Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2025 corrigées à Montréal

Bac 2025 de spécialité maths, Métropole jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2025 : Métropole, jour 1

Épreuve du mardi 17 juin 2025 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2025 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2025, centre Métropole, jour 1 : mardi 17 juin 2025, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants notés sur 20 points, 5, 6, 4 et 5 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, figures comprises, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 porte sur les probabilités conditionnelles (arbre pondéré à quatre branches, formule des probabilités totales) avec les groupes sanguins et les donneurs universels, puis sur la loi binomiale, la moyenne de variables aléatoires indépendantes et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. L'exercice 2 étudie une fonction avec logarithme népérien : lectures graphiques de nombre dérivé et de convexité, limite, dérivée seconde, point d'inflexion, position d'une courbe par rapport à sa tangente, intégration par parties et aire entre une courbe et une droite. L'exercice 3 est un vrai ou faux de géométrie dans l'espace : représentation paramétrique d'une droite, vecteur normal à un plan, droites coplanaires, distance d'un point à un plan par le projeté orthogonal. L'exercice 4 modélise l'extension d'une algue, la posidonie, d'abord par une suite récurrente un+1=h(un)u_{n+1}=h(u_{n}) (raisonnement par récurrence, théorème de convergence monotone, algorithme de seuil en Python), puis par une équation différentielle logistique résolue par le changement de fonction g=1fg=\dfrac{1}{f}.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : la demi-largeur 0,140{,}14 et l'arrondi à l'entier supérieur dans l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev de l'exercice 1, qui donnent N=6 766N=6\,766 ; le vecteur de l'affirmation 2 de l'exercice 3, orthogonal à OA→\overrightarrow{\mathrm{OA}} mais pas à OB→\overrightarrow{\mathrm{OB}} ; et le renversement de l'inégalité quand on divise par −0,3-0{,}3 dans la dernière question de l'exercice 4.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : groupes sanguins et donneurs universels, loi binomiale et Bienaymé-Tchebychev

5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration

On compte quatre groupes sanguins dans l'espèce humaine : A, B, AB et O.

Chaque groupe sanguin peut présenter un facteur rhésus. Lorsqu'il est présent, on dit que le rhésus est positif, sinon on dit qu'il est négatif.

Au sein de la population française, on sait que :
• 45 %45\,\% des individus appartiennent au groupe A, et parmi eux 85 %85\,\% sont de rhésus positif ;
• 10 %10\,\% des individus appartiennent au groupe B, et parmi eux 84 %84\,\% sont de rhésus positif ;
• 3 %3\,\% des individus appartiennent au groupe AB, et parmi eux 82 %82\,\% sont de rhésus positif.

On choisit au hasard une personne dans la population française.

On désigne par :
• AA l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin A » ;
• BB l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin B » ;
• ABAB l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin AB » ;
• OO l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin O » ;
• RR l'évènement « La personne choisie a un facteur rhésus positif ».

Pour un évènement quelconque EE, on note E‾\overline{E} l'évènement contraire de EE et p(E)p(E) la probabilité de EE.

  • Arbre pondéré à deux niveaux. La racine mène à quatre nœuds A, B, AB et O, chaque branche portant des pointillés. Chacun de ces nœuds mène à R et à R barre. Les branches issues de A, de B et de AB portent des pointillés ; les deux branches issues de O n'en portent pas. Il y a dix pointillés en tout.
  • 1. Recopier l'arbre ci-contre en complétant les dix pointillés.
  • 2. Montrer que p(B∩R)=0,084p(B\cap R)=0{,}084. Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
  • 3. On précise que p(R)=0,8397p(R)=0{,}8397.
    Montrer que pO(R)=0,83p_{O}(R)=0{,}83.
  • 4. On dit qu'un individu est « donneur universel » lorsque son sang peut être transfusé à toute personne sans risque d'incompatibilité.
    Le groupe O de rhésus négatif est le seul vérifiant cette caractéristique.
    Montrer que la probabilité qu'un individu choisi au hasard dans la population française soit donneur universel est de 0,07140{,}0714.
  • 5. Lors d'une collecte de sang, on choisit un échantillon de 100100 personnes dans la population d'une ville française. Cette population est suffisamment grande pour assimiler ce choix à un tirage avec remise. On note XX la variable aléatoire qui à chaque échantillon de 100100 personnes associe le nombre de donneurs universels dans cet échantillon.
  • 5.a. Justifier que XX suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
  • 5.b. Déterminer à 10−310^{-3} près la probabilité qu'il y ait au plus 7 donneurs universels dans cet échantillon.
  • 5.c. Montrer que l'espérance E(X)E(X) de la variable aléatoire XX est égale à 7,147{,}14 et que sa variance V(X)V(X) est égale à 6,636{,}63 à 10−210^{-2} près.
  • 6. Lors de la semaine nationale du don du sang, une collecte de sang est organisée dans NN villes françaises choisies au hasard numérotées 1, 2, 3, ..., NN où NN est un entier naturel non nul.
  • On considère la variable aléatoire X1X_{1} qui à chaque échantillon de 100 personnes de la ville 1 associe le nombre de donneurs universels dans cet échantillon.
  • On définit de la même manière les variables aléatoires X2X_{2} pour la ville 2, ..., XNX_{N} pour la ville NN.
  • On suppose que ces variables aléatoires sont indépendantes et qu'elles admettent la même espérance égale à 7,147{,}14 et la même variance égale à 6,636{,}63.
  • On considère la variable aléatoire MN=X1+X2+…+XNNM_{N}=\dfrac{X_{1}+X_{2}+\ldots+X_{N}}{N}.
  • 6.a. Que représente la variable aléatoire MNM_{N} dans le contexte de l'exercice ?
  • 6.b. Calculer l'espérance E(MN)E(M_{N}).
  • 6.c. On désigne par V(MN)V(M_{N}) la variance de la variable aléatoire MNM_{N}.
    Montrer que V(MN)=6,63NV(M_{N})=\dfrac{6{,}63}{N}.
  • 6.d. Déterminer la plus petite valeur de NN pour laquelle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet d'affirmer que : P(7<MN<7,28)⩾0,95P(7<M_{N}<7{,}28)\geqslant 0{,}95.

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Réponses

  • 1 p(A)=0,45p(A)=0{,}45, p(B)=0,10p(B)=0{,}10, p(AB)=0,03p(AB)=0{,}03, p(O)=0,42p(O)=0{,}42 ; pA(R)=0,85p_{A}(R)=0{,}85, pA(R‾)=0,15p_{A}(\overline{R})=0{,}15 ; pB(R)=0,84p_{B}(R)=0{,}84, pB(R‾)=0,16p_{B}(\overline{R})=0{,}16 ; pAB(R)=0,82p_{AB}(R)=0{,}82, pAB(R‾)=0,18p_{AB}(\overline{R})=0{,}18
  • 2 p(B∩R)=0,10×0,84=0,084p(B\cap R)=0{,}10\times 0{,}84=0{,}084 : 8,4 %8{,}4\,\% des Français sont de groupe B et de rhésus positif
  • 3 p(O∩R)=0,8397−0,4911=0,3486p(O\cap R)=0{,}8397-0{,}4911=0{,}3486, donc pO(R)=0,34860,42=0,83p_{O}(R)=\dfrac{0{,}3486}{0{,}42}=0{,}83
  • 4 p(O∩R‾)=0,42×0,17=0,0714p(O\cap\overline{R})=0{,}42\times 0{,}17=0{,}0714
  • 5.a XX suit la loi binomiale B(100 ;0,0714)\mathcal{B}(100\,;0{,}0714)
  • 5.b P(X⩽7)≈0,577P(X\leqslant 7)\approx 0{,}577
  • 5.c E(X)=100×0,0714=7,14E(X)=100\times 0{,}0714=7{,}14 ; V(X)=100×0,0714×0,9286≈6,63V(X)=100\times 0{,}0714\times 0{,}9286\approx 6{,}63
  • 6.a MNM_{N} est le nombre moyen de donneurs universels par échantillon de 100 personnes, sur les NN villes
  • 6.b E(MN)=7,14E(M_{N})=7{,}14
  • 6.c V(MN)=1N2×N×6,63=6,63NV(M_{N})=\dfrac{1}{N^{2}}\times N\times 6{,}63=\dfrac{6{,}63}{N} (variables indépendantes)
  • 6.d N=6 766N=6\,766 : il faut 6,630,142N⩽0,05\dfrac{6{,}63}{0{,}14^{2}N}\leqslant 0{,}05, soit N⩾6 765,3N\geqslant 6\,765{,}3

1. Le premier niveau de l'arbre porte les quatre groupes sanguins, qui forment une partition de la population : chaque personne appartient à un groupe et un seul. L'énoncé donne p(A)=0,45p(A)=0{,}45, p(B)=0,10p(B)=0{,}10 et p(AB)=0,03p(AB)=0{,}03 ; la probabilité du groupe O s'en déduit, puisque les quatre probabilités ont pour somme 11 : p(O)=1−(0,45+0,10+0,03)=1−0,58=0,42p(O)=1-(0{,}45+0{,}10+0{,}03)=1-0{,}58=0{,}42.

