Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal
Bac 2025 de spécialité maths, Asie jour 1 : sujet officiel et corrigé
Sujet officiel du baccalauréat
Spécialité mathématiques, session 2025 : Asie, jour 1
Épreuve du mercredi 11 juin 2025 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée
• 4 exercices, 20 points
L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème.
Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca.
Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).
En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé.
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Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2025, centre Asie, jour 1 : mercredi 11 juin 2025, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants de 5 points chacun, notés sur 20. L'énoncé est reproduit à l'identique, programme Python compris, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.
L'exercice 1 est un vrai ou faux de géométrie dans l'espace : plan défini par trois points et vecteur normal, droites parallèles et colinéarité, angle calculé par le produit scalaire, projeté orthogonal d'un point sur une droite, intersection d'une droite et d'une sphère. L'exercice 2 porte sur les probabilités conditionnelles (arbre pondéré, formule des probabilités totales, inversion du conditionnement), la loi binomiale avec son espérance et sa variance, puis l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à une fréquence. L'exercice 3 étudie une suite arithmético-géométrique : raisonnement par récurrence, limite d'une suite géométrique, seuil résolu par le logarithme népérien, somme des termes d'une suite géométrique, moyenne des termes et fonction Python à interpréter. L'exercice 4 étudie f(x)=2xex : dérivée d'une composée et d'un quotient, asymptote verticale, croissance comparée, théorème des valeurs intermédiaires, intégrale par une primitive et convexité.
Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : l'affirmation 4 de l'exercice 1, où AH est bien orthogonal à la droite mais où H n'est pas sur la droite ; la demi-largeur 0,02 dans l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev de l'exercice 2, qui donne n=2969 ; et la fonction mystere de l'exercice 3, qui calcule la quantité MOYENNE Sn et non un, d'où une réponse bien plus tardive que la 11e prise.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
L'espace est rapporté à un repère orthonormé (O;,,k).
On considère : • α un réel quelconque ; • les points A(1;1;0), B(2;1;0) et C(α;3;α) ; • (d) la droite dont une représentation paramétrique est : ⎩⎨⎧x=1+ty=2tz=−t, t∈R
Pour chacune des affirmations suivantes, préciser si elle est vraie ou fausse, puis justifier la réponse donnée. Une réponse non argumentée ne sera pas prise en compte.
Affirmation 1.Pour toutes les valeurs de α, les points A, B et C définissent un plan et un vecteur normal à ce plan est 010.
Affirmation 2.Il existe exactement une valeur de α telle que les droites (AC) et (d) soient parallèles.
Affirmation 3.Une mesure de l'angle OAB est 135∘.
Affirmation 4.Le projeté orthogonal du point A sur la droite (d) est le point H(1;2;2).
Affirmation 5.La sphère de centre O et de rayon 1 rencontre la droite (d) en deux points distincts.
On rappelle que la sphère de centre Ω et de rayon r est l'ensemble des points de l'espace situés à une distance r de Ω.
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Réponses
Affirmation 1Faux : A, B, C définissent bien un plan, mais ⋅AC=2=0 ; un vecteur normal est n(0;α;−2)
Affirmation 2Faux : AC=ku impose α=2 et α=−1, aucune valeur ne convient
Affirmation 3Vrai : cosOAB=2×1−1=−22, donc OAB=135∘
Affirmation 4Faux : H∈/(d) ; le projeté orthogonal de A est (34;32;−31)
Affirmation 5Vrai : 6t2+2t=0 donne t=0 ou t=−31, points (1;0;0) et (32;−32;31)
Affirmation 1. L'affirmation est une conjonction : il faut que A, B, C définissent un plan pour tout α, ET que soit normal à ce plan. Méthode : trois points définissent un plan s'ils ne sont pas alignés, c'est-à-dire si AB et AC ne sont pas colinéaires ; un vecteur est normal à un plan s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan.
Coordonnées : AB100 et ACα−12α. Si l'on avait AC=kAB, la deuxième coordonnée donnerait 2=0×k=0, ce qui est impossible. Les vecteurs ne sont donc jamais colinéaires : pour toute valeur de α, les points A, B, C définissent un plan. La première moitié de l'affirmation est vraie.
Produits scalaires avec (0;1;0) : ⋅AB=0×1+1×0+0×0=0, mais ⋅AC=0×(α−1)+1×2+0×α=2=0. Le vecteur n'est orthogonal à AC pour AUCUNE valeur de α : il n'est jamais normal au plan (ABC). L'affirmation 1 est FAUSSE.
Pour aller plus loin, un vecteur normal n(a;b;c) vérifie n⋅AB=a=0 et n⋅AC=2b+αc=0 ; on peut prendre n0α−2, dont la troisième coordonnée −2 n'est jamais nulle : il n'est jamais colinéaire à . Exemple qui parle : pour α=0, les trois points A(1;1;0), B(2;1;0) et C(0;3;0) ont une cote nulle, le plan est le plan (xOy), de vecteur normal k et non .
Erreur fréquente : vérifier seulement ⋅AB=0 et conclure. Un vecteur orthogonal à UN vecteur du plan n'est pas normal au plan ; il en faut deux, non colinéaires.
