.c
2.b
3.b
4
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Réponses

  • 1.a AB→(−2 ;1 ;−2)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(-2\,;1\,;-2) et AC→(1 ;−1 ;3)\overrightarrow{\mathrm{AC}}(1\,;-1\,;3) non colinéaires : A, B, C non alignés
  • 1.b n⃗⋅AB→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=0 et n⃗⋅AC→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=0
  • 1.c (ABC) : x+4y+z−12=0(\mathrm{ABC})\,:\ x+4y+z-12=0
  • 2.a (d) : x=3+t(d)\,:\ x=3+t, y=−2+4ty=-2+4t, z=−1+tz=-1+t, t∈Rt\in\mathbb{R}
  • 2.b H(4 ;2 ;0)\mathrm{H}(4\,;2\,;0), obtenu pour t=1t=1
  • 2.c DH=12+42+12=18=32\mathrm{DH}=\sqrt{1^{2}+4^{2}+1^{2}}=\sqrt{18}=3\sqrt{2}
  • 3.a AB→⋅AC→=−9\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=-9, AB=3\mathrm{AB}=3, AC=11\mathrm{AC}=\sqrt{11}, donc cos⁡BAC^=−9311=−31111\cos\widehat{\mathrm{BAC}}=\dfrac{-9}{3\sqrt{11}}=-\dfrac{3\sqrt{11}}{11}
  • 3.b sin⁡(BAC^)=211=2211≈0,426\sin\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right)=\sqrt{\dfrac{2}{11}}=\dfrac{\sqrt{22}}{11}\approx 0{,}426
  • 3.c A=12×3×11×2211=322\mathcal{A}=\dfrac{1}{2}\times 3\times\sqrt{11}\times\dfrac{\sqrt{22}}{11}=\dfrac{3\sqrt{2}}{2}
  • 4 V=13×322×32=3\mathcal{V}=\dfrac{1}{3}\times\dfrac{3\sqrt{2}}{2}\times 3\sqrt{2}=3 unités de volume

1.a. Trois points définissent un plan si et seulement s'ils ne sont pas alignés, c'est-à-dire si les vecteurs AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} ne sont pas colinéaires. On calcule AB→(−1−13−21−3)=(−21−2)\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix}-1-1\\3-2\\1-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-2\\1\\-2\end{pmatrix} et AC→(2−11−26−3)=(1−13)\overrightarrow{\mathrm{AC}}\begin{pmatrix}2-1\\1-2\\6-3\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\-1\\3\end{pmatrix}.

S'il existait un réel kk tel que AC→=k AB→\overrightarrow{\mathrm{AC}}=k\,\overrightarrow{\mathrm{AB}}, la première coordonnée donnerait 1=−2k1=-2k, soit k=−12k=-\dfrac{1}{2}, et la deuxième −1=k-1=k, soit k=−1k=-1 : contradiction. Les vecteurs ne sont pas colinéaires, les points A, B et C ne sont pas alignés, ils définissent donc un plan.

Erreur fréquente : comparer seulement deux coordonnées qui « marchent », ou conclure de la non-orthogonalité. Il suffit d'UNE incompatibilité entre deux rapports pour conclure, mais il faut l'écrire.

1.b. Un vecteur non nul est normal à un plan s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan. Or n⃗⋅AB→=1×(−2)+4×1+1×(−2)=−2+4−2=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=1\times(-2)+4\times 1+1\times(-2)=-2+4-2=0 et n⃗⋅AC→=1×1+4×(−1)+1×3=1−4+3=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=1\times 1+4\times(-1)+1\times 3=1-4+3=0.

Le vecteur n⃗\vec{n}, non nul, est orthogonal à AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et à AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}}, qui ne sont pas colinéaires (question 1.a) et dirigent le plan (ABC) : n⃗\vec{n} est normal au plan (ABC).

Piège : vérifier l'orthogonalité avec un seul vecteur. Un vecteur orthogonal à AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} seulement peut très bien être parallèle au plan ; c'est la PAIRE de vecteurs non colinéaires, établie en 1.a, qui fait la preuve.

1.c. Un plan de vecteur normal n⃗(a ;b ;c)\vec{n}(a\,;b\,;c) a une équation de la forme ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0. Ici (ABC) a une équation x+4y+z+d=0x+4y+z+d=0. Le point A appartient au plan : 1+4×2+3+d=01+4\times 2+3+d=0, soit 12+d=012+d=0, d'où d=−12d=-12.