Le second niveau porte des probabilités CONDITIONNELLES : « parmi eux 85 %85\,\% sont de rhésus positif » se rapporte aux seuls individus du groupe A, donc pA(R)=0,85p_{A}(R)=0{,}85 et, par l'évènement contraire, pA(R‾)=1−0,85=0,15p_{A}(\overline{R})=1-0{,}85=0{,}15. De même pB(R)=0,84p_{B}(R)=0{,}84, pB(R‾)=0,16p_{B}(\overline{R})=0{,}16, puis pAB(R)=0,82p_{AB}(R)=0{,}82, pAB(R‾)=0,18p_{AB}(\overline{R})=0{,}18.

Les dix pointillés sont donc : 0,450{,}45 ; 0,100{,}10 ; 0,030{,}03 ; 0,420{,}42 sur le premier niveau, puis 0,850{,}85 et 0,150{,}15 après AA, 0,840{,}84 et 0,160{,}16 après BB, 0,820{,}82 et 0,180{,}18 après ABAB. Les deux branches issues de OO ne portent pas de pointillés dans l'énoncé : leur valeur est l'objet de la question 3. L'arbre complet, avec les probabilités des chemins, figure en fin de corrigé.

Contrôle : les branches issues d'un même nœud ont pour somme 11. Erreur fréquente : oublier que p(O)p(O) n'est pas donnée et laisser le pointillé vide, alors que c'est la seule valeur du premier niveau qu'il faut CALCULER.

2. Probabilité d'une intersection, lue sur le chemin BB puis RR (formule des probabilités composées) : p(B∩R)=p(B)×pB(R)=0,10×0,84=0,084p(B\cap R)=p(B)\times p_{B}(R)=0{,}10\times 0{,}84=0{,}084.

Interprétation : 8,4 %8{,}4\,\% de la population française est à la fois de groupe sanguin B ET de rhésus positif. Il faut nommer la population de référence, toute la population : dire « 8,4 %8{,}4\,\% des personnes du groupe B sont de rhésus positif » serait faux, cette proportion-là vaut 84 %84\,\%.

3. Méthode : formule des probabilités totales avec la partition {A ;B ;AB ;O}\{A\,;B\,;AB\,;O\}, puis définition d'une probabilité conditionnelle. On a p(R)=p(A∩R)+p(B∩R)+p(AB∩R)+p(O∩R)p(R)=p(A\cap R)+p(B\cap R)+p(AB\cap R)+p(O\cap R).

Les trois premiers termes se lisent sur l'arbre : p(A∩R)=0,45×0,85=0,3825p(A\cap R)=0{,}45\times 0{,}85=0{,}3825, p(B∩R)=0,084p(B\cap R)=0{,}084 (question 2) et p(AB∩R)=0,03×0,82=0,0246p(AB\cap R)=0{,}03\times 0{,}82=0{,}0246. Leur somme vaut 0,3825+0,084+0,0246=0,49110{,}3825+0{,}084+0{,}0246=0{,}4911. Donc p(O∩R)=0,8397−0,4911=0,3486p(O\cap R)=0{,}8397-0{,}4911=0{,}3486.

Puis pO(R)=p(O∩R)p(O)=0,34860,42=0,83p_{O}(R)=\dfrac{p(O\cap R)}{p(O)}=\dfrac{0{,}3486}{0{,}42}=0{,}83. Vérification : 0,42×0,83=0,34860{,}42\times 0{,}83=0{,}3486, c'est bien la valeur trouvée. On complète ainsi l'arbre : pO(R)=0,83p_{O}(R)=0{,}83 et pO(R‾)=0,17p_{O}(\overline{R})=0{,}17.

Le piège : diviser par p(R)p(R) au lieu de p(O)p(O). Le dénominateur est toujours la probabilité de l'évènement QUI CONDITIONNE, celui qu'on sait réalisé, ici « être du groupe O ».

4. Être donneur universel, c'est être du groupe O ET de rhésus négatif : on cherche p(O∩R‾)p(O\cap\overline{R}). Sur le chemin OO puis R‾\overline{R} : p(O∩R‾)=p(O)×pO(R‾)=0,42×(1−0,83)=0,42×0,17=0,0714p(O\cap\overline{R})=p(O)\times p_{O}(\overline{R})=0{,}42\times(1-0{,}83)=0{,}42\times 0{,}17=0{,}0714.

Vérification par une autre voie : p(O∩R‾)=p(O)−p(O∩R)=0,42−0,3486=0,0714p(O\cap\overline{R})=p(O)-p(O\cap R)=0{,}42-0{,}3486=0{,}0714. Environ 7 %7\,\% de la population est donneur universel. Erreur fréquente : prendre pO(R)=0,83p_{O}(R)=0{,}83 au lieu de son complément, alors que le donneur universel est de rhésus NÉGATIF.

5.a. On répète 100100 fois, de façon identique et indépendante (le choix est assimilé à un tirage avec remise), l'épreuve de Bernoulli « choisir une personne », dont le succès « la personne est donneur universel » a pour probabilité 0,07140{,}0714 (question 4). XX compte le nombre de succès : XX suit la loi binomiale de paramètres n=100n=100 et p=0,0714p=0{,}0714.

La rédaction attendue nomme les trois ingrédients : l'épreuve de Bernoulli et son succès, la répétition identique et indépendante, la variable qui compte les succès. Sans l'argument du tirage avec remise, l'indépendance n'est pas justifiée.

5.b. « Au plus 7 donneurs universels » s'écrit X⩽7X\leqslant 7. La calculatrice (fonction de répartition de la loi binomiale, souvent appelée binomFRep ou Binomial CD) donne P(X⩽7)=∑k=07(100k)0,0714k×0,9286100−k≈0,577P(X\leqslant 7)=\displaystyle\sum_{k=0}^{7}\binom{100}{k}0{,}0714^{k}\times 0{,}9286^{100-k}\approx 0{,}577 à 10−310^{-3} près.

Cohérence : l'espérance de XX vaut 7,147{,}14 (question suivante), et la probabilité d'être au plus à la valeur moyenne est proche de un demi, un peu au-dessus. Pièges : calculer P(X=7)≈0,154P(X=7)\approx 0{,}154 au lieu de la probabilité cumulée, ou P(X<7)=P(X⩽6)≈0,423P(X<7)=P(X\leqslant 6)\approx 0{,}423, qui oublie la valeur 77 que « au plus » inclut.

5.c. Pour une loi binomiale B(n ;p)\mathcal{B}(n\,;p), E(X)=npE(X)=np et V(X)=np(1−p)V(X)=np(1-p). Ici E(X)=100×0,0714=7,14E(X)=100\times 0{,}0714=7{,}14 et V(X)=100×0,0714×(1−0,0714)=7,14×0,9286=6,630 204V(X)=100\times 0{,}0714\times(1-0{,}0714)=7{,}14\times 0{,}9286=6{,}630\,204, soit V(X)≈6,63V(X)\approx 6{,}63 à 10−210^{-2} près.

Interprétation de l'espérance : sur un grand nombre d'échantillons de 100100 personnes, on compte en moyenne 7,147{,}14 donneurs universels par échantillon. Erreur fréquente : écrire V(X)=np2V(X)=np^{2} ou oublier le facteur 1−p1-p.

6.a. X1+X2+…+XNX_{1}+X_{2}+\ldots+X_{N} est le nombre total de donneurs universels dans les NN échantillons de 100100 personnes, un par ville. En divisant par NN, MNM_{N} est le nombre MOYEN de donneurs universels par échantillon de 100100 personnes, calculé sur les NN villes de la collecte.

La réponse doit dire « moyen » et « par échantillon de 100 personnes » : MNM_{N} n'est ni un nombre total de donneurs, ni une proportion.

6.b. Par linéarité de l'espérance, vraie sans hypothèse d'indépendance : E(MN)=1N(E(X1)+E(X2)+⋯+E(XN))=1N×N×7,14=7,14E(M_{N})=\dfrac{1}{N}\left(E(X_{1})+E(X_{2})+\cdots+E(X_{N})\right)=\dfrac{1}{N}\times N\times 7{,}14=7{,}14.

Le nombre moyen de donneurs universels par échantillon a la même espérance qu'un échantillon seul : moyenner ne déplace pas le centre, il réduit la dispersion (question suivante).

6.c. D'abord V(aY)=a2V(Y)V(aY)=a^{2}V(Y), avec a=1Na=\dfrac{1}{N} : V(MN)=1N2V(X1+X2+⋯+XN)V(M_{N})=\dfrac{1}{N^{2}}V(X_{1}+X_{2}+\cdots+X_{N}). Ensuite, les variables X1X_{1}, ..., XNX_{N} étant INDÉPENDANTES, la variance de leur somme est la somme de leurs variances : V(X1+⋯+XN)=N×6,63V(X_{1}+\cdots+X_{N})=N\times 6{,}63.

Donc V(MN)=N×6,63N2=6,63NV(M_{N})=\dfrac{N\times 6{,}63}{N^{2}}=\dfrac{6{,}63}{N}. Les deux pièges : sortir 1N\dfrac{1}{N} sans l'élever au carré, ce qui donnerait V(MN)=6,63V(M_{N})=6{,}63 quel que soit NN ; et additionner les variances sans citer l'indépendance, seule raison qui le permet.

6.d. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à MNM_{N} d'espérance 7,147{,}14 et de variance 6,63N\dfrac{6{,}63}{N}, s'écrit pour tout réel δ>0\delta>0 : P(∣MN−7,14∣⩾δ)⩽V(MN)δ2P\left(\left|M_{N}-7{,}14\right|\geqslant\delta\right)\leqslant\dfrac{V(M_{N})}{\delta^{2}}.

