Exercice 1 : Suites : une fonction homographique, une suite récurrente et une fonction seuil en Python
5 points Suites et récurrenceLimites et continuitéLa dérivation
- Partie A
- On considère la fonction définie sur par :
- A.1. Justifier tous les éléments du tableau de variation ci-dessous.
- A.2. En déduire que pour tout , on a : .
- Partie B
- On considère la suite définie par :
- B.1. En utilisant la fonction , démontrer par récurrence que pour tout entier naturel : .
- B.2. En déduire que la suite converge.
- B.3. On note la limite de la suite . En admettant que est solution de l'équation sur l'intervalle , montrer que .
- 4. On donne ci-dessous une fonction seuil écrite en langage Python.
- B.4. L'appel seuil(0.0001) renvoie la valeur . Interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercice.
- B.5.a. Donner les quatre premiers termes de la suite sous forme de fractions irréductibles.
- B.5.b. Conjecturer l'expression de en fonction de et démontrer cette conjecture.
Voir la correction
Réponses
- A.1 : strictement croissante ; ;
- A.2 croissante sur : , donc
- B.1 Initialisation ; hérédité en appliquant , croissante sur
- B.2 croissante et majorée par : elle converge (théorème de convergence monotone)
- B.3 , donc
- B.4 est le plus petit rang tel que , c'est-à-dire tel que soit à moins de de sa limite
- B.5.a , , ,
- B.5.b pour tout , démontré par récurrence
A.1. Le tableau annonce trois choses : est strictement croissante sur , elle tend vers en et vers quand tend vers par valeurs inférieures. Chacune se justifie séparément.
Sens de variation, par la dérivée d'un quotient avec , , , , et sur l'intervalle puisque : .
Un carré non nul est strictement positif, donc pour tout de : est strictement croissante sur cet intervalle, d'où la flèche montante.
Limite en : le quotient se présente sous la forme indéterminée « ». On factorise numérateur et dénominateur par , pour : . Comme et tendent vers en , par quotient .
Limite en : le numérateur tend vers , et le dénominateur tend vers en restant STRICTEMENT NÉGATIF, puisque . On note . Un nombre proche de divisé par un nombre négatif proche de est positif et très grand : . La double barre du tableau marque la valeur interdite , exclue de l'ensemble de définition.
Vérifications numériques : , à peine au-dessus de , et . On peut aussi voir que n'est jamais atteint : sur l'intervalle, ce qui colle avec une fonction qui croît à partir de .
Erreur fréquente : conclure à droite du tableau en oubliant le signe du dénominateur. Le « » est tout le travail de cette limite ; un « » sans signe ne justifie rien.
A.2. L'intervalle est inclus dans puisque ; y est donc définie et strictement croissante. Pour , la croissance conserve l'ordre : .
Or et . Donc , et a fortiori : pour tout , . On dit que l'intervalle est STABLE par , et c'est exactement ce que la récurrence de la partie B va utiliser.
Piège : chercher le minimum de sur dans le tableau, où figure . Cette valeur est la limite en , elle ne concerne pas ; ce qui compte ici, ce sont les images des bornes et . L'énoncé dit « en déduire » : la croissance obtenue en A.1 suffit, inutile de refaire une étude.
B.1. Pour tout entier naturel , : la suite est définie par récurrence à l'aide de la fonction de la partie A. On note la propriété « » et on raisonne par récurrence.
Initialisation : et . On a bien , donc est vraie.
Hérédité : on suppose vraie pour un entier naturel fixé, c'est-à-dire . Les quatre nombres , , et sont dans , où est croissante (partie A) : appliquer conserve l'ordre, d'où , soit . Comme , on obtient : est vraie.
Conclusion : est vraie et est héréditaire, donc par le principe de récurrence, pour tout entier naturel , .
Au passage, la récurrence garantit que la suite est bien définie : restant dans , le dénominateur ne s'annule jamais. Erreur fréquente : écrire « on applique à l'inégalité » sans dire POURQUOI on en a le droit. Une fonction ne conserve l'ordre que si elle est croissante sur un intervalle qui contient tous les nombres comparés ; c'est la ligne que le correcteur cherche. Autre oubli coûteux : s'arrêter à sans écrire .
B.2. D'après B.1, pour tout , : la suite est croissante. Et : elle est majorée par . Par le théorème de convergence monotone, une suite croissante et majorée converge : converge vers une limite , avec (passage à la limite dans une inégalité large).
Piège : conclure que la limite vaut parce que la suite est majorée par . Un majorant n'est pas forcément la limite ; le théorème ne donne que l'existence de , sa valeur demande la question B.3.
B.3. On admet que vérifie (c'est la continuité de en qui le justifie : en passant à la limite dans ). On résout donc sur . Sur cet intervalle , et on peut multiplier par : .
Or , nul si et seulement si (racine double, discriminant ). La seule solution de sur est , donc . Vérification : .
Piège : diviser ou multiplier par sans vérifier qu'il est non nul, et oublier de dire que la solution trouvée appartient bien à .
B.4. La fonction part de et . À chaque tour de boucle, n augmente de et u est remplacé par , le terme suivant : après tours, n vaut et u vaut . La boucle tourne TANT QUE et s'arrête au premier rang où ; la fonction renvoie ce rang.
Avec , . L'appel seuil(0.0001) renvoie : est le plus petit entier tel que . Comme , cela revient à : à partir du rang , et seulement à partir de ce rang, est à moins de de sa limite . La suite étant croissante, tous les termes suivants restent dans cette zone.
Vérification avec la formule de la question 5 : , et . Le premier entier qui convient est bien ; en effet et . Erreur fréquente : lire comme une valeur de la suite, ou comme le rang où la suite « atteint » ; elle ne l'atteint jamais, puisque pour tout .
B.5.a. On calcule de proche en proche avec . ; ; ; .
Les quatre premiers termes sont , , et , chaque fraction étant irréductible (numérateur et dénominateur consécutifs ou presque : et , et , et sont premiers entre eux). Contrôle avec B.1 : , la suite est bien croissante et majorée par .
Le premier terme est , pas : « les quatre premiers termes » sont à . Donner à (avec ) ne fait pas perdre la conjecture, mais ne répond pas exactement à la question.
B.5.b. Conjecture : en écrivant , les numérateurs , , , sont les nombres pairs et les dénominateurs , , , les impairs . On conjecture que pour tout entier naturel , .
Démonstration par récurrence. On note : « ». Initialisation : , donc est vraie.
Hérédité : on suppose vraie pour un entier fixé. Alors . On multiplie numérateur et dénominateur par , non nul : , ce qui est .
Conclusion : par récurrence, pour tout entier naturel , .
Vérification de cohérence avec toute la partie B : , qui est bien croissante, comprise entre et , et tend vers , la limite trouvée en B.3. Piège : la conjecture seule ne suffit pas, l'énoncé demande de la démontrer. Dans l'hérédité, c'est le calcul de fractions qui coûte des points : multiplier en haut ET en bas par d'un seul geste évite les fractions étagées.
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