Affirmation 2. Méthode : deux droites sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires. Un vecteur directeur de (d) se lit sur les coefficients de t : u12−1. Un vecteur directeur de (AC) est ACα−12α.
On cherche un réel k tel que AC=ku, soit α−1=k, 2=2k et α=−k. La deuxième équation impose k=1 ; la première donne alors α=2, la troisième α=−1. Les deux valeurs sont incompatibles : le système n'a pas de solution, et aucune valeur de α ne rend les droites parallèles. L'affirmation 2 est FAUSSE.
Vérification : pour α=2, la valeur que donnent les deux premières coordonnées, AC(1;2;2) et u(1;2;−1) diffèrent par la troisième coordonnée. Erreur fréquente : résoudre avec deux coordonnées seulement, trouver α=2 et répondre « vrai ». La colinéarité se vérifie sur les TROIS coordonnées.
Affirmation 3. Méthode : l'angle OAB a pour sommet A ; on l'obtient par le produit scalaire des deux vecteurs ISSUS DE A, AO et AB, avec AO⋅AB=AO×AB×cosOAB.
AO−1−10 et AB100, donc AO⋅AB=−1×1+(−1)×0+0×0=−1. Les normes : AO=(−1)2+(−1)2+02=2 et AB=1 (le repère est orthonormé).
D'où cosOAB=2×1−1=−22≈−0,71. L'angle géométrique est compris entre 0∘ et 180∘, et le seul angle de cet intervalle dont le cosinus vaut −22 est 135∘. L'affirmation 3 est VRAIE.
Vérification par un dessin : les trois points ont une cote nulle, on reste dans le plan (xOy). Depuis A(1;1), le vecteur AB part horizontalement vers la droite, et AO part vers le bas à gauche, à 45∘ sous l'horizontale. L'écart entre les deux directions est bien 180∘−45∘=135∘.
Erreur fréquente : calculer avec OA au lieu de AO. Le produit scalaire change de signe, le cosinus vaut 22 et l'on trouve 45∘, l'angle supplémentaire. Les deux vecteurs doivent partir du sommet de l'angle.
Affirmation 4. Méthode : le projeté orthogonal de A sur (d) est l'unique point H qui vérifie DEUX conditions : H∈(d) et AH⊥u. On commence par la plus rapide, l'appartenance.
Si H(1;2;2) était sur (d), il existerait t tel que 1+t=1, 2t=2 et −t=2. La première équation donne t=0, la deuxième t=1, la troisième t=−2 : le système est incompatible, H n'appartient pas à (d). Il ne peut pas être le projeté orthogonal de A sur (d) : l'affirmation 4 est FAUSSE.
Le piège est soigné : AH012 vérifie AH⋅u=0×1+1×2+2×(−1)=0. La condition d'orthogonalité est donc remplie, et un élève qui ne vérifie qu'elle répond « vrai ». Le point H est sur le plan passant par A orthogonal à (d), mais pas sur la droite.
Le vrai projeté : un point de (d) s'écrit M(1+t;2t;−t), et AMt2t−1−t. La condition AM⋅u=t+2(2t−1)+t=6t−2=0 donne t=31, soit le point (34;32;−31). Contrôle : AM(31;−31;−31) et 31−32+31=0. La distance de A à (d) vaut 93=33.
Affirmation 5. Méthode : un point M est sur la sphère de centre O et de rayon 1 si et seulement si OM=1, soit OM2=1. On cherche donc les valeurs de t pour lesquelles le point M(1+t;2t;−t) de (d) vérifie cette égalité.
OM2=(1+t)2+(2t)2+(−t)2=1+2t+t2+4t2+t2=6t2+2t+1. L'équation 6t2+2t+1=1 équivaut à 6t2+2t=0, soit 2t(3t+1)=0, d'où t=0 ou t=−31.
Deux valeurs distinctes du paramètre donnent deux points distincts de la droite (u=0) : t=0 donne (1;0;0) et t=−31 donne (32;−32;31). Contrôle : 94+94+91=1. La sphère rencontre (d) en deux points distincts : l'affirmation 5 est VRAIE.
Seconde vérification, par la distance : le projeté orthogonal de O sur (d) s'obtient par OM⋅u=(1+t)+4t+t=1+6t=0, soit t=−61 et le point (65;−31;61), à la distance 3630=65≈0,91 de O. Cette distance est inférieure au rayon 1 : la droite traverse la sphère. Erreur fréquente : voir que (1;0;0), obtenu pour t=0, est sur la sphère, et s'arrêter là sans chercher le second point.
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Exercice 2 : Probabilités : contrôles de conformité de jouets, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Une entreprise qui fabrique des jouets doit effectuer des contrôles de conformité avant leur commercialisation. Dans cet exercice, on s'intéresse à deux tests effectués par l'entreprise de jouets : un test de fabrication et un test de sécurité.
À la suite d'un grand nombre de vérifications, l'entreprise affirme que : • 95% des jouets réussissent le test de fabrication ; • Parmi les jouets qui réussissent le test de fabrication, 98% réussissent le test de sécurité ; • 1% des jouets ne réussissent aucun des deux tests.