L'intervalle ]7 ;7,28[]7\,;7{,}28[ est centré en 7,147{,}14, de demi-largeur 0,140{,}14 : 7<MN<7,28  ⟺  ∣MN−7,14∣<0,147<M_{N}<7{,}28\iff\left|M_{N}-7{,}14\right|<0{,}14. Avec δ=0,14\delta=0{,}14 : P(∣MN−7,14∣⩾0,14)⩽6,630,142 N=6,630,0196 NP\left(\left|M_{N}-7{,}14\right|\geqslant 0{,}14\right)\leqslant\dfrac{6{,}63}{0{,}14^{2}\,N}=\dfrac{6{,}63}{0{,}0196\,N}.

Par passage à l'évènement contraire, ce qui renverse l'inégalité : P(7<MN<7,28)⩾1−6,630,0196 NP(7<M_{N}<7{,}28)\geqslant 1-\dfrac{6{,}63}{0{,}0196\,N}. L'inégalité permet donc d'affirmer P(7<MN<7,28)⩾0,95P(7<M_{N}<7{,}28)\geqslant 0{,}95 dès que 1−6,630,0196 N⩾0,951-\dfrac{6{,}63}{0{,}0196\,N}\geqslant 0{,}95, c'est-à-dire 6,630,0196 N⩽0,05\dfrac{6{,}63}{0{,}0196\,N}\leqslant 0{,}05, soit N⩾6,630,0196×0,05=6,630,000 98≈6 765,3N\geqslant\dfrac{6{,}63}{0{,}0196\times 0{,}05}=\dfrac{6{,}63}{0{,}000\,98}\approx 6\,765{,}3.

NN étant entier, la plus petite valeur qui convient est N=6 766N=6\,766. Vérification aux bords : pour N=6 766N=6\,766, 1−6,630,0196×6 766≈0,950 005⩾0,951-\dfrac{6{,}63}{0{,}0196\times 6\,766}\approx 0{,}950\,005\geqslant 0{,}95 ; pour N=6 765N=6\,765, on obtient ≈0,949 998<0,95\approx 0{,}949\,998<0{,}95.

Ce nombre est énorme, bien plus que le nombre de villes qui organisent une collecte : l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est une majoration grossière, et la question demande le seuil à partir duquel CETTE inégalité garantit le résultat, pas le nombre de villes réellement nécessaire. Pièges : prendre la largeur 0,280{,}28 au lieu de la demi-largeur 0,140{,}14 ; oublier le carré de δ\delta ; arrondir 6 765,36\,765{,}3 à 6 7656\,765 au lieu de l'entier supérieur.

A0,45R0,850,3825non R0,150,0675B0,10R0,840,084non R0,160,016AB0,03R0,820,0246non R0,180,0054O0,42R0,830,3486non R0,170,0714

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Exercice 2 : Fonction logarithme : lectures graphiques, convexité et aire entre une courbe et sa tangente

6 points Exponentielle et logarithmeLa convexitéPrimitives et intégrationLimites et continuité

On considère une fonction ff définie sur l'intervalle ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. On admet qu'elle est deux fois dérivable sur l'intervalle ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. On note f′f' sa fonction dérivée et f′′f'' sa fonction dérivée seconde.

Dans un repère orthogonal, on a tracé ci-dessous :
• la courbe représentative de ff, notée Cf\mathcal{C}_{f} sur l'intervalle ]0 ;3]]0\,;3] ;
• la droite TAT_{\mathrm{A}}, tangente à Cf\mathcal{C}_{f} au point A(1 ;2)\mathrm{A}(1\,;2) ;
• la droite TBT_{\mathrm{B}} tangente à Cf\mathcal{C}_{f} au point B(e ;e)\mathrm{B}(\mathrm{e}\,;\mathrm{e}).

On précise par ailleurs que la tangente TAT_{\mathrm{A}} passe par le point C(3 ;0)\mathrm{C}(3\,;0).

Repère orthogonal : abscisses de 0 à 3 graduées de 0,2 en 0,2, ordonnées de -1 à 3 graduées de 1 en 1, avec e marqué sur chaque axe. La courbe C_f, en rouge, part d'un point proche de l'origine, monte très vite jusqu'à un maximum un peu au-dessus de 2,5 pour x voisin de 0,37, redescend jusqu'au point A(1 ; 2), atteint un minimum voisin de 1,65 pour x voisin de 1,65, puis remonte en passant par B(e ; e). La tangente T_A descend de (0 ; 3) à C(3 ; 0) en passant par A. La tangente T_B passe par B et coupe la droite x = 1 sous l'axe des abscisses, vers -0,7. Le domaine compris entre la courbe et T_B, pour x allant de 1 à e, est hachuré en bleu.
  • Partie A : Lectures graphiques
  • On répondra aux questions suivantes en les justifiant à l'aide du graphique.
  • A.1. Déterminer le nombre dérivé f′(1)f'(1).
  • A.2. Combien de solutions l'équation f′(x)=0f'(x)=0 admet-elle dans l'intervalle ]0 ;3]]0\,;3] ?
  • A.3. Quel est le signe de f′′(0,2)f''(0{,}2) ?
  • Partie B : étude de la fonction ff
  • On admet dans cette partie que la fonction ff est définie sur l'intervalle ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par f(x)=x[2(ln⁡x)2−3ln⁡x+2]f(x)=x\left[2(\ln x)^{2}-3\ln x+2\right] où ln désigne la fonction logarithme népérien.
  • B.1. Résoudre dans R\mathbb{R} l'équation 2X2−3X+2=02X^{2}-3X+2=0.
    En déduire que Cf\mathcal{C}_{f} ne coupe pas l'axe des abscisses.
  • B.2. Déterminer, en justifiant, la limite de ff en +∞+\infty.
    On admettra que la limite de ff en 0 est égale à 0.
  • 3. On admet que pour tout xx appartenant à ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, f′(x)=2(ln⁡x)2+ln⁡x−1f'(x)=2(\ln x)^{2}+\ln x-1.
  • B.3.a. Montrer que pour tout xx appartenant à ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, f′′(x)=1x(4ln⁡x+1)f''(x)=\dfrac{1}{x}(4\ln x+1).
  • B.3.b. Étudier la convexité de la fonction ff sur l'intervalle ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ et préciser la valeur exacte de l'abscisse du point d'inflexion.
  • B.3.c. Montrer que la courbe Cf\mathcal{C}_{f} est au-dessus de la tangente TBT_{\mathrm{B}} sur l'intervalle ]1 ;+∞[]1\,;+\infty[.
  • Partie C : Calcul d'aire
  • C.1. Justifier que la tangente TBT_{\mathrm{B}} a pour équation réduite y=2x−ey=2x-\mathrm{e}.
  • C.2. À l'aide d'une intégration par parties, montrer que ∫1exln⁡x dx=e2+14\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}x\ln x\,\mathrm{d}x=\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}.
  • C.3. On note A\mathcal{A} l'aire du domaine hachuré sur la figure, délimité par la courbe Cf\mathcal{C}_{f}, la tangente TBT_{\mathrm{B}}, et les droites d'équation x=1x=1 et x=ex=\mathrm{e}.
    On admet que ∫1ex(ln⁡x)2 dx=e2−14\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}x(\ln x)^{2}\,\mathrm{d}x=\dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4}.
    En déduire la valeur exacte de A\mathcal{A} en unité d'aire.

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A.1
A.2
A.3
B.1
B.2
B.3.b
C.1
C.3
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Réponses

  • A.1 f′(1)=−1f'(1)=-1, coefficient directeur de TAT_{\mathrm{A}} passant par A(1 ;2)\mathrm{A}(1\,;2) et C(3 ;0)\mathrm{C}(3\,;0)
  • A.2 Deux solutions : les abscisses du maximum local (vers 0,370{,}37) et du minimum local (vers 1,651{,}65)
  • A.3 f′′(0,2)<0f''(0{,}2)<0 : la courbe est concave autour de x=0,2x=0{,}2
  • B.1 Δ=−7<0\Delta=-7<0 : aucune solution réelle ; 2X2−3X+2>02X^{2}-3X+2>0 et x>0x>0, donc f(x)>0f(x)>0 pour tout x>0x>0
  • B.2 lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x)=+\infty
  • B.3.a f′′(x)=2×2ln⁡x×1x+1x=1x(4ln⁡x+1)f''(x)=2\times 2\ln x\times\dfrac{1}{x}+\dfrac{1}{x}=\dfrac{1}{x}(4\ln x+1)
  • B.3.b ff concave sur ]0 ;e−1/4]\left]0\,;\mathrm{e}^{-1/4}\right], convexe sur [e−1/4 ;+∞[\left[\mathrm{e}^{-1/4}\,;+\infty\right[ ; point d'inflexion d'abscisse e−1/4≈0,779\mathrm{e}^{-1/4}\approx 0{,}779
  • B.3.c ff convexe sur ]1 ;+∞[⊂[e−1/4 ;+∞[]1\,;+\infty[\subset\left[\mathrm{e}^{-1/4}\,;+\infty\right[ : la courbe est au-dessus de ses tangentes, dont TBT_{\mathrm{B}} (e>1\mathrm{e}>1)
  • C.1 f(e)=ef(\mathrm{e})=\mathrm{e}, f′(e)=2f'(\mathrm{e})=2 : y=2(x−e)+e=2x−ey=2(x-\mathrm{e})+\mathrm{e}=2x-\mathrm{e}
  • C.2 [x22ln⁡x]1e−∫1ex2 dx=e22−e2−14=e2+14\left[\dfrac{x^{2}}{2}\ln x\right]_{1}^{\mathrm{e}}-\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}\dfrac{x}{2}\,\mathrm{d}x=\dfrac{\mathrm{e}^{2}}{2}-\dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4}=\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}
  • C.3 A=3e2−4e−54≈1,574\mathcal{A}=\dfrac{3\mathrm{e}^{2}-4\mathrm{e}-5}{4}\approx 1{,}574 unité d'aire

A.1. Le nombre dérivé f′(1)f'(1) est le coefficient directeur de la tangente à Cf\mathcal{C}_{f} au point d'abscisse 11, c'est-à-dire de TAT_{\mathrm{A}}. Cette droite passe par A(1 ;2)\mathrm{A}(1\,;2) et par C(3 ;0)\mathrm{C}(3\,;0) : f′(1)=yC−yAxC−xA=0−23−1=−1f'(1)=\dfrac{y_{\mathrm{C}}-y_{\mathrm{A}}}{x_{\mathrm{C}}-x_{\mathrm{A}}}=\dfrac{0-2}{3-1}=-1.