Une équation cartésienne du plan (ABC) est x+4y+z−12=0x+4y+z-12=0. Vérification avec les deux autres points : pour B, −1+12+1−12=0-1+12+1-12=0 ; pour C, 2+4+6−12=02+4+6-12=0. Les trois points sont bien sur le plan, ce qui contrôle à la fois le vecteur normal et la constante.

2.a. La droite (d)(d) est perpendiculaire au plan (ABC) : elle est dirigée par un vecteur normal du plan, par exemple n⃗(1 ;4 ;1)\vec{n}(1\,;4\,;1). Elle passe par D(3 ;−2 ;−1)\mathrm{D}(3\,;-2\,;-1). Une représentation paramétrique de (d)(d) est donc : x=3+tx=3+t, y=−2+4ty=-2+4t, z=−1+tz=-1+t, avec t∈Rt\in\mathbb{R}.

Une représentation paramétrique n'est pas unique : tout point de (d)(d) et tout vecteur non nul colinéaire à n⃗\vec{n} conviennent. Piège : prendre pour vecteur directeur un vecteur du plan, comme AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}}, ce qui donnerait une droite parallèle au plan au lieu d'une droite perpendiculaire.

2.b. Le projeté orthogonal H de D sur (ABC) est le point d'intersection du plan (ABC) et de la droite (d)(d), perpendiculaire au plan passant par D. On cherche donc le paramètre tt du point de (d)(d) qui vérifie l'équation du plan : (3+t)+4(−2+4t)+(−1+t)−12=0(3+t)+4(-2+4t)+(-1+t)-12=0, soit 3+t−8+16t−1+t−12=03+t-8+16t-1+t-12=0, c'est-à-dire 18t−18=018t-18=0, d'où t=1t=1.

Le point H a pour coordonnées x=3+1=4x=3+1=4, y=−2+4=2y=-2+4=2, z=−1+1=0z=-1+1=0 : H(4 ;2 ;0)\mathrm{H}(4\,;2\,;0). Vérification : 4+4×2+0−12=04+4\times 2+0-12=0, H est bien dans le plan, et DH→(1 ;4 ;1)=n⃗\overrightarrow{\mathrm{DH}}(1\,;4\,;1)=\vec{n}, donc (DH)(\mathrm{DH}) est bien perpendiculaire au plan.

Erreur fréquente : oublier un facteur en développant 4(−2+4t)4(-2+4t), ou s'arrêter à t=1t=1 sans revenir aux coordonnées, alors que la question demande le point.

2.c. La distance d'un point à un plan est la distance de ce point à son projeté orthogonal sur le plan, c'est-à-dire la plus courte distance de D à un point du plan. Ici, DH→(4−32−(−2)0−(−1))=(141)\overrightarrow{\mathrm{DH}}\begin{pmatrix}4-3\\2-(-2)\\0-(-1)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}1\\4\\1\end{pmatrix}, donc DH=12+42+12=18=9×2=32\mathrm{DH}=\sqrt{1^{2}+4^{2}+1^{2}}=\sqrt{18}=\sqrt{9\times 2}=3\sqrt{2}.

La distance du point D au plan (ABC) est 32≈4,243\sqrt{2}\approx 4{,}24. Piège : calculer DA, DB ou DC ; ces distances sont plus grandes (par exemple DA=4+16+16=6\mathrm{DA}=\sqrt{4+16+16}=6), car seule la perpendiculaire réalise la distance minimale.

3.a. Le produit scalaire s'écrit de deux façons : AB→⋅AC→=AB×AC×cos⁡(BAC^)\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=\mathrm{AB}\times\mathrm{AC}\times\cos\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right), et, dans un repère orthonormé, AB→⋅AC→=xx′+yy′+zz′\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=xx'+yy'+zz'. On confronte les deux.

Avec les coordonnées : AB→⋅AC→=(−2)×1+1×(−1)+(−2)×3=−2−1−6=−9\overrightarrow{\mathrm{AB}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=(-2)\times 1+1\times(-1)+(-2)\times 3=-2-1-6=-9. Les longueurs : AB=(−2)2+12+(−2)2=9=3\mathrm{AB}=\sqrt{(-2)^{2}+1^{2}+(-2)^{2}}=\sqrt{9}=3 et AC=12+(−1)2+32=11\mathrm{AC}=\sqrt{1^{2}+(-1)^{2}+3^{2}}=\sqrt{11}.

