Spécialité maths, Terminale • Annales du bac 2026 corrigées à Montréal

Bac 2026 de spécialité maths, Métropole septembre jour 1 : sujet officiel et corrigé

Sujet officiel du baccalauréat

Spécialité mathématiques, session 2026 : Métropole, session de septembre, jour 1

Épreuve du mardi 8 septembre 2026 • durée 4 h • calculatrice en mode examen autorisée • 4 exercices, 20 points

L'énoncé reproduit le sujet officiel, sa numérotation, ses données et son barème. Le corrigé, les réponses à vérifier et les liens vers les chapitres sont rédigés par LeTuteurScientifique.ca. Sujet d'origine : PDF du sujet (APMEP).

En conditions réelles : sur papier, chronomètre lancé pour 4 h, puis vérifie tes réponses question par question avant d'ouvrir chaque corrigé. Toutes les annales du bac 2026 →

Voici le sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat, session 2026, centre Métropole, session de remplacement de septembre, jour 1 : mardi 8 septembre 2026, quatre heures, calculatrice en mode examen autorisée. Il compte quatre exercices indépendants notés sur 20 points, 5, 5, 4 et 6 points. L'énoncé est reproduit à l'identique, script Python compris, et chaque question a son corrigé détaillé et, quand le résultat s'y prête, sa réponse autocorrigée.

L'exercice 1 enchaîne les probabilités conditionnelles (arbre pondéré, formule des probabilités totales, probabilité inversée), la loi binomiale B(200 ;0,95)\mathcal{B}(200\,;0{,}95) et l'espérance et la variance d'une somme de variables aléatoires indépendantes, jusqu'à l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev. L'exercice 2 étudie une suite définie par un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) avec une fonction homographique : dérivée d'un quotient, raisonnement par récurrence, théorème de convergence monotone, suite géométrique auxiliaire, limite et algorithme de seuil en Python. L'exercice 3 est un vrai ou faux de géométrie dans l'espace : base de l'espace, droite orthogonale à un plan, intersection d'une droite et d'un plan, projeté orthogonal et distance d'un point à un plan. L'exercice 4 résout l'équation différentielle 2y′+3y=8e−32t2y'+3y=8\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, puis étudie la quantité d'un médicament dans le sang : croissance comparée, tableau de variations, théorème des valeurs intermédiaires et valeur moyenne d'une fonction calculée par intégration par parties.

Le fil du corrigé : la méthode nommée en tête de chaque question, le calcul complet, une vérification, puis le piège. Trois pièges à ne pas manquer : à l'exercice 1, le minorant de Bienaymé-Tchebychev, où SS ne prend que des valeurs entières et où 0,7750{,}775 s'arrondit par défaut ; à l'exercice 3, le point M\mathrm{M} de l'affirmation 3, qui est bien sur la droite mais pas dans le plan ; et à l'exercice 4, le facteur 12\frac{1}{2} de la valeur moyenne, qui décide de la condition 2 et donc de la validation de l'essai clinique.

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Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Exercice 1 : Probabilités : délais de livraison de colis, loi binomiale et inégalité de Bienaymé-Tchebychev

5 points Arbres pondérés et probabilités totalesLoi binomiale et concentrationSommes de variables aléatoires et concentration

Dans cet exercice, les résultats seront arrondis à 10−110^{-1} près.

Les parties A, B et C sont indépendantes les unes des autres et peuvent donc être traitées séparément.

  • Partie A
  • On s'intéresse au respect des délais de livraison de colis à domicile dans une agglomération. Une étude a permis d'établir que :
    • lorsque le livreur est expérimenté, le délai de livraison est respecté pour 95 %95\,\% des colis ;
    • lorsque le livreur est débutant, le délai de livraison est respecté pour 75 %75\,\% des colis.
  • Dans une entreprise qui emploie ses propres livreurs parmi lesquels 60 %60\,\% sont expérimentés et les autres sont débutants, on s'intéresse à une livraison choisie au hasard.
  • On note :
    • EE l'évènement : « la livraison est effectuée par un livreur expérimenté » ;
    • RR l'évènement : « le délai de livraison est respecté ».
  • A.1. Calculer P(E∩R)P(E\cap R). On pourra s'appuyer sur un arbre de probabilité.
  • A.2. Justifier que P(R)=0,87P(R)=0{,}87. Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
  • A.3. Sachant qu'un colis a été livré en respectant les délais de livraison, quelle est la probabilité qu'il ait été livré par un livreur expérimenté ?
  • Partie B
  • Dans le but d'améliorer le service livraison, l'entreprise analyse un échantillon de 200200 livraisons prises au hasard parmi celles effectuées par un livreur expérimenté sur une période donnée.
  • On rappelle que la probabilité qu'un livreur expérimenté respecte les délais de livraison est 95 %95\,\%.
  • On suppose que le nombre de colis est assez important pour que l'on puisse assimiler le choix de cet échantillon à des tirages successifs avec remise.
  • On note XX la variable aléatoire égale au nombre de colis livrés en respectant les délais de livraison parmi les livraisons de cet échantillon.
  • B.1. Justifier que la variable aléatoire suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
  • B.2. L'évènement « tous les colis ont été livrés en respectant les délais de livraison » est-il un événement impossible ? Justifier.
  • B.3. Donner P(X⩾190)P(X\geqslant 190) puis interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
  • Partie C
  • Deux zones géographiques sont desservies sans que les livraisons dans l'une n'aient d'incidence sur celles dans l'autre :
    • en zone A, les délais de livraison sont respectés dans 85 %85\,\% des cas ;
    • en zone B, les délais de livraison sont respectés dans 90 %90\,\% des cas.
  • L'entreprise observe 120120 livraisons effectuées en zone A et 8080 livraisons effectuées en zone B.
  • On note :
    • XAX_{A} la variable aléatoire comptabilisant le nombre de colis livrés respectant les délais de livraison en zone A ;
    • XBX_{B} la variable aléatoire comptabilisant le nombre de colis livrés respectant les délais de livraison en zone B ;
    • S=XA+XBS=X_{A}+X_{B} la variable aléatoire donnant le nombre total de colis livrés respectant les délais de livraison.
  • On admet que XAX_{A} suit une loi binomiale B(120 ;0,85)\mathcal{B}(120\,;0{,}85) et que XBX_{B} suit une loi binomiale B(80 ;0,90)\mathcal{B}(80\,;0{,}90)
  • C.1. Calculer l'espérance et la variance des variables XAX_{A} et XBX_{B}.
  • C.2. Calculer E(S)E(S).
  • C.3. Quelle condition permet d'affirmer que V(S)=22,5V(S)=22{,}5 ?
  • C.4. À l'aide d'une inégalité de Bienaymé-Tchebychev, minorer P(S∈[165 ;183])P(S\in[165\,;183]) et interpréter le résultat.

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A.1
A.3
B.1
B.2
B.3
C.1
C.2
C.3
C.4
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Réponses

  • A.1 P(E∩R)=0,6×0,95=0,57P(E\cap R)=0{,}6\times 0{,}95=0{,}57 (soit 0,60{,}6 arrondi à 10−110^{-1})
  • A.2 P(R)=0,57+0,4×0,75=0,87P(R)=0{,}57+0{,}4\times 0{,}75=0{,}87 : 87 %87\,\% des livraisons de l'entreprise respectent le délai
  • A.3 PR(E)=0,570,87=1929≈0,655P_{R}(E)=\dfrac{0{,}57}{0{,}87}=\dfrac{19}{29}\approx 0{,}655, soit 0,70{,}7 à 10−110^{-1} près
  • B.1 X∼B(200 ;0,95)X\sim\mathcal{B}(200\,;0{,}95) : 200200 épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes
  • B.2 Non : P(X=200)=0,95200≈3,5×10−5>0P(X=200)=0{,}95^{200}\approx 3{,}5\times 10^{-5}>0, évènement très peu probable mais possible
  • B.3 P(X⩾190)≈0,583P(X\geqslant 190)\approx 0{,}583, soit 0,60{,}6 : environ six chances sur dix qu'au moins 190190 colis sur 200200 arrivent dans les délais
  • C.1 E(XA)=102E(X_{A})=102, V(XA)=15,3V(X_{A})=15{,}3 ; E(XB)=72E(X_{B})=72, V(XB)=7,2V(X_{B})=7{,}2
  • C.2 E(S)=102+72=174E(S)=102+72=174
  • C.3 L'indépendance de XAX_{A} et XBX_{B} : alors V(S)=15,3+7,2=22,5V(S)=15{,}3+7{,}2=22{,}5
  • C.4 P(S∈[165 ;183])⩾1−22,5102=0,775P(S\in[165\,;183])\geqslant 1-\dfrac{22{,}5}{10^{2}}=0{,}775, donc au moins 0,70{,}7 à 10−110^{-1} près par défaut

A.1. On traduit d'abord les données en probabilités, en repérant pour chaque pourcentage la population à laquelle il se rapporte. « 60 %60\,\% des livreurs sont expérimentés » porte sur toutes les livraisons : P(E)=0,6P(E)=0{,}6, donc P(E‾)=0,4P(\overline{E})=0{,}4. « Lorsque le livreur est expérimenté, le délai est respecté pour 95 %95\,\% des colis » est une probabilité CONDITIONNELLE : PE(R)=0,95P_{E}(R)=0{,}95, donc PE(R‾)=0,05P_{E}(\overline{R})=0{,}05. De même PE‾(R)=0,75P_{\overline{E}}(R)=0{,}75 et PE‾(R‾)=0,25P_{\overline{E}}(\overline{R})=0{,}25. L'arbre pondéré complet figure en fin de corrigé.