Vérification sur le graphique : TAT_{\mathrm{A}} coupe l'axe des ordonnées en 33, et descend d'une unité quand on avance d'une unité. Piège : lire f(1)=2f(1)=2, l'ordonnée du point, au lieu de la pente de la tangente.

A.2. f′(x)=0f'(x)=0 exactement aux points où la tangente à la courbe est horizontale. Sur ]0 ;3]]0\,;3], la courbe monte jusqu'à un maximum local (abscisse voisine de 0,370{,}37), descend jusqu'à un minimum local (abscisse voisine de 1,651{,}65), puis remonte : la tangente est horizontale en ces deux sommets et nulle part ailleurs. L'équation f′(x)=0f'(x)=0 admet donc deux solutions dans ]0 ;3]]0\,;3].

La partie B le confirme : f′(x)=2(ln⁡x)2+ln⁡x−1=(2ln⁡x−1)(ln⁡x+1)f'(x)=2(\ln x)^{2}+\ln x-1=(2\ln x-1)(\ln x+1) s'annule pour ln⁡x=−1\ln x=-1 et ln⁡x=12\ln x=\dfrac{1}{2}, soit x=e−1≈0,368x=\mathrm{e}^{-1}\approx 0{,}368 et x=e≈1,649x=\sqrt{\mathrm{e}}\approx 1{,}649, deux nombres de ]0 ;3]]0\,;3]. Erreur fréquente : ne compter que le minimum, plus visible, et oublier le maximum tout près de l'axe des ordonnées.

A.3. Le signe de f′′f'' donne la convexité : f′′⩽0f''\leqslant 0 sur un intervalle où ff est concave, c'est-à-dire où la courbe est en dessous de ses tangentes. Autour de x=0,2x=0{,}2, la courbe monte en s'infléchissant vers le bas (elle est très raide près de 00, puis sa pente diminue jusqu'à s'annuler au maximum) : elle est en dessous de ses tangentes, f′f' y est décroissante.

Donc f′′(0,2)<0f''(0{,}2)<0. La partie B le vérifie : f′′(0,2)=4ln⁡0,2+10,2≈−27,2f''(0{,}2)=\dfrac{4\ln 0{,}2+1}{0{,}2}\approx -27{,}2. Piège : confondre le signe de f′′f'' avec celui de f′f' ; en x=0,2x=0{,}2 la fonction est croissante (f′>0f'>0) mais concave (f′′<0f''<0).

B.1. Équation du second degré : Δ=(−3)2−4×2×2=9−16=−7<0\Delta=(-3)^{2}-4\times 2\times 2=9-16=-7<0. L'équation 2X2−3X+2=02X^{2}-3X+2=0 n'a aucune solution réelle.

Conséquence sur le signe : un trinôme de discriminant strictement négatif est du signe de son coefficient a=2>0a=2>0, donc 2X2−3X+2>02X^{2}-3X+2>0 pour tout réel XX. En prenant X=ln⁡xX=\ln x, on obtient 2(ln⁡x)2−3ln⁡x+2>02(\ln x)^{2}-3\ln x+2>0 pour tout x>0x>0. Comme de plus x>0x>0, le produit f(x)=x[2(ln⁡x)2−3ln⁡x+2]f(x)=x\left[2(\ln x)^{2}-3\ln x+2\right] est strictement positif : ff ne s'annule jamais, et Cf\mathcal{C}_{f} ne coupe pas l'axe des abscisses (elle est même strictement au-dessus).

Le changement de variable X=ln⁡xX=\ln x est le cœur de la question : il fait de l'expression entre crochets un trinôme. L'absence de racine seule ne suffit pas, il faut aussi le SIGNE du trinôme et celui du facteur xx pour conclure que le produit n'est jamais nul.

B.2. On a lim⁡x→+∞ln⁡x=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\ln x=+\infty. Les deux premiers termes du crochet donnent une forme indéterminée « +∞−∞+\infty-\infty » ; on factorise par le terme dominant : pour X≠0X\neq 0, 2X2−3X+2=X2(2−3X+2X2)2X^{2}-3X+2=X^{2}\left(2-\dfrac{3}{X}+\dfrac{2}{X^{2}}\right), qui tend vers +∞+\infty quand X→+∞X\to+\infty (produit de X2→+∞X^{2}\to+\infty par une quantité qui tend vers 22).

Par composition avec X=ln⁡x→+∞X=\ln x\to+\infty : lim⁡x→+∞[2(ln⁡x)2−3ln⁡x+2]=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}\left[2(\ln x)^{2}-3\ln x+2\right]=+\infty. Enfin lim⁡x→+∞x=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}x=+\infty, et par produit lim⁡x→+∞f(x)=+∞\displaystyle\lim_{x\to+\infty}f(x)=+\infty. Cohérent avec le graphique, où la courbe remonte franchement après B\mathrm{B}.

B.3.a. On dérive f′(x)=2(ln⁡x)2+ln⁡x−1f'(x)=2(\ln x)^{2}+\ln x-1. Le terme (ln⁡x)2(\ln x)^{2} est de la forme u2u^{2} avec u=ln⁡xu=\ln x, de dérivée 2u′u=2×1x×ln⁡x2u'u=2\times\dfrac{1}{x}\times\ln x. Donc, pour tout x>0x>0 : f′′(x)=2×2ln⁡xx+1x=4ln⁡xx+1x=1x(4ln⁡x+1)f''(x)=2\times\dfrac{2\ln x}{x}+\dfrac{1}{x}=\dfrac{4\ln x}{x}+\dfrac{1}{x}=\dfrac{1}{x}(4\ln x+1).

Erreur fréquente : dériver (ln⁡x)2(\ln x)^{2} en 2x\dfrac{2}{x} ou en 2ln⁡x2\ln x, en oubliant l'une des deux parties de la formule (u2)′=2u′u(u^{2})'=2u'u.

B.3.b. Pour x>0x>0, 1x>0\dfrac{1}{x}>0, donc f′′(x)f''(x) a le signe de 4ln⁡x+14\ln x+1. Par croissance stricte de la fonction exponentielle : 4ln⁡x+1⩾0  ⟺  ln⁡x⩾−14  ⟺  x⩾e−1/44\ln x+1\geqslant 0\iff\ln x\geqslant-\dfrac{1}{4}\iff x\geqslant\mathrm{e}^{-1/4}.

Ainsi f′′(x)<0f''(x)<0 sur ]0 ;e−1/4[\left]0\,;\mathrm{e}^{-1/4}\right[ et f′′(x)>0f''(x)>0 sur ]e−1/4 ;+∞[\left]\mathrm{e}^{-1/4}\,;+\infty\right[ : ff est concave sur ]0 ;e−1/4]\left]0\,;\mathrm{e}^{-1/4}\right] et convexe sur [e−1/4 ;+∞[\left[\mathrm{e}^{-1/4}\,;+\infty\right[. La dérivée seconde s'annule en changeant de signe en e−1/4\mathrm{e}^{-1/4} : la courbe admet un point d'inflexion, d'abscisse exacte e−1/4=1e4≈0,779\mathrm{e}^{-1/4}=\dfrac{1}{\sqrt[4]{\mathrm{e}}}\approx 0{,}779.

Cohérence : 0,2<e−1/40{,}2<\mathrm{e}^{-1/4}, donc f′′(0,2)<0f''(0{,}2)<0, comme lu en A.3 ; et sur le graphique, la courbe change de courbure entre son maximum et le point A\mathrm{A}. Piège : donner −14-\dfrac{1}{4}, qui est la valeur de ln⁡x\ln x et non celle de xx, ou une valeur décimale alors que l'énoncé demande la valeur EXACTE.

B.3.c. Propriété du cours : si une fonction est convexe sur un intervalle II, sa courbe est au-dessus de chacune de ses tangentes en un point de II, sur tout l'intervalle II.

Or e−1/4<1\mathrm{e}^{-1/4}<1 (car −14<0-\dfrac{1}{4}<0), donc ]1 ;+∞[⊂[e−1/4 ;+∞[]1\,;+\infty[\subset\left[\mathrm{e}^{-1/4}\,;+\infty\right[ : ff est convexe sur ]1 ;+∞[]1\,;+\infty[. Le point B\mathrm{B} a pour abscisse e\mathrm{e}, qui appartient à ]1 ;+∞[]1\,;+\infty[. La courbe Cf\mathcal{C}_{f} est donc au-dessus de sa tangente TBT_{\mathrm{B}} sur ]1 ;+∞[]1\,;+\infty[, avec contact au seul point B\mathrm{B}.

