Exercice 1 : Probabilités : chutes au roller, loi binomiale et temps d'attente avec Bienaymé-Tchebychev
5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration
Les deux parties peuvent être traitées indépendamment.
Dans cet exercice on s'intéresse à des personnes venues séjourner dans un centre multisports au cours du week-end.
Les résultats des probabilités demandées seront arrondis au millième si nécessaire.
- Partie A
- Le centre propose aux personnes venues pour un week-end une formule d'initiation au roller composée de deux séances de cours.
- On choisit au hasard une personne parmi celles ayant souscrit à cette formule.
- On désigne par et les évènements suivants :
• : « La personne chute pendant la première séance » ;
• : « La personne chute pendant la deuxième séance ». - Pour un évènement quelconque, on note sa probabilité et son évènement contraire.
- Des observations permettent d'admettre que .
- De plus on constate que :
• Si la personne chute pendant la première séance, la probabilité qu'elle chute pendant la deuxième est de ;
• Si la personne ne chute pas pendant la première séance, la probabilité qu'elle chute pendant la deuxième est de . - A.1. Représenter la situation par un arbre pondéré.
- A.2. Calculer la probabilité et interpréter le résultat.
- A.3. Montrer que .
- A.4. La personne ne chute pas pendant la deuxième séance de cours.
Calculer la probabilité qu'elle n'ait pas chuté lors de la première séance. - 5. On appelle la variable aléatoire qui, à chaque échantillon de personnes ayant souscrit à la formule, associe le nombre d'entre elles n'ayant chuté ni lors de la première ni lors de la deuxième séance.
- On assimile le choix d'un échantillon de 100 personnes à un tirage avec remise.
- On admet que la probabilité qu'une personne ne chute ni lors de la première ni lors de la deuxième séance est de .
- A.5.a. Montrer que la variable aléatoire suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
- A.5.b. Quelle est la probabilité d'avoir, dans un échantillon de personnes ayant souscrit à la formule, au moins personnes qui ne chutent ni lors de la première ni lors de la deuxième séance ?
- A.5.c. Calculer l'espérance et interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
- Partie B
- On choisit au hasard une personne venue un week-end au centre multisport. On note la variable aléatoire donnant son temps d'attente total en minute avant les accès aux activités sportives pendant la journée du samedi et la variable aléatoire donnant son temps d'attente total en minutes avant les accès aux activités sportives pendant la journée du dimanche.
- On admet que :
• suit une loi de probabilité d'espérance et d'écart-type ;
• suit une loi de probabilité d'espérance et d'écart-type ;
• les variables aléatoires et sont indépendantes. - On note la variable aléatoire donnant le temps total d'attente avant les accès au activités sportives lors des deux jours, exprimé en minute. Ainsi on a .
- B.1. Déterminer l'espérance de la variable aléatoire . Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice,
- B.2. Montrer que la variance de la variable aléatoire est égale à 356.
- B.3. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que, pour une personne choisie au hasard parmi celles venues un week-end au centre multisports, la probabilité que son temps total d'attente soit strictement compris entre et minutes est supérieure à .
Voir la correction
Réponses
- A.1 Arbre : () puis (), () ; () puis (), ()
- A.2 : des personnes ne chutent à aucune des deux séances
- A.3 par la formule des probabilités totales
- A.4
- A.5.a suit la loi binomiale
- A.5.b
- A.5.c : en moyenne personnes sur ne chutent à aucune séance
- B.1 min : en moyenne 1 h 40 min d'attente sur le week-end
- B.2 par indépendance
- B.3
A.1. Méthode : on traduit chaque donnée de l'énoncé en probabilité, en distinguant les probabilités simples (premier niveau) et les probabilités conditionnelles (second niveau). « Des observations permettent d'admettre que » donne la première branche, donc .
« Si la personne chute pendant la première séance, la probabilité qu'elle chute pendant la deuxième est de » est une probabilité SACHANT : , d'où . De même et .
L'arbre pondéré : de la racine partent (poids ) et (poids ) ; de partent () et () ; de partent () et (). Il est dessiné en fin de corrigé, avec en bout de chaque chemin la probabilité de l'intersection correspondante. Contrôle : les branches issues d'un même nœud ont une somme égale à .
Erreur fréquente : écrire comme . La phrase commence par « si la personne chute pendant la première séance » : c'est une condition, donc une probabilité conditionnelle, portée par une branche du second niveau.
A.2. Méthode : la probabilité d'une intersection est le produit des probabilités le long du chemin de l'arbre, .
.
Interprétation : la probabilité qu'une personne ayant souscrit à la formule ne chute ni pendant la première séance ni pendant la deuxième est ; autrement dit, environ des personnes inscrites terminent l'initiation sans aucune chute. C'est la valeur que l'énoncé admet à la question 5, ce qui sert de vérification.
Piège : lire sur la branche et l'utiliser à la place de . Le résultat faux est en fait .
A.3. Méthode : formule des probabilités totales. Les évènements et forment une partition de l'univers (ils sont incompatibles et leur réunion est l'univers), donc .
et .
Donc , comme annoncé.
Vérification : les quatre chemins de l'arbre ont pour probabilités , , et , de somme . Et est bien compris entre et , comme toute moyenne pondérée de ces deux nombres. Le correcteur attend que la partition soit nommée : écrire seulement « » sans citer la formule des probabilités totales coûte une partie des points.
A.4. Méthode : la personne n'a pas chuté pendant la deuxième séance, c'est l'information connue ; on cherche , une probabilité conditionnelle « remontante » que l'arbre ne donne pas directement. On applique la définition : .
Au numérateur, (question A.2). Au dénominateur, .
au millième.
Interprétation : parmi les personnes qui n'ont pas chuté à la deuxième séance, environ n'avaient pas chuté non plus à la première. Vérification : , ce qui est cohérent, puisque ne pas chuter à la deuxième séance est plus fréquent chez ceux qui ont chuté à la première () que chez les autres ().
Erreur fréquente : répondre , la probabilité « dans l'autre sens », ou diviser par . L'évènement qui suit « sachant » est celui qu'on sait réalisé : ici .
A.5.a. Méthode : on reconnaît un schéma de Bernoulli, puis la loi binomiale comme loi du nombre de succès.
On répète fois la même épreuve : choisir une personne ayant souscrit à la formule et regarder si elle n'a chuté à aucune des deux séances. Cette épreuve n'a que deux issues : le succès « la personne ne chute ni lors de la première ni lors de la deuxième séance », de probabilité (valeur admise par l'énoncé), et l'échec, de probabilité . C'est une épreuve de Bernoulli.
Le choix de l'échantillon étant assimilé à un tirage avec remise, les répétitions sont identiques et indépendantes : on a un schéma de Bernoulli de paramètres et . La variable compte le nombre de succès de ce schéma, donc suit la loi binomiale .
Les trois mots que le correcteur cherche : deux issues, répétitions identiques, répétitions INDÉPENDANTES (c'est là que sert l'hypothèse du tirage avec remise). Oublier l'indépendance fait perdre le point de justification.
A.5.b. Méthode : « au moins » se traduit par , et on passe à l'évènement contraire pour utiliser la fonction de répartition de la calculatrice : .
À la calculatrice (loi binomiale cumulée, , , borne ) : . Donc au millième.
Vérification d'ordre de grandeur : l'espérance de vaut (question suivante) et l'écart-type ; la valeur est un peu moins d'un écart-type sous la moyenne, et il est normal que soit probable, mais loin d'être certain.
Piège classique : écrire , qui est . Pour une variable à valeurs entières, le contraire de est .
A.5.c. Pour une loi binomiale , l'espérance vaut : .
Interprétation : si l'on prélève un grand nombre d'échantillons de personnes ayant souscrit à la formule, on compte en moyenne personnes par échantillon qui ne chutent ni lors de la première ni lors de la deuxième séance. Ce n'est pas une prédiction pour un échantillon donné : c'est une moyenne sur un grand nombre d'échantillons.
B.1. Méthode : linéarité de l'espérance, . Elle vaut pour deux variables quelconques ; l'indépendance n'est pas nécessaire ici.
.
Interprétation : sur un grand nombre de personnes venues un week-end au centre, le temps total d'attente avant les accès aux activités sportives, samedi et dimanche réunis, est en moyenne de minutes, soit 1 h 40 min.
B.2. Méthode : la variance d'une somme de deux variables aléatoires INDÉPENDANTES est la somme de leurs variances. C'est ici que sert l'hypothèse d'indépendance de et .
La variance est le carré de l'écart-type : et .
Donc .
Deux pièges : additionner les écarts-types (, puis ), ce qui est faux car les écarts-types ne s'additionnent pas ; et oublier de citer l'indépendance, sans laquelle la formule ne s'applique pas. On en déduit au passage min, et non min.
B.3. Méthode : l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev affirme que, pour toute variable aléatoire d'espérance et de variance , et pour tout réel : .
L'intervalle est centré en , de demi-largeur : . On prend donc .
L'inégalité donne .
On passe à l'évènement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : .
Comme , la probabilité que le temps total d'attente soit strictement compris entre et minutes est bien supérieure à .
Remarque : la loi de n'est pas connue, seules son espérance et sa variance le sont. C'est exactement la situation où l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est l'outil : elle ne demande rien d'autre. Pièges : prendre , la largeur entière, au lieu de la demi-largeur ; utiliser l'écart-type au numérateur au lieu de la variance ; ou oublier le passage à l'évènement contraire, qui transforme le « » en « ».
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