Formule des probabilités composées, lue sur le chemin EE puis RR : P(E∩R)=P(E)×PE(R)=0,6×0,95=0,57P(E\cap R)=P(E)\times P_{E}(R)=0{,}6\times 0{,}95=0{,}57. C'est une valeur exacte ; arrondie à 10−110^{-1} comme le demande l'énoncé, elle vaut 0,60{,}6, mais garder 0,570{,}57 pour la suite évite d'accumuler des erreurs d'arrondi.

Erreur fréquente : répondre 0,950{,}95. C'est la probabilité que le délai soit respecté SACHANT que le livreur est expérimenté, pas celle de « livreur expérimenté ET délai respecté ».

A.2. Les évènements EE et E‾\overline{E} forment une partition de l'univers : on applique la formule des probabilités totales. P(R)=P(E∩R)+P(E‾∩R)=0,57+P(E‾)×PE‾(R)=0,57+0,4×0,75=0,57+0,3=0,87P(R)=P(E\cap R)+P(\overline{E}\cap R)=0{,}57+P(\overline{E})\times P_{\overline{E}}(R)=0{,}57+0{,}4\times 0{,}75=0{,}57+0{,}3=0{,}87.

Interprétation : 87 %87\,\% des livraisons de l'entreprise, tous livreurs confondus, respectent le délai. Contrôle de cohérence : ce taux global est une moyenne pondérée des deux taux, 0,6×95 %+0,4×75 %0{,}6\times 95\,\%+0{,}4\times 75\,\%, donc il est bien compris entre 75 %75\,\% et 95 %95\,\%, plus près de 95 %95\,\% puisque les livreurs expérimentés sont majoritaires.

A.3. On sait que le délai a été respecté : on cherche la probabilité conditionnée par RR, soit PR(E)P_{R}(E). L'arbre part de EE et la question part de RR : on « retourne » l'arbre en revenant à la définition d'une probabilité conditionnelle. PR(E)=P(E∩R)P(R)=0,570,87=1929≈0,655P_{R}(E)=\dfrac{P(E\cap R)}{P(R)}=\dfrac{0{,}57}{0{,}87}=\dfrac{19}{29}\approx 0{,}655, soit 0,70{,}7 à 10−110^{-1} près.

Un colis livré dans les délais l'a donc été par un livreur expérimenté avec une probabilité d'environ 0,660{,}66 (arrondie à 0,70{,}7). Cohérence : c'est un peu plus que P(E)=0,6P(E)=0{,}6, ce qui est logique, puisque savoir que le délai a été respecté rend plus probable la présence d'un livreur expérimenté.

Piège : confondre PR(E)≈0,66P_{R}(E)\approx 0{,}66 et PE(R)=0,95P_{E}(R)=0{,}95. Le dénominateur est toujours la probabilité de l'évènement CONNU, ici RR.

B.1. On reconnaît un schéma de Bernoulli. Chaque livraison de l'échantillon est une épreuve à deux issues : succès « le délai est respecté », de probabilité p=0,95p=0{,}95 (la livraison est faite par un livreur expérimenté), et échec, de probabilité 0,050{,}05. Le choix étant assimilé à des tirages avec remise, les 200200 épreuves sont identiques et indépendantes. La variable XX compte le nombre de succès : elle suit la loi binomiale de paramètres n=200n=200 et p=0,95p=0{,}95, notée B(200 ;0,95)\mathcal{B}(200\,;0{,}95).

Erreur fréquente : prendre p=0,87p=0{,}87, la probabilité de la partie A. L'échantillon de la partie B est tiré parmi les livraisons des livreurs EXPÉRIMENTÉS seulement, et l'énoncé le rappelle : p=0,95p=0{,}95. Les quatre mots attendus par le correcteur sont « identiques », « indépendantes », « deux issues » et les paramètres.

B.2. L'évènement « tous les colis ont été livrés en respectant les délais » est l'évènement {X=200}\{X=200\}. Par la formule de la loi binomiale, P(X=200)=(200200)×0,95200×0,050=0,95200≈3,5×10−5P(X=200)=\binom{200}{200}\times 0{,}95^{200}\times 0{,}05^{0}=0{,}95^{200}\approx 3{,}5\times 10^{-5}.

Cette probabilité est strictement positive : l'évènement n'est donc PAS impossible, il est seulement très peu probable (environ 3,53{,}5 chances sur cent mille). Un évènement impossible a une probabilité nulle, et une puissance d'un réel strictement positif ne s'annule jamais.

Le piège vient de la consigne d'arrondi : à 10−110^{-1} près, P(X=200)P(X=200) s'affiche 0,00{,}0, et la calculatrice peut afficher une écriture scientifique qu'on lit mal. Un arrondi nul ne prouve pas qu'une probabilité est nulle ; c'est l'expression exacte 0,95200>00{,}95^{200}>0 qui tranche.

B.3. On passe par l'évènement contraire, puisque la calculatrice donne les probabilités cumulées P(X⩽k)P(X\leqslant k) : P(X⩾190)=1−P(X⩽189)≈1−0,417=0,583P(X\geqslant 190)=1-P(X\leqslant 189)\approx 1-0{,}417=0{,}583, soit 0,60{,}6 à 10−110^{-1} près.

Interprétation : dans un échantillon de 200200 livraisons effectuées par des livreurs expérimentés, la probabilité qu'au moins 190190 colis, soit au moins 95 %95\,\%, soient livrés dans les délais est d'environ 0,60{,}6. Cohérence : l'espérance vaut E(X)=200×0,95=190E(X)=200\times 0{,}95=190, donc on demande la probabilité d'être au-dessus de la moyenne, et il est logique de trouver une valeur un peu supérieure à 0,50{,}5 (la valeur 190190 elle-même est comptée).

Erreur fréquente : calculer 1−P(X⩽190)≈0,4551-P(X\leqslant 190)\approx 0{,}455, qui est P(X⩾191)P(X\geqslant 191) : l'inégalité large compte la valeur 190190.

C.1. Pour une variable de loi binomiale B(n ;p)\mathcal{B}(n\,;p), l'espérance vaut npnp et la variance np(1−p)np(1-p). Pour XA∼B(120 ;0,85)X_{A}\sim\mathcal{B}(120\,;0{,}85) : E(XA)=120×0,85=102E(X_{A})=120\times 0{,}85=102 et V(XA)=120×0,85×0,15=15,3V(X_{A})=120\times 0{,}85\times 0{,}15=15{,}3. Pour XB∼B(80 ;0,90)X_{B}\sim\mathcal{B}(80\,;0{,}90) : E(XB)=80×0,9=72E(X_{B})=80\times 0{,}9=72 et V(XB)=80×0,9×0,1=7,2V(X_{B})=80\times 0{,}9\times 0{,}1=7{,}2.

Erreur fréquente : oublier le facteur (1−p)(1-p) et écrire V(XA)=np2V(X_{A})=np^{2} ou npnp. Rappel utile : la variance d'une loi binomiale est toujours inférieure à son espérance, puisque 1−p<11-p<1 ; ici 15,3<10215{,}3<102 et 7,2<727{,}2<72.