Les deux vérifications que le correcteur attend : la convexité sur TOUT l'intervalle (d'où l'inclusion), et l'appartenance du point de contact à cet intervalle. Sur ]0 ;e−1/4]\left]0\,;\mathrm{e}^{-1/4}\right], où ff est concave, l'argument ne vaudrait plus.

C.1. La tangente en B\mathrm{B}, point d'abscisse e\mathrm{e}, a pour équation y=f′(e)(x−e)+f(e)y=f'(\mathrm{e})(x-\mathrm{e})+f(\mathrm{e}). Avec ln⁡e=1\ln\mathrm{e}=1 : f(e)=e (2−3+2)=ef(\mathrm{e})=\mathrm{e}\,(2-3+2)=\mathrm{e}, ce qui confirme B(e ;e)\mathrm{B}(\mathrm{e}\,;\mathrm{e}), et f′(e)=2×12+1−1=2f'(\mathrm{e})=2\times 1^{2}+1-1=2.

D'où y=2(x−e)+e=2x−2e+e=2x−ey=2(x-\mathrm{e})+\mathrm{e}=2x-2\mathrm{e}+\mathrm{e}=2x-\mathrm{e}. Vérification sur le graphique : pour x=1x=1, y=2−e≈−0,72y=2-\mathrm{e}\approx-0{,}72, c'est bien là que TBT_{\mathrm{B}} coupe la droite d'équation x=1x=1, au bas du domaine hachuré.

C.2. Intégration par parties, avec des fonctions dérivables à dérivées continues sur [1 ;e][1\,;\mathrm{e}] : u(x)=ln⁡xu(x)=\ln x, u′(x)=1xu'(x)=\dfrac{1}{x} ; v′(x)=xv'(x)=x, v(x)=x22v(x)=\dfrac{x^{2}}{2}. On dérive le logarithme, qui devient une fraction rationnelle simple, et l'on intègre xx.

∫1exln⁡x dx=[x22ln⁡x]1e−∫1ex22×1x dx=e22×1−12×0−∫1ex2 dx\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}x\ln x\,\mathrm{d}x=\left[\dfrac{x^{2}}{2}\ln x\right]_{1}^{\mathrm{e}}-\int_{1}^{\mathrm{e}}\dfrac{x^{2}}{2}\times\dfrac{1}{x}\,\mathrm{d}x=\dfrac{\mathrm{e}^{2}}{2}\times 1-\dfrac{1}{2}\times 0-\int_{1}^{\mathrm{e}}\dfrac{x}{2}\,\mathrm{d}x.

Et ∫1ex2 dx=[x24]1e=e2−14\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}\dfrac{x}{2}\,\mathrm{d}x=\left[\dfrac{x^{2}}{4}\right]_{1}^{\mathrm{e}}=\dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4}. Donc ∫1exln⁡x dx=2e24−e2−14=e2+14≈2,097\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}x\ln x\,\mathrm{d}x=\dfrac{2\mathrm{e}^{2}}{4}-\dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4}=\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}\approx 2{,}097.

Vérification par dérivation : F(x)=x22ln⁡x−x24F(x)=\dfrac{x^{2}}{2}\ln x-\dfrac{x^{2}}{4} a pour dérivée xln⁡x+x2−x2=xln⁡xx\ln x+\dfrac{x}{2}-\dfrac{x}{2}=x\ln x. Piège : choisir u=xu=x et v′=ln⁡xv'=\ln x, qui oblige à connaître une primitive de ln⁡\ln et fait monter la difficulté au lieu de la faire baisser.

C.3. Sur ]1 ;e]]1\,;\mathrm{e}], la courbe est au-dessus de TBT_{\mathrm{B}} (question B.3.c), et en x=1x=1 aussi : f(1)=2>2−ef(1)=2>2-\mathrm{e}. L'aire du domaine compris entre la courbe (en haut), la tangente (en bas) et les droites x=1x=1 et x=ex=\mathrm{e} est donc l'intégrale de la différence : A=∫1e[f(x)−(2x−e)]dx\mathcal{A}=\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}\left[f(x)-(2x-\mathrm{e})\right]\mathrm{d}x.

On développe : f(x)=2x(ln⁡x)2−3xln⁡x+2xf(x)=2x(\ln x)^{2}-3x\ln x+2x, donc f(x)−(2x−e)=2x(ln⁡x)2−3xln⁡x+ef(x)-(2x-\mathrm{e})=2x(\ln x)^{2}-3x\ln x+\mathrm{e}, les termes en 2x2x s'éliminant. Par linéarité de l'intégrale : A=2∫1ex(ln⁡x)2 dx−3∫1exln⁡x dx+∫1ee dx\mathcal{A}=2\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}x(\ln x)^{2}\,\mathrm{d}x-3\int_{1}^{\mathrm{e}}x\ln x\,\mathrm{d}x+\int_{1}^{\mathrm{e}}\mathrm{e}\,\mathrm{d}x.

Avec l'intégrale admise, celle de C.2 et ∫1ee dx=e(e−1)=e2−e\displaystyle\int_{1}^{\mathrm{e}}\mathrm{e}\,\mathrm{d}x=\mathrm{e}(\mathrm{e}-1)=\mathrm{e}^{2}-\mathrm{e} : A=2×e2−14−3×e2+14+e2−e=2e2−2−3e2−3+4e2−4e4=3e2−4e−54\mathcal{A}=2\times\dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4}-3\times\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}+\mathrm{e}^{2}-\mathrm{e}=\dfrac{2\mathrm{e}^{2}-2-3\mathrm{e}^{2}-3+4\mathrm{e}^{2}-4\mathrm{e}}{4}=\dfrac{3\mathrm{e}^{2}-4\mathrm{e}-5}{4} unité d'aire, soit environ 1,5741{,}574 u.a.

Vérification : ff étant convexe sur [1 ;e][1\,;\mathrm{e}], la courbe est sous la corde [AB][\mathrm{AB}], donc le domaine est contenu dans le triangle de sommets A(1 ;2)\mathrm{A}(1\,;2), (1 ;2−e)(1\,;2-\mathrm{e}) et B(e ;e)\mathrm{B}(\mathrm{e}\,;\mathrm{e}), d'aire 12×e×(e−1)≈2,34\dfrac{1}{2}\times\mathrm{e}\times(\mathrm{e}-1)\approx 2{,}34 : la valeur 1,5741{,}574 est bien plus petite, et du bon ordre de grandeur. Pièges : intégrer la tangente moins la courbe, ce qui donne une aire négative ; oublier le terme constant e\mathrm{e}, qui vient de −(2x−e)-(2x-\mathrm{e}) ; ou mal distribuer le signe moins devant 3×e2+143\times\dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4}.

Exercice 3 : Vrai ou faux : géométrie dans l'espace, droites, vecteur normal et distance à un plan

4 points Géométrie dans l'espace

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

On munit l'espace d'un repère orthonormé (O ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{O}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right).

  • 1. On considère les points A(−1 ;0 ;5)\mathrm{A}(-1\,;0\,;5) et B(3 ;2 ;−1)\mathrm{B}(3\,;2\,;-1).
  • Affirmation 1. Une représentation paramétrique de la droite (AB)(\mathrm{AB}) est {x=3−2ty=2−tz=−1+3t\begin{cases}x=3-2t\\y=2-t\\z=-1+3t\end{cases} avec t∈Rt\in\mathbb{R}.
  • Affirmation 2. Le vecteur n⃗(5−21)\vec{n}\begin{pmatrix}5\\-2\\1\end{pmatrix} est normal au plan (OAB)(\mathrm{OAB}).
  • 2. On considère :
    • la droite dd de représentation paramétrique {x=15+ky=8−kz=−6+2k\begin{cases}x=15+k\\y=8-k\\z=-6+2k\end{cases} avec k∈Rk\in\mathbb{R} ;
    • la droite d′d' de représentation paramétrique {x=1+4sy=2+4sz=1−6s\begin{cases}x=1+4s\\y=2+4s\\z=1-6s\end{cases} avec s∈Rs\in\mathbb{R}.
  • Affirmation 3. Les droites dd et d′d' ne sont pas coplanaires.
  • 3. On considère le plan P\mathcal{P} d'équation x−y+z+1=0x-y+z+1=0.
  • Affirmation 4. La distance du point C(2 ;−1 ;2)\mathrm{C}(2\,;-1\,;2) au plan P\mathcal{P} est égale à 232\sqrt{3}.

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Affirmation 1
Affirmation 2
Affirmation 3
Affirmation 4
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Réponses

  • Affirmation 1 Vrai : la droite passe par B\mathrm{B} (t=0t=0) et par A\mathrm{A} (t=2t=2), vecteur directeur (−2 ;−1 ;3)(-2\,;-1\,;3) colinéaire à AB→(4 ;2 ;−6)\overrightarrow{\mathrm{AB}}(4\,;2\,;-6)
  • Affirmation 2 Faux : n⃗⋅OA→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{OA}}=0 mais n⃗⋅OB→=10≠0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{OB}}=10\neq 0
  • Affirmation 3 Faux : dd et d′d' sont sécantes en (11 ;12 ;−14)(11\,;12\,;-14), donc coplanaires
  • Affirmation 4 Vrai : le projeté orthogonal de C\mathrm{C} sur P\mathcal{P} est H(0 ;1 ;0)\mathrm{H}(0\,;1\,;0) et CH=12=23\mathrm{CH}=\sqrt{12}=2\sqrt{3}

Affirmation 1. Méthode : un système est une représentation paramétrique de (AB)(\mathrm{AB}) s'il décrit une droite qui passe par un point de (AB)(\mathrm{AB}) et dont le vecteur directeur est colinéaire à AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}}.