Donc cos⁡(BAC^)=−9311=−311=−31111\cos\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right)=\dfrac{-9}{3\sqrt{11}}=-\dfrac{3}{\sqrt{11}}=-\dfrac{3\sqrt{11}}{11}, en multipliant numérateur et dénominateur par 11\sqrt{11}. Le cosinus est négatif : l'angle BAC^\widehat{\mathrm{BAC}} est obtus, d'environ 154,8154{,}8 degrés.

Piège : les deux vecteurs doivent partir du sommet de l'angle, A. Prendre BA→\overrightarrow{\mathrm{BA}} au lieu de AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} change le signe du cosinus et donne l'angle supplémentaire.

3.b. Relation fondamentale : cos⁡2θ+sin⁡2θ=1\cos^{2}\theta+\sin^{2}\theta=1. Ici cos⁡2(BAC^)=9×11121=911\cos^{2}\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right)=\dfrac{9\times 11}{121}=\dfrac{9}{11}, donc sin⁡2(BAC^)=1−911=211\sin^{2}\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right)=1-\dfrac{9}{11}=\dfrac{2}{11}.

Un angle géométrique est compris entre 00 et π\pi radians, et son sinus est donc positif ou nul : sin⁡(BAC^)=211=211=2211≈0,426\sin\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right)=\sqrt{\dfrac{2}{11}}=\dfrac{\sqrt{2}}{\sqrt{11}}=\dfrac{\sqrt{22}}{11}\approx 0{,}426.

Piège : garder les deux signes ±2211\pm\dfrac{\sqrt{22}}{11} sans trancher. C'est l'argument « angle géométrique, donc sinus positif » qui est noté, et il n'a rien à voir avec le signe du cosinus, négatif ici.

3.c. L'aire d'un triangle vaut la moitié du produit de deux côtés par le sinus de l'angle qu'ils forment : AABC=12×AB×AC×sin⁡(BAC^)\mathcal{A}_{\mathrm{ABC}}=\dfrac{1}{2}\times\mathrm{AB}\times\mathrm{AC}\times\sin\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right). Cette formule vient de la hauteur issue de C, qui mesure AC×sin⁡(BAC^)\mathrm{AC}\times\sin\left(\widehat{\mathrm{BAC}}\right).

AABC=12×3×11×2211=324222\mathcal{A}_{\mathrm{ABC}}=\dfrac{1}{2}\times 3\times\sqrt{11}\times\dfrac{\sqrt{22}}{11}=\dfrac{3\sqrt{242}}{22}. Or 242=121×2242=121\times 2, donc 242=112\sqrt{242}=11\sqrt{2} et AABC=3×11222=322≈2,12\mathcal{A}_{\mathrm{ABC}}=\dfrac{3\times 11\sqrt{2}}{22}=\dfrac{3\sqrt{2}}{2}\approx 2{,}12 unités d'aire.

Simplification plus rapide : 11×2211=11×11×211=2\sqrt{11}\times\dfrac{\sqrt{22}}{11}=\dfrac{\sqrt{11}\times\sqrt{11}\times\sqrt{2}}{11}=\sqrt{2}, d'où directement 12×3×2\dfrac{1}{2}\times 3\times\sqrt{2}. Piège : oublier le facteur 12\dfrac{1}{2}, qui donnerait l'aire du parallélogramme construit sur AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}}.

4. On prend pour base le triangle ABC. La hauteur associée est la distance du sommet D au plan de la base (ABC), c'est-à-dire DH=32\mathrm{DH}=3\sqrt{2} d'après la question 2.c, puisque H est le projeté orthogonal de D sur ce plan.

V=13×AABC×DH=13×322×32=13×9×22=13×9=3\mathcal{V}=\dfrac{1}{3}\times\mathcal{A}_{\mathrm{ABC}}\times\mathrm{DH}=\dfrac{1}{3}\times\dfrac{3\sqrt{2}}{2}\times 3\sqrt{2}=\dfrac{1}{3}\times\dfrac{9\times 2}{2}=\dfrac{1}{3}\times 9=3. Le volume du tétraèdre ABCD est 33 unités de volume.

Tout le sujet converge ici : l'équation du plan (1.c) a donné H, H a donné la hauteur (2.c), et l'angle (3.a, 3.b) a donné l'aire de la base (3.c). Piège : prendre pour hauteur une arête comme DA, qui n'est pas perpendiculaire à la base, ou oublier le 13\dfrac{1}{3} de la formule du tétraèdre, ce qui donnerait 99.