C.2. Par linéarité de l'espérance, valable SANS aucune hypothèse sur les variables : E(S)=E(XA)+E(XB)=102+72=174E(S)=E(X_{A})+E(X_{B})=102+72=174. En moyenne, 174174 des 200200 colis observés sont livrés dans les délais.

C.3. La variance d'une somme n'est égale à la somme des variances que si les variables sont INDÉPENDANTES. Si XAX_{A} et XBX_{B} sont indépendantes, V(S)=V(XA)+V(XB)=15,3+7,2=22,5V(S)=V(X_{A})+V(X_{B})=15{,}3+7{,}2=22{,}5. C'est ce qu'affirme le contexte : les livraisons d'une zone n'ont aucune incidence sur celles de l'autre, ce qui justifie de modéliser XAX_{A} et XBX_{B} comme indépendantes.

Piège de la question : répondre « SS suit une loi binomiale » ou « les variables ont la même loi ». SS n'est même pas binomiale, les deux zones n'ayant pas la même probabilité de succès, et XAX_{A}, XBX_{B} n'ont pas la même loi. La seule condition en jeu est l'indépendance.

C.4. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée à SS d'espérance 174174 et de variance 22,522{,}5, affirme que pour tout réel δ>0\delta>0 : P(∣S−174∣⩾δ)⩽V(S)δ2P\left(\left|S-174\right|\geqslant\delta\right)\leqslant\dfrac{V(S)}{\delta^{2}}.

L'intervalle [165 ;183][165\,;183] est centré en E(S)=174E(S)=174 : 165=174−9165=174-9 et 183=174+9183=174+9. Donc S∈[165 ;183]  ⟺  ∣S−174∣⩽9S\in[165\,;183]\iff\left|S-174\right|\leqslant 9. Comme SS ne prend que des valeurs ENTIÈRES, ∣S−174∣⩽9  ⟺  ∣S−174∣<10\left|S-174\right|\leqslant 9\iff\left|S-174\right|<10, et l'évènement contraire est ∣S−174∣⩾10\left|S-174\right|\geqslant 10. On applique l'inégalité avec δ=10\delta=10 : P(∣S−174∣⩾10)⩽22,5100=0,225P\left(\left|S-174\right|\geqslant 10\right)\leqslant\dfrac{22{,}5}{100}=0{,}225.

En passant à l'évènement contraire, ce qui renverse le sens de l'inégalité : P(S∈[165 ;183])=1−P(∣S−174∣⩾10)⩾1−0,225=0,775P(S\in[165\,;183])=1-P\left(\left|S-174\right|\geqslant 10\right)\geqslant 1-0{,}225=0{,}775.

Arrondi : l'énoncé demande des résultats à 10−110^{-1} près, mais un MINORANT ne s'arrondit que par défaut, sinon il cesse d'être un minorant. On retient P(S∈[165 ;183])⩾0,775⩾0,7P(S\in[165\,;183])\geqslant 0{,}775\geqslant 0{,}7. Écrire « ⩾0,8\geqslant 0{,}8 » serait faux : l'inégalité ne garantit pas 0,80{,}8.

Variante acceptée : avec δ=9\delta=9, on obtient P(∣S−174∣⩾9)⩽22,581≈0,278P\left(\left|S-174\right|\geqslant 9\right)\leqslant\dfrac{22{,}5}{81}\approx 0{,}278, donc P(∣S−174∣<9)⩾0,722P\left(\left|S-174\right|<9\right)\geqslant 0{,}722 ; or ∣S−174∣<9\left|S-174\right|<9 correspond à S∈[166 ;182]S\in[166\,;182], inclus dans [165 ;183][165\,;183], donc P(S∈[165 ;183])⩾0,722P(S\in[165\,;183])\geqslant 0{,}722. Le minorant est moins bon, mais l'arrondi par défaut à 10−110^{-1} donne le même 0,70{,}7. L'erreur à éviter est de conclure directement sur [165 ;183][165\,;183] avec δ=9\delta=9 sans remarquer que les bornes 165165 et 183183 sont exclues de ∣S−174∣<9\left|S-174\right|<9.

Interprétation : sur les 200200 livraisons observées, la probabilité que le nombre total de colis livrés dans les délais soit compris entre 165165 et 183183 est d'au moins 0,7750{,}775, donc d'au moins 0,70{,}7. Ce n'est qu'une minoration, souvent grossière : la probabilité réelle est nettement plus grande.

E0,6R0,950,57non R0,050,03non E0,4R0,750,3non R0,250,1

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Suites : suite définie par une fonction homographique, récurrence, suite géométrique auxiliaire et seuil en Python

5 points Suites et récurrenceLes suites numériquesPython et méthodes numériques

  • Partie A
  • Soit ff la fonction définie sur ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[ par : f(x)=2xx+3f(x)=\dfrac{2x}{x+3}.
  • On admet que ff est dérivable sur ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[.
  • A.1. Vérifier, en détaillant les calculs, que pour tout réel xx de ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[, f′(x)=6(x+3)2f'(x)=\dfrac{6}{(x+3)^{2}}. En déduire que ff est croissante sur ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[.
  • Soit (un)(u_{n}) la suite définie par u0=1u_{0}=1 et pour tout entier naturel nn par un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}).
  • A.2. Démontrer, par récurrence, que pour tout entier nn, on a : 0⩽un+1⩽un⩽10\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n}\leqslant 1.
  • A.3. En déduire que (un)(u_{n}) est convergente.
  • Partie B
  • On admet que pour tout entier naturel nn, un≠0u_{n}\neq 0.
  • On note (vn)(v_{n}) et (wn)(w_{n}) les suites définies pour tout entier naturel nn par : vn=1unv_{n}=\dfrac{1}{u_{n}} et wn=vn+1w_{n}=v_{n}+1.
  • B.1. Vérifier que, pour tout entier naturel nn, vn+1=32vn+12v_{n+1}=\dfrac{3}{2}v_{n}+\dfrac{1}{2}.
  • B.2. Démontrer que (wn)(w_{n}) est une suite géométrique dont on précisera les paramètres.
  • B.3. En déduire que, pour tout entier naturel nn, un=12(32)n−1u_{n}=\dfrac{1}{2\left(\frac{3}{2}\right)^{n}-1}
  • B.4. Déterminer la limite de la suite (un)(u_{n}).
  • B.5.a. Recopier et compléter le script suivant de telle sorte que la fonction seuil() renvoie le plus petit entier nn tel que unu_{n} soit inférieur ou égal à 10−310^{-3}.
  • Script Python de sept lignes numérotées. Ligne 1 : def seuil():. Ligne 2 : n = 0. Ligne 3 : u = 1. Ligne 4 : while suivi de pointillés et de deux-points. Ligne 5 : n = n + 1. Ligne 6 : u = pointillés. Ligne 7 : return pointillés. Les lignes 5 et 6 sont indentées dans la boucle.
  • B.5.b. Quelle est la valeur renvoyée par la fonction seuil() ?

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B.2
B.4
B.5.a
B.5.b
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Réponses

  • A.1 f′(x)=2(x+3)−2x(x+3)2=6(x+3)2>0f'(x)=\dfrac{2(x+3)-2x}{(x+3)^{2}}=\dfrac{6}{(x+3)^{2}}>0, donc ff est croissante sur ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[
  • A.2 Initialisation 0⩽12⩽1⩽10\leqslant\frac{1}{2}\leqslant 1\leqslant 1 ; hérédité par croissance de ff : f(0)⩽un+2⩽un+1⩽f(1)f(0)\leqslant u_{n+2}\leqslant u_{n+1}\leqslant f(1)
  • A.3 (un)(u_{n}) est décroissante et minorée par 00 : elle converge (théorème de convergence monotone)
  • B.1 vn+1=un+32un=12+32×1un=32vn+12v_{n+1}=\dfrac{u_{n}+3}{2u_{n}}=\dfrac{1}{2}+\dfrac{3}{2}\times\dfrac{1}{u_{n}}=\dfrac{3}{2}v_{n}+\dfrac{1}{2}
  • B.2 wn+1=32wnw_{n+1}=\dfrac{3}{2}w_{n} : suite géométrique de raison 32\dfrac{3}{2} et de premier terme w0=2w_{0}=2
  • B.3 wn=2(32)nw_{n}=2\left(\frac{3}{2}\right)^{n}, vn=wn−1v_{n}=w_{n}-1 et un=1vn=12(32)n−1u_{n}=\dfrac{1}{v_{n}}=\dfrac{1}{2\left(\frac{3}{2}\right)^{n}-1}
  • B.4 lim⁡n→+∞un=0\lim\limits_{n\to+\infty}u_{n}=0
  • B.5.a Ligne 4 : while u > 10**(-3): ; ligne 6 : u = 2*u/(u + 3) ; ligne 7 : return n
  • B.5.b 1616 (u15≈1,14×10−3u_{15}\approx 1{,}14\times 10^{-3} et u16≈7,6×10−4u_{16}\approx 7{,}6\times 10^{-4})

A.1. Dérivée d'un quotient uv\dfrac{u}{v}, avec u(x)=2xu(x)=2x, u′(x)=2u'(x)=2, v(x)=x+3v(x)=x+3, v′(x)=1v'(x)=1 ; vv ne s'annule pas sur ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[ puisque x+3>0x+3>0. Alors f′(x)=u′v−uv′v2=2(x+3)−2x×1(x+3)2=2x+6−2x(x+3)2=6(x+3)2f'(x)=\dfrac{u'v-uv'}{v^{2}}=\dfrac{2(x+3)-2x\times 1}{(x+3)^{2}}=\dfrac{2x+6-2x}{(x+3)^{2}}=\dfrac{6}{(x+3)^{2}}.