Le système proposé décrit la droite passant par le point de paramètre t=0t=0, soit (3 ;2 ;−1)(3\,;2\,;-1), c'est-à-dire B\mathrm{B}, et dirigée par u⃗(−2−13)\vec{u}\begin{pmatrix}-2\\-1\\3\end{pmatrix}, lu sur les coefficients de tt. Or AB→(3−(−1)2−0−1−5)=(42−6)=−2u⃗\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix}3-(-1)\\2-0\\-1-5\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}4\\2\\-6\end{pmatrix}=-2\vec{u} : les deux vecteurs sont colinéaires.

La droite proposée passe par B\mathrm{B} et a la direction de (AB)(\mathrm{AB}) : c'est la droite (AB)(\mathrm{AB}). Contrôle direct : t=2t=2 donne (3−4 ;2−2 ;−1+6)=(−1 ;0 ;5)(3-4\,;2-2\,;-1+6)=(-1\,;0\,;5), c'est le point A\mathrm{A}. L'affirmation 1 est VRAIE.

Le piège : s'attendre à voir les coordonnées de A\mathrm{A} et celles de AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} dans le système. Une droite a une infinité de représentations paramétriques ; le point de départ peut être B\mathrm{B} et le vecteur directeur n'importe quel multiple non nul de AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}}.

Affirmation 2. Méthode : un vecteur non nul est normal à un plan s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan. Les vecteurs OA→(−105)\overrightarrow{\mathrm{OA}}\begin{pmatrix}-1\\0\\5\end{pmatrix} et OB→(32−1)\overrightarrow{\mathrm{OB}}\begin{pmatrix}3\\2\\-1\end{pmatrix} ne sont pas colinéaires (si OB→=λOA→\overrightarrow{\mathrm{OB}}=\lambda\overrightarrow{\mathrm{OA}}, la deuxième coordonnée donnerait 2=λ×02=\lambda\times 0, impossible) :les points O\mathrm{O}, A\mathrm{A}, B\mathrm{B} définissent bien un plan.

Produits scalaires dans le repère orthonormé : n⃗⋅OA→=5×(−1)+(−2)×0+1×5=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{OA}}=5\times(-1)+(-2)\times 0+1\times 5=0, mais n⃗⋅OB→=5×3+(−2)×2+1×(−1)=15−4−1=10≠0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{OB}}=5\times 3+(-2)\times 2+1\times(-1)=15-4-1=10\neq 0. Le vecteur n⃗\vec{n} n'est pas orthogonal à OB→\overrightarrow{\mathrm{OB}}, vecteur du plan (OAB)(\mathrm{OAB}) : il n'est pas normal à ce plan. L'affirmation 2 est FAUSSE.

Pour aller plus loin : un vecteur (abc)\begin{pmatrix}a\\b\\c\end{pmatrix} est normal au plan si −a+5c=0-a+5c=0 et 3a+2b−c=03a+2b-c=0, soit a=5ca=5c et b=−7cb=-7c ; avec c=1c=1, le vecteur (5−71)\begin{pmatrix}5\\-7\\1\end{pmatrix} convient. Le n⃗\vec{n} de l'énoncé est un piège construit exprès : il passe le premier test. S'arrêter à n⃗⋅OA→=0\vec{n}\cdot\overrightarrow{\mathrm{OA}}=0 conduit à répondre « vrai ».

Affirmation 3. Méthode : deux droites sont coplanaires si et seulement si elles sont parallèles ou sécantes. Vecteurs directeurs : u⃗(1−12)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\-1\\2\end{pmatrix} pour dd, v⃗(44−6)\vec{v}\begin{pmatrix}4\\4\\-6\end{pmatrix} pour d′d'. Si v⃗=λu⃗\vec{v}=\lambda\vec{u}, la première coordonnée imposerait λ=4\lambda=4 et la deuxième λ=−4\lambda=-4 : les vecteurs ne sont pas colinéaires, les droites ne sont pas parallèles. Reste à savoir si elles se coupent.

Un point commun correspond à un couple (k ;s)(k\,;s) tel que 15+k=1+4s15+k=1+4s, 8−k=2+4s8-k=2+4s et −6+2k=1−6s-6+2k=1-6s. En additionnant les deux premières équations : 23=3+8s23=3+8s, d'où s=52s=\dfrac{5}{2}, puis k=1+4×52−15=−4k=1+4\times\dfrac{5}{2}-15=-4. On VÉRIFIE la troisième : −6+2×(−4)=−14-6+2\times(-4)=-14 et 1−6×52=−141-6\times\dfrac{5}{2}=-14. Elle est satisfaite.

Les droites dd et d′d' sont donc sécantes, au point de coordonnées (15−4 ;8+4 ;−14)=(11 ;12 ;−14)(15-4\,;8+4\,;-14)=(11\,;12\,;-14), que l'on retrouve avec s=52s=\dfrac{5}{2} dans d′d' : (1+10 ;2+10 ;1−15)(1+10\,;2+10\,;1-15). Deux droites sécantes sont contenues dans un même plan : dd et d′d' sont coplanaires, et l'affirmation 3 est FAUSSE.

Pièges : conclure « non coplanaires » dès que les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires, alors que deux droites non parallèles peuvent se couper ; utiliser la même lettre pour les deux paramètres ; résoudre avec deux équations seulement et oublier de vérifier la troisième, qui est justement celle qui distingue sécantes et non coplanaires.

Affirmation 4. Méthode : la distance d'un point C\mathrm{C} à un plan P\mathcal{P} est la distance CH\mathrm{CH}, où H\mathrm{H} est le projeté orthogonal de C\mathrm{C} sur P\mathcal{P}. On trouve H\mathrm{H} comme intersection de P\mathcal{P} avec la droite Δ\Delta passant par C\mathrm{C} et dirigée par un vecteur normal de P\mathcal{P}.

Un vecteur normal de P\mathcal{P} se lit sur son équation : n⃗′(1−11)\vec{n}'\begin{pmatrix}1\\-1\\1\end{pmatrix}. La droite Δ\Delta a pour représentation paramétrique x=2+tx=2+t, y=−1−ty=-1-t, z=2+tz=2+t, t∈Rt\in\mathbb{R}. En reportant dans l'équation de P\mathcal{P} : (2+t)−(−1−t)+(2+t)+1=0(2+t)-(-1-t)+(2+t)+1=0, soit 6+3t=06+3t=0, t=−2t=-2. D'où H(0 ;1 ;0)\mathrm{H}(0\,;1\,;0), et l'on vérifie que 0−1+0+1=00-1+0+1=0 : H∈P\mathrm{H}\in\mathcal{P}.

Enfin CH→(−22−2)\overrightarrow{\mathrm{CH}}\begin{pmatrix}-2\\2\\-2\end{pmatrix} et CH=(−2)2+22+(−2)2=12=23≈3,46\mathrm{CH}=\sqrt{(-2)^{2}+2^{2}+(-2)^{2}}=\sqrt{12}=2\sqrt{3}\approx 3{,}46. L'affirmation 4 est VRAIE.

Vérification : la formule ∣axC+byC+czC+d∣a2+b2+c2=∣2+1+2+1∣3=63=23\dfrac{\left|ax_{\mathrm{C}}+by_{\mathrm{C}}+cz_{\mathrm{C}}+d\right|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}+c^{2}}}=\dfrac{|2+1+2+1|}{\sqrt{3}}=\dfrac{6}{\sqrt{3}}=2\sqrt{3} donne le même résultat ; elle n'est pas au programme de Terminale, on peut s'en servir pour contrôler, pas comme seule justification. Piège : prendre pour H\mathrm{H} un point quelconque du plan, CH\mathrm{CH} n'est la distance que si CH→\overrightarrow{\mathrm{CH}} est normal au plan.

Exercice 4 : Suites et équation différentielle : la posidonie, un modèle discret puis un modèle continu

5 points Suites et récurrenceLes équations différentiellesExponentielle et logarithmeLimites et continuité

Une équipe de biologistes étudie l'évolution de la superficie recouverte par une algue marine appelée posidonie, sur le fond de la baie de l'Alycastre, près de l'île de Porquerolles.

La zone étudiée est d'une superficie totale de 20 hectares (ha), et au premier juillet 2024, la posidonie recouvrait 1 ha de cette zone.

  • Partie A : étude d'un modèle discret
  • Pour tout entier naturel nn, on note unu_{n} la superficie de la zone, en hectare, recouverte par la posidonie au premier juillet de l'année 2024+n2024+n. Ainsi, u0=1u_{0}=1.
  • Une étude conduite sur cette superficie a permis d'établir que pour tout entier naturel nn : un+1=−0,02un2+1,3unu_{n+1}=-0{,}02u_{n}^{2}+1{,}3u_{n}.
  • A.1. Calculer la superficie que devrait recouvrir la posidonie au premier juillet 2025 d'après ce modèle.
  • 2. On note hh la fonction définie sur [0 ;20][0\,;20] par h(x)=−0,02x2+1,3xh(x)=-0{,}02x^{2}+1{,}3x. On admet que hh est croissante sur [0 ;20][0\,;20].
  • A.2.a. Démontrer que pour tout entier naturel nn, 1⩽un⩽un+1⩽201\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 20.
  • A.2.b. En déduire que la suite (un)(u_{n}) converge. On note LL sa limite.
  • A.2.c. Justifier que L=15L=15.
  • 3. Les biologistes souhaitent savoir au bout de combien de temps la surface recouverte par la posidonie dépassera les 14 hectares.
  • A.3.a. Sans aucun calcul, justifier que, d'après ce modèle, cela se produira.
  • Programme Python encadré de sept lignes : def seuil(): ; n=0 ; u= 1 ; while suivi de pointillés et de deux-points ; n= suivi de pointillés ; u= suivi de pointillés ; return n. Les lignes n= et u= sont indentées dans la boucle.
  • A.3.b. Recopier et compléter l'algorithme suivant pour qu'en fin d'exécution, il affiche la réponse à la question des biologistes.
  • Partie B : étude d'un modèle continu
  • On souhaite décrire la superficie de la zone étudiée recouverte par la posidonie au cours du temps avec un modèle continu.
  • Dans ce modèle, pour une durée tt, en année, écoulée à partir du premier juillet 2024, la superficie de la zone étudiée recouverte par la posidonie est donnée par f(t)f(t), où ff est une fonction définie sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ vérifiant :
    • f(0)=1f(0)=1 ;
    • ff ne s'annule pas sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ ;
    • ff est dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ ;
    • ff est solution sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ de l'équation différentielle (E1) :y′=0,02y(15−y)(E_{1})\,:\quad y'=0{,}02y(15-y).
  • On admet qu'une telle fonction ff existe ; le but de cette partie est d'en déterminer une expression.
  • On note f′f' la fonction dérivée de ff.
  • B.1. Soit gg la fonction définie sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par g(t)=1f(t)g(t)=\dfrac{1}{f(t)}.
    Montrer que gg est solution de l'équation différentielle (E2) :y′=−0,3y+0,02(E_{2})\,:\quad y'=-0{,}3y+0{,}02.
  • B.2. Donner les solutions de l'équation différentielle (E2)(E_{2}).
  • B.3. En déduire que pour tout t∈[0 ;+∞[t\in[0\,;+\infty[ : f(t)=1514e−0,3t+1f(t)=\dfrac{15}{14\mathrm{e}^{-0{,}3t}+1}.
  • B.4. Déterminer la limite de ff en +∞+\infty.
  • B.5. Résoudre dans l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ l'inéquation f(t)>14f(t)>14. Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

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A.1
A.3.b
B.2
B.3
B.4
B.5
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Réponses

  • A.1 u1=−0,02+1,3=1,28u_{1}=-0{,}02+1{,}3=1{,}28 : 1,281{,}28 ha au premier juillet 2025
  • A.2.a Récurrence : 1⩽1⩽1,28⩽201\leqslant 1\leqslant 1{,}28\leqslant 20, puis hh croissante sur [0 ;20][0\,;20] donne 1,28⩽un+1⩽un+2⩽181{,}28\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 18
  • A.2.b (un)(u_{n}) croissante et majorée par 2020 : convergente (théorème de convergence monotone)
  • A.2.c L=h(L)L=h(L) (hh continue) donne L=0L=0 ou L=15L=15 ; L⩾1L\geqslant 1, donc L=15L=15
  • A.3.a (un)(u_{n}) tend vers 15>1415>14 : à partir d'un certain rang, un∈ ]14 ;16[u_{n}\in\,]14\,;16[
  • A.3.b while u <= 14 : ; n=n+1 ; u=-0.02*u**2+1.3*u (la fonction renvoie 1818)
  • B.1 g′=−f′f2=−0,02(15−f)f=−0,3f+0,02=−0,3g+0,02g'=-\dfrac{f'}{f^{2}}=-\dfrac{0{,}02(15-f)}{f}=-\dfrac{0{,}3}{f}+0{,}02=-0{,}3g+0{,}02
  • B.2 t↦Ke−0,3t+115t\mapsto K\mathrm{e}^{-0{,}3t}+\dfrac{1}{15}, K∈RK\in\mathbb{R}
  • B.3 g(0)=1g(0)=1 donne K=1415K=\dfrac{14}{15}, d'où g(t)=14e−0,3t+115g(t)=\dfrac{14\mathrm{e}^{-0{,}3t}+1}{15} et f(t)=1514e−0,3t+1f(t)=\dfrac{15}{14\mathrm{e}^{-0{,}3t}+1}
  • B.4 lim⁡t→+∞f(t)=15\displaystyle\lim_{t\to+\infty}f(t)=15
  • B.5 t>ln⁡1960,3=20ln⁡143≈17,59t>\dfrac{\ln 196}{0{,}3}=\dfrac{20\ln 14}{3}\approx 17{,}59 : plus de 14 ha à partir d'environ 17,6 ans, au début de l'année 2042

A.1. Le premier juillet 2025 correspond à n=1n=1 (2024+12024+1). Par la relation de récurrence : u1=−0,02u02+1,3u0=−0,02×12+1,3×1=−0,02+1,3=1,28u_{1}=-0{,}02u_{0}^{2}+1{,}3u_{0}=-0{,}02\times 1^{2}+1{,}3\times 1=-0{,}02+1{,}3=1{,}28.

D'après ce modèle, la posidonie devrait recouvrir 1,281{,}28 hectare au premier juillet 2025, soit une progression de 28 %28\,\% en un an. Erreur fréquente : calculer u2025u_{2025} ou confondre le rang nn avec l'année.

A.2.a. Raisonnement par récurrence. Pour tout entier naturel nn, on note P(n)\mathcal{P}(n) la propriété : « 1⩽un⩽un+1⩽201\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 20 ».

Initialisation : u0=1u_{0}=1 et u1=1,28u_{1}=1{,}28, donc 1⩽1⩽1,28⩽201\leqslant 1\leqslant 1{,}28\leqslant 20 : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité : soit nn un entier naturel tel que P(n)\mathcal{P}(n) soit vraie, c'est-à-dire 1⩽un⩽un+1⩽201\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 20. Les quatre nombres 11, unu_{n}, un+1u_{n+1} et 2020 sont dans [0 ;20][0\,;20], où hh est croissante : appliquer hh conserve l'ordre, et h(1)⩽h(un)⩽h(un+1)⩽h(20)h(1)\leqslant h(u_{n})\leqslant h(u_{n+1})\leqslant h(20). Or h(1)=1,28h(1)=1{,}28, h(un)=un+1h(u_{n})=u_{n+1}, h(un+1)=un+2h(u_{n+1})=u_{n+2} et h(20)=−0,02×400+1,3×20=−8+26=18h(20)=-0{,}02\times 400+1{,}3\times 20=-8+26=18. On obtient 1,28⩽un+1⩽un+2⩽181{,}28\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 18, et comme 1⩽1,281\leqslant 1{,}28 et 18⩽2018\leqslant 20 : 1⩽un+1⩽un+2⩽201\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n+2}\leqslant 20. P(n+1)\mathcal{P}(n+1) est vraie.

Conclusion : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie et la propriété est héréditaire ; par le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn, 1⩽un⩽un+1⩽201\leqslant u_{n}\leqslant u_{n+1}\leqslant 20.

Le point délicat de l'hérédité est l'usage de la croissance de hh : il faut dire que les nombres auxquels on applique hh sont dans [0 ;20][0\,;20], l'intervalle où l'énoncé l'admet. Erreur fréquente : écrire un+1⩽un+2u_{n+1}\leqslant u_{n+2} « car la suite est croissante », ce qui est précisément ce qu'on démontre.

A.2.b. D'après A.2.a, pour tout nn, un⩽un+1u_{n}\leqslant u_{n+1} : la suite (un)(u_{n}) est croissante ; et un⩽20u_{n}\leqslant 20 : elle est majorée par 2020. D'après le théorème de convergence monotone, une suite croissante et majorée converge : (un)(u_{n}) converge vers une limite LL, avec 1⩽L⩽201\leqslant L\leqslant 20 par passage à la limite dans les inégalités larges.

Piège : conclure que L=20L=20. Un majorant n'est pas forcément la limite ; la question suivante montre que la limite est 1515.

A.2.c. Pour tout nn, un+1=h(un)u_{n+1}=h(u_{n}), avec un∈[1 ;20]u_{n}\in[1\,;20]. La fonction hh est continue sur [0 ;20][0\,;20] (c'est une fonction polynôme) et L∈[1 ;20]L\in[1\,;20] : en passant à la limite des deux côtés, lim⁡n→+∞un+1=L\displaystyle\lim_{n\to+\infty}u_{n+1}=L et lim⁡n→+∞h(un)=h(L)\displaystyle\lim_{n\to+\infty}h(u_{n})=h(L), donc L=h(L)L=h(L).

On résout : −0,02L2+1,3L=L  ⟺  −0,02L2+0,3L=0  ⟺  L(0,3−0,02L)=0  ⟺  L=0-0{,}02L^{2}+1{,}3L=L\iff -0{,}02L^{2}+0{,}3L=0\iff L(0{,}3-0{,}02L)=0\iff L=0 ou L=0,30,02=15L=\dfrac{0{,}3}{0{,}02}=15. Comme un⩾1u_{n}\geqslant 1 pour tout nn, L⩾1L\geqslant 1 : la valeur 00 est exclue, et L=15L=15.