Exercice 4 : Vrai ou faux : convexité, dénombrement, probabilités conditionnelles et équation différentielle

5 points La convexitéCombinatoire et dénombrementArbres pondérés et probabilités totalesLes équations différentielles

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse en justifiant votre choix.

Une réponse non justifiée ne sera pas prise en compte dans l'évaluation.

Les quatre questions sont indépendantes.

  • 1. On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=(−12x+3)5f(x)=\left(-\dfrac{1}{2}x+3\right)^{5}
  • Affirmation 1. La fonction ff est convexe sur R\mathbb{R}.
  • 2. Une urne contient 32 jetons numérotés de 1 à 32 indiscernables au toucher. On tire simultanément 5 jetons de cette urne. On appelle tirage la liste non ordonnée des numéros des cinq jetons tirés.
  • Affirmation 2. Le nombre de tirages possibles contenant au moins un multiple de 8 est égal à 103 096103\,096.
  • 3. On considère l'arbre de probabilités ci-dessous.
  • Arbre de probabilités à deux niveaux. La racine mène à A, branche notée 2/5, et à A barre, branche sans valeur. De A partent B, branche notée 1/4, et B barre, sans valeur. De A barre partent B, sans valeur, et B barre, branche notée 7/10.
  • Affirmation 3. PB(A‾)=950P_{B}\left(\overline{A}\right)=\dfrac{9}{50}.
  • 4. On considère l'équation différentielle (E) :y′+y=e−xcos⁡(x)(E)\,:\quad y'+y=\mathrm{e}^{-x}\cos(x), où yy est une fonction de la variable xx, dérivable sur R\mathbb{R}.
  • Affirmation 4. La fonction hh définie sur R\mathbb{R} par h(x)=e−xsin⁡(x)h(x)=\mathrm{e}^{-x}\sin(x) est solution de (E)(E) sur R\mathbb{R}.
  • Affirmation 5. Les solutions de (E)(E) sur R\mathbb{R} sont les fonctions kk définies sur R\mathbb{R} par k(x)=Ce−xsin⁡(x)k(x)=C\mathrm{e}^{-x}\sin(x) où CC est une constante réelle.

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Affirmation 1
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Réponses

  • Affirmation 1 Faux : f′′(x)=5(−12x+3)3<0f''(x)=5\left(-\dfrac{1}{2}x+3\right)^{3}<0 pour x>6x>6, par exemple f′′(8)=−5f''(8)=-5 ; ff est concave sur [6 ;+∞[[6\,;+\infty[
  • Affirmation 2 Vrai : (325)−(285)=201 376−98 280=103 096\binom{32}{5}-\binom{28}{5}=201\,376-98\,280=103\,096
  • Affirmation 3 Faux : PB(A‾)=9/507/25=914P_{B}\left(\overline{A}\right)=\dfrac{9/50}{7/25}=\dfrac{9}{14}
  • Affirmation 4 Vrai : h′(x)+h(x)=e−xcos⁡(x)h'(x)+h(x)=\mathrm{e}^{-x}\cos(x)
  • Affirmation 5 Faux : les solutions sont x↦Ce−x+e−xsin⁡(x)x\mapsto C\mathrm{e}^{-x}+\mathrm{e}^{-x}\sin(x) ; k=0k=0 (C=0C=0) n'est pas solution

Affirmation 1. Fausse. La convexité se lit sur le signe de la dérivée seconde : ff est convexe sur un intervalle si et seulement si f′′⩾0f''\geqslant 0 sur cet intervalle. On dérive une puissance d'une fonction affine, (un)′=nu′un−1(u^{n})'=nu'u^{n-1}, avec u(x)=−12x+3u(x)=-\dfrac{1}{2}x+3 et u′(x)=−12u'(x)=-\dfrac{1}{2}.

f′(x)=5×(−12)(−12x+3)4=−52(−12x+3)4f'(x)=5\times\left(-\dfrac{1}{2}\right)\left(-\dfrac{1}{2}x+3\right)^{4}=-\dfrac{5}{2}\left(-\dfrac{1}{2}x+3\right)^{4}, puis f′′(x)=−52×4×(−12)(−12x+3)3=5(−12x+3)3f''(x)=-\dfrac{5}{2}\times 4\times\left(-\dfrac{1}{2}\right)\left(-\dfrac{1}{2}x+3\right)^{3}=5\left(-\dfrac{1}{2}x+3\right)^{3}.