On choisit au hasard un jouet parmi les jouets produits. On note : • F l'évènement : « le jouet réussit le test de fabrication » ; • S l'évènement : « le jouet réussit le test de sécurité ».
Partie A
A.1.À partir des données de l'énoncé, donner les probabilités P(F) et PF(S).
A.2.a.Construire un arbre pondéré qui illustre la situation avec les données disponibles dans l'énoncé.
A.2.b.Montrer que PF(S)=0,2.
A.3.Calculer la probabilité que le jouet choisi réussisse les deux tests.
A.4.Montrer que la probabilité que le jouet réussisse le test de sécurité vaut 0,97 arrondi au centième.
A.5.Lorsque le jouet a réussi le test de sécurité, quelle est la probabilité qu'il réussisse le test de fabrication ? Donner une valeur approchée du résultat au centième.
Partie B
On prélève au hasard dans la production de l'entreprise un lot de n jouets, où n est un entier strictement positif. On suppose que ce prélèvement se fait sur une quantité suffisamment grande de jouets pour être assimilé à une succession de n tirages indépendants avec remise.
On rappelle que la probabilité qu'un jouet réussisse le test de fabrication est égale à 0,95.
Soit Sn la variable aléatoire qui compte le nombre de jouets ayant réussi le test de fabrication. On admet que Sn suit la loi binomiale de paramètres n et p=0,95.
B.1.Exprimer l'espérance et la variance de la variable aléatoire Sn en fonction de n.
2. Dans cette question, on pose n=150.
B.2.a.Déterminer une valeur approchée à 10−3 près de P(S150=145). Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
B.2.b.Déterminer la probabilité qu'au moins 94% des jouets de ce lot réussissent le test de fabrication. Donner une valeur approchée du résultat à 10−3 près.
3. Dans cette question, l'entier naturel non nul n n'est plus fixé.
Soit Fn la variable aléatoire définie par : Fn=nSn. La variable aléatoire Fn représente la proportion des jouets qui réussissent le test de fabrication dans un lot de n jouets prélevés.
On note E(Fn) l'espérance et V(Fn) la variance de la variable aléatoire Fn.
B.3.a.Montrer que E(Fn)=0,95 et que V(Fn)=n0,0475.
B.3.b.On s'intéresse à l'évènement I suivant : « la proportion de jouets qui réussissent le test de fabrication dans un lot de n jouets est strictement comprise entre 93% et 97% ». En utilisant l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, déterminer une valeur n de la taille du lot de jouets à prélever, à partir de laquelle la probabilité de l'évènement I est supérieure ou égale à 0,96.
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Réponses
A.1P(F)=0,95 et PF(S)=0,98
A.2.aP(F)=0,95, P(F)=0,05 ; PF(S)=0,98, PF(S)=0,02 ; branches issues de F inconnues à ce stade
A.2.bP(F∩S)=0,01=0,05×PF(S), donc PF(S)=0,2
A.3P(F∩S)=0,95×0,98=0,931
A.4P(S)=0,931+0,05×0,8=0,971≈0,97
A.5PS(F)=0,9710,931≈0,96
B.1E(Sn)=0,95n et V(Sn)=0,0475n
B.2.aP(S150=145)≈0,109 : environ 10,9% de chances qu'exactement 145 jouets du lot réussissent le test de fabrication
B.3.bP(I)⩾1−n118,75⩾0,96 dès que n⩾2968,75 : n=2969 convient
A.1. La première donnée porte sur TOUS les jouets : P(F)=0,95. La deuxième commence par « parmi les jouets qui réussissent le test de fabrication » : la population de référence est celle des jouets de F, c'est une probabilité conditionnelle, PF(S)=0,98.
Erreur fréquente : écrire P(S)=0,98 ou P(F∩S)=0,98. Chaque pourcentage se rapporte à une population, et c'est elle qui décide s'il s'agit d'une probabilité simple, d'une intersection ou d'une probabilité conditionnelle.
A.2.a. Le premier niveau de l'arbre porte F et F, avec P(F)=0,95 et, par l'événement contraire, P(F)=1−0,95=0,05. Les branches issues de F portent PF(S)=0,98 et PF(S)=1−0,98=0,02.
Les branches issues de F ne sont pas données directement. La troisième donnée, « 1% des jouets ne réussissent aucun des deux tests », est la probabilité d'une INTERSECTION, P(F∩S)=0,01 : elle ne se place pas sur une branche, elle se place au bout du chemin F puis S. Avec les seules données de l'énoncé, ces deux branches restent à compléter ; c'est la question suivante qui les calcule. L'arbre complet figure en fin de corrigé.
Piège : écrire 0,01 sur la branche de F vers S. Une branche du second niveau porte une probabilité conditionnelle, pas la probabilité d'un chemin.
A.2.b. Formule des probabilités composées, sur le chemin F puis S : P(F∩S)=P(F)×PF(S). Donc PF(S)=P(F)P(F∩S)=0,050,01=0,2.