Vérification : h(15)=−0,02×225+1,3×15=−4,5+19,5=15h(15)=-0{,}02\times 225+1{,}3\times 15=-4{,}5+19{,}5=15. Interprétation : à long terme, la posidonie se stabiliserait sur 1515 des 2020 hectares de la zone. Les deux points que le correcteur attend : la continuité de hh, qui autorise le passage à la limite, et l'élimination argumentée de la solution 00.

A.3.a. La suite (un)(u_{n}) est croissante et converge vers 1515, et 15>1415>14. Par définition de la limite, l'intervalle ouvert ]14 ;16[]14\,;16[, qui contient 1515, contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang : il existe donc un rang nn à partir duquel un>14u_{n}>14. D'après ce modèle, la surface recouverte dépassera bien les 1414 hectares.

La croissance garantit en outre qu'une fois le seuil franchi, la surface ne repasse plus sous 1414 hectares. Piège : invoquer seulement la croissance ; une suite croissante majorée par 1414 ne dépasserait jamais 1414, c'est la valeur de la limite qui décide.

A.3.b. L'algorithme calcule les termes successifs et compte les années tant que le seuil n'est pas dépassé. Ligne while : on continue TANT QUE la surface ne dépasse pas 1414 hectares, soit while u <= 14 :. Dans la boucle : n=n+1 pour passer à l'année suivante, et u=-0.02*u**2+1.3*u pour calculer le terme suivant. Le programme complété figure en fin de corrigé.

Ici l'ordre des deux lignes de la boucle n'a pas d'importance, la relation de récurrence ne dépendant pas de nn. Exécuté, le programme renvoie 1818 : u17≈13,79⩽14u_{17}\approx 13{,}79\leqslant 14 et u18≈14,12>14u_{18}\approx 14{,}12>14. La posidonie dépasse les 1414 hectares au premier juillet 2024+18=20422024+18=2042.

Pièges : écrire la condition d'ARRÊT (while u > 14 :) au lieu de la condition de poursuite, ce qui ne ferait jamais tourner la boucle puisque u0=1u_{0}=1 ; ou répondre « 17 », dernier rang où la surface reste sous le seuil.

B.1. La fonction ff est dérivable et ne s'annule pas sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, donc g=1fg=\dfrac{1}{f} est dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, avec g′=−f′f2g'=-\dfrac{f'}{f^{2}} (dérivée de l'inverse).

Comme ff est solution de (E1)(E_{1}), f′=0,02f(15−f)f'=0{,}02f(15-f). Donc, pour tout t⩾0t\geqslant 0 : g′(t)=−0,02f(t)(15−f(t))f(t)2=−0,02(15−f(t))f(t)=−0,3f(t)+0,02g'(t)=-\dfrac{0{,}02f(t)\left(15-f(t)\right)}{f(t)^{2}}=-\dfrac{0{,}02\left(15-f(t)\right)}{f(t)}=-\dfrac{0{,}3}{f(t)}+0{,}02.

Et 1f(t)=g(t)\dfrac{1}{f(t)}=g(t) : g′(t)=−0,3g(t)+0,02g'(t)=-0{,}3g(t)+0{,}02. La fonction gg est donc solution de (E2)(E_{2}). L'hypothèse « ff ne s'annule pas » sert deux fois : pour définir gg et pour simplifier par f(t)f(t). Piège : oublier le signe moins de la dérivée de 1f\dfrac{1}{f}.

B.2. L'équation (E2)(E_{2}) est de la forme y′=ay+by'=ay+b avec a=−0,3≠0a=-0{,}3\neq 0 et b=0,02b=0{,}02. Ses solutions sont les fonctions t↦Keat−bat\mapsto K\mathrm{e}^{at}-\dfrac{b}{a}, K∈RK\in\mathbb{R}. Ici −ba=0,020,3=115-\dfrac{b}{a}=\dfrac{0{,}02}{0{,}3}=\dfrac{1}{15}.

Les solutions de (E2)(E_{2}) sont les fonctions t↦Ke−0,3t+115t\mapsto K\mathrm{e}^{-0{,}3t}+\dfrac{1}{15}, où KK est un réel quelconque. Vérification de la solution constante : y=115y=\dfrac{1}{15} donne y′=0y'=0 et −0,3×115+0,02=−0,02+0,02=0-0{,}3\times\dfrac{1}{15}+0{,}02=-0{,}02+0{,}02=0.

B.3. D'après B.1, gg est une solution de (E2)(E_{2}) : il existe un réel KK tel que, pour tout t⩾0t\geqslant 0, g(t)=Ke−0,3t+115g(t)=K\mathrm{e}^{-0{,}3t}+\dfrac{1}{15}. La condition initiale le fixe : g(0)=1f(0)=1g(0)=\dfrac{1}{f(0)}=1, et g(0)=K+115g(0)=K+\dfrac{1}{15}, donc K=1−115=1415K=1-\dfrac{1}{15}=\dfrac{14}{15}.

D'où g(t)=1415e−0,3t+115=14e−0,3t+115g(t)=\dfrac{14}{15}\mathrm{e}^{-0{,}3t}+\dfrac{1}{15}=\dfrac{14\mathrm{e}^{-0{,}3t}+1}{15}, et, puisque f=1gf=\dfrac{1}{g} : f(t)=1514e−0,3t+1f(t)=\dfrac{15}{14\mathrm{e}^{-0{,}3t}+1} pour tout t∈[0 ;+∞[t\in[0\,;+\infty[. Contrôle : f(0)=1514+1=1f(0)=\dfrac{15}{14+1}=1. Piège : utiliser f(0)=1f(0)=1 directement comme valeur de g(0)g(0) ; ici les deux valent 11, mais c'est un hasard qu'il faut justifier par g(0)=1f(0)g(0)=\dfrac{1}{f(0)}.

B.4. Comme lim⁡t→+∞(−0,3t)=−∞\displaystyle\lim_{t\to+\infty}(-0{,}3t)=-\infty et lim⁡X→−∞eX=0\displaystyle\lim_{X\to-\infty}\mathrm{e}^{X}=0, par composition lim⁡t→+∞e−0,3t=0\displaystyle\lim_{t\to+\infty}\mathrm{e}^{-0{,}3t}=0. Le dénominateur 14e−0,3t+114\mathrm{e}^{-0{,}3t}+1 tend vers 11, et par quotient lim⁡t→+∞f(t)=151=15\displaystyle\lim_{t\to+\infty}f(t)=\dfrac{15}{1}=15.

Le modèle continu prévoit la même stabilisation à 1515 hectares que le modèle discret (question A.2.c). C'est aussi la valeur qui annule le second membre de (E1)(E_{1}) : quand y=15y=15, y′=0y'=0.

B.5. Pour t⩾0t\geqslant 0, le dénominateur 14e−0,3t+114\mathrm{e}^{-0{,}3t}+1 est strictement positif, et l'on peut multiplier par lui sans changer le sens de l'inégalité : f(t)>14  ⟺  15>14(14e−0,3t+1)  ⟺  15>196e−0,3t+14  ⟺  e−0,3t<1196f(t)>14\iff 15>14\left(14\mathrm{e}^{-0{,}3t}+1\right)\iff 15>196\mathrm{e}^{-0{,}3t}+14\iff\mathrm{e}^{-0{,}3t}<\dfrac{1}{196}.

La fonction ln⁡\ln étant strictement croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ : e−0,3t<1196  ⟺  −0,3t<−ln⁡196  ⟺  t>ln⁡1960,3\mathrm{e}^{-0{,}3t}<\dfrac{1}{196}\iff -0{,}3t<-\ln 196\iff t>\dfrac{\ln 196}{0{,}3}, en divisant par −0,3<0-0{,}3<0, ce qui RENVERSE l'inégalité. Comme 196=142196=14^{2}, ln⁡1960,3=2ln⁡140,3=20ln⁡143≈17,59\dfrac{\ln 196}{0{,}3}=\dfrac{2\ln 14}{0{,}3}=\dfrac{20\ln 14}{3}\approx 17{,}59. L'ensemble des solutions est ]20ln⁡143 ;+∞[\left]\dfrac{20\ln 14}{3}\,;+\infty\right[.

Interprétation : selon le modèle continu, la posidonie recouvre plus de 1414 hectares à partir d'environ 17,617{,}6 années après le premier juillet 2024, c'est-à-dire à partir du début de l'année 2042 (0,590{,}59 an représente un peu plus de sept mois). C'est cohérent avec le modèle discret, où le seuil est franchi entre le premier juillet 2041 (u17≈13,79u_{17}\approx 13{,}79) et le premier juillet 2042 (u18≈14,12u_{18}\approx 14{,}12).

Pièges : oublier de renverser l'inégalité en divisant par −0,3-0{,}3 ; écrire ln⁡1196=1ln⁡196\ln\dfrac{1}{196}=\dfrac{1}{\ln 196} au lieu de −ln⁡196-\ln 196 ; ou interpréter 17,5917{,}59 comme l'année 2041 en oubliant que tt compte les années à partir de juillet 2024.

python
def seuil():
  n=0
  u= 1
  while u <= 14 :
    n=n+1
    u=-0.02*u**2+1.3*u
  return n
Il manque quelque chose dans cette série ? Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/bac-2025-maths-metropole-j1. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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