Un cube a le signe de ce qu'on élève : f′′(x)f''(x) a le signe de −12x+3-\dfrac{1}{2}x+3, positif pour x<6x<6 et négatif pour x>6x>6. Contre-exemple explicite : f′′(8)=5×(−4+3)3=5×(−1)=−5<0f''(8)=5\times(-4+3)^{3}=5\times(-1)=-5<0. La fonction ff est convexe sur ]−∞ ;6]]-\infty\,;6] et concave sur [6 ;+∞[[6\,;+\infty[, avec un point d'inflexion en x=6x=6 : elle n'est pas convexe sur R\mathbb{R}. L'affirmation 1 est fausse.

Le piège : la puissance 55 fait penser à « une puissance, donc convexe ». C'est vrai pour une puissance PAIRE ; ici l'exposant de f′′f'' est 33, impair, et le signe change. Erreur fréquente aussi : oublier de multiplier par u′=−12u'=-\dfrac{1}{2} à chaque dérivation, ce qui donnerait f′′(x)=20(−12x+3)3f''(x)=20\left(-\dfrac{1}{2}x+3\right)^{3}, même signe mais coefficient faux.

Affirmation 2. Vraie. Un tirage est une partie à 55 éléments d'un ensemble à 3232 éléments (simultané, non ordonné) : il y en a (325)=201 376\binom{32}{5}=201\,376. Pour compter les tirages contenant AU MOINS un multiple de 88, on passe par le contraire : les tirages ne contenant AUCUN multiple de 88.

Entre 11 et 3232, les multiples de 88 sont 88, 1616, 2424 et 3232 : il y en a 44, et donc 32−4=2832-4=28 jetons qui n'en sont pas. Les tirages sans multiple de 88 sont les parties à 55 éléments de ces 2828 jetons : (285)=98 280\binom{28}{5}=98\,280.

Nombre de tirages contenant au moins un multiple de 88 : (325)−(285)=201 376−98 280=103 096\binom{32}{5}-\binom{28}{5}=201\,376-98\,280=103\,096. L'affirmation 2 est vraie.

Le piège classique : compter « on choisit un multiple de 88, puis 44 jetons quelconques », soit 4×(314)=4×31 465=125 8604\times\binom{31}{4}=4\times 31\,465=125\,860. Ce calcul compte plusieurs fois les tirages qui contiennent deux multiples de 88 ou plus ; il dépasse la bonne valeur, ce qui le trahit. Le passage au contraire est le réflexe dès qu'on lit « au moins un ».

Affirmation 3. Fausse. On complète d'abord l'arbre avec la règle « la somme des probabilités issues d'un même nœud vaut 11 » : P(A‾)=1−25=35P\left(\overline{A}\right)=1-\dfrac{2}{5}=\dfrac{3}{5}, PA(B‾)=1−14=34P_{A}\left(\overline{B}\right)=1-\dfrac{1}{4}=\dfrac{3}{4} et PA‾(B)=1−710=310P_{\overline{A}}(B)=1-\dfrac{7}{10}=\dfrac{3}{10}. L'arbre complété est donné en fin de corrigé.

La probabilité demandée inverse le conditionnement de l'arbre : PB(A‾)=P(A‾∩B)P(B)P_{B}\left(\overline{A}\right)=\dfrac{P\left(\overline{A}\cap B\right)}{P(B)}. Numérateur, en suivant le chemin : P(A‾∩B)=35×310=950P\left(\overline{A}\cap B\right)=\dfrac{3}{5}\times\dfrac{3}{10}=\dfrac{9}{50}. Dénominateur, par la formule des probabilités totales avec la partition {A ;A‾}\left\{A\,;\overline{A}\right\} : P(B)=25×14+950=110+950=550+950=1450=725P(B)=\dfrac{2}{5}\times\dfrac{1}{4}+\dfrac{9}{50}=\dfrac{1}{10}+\dfrac{9}{50}=\dfrac{5}{50}+\dfrac{9}{50}=\dfrac{14}{50}=\dfrac{7}{25}.

D'où PB(A‾)=9/5014/50=914≈0,643P_{B}\left(\overline{A}\right)=\dfrac{9/50}{14/50}=\dfrac{9}{14}\approx 0{,}643, et non 950=0,18\dfrac{9}{50}=0{,}18. L'affirmation 3 est fausse.