On en déduit aussi PF(S)=1−0,2=0,8, ce qui complète l'arbre. Interprétation : parmi les jouets qui échouent au test de fabrication, 20% échouent aussi au test de sécurité.
A.3. « Réussir les deux tests » est l'événement F∩S. Par les probabilités composées : P(F∩S)=P(F)×PF(S)=0,95×0,98=0,931.
Contrôle : 0,931⩽P(F)=0,95, une intersection est plus petite que chacun des événements. Erreur fréquente : répondre 0,98, la probabilité de réussir le test de sécurité SACHANT que le jouet a réussi celui de fabrication.
A.4. Formule des probabilités totales, avec la partition {F;F} : P(S)=P(F∩S)+P(F∩S)=0,931+P(F)×PF(S)=0,931+0,05×0,8=0,931+0,04=0,971.
Arrondie au centième, P(S)≈0,97. Vérification par l'événement contraire : P(S)=P(F∩S)+P(F∩S)=0,95×0,02+0,01=0,019+0,01=0,029, et 1−0,029=0,971.
Piège : oublier le chemin qui passe par F. Un jouet peut réussir le test de sécurité sans avoir réussi celui de fabrication ; s'arrêter à 0,931 ne donne pas 0,97.
A.5. On sait que le jouet a réussi le test de sécurité : on cherche PS(F). L'arbre commence par F, la question part de S : on revient à la définition d'une probabilité conditionnelle, la démarche de la formule de Bayes.
PS(F)=P(S)P(F∩S)=0,9710,931≈0,9588, soit 0,96 au centième. Parmi les jouets qui ont réussi le test de sécurité, environ 96% ont aussi réussi le test de fabrication.
On divise par la valeur EXACTE 0,971, et non par l'arrondi 0,97 : ici les deux donnent 0,96, mais diviser par une valeur arrondie est une habitude qui coûte des points dans d'autres sujets. Erreur fréquente : répondre PF(S)=0,98, la probabilité « dans l'autre sens ».
B.1. Pour une variable aléatoire qui suit la loi binomiale B(n;p), l'espérance vaut np et la variance np(1−p). Ici E(Sn)=0,95n et V(Sn)=n×0,95×0,05=0,0475n.
Erreur fréquente : écrire V(Sn)=np ou oublier le facteur 1−p. Vérification : la variance d'une loi binomiale est toujours inférieure à son espérance, puisque 1−p<1.
B.2.a. Formule de la loi binomiale : P(S150=145)=(145150)×0,95145×0,055. À la calculatrice (fonction de densité de la loi binomiale, avec n=150, p=0,95, k=145) : P(S150=145)≈0,109.
Interprétation : quand on prélève un lot de 150 jouets, la probabilité qu'EXACTEMENT 145 d'entre eux réussissent le test de fabrication est d'environ 0,109, soit un peu moins de 11%. Ce n'est pas faible : 145 est très proche de l'espérance 0,95×150=142,5, donc parmi les valeurs les plus probables.
Piège : le coefficient (145150) est égal à (5150) ; l'oublier, ou écrire 0,05145×0,955 en inversant les exposants, donne une valeur absurde.
B.2.b. D'abord traduire « au moins 94% des jouets du lot » : 0,94×150=141, donc on cherche P(S150⩾141). La calculatrice donne les probabilités cumulées P(S⩽k) : on passe à l'événement contraire, P(S150⩾141)=1−P(S150⩽140).
À la calculatrice, P(S150⩽140)≈0,2191, d'où P(S150⩾141)≈0,781. La probabilité qu'au moins 94% des jouets du lot réussissent le test de fabrication est d'environ 0,781.
Piège classique : écrire 1−P(S150⩽141). Le contraire de « S⩾141 » est « S⩽140 », la valeur 141 appartient à l'événement cherché.
B.3.a. Par linéarité de l'espérance, E(Fn)=E(n1Sn)=n1E(Sn)=n0,95n=0,95.
Pour la variance, V(aX)=a2V(X) : V(Fn)=n21V(Sn)=n20,0475n=n0,0475. Le facteur n1 sort AU CARRÉ : c'est ce qui fait diminuer la dispersion de la proportion quand le lot grandit, alors que son espérance reste 0,95.
B.3.b. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à Fn, s'écrit pour tout réel δ>0 : P(∣Fn−E(Fn)∣⩾δ)⩽δ2V(Fn).
L'intervalle ]0,93;0,97[ est centré en E(Fn)=0,95, de demi-largeur 0,02 : I s'écrit ∣Fn−0,95∣<0,02. Avec δ=0,02 : P(∣Fn−0,95∣⩾0,02)⩽0,022n0,0475=0,0004n0,0475=n118,75.
On passe à l'événement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : P(I)=1−P(∣Fn−0,95∣⩾0,02)⩾1−n118,75.
Il suffit donc que 1−n118,75⩾0,96, c'est-à-dire n118,75⩽0,04, soit n⩾0,04118,75=2968,75. À partir de n=2969 jouets, l'inégalité garantit P(I)⩾0,96. Contrôle : 1−2969118,75≈0,960003⩾0,96, alors que 1−2968118,75<0,96.
