Exercice 1 : Probabilités : réservations à bord d'un navire, somme de variables aléatoires et Bienaymé-Tchebychev
5 points Sommes de variables aléatoires et concentrationArbres pondérés et probabilités totales
Un navire assure la liaison entre deux ports de la Méditerranée.
Lors d'une traversée, une famille a la possibilité de réserver une cabine ainsi qu'un emplacement pour un véhicule.
- Partie A
- Parmi l'ensemble des familles effectuant la traversée, on constate que réservent un emplacement pour un véhicule et, parmi ces dernières, réservent une cabine.
- On sait par ailleurs que des familles effectuant la traversée réservent une cabine.
- On choisit au hasard une famille effectuant la traversée, et on considère les évènements suivants :
• : « la famille réserve un emplacement pour un véhicule » ;
• : « la famille réserve une cabine ». - Pour un évènement quelconque , on désigne par son évènement contraire et par sa probabilité.
- A.1.a. Donner .
- A.1.b. Reproduire l'arbre ci-contre et compléter les quatre pointillés.
- A.2. Calculer la probabilité qu'une famille réserve un emplacement pour un véhicule et une cabine.
- A.3. Une famille a réservé une cabine. Déterminer la probabilité qu'elle réserve un emplacement pour un véhicule.
- A.4. Déterminer . On arrondira le résultat à . Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
- Partie B
- Sur ce trajet, la réservation d'une cabine et d'un emplacement pour un véhicule sont facturés en supplément du coût de la traversée.
- Ces suppléments sont d'un montant de :
• 100 euros pour une cabine ;
• 70 euros pour l'emplacement d'un véhicule. - On suppose qu'une famille peut réserver au maximum une cabine et au maximum un emplacement pour un véhicule.
- À ces suppléments peuvent s'ajouter le prix payé pour des extras (repas, boissons, etc.).
- On note la variable aléatoire qui associe, à chaque famille effectuant la traversée, le prix qu'elle paie, en euro, pour les suppléments.
- On donne ci-dessous la loi de probabilité de .
- On note la variable aléatoire qui associe, à chaque famille effectuant la traversée, le prix qu'elle paie, en euro, pour les extras.
- On admet que la variable aléatoire a pour espérance et pour variance .
- On suppose que les variables et sont indépendantes.
- B.1. Justifier que et que .
- 2. À titre exceptionnel, la compagnie propose une remise de sur les suppléments et les extras.
- On note la variable aléatoire qui, à chaque famille effectuant la traversée, associe le montant total pour les suppléments et les extras, en euro, payé par cette famille après réduction.
- B.2.a. Justifier que .
- B.2.b. En déduire que et que , où est l'espérance de la variable aléatoire et sa variance.
- 3. On note un entier naturel non nul et on choisit au hasard un échantillon de familles effectuant cette traversée bénéficiant de la réduction exceptionnelle définie en question 2.
- On admet que ce choix peut être assimilé à un tirage avec remise.
- On désigne par la variable aléatoire égale au prix total pour les suppléments et les extras payé par la première famille, la variable aléatoire égale au prix total pour les suppléments et les extras payé par la deuxième famille et ainsi de suite, la variable aléatoire égale au prix total pour les suppléments et les extras payé par la -ième famille.
- On considère la variable aléatoire donnant le prix total moyen pour les suppléments et les extras, payé par ces familles.
- On admet que les variables , , ..., sont indépendantes et suivent la même loi de probabilité que la variable aléatoire .
- B.3.a. Montrer que l'espérance de la variable est égale à , et que sa variance est égale à .
- B.3.b. Déterminer le plus petit entier pour lequel l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet d'affirmer que . Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
Voir la correction
Réponses
- A.1.a
- A.1.b ; ; ;
- A.2
- A.3
- A.4 : environ des familles sans véhicule réservent une cabine
- B.1 ; , donc
- B.2.a Remise de sur le total : coefficient multiplicateur appliqué à
- B.2.b ; ( et indépendantes)
- B.3.a ;
- B.3.b : à partir de familles, le prix moyen est entre et euros avec une probabilité au moins
A.1.a. L'énoncé donne directement la proportion de familles qui réservent une cabine, parmi TOUTES les familles : . Donc .
Le piège est dans la phrase précédente : les portent sur les familles qui ont réservé un emplacement pour un véhicule (« parmi ces dernières »). C'est une probabilité CONDITIONNELLE, , et non . Chaque pourcentage d'un énoncé se rapporte à une population, et c'est elle qui décide s'il s'agit d'une probabilité simple ou conditionnelle.
A.1.b. Le premier niveau de l'arbre porte et : et, par l'événement contraire, . Les branches issues de portent des probabilités conditionnées par : « parmi ces dernières, réservent une cabine » donne , d'où .