Sur ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[, le numérateur 66 est strictement positif et le dénominateur (x+3)2(x+3)^{2} aussi : f′(x)>0f'(x)>0, donc ff est (strictement) croissante sur ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[. Erreur fréquente : écrire uv′−u′vuv'-u'v au numérateur, ce qui donne −6(x+3)2-\dfrac{6}{(x+3)^{2}} et une fonction décroissante, en contradiction avec la consigne.

A.2. Raisonnement par récurrence. Pour tout entier naturel nn, on note P(n)\mathcal{P}(n) la propriété : « 0⩽un+1⩽un⩽10\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n}\leqslant 1 ».

Initialisation : u0=1u_{0}=1 et u1=f(1)=24=12u_{1}=f(1)=\dfrac{2}{4}=\dfrac{1}{2}. On a bien 0⩽12⩽1⩽10\leqslant\dfrac{1}{2}\leqslant 1\leqslant 1 : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité : soit nn un entier naturel tel que P(n)\mathcal{P}(n) est vraie, c'est-à-dire 0⩽un+1⩽un⩽10\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n}\leqslant 1. Ces quatre nombres sont dans ]−3 ;+∞[]-3\,;+\infty[, où ff est croissante : appliquer ff conserve donc l'ordre, et f(0)⩽f(un+1)⩽f(un)⩽f(1)f(0)\leqslant f(u_{n+1})\leqslant f(u_{n})\leqslant f(1). Or f(0)=0f(0)=0, f(un+1)=un+2f(u_{n+1})=u_{n+2}, f(un)=un+1f(u_{n})=u_{n+1} et f(1)=12⩽1f(1)=\dfrac{1}{2}\leqslant 1. On obtient 0⩽un+2⩽un+1⩽10\leqslant u_{n+2}\leqslant u_{n+1}\leqslant 1 : P(n+1)\mathcal{P}(n+1) est vraie.

Conclusion : P(0)\mathcal{P}(0) est vraie et la propriété est héréditaire ; par le principe de récurrence, pour tout entier naturel nn, 0⩽un+1⩽un⩽10\leqslant u_{n+1}\leqslant u_{n}\leqslant 1.

Le cœur de l'hérédité est la croissance de ff, démontrée en A.1 : c'est elle, et elle seule, qui autorise à « appliquer ff » à une chaîne d'inégalités sans en changer le sens. Il faut la citer, et vérifier que les nombres sont dans l'intervalle où elle vaut. Erreur fréquente : écrire f(1)=1f(1)=1, alors que f(1)=12f(1)=\dfrac{1}{2} ; la conclusion reste vraie, mais le calcul est faux.

A.3. D'après A.2, pour tout nn, un+1⩽unu_{n+1}\leqslant u_{n} : la suite (un)(u_{n}) est décroissante. Toujours d'après A.2, un⩾0u_{n}\geqslant 0 pour tout nn (u0=1⩾0u_{0}=1\geqslant 0 et un+1⩾0u_{n+1}\geqslant 0) : elle est minorée par 00. Par le théorème de convergence monotone, une suite décroissante et minorée converge : (un)(u_{n}) est convergente.

Piège : le théorème donne l'EXISTENCE d'une limite ℓ⩾0\ell\geqslant 0, pas sa valeur. Écrire « elle converge vers 00 » à ce stade est une affirmation non démontrée ; la valeur de la limite est l'objet de la partie B.

B.1. Comme un+1=2unun+3u_{n+1}=\dfrac{2u_{n}}{u_{n}+3} et que un+1≠0u_{n+1}\neq 0, on inverse : vn+1=1un+1=un+32unv_{n+1}=\dfrac{1}{u_{n+1}}=\dfrac{u_{n}+3}{2u_{n}}. On sépare la fraction : un+32un=un2un+32un=12+32×1un=32vn+12\dfrac{u_{n}+3}{2u_{n}}=\dfrac{u_{n}}{2u_{n}}+\dfrac{3}{2u_{n}}=\dfrac{1}{2}+\dfrac{3}{2}\times\dfrac{1}{u_{n}}=\dfrac{3}{2}v_{n}+\dfrac{1}{2}.

Contrôle numérique : v0=1v_{0}=1 et v1=1u1=2v_{1}=\dfrac{1}{u_{1}}=2 ; la formule donne 32×1+12=2\dfrac{3}{2}\times 1+\dfrac{1}{2}=2. Erreur fréquente : écrire 1un+1=1f(un)=12un+13\dfrac{1}{u_{n+1}}=\dfrac{1}{f(u_{n})}=\dfrac{1}{2u_{n}}+\dfrac{1}{3}, en « inversant » terme à terme, ce qui est faux : on inverse une fraction entière, jamais une somme morceau par morceau.

B.2. Pour montrer qu'une suite est géométrique, on exprime wn+1w_{n+1} en fonction de wnw_{n}. Pour tout nn : wn+1=vn+1+1=32vn+12+1=32vn+32=32(vn+1)=32wnw_{n+1}=v_{n+1}+1=\dfrac{3}{2}v_{n}+\dfrac{1}{2}+1=\dfrac{3}{2}v_{n}+\dfrac{3}{2}=\dfrac{3}{2}\left(v_{n}+1\right)=\dfrac{3}{2}w_{n}.

La suite (wn)(w_{n}) est donc géométrique de raison q=32q=\dfrac{3}{2}, et de premier terme w0=v0+1=1u0+1=1+1=2w_{0}=v_{0}+1=\dfrac{1}{u_{0}}+1=1+1=2. Les deux paramètres sont demandés : oublier le premier terme coûte une partie des points.

B.3. Terme général d'une suite géométrique : pour tout nn, wn=w0×qn=2(32)nw_{n}=w_{0}\times q^{n}=2\left(\dfrac{3}{2}\right)^{n}. On remonte les définitions : vn=wn−1=2(32)n−1v_{n}=w_{n}-1=2\left(\dfrac{3}{2}\right)^{n}-1, puis, comme un≠0u_{n}\neq 0 et vn=1unv_{n}=\dfrac{1}{u_{n}}, un=1vn=12(32)n−1u_{n}=\dfrac{1}{v_{n}}=\dfrac{1}{2\left(\frac{3}{2}\right)^{n}-1}.

Vérification sur les premiers termes : n=0n=0 donne 12−1=1=u0\dfrac{1}{2-1}=1=u_{0} ; n=1n=1 donne 13−1=12=u1\dfrac{1}{3-1}=\dfrac{1}{2}=u_{1} ; n=2n=2 donne 14,5−1=27\dfrac{1}{4{,}5-1}=\dfrac{2}{7}, et en effet u2=f(12)=13,5=27u_{2}=f\left(\dfrac{1}{2}\right)=\dfrac{1}{3{,}5}=\dfrac{2}{7}.

B.4. Limite d'une suite géométrique : comme 32>1\dfrac{3}{2}>1, lim⁡n→+∞(32)n=+∞\lim\limits_{n\to+\infty}\left(\dfrac{3}{2}\right)^{n}=+\infty. Par produit et somme, 2(32)n−1→+∞2\left(\dfrac{3}{2}\right)^{n}-1\to+\infty, et par quotient, un=12(32)n−1→0u_{n}=\dfrac{1}{2\left(\frac{3}{2}\right)^{n}-1}\to 0. La suite (un)(u_{n}) converge vers 00.