Ce nombre est une valeur qui SUFFIT, pas le plus petit lot pour lequel P(I)⩾0,96 : l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est grossière. Avec la loi binomiale elle-même, pour un lot de 1000 jouets, la probabilité que 930<Sn<970 dépasse déjà 0,99. C'est pourquoi l'énoncé demande « une valeur » à partir de laquelle la probabilité dépasse 0,96.
Deux pièges : prendre δ=0,97−0,93=0,04, la largeur entière, au lieu de la demi-largeur 0,02 ; et oublier le carré de δ, ce qui donnerait n⩾59,375.
Exercice 3 : Suites : quantité de médicament dans l'organisme, récurrence, seuil, moyenne et fonction Python
Un patient doit prendre toutes les heures une dose de 2 ml d'un médicament.
On introduit la suite (un) telle que le terme un représente la quantité de médicament, exprimée en ml présente dans l'organisme immédiatement après n prises de médicament.
On a u1=2 et pour tout entier naturel n strictement positif : un+1=2+0,8un.
Partie A
En utilisant ce modèle, un médecin cherche à savoir à partir de combien de prises du médicament la quantité présente dans l'organisme du patient est strictement supérieure à 9 mL.
A.1.Calculer la valeur u2.
A.2.Montrer par récurrence que : un=10−8×0,8n−1 pour tout entier naturel n strictement positif.
A.3.Déterminer n→+∞limun et et donner une interprétation de ce résultat dans le contexte de l'exercice.
A.4.Soit N un entier naturel strictement positif, l'inéquation uN⩾10 admet-elle des solutions ? Interpréter le résultat de cette question dans le contexte de l'exercice.
A.5.Déterminer à partir de combien de prises de médicament la quantité de médicament présente dans l'organisme du patient est strictement supérieure à 9 mL. Justifier votre démarche.
Partie B
En utilisant la même modélisation, le médecin s'intéresse à la quantité moyenne de médicament présente dans l'organisme du malade au cours du temps.
On définit pour cela la suite (Sn) définie pour tout entier naturel n strictement positif par Sn=nu1+u2+⋯+un.
On admet que la suite (Sn) est croissante.
B.1.Calculer S2.
B.2.Montrer que pour tout entier naturel n strictement positif, u1+u2+⋯+un=10n−40+40×0,8n.
B.3.Calculer n→+∞limSn.
4. On donne la fonction mystere suivante, écrite en langage Python :
B.4.Dans le contexte de l'énoncé, que représente la valeur renvoyée par la saisie mystere(9) ?
B.5.Justifier que cette valeur est strictement supérieure à 10.
B.4Le plus petit nombre n de prises tel que la quantité moyenne Sn atteigne au moins 9 mL
B.5(Sn) croissante et S10=6+4×0,810≈6,43<9 : la boucle ne s'arrête pas avant n=11 (elle renvoie 40)
A.1. On applique la relation de récurrence avec n=1 : u2=2+0,8u1=2+0,8×2=2+1,6=3,6. Juste après la deuxième prise, l'organisme contient 3,6 mL de médicament.
Lecture du modèle : d'une heure à l'autre, l'organisme élimine 20% du médicament présent (il en reste 80%, d'où le facteur 0,8), puis le patient prend une nouvelle dose de 2 mL. Erreur fréquente : calculer u2 avec u0, qui n'existe pas ici, la suite commence au rang 1.
A.2. Raisonnement par récurrence. Pour tout entier n⩾1, on note P(n) la propriété : « un=10−8×0,8n−1 ».
Initialisation, au rang 1 (le premier rang de la suite) : 10−8×0,80=10−8×1=2=u1. La propriété P(1) est vraie.
Hérédité : soit n⩾1 un entier tel que P(n) est vraie, c'est-à-dire un=10−8×0,8n−1. Montrons P(n+1), c'est-à-dire un+1=10−8×0,8n. Par la relation de récurrence puis l'hypothèse : un+1=2+0,8un=2+0,8(10−8×0,8n−1)=2+8−8×0,8×0,8n−1=10−8×0,8n. La propriété P(n+1) est vraie.
Conclusion : la propriété est vraie au rang 1 et héréditaire, donc pour tout entier naturel n strictement positif, un=10−8×0,8n−1.
Vérification sur un terme calculé : 10−8×0,8=10−6,4=3,6=u2. Le piège de l'hérédité est l'exposant : 0,8×0,8n−1=0,8n, et c'est bien l'exposant attendu au rang n+1, puisque (n+1)−1=n. Initialiser au rang 0 serait une faute : la propriété n'est énoncée qu'à partir de n=1.
A.3. Limite d'une suite géométrique : comme 0<0,8<1, n→+∞lim0,8n−1=0. Par produit et somme, n→+∞limun=10−8×0=10.
Interprétation : à long terme, la quantité de médicament présente dans l'organisme juste après une prise se stabilise autour de 10 mL. On parle d'état d'équilibre : 10 est la solution de ℓ=2+0,8ℓ, la quantité pour laquelle ce qui est éliminé en une heure, 20% de 10, soit 2 mL, compense exactement la dose prise.