Les quatre pointillés valent donc , , et . Contrôle : les probabilités issues d'un même nœud ont pour somme ( et ). Les deux branches issues de restent vides dans l'arbre de l'énoncé : on ne les connaît pas encore, c'est la question A.4 qui les calcule. L'arbre complet figure en fin de corrigé.
A.2. Probabilité d'une intersection, lue sur un chemin de l'arbre (formule des probabilités composées) : . La probabilité qu'une famille réserve à la fois un emplacement pour un véhicule et une cabine vaut .
Contrôle de cohérence : une intersection est plus petite que chacun des deux événements, et en effet et . Erreur fréquente : répondre , qui est la probabilité de réserver une cabine SACHANT que la famille a un véhicule, et non celle de « véhicule ET cabine ».
A.3. On sait que la famille a réservé une cabine : on cherche une probabilité conditionnée par , soit . L'arbre commence par , la question part de : on « retourne » l'arbre en revenant à la définition d'une probabilité conditionnelle (c'est la démarche de la formule de Bayes).
. Une famille qui a réservé une cabine a donc une probabilité d'avoir aussi réservé un emplacement pour un véhicule.
Le piège est de confondre et : ici contre , les deux nombres n'ont rien à voir. Le dénominateur est toujours la probabilité de l'événement DONNÉ, celui qu'on sait réalisé, ici .
A.4. Par définition, . Le numérateur s'obtient par la formule des probabilités totales, avec la partition : , donc .
Puis , soit arrondi à .
Interprétation : parmi les familles qui ne réservent pas d'emplacement pour un véhicule, environ réservent une cabine. La comparaison avec dit qu'une famille qui voyage avec un véhicule réserve un peu plus souvent une cabine qu'une famille sans véhicule.
Erreurs fréquentes : diviser par au lieu de , ou ne pas diviser du tout et répondre , qui est la probabilité de « pas de véhicule ET cabine ». L'interprétation doit nommer la population de référence, les familles SANS véhicule ; « des familles réservent une cabine » est faux, c'est .
B.1. Définition de l'espérance, avec la loi donnée : .
Pour la variance, la formule de König-Huygens est la plus rapide : , donc .
Vérification par la définition : , la même valeur.
Cohérence avec la partie A : la loi de est celle des quatre chemins de l'arbre. , , et . Erreur fréquente : soustraire au lieu de , ou oublier d'élever les valeurs au carré dans .
B.2.a. Avant réduction, une famille paie euros : les suppléments plus les extras. Une remise de revient à payer du prix, c'est-à-dire à multiplier par le coefficient multiplicateur . Comme la remise porte à la fois sur les suppléments et sur les extras, elle s'applique au total : .
Erreur fréquente : écrire , qui est le montant de la remise et non le montant payé.
B.2.b. Espérance : par linéarité de l'espérance, valable sans aucune hypothèse, .
Variance : d'abord , donc . Ensuite, les variables et étant INDÉPENDANTES (hypothèse de l'énoncé), la variance de leur somme est la somme de leurs variances : . D'où .
Les deux pièges : multiplier la variance par au lieu de , ce qui donnerait ; et additionner les variances sans citer l'indépendance, qui est la seule raison pour laquelle on en a le droit. L'espérance, elle, s'additionne toujours.
B.3.a. Espérance, par linéarité : , puisque chaque suit la loi de .
Variance : . Les étant indépendantes, la variance de la somme est la somme des variances, soit . Donc .
Le facteur sort AU CARRÉ de la variance : c'est lui qui fait diminuer la dispersion de la moyenne quand l'échantillon grandit, alors que l'espérance reste . Erreur fréquente : sortir sans le carré, ce qui donnerait pour tout .
B.3.b. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à d'espérance et de variance , s'écrit pour tout réel : .
L'intervalle est centré en , de demi-largeur : . On prend donc : .
On passe à l'événement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : .
L'inégalité permet donc d'affirmer dès que , c'est-à-dire , soit . Le plus petit entier qui convient est .
Vérification aux bords : pour , exactement, et l'inégalité demandée est large ; pour , .
Interprétation : dans un échantillon d'au moins familles bénéficiant de la réduction, le prix total moyen payé pour les suppléments et les extras est strictement compris entre et euros avec une probabilité d'au moins . Ce n'est pas un nombre de familles NÉCESSAIRE : c'est à partir de que CETTE inégalité, souvent grossière, permet de le garantir.
Deux pièges : prendre au lieu de la DEMI-largeur , ce qui donnerait ; et passer à l'événement contraire sans renverser l'inégalité.
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