Exercice 1 : Probabilités : groupes sanguins et donneurs universels, loi binomiale et Bienaymé-Tchebychev
5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
On compte quatre groupes sanguins dans l'espèce humaine : A, B, AB et O.
Chaque groupe sanguin peut présenter un facteur rhésus. Lorsqu'il est présent, on dit que le rhésus est positif, sinon on dit qu'il est négatif.
Au sein de la population française, on sait que :
• des individus appartiennent au groupe A, et parmi eux sont de rhésus positif ;
• des individus appartiennent au groupe B, et parmi eux sont de rhésus positif ;
• des individus appartiennent au groupe AB, et parmi eux sont de rhésus positif.
On choisit au hasard une personne dans la population française.
On désigne par :
• l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin A » ;
• l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin B » ;
• l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin AB » ;
• l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin O » ;
• l'évènement « La personne choisie a un facteur rhésus positif ».
Pour un évènement quelconque , on note l'évènement contraire de et la probabilité de .
- 1. Recopier l'arbre ci-contre en complétant les dix pointillés.
- 2. Montrer que . Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
- 3. On précise que .
Montrer que . - 4. On dit qu'un individu est « donneur universel » lorsque son sang peut être transfusé à toute personne sans risque d'incompatibilité.
Le groupe O de rhésus négatif est le seul vérifiant cette caractéristique.
Montrer que la probabilité qu'un individu choisi au hasard dans la population française soit donneur universel est de . - 5. Lors d'une collecte de sang, on choisit un échantillon de personnes dans la population d'une ville française. Cette population est suffisamment grande pour assimiler ce choix à un tirage avec remise. On note la variable aléatoire qui à chaque échantillon de personnes associe le nombre de donneurs universels dans cet échantillon.
- 5.a. Justifier que suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
- 5.b. Déterminer à près la probabilité qu'il y ait au plus 7 donneurs universels dans cet échantillon.
- 5.c. Montrer que l'espérance de la variable aléatoire est égale à et que sa variance est égale à à près.
- 6. Lors de la semaine nationale du don du sang, une collecte de sang est organisée dans villes françaises choisies au hasard numérotées 1, 2, 3, ..., où est un entier naturel non nul.
- On considère la variable aléatoire qui à chaque échantillon de 100 personnes de la ville 1 associe le nombre de donneurs universels dans cet échantillon.
- On définit de la même manière les variables aléatoires pour la ville 2, ..., pour la ville .
- On suppose que ces variables aléatoires sont indépendantes et qu'elles admettent la même espérance égale à et la même variance égale à .
- On considère la variable aléatoire .
- 6.a. Que représente la variable aléatoire dans le contexte de l'exercice ?
- 6.b. Calculer l'espérance .
- 6.c. On désigne par la variance de la variable aléatoire .
Montrer que . - 6.d. Déterminer la plus petite valeur de pour laquelle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet d'affirmer que : .
Voir la correction
Réponses
- 1 , , , ; , ; , ; ,
- 2 : des Français sont de groupe B et de rhésus positif
- 3 , donc
- 4
- 5.a suit la loi binomiale
- 5.b
- 5.c ;
- 6.a est le nombre moyen de donneurs universels par échantillon de 100 personnes, sur les villes
- 6.b
- 6.c (variables indépendantes)
- 6.d : il faut , soit
1. Le premier niveau de l'arbre porte les quatre groupes sanguins, qui forment une partition de la population : chaque personne appartient à un groupe et un seul. L'énoncé donne , et ; la probabilité du groupe O s'en déduit, puisque les quatre probabilités ont pour somme : .
Le second niveau porte des probabilités CONDITIONNELLES : « parmi eux sont de rhésus positif » se rapporte aux seuls individus du groupe A, donc et, par l'évènement contraire, . De même , , puis , .
Les dix pointillés sont donc : ; ; ; sur le premier niveau, puis et après , et après , et après . Les deux branches issues de ne portent pas de pointillés dans l'énoncé : leur valeur est l'objet de la question 3. L'arbre complet, avec les probabilités des chemins, figure en fin de corrigé.