A.4. Pour N⩾1 : uN⩾10⟺10−8×0,8N−1⩾10⟺−8×0,8N−1⩾0⟺0,8N−1⩽0. Or une puissance d'un réel strictement positif est strictement positive : 0,8N−1>0. L'inéquation n'admet donc aucune solution.
Interprétation : la quantité de médicament dans l'organisme reste toujours strictement inférieure à 10 mL ; elle s'en approche autant qu'on veut (question A.3) sans jamais l'atteindre. Les deux résultats ne se contredisent pas : une suite peut avoir pour limite une valeur qu'elle n'atteint jamais.
A.5. On résout l'inéquation un>9 dans les entiers n⩾1 : 10−8×0,8n−1>9⟺8×0,8n−1<1⟺0,8n−1<0,125.
La fonction ln est strictement croissante sur ]0;+∞[, elle conserve l'ordre : (n−1)ln0,8<ln0,125. Comme ln0,8<0, diviser par ln0,8 RENVERSE l'inégalité : n−1>ln0,8ln0,125≈9,32, soit n>10,32. Le plus petit entier qui convient est n=11.
Vérification à la calculatrice : u10=10−8×0,89≈8,93⩽9 et u11=10−8×0,810≈9,14>9. De plus, la suite est croissante (un+1−un=8×0,8n−1×(1−0,8)>0) : une fois au-dessus de 9 mL, elle y reste. C'est donc à partir de la 11e prise que la quantité présente dans l'organisme est strictement supérieure à 9 mL.
Erreur fréquente : oublier de renverser l'inégalité en divisant par ln0,8, ce qui donne n<10,32 et une réponse absurde. Autre piège : confondre n et n−1 et répondre 10.
B.1. Par définition, S2=2u1+u2=22+3,6=25,6=2,8. Sur les deux premières prises, la quantité moyenne présente juste après une prise est de 2,8 mL.
B.2. Méthode : on utilise l'expression explicite de A.2 et la somme des termes d'une suite géométrique, 1+q+q2+⋯+qn−1=1−q1−qn pour q=1.
Comme 0,28=40, on obtient 10n−40(1−0,8n)=10n−40+40×0,8n. Vérification : pour n=1, 10−40+32=2=u1 ; pour n=2, 20−40+25,6=5,6=u1+u2.
Le piège est le nombre de termes : la somme va de 0,80 à 0,8n−1, soit n termes, d'où 0,8n au numérateur et non 0,8n−1. Une récurrence marche aussi, mais elle est plus longue.
B.3. D'après B.2, pour n⩾1 : Sn=n10n−40+40×0,8n=10−n40+n40×0,8n.
Quand n→+∞ : n40→0 ; 0,8n→0 car 0<0,8<1, et n1→0, donc le produit n40×0,8n→0. Par somme, n→+∞limSn=10.
La moyenne a la même limite que la suite elle-même : c'est cohérent, puisque les termes un finissent tous très proches de 10. Erreur fréquente : passer à la limite dans la somme 10n−40+40×0,8n, qui tend vers +∞, et oublier de diviser par n.
B.4. On lit la fonction ligne par ligne. Au départ, n=1 et s=2 : c'est S1=1u1=2. Dans la boucle, n augmente de 1 puis s reçoit 10−n40+n40×0,8n, c'est-à-dire Sn d'après B.3. La variable s contient donc toujours Sn pour la valeur courante de n.
La boucle tourne tant que Sn<k et s'arrête au premier rang où Sn⩾k ; la fonction renvoie ce rang. Avec k=9, mystere(9) renvoie le plus petit nombre n de prises pour lequel la quantité MOYENNE de médicament présente dans l'organisme, sur les n premières prises, atteint au moins 9 mL. La suite (Sn) étant croissante (admis), la moyenne reste ensuite au moins égale à 9 mL.
La boucle se termine bien : limSn=10>9, donc Sn finit par dépasser 9. Piège : répondre « à partir de quand la quantité dépasse 9 mL », la question A.5. Le programme calcule la moyenne Sn, pas un.
B.5. Pour tout n⩽10, la suite (Sn) étant croissante, Sn⩽S10. Or, par B.2, S10=1010×10−40+40×0,810=6+4×0,810≈6,43, donc Sn⩽6,43<9 pour n⩽10.
La condition s < 9 reste donc vraie tant que n⩽10 : la boucle ne s'arrête à aucun de ces rangs, et la valeur renvoyée est au moins 11, strictement supérieure à 10.
Autre argument, sans calcul : d'après A.5, u1, u2, ..., u10 sont tous inférieurs ou égaux à u10≈8,93<9 ; leur moyenne l'est aussi. Pour aller plus loin, en poursuivant le calcul, S39≈8,97<9 et S40≈9,0001⩾9 : mystere(9) renvoie 40. La moyenne est en retard sur la quantité présente, puisqu'elle garde la mémoire des premières prises, où l'organisme contenait peu de médicament.
Exercice 4 : Fonction exponentielle et racine carrée : dérivée, limites, variations, valeurs intermédiaires, intégrale et convexité
On considère la fonction f définie sur l'intervalle ]0;+∞[ par f(x)=2xex et on appelle Cf sa courbe représentative dans un repère orthonormé.
1. On définit la fonction g sur l'intervalle ]0;+∞[ par g(x)=ex.
1.a.Montrer que g′(x)=f(x) pour tout x de l'intervalle ]0;+∞[.
1.b.Pour tout réel x de l'intervalle ]0;+∞[, calculer f′(x) et montrer que : f′(x)=4xxex(x−1).
2.a.Déterminer la limite de la fonction f en 0.
2.b.Interpréter graphiquement ce résultat.
3.a.Déterminer la limite de la fonction f en +∞.
3.b.Étudier le sens de variation de la fonction f sur ]0;+∞[. Dresser le tableau de variations de la fonction f en y faisant figurer les limites aux bornes de l'intervalle de définition.
3.c.Montrer que l'équation f(x)=2 admet une unique solution sur l'intervalle [1;+∞[ et donner une valeur approchée à 10−1 près de cette solution.
4. On pose I=∫12f(x)dx.
4.a.Calculer I.
4.b.Interpréter graphiquement le résultat.
5. On admet que la fonction f est deux fois dérivable sur l'intervalle ]0;+∞[ et que : f′′(x)=8x2xex(x−3x+3).
5.a.En posant X=x, montrer que x−3x+3>0 pour tout réel x de l'intervalle ]0;+∞[.
5.b.Étudier la convexité de la fonction f sur l'intervalle ]0;+∞[.
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Réponses
1.a(eu)′=u′eu avec u(x)=x, u′(x)=2x1 : g′(x)=2xex=f(x)
1.bDérivée d'un quotient : f′(x)=4xex−xex=4xxex(x−1)
2.ax→0limf(x)=+∞
2.bCf admet la droite d'équation x=0 (l'axe des ordonnées) pour asymptote verticale
3.ax→+∞limf(x)=+∞ (croissance comparée, X=x)
3.bf strictement décroissante sur ]0;1], strictement croissante sur [1;+∞[ ; minimum f(1)=2e≈1,36 ; limites +∞ en 0 et en +∞
4.bf>0 sur [1;2] : I est l'aire, en unités d'aire, du domaine entre Cf, l'axe des abscisses et les droites x=1 et x=2
5.aX2−3X+3 a pour discriminant −3<0 : il est strictement positif pour tout X, donc x−3x+3>0
5.bf′′(x)>0 sur ]0;+∞[ : f est convexe sur ]0;+∞[
1.a. Méthode : dérivée de la composée eu, (eu)′=u′eu, avec u(x)=x. La fonction racine carrée est dérivable sur ]0;+∞[ (pas en 0, d'où l'intervalle ouvert), de dérivée u′(x)=2x1.
Donc g est dérivable sur ]0;+∞[ et g′(x)=2x1×ex=2xex=f(x). Autrement dit, g est une primitive de f sur ]0;+∞[ : c'est ce qui servira à la question 4.
Erreur fréquente : écrire g′(x)=ex, en oubliant le facteur u′(x) ; c'est la dérivée de ex, pas celle de ex.
1.b. Méthode : dérivée d'un quotient (vu)′=v2u′v−uv′, avec u(x)=ex et v(x)=2x, qui ne s'annule pas sur ]0;+∞[. D'après 1.a, u′(x)=2xex ; et v′(x)=2×2x1=x1 ; enfin v(x)2=4x.
Numérateur : u′(x)v(x)−u(x)v′(x)=2xex×2x−ex×x1=ex−xex=xex(x−1), en mettant au même dénominateur x.
Donc f′(x)=xex(x−1)×4x1=4xxex(x−1), l'expression demandée. Vérification numérique en x=4 : la formule donne 4×4×2e2×1=32e2≈0,231, et un taux d'accroissement de f entre 3,999 et 4,001 donne la même valeur.
Pièges : (2x)′=x1 et non 2x1 (le 2 se simplifie) ; et le carré du dénominateur vaut (2x)2=4x, pas 2x.
2.a. Quand x→0 (avec x>0), x→0, donc par composition ex→e0=1. Le dénominateur 2x tend vers 0 en restant strictement positif. Par quotient, une limite 1 divisée par 0+ donne x→0limf(x)=+∞.
Ce n'est pas une forme indéterminée : le numérateur ne tend pas vers 0. Le signe du dénominateur décide du signe de l'infini, d'où l'importance de préciser « par valeurs positives ».
2.b. Une limite infinie en un réel a se traduit par une asymptote verticale : la courbe Cf admet la droite d'équation x=0, c'est-à-dire l'axe des ordonnées, pour asymptote verticale. Près de l'axe des ordonnées, la courbe monte indéfiniment.
Erreur fréquente : parler d'asymptote « d'équation y=0 » (horizontale) ; c'est une limite FINIE en l'infini qui donne une asymptote horizontale.
3.a. En +∞, numérateur et dénominateur tendent tous deux vers +∞ : forme indéterminée. On pose X=x ; quand x→+∞, X→+∞, et f(x)=2XeX=21×XeX.