Le piège est exactement celui que tend l'affirmation : 950\dfrac{9}{50} est la probabilité de l'INTERSECTION A‾∩B\overline{A}\cap B, lue au bout du chemin, et pas la probabilité conditionnelle. Vérification de cohérence : une probabilité conditionnelle sachant BB est au moins égale à la probabilité de l'intersection, puisqu'on divise par P(B)⩽1P(B)\leqslant 1 ; ici 914>950\dfrac{9}{14}>\dfrac{9}{50}.

Affirmation 4. Vraie. Pour vérifier qu'une fonction est solution d'une équation différentielle, on la dérive et on remplace. La fonction hh est dérivable sur R\mathbb{R} comme produit de fonctions dérivables ; par la formule (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv' avec u(x)=e−xu(x)=\mathrm{e}^{-x}, u′(x)=−e−xu'(x)=-\mathrm{e}^{-x}, v(x)=sin⁡(x)v(x)=\sin(x), v′(x)=cos⁡(x)v'(x)=\cos(x) : h′(x)=−e−xsin⁡(x)+e−xcos⁡(x)h'(x)=-\mathrm{e}^{-x}\sin(x)+\mathrm{e}^{-x}\cos(x).

Alors, pour tout réel xx, h′(x)+h(x)=−e−xsin⁡(x)+e−xcos⁡(x)+e−xsin⁡(x)=e−xcos⁡(x)h'(x)+h(x)=-\mathrm{e}^{-x}\sin(x)+\mathrm{e}^{-x}\cos(x)+\mathrm{e}^{-x}\sin(x)=\mathrm{e}^{-x}\cos(x). La fonction hh vérifie (E)(E) sur R\mathbb{R} : l'affirmation 4 est vraie.

Piège : oublier le signe moins de la dérivée de e−x\mathrm{e}^{-x}, ce qui donnerait h′+h=2e−xsin⁡(x)+e−xcos⁡(x)h'+h=2\mathrm{e}^{-x}\sin(x)+\mathrm{e}^{-x}\cos(x) et ferait conclure à tort que l'affirmation est fausse. Un contrôle en x=0x=0 suffit à le détecter : h′(0)+h(0)=1+0=1h'(0)+h(0)=1+0=1 et e0cos⁡(0)=1\mathrm{e}^{0}\cos(0)=1.

Affirmation 5. Fausse. Les solutions d'une équation y′+y=gy'+y=g s'obtiennent en ajoutant à UNE solution particulière toutes les solutions de l'équation homogène y′+y=0y'+y=0, c'est-à-dire y′=−yy'=-y, qui sont les fonctions x↦Ce−xx\mapsto C\mathrm{e}^{-x}, CC réel. Avec la solution particulière hh de l'affirmation 4, les solutions de (E)(E) sont les fonctions x↦Ce−x+e−xsin⁡(x)x\mapsto C\mathrm{e}^{-x}+\mathrm{e}^{-x}\sin(x), soit x↦e−x(C+sin⁡(x))x\mapsto\mathrm{e}^{-x}\left(C+\sin(x)\right).

La famille proposée, k(x)=Ce−xsin⁡(x)k(x)=C\mathrm{e}^{-x}\sin(x), ne coïncide pas avec elle. Un seul contre-exemple suffit : pour C=0C=0, kk est la fonction nulle, et k′(x)+k(x)=0k'(x)+k(x)=0, alors que e−xcos⁡(x)\mathrm{e}^{-x}\cos(x) vaut 11 en x=0x=0. La fonction nulle n'est donc pas solution de (E)(E), et l'affirmation 5 est fausse.

Autre contre-exemple, dans l'autre sens : x↦e−x(1+sin⁡(x))x\mapsto\mathrm{e}^{-x}\left(1+\sin(x)\right) est une solution de (E)(E) qui n'est pas de la forme Ce−xsin⁡(x)C\mathrm{e}^{-x}\sin(x). Plus généralement, si k=Chk=Ch, alors k′+k=C(h′+h)=Ce−xcos⁡(x)k'+k=C\left(h'+h\right)=C\mathrm{e}^{-x}\cos(x), qui ne vaut e−xcos⁡(x)\mathrm{e}^{-x}\cos(x) que pour C=1C=1.

Le piège : multiplier la solution particulière par une constante, comme on le fait pour une équation HOMOGÈNE. Avec un second membre, la constante CC porte sur la solution de l'équation homogène et s'AJOUTE à la solution particulière.

A2/5B1/41/10non B3/43/10non A3/5B3/109/50non B7/1021/50
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