Contrôle : les branches issues d'un même nœud ont pour somme . Erreur fréquente : oublier que n'est pas donnée et laisser le pointillé vide, alors que c'est la seule valeur du premier niveau qu'il faut CALCULER.
2. Probabilité d'une intersection, lue sur le chemin puis (formule des probabilités composées) : .
Interprétation : de la population française est à la fois de groupe sanguin B ET de rhésus positif. Il faut nommer la population de référence, toute la population : dire « des personnes du groupe B sont de rhésus positif » serait faux, cette proportion-là vaut .
3. Méthode : formule des probabilités totales avec la partition , puis définition d'une probabilité conditionnelle. On a .
Les trois premiers termes se lisent sur l'arbre : , (question 2) et . Leur somme vaut . Donc .
Puis . Vérification : , c'est bien la valeur trouvée. On complète ainsi l'arbre : et .
Le piège : diviser par au lieu de . Le dénominateur est toujours la probabilité de l'évènement QUI CONDITIONNE, celui qu'on sait réalisé, ici « être du groupe O ».
4. Être donneur universel, c'est être du groupe O ET de rhésus négatif : on cherche . Sur le chemin puis : .
Vérification par une autre voie : . Environ de la population est donneur universel. Erreur fréquente : prendre au lieu de son complément, alors que le donneur universel est de rhésus NÉGATIF.
5.a. On répète fois, de façon identique et indépendante (le choix est assimilé à un tirage avec remise), l'épreuve de Bernoulli « choisir une personne », dont le succès « la personne est donneur universel » a pour probabilité (question 4). compte le nombre de succès : suit la loi binomiale de paramètres et .
La rédaction attendue nomme les trois ingrédients : l'épreuve de Bernoulli et son succès, la répétition identique et indépendante, la variable qui compte les succès. Sans l'argument du tirage avec remise, l'indépendance n'est pas justifiée.
5.b. « Au plus 7 donneurs universels » s'écrit . La calculatrice (fonction de répartition de la loi binomiale, souvent appelée binomFRep ou Binomial CD) donne à près.
Cohérence : l'espérance de vaut (question suivante), et la probabilité d'être au plus à la valeur moyenne est proche de un demi, un peu au-dessus. Pièges : calculer au lieu de la probabilité cumulée, ou , qui oublie la valeur que « au plus » inclut.
5.c. Pour une loi binomiale , et . Ici et , soit à près.
Interprétation de l'espérance : sur un grand nombre d'échantillons de personnes, on compte en moyenne donneurs universels par échantillon. Erreur fréquente : écrire ou oublier le facteur .
6.a. est le nombre total de donneurs universels dans les échantillons de personnes, un par ville. En divisant par , est le nombre MOYEN de donneurs universels par échantillon de personnes, calculé sur les villes de la collecte.
La réponse doit dire « moyen » et « par échantillon de 100 personnes » : n'est ni un nombre total de donneurs, ni une proportion.
6.b. Par linéarité de l'espérance, vraie sans hypothèse d'indépendance : .
Le nombre moyen de donneurs universels par échantillon a la même espérance qu'un échantillon seul : moyenner ne déplace pas le centre, il réduit la dispersion (question suivante).
6.c. D'abord , avec : . Ensuite, les variables , ..., étant INDÉPENDANTES, la variance de leur somme est la somme de leurs variances : .
Donc . Les deux pièges : sortir sans l'élever au carré, ce qui donnerait quel que soit ; et additionner les variances sans citer l'indépendance, seule raison qui le permet.
6.d. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à d'espérance et de variance , s'écrit pour tout réel : .
L'intervalle est centré en , de demi-largeur : . Avec : .
Par passage à l'évènement contraire, ce qui renverse l'inégalité : . L'inégalité permet donc d'affirmer dès que , c'est-à-dire , soit .
étant entier, la plus petite valeur qui convient est . Vérification aux bords : pour , ; pour , on obtient .
Ce nombre est énorme, bien plus que le nombre de villes qui organisent une collecte : l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est une majoration grossière, et la question demande le seuil à partir duquel CETTE inégalité garantit le résultat, pas le nombre de villes réellement nécessaire. Pièges : prendre la largeur au lieu de la demi-largeur ; oublier le carré de ; arrondir à au lieu de l'entier supérieur.
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