Par croissance comparée, X→+∞limXeX=+∞, donc par composition x→+∞limf(x)=+∞. Le piège est de conclure « +∞+∞=1 » ou de s'arrêter sur la forme indéterminée : il faut nommer le théorème de croissance comparée, l'exponentielle l'emporte sur toute puissance.
3.b. Signe de la dérivée, d'après 1.b. Sur ]0;+∞[, ex>0 et 4xx>0 : f′(x) a le signe de x−1. La fonction racine carrée étant strictement croissante, x−1<0⟺x<1⟺x<1, et x−1=0⟺x=1.
Donc f′(x)<0 sur ]0;1[, f′(1)=0 et f′(x)>0 sur ]1;+∞[ : f est strictement décroissante sur ]0;1] et strictement croissante sur [1;+∞[. Elle admet un minimum en x=1 : f(1)=2×1e1=2e≈1,36.
Tableau de variations. Ligne x : 0, 1, +∞. Ligne f′(x) : − sur ]0;1[, 0 en 1, + sur ]1;+∞[. Ligne f : de +∞ (limite en 0, double barre sous 0 puisque f n'y est pas définie) une flèche descend jusqu'au minimum 2e en 1, puis une flèche monte jusqu'à +∞.
Piège : écrire la valeur exacte 2e dans le tableau, et non seulement 1,36. Et ne pas mettre de valeur en 0, qui est exclu de l'ensemble de définition.
3.c. Méthode : corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (cas strictement monotone), sur [1;+∞[. On vérifie ses trois hypothèses : f est continue sur [1;+∞[, car dérivable ; elle y est strictement croissante (3.b) ; et 2 est compris entre f(1)=2e≈1,36 et x→+∞limf(x)=+∞.
L'équation f(x)=2 admet donc une unique solution α dans [1;+∞[. À la calculatrice (tableau de valeurs, pas 0,1) : f(4,6)≈1,991<2 et f(4,7)≈2,016>2, donc 4,6<α<4,7 ; c'est un encadrement à 10−1 près. Pour l'arrondi : f(4,65)≈2,003>2, donc α<4,65 et α≈4,6 (plus précisément α≈4,64).
Pourquoi l'intervalle [1;+∞[ : sur ]0;1], f décroît de +∞ à 2e et prend donc AUSSI la valeur 2, une fois, vers x≈0,13. Sur ]0;+∞[ entier, l'équation a deux solutions ; l'unicité n'est vraie que sur un intervalle où f est strictement monotone. Erreur fréquente : oublier de citer la stricte monotonie, sans laquelle le théorème donne l'existence mais pas l'unicité.
4.a. D'après 1.a, g est une primitive de f sur ]0;+∞[, qui contient [1;2]. Par le théorème fondamental de l'analyse : I=∫12f(x)dx=g(2)−g(1)=e2−e1=e2−e.
Valeur approchée : e2≈4,113 et e≈2,718, donc I≈1,39. C'est la question qui justifie la 1.a : sans elle, trouver une primitive de f demande de reconnaître la forme u′eu.
4.b. Sur [1;2], f est continue et strictement positive (quotient de deux nombres strictement positifs). L'intégrale I est donc l'aire, en unités d'aire, du domaine compris entre la courbe Cf, l'axe des abscisses et les droites d'équations x=1 et x=2 : environ 1,39 unité d'aire.
Vérification : f est croissante sur [1;2], de f(1)≈1,359 à f(2)=22e2≈1,454 ; le domaine a pour largeur 1, son aire est donc comprise entre 1,359 et 1,454, et 1,39 est bien dans cet encadrement. Piège : l'interprétation en aire exige le signe de f, qu'il faut écrire.
5.a. On pose X=x, avec X>0 ; alors x=X2 et x−3x+3=X2−3X+3. C'est un trinôme du second degré en X, de discriminant Δ=(−3)2−4×1×3=9−12=−3<0.
Un trinôme de discriminant strictement négatif n'a pas de racine réelle et garde le signe de son coefficient dominant, ici 1>0 : X2−3X+3>0 pour tout réel X, en particulier pour X=x avec x>0. Donc x−3x+3>0 sur ]0;+∞[.
Variante par la forme canonique : X2−3X+3=(X−23)2+43⩾43>0. Piège : étudier le signe de x−3x+3 sans changement de variable, ce qui n'est pas un polynôme en x.
5.b. Méthode : f est convexe sur un intervalle où f′′⩾0. Dans f′′(x)=8x2xex(x−3x+3), sur ]0;+∞[ : ex>0, x−3x+3>0 d'après 5.a, et 8x2x>0.
Donc f′′(x)>0 pour tout x∈]0;+∞[ : la fonction f est convexe sur ]0;+∞[, et Cf n'a aucun point d'inflexion. Graphiquement, la courbe est au-dessus de chacune de ses tangentes.
Cohérence avec 3.b : f′ est croissante (puisque f′′>0) et passe de valeurs négatives à des valeurs positives en x=1, ce qui est exactement le profil « décroissante puis croissante » trouvé. Erreur fréquente : conclure à la convexité seulement là où f est croissante ; convexité et sens de variation sont deux questions différentes.
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