Vérification avec la partie A : la fonction ff étant continue, la limite ℓ\ell vérifie ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell), soit ℓ(ℓ+3)=2ℓ\ell(\ell+3)=2\ell, c'est-à-dire ℓ(ℓ+1)=0\ell(\ell+1)=0 : ℓ=0\ell=0 ou ℓ=−1\ell=-1. Comme tous les termes sont positifs, ℓ⩾0\ell\geqslant 0, donc ℓ=0\ell=0, ce qui confirme le résultat.

B.5.a. La fonction part de n=0n=0 et u=u0=1u=u_{0}=1, puis calcule les termes un par un. Ligne 4 : la boucle continue TANT QUE le seuil n'est pas atteint, c'est-à-dire tant que u>10−3u>10^{-3} : while u > 10**(-3):. Ligne 6 : terme suivant, un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_{n}) : u = 2*u/(u + 3). Ligne 7 : on renvoie le rang, return n. Le script complété figure en fin de corrigé.

Remarque : à la ligne 6, u = 1/(2*(3/2)**n - 1) est aussi correct, puisque nn vient d'être augmenté de 11 à la ligne 5 et que la formule de B.3 donne directement unu_{n}. La boucle s'arrête bien, puisque (un)(u_{n}) tend vers 00 d'après B.4.

Piège : écrire la condition d'ARRÊT dans le while, while u <= 10**(-3):, au lieu de la condition de POURSUITE. Avec u0=1u_{0}=1, la boucle ne tournerait jamais et la fonction renverrait 00.

B.5.b. On résout l'inéquation, la suite étant décroissante. un⩽10−3  ⟺  2(32)n−1⩾1 000u_{n}\leqslant 10^{-3}\iff 2\left(\dfrac{3}{2}\right)^{n}-1\geqslant 1\,000 (les deux membres sont positifs, et la fonction inverse est décroissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[)   ⟺  (32)n⩾500,5  ⟺  nln⁡(32)⩾ln⁡(500,5)\iff\left(\dfrac{3}{2}\right)^{n}\geqslant 500{,}5\iff n\ln\left(\dfrac{3}{2}\right)\geqslant\ln(500{,}5), par croissance de la fonction ln⁡\ln.

Comme ln⁡(32)>0\ln\left(\dfrac{3}{2}\right)>0, on divise sans changer le sens : n⩾ln⁡(500,5)ln⁡(1,5)≈15,33n\geqslant\dfrac{\ln(500{,}5)}{\ln(1{,}5)}\approx 15{,}33. Le plus petit entier qui convient est n=16n=16 : la fonction seuil() renvoie 1616.

Vérification : u15=12×1,515−1≈1,14×10−3>10−3u_{15}=\dfrac{1}{2\times 1{,}5^{15}-1}\approx 1{,}14\times 10^{-3}>10^{-3} et u16≈7,6×10−4⩽10−3u_{16}\approx 7{,}6\times 10^{-4}\leqslant 10^{-3}. Erreur fréquente : diviser par ln⁡(1,5)\ln(1{,}5) en croyant ce nombre négatif, ou arrondir 15,3315{,}33 à 1515 au lieu de prendre l'entier SUPÉRIEUR.

python
def seuil():
    n = 0
    u = 1
    while u > 10**(-3):
        n = n + 1
        u = 2*u/(u + 3)
    return n

Exercice 3 : Vrai ou faux : géométrie dans l'espace, base, droite orthogonale à un plan, intersection et distance

4 points Géométrie dans l'espaceLe produit scalaire

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point. Les affirmations sont indépendantes.

Pour toutes les questions, l'espace est muni d'un repère orthonormé.

  • 1. Soit u⃗(102)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\0\\2\end{pmatrix}, v⃗(013)\vec{v}\begin{pmatrix}0\\1\\3\end{pmatrix} et w⃗(210)\vec{w}\begin{pmatrix}2\\1\\0\end{pmatrix} trois vecteurs de l'espace.
    Affirmation 1 : Les vecteurs u⃗\vec{u}, v⃗\vec{v} et w⃗\vec{w} forment une base de l'espace.
  • 2. Soit quatre points de l'espace : A(1 ;2 ;3)\mathrm{A}(1\,;2\,;3), B(2 ;0 ;1)\mathrm{B}(2\,;0\,;1), C(0 ;1 ;2)\mathrm{C}(0\,;1\,;2), D(0 ;4 ;−1)\mathrm{D}(0\,;4\,;-1).
    On admet que les points A, B et C ne sont pas alignés.
    Affirmation 2 : La droite (CD)(\mathrm{CD}) est orthogonale au plan (ABC)(\mathrm{ABC}).
  • 3. Soit dd une droite de l'espace dont une représentation paramétrique est : {x=2ty=−2+4tz=−2+t\begin{cases}x=2t\\y=-2+4t\\z=-2+t\end{cases} avec t∈Rt\in\mathbb{R}.
    Soit P1P_{1} le plan de vecteur normal n⃗(1−23)\vec{n}\begin{pmatrix}1\\-2\\3\end{pmatrix} et passant par E(1 ;1 ;−1)\mathrm{E}(1\,;1\,;-1).
    Affirmation 3 : L'intersection de la droite dd et du plan P1P_{1} est le point M(2 ;2 ;−1)\mathrm{M}(2\,;2\,;-1).
  • 4. Soit N(2 ;0 ;−2)\mathrm{N}(2\,;0\,;-2) et H(1 ;−2 ;0)\mathrm{H}(1\,;-2\,;0) deux points de l'espace.
    Soit P2P_{2} le plan d'équation cartésienne x+2y−2z+3=0x+2y-2z+3=0.
    Affirmation 4 : La distance de N au plan P2P_{2} est NH.

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Réponses

  • 1 Vrai : u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} non colinéaires et w⃗\vec{w} n'est pas combinaison linéaire de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, les trois vecteurs sont non coplanaires
  • 2 Vrai : CD→⋅AB→=0\overrightarrow{\mathrm{CD}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=0 et CD→⋅AC→=0\overrightarrow{\mathrm{CD}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=0
  • 3 Faux : M∉P1\mathrm{M}\notin P_{1} ; l'intersection est le point (43 ;23 ;−43)\left(\frac{4}{3}\,;\frac{2}{3}\,;-\frac{4}{3}\right), obtenu pour t=23t=\frac{2}{3}
  • 4 Vrai : H\mathrm{H} est le projeté orthogonal de N\mathrm{N} sur P2P_{2}, et la distance vaut NH=3\mathrm{NH}=3

1. Méthode : trois vecteurs forment une base de l'espace si et seulement s'ils ne sont pas coplanaires. On vérifie d'abord que u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v} ne sont pas colinéaires : la première coordonnée de v⃗\vec{v} est nulle et pas celle de u⃗\vec{u}, alors que la deuxième de u⃗\vec{u} est nulle et pas celle de v⃗\vec{v} ; aucun réel kk ne vérifie v⃗=ku⃗\vec{v}=k\vec{u}.

On cherche ensuite s'il existe des réels aa et bb tels que w⃗=au⃗+bv⃗\vec{w}=a\vec{u}+b\vec{v}, c'est-à-dire {2=a1=b0=2a+3b\begin{cases}2=a\\1=b\\0=2a+3b\end{cases}. Les deux premières équations imposent a=2a=2 et b=1b=1 ; la troisième devient 0=2×2+3×1=70=2\times 2+3\times 1=7, ce qui est faux. Le système n'a pas de solution : w⃗\vec{w} n'est pas une combinaison linéaire de u⃗\vec{u} et v⃗\vec{v}, les trois vecteurs ne sont pas coplanaires et forment une base de l'espace. L'affirmation 1 est VRAIE.

Piège : vérifier seulement que les vecteurs sont deux à deux non colinéaires. Trois vecteurs deux à deux non colinéaires peuvent très bien être coplanaires ; c'est la non-coplanarité qu'il faut établir.

2. Méthode : une droite est orthogonale à un plan si un vecteur directeur de la droite est orthogonal à deux vecteurs NON COLINÉAIRES de ce plan. On calcule CD→(0−04−1−1−2)=(03−3)\overrightarrow{\mathrm{CD}}\begin{pmatrix}0-0\\4-1\\-1-2\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}0\\3\\-3\end{pmatrix}, AB→(1−2−2)\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix}1\\-2\\-2\end{pmatrix} et AC→(−1−1−1)\overrightarrow{\mathrm{AC}}\begin{pmatrix}-1\\-1\\-1\end{pmatrix}. Les points A, B et C n'étant pas alignés, AB→\overrightarrow{\mathrm{AB}} et AC→\overrightarrow{\mathrm{AC}} ne sont pas colinéaires et dirigent le plan (ABC)(\mathrm{ABC}).

Produits scalaires dans un repère orthonormé : CD→⋅AB→=0×1+3×(−2)+(−3)×(−2)=0−6+6=0\overrightarrow{\mathrm{CD}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AB}}=0\times 1+3\times(-2)+(-3)\times(-2)=0-6+6=0 et CD→⋅AC→=0×(−1)+3×(−1)+(−3)×(−1)=0−3+3=0\overrightarrow{\mathrm{CD}}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}}=0\times(-1)+3\times(-1)+(-3)\times(-1)=0-3+3=0. Le vecteur CD→\overrightarrow{\mathrm{CD}} est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (ABC)(\mathrm{ABC}) : la droite (CD)(\mathrm{CD}) est orthogonale au plan (ABC)(\mathrm{ABC}). L'affirmation 2 est VRAIE.

Erreur fréquente : s'arrêter après un seul produit scalaire nul. Être orthogonal à UNE droite du plan ne suffit pas, il en faut deux sécantes, donc deux vecteurs non colinéaires. Et le repère doit être orthonormé pour calculer le produit scalaire par les coordonnées, ce que l'énoncé garantit.

3. Méthode : on cherche l'équation cartésienne de P1P_{1}, puis on y substitue la représentation paramétrique de dd. Un plan de vecteur normal n⃗(1 ;−2 ;3)\vec{n}(1\,;-2\,;3) a une équation de la forme x−2y+3z+c=0x-2y+3z+c=0. Il passe par E(1 ;1 ;−1)\mathrm{E}(1\,;1\,;-1) : 1−2−3+c=01-2-3+c=0, donc c=4c=4, et P1P_{1} : x−2y+3z+4=0x-2y+3z+4=0.

Un point de dd de paramètre tt appartient à P1P_{1} si et seulement si 2t−2(−2+4t)+3(−2+t)+4=02t-2(-2+4t)+3(-2+t)+4=0, soit 2t+4−8t−6+3t+4=02t+4-8t-6+3t+4=0, soit −3t+2=0-3t+2=0, donc t=23t=\dfrac{2}{3}. Le point d'intersection a pour coordonnées x=43x=\dfrac{4}{3}, y=−2+83=23y=-2+\dfrac{8}{3}=\dfrac{2}{3} et z=−2+23=−43z=-2+\dfrac{2}{3}=-\dfrac{4}{3}. Contrôle : 43−43−4+4=0\dfrac{4}{3}-\dfrac{4}{3}-4+4=0.

L'intersection est le point (43 ;23 ;−43)\left(\dfrac{4}{3}\,;\dfrac{2}{3}\,;-\dfrac{4}{3}\right), et non M(2 ;2 ;−1)\mathrm{M}(2\,;2\,;-1). L'affirmation 3 est FAUSSE.

Le piège est que M\mathrm{M} appartient bien à la droite dd : avec t=1t=1, on trouve x=2x=2, y=2y=2, z=−1z=-1. Vérifier seulement que M∈d\mathrm{M}\in d conduit à répondre « vrai ». Il faut AUSSI que M∈P1\mathrm{M}\in P_{1}, et 2−2×2+3×(−1)+4=−1≠02-2\times 2+3\times(-1)+4=-1\neq 0. Variante rapide sans équation : EM→(1 ;1 ;0)\overrightarrow{\mathrm{EM}}(1\,;1\,;0) et EM→⋅n⃗=1−2+0=−1≠0\overrightarrow{\mathrm{EM}}\cdot\vec{n}=1-2+0=-1\neq 0, donc M∉P1\mathrm{M}\notin P_{1}.

4. Méthode : la distance d'un point N\mathrm{N} à un plan est la distance NH\mathrm{NH} où H\mathrm{H} est le projeté orthogonal de N\mathrm{N} sur le plan, c'est-à-dire le point du plan tel que (NH)(\mathrm{NH}) soit orthogonale au plan. Deux vérifications sont nécessaires.

H\mathrm{H} appartient à P2P_{2} : 1+2×(−2)−2×0+3=1−4+3=01+2\times(-2)-2\times 0+3=1-4+3=0. Ensuite, NH→(1−2−2−00−(−2))=(−1−22)\overrightarrow{\mathrm{NH}}\begin{pmatrix}1-2\\-2-0\\0-(-2)\end{pmatrix}=\begin{pmatrix}-1\\-2\\2\end{pmatrix} et un vecteur normal de P2P_{2} est n⃗2(12−2)\vec{n}_{2}\begin{pmatrix}1\\2\\-2\end{pmatrix} : NH→=−n⃗2\overrightarrow{\mathrm{NH}}=-\vec{n}_{2}, les deux vecteurs sont colinéaires et (NH)(\mathrm{NH}) est orthogonale à P2P_{2}. Donc H\mathrm{H} est le projeté orthogonal de N\mathrm{N} sur P2P_{2} et la distance de N\mathrm{N} à P2P_{2} est NH=(−1)2+(−2)2+22=9=3\mathrm{NH}=\sqrt{(-1)^{2}+(-2)^{2}+2^{2}}=\sqrt{9}=3. L'affirmation 4 est VRAIE.

Vérification par une autre voie : le projeté s'obtient aussi en partant de N\mathrm{N} le long de n⃗2\vec{n}_{2}, N+kn⃗2=(2+k ;2k ;−2−2k)\mathrm{N}+k\vec{n}_{2}=(2+k\,;2k\,;-2-2k), dans P2P_{2} si 2+k+4k+4+4k+3=02+k+4k+4+4k+3=0, soit 9k+9=09k+9=0 et k=−1k=-1 : on retrouve H(1 ;−2 ;0)\mathrm{H}(1\,;-2\,;0). Piège : se contenter de H∈P2\mathrm{H}\in P_{2}. Pour un point quelconque du plan, NH\mathrm{NH} est seulement un majorant de la distance ; c'est l'orthogonalité qui fait de NH\mathrm{NH} la plus courte.

Exercice 4 : Équation différentielle et fonction exponentielle : quantité d'un médicament dans le sang

6 points Les équations différentiellesPrimitives et intégrationLimites et continuitéLa fonction exponentielle

On peut traiter indépendamment les parties A et B.

  • Partie A
  • On considère l'équation différentielle : (E) : 2y′+3y=8e−32t(E)\,:\ 2y'+3y=8\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t} où yy est une fonction de la variable yy et elle est définie et dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.
  • A.1. Résoudre dans l'intervalle [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ l'équation différentielle (E′) : 2y′+3y=0(E')\,:\ 2y'+3y=0.
  • A.2. Soit ff la fonction dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, définie par f(t)=4t e−32tf(t)=4t\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}.
    On admet que cette fonction ff est une solution de l'équation différentielle (E)(E).
    On considère une fonction gg définie et dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.
    Démontrer que : « gg est solution de (E)(E) » est équivalent à « g−fg-f solution de (E′)(E') ».
  • A.3. En déduire toutes les solutions de l'équation différentielle (E)(E).
  • A.4. Déterminer toutes les solutions de (E)(E) qui s'annulent en 00.
  • Partie B
  • Un essai clinique est réalisé auprès de plusieurs patients volontaires afin de valider ou non l'efficacité d'un médicament.
  • On demande au patient d'avaler le médicament sous la forme d'un comprimé de 1 mg puis on étudie la quantité de ce médicament présente dans le sang au cours du temps.
  • La quantité de ce médicament en fonction du temps écoulé après la prise du comprimé, en mg, est modélisée par la fonction ff dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, définie par : f(t)=4t e−32tf(t)=4t\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, tt étant exprimé en heures.
  • B.1. Déterminer lim⁡t→+∞f(t)\lim\limits_{t\to+\infty}f(t). Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
  • B.2.a. Vérifier en détaillant les calculs que pour tout réel tt positif, f′(t)=(4−6t) e−32tf'(t)=(4-6t)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}.
  • B.2.b. Étudier le signe de la dérivée et en déduire le tableau de variations de la fonction ff sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[.
  • B.2.c. Au bout de combien de temps la quantité de ce médicament présente dans le sang est-elle maximale ?
  • B.3. Démontrer que l'équation f(t)=0,5f(t)=0{,}5 admet une unique solution sur [1 ;3][1\,;3]. Donner un encadrement de cette solution, notée α\alpha, à 10−210^{-2} près.
  • B.4. L'essai clinique sera validé si les deux conditions suivantes sont vérifiées :
    • Condition 1 : 50 %50\,\% de la quantité du médicament est éliminée de l'organisme au plus tard 2 heures après la prise du comprimé.
    • Condition 2 : la quantité moyenne du médicament présente dans le corps du patient entre 1 heure et 3 heures après la prise du comprimé est inférieure à 0,400{,}40 mg.
    La condition 1 est-elle réalisée ?
    La condition 2 est-elle réalisée ?

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A.4
B.1
B.2.b
B.2.c
B.3
B.4
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Réponses

  • A.1 Les solutions de (E′)(E') sont les fonctions t↦C e−32tt\mapsto C\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, C∈RC\in\mathbb{R}
  • A.2 2g′+3g=8e−32t=2f′+3f  ⟺  2(g−f)′+3(g−f)=02g'+3g=8\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}=2f'+3f\iff 2(g-f)'+3(g-f)=0
  • A.3 g(t)=(4t+C) e−32tg(t)=(4t+C)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, C∈RC\in\mathbb{R}
  • A.4 Une seule : C=0C=0, c'est la fonction ff, t↦4t e−32tt\mapsto 4t\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}
  • B.1 lim⁡t→+∞f(t)=0\lim\limits_{t\to+\infty}f(t)=0 : le médicament finit par disparaître du sang
  • B.2.a f′(t)=4e−32t+4t×(−32)e−32t=(4−6t) e−32tf'(t)=4\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}+4t\times\left(-\frac{3}{2}\right)\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}=(4-6t)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}
  • B.2.b ff croissante sur [0 ;23]\left[0\,;\frac{2}{3}\right], décroissante sur [23 ;+∞[\left[\frac{2}{3}\,;+\infty\right[ ; f(0)=0f(0)=0, maximum f(23)=83e≈0,981f\left(\frac{2}{3}\right)=\frac{8}{3\mathrm{e}}\approx 0{,}981, limite 00
  • B.2.c Au bout de 23\frac{2}{3} h, soit 4040 minutes (environ 0,980{,}98 mg)
  • B.3 ff continue et strictement décroissante sur [1 ;3][1\,;3], f(1)≈0,89>0,5>f(3)≈0,13f(1)\approx 0{,}89>0{,}5>f(3)\approx 0{,}13 : unique α\alpha, 1,76<α<1,771{,}76<\alpha<1{,}77
  • B.4 Condition 1 : oui (α⩽2\alpha\leqslant 2, f(2)≈0,40f(2)\approx 0{,}40 mg) ; condition 2 : non (moyenne ≈0,442\approx 0{,}442 mg >0,40>0{,}40 mg), l'essai n'est pas validé

A.1. On met l'équation sous la forme du cours : 2y′+3y=0  ⟺  y′=−32y2y'+3y=0\iff y'=-\dfrac{3}{2}y. Les solutions de l'équation différentielle y′=ayy'=ay, ici avec a=−32a=-\dfrac{3}{2}, sont les fonctions t↦C eatt\mapsto C\,\mathrm{e}^{at} où CC est une constante réelle. Les solutions de (E′)(E') sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ sont donc les fonctions t↦C e−32tt\mapsto C\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, C∈RC\in\mathbb{R}.

Remarque de lecture : l'énoncé écrit « yy est une fonction de la variable yy » ; il faut lire « de la variable tt », comme le confirme le second membre 8e−32t8\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}. Erreur fréquente : oublier de diviser par 22 et donner C e−3tC\,\mathrm{e}^{-3t} ; contrôle immédiat, si y=C e−32ty=C\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, alors 2y′=−3C e−32t=−3y2y'=-3C\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}=-3y.

A.2. On raisonne par équivalences, en utilisant que ff est solution de (E)(E), c'est-à-dire 2f′+3f=8e−32t2f'+3f=8\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t} sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[. Pour une fonction gg dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ : gg est solution de (E)  ⟺  2g′+3g=8e−32t  ⟺  2g′+3g=2f′+3f  ⟺  2(g′−f′)+3(g−f)=0  ⟺  2(g−f)′+3(g−f)=0(E)\iff 2g'+3g=8\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}\iff 2g'+3g=2f'+3f\iff 2(g'-f')+3(g-f)=0\iff 2(g-f)'+3(g-f)=0, par linéarité de la dérivation, (g−f)′=g′−f′(g-f)'=g'-f'. La dernière égalité dit exactement que g−fg-f est solution de (E′)(E').

On a démontré l'équivalence dans les deux sens d'un coup, puisque chaque étape est une équivalence. Si l'on rédige par implications, il faut faire les DEUX sens ; n'en faire qu'un coûte la moitié des points. Pour le contrôle, on peut vérifier ce que l'énoncé admet : f′(t)=(4−6t) e−32tf'(t)=(4-6t)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t} (question B.2.a), donc 2f′(t)+3f(t)=(8−12t+12t) e−32t=8e−32t2f'(t)+3f(t)=(8-12t+12t)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}=8\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}.

A.3. D'après A.2, gg est solution de (E)(E) si et seulement si g−fg-f est solution de (E′)(E'), c'est-à-dire, d'après A.1, si et seulement s'il existe un réel CC tel que g(t)−f(t)=C e−32tg(t)-f(t)=C\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t} pour tout t⩾0t\geqslant 0. Les solutions de (E)(E) sont donc les fonctions gg définies sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par g(t)=4t e−32t+C e−32t=(4t+C) e−32tg(t)=4t\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}+C\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}=(4t+C)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, avec C∈RC\in\mathbb{R}.

C'est la structure générale : solution particulière plus solutions de l'équation homogène. Erreur fréquente : ne donner que ff, qui n'est qu'UNE solution, ou que C e−32tC\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, qui résout l'équation sans second membre.

A.4. Une solution g(t)=(4t+C) e−32tg(t)=(4t+C)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t} s'annule en 00 si et seulement si g(0)=(0+C) e0=C=0g(0)=(0+C)\,\mathrm{e}^{0}=C=0. Il y a donc une seule solution de (E)(E) qui s'annule en 00 : la fonction ff, t↦4t e−32tt\mapsto 4t\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}. L'énoncé dit « toutes les solutions » : la bonne réponse est qu'il n'y en a qu'une, et il faut le dire.

B.1. En +∞+\infty, 4t→+∞4t\to+\infty et e−32t→0\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}\to 0 : c'est une forme indéterminée du type « ∞×0\infty\times 0 », qu'on lève par croissance comparée. On pose X=32tX=\dfrac{3}{2}t, qui tend vers +∞+\infty avec tt : f(t)=4t e−32t=83×Xe−X=83×XeXf(t)=4t\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}=\dfrac{8}{3}\times X\mathrm{e}^{-X}=\dfrac{8}{3}\times\dfrac{X}{\mathrm{e}^{X}}. Par croissance comparée, lim⁡X→+∞eXX=+∞\lim\limits_{X\to+\infty}\dfrac{\mathrm{e}^{X}}{X}=+\infty, donc lim⁡X→+∞XeX=0\lim\limits_{X\to+\infty}\dfrac{X}{\mathrm{e}^{X}}=0, et par composition lim⁡t→+∞f(t)=0\lim\limits_{t\to+\infty}f(t)=0.

Interprétation : à long terme, la quantité de médicament présente dans le sang tend vers 00 mg ; le médicament est progressivement éliminé de l'organisme. Erreur fréquente : conclure « +∞×0=0+\infty\times 0=0 » sans nommer la croissance comparée ; cette écriture n'est pas une règle, c'est précisément la forme indéterminée.

B.2.a. Dérivée d'un produit uvuv avec u(t)=4tu(t)=4t, u′(t)=4u'(t)=4, et v(t)=e−32tv(t)=\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, v′(t)=−32e−32tv'(t)=-\dfrac{3}{2}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t} (dérivée de eat+b\mathrm{e}^{at+b} : a eat+ba\,\mathrm{e}^{at+b}). Alors f′(t)=u′v+uv′=4e−32t+4t×(−32)e−32t=4e−32t−6t e−32t=(4−6t) e−32tf'(t)=u'v+uv'=4\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}+4t\times\left(-\dfrac{3}{2}\right)\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}=4\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}-6t\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}=(4-6t)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}.

Erreur fréquente : oublier le facteur −32-\dfrac{3}{2} de la dérivée de la composée, ce qui donne (4+4t) e−32t(4+4t)\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, une dérivée toujours positive.

B.2.b. Pour tout réel tt, e−32t>0\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}>0 : f′(t)f'(t) a le signe de 4−6t4-6t. Or 4−6t>0  ⟺  t<234-6t>0\iff t<\dfrac{2}{3}, et 4−6t=0  ⟺  t=234-6t=0\iff t=\dfrac{2}{3}. Donc f′(t)>0f'(t)>0 sur [0 ;23[\left[0\,;\dfrac{2}{3}\right[, f′(23)=0f'\left(\dfrac{2}{3}\right)=0 et f′(t)<0f'(t)<0 sur ]23 ;+∞[\left]\dfrac{2}{3}\,;+\infty\right[.

Tableau de variations : ff est strictement croissante sur [0 ;23]\left[0\,;\dfrac{2}{3}\right], de f(0)=0f(0)=0 à f(23)=4×23×e−32×23=83e−1=83e≈0,981f\left(\dfrac{2}{3}\right)=4\times\dfrac{2}{3}\times\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}\times\frac{2}{3}}=\dfrac{8}{3}\mathrm{e}^{-1}=\dfrac{8}{3\mathrm{e}}\approx 0{,}981, puis strictement décroissante sur [23 ;+∞[\left[\dfrac{2}{3}\,;+\infty\right[, de 83e\dfrac{8}{3\mathrm{e}} vers la limite 00 trouvée en B.1. Le tableau doit porter ces trois valeurs : 00, 83e\dfrac{8}{3\mathrm{e}} et la limite 00 en +∞+\infty. La courbe figure en fin de corrigé.

B.2.c. D'après le tableau, ff atteint son maximum en t=23t=\dfrac{2}{3} heure, soit 23×60=40\dfrac{2}{3}\times 60=40 minutes après la prise du comprimé. La quantité maximale de médicament dans le sang est alors 83e≈0,98\dfrac{8}{3\mathrm{e}}\approx 0{,}98 mg.

Erreur fréquente : répondre « 0,670{,}67 » sans unité, ou « 0,670{,}67 minute ». Le temps est en heures, et 23\dfrac{2}{3} h s'écrit 4040 min, pas 6767 min.

B.3. Corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, cas strictement monotone. Sur [1 ;3][1\,;3], inclus dans [23 ;+∞[\left[\dfrac{2}{3}\,;+\infty\right[, la fonction ff est continue (car dérivable) et strictement décroissante (B.2.b). De plus f(1)=4e−1,5≈0,893f(1)=4\mathrm{e}^{-1{,}5}\approx 0{,}893 et f(3)=12e−4,5≈0,133f(3)=12\mathrm{e}^{-4{,}5}\approx 0{,}133, et 0,50{,}5 est compris entre f(3)f(3) et f(1)f(1). L'équation f(t)=0,5f(t)=0{,}5 admet donc une unique solution α\alpha dans [1 ;3][1\,;3].

Encadrement par balayage à la calculatrice : f(1,7)≈0,53>0,5f(1{,}7)\approx 0{,}53>0{,}5 et f(1,8)≈0,48<0,5f(1{,}8)\approx 0{,}48<0{,}5, donc 1,7<α<1,81{,}7<\alpha<1{,}8 ; puis f(1,76)≈0,502 4>0,5f(1{,}76)\approx 0{,}502\,4>0{,}5 et f(1,77)≈0,497 7<0,5f(1{,}77)\approx 0{,}497\,7<0{,}5, donc 1,76<α<1,771{,}76<\alpha<1{,}77.

Les trois hypothèses doivent être citées : la continuité et la valeur 0,50{,}5 comprise entre les images donnent l'existence, la STRICTE monotonie donne l'unicité. Piège : ff étant décroissante, c'est la borne INFÉRIEURE de l'encadrement qui a une image au-dessus de 0,50{,}5 ; ne pas inverser les inégalités en lisant la table de valeurs.

B.4. Condition 1. Le comprimé contient 11 mg : « 50 %50\,\% de la quantité est éliminée » signifie qu'il reste au plus 0,50{,}5 mg dans le sang. Sur [23 ;+∞[\left[\dfrac{2}{3}\,;+\infty\right[, ff est strictement décroissante et vaut 0,50{,}5 en α\alpha, donc f(t)⩽0,5f(t)\leqslant 0{,}5 pour tout t⩾αt\geqslant\alpha. Comme α<1,77<2\alpha<1{,}77<2, à 22 heures on a déjà f(2)⩽0,5f(2)\leqslant 0{,}5 ; directement, f(2)=8e−3≈0,398f(2)=8\mathrm{e}^{-3}\approx 0{,}398 mg. La condition 1 est réalisée, et la moitié du médicament est éliminée environ 11 h 4646 min après la prise.

Condition 2. La quantité moyenne entre 11 h et 33 h est la valeur moyenne de ff sur [1 ;3][1\,;3] : m=13−1∫13f(t) dtm=\dfrac{1}{3-1}\displaystyle\int_{1}^{3}f(t)\,\mathrm{d}t. On calcule l'intégrale par une intégration par parties, avec u(t)=4tu(t)=4t, u′(t)=4u'(t)=4, v′(t)=e−32tv'(t)=\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t} et v(t)=−23e−32tv(t)=-\dfrac{2}{3}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, fonctions dérivables à dérivées continues sur [1 ;3][1\,;3].

∫134t e−32t dt=[−8t3e−32t]13+∫1383e−32t dt=[−8t3e−32t−169e−32t]13=[−24t+169e−32t]13\displaystyle\int_{1}^{3}4t\,\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}\,\mathrm{d}t=\left[-\dfrac{8t}{3}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}\right]_{1}^{3}+\displaystyle\int_{1}^{3}\dfrac{8}{3}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}\,\mathrm{d}t=\left[-\dfrac{8t}{3}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}-\dfrac{16}{9}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}\right]_{1}^{3}=\left[-\dfrac{24t+16}{9}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}\right]_{1}^{3}.

D'où ∫13f(t) dt=−889e−4,5+409e−1,5=40e−1,5−88e−4,59≈0,883\displaystyle\int_{1}^{3}f(t)\,\mathrm{d}t=-\dfrac{88}{9}\mathrm{e}^{-4{,}5}+\dfrac{40}{9}\mathrm{e}^{-1{,}5}=\dfrac{40\mathrm{e}^{-1{,}5}-88\mathrm{e}^{-4{,}5}}{9}\approx 0{,}883, et m=20e−1,5−44e−4,59≈0,442m=\dfrac{20\mathrm{e}^{-1{,}5}-44\mathrm{e}^{-4{,}5}}{9}\approx 0{,}442 mg.

Vérification par la partie A, sans intégration par parties : ff est solution de (E)(E), donc 3f=8e−32t−2f′3f=8\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}-2f', et une primitive de ff est t↦13(−163e−32t−2f(t))=−16+24t9e−32tt\mapsto\dfrac{1}{3}\left(-\dfrac{16}{3}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}-2f(t)\right)=-\dfrac{16+24t}{9}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, la même. Contrôle de vraisemblance : ff décroît de 0,890{,}89 à 0,130{,}13 sur [1 ;3][1\,;3], et une moyenne de 0,440{,}44 mg est bien entre les deux.

Comme 0,442>0,400{,}442>0{,}40, la quantité moyenne n'est PAS inférieure à 0,400{,}40 mg : la condition 2 n'est pas réalisée. Une seule des deux conditions est vérifiée, donc l'essai clinique n'est pas validé.

Pièges : oublier le facteur 13−1=12\dfrac{1}{3-1}=\dfrac{1}{2} de la valeur moyenne, ce qui donne 0,8830{,}883 et la même conclusion pour une mauvaise raison ; ou se tromper de signe dans la primitive de e−32t\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}, qui est −23e−32t-\dfrac{2}{3}\mathrm{e}^{-\frac{3}{2}t}. Pour la condition 1, lire « 50 %50\,\% éliminée » comme « f(2)=0,5f(2)=0{,}5 » est trop strict : il suffit que la quantité restante soit au plus 0,50{,}5 mg à 22 h.

0,511,522,533,540,20,40,60,811,2maximum en t = 2/3f(α) = 0,5 ; α ≈ 1,77t (en heures)f(t) (